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Révision : 12 septembre 2017

PARTIE 5
NF EN 1998 - Eurocode 8

Calcul des structures pour leur


résistance aux séismes
Cours de dynamique des structures et de génie parasismique.
Master génie civil
Master conception des ouvrages d’art et bâtiments
habilitation 2011
Université Paul Sabatier Toulouse III
Pr. Erick Ringot (erick.ringot@univ-tlse3.fr)
Avant-propos (historique)
La Norme Européenne EN 1998, Eurocode 8 : « Calcul des structures pour leur résistance
aux séismes » a été élaborée par le comité technique européen CEN/TC 250 responsable de
l’ensemble des Eurocodes structuraux.

 Cette Norme a pris le statut de norme Nationale dès


juin 2005 : elle est devenue applicable mais non
obligatoire (en attente des décrets et arrêtés
d’application).

 Depuis mars 2010, toutes les autres textes nationaux


contradictoires avec l’EN 1998 ont été retirés. Son
application devient obligatoire.

 La nouvelle carte sismique Française a été définie en


mai 2011.

 EC8 introduit une nouvelle méthode de calcul dite en


poussée progressive.

Illustration page de garde inspirée de la couverture de la


3ème édition de 1995 des règles parasismiques 1969
révisées 1982 (Eyrolles, 1984, ISBN 2-212-10005-1).
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Avant-propos (historique)
Evolution des normes parasismiques en France

Règles Année
DTU PS 69 1969
DTU PS 69 + addendum 82 1982
PS 92 1992  31 octobre 2012
EC 8 (NF EN 1998) 1er mai 2011  …
+ Décret n° 2010-1255 du 22 octobre 2010
portant délimitation des zones de sismicité du
territoire français
+ Arrêté du 22 octobre 2010
relatif à la classification et aux règles de
construction parasismique applicables aux
bâtiments de la classe dite « à risque normal »

En France, les règles applicables aux installations classées sont régies par l’arrêté du 24
janvier 2011 consolidé le 4 juin 2017 [note du 4 juin 2017].

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Autres normes structurelles

Le programme des Eurocodes structuraux comporte les normes suivantes :

• EN 1990 Eurocode : Bases de calcul des structures


• EN 1991 Eurocode 1 : Actions sur les structures
• EN 1992 Eurocode 2 : Calcul des structures en béton
• EN 1993 Eurocode 3 : Calcul des structures en acier
• EN 1994 Eurocode 4 : Calcul des structures mixtes acier-béton
• EN 1995 Eurocode 5 : Calcul des structures en bois
• EN 1996 Eurocode 6 : Calcul des structures en maçonnerie
• EN 1997 Eurocode 7 : Calcul géotechnique
• EN 1998 Eurocode 8 : Calcul des structures pour leur résistance aux séismes
• EN 1999 Eurocode 9 : Calcul des structures en aluminium

Emploi des Eurocodes:


 Vérification de la conformité des bâtiments et ouvrages aux exigences de stabilité et de
résistance mécanique (et de sécurité en cas d’incendie) ;
 Base de spécification des contrats de travaux de construction ;
 Cadre de spécifications techniques pour les produits de construction.

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Annexes nationales

Dans chaque pays de la CCE, les Eurocodes structuraux sont transposés en normes
nationales . Une norme nationale (en France « NF EN ») reprend le texte de l’Eurocode et
est suivie d’une annexe nationale.

L’annexe nationale peut uniquement préciser des éléments laissés en attente dans
l’Eurocode pour choix national :

• valeurs là où des alternatives figurent dans l’Eurocode ;


• valeurs à utiliser là où seul un symbole est donné dans l’Eurocode ;
• données propres au pays (liées à sa géographie, son climat, etc…) ;
• procédure à utiliser là où des procédures alternatives sont prévues par l’Eurocode ;
• des décisions sur l’usage des Annexes informatives ;
• des informations complémentaires d’aide à l’application des règles.

Il y a environ 56 éléments à relever dans l’annexe nationale de l’EN 1998-1. L’annexe


nationale renvoie le plus souvent à l’arrêté du 22 octobre 2010.

Exemple : prise en compte des aléas sismiques d’un pays à l’autre dans les annexes
nationales  cartes de zones sismiques et accélérations de référence correspondantes au
niveau du sol.

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Contexte législatif et règlementaire du risque sismique

+ Arrêté modificatif du
19 juillet 2011

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Organisation de l’EN 1998 (EC8)
L’Eurocode 8 (EC 8), EN 1998, est composé de 6 parties chacune associée à son annexe
nationale.
Eurocode 8 – Calcul des structures pour leur résistance aux séismes
Partie de la norme Annexe
nationale
Partie 1 / EN 1998-1 : règles générales, actions sismiques et NF EN 1998/1 NA
règles pour les bâtiments.
Partie 2 / EN 1998-2 : Ponts NF EN 1998/2 NA
Partie 3 / EN 1998-3 : Evaluation et renforcement des NF EN 1998/3 NA
bâtiments
Partie 4 / EN 1998-4 : Silos, réservoirs et canalisations NF EN 1998/4 NA

Partie 5 / EN 1998-5 : Fondations, ouvrages de soutènement NF EN 1998/5 NA


et aspects géotechniques
Partie 6 / EN 1998-6 : Tours, mâts et cheminées NF EN 1998/6 NA

A noter que l’annexe française renvoie implicitement à l’arrêté du 22 octobre 2010.


Ce cours traite essentiellement de EC8-1 : les règles générales.
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Domaine d’application de l’EN 1998
L’EN 1998 s’applique au dimensionnement et à la construction de bâtiments et ouvrages
de génie civil à « risque normal » en zone sismique. Son but est d’assurer, en cas de
séisme, que :

 les vies humaines sont protégées ;


 les dommages sont limités ;

 les structures importantes pour la protection civile restent opérationnelles.

Les structures à « risque spécial » (art. R563-6 du Code de l’Environnement) telles que les
centrales nucléaires, les structures en mer, les grands barrages ne sont pas couvertes par
l’EN 1998.

Les ouvrages à risque spécial, c'est-à-dire ceux dont les effets en cas de séisme ne
peuvent être circonscrits aux voisinages immédiats desdits ouvrages, font l’objet d’un
cadre réglementaire spécifique. Ces ouvrages regroupent les barrages, les
installations classées pour la protection de l’environnement et les installations
nucléaires de base. L’arrêté du 10 mai 1993 fixe les règles parasismiques applicables à
ces installations.

L’EN 1998 complète les dispositions contenues dans les autres Eurocodes. Ses dispositions
ne peuvent pas être mixées avec des règles ne relevant pas des Eurocodes (BAEL, NV, …)

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 8
Domaine d’application de l’EN 1998-1 (bâtiment)

L’EN 1998-1 s’applique au dimensionnement des bâtiments en zone sismique. Elle est
divisée en 10 articles :

1. Généralités ;
2. Exigences de performance de base et critères de conformités applicables aux
bâtiments et ouvrages en zone sismique ;
3. Représentation des actions sismiques et combinaison avec d’autres actions ;
4. Règles de calcul générales applicables aux bâtiments ;
5. Bâtiments en béton ;
6. Bâtiments en acier ;
5 à 9 : Divers matériaux et éléments
7. Bâtiments mixtes acier-béton ; structuraux applicables aux bâtiments.
8. Bâtiments en bois ;
9. Bâtiments en maçonnerie ;
10. Isolation à la base des structures.

L’EN 1998-1 fait spécifiquement l’objet de ce cours.

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Terminologie de l’EN 1998-1

NOTE : Les termes et définitions de l’EN 1990 s’appliquent à tous les Eurocodes.

Unité dynamiquement indépendante


Structure (ou partie) soumise directement aux mouvements du sol et dont la réponse n’est
pas influencée par d’autres ossatures adjacentes.

Structure dissipative
Structure susceptible de dissipation d’énergie par hystérèsie ductile (entre autres
phénomènes).

Zone dissipative ou zone critique ou région critique


Partie prédéfinie d’une structure dissipative où est localisée la dissipation d’énergie
(assemblage par exemple).

Coefficient de comportement « q »
Coef. Réducteur des forces obtenues par analyse linéaire prenant en compte la non-linéarité
d’une structure du fait du comportement du matériau et du système structural.

Coefficient d’importance « gl »
Coef. Relatif aux conséquences d’une défaillance structurale.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 10
Terminologie de l’EN 1998-1

Elément non-structural
Elément, système ou composant architectural, mécanique ou autre (support d’équipement)
qui n’est pas considéré comme capable de transmettre des efforts dans le dimensionnement
sismique du fait d’un manque de résistance ou de liaison.

Elément sismique primaire


Elément faisant partie du système structural résistant aux actions sismiques, modélisé dans
l’analyse de structure, conçu et étudié en détail pour assurer la résistance aux séismes
suivant l’EN 1998.

Elément sismique secondaire


Elément n’appartenant pas au système résistant aux actions sismiques. Leur conformité à
l’ensemble des règles de l’EN 1998 n’est pas exigée ; il est conçu et étudié pour lui permettre
de porter les charges gravitaires lorsqu’il est soumis aux déplacements causés par le séisme.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 11
Unités

NOTE : Les unités du système international doivent être utilisées selon la norme ISO 1000.

Unités recommandées pour les calculs :

Grandeur Unité(s) conseillées


Forces et charges kN, kN/m, kN/m² kN
Masse volumique kg/m3, tonne/m3
Masse kg, tonne t
Poids volumique kN/m3
Contraintes et résistances MPa (=MN/m²=N/mm²), kPa
(=kN/m²)
Modules élastiques MPa, GPa(=kN/mm²) kPa
Moments (fléchissants, etc.) kN.m
Accélération m/s², g (1 « g »=9,81 m/s²=9.81 N/kg)
1 m/s² = 1 N/kg = 1 kN/t
il est conseillé d’adopter la tonne comme unité de masse, le kN/m comme unité de raideur
pour obtenir des rad/s comme unité de pulsation propre.
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Exigences de performance
Art. 2.1 En zone sismique, les structures doivent être conçues et construites de sorte que les
deux exigences fondamentales suivantes soient respectées :

Exigence de non-effondrement
Résistance aux actions sismiques de calcul (EN 1998 art.3) sans effondrement local ou
global et conservant une capacité portante résiduelle après séisme.
Sont pris en compte :
 l’action sismique de référence dont la probabilité de dépassement en 𝑇𝑁𝐶𝐿 = 50 𝑎𝑛𝑠
est fixée à 𝑃𝑁𝐶𝑅 = 10% et de période de retour de 𝑇𝑁𝐶𝑅 = 475 𝑎𝑛𝑠 (*);
 un coefficient d’importance gl attribué à chaque catégorie d’ouvrage en fonction des
conséquences que peut avoir leur ruine.

Exigence de limitation des dommages


Résistance à des actions sismiques plus fréquentes sans qu’apparaissent des dommages
dont les coûts induits seraient disproportionnés par rapport à celui de la structure :
 probabilité de dépassement 𝑃𝐷𝐿𝑅 = 10% en 𝐷𝐷𝐿𝐿 = 10 𝑎𝑛𝑠 et période de retour de
𝑇𝐷𝐿𝑅 = 95 𝑎𝑛𝑠 (*) ;
 Même coefficient d’importance.

(*) NOTE : 𝑇𝑅 = −
𝑇𝐿 Les exigences fondamentales sont satisfaites dès lors
𝑙𝑛 1−𝑃𝑅
que les critères de conformité (art. 2.2) sont vérifiés.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 13
Critères de conformité

Art. 2.2 Les critères de conformité aux exigences fondamentales se traduisent par la
vérification d’états limites :

• états limites ultimes :


Associés à l’effondrement ou à d’autres formes de rupture susceptibles de danger pour les
personnes :
• compromis entre résistance et capacité de dissipation de l’énergie ;
• stabilité d’ensemble (renversement/glissement) ;
• résistance des éléments de fondations ;
• prise en compte éventuelle des effets du second ordre 𝑃 − 𝛿;
• innocuité du comportement des éléments non-structuraux.

• états limites de limitation de dommages :


Associés à l’apparition de dommages au-delà desquels certaines exigences d’utilisation ne
sont plus satisfaites.
• Degré approprié de fiabilité en respect de déformations limites ;
• Maintien du fonctionnement des services vitaux des installations de la protection
civile.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 14
Dispositions particulières
Conception et dimensionnement
• Préférer les formes régulières en plan et en élévation. Le cas échéant, aménager des
joints pour dégager des unités indépendantes du point de vue dynamique.
• Eviter la possibilité de ruptures fragiles ou de formation prématurée de mécanismes
instables. Assurer le comportement dissipatif et ductile de l’ensemble  recours possible
à la méthode dite « de dimensionnement en capacité » (voir plus loin).
• Attacher une attention particulière aux zones critiques de sorte que la transmission des
efforts sous l’effet cyclique du séisme soit maintenue tout en dissipant de l’énergie.
• Fonder l’analyse sur un modèle structural adéquat prenant en compte, le cas échéant, de
la déformabilité du sol, les éléments non-structuraux, la présence de structures
adjacentes.
Fondations
• La raideur des fondations soit être étudiée pour leur permettre la transmission des
actions dues à la superstructure au sol de façon la plus uniforme possible ;
• Un seul type de fondation pour une même structure doit être utilisée, à moins que cette
dernière soit constituée d’unités dynamiquement indépendantes.
Plan de système qualité
• Gestion documentaire : dimensions, dispositions constructives, matériaux, dispositifs
spéciaux. Dispositions relatives à la maîtrise de la qualité…
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 15
Conditions de sol (voir aussi EN 1998-5)
Identification des classes de sol (Art. 3.1.2)
• Des investigations doivent être réalisées en vue de classer le
sol conformément au tableau 3.1 ci-après (classes A à E et
S1/S2.
• Le site de construction doit être normalement exempt de
risque de rupture de terrain, d’instabilité des pentes, de
tassement permanent (voir EN 1997 et EN 1998-5).
• Le classement du site peut être réalisé en référence à la
vitesse des ondes de cisaillement vs,30 (pour une distorsion
inférieure à 10-5) dans les 30 m de sol supérieurs si cette
information est disponible. Dans le cas contraire on s’appuie
sur le nombre de coups par essai de pénétration normalisé
NSPT ou la résistance au cisaillement du sol non drainé cu.
• Pour les sols stratifiés la vitesse moyenne des ondes de
cisaillement se calcule par l’expression :
30
𝑣𝑠,30 =
ℎ𝑖
𝑖=1..𝑁 𝜈
𝑖
• Les classes S1 et S2 nécessitent une étude particulière pour la
définition de l’action sismique.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 16
Conditions de sol (voir aussi EN 1998-5)

Tableau 3.1 – classes de sol

Classe Description du profil stratigraphique Paramètres


de sol Vs,30 (m/s) NSPT Cu (kPa)
(coups/30cm)
A Rocher ou autre formation géologique de ce type >800 - -
comportant une couche superficielle d’au plus 5m
de matériau moins résistant
B Dépôts raides de sable, de gravier ou d’argile sur- 360 – 800 >50 >250
consolidée, d’au moins plusieurs dizaines de
mètres d’épaisseur, caractérisés par une
augmentation progressive des propriétés
mécaniques avec la profondeur
C Dépôts profonds de sable de densité moyenne, de 180 – 360 15 - 50 70 – 250
gravier ou d’argile moyennement raide, ayant des
épaisseurs de quelques dizaines de mètres à
plusieurs centaines de mètres

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 17
Conditions de sol (voir aussi EN 1998-5)
Classe Description du profil stratigraphique Paramètres
de sol Vs,30 (m/s) NSPT Cu (kPa)
(coups/30cm)
D Dépôts de sol sans cohésion de densité faible à <180 <15 <70
moyenne (avec ou sans couches cohérentes
molles) ou comprenant une majorité de sols
cohérents mous à fermes
E Profil de sol comprenant une couche superficielle
d’alluvions avec des valeurs de vs de classe C ou
D et une épaisseur comprise entre 5 m environ et
20 m, reposant sur un matériau plus raide avec
vs>800 m/s
S1 Dépôts composés, ou contenant, une couche d’au <100 - 10 - 20
moins 10 m d’épaisseur d’argiles molles/vases
avec un indice de plasticité élevé (Pl > 40) et une
teneur en eau importante
S2 Dépôt de sols liquéfiables d’argiles sensibles ou
tout autre profil de sol non compris dans les
classes A à E ou S1

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 18
Action sismique / accélération maximale de référence

Zonage territorial

Dans le cadre de l’EN 1998-1,


chaque territoire national est
divisé par les autorités nationales
en différentes zones sismiques
homogènes en fonction de l’aléa
local.

• L’aléa sismique est caractérisé par un seul paramètre qui est l’accélération maximale
de référence au niveau d’un sol de classe A (rocher), noté agR. Des paramètres
additionnels requis pour des types spécifiques de structure sont donnés par la partie
concernée de l’EN 1998.
• Cette accélération maximale de référence agR correspond au séisme dont la période
de retour de référence TNCR=475 ans pour l’exigence de non-effondrement (ou de
probabilité de dépassement de référence en 50 ans égale à PNCR=10%)
• Selon la note (5)P de l’article 3.2.1, dans le cas des zones de très faible sismicité, il
n’est pas nécessaire de respecter les dispositions de l’EN 1998.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 19
Action sismique / accélération maximale de référence
Accélération maximale de référence au rocher :
(Mai 2011) Zone agR (m/s²)
1 – très faible 0.4
2 – faible 0.7
3 – modérée 1.1
4 – moyenne 1.6
5 - forte 3.0
Tableau - Arrêté du 22 octobre 2010 relatif à la
classification et aux règles de construction
parasismique applicables aux bâtiments de la
classe dite « à risque normal » art.4.II.a

Pour comparaison, le
zonage précédent instauré
au 11 mai 1991

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 20
Action sismique / accélération maximale de référence

(Mai 2011)
A noter que le Décret n° 2010-1255 du 22
octobre 2010 portant délimitation des zones
de sismicité du territoire français affecte des
zones internes particulières à chaque
département.

Exemple :
« Haute-Garonne : tout le département zone de sismicité
très faible, sauf :
― les cantons de Bagnères-de-Luchon, Saint-Béat :
zone de sismicité moyenne ;
― les communes d’Antichan-de-Frontignes, Arguenos,
…, Sengouagnet : zone de sismicité moyenne ;
…etc.»

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 21
Action sismique / catégorie et coefficient d’importance

Catégorisation des bâtiments


• Article 2 de l’Arrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de
construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal »
modifié par l’arrêté du 19 juillet 2011
Les bâtiments sont répartis en quatre catégories d'importance. Pour les bâtiments
constitués de diverses parties relevant de catégories d'importance différentes, c'est le
classement le plus contraignant qui s'applique à leur ensemble.
Coefficient d'importance du bâtiment
Le coefficient d'importance gI est attribué
à chacune des catégories d'importance de
bâtiment. Les valeurs des coefficients
d'importance gI sont données par le
tableau ci-après.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 22
Action sismique / catégorie et coefficient d’importance
Quatre catégories de bâtiments

Catégorie Description gI

I bâtiments d’importance mineure pour la sécurité des personnes dans 0.8


lesquels est exclue toute activité humaine nécessitant un séjour de longue
durée et non visés par les autres catégories
II Bâtiments courants : bâtiments d'habitation individuelle ou collective, 1.0
bureaux, bâtiments (commerces, bureaux, industries) limités à 300 (par
définition)
personnes, de hauteur inférieure à 28m, parkings
III établissements scolaires, bâtiments H>28m, bâtiments +300 personnes, 1.2
salles de réunion, institutions culturelles, industries
IV bâtiments primordiaux pour la sécurité civile, la défense nationale, le 1.4
maintien de l'ordre public, bâtiments de communication, de contrôle
aérien, hôpitaux, bâtiments de production ou de stockage d'eau potable,
de distribution publique de l'énergie, les centres météorologiques
Tableau - Arrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique
applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » art.2.III (ainsi que EC8 art. 4.2.5).

L’accélération de calcul est ensuite définie par la relation : 𝒂𝒈 = 𝜸𝒍 × 𝒂𝒈𝒓


Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 23
Action sismique / catégorie et coefficient de réduction

Coefficient de réduction
Le coefficient de réduction n appliqué à l'action sismique de calcul pouvant être utilisé
pour obtenir l'action sismique servant à la vérification de l'état de limitation des
dommages est égal à 0,4 quelle que soit la catégorie d'importance du bâtiment.

Catégorie n
Toute catégorie 0.4

Tableau - Arrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique
applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » art.2.IV

Ce coefficient de réduction n est également noté  dans l’EC8 à l’article 4.4.3


« limitation des dommages » (voir plus loin).

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 24
Action sismique / modulation des exigences
L’arrêté du 22 octobre 2010 module le niveau d’exigence de vérification vis-à-vis du risque
sismique selon les 5 zones sismiques et les 4 catégories de bâtiments ;
Bâtiments « importants »

I II III IV
gl=0.8 gl=1.0 gl=1.2 gl=1.4

1 aGR=0.4

2 aGR=0.7

3 aGR=1.1

4 aGR=1.6

5 aGR=3.0

(*) le maître d’ouvrage peut requérir un niveau d’exigence supérieur.


Depuis le 1er mai 2011

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 25
Action sismique / modulation des exigences
Règles simplifiées applicables aux bâtiments neuf

 PS-MI (NF P 06-014, mars 1995) : maisons individuelles et bâtiments assimilés.


 CP-MI Antilles selon guide de recommandation de l’AFPS.
 des conditions d’application sont spécifiées dans les documents correspondants.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 26
Action sismique / représentation de base

Caractérisation d’un séisme sur un site : accélérogramme (rappel)


Les composantes du vecteur accélération communiquées au sol par un séisme sont
enregistrées par des sismomètres (oscillateurs simples) selon trois directions .

Fig. Un accélérogramme illustre la variation


temporelle de la composante d’accélération 𝑢𝑔

(ici un pic d’accélération de 4.6m/s² survient à t=6 s)

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 27
Action sismique / représentation de base
Caractérisation d’un séisme sur un site
Exemple : accélérogramme de El Centro
Californie
18 mai 1940
Données disponibles sur le site
http://www.vibrationdata.com/
elcentro.htm
Autres accélérogrammes sur
http://www.caee.uottawa.ca/P
ublications/Earthquake
records/Earthquake
Records.htm

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 28
Action sismique / représentation de base
Réponse élastique d’un oscillateur à un séisme (rappel)
Le mouvement dû au séisme en un point donné de la surface
du sol est caractérisé par son accélération üG. L’équation du
mouvement de l’oscillateur (sismomètre) est :
𝒎𝒖 + 𝒄𝒖 + 𝒌𝒖 = −𝒎𝒖𝑮

Avec :
Masse m 𝑘
𝜔2 = 𝑚 𝜔 pulsation propre
Rigidité k 𝑐𝑐 = 2𝑚𝜔 amortissement critique
Mvt. du sol 𝑐
Amortissement c 𝜉=𝑐 facteur d’amortissement
𝑐
Mvt. structural
uG u 𝑢 + 2𝜉𝜔𝑢 + 𝜔2 𝑢 = −𝑢𝐺
ut
On introduit : 𝜔𝐷 = 𝜔 1 − 𝜉 2 pseudo-pulsation
Fig. oscillateur
Source : anciennes règles PS92 – art 6.234 : Amortissement
Matériau Charpente Béton Béton Béton Bois Maçonnerie
métallique Non-armé armé / chaîné Précontraint
 2à4% 3% 4% 2% 4à5% 5à6%
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 29
Action sismique / représentation de base
Réponse élastique d’un oscillateur – pseudo accélération (rappel)
La solution générale en déplacement de l’équation du mouvement est de la forme :
𝑡
1
𝑢 𝑡 = 𝑒 −𝜉𝜔𝑡 𝐴 sin 𝜔𝐷 𝑡 + 𝐵 cos 𝜔𝐷 𝑡 − 𝑢𝐺 𝑡 . 𝑒 −𝜉𝜔 𝑡−𝜏 . sin 𝜔𝐷 𝑡 − 𝜏 .dτ
𝜔𝐷
𝑡𝑒𝑟𝑚𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑖𝑡𝑖𝑓 0
𝑡𝑒𝑟𝑚𝑒 𝑓𝑜𝑟𝑐é=𝑖𝑛𝑡é𝑔𝑟𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝐷𝑢ℎ𝑎𝑚𝑒𝑙

Masse m
Masse nulle
Pseudo-Force FD
(- force de rappel)

Rigidité k
Même réponse
Amortissement c Rigidité k
structurale

uG u
u
ut
𝐹𝐷 = 𝑘. 𝑢 (pseudo-force)
Fig. oscillateur 𝐹 𝑘 Fig. force équivalente
𝛾𝐷 = 𝑚𝐷 = 𝑚 𝑢 = 𝜔2 𝑢 (pseudo-accélération) dans le pseudo-
vrai 𝛾𝐷
𝑣𝐷 = = 𝜔𝑢 (pseudo-vitesse) oscillateur
𝜔

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 30
Action sismique / représentation de base
Réponse élastique d’un oscillateur – déplacement (rappel)
𝑡
 Influence de la période propre 1
𝑢 𝑡 =− 𝑢𝐺 𝑡 . 𝑒 −𝜉𝜔 𝑡−𝜏
. 𝑠𝑖𝑛 𝜔𝐷 𝑡 − 𝜏 . 𝑑𝜏
de l’oscillateur sur sa réponse 𝜔𝐷
𝜏=0

𝑇 =2𝑠 𝑇 =1𝑠
𝜉 = 2% 𝜉 = 2%

Utilitaire PS_Duhamel
disponible sur le site
𝑇 = 0,5 𝑠 𝑇 = 0,2 𝑠
𝜉 = 2% 𝜉 = 2%
sciencespourlingenieur

Réponse d’un oscillateur simple à la secousse N-S de El Centro (amortissement fixe de 𝜉 = 2%)
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 31
Action sismique / représentation de base
Réponse élastique d’un oscillateur – déplacement (rappel)
𝑡
 Influence du facteur 1
d’amortissement sur la réponse 𝑢 𝑡 =− 𝑢𝐺 𝑡 . 𝑒 −𝜉𝜔 𝑡−𝜏
. 𝑠𝑖𝑛 𝜔𝐷 𝑡 − 𝜏 . 𝑑𝜏
𝜔𝐷
de l’oscillateur 𝜏=0

𝑇 = 0,5 𝑠 𝑇 = 0,5 𝑠
𝜉 = 0% 𝜉 = 2%

Utilitaire PS_Duhamel
disponible sur le site
𝑇 = 0,5 𝑠 𝑇 = 0,5 𝑠
𝜉 = 5% 𝜉 = 10%
sciencespourlingenieur

Réponse d’un oscillateur simple à la secousse N-S de El Centro (période propre fixe de 𝑇 = 0,5𝑠)
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 32
Action sismique / représentation de base
Réponse élastique d’un oscillateur – déplacement (rappel)

Pour un même séisme connu par son accélérogramme ü𝐺 (𝑡), au même site, on peut donc
reporter l’histoire du déplacement 𝑢(𝑡) imprimé à des oscillateurs de différentes
caractéristiques.
𝑚𝑎𝑥
𝑈1
𝑚𝑎𝑥 Ici les courbes correspondent à la
𝑈3
réponse au séisme de El Centro de
divers oscillateurs de même facteur
d’amortissement  = 5% mais ayant
des périodes propres 𝑇𝑖 différentes.
(utilitaire PS_Duhamel).

A chaque Période 𝑇𝑖 correspond


𝑚𝑎𝑥
𝑈2
𝑚𝑎𝑥 une amplitude maxi 𝑈𝑖

𝑚𝑎𝑥
Les amplitudes maximales 𝑈𝑖 dépendent de la période propre 𝑇𝑖
(elles surviennent à des instants 𝑡𝑖 différents).
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 33
Action sismique / représentation de base

Réponse élastique d’un oscillateur - spectre de réponse en déplacement (rappel)

On reporte ensuite l’amplitude maximale Umax obtenue pour chaque oscillateur en fonction
de sa période propre T : La courbe obtenue s’appelle « spectre en déplacement ».

 𝒄𝒓𝒐𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒕𝒔
Spectre de réponse du séisme N-S de El Centro Réseaux de spectres de réponse du séisme
(amortissement 𝜉 = 0%, calcul sur les 10 de El Centro (composante N-S)
premières secondes) (amortissement 𝜉 variable de 0 à 10%)

Si, en plus, on étudie des oscillateurs ayant des facteurs d’amortissement  différents, on
obtient un réseau de spectres.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 34
Action sismique / représentation de base

Réponse élastique d’un oscillateur - spectre de réponse combiné « quadrilog »

log 𝑣 Une représentation alternative du


spectre consiste à reporter la
réponse en pseudo-vitesse 𝒗
(maximale) dans un diagramme
log-log.
vitesse

En remarquant de plus que :


𝑣 𝑇
log 𝑓 log 𝑇 Déplacement : 𝑢 = 𝜔 = 2𝜋 𝑣
2𝜋
Accélération : 𝛾 = 𝜔𝑣 = 𝑣
𝑇

 Droites iso-accélération LES GRANDEURS 𝑢, 𝑣, 𝛾 Alors :


𝑇
croissantes PEUVENT ETRE log 𝑢 = log 𝑣 + log
 Droites iso-déplacement REPRESENTEES SUR LE 2𝜋
𝑇
décroissantes MEME DIAGRAMME. log 𝛾 = log 𝑣 − log
2𝜋

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 35
Action sismique / représentation de base

Réponse élastique d’un oscillateur - spectre de réponse combiné « quadrilog »

Dans le cas présent l’abscisse


est la période mais on trouve
également des diagrammes en

 𝒄𝒓𝒐𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒕𝒔
fréquence.

Puisque :
1
log f = log 𝑇 = − log 𝑇

on voit que cela revient


simplement à inverser le sens
de l’axe horizontal.

Utilitaire PS_Duhamel
Site sciencespourlingenieur

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 36
Action sismique / représentation de base
Réponse élastique d’un oscillateur - spectre d’accélération (rappel)

En pratique, les spectres de réponses


sont tracés en pseudo-accélération Fig. Famille de spectres
pour un site et pour un
g = 2𝑈 plutôt qu’en déplacement,
seul séisme
de sorte à permettre le calcul des
pseudo-forces ; les courbes sont
paramétrées par le facteur
d’amortissement.
Fig. Famille de spectres
gmax ×10-2 g enveloppes pour un site
(différents séismes)
Sur le même site, il y a lieu de prendre
15 1 =1% en considération différents séismes
(épicentres plus ou moins lointains) ; ce
10 5%
qui rend aléatoire les accélérogrammes.
5 10%  On prend l’enveloppe des différents
T=2/ spectres après « normalisation » qui
1,0 2,0 3,0 4,0 5,0 efface la disparité liée à l’amplitude des
séismes.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 37
Action sismique / représentation de base
Réponse sismique d’un ouvrage - spectre d’accélération

L’Eurocode EC8 introduit deux types de spectre de réponse :

• SPECTRES ELASTIQUES
 A employer pour les structures rigides en région de faible sismicité où il n’y a
aucun risque d’incursion des matériaux dans leur domaine de fonctionnement
plastique ou d’endommagement. La structure a un pur comportement visco-
élastique. La dissipation d’énergie est uniquement visqueuse et caractérisée par
un facteur d’amortissement 𝜉.
 A employer également dans la méthode d’analyse en poussée progressive (voir
plus loin).

• SPECTRES DE CALCUL
 A employer lorsque la conception de la structure prévoit une dissipation
d’énergie par mobilisation de la ductilité caractérisée par un coefficient de
comportement 𝑞.
 Spectres adaptés pour les méthodes de dimensionnement en forces latérales ou
en analyse modale-spectrale.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 38
Action sismique / représentation de base

spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) horizontal 𝑆𝑒𝑉

 Pour les deux niveaux d’action sismique


(non-effondrement et limitation des
dommages), le mouvement dû au séisme à
la surface du sol est représenté par le
même spectre de réponse élastique (en
accélération). 𝑆𝑒𝐻
 L’action sismique horizontale est décrite
par deux composantes orthogonales
indépendantes et représentées par le
même spectre de réponse. L’action
sismique verticale est décrite par un autre
𝑆𝑒𝐻
spectre.
 Pour les structures « importantes » (gl>1.0)
des effets d’amplification topographique
doivent être pris en compte (voir plus loin).

Attention ! Le spectre de réponse élastique suppose que l’ossature ne dissipe de


l’énergie ni par endommagement, ni par plasticité (uniquement par viscosité).
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 39
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) horizontal

(EC8) NF EN 1998-1 Article 3.2.2.2


Spectre de réponse élastique pour un amortissement de
référence de 5%.
𝑇
0 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐵 ∶ 𝑆𝑒 𝑇 = 𝑎𝑔 . 𝑆. 1 + . 𝜂. 2,5 − 1
𝑇𝐵
𝑇𝐵 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐶 ∶ 𝑆𝑒 𝑇 = 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝜂. 2,5
𝑇𝐶
𝑇𝐶 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐷 ∶ 𝑆𝑒 𝑇 = 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝜂. 2,5
𝑇
𝑇𝐶 𝑇𝐷
𝑇𝐷 ≤ 𝑇 ≤ 4 𝑠 ∶ 𝑆𝑒 𝑇 = 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝜂. 2,5
𝑇2

𝑆𝑒 𝑇 spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) ;


𝑇 période fondamentale de vibration d’un système linéaire à un seul degré de liberté ;
𝑎𝑔 accélération de calcul pour un sol de classe A : 𝑎𝑔 = 𝛾𝑙 . 𝑎𝑔𝑅 ;
𝛾𝑙 coefficient d’importance du bâtiment ;
𝑆 paramètre de sol ;
𝑇𝐵 limite inférieure des périodes correspondant au palier d’accélération spectrale constante ;
𝑇𝐶 limite supérieure des périodes correspondant au palier d’accélération spectrale constante ;
𝑇𝐷 valeur de période définissant le début de la branche à déplacement spectral constant (en 1/𝑇 2 ) ;
10
𝜂 valeur du coefficient de correction d’amortissement visqueux déterminée par 𝜂 = ≥ 0.55
5+𝜉%

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 40
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) horizontal
Accélération en croissance linéaire
Accélération constante
Célérité constante Déplacement constant
1 2 3 4
De, Ce, Se

Déplacement De
Célérité Ce

Accélération Se

Période T

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 41
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) horizontal

3 Commentaires :
 À période nulle, la pseudo-accélération est égale
1 à l’accélération du sol :
2
4 g𝐷 = 𝑆𝑒 = 𝑆. 𝑎𝑔 ;
1  pour les faibles périodes propres, la pseudo-
5 2 accélération croît linéairement jusqu’au atteint

6 pour une période TB :


𝑇
𝑆𝑒 𝑇 = 𝑎𝑔 . 𝑆. 1 + 𝑇 . 𝜂. 2,5 − 1 ;
𝐵

 Entre les périodes [TB , TC ], la pseudo-accél. est constante et maximale :


3 𝑆𝑒 𝑇 = 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝜂. 2,5 ;
 Au-delà de TC la pseudo-accél. décroît hyperboliquement (célérité spectrale constante) :
𝑇𝐶
4 𝑆𝑒 𝑇 = 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝜂. 2,5 ;
𝑇
 Au-delà de TD la pseudo-accél. décroît selon 1/T² (déplacement spectral est constant):
5 𝑇𝐶 𝑇𝐷
𝑆𝑒 𝑇 = 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝜂. 2,5 ;
𝑇2
 A période infinie (raideur nulle) la pseudo-accélération devient nulle.
6
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 42
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) horizontal
 Influence de la nature du sol & du type de séisme (EC8 Art3.2.2.2 & arrêté du 22
octobre 2010 Art. 4.II. d & e)
Les règles distinguent deux types de spectre :
1. Les zones de forte sismicité (zone 5) de magnitude d’onde de surface supérieure à 5.5
comme dans les pays méditerranéens ;
2. Les zones de faible sismicité (zones 1 à 4) de magnitude d’onde de surface inférieure à
5.5 comme dans les régions Nord-Européennes.
A chacune de ces situations correspond un jeu de paramètres (et donc un profil de spectre
type 1 ou type 2 respectivement) différent.
E
D
C
B
A

Antilles, Méditerranée

Spectre de type 1 Spectre de type 2

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 43
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) horizontal

 Influence de la nature du sol & du type de séisme


selon EC8 Art. 3.2.2.2 modifié arrêté du 22 octobre 2010 Art. 4.II. d & e, en guise d’AN.

Spectre de type 1- sismicité 5 Spectre de type 2 – sismicité 1 à 4


(Antilles- Méditerranée) (Nord-Europe)
Classe de S TB TC TD Classe de S TB TC TD
sol (s) (s) (s) sol (s) (s) (s)

A 1.0 0.15 0.4 2.0 A 1.0 0.05 0.25 1.2


(0.03) (0.20) (2.5)
B 1.2 0.15 0.5 2.0 B 1.35 0.05 0.25 1.2
(2.5)
C 1.15 0.20 0.6 2.0 C 1.5 0.10 0.25 1.2
(0.06) (0.40) (2.0)
D 1.35 0.20 0.8 2.0 D 1.8 0.10 0.30 1.2
(1.6) (0.60) (1.5)
E 1.4 0.15 0.5 2.0 E 1.6 0.05 0.25 1.2
(1.8) (0.08) (0.45) (1.25)
Note : les valeurs entre parenthèses sont applicables pour la France.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 44
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) horizontal

Le spectre 𝑆𝑒 𝑇 peut être obtenu à l’aide d’un tableur électronique. On pourra


employer le tableau ‘SpectreAccelElastHorizontal_3.2.2.2.xlsx’ déposé sur le site
sciencespourlingenieur ou le programme PS_Pushover.

Ci-dessous la page des paramètres de calcul.

EUROCODE 8 - NF EN 1998 - Art. 3.2.2.2 Spectre de réponse élastique horizontal


modérée
zone de sismicité ZS = 3 accel. de référence au rocher agR = 1.10
type de spectre TS = 2
ag.S = 1.32
classe de sol CS = A paramètre de sol S= 1.00
paramètres de spectre TB = 0.05
TC = 0.25
TD = 1.20

catégorie d'importance CI = III coefficient d'importance gl = 1.2

amortissement = 5.00% coef. Correction amortiss. h= 1.00

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 45
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) horizontal

𝑺𝒆 zone de sismicité = 3
classe de sol = A
catégorie d'importance III

𝑇 = 𝑇∗
amortissement variable de 5 à 20%

 𝑇 = 𝑇 ∗ est l’équation d’une


droite parallèle à l’axe 𝑆𝑒 située
à l’abscisse 𝑇 ∗ .
 𝑢 = 𝑢∗ = 𝑆𝑒 /𝜔2 est l’équation
2𝜋 2
de la courbe 𝑆𝑒 = 𝑢∗ × 𝑇

𝑇∗

Influence du facteur d’amortissement sur le spectre de réponse

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 46
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique (en pseudo-accélération) horizontal
𝑺𝒆 La pseudo-accélération est liée
au déplacement par :
2
2𝜋
𝑆𝑒 = 𝜔2 . 𝑢 = .𝑢
𝑇

Cette relation permet de donner


une autre représentation du
spectre de réponse qui sera utile
dans la mise en œuvre du calcul
sismique par la méthode
‘pushover’ ou ‘poussée
progressive’ (voir plus loin).
𝑇 = 𝑇 ∗ est l’équation de la
𝒖∗ 𝒖 2𝜋 2
droite 𝑆𝑒 = 𝑢 × issue
𝑇∗
2𝜋 2
de l’origine et de pente .
𝑇∗

Autre représentation déplacement-accélération du spectre de réponse :


𝑇 2
la variable 𝑇 est remplacée par la variable 𝑢 = 𝑆𝑒 𝑇 × exprimée en mm.
2𝜋
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 47
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique (en
Spectre de type 1 Spectre de type 2
pseudo-accélération) vertical (EC8 (Antilles-Méditerranée) (Nord-Europe)
art. 3.2.2.3) 𝑎𝑣𝑔 𝑎𝑣𝑔
TB TC TD TB TC TD
La composante verticale de l’action 𝑎𝑔 (s) (s) (s) 𝑎𝑔 (s) (s) (s)
sismique est représentée par le
spectre 𝑆𝑣𝑒(𝑇) caractérisé par les 0.80 0.15 0.40 2.00 0.90 0.03 0.20 2.50
valeurs ci-contre.
Valeurs des paramètres décrivant les spectres de réponse
Coefficient de sol : S=1 élastique verticaux (types 1 & 2) et selon l’arrêté du 19/07/2011

𝑇
0 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐵 : 𝑆𝑣𝑒 𝑇 = 𝑎𝑣𝑔 . 1 + . 𝜂. 3,0 − 1
𝑇𝐵
𝑇𝐵 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐶 : 𝑆𝑣𝑒 𝑇 = 𝑎𝑣𝑔 . 𝜂. 3,0
𝑇𝐶
𝑇𝐶 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐷 : 𝑆𝑣𝑒 𝑇 = 𝑎𝑣𝑔 . 𝜂. 3,0.
𝑇
𝑇𝐶 .𝑇𝐷
𝑇𝐷 ≤ 𝑇 ≤ 4𝑠 : 𝑆𝑣𝑒 𝑇 = 𝑎𝑣𝑔 . 𝜂. 3,0.
𝑇2

10
𝜂= ≥ 0.55
5 + 𝜉%

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 48
Action sismique / représentation de base
spectre de réponse élastique en déplacement horizontal (EC8 art. 3.2.2.4)
𝑆𝑒 𝑇
𝑇 < 𝑇𝐸 : 𝑆𝐷𝑒 𝑇 = 𝜔2 . 𝑆𝑒 𝑇 = 2𝜋
𝑇2
𝑇−𝑇𝐸
𝑇𝐸 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐹 : 𝑆𝐷𝑒 𝑇 = 0,025. 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝑇𝐶 . 𝑇𝐷 . 2,5. 𝜂 + . 1 − 2,5. 𝜂
𝑇𝐹 −𝑇𝐸
𝑇𝐹 ≤ 𝑇 : 𝑆𝐷𝑒 𝑇 = 𝑑𝑔 = 0,025. 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝑇𝐶 . 𝑇𝐷

10
𝜂= ≥ 0.55
5 + 𝜉%

Spectre de type 1
Classe de sol TE (s) TF (s)

A 4.5 10.0
B 5.0 10.0
C 6.0 10.0
D 6.0 10.0
E 6.0 10.0

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 49
Action sismique / représentation de base
Phénomène de non-linéarité
Au cours d’un séisme d’intensité moyenne à forte, les matériaux constitutifs peuvent être
sollicités au-delà de leur seuil d’élasticité : le comportement de l’ossature devient non-
linéaire.
La courbe ci-contre illustre le comportement d’une poutre de
béton armé soumise à des sollicitations cycliques :
 en petits déplacements, le comportement est linéaire ;
 au-delà d’environ 40% de la capacité portante, les premières
fissures apparaissent ;
 les cycles de chargement-déchargement exhibent des boucles
d’hystérésis traduisant la dissipation d’énergie.
f
Modélisation schématique fe
La courbe de comportement {déplacement-effort} est
approximée par un diagramme bilinéaire du type K
« élastique parfaitement plastique » comportant : u
ue umax
 un segment de pente K jusqu’au déplacement ue et la
force fe (la limite élastique) ;
-fe
 puis un palier au niveau fe jusqu’à la valeur umax ;
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 50
Action sismique / représentation de base
Coefficient de comportement (définition : art. 3.2.2.5) f

Supposons l’élément de structure soumis à un séisme l’amenant fo


à un déplacement uo. fe
Si le matériau constitutif restait indéfiniment élastique l’effort
subi par cet élément serait porté à fo=K.uo. En réalité, du fait
u
des irréversibilités qui apparaissent (plasticité, fissuration),
ue uo umax
l’effort reste plafonné au seuil fe.
 Autrement dit, à séisme égal, une structure non-élastique se verra moins sollicitée
qu’une structure purement (visco)élastique.
Afin d’éviter une analyse structurale non-élastique explicite, la ductilité des structures est
prise en compte en réalisant une analyse élastique fondée sur un « spectre réduit » par
rapport au spectre élastique. Ce spectre est appelé « spectre de calcul ».
La réduction est réalisée par l’introduction un « coefficient de comportement » , noté q, qui
est une approximation du rapport 𝑓𝑜 𝑓𝑒 entre les forces sismiques que la structure subirait si
la réponse était complètement élastique et les forces sismiques réduites pouvant (devant)
être utilisées lors du dimensionnement.
Ce coefficient q , réducteur, tient compte également l’amortissement visqueux ; il dépend de
la nature des matériaux, du parti constructif, de la classe de ductilité (cf. EC8 art. 5 à 9).
NOTE : Le coefficient de comportement n’influe pas sur les déplacements sismiques.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 51
Action sismique / représentation de base
spectre de calcul horizontal Sd(T) pour l’analyse élastique (EC8 art. 3.2.2.5
+ décret 22/10/2010)
Spectre de type 1- sismicité 5 Spectre de type 2 – sismicité 1 à 4
Classe S TB TC TD Classe S TB TC TD
de sol (s) (s) (s) de sol (s) (s) (s)

A 1.0 0.15 0.4 2.0 A 1.0 0.03 0.20 2.5


B 1.2 0.15 0.5 2.0 B 1.35 0.05 0.25 2.5
C 1.15 0.20 0.6 2.0 C 1.5 0.06 0.40 2.0
𝑎𝑔 = 𝛾𝑙 × 𝑎𝑔𝑅
𝛽 = 0.2 D 1.35 0.20 0.8 2.0 D 1.6 0.10 0.60 1.5
E 1.4 0.15 0.5 2.0 E 1.8 0.08 0.45 1.25

2 T  2 .5 2  
0  T  TB : S d T  = a g  S      
 3 TB  q 3 

TB  T  TC : S d T  = a g  S 
2 .5
q
𝛽. 𝑎𝑔  2.5  TC 
a g  S  
TB TC TD TC  T  TD : S d T  =  q  T 
    ag

 2.5  TC TD 
a g  S  
Allure du spectre de calcul horizontal TD  T : S d T  =  q  T 2 
pour l’analyse élastique     ag

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 52
Action sismique / représentation de base
spectre de calcul vertical Svd(T) pour l’analyse élastique (EC8 art. 3.2.2.5)

Spectre de type 1 Spectre de type 2


𝑎𝑣𝑔 TB TC TD 𝑎𝑣𝑔 TB TC TD
𝑎𝑔 (s) (s) (s) 𝑎𝑔 (s) (s) (s)

0.90 0.15 0.40 2.0 0.8 0.03 0.20 2.5

2 𝑇 2,5 2
0 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐵 : 𝑆𝑣𝑑 𝑇 = 𝑎𝑣𝑔 . + −
3 𝑇𝐵 𝑞 3
2,5
𝑇𝐵 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐶 : 𝑆𝑣𝑑 𝑇 = 𝑎𝑣𝑔 .
𝑞

2,5 𝑇𝐶
𝑎𝑣𝑔 .
𝑇𝐶 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐷 : 𝑆𝑣𝑑 𝑇 = 𝑞 𝑇
≥ 𝛽. 𝑎𝑔
2,5 𝑇𝐶 .𝑇𝐷
𝑎𝑣𝑔 .
𝑇𝐷 ≤ 𝑇 : 𝑆𝑣𝑑 𝑇 = 𝑞 𝑇2
≥ 𝛽. 𝑎𝑔
𝒒 ≤ 𝟏, 𝟓

L’amortissement visqueux 𝜉 est « intégré » dans le coefficient de comportement 𝑞.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 53
Action sismique / représentation de base
Amplification pour effet de site topographique - Art.3.2.2.1 (6)

Lorsque le coefficient d’importance du bâtiment est supérieur à 1.0 il y a lieu de tenir


compte de la topographie locale. Pour cela, on peut s’inspirer des anciennes règles PS92 ou
se référer à l’annexe informative A de l’EN 1998-5.

𝐵 𝐷
L’action sismique est
𝑂 𝑝𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 𝑝 pondérée par un coefficient
d’amplification topographique
𝐴 𝑆𝑇 pour les bâtiments situés à
𝐻 proximité d’une crête de
hauteur supérieure à 10m.
𝑝𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑎𝑣𝑎𝑙 𝑃

𝑆𝑇
𝑆𝑇𝑚𝑎𝑥 = 1.0 + 0.8 × (Δ𝑃 − 0.27)
Fig. Courbe illustrant l’évolution du
𝑆𝑇𝑚𝑖𝑛 = 1.0
coef d’amplification topographique
𝑏 𝑥
𝑎= 𝑏 𝑎
3
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 54
Action sismique / représentation de base
Amplification pour effet de site topographique - Art.3.2.2.1 (6)

𝐷
𝐵 On calcule :
𝑂 𝑝𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑎𝑚𝑜𝑛𝑡 𝑝
𝐻 + 10𝑚
𝐴 𝑏 = 𝑚𝑖𝑛 20 × 𝑃;
4𝑚
𝐻
𝑝𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑎𝑣𝑎𝑙 𝑃 𝑏
𝑎=
3
𝑆𝑇
Δ𝑃 = 𝑃 − 𝑝
1.0

𝑎 𝑏 𝑎 𝑥

Entre O (crête) et B (au dessus) :


• Si Δ𝑃 ≤ 0.27 (angle 15°) alors 𝑆𝑇𝑚𝑎𝑥 = 1.0
• Si 0.27 ≤ Δ𝑃 ≤ 0.9 alors 𝑆𝑇𝑚𝑎𝑥 = 1.0 + 0.8 × (Δ𝑃 − 0.27)
• Si 0.9 ≤ Δ𝑃 alors 𝑆𝑇𝑚𝑎𝑥 = 1.4

En deça de A ou au-delà de B : 𝑆𝑇 = 1.0

Entre O et A ou entre B et D : raccordement linéaire.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 55
Dimensionnement des bâtiments
Méthodes d’analyse du comportement des ossatures sous action sismique (Art. 4.3)
 Généralités
 Le modèle du bâtiment doit représenter la distribution des masses et des rigidités de
manière adéquate de sorte à rendre fidèlement compte des déplacements sous l’action
sismique considérée ;
 La structure peut généralement être considérée comme constituée de systèmes
résistant aux charges horizontales et verticales reliés par des diaphragmes horizontaux ;
 Lorsque les planchers sont assimilables à des diaphragmes rigides, les masses et les
moments d’inertie de ceux-ci peuvent être concentrés au CDG ;
 Pour les bâtiments en béton et en maçonnerie, la rigidité de calcul des éléments
structuraux doit prendre en compte la fissuration ;
 Il convient de prendre en compte les murs de remplissage contribuant significativement
à la rigidité et à la résistance latérales du bâtiment ;
 Les effets sismiques et les effets des autres actions présentes dans la situation sismique
de calcul peuvent être déterminés sur la base d’un comportement élastique linéaire de
la structure ;
 Sous certaines conditions, deux modèles 2D peuvent être employés au lieu d’un modèle
3D : les effets de torsion générale sont pris en compte selon des modalités particulières.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 56
Dimensionnement des bâtiments
Méthodes d’analyse du comportement des ossatures sous action sismique (suite)

 Méthodes d’analyse
Les règles prévoient quatre types d’analyse :
1. Analyse par forces latérales (art. 4.3.3.2)
Le mode fondamental de vibration importe seul ; des forces latérales équivalentes à
l’action du séisme considéré sont appliquées au niveau de chaque plancher ;
2. Analyse modale (art. 4.3.3.3)
Les réponses des modes de vibrations contribuant de manière significative à la réponse
sont prises en compte ; les réponses modales sont établies sur la base du spectre de
calcul puis combinées de façon harmonique ;
3. Analyse statique en poussée progressive « push-over » (art. 4.3.3.4.2)
Méthode conduite sous charges horizontales croissant de façon monotone destinée à
évaluer les mécanismes plastiques attendus en cas de séisme et la distribution des
dommages résultant ;
4. Analyse dynamique chronologique non linéaire (art. 4.3.3.4.3)
Intégration numérique directe des équations différentielles du mouvement en utilisant
les accélérogrammes (3 mini) pour représenter les mouvements du sol.

Voir le cours de dynamique de Master 1 sur le site sciencespourlingenieur.


Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 57
Dimensionnement des bâtiments
Méthodes d’analyse du comportement des ossatures sous action sismique (suite)
 Méthodes d’analyse (diagramme)

Méthodes
d’analyse

Linéaires équivalentes
avec coefficient de Non-linéaires
comportement q

Analyse Méthode simplifiée Poussée progressive


multimodale des Forces latérales Analyse temporelle
« push over »
avec spectre (si « régularité »)

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 58
Dimensionnement des bâtiments
Masses sismiques à prendre en compte (EC8 art. 3.2.4 et 4.2.4)
Les effets d’inertie de l’action sismique de calcul doivent Gk , j  Q 
être évalués en prenant en compte la présence des M =    E ,i  k ,i 
masses associées aux charges gravitaires permanentes Q j g i  g 
et variables Q combinées selon la relation :
• Gk,j valeur caractéristique de la jème charge permanente ;
• Qk,i valeur caractéristique de la ième charge variable ;
• g accélération de la pesanteur = 9,81N/kg = 9,81m/s²
• E,i coefficient de combinaison de la masse associée à l’action variable i dans la
situation sismique de calcul : 𝜓𝐸,𝑖 = 𝜑𝑖 . 𝜓2𝑖

 Le coefficient i est Type d’action variable Etage 


donné par le Catégories A à C Toit 1,0
tableau ci-contre  Etages à occupations corrélées 0,8
 Les coefficients de Etages à occupations indépendantes 0,5
combinaison 2i Catégories D à F et 1,0
(combinaison sismique) archives
déterminés par l’annexe Pont roulant (annexe Masse propre du pont roulant 1,0
A1 de l’EN 1990:2002 France) Masse suspendue séisme horizontal 0,0
Masse suspendue séisme vertical 0,2
(voir page suivante)
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 59
Dimensionnement des bâtiments
Masses sismiques à prendre en compte (coefficients 2j)
L’EN NF 1990 « base de calcul des structures » définit 3 types de combinaisons d’action et
des coefficients de combinaison associés à chacun d’eux (cf. extraction ci-dessous).

Type de combinaison & coefficient associé


Action (selon la catégorie du bâtiment) Fondamentale Accidentelle Sismique
0 1 2
Charges d'exploitation des bâtiments, catégorie (voir EN 1991-1.1) :
Catégorie A : habitation, zones résidentielles 0,7 0,5 0,3
Catégorie B : bureaux 0,7 0,5 0,3
Catégorie C : lieux de réunion 0,7 0,7 0,6
Catégorie D : commerces 0,7 0,7 0,6
Catégorie E : stockage 1,0 0,9 0,8
Catégorie F : zone de trafic, véhicules de poids ≤ 30 kN 0,7 0,7 0,6
Catégorie G : zone de trafic, véhicules de poids 30 kN 0,7 0,5 0,3
Catégorie H : toits 0 0 0
Charge due à la neige (voir EN 1991-1-5) hors pays nordiques :
Lieux situés à une altitude H > 1 000 m 0,70 0,50 0,20
Lieux situés à une altitude H ≤ 1 000 m 0,50 0,20 0
Charges dues au vent sur les bâtiments (voir EN 1991-1-4) 0,60 0,20 0
Température (hors incendie) dans les bâtiments (voir EN 1991-1-5) 0,60 0,50 0

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 60
Dimensionnement des bâtiments
Rigidité à prendre en compte pour les éléments en béton
La rigidité des éléments structuraux en béton doit tenir compte de la fissuration (art. 4.3.1).
A défaut d’une analyse plus détaillée, la rigidité élastique à la flexion et au cisaillement des
éléments en béton armé est prise égale à la moitié de la rigidité des éléments non-fissurés.
Elément Rigidité à la Rigidité à l’effort Rigidité à l’effort
flexion tranchant normal
Poutres non précontraintes 0,5𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤

Poutres précontraintes 𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤


Poteaux comprimés 0,7𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤 𝐸𝑐𝑑 𝐴𝑐
Poteaux tendus 0,5𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤 𝐸𝑠𝑑 𝐴𝑠
Murs et diaphragmes non fissurés 𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤 𝐸𝑐𝑑 𝐴𝑐
𝜎𝑡 < 𝑓𝑐𝑡𝑚 𝑉𝐸𝑑 < 𝑉𝑅𝑑,𝑐
Murs et diaphragmes fissurés 0,5𝐸𝑐𝑑 𝐼 0,5𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤 𝐸𝑐𝑑 𝐴𝑐
𝜎𝑡 > 𝑓𝑐𝑡𝑚 𝑉𝐸𝑑 > 𝑉𝑅𝑑,𝑐

Source : Guide pour la conception parasismique des bâtiment en acier ou en béton selon
l’Eurocode 8 (oc. 2010) – édité par l’AFPS.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 61
Dimensionnement des bâtiments
Notations EN 1992-1 et AFPS
Elément Rigidité à la Rigidité à l’effort Rigidité à l’effort
flexion tranchant normal
Poutres non précontraintes 0,5𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤
Poutres précontraintes 𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤
Poteaux comprimés 0,7𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤 𝐸𝑐𝑑 𝐴𝑐
Poteaux tendus 0,5𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤 𝐸𝑠𝑑 𝐴𝑠
Murs et diaphragmes non fissurés 𝐸𝑐𝑑 𝐼 𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤 𝐸𝑐𝑑 𝐴𝑐
𝜎𝑡 < 𝑓𝑐𝑡𝑚 𝑉𝐸𝑑 < 𝑉𝑅𝑑,𝑐
Murs et diaphragmes fissurés 0,5𝐸𝑐𝑑 𝐼 0,5𝐺𝑐𝑑 𝐴𝑤 𝐸𝑐𝑑 𝐴𝑐
𝜎𝑡 > 𝑓𝑐𝑡𝑚 𝑉𝐸𝑑 > 𝑉𝑅𝑑,𝑐

𝐴𝑐 aire section droite béton élément métallique en situation sismique


𝐴𝑤 aire section transversale de l’âme (𝐴𝑠𝑤 ) 𝑉𝑅𝑑,𝑐 résistance à l’effort tranchant d’un mur sans
𝐴𝑠 aire section longitudinales des armatures de armatures d’effort tranchant
béton armé 𝑓𝑐𝑡𝑚 résistance moyenne en traction axiale du béton
𝐼 moment d’inertie de la section de béton 𝜎𝑡 contrainte maximale de traction dans le béton
𝐸𝑐𝑑 valeur de calcul du module d’élasticité du béton en supposant celui-ci non fissuré
𝐺𝑐𝑑 valeur de calcul du module transversal du béton
𝐸𝑠𝑑 valeur de calcul du module de l’acier
𝑉𝐸𝑑 effort tranchant dans un mur ou dans un

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 62
Dimensionnement des bâtiments

Principes de base de la conception (Art. 4.2)


1. Simplicité de la structure ;
2. Uniformité, symétrie et hyperstaticité ;
3. Résistance et rigidité dans deux directions principales ;
4. Résistance et rigidité vis-à-vis de la torsion ;
5. Action des diaphragmes au niveau des planchers ;
6. Fondations appropriées.

 Simplicité de la structure
Cheminements clairs et directs des forces sismiques vers les fondations :
 Sécuriser la modélisation, le calcul, le dimensionnement, les dispositions
constructives et la mise en œuvre par une prédiction plus fiable du comportement
sismique ;

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 63
Dimensionnement des bâtiments

Principes de base de la conception (suite)


 Uniformité, symétrie & hyperstaticité
Uniformité en plan :
 Répartition régulière des éléments structuraux pour une transmission courte et
directe des forces d’inertie ;
Uniformité en élévation :
 Elimination des zones de concentrations de contraintes lieux de rupture
prématurée ;
Masses & rigidités réparties corrélativement :
 Elimination naturelle des excentricités importantes ;
 Distribution régulière et symétrique des structures ;
Hyperstaticité :
 La distribution régulière d’éléments structuraux contribue à l’hyperstaticité et à
une dissipation répartie de l’énergie sur l’ensemble de la structure ;

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 64
Dimensionnement des bâtiments

Principes de base de la conception (suite)


 Résistance et rigidité dans les deux directions principales
Bidirectionnalité des séismes :
 Nécessité de résister aux actions horizontales selon deux directions ;
Orthogonalité :
 Disposition des éléments structuraux selon un réseau orthogonal assurant des
caractéristiques de résistance et de rigidité similaires dans les deux directions ;
Rigidité :
 Eviter les déplacements excessifs (risque de dommages importants ou d’instabilité
due aux effets du second ordre) ;

 Résistance et rigidité à la torsion


Diminuer les moments de torsion d’axe vertical :
 Rapprocher au maximum le centre de masse et le centre de torsion ;
Augmenter l’inertie de torsion :
 Déporter les éléments principaux de contreventement en périphérie du
bâtiment ;

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 65
Dimensionnement des bâtiments

Principes de base de la conception (fin)


 Action des diaphragmes au niveau des planchers
Rôle des planchers et du toit :
 Collecte des forces d’inertie, transmission aux éléments structuraux verticaux ;
 Solidarisation des éléments verticaux ;
Rigidité dans le plan & liaison avec les éléments verticaux :
 Eviter les grandes trémies et ouvertures en particulier à proximité des éléments
structuraux verticaux ;
 Prendre en compte la souplesse des diaphragmes allongés le cas échéant ;
 Fondations adéquates
Solidarité de la construction avec ses fondations :
 Pour une excitation sismique uniforme de l’ensemble du bâtiment ;
Caisson alvéolé :
 A employer lorsque la structure comporte un nombre réduit de voiles porteurs ;
Longrines de liaison :
 A employer orthogonalement lorsque les massifs de fondation sont isolés.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 66
Dimensionnement des bâtiments
Classement de régularité
En vue de son dimensionnement sismique une structure peut être classée comme :
o structure régulière ;
o structure irrégulière.
 Ce critère s’appliquant à la géométrie du bâtiment soit en plan, soit en élévation.
 Ce critère impacte sur le choix des modèles de calcul employés pour le dimensionnement
sismique et selon les modalités spécifiées par le tableau 4.1 ci-dessous.

Régularité Simplifications admises Coef. q


En En Modèle Analyse élastique linéaire (pour analyse linéaire)
Plan Elévation
Oui Oui Plan Force latérale a) Valeur de référence
Oui Non Plan Modale Valeur minorée c)
Non Oui Spatial b) Force latérale a) Valeur de référence
Non Non Spatial Modale Valeur minorée
a) La période propre T1 doit être inférieure à 4.TC et à 2.0s (art. 4.3.3.2).
b) Un modèle plan séparé dans chaque direction horizontale peut être utilisé sous certaines conditions.
c) Valeur minorée = Valeur de référence x 0.8.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 67
Dimensionnement des bâtiments
Régularité en plan : critères (art. 4.2.3.2)

Un bâtiment est classé « régulier en plan » s’il respecte A15%.A


l’ensemble des conditions ci-après :

𝐿𝑚𝑎𝑥
1. Symétrie approximative en plan par rapport à deux A
axes tant pour ce qui concerne la raideur latérale
pour ce qui concerne la distribution de la masse ;
A25%.A
2. Compacité en plan : Aucun des retraits du contour
des planchers, mesuré par rapport à l’enveloppe
𝐿𝑚𝑖𝑛
convexe (hors balcons), n’excède 5% en surface ;

3. Raideur en plan des planchers : elle doit être plus importante que la raideur latérale
des éléments verticaux pour fonctionner en diaphragme ;
𝐿𝑚𝑎𝑥
4. Elancement 𝐿𝑚𝑖𝑛 limité à 4 ;
5. Excentricité structurale 𝑟𝑥 ≥ 𝑠𝑢𝑝 𝑒𝑜𝑥 0.30 ; 𝑙𝑠 (idem en y) où 𝑒0𝑥 est la distance entre
le CdG G et le centre de rigidité C mesurée selon la direction x perpendiculaire à la
direction de calcul considérée, 𝑟𝑥 est le rayon de torsion (contreventements situés sous
le plancher), 𝑙𝑠 est le rayon de giration massique du plancher en plan ;
Les modalités de calcul des grandeurs mentionnées ci-dessus sont indiquées dans les pages suivantes.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 68
Dimensionnement des bâtiments
Régularité en plan : modalités
 Effet de torsion (théorie)
Par définition, les forces d’inertie produites par un séisme au niveau d’un plancher forment
un glisseur qui agit au centre de masse G du plancher. Si ce dernier n’est pas confondu
(excentricité e) avec le centre de raideur C , la résultante d’inertie entraîne l’existence d’un
couple de torsion 𝑀𝑡 qui affecte la distribution des efforts dans les éléments de
contreventement.

e Mt=F.e
C G C G C G

F F
O O O

Les effets structuraux et accidentels de la torsion doivent ainsi être pris en compte, y
compris dans les modèles simplifiés 2D applicables aux bâtiments « réguliers ».

Rappelons que les effets de torsion sont limités en pratique par :


 La condition de symétrie en plan ;
 Le déport des contreventements au plus près des façades.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 69
Dimensionnement des bâtiments
Régularité en plan : modalités y 𝛿𝑇𝑦
𝑢 = 𝜃 −𝑦𝑥 + 𝑥 𝑦
 Effet de torsion (théorie suite)
y
𝛿𝑇𝑥
L’effet du couple de torsion 𝑀𝑡 = 𝐹. 𝑒 d’axe vertical se Mt 
traduit par une rotation du plancher autour du centre C x
de raideur C d’angle . Les contreventements sont ainsi x
sollicités en flexion déviée et en torsion (cette dernière
pouvant être négligée). O
Le déplacement (déflexion) subi par le centre d’inertie situé en tête d’un contreventement
(x,y) est 𝑢 = 𝜃 −𝑦𝑥 + 𝑥𝑦 . Où  est la rotation différentielle d’axe vertical entre deux
planchers consécutifs : 𝜃 = 𝛼. ℎ ; h est la hauteur du niveau considéré et  est le « taux de
rotation » lié au moment de torsion 𝑀𝑡 et à l’inertie de torsion GJ par la relation :
𝜃
𝑀𝑡 = 𝐺𝐽. 𝛼 = 𝐺𝐽

Les composantes de force de cisaillement en tête de contreventement selon x et y sont
12𝐸𝐼
proportionnelles à l’inertie de flexion dans les directions correspondantes : 𝛿𝑇𝑥 = ℎ3 𝑥 𝜃𝑦
12𝐸𝐼𝑦
et 𝛿𝑇𝑦 = 𝜃𝑥. Ces dernières produisent un couple autour de l’axe vertical passant par C
ℎ3
12
tel que 𝑚𝑡 = 𝑦. 𝛿𝑇𝑥 + 𝑥. 𝛿𝑇𝑦 = ℎ3 𝐸𝜃 𝑥 2 𝐼𝑦 + 𝑦 2 𝐼𝑥 .
NOTE : en toute rigueur, 𝑥 et 𝑦 désignent les coordonnées du centre de torsion du contreventement
par rapport au centre de raideur du plancher (et non pas son centre d’inertie).
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 70
Dimensionnement des bâtiments
Régularité en plan : modalités y 𝛿𝑇𝑦
𝑢 = 𝜃 −𝑦𝑥 + 𝑥 𝑦
 Effet de torsion (théorie fin)
y
La somme des couples induits par l’ensemble des 𝛿𝑇𝑥
Mt 
contreventements est égale au moment de torsion lui-
C x
même. Ainsi : 𝑀𝑡 = 𝑦. 𝛿𝑇𝑥 + 𝑥. 𝛿𝑇𝑦 = x
12 2 2
𝐸𝜃 𝑥 𝐼𝑦 + 𝑦 𝐼𝑥
ℎ3
12 𝑀𝑡 .ℎ
 𝑀𝑡 = ℎ3 𝐸 𝑥 2 𝐼𝑦 + 𝑦 2 𝐼𝑥 O
𝐺𝐽

𝐺𝐽 12 𝐺𝐽
 d’où le module de torsion : = ℎ3 𝐸 𝑥 2 𝐼𝑦 + 𝑦 2 𝐼𝑥 tel que 𝑀𝑡 = 𝜃
ℎ ℎ
Le terme 𝑥 2 𝐼𝑦 + 𝑦 2 𝐼𝑥 , de dimension en L6, est appelé improprement « rigidité à la
torsion » selon l’art. 4.3.2.3 (6) de l’EC8 et l’art. 6,61211d des règles PS92.
Les suppléments d’effort tranchant repris par chaque contreventement du fait de la
12𝐸𝐼𝑥 12𝐸𝐼𝑦
torsion d’ensemble sont : 𝛿𝑇𝑥 = 𝜃𝑦 et 𝛿𝑇𝑦 = 𝜃𝑥 ; par conséquent :
ℎ3 ℎ3
𝑀𝑡 𝑀𝑡
𝛿𝑇𝑥 = 𝑦. 𝐼𝑥 et 𝛿𝑇𝑦 = 𝑥. 𝐼𝑦
𝑥 2 𝐼𝑦 +𝑦 2 𝐼𝑥 𝑥 2 𝐼𝑦 +𝑦 2 𝐼𝑥

Dans les calculs, 𝑀𝑡 doit prendre en compte les séismes selon les deux directions,
! l’excentrement structural et l’excentrement accidentel supplémentaire.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 71
Dimensionnement des bâtiments
Régularité en plan : modalités (suite)
Masse d’un plancher (rappel)
Pour l’estimation de la masse, il convient de prendre en compte:
 La masse propre du plancher caractérisée par la poids volumique 𝑔𝑘 ;
 La part quasi permanente 𝜑𝑖 . Ψ2𝑖 . 𝑞𝑘,𝑖 des charges variables ;
 Les masses concentrées 𝑀𝑗 , solidaires du plancher, dont les contreventements (pour
moitié entre plancher haut et plancher bas).
1
𝑀= 𝑝𝑙𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒𝑟
𝑚 . 𝑑𝑆 + 𝑗 𝑀𝑗 en désignant par 𝑚 = 𝑔 𝑔𝑘 + 𝑖 𝜑𝑖 . Ψ2,𝑖 . 𝑞𝑘,𝑖 la masse
surfacique à prendre en compte.
Position du centre de gravité G ou « centre de masse ».

Y Mi C’est le point de moment statique nul :


Yi
Ai

𝑝𝑙𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒𝑟
𝑋. 𝑚 . 𝑑𝑆 + 𝑗 𝑋𝑗 . 𝑀𝑗
YG G 𝑋𝐺 =
𝑀
𝑝𝑙𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒𝑟
𝑌. 𝑚 . 𝑑𝑆 + 𝑗 𝑌𝑗 . 𝑀𝑗
X 𝑌𝐺 =
O 𝑀
XG Xi

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 72
Dimensionnement des bâtiments
Régularité en plan : modalités (suite)

Y Ixj, Iyj Calcul de la position du « centre de raideur » C.


Yj
Aj
Il est assimilable au centre de torsion du
YC C « profil » constitué par les éléments
structuraux verticaux.
Le centre de raideur est assez complexe à
X
O calculer en règle générale.
XC Xj

𝑗 𝑋𝑗 . 𝐼𝑦𝑗 A défaut, lorsque les éléments sont isolés et


𝑋𝐶 =
𝑗 𝐼𝑦𝑗 de forme convexe, on peut adopter la formule
dite des « rigidités relatives ». (voir le cours de
𝑗 𝑌𝑗 . 𝐼𝑥𝑗
𝑌𝐶 = dynamique des structures).
𝑗 𝐼𝑥𝑗

NOTATION : 𝐼𝑥 est l’inertie de flexion dans la direction x donc 𝐼𝑥 = 𝑥 2 . 𝑑𝐴 et 𝐼𝑦 = 𝑦 2 . 𝑑𝐴


! Naturellement, les inerties des contreventements sont calculés dans leur repère principal
d’inertie propre.
Pour les ossatures irrégulières, le développement d’un modèle 3D s’avère incontournable.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 73
Dimensionnement des bâtiments
Calcul du centre de raideur

PS_StiffnessCentre

téléchargement : site sciencespourlingenieur

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 74
Dimensionnement des bâtiments
y
Régularité en plan : modalités (suite)

 Calcul des rayons de torsion rx et ry


C x
Les rayons de torsion selon les deux directions
principales sont définis par la relation suivante :
𝑟𝑖𝑔𝑖𝑑𝑖𝑡é à 𝑙𝑎 𝑡𝑜𝑟𝑠𝑖𝑜𝑛
𝑟𝑎𝑦𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑡𝑜𝑟𝑠𝑖𝑜𝑛 =
𝑟𝑖𝑔𝑖𝑑𝑖𝑡é 𝑑𝑒 𝑓𝑙𝑒𝑥𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑑𝑖𝑟𝑒𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑖𝑑é𝑟é𝑒

2 2 2 2
Dans le système d’axes
𝑖 𝑥𝑖 .𝐼𝑦𝑖 +𝑦𝑖 .𝐼𝑥𝑖 𝑖 𝑥𝑖 .𝐼𝑦𝑖 +𝑦𝑖 .𝐼𝑥𝑖
𝑟𝑥 = et 𝑟𝑦 = centré sur le centre de
𝑖 𝐼𝑥𝑖 𝑖 𝐼𝑦𝑖 raideur C

 Calcul du rayon de giration massique du plancher ls !

𝑖𝑛𝑒𝑟𝑡𝑖𝑒 𝑝𝑜𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒/𝐺 𝑟𝑖2 .𝑀𝑖 + 𝑚.𝑟 2 𝑑𝐴 Dans le système d’axes


Par définition : 𝑙𝑠 = = centré sur le centre
𝑚𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑀𝑖 + 𝑚.𝑑𝐴
d’inertie G
Pour un plancher rectangulaire :
𝑚𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑟𝑒𝑐𝑡𝑎𝑛𝑔𝑙𝑒
1 2 2
𝑚. 𝑟 2 . 𝑑𝐴 = 𝑚. 𝐿𝑚𝑖𝑛 × 𝐿𝑚𝑎𝑥 × 𝐿𝑚𝑖𝑛 + 𝐿𝑚𝑎𝑥
12

(pour les autres configurations, utiliser les formules de Huygens)


Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 75
Dimensionnement des bâtiments
Régularité en élévation : critères (art. 4.2.3.3)

Un bâtiment est classé « régulier en élévation » s’il


respecte l’ensemble des conditions ci-après :
1. Continuité de tous les éléments de
contreventement (noyaux, murs, poteaux) du
sommet du bâtiment jusqu’aux fondations ;
2. Raideur et masse constantes ou en réduction
progressive, sans variation brusque, de la base
au sommet du bâtiment ;
3. Résistance à l’effort tranchant sismique égale
d’un niveau à l’autre (~20% de variation
maximum) ;
4. Limitation des retraits en élévation (page
suivante).

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 76
Dimensionnement des bâtiments
Régularité en élévation : critères (suite)
L2

L1
L2

L1

L Retraits asymétriques successifs :


𝐿1 −𝐿2 𝐿−𝐿2
≤ 0,10 et ≤ 0,30
Retraits symétriques successifs : 𝐿1 𝐿
𝐿1 −𝐿2
≤ 0,20
𝐿1

L3 L1
H H
L3 L1

>0,15H
0,15H
<0,15H

Retrait unique sous 0,15𝐻: Retrait unique au-dessus de 0,15𝐻:


𝐿1 +𝐿3 𝐿1 +𝐿3
≤ 0,50 ≤ 0,20
𝐿 𝐿

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 77
Dimensionnement des bâtiments
Méthode d’analyse par forces latérales (art. 4.3.3.2)
 Champ d’application
 Bâtiment dont la réponse ne dépend que du mode fondamental dans chaque direction ;
 Il faut pour cela – art. 4.3.3.2.1(2) :
 Que le bâtiment satisfasse les conditions de régularité en élévation ;
 Que les périodes propres T1 selon les deux directions satisfassent la condition
𝑇1 ≤ 𝑖𝑛𝑓 4 × 𝑇𝐶 ; 2,0𝑠

 Effort tranchant à la base de la structure


L’effort tranchant sismique Fb à la base, selon chaque direction
principale, est déterminé par la relation :
FN
Fb = Sd T1   m  
Fi mi
Sd(T1) ordonnée du spectre de calcul pour la période T1 ;
ki m masse totale du bâtiment au dessus des fondations ;
Fi-1
 Coefficient correcteur :
• =0.85 si 𝑇1 ≤ 2𝑇𝐶 et plus de 2 étages ;
• =1.0 sinon.
Fb
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 78
Dimensionnement des bâtiments
Méthode d’analyse par forces latérales (suite)
 Calcul de la période fondamentale
𝑘𝑖 𝑣𝑖 −𝑣𝑖−1 2
 Utilisation de la méthode de Rayleigh : 𝜔12 = 𝑚𝑖 𝑣𝑖2

 Formule applicable aux bâtiments jusqu’à 40m de hauteur :


𝟑
𝑻𝟏 = 𝑪𝒕 . 𝑯 𝟒
Ct=0,085 portiques spatiaux en acier ;
Ct=0,075 portiques spatiaux en béton ;
Ct=0,050 autres structures ;

 Pour les structures avec des murs de contreventement en béton ou en maçonnerie, on


adoptera 𝐶𝑡 = 0,075 Ac où 𝐴𝑐 est l’aire effective totale des sections des murs de
contreventement au 1er niveau ;
 On peut également aussi utiliser la relation a):
𝑻𝟏 = 𝟐 𝒅
où d est le déplacement élastique horizontal du sommet du bâtiment dû aux charges
gravitaires appliquées horizontalement.
a) Période propre par la méthode de Rayleigh quand le motif de vibration est donné par les charges gravitaires :
𝑇 = 2𝜋 𝑔 × 𝑑 ≈ 2,0061 𝑑 (d en mètre et T en seconde),
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 79
Dimensionnement des bâtiments
Méthode d’analyse par forces latérales (suite)
F3 s3 z3
 Distribution des forces sismiques horizontales en élévation M3

 La forme du mode fondamental s(x) dans chaque direction


F2 s2 z2
d’analyse horizontal est établi à l’aide de méthodes de M2
dynamique des structures ;
 Les effets de l’action sismique sont déterminés en appliquant, F1 s1 z1
M1
dans les deux modèles plans, des forces horizontales Fi à
chaque étage de masse mi :
si  mi
Fi = Fb 
F3
M3
z3 z3  sj  mj
F2 z2 z2 Si les déplacements horizontaux sont supposés croître
M2
linéairement suivant l’altitude z, alors :
F1 z1 z1
M1 zi  mi
Fi = Fb 
 z j  mj

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 80
Dimensionnement des bâtiments
Méthode d’analyse par forces latérales (suite)
 Distribution des forces sismiques horizontales dans le plan
Les forces sismiques horizontale Fu,i , une fois déterminées pour chaque direction u du
séisme, sont réputées s’appliquer au centre de masse G du plancher considéré ; elles donnent
lieu à un calcul d’effort tranchant global qui, à son tour, est distribué dans les éléments de
contreventement en supposant les planchers rigides dans leur plan [EC8 art. 4.3.3.2 (4) ].
Deux effets doivent être pris en compte :
𝑧
𝐹𝑢,𝑛
 EFFET DE LA FLEXION D’ENSEMBLE n
𝑇𝑢,𝑛
L’effort repris en tête de l’élément de contreventement j du 𝐹𝑢,𝑖
𝑖
fait de la flexion d’ensemble du niveau 𝑖−1 est ainsi 𝑇𝑢,𝑖
𝐹𝑢,𝑖−1
proportionnel à sa rigidité à la flexion dans ledit niveau.
• Ainsi, pour le séisme agissant selon la direction x :
𝐼𝑥,𝑖𝑗
𝑇𝑥,𝑖𝑗 = 𝑇𝑥,𝑖 × 𝐹𝑢,1
𝑘 𝐼𝑥,𝑖𝑘
1
𝑇𝑢,1
• et pour le séisme agissant selon la direction y : 0 𝑢
𝐼𝑦,𝑖𝑗
𝑇𝑦,𝑖𝑗 = 𝑇𝑦,𝑖 ×
𝑘 𝐼𝑦,𝑖𝑘
𝑁𝑂𝑇𝐴𝑇𝐼𝑂𝑁 ∶ 𝐼𝑢,𝑖𝑗 = inertie dans la direction 𝑢 du contreventement n°𝑗 (𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑙𝑒𝑠 niveaux 𝑖 − 1 𝑒𝑡 𝑖).
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 81
Dimensionnement des bâtiments
Méthode d’analyse par forces latérales (suite)
 Distribution des forces sismiques horizontales dans le plan (suite)
 EFFET DE LA TORSION
y
(voir aussi le cours de dynamique des structures) 𝐹𝑥,𝑖
Au niveau i, l’excentricité du centre de masse G par G
𝑒0𝑦,𝑖 x

𝐿𝑦
rapport au centre de raideur C génère un moment d’axe C 𝑒0𝑥,𝑖
𝐹𝑦,𝑖
vertical exprimé par la relation (*) :
𝑀𝑡 = −𝐹𝑥,𝑖 . 𝑒𝑦,𝑖 + 𝐹𝑦,𝑖 . 𝑒𝑥,𝑖
(*) 𝑒𝑦,𝑖 et 𝑒𝑥,𝑖 sont des quantités algébriques. 𝐿𝑥
Expression qui prend en compte une excentricité
« accidentelle » 𝑒𝑎,𝑖 s’ajoutant ou se retranchant à
l’excentricité structurale 𝑒0,𝑖 . Ainsi :
𝑒𝑥,𝑖 = 𝑒0𝑥,𝑖 ± 𝑒𝑎𝑥,𝑖 et 𝑒𝑦,𝑖 = 𝑒0𝑦,𝑖 ± 𝑒𝑎𝑦,𝑖
Les excentricités accidentelles sont prises égales à 5% de la longueur de plancher au
niveau étudié (art. 4.3.2) :
𝑒𝑎𝑥,𝑖 = ±0,05. 𝐿𝑥,𝑖 et 𝑒𝑎𝑦,𝑖 = ±0,05. 𝐿𝑦,𝑖
Il y a donc quatre cas d’excentricité à étudier. Le même signe d’excentricité accidentelle est
pris pour tous les étages.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 82
Dimensionnement des bâtiments
Méthode d’analyse par forces latérales (suite)
 Distribution des forces sismiques horizontales dans le plan (suite)
 EFFET DE LA TORSION (suite)
𝑀𝑡,𝑛
Les moments axiaux se traduisent en termes de moment de 𝑀𝑧,𝑛
torsion qui provoque un supplément d’effort tranchant en 𝑀𝑡,𝑖
tête de contreventement :
𝑀𝑧,𝑖
𝑀𝑧,𝑖 𝑀𝑡,𝑖−1
𝛿𝑇𝑥,𝑖𝑗 = 𝑦. 𝐼𝑥,𝑖𝑗
𝑥𝑘 2 𝐼𝑦,𝑖𝑘 + 𝑦𝑘 2 𝐼𝑥,𝑖𝑘
et
𝑀𝑡,𝑖 𝑀𝑡,1
𝛿𝑇𝑦,𝑖𝑗 = 𝑥. 𝐼𝑦,𝑖𝑗
𝑥𝑘 2 𝐼𝑦,𝑖𝑘 + 𝑦𝑘 2 𝐼𝑥,𝑖𝑘 𝑀𝑧,1

 BILAN DES EFFORTS TRANCHANTS


𝐼𝑥,𝑖𝑗 𝑀𝑧,𝑖
𝑇𝑥,𝑖𝑗 = 𝑇𝑥,𝑖 × + 𝑦. 𝐼𝑥,𝑖𝑗
𝐼
𝑘 𝑥,𝑖𝑘 𝑥𝑘 2 𝐼𝑦,𝑖𝑘 + 𝑦𝑘 2 𝐼𝑥,𝑖𝑘
et
𝐼𝑦,𝑖𝑗 𝑀𝑧,𝑖
𝑇𝑦,𝑖𝑗 = 𝑇𝑦,𝑖 × + 𝑥. 𝐼𝑦,𝑖𝑗
𝐼
𝑘 𝑦,𝑖𝑘 𝑥𝑘 2 𝐼𝑦,𝑖𝑘 + 𝑦𝑘 2 𝐼𝑥,𝑖𝑘

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 83
Dimensionnement des bâtiments
Méthode d’analyse par forces latérales (fin)
 Distribution des forces sismiques horizontales dans le plan (fin)
 EFFORTS TRANCHANTS (variante
réglementaire EC8 art. 4.3.3.2.4)
Si les raideurs latérales et les masses sont G

𝐿𝑒𝑦
réparties de façon symétrique, les effets de la u
torsion accidentelle sont pris en compte par
pondération des efforts tranchants (dus à la
flexion d’ensemble) par le coefficient u tel que :
𝑢 𝐿𝑒𝑥
𝛿𝑢 = 1 + 0,6 . 𝐿 (si 1 modèle spatial)
𝑒𝑢
𝑢
𝛿𝑢 = 1 + 1,2 . 𝐿 (si 2 modèles plans) Ainsi, pour le séisme agissant selon la
𝑒𝑢
direction x :
u coordonnée absolue du CDG du
𝐼𝑥,𝑖𝑗 𝑦𝑗
contreventement considéré par rapport au 𝑇𝑥,𝑖𝑗 = 𝑇𝑥,𝑖 × × 1 + 0,6
centre de masse perpendiculairement au 𝐼
𝑘 𝑥,𝑖𝑘 𝐿𝑒𝑦
séisme ; et pour le séisme agissant selon la
Leu distance entre les deux contreventements les direction y :
plus éloignés dans la direction 𝐼𝑦,𝑖𝑗 𝑥𝑗
𝑇𝑦,𝑖𝑗 = 𝑇𝑦,𝑖 × × 1 + 0,6
perpendiculaire au séisme. 𝑘 𝐼𝑦,𝑖𝑘 𝐿𝑒𝑥
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 84
Dimensionnement des bâtiments
Méthode d’analyse modale utilisant les spectres de réponse (art. 4.3.3.3)
 Analyse applicable aux bâtiments ne satisfaisant pas les conditions indiquées en
4.3.3.2.1(2).
 Les réponses de tous les modes contribuant significativement à la réponse globale
doivent être pris en compte :
 La somme des masses modales des modes considérés supérieure ou égale à 90% de
la masse totale 𝑀𝑡 .
𝑇 2 2
𝐷𝑗 𝑀∆ 𝑘 𝑚𝑘 .𝐷𝑗,𝑘
 Tout mode de masse nodale 𝑀𝑗 = 𝑇 = 2 supérieure à 5% 𝑀𝑡 ;
𝐷𝑗 𝑀 𝐷𝑗 𝑘 𝑚𝑘 .𝐷𝑗,𝑘

 Dans le cas de bâtiments où la contribution du mode de torsion est significative et


que les conditions ci-dessus ne sont pas respectées, un modèle spatial est requis
avec un nombre minimal k de modes tel que 𝑘 ≥ 3 𝑛 (n = nombre de niveaux au
dessus des fondations) et 𝑇𝑘 ≤ 0,20𝑠 (Tk est la période du mode k).
 Les forces statiques horizontales équivalentes au séisme sont calculées mode par mode
par la relation :
𝑚𝑖 . 𝐷𝑗,𝑖
𝐹𝑗,𝑖 = 𝑆𝑑 𝑇𝑗 . 𝑀𝑗 .
𝑘 𝑚𝑘 . 𝐷𝑗,𝑘

L’effort tranchant global à la base est donc exprimé par : 𝐹𝑏𝑗 = 𝑆𝑑 𝑇𝑗 . 𝑀𝑗


Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 85
Dimensionnement des bâtiments
Méthode d’analyse modale utilisant les spectres de réponse (suite)
 Calcul des sollicitations dans les porteurs
Etablir, dans l’ordre, l’effort tranchant sismique (flexion + torsion) puis le moment
fléchissant en pied de porteurs, puis l’effort normal de renversement (voir le
polycopié de dynamique des structures).
 Combinaison des réponses modales (art. 4.3.3.3.2)
Soit 𝐸𝐸𝑗 un « effet » sismique calculé pour le mode j (effort tranchant, moment,
déplacement, etc…) et soit 𝐸𝐸 l’effet total de l’action sismique. Alors on adoptera une
combinaison quadratique simple pour l’évaluation de 𝐸𝐸 :

𝐸𝐸 = 𝐸𝐸𝑗 2
𝑗

et, ce, à condition que les modes soient indépendants (périodes différant de plus de
10%). Dans le cas contraire, on prendra une combinaison quadratique complète (voir
le polycopié de dynamique des structures ou les règles PS92).
 Effets de la torsion (art. 4.3.3.3.3)
Lorsque deux modèles plans sont utilisés pour l’analyse, les effets de la torsion sont
pris en compte comme indiqué pour l’analyse par forces latérales. Il est admis
d’estimer les effets de la torsion après combinaison modale.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 86
Dimensionnement des bâtiments
Combinaison des effets des composantes de l’action sismique (art. 4.3.3.5)
 Composantes horizontales (art. 4.3.3.5.1)
Elles agissent simultanément et se combinent comme suit. Si 𝐸𝐸𝑑𝑥 et 𝐸𝐸𝑑𝑦 désignent
respectivement les effets de l’action dus aux composantes selon x et y du séisme, elles
peuvent être combinées :

 soit de façon quadratique : 𝐸𝐸 = 𝐸𝐸𝑑𝑥 2 + 𝐸𝐸𝑑𝑦 2


 alternativement selon deux combinaisons :
(a) 𝐸𝐸 = 𝐸𝐸𝑑𝑥 ± 0,30𝐸𝐸𝑑𝑦 et (b) 𝐸𝐸 = 𝐸𝐸𝑑𝑦 ± 0,30𝐸𝐸𝑑𝑥
 Composante verticale (art. 4.3.3.5.2)
La composante verticale de l’action sismique doit être prise en compte si :
 𝑎𝑣𝑔 > 2,5 𝑚 𝑠² ;
 Eléments en appuis distants de plus de 20 m de portée ou consoles de plus de 5m ;
 Eléments précontraints quasi-horizontaux ;
 Poutres supportant des poteaux ;
 Structure sur appuis parasismiques ;
Elle se combine avec les actions horizontales comme indiqué ci-dessus de façon étendue au
trois composantes x, y, z.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 87
Dimensionnement des bâtiments
Combinaison de l’action sismique et des autres actions (art. 3.2.4)

L’article 4.2.4 de l’EC8 renvoie à la norme NF EN 1990 « Bases de calcul des structures » –
Art. 6.4.3.4 « Combinaisons d'actions pour les situations de projet sismiques » pour les
combinaison d’actions :

𝐺𝑘,𝑗 Valeur caractéristique de l’action permanente j


𝑃 Valeur représentative appropriée d’une action de précontrainte
𝐴𝐸𝑘 Valeur caractéristique d'une action sismique
𝐴𝐸𝑑 Valeur de calcul d'une action sismique 𝐴𝐸𝑑 = 𝛾𝑙 . 𝐴𝐸𝑘 où 𝛾𝑙 est le coefficient
d’importance du bâtiment.
𝑄𝑘,𝑗 Valeur caractéristique de l’action variable i
𝐸 ⋯ Effet de ⋯
≪+≫ combiné avec …

 Effet de l’action combinée :


𝐸𝑑 = 𝐸 𝐺𝑘 , 𝑗 ≪+≫ 𝑃 ≪+≫ 𝐴𝐸𝑑 ≪+≫ 𝜓2,𝑖 𝑄𝑘,𝑖
𝑗≥1 𝑖≥1

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 88
Dimensionnement des bâtiments
Calcul des déplacements (art. 4.3.4)
L’analyse linéaire étant effectuée sur un modèle élastique et sur la base du spectre de calcul,
on obtient des déplacements 𝑑𝑒 ; on déduit ensuite les déplacements produits par l’action
sismique de calcul 𝑑𝑠 par la relation :
𝑑𝑠 = 𝑞𝑑 . 𝑑𝑒
Où 𝑞𝑑 désigne le coefficient de comportement lié au déplacement (généralement égal à q).

Condition de joint sismique (art. 4.4.2.7)


Les bâtiments doivent être protégés contre l’entrechoquement avec les
structures adjacentes ou entre des unités structurellement indépendantes du
même bâtiment :
 Les déplacements ne peuvent empiéter sur une limite de propriété ;
 La distance  entre deux unités indépendantes  et  d’une même

propriété doit vérifier la condition 𝛿 ≥ 𝛿𝑚𝑖𝑛 = 𝑑𝑠1 2 + 𝑑𝑠2 2 ,


expression dans laquelle 𝑑𝑠𝑖 désigne le déplacement horizontal
maximal en tête de bâtiment i ;
 Si les deux unités ont leurs planchers respectifs situés aux mêmes
niveaux la distance minimale ci-dessus peut être réduite à 70%.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 89
Dimensionnement des bâtiments
Limitation des dommages (art. 4.4.3)
L’exigence de « limitation des dommages » est considérée comme satisfaite si les
déplacements entre étages sont limités comme indiqué ci-après lors de séismes à période de
retour plus courte (95 ans) que celle utilisée pour l’exigence de « non-effondrement » (475
ans).

Limitation des déplacements entre étages (art. 4.4.3.2)


Bâtiments ayant des éléments non structuraux composés de matériaux 𝑑𝑟 𝜈 ≤ 0,0050 ℎ
fragiles.
Bâtiments ayant des éléments non structuraux ductiles. 𝑑𝑟 𝜈 ≤ 0,0075 ℎ
Bâtiments ayant des éléments non structuraux fixés de manière à ne pas 𝑑𝑟 𝜈 ≤ 0,0100 ℎ
interférer avec les déformations de la structure ou n’ayant pas d ’éléments
non-structuraux.

𝑑𝑟 déplacement (relatif) de calcul entre étages (selon l’article 4.3.4 : 𝑑𝑟 = Δ𝑑𝑠 ) ;


ℎ hauteur entre étages ;
𝜈 coefficient de réduction (0,4).

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 90
Ductilité & coefficient de comportement

Ductilité : pourquoi ?
1. La recherche d’un comportement ductile répond à un souci sécuritaire : il est
préférable qu’un ouvrage dissipe de l’énergie et s’endommage progressivement
plutôt qu’il ne l’accumule au risque d’une rupture fragile. La ductilité apporte donc
une réserve de résistance en même temps qu’elle autorise des déformations
« plastiques » ;
2. C’est aussi le moyen de palier certaines incertitudes sur les aléas sismiques et leur
modélisation :
• Peu d’information quantitatives vérifiées pour des séismes de période de retour
de 475 ans ;
• Peu d’information sur les séismes majeurs du fait de leur rareté ;
• Connaissances partielles sur le système de failles qui maillent une région ;
• Pertinence des modèles dynamiques ;
• Pertinence des modèles de comportement des matériaux et des éléments de
structure lors de charges cycliques répétées …

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 91
Ductilité & coefficient de comportement
Ductilité : comment ?
Fb
La ductilité doit être maîtrisée : comme le séisme impose DCL
un déplacement à la structure, celui-ci peut être atteint :
 Soit de façon quasi-élastique (branche DCL) ce qui DCM
nécessite une résistance élevée des sections car la
structure dissipe peu d’énergie ;
DCH
 Soit de façon élasto-plastique (branche DCM) à
condition d’organiser la dissipation d’énergie par le choix d
judicieux de dispositions constructives ; du
 Soit de façon plastique (branche DCH) en admettant l’apparition de déformations
plastiques élevées conférant le caractère dissipatif à l’ouvrage et ce, grâce à des
dispositions technologiques adéquates … et assez onéreuses.
Classes de ductilité de l’EC8
Classe type Calcul des Vérifications Coefficient de Note
actions sismiques (selon matériau) comportement q
DLC Low EC8 EC2 à EC6 q  1,5 Zone de faible sismicité
DCM Medium EC8 EC8 + EC2 à EC6 1,5  q  3,2 + règles spécifiques EC8
DCH high EC8 EC8 + EC2 à EC6 1,6  q  6,5 + règles spécifiques EC8

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 92
Ductilité & coefficient de comportement
Ductilité & dissipation d’énergie : principe 𝑀

Considérons un oscillateur simple, en « pendule inversé » soumis 𝑀𝑢


à un séisme. La liaison avec le sol est caractérisée par le moment 𝑀𝑒 
d’encastrement M et la rotation .
𝑀𝑝

Supposons que le séisme impose une
oscillation d’amplitude angulaire ±𝜃𝑚𝑎𝑥 .
−𝜃𝑚𝑎𝑥 𝜃
 Si le comportement du pendule est  𝜃𝑒 𝜃𝑚𝑎𝑥 𝜃𝑢
+𝜃𝑚𝑎𝑥 −𝜃𝑚𝑎𝑥
élastique, le moment atteindra la
valeur 𝑀𝑢 au point  et il accumulera
1  𝜃𝑚𝑎𝑥 𝑀𝑒
l’énergie W𝑒 = 2 𝑀𝑒 𝜃𝑚𝑎𝑥 qu’il 𝜃𝑒
=𝜇=
𝑀𝑝
1
restituera au cycle suivant avant
2

d’accumuler de nouveau cette énergie
au point . Ainsi de suite…

 Si le comportement est ductile, le moment sera plafonné à la valeur 𝑀𝑝 et le point


figuratif de l’espace 𝜃, 𝑀 suivra un palier jusqu’à ce que 𝜃 atteigne 𝜃𝑚𝑎𝑥 . Au point
1 1 𝜇−1
, l’énergie dissipée est égale à 𝑀𝑝 𝜃𝑚𝑎𝑥 − 𝜃𝑒 = 𝜇 𝑀𝑒 𝜃𝑚𝑎𝑥 1 − 𝜇 = 2𝑊𝑒 𝜇2 où 𝝁 est le
coefficient de ductilité. A chaque cycle (), c’est une énergie quatre fois plus
grande qui est dissipée… à condition que la résistance ne soit pas affectée par les cycles !
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 93
Ductilité & coefficient de comportement
Ductilité & dissipation d’énergie : application
Pour une ossature réelle, la dissipation s’effectue de façon la plus répartie possible dans les
« zones critiques » de l’ossature, conçues à cet effet et fonctionnant comme des sections
potentiellement plastiques. Au contraire les zones adjacentes aux sections potentiellement
critiques sont surdimensionnées.
Le nombre et l’implémentation de ces zones critiques confèrent au bâtiment une ductilité
plus ou moins grande (DCH ou DCM).
L’EC8 (chapitres 5 à 9) donne les règles de conception des zones critiques pour les
différents partis constructifs (béton, acier, construction mixte, bois, maçonnerie) ainsi que
les vérifications qu’il y a lieu de faire en plus de celles prévues aux Eurocodes EC2 à EC7.
Au cours du séisme, un mécanisme stable et dissipateur d’énergie est ainsi mobilisé :
 Les rotules plastiques apparaissent au fur et à mesure que le déplacement imposé par le
séisme croît. La prévision du fonctionnement de l’ossature en régime plastique peut être
réalisée grâce au modèle en poussée progressive ;
 Le mécanisme est « stable » car la capacité portante et le degré de mobilité ne sont pas
affectés par les cycles successifs imposés par le séisme.
 Les poteaux doivent être préservés de tout mécanisme, sauf à leur base (ce qui exclut,
par exemple, les contreventements en forme de K).

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 94
Ductilité & coefficient de comportement
Ductilité & dissipation d’énergie : exemples

 ACIER  BETON ARME


L’affaiblissement Les armatures transversales créent une zone de
volontaire de la section frettage dans les zones critiques des poutres et
de la poutre interdit que préservent ainsi la capacité portante plastique au cours
la plastification des cycles de déplacement imposés par les secousses
survienne dans sismiques.
l’assemblage.

Doc. Michael D.
Engelhardt,
Ted Winneberger,
Andrew J.
Zekany and
Timothy J.
Potyraj
Doc. EC8 art. 5.4.3.1.2 – dispositions
constructives pour la ductilité locale

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 95
Ductilité & coefficient de comportement
Ductilité & dissipation d’énergie q coefficient de comportement : il rend
compte des incursions de la structure en
régime plastique au cours du séisme :
c’est un coefficient réducteur de
𝐹 𝐹1 = 𝛼1 𝐹 𝐹𝑢 = 𝛼𝑢 𝐹 sollicitations mais qui n’affecte pas les
déplacements. q dépend de la réserve
𝛼
plastique 𝛼𝑢 telle
1
que :

𝜶𝟏 coefficient multiplicateur de l’action


𝐹𝑢
sismique horizontale de calcul à la
𝐹1 formation de la première rotule plastique
dans le système
𝜶𝒖 coefficient multiplicateur de l’action
sismique horizontale de calcul à la
formation du mécanisme plastique global
𝜶𝒖 𝐹𝑢
réserve plastique = , elle est soit
𝜶𝟏 𝐹 1
tabulée (pages suivantes), soit calculée
par la courbe de capacité de la structure.
Courbe de capacité
Valeur limitée à 1.5 selon Art. 5.2.2.2(8).

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 96
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN BETON ARME
 Eléments structuraux
L’EC8 distingue : Poutres
Poteau
• Les poutres ;
• Les poteaux ;
• Les murs (rapport longueur épaisseur 𝑙𝑤 /𝑏𝑤 supérieur à 4) ;
• Les murs ductiles ; encastrés à leur base et conçus pour dissiper de Mur ductile
l’énergie dans une rotule plastique de flexion. Ils ne comportent ni
ouverture ni perforation large au dessus de leur base ;
• Les murs de grandes dimensions en béton peu armé ; de
longueur 𝑙𝑤 au moins égale à 4m, développant une fissuration
limitée et un comportement non-élastique ;
• Les murs couplés ; composés de deux murs isolés ou plus
liaisonnés de façon régulière par des linteaux ductiles (le
couplage des murs par les dalles ne doit pas être pris en compte dans
la mesure où il n’est pas efficace);

Murs couplés

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 97
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN BETON ARME
 Systèmes structuraux
• Système à ossatures ; structure à ossatures spatiales dont la
résistance à l’effort tranchant à la base du bâtiment dépasse 65%
de la résistance à l’effort tranchant du système structural dans son
ensemble ;

• Système à contreventement mixte ; le transfert des


charges verticales est assuré par une ossature spatiale et
le contreventement est assuré en partie par cette
ossature et en partie par des murs ; un tel système est
dit « équivalent à une ossature » si l’ossature représente
plus de 50% de la résistance à l’effort tranchant à la base
du bâtiment et « équivalent à des murs » si les murs
représentent plus de 50% de la résistance à l’effort
tranchant à la base du bâtiment ;

• Système à noyau ; système de murs (ou à contreventement mixte)


dont les rayons de torsion 𝑟𝑥 et 𝑟𝑦 sont inférieurs au rayon de
giration 𝑙𝑠 du plancher ;

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 98
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN BETON ARME
 Systèmes structuraux (fin)
• Système en pendule inversé ; plus de 50% de la
masse du système est située dans le tiers
supérieur de la hauteur du bâtiment ou dans
lequel l’essentiel de la dissipation de l’énergie a
lieu à la base d’un élément unique du bâtiment.
• Les systèmes de murs ; la résistance aux charges
verticales et latérales est assurée
principalement par des murs structuraux
verticaux dont la résistance à l’effort tranchant à
la base du bâtiment dépasse 65% de la
résistance à l’effort tranchant du système
structural dans son ensemble.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 99
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN BETON ARME
 Coefficient de comportement
Le coefficient de comportement doit être calculé pour chaque direction de calcul par :
𝑞 = 𝑞0 . 𝑘𝑤 ≥ 1,5
𝒒𝟎 valeur de base du coefficient de comportement ;
𝒌𝒘 coefficient reflétant le mode de rupture prédominant.

Art. 5.2.2.2 ,Tableau 5.1 - Valeurs de base du coefficient de comportement 𝒒𝟎


Type structural Classe de ductilité
(systèmes)
DCL DCM DCH
Ossature, contreventement mixte, murs couplés 𝛼𝑢 𝛼𝑢
3,0 4,5
𝛼1 𝛼1
Murs non couplés 3,0 𝛼𝑢
1,5 4,0
𝛼1
Noyau 2,0 3,0
Pendule inversé 1,5 2,0

La valeur de 𝑞0 doit être réduite de 20% pour les bâtiments qui ne sont pas réguliers en
élévation.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 100
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN BETON ARME
 Coefficient de comportement
Le rapport 𝛼𝑢 /𝛼1 est tabulé ci-dessous pour les bâtiments réguliers en plan.
Valeurs du « rapport de sur-résistance » 𝜶𝒖 /𝜶𝟏
Type structural typologie 𝜶𝒖
(système) 𝜶𝟏
Bâtiment d’un étage 1,1
Ossature Ossature à une travée de plusieurs étages 1,2
Ossature ou contreventement mixte 1,3
Contreventement mixte équivalent à une
équivalent à une ossature à plusieurs travées
ossature de plusieurs étages
Système de murs ne comportant que deux 1,0
Contreventement mixte de murs murs non couplés par direction horizontale
Autres systèmes de murs non couplés 1,1
Contreventement équivalent à des murs Contreventement mixte équivalent à des 1,2
murs ou systèmes de murs couplés

Pour les bâtiments irréguliers en plan, évaluer le rapport 𝛼𝑢 /𝛼1 comme la moyenne de 1,0
et de la valeur prise dans le tableau ci-dessus.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 101
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN BETON ARME
 Coefficient de comportement
Le coefficient 𝑘𝑤 reflétant le mode de rupture prédominant est pris comme suit.

𝟏, 𝟎𝟎
𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑜𝑠𝑠𝑎𝑡𝑢𝑟𝑒𝑠 𝑜𝑢 𝑙𝑒𝑠 𝑠𝑦𝑠𝑡è𝑚𝑒𝑠 à 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑒𝑣𝑒𝑛𝑡𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑚𝑖𝑥𝑡𝑒
é𝑞𝑢𝑖𝑣𝑎𝑙𝑒𝑛𝑡 à 𝑑𝑒𝑠 𝑜𝑠𝑠𝑎𝑡𝑢𝑟𝑒𝑠
𝑘𝑤 = 𝟏 + 𝜶𝟎
𝟎, 𝟓 ≤ ≤ 𝟏, 𝟎
𝟑
𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑠𝑦𝑠𝑡è𝑚𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑚𝑢𝑟𝑠,
é𝑞𝑢𝑖𝑣𝑎𝑙𝑒𝑛𝑡𝑠 à 𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑢𝑟𝑠 𝑒𝑡 à 𝑛𝑜𝑦𝑎𝑢

ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟
𝛼0 est le facteur de forme des murs pour autant que ce rapport ne soit pas
𝑙𝑎𝑟𝑔𝑒𝑢𝑟
trop hétérogène d’un mur à l’autre (écart < 20%).

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 102
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN ACIER
 Systèmes structuraux (art. 6.3.1)

a) Ossature en portique : structure dans laquelle la


résistance aux forces horizontales est assurée
𝛼𝑢 principalement par flexion ; les zones dissipatives sont
= 1,1
𝛼1 situées dans des rotules plastiques aux extrémités des
poutres et en pied de poteaux ;

Portique à une travée et un niveau

𝛼𝑢 𝛼𝑢
= 1,2 = 1,3
𝛼1 𝛼1

Portique à une travée et Portique à plusieurs travées et


plusieurs niveaux plusieurs niveaux
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 103
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN ACIER
 Systèmes structuraux (art. 6.3.1 - suite)

b) Ossature avec triangulation à barres centrées : structure dans laquelle la résistance aux
forces horizontales est assurée principalement par des éléments soumis à des efforts
normaux ; les zones dissipatives sont situées dans les diagonales (ou « entretoises »)
tendues (en X, découplées, en V);

Triangulation en X Triangulation à diagonales Triangulation en V


découplées

Les diagonales comprimées sont négligées Les diagonales comprimées sont prises en compte
dans la reprise des forces horizontales dans la reprise des forces horizontales

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 104
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN ACIER
 Systèmes structuraux (art. 6.3.1 - suite)
c) Ossature avec triangulation à barres (entretoises) excentrées : structure dans laquelle la
résistance aux forces horizontales est assurée principalement par des éléments soumis à
des efforts normaux mais où l’excentricité de la configuration est telle que l’énergie peut
être dissipée dans des tronçons sismiques, soit par flexion cyclique, soit par cisaillement
cyclique ;

Triangulation à entretoises excentrées

Les zones dissipatives sont situées dans les tronçons


d’excentrement fléchis ou cisaillés

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 105
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN ACIER
 Systèmes structuraux (art. 6.3.1 - suite)
d) Système en pendule inversé ; plus de 50% de la masse du système est située dans le tiers
supérieur de la hauteur du bâtiment ou dans lequel l’essentiel de la dissipation de l’énergie
a lieu à la base du bâtiment (à gauche) ou en tête et en pied de poteaux (à droite);

𝛼𝑢
= 1,0 𝛼𝑢
𝛼1 = 1,1
𝛼1

e) Système à noyaux ou murs en béton ; structure dans laquelle la résistance aux forces
horizontales est assurée principalement par ces noyaux ou ces murs ;

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 106
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN ACIER
 Systèmes structuraux (art. 6.3.1 - suite)
f) Ossature en portique combinée avec des entretoises centrées ;

𝛼𝑢
= 1,2
𝛼1

Les zones dissipatives sont situées à la fois dans les entretoises tendues et dans l’ossature en portique

g) Ossature en portique combinée avec h) Ossature avec triangulation en K ;


des remplissages ;

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 107
Ductilité & coefficient de comportement
BATIMENTS EN ACIER
Tableau 6.2 - Limite supérieure de la valeur de référence
du coefficient de comportement q pour les systèmes réguliers en élévation (art. 6.3.2)
Type de structure (*) Classe de ductilité
(*) pour les bâtiments irréguliers en élévation, réduire les valeurs de q de 20% DCM DCH
a) Ossature en portique 4 𝛼𝑢
5 𝛼1
b) Ossature avec triangulation à barres centrées
• Entretoises diagonales ; 4 4
• Entretoises en V, 2 2,5
c) Ossature avec triangulation à barres excentrées 4 𝛼
5 𝑢 𝛼1
d) Pendule inversé 2 𝛼
2 𝑢 𝛼1
e) Structures avec noyaux ou murs en béton 2 (béton armé) 3 (béton armé)
f) Ossature en portique avec triangulation centrée 4 𝛼
4 𝑢 𝛼1
g) Ossature en portique avec remplissage
• Remplissage en béton ou en maçonnerie non connectés,
en contact avec l’ossature ; 2 2
• Remplissage en béton armé connectés ; (construction mixte) (construction mixte)
4 𝛼
• Remplissages isolés de l’ossature en portique 5 𝑢 𝛼1

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 108
Méthode en poussée progressive « PUSH OVER »

PUSHOVER

Les pages suivantes abordent la méthode de dimensionnement en poussée


progressive qui s’impose de plus en plus comme technique privilégiée de calcul en
régime sismique à la fois pour la vérification d’ouvrages existants mais aussi en phase
de projet.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 109
Méthode en poussée progressive (pushover)
INTRODUCTION 1/2
En régime sismique, les non-linéarités sont prises en compte de façon globale par
l’introduction du coefficient de comportement 𝑞, réducteur des sollicitations, dont
l’évaluation est relativement grossière (voir les articles précédents sur la méthode basée
sur l’évaluation du rapport 𝛼1 𝛼𝑢).

Pour mieux tenir compte du fonctionnement ‘réel’ de l’ossature, on peut employer la


méthode dite en ‘poussée progressive’ qui permet d’évaluer, étape par étape, le
comportement de la structure au fur et à mesure que les dommages y apparaissent.

Les sources de non-linéarité susceptibles d’être prises en compte sont très larges et
peuvent être finement prises en compte sous réserve que leur modélisation soit possible.
Citons, pour l’exemple :

o Endommagement du béton
o Plastification de l’acier
o Frottement dans les liaisons
o Mouvement des fondations
o Déplacement de liquides
o Etc…

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 110
Méthode en poussée progressive (pushover)
INTRODUCTION 2/2
La possibilité d’employer méthode pushover est prévue à l’Eurocode 8 à l’article 4.3.3
« Méthodes d’analyse » et est exposée en 4.3.3.4.2 Analyse statique non linéaire (en
poussée progressive) et s’appuie sur l’annexe B « Détermination du déplacement cible ».

Il faut envisager cette méthode d’étude comme une alternative (non-linéaire) aux
méthodes (linéaires) des forces latérales ou modale-spectrale déjà abordées.

Son intérêt réside dans la possibilité de :

a) vérifier ou revoir les valeurs du rapport de sur-résistance αu/α1 (voir 5.2.2.2,


6.3.2 et 7.3.2) ;
b) évaluer les mécanismes plastiques attendus et la distribution des dommages ;
c) évaluer la performance structurale des bâtiments existants ou renforcés, pour
les besoins de l’EN 1998-3 ;
d) comme variante au calcul basé sur une analyse élastique linéaire utilisant le
coefficient de comportement q. Dans ce cas, il convient d’utiliser le déplacement
cible indiqué en 4.3.3.4.2.6(1)P en tant que « demande sismique » comme base
de calcul.
En France, les règles EC8 sont les premières qui prévoient une telle méthode d’analyse.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 111
Méthode en poussée progressive (pushover)
PRINCIPE GENERAL
Le principe consiste à superposer dans un diagramme unique, en déplacement-
accélération, le spectre de dimensionnement et la courbe de capacité de la structure afin
de dégager le « point de fonctionnement » de celle-ci.

On ramène le problème d’une structure à N DDL à celui d’une ossature équivalente à 1


seul DDL. Pour cela on définit un déplacement de contrôle (généralement celui du
dernier plancher du bâtiment) et un effort de contrôle (l’effort tranchant à la base du
bâtiment).

Les inconnues du problèmes sont : la période et l’amortissement de fonctionnement (ou


la ductilité) de l’ossature compte tenu des non-linéarités et irréversibilités subies dans le
séisme donné.

Le spectre du séisme utilisé dans cette analyse ne tient pas compte du coefficient de
comportement qui n’est pas connu a priori !

 Le spectre de dimensionnement caractérisant la demande sismique n’est donc pas


connu a priori. On l’obtient par transformation itérative du spectre de réponse élastique
pour un amortissement conventionnel initial de 5% (voir plus loin).

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 112
Méthode en poussée progressive (pushover)
REPRESENTATION DU SPECTRE DE REPONSE ELASTIQUE EN DEPLACEMENT-ACCELERATION
EUROCODE 8 - NF EN 1998 - Art. 3.2.2.2 Spectre de réponse élastique horizontal
faible
Fichier
zone de sismicité ZS = 2 accel. de référence au rocher agR = 0.70 SpectreAccelElastHorizontal-3.2.2.2.xlsx
type de spectre TS = 2
ag.S = 1.26 sur le site sciencespourlingenieur
classe de sol CS = C paramètre de sol S= 1.50
paramètres de spectre TB = 0.1
TC = 0.25 (exemple de paramétrage)
TD = 1.20

catégorie d'importance CI = III coefficient d'importance gl = 1.2

amortissement = 20.00% coef. Correction amortiss. h= 0.63

2
𝑆𝑒 𝑇
𝑢= 2= 𝑆𝑒
𝜔 2𝜋
(changement d’abscisse)

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 113
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE
Art.4.3.3.4.2.3 La courbe de capacité vise à rendre compte du comportement global
d’une ossature de bâtiment lorsque l’effort tranchant à la base 𝐹𝑏 croît progressivement
jusqu’à l’obtention d’un mécanisme de ruine. La réponse est caractérisée par le
déplacement d’un nœud particulier de l’ouvrage, généralement le déplacement
transversal du centre de gravité du dernier niveau (hors superstructures éventuelles).

Art.4.3.3.4.1(6) Les charges gravitaires doivent être prises en compte ce qui peut influer
sur la relation force-déplacement des éléments structuraux (réduction des moments
plastiques).

Art.4.3.3.4.2.2 Le séisme est rendu compte par des charges latérales dont la somme est
égale à l’effort tranchant à la base. Deux distributions de forces latérales doivent être
envisagées :
1. Schéma « uniforme » où les forces sont 𝑚𝑖
𝐹𝑖 = 𝐹𝑏
proportionnelles aux masses ; Σ𝑚 𝑖

2. Schéma « modal » déduit d’une analyse élastique


préalable selon la méthode d’analyse par forces 𝑚𝑖 Φ 𝑖
𝐹𝑖 = 𝐹
latérales ou par analyse modale (on retient alors le Σ𝑚𝑖 Φ𝑖 𝑏
premier mode).
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 114
Méthode en poussée progressive (pushover)
𝜎
COURBE DE CAPACITE +𝜎𝑒

RAPPEL : Moment élastique et moment résistant 𝐸 𝜀


(plastique) d’un profilé métallique bi-symétrique
(type HE ou IPE) – voir le cours de construction
Comportement modèle
métallique et les règles EC3. −𝜎𝑒
uniaxial de l’acier

y 𝑦 𝑦
𝑁 𝑀ℎ 𝑁 𝑀ℎ
𝜎𝑠 = − 𝜎𝑠 = −
𝐴 2𝐼 𝐴 2𝐼

𝑁 𝑁
𝑑 𝜎𝑁 = 𝜎 𝜎𝑁 = 𝜎
𝐴 𝐴
z z −𝜎𝑒 +𝜎𝑒 −𝜎𝑒 +𝜎𝑒

𝑁 𝑀ℎ 𝑁 𝑀ℎ
𝜎𝑖 = + 𝜎𝑖 = + = 𝜎𝑒
𝐴 2𝐼 𝐴 2𝐼
y
Etat de contrainte normale élastique Limite élastique atteinte
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 115
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE
y 𝑦 𝑦

𝜎𝑠 𝜎𝑠 = −𝜎𝑒

𝑑 𝜎 𝑑 𝜎
z z −𝜎𝑒 +𝜎𝑒 −𝜎𝑒 +𝜎𝑒

𝜎𝑖 = 𝜎𝑒 𝜎𝑖 = 𝜎𝑒

y
Augmentation des Diagramme de contrainte
sollicitations (cas où la limite birectangulaire
courbure est positive) (à courbure infinie)
 ROTULE PLASTIQUE

Voir le document : http://www.systemx.fr/meca/btsiut/plasticite.pdf


Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 116
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE Calcul des sollicitations résistantes
y
𝑦 𝑦 𝑦
𝜎𝑠 = −𝜎𝑒 𝜎𝑠 = −𝜎𝑒 𝜎𝑠 = −𝜎𝑒
+𝜎𝑒 +𝜎𝑒 +𝜎𝑒

𝑑 𝜎 2𝑑 𝜎 2𝑑 𝜎

−𝜎𝑒 −𝜎𝑒 −𝜎𝑒


𝜎𝑖 = 𝜎𝑒 𝜎𝑖 = 𝜎𝑒 𝜎𝑖 = 𝜎𝑒
𝑴
y 𝑴𝒑
1 𝑑 𝑁=0
𝑁 = 2𝜎𝑒 𝑏 𝑦 . 𝑑𝑦 ℎ
0 2
𝑀=0 𝑀 = 2𝜎𝑒 𝑦. 𝑏 𝑦 . 𝑑𝑦
𝑵 𝑑
1 𝑵𝒑
~20%
𝑁 𝑑 = 𝜎𝑒 𝐴 𝑑
𝑀 𝑑 = 𝜎𝑒 𝑆𝑤 (𝑑)


Courbe intrinsèque de résistance N-M 𝑑 = 2 ⇒ 𝑁𝑝 = 𝜎𝑒 𝐴 | 𝑑 = 0 ⇒ 𝑀𝑝 = 𝜎𝑒 𝑆𝑤
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 117
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE Loi de comportement courbure-moment d’une section droite

𝑚𝑜𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑀
1. Phase élastique : 𝑀 = 𝐸𝐼𝜒 ≤ 𝑀𝑒
𝑀𝑝 3 2. Phase élastoplastique : 𝑀𝑒 ≤ 𝑀 ≤ 𝑀𝑝
2 4
3. Phase plastique : 𝑀 = 𝑀𝑝 𝑠𝑖 𝜒 ≥ 0
𝑀𝑒
4. Rupture par excès de déformation
𝑀𝑝 ~1.15 × 𝑀𝑒
1
𝑐𝑜𝑢𝑟𝑏𝑢𝑟𝑒 𝜒 (*) le moment plastique limite peut être
réduit du fait de l’effort normal.

𝑴 < 𝑴𝒑 𝑴 = 𝑴𝒑
simplification
𝜒>0 𝑑𝑀 𝑑𝑀
𝑑𝜒 = 𝐸𝐼 𝑑𝜒 = 0
𝜒<0 𝑑𝑀 𝑑𝑀
𝑚𝑜𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑀 𝑑𝜒 = 𝐸𝐼 𝑑𝜒 = 𝐸𝐼

𝑀𝑝 3
4
1. Phase élastique étendue jusqu’au
𝑝𝑒𝑛𝑡𝑒 𝐸𝐼 moment plastique
1 2. Phase élastoplastique gommée
𝑐𝑜𝑢𝑟𝑏𝑢𝑟𝑒 𝜒 3. Phase plastique : 𝑀 = 𝑀𝑝
𝑀𝑝 4. Rupture par excès de déformation
𝜒𝑒 ~
𝐸𝐼
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 118
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE
Comportement d’une ossature soumise à un jeu d’efforts
croissants jusqu’à la ruine par écoulement plastique.

 Il faut définir les paramètres de contrôle


Oscillateur simple équivalent

 Un déplacement caractéristique
 Déplacement du denier niveau

 Effort typique du chargement


= effort tranchant à la base 𝑭𝒃
 2 chargements « équivalents » au séisme
 Uniforme
 Modal
𝐹𝑦
Analyse pas à pas par la méthode des Limite élastique
exemple

(yielding point)
déplacements (utilisation d’un logiciel)
pour la détection des rotules plastiques et
𝑑𝑦
de l’infléchissement de la rigidité
d’ensemble jusqu’à la ruine (rigidité nulle).

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 119
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE  en accélération
Oscillateur simple à 1DDL équivalent :

Bâtiment à N niveaux soumis à un séisme caractérisé par


son spectre 𝑆𝑒 (𝑇) – ce spectre prend en compte à la fois
la dissipation ductile et la dissipation visqueuse du
bâtiment.

Hypothèse : le 1er mode est prépondérant.

Le mode de vibration Φ est obtenu, soit par une analyse modale préliminaire dans
l’hypothèse d’élasticité, soit choisi en application de la méthode de Rayleigh.

Φ étant défini à une constante multiplicative près, on le « normalise » de sorte que sa


valeur au niveau N soit unitaire : 𝚽𝑵 = 𝟏 (unité arbitraire).

𝑁
𝑘=1 𝑚𝑘 Φ𝑘
L’effort au niveau 𝑖 est donné par 𝐹𝑖 = 𝑆𝑒 × 𝑁 𝑚 Φ2 × 𝑚𝑖 Φ𝑖
𝑘=1 𝑘 𝑘

Où 𝑚𝑖 désigne la masse du plancher 𝑖.


Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 120
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE (notations de l’annexe B de l’EC8-1)
L’effort au niveau 𝑖 vaut :
𝑁
𝑘=1 𝑚𝑘 Φ𝑘
𝐹𝑖 = 𝑆𝑒 × 𝑁 2 × 𝑚𝑖 Φ𝑖
𝑘=1 𝑚𝑘 Φ𝑘

En référence à l’annexe B de NF EN 1998-1, le numérateur est


appelé « masse du système équivalent à 1DDL » :
𝑵
𝒎∗ = 𝒌=𝟏 𝒎𝒌 𝜱𝒌 (EN1998-1 expression B.2)

𝑁
𝑘=1 𝑚𝑘 Φ𝑘
Le facteur 𝑁 𝑚 Φ2 n’est autre que le facteur de participation (*) noté :
𝑘=1 𝑘 𝑘
𝑵
𝒌=𝟏 𝒎𝒌 𝜱𝒌 𝒎∗
𝚪= 𝑵 𝒎 𝜱𝟐 = 𝑵 𝒎 𝜱𝟐 (EN1998-1 expression B.3)
𝒌=𝟏 𝒌 𝒌 𝒌=𝟏 𝒌 𝒌

L’effort tranchant à la base vaut donc :


𝑁
𝐹𝑏 = 𝐹𝑖 = 𝑆𝑒 Γ𝑚∗
𝑘=1

On remarque que le produit Γ𝑚∗ est égal à la masse modale 𝑀.


Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 121
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE (notations de l’annexe B de l’EC8-1)

L’effort tranchant à la base vaut donc :


𝑁
𝐹𝑏 = 𝐹𝑖 = 𝑆𝑒 Γ𝑚∗ = 𝑆𝑒 𝑀
𝑘=1
La force agissant sur le système équivalent à 1DDL soumis au
même séisme est :
𝑭
𝑭∗ = 𝒎∗ 𝑺𝒆 = 𝚪𝒃 (EN1998-1 expression B.4)
Et, naturellement, la pseudo-accélération vaut :
𝑭∗ 𝑭𝒃
= = 𝑺𝒆
𝒎∗ 𝑴
Le déplacement associé à l’oscillateur à 1DDL est : 𝑑∗
𝑆𝑒
𝑑∗ = 2
𝜔 𝑚∗

Le déplacement de contrôle est celui du dernier niveau :


𝛾𝑛 𝐹𝑛 𝑆𝑒 ΓΦ𝑛 𝑆𝑒 Γ
𝑑𝑛 = 2 = 2 = = 2 (𝑐𝑎𝑟 Φ𝑛 = 1)
𝜔 𝜔 𝑚𝑛 𝜔2 𝜔
Par conséquent : 𝑭∗
𝒅𝒏
𝒅∗ = (EN1998-1 expression B.5)
𝚪

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 122
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE (notations de l’annexe B de l’EC8-1)

La courbe de capacité initialement tracée dans le repère 𝑑𝑛 , 𝐹𝑏 est reproduite dans le


repère 𝑑 ∗ , 𝑆𝑒 grâce aux relations de transformation :
∗ 𝑛 𝑚∗ 𝑭 𝑭𝒃 𝒅𝒏
𝑚 = 𝑖=1 𝑚𝑖 Φ𝑖 𝑜ù Φ𝑛 = 1 et Γ = 𝑛 𝑚 Φ2 alors 𝑺𝒆 = 𝚪𝒎𝒃∗ = et 𝒅∗ =
𝑖=1 𝑖 𝑖 𝑴 𝚪

REPRESENTATION DE LA PHASE ELASTIQUE


La phase élastique de la courbe de capacité dans le repère déplacement-force est formée
d’un segment de droite ayant pour pente la raideur initiale 𝑘 = 𝜔2 𝑚∗ et d’équation
𝐹𝑏 = 𝑘. 𝑑𝑛
Appliquons le changement de coordonnées à cette équation pour passer dans le repère
𝑑 ∗ , 𝑆𝑒 , alors :
2
𝑘 2𝜋
Γ𝑚∗ 𝑆𝑒 = 𝑘. Γ𝑑 ∗ ⟹ 𝑆𝑒 = ∗
𝑑 ∗ = 𝜔2 . 𝑑 ∗ = ∗ 𝑑 ∗
𝑚 𝑇
2𝜋 2
C’est la droite d’équation 𝑇 = 𝑇∗
de pente (carré de la pulsation).
𝑇∗

Cette droite intercepte le spectre élastique pour l’abscisse 𝑑𝑒𝑡 tel que :
∗ ∗ 𝑇∗ 2
𝑑𝑒𝑡 = 𝑆𝑒 (𝑇 ) (EN1998-1 expression B.8)
2𝜋

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 123
Méthode en poussée progressive (pushover)
COURBE DE CAPACITE (notations de l’annexe B de l’EC8-1)
Exemple de représentation de
courbe de capacité superposée
au spectre élastique de calcul
pour un amortissement
visqueux de 5%.

Paramètres du spectre
élastique
zone de sismicité ZS 5
classe de sol CS D
catégorie
d'importance CI II
amortissement  5.00%

… mais ce spectre ne prend


pas en compte la dissipation
d’énergie due aux
irréversibilités de la structure.
 Il faut utiliser un spectre « réduit » tenant compte des dissipations sous séisme.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 124
Méthode en poussée progressive (pushover)
Spectre « réduit » 2 approches
en amortissement (selon ATC40) en ductilité (selon EC8 – annexe B)

𝜉 = 5%

7% 𝜇 = 1.0

10%
1.5

2.0
20%
𝑑∗ = 𝑑∗𝑦

30% 3.0
4.0
6.0

 Spectres élastiques réduits  Spectres anélastiques réduits

 Il faut associer l’amortissement /ou la ductilité de la structure à celui/celle du spectre.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 125
Méthode en poussée progressive (pushover)
Spectre « réduit » - approche en amortissement
Amortissement comme rapport d’énergie (rappel cours Master 1 – Dynamique PART1)
 Cas de l’oscillateur purement visqueux :
* Énergie élastique
𝑉𝑒 = aire triangle
𝑢(𝑡)
𝑢(𝑡) = 𝑢𝑚𝑎𝑥 sin 𝜔𝑡 déplacement 𝐹𝑒
𝑢 𝑡 = 𝜔𝑢max cos 𝜔𝑡 vitesse 𝑘𝑢𝑚𝑎𝑥
𝑚
𝐹𝑒 𝑡 = 𝑘𝑢 = 𝑘𝑢𝑚𝑎𝑥 sin 𝜔𝑡 force de rappel
𝐹𝑑 (𝑡) = 𝑐𝜔𝑢𝑚𝑎𝑥 cos 𝜔𝑡 force visqueuse 𝑢
𝑘, 𝑐 = 2𝜉𝑚𝜔 2 2
𝑢 𝐹𝑑 𝑢𝑚𝑎𝑥
⇒ + =1
𝑢𝑚𝑎𝑥 𝑐𝜔𝑢𝑚𝑎𝑥

* Énergie dissipée
Rapport d’énergie : 𝐹𝑑 𝑉𝑑 = aire boucle
𝑉𝑑 2𝜋𝑐𝜔 2𝜋𝜔 × 2𝜉𝑚𝜔 𝑐𝜔𝑢𝑚𝑎𝑥
= = = 4𝜋𝜉
𝑉𝑒 𝑘 𝑘
𝑢
𝑢𝑚𝑎𝑥
𝟏 𝑽𝒅
𝝃=
𝟒𝝅 𝑽𝒆

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 126
Méthode en poussée progressive (pushover)
Spectre « réduit » - approche en amortissement 𝐹

Amortissement comme rapport d’énergie


 Cas de l’oscillateur viscoplastique ou visco-endommageable : 𝑢

Loi déplacement-force

Énergie dissipée 𝑉𝑑 = aire de la boucle


𝐹 d’hystérésis
𝑭𝜶
𝑉𝑑 = 4 × 𝑜𝑚𝑦 ∧ 𝑚𝑦 𝑚𝜶 = 4 𝐹𝛼 𝑢𝑦 − 𝐹𝑦 𝑢𝛼
𝑭𝒚 𝐦𝜶
𝐦𝐲
𝑉𝑒 = aire triangle Énergie élastique 𝑉𝑒 = aire du triangle
1
𝑢 𝑉𝑒 = 𝐹𝛼 𝑢𝛼
𝒐 2
𝒖𝒚 𝒖𝜶
Coefficient d’amortissement équivalent
1 𝑉𝑑 2 𝐹𝑦 𝑢𝑦
𝜉0 = = −
4𝜋 𝑉𝑒 𝜋 𝐹𝛼 𝑢𝛼

Coefficient d’amortissement cumulé à l’amortissement visqueux


1 𝑉𝑑 2 𝐹𝑦 𝑢𝑦  Il faut rendre la
𝜉𝑒𝑞 = 𝜉0 + 𝜉𝑒 = 𝜉𝑒 + = 𝜉𝑒 + − courbe {u-F} bilinéaire.
4𝜋 𝑉𝑒 𝜋 𝐹𝛼 𝑢𝛼
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 127
Méthode en poussée progressive (pushover)
Spectre « réduit » - approche en amortissement
 Localisation du point 𝑚𝑦 :

 Soit 𝑚𝛼 le point de fonctionnement de la structure ;


 La courbe de comportement déplacement-force 𝐹 = 𝑓 𝑢 est « bilinéarisée »
par le diagramme [𝑜 − 𝑚𝑦 − 𝑚𝛼 ] de sorte que :
 Le segment 𝑚𝑦 𝑚𝛼 est tangent à 𝑓 𝑢 ;
 L’aire sous la courbe 𝑓(𝑢) est égale à l’aire sous 𝑜𝑚𝑦 𝑚𝛼 (la
transformation conserve l’énergie) .
𝐹 𝐹

𝐦𝜶 𝐦𝜶
𝑭𝜶 𝑭𝜶
𝐦𝐲 𝐦𝐲
𝑭𝒚 𝑭𝒚

Fonction continûment dérivable Fonction linéaire par morceau

𝑢 𝑢
𝒐 𝒖𝒚 𝒖𝜶 𝒐 𝒖𝒚 𝒖𝜶

Voir EC8 – art B.3 dans la cas d’une  Déplacement « cible »


courbe élasto-plastique parfaite.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 128
Méthode en poussée progressive (pushover)
Spectre « réduit » - approche en amortissement
Processus itératif
 Déplacement cible :
EC8 Art.4.3.3.4.2.6 - défini comme la demande
sismique déduite du spectre de réponse élastique ∗ ∗
𝑑𝛼2 ~𝑑𝛼1
en termes de déplacement d’un système ? FIN
équivalent à un seul degré de liberté. non oui

Spectre initial 𝜉𝑒 = 5% Nouvelle


Nouveau Pt de
fonctionnement
Point initial de itération
fonctionnement

∗ ∗ ∗ ∗
𝑑𝛼1 𝑑𝑦1 𝑑𝛼1 𝑑𝛼2

200% 𝑑𝑦∗ 𝑎𝑦 10%


𝜉1 = 𝜉𝑒 + − 𝜂=
𝜋 𝑑𝛼∗ 𝑎𝛼 5% + 𝜉1

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 129
Méthode en poussée progressive (pushover)
Spectre « réduit » - approche en ductilité
𝐹
D’après Fajfar, utilise des spectres inélastiques obtenus
𝑭𝜶 𝐦𝜶 à partir du spectre élastique par division par un
𝐦𝐲 coefficient réducteur 𝑅𝜇 fonction de l’appel de
𝑭𝒚
ductilité 𝜇 :
𝑢
𝜇 = 𝑢𝛼 si 𝑢 𝛼 > 𝑢𝑦
𝑦

𝑢
𝒐 𝒖𝜶
B C
𝒖𝒚

Spectre élastique 𝜉 = 5% et 𝜇 = 1
Soit 𝑇 ∗ la période propre de la structure à
1DDL équivalente en régime élastique :
𝑚∗
𝑇∗ = 2𝜋 D
𝑘
Spectre anélastique 𝜉 = 5% et 𝜇 = 2
𝑇∗
 Si 𝑇∗ < 𝑇𝐶 alors 𝑅𝜇 = 𝜇 − 1 +1
𝑇𝐶
 Si 𝑇𝐶 < 𝑇 ∗ < 𝑇𝐷 alors 𝑅𝜇 = 𝜇

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 130
Méthode en poussée progressive (pushover)
Spectre « réduit » - approche en ductilité
 Déplacement cible : Processus itératif

∗ ∗
𝑑𝛼2 ~𝑑𝛼1
? FIN

non oui

Nouvelle
Spectre initial 𝜉𝑒 = 5% itération
Point initial de Nouveau Pt de
fonctionnement fonctionnement

∗ ∗ ∗ ∗
𝑑𝛼1 𝑑𝑦1 𝑑𝛼1 𝑑𝛼2


𝑅𝜇
𝑑𝛼1
𝜇= ∗
𝑑𝑦1

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 131
Méthode en poussée progressive (pushover)
Spectre « réduit » - approche en ductilité Processus EC8 Annexe B

 Déplacement cible :
∗ ∗ 𝑇∗ 2
1. Calcul du déplacement 𝑑𝑒𝑡 = 𝑆𝑒 𝑇 2𝜋
2. Test sur 𝑇 ∗ :

 Si 𝑇 ∗ < 𝑇𝐶 (périodes courtes)

𝑆𝑒 (𝑇𝐶 )  Si 𝑎𝑦∗ > 𝑆𝑒 𝑇 ∗ alors réponse


élastique et déplacement cible
d∗t = 𝑑𝑒𝑡

𝑎𝑦∗  Si 𝑎𝑦∗ < 𝑆𝑒 𝑇 ∗ alors réponse non


linéaire et :


𝑑𝑒𝑡 𝑇𝐶 ∗
𝑑𝑡 = 1 + 𝑞𝑢 − 1 ∗ ≥ 𝑑𝑒𝑡
𝑞𝑢 𝑇

𝑑𝑦∗ 𝑑𝑡∗ 𝑆𝑒 (𝑇 ∗ )
où 𝑞𝑢 = ∗
𝑎𝑦


𝑑𝑒𝑡

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 132
Méthode en poussée progressive (pushover)
Spectre « réduit » - approche en ductilité Processus EC8 Annexe B

 Déplacement cible :

 Si 𝑇 ∗ > 𝑇𝐶 (périodes
𝑆𝑒 (𝑇𝐶 )
moyennes à longues)

𝑑𝑡∗ = 𝑑𝑒𝑡

L’appel de ductilité est estimé a 𝑎𝑦∗


𝑑𝑡∗
posteriori comme rapport ∗ qui
𝑑𝑦
est le même dans les deux
spectres.
L’annexe B de l’EC8 présente les mêmes 𝑑𝑦∗
constructions hormis les spectres
anélastiques qui ne sont pas
représentés. 𝑑𝑡∗ = 𝑑𝑒𝑡

La méthode pushover permettant la détermination du « déplacement cible », il est


ensuite possible d’évaluer les mécanismes plastiques attendus et la distribution des
dommages.
Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 133
Programme PS_Pushover

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Permet :

 Le tracé de spectres
 Élastiques
(fonction de l’amortissement 𝜉) ;
 Anélastiques
(fonction de la ductilité 𝜇) ;
 De calcul
(fonction du coefficient de
comportement 𝑞) ;
o En termes de période 𝑇 ou de
déplacement 𝑈.

 La détermination du point de performance


d’une structure définie par :
 Sa courbe de capacité
 Son mode fondamental
o Selon divers algorithmes dont celui de
l’annexe B de l’EN1998-1.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 134
Conclusion
Ce document constitue une introduction à l’Eurocode 8, NF EN 1998, applicable pour le calcul des structures
pour leur résistance aux séismes. Il fait suite au cours de dynamique des structures enseigné en Master 1.
Seule la partie 1 de l’EC8 concernant les règles générales applicables aux bâtiments est abordée ici ; cela
constitue le cadre forcément limité du cours de Master 2 Calcul des Ouvrages et Génie Civil de l’Université de
Toulouse. Des compléments sur la partie 5 de l’EC8 sont d’autre part enseignés dans le cours de géotechnique.
Sont ici essentiellement traitées :
 Les exigences de performance et les critères de conformité ;
 Les actions sismiques décrites par les spectres de réponse ;
 La prise en compte de la ductilité ;
 La régularité en plan et en élévation des bâtiments et les critères correspondants ;
 Les différentes modélisations possibles ;
 La méthode par forces latérales et la méthode modale-spectrale ;
 La prise en compte de la torsion d’ensemble ;
 Le béton et en acier pour ce qui concerne le coefficient de comportement ductile.
 La (nouvelle) méthode de pushover qui semble devoir s’imposer en tant que méthode de calcul dans
les prochaines normes.

Sans viser à l’exhaustivité, ce cours permettra aux étudiants de pouvoir traiter des cas d’espèces dans le cadre
des travaux dirigés et mini-projets, y compris au travers d’applications informatiques et de pouvoir efficacement
collaborer au sein de bureaux d’études.

Dynamique et règles parasismiques – EUROCODE EC8 – Part 5 master GC UPS Tlse 3 / E.Ringot page 135
Bibliographie (extraits)
 NF EN 1998-1 (EC8)  Règles de construction parasismique Donald Anderson Svetlana Brzev -
AFNOR septembre 2005 (PS92 NF P 06-013) Canadian Concrete Masonry
 Guide pour la conception Eyrolles 1996 – ISBN 2-212-11595-4 Producers Association - April 2009
parasismique des bâtiments en acier  Renforcement parasismique des  Pratique du calcul sismique
ou en béton selon l’Eurocode 8 bâtiments Afnor Editions 2013 – ISBN 978-2-12-
AFPS Octobre 2010 – ISBN 978-1- CSTB 2010 – ISBN 978-2-86891- 465401-7
906335-06-9 467-5  Ponts en zone sismique
 Eléments de génie parasismique et  Calcul dynamique des structures en Guide méthodologique février 2012
de calcul dynamique des structures zone sismique SETRA
André Filiatrault - Editions de l’Ecole Alain Capra et Victor Davidovici -  Comparaison pratique entre les
Polytechnique de Montréal 1996 Collection UTI - Eyrolles 1980 méthodes en déplacement de
(ISBN 2-553-00575-X)  Guide des dispositions constructives l’ATC40 (en amortissement) et de
 Cycle Eurocodes 2010-2011 parasismiques l’Eurocode 8 (en ductilité) –
André Plumier & Hervé Degée – AFPS - Presse de l’ENPC 2005 – P.Mouroux & C Negulescu
Université de Liège ISBN 2-85978-416-0 (publication afps)
 Cours de dynamique des structures  Conception parasismique des  ATC-40 seismic evaluation and
Alain Pecker - Polycopié ENPC 2010 bâtiments retrofit of concrete buildings – vol.1
 Guide de la conception parasismique Diaporama – Milan Zacek (nov. 1996)
des bâtiments  Dispositions constructives  Collection « prévention des risques
AFPS – Eyrolles 2004 – ISBN 2-212- Diaporama – Milan Zacek naturels » fascicule « les séismes »
11347-1  Cahier 4 – Sismologie appliquée édité par le Ministère du
 Règles parasismiques 1969, révisées Patricia Balandier – 2004 Développement Durable (site
1982 www.planseisme.fr)
 SEISMIC DESIGN GUIDE FOR
Eyrolles 1984 – ISBN 2-212-10005-1 MASONRY BUILDINGS

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Site de l’Association Française de Génie Parasismique

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Révision : 12 septembre 2017

NF EN 1998
Eurocode 8
FIN DE LA PARTIE 5
Calcul des structures pour leur
résistance aux séismes
Cours de dynamique des structures et de génie parasismique.
Master génie civil
Master conception des ouvrages d’art et bâtiments
habilitation 2011
Université Paul Sabatier Toulouse III
Pr. Erick Ringot (erick.ringot@univ-tlse3.fr)

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