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INTRODUCTION

Les biens et services que nous achetons et consommons chaque jour, ne tombent pas du ciel.
Ils sont produits par des hommes. L’objectif de ce cours est d’aider à identifier les différents
acteurs de l’activité économique : les ménages, l’Etat, les Banques et les liens avec le reste du
monde dans le cadre des relations internationales et de la mondialisation.
L’étudiant sera sensibilisé aux problèmes socio-économiques et à la pluralité des discours
économiques. Il assimilera un vocabulaire et des mécanismes qui l’aideront à comprendre la
marche globale de la société au niveau de la production, de la répartition et de la
consommation des biens et services.

DEFINITIONS DE L’ECONOMIE

L’économie provient du mot grec « OIKOS » qui signifie maison et de « NOMOS » qui
représente les règles. L’économie serait donc à l’origine, l’ensemble des règles de conduite
des activités domestiques. C’est la science de l’administration ou de gestion de la maison.
De nos jours, cette gestion s’est étendue au-delà du cadre familial pour concerner
l’entreprise, la collectivité, le pays, le monde.

Ainsi, on distingue plusieurs définitions de l’économie, chacune renvoyant à des réalités sous-
jacentes différentes.

Définition 1 : L’économie est une organisation sociale (niveau villageois, provincial,
régional, national, international tels que CEDEAO, UEMOA) qui intéresse la production, la
consommation et l’échange des biens et services.

Définition 2 : L’économie est une disciple : la science économique. Elle étudie dans ce
cas, la gestion des ressources rares qui impliquent le choix. C’est donc une science sociale qui
étudie l’activité des hommes vivant en collectivité organisée. En d’autres termes, c’est la
science qui étudie comment les ressources rares sont employées pour la satisfaction des
besoins des hommes vivant en société.

Définition 3 : Selon Raymond Barre, « la science économique est la science de
l’administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement
humain dans l’aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon
lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins
nombreux et illimités » (Economie politique, PUF, 1959).

Définition 4 : L. Robbins dans son « essai sur la nature et la signification de


l’économie », définit l’économie comme la « science qui étudie le comportement humain en
tant que relation entre les fins et les moyens rares à usages alternatifs ».

De toutes ces définitions, il ressort que l’économie est une science humaine et sociale qui
s’intéresse d’une part aux différentes opérations de production, de distribution et de
consommation des biens et services et d’autre part aux institutions et aux activités ayant pour
objet de faciliter ces opérations.

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CHAPITRE 1 : LA NECESSITE DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE

La science économique est une science humaine en ce sens qu’elle étudie l’être
humain, mais aussi une science sociale, puisqu’elle étudie les individus au sein de la société.
L’activité humaine quant à elle, consiste à la production, la distribution et à la consommation
de biens et services. Elle est donc une activité de labeur et de labeur productif (l’homme doit
transformer la nature pour se servir). Il faut travailler pour transformer la nature et produire
des biens qui satisferont les besoins des individus.
L’activité économique est donc nécessaire pour la satisfaction des besoins humains.

I. Le caractère illimité des besoins

1. Définition  et caractéristiques du besoin :

Un besoin correspond à une sensation de manque, d’inconfort ou de privation, qui est


accompagnée par l’envie de la faire disparaître par un comportement économique et social
menant à un mieux-être. Un besoin n’intéresse l’économiste que dans la mesure où il est
satisfait par des biens économiques, c’est-à-dire des éléments naturels rares ou par production
de l’homme. Les besoins des agents économiques sont variables et illimités. En effet, en
permanence, l’homme se crée de nouveaux besoins, notamment grâce à la publicité ou à la
mode.
La théorie économique part du principe que les consommateurs classent leurs besoins
selon un ordre de préférence. A mesure que le niveau de satisfaction devient plus élevé, les
besoins non primaires se font sentir. En effet, lorsque la faim la plus intense est apaisée, le
besoin de se vêtir passe au premier rang.

2. Classification des besoins

Les besoins existent en grande quantité du fait de leur caractère illimité. Il a donc fallut les
classer selon deux critères de classification :

a) Selon l’ordre d’urgence des besoins

On distingue traditionnellement :
- les besoins primaires (ou vitaux) ou physiologiques : ce sont les besoins
indispensables à la vie de l’homme comme se nourrir, se loger, respirer, se
reproduire…
- les besoins secondaires (ou sociaux) qui sont des besoins dont la satisfaction n’est pas
vitale. Ce sont des besoins liés aux relations entre individus vivant en société.
C’est par exemple le besoin de se vêtir, d’aller au cinéma, de rencontrer du monde, de
s’acheter une voiture, etc.

En tout état de cause, ces distinctions sont essentiellement subjectives et dépendent des
individus et du contexte social. Par exemple, un logement chauffé et muni de l’eau courante
est considéré comme un besoin primaire dans les sociétés occidentales développées, alors que
ce n’est même pas considéré comme un besoin secondaire par les tribus nomades d’Afrique et
d’Asie.

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b) Selon la manière dont les besoins sont satisfaits
On distingue :

- les besoins individuels dont la satisfaction est laissée à l’initiative des individus
(alimentation, habillement, logement,…)
- les besoins collectifs qui sont satisfaits par le soin de l’Etat (enseignement, hygiène,
santé publique, route,…)

II. Le caractère limité des ressources

1. Définition et caractéristiques des ressources

Une ressource économique est l’ensemble des facteurs de production (ressources


naturelles, main d’œuvre et capital) nécessaire pour produire les biens et les services que
recherchent les consommateurs.
Un bien par définition est un produit fini destiné à la satisfaction directe des besoins des
ménages. Ce sont les moyens qui permettent de satisfaire les besoins. Ces biens sont créés
par des actes de production qui consistent à combiner les facteurs de productions, c’est-à-
dire les ressources économiques. A l’immensité des besoins s’oppose l’exiguïté des
moyens de les satisfaire. En effet, les ressources existent en quantité limitée, d’où la rareté
des biens. Cependant, tout bien n’est pas économique : l’air, l’eau.

2. Classification des biens

On distingue deux types de biens :

a) Les biens non économiques ou biens naturels : ce sont les bien libres qui sont
disponibles en abondance ou en quantité illimitée et présente dans la nature
comme l’air, l’eau, le soleil, le vent.
b) Les biens économiques ou biens non naturels : Les biens économiques se
caractérisent par le fait qu’ils nécessitent un sacrifice pour être produits. Ils
sont nés de l’activité humaine et transformés tout au long du processus
productif comme une voiture, une maison, un terrain, un ordinateur, … Ce sont
des biens qui sont à la fois utiles et rares.

On distingue deux grandes catégories de biens économiques :

 Les biens matériels

Ce sont des biens qui ont une existence physique, couramment les objets. Ils se subdivise en :

 Les biens à usages industriels :

- biens d’équipement de base (machines, outils)

- Biens d’équipement accessoires (petit outillage)

- Biens de consommation intermédiaires (matières


premières)

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- Biens semi-finis (papiers, planches)

 Biens à usages domestiques :

- Biens durables (machine à laver, automobile)

- Biens semi-durables (habillement)

- Biens non durables (produits alimentaires)

 Les biens immatériels ou services

Ce sont des produits qui ne se concrétisent pas par un bien matériel. Certaines
activités comme celles d’un médecin, d’un coiffeur, d’un formateur n’ont rien de
matériel : ce sont des prestations que l’on nomme service.

- Les services marchands (coiffeur, garagiste, agence de voyages)

- Les services non marchands (police, pompiers, routes)

- Les services mixtes (musées, piscines municipales)

Comme les ressources sont rares, il est impossible de produire tous les biens nécessaires à la
satisfaction des besoins illimités. Il convient donc de faire des choix pour déterminer les biens
qui seront produits parmi l’ensemble des possibilités de production.

Ainsi, la science économique cherche à résoudre le problème de l’allocation des ressources


c’est-à-dire à répondre aux questions suivantes :

 Quels biens produire ?


 En quelles quantités?

 Comment ces biens?

 Pour qui ces biens ?

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Chapitre 2 : La science économique : approches et courants de
pensée

La science économique est une science sociale. Son objet d’étude est l’homme dans son
activité sociale, c’est - à – dire dans ses efforts, au sein de la société pour  transformer le
Monde.
La connaissance de la science économique permet de mieux comprendre les faits
économiques et permet d’éviter les erreurs souvent dramatiques que l’on commet dans les
choix de politiques économiques. La science économique s’impose comme un guide
indispensable pour les hommes dans les choix de leurs actions visant à satisfaire leurs besoins.

Toutefois on reproche souvent aux économistes de ne pas avoir prévu les crises, de ne
pas pouvoir relancer la croissance dans une conjoncture de récession ou de crise, d’être
incapables de résoudre le problème du chômage et du développement des pays du tiers
monde… Ces faiblesses de la science économique s’expliquent de deux manières :
- d’abord la science économique est une science sociale. Les sociétés étant différentes, les
résultats des politiques économiques sont nécessairement différents : le succès d’une politique
économique dans un pays donné n’implique pas nécessairement le succès de cette même
politique dans un autre pays.
- les politiques économiques sont appliquées non pas par des économistes mais par des
hommes politiques qui ne se conforment pas toujours de façon rigoureuse à la théorie
économique. Par conséquent ils ne peuvent pas obtenir les résultats que ces politiques
devaient normalement produire.

1. Les différentes approches de la science économique

Quatre (4) approches principales sont utilisées dans l’analyse économique.

a- Approche microéconomique/Approche macroéconomique

La microéconomie est l’étude des comportements individuels des agents économiques.


Il s’agit essentiellement de :
- l’analyse des choix des consommateurs individuels ;
- de l’analyse des décisions des producteurs c’est-à-dire des offreurs considérés
individuellement ;
- des échanges des biens et services sur différents types de marchés considérés
individuellement.
A l’inverse, le fonctionnement de l’économie comme un tout (globalité) est l’objet de
la macroéconomie. La macroéconomie est donc l’étude de l’économie d’un point de vue
globale. Elle considère des grandeurs globales suffisamment importantes pour faire l’objet
d’un traitement statistique. Ces grandeurs globales s’appellent agrégats macroéconomiques.
La macroéconomie traite entre autres du niveau de l’évolution et des interrelations possibles
de ces agrégats (PIB, PNB, investissement global, dépense publique, exportations,
importations, la demande globale…).

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b - Approche statique / approche dynamique

La différence entre les deux approches est la prise en compte du temps qui s’écoule.
Ainsi, dans l’approche dynamique la valeur d’une variable à une époque t est fonction de sa
valeur ou de la valeur d’autres variables à la période antérieure.

Exemple :

Soit la fonction suivante :


Ct = a + bYt
Si : a = 20, b = 0,5
Calculez Ct en fonction de Yt
Résultat :

Pour Yo = 100 Y1= 110 Y2 = 150 Y3 = 200…


On aura Co = 70 C1 =75 C2 = 95 C3 = 120…

Cette équation dynamique permet de calculer la valeur de C à différentes périodes t 0,


t1...... tn.
Par contre, l’approche statique ne fait que constater la valeur d’un agrégat à un
moment donné. Cette approche permet d’appréhender la réalité du moment sans aucune
perception du futur.
Exemple : la population du Burkina est de 12 000 000 d’habitants.

c - Approche monétaire / approche réelle

Deux conceptions s’opposent à ce sujet.


Pour les théoriciens classiques et néo-classiques, il y a lieu de séparer les phénomènes réels
des phénomènes monétaires.
Exemples de phénomènes monétaires : masse monétaire, taux d’intérêt, prix monétaire, taux
de change…
Exemples de phénomènes réels : volume de la production, niveau de l’emploi, niveau du
chômage, volume des exportations, volume des importations…
Pour ces théoriciens la monnaie est neutre, c’est - à - dire qu’elle n’exerce aucune
action sur les phénomènes (physiques) réels et on peut donc les étudier en faisant comme si la
monnaie n’existe pas (la monnaie est un voile qu’il suffit de soulever pour appréhender en
direct les phénomènes physiques).
Pour les Keynésiens au contraire, il faut intégrer la monnaie dans l’analyse des
phénomènes économiques, car elle n’est pas neutre. Il n’est donc pas pertinent de mener une
analyse dichotomique, dont une partie porte sur la sphère réelle et l’autre sur la sphère
monétaire. L’économie moderne est monétaire et l’élimination des phénomènes monétaires
conduira à des interprétations erronées.

d- Approche théorique/approche empirique

L’approche empirique tente de saisir d’emblée les phénomènes économiques à l’aide


de la seule observation. Par contre l’approche théorique tente d’abord de construire une

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logique à partir de concepts, d’hypothèses, de modèles qui permettront d’appréhender la
réalité économique du phénomène étudié. La logique ainsi construite s’appelle théorie. Une
théorie comporte toujours plusieurs éléments : il y a des variables clairement définies, un
ensemble de suppositions qui précisent les conditions dans lesquelles elle s’applique.

2. Les courants de la pensée économique

Il existe trois (3) grands courants de la pensée économique qui ont été développés au cours
des siècles : les libéraux (18è siècle), les marxistes (19è siècle) et les keynésiens (20è siècle).
Tous ces courants de la pensée économique ont été retouchés aujourd’hui en tenant compte
des réalités actuelles. Ainsi, on parle de néo-libéraux, néo-classiques et de néo-keynésiens.
Ces différents courants cherchent à répondre, chacun de sa façon, à la question suivante :
comment améliorer le niveau des ressources pour satisfaire le maximum des besoins?

a). Les libéraux

A la réponse à la question fondamentale, les libéraux pensent que le meilleur état est celui
obtenu en laissant la concurrence absolue dans la réalisation des activités économiques sans
aucune forme d’intervention de l’Etat. Ils ont été taxés d’idéalistes avec leur thèse comme
celle de la main invisible qui régulerait certaines disfonctionnements ou celle de la loi des
débouchés.

b). Les marxistes

Ces derniers mettent l’accent sur l’intérêt collectif dans la création et la répartition de la
richesse. Ils mettent l’homme au cœur de tout et la valeur d’un bien produit dépend de la
quantité de travail qui a permis de le produire.

c). Les keynésiens

Ceux-ci, tout en encourageant le libéralisme économique, soulignent l’importance de


l’intervention de l’Etat En effet, pour eux, l’Etat doit intervenir pour corriger par des mesures
rigoureuses, les disfonctionnements constatés. L’analyse de Keynes est essentiellement
macroéconomique.

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Chapitre 3 : La théorie du consommateur

La théorie du consommateur ou d’une manière générale, la théorie de la demande tente


d’expliquer comment les agents économiques sont conduits à demander une certaine quantité
d’un bien ou d’un service. Parmi les facteurs qui déterminent la demande, les goûts et les
préférences de l’individu occupent une place très importante. Pour décider de l’achat de telle
ou telle autre quantité de biens en fonction de son revenu et des prix, il faut supposer au
préalable que le consommateur est capable de comparer les niveaux de satisfaction que
peuvent lui apporter au moment du choix, toute combinaison de biens disponibles. Ce
classement préalable fourni ce qu’on appelle l’échelle de préférence ou encore la fonction de
satisfaction ou la fonction d’utilité du consommateur.
De cette problématique, le consommateur, face à la rareté des ressources est supposé être
rationnel. Ainsi, il est :
- capable de mesurer ou de donner une valeur à sa satisfaction
- souverain de ses préférences
- toujours à la recherche du maximum de satisfaction.
-

I. Les principes de l’utilité d’un bien

1.. La définition de l’utilité

Lorsqu’un agent économique consomme un bien, il tire de la consommation de ce bien, une


certaine satisfaction. C’est l’utilité du bien consommé. On appelle donc utilité d’un bien pour
un agent économique, la satisfaction que lui procure la consommation de ce bien. En d’autres
termes, l’utilité d’un bien mesure le degré de satisfaction procuré par ce bien.

2. L’utilité marginale (Um)

C’est la satisfaction ou l’utilité procurée par la consommation de l’unité supplémentaire ou de


la dernière unité. Plus le consommateur consomme d’unités du bien considéré, plus le besoin
correspondant est satisfait. En d’autres termes, à chaque unité supplémentaire consommée, le
désir du consommateur diminue. Donc chaque unité supplémentaire possède une utilité
inférieure à celle de l’utilité précédente.

Um1 > Um2 > Um3 > …

D’une manière générale, l’utilité marginale d’un bien diminue au fur et à mesure que l’on
consomme des unités successives. C’est le principe de décroissance de l’utilité marginale.
L’utilité marginale devient nulle lorsqu’il y a saturation et que le consommateur ne tire plus
de satisfaction de la consommation du bien. Il y a saturation lorsque le degré de satisfaction
de l’individu atteint son maximum. C’est le point de satiété. A ce point, l’Um = 0.
La consommation de toute unité supplémentaire après le point de satiété nuit au
consommateur et l’utilité marginale devient négative.

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Um1

Um2

Um

Au point S, l’utilité marginale est nulle.

3. L’utilité totale

L’utilité totale est l’utilité procurée par l’ensemble des unités de biens consommées. Il y a
donc un lien entre l’utilité totale (U) et l’utilité marginale (Um).
- U croît tant que Um > 0
- U est maximum si Um = 0
- U décroît dès que Um < 0

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Sur cette représentation, on voit que l’utilité totale croît tant que l’utilité marginale est
positive, au point S, l’utilité marginale est nulle et l’utilité totale est à son maximum, l’utilité
totale décroît après S.

Les relations suivantes peuvent être dégagées :

Um = variation de U / Variation de la quantité consommée

Um = dérivée de l’utilité totale par rapport à x = dU / dx = U’

Exercice : soit le tableau des utilités d’un consommateur ; calculer les utilités marginales et
compléter le tableau.
Quantités Utilité totale Utilité marginale
1 15
2 29
3 38
4 43
5 43
6 38
7 17

II. Le principe de l’utilité ordinale ou cardinale

1). L’utilité cardinale

Cette conception repose sur l’idée que le consommateur est capable de chiffrer l’utilité de
chaque unité consommée et que cette valeur a un sens. L’utilité est donc mesurable. Par
exemple, on peut dire que la consommation d’une unité d’un bien apporterait 3 unités d’utilité
au consommateur.

2). L’utilité ordinale

L’idée centrale de cette conception est qu’il n’ait pas nécessaire de supposer que le
consommateur est capable de mesurer l’utilité des différents paniers de biens et que l’on peut
se contenter de supposer qu’il est capable d’ordonner ces paniers selon ses préférences.
Les valeurs attribuées aux utilités des différents biens n’ont pas en elles-mêmes d’importance.
Il suffit seulement que l’ordre de préférence soit respecté. Il s’agira par exemple d’attribuer
entre 2 biens, une valeur de l’utilité plus importante au bien préféré. Par exemple, si un bien A
est préféré à un bien B, on pourra leur attribuer respectivement 3 et 2 unités d’utilité ou 6 et 1,
etc. La seule contrainte est que la valeur attribuée à l’utilité de A soit supérieure à celle de B.
L’écart entre 2 valeurs d’utilité contrairement à l’utilité cardinale n’a pas de sens particulier.
Par exemple si on attribue la valeur de 8 unités à un bien A et 6 unités à un bien B, on ne peut
pas déduire que le bien A apporte 2 fois plus de satisfaction que le bien B, mais que le bien A
est préféré au bien B.
L’analyse microéconomique est essentiellement fondée sur l’utilité ordinale.

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III. Les préférences du consommateur

En face de plusieurs combinaisons ou complexes ou paniers de bien, en terme de préférence,


le consommateur peut se trouver dans 3 positions possibles : soit il a une préférence stricte,
soit il est indifférent, soit il a une préférence au sens large.

1). La préférence stricte

En présence de 2 combinaisons ou complexes ou paniers de bien notées C1 et C2, le


consommateur doit être en mesure de savoir s’il préfère C1 à C2 ou C2 à C1.
Les préférences sont déterminées en fonction des degrés de satisfaction ou d’utilité procurés
par chacune des combinaisons.
- Si C1 n’est pas préféré à C2, on note C1 < C2
- Si C2 est préféré à C1, on note C2 > C1

La relation de strict préférence notée < « n’est pas préféré à » est :
- réflexive c’est-à-dire que chaque combinaison est en relation avec elle-même. On note
C1 < C1 ou C1 R C1
- transitive c’est-à-dire que si on a 3 paniers de bien C1, C2 et C3, Si C1 < C2 < C3
alors C1 < C3

2). L’indifférence

Deux combinaisons C1 et C2 sont dites indifférentes si elles procurent toutes le même niveau
de satisfaction ou d’utilité. La notion d’indifférence est notée . On a C1  C2 signifie que les
2 combinaisons procurent la même satisfaction au consommateur.
La relation d’indifférence est une relation
- réflexive : C1  C1
- symétrique : si C1  C2 alors C2  C1
- transitive : si C1  C2  C3 alors C1  C3

3). La préférence au sens large

C’est la relation qui combine simultanément la préférence stricte et l’indifférence.


En présence de 2 combinaisons C1 et C2, le consommateur peut trouver que C1 est au plus
aussi préféré que C2. On la note C1 C2.
Si C2 est au moins aussi préféré que C1, on note C2 C1.
La relation de préférence « au plus aussi préféré que » est réflexive et transitive.

IV. L’équilibre du consommateur

Dans l’analyse du comportement du consommateur, on retient que ce dernier est animé d’une
volonté d’obtenir le plus degré de satisfaction ou d’utilité. Il fera tout en fonction de ses
disponibilités en ressources pour réaliser la combinaison qui lui procure le maximum d’utilité.
L’objectif du consommateur est donc de maximiser sa satisfaction ou son utilité.

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1). Les courbes d’indifférence

Pour simplifier l’analyse, on considère les combinaisons constitués de 2 biens.


Soit la combinaison C1 composée de x1 unités de bien X et de y1 unités de bien Y. On
note C1(x1 ; y1) cette combinaison.

La représentation graphique de l’ensemble des combinaisons qui procurent le même


niveau d’utilité donne la courbe d’indifférence. L’ensemble des courbes
d’indifférence forme la carte d’indifférence.

Exemple : Soit le tableau des choix possibles d’un consommateur


Niveau de satisfaction Biens Choix possibles
C1 C2 C3
1 X x1 x2 x3
Y y1 y2 y3
2 X X’1 x’ 2 x’ 3
Y Y’ 1 y’ 2 y’ 3
3 X X’’1 x’’ 2 x’’ 3
Y Y’’ 1 y’’ 2 y ‘’3

Représentation graphique

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- I1 représente la combinaison d’indifférence de niveau 1
- I2 représente la combinaison d’indifférence de niveau 2
- I3 représente la combinaison d’indifférence de niveau 3

Les propriétés des courbes d’indifférences

- les courbes d’indifférence sont décroissantes.


- Elles ont une pente négative car pour passer d’une combinaison à une autre et
garder le même niveau de satisfaction, le consommateur procède à une
substitution (il diminue la quantité d’un des biens qu’il compense par
l’augmentation de l’autre).
- Elles sont convexes par rapport à l’origine du repère. Si les 2 biens sont
parfaitement substituables, les courbes sont des droites. Si par contre elles sont
complémentaires, les courbes ont une forme d’équerre.
- Elles ne se coupent jamais car une même courbe ne saurait satisfaire à la fois
deux niveaux de satisfactions différentes.
- Les courbes les plus éloignées de l’origine représente un niveau de satisfaction
plus élevé.
- L’ensemble des courbes d’indifférence forme la carte d’indifférence.

2. Le taux marginal de substitution (TMS)

C’est un indicateur qui permet de mesurer dans quelle proportion la substitution se


fait entre deux biens pour garder le même niveau d’utilité. En d’autres termes, il
permet de mesurer le nombre d’unités d’un bien qu’il faut abandonner ou sacrifier
pour les compenser par une augmentation de la quantité de l’autre bien et garder le
même niveau de satisfaction.
La formule du TMS est la suivante :

TMS = - Y/X X = variation de la quantité de Y


Y = variation de la quantité de X
- est un signe conventionnel pour le besoin d’interprétation

Représentation graphique

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TMS = - Y/X = - (Y2 – Y1) / (X2 – X1)

Exemple : Soient A (2 ;6) et B(3 ;A). Calculer le TMS sachant que A  B


Solution : TMS = -2

Pour garder le même niveau de satisfaction en passant de A à B, le consommateur à


sacrifier 2 unités du bien Y qu’il a compensé par l’augmentation d’une unité de X.

3. La contrainte budgétaire et la droite de budget

Le consommateur est toujours à la recherche du plus grand niveau de satisfaction mais


il est limité dans ses décisions par sa contrainte budgétaire car les ressources sont
limitées.
Soient :
- R le revenu disponible pour la consommation de 2 bien X et Y
- x la quantité consommée du bien X
- y la quantité consommée du bien Y
- Px le prix du bien X
- Py le prix du bien Y

La dépense du consommateur pour x unités de X est xPx.


La dépense du consommateur pour y unités de Y est yPy.
La dépense totale du consommateur est xPx + yPy

La contrainte qui se pose au consommateur est qu’il ne peut dépenser que ce que son
revenu lui permet. Cette inégalité traduite la contrainte du budget, soit xPx + yPy  R

Cette inéquation est la traduction de la contrainte budgétaire qui s’impose au


consommateur. Si le budget est intégralement utilisé, on aura :
xPx + yPy = R

De cette égalité, on tire l’équation de la droite de budget.

xPx + yPy = R
yPy = R – xPx
y = (R – xPx) / Py
y = -(Px / Py ) x + R / Py

- Px / Py est la pente de la droite


R / Py est l’ordonnée à l’origine

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Représentation graphique

La droite du budget délimite les combinaisons réalisables c’est-à-dire les combinaisons


qui respectent la contrainte budgétaire (xPx + yPy  R) et les combinaisons non
réalisables c’est-à-dire celles pour lesquelles on a xPx + yPy  R.

4. La combinaison optimale : l’équilibre du consommateur

L’objectif fondamental du consommateur est de maximiser son utilité ou sa


satisfaction. La combinaison optimale est celle qui maximise l’utilité du
consommateur tout en respectant la contrainte budgétaire.

a). Détermination graphique de l’équilibre du consommateur

Elle s’obtient par le point de tangence entre la droite de budget et l’une des courbes
d’indifférence.

Représentation graphique

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La combinaison optimale est E (xE ;yE) soit la consommation de xE unités du bien X
et yE unités du bien Y.

b). Détermination algébrique de l’équilibre

L’utilité du consommateur dépend des quantités consommées des biens X et Y. On


note : U = f (x ;y)
L’utilité marginale de X est la dérivée de l’utilité totale du bien X par rapport à la
quantité consommée du bien X, la quantité étant considérée constante.

Umx = f’(x ;y) = dU / dx

Exemple : U = 2xy +3y + 4x + 6


Umx = ?

L’objectif du consommateur étant de maximiser son utilité sous la contrainte de son


budget, il devra résoudre le problème suivant :

Max U = f(x ;y)
Sc xPx + yPy = R

Les conditions de maximisation de l’utilité sont de 2 ordres :


- Les conditions de premier ordre (conditions nécessaires) où U’ = 0
- Les conditions de second ordre (condition suffisante) où U’’ < 0

Il existe deux méthodes pour déterminer algébriquement les quantités optimales : la


substitution et le lagrangien.

 Principe de la substitution
1. A partir de la contrainte budgétaire, on exprime une des variables
en fonction de l’autre
2. On remplace cette nouvelle expression dans la fonction d’utilité à
maximiser
3. On calcule la dérivée de la fonction d’utilité
4. On vérifie la condition de premier ordre c’est-à-dire U’ = 0. On
obtient la valeur d’une des inconnues ou variables.
5. On remplace la variable trouvée par sa valeur dans l’expression
trouvée plus haut pour déduire la valeur de l’autre
6. On vérifie la condition de second ordre c’est-à-dire U’’ < 0
7. on peut calculer l’utilité correspondante

 Principe de Lagrange
Par cette méthode, on détermine la fonction de Lagrange en utilisant un
multiplicateur 

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La fonction de Lagrange s’écrit :
L = U + (R – xPx – yPy)

Pour trouver la combinaison optimale, il faut maximiser la fonction de


Lagrange. Cette maximisation donne les conditions de premier ordre suivantes :
dL / dx = O
dL / dy = 0
dL / d = 0

En résolvant ce système d’équations, et en vérifiant les conditions de second


ordre, on trouve les quantités optimales ainsi que l’utilité optimale du
consommateur.

Exemple :
Soit la fonction d’utilité d’un consommateur définie par U = x + 3y
Déterminer les combinaisons optimales de x et de y en utilisant les deux méthodes et
sachant que le prix de x est 1, le prix de y est 2 et son revenu est 8.

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Chapitre 4 : Analyse de la demande du consommateur et la typologie des
marchés

I. L’analyse de la demande

1. Définition de la demande

Les économistes définissent la demande comme la quantité de biens qu’un acheteur


désire acheter à un niveau de prix donné.
Pour analyser la demande, on se pose la question suivante : comment réagissent les
acheteurs ou consommateurs d’un bien aux variations du prix de ce bien, en considérant
les autres facteurs comme donnés (revenus, prix des autres biens,…).

Les déterminants de la demande d’un bien sont :


- le prix du bien : la loi suivante peut être énoncée : si le prix d’un bien (thé) augmente,
les autres facteurs étant donnés, la quantité demandée baisse. C’est la loi de la
demande et elle s’applique à tous les biens.
- Le revenu du consommateur : si on considère les autres facteurs constants, une
augmentation du revenu du consommateur s’accompagne d’une augmentation de la
quantité du bien considéré.
- Le prix des autres biens : supposons que le café est voisin du thé ; si le prix du café
augmente, alors la quantité demandée du thé augmente.
- Les goûts et préférences : les non fumeurs sont indifférents à tout ce qui se passe sur le
marché de la cigarette.
- Les anticipations : si on anticipe une augmentation de revenu du consommateur, la
quantité demandée du bien considéré augmente. Si on anticipe une hausse de prix dans
le futur, la quantité demandée du bien augmente et inversement, une baisse future du
prix entraîne la baisse de la quantité demandée.

De cela, il ressort que la quantité d’un bien qu’un individu est disposé à acheter au cours
d’une période déterminée est fonction du prix de ce bien, du revenu dont dispose le
consommateur, des prix des autres biens et des préférences de l’individu ;

On note que Qx = f(Px ; Py ; R) est la demande du bien x en fonction de son prix, du prix de
Y et du revenu du consommateur.

Comme l’indique la loi de la demande, les prix et quantités évoluent en sens inverse d’où la
décroissance de la courbe de demande.

18
2. La mesure de l’élasticité

La demande d’un bien est sensible à toute variation des prix et de revenu. Pour mesurer le
degré de sensibilité ou de réaction de la demande, on calcule son élasticité.

a). Elasticité de la demande par rapport au prix

C’est la variation relative de la quantité d’un bien divisée par la variation relative des prix.
C’est l’élasticité prix directe de la demande. Elle mesure le degré de sensibilité de la demande
suite à une variation du prix. L’élasticité de la demande Qx d’un bien X par rapport au prix du
bien Px est notée : eqx/px

Eqx/px = (Qx/Qx) / (Px/Px) = (Qx/Px) * (Px/Qx)

Exemple : Le tableau suivant relate les informations sur la consommation d’huile végétale
par un individu

1999 2000
Prix du litre d’huile 600 800
Quantités demandées 10 7

TAF : Calculez l’élasticité prix direct de la demande d’huile de cet individu

Solution :

Eqx/px = (Qx/Qx) / (Px/Px) = (Qx/Px) * (Px/Qx)

AN : Eqx/px = (7 – 10) / (800 – 600) * 600/10 = - 0,9

Interprétation : lorsque le prix du litre d’huile augmente de 1%, la quantité demandée de


l’huile baisse de 0,9%

NB. Lorsque la fonction est donnée, le calcul de l’élasticité fait recours aux dérivées
partielles.

19
La formule de l’élasticité s’écrirait :

Eqx/px = (dQx/Qx) / (dP/Px) = (dQx/dPx) * (Px/Qx)

Exemple : Soit la fonction de demande d’un bien X definie par Qx = 80 – 5Px + 4Py – R
Calculer l’élasticité de la demande pour le bien X par rapport au prix unitaire Px de ce
bien.

Solution :

Interprétation :

- Si ep < - 1, on dit que la demande est élastique car la variation de la demande est plus
que proportionnelle à la variation du prix.

Exemple : ep = - 2 signifie que lorsque le prix du bien augmente de 1%, sa quantité


demandée baisse de 2%.

- Si ep > - 1, La demande est inélastique c’est-à-dire que la variation de la demande est


moins que proportionnelle à la variation du prix.

Exemple : ep = - 0,9 signifie que lorsque le prix du bien augmente de 1%, sa quantité
demandée baisse de 0,9%.

20
- Si ep = 0, la demande est parfaitement inélastique c’est-à-dire lorsque le prix du bien
varie, la demande ne réagit pas.
- Si ep tend vers - , la de mande est parfaitement élastique.

b. Elasticité prix croisé de la demande

Elle mesure la modification de la quantité d’un bien X par rapport à la variation du prix
d’un autre bien (Y par exemple). En d’autres termes, elle mesure la réaction de la
demande d’un bien par rapport au prix d’un autre bien. Cette élasticité se note eqx/Py ou
eqy/Px.

Eqx / Py = (Qx / Py) * Py / Qx

Eqy / Px = (Qy / Px) * Px / Qy

Exemple1 : Soit l’évolution de la demande d’un bien en fonction du prix du bien Y.

1999 2000
Prix de Y 1000 1200
Quantité de X 10 8

Calculer l’élasticité prix croisée de la demande de X par rapport au prix de Y

Eqx / Py =  (8 – 10) / (1200 – 1000)  * 1000 / 10 = - 1

Interprétation : lorsque le prix du bien Y augmente de 1%, la quantité demandée du bien X


baisse de 1%.

Exemple2 : Le tableau ci-dessous donne les quantités demandées et les prix du café (Y) et
du thé (Z). Calculer l’élasticité prix croisée de la demande entre le thé (X) et le café (Y)

Biens Avant Après


P Q P Q
Café (Y) 4 50 6 30
Thé (X) 2 40 2 50

Solution :

21
Remarque : Nature des biens
- si eqx/Py > 0, les biens X et Y sont dits biens substituables. L’augmentation du prix
de Y entraine une baisse de la quantité demandée de X.

- Si eqx/Py < 0, les biens X et Y sont dits complémentaires. L’augmentation du prix de


Y entraine une augmentation de la quantité demandée de X.

- Si eqx/Py = 0, les biens X et Y sont des biens indépendants.

c. L’élasticité de la demande par rapport au revenu

Elle mesure la réaction de la demande suite à une variation du revenu R. Elle est notée
eq/R.
Eqx/R = (Q / R) * R/ Qx

Exemple : Soit l’évolution de la demande de riz par un individu en fonction de son


revenu.

1999 2000
Revenu 130000 150000
Quantité demandée 5 7

Calculer l’élasticité revenue de ce bien

Solution : eq/R = (7 – 5) / 5 150000 – 130000) * (130000 / 5) = 2,6

Interprétation : lorsque le revenu du consommateur augmente de 1%, la quantité


demandée du bien X augmente de 2,6%. La demande est donc élastique par rapport au
revenu.

22
- Si er > 0, l’augmentation du revenu entraîne une augmentation de la demande. Le bien
est dit bien normal.

- Si 0 <er <1, le bien est un bien de nécessité

- Si er < 0, l’augmentation du revenu entraîne une diminution de la quantité demandée


du bien. Le bien est dit bien inférieur.

- Si er > 1, le bien est un bien de luxe.

d. L’élasticité point

En prenant deux points sur une courbe de demande, on sélectionne une portion (arc de la
courbe). Calculer l’élasticité selon qu’on se déplace de la gauche vers la droite ou de la
droite vers la gauche donne des valeurs différentes. Il est possible d’éviter des résultats
différents en utilisant dans le calcul de l’élasticité, la moyenne des deux prix. La formule
devient donc :

Ep = (Qx/Px) * (PA+PB)/(QA+QB)

Exemple : Soit le tableau suivant :

Prix quantités repères


1 25 A
2 20 B
3 15 C
4 10 D
5 5 E
6 0 F

1. Calculer l’élasticité prix directe aux points A et B. Que remarque-t-on ?


2. Calculer l’élasticité point

II. La typologie des marchés

Le marché d’un bien en économie se définit, sans référence à un lieu précis, comme
étant l’ensemble des possibilités d’offre et de demande de ce bien. Exemple : le marché de la
viande au Burkina Faso, le marché du vin en France, le marché des capitaux dans
l’UEMOA…. Au niveau de l’Etat, on parle de marchés publics car c’est le lieu de rencontre
entre l’offre provenant principalement des entreprises publiques mais surtout des entreprises
privées (qui fournissent des biens ou des services, exécutent des travaux) et la demande qui
est lancée par l’administration publique (cas où elle a besoin d’un certain nombre de biens,
services ou réalisations). Les contrats sur le marché se conclut par lettre, téléphone fax, télex,
courrier électronique sans qu’il y ait nécessairement un contact physique entre acheteur et
vendeur. Deux types de marchés s’opposent traditionnellement : le marché de concurrence
parfaite et le marché de concurrence imparfaite.

23
A) Le marché de concurrence pure et parfaite

Elle correspond à une situation où il y a plusieurs offreurs et plusieurs demandeurs. Le prix de


vente est fixé en tenant compte les tarifs pratiqués par les concurrents. Tout prix légèrement
supérieur au prix des concurrents fait perdre à l’entreprise sa clientèle et tout prix inférieur au
prix du marché entraîne pour l’entreprise, une chute des profits. Sur ce marché, on dit que le
prix est une donnée ou que l’entreprise est « preneuse de prix » ou « price taker ».
Ce type de marché repose sur les hypothèses suivantes :

a) L’atomicité du marché
Les offreurs et les demandeurs sont suffisamment nombreux et de taille suffisamment réduite
de sorte qu’aucun d’eux ne peut en faisant varier son offre ou sa demande modifier de façon
appréciable l’offre et la demande globale : donc le prix du marché est une donnée
indépendante de l’action de chaque agent économique.

b) La liberté du marché
Cette liberté signifie que ni l’Etat, ni aucun autre organisme n’influence le marché. La liberté
d’entrer sur le marché est garantie et il n’y a aucune entente entre entreprises sur le marché.

c) La transparence du marché
Chaque intervenant est parfaitement informé des conditions du marché c’est – à – dire des
quantités offertes et demandées ainsi que des prix

d) L’homogénéité des produits


Les biens offerts sont identiques. Aucun produit ne doit être caractérisé par une marque ou
par un emballage particulier.

e) La parfaite mobilité des facteurs et des produits


Les facteurs de production et les biens circulent librement.

Les hypothèses du marché de concurrence pure et parfaite ainsi définies montrent


qu’il s’agit d’un idéal inaccessible. L’atomicité des offres et des demandes ne peut exister
dans un monde dominé par les grandes entreprises. Les interventions de l’Etat, les ententes
entres grandes entreprises, l’action de certains groupes de pression (syndicats, corporations),
la mauvaise information des vendeurs et acheteurs, l’hétérogénéité des produits ainsi que les
entraves à la mobilités des biens et des facteurs empêchent le marché d’être fluide: dans la
réalité, les marchés se caractérisent plutôt par une concurrence imparfaite.

B) Marché de concurrence imparfaite

Les conditions de la concurrence parfaite n’étant jamais remplies l’analyse des


régimes concrets de marché révèle des imperfections par rapport à la concurrence parfaite
dues à l’absence d’atomicité des offreurs et des demandeurs, à l’absence d’homogénéité des
produits ainsi qu’à la présence de barrières à l’entrée…

Les marchés de concurrence imparfaite ne sont pas parfaitement fluides ; les vendeurs
s’efforcent toujours de différencier des produits destinés cependant à satisfaire le même type
de besoin. La différenciation peut porter sur la qualité physique du produit mais elle peut

24
résulter aussi d’une légère différence de présentation (emballage, apposition d’une marque,
conditions de vente…). Le type de marché résultant de cette absence de fluidité est ce qu’on
appelle marché de concurrence monopolistique.

L’évolution du capitalisme conduit à la constitution de groupements qui tendent à


substituer la notion de petit nombre d’offreurs ou de demandeurs à celle de leur grand
nombre. La structure du marché est alors profondément modifiée. Le tableau suivant donne
les principaux types de marchés : sept (07) types de marché de concurrence imparfaite et le
marché de concurrence pure et parfaite.

Unité Petit nombre multiplicité


Offre
Demande
Unité Monopole bilatéral Monopsone contrarié Monopsone
Petit nombre Monopole contrarié Oligopole bilatéral oligopsone
multiplicité monopole Oligopole1 Concurrence parfaite

a). Le monopole
Une entreprise est en situation de monopole lorsqu’elle est la seule à offrir un certain
type de biens à plusieurs demandeurs (SONABEL). Dans ce cas, l’entreprise détermine le prix
auquel elle veut vendre son bien. On dit qu’elle est « faiseuse de prix » ou « price maker). En
situation de monopole, les prix sont généralement élevés. Les prix étant élevés, la quantité de
biens vendus est faible que celle en concurrence.

b). Le monopole bilatéral

On dit qu’il y a monopole bilatéral sur un marché lorsque celui-ci est composé d’un
seul offreur et d’un seul demandeur. Dans cette situation, l’offreur et l’acheteur concluent
généralement un contrat qui définit la quantité des biens et services à échanger ainsi que les
prix auxquels la transaction se réalisera. Le contrat doit être élaboré de sorte que l’offreur et
l’acheteur tirent profit de la transaction. C’est par exemple le cas des coopératives.

c). Le monopsone

Une entreprise est en situation de monopsone lorsqu’elle est la seule à acheter auprès
de plusieurs vendeurs. Dans les cas de monopsone, c’est fréquemment l’acheteur qui
s’impose. Un exemple de monopsone au Burkina Faso était celui de la SOFITEX avant
l’arrivée des sociétés SOCOMA et Faso coton. En effet, la SOFITEX était la seule société qui
achetait le coton auprès des nombreux producteurs. C’est donc la SOFITEX qui fixait le prix
du coton aux producteurs. Les marchés publics sont aussi des monopsones car seul l’Etat
achète auprès de plusieurs offreurs. Dans ce cas, c’est l’Etat qui s’impose car il choisit l’offre
qui lui convient c’est-à-dire l’offre évaluée la moins disante (l’offre qui est techniquement
acceptable et qui est financièrement la moins chère).
d). L’oligopole
1
L’oligopole est un type de marché très fréquent ; exemple : marché de l’acier, de l’aluminium, de l’automobile,
des pneus, des produits pétroliers…

25
C’est une situation dans laquelle il y a un petit nombre de vendeurs et une multiplicité
d’acheteurs.
Dans un oligopole, chaque firme est capable d’identifier clairement ses concurrents et
de tenir compte de leur comportement quand elle prend ses décisions de quantité ou de prix.
On dit alors qu’il y a interdépendance entre les décisions des firmes (l’entreprise A tient
compte de l’entreprise B pour produire,…). Cette interdépendance correspond à l’existence de
comportements stratégiques qui tiennent compte des réactions des concurrents aux décisions
de la firme.
Ces comportements peuvent conduire soit à des situations conflictuelle (non
coopération entre les firmes) soit à des situations de coopération entre les firmes (elles se
mettent d’accord pour fixer les prix).
Lorsque sur le marché, il y a l’existence de deux vendeurs et deux acheteurs, on parle de
duopole.

Chapitre 5 : La théorie du producteur

26
La fonction principale de l’entreprise est la production. Dans l’accroissement de sa
fonction principale, l’entreprise c’est-à-dire le producteur a des objectifs mais aussi des
contraintes. Son objectif principal est de maximiser son profit. Pour se faire, il doit
minimiser ses charges et optimiser sa production.
Les contraintes principales qui se posent au producteur sont les coûts de production à
supporter, les niveaux de production qu’il peut produire et la situation des marchés.

I. Les facteurs de production

On entend par facteur de production, l’ensemble des moyens utilisés par le producteur
pour produire les biens et services. Il s’agit des moyens humains, matériels et
techniques. Dans le processus, ces facteurs peuvent être substituables,
complémentaires, variables (facteurs qui varie en fonction de la quantité à produire),
fixes (facteur dont la quantité est fixe quelque soit le niveau de la production),
divisibles (ce qu’on peut diviser sans qu’il ne perd sa propriété de production).
Pour produire les biens et services, le producteur combine ces différents facteurs.
Alors, tout moyen utilisé pour produire peut être qualifié de facteur de production. Les
principaux facteurs de production sont le travail (L) et le capital (K). Le facteur travail
est l’ensemble du travail humain et le facteur capital, l’ensemble des équipements,
matières premières, …

II. Quelques indicateurs de la combinaison des facteurs

Soient l la quantité du facteur travail (L), k la quantité du facteur capital (K) et Q la


quantité produite en combinant les deux facteurs. Les principaux indicateurs sont les
suivantes :
1. L’intensité capitalistique (k/l)
Elle permet de mesurer le rapport capital - travail dans le processus de production.

2. Le cœfficient moyen du capital ( (k/Q)

Il permet de mesurer la quantité de capital nécessaire pour la production


d’une unité ou à l’inverse, la contribution d’une unité de facteur capital.

3. Le coefficient marginal du capital (∆K/∆Q)


Il permet de connaître la quantité de capital nécessaire pour la production d’une
unité supplémentaire de bien.

4. Le taux marginal de substitution factoriel ou technique (TMST)

Pour produire une quantité donnée, le producteur peut procéder à plusieurs


combinaisons. Pour passer d’une combinaison à une autre et garder le même niveau de
production, le producteur procède à une substitution de facteurs.

TMST = - ∆K/∆L

III. La fonction de production de courte durée

27
Les quantités de biens produites dépendent des quantités de facteurs utilisés ou
combinés. Les quantités produites sont donc fonction des quantités de facteurs
combinés.

1. Expression de la fonction de production

La quantité Qx produite d’un bien X est fonction des quantités l et k des facteurs L et
K. On note : Qx = f(l ;k)

2. La productivité physique des facteurs

a). La productivité physique totale


La productivité physique totale d’un facteur donné est la production obtenue en combinant
une quantité variable de ce facteur, la quantité de l’autre restant constante ou fixe. Elle est
notée PPTL.
PPTL = fl(l ;k) = f(l ;k0) = f(l ;k); ici, l est la variable et k la constante.
PPTk = fk(l ;k) = f(l0 ;k) = f(l ;k) ; ici, k est la variable et l la constante.

b). La productivité physique moyenne (PPM)

La PPM d’un facteur est égal à la productivité totale de ce facteur divisée par la quantité de ce
facteur. On note :
PPML = PPTL / l = fl(l ;k) / l
PPMk = PPTk / k = fk(k ;l) / k

c). La productivité physique marginale (PPml)

PPml = ∆ PPTL / ∆l
PPmk = ∆ PPTk / ∆k

Exemple : Soit la fonction de production d’un bien X definie par :


Qx = 3l2 + 5k + 7
Calculer : PPTk, PPTl, PPMk, PPMl, PPmk, PPml

28
3. Allure générale des courbes de productivité
Les courbes de productivité ont l’allure suivante :

Remarques :
- Lorsque la PPT est maximum, la PPm est nulle ;
- Lorsque la PPm est maximum, elle est égale à la PPm.

4. Les principes des rendements des facteurs

a). Le principe des rendements croissants et décroissants


Lorsqu’on multiplie la quantité d’un facteur, celle de l’autre restant constante, on constate
deux situations :

- La productivité de ce facteur augmente : c’est la phase des rendements ;


- La productivité de ce facteur décroît (effet de saturation) : c’est la phase des
rendements décroissants.

b). Les rendements dimensionnels ou d’échelle

Lorsque l’on multiplie les quantités de l’ensemble des facteurs, trois situations peuvent se
présenter :
- La productivité peut croître de manière plus que proportionnelle : il y a rendement
d’échelle croissant ;
- La productivité peut croître exactement dans les mêmes proportions : il y a rendements
d’échelle constant ;
- La productivité peut croître de manière moins que proportionnelle : il y a rendements
d’échelle décroissant.

29
Si la fonction de production est homogène, on peut déterminer la nature du rendement
d’échelle à partir du rendement d’homogénéité.
La fonction f est homogène si quelque soit λ ε R, il existe m ε R / f(λl ; λk) = λmf(l ;k)
m est appelé degré d’homogénéité.

NB : - si m > 1, il y a rendement d’échelle croissant


- Si m = 1, il y a rendement d’échelle constant
- si m < 1, il y a rendement d’échelle décroissant

IV. L’équilibre du producteur

1. Les courbes d’isoproduit ou d’isoquants


Pour un même niveau de production, le producteur peut procéder à plusieurs combinaisons
des facteurs. La représentation graphique de l’ensemble des combinaisons qui procurent le
même niveau de production donne une courbe appelée isoproduit ou isoquant. Les courbes
ont les mêmes propriétés que les courbes d’indifférences du consommateur.

2. La droite d’isocoût et combinaison optimale

La représentation graphique de l’ensemble des combinaisons qui engendre le


même coût donne une droite appelée droite d’isocoût.
Soient l la quantité du facteur L, k celle du facteur K, w le coût unitaire du facteur
L, r celui du facteur K, F le coût fixe et c le coût total de production.

C = wl + rk + F

C = CV + CF avec CV = coût variable et CF = coût fixe

De l’expression C = wl + rk + F , on tire:
k = (c – wl – F) / - r = (- wl / r) + (c – F) / r. C’est l’équation de la droite de
budget.

30
3. La maximisation de la production

Pour un coût de production donné, l’objectif du producteur sera de réaliser le plus grand
niveau de production possible à ce coût. Son programme sera alors :

Max Q = f(l ;k)
s/c : c = wl + rk + F

Deux conditions sont à vérifier à l’optimum du producteur lorsqu’il veut maximiser la


production :
- Q’ = 0 : c’est la condition nécessaire
- Q’’ < 0 : c’est la condition suffisante

A l’optimum, le rapport des productivités marginales est égal au rapport des coûts unitaires.
Cela se démontre par la maximisation de la fonction de Lagrange : (Q’l / Q’k) = w / r
On peut donc utiliser soit la méthode de substitution, soit la méthode de Lagrange pour
déterminer les quantités optimales.

Exemple : Soit la fonction de production suivante :


Q = 2kl et la fonction de coût c = 5l + 2k + 7.
Déterminer la combinaison optimale pour produire à un coût total de 23 unités monétaires
(UM).

4. La minimisation des coûts

Pour un niveau de production donnée, l’objectif du producteur sera d’obtenir cette quantité à
moindre coût. Il cherchera donc à minimiser les coûts. Son programme sera :

Min c = wl + rk + F
S/C Q = f(l ;k)

Les conditions de minimisation sont de deux orders:


- c’ = 0 : c’est la condition nécessaire
- c’’ > 0 : c’est la condition suffisante.
A l’optimum, le rapport des productivités marginales égal au rapport des coûts unitaires :
(Q’l / Q’k) = w / r

31
Exemple : Soit la fonction Q = 2kl et soit c = 5l + 2k + 7. Déterminer la combinaison
optimale pour produire 50 unités du bien.

5. La maximisation des profits ( Π )

Lorsque les fonctions de coût et de recette du producteur sont connues, le raisonnement du


producteur consisterait à maximiser son profit.
Soient
- Qx la quantité du bien X produit,
- Px le prix de vente unitaire du bien X,
- R la recette totale du producteur (R = Px*Qx)
- et c le coût total (c = wl + rk + F)

Π=R–C
Π = Px*Qx – wl – rk - F

Les conditions de maximisation du profit sont :


 d Π / dl = 0 et d Π / dk = 0
 d Π / dl < 0 et
2 2
d2 Π / dk 2= 0

A l’optimum: (Q’l / Q’k) = w / r

Exemple: Soit la function définie par


Qx = -5 l 2 + 2l – k2 + 4k
Une unité du bien est vendue à 100 UM. Une unité du facteur L coûte 5 UM et celle de K
coûte 2 UM. Le producteur supporte des charges indépendantes de la quantité produite de 3
UM.
Déterminer la combinaison optimale.

32
Toutes ces conditions permettent de déterminer l’équilibre relatif au facteur. On peut
également déterminer l’équilibre relatif au produit et au coût.

6. L’équilibre relatif au produit et au coût

En ter me de gestion de la production, pour décider de produire ou de ne pas produire, le


producteur s’intéressera aux valeurs marginales.
- lorsque l’unité supplémentaire rapporte plus qu’elle ne coûte, il a intérêt à produire car
il est dans la situation où recette marginale (Rm) > coût marginal (Cm).
- Lorsque l’unité supplémentaire rapporte moins qu’elle ne coûte, il n’a pas intérêt à
produire car il est dans la situation où Rm < Cm

Les différentes données relatives au coût de production sont importantes dans l’analyse du
producteur.
C = CV + CF (coût total)
CM = C / Q (coût moyen)

33
CM = CVM + CFM

Lorsque la quantité produite est importante, le CFM tend vers zero. Le producteur réalise
alors des économies d’échelle en amortissant ses charges fixes.
Le coût marginal est la dérivée du coût total. Il y a une relation entre le coût moyen et le coût
marginal.

Lorsque le CM est minimum, il est égal au Cm.

7. Le sentier d’expansion

Lorsque le niveau de production augmente successivement, le coût des facteurs restant fixe,
on peut obtenir le sentier d’expansion en joignant les points d’équilibres successifs. Il
représente l’ensemble des combinaisons optimales permettant de produire à moindre coût
quand le niveau de production varie, les prix des facteurs étant constants.

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