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Prof : MARDI AYOUB Partie de chimie LES CONSTITUANTS DE L'ATOME

Niveau : Tronc Commun scientifique - Option française (TCS-Biof)


L'histoire du modèle atomique
histoire ‫تاريخ نموذج الذرة‬

Le modèle de Démocrite :
Démocrite est un philosophe de l’Antiquité ayant vécu environ 400
ans avant notre ère. Il est à l’origine du premier modèle atomique.

Démocrite affirme que la matière est constituée de particules très


petites qu’il est impossible de briser ou de diviser. Il appelle ces
particules atomes (atomos en grec, qui signifie indivisible). Il pense
que ces particules sont séparées par du vide. C’est pourquoi sa
représentation de la matière est appelée le modèle de la
discontinuité.

Selon lui, la façon dont les atomes sont répartis dans la matière
expliquerait pourquoi une substance aurait des propriétés différentes
d’une autre substance. Par exemple, le fait que le plomb soit plus
lourd que le liège s’expliquerait par le fait que les atomes y sont plus
entassés.

Le modèle d’Aristote :
Environ 100 ans plus tard, le philosophe Aristote s’oppose à l’idée
de Démocrite. Selon lui, la matière doit remplir totalement l’espace
qu’elle occupe. Il n’y a pas de vide. C’est pourquoi on appelle son
idée le modèle de la continuité.

Aristote affirme que la matière est divisible à l’infini, contrairement


à ce que disait Démocrite, qui pense qu’il existe des particules
indivisibles, les atomes.

Aristote pense aussi que la matière est constituée de quatre


éléments : la terre, le feu, l’air et l’eau. Selon lui, ces éléments sont
mélangés en proportions différentes pour former les diverses
substances qui nous entourent.
À cette époque, les gens croient plus à la théorie d’Aristote qu’à celle de Démocrite, même si on sait
aujourd’hui que le modèle de Démocrite est plus près de la réalité.

Le modèle de Dalton :
John Dalton est un chimiste et physicien anglais qui a vécu entre
1766 et 1844. Contrairement à ses deux prédécesseurs, Démocrite et
Aristote, Dalton construit son modèle à partir d’expérimentations
scientifiques. Il se base sur des observations faites par différents
scientifiques et par lui-même pour construire son modèle.

Dalton observe que certains gaz se dissolvent mieux dans l’eau que
d’autres gaz. Après analyses, il suggère que les gaz (constitués
d’atomes) ne sont pas tous identiques. Il pense que si certains gaz se
dissolvent plus que d’autres, c’est parce que les atomes qui les
constituent ont des masses différentes.

Dalton s’appuie également sur les travaux des chimistes Joseph


Proust et Antoine Laurent de Lavoisier. Proust observe que chaque
substance se divise toujours en mêmes produits et en mêmes
proportions. Lavoisier démontre que lors d’une réaction chimique, la
masse des réactifs avant l’expérience est toujours égale à la masse
des produits après l’expérience, d’où sa célèbre phrase : « Rien ne se
perd, rien ne se crée, tout se transforme. ».

À la suite de ses observations, Dalton propose un nouveau modèle


atomique, qu’il appelle la théorie atomique. Il énonce 4
points importants.

 La matière est composée de petites particules invisibles et


indivisibles appelées atomes.
 Les atomes d’un même élément sont identiques. Ils ont les mêmes propriétés et la même masse.
 Les atomes d’éléments différents ont des propriétés et des masses différentes.
 Les atomes peuvent se combiner pour former une nouvelle substance. La molécule produite possède
des propriétés différentes des atomes qui la constituent.

Le modèle de Thomson :
Joseph John Thomson est un physicien britannique qui a vécu entre
1856 et 1940. Il fait la découverte d’une petite particule, l’électron,
qui l’amène à modifier le modèle de Dalton. C’est l’étude d’un
rayon observé dans les tubes cathodiques qui a amené Thomson à
faire sa découverte.

Le tube cathodique :
À l’époque de Thomson, des scientifiques ont déjà commencé à faire
des expériences sur l’électricité dans des tubes sous vide. Les tubes,
appelés tubes cathodiques, comportent une électrode négative, la
cathode, et une électrode positive, l’anode. En soumettant ces
électrodes à un courant électrique, les scientifiques observent un
faisceau lumineux, qui semble provenir de la cathode. On donne ainsi le nom de rayon cathodique au
faisceau lumineux. À cette époque, les scientifiques ne connaissent pas la nature du rayon observé. Thomson
se penche alors sur la question.

Thomson fait une série d’expériences et conclut que le rayon cathodique est formé de particules
plus petites qu’un atome et qu’elles sont chargées négativement. Il appelle cette nouvelle particule
l’électron.
À la lumière de ses expériences, Thomson suppose que l’atome n’est pas indivisible. En effet, il affirme que
celui-ci est constitué en partie d’électrons. C’est alors qu’il propose un nouveau modèle atomique, en 1904.

La description du modèle atomique de Thomson :

 L’atome n’est pas indivisible, puisqu’il est possible de lui arracher des électrons.
 L’atome est une boule de matière positive parsemée de petits grains négatifs, les
électrons.
 Les charges négatives des électrons sont contrebalancées par la charge positive de
la boule. De cette façon, l’atome est neutre.

Le modèle atomique de Thomson est appelé le modèle du pain aux raisins (plum pudding), puisqu’on peut
comparer la mie du pain à la boule de matière positive et les raisins aux électrons qui sont répartis à
l’intérieur du pain.

Le modèle de Rutherford :
Ernest Rutherford est un physicien néo-zélandais qui a vécu entre 1871
et 1937. Lors d’une expérience, il fait une découverte pour le moins
surprenante qui le mène à modifier le modèle atomique précédent :
l’atome est en majorité vide. De plus, il découvre une nouvelle particule
subatomique, le proton.

Rutherford s’intéresse à la radioactivité, plus spécifiquement aux


observations des scientifiques de son époque qui ont remarqué que les
éléments radioactifs émettent différents types de radiations. Parmi ces
types de radiations, il y a le rayonnement alpha (α), qui est formé de
particules chargées positivement.

À partir de ces découvertes, Rutherford fait des expériences. Il bombarde une mince feuille d’or de ces
particules chargées positivement et remarque que les particules passent en majorité à travers la feuille et que
quelques-unes dévient de leur trajectoire.

L'expérience de la feuille d'or de Rutherford :


Il conclut que l’atome est constitué
majoritairement de vide, puisque la majorité
des particules passe à travers la feuille (1). Il
conclut également que l’atome a un noyau
petit et dense en son centre, sur lequel les
particules rebondissent (2) ou dévient de leur
trajectoire (3). Ce noyau est formé de
particules positives, qu’il appelle protons.

La description du modèle atomique de Rutherford

 L’atome est principalement constitué de vide.


 L’atome a un noyau petit et dense, formé de particules
positives, les protons.
 Les électrons gravitent autour du noyau.
 Un atome neutre possède autant d’électrons que de protons.

Toutefois, ce modèle a quelques limites. Entre autres, il n’explique


pas pourquoi les électrons, de charge négative, ne s’écrasent pas
sur le noyau, de charge positive.
Le modèle de Rutherford-Bohr :
Niels Bohr est un physicien danois et l’élève de Rutherford. Il apporte
une précision au modèle de son professeur qui explique pourquoi les
électrons, de charge négative, ne s’écrasent pas sur le noyau, de charge
positive. Cette précision explique aussi les raies d’émission, qui sont des
couleurs de lumière émises lorsqu’on donne de l’énergie à une substance.

Bohr suppose que les électrons circulent sur des orbites, qu’il
appelle couches électroniques. Chaque couche électronique correspond
à un niveau d’énergie précis. Plus l’électron se situe sur une couche
éloignée du noyau, plus il a d’énergie.

Les électrons peuvent se déplacer d’une couche à une autre selon leur gain ou leur perte d’énergie. Si on
fournit de l’énergie à un électron, il se déplace vers une couche supérieure.

Toutefois, l’électron ne reste pas sur la couche supérieure. Il redescend sur sa couche de départ. En
descendant, il perd de l’énergie, qu’il émet sous forme de lumière.

Dépendamment des niveaux de départ et d’arrivée de l’électron, les couleurs de


lumière émise sont différentes. En effet, chaque élément du tableau périodique a
un spectre de raies de lumière qui lui est propre.

La description du modèle de Rutherford-Bohr

 L’atome est représenté par un espace presque vide avec, au centre, un


noyau dense contenant les protons.
 Les électrons circulent autour du noyau de l’atome sur les couches électroniques.
 Il peut y avoir plus d’un électron par couche électronique.
 Un atome neutre possède autant d’électrons que de protons.

Ce modèle n’est pourtant pas encore parfait. Il n’explique pas comment les protons, tous de charge positive,
restent liés entre eux dans le noyau au lieu de se repousser.

Le modèle atomique simplifié :


En 1932, le physicien britannique James Chadwick apporte une précision au
modèle de Rutherford-Bohr en expliquant pourquoi les particules positives du
noyau ne se repoussent pas. Il découvre une nouvelle particule située dans le
noyau. On l’appelle le neutron, puisqu’elle ne possède aucune charge
électrique.

Les neutrons se lient aux protons dans le noyau. Par le fait même, ils
diminuent l’effet de leur répulsion. Ils permettent ainsi au noyau d’être
stable.

On appelle ce modèle le modèle atomique simplifié pour le différencier des


modèles atomiques plus complexes qui ont été élaborés dans les années
suivantes.
Le modèle quantique de l'atome
"We must be clear that when it comes to atoms, language can
only be used as in poetry." —Niels Bohr
Au niveau subatomique la matière commence à avoir des
comportements surprenants. Certains sont tellement contre-intuitifs
que l'on ne peut en parler qu'à l'aide de symboles et de
métaphores—comme en poésie. Par exemple, comment un électron
peut-il être à la fois une onde et un corpuscule ? Comment peut-on
dire qu'un électron n'existe pas à un endroit particulier, mais qu'il
est réparti dans l'ensemble de l'atome ?
Ces assertions peuvent paraître très étranges. Comme l'a dit le
physicien Niels Bohr, "Quiconque n'est pas choqué par la
mécanique quantique, n'y a rien compris." Il faut comprendre que la
mécanique quantique est une discipline tellement compliquée que
même les scientifiques qui l'ont développée avaient les idées plutôt
embrouillées.
Une bonne entrée en matière est de décrire le modèle de Bohr de
l'atome d'hydrogène, le premier modèle non classique de l'atome.
Un problème majeur du modèle de Bohr est qu'il considérait les
électrons comme des particules qui n'existent que sur des orbites
précises. En se basant sur les idées de De Broglie (la photo 2) selon
lesquelles les particules se comportent comme des ondes, le
physicien Autrichien Erwin Schrödinger postula que le
comportement des électrons à l'intérieur des atomes pouvait être
expliqué en traitant mathématiquement ces derniers comme des
ondes de matière. Ce modèle, qui est à la base de la description
moderne de l'atome, est appelé modèle quantique ou modèle
ondulatoire.

Le fait que seuls certains états ou certaines énergies sont accessibles


à un électron dans un atome permet une analogie avec le
phénomène des ondes stationnaires. Comprendre les propriétés de
ces ondes stationnaires permettra de mieux comprendre la notion
d'ondes de matière.

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