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Lignes aériennes

Présentation et calcul des lignes


par André CHANAL
Licencié ès sciences
Diplômé d’études supérieures de physique
Ingénieur de l’École supérieure d’électricité
Ingénieur en chef honoraire d’électricité de France
Direction de la production et du transport

1. Présentation générale............................................................................. D 4 420 - 2


1.1 Choix de la tension ...................................................................................... — 2
1.2 Choix des conducteurs................................................................................ — 3
1.2.1 Échauffement des conducteurs.
Intensité de courant admissible ........................................................ — 3
1.2.2 Résistance mécanique........................................................................ — 3
1.2.3 Chutes de tension ............................................................................... — 4
1.2.4 Effet couronne..................................................................................... — 4
1.2.5 Densité de courant économique ....................................................... — 4
1.2.6 Tenue aux courants de court-circuit.................................................. — 4
1.2.7 Critères principaux retenus pour le choix
de la section des conducteurs ........................................................... — 4
1.3 Qualité de service des lignes aériennes. Défauts affectant les lignes..... — 4
1.4 Description générale des matériels constituant la ligne .......................... — 5
2. Notions de calcul théorique des lignes ............................................. — 5
2.1 Portée unique............................................................................................... — 5
2.1.1 Équation de la chaînette..................................................................... — 5
2.1.2 Tension mécanique en un point quelconque du câble.................... — 6
2.1.3 Flèche................................................................................................... — 7
2.1.4 Longueur du câble.............................................................................. — 7
2.1.5 Comparaison des formules pratiques et exactes............................. — 8
2.2 Équation de changement d’état ................................................................. — 8
2.3 Influence de la température et du vent. Portée critique ........................... — 9
2.4 Calcul d’un ensemble de portées successives .......................................... — 9
2.4.1 Lignes sur isolateurs rigides.............................................................. — 9
2.4.2 Lignes sur isolateurs suspendus ....................................................... — 10
2.5 Calcul d’un ensemble de portées soumises
à des efforts longitudinaux ......................................................................... — 10
2.6 Rappel des notations et formules usuelles ............................................... — 11
Références bibliographiques ........................................................................ — 12

e premier article des lignes aériennes est composé de deux parties


C distinctes : la présentation générale, d’une part, et des notions de calcul
théorique, d’autre part.
■ Une ligne aérienne est constituée principalement d’un ensemble de conduc-
teurs assurant avant tout la continuité électrique et réalisant une connexion
entre deux nœuds d’un réseau électrique.
Les lignes aériennes peuvent être classées suivant les fonctions qu’elles assu-
rent dans le réseau.
● Lignes de grand transport : elles permettent l’évacuation de l’énergie pro-
duite par un centre de production vers un centre de consommation ou vers les
grands postes d’interconnexion.

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● Lignes d’interconnexion : elles assurent la mise en commun des ressources


de production de plusieurs régions ou pays et facilitent ainsi le secours mutuel
lors de situations particulières affectant la consommation, l’hydraulicité, la dis-
ponibilité des équipements, etc. Les lignes d’interconnexion constituent un
réseau maillé.
● Lignes de répartition : elles dirigent l’énergie depuis les grands postes
d’interconnexion vers les postes alimentant les réseaux de distribution ou ceux
des grands clients nationaux.
● Lignes de distribution : elles acheminent l’énergie aux différents consom-
mateurs ; ces lignes se décomposent en lignes d’ossature à forte section de conduc-
teur et en lignes d’écarts, essentiellement radiales, généralement plus légères.
L’ensemble de l’article s’applique aux lignes aériennes triphasées, à courant
alternatif, couramment utilisées dans les réseaux électriques en France et dans
les pays étrangers.
Il est possible cependant de réaliser des lignes de grand transport ou d’inter-
connexion avec des liaisons à courant continu, mais celles-ci sont actuellement
peu nombreuses.
■ Le calcul des lignes fait intervenir différentes notions théoriques, très spé-
cifiques et utilisées presque exclusivement par les constructeurs et exploitants
des réseaux électriques.
Ces notions théoriques (équilibre statique de la portée, flèche, équation de
changement d’état, canton de réglage, etc.) sont rappelées dans la deuxième
partie de l’article.
L’attention du lecteur est tout particulièrement attirée sur les approximations
qui sont faites pour l’établissement des formules usuelles. Ces approximations,
tout à fait acceptables pour le calcul d’une ligne sans difficultés particulières,
peuvent introduire des erreurs importantes dans la réalisation des grandes por-
tées ou des portées très dénivelées.
Cet article est une réactualisation du texte rédigé par Yves Porcheron et Robert de Forges de
Parny et paru en 1992 dans ce traité. Une partie du texte a été conservée.
L’article « Lignes aériennes » fait l’objet de plusieurs fascicules :
D 4 420 Présentation et calcul des lignes
D 4 421 Dimensionnement
D 4 422 à D 4426 Matériels entrant dans une ligne aérienne
D 4 429 Construction
D 4 430 Entretien
Les sujets ne sont pas indépendants les uns des autres. Le lecteur devra assez souvent se
reporter aux autres fascicules.

1. Présentation générale Le tableau 1 indique les différents domaines de tension.

Les tensions nominales à 50 Hz (ou 60 Hz) ne sont pas normali-


sées. Seules sont normalisées, au niveau de la commission électro-
1.1 Choix de la tension technique internationale (CEI), les tensions les plus élevées pour les
matériels auxquels sont associées des tensions nominales de tenue
La tension de service est choisie non seulement en fonction de aux chocs de foudre [5].
la puissance et de la distance sur laquelle cette puissance doit être
transportée, mais aussi en fonction de la tension du réseau existant
auquel il faut se raccorder et du coût prévisible des investissements.
Les principales valeurs de tensions nominales utilisées, en
En France, l’Arrêté technique du 26 mai 1978 prévoyait le classe- France, pour les réseaux triphasés nouveaux sont :
ment des ouvrages de distribution d’énergie électrique en trois caté- — en BT : 380 V
gories, selon la valeur de la tension (en valeur efficace pour le — en HTA : 20 kV
courant alternatif). — en HTB : 63 kV – 90 kV – 225 kV – 400 kV
La norme UTE C 18-510 de novembre 1988 définit les domaines On rencontre fréquemment, à l’étranger, des tensions de :
de tension d’une autre façon. Cette définition est reprise par l’Arrêté
technique du 2 avril 1991. 130 kV – 275 kV – 500 kV

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Tableau 1 – Domaines de tension


Valeurs de la tension nominale U
Arrêté technique
du 26 mai 1978 Arrêté technique du 2 avril 1991 en courant alternatif en courant continu
(pour mémoire)
V V
Très basse tension TBT U < 50 U < 120

1re catégorie BTA 50 < U < 500 120 < U < 750
Basse tension
BTB 500 < U < 1 000 750 < U < 1 500
2e catégorie HTA 1 000 < U < 50 000 1 500 < U < 75 000
Haute tension
3e catégorie HTB U > 50 000 U > 75 000

La tension de construction est, dans certains cas, différente de la des matériaux constituant le câble et les manchons serait compro-
tension nominale de service si, par suite de l’évolution des consom- mise.
mations ou des productions, la ligne doit pouvoir fonctionner ulté-
rieurement à une tension supérieure à celle prévue initialement. ■ Il résulte des considérations précédentes que la puissance élec-
trique pouvant être transportée dans une ligne aérienne dépend de
Des tensions nominales supérieures à 500 kV sont utilisées dans la saison et des conditions climatiques des régions traversées. Cette
quelques pays étrangers (735 kV au Canada, 800 kV aux États-Unis, sujétion complique, bien évidemment, la tâche des exploitants de
1 100 kV en Russie). L’interconnexion générale de l’Europe de réseaux.
l’Ouest est actuellement réalisée par un réseau à 400 kV, quelques
interconnexions plus locales étant assurées en 225 kV.
Des liaisons en courant continu existent également pour trans- 1.2.2 Résistance mécanique
porter de l’énergie sur de longues distances (par exemple, aux
États-Unis pour acheminer l’énergie de la rivière Columbia vers la
région de San Francisco) ou pour réaliser des liaisons sous-marines La résistance mécanique des câbles est fonction de leur constitu-
(liaison France-Angleterre ou liaisons scandinaves). Les lignes tion (câbles bimétalliques almélec – acier ou aluminium-acier,
aériennes à courant continu sont en général équipées de deux câbles homogènes en almélec, etc.) et de leur section.
phases de polarités opposées (par exemple ± 250 kV) et de conduc-
teurs en faisceau. Les décisions futures dépendront beaucoup du ■ Le choix du câble devant équiper une ligne aérienne, parmi
prix des stations de conversion d’extrémités [2]. ceux pouvant transporter la puissance électrique demandée, est
fonction de diverses considérations intervenant dans la tension
mécanique maximale qu’il devra supporter :
— l’environnement climatique : vitesse des vents dominants,
1.2 Choix des conducteurs surcharge de givre ou de neige ;
— le profil en long de la ligne, notamment la nécessité de
construire des grandes portées ;
— les conditions de pose choisies par le maître d’œuvre, caracté-
De nombreux critères interviennent dans le choix des conduc- risées par la tension ou le paramètre de réglage à 15 °C sans vent
teurs d’une ligne aérienne. Les plus importants sont examinés ci- (cf. [D 4 429] qui déterminent, en fait, l’architecture de la ligne (lon-
après. gueur des portées, hauteur des supports, efforts appliqués aux pylô-
nes d’angle et d’arrêt) ; les lignes établies sur des poteaux en béton
ou en bois, sont, dans le cas général, moins tendues que les lignes
haute tension équipées de pylônes métalliques.
1.2.1 Échauffement des conducteurs.
Intensité de courant admissible ■ En terrain vallonné, sans difficultés particulières, les paramètres
de réglage, pour les câbles usuels, sont déduits de l’expérience et
conduisent à la fois à utiliser au mieux la résistance mécanique des
■ L’intensité de courant admissible dans les conducteurs est câbles et à réduire le nombre ou la hauteur des supports.
déterminée en évaluant leur température en fonction des conditions En terrain accidenté ou dans les zones où les surcharges de givre
climatiques et en respectant une valeur limite à ne pas dépasser ou de neige sont importantes, le maître d’œuvre doit souvent
(cf. [D 4 421] § 2.1). utiliser des câbles très résistants et les paramètres de réglage
● Les conducteurs s’échauffent principalement par effet Joule et
doivent être adaptés au profil du terrain.
se refroidissent par convection naturelle en air calme ou convection ■ Les réglementations nationales fixent généralement les condi-
forcée sous le vent. Leur température est fonction de l’intensité du tions dans lesquelles la résistance mécanique des ouvrages doit
courant circulant dans la ligne, de la température ambiante et des être vérifiée par le calcul. En France, l’arrêté interministériel du
conditions de refroidissement. 2 avril 1991, dit Arrêté technique, prescrit toutes les conditions pou-
● Les conducteurs, par ailleurs, soumis à des températures éle- vant intervenir dans la sécurité des personnes. Le maître d’œuvre
vées et à des échauffements répétés doivent conserver approxima- peut, en outre, tenir compte des phénomènes locaux qui peuvent
tivement leurs caractéristiques initiales, mécaniques et électriques, provoquer des contraintes plus sévères que les hypothèses de cal-
pendant la durée de vie de l’ouvrage. Leur température maximale cul réglementaires. Les vérifications permettent de justifier le choix
ne doit pas dépasser une valeur limite, au-delà de laquelle la tenue d’un câble dans son utilisation particulière ou, plus globalement, de

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déterminer les limites d’emploi des différents câbles. L’Arrêté tech- ■ La solution des équations de Kelvin donne une valeur de la den-
nique est révisé tous les 10 ans environ pour tenir compte des évo- sité de courant optimale. Avec les conducteurs habituels, on trouve
lutions techniques et du retour d’expérience en matière d’accidents. très généralement une densité de courant comprise entre 0,6 et
1 A/mm2, bien inférieure aux limites thermiques.

1.2.3 Chutes de tension


1.2.6 Tenue aux courants de court-circuit
■ Les chutes de tension dans une ligne aérienne sont calculées
avec ses caractéristiques électriques. Les conducteurs sont parcourus, en cas de défaut, par des
● La résistance linéique dépend de la nature et de la section des courants de court-circuit et subissent des échauffements brutaux
conducteurs. (cf. [D 4 421], § 2.4). Ces échauffements, pratiquement adiabatiques,
● La réactance linéique est toujours voisine de : sont fonction du temps d’élimination des défauts.
— 0,4 Ω/km pour un conducteur par phase ; Les équipements de protection électronique ont notablement
— 0,3 Ω/km pour deux conducteurs par phase, en faisceau ; diminué ces temps d’élimination et la tenue aux courants de court-
— 0,26 Ω/km pour trois ou quatre conducteurs par phase, en fais- circuit intervient peu dans le choix de la section des conducteurs.
ceau. Cependant, ces courants interviennent de façon importante dans la
section des câbles de garde.
■ Sur les lignes à haute tension HTB, la réactance est prépondé-
rante et le choix du conducteur n’a guère d’influence sur les chutes
de tension. Par contre, sur les lignes à haute tension HTA et à basse
1.2.7 Critères principaux retenus pour le choix
tension, la section peut avoir une influence notable sur ces chutes,
lorsque les lignes sont longues. de la section des conducteurs

En reprenant la classification des lignes électriques figurant dans


1.2.4 Effet couronne l’introduction, on peut indiquer, en conclusion, les critères les plus
couramment retenus pour le choix de la section des conducteurs.
Sur les lignes à haute tension, le diamètre des conducteurs doit ■ Les lignes de grand transport et d’interconnexion fonctionnent le
être suffisamment grand pour minimiser les pertes d’énergie active, plus souvent à la tension de 400 kV.
les troubles radioélectriques et le bruit audible dus à l’effet
● La section des lignes d’évacuation de centrales est déterminée
couronne. En général, le diamètre est artificiellement augmenté par
l’utilisation de conducteurs en faisceau [3]. par l’effet couronne et par la densité de courant économique.
● La section des lignes d’interconnexion est déterminée par
l’effet couronne et par l’intensité de courant admissible ; celle-ci
1.2.5 Densité de courant économique n’est atteinte, le plus souvent, qu’en régime de secours (perte d’une
ligne ou d’une centrale de production).
■ Le coût d’une ligne suit assez bien une loi de la forme :
■ Les lignes de répartition fonctionnent le plus souvent à une ten-
C t = a + bU + c 6 sion voisine de 100 kV (90 kV ou 63 kV en France). Leur section est
déterminée par l’intensité de courant admissible qui doit être suffi-
avec 6 section du conducteur, sante pour alimenter les points de livraison à haute tension dans les
U tension nominale. situations les plus défavorables.
Le coût des pertes Joule est difficile à évaluer puisque la puis-
■ La section des lignes de distribution (lignes à haute tension HTA
sance qui traverse la ligne n’est pas constante pendant tout le temps
et lignes à basse tension) est déterminée par l’intensité de courant
d’utilisation de celle-ci. Il est donc nécessaire de définir une mono-
admissible, mais, également, par les limites imposées aux chutes de
tone de charge. En outre, le coût des pertes doit être calculé en
tension ou par la nécessité d’utiliser, pour des raisons mécaniques,
tenant compte du coût du combustible dépensé et du coût marginal
une section plus importante que celle nécessaire pour la desserte
de l’augmentation de la puissance de production et de transport
électrique.
pour fournir des pertes dépendant en toute rigueur des périodes où
elles se produisent. En pratique, on se contente souvent d’une esti-
mation d’un nombre fictif d’heures d’utilisation à la puissance maxi-
male et d’un coût moyen de l’énergie perdue. 1.3 Qualité de service des lignes
Pour trouver le meilleur compromis entre le coût de la ligne et aériennes.
celui des pertes, il faut ajouter ces coûts et rechercher le minimum. Défauts affectant les lignes
Or, l’un est un coût d’investissement et l’autre une dépense
annuelle. Le choix peut se faire entre convertir le coût d’investisse-
ment en annuités d’amortissement ou actualiser les pertes sur la
Les réseaux électriques sont le siège de défauts, entraînant des
durée d’utilisation de la ligne.
perturbations dans la desserte électrique. Ces défauts proviennent,
Le minimum du coût de la ligne, pertes comprises, est obtenu en majorité, des lignes aériennes, les autres ayant leur origine dans
quand la section du conducteur est celle pour laquelle la partie du les matériels des postes ou les équipements de contrôle-
coût de la ligne c 6 , variable avec la section, est égale à la valeur commande.
actualisée des pertes. Cette règle est connue sous le nom de règle
de Kelvin. ■ Les défauts affectant les lignes aériennes sont de deux sortes :
Le minimum de la courbe représentant le coût de la ligne et des les défauts permanents et les défauts fugitifs.
pertes en fonction de la section est assez plat et, par conséquent, la ● Défauts permanents : ils sont consécutifs à une avarie de
valeur de la section économique n’est qu’approximative ; de toutes matériel : détérioration d’une chaîne d’isolateurs, rupture d’un
manières, elle est rendue floue par les nombreuses incertitudes sur conducteur ou détoronnage d’un fil de la couche extérieure, échauf-
l’évolution du coût des pertes, du coût du matériel, du coefficient fement d’une pièce de jonction, avarie d’un ou de plusieurs sup-
d’utilisation et du coefficient d’actualisation pendant toute la durée ports. La ligne, dans ce cas, ne peut être remise immédiatement en
d’utilisation de la ligne [4]. service et sa réparation nécessite l’intervention d’une équipe.

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Les défauts permanents, peu nombreux, entraînent des coupures Ces isolateurs peuvent être fixés rigidement sur le support ou être
longues, lorsqu’ils se produisent sur une ligne alimentant en intercalés de façon articulée entre le conducteur et le support
antenne un point de livraison. Leur nombre dépend du choix des (chaînes d’isolateurs).
matériels et de la bonne adaptation de la résistance mécanique aux Le matériau isolant le plus utilisé en France est le verre trempé,
conditions climatiques. mais la porcelaine reste encore largement employée dans les pays
● Défauts fugitifs : ils sont provoqués par le contournement étrangers. Des isolateurs réalisés en matériaux synthétiques sont
d’une chaîne d’isolateurs ou par un amorçage à la masse d’un sup- également utilisés.
port, à un arbre ou à tout autre construction se trouvant au potentiel
de la terre. Ce type de défaut, pour les lignes haute tension, ■ Supports
n’entraîne généralement aucune avarie de matériel et provoque le De forme et d’importance très variées, ils peuvent aller des
déclenchement de la ligne et son réenclenchement automatique simples poteaux en bois ou en béton, d’une douzaine de mètres de
après extinction de l’arc. hauteur, aux pylônes en treillis d’acier, de plus de 50 m de hauteur
Les défauts fugitifs sont les plus nombreux et sont causés par la et ayant une masse pouvant atteindre, voire dépasser, 100 t.
foudre, le vent ou, dans une moindre proportion, la pollution. Ils Ils sont définis en fonction des contraintes mécaniques principa-
provoquent des coupures brèves lorsqu’ils se produisent sur une lement créées par les conducteurs qu’ils supportent et en fonction
ligne alimentant, en antenne, un point de livraison. Dans le cas de des contraintes d’isolement électrique.
réseaux bouclés (réseaux HTB), ils entraînent des creux de tension
de courte durée dans une zone plus ou moins étendue autour de ■ Fondations
l’emplacement du défaut, notamment dans les postes à haute Elles ancrent les supports dans le sol. Ces fondations travaillent
tension inclus dans une boucle fermée. soit au renversement dans le cas de supports monopodes, soit à
■ Les coupures brèves et les creux de tension d’amplitude l’arrachement et à la compression pour les supports multipodes.
importante sont très gênants pour les utilisateurs industriels, depuis En général, ce sont des fondations superficielles (quelques
le développement de l’automation. Les sociétés de distribution doi- mètres de profondeur). Toutefois, dans des mauvais terrains, des
vent fréquemment s’engager, dans les contrats avec les industriels, fondations plus profondes sont fréquemment utilisées.
sur un nombre annuel maximal de perturbations.
Les lignes récentes de distribution HTA sont maintenant réalisées ■ En plus de ces principaux composants, il faut mentionner
en câbles souterrains dans les zones urbanisées ou industrielles et d’autres matériels nécessaires au bon fonctionnement de ces
sont insensibles aux perturbations atmosphériques. Ce sont les liaisons.
réseaux haute tension HTB qui, de ce fait, sont à l’origine d’une part ● Les câbles de garde, en général utilisés sur les lignes à haute et
importante des coupures brèves et creux de tension affectant les très haute tensions, permettent de protéger les conducteurs de
utilisateurs industriels. Les défauts affectant les lignes à 90 ou 63 kV phase contre les coups de foudre, d’améliorer la circulation des cou-
sont de surcroît très souvent triphasés et conduisent à des creux de rants de défauts à la terre et de diminuer les effets d’induction sur
tension importants. Le maître d’œuvre pour la construction d’une les installations voisines. Certains de ces câbles de garde peuvent
ligne HTB doit donc s’efforcer de réduire le nombre de défauts et comporter des circuits de télécommunications incorporés.
doit vérifier tout particulièrement : ● De nombreux matériels d’équipement sont nécessaires pour
— les dispositions de protection contre la foudre (cf. [D 4 421], supporter les conducteurs (pinces de suspension), pour les raccor-
§ 2.3.2) ; der entre eux (manchons de jonction), pour les ancrer aux supports
— les distances à la masse et aux constructions sous vent violent (manchons d’ancrage), pour les maintenir écartés lorsqu’ils sont
(cf. [D 4 421], § 1.3 et 1.5) ; disposés en faisceau (entretoises), et pour amortir leurs vibrations
— la tenue à la pollution des chaînes d’isolateurs en fonction de (amortisseurs de différents types).
l’environnement climatique et industriel (cf. [D 4 421], § 2.3.3).
On pourra se reporter à la référence bibliographique [1].

1.4 Description générale des matériels 2. Notions de calcul


constituant la ligne théorique des lignes
Une ligne aérienne est constituée des matériels qui suivent.
■ Câbles conducteurs
Ce paragraphe donne des notions théoriques, spécifiques au
Tout en assurant une bonne continuité électrique, ils doivent calcul des lignes (équation de la chaînette, flèche, équation de chan-
pouvoir supporter, sans détérioration ni rupture, les contraintes gement d’état, portée équivalente du canton de réglage, etc.).
extérieures auxquelles ils sont soumis (vent, givre…).
Ils sont généralement constitués de fils en aluminium ou en
alliage d’aluminium. Pour certains d’entre eux, une âme en fils
d’acier permet de leur donner une résistance mécanique plus 2.1 Portée unique
élevée.
En France, seules quelques sections de conducteurs sont choisies
pour des problèmes de normalisation. Dans d’autres pays (États- 2.1.1 Équation de la chaînette
Unis par exemple), chaque ligne peut être équipée d’un conducteur
spécialement conçu.
Dans certains cas, ces conducteurs peuvent être assemblés en Pour résoudre simplement le problème de la géométrie d’une
faisceaux pour constituer une même phase de ligne. portée, il faut faire appel à certaines approximations en particu-
Les lignes à basse tension sont maintenant équipées de conduc- lier négliger la résistance à la flexion des câbles et admettre
teurs isolés. qu’ils sont inextensibles. On démontre, en effet, que l’extensibi-
■ Isolateurs lité d’un câble à peu d’importance sur la forme de cette portée,
Ils assurent l’isolement électrique et transmettent aux supports de même que la résistance à la flexion ; l’influence de celle-ci se
tous les efforts agissant sur les conducteurs. fait sentir seulement au voisinage des points de suspension.

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σt + d σt y σt

B
yA A

A ϕ σt0 = σtx
σty
p0 d, σt
O' σt0
AB = d, a

O xA x
Figure 1 – Géométrie d’un élément de fil

Figure 2 – Représentation géométrique de la chaînette


Ces approximations étant admises, considérons un élément d<
de fil, en équilibre sous l’action d’une charge uniformément répartie
(poids propre plus surcharge éventuelle) p0 d< et des tensions La résolution de l’équation différentielle (6) conduit à
tangentielles σt et σt + dσt appliquées respectivement en A et B
(figure 1). y – y 0 = a ch [ ( x – x 0 ) ⁄ a ] . (7)
L’équation d’équilibre est :
Cette équation définit ce que l’on appelle une chaînette. C’est la
forme prise par un câble soumis à un champ de forces uniformes et
d σ t + p 0 d< = 0 . (1) tendu entre deux points.
Si ϕ est l’angle formé, au point A, par la tangente au câble et l’axe Généralement, on prend, pour axe d’ordonnées, l’axe de symétrie
horizontal, nous avons : de la courbe (figure 2 ) ; on a alors :

σ ty = σ tx tan ϕ (2) y = a ch ( x ⁄ a ) . (8)

avec σtx composante horizontale, Dans ce système d’axes, la distance OO ’ entre l’origine des axes
de coordonnées et le point bas de la chaînette est égale au
σty composante verticale. paramètre a. On démontre que le paramètre a est égal au rayon de
De l’équation (1), la composante verticale de p 0 étant – p 0 , on courbure de la chaînette au point bas. Le rayon de courbure, et donc
tire : le paramètre sont d’autant plus grand que le câble est plus tendu.
d σ tx
- = 0
-----------
d< Le paramètre a est compris entre plusieurs centaines de
mètres et deux à trois mille mètres.
d σ ty
et ------------ = p 0 .
d<
Il en résulte que σtx est constant tout le long du fil ; on note : 2.1.2 Tension mécanique en un point quelconque
σ tx = σ t0 (3) du câble

σ ty = p 0 < (4) ■ La tension σt dans le conducteur à une distance x du point bas


de la chaînette est :
< étant la longueur d’un arc de la courbe.
L’équation différentielle de la courbe s’obtient en partant des σ t0
σ t = -------------
- = σ t0 1 + y ′2
relations (2), (3) et (4) : cos ϕ
σ ty p0 < d’où :
-------- = tan ϕ = --------- . (5)
σ tx σ t0
σ t = σ t0 ch ( x ⁄ a ) (9)
On a, en coordonnées cartésiennes :
et, avec la relation (8) :
dy
tan ϕ = ------- = y ′
dx σ t = p 0 a ch ( x ⁄ a ) = p 0 y . (10)
σ t0
et < =
∫ 1 + y ′ 2 dx =  -------- y ′
 p0 
Cette dernière relation signifie que la tension tangentielle en un
point A d’abscisse xA a pour valeur soit le poids d’un câble identique
soit dont la longueur est égale à l’ordonnée yA du point A, soit la tension
σt0 au point bas augmenté du poids d’un câble identique dont la
σ t0
1 + y ′ 2 =  -------- y ′′ . (6) longueur est égale à la différence des ordonnées du point A et du
 p0  point bas de la chaînette.
Le rapport : ■ Dans la pratique, pour une portée de niveau de longueur usuelle
σ t0 en haute tension de 400 à 600 m, la différence entre la tension hori-
-------- = a zontale σt0 et la tension tangentielle maximale σt max située aux
p0
points d’accrochage A et B est faible. Pour les calculs, on peut alors
est le paramètre des câbles des lignes aériennes. prendre pour σt max la valeur σt0 de la tension au point bas.

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2.1.3 Flèche ■ Formules pratiques


Si les portées ne sont pas trop longues, il est plus commode
La flèche f est la distance verticale qui sépare un point d’abscisse d’utiliser les développements en série des cosinus hyperboliques,
x de la droite joignant les points d’accrochage A et B (figure 3). Elle en se limitant au terme du deuxième ordre.
a un rôle important dans l’étude et la construction d’une ligne, La flèche médiane donnée par la formule (11) devient donc :
permettant de fixer la hauteur des supports pour que les câbles
puissent surplomber les obstacles au sol à une distance suffisante, xM 2
P2
compatible avec la sécurité. Elle est le seul moyen pratique pour f =  1 + --------- ------

-
2a 2 8 a
déterminer la tension mécanique dans le câble, à la construction de
la ligne. Pour éviter de faire intervenir la distance xM, on peut la lier
On appelle portée vraie (ou portée oblique) la distance réelle 3 approximativement à la portée, au paramètre et à la dénivellation ;
entre les appuis A et B et portée projetée (ou portée horizontale) la en effet :
distance
h = a [ ch ( x B ⁄ a ) – ch ( x A ⁄ a ) ] = 2 a sh ( x M ⁄ a ) sh  -------
P = AC. P
On suppose, pour plus de commodité, que le câble est soumis 2a
uniquement au champ de la pesanteur. Si xA et xB sont respective-
h ≈ 2 a ( x M ⁄ a )  -------
ment les abscisses des extrémités A et B de la portée et xM celle de P
son point milieu M, on a : 2a
xA + xB = 2 xM d’où
xB – xA = P ah
x M ≈ ------- . (13)
P
■ Formules générales
La formule approchée de la flèche, en portée dénivelée, devient :
La flèche au point d’abscisse x est
yB – yA h2 P2
NN′ = y A + ------------------- ( x – x A ) – y
f = 1 + -----------2 -------- .
2P 8a
xB – xA
soit, d’après la relation (8) : 2
Le produit P 1 +  -----------
h 
est le développement limité de :
2P 2 
h
NN′ = a ch ( x A ⁄ a ) + --- ( x – x A ) – a ch ( x ⁄ a )
P
h2
P 1 + -------2- = P 2 + h2 = 3
avec h = yB – yA dénivellation entre les points d’accrochage. P
Pratiquement, on ne considère que la plus grande flèche f, c’est-
La formule approchée de la flèche médiane est donc :
à-dire celle qui correspond au point à tangente parallèle à AB situé
sensiblement au point médian M ; on a, alors, pour une portée déni- — pour une portée dénivelée :
velée, avec la relation (8) :
f = 3P ⁄ 8a (14)
yA + yB a
- – y M = --- [ ( ch ) ( x A ⁄ a ) + ch ( x B ⁄ a ) ] – a ch ( x M ⁄ a )
f = MM′ = ------------------ — pour une portée de niveau :
2 2
fn = P 2 ⁄ 8 a (15)
soit :

f = a ch ( x M ⁄ a ) ch  ------- – 1
P
(11)
2a 2.1.4 Longueur du câble
d’où, pour une portée de niveau (xM = 0) :
■ Formules générales
f n = a ch  ------- – 1
P
(12) La longueur < d’un arc de chaînette se déduit aisément de la
2a relation :
d< = ( 1 + y ′ 2 ) dx = ch ( x ⁄ a )d x
soit :
y
< AB = [ a sh ( x ⁄ a ) ] ( x B ⁄ x A ) = 2 a sh  ------- ch ( x M ⁄ a ) .
B P
(16)
3  2 a
N
M Pour une portée de niveau, on a donc :
h

< n = 2 a sh  ------- .
f P
N' (17)
A  2 a
C
M'
Pour une portée dénivelée, on peut utiliser une sorte de générali-
sation du théorème de Pythagore appliqué à la chaînette. On
démontre, en effet, que le carré de la longueur < = AB de la chaî-
nette est égal à la somme des carrés de la longueur < n = AC de la
xA 0 xM x xB x chaînette de niveau (dont la portée est égale à la portée projetée de
P la chaînette AB et ayant le même paramètre) et du carré de la déni-
vellation h :

Figure 3 – Géométrie d’une portée dénivelée


< 2 = < n2 + h 2 . (18)

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Tableau 2 – Comparaison, pour une portée de niveau, entre formules pratiques [(15) et (19)] et formules exactes [(12) et (17)]
pour le calcul de la flèche et de la longueur réelle de câble (le paramètre est pris égal à 2 200 m)
Portée horizontale 500 m 800 m 1 000 m 1 500 m

fn = P 2 ⁄ 8 a (15) 14,20 36,36 56,82 127,84


Flèche ........................................................ (m)
f n = a ch  ------- – 1
P
(12) 14,21 36,46 57,06 129,08
2a

P3
< n = P + -------------- (19) 501,07 804,41 1 008,61 1 529,06
24 a 2
Longueur de câble.................................... (m)
< n = 2 a sh  -------
P
 2 a (17) 501,07 804,41 1 008,66 1 529,35

■ Formules pratiques réalité, les lignes aériennes sont soumises à des variations de
Pour la portée de niveau (xM = 0), en se limitant au terme du températures dues aux modifications des conditions météorolo-
3e ordre de la formule (17), on a : giques et également à la charge transitée par la ligne. De plus, le
vent, la neige ou le givre, quand ils agissent uniformément sur toute
P3 la portée, changent le poids linéique du câble, le poids de la neige
< n = P + -------------- . (19)
24 a 2 ou du givre s’ajoutant arithmétiquement au poids propre du câble et
l’effet du vent s’ajoutant géométriquement.
Le terme P 3/24a2 est la différence entre la longueur de la chaî-
nette et la longueur de la portée. En effet, pour un vent horizontal de vitesse v constante, agissant
perpendiculairement à la portée, chaque mètre de conducteur est
Pour la portée dénivelée, l’application de la formule (18) donne :
soumis à une poussée 9 de direction horizontale. Il est soumis
P3 2
< = P + -------------- + h 2.
24 a 2 d’autre part au poids p 0 de direction verticale ; ces deux forces se

En négligeant le terme (P 3/24a2)2 et en prenant le développement composent en une résultante p de module :


limité de h 2 + P 2 , on trouve :
p = p 2 + 92
0
P P3
< = 3 + ---- -------------- . (20)
3 24 a 2 faisant avec la verticale un angle θ défini par :
La longueur du câble est donc encore voisine de la longueur de la tan θ = 9 ⁄ p 0 .
portée réelle 3 , la différence étant sensiblement P 3/24a2 pour les
p est appelé poids apparent du câble par unité de longueur.
portées ni trop longues, ni trop dénivelées.
Ainsi, le câble est encore soumis à un champ de forces uniforme
et prend la forme d’une chaînette dans le plan P défini par les deux
2.1.5 Comparaison des formules pratiques points d’accrochage A et B et par la direction de p ; le paramètre de
et exactes la chaînette est alors :
σ t0 ′ σ t0 ′
Dans l’étude d’une ligne, il est nécessaire de connaître jusqu’à a ′ = ---------
- = -------------------------
- (21)
quelle longueur de portée il est possible d’utiliser les formules prati- p p 0 + 92
2
ques.
σ t0
′ étant la tension (de valeur minimale) au point du câble où la
Exemple : il montrera mieux les différences que l’on peut obtenir. tangente est perpendiculaire à p . Cette tangente n’est horizontale
Pour les lignes usuelles en 225 kV ou en 400 kV, un paramètre de que pour les portées de niveau et correspond alors au milieu M du
2 200 m est fréquent ; le tableau 2 compare, pour une portée de câble.
niveau, la flèche et la longueur réelle du câble.
Les valeurs de ce tableau montrent que :
L’équation de changement d’état, dans sa forme courante, est
— pour la flèche :
établie en faisant quelques approximations :
• pour les portées voisines de 500 m, la formule approchée donne — portée peu dénivelée : elle est établie, ci-après, pour une
une précision suffisante ; portée de niveau ;
• pour les grandes portées, il est nécessaire d’utiliser la formule — on admet que les allongements élastiques et thermiques
exacte ; sont proportionnels non pas à l’arc, mais à la corde (portée
— pour la longueur réelle de câble, la formule approchée est suffi- horizontale) ;
samment précise, même pour les grandes portées. — on néglige les différences d’allongement élastique dues au
fait que la tension mécanique varie d’un point à l’autre de l’arc ;
on calcule cet allongement avec la composante horizontale de la
2.2 Équation de changement d’état tension.

L’étude de la portée unique (§ 2.1) ne concerne que l’équilibre ■ Si nous considérons un état initial (1) qui correspond à un para-
d’un câble à température et masse linéique données. Mais, dans la mètre a1 et un état final (2) qui correspond à un paramètre a2, la

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variation de longueur du câble entre ces deux états est égale sable du chantier, indiquant, pour la portée considérée, la flèche en
(§ 2.1.4, relation (19)) à : fonction de la température ambiante.

P3 P3 ■ Le paramètre de réglage ne doit cependant pas conduire, dans


∆< = --------------
- – --------------- (22) des conditions climatiques défavorables, à une tension mécanique
24 a 22 24 a 12
trop importante incompatible avec la résistance mécanique du câble
Cette variation de longueur est due à : et avec le coefficient de sécurité (cf. [D 4 421], § 3.6) prescrit par la
réglementation ou choisi par le maître d’œuvre.
— l’allongement du câble sous l’effet des variations de tempéra-
ture entre les deux états : ■ L’action d’une température basse est très contraignante pour
une portée courte ; la contraction thermique du câble entraîne son
< α ( T2 – T1 ) raidissement et une augmentation importante de la tension mécani-
que.
< étant la longueur du câble placé sur la portée dans l’état initial et
α le coefficient de dilatation linéique ; L’action d’un grand vent est, au contraire, prépondérante pour
— la déformation élastique du câble : une portée longue ; dans ce cas, l’influence de la température est
faible, car une petite variation de la flèche est suffisante pour
< ( σ t0 2 – σ t0 1 ) ⁄ E6 absorber la contraction thermique.
En France, l’Arrêté technique prévoit de vérifier le coefficient de
avec E module d’élasticité, sécurité des câbles pour la plus défavorable des deux hypothèses
6 section du conducteur, climatiques (cf. [D 4 421], § 3.2) suivantes :
σt0 composante horizontale de la tension. — hypothèse A : hypothèse de tempête ou de grand vent ;
La relation (22) s’écrit : — hypothèse B (appelée aussi hypothèse d’hiver) : hypothèse
d’un vent faible associé à une température très basse.
P3 1 ( σt 0 2 – σt 0 1 )
∆< = --------  -------2 – -------2  = < α ( T 2 – T 1 ) + -----------------------------------
1 ■ L’équation de changement d’état [relation (25)] permet de calcu-
- (23)
24  a 2 a 1  E6 ler la portée dite portée critique au-dessus de laquelle
l’hypothèse A est plus sévère que l’hypothèse B.
■ On peut admettre que, pour les portées courantes et peu dénive-
lées, < est très voisin de P. L’équation (23) devient, en groupant Soit T1 et p1 la température et la charge appliquée par unité de
dans le même membre les termes de même indice : longueur dans l’hypothèse A, T2 et p2 les mêmes éléments dans
l’hypothèse B. Pour la portée critique, ces deux hypothèses climati-
P2 σt 0 2 P2 σt 0 1 ques donnent la même tension maximale σt max acceptée dans le
-------------- - – αT 2 = --------------
- – ----------- - – αT 1 = Cte
- – ----------- (24) câble.
24 a 22 E6 24 a 21 E6
En appliquant la formule (25) à ces deux états, on obtient :
σt 0 2 σt 0 1 α ( T2 – T1 )
ou, avec : a 2 = -----------
- et a 1 = -----------
-
p2 p1 P c2 = 24 σ t2max--------------------------- (26)
p 22 – p 12
P 2 p 22 σ t 0 2 P 2 p 12 σ t 0 1 La notion de portée critique est particulièrement importante pour
- – ------------ – αT 2 = -------------------
------------------- - – ------------ – αT 1 = Cte (25)
24 σ t20 2 E 6 24 σ t20 1 E 6 les lignes à haute tension HTA ou les lignes à basse tension, souvent
constituées de portées courtes. La longueur des portées doit être
● Cette équation, appelée équation de changement d’état, per- voisine de la portée critique correspondant au conducteur utilisé.
met de calculer la tension dans un certain état déterminé, connais- Pour le calcul de ces lignes, on se reportera à la norme C 11-210.
sant la tension dans un autre état. La résolution par rapport à σt0 est Travaux d’électrification en zones rurales.
évidemment du 3e degré.
● Malgré les approximations, cette équation peut être utilisée
d’une manière générale pour l’étude des lignes. Ce n’est que pour
des portées de montagne très dénivelées qu’un calcul plus précis 2.4 Calcul d’un ensemble de portées
est utile (cf. § 2.6). successives
● En pratique, l’étude d’une ligne conduit à résoudre très souvent
cette équation et les bureaux d’études ont établi des abaques indi-
quant la tension mécanique en fonction de la portée, pour les hypo- 2.4.1 Lignes sur isolateurs rigides
thèses climatiques usuelles. Les abaques, établis pour les différents
câbles et paramètres de réglage, constituent des recueils assez Si l’on voulait que chaque portée prise séparément soit à une
importants. Un exemple est donné en [D 4 421] pour un câble en tension mécanique donnant juste le coefficient de sécurité
almélec. (cf. [D 4 421], § 3.6) prescrit par l’Arrêté technique ou choisi par le
Ils sont remplacés, maintenant, par des programmes de calcul maître d’œuvre, les tensions de pose en l’absence de vent et à la
facilement utilisables sur de petites calculatrices. température normale de la région seraient différentes suivant la
longueur de la portée. Chaque portée serait alors réglée séparément
et les conducteurs arrêtés solidement sur les isolateurs pour
pouvoir supporter les différences de tension qui apparaîtraient dans
2.3 Influence de la température les portées adjacentes. La construction serait très compliquée et
et du vent. Portée critique onéreuse, et l’on préfère diviser la ligne en cantons de pose dans
chacun desquels la tension de pose est uniforme. Cette condition
est réalisée naturellement puisque, avant de fixer les conducteurs
L’équation de changement d’état [relation (25)] permet, entre sur les isolateurs, on les monte d’abord sur une série de poulies ou
autres, de calculer la tension mécanique ou la flèche d’une portée en sur les gorges des isolateurs. Quand les câbles seront attachés sur
fonction de la température du câble, après avoir choisi le paramètre les isolateurs, chaque portée, sous l’effet du vent et des variations
de réglage (ou de pose) pour une température moyenne (généra- de température, réagira indépendamment, et le support placé entre
lement : 15 °C). On établit ainsi le tableau de pose, remis au respon- deux portées inégales sera soumis à des efforts longitudinaux.

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Pour choisir la tension de pose, on cherche toujours à tendre les Cette longueur est nommée portée équivalente (ou portée
conducteurs dans toute la limite compatible avec leur sécurité moyenne) du canton de réglage. On voit que, à cause du numéra-
mécanique, afin d’éviter l’utilisation de supports de trop grande teur Σ P 3 , les portées les plus longues ont une influence prépondé-
hauteur. rante dans le calcul de la portée équivalente. Grâce à la liberté des
Trois cas peuvent se présenter pour ce type de lignes : suspensions du câble, les portées les plus longues, en cas de grand
vent, ainsi que les portées les plus courtes, en cas de grand froid, ne
a) toutes les portées du canton sont inférieures à la portée travailleront pas plus que la portée équivalente prise isolément.
critique entre hypothèse de tempête et hypothèse d’hiver ; la
tension de pose doit être calculée pour la portée la plus courte qui Dans le cas des lignes à haute tension HTB, la portée équivalente
est la plus contrainte en hypothèse d’hiver ; est, généralement, supérieure à la portée critique et la tension
mécanique maximale des câbles est déterminée par l’hypothèse de
b) toutes les portées du canton sont supérieures à la portée tempête.
critique ; la tension de pose sera calculée pour la plus grande
portée, qui est la plus contrainte en hypothèse de tempête ;
c) la portée critique est comprise entre la plus grande et la plus Le raisonnement précédent néglige les inégalités de tension
petite portée du canton ; la tension de pose sera calculée en hypo- entre portées contiguës du fait de l’inclinaison des chaînes
thèse de tempête pour la plus grande portée et en hypothèse d’hiver d’isolateurs. Cette hypothèse est valable chaque fois que
pour la plus petite portée ; c’est la valeur la plus faible de la tension l’ensemble du canton est soumis aux mêmes contraintes (vent-
de pose qui sera choisie pour régler le canton. froid). Par contre, elle n’est plus acceptable lorsqu’on étudie les
répercussions d’une rupture de conducteur ou d’une ligne iné-
Dans la pratique, la norme NF C 11-201 fixe les conditions de pose galement chargée de givre. Dans ce cas, les inclinaisons des
des conducteurs dans le cas de lignes sur isolateurs rigides. chaînes deviennent trop grandes pour négliger la différence de
tension entre portées.
2.4.2 Lignes sur isolateurs suspendus
Sur une ligne équipée d’isolateurs suspendus, les tensions de
deux portées contiguës tendent toujours à s’égaliser par une incli- 2.5 Calcul d’un ensemble de portées
naison de la chaîne d’isolateurs vers la portée la plus tendue. soumises à des efforts longitudinaux
Pour les deux hypothèses (hiver et tempête) appliquées simulta-
nément à toutes les portées, les écarts de tension restent faibles et
l’on peut raisonner comme si les câbles restaient sur les poulies et Si, précédemment, il a été supposé que les différences de tension
avaient, par conséquent, des tensions horizontales égales dans tout entre portées sont négligeables, cette hypothèse n’est plus valable
le canton de pose. Cette égalisation des efforts est donc favorable et pour des déplacements de chaînes importants, ces déplacements
décharge les portées les plus exposées, soit au vent par leur grande étant la conséquence d’une charge dissymétrique des câbles (neige-
longueur, soit au froid par leur courte longueur. givre) ou d’une rupture de conducteur.
Pour calculer ce qui se passe dans le changement d’état, il faut ■ L’équilibre de l’extrémité de la chaîne fournit une relation entre
alors noter l’individualité du câble, non plus pour une portée déter- les tensions différentes qui règnent dans les deux portées conti-
minée, mais pour tout le canton de pose dont les extrémités sont guës et l’inclinaison de la chaîne, c’est-à-dire son déplacement. Pour
seules bien fixées. Dans le changement d’état, la variation de la calculer, on procède comme suit.
longueur de chaque chaînette correspondant à une portée n’est plus Au support k figure 4 on a :
exactement égale à la somme de l’allongement élastique et de
l’allongement thermique, puisque les extrémités de la portée se ∆ σ tk dk
sont déplacées. tan β k = -------------------------------
- = -----------------------
- (28)
Vk + ( Gk ⁄ 2 ) λ – d k2
2
Si l’on admet la tension constante sur tout le canton, ce qui
suppose un ensemble de portées pas trop dénivelées, il est possible avec dk déplacement horizontal du point d’accrochage
d’écrire des équations de changement d’état analogues aux précé- du conducteur par rapport à l’accrochage de la
dentes, mais, pour l’état final, il faut tenir compte de la variation de chaîne sur le support,
la portée δ. Comme cette variation δ est très faible par rapport à la
portée P, elle peut être négligée dans le terme P 3/24a2. Gk poids de la chaîne,
La variation de longueur du câble dans une portée de longueur Vk charge verticale,
initiale P est donc, pour une portée de niveau [relation (19)] : βk angle de la chaîne avec la verticale,
P3   P3  P3 1 ∆σtk = σt(k + 1) – σtk ,
∆<′ =  P + δ + -------------- - = δ +  --------  ------- – ------- .
1
- – P + --------------
 24 a 2   24 a 2   24   a 2 a 2  λ longueur de la chaîne.
2 1 2 1
Pour un canton de n portées, il existe n – 1 équations de ce type
Pour la portée i, on peut écrire (i = 1, …, n) :
reliant ∆σtk et dk.
P i3 σ t0 2 – σ t0 1 Par suite de l’inclinaison différente des deux chaînes contiguës à
δ i +  --------  ------- – ------- = P i  ----------------------------- + α ( T 2 – T 1 ) .
1 1
24 a 22 a 21   E6  une portée, la longueur de celle-ci est modifiée, ainsi que la tension
correspondante.
En remarquant que Σ δ = 0 , les extrémités du canton restant
fixes, on trouve : ■ L’équation de changement d’état [relation (24)] fournit, pour cha-
que portée, une relation entre la variation de la portée et la tension
( Σ P 3 ⁄ Σ P ) σ t0 2 ( Σ P 3 ⁄ Σ P ) σ t0 1 mécanique dans cette portée. Pour une portée de niveau, on a :
- – ----------- – αT 2 = -----------------------------
---------------------------- - – ----------- – αT 1
24 a 22 E6 24 a 21 E6 ∆ Pk σ tk – σ t 1 P2 1 1
- + α ( T k – T 1 ) + -------- -------2 – -------
---------- = --------------------- (29)
Cette dernière équation est semblable à l’équation de change- Pk E6 24 a 1 a k2
ment d’état (24) d’une portée unique de longueur égale à :
l’indice 1 indiquant les valeurs initiales.
P eq = ΣP 3 ⁄ ΣP (27) Pour un canton de n portées, il existe n équations de ce type.

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■ Poids apparent du câble par unité de longueur p


d k'
2 2 2 2
p = ( pc + pg ) + 9 = p0 + 9
0 avec pc poids du câble par unité de longueur,
pg poids du givre ou de la neige par unité de longueur,
λ
p0 poids total du câble chargé, éventuellement, de givre
βk
rt k

ou de neige par unité de longueur,


Suppo

Gk
9 effort transversal du vent par unité de longueur.
■ Coefficient de surcharge m
σtk σt (k + 1) 2 2
p0 + 9 p
m = --------------------------
- = ------
9k pc pc
■ Équation de la courbe d’équilibre
dk La courbe d’équilibre est représentée par la figure 5.
L’équation de la chaînette est donnée par la relation (8) :
x
y = a ch ----- .
Figure 4 – Équilibre statique au droit d’un support k a
de portées soumises à des efforts longitudinaux OO’ = a est le paramètre de la chaînette égal au rayon de courbure
au point bas.
■ La variation de la portée ∆Pk se déduit de la relation simple :
L’approximation pour l’équation de la parabole s’écrit :
∆ P k = d k – dk + 1
x2
avec n équations de ce genre, lorsque l’on néglige la flèche prise par y = a + -------
2a
le support dans le sens de la ligne sous l’effet d’une tension longitu-
dinale ∆σtk. Cela correspond bien aux pylônes en treillis métallique ■ Longueur < des câbles d’une portée
des lignes à haute tension. ● Portée de niveau [relation (17)] :
■ Il existe donc 3n – 1 équations à 3n – 1 inconnues, qui admettent P
une seule solution. La résolution de ces équations est assez compli- < n = 2 a sh -------
2a
quée, surtout si l’on veut tenir compte des portées réelles et des
dénivellations. approximation [relation (19)] :
Pratiquement, on constate que la déviation des chaînes s’amortit P3
< n = P + --------------
très rapidement et qu’elle est négligeable après 4 ou 5 portées. 24 a 2
Des programmes sur micro-ordinateurs permettent de résoudre ● Portée dénivelée [relation (18)] :
l’ensemble de ces équations.
< 2 = < n2 + h 2
■ Dans le cas de lignes sur poteaux en béton ou en bois, la flè-
che prise par le support ne devient plus négligeable devant l’incli- approximation [relation (20)] :
naison de la chaîne, en particulier pour des lignes HTA et BT. P P3
A ce moment, la variation de la portée ∆Pk devient : < = 3 + ---- --------------
3 24 a 2
∆ P k = ( d k + d k′ ) – ( d k + 1 + d k′ + 1) ■ Longueur f de la flèche médiane
● Portée de niveau [relation (12)] :
d k′ et d k′ +1 étant les déplacements des supports k et k + 1.
dk et d k′ sont orientés dans le même sens : f n = a  ch ------- – 1
P
— si le support k est indéformable (ou peu déformable), 2a

d k′ ≈ 0 approximation [relation (15)] :

et la variation de la portée (k, k + 1) est égale à |dk + 1 – dk| ; P2


f n = --------
8a
— si le support k est déformable, la variation de la portée (k, k + 1)
est égale à ( d k′ + 1 + d k + 1 ) – ( d k′ + d k ) .
On peut donner à chaque type de support utilisé un module E d’élas-
ticité qui permet de relier d k′ à ∆σtk. On trouve ainsi n – 1 équations B
y
reliant les n – 1 déformations des supports. La résolution dans ce cas
se fait aujourd’hui sur micro-ordinateur. σt
yB
1 B1
2.6 Rappel des notations A h1
et formules usuelles
O' σt0
■ Longueur de la portée oblique 3 OO' = a
32 = P + 2 h2
O x
avec P longueur de la portée horizontale,
h dénivellation. Figure 5 – Courbe d’équilibre d’une ligne

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● Portée dénivelée : Cette formule ne s’emploie que pour des portées très dénivelées
entre ancrages :
<n
f = a  ch ------- – 1 -----
P
< h
2a ----- > 20 %
P
approximation [relation (14)] :
■ Portée équivalente du canton de réglage (ou portée
P 3 moyenne) [relation (27)] :
f = ----------
8a
ou, pour une grande portée : Σ P3
P eq = --------------
P 3 ΣP
P2 
f = ----------  1 + --------------
8a 48 a 2  ■ Efforts appliqués à l’accrochage d’un pylône
de suspension
■ Tension mécanique
● Tension tangentielle au point B1 (figure 5) :
Soit le pylône B de la figure 6 ; on a les efforts suivants (le pylône
d’angle est orienté suivant la bissectrice de l’angle) :
σ tB1 = y B1 mp c
± h1 ± h2
V = --- ( 3 1 + 3 2 ) ( p c + p g ) +  ------------ + ------------  σ t0
1
= σ t0 + h 1 mp c 2 P1 P2
● Tension tangentielle au point bas ou composante horizontale 1 α α
de la tension : H = --- ( 3 1 + 3 2 )9 cos --- + 2 σ t0 sin ---
2 2 2
σ t0 = a mp c L≈0 ( en l ′absence de givre dissymétrique )
La composante horizontale de la tension est constante le long de h1 > 0 si l’accrochage du pylône B est à un niveau supérieur à
la portée. celui du pylône A ;
■ Équation de changement d’état h1 < 0 dans le cas contraire.
Données : On a la même règle pour h2.
État 2 État 1
— paramètre :................................ a2 a1
— poids apparent :........................ p 2 = m 2 pc p1 = m 1 pc
— température : ............................ T2 T1 B
— tension horizontale :................. σt0 2 σt0 1 L α
H L
et avec 6 section du conducteur, H L
V V
H
E module d’élasticité. V
B
● Portée de niveau [relation (25)] :
P 2 p 22 σ t0 2 P 2 p 21 σ t0 1
--------------------- – ------------ – αT 2 = --------------------- – ------------ – αT 1
24 σ t0 2
2
E 6 24 σ t0 2 E6
1

Elle s’écrit aussi : H

P 2 m 21 p c2 E 6 P 2 m 22 p c2 E 6 V
σ t0
3 +σ2 ------------------------------------------ – σ t0 1 + E 6 α ( T 2 – T 1 ) = ------------------------------------------ C
2 t0 2
24 σ t0 2
1
24
B h2
● Portée dénivelée : h1 A
P m1 pc E 6 3
2 2
3 4 P1 P2
----- σ 3 + σ t0
2 - – ---- σ t0 1 + E 6 α ( T 2 – T 1 )
-------2- ---------------------------------
P t0 2 2
3 24 σ t0 2
1
P
2
P 2 P m 2 pc E 6
2 2
= ---------
- ------------------------------------------
32 24 Figure 6 – Efforts appliqués à une chaîne de suspension

Références bibliographiques

[1] CHANAL (A.), MULLER (Y.) et LAPEYRE (J.L.). Dans les Techniques de l’Ingénieur. [4] GIBIELLE (P.) et BOTTIN (J.). – Demande
– Conception, amélioration et renouvelle- Traité Génie électrique d’électricité et prévision à long terme.
ment des réseaux aériens pour une meilleure D 4 010. 1997.
qualité de service. RGE n° 6 1993. [2] LE DU (A.) et ADAM (Ph.). – Transport d’éner- [5] SABOT (A.) et MICHAUD (J.). – Lignes et pos-
gie en courant continu à haute tension. tes. Choix et coordination des isolements.
D 4 760. 1992. D 4 750. 1997.
[3] GARY (Cl.). – Effet couronne sur les réseaux
électriques aériens. D 4 470. 1998.

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D 4 420 − 12 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique

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