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M E S U R E S - A N A LY S E S

Ti676 - Instrumentation et méthodes de mesure

Organisation et vocabulaire
de la métrologie

Réf. Internet : 42421 | 2nde édition

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III
Cet ouvrage fait par tie de
Instrumentation et méthodes de mesure
(Réf. Internet ti676)
composé de  :

Organisation et vocabulaire de la métrologie Réf. Internet : 42421

Méthodes de mesure Réf. Internet : 42419

Capteurs Réf. Internet : 42678

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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Instrumentation et méthodes de mesure
(Réf. Internet ti676)

dont les exper ts scientifiques sont  :

Isabelle BLANC
Coordinateur Projets et Études, LNE (Laboratoire national de métrologie et
d'essais)

Ahmed MAMOUNI
Professeur à Polytech Lille (École polytechnique universitaire de Lille)

Marc PRIEL
Directeur honoraire du Centre de métrologie scientifique et industrielle, LNE
(Laboratoire national de métrologie et d'essais)

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V
Les auteurs ayant contribué à cet ouvrage sont :

Bernard ATHANÉ Alain LE CALVÉ


Pour l’article : R87 Pour l’article : R85

Maguelonne CHAMBON Françoise LE FRIOUS


Pour les articles : R50 – R60 – SL1630 Pour l’article : R50

Bruno CHAUVENET Nicole LEGENT


Pour l’article : R50 Pour l’article : 23

Jean-Claude COURTIER Bernard MARX


Pour l’article : 24 Pour l’article : R120

Thierry CRIGNOU Martin MILTON


Pour les articles : R83 – R84 Pour l’article : R80

Richard DAVIS Marc PRIEL


Pour l’article : R50 Pour l’article : R115

Jimmy DUBARD Patrick REPOSEUR


Pour l’article : R50 Pour les articles : R62 – R89

Bernard DUVAL Mohamed SADLI


Pour l’article : R86 Pour l’article : R50

Roger FLANDRIN Philip TUCKEY


Pour l’article : R55 Pour l’article : R50

Jean-Pierre ISNARD Sophie VASLIN-REIMANN


Pour l’article : R85 Pour l’article : R50

Stéphane LAUDREL Jean-Pierre WALLERAND


Pour l’article : R62 Pour l’article : R50

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VI
Organisation et vocabulaire de la métrologie
(Réf. Internet 42421)

SOMMAIRE

1– Unités de mesure Réf. Internet page

Unités de mesure SI 23 11

Unités légales et facteurs de conversion 24 15

2– Étalons Réf. Internet page

Étalons métrologiques fondamentaux R50 19

3– Organisation française Réf. Internet page

Organisation de la métrologie en France : métrologie légale R55 31

Organisation du réseau national de métrologie française et LNE R60 33

Organisation de la métrologie en France. Le Cofrac R62 35

4– Organisations internationales Réf. Internet page

Bureau international des poids et mesures (BIPM) R80 39

Organisation internationale de normalisation (ISO) R83 41

Comité européen de normalisation (CEN) R84 43

Structures de normalisation dans le secteur électrique/électronique R85 45

Commission internationale de l'éclairage (CIE) R86 49

Organisation internationale de métrologie légale (OIML) R87 51

Équivalences internationales des certificats d'étalonnage R89 53

Programmes européens de recherche en métrologie SL1630 57

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VII
5– Terminologie. Méthodes Réf. Internet page

Banques de données scientifiques et techniques R120 63

Vocabulaire de la métrologie R115 69

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Organisation et vocabulaire de la métrologie
(Réf. Internet 42421)

1
1– Unités de mesure Réf. Internet page

Unités de mesure SI 23 11

Unités légales et facteurs de conversion 24 15

2– Étalons

3– Organisation française

4– Organisations internationales

5– Terminologie. Méthodes

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1

10
Référence Internet
23

Unités de mesure SI

par Nicole LEGENT


1
Ingénieur du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)
Ingénieur en normalisation à l’Association française de normalisation (AFNOR)

1. Définitions générales .............................................................................. 23v2 — 2


2. Organismes responsables...................................................................... — 3
3. Système métrique .................................................................................... — 6
4. Système international d’unités SI ....................................................... — 7
5. Unités hors système ............................................................................... — 10
6. Définition des unités............................................................................... — 11
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. 23v2

l’époque de la mondialisation, le système international d’unités, tel que


A nous le connaissons, paraît évident.
Ce dossier présente sa longue et intéressante histoire, vécue par des scienti-
fiques de renom, ses règles strictes et ses exceptions.
Parution : juillet 2006

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur 23v2 − 1

11
Référence Internet
23

UNITÉS DE MESURE SI __________________________________________________________________________________________________________________

1. Définitions générales 1.5 Noms spéciaux

Les noms spéciaux sont les appellations de certaines unités déri-


1.1 Grandeur et unité vées (§ 1.15) adoptées par la Conférence générale des poids et
mesures (CGPM).

1
Une grandeur est l’attribut d’un phénomène, d’un corps ou d’une Exemple : le pascal est le nom spécial du newton par mètre carré.
substance, qui est susceptible d’être distingué qualitativement et
déterminé quantitativement. Ce terme grandeur peut se rapporter à
une grandeur dans un sens général, par exemple la longueur, le
temps, la masse, la résistance électrique, etc., ou à une grandeur 1.6 Système de grandeurs
particulière, par exemple la longueur d’une tige donnée, la résis-
tance électrique d’un échantillon donné de fil. Les grandeurs qui
peuvent être classées les unes par rapport aux autres en ordre crois-
sant (ou décroissant) sont appelées grandeurs de même nature. Un système de grandeurs est un ensemble de grandeurs (dans le
sens général) entre lesquelles il existe des relations définies. Il
L’unité de mesure est une grandeur particulière, définie et adop- s’applique à un domaine particulier, par exemple le système de
tée par convention, à laquelle on compare les autres grandeurs de grandeurs de la mécanique, ou à tous les domaines de la science et
même nature pour les exprimer quantitativement par rapport à cette de la technique.
grandeur.
Exemple : l’épaisseur, la circonférence et la longueur d’onde sont À un système de grandeurs donné, on fait habituellement corres-
des grandeurs de même nature ; leur unité SI de mesure (§ 4.2) est le pondre un système d’unités déterminé.
mètre.

1.7 Grandeurs de base


1.2 Métrologie et mesurage

La métrologie, qui est la science de la mesure, embrasse tous les Les grandeurs de base d’un système de grandeurs sont les gran-
aspects aussi bien théoriques que pratiques se rapportant aux deurs qui sont admises par convention comme étant fonctionnelle-
mesurages, quelle que soit l’incertitude de ceux-ci, dans quelque ment indépendantes les unes des autres.
domaine de la science et de la technologie que ce soit. Exemple : les grandeurs longueur, temps et masse sont générale-
Le mesurage est l’ensemble des opérations ayant pour but de ment prises comme grandeurs de base dans le domaine de la mécani-
déterminer la valeur d’une grandeur. que.

1.3 Étalon 1.8 Grandeurs dérivées

Un étalon est une mesure matérialisée, un appareil de mesure, un


matériau de référence ou un système de mesure destiné à définir, Les grandeurs dérivées d’un système de grandeurs sont les gran-
réaliser, conserver ou reproduire une unité ou une ou plusieurs deurs définies comme fonction des grandeurs de base de ce sys-
valeurs d’une grandeur pour servir de référence. tème.
Exemple : étalon de masse de 1 kg, étalon de fréquence à césium, Exemple : dans le système de grandeurs de la mécanique du
électrode de référence à hydrogène. paragraphe 1.7, où les grandeurs de base sont la longueur, la masse et
le temps, les grandeurs vitesse, force, pression, énergie, etc., sont des
grandeurs dérivées.

1.4 Symbole

Dans le domaine particulier des unités de mesure, un symbole est


1.9 Dimension d’une grandeur
un signe littéral conventionnel qui permet de représenter une gran-
deur ou une unité sous une forme simple.
Un symbole est généralement constitué d’une lettre, parfois La dimension d’une grandeur est l’expression qui représente une
d’une association de deux ou trois lettres, éventuellement avec un grandeur d’un système de grandeurs comme le produit de puissan-
indice. ces de facteurs représentatifs des grandeurs de base de ce système.

L’écriture des symboles est régie par des règles précises (§ 4.4.3). Exemple : dans le système de grandeurs de la mécanique du
La principale correspond à l’écriture des symboles de grandeurs en paragraphe 1.7 où les dimensions des grandeurs de base longueur,
italique et des symboles d’unités en droit. masse et temps sont représentées respectivement par L, M et T, la
dimension de la force est LMT−2.
Un symbole de grandeur ou d’unité ne doit pas être confondu
avec une abréviation ou un sigle.
Les unités de grandeurs qui ont la même dimension dans un sys-
Exemple : UA est le symbole de l’unité astronomique ; A est le tème donné peuvent avoir le même nom et le même symbole,
symbole de l’ampère. même si ces grandeurs ne sont pas de même nature.

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23v2 − 2 © Techniques de l’Ingénieur

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Référence Internet
23

_________________________________________________________________________________________________________________ UNITÉS DE MESURE SI

1.10 Équation entre grandeurs 1.17 Multiple ou sous-multiple


d’une unité
Une équation entre grandeurs représente la relation fonctionnelle
entre ces grandeurs. Elle s’écrit en utilisant les symboles des gran- On appelle multiple (ou sous-multiple) d’une unité de mesure,
deurs. Elle est indépendante du choix des unités de mesure. une unité de mesure plus grande (plus petite) formée à partir d’une
unité donnée selon des conventions d’échelonnement.

1.11 Grandeur sans dimension


Exemple : l’un des multiples décimaux du mètre est le kilomètre ;
l’un des sous-multiple non décimaux de l’heure est la seconde. 1
Une grandeur sans dimension est une grandeur dont l’expression
dimensionnelle en fonction des dimensions des grandeurs de base 1.18 Unité légale
d’un système donné présente tous ses exposants nuls. On dit aussi
grandeur de dimension un.
Une unité de mesure est dite légale lorsque son emploi est pres-
Exemple : dilatation linéique relative e = ∆ᐉ ⁄ ᐉ 0 .
crit par un texte réglementaire (par exemple, décret sur les unités).

1.12 Système d’unités (de mesure) 1.19 Unité hors système

Un système d’unités (de mesure) est l’ensemble des unités cor-


Une unité de mesure hors système est une unité de mesure qui
respondant aux grandeurs d’un système de grandeurs donné.
n’appartient pas à un système d’unités donné.
Exemple : système international d’unités, SI ; système CGS.
Exemple : le jour, l’heure, la minute sont des unités hors système
pour le SI.

1.13 Système cohérent d’unités


1.20 Valeur d’une grandeur,
Un système cohérent d’unités est un système d’unités où les rela- valeur numérique d’une grandeur
tions entre les unités et les relations entre les grandeurs correspon-
dantes présentent les mêmes facteurs de proportionnalité. Dans un
tel système, les unités sont dites cohérentes. La valeur d’une grandeur est l’expression quantitative d’une gran-
deur particulière, généralement sous la forme d’une unité de
Exemple : les unités suivantes (représentées par leurs symboles) mesure multipliée par un nombre. Ce nombre est appelé valeur
font partie du système cohérent d’unités de la mécanique dans le SI : numérique de la grandeur.
m ; kg ; s ; m2 ; m3 ; Hz = s−1 ; m · s−1 ; m · s−2.
— longueur d’une tige : 5,34 m ;
— masse d’un corps : 0,152 kg.

1.14 Unité de base

L’unité de mesure de base est l’unité de mesure d’une grandeur


2. Organismes responsables
de base dans un système donné de grandeurs.
Exemple : les 7 unités de base du SI (§ 4.2.1). La responsabilité du domaine des unités de mesure incombe, à
différents titres et à différents niveaux, à un certain nombre d’orga-
nismes chargés de définir ces unités, d’en établir la réglementation,
d’en contrôler l’application, d’en assurer la normalisation.
1.15 Unité dérivée
Ces organismes se situent au plan international, au plan européen
et au plan national.
L’unité de mesure dérivée est l’unité de mesure d’une grandeur
dérivée dans un système donné de grandeurs.
Exemple : mètre cube, newton, pascal qui sont respectivement les 2.1 Bureau international des poids
unités des grandeurs dérivées volume, force, pression dans le SI. et mesures (BIPM), CGPM, CIPM

1.16 Unité composée Le Bureau international des poids et mesures (BIPM) a été créé
par la Convention du mètre signée à Paris le 20 mai 1875 et il est
situé au Pavillon de Breteuil à Sèvres, France. Son entretien est
assuré à frais communs par les États membres de la Convention du
On appelle unité composée une unité dérivée qui n’a pas reçu de
mètre. En août 2005, 51 États étaient membres de cette Convention.
nom spécial.
Le BIPM a pour mission d’assurer l’unification mondiale des mesu-
Exemple : kilogramme-mètre par seconde. res physiques.

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© Techniques de l’Ingénieur 23v2 − 3

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Référence Internet
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UNITÉS DE MESURE SI __________________________________________________________________________________________________________________

Le BIPM fonctionne sous la surveillance exclusive du Comité Dans le domaine des unités de mesure, le comité technique ISO/
international des poids et mesures (CIPM) composé de scientifiques TC 12 Grandeurs, unités, symboles, facteurs de conversion et tables
appartenant à des États différents. de conversion a élaboré la norme ISO 31 qui comporte 14 parties et
Le CIPM est placé sous l’autorité de la Conférence générale des qui définit les grandeurs, unités et symboles par domaine techni-
poids et mesures (CGPM) formée des délégués de tous les États que.
membres de la Convention du mètre et qui se réunit actuellement Le comité technique ISO/TC 12 a également établi la norme
tous les 4 ans. Les responsabilités de la CGPM sont : ISO 1000 qui décrit le système international d’unités SI et donne les

1
— de prendre les mesures nécessaires pour assurer la propaga- règles d’emploi des multiples et sous-multiples.
tion et le perfectionnement du Système international d’unités (SI), 25 pays participent activement aux travaux de ce comité techni-
forme moderne du système métrique ; que dont le secrétariat est géré depuis 1982 par la Suède.
— de sanctionner les résultats des nouvelles déterminations
métrologiques fondamentales ;
— d’adopter les décisions importantes concernant l’organisation
et le développement du BIPM. 2.4 Commission électrotechnique
La 1reCGPM s’est réunie en 1889 ; la 22e
s’est tenue en 2003. Les internationale (IEC), IEC/CE 25
décisions de la CGPM font l’objet de résolutions [1] à [9].
Le CIPM a institué, depuis 1927, dix Comités consultatifs destinés La Commission électrotechnique internationale (IEC) a été fondée
à la renseigner sur des questions spécialisées et à lui proposer des en 1906. C’est l’autorité pour les normes mondiales en ingénierie
recommandations pour coordonner les travaux internationaux électrique et électronique. L’IEC est composée en 2005 de 52 pays
effectués dans leurs domaines respectifs. membres.
Le réseau des mesures dans le monde est constitué d’un tissu de Le comité d’étude 25 de l’IEC, IEC/TC 25, Grandeurs et unités et
plus en plus complexe d’accords et d’échanges officiels et non offi- leurs symboles littéraux, a pour objet de préparer les normes inter-
ciels. nationales sur les grandeurs et unités à utiliser en technologie élec-
La Convention du mètre, par l’intermédiaire de la Conférence trique. Pour ces grandeurs et unités, ces normes peuvent donner
générale des poids et mesures, du Comité international des poids et leurs définitions, noms, symboles littéraux et utilisation, les rela-
mesures et du BIPM, fournit la base formelle et physique des mesu- tions dans lesquelles elles apparaissent et les signes et symboles
res sur laquelle se fonde tout le reste de l’activité internationale en utilisés avec ces grandeurs et unités.
métrologie pratique. Publications : IEC 60027, Symboles littéraux à utiliser en électro-
technique, parties 1 à 4 et leurs amendements.

2.2 Organisation internationale


de métrologie légale (OIML), BIML, CIML 2.5 Union internationale de physique pure
et appliquée (UIPPA), SUN
L’Organisation internationale de métrologie légale (OIML) est fon-
dée sur une convention internationale établie en 1955. En août 2005, L’Union internationale de physique pure et appliquée (UIPPA) a
elle comprenait 18 comités techniques, 60 pays membres et 53 pays été créée en 1922 à Bruxelles. Parmi d’autres, ses objectifs sont de :
membres correspondants. Les principaux objectifs de cette organi- — stimuler la coopération internationale en physique ;
sation intergouvernementale sont : — promouvoir des accords internationaux sur l’utilisation des
— de déterminer les principes généraux de la métrologie légale ; symboles, unités, nomenclature et normes.
— d’étudier les problèmes de métrologie légale de caractère Dans chaque pays, l’UIPPA est représentée par un comité natio-
législatif et réglementaire ; nal. En 2005, le nombre de pays membres de l’UIPPA est de 48.
— d’établir des modèles de projets de lois et règlements pour les L’ Assemblée générale dirige les travaux de l’Union, nomme le
instruments de mesure. Comité exécutif et établit les commissions convenables pour le tra-
Les instances de cette organisation sont : vail de l’Union.
— Le Bureau international de métrologie légale (BIML), situé à En 1931, la Commission pour les symboles, les unités et la
Paris, France ; nomenclature (Commission SUN) a été créée pour promouvoir un
— le Comité international de métrologie légale (CIML) ; accord international et faire des recommandations internationales
— la Conférence internationale de métrologie légale avec un cer- dans le domaine des symboles, des unités et de la nomenclature. En
tain nombre de comités techniques (Secrétariats pilotes et Secréta- 1987, l’UIPPA a décidé de fondre la Commission SUN avec sa
riats rapporteurs). Commission des Masses Atomiques et Constantes Fondamentales.
La plus récente publication est le document IUPAP 25 (1987), Sym-
Alors que la CGPM (§ 2.1) traite essentiellement des domaines de bols, Units, Nomenclature and Fundamental Constants in Physics,
la métrologie scientifique, l’OIML traite des questions de métrologie publiée en 1987 et rédigée par la Commission SUN-AMCO.
pratique et légale.
L’OIML publie des recommandations internationales.
2.6 Union internationale de chimie pure
et appliquée (IUPAC)
2.3 Organisation internationale
de normalisation (ISO), ISO/TC 12
L’Union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC), fon-
dée en 1919, est le comité international qui représente la chimie
Créée en 1947, l’ISO regroupe (en 2005) 99 comités membres parmi les autres disciplines des sciences. Ses objectifs sont de :
(dont la France représentée par l’AFNOR) et 36 membres correspon- — promouvoir une coopération continue parmi les chimistes de
dants. Elle publie principalement des normes internationales. ses pays membres ;

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23v2 − 4 © Techniques de l’Ingénieur

14
Référence Internet
24

Unités légales et facteurs


de conversion
1
par Jean-Claude COURTIER
Ingénieur de l’École supérieure de physique et chimie industrielles (ESPCI)

1. Grandeurs, unités et symboles ............................................................. PE 24 - 1


2. Facteurs de conversion ........................................................................... — 13
Références bibliographiques .......................................................................... Doc. PE 24

ne unité de mesure est une grandeur particulière, choisie par convention


U pour pouvoir attribuer, par comparaison, des valeurs numériques à des
grandeurs de même nature.
Dans un système de grandeurs, lorsque les relations entre les unités sont les
mêmes que celles qui existent entre les grandeurs, on dit que le système d’uni-
tés ainsi formé est cohérent. C’est le cas pour le système international d’unités,
SI, pratiquement utilisé dans le monde entier et d’application légale en France.
Dans le passé, il n’en a pas toujours été ainsi. De très nombreuses unités, non
cohérentes, ont été utilisées. Certaines sont encore en usage, par exemple dans
le grand public aux États-Unis. C’est la raison pour laquelle le présent article
donne les facteurs de conversion pour les plus importantes unités hors SI, par-
fois encore utilisées.
En France même, quelques unités hors SI, souvent dans des domaines spécia-
lisés, peuvent légalement être utilisées. C’est le cas, par exemple, du carat métri-
que, dans le domaine des pierres précieuses, mais aussi de la minute, de l’heure,
du jour, dont l’usage continuera évidemment de subsister.
Parution : mai 1994

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Analyse et Caractérisation PE 24 − 1

15
Référence Internet
24

_____________________________________________________________________________________________________________________________________

1. Grandeurs, unités Le tableau 1 indique uniquement les unités légales en France,


conformément aux décrets no 82-203 du 26 février 1982 et no 85-
et symboles 1600 du 31 décembre 1985 modifiant le décret no 61-501 du 3 mai
1961 modifié [1].

Tableau 1 – Unités légales

1 Grandeurs Unités SI
Multiples et sous-
multiples décimaux Unités légales hors système
ayant un nom spécial

Sym-
Dimensions Noms et Valeurs
Noms boles Noms et symboles Noms et symboles Valeurs en SI (3)
(2) symboles en SI
(1)
Longueur , L mètre (m) mille (4) 1 852
Longueur d’onde λ L mètre (m)
Nombre d’onde σ L–1 mètre à la puissance
–1
moins un (m )
are (a) (5) 102
Aire, superficie A L2 mètre carré (m2)
hectare (ha) 104
GÉOMÉTRIE

Section efficace σ L2 mètre carré (m2) barn (b) 10–28


Volume V L3 mètre cube (m3) litre (L ou l) 10–3
tour (tr) 2π
grade (gon) π/200
Angle plan α A radian (rad) degré (o) π/180
minute (‘) π/10 800
seconde (‘’) π/648 000
Angle solide Ω Ω stéradian (sr)
Masse m M kilogramme (kg) tonne (t) 103 carat métrique (6) 2 × 10–4
unité de masse atomi-
Masse atomique ma M kilogramme (kg) que (u) 1,66054 × 10–27

Masse linéique ρ< L–1M kilogramme par mètre tex (tex)


(kg/m) 10–6
MASSE

kilogramme par mètre


Masse surfacique ρA L–2M 2
carré (kg/m )
ρ kilogramme par mètre
Masse volumique L–3M 3
cube (kg/m )

Volume massique v L3M–1 mètre cube par kilo-


3
gramme (m /kg)
ρB kilogramme par mètre
Concentration L–3M 3
cube (kg/m )
minute (min) 60
TEMPS

Temps t T seconde (s) heure (h) 3 600


jour (d) (7) 86 400
Fréquence f T–1 hertz (Hz)
(1) Les symboles des grandeurs sont ceux qui figurent dans les normes françaises.
(2) Les formules de dimensions sont établies à partir des grandeurs de base : longueur (L), masse (M), temps (T), intensité de courant électrique (I), température
thermodynamique (Θ), intensité lumineuse (J), quantité de matière (N), auxquelles sont ajoutées les grandeurs angle plan (A) et angle solide (Ω).
(3) Cf. norme X 02-051 [2]
(4) Ces unités sont uniquement utilisées pour les distances en navigation (maritime et aérienne).
(5) Ces unités ne sont utilisées que pour les surfaces agraires.
(6) Cette unité est utilisée dans le commerce des diamants, des perles fines et des pierres précieuses.
(7) Le symbole du jour est (d) sur le plan international, mais le symbole (j) est toléré en France.
(8) L’emploi du poise et du stockes devait être limité au 31 décembre 1985, le décret modificatif n’est pas (encore) paru.
(9) Cette unité est uniquement utilisée pour les pressions des fluides.
(10) Cette unité est uniquement utilisée pour la pression sanguine et la pression des fluides corporels.
(11) L’emploi des unités curie, rad et röntgen devait être limité au 31 décembre 1985, le décret modificatif n’est pas encore paru.

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PE 24 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Analyse et Caractérisation

16
Organisation et vocabulaire de la métrologie
(Réf. Internet 42421)

1– Unités de mesure 2
2– Étalons Réf. Internet page

Étalons métrologiques fondamentaux R50 19

3– Organisation française

4– Organisations internationales

5– Terminologie. Méthodes

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17
2

18
Référence Internet
R50

Étalons métrologiques
fondamentaux
par Maguelonne CHAMBON
Directrice de la recherche scientifique et technologique, LNE, Paris, France
Bruno CHAUVENET
i.p., ancien responsable du LNE-LNHB/CEA, Gif sur Yvette, France 2
Richard DAVIS
i.p., ancien responsable du département des masses, BIPM, Sèvres, France
Jimmy DUBARD
Responsable de département photonique, LNE-LCM, Trappes, France
Françoise LE FRIOUS
Chargée de programme R&D, LNE, Trappes, France
Mohamed SADLI
Responsable du pôle de métrologie thermique au LNE-LCM/CNAM, Saint-Denis, France
Sophie VASLIN-REIMANN
Responsable du pôle chimie-biologie, LNE, Paris, France
et Jean-Pierre WALLERAND
Chercheur au LNE-LCM/CNAM, Paris, France
Note de l’éditeur
Cet article est la version révisée de l’article « Étalons métrologiques fondamentaux » rédigé
en 2015 par Terry Quinn, Luc Erard, Yves Hermier, Jimmy Dubard, Bruno chauvenet,
Georges Favre, Richard Davis, Philip Tuckey, Jean-Pierre Wallerand.

1. SI : origines et développement................................................................ R 50v3 - 2


2. Temps et fréquence .................................................................................... — 5
3. Longueur ........................................................................................................ — 10
4. Masse .............................................................................................................. — 13
5. Grandeurs pour l’électricité ..................................................................... — 17
6. Température.................................................................................................. — 25
7. Quantité de matière.................................................................................... — 30
8. Grandeurs pour la photométrie ............................................................... — 35
9. Grandeurs pour les rayonnements ionisants....................................... — 37
10. Chaînes d’étalonnage................................................................................. — 42
11. Sigles, notations et symboles.................................................................. — 43
Pour en savoir plus .............................................................................................. Doc. R 50v3

n métrologie, un étalon réalise la définition d’une grandeur pour une valeur


E déterminée dans un système cohérent d’unités et avec une incertitude de
mesure associée. Il peut être un système de mesure, une mesure matérialisée ou
un matériau de référence. L’étalon sert de référence pour l’obtention des valeurs
mesurées et des incertitudes de mesure. Il permet de contrôler l’exactitude des
résultats donnés par un appareil de mesure ou d’étalonner l’appareil. L’exacti-
tude d’un résultat de mesure est l’étroitesse de l’accord entre la valeur mesurée
Parution : mars 2021

et la valeur vraie de la grandeur mesurée.

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ÉTALONS MÉTROLOGIQUES FONDAMENTAUX ___________________________________________________________________________________________

La valeur d’un étalon primaire est obtenue sans se référer à un étalon d’une
grandeur de même nature mais il peut se référer à des étalons d’autres gran-
deurs. Par exemple, une balance de pression, étalon primaire pour la pression,
peut être traçable au mètre, par des mesures de surfaces mais pas par rapport
à un autre étalon de pression.
Les origines du Système international d’unités (SI) remontent au XVIIIe siècle,
avec la création du système métrique décimal qui donna une première base
d’uniformisation des unités de mesure. Avec les évolutions scientifiques et
technologiques, particulièrement à la fin du XIXe siècle et tout au long du XXe,
un nombre important de chercheurs ont essayé de définir les unités de mesure
à partir de constantes physiques de la nature, par essence plus universelles que

2 celles issues de réalisations pratiques (comme le point triple de l’eau) ou d’arte-


facts matériels (tel que le prototype international du kilogramme étalon).
Cependant, même si la précision des unités ne cessait de s’améliorer, dans le
cadre du SI, certaines définitions d’unités restaient difficilement réalisables
voire impossibles à mettre en œuvre (l’ampère par exemple).
Tous ces éléments ont conduit la communauté des métrologues à réfléchir à
de nouvelles définitions des unités de mesure, fondées sur des constantes
physiques. Entre 1967 et 1983, trois unités (la seconde, la candela et le mètre)
ont été redéfinies par rapport à une constante physique. Puis, d’autres travaux
de recherche menés sur plusieurs décennies à travers le monde ont permis
cette nouvelle « révolution » de 2018, où le kilogramme, l’ampère, le kelvin et
la mole se basent désormais également sur des constantes physiques de la
nature. Ainsi les sept unités de base du SI ont été transformées, ouvrant de
nouvelles perspectives pour accompagner les progrès technologiques. Après
les évolutions du SI et sa dernière édition de 2018, l’article présente les princi-
paux étalons primaires de mesure réalisés pour les grandeurs physiques et
chimiques, en suivant l’ordre de définition des unités de base du SI.

1. SI : origines comparaison dont nous disposons aujourd’hui. Elles ne le sont


cependant pas du fait même de la nécessité physique. En effet, la
et développement surface de la Terre peut aussi bien se contracter en refroidissant
comme elle pourrait tout autant s’agrandir avec la chute de
météorites ; la vitesse de sa révolution peut aussi bien décroître
peu à peu, mais cela n’en changerait pas moins le fait qu’elle est
1.1 Convention du mètre et création une planète. Mais si la masse ou la durée de vibration d’une
du BIPM molécule, disons d’hydrogène, est modifiée, alors sa nature
propre en serait changée : ce ne serait plus là une molécule
Deux des idées fondamentales, issues de la création et de l’élabo- d’hydrogène. »
ration du système métrique décimal lors de la Révolution française,
furent la conviction que le nouveau système proposé devait être « Donc, si nous voulons définir les étalons de longueur, de
basé d’une part sur des notions universelles et des fondements temps et de masse absolus, il nous faudra les chercher non pas
scientifiques solides et, d’autre part, devait être disséminé non seu- dans les dimensions, le mouvement, ou encore la masse de notre
lement sur l’ensemble du territoire national mais dans le monde planète, mais en prenant des unités telles que la longueur
entier, « A tous les temps, à tous les peuples ». d’onde, la période de vibration, et la masse absolue de ces molé-
Cette dernière idée a cheminé tout a long du XIXe siècle, en particu- cules impérissables, inaltérables et parfaitement identiques. »
lier à l’occasion des expositions universelles de Londres et de Paris Dans le même temps, Max Planck, un des fondateurs de la
(respectivement en 1851, 1855 et 1867), où discussions faisant, les mécanique quantique, propose en 1899 un système basé sur
scientifiques mais aussi les politiques commencèrent à comprendre des grandeurs et unités qui pourraient être définies à partir de
les avantages d’un tel système. Outre le fait que certains pays ont constantes de la nature (tableau 1) : en particulier la vitesse de
proclamé une loi sur la métrologie et la mise en application du sys- la lumière, la constante gravitationnelle, la constante de Planck,
tème métrique décimal (comme la Suisse, les Pays-Bas, la France, par la constante de Boltzmann et la charge élémentaire électrique.
exemple) les plus éminents scientifiques du XIXe siècle s’étaient déjà
penchés sur la question de la mesure de toutes choses et de sa réali- L’idée même d’avoir des unités reliées à des constantes de la
sation. On citera, entre autres, Weber, Faraday, Maxwell, Kelvin, nature est dans la lignée de ce que souhaitaient les premiers
Rayleigh, Helmholtz, Renault. Et souvenons-nous des propos de James investigateurs et académiciens lors de l’élaboration du système
Clerk Maxwell sur les étalons absolus dans un discours de 1870 à la métrique, la plus grande universalité possible. Max Planck était
Division des mathématiques et de la physique de la British Association bien en avance sur son temps.
for the Advancement of Science à Liverpool : Mais à l’époque, les propositions faites (que ce soit celles de
« Les dimensions, la durée de la rotation de la Terre semblent Maxwell, de Planck ou d’autres) semblaient encore complexes et
parfaitement immuables si l’on devait se fier aux moyens de la mise en pratique très éloignée des préoccupations quotidiennes.

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____________________________________________________________________________________________ ÉTALONS MÉTROLOGIQUES FONDAMENTAUX

Tableau 1 – Système proposé par Max Planck

Grandeur Formule Valeur approchée

Longueur ~ 4,1 × 10–35 m

Masse ~ 5,5 × 10–8 kg

Temps ~ 1,3 × 10–43 s

Température ~ 3,5 × 1032 K

Résistance électrique R = h/e2

Nota bene : ces formules peuvent aussi être exprimées en fonction de ħ (h/2π) au lieu de h.
~ 25,8 kΩ
2
Les unités du mètre et du kilogramme étaient toujours mesurées l’on sait que la masse d’un décimètre cube d’eau devait encore être
selon les unités originelles du Mètre et du Kilogramme des vérifiée à l’époque. Au moment de leur adoption formelle lors de la
Archives. Il faut préciser que la science et la technologie n’étaient première CGPM en octobre 1889, ces nouveaux prototypes rempla-
alors pas suffisamment avancées pour mettre en place d’emblée cèrent le Mètre et le Kilogramme des Archives qui devinrent des
ces nouveaux préceptes. artefacts historiques.
Simple barre rectangulaire où le mètre correspond à la distance
entre les extrémités soi-disant plates et parallèles, le Mètre des
Archives est un « étalon à bout ». À partir de 1850, les spécialistes 1.2 Premiers pas vers les unités
en géodésie admettent qu’un étalon linéaire (dont la longueur est naturelles et abandon des artefacts
définie comme la distance entre les lignes fines gravées sur la sur-
face de la barre) lui est supérieur. En outre, ayant constaté que Peu de temps après que les nouveaux prototypes métriques aient
toutes les mesures faites à Paris, prétendument avec référence au été déposés dans le coffre-fort du BIPM, le nouveau Comité interna-
mètre, ne pouvaient être traçables au Mètre des Archives mais à tional des poids et des mesures a commencé à travailler et à réflé-
une copie conservée au Conservatoire (impérial) des arts et métiers, chir à l’avenir. À la réunion de 1891, B. A Gould, astronome
à Paris, le Mètre des Archives étant considéré comme inaccessible. américain, remarquait que « Depuis les tout débuts du Comité inter-
Avec cette insatisfaction grandissante, une conférence sur la géo- national, l’importance de la définition de la relation entre les unités
désie à Berlin est organisée en 1867 afin de définir un nouveau métriques et des constantes fondamentales de base déduites des
Mètre européen à partir d’un étalon linéaire, qui sera déposé dans phénomènes naturels n’a cessé d’être mise en avant ». Sur sa sug-
un nouveau bureau européen des poids et des mesures. gestion, le BIPM invite A. A. Michelson à venir à Paris afin de mesu-
Une controverse et un débat politique s’ensuivent presque rer la longueur d’onde de la ligne spectrale rouge du cadmium par
aussitôt, particulièrement en France. La perspective d’un accord rapport au prototype international du mètre.
international sur les étalons de mesure a donc mûri au milieu C’est chose faite entre 1892 et 1893 avec A. A. Michelson et
du XIXe siècle, et s’est ainsi que va naître la « convention du M. Benoît, alors directeur du BIPM. Leurs propres résultats sont confir-
mètre », traité diplomatique scientifique intergouvernemental, més avec une précision améliorée, de l’ordre de quelques 1 × 10–7,
signé le 20 mai 1875. par Fabry et Pérot en 1906. Néanmoins, il faudra attendre la
Un des premiers points de ce traité est la création d’un Bureau 11e CGPM, en 1960, pour décider de changer la définition du mètre
international des poids et mesures (dont l’acronyme BIPM est en une unité basée sur la longueur d’onde de la ligne orange de
identique en français et en anglais). Le BIPM est placé sous l’auto- l’atome de krypton. Des projets remarquables sont conduits au
rité du Comité international des poids et mesures (CIPM) qui BIPM dans les années 1890, notamment les travaux sur la détermi-
dépend de la Conférence générale des poids et mesures (CGPM), nation de la densité de l’eau avec une précision d’un millionième
conférence diplomatique qui rassemble tous les délégués des ou partie par million (ppm) par Chappuis et ceux de Guillaume, titu-
États membres environ tous les quatre ans, et qui comprend à ce laire du prix Nobel de physique pour sa découverte de l’Invar.
jour 63 signataires. Les résultats, confirmés à 1 ppm près par des équipes austra-
Le BIPM s’installe peu après au pavillon de Breteuil, à Sèvres, liennes en 1990, démontrent que la densité de l’eau définie par
réparé suite aux dégâts causés par la guerre franco-prussienne Lefèvre-Gineau et Fabbroni en 1794, après la mort de Lavoisier
de 1870. La construction de laboratoires débute pour abriter les sous la Révolution, n’avait que 28 ppm (partie par million) de diffé-
nouveaux prototypes métriques dont la réalisation avait débuté rence avec les valeurs actuelles. Voilà un extraordinaire exploit : la
avant même la signature de la Convention. Ces laboratoires, masse du Kilogramme des Archives n’a que 28 ppm de différence
remarquablement conçus, incorporaient toutes les idées contem- avec sa définition formelle !
poraines sur la stabilité et le contrôle des températures. Ils étaient Par la suite, un des principaux débats des années 1930 porte sur
équipés des meilleurs appareils disponibles permettant de compa- les unités électriques. Ainsi, la 8e CGPM décide, en 1933, de chan-
rer les étalons à trait et les étalons du kilogramme, d’anticiper les ger les définitions des unités électriques établies par rapport aux
besoins des scientifiques et d’y répondre. soi-disant unités internationales (adoptées en 1908 lors de la
De nouveaux prototypes métriques sont alors conçus pour cor- conférence sur l’électricité de Londres) afin d’en faire des unités
respondre au Mètre et au Kilogramme des Archives. Lors des dis- absolues reliées aux unités mécaniques que sont la longueur et la
cussions préliminaires, il fut décidé que le mètre serait défini à masse, ainsi qu’au temps. Le CIPM se voit confier l’autorité de la
partir de la longueur du nouveau prototype métrique et non définition de ces nouvelles unités absolues, une fois les mesures
comme un dixième de millionième du quadrant de la terre, et que nécessaires réalisées. C’est chose faite en 1946, avec comme
le kilogramme serait défini à partir de la masse du nouveau proto- conséquence la nouvelle définition de l’ampère, où la valeur
type et non selon la masse d’un décimètre cube d’eau, même si numérique de la constante magnétique μ0 (ou « perméabilité du

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ÉTALONS MÉTROLOGIQUES FONDAMENTAUX ___________________________________________________________________________________________

vide ») est fixée précisément à 4π × 10−7 N/A2. Toutefois, la défini- 1.3 Progrès majeurs en physique
tion adoptée est totalement impossible à mettre en pratique et
donc, les cellules Weston et les résistances bobinées, conservées
quantique et en métrologie
au BIPM, sont maintenues comme étalons de référence pour les après 1960
nouvelles unités, bien que leurs valeurs respectives aient été défi-
nies à partir de mesures absolues. La physique quantique va connaître des avancées spectacu-
laires avec la découverte de deux effets qui vont avoir un impact
En 1956, l’unité de temps (la seconde), définie par le passé essentiel en métrologie, surtout dans le domaine électrique.
comme une fraction de la journée, est changée en fraction de
l’année tropicale. Dans le même temps, et avec le développement Tout d’abord l’effet Josephson, découvert en 1962 par B. D.
croissant de la physique atomique, de nouveaux étalons de fré- Josephson (prix Nobel en 1973) permet de relier une tension
quences sont réalisés, basés sur des transitions atomiques, géné- électrique au rapport constant 2e/h, (e, charge élémentaire, et
ralement des alcalins. C’est ainsi qu’en 1967 la définition de la h constante de Planck). Le second est l’effet Hall quantique décou-
vert par Klaus von Klitzing en 1980 (prix Nobel en 1985), créant

2
seconde est une nouvelle fois modifiée mais pour une définition
atomique de la seconde établie à partir de la fréquence de la tran- une résistance électrique proportionnelle à h/e 2. Utilisé avec
sition entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’effet Josephson, ceci rend possible la définition d’un courant
l’atome de césium. Même si ce n’est pas une constante fonda- électrique lié aux effets quantiques.
mentale, c’est pour le moins un invariant de la nature. Le rapport 2e/h est alors appelé « constante de Josephson » KJ et
le rapport h/e 2 « constante de von Klitzing » RK. Il devint alors pos-
Les réflexions sur le fait d’avoir des unités basées principale- sible de produire non seulement un courant électrique, mais égale-
ment sur des constantes fondamentales de la nature sont de plus ment d’autres grandeurs électriques (en particulier la puissance) en
en plus fortes. Les avancées sur les étalons de fréquence réalisant laboratoire, à un niveau tel que les effets physiques produits étaient
la seconde vont permettre un pas supplémentaire vers ce schéma. visibles et mesurables très précisément. On peut ainsi mesurer
Les résultats sont tels qu’en 1983 le mètre va être redéfini à partir exactement la relation entre grandeurs mécaniques et grandeurs
d’une valeur numérique fixe, la vitesse de la lumière, reliant ainsi électriques au moyen d’équations quantiques précises, applicables
inévitablement le mètre et la seconde. dans des expériences macroscopiques.
Un grand pas restait à faire en particulier pour l’unité de tem- En 1976, Bryan Kibble du NPL (National Physical Laboratory,
pérature (le kelvin), la définition étant basée sur le point triple de Grande-Bretagne) s’intéresse à la manière dont les puissances
l’eau, et pour l’unité de masse (le kilogramme) qui était toujours électriques et mécaniques pourraient être comparées par le biais
définie comme la masse d’un cylindre en platine iridié, déposé d’un bras de balance unique. L’idée en principe était simple et
au pavillon de Breteuil et qui, selon toute vraisemblance, reste- toujours utilisée, il s’agit d’équilibrer la force de gravitation d’un
rait tel quel. objet, comme par exemple la masse d’un étalon d’un kilogramme,
par la force électromagnétique développée par un courant élec-
En 1971, à l’occasion de la 16e CGPM, le secrétaire du CIPM et trique passant par une bobine plongée dans un champ magné-
président du Comité consultatif des unités, Jan de Boer, déclare : tique. Le courant électrique est mesuré par le rapport d’une
« En ce qui concerne l’unité de masse, le choix d’une définition tension à une résistance reliée aux effets Josephson et Hall quan-
atomique par exemple de la masse du proton, ou bien l’unité de tique, et les grandeurs mesurées sont alors la masse, l’accéléra-
masse atomique unifiée, pourrait sembler plus naturel, mais une tion due à la gravité, la vitesse d’une bobine mobile et les
telle proposition me semble encore loin de sa réalisation, parce fréquences micro-ondes requises pour l’effet Josephson.
qu’elle nécessite une détermination de très grande précision de la Ces deux effets quantiques macroscopiques effacent l’énorme
masse du proton. » différence d’échelle entre le monde microscopique de phénomènes
quantiques et le monde macroscopique des étalons de masse du
Il remarque ensuite, à propos des unités électriques : kilogramme. L’ensemble est appelé « balance du watt ».
« Ici, de nouveau, on pourrait imaginer la charge électrique du Mais ce n’est pas tout. Les progrès de la science ont permis, dans
proton comme l’unité de charge électrique la plus naturelle ou un domaine entièrement différent, de découvrir un moyen de relier
fondamentale pour servir de base à un système universel d’uni- le kilogramme à la masse d’un atome. Dans les années 1970, en
tés, mais dans ce cas aussi, ce sont les exigences de la métrologie effet, Richard Deslattes du National Bureau of Standard (actuelle-
qui rendent une telle proposition impraticable pour mesurer avec ment le NIST, États-Unis) mesure la maille du réseau du silicium au
une très grande précision les grandeurs électriques. » moyen de rayons X et par interférométrie optique. Cette avancée
majeure permet de concevoir une expérience permettant de déter-
Et Jan de Boer de conclure :
miner avec une très grande précision le nombre d’atomes compris
« Naturellement, on pourrait se demander aussi dans ce cas s’il dans 1 kg de silicium, soit environ 215 253 842 × 1017 atomes en
n’eût pas été préférable de remplacer la définition de la mole don- mesurant un artefact au volume prédéterminé. Les grandeurs
née ici par une définition moléculaire ; mais comme dans le cas mesurées sont la maille du réseau des atomes dans un cristal de
de l’unité de masse ou de la charge électrique, cela entraînerait silicium, et le volume de l’artefact. Une nouvelle méthode est ainsi
des déterminations, telles qu’un comptage absolu des molécules mise en place qui permet de définir l’unité de masse par une
ou bien la mesure de la masse des molécules, qui ne sont pas constante fondamentale, i.e. la masse d’un atome de silicium. Cette
possibles avec une précision suffisante. » méthode est appelée « diffraction des cristaux par rayons X ».
Malgré la simplicité de ces deux approches pour une nouvelle
Aujourd’hui, le paysage est très différent car, depuis ce discours
définition du kilogramme, il faudra plus de 30 ans pour parvenir à
de 1971, les avancées de la science et de la technologie ont permis
obtenir des résultats suffisamment précis, cohérents et compa-
d’effectuer tout ce qu’il pensait, à l’époque, être irréalisable.
rables entre eux et enfin soumettre une proposition détaillée déter-
En effet, il est possible aujourd’hui de construire un système d’uni-
minant le nouveau système des unités absolues.
tés complétement absolu en redéfinissant le kilogramme, l’ampère,
le kelvin et la mole à partir de valeurs numériques fixées de Une autre conséquence bien plus immédiate à la mise en place
constantes fondamentales ou d’invariants de la nature. L’idée du des effets Josephson et quantiques dans les années 1980 et 1990,
système de Max Planck revient donc d’actualité, même si pour des compte tenu de la précision atteinte, est leur utilisation directe,
raisons scientifiques, la constante de gravitation ne sera pas propo- « hors traçabilité » aux unités du SI. En effet, à partir de ces
sée, la connaissance de l’incertitude sur sa valeur n’étant pas suffi- deux effets (dont la reproductibilité est réalisée avec une précision
sante par rapport à d’autres constantes. de 10–10, voire moins), il devient rapidement possible de conserver

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et d’assurer la maintenance des étalons de références pour le volt l’a indiqué Klaus von Klitzing lors de sa présentation « plus qu’une
et l’ohm. Leurs valeurs absolues en volt SI et ohm SI sont néan- évolution, c’est une nouvelle révolution » pour le système
moins connues seulement à quelques 1 × 10−7 et limitées avant tout métrique décimal. Cette révision est maintenant applicable à partir
par les incertitudes de détermination de la valeur de la constante du 20 mai 2019.
de Planck h. Cependant, l’utilité de ces étalons de références
basées sur les effets quantiques est telle qu’en 1990 le CIPM
adopte des valeurs conventionnelles pour KJ et RK respectivement
désignées sous KJ-90 et RK-90. Si la métrologie électrique devient
par là même beaucoup plus précise, elle est découplée des autres
2. Temps et fréquence
unités SI au plus haut niveau de précision.
Par ailleurs, les communautés scientifiques en lien avec la
chimie et la biologie signifient leur besoin de quantifier la matière. 2.1 Références astronomiques
En effet, si au début du XXe siècle peu d’éléments étaient concer- et atomiques
nés par les développements industriels, ce n’est plus le cas dans
les années suivant la Seconde Guerre mondiale. La quantité de
matière n’est pas qu’une mesure de pesage, elle doit intégrer la
La métrologie du temps et des fréquences mêle intimement les
notions d’unité de temps, qui permet de mesurer des durées ou
2
« qualité de l’élément concerné ». Le CIPM propose alors d’ajouter intervalles de temps, et d’échelle de temps, référentiel qui permet
une nouvelle unité de mesure, et en 1971 la mole, unité de quan- de situer des événements dans le temps.
tité de matière, complète le SI. La mole est alors fondée sur
Le temps a longtemps été mesuré par des méthodes héritées de
l’atome de carbone 12, définition qui elle aussi se tournera vers
l’astronomie, notamment, pour des applications civiles, sur la
une définition basée sur une constante fondamentale par la suite.
base du mouvement du Soleil dans le ciel, qui est relié à la rota-
tion de la Terre autour de son axe. Un exemple important de ce
type d’échelle est le temps universel (UT), qui désigne le temps
1.4 La nouvelle « révolution » de 2018, solaire moyen au méridien de Greenwich et qui remplace le plus
le SI et les constantes fondamentales ancien et ambigu temps moyen de Greenwich (GMT). Dans cette
échelle, la seconde est définie comme la fraction 1/86 400 du jour
On peut se demander, en toute légitimité, comment la valeur solaire moyen. UT admet plusieurs versions qui diffèrent légère-
d’une constante fondamentale peut être fixée arbitrairement ment entre elles, dont UT1 qui exprime, sous forme de temps,
quand, de par sa nature même, sa valeur doit être définie et l’angle de rotation de la Terre dans un certain référentiel céleste.
stable. Il faut donc bien distinguer la valeur d’une constante fixée
Aux XIXe et XXe siècles, il a été démontré que la durée du jour
par la nature de sa valeur numérique, qui dépend de l’amplitude
solaire moyen subit des fluctuations à l’échelle de la milliseconde,
de l’unité dans laquelle nous décidons de la mesurer. Prenons,
avec une tendance à augmenter à long terme, correspondant à un
par exemple, la vitesse de la lumière qui est une constante de la
ralentissement de la rotation de la Terre (voir « Pour en savoir
nature identique en tout point, mais dont la valeur numérique
plus », rubrique Sites Internet). Par conséquent, les durées des
dépend de l’amplitude de nos unités de temps et de longueur. La
secondes, minutes, heures et jours du temps universel ne sont
vitesse de la lumière est généralement formulée sous cette
pas constantes dans le temps. Pour cette raison l’Union astro-
forme :
nomique internationale (UAI) a adopté en 1952 le temps des
éphémérides (ET), échelle basée sur le mouvement de la Terre
dans son orbite autour du Soleil. L’origine de l’ET a été définie en
Elle peut aussi être formulée en kilomètre par heure : attribuant une datation (date et heure) conventionnelle (1900 jan-
c = 1 079 252 848,8 km/h. vier 0 d 12 h ET) au moment où la longitude moyenne du Soleil a
À une valeur donnée pour une seconde en SI, il est évident que pris la valeur 279°41’48,04". L’unité de l’ET était la durée de l’année
la valeur numérique de la vitesse de la lumière dépend de la gran- tropique pour cette même époque. En 1956, le Comité internatio-
deur de l’unité de longueur ou de temps choisie pour le calcul. nal des poids et mesures (CIPM) a proposé une nouvelle définition
de la seconde, comme la fraction 1/31 556 925,974 7 de cette
C’est la méthode par laquelle les unités fondamentales du nou- durée (adoptée par la Conférence générale des poids et mesures
veau SI sont désormais définies. Nous donnons les valeurs numé- (CGPM) en 1960). La durée de la seconde ainsi définie a été choisie
riques d’une série de constantes fondamentales ou d’invariants de pour être identique, à l’incertitude près, à celle utilisée précédem-
la nature, de sorte que les sept unités de base du SI soient ainsi ment qui, pour des raisons historiques, était égale à la seconde du
définies. Pour ce qui est du kilogramme, par exemple, défini selon temps solaire moyen dans une période autour de l’an 1820.
une valeur numérique fixe de la constante de Planck, nous savons
que celle-ci est exprimée en unités joule-seconde ou J·s ainsi for- Au cours de la première moitié du XXe siècle, des horloges qui
mulée : kg·m2·s−1. La seconde a déjà été donnée comme valeur mesurent le temps en comptant les oscillations d’un oscillateur
numérique pour la fréquence d’une transition entre les deux électrique à résonateur macroscopique ont été développées, avec
niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium, et des performances compétitives avec celles des échelles de temps
le mètre comme une valeur numérique fixe pour la vitesse de la astronomiques et pouvaient les dépasser dans certains cas.
lumière. Ainsi, définir la valeur numérique pour la constante de Toutefois, leur dépendance à un résonateur macroscopique les
Planck revient à définir le kilogramme. empêche de définir une unité de temps universelle et reproduc-
tible, et conduit à des phénomènes de vieillissement. Ces limita-
L’ampère, le kelvin et la mole sont définies selon des valeurs tions ont été affranchies en faisant appel à des transitions
fixes pour la charge élémentaire e, comme la constante de atomiques en tant que références de fréquence. Les fréquences
Boltzmann k et la constante d’Avogadro NA respectivement. L’unité associées à ces transitions sont des constantes de la Nature, selon
photométrique candela diffère du fait que sa définition dépend d’un les connaissances scientifiques actuelles, ayant un lien direct à
facteur de conversion biologique lié à la puissance optique perçue quelques constantes fondamentales. Des instruments ont donc
par l’œil, et elle est déjà définie comme le rapport fixe de lumens été développés qui asservissent un oscillateur électrique (ou
par watt. autre) à une telle référence atomique ; ils s’appellent étalons ato-
La 26e Conférence générale des poids et mesures (CGPM) de miques de fréquence ou horloges atomiques. Ils constituent la
2018 a voté cette révision complète du SI en intégrant les nou- base de la métrologie temps-fréquence moderne (voir [R 682]
velles définitions pour le kilogramme, l’ampère, le kelvin et la pour une revue des oscillateurs macroscopiques et horloges
mole à partir de constantes fondamentales de la nature, et comme atomiques).

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Notons enfin qu’il y a une relation forte entre temps et fré- La durée de la seconde ainsi définie est identique à la seconde
quence, et entre les unités de ces deux quantités. La réalisation définie en 1956 à partir du temps des éphémérides, à l’incertitude
d’une référence de fréquence – un signal périodique de fréquence près de cette dernière.
connue – permet de réaliser et de mesurer des durées de temps,
par comptage de ses oscillations. De même, la réalisation d’une
durée de temps connue permet de mesurer la fréquence de 2.2.2 Réalisation de la seconde :
signaux périodiques, par comptage. Ainsi la réalisation du hertz étalons primaires de fréquence
est équivalente à la réalisation de la seconde. Par ailleurs, un éta- La seconde est réalisée par des étalons de fréquence qui asser-
lon de fréquence définit implicitement une échelle de temps (spé- vissent la fréquence d’un oscillateur macroscopique à la fréquence
cifique à l’instrument) par la phase du signal qu’il produit, et est de transition de l’atome de césium qui définit la seconde. Grâce à
souvent appelé informellement « horloge », bien qu’il faille lui cet asservissement, la fréquence fournie par un tel étalon est
associer un système de comptage et d’affichage pour constituer connue avec une très bonne exactitude. Les étalons primaires de
une vraie horloge, qui donne l’heure. fréquence actuels, qui fournissent la réalisation la plus exacte de la

2 2.2 Définition et réalisation


seconde, sont les fontaines atomiques à césium [R 1 792]. Leur
spécificité est d’exploiter les méthodes de refroidissement et de
manipulation d’atomes par laser, ce qui permet de réduire signifi-
de la seconde cativement les perturbations des niveaux atomiques par rapport à
d’autres techniques. De nombreux effets systématiques peuvent
déplacer la fréquence de transition de l’atome. Ces déplacements
2.2.1 Définition de la seconde doivent être quantifiés théoriquement et expérimentalement afin
de connaître leur contribution à l’erreur de fréquence de l’étalon.
L’unité de base du SI pour le temps est la seconde. La définition Tout déplacement déterministe peut être corrigé soit dans le signal
adoptée par la CGPM en 1967, « la seconde est la durée de physique généré par l’étalon, soit par post-traitement des mesures
9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition effectuées à l’aide de l’étalon. Ainsi ce sont les incertitudes des
entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome effets systématiques qui limitent l’exactitude de l’étalon. Une
de césium 133 » a été modifiée sur la forme lors de la CGPM de dizaine de fontaines atomiques à césium ont été développées et
2018, suite à la révision du SI (révision qui a porté essentiellement sont opérées par quelques laboratoires de métrologie autour du
sur le kelvin, le kilogramme, l’ampère et la mole). La définition de monde, dont trois au LNE-SYRTE (LNE-Systèmes de référence
la seconde n’a donc pas changé fondamentalement mais est expri- temps-espace), laboratoire chargé de la réalisation nationale française
mée différemment et comme il suit : de la seconde.
Les performances d’un étalon de fréquence peuvent être carac-
térisées par :
« La seconde, symbole s, est l’unité de temps du SI. Elle est
– son erreur de fréquence, c’est-à-dire l’écart entre sa fréquence
définie en prenant la valeur numérique fixée de la fréquence
et sa fréquence nominale, entendue erreur moyenne sur une
du césium, ΔνCs, la fréquence de la transition hyperfine de
longue durée. En métrologie temps-fréquence, cette grandeur est
l’état fondamental de l’atome de césium 133 non perturbé,
communément appelée exactitude (ou inexactitude), cette termi-
égale à 9 192 631 770 lorsqu’elle est exprimée en Hz, unité
nologie est utilisée par la suite ;
égale à s–1. »
– sa stabilité (ou instabilité) qui exprime son bruit de fréquence
en fonction de la durée de mesure, représenté notamment par la
déviation d’Allan (voir [R 681]).
Cette définition implique la relation exacte :
Ces deux grandeurs sont typiquement exprimées en valeur sans
dimension, relative à la fréquence nominale de l’étalon. Les meil-
leures exactitudes atteintes par les fontaines à césium sont de
En inversant cette relation, la seconde est exprimée en fonction de l’ordre de 1,5 à 2,5 × 10−16. Les meilleures stabilités sont de 2
la constante ΔνCs : à 3 × 10−14 pour 1 s de mesure, 2 à 3 × 10−16 après 1 jour, 1 × 10−16
au-delà de 10 jours.
Une génération précédente d’étalons de fréquence, basée sur
l’utilisation d’un jet thermique d’atomes de césium, peut encore
être considérée comme des étalons primaires de fréquence. Deux
Il résulte de cette définition que la seconde est égale à la durée étalons de ce type sont toujours opérés par le laboratoire national
de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la tran- de métrologie allemand, avec une exactitude qui atteint 8 × 10−15.
sition entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de Un grand nombre d’étalons de fréquence commerciaux à jet
l’atome de césium 133 non perturbé. d’atomes de césium sont également utilisés par des laboratoires
Cette définition est équivalente à l’affirmation que la fré- de métrologie et en industrie. Les plus performants ont une exac-
quence associée à la transition entre les deux niveaux hyperfins titude meilleure que 5 × 10−13 et une stabilité inférieure à 1 × 10−14
de l’état fondamental de l’atome de césium 133 est exactement après 5 jours.
9 192 631 770 Hz. Il est entendu que la fréquence spécifiée est
celle de la transition atomique non perturbée. En appliquant la 2.2.3 Oscillateurs et étalons secondaires
définition, toute perturbation due aux interactions fondamen- de fréquence
tales ou au mouvement de l’atome devra être minimisée autant
que possible et/ou corrigée. Notons que la gravitation induit un Les oscillateurs à résonateur macroscopique ont déjà été cités
décalage de fréquence qui est universel (indépendant du type [R 682]. Ils ont typiquement une bonne stabilité à court terme
d’horloge) et qui ne peut être réduit par aucun blindage. Cet (quelques secondes) et sont des étalons de fréquence suffisants
effet doit être pris en compte lors de comparaisons entre hor- pour beaucoup d’applications. Il existe également de nombreux
loges situées à des endroits de potentiel gravitationnel diffé- types d’étalons atomiques de fréquence pour lesquels des déplace-
rents. Il représente un décalage relatif de fréquence de 1 × 10−16 ments de fréquence importants et peu reproductibles empêchent
par mètre de déplacement vertical à la surface de la Terre, qui d’atteindre une très bonne exactitude, mais qui sont également très
devient très important dans certaines applications telles que la utiles pour de nombreuses applications. Citons les masers à hydro-
navigation par satellites. gène, référencés à une transition à environ 1,5 GHz, dont la stabilité

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____________________________________________________________________________________________ ÉTALONS MÉTROLOGIQUES FONDAMENTAUX

peut descendre vers 1 × 10−15 après un jour. Citons aussi les horloges cet article, d’autres transitions ont également été recommandées
à rubidium en cellule (transition à 6,8 GHz environ), ayant des avan- comme représentations secondaires de la seconde, toutes des
tages en encombrement et coût. Pour certaines applications, ces transitions optiques, s’étalant de 429 THz à 1 121 THz.
étalons secondaires de fréquence peuvent être étalonnés régulière-
ment par rapport à des étalons primaires. En France, le LNE-LTFB
(LNE-Laboratoire temps-fréquence de Besançon) apporte son 2.3 Échelles de temps
concours pour rendre accessible aux utilisateurs la réalisation
nationale de la seconde du LNE-SYRTE.
Une échelle de temps peut être réalisée en comptant le temps
écoulé, en secondes du SI, depuis une origine choisie. Une hor-
2.2.4 Représentations secondaires de la seconde loge est donc schématiquement l’association d’un compteur à un
étalon de fréquence. Quand l’étalon de fréquence est atomique,
Depuis plusieurs décennies, de nombreux laboratoires tra- et plus particulièrement quand il est basé sur la transition du
vaillent sur le développement d’étalons de fréquence basés sur

2
césium qui définit la seconde, l’échelle est dite atomique. Notez
des transitions atomiques ou ioniques dont la fréquence se situe que les fluctuations de fréquence de l’étalon au cours du temps
dans la gamme optique, soit 4 à 5 ordres de grandeur plus élevée font que les secondes qui composent l’échelle n’ont pas toutes
que la fréquence de la transition du césium qui définit la seconde. la même durée, bien que chacune soit une réalisation de la
Cette augmentation de fréquence doit permettre à ces horloges seconde du SI. Cette observation s’applique à tout intervalle de
optiques d’atteindre des exactitudes meilleures par plusieurs temps réalisé par l’échelle, et l’on caractérise la stabilité de
ordres de grandeur que celle des étalons primaires actuels. La l’échelle par le niveau relatif de ces fluctuations en fonction de la
découverte des peignes de fréquences optiques, et leur généralisa- durée considérée.
tion dans les années 2000, a énormément facilité les mesures
impliquant des fréquences optiques et a conduit à des progrès Le temps est rarement exprimé directement en nombre de
rapides des horloges optiques. Plusieurs de ces étalons ont déjà secondes écoulées. Il est exprimé plus habituellement en termes
une incertitude de leurs effets systématiques inférieure à 1 × 10−17, de :
et certaines sont même au niveau de quelques 1 × 10−18. Il reste – date, qui identifie le jour en cours selon un calendrier ;
toutefois à effectuer des comparaisons entre ces étalons de fré- – et d’heure, soit les nombres d’heures, minutes et secondes (en
quence pour s’assurer de ces valeurs. Notez bien que cela nombre décimal) écoulées pendant ce jour.
n’implique pas que ces étalons puissent réaliser la seconde Certaines représentations du temps par le nombre (décimal) de
actuelle du SI avec ce niveau d’incertitude. En effet, pour réaliser la jours écoulés depuis une origine, telles que le jour julien et le jour
seconde avec une horloge optique, il faudrait connaître la fré- julien modifié (MJD), sont utilisées couramment. En plus d’un affi-
quence de sa transition de référence par rapport à la définition chage ou autre communication de la date et de l’heure, pour de
actuelle de la seconde, et la connaissance de cette fréquence est nombreuses applications une échelle de temps doit être matériali-
limitée par l’exactitude des étalons primaires actuels. En revanche, sée par un signal périodique de fréquence 1 Hz, dont un aspect
si la seconde était redéfinie en termes de cette transition optique, caractéristique, tel un front montant rapide, définit précisément le
sa réalisation serait immédiatement améliorée. À la date d’écriture début de chaque seconde. Dans ce cas on parle d’échelle physique,
de cet article il serait prématuré de choisir une nouvelle définition c’est-à-dire matérialisée par un signal physique.
de la seconde basée sur une ou plusieurs transitions atomiques
optiques, mais une telle redéfinition paraît probable dans les Plus généralement, une échelle de temps peut être réalisée en
années à venir. effectuant des comparaisons répétées entre plusieurs horloges et
en calculant une moyenne pondérée des échelles des horloges
Depuis 2004, le Comité consultatif temps fréquence (CCTF) met
individuelles. Dans cette approche on parle d’horloge composite et
en place des jalons pour préparer à ce changement de définition,
d’échelle composite. Le résultat du calcul exprime l’échelle compo-
notamment en proposant un certain nombre de transitions ato-
site en donnant son écart par rapport à chaque horloge partici-
miques et ioniques comme représentations secondaires de la
pante au cours du temps. L’échelle composite peut ne pas avoir de
seconde (recommandées ensuite par le CIPM). Ce sont des transi-
réalisation physique directe – dans ce cas, on la caractérise comme
tions dont la fréquence a été mesurée avec une incertitude qui
une échelle « papier » – mais elle est accessible physiquement via les
n’est pas beaucoup plus élevée que l’exactitude des étalons pri-
horloges individuelles qui la composent.
maires de fréquence actuels et dont l’utilité pour des étalons de
fréquence est reconnue. Une valeur recommandée de fréquence L’échelle de temps la plus importante pour les applications
est attribuée à chaque transition, ainsi qu’une valeur recomman- civiles est le temps universel coordonné (UTC). C’est la réfé-
dée de l’incertitude de cette fréquence, qui inclut une marge de rence du temps légal dans de nombreux pays, dont la France,
précaution par rapport aux incertitudes des mesures de fréquence en ajoutant le décalage horaire approprié. UTC est défini par le
disponibles. Ces transitions sont intégrées dans une liste globale secteur des radiocommunications de l’Union internationale des
de valeurs de fréquences étalons recommandées par le CIPM et télécommunications (UIT-R), pour les émissions de fréquences
destinées à la mise en pratique de la définition du mètre ou aux étalon et de signaux horaires. UTC est réalisé par le BIPM, en
représentations secondaires de la seconde (voir « Pour en savoir prenant en compte une consigne du Service international de la
plus », rubrique Sites Internet). rotation terrestre et des systèmes de référence (IERS), en parti-
Ces représentations secondaires de la seconde donnent lieu à culier son centre des paramètres d’orientation de la Terre, situé
une nouvelle classe d’étalons secondaires de fréquence. Leur à l’Observatoire de Paris (voir « Pour en savoir plus », rubrique
exactitude est obtenue directement de leur transition atomique de Sites Internet). La réalisation de UTC comporte trois grandes
référence, en utilisant la valeur de fréquence recommandée. Pour étapes :
certains d’entre eux, l’incertitude recommandée de cette fré-
■ Échelle atomique libre (EAL)
quence est la plus grande contribution à leur incertitude totale de
fréquence. La première représentation secondaire de la seconde, Environ 450 horloges atomiques commerciales, notamment
recommandée en 2004, a été la transition hyperfine de l’état fon- horloges à jet de césium et masers à hydrogène, sont exploitées
damental du rubidium, à 6,8 GHz environ. Il ne s’agit pas d’une par environ 90 laboratoires temps-fréquence autour du monde.
transition optique, mais cette transition est mise en œuvre dans Elles sont comparées régulièrement avec une échelle locale de
une fontaine atomique à rubidium au LNE-SYRTE, et cette réalisa- chaque laboratoire (voir UTC(k) ci-dessous), et ces échelles de
tion de la seconde est prise en compte au niveau mondial laboratoire sont comparées entre elles. L’ensemble de ces don-
depuis 2013, démontrant des démarches qui devront être accom- nées sont communiquées mensuellement au BIPM, qui s’en sert
plies à l’avenir pour les horloges optiques. À la date d’écriture de pour calculer une échelle composite papier, EAL. EAL est calculée

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ÉTALONS MÉTROLOGIQUES FONDAMENTAUX ___________________________________________________________________________________________

une fois par mois, pour le mois précédent, à raison d’une valeur retard de 10 secondes par rapport au TAI. Depuis, ce retard est
tous les cinq jours. Environ 25 horloges atomiques en France par- monté à 37 secondes depuis le 1er janvier 2017.
ticipent à EAL. Elles appartiennent (en 2019) à neuf laboratoires et
UTC est une échelle atomique dont les secondes réalisent préci-
industriels et leurs données sont centralisées par le LNE-SYRTE
sément la seconde du SI, mais dont l’heure reste proche de UT1.
pour transmission au BIPM.
L’utilisation d’UTC comme base pour le temps légal permet de
■ Temps atomique international (TAI) garder une relation proche entre temps légal et temps solaire
moyen, ce qui est considéré comme utile pour certaines applica-
Les étalons primaires de fréquence sont mis en œuvre aussi sou- tions telles que la navigation astronomique. De plus, la réalisation
vent que possible par les instituts concernés, pour mesurer les fré- d’UTC comporte sa diffusion autour du monde, ainsi que celle de
quences de certaines des horloges qui participent à EAL. Ces la seconde telle que réalisée par les étalons primaires. En effet,
données sont fournies au BIPM et permettent de calculer l’erreur de tous les laboratoires temps fréquence qui participent à UTC y sont
la durée moyenne de la seconde d’EAL par rapport à la seconde raccordés, via leur échelle de référence locale (voir UTC(k) ci-
du SI, dite « erreur de fréquence », pour le mois concerné. Un fac-

2
dessous). Le BIPM diffuse les résultats du calcul de UTC via la cir-
teur de correction est appliqué à EAL pour réaliser le TAI, afin que culaire T, mise à disposition librement sur un serveur FTP (voir
la seconde du TAI soit très proche de celle réalisée par les étalons « Pour en savoir plus », rubrique Sites Internet). Cela établit la
primaires. L’erreur de fréquence résiduelle de TAI est calculée et est traçabilité à UTC au sens de l’arrangement de reconnaissance
typiquement (en 2019) inférieure à 2 × 10−16. Sa stabilité est compa- mutuelle (MRA), élaboré par le CIPM, pour les laboratoires qui
rable à cela sur un mois, et autour de quelques 1 × 10−16 à très long participent au CIPM MRA.
terme (années).
Notez que UTC est irrégulier au sens où ses minutes, heures et
Le TAI est une échelle de temps importante pour des applica- jours n’ont pas tous les mêmes durées. Certaines minutes ont une
tions scientifiques. Sa définition a été donnée par le Comité durée de 61 secondes, certaines heures 3 601 secondes et certains
consultatif pour la définition de la seconde (CCDS, appelé mainte- jours 86 401 secondes. Cela rend difficile le calcul de l’intervalle
nant CCTF) en 1970 (et adoptée par le CGPM en 1971), puis amé- qui sépare deux dates UTC, lequel nécessite la liste des dates des
liorée par la suite (voir « Pour en savoir plus », rubrique Sites secondes intercalaires. Depuis 2001, l’UIT-R étudie la question de
Internet). Aujourd’hui le TAI est considéré comme une réalisation la nécessité de la synchronisation entre UTC et temps solaire
du temps coordonné d’un certain système de coordonnées, défini moyen et si celle-ci justifie la complexité que le mécanisme des
en prenant en compte la relativité générale, dont l’unité de temps secondes intercalaires impose aux systèmes automatiques.
coïncide avec la seconde du SI sur le géoïde, surface qui repré-
sente le niveau moyen des mers. Ainsi le TAI est relié à des Un certain nombre d’autres échelles de temps importantes sont
échelles de temps utilisées en astronomie, dont le temps terrestre décrites par la suite :
(TT), lui-même relié à une continuation moderne et améliorée du
temps des éphémérides. ■ UTC(k)
Le TAI est subdivisé en minutes, heures, jours selon la règle UTC a certaines spécificités :
normale, 1 min = 60 s, 1 h = 60 min = 3 600 s, 1 d = 24 h = 86 400 s. – c’est une échelle calculée, sans réalisation physique directe.
Le TAI n’est pas considéré comme approprié pour des applica- Toutes les horloges qui contribuent à UTC sont raccordées à UTC,
tions civiles telles que la définition du temps légal, car non syn- ainsi leurs signaux physiques réalisent UTC avec un écart connu
chronisé avec le temps solaire. En effet, dû au ralentissement de mais limité par l’incertitude du raccordement. Les datations faites
la rotation de la Terre, la journée de UT1 a une durée plus longue avec les échelles de temps de ces horloges peuvent être transfor-
que celle du TAI d’environ 1,6 ms, en moyenne sur les derniers mées en UTC, en soustrayant cet écart ;
45 ans. Par conséquent, UT1 (exprimé en ses propres unités de – UTC est calculé une fois par mois, pour le mois précédent,
jours, heures, minutes et secondes) prend continuellement du ainsi il est impossible d’accéder à UTC en temps réel. Un délai de
retard par rapport à TAI. L’IERS surveille et publie régulièrement six semaines au maximum est nécessaire pour pouvoir post-traiter
l’écart entre TAI et UT1, qui valait environ 10 s au début de des datations et les transformer en UTC.
l’année 1972 et environ 37 s début 2017 (voir « Pour en savoir
plus », rubrique Sites Internet). Pour prendre en compte ces spécificités, les laboratoires parti-
cipant à UTC réalisent généralement une échelle de temps locale
■ Temps universel coordonné (UTC) qui est une prédiction en temps réel de UTC. Ces échelles sont
appelées les UTC(k), où k identifie chaque laboratoire. En pra-
UTC repose exactement sur la même suite d’intervalles d’une
tique et selon les missions du laboratoire concerné, UTC(k) rem-
seconde que le TAI, mais change la façon de les décompter en
place UTC comme référence commune de temps, pour le temps
minutes, heures et jours, de manière à rester synchronisé approxi-
légal, les liens internationaux, etc. Toute mesure faite à l’aide
mativement avec UT1. Pour cela, UTC inclut occasionnellement
d’un UTC(k) peut être corrigée par post-traitement si besoin, une
une minute qui dure 61 secondes, au lieu de 60. À chaque occur-
fois que UTC a été calculé. UTC(k) est généré en ajoutant une
rence d’une telle minute, l’heure UTC prend une seconde de
correction à l’échelle d’une des horloges du laboratoire, dans le
retard par rapport à l’heure du TAI. Cette astuce permet de faire
but de compenser au mieux son écart prédit par rapport à UTC.
en sorte que UTC suive approximativement le retard de UT1 par
Les UTC(k) ne sont pas pris en compte dans le calcul de EAL et
rapport au TAI. Ce procédé est appelé « insertion d’une seconde
donc de UTC, qui repose sur les horloges non corrigées des
intercalaire ».
laboratoires.
L’IERS surveille l’évolution de l’écart UTC-UT1 et décide à quel
Pour la France, cette référence opérationnelle est le temps uni-
moment une seconde intercalaire doit être insérée dans UTC, afin
versel coordonné de l’Observatoire de Paris, UTC(OP), réalisé par
de garder cet écart toujours dans les limites de ± 0,9 s, spécifiées
le LNE-SYRTE. UTC(OP) est réalisé à partir d’un maser à hydro-
par l’UIT-R. La minute de 61 secondes est toujours la dernière d’un
gène, dont le signal de sortie est corrigé grâce aux mesures de sa
mois ; historiquement cela a toujours été à la fin juin ou fin
fréquence, effectuées régulièrement par les étalons primaires du
décembre. L’IERS est tenu d’annoncer les secondes intercalaires au
laboratoire.
moins huit semaines à l’avance ; en effet, il est difficile de les pré-
dire très longtemps à l’avance ceci dû aux fluctuations complexes L’exactitude des UTC(k) varie beaucoup ; les quelques meil-
de la durée du jour solaire moyen. La définition de UTC prévoit leurs, dont UTC(OP), prédisent UTC avec une erreur de quelques
également la possibilité d’une minute de 59 secondes, afin de pou- nanosecondes. UTC(OP) matérialise le temps légal français en
voir rattraper une avance éventuelle de UT1 sur le TAI, mais cette temps réel, en ajoutant le décalage horaire nécessaire : 1 h en
possibilité n’a jamais été utilisée. Au début de 1972, UTC avait un hiver et 2 h en été, en France métropolitaine.

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■ UTC rapide (UTCr) ficile techniquement, mais peut en général être réalisée avec une
Depuis le 1er juillet 2013, le BIPM publie chaque semaine une incertitude qui reste petite par rapport aux incertitudes des hor-
prédiction dite « rapide » de UTC. UTCr est publié chaque mer- loges. Pour des comparaisons entre des horloges qui sont géogra-
credi avant 18 h et donne une réalisation approximative de UTC phiquement éloignées, on peut se servir d’une spécificité de ce
pour la semaine calendaire précédente (lundi à dimanche), à rai- domaine de métrologie, qui est qu’une fréquence ou un temps
son d’une valeur par jour (voir « Pour en savoir plus », rubrique peut être transmis sur de longues distances par des signaux élec-
Sites Internet). UTCr est réalisé à partir des données d’une partie triques ou électromagnétiques, avec une très bonne précision.
des horloges (~ 60 %) qui contribuent à UTC, dont les données Cela a permis la mise en place de l’infrastructure mondiale de
sont fournies quotidiennement au BIPM. Le pilotage de fréquence référence en temps-fréquence, composée de centaines d’étalons
de UTCr n’est pas basé sur les étalons primaires mais sur l’histo- de fréquence et d’horloges, qui fonctionnent en continu et sont
rique de l’écart entre UTCr et UTC. UTCr prédit UTC avec une comparés entre eux en continu, sans devoir être déplacés. Toute-
erreur typiquement de moins de 2 ns, et fournit ainsi aux utilisa- fois les perturbations qui interviennent lors de la propagation des
teurs une très bonne prédiction de UTC, disponible avec un délai signaux pour les comparaisons ne sont pas négligeables, et
de 10 jours au maximum.
■ Échelles de temps atomique nationales
constituent une limitation certaine.
La méthode la plus répandue pour les comparaisons d’horloges
à longue distance entre instituts de métrologie s’appuie sur la
2
Plusieurs instituts de métrologie réalisent une échelle de temps réception des signaux GNSS (Global Navigation Satellite Systems),
atomique composite, en principe similaire au TAI mais basée sur en particulier GPS, GLONASS et Galileo. Ces signaux permettent
un plus petit ensemble d’horloges et avec un calcul indépendant au laboratoire qui les reçoit de mesurer l’écart entre l’échelle de
de celui du TAI. Ces échelles visent essentiellement une bonne temps système du GNSS et sa propre échelle de temps. Ensuite,
exactitude et stabilité de fréquence (durée de la seconde) et le calcul de la différence entre les écarts mesurés par deux insti-
peuvent être utilisées comme référence de fréquence en complé- tuts permet d’éliminer l’échelle système GNSS et d’obtenir l’écart
ment à UTC(OP) ou à des étalons primaires. En France, le LNE- entre les échelles de temps des deux instituts. Il existe plusieurs
SYRTE utilise les données des 25 horloges qui contribuent à EAL, variations de cette méthode, selon les capacités des récepteurs
combinées avec les mesures de ses étalons primaires, pour calcu- GNSS utilisés et l’analyse des données appliquée. Au mieux, cette
ler le temps atomique français (TA(F)). L’erreur de fréquence esti- méthode permet d’atteindre une incertitude de quelques nano-
mée de cette échelle est typiquement de quelques 1 × 10−16. secondes en comparaison de temps, limitée par les erreurs systé-
matiques (étalonnage des délais des antennes et récepteurs), et
■ Échelles de temps des systèmes de navigation par satellites
autour de 1 × 10−15 d’incertitude en fréquence relative après un
De nombreux systèmes industriels et infrastructures ont besoin jour de mesure, limitée par le bruit. La périodicité de 5 jours du
de fonctionner en temps réel avec une base commune de temps calcul de UTC sert à limiter la contribution du bruit de comparai-
(synchronisation) ou de fréquence (syntonisation). Cela leur son par GNSS, pour les liens les moins performants.
impose de réaliser, explicitement ou implicitement, leur propre
référence de temps ou de fréquence, qui devient parfois visible à En France cette méthode est utilisée pour les comparaisons
leurs utilisateurs. Des exemples bien connus sont les échelles de quotidiennes entre le LNE-SYRTE et les autres laboratoires et
temps interne des systèmes de navigation mondiale par satellites industriels qui participent à UTC et au TA(F). Ainsi, ces labora-
(GNSS, pour Global navigation satellite systems), tels que GPS toires et industriels sont raccordés quotidiennement à UTC(OP).
(États-Unis), GLONASS (Russie), Galileo (Europe, non encore Le LNE-LTFB utilise également cette méthode pour fournir un rac-
pleinement opérationnel). L’échelle de temps système du GPS est cordement continu en fréquence à d’autres utilisateurs.
réalisée à partir d’un ensemble d’horloges propres à ce système, Notons une autre possibilité pour l’exploitation des signaux
et est pilotée régulièrement sur l’excellente prédiction d’UTC réa- GNSS. En effet, dans le cas du GPS, ces signaux transportent non
lisée par l’Observatoire naval des États-Unis (UTC(USNO)), sans seulement le temps GPS, mais aussi des informations sur son
toutefois prendre en compte les secondes intercalaires. Pour des écart par rapport à UTC(USNO). Certains récepteurs GPS peuvent
raisons historiques, l’heure du temps GPS est décalée (en retard) exploiter ces signaux pour fournir une réalisation temps réel de
de celle du TAI d’environ 19 s, et en avance de UTC d’une valeur UTC(USNO), ou une référence de fréquence via un oscillateur dis-
qui varie avec les secondes intercalaires. Les secondes du temps cipliné par GPS. Sujets au comportement du récepteur, ces
GPS sont alignées avec celles de TAI/UTC à quelques nanose- signaux peuvent être de très bonne qualité, par exemple une
condes près. erreur de quelques dizaines de nanosecondes pour la réalisation
de UTC. Toutefois cette utilisation ne peut établir en soit une
■ Temps terrestre du BIPM (TT(BIPM)) traçabilité à UTC au sens du CIPM MRA, car l’USNO ne participe
TT(BIPM) est une réalisation du temps terrestre (TT). Chaque pas à cet accord.
année, le BIPM ré-analyse l’ensemble des données ayant été uti-
lisées pour TAI depuis 1993, pour générer une nouvelle échelle, Une quinzaine d’instituts de métrologie au monde utilisent
TT(BIPMxx), qui remplace la précédente sur toute sa période également une autre méthode de comparaison, fondée sur
historique. C’est certainement l’échelle de temps la plus exacte l’échange de signaux via des satellites de télécommunications,
et stable sur le long terme. Depuis 2012, son erreur de fré- appelée TWSTFT pour two-way satellite time and frequency
quence relative et sa stabilité à très long terme sont estimées transfer. Le fait d’échanger des signaux dans les deux sens,
à 2 à 3 × 10−16. quasi-simultanément, conduit à l’annulation partielle de certaines
sources d’erreur et permet d’atteindre une incertitude autour de
la nanosecondes en comparaison de temps. L’incertitude relative
en comparaison de fréquence est comparable à celle obtenue
2.4 Comparaisons d’horloges avec la méthode GNSS.
à distance et diffusion
Les méthodes GNSS et TWSTFT sont utilisées pour les comparai-
de références temps-fréquence sons à distance pour la réalisation de EAL, TAI et UTC. À chaque
fois que c’est possible, le BIPM combine ces méthodes.
Pour de nombreuses raisons, il est essentiel de pouvoir compa-
rer des horloges (y compris étalons de fréquence et échelles de Une autre méthode de comparaison est basée sur l’échange de
temps) entre elles : vérifications, réalisation d’échelles compo- signaux optiques par fibre optique. Utilisée depuis une vingtaine
sites, diffusion de références temps-fréquence, etc. La comparai- d’années pour des distances modérées (centaines de mètres à des
son de deux horloges qui sont géographiquement proches l’une kilomètres), cette méthode est développée intensivement depuis
de l’autre – situées dans le même laboratoire ou site – est déjà dif- quelques années pour une application à longue distance, basée

Copyright © – Techniques de l’Ingénieur – Tous droits réservés R 50v3 – 9

27
Référence Internet
R50

ÉTALONS MÉTROLOGIQUES FONDAMENTAUX ___________________________________________________________________________________________

sur la transmission de signaux optiques ultra stables. Visant peuvent être mesurées par comparaison directe à une référence
d’abord les comparaisons de fréquence, il a été démontré que de fréquence micro-onde, par chaîne de synthèse de fréquence
cette méthode permet d’atteindre une incertitude relative plus depuis 1973 ou par l’intermédiaire d’un laser femtoseconde
petite que 1 × 10−18 après un jour de mesure, sur des distances de [AF 3 282] depuis 2000.
l’ordre de 1 000 km. Cela est très important pour le développe-
Plutôt que de choisir la longueur d’onde d’une radiation particu-
ment et l’utilisation des horloges optiques, dont les performances
lière comme étalon de longueur, on a préféré choisir une valeur
dépassent celles des moyens courants de comparaison. Plusieurs
convenable pour la vitesse de la lumière dans le vide c, constante
projets en cours en Europe et ailleurs ont permis de mettre en
fondamentale de la physique, et définir le mètre à partir de la
place des réseaux fibrés métrologiques à l’échelle continentale, en
durée t0 = œ0/c nécessaire à une radiation quelconque pour par-
particulier entre l’Allemagne et la France, et le Royaume-Uni et la
courir un trajet de longueur œ0 = 1 mètre dans le vide.
France. Est en cours un lien France-Italie. L’application de cette
méthode à des comparaisons de temps est également en dévelop- Une longueur œ peut être mesurée à partir de la durée t néces-
pement et promet une amélioration d’un à deux ordres de gran- saire pour la parcourir dans le vide, œ = ct. En particulier la lon-

2 deur par rapport aux méthodes actuelles. Des liaisons avec des
industries ont pu aussi être faites, ce qui rend accessibles ces
signaux à une communauté plus larges. Toutefois il ne paraît pas
gueur d’onde dans le vide d’une radiation de fréquence f connue,
donc de période T connue, est λ = cT = c/f. On peut donc utiliser
comme étalon de longueur d’onde ou comme étalon de lon-
possible d’utiliser cette méthode pour les comparaisons inter- gueur primaire, dans un interféromètre approprié, toute radiation
continentales, qui devront continuer à s’appuyer sur l’utilisation dont on sait mesurer la fréquence. Mais on peut aussi utiliser
de satellites. comme étalons secondaires les longueurs d’onde d’autres radia-
Plusieurs autres méthodes permettent de transmettre des tions, ou des étalons matériels, à traits ou à bouts, eux-mêmes
échelles de temps et des références de fréquence à distance. Elles étalonnés à partir d’un étalon primaire.
ont des performances moindres que celles citées ci-dessus et ne On ne saurait affirmer d’une manière absolue qu’un type d’éta-
sont pas utilisées pour les comparaisons entre laboratoires temps- lon est meilleur qu’un autre. Pour mesurer une longueur donnée,
fréquence, mais sont utiles pour la diffusion des références aux il y a toujours un avantage substantiel à utiliser un étalon de
utilisateurs. même nature : un étalon à traits pour les longueurs à traits, un
Nous pouvons citer : étalon à bouts pour une longueur à bouts, un étalon de longueur
d’onde pour mesurer d’autres longueurs d’onde. Des étalons de
– l’émission de signaux horaires par radio, dans de nombreux
types divers ont joué dans le passé le rôle d’étalon fondamental.
pays. En France, un signal horaire codé est diffusé par modulation
Ils restent encore aujourd’hui parmi les meilleurs étalons de réfé-
de phase sur la porteuse d’ALS162 (émetteur d’Allouis en ondes
rence : il n’est donc pas dépourvu d’intérêt d’en connaître les prin-
longues à 162 kHz), qui peut être exploité par des horloges radio-
cipales caractéristiques.
pilotées commerciales spécifiques. De plus, la fréquence de cette
porteuse est stabilisée par un étalon à césium, pour pouvoir servir
de référence de fréquence (incertitude environ 3 × 10−13) ;
– l’horloge parlante. L’horloge parlante de l’opérateur Orange 3.1 Étalons matériels anciens
(numéro d’appel 3699), dissémine le temps légal réalisé par le
LNE-SYRTE, avec un délai de réception via une ligne analogique Les premiers étalons ayant servi de base à des systèmes d’uni-
fixe en territoire métropolitain estimé à moins que 50 ms ; tés plus ou moins cohérents sont des étalons du type à bouts.
– la diffusion par Internet, notamment via le protocole NTP Telle était, par exemple, la toise du Châtelet, barre en fer, scellée
(Network Time Protocol). De nombreux organismes mettent à dis- dans un mur de la célèbre forteresse, à Paris. Puis le Mètre des
position des serveurs utilisant ce protocole, dont le LNE-SYRTE et Archives, premier pilier du système métrique, a été établi sous la
le LNE-LTFB. Depuis 2019, un projet financé par l’État a permis de Révolution française de manière à matérialiser au mieux la dix
proposer une infrastructure et un service de diffusion de l’heure millionième partie de la distance entre le pôle et l’équateur ter-
légale du pays avec un signal horaire sécurisé certifié précis et restre. Il est en platine et a la forme d’une barre de section rectan-
traçable, le projet SCP Time. Un référentiel de certification a aussi gulaire, de 25 mm sur 4 mm. Ses bouts portent actuellement des
été élaboré. marques d’usure nettement visibles. Le Prototype international du
mètre a remplacé le Mètre des Archives en 1889 ; il en reproduit la
Le LNE-SYRTE met à disposition des données métrologiques longueur aussi exactement que possible. C’est une règle à traits
qui peuvent aider les utilisateurs à se raccorder aux références qui est déposée au pavillon de Breteuil, à Sèvres, siège du Bureau
nationales via son Bulletin H, ainsi que d’autres informations (voir international des poids et mesures. Elle est en platine allié à 10 %
« Pour en savoir plus », rubrique Sites Internet). d’iridium. Cet alliage possède à un haut degré la qualité primor-
diale d’être stable. Nous en sommes assurés par le résultat des
essais qui ont été préalablement effectués et qui ont consisté en
épreuves mécaniques (vibrations, chocs), chimiques et thermiques
3. Longueur (recuits, cycles de température, etc.). Ultérieurement, de nom-
breuses comparaisons entre le Prototype international et des éta-
lons réputés stables, tels que des échantillons de cristal de roche
Un étalon de longueur peut être réalisé de différentes manières, ou des longueurs d’onde de radiations lumineuses, n’ont pas per-
soit par la distance de deux traits ou de deux points, soit par l’une mis de déceler la moindre instabilité du platine iridié. Même avec
des dimensions d’un corps déterminé, soit par toute autre lon- un étalon de cette qualité, il convient de prêter attention à la posi-
gueur telle, par exemple, qu’une longueur d’onde lumineuse. tion des points de support. Ainsi un étalon de ce type supporté
Différents types d’étalons fondamentaux ont été successivement par ses extrémités voit ses traits se rapprocher de 0,42 μm ; or la
adoptés, selon le degré de perfectionnement des procédés tech- précision d’un tel étalon est voisine de 0,1 μm. Pour cette raison, il
niques dont on disposait. a été spécifié que le Prototype international devait être observé
Depuis 1983, la définition du mètre est fondée sur la vitesse de lorsqu’il repose sur deux supports symétriquement placés et
la lumière. Cela résulte de l’invention des lasers qui peuvent four- à 571 mm l’un de l’autre. L’élément qui limite le plus sévèrement
nir des radiations très monochromatiques et très intenses. D’une la précision d’un étalon à traits est la qualité des traits eux-
part, on sait stabiliser la fréquence et donc aussi la longueur mêmes. Ceux qui ont été gravés sur le Prototype international,
d’onde dans le vide de certaines de ces radiations qui constituent vers 1887, présentent des irrégularités bien apparentes au micros-
aujourd’hui des étalons de longueur d’onde de qualité excep- cope et qui, quoi qu’on fasse, ne permettent pas de garantir
tionnelle. D’autre part, les fréquences de ces mêmes radiations l’exactitude du mètre à mieux que 0,1 μm à 0,2 μm près.

R 50v3 – 10 Copyright © – Techniques de l’Ingénieur – Tous droits réservés

28
Organisation et vocabulaire de la métrologie
(Réf. Internet 42421)

1– Unités de mesure

2– Étalons
3
3– Organisation française Réf. Internet page

Organisation de la métrologie en France : métrologie légale R55 31

Organisation du réseau national de métrologie française et LNE R60 33

Organisation de la métrologie en France. Le Cofrac R62 35

4– Organisations internationales

5– Terminologie. Méthodes

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29
3

30
Référence Internet
R55

Organisation de la métrologie
en France : métrologie légale
par Roger FLANDRIN
Chef du Bureau de la métrologie à la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie
et des services au ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi

1. Développement de la métrologie légale et des unités ............ R 55v2 – 2


1.1 Historique ........................................................................................... — 2
1.2 Développement international ............................................................ — 2
1.3 Unités légales ..................................................................................... — 3
2. Réglementation nationale ............................................................. — 3
3.
3.1
Principes et opérations de contrôle ............................................
Opérations de contrôle ......................................................................


4
4
3
3.2 Intervenants ........................................................................................ — 4
3.3 Actions de surveillance ...................................................................... — 4
4. Principaux interlocuteurs ............................................................. — 5
4.1 Pouvoirs publics ................................................................................. — 5
4.2 Organismes de contrôle désignés et agréés ..................................... — 5
4.3 Organismes d’accréditation et de normalisation .............................. — 5
4.4 Organisations européennes et internationales ................................. — 6
Pour en savoir plus.................................................................................. Doc. R 55

a métrologie comporte deux aspects : la métrologie scientifique et indus-


L trielle d’une part, la métrologie légale d’autre part.
La métrologie scientifique et industrielle correspond à la recherche, l’élabora-
tion et la maintenance des étalons de référence, l’amélioration et la diffusion
des moyens, méthodes et connaissances permettant d’assurer la cohérence
des mesures effectuées par les différents utilisateurs d’instruments de mesure,
notamment les laboratoires et les entreprises.
La métrologie légale a été définie par l’Organisation internationale de métro-
logie légale comme « partie de la métrologie se rapportant aux activités qui
résultent d’exigences réglementaires et qui s’appliquent aux mesurages, aux
unités de mesure, aux instruments de mesure et sont effectuées par des orga-
nismes compétents ».
Ainsi la métrologie légale, forme moderne du contrôle des poids et mesures,
recouvre l’ensemble des procédures techniques et administratives mises en
place par les pouvoirs publics pour garantir la qualité et la loyauté des mesura-
ges effectués dans des transactions commerciales, des opérations fiscales ou
dans le domaine de la santé, de la sécurité routière ou de l’environnement.
C’est à cette seconde partie de l’organisation de la métrologie en France
qu’est consacré le présent article. Il souligne tout d’abord le développement
important de la métrologie légale depuis son origine, tant en France qu’à
l’étranger, avec la prise en compte du système international des unités et les
directives « nouvelle approche » européennes.
Il présente ensuite la réglementation nationale et les différentes catégories
d’instruments de mesure réglementées. Le dispositif de contrôle mis en place
est détaillé, avec les principes de l’organisation et les actions de surveillance
réalisées sur le terrain.
Enfin il se termine par la présentation des principaux interlocuteurs, tant au
Parution : septembre 2010

sein des pouvoirs publics que des industriels, depuis les fabricants jusqu’aux
détenteurs, auxquels il convient d’ajouter les organismes de contrôle et de nor-
malisation, ainsi que les organisations aux niveaux européen et international.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. – © Editions T.I. R 55v2 – 1

31
Référence Internet
R55

ORGANISATION DE LA MÉTROLOGIE EN FRANCE : MÉTROLOGIE LÉGALE ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

1. Développement Encadré 1 – Principales caractéristiques


de la métrologie légale de la directive 2004/22/CE du Parlement européen
et du Conseil du 31 mars 2004
et des unités sur les instruments de mesure (directive MID)
– il s’agit d’une directive « nouvelle approche » (exigences
essentielles, procédures d’attestation de la conformité) d’appli-
1.1 Historique cation optionnelle mais « totale » : si un État membre décide
de réglementer une catégorie couverte par la directive MID, il
Alors que pendant des siècles – voire des millénaires puisqu’il
doit appliquer l’intégralité des dispositions correspondantes
existait déjà un Office des poids et mesures sur le forum romain –
de la directive MID ; en revanche un autre État membre peut
la métrologie légale n’a guère concerné que les poids, les mesures
ne pas réglementer la catégorie concernée ;
de longueur et les mesures de capacité, son champ d’application a
– les procédures de certification prévues sont, dans
connu un très grand développement depuis une cinquantaine l’ensemble, conformes aux procédures appliquées traditionnel-
d’années du fait de l’augmentation des échanges économiques, de lement en métrologie légale. Néanmoins de nouveaux modu-
la complexité croissante des techniques de mesurage et d’une ten- les de certification applicables aux instruments simples et à
dance forte, jusque vers le milieu des années 1980, à l’intervention l’assurance de la qualité totale (modules H et surtout H1) ont
réglementaire de l’État. En fait, le champ d’application de la métro- été introduits ;

3
logie légale n’est figé ni dans le temps, ni dans l’espace. – la présomption de conformité est donnée par recours non
Ainsi l’État a-t-il toute latitude pour décider de réglementer ou non seulement à des normes harmonisées, mais aussi à des docu-
telle ou telle catégorie d’instruments et cette décision n’est pas for- ments de l’Organisation internationale de métrologie légale
cément la même d’un pays à l’autre : par exemple, en France les (OIML). Du fait de l’optionalité, un marquage métrologique
pèse-personnes à usage médical sont réglementés mais pas les spécial (en plus du marquage CE) est prévu pour indiquer la
appareils portables utilisés pour mesurer la pression artérielle, alors conformité à la directive ;
qu’en Allemagne on observe la situation inverse. Même lorsqu’une – la certification de sous-ensembles est prévue dans des
catégorie d’instruments de mesure est réglementée dans deux limites spécifiées et restreintes ;
pays, les prescriptions techniques applicables ne sont pas forcément – les exigences essentielles sont relativement détaillées et
identiques, tout comme les procédures de contrôle. Dans une écono- présentées sous forme d’une partie commune à tous les instru-
mie où les échanges commerciaux entre pays ont pris une place ments (annexe I de la directive) et des autres parties spécifi-
considérable, cette diversité n’est pas sans poser des problèmes. ques aux différentes catégories d’instruments concernées
C’est pourquoi une coopération internationale très active s’est déve- (annexes MI-001 et suivantes) ;
loppée dans le domaine de la métrologie légale. – il n’a pas été retenu une annexe informative sur les essais,
mais en revanche une disposition prévoit que la conformité
aux essais prévus par les normes harmonisées ou les docu-
1.2 Développement international ments de l’OIML donne présomption de conformité aux exi-
gences essentielles correspondantes ;
Au niveau mondial, l’Organisation internationale de métrologie – elle est évolutive et concerne dans un premier temps : les
légale (OIML) est une organisation intergouvernementale qui a été compteurs d’eau froide et chaude (MI-001), les compteurs de
créée en 1955 et fait l’objet d’une convention qui a pour but de pro- volume de gaz et dispositifs de conversion associés (MI-002),
mouvoir l’harmonisation des procédures techniques et administra- les compteurs d’énergie électrique (MI-003), les compteurs
tives de métrologie légale. Sa fonction principale est de publier, d’énergie thermique (MI-004), les ensembles de mesurage de
pour les différentes catégories d’instruments, des documents tech- liquides autres que l’eau (MI-005), les instruments de pesage à
niques d’harmonisation que les États membres ont l’obligation fonctionnement automatique (MI-006), les taximètres (MI-007),
morale de mettre en application dans leur réglementation natio- les mesures matérialisées de longueur et de capacité à servir
nale. Les travaux de l’OIML sont effectués au sein de groupes de (MI-008), les instruments de mesure dimensionnelle (MI-009) et
travail internationaux animés par un des États membres. les analyseurs de gaz d’échappement des véhicules (MI-010) ;
Au niveau européen, la Commission européenne a engagé des – elle a abrogé la plupart des directives « ancienne appro-
travaux et publié de 1971 à 1984 de nombreuses directives euro- che » entrant dans son champ d’application. Ces dernières res-
péennes destinées à éliminer les entraves aux échanges intracom- tent cependant applicables pendant 10 ans.
munautaires que constituent les réglementations nationales sur les Cette directive a été transposée en droit national par le décret
instruments de mesure. Ces premières directives sont d’application n 2006-447 du 12 avril 2006 relatif à la mise sur le marché et à la
facultative et ne couvrent que des instruments de technologie mise en service de certains instruments de mesure et par l’arrêté
mécanique. Elles fixent des exigences techniques catégorielles très du 28 avril 2006 fixant les modalités d’application de ce décret.
détaillées dont l’élaboration est généralement longue et difficile. Ces textes sont applicables depuis le 30 octobre 2006.
C’est la raison pour laquelle la Commission a développé une « nou- La directive MID prévoit enfin une clause de révision, avec
velle approche » au début des années 1980. Elle consiste à fixer des l’établissement d’un rapport sur sa mise en œuvre au plus
exigences essentielles et à renvoyer à des normes harmonisées ou tard en avril 2011. L’objectif est d’établir un premier retour
documents normatifs contenant des dispositions détaillées qui, si d’expérience sur l’application des procédures d’évaluation de
elles sont satisfaites par un instrument, lui donnent une présomp- conformité, la prise en compte de l’innovation technologique,
tion de conformité aux exigences essentielles. Les instruments le caractère optionnel de la directive et plus généralement les
réglementés au niveau européen bénéficient du marquage CE. Les cas de concurrence déloyale qui auraient pu être constatés. La
réglementations européennes, généralement des directives, font question de la certification officielle de certains dispositifs iso-
l’objet de transposition dans la réglementation nationale. lés ou sous-ensembles doit également être abordée afin de
faciliter la certification d’instruments complets appartenant à
La directive 2004/22/CE du Parlement européen et du Conseil du certaines catégories. Le champ d’application de la directive
31 mars 2004 sur les instruments de mesure, couramment appelée pourra enfin être précisé, voire complété.
directive MID (pour Measuring Instruments Directive), a été trans-
posée en droit français par le décret n 2006-447 du 12 avril 2006
relatif à la mise sur le marché et à la mise en service de certains Il convient de préciser que le champ réglementé au niveau natio-
instruments de mesure. Les principales caractéristiques de cette nal est nettement plus vaste que celui de la directive MID en termes
directive sont décrites dans l’encadré 1. de catégories d’instruments, mais en termes de nombre absolu

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R 55v2 – 2 est strictement interdite. – © Editions T.I.

32
Référence Internet
R60

Organisation du réseau national


de métrologie française et LNE
par Maguelonne CHAMBON
Directeur de la recherche scientifique et technologique du Laboratoire national de
métrologie et d’essais (LNE)

Note de l’éditeur :
Cet article est la mise à jour de l’article [R60] intitulé « Organisation de la métrologie en
France. Le LNE » paru en 2006 et rédigé par Luc ERARD.

1.
2.
Rôles et missions ............................................................................
Organisation ....................................................................................
R 60v4 – 2
— 3
3
3. Activités des laboratoires ............................................................. — 3
3.1 Programme national de métrologie scientifique et industrielle ....... — 3
3.2 Laboratoires nationaux de métrologie .............................................. — 3
3.3 Laboratoires associés au LNE ............................................................ — 3
4. Raccordement des étalons et références des industriels....... — 4
5. Coopération européenne et internationale ............................... — 4
6. Information et formation .............................................................. — 5
7. Conclusion........................................................................................ — 5
Pour en savoir plus.................................................................................. Doc. R 60v4

ne devise a marqué la naissance du système métrique décimal en 1789 :


U « À tous les temps, à tous les peuples ». Pour que cette devise puisse
s’appliquer universellement, des actions importantes sont menées dans de
nombreux pays, notamment en France et en Europe, pour l’organisation et la
dissémination de la métrologie.
En janvier 2005, et pour mieux répondre aux besoins des industriels, de la
science et de la société, le gouvernement a confié au LNE la responsabilité du
pilotage du réseau national de la métrologie française. Acteur de la métrologie,
organisateur et décideur des programmes scientifiques, quelles sont les res-
ponsabilités du LNE dans ce cadre ? quels sont ses partenaires et comment
s’organise le réseau ? Le but de cet article est de répondre à ces questions.
Parution : septembre 2015

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33
Référence Internet
R60

ORGANISATION DU RÉSEAU NATIONAL DE MÉTROLOGIE FRANÇAISE ET LNE –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

1. Rôles et missions Historique


Le 20 mai 1875, la Convention du mètre est signée par
Les missions du Laboratoire national de métrologie et d’essais 17 nations (représentant autour d’une trentaine de pays
actuels). Ce traité diplomatique stipule, entre autres, l’engage-
(LNE), dans son rôle de pilote du réseau national de la métrologie
ment de fonder et d’entretenir, à fond commun, un établisse-
française (figure 1), ont pour principal objet la mise en œuvre des
ment dont l’une des missions est de veiller à la mise en
unités du Système international d’unités (SI) et l’accès des utilisa-
œuvre du système métrique à travers la réalisation et la
teurs de toutes origines (recherche, industrie ou organismes de
conservation d’étalons internationaux.
contrôle) aux références métrologiques dont ils ont besoin, dans
Le Bureau international des poids et mesures (BIPM) est alors
le cadre d’une traçabilité rigoureusement établie.
créé le 22 avril 1876 et s’installe au pavillon de Breteuil, à
Les contrôles qualitatifs et quantitatifs, le développement de la Sèvres.
sous-traitance et l’évolution technologique renforcent le rôle de la Limitées aux étalons de masse et de longueur, les activités du
métrologie dans les processus industriels, la recherche scientifique BIPM s’étendent à d’autres étalons et engendrent la création de
et technologique ainsi que dans les échanges commerciaux. Le LNE comités consultatifs sectoriels (masse, longueur, électricité,
se doit d’assurer la cohérence nationale et internationale des mesu- température, etc.).
res effectuées dans les entreprises, les organismes de recherche, Dès le XIXe siècle, plusieurs pays se dotent d’organismes char-
les laboratoires, etc. gés d’animer la métrologie en leur sein : le National Physical

3
Les besoins métrologiques que le LNE se doit de satisfaire Laboratory (NPL) au Royaume-Uni, le PTR devenu la Physica-
s’expriment dans des domaines d’activité très diversifiés : industrie lisch Technische Bundesanstalt (PTB) en Allemagne, l’Office
automobile, aéronautique et spatiale, nucléaire, armement, travaux Fédéral de Métrologie (METAS) en Suisse, le NBS devenu le
publics, santé et sécurité, communications, transports et naviga- National Institute of Standards and Technology (NIST) aux
tion, environnement, chimie et analyse, instrumentation, énergie, États-Unis d’Amérique…
etc. À cette même époque, en France, la métrologie existait déjà
mais était répartie dans plusieurs laboratoires ou organismes
Pour satisfaire ces besoins, et en fédérant les laboratoires du qui traitaient d’un domaine particulier. L’Observatoire de Paris
réseau national de la métrologie française (RNMF) pour constituer pour le temps et la fréquence, le Conservatoire national des
un ensemble cohérent et structuré, les missions du LNE, sont les arts et métiers (CNAM) pour les grandeurs « mécaniques » et
suivantes : le Laboratoire central des industries électriques (LCIE) pour la
– élaborer un programme, à moyen terme, pour déterminer un métrologie électrique avaient développé des étalons de
cadre stratégique aux recherches et développements à réaliser en mesure pour répondre aux besoins croissants, compte tenu
métrologie, ceci dans un contexte européen de plus en plus de la révolution industrielle.
accru ; Au XXe siècle se développe la métrologie des rayonnements
– définir et coordonner les travaux des laboratoires de métrolo- ionisants, de la chimie et de la biologie. Le Commissariat à
gie et leurs programmes pluriannuels dans le domaine de la métro- l’énergie atomique et aux énergies alternatives, et le Labora-
logie et proposer les crédits budgétaires correspondants ; toire national de métrologie et d’essais développent de nouvel-
les références de mesure. Une coordination étant devenue
nécessaire, le Bureau national de métrologie (BNM) a été créé
par décret en 1969 avec pour mission d’animer et de coordon-
ner les actions entreprises par les différents départements
Ministère en Ministère en ministériels dans le domaine de la métrologie.
charge de charge de la Pour consolider son action, avoir plus d’autonomie et diversi-
l’industrie recherche
fier son activité, une réforme structurelle avait été entreprise,
et en 1994 le BNM avait été transformé en groupement d’inté-
rêt public (GIP), toujours pour mettre en œuvre la politique
nationale de métrologie. L’organisation sous forme de GIP pré-
sentait néanmoins des inconvénients majeurs : sa temporalité
alors que la métrologie est par essence une mission pérenne,
et une « non-visibilité » à l’international, la plupart des pays
ayant fait le choix d’un seul institut national, entouré le cas
LNE-LCM
échéant d’organismes associés.
LNE-LNHB Le 25 janvier 2005, un décret conjoint des ministères de
(CNAM&
(CEA) l’Industrie et de la Recherche a acté la dissolution du Bureau
LNE)
national de métrologie et le transfert de sa mission de pilotage
de la métrologie française au LNE, renommé à cette occasion
LNE-DRST « Laboratoire national de métrologie et d’essais ».

– répartir entre ses établissements membres les missions dont ils


sont chargés pour assurer aux utilisateurs la disponibilité et l’accès
LNE
LNE-SYRTE à des références métrologiques adaptées à leurs besoins, en veil-
(OP) lant à l’optimisation des moyens correspondants ;
– susciter toute étude ou recherche nécessaire, dans les domai-
nes de la métrologie fondamentale et de la métrologie appliquée ;
Laboratoires – apporter son concours financier ou technique aux laboratoires
associés au
de métrologie, comme à toute personne publique ou privée pour
LNE
des études, des recherches, des développements et des formations
utiles à l’infrastructure nationale de métrologie ;
– assurer la représentation de la France auprès de la Conférence
générale des poids et mesures (CGPM) et, en général, auprès des
Figure 1 – Laboratoire national de métrologie et d’essais et le RNMF organisations internationales et européennes dans le domaine de

R 60v4 – 2 Copyright © - Techniques de l’Ingénieur - Tous droits réservés

34
Référence Internet
R62

Organisation de la métrologie
en France. Le Cofrac

par Stéphane LAUDREL


Ingénieur de l’Institut universitaire des systèmes thermiques industriels (IUSTI)
Cofondateur et gérant de la société exactys
Patrick REPOSEUR
3
avec la participation de
Responsable technique et qualité du Cofrac

1. Missions...................................................................................................... R 62v2 — 2
2. Organisation .............................................................................................. — 2
3. Système national de raccordement au Système international
d’unités SI .................................................................................................. — 2
3.1 Structure du système de raccordement .................................................... — 2
3.2 Laboratoire national de métrologie et laboratoires associés .................. — 3
3.3 Laboratoire d’étalonnage accrédité ........................................................... — 3
4. Garanties de la marque Cofrac Étalonnage...................................... — 3
5. Reconnaissance mutuelle ...................................................................... — 3
Références bibliographiques ......................................................................... — 4

réé en 1994, le Comité français d’accréditation (Cofrac) a pour missions


C d’évaluer et d’attester que les organismes qu’il accrédite sont compétents et
impartiaux ainsi que d’obtenir aux niveaux européen et international la recon-
naissance de leurs prestations.
Signataire des accords multilatéraux de reconnaissance mutuelle mis en place
par les organisations européennes et mondiales d’accréditeurs, le Cofrac facilite
aux entreprises l’accès aux marchés internationaux. L’accréditation représente
aussi une garantie de confiance, à la disposition des entreprises, des pouvoirs
publics, des consommateurs et des citoyens.
Ses évaluations, menées en application de normes internationalement
acceptées, concernent les laboratoires d’essais, d’analyses et d’étalonnage, les
certificateurs de systèmes de management, de produit, de services et de person-
nes et les organismes d’inspection. Aujourd’hui, le Cofrac gère plus de trois
cents accréditations de laboratoires d’étalonnage et plus de mille cinq cents
accréditations de laboratoires d’essais.
Parution : mars 2006

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© Techniques de l’Ingénieur R 62v2 − 1

35
3

36
Organisation et vocabulaire de la métrologie
(Réf. Internet 42421)

1– Unités de mesure

2– Étalons

3– Organisation française
4
4– Organisations internationales Réf. Internet page

Bureau international des poids et mesures (BIPM) R80 39

Organisation internationale de normalisation (ISO) R83 41

Comité européen de normalisation (CEN) R84 43

Structures de normalisation dans le secteur électrique/électronique R85 45

Commission internationale de l'éclairage (CIE) R86 49

Organisation internationale de métrologie légale (OIML) R87 51

Équivalences internationales des certificats d'étalonnage R89 53

Programmes européens de recherche en métrologie SL1630 57

5– Terminologie. Méthodes

 Sur www.techniques-ingenieur.fr
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37
4

38
Référence Internet
R80

Bureau international des poids


et mesures (BIPM)
par Martin MILTON
Directeur
BIPM
Note de l’éditeur
Cet article est la version actualisée de l’article intitulé « Bureau international des poids et
mesures (BIPM) » rédigé par Pierre GIACOMO et paru en 2000.

1. Structure organisationnelle ................................................................. R 80v3 - 2


2.
3.
Rôle et objectifs du BIPM .....................................................................
Activités scientifiques du BIPM..........................................................


2
3 4
3.1 Métrologie en physique.............................................................................. — 3
3.2 Métrologie du temps .................................................................................. — 3
3.3 Métrologie de la chimie.............................................................................. — 4
3.4 Métrologie des rayonnements ionisants .................................................. — 4
4. Système international d’unités (SI) .................................................... — 4
5. Un travail de coordination et de collaboration ............................ — 5
5.1 Équivalence internationale des mesures .................................................. — 5
5.2 Relations internationales............................................................................ — 5
5.3 Programme de renforcement des capacités et de transfert
des connaissances du BIPM....................................................................... — 6
6. Conclusion................................................................................................. — 6
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. R 80v3

e Bureau international des poids et mesures (BIPM) a été créé à Paris le


L 20 mai 1875 par un traité, la Convention du Mètre. Depuis, cet organisme
scientifique, qui fonctionne sous la tutelle de ses États membres, n’a cessé de
contribuer au perfectionnement des mesures physiques dans le monde. Connu
du grand public pour être le gardien des prototypes du mètre et du kilo-
gramme, le BIPM coordonne aujourd’hui la métrologie mondiale et prépare les
progrès scientifiques de demain. L’évolution de la métrologie est stimulée et
dirigée par les exigences croissantes de l’industrie, des sciences et des
citoyens à disposer de produits de qualité supérieure, conformes aux critères
internationaux et aux exigences en matière de législation et de réglementation.
La métrologie doit aussi stimuler l’innovation et y répondre, comme elle doit
aider à fonder les mesures sur des bases scientifiques solides et sûres dans
des domaines tels que l’environnement et la médecine. Avec l’aide et le
soutien de la communauté métrologique internationale, le BIPM a su répondre
à ces exigences dans le passé et s’engage à le faire dans l’avenir.
Parution : novembre 2018

Copyright © – Techniques de l’Ingénieur – Tous droits réservés R 80v3 – 1

39
Référence Internet
R80

BUREAU INTERNATIONAL DES POIDS ET MESURES (BIPM) _________________________________________________________________________________

nationaux de mesure. Enfin, ils conseillent le CIPM sur les activi-


1. Structure tés scientifiques menées dans les laboratoires du BIPM. Ils faci-
organisationnelle litent le transfert de connaissances et de technologies entre les
laboratoires nationaux de métrologie et assurent la coordination
des travaux de ces laboratoires.
Le Bureau international des poids et mesures (BIPM) a été créé
par un traité, la Convention du Mètre, signé à Paris le 20 mai 1875 Le CIPM a ainsi mis en place dix Comités consultatifs afin de
par les représentants de 17 États, et modifié en 1921 pour per- couvrir l’ensemble des domaines de la métrologie :
mettre au BIPM d’étendre le champ de ses activités. Le BIPM a
– CCEM : électricité et magnétisme (1927) ;
autorité pour agir dans le domaine de la métrologie mondiale – en
particulier en ce qui concerne les étalons de mesure, qui sont – CCPR : photométrie et radiométrie (1933, puis 1971) ;
appelés à couvrir avec une exactitude croissante des domaines de – CCT : thermométrie (1937) ;
plus en plus étendus et variés – et pour démontrer l’équivalence
entre les étalons des différents pays. Au 15 avril 2018, le BIPM – CCL : longueur (1952) ;
comptait 59 États membres et 42 associés. – CCTF : temps et fréquences (1956) ;
Il est remarquable qu’une organisation internationale aussi
– CCRI : rayonnements ionisants (1958) ;
ancienne que le BIPM ait non seulement survécu, mais ait su
s’adapter aux changements les plus profonds survenus en un – CCU : unités (1964) ;
siècle et demi, ceux de la science et de la mondialisation. Certes, – CCM : masse et grandeurs apparentées (1980) ;
nécessité fait loi : un centre mondial de coordination et de déci-
sion est évidemment nécessaire dans l’activité métrologique qui – CCQM : quantité de matière (chimie et biologie) (1993) ;
intéresse tant de pays. Mais les fondateurs ont fait preuve d’une – CCAUV : acoustique, ultrasons et vibrations (1998).
grande sagesse lorsqu’ils ont conçu cette première institution per-

4 manente internationale avec son mode d’administration, et rédigé


un traité [1], [2] qui convient :
– dans son article 1er que « les hautes parties contractantes
Avec ses Comités consultatifs, dont chacun est généralement
présidé par un membre du CIPM, et avec le BIPM dont le direc-
teur siège de droit au CIPM, le CIPM est véritablement le guide et
s’engagent à fonder et entretenir, à frais communs, un Bureau le coordinateur de la métrologie internationale, non seulement
international des poids et mesures, scientifique et permanent, dont par son autorité sur le BIPM, mais encore par la coordination
le siège est à Paris » ; librement acceptée qu’il assure grâce au choix judicieux de ses
– dans son article 3 que « le Bureau international fonctionnera membres, à la conscience qu’ils ont de leurs responsabilités et à
sous la direction et la surveillance exclusives d’un Comité interna- leur liberté d’action. Le CIPM doit se réunir au moins tous les
tional des poids et mesures, placé lui-même sous l’autorité d’une deux ans ; il se réunit généralement chaque année. Ses réunions
Conférence générale des poids et mesures, formée des délégués sont préparées par le directeur et le personnel du BIPM qui
de tous les Gouvernements contractants ». assurent ensuite en permanence l’exécution des programmes
d’action décidés.
L’autorité suprême est donc celle des gouvernements, par leurs
délégués réunis en Conférence générale des poids et mesures
(CGPM) [3], laquelle décide de la dotation du BIPM, élit les 18
membres du Comité international des poids et mesures (CIPM),
adopte des résolutions concernant la définition des unités et
l’amélioration du Système international d’unités, et définit les
2. Rôle et objectifs du BIPM
grandes orientations du programme de travail du BIPM ou
d’autres décisions d’intérêt métrologique international. Le BIPM a pour visée d’être universellement reconnu comme
Si la CGPM décide, le Comité international des poids et l’organisation de référence internationale concernant le système
mesures (CIPM) [4] prépare et ses pouvoirs sont grands. Ainsi, le mondial de mesure.
CIPM dirige et supervise les activités du BIPM, sous l’autorité de la
Sa mission est de travailler au niveau international avec les
CGPM. Le CIPM est une sorte d’autorité supranationale car chacun
laboratoires nationaux de métrologie de ses États membres, les
de ses membres, élu par la CGPM, a reçu ses pouvoirs de
organisations régionales de métrologie, ainsi que ses partenaires
l’ensemble des gouvernements et doit donc agir selon les intérêts
stratégiques, et de tirer parti de son statut d’organisation interna-
de la communauté de la métrologie et non pas du pays auquel il
tionale et impartiale pour promouvoir et faire avancer la compara-
appartient. Dans leurs fonctions, les membres du CIPM sont indé-
bilité mondiale des mesures pour la découverte et l’innovation
pendants de leur gouvernement, et cette circonstance unique sim-
scientifique, la production industrielle et le commerce internatio-
plifie le travail du CIPM et accroît son efficacité.
nal, l’amélioration de la qualité de vie et la préservation de l’envi-
En pratique, le CIPM convoque la CGPM, au moins tous les six ronnement.
ans, en général tous les quatre ans. Il décide la création ou la dis-
solution des Comités consultatifs, choisit leurs présidents et exa- Ses objectifs sont les suivants :
mine la liste de leurs membres et observateurs. Il nomme le
directeur du BIPM, adopte le budget du BIPM dans les limites des – représenter la communauté métrologique internationale afin
dotations votées par la CGPM, prépare toutes les décisions de la d’en maximiser la reconnaissance et l’impact ;
CGPM puis les met en œuvre. – être un centre de collaboration scientifique et technique entre
Le CIPM et la direction du BIPM bénéficient des conseils des les États membres, leur permettant de développer des aptitudes
Comités consultatifs, rassemblant les experts de la communauté pour les comparaisons internationales de mesure, sur le principe
internationale dans un domaine spécifique. Ils agissent en qualité des frais partagés ;
de conseillers sur des questions scientifiques et techniques. Les – coordonner le système mondial de mesure, en garantissant la
Comités consultatifs permettent de faire le point et d’évaluer, au comparabilité et la reconnaissance au niveau international des
niveau international, les progrès des sciences et des technologies résultats de mesures obtenus.
ayant une influence directe sur la métrologie et sur les définitions
des unités du SI. Ils préparent aussi des Recommandations sou- Le BIPM, pour remplir sa mission et ses objectifs, a par ailleurs
mises pour discussion au CIPM et à la CGPM. Ils identifient, pré- développé des activités dans les domaines du renforcement des
parent et mettent en œuvre les comparaisons clés des étalons capacités et du transfert de connaissances.

R 80v3 – 2 Copyright © – Techniques de l’Ingénieur – Tous droits réservés

40
Référence Internet
R83

Organisation internationale
de normalisation (ISO)
par Thierry CRIGNOU
Responsable du pôle Relations institutionnelles internationales à l’Association française
de normalisation (AFNOR)

1. Membres de l’ISO..................................................................................... R 83 - 2
2. Structures de l’ISO .................................................................................. — 2
2.1 Structures politiques ................................................................................... — 2
2.2 Structures techniques ................................................................................. — 3

4
2.3 Secrétariat central de l’ISO ......................................................................... — 4
3. Établissement et diffusion des normes internationales ............... — 5
4. Autres documents techniques élaborés et publiés par ISO ........ — 6
Références bibliographiques ......................................................................... — 6

S elon ses statuts, l’ISO, Organisation internationale de normalisation, a pour


mission de « favoriser le développement de la normalisation dans le monde,
en vue de faciliter entre les nations les échanges de marchandises et les pres-
tations de service et de réaliser une entente dans les domaines intellectuel, scien-
tifique, technique et économique ».
Elle a une vocation générale et son domaine d’activité n’est formellement borné
que par celui de l’organisation sœur qu’est la Commission Électrotechnique Inter-
nationale (CEI) [1] et celui de l’Union Internationale des Télécommunications
(UIT) [2] [3].
Créée en 1947 comme association internationale de droit suisse, son activité
s’est longtemps concentrée sur le secteur de la mécanique, avec par exemple
les éléments de fixation, et les produits du grand commerce international.
Cependant, l’ISO a connu un renouveau à partir du milieu des années 1980
sous l’influence :
— d’une part, du succès planétaire et transversal des normes de la série
ISO 9000 concernant le management de la qualité et l’assurance de la qualité,
publiées pour la première fois en 1987 ;
— d’autre part, de l’émergence de la normalisation européenne capable
désormais dans certains secteurs de proposer des solutions alternatives à celles
proposées par les grands organismes américains de développement des normes
tels que l’ASTM (American Society for Testing and Material), API (American
Petroleum Institute), l’ASME (American Society for Mechanical Engeneers).
Ce renouveau a été consolidé par les nouvelles dispositions de l’accord sur
les obstacles techniques au commerce (OTC) de l’Organisation Mondiale du
Commerce (OMC) qui préconisent aux 134 pays signataires de baser leur
réglementation sur les normes internationales. Si aucune définition n’est donnée
de ces dernières, il ne fait cependant aucun doute que l’ISO publie des normes
internationales. Elle a d’ailleurs reçu le statut d’observateur auprès du comité
de l’accord OTC.
Les coordonnées du site internet de l’ISO sont : http://www.iso.ch
Parution : juin 2001

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 83 − 1

41
Référence Internet
R83

ORGANISATION INTERNATIONALE DE NORMALISATION (ISO) ___________________________________________________________________________________

1. Membres de l’ISO
Comités chargés Assemblée générale
Au total, l’ISO fédère 135 organismes ce qui en fait une des plus de l'élaboration constituée de délégués des :
grandes associations internationales non gouvernementales. d'orientations
politiques : - comités membres
- membres correspondants
■ Les 90 membres de l’ISO sont les comités nationaux de norma- - membres abonnés
lisation les plus représentatifs dans leur pays. Cela signifie qu’il ne CASCO
peut y avoir qu’un seul membre de l’ISO par pays. Plus de 70 % COPOLCO
des membres sont en fait des institutions gouvernementales ou DEVCO
des organisations de droit public. Le tableau 1 donne les 15 mem-
bres nationaux qui apportent les contributions les plus importantes
à l’ISO tant en termes financiers, administratifs que d’expertise. Comités
permanents
L’AFNOR, Association Française de Normalisation, est le comité du conseil : Conseil Bureau de
membre français. 18 membres élus gestion technique
Finances
■ À côté des comités membres, l’ISO admet des membres Stratégies
correspondants qui ont en fait un statut d’observateur tant dans les
instances techniques que de gestion. Ce statut est ouvert aux orga- Groupes ad hoc Secrétariat
nismes des pays qui n’ont pas encore pleinement développé leur consultatifs central
activité en matière de normalisation. Il regroupe, fin 1999, 36 orga-
nismes de pays en développement.

4
■ Enfin, l’ISO offre le statut de membre abonné à des structures Figure 1 – Structures de l’ISO
de pays à économie très limitée (comme le Mali ou le Lesotho) ce
qui leur permet de recevoir une information régulière sur les tra-
vaux menés à l’ISO. Fin 1999, il existait 9 membres abonnés.
institutionnelle, correspondant à la dernière année du mandat de
son prédécesseur, permet un apprentissage de l’organisation ; elle
est suivie de deux années de mandat effectif. Citoyen d’un des
2. Structures de l’ISO pays d’un comité membre, reconnu pour son expérience dans le
domaine de la normalisation, il est normalement choisi en dehors
des comités membres. Il préside l’Assemblée Générale ainsi que le
L’organigramme simplifié de l’ISO est représenté sur la figure 1. Conseil de l’ISO.
Il est assisté par deux Vice-Présidents (Politique et Technique)
normalement choisis parmi les directeurs généraux des comités
2.1 Structures politiques membres.

L’ISO est présidée et représentée par un Président élu par ■ Assemblée Générale
l’Assemblée Générale pour une durée de trois ans. Son mandat se Pouvoir suprême de l’association, elle réunit normalement une
divise en deux parties : une première année sans responsabilité fois par an tous les membres de l’ISO.

Tableau 1 – 15 membres principaux de l’ISO


Pays Comité national de normalisation Sigle Adresse internet
Allemagne Deutsches Institut für Normung DIN http://www.din.de
États-Unis American National Standards Institute ANSI http://www.ansi.org
France Association Française de Normalisation AFNOR http://www.afnor.fr
Royaume-Uni British Standards Institution BSI http://www.bsi-global.com
Japon Japanese Industrial Standards Committee JISC http://www.jisc.org
Italie Ente Nazionale Italiano di Unificazione UNI http://www.unicei.it
Pays-Bas Nederlands Normalisatie-instituut NEN http://www.nen.nl
Canada Conseil Canadien des Normes SCC http://www.scc.ca
Suède Standardiseringen i Sverige SIS http://www.sis.se
Belgique Institut Belge de Normalisation IBN http://www.ibn.be
Russie State Committee of the Russian Federation for Standardisation and Metrology GOST-R http://www.gost.ru
Espagne Asociacion Espanola de Normalizacion AENOR http://www.aenor.es
Suisse Schweizerische Normen-Vereignigung SNV http://www.snv.ch
Corée (Rép. de) Korean Agency for Technology and Standards KATS http://www.ats.go.kr
Chine China State Bureau of Quality and Technical Supervision CSBT http://www.csbts.cn.net

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R 83 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle

42
Référence Internet
R84

Comité européen
de normalisation (CEN)

par Thierry CRIGNOU


Responsable du pôle Relations institutionnelles internationales à l’Association française
de normalisation (AFNOR)

1. Membres du CEN...................................................................................... R 84 - 2
1.1 Membres nationaux .................................................................................... — 2

4
1.2 Membres associés ....................................................................................... — 2
1.3 Affiliés........................................................................................................... — 3
1.4 Conseillers.................................................................................................... — 3
2. Structures du CEN ................................................................................... — 3
2.1 Structures politiques ................................................................................... — 3
2.2 Structures de gestion technique ................................................................ — 3
2.3 Centre de management du CEN (CMC) ..................................................... — 5
3. Activités du CEN ...................................................................................... — 5
3.1 Établissement des normes européennes (EN) .......................................... — 5
3.2 Établissement d’autres documents............................................................ — 6
3.3 Autres activités du CEN............................................................................... — 6
4. Relations avec l’ISO ................................................................................ — 6
Références bibliographiques ......................................................................... — 7

L a mission du Comité européen de normalisation (CEN) est d’œuvrer en


faveur de l’économie européenne dans les échanges commerciaux interna-
tionaux, du bien-être des citoyens européens et de l’environnement en offrant
aux parties intéressées :
— une structure efficace pour l’élaboration, la mise à jour et la diffusion
d’ensembles cohérents de normes et spécifications ;
— des produits et des services directement ou indirectement apparentés aux
normes et à leur utilisation.
La directive européenne 98/34/CE [1] prévoyant une procédure d’information
mutuelle dans le domaine des normes et des réglementations techniques,
reconnaît dans son annexe I, trois organismes européens de normalisation. Le
Comité Européen de Normalisation constitue donc avec le Comité Européen de
Normalisation Électrotechnique (CENELEC) [2] [3] [4] et l’European Telecom-
munications Standards Institute (ETSI) le système européen de normalisation.
Alors que le CENELEC et l’ETSI sont des organismes spécialisés respective-
ment dans les domaines électrotechnique et des télécommunications, le CEN
ne voit son domaine d’activité formellement borné que par celui des deux
autres organismes européens. Créé en 1961, il a été constitué en 1975 en asso-
ciation internationale privée de droit belge sans but lucratif. À cette occasion,
le siège a été transféré de Paris à Bruxelles.
Les coordonnées du site internet du CEN sont : http://www.cenorm.be
Parution : juin 2001

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle R 84 − 1

43
Référence Internet
R84

COMITÉ EUROPÉEN DE NORMALISATION (CEN) ______________________________________________________________________________________________

1. Membres du CEN Le tableau 1 donne la liste des membres nationaux du CEN,


fin 1999.

1.1 Membres nationaux 1.2 Membres associés


Cette catégorie a été créée en 1992 afin de fédérer autour du
Ils sont constitués par les organismes nationaux de norma- CEN, les organisations représentatives au niveau européen des
lisation des pays d’Europe, à raison d’un par pays. Ils sont à acteurs économiques et sociaux ayant un intérêt légitime dans la
l’origine de la création du CEN et en constituent toujours normalisation européenne. Ils sont associés de façon croissante à
l’épine dorsale. la définition de la stratégie du CEN ainsi qu’à son fonctionnement.
Ils sont aujourd’hui au nombre de 19 parmi lesquels l’AFNOR, La liste des sept membres associés (début 2001) est donnée
Association Française de Normalisation. dans le tableau 2.

Tableau 1 – Membres nationaux du CEN


Pays Organisme national de normalisation Sigle Adresse Internet
Allemagne Deutsches Institut für Normung DIN http://www.din.de
Autriche Österreichisches Normungs institut ÖN http://www.on-norm.at

4 Belgique
Danemark
Institut belge de normalisation
Dansk Standard
IBN
DS
http://www.ibn.be
http://www.ds.dk
Espagne Asociación Española de Normalización AENOR http://www.aerones.es
Finlande Suomen Standardisoimisliitto r. y. SFS http://www.sfs.fi
France Association Française de Normalisation AFNOR http://www.afnor.fr
Grèce Organisation grecque de normalisation ELOT http://www.elot.gr
Irlande National Standards Authority of Ireland NSAI http://www.nsai.ie
Islande Conseil islandais de Normalisation STRI http://www.stri.is
Italie Ente Nazionale Italiano di Unificazione UNI http://www.unicei.it
Luxembourg Service de l’Énergie de l’État SEE http://www.etat.lu/SEE
Norvège Norges Standardiseringsforbund NSF http://www.standard.no
Pays-Bas Nederlands Normalisatie-instituut NEN http://www.nen.nl
Portugal Instituto Português da Qualidade IPQ http://www.ipq.pt
Royaume-Uni British Standards Institution BSI http://www.bsi-global.com
Suède Standardiseringen i Sverige SIS http://www.sis.se
Suisse Schweizerische Normen-Vereinigung SNV http://www.snv.ch
République Tchèque Institut des normes tchèque CSNI http://www.csni.cz

(0)

Tableau 2 – Membres associés du CEN (début 2001)


Organisation Sigle Adresse Internet
European Association for the co-ordination of consumer representation in ANEC http://www.anec.org
standardisation
Bureau Technique Syndical Européen pour la Santé et la Sécurité BTS http://www.etuc.org/tutb
Bureau européen de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises pour la NORMAPME http://www.wk.or.at/sme-web/normapme
normalisation
Fédération de l’Industrie Européenne de la Construction FIEC http://www.fiec.be
Conseil Européen de l’Industrie Chimique CEFIC http://www.cefic.be
European Confederation of Medical Devices Associations EUCOMED http://www.eucomed.be
Comité Européen de Coopération des Industries de la Machine Outil CECIMO http://www.cecimo.be

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R 84 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Mesures et Contrôle

44
Référence Internet
R85

Structures de normalisation dans le


secteur électrique/électronique
par Jean-Pierre ISNARD
Directeur des Affaires Techniques et de la Normalisation de la Fédération des Industries
Électriques, Électroniques et de communication (FIEEC)
Alain LE CALVÉ
Directeur Adjoint des Affaires Techniques et de la Normalisation de la Fédération des Indus-
tries Électriques, Électroniques et de communication (FIEEC)

1. Présentation générale............................................................................. R 85 – 2
2. Les normes................................................................................................. — 3

4
2.1 Définition...................................................................................................... — 3
2.2 Contenus des normes ................................................................................. — 3
2.3 Rôles des normes ........................................................................................ — 3
2.4 Niveaux des normes ................................................................................... — 3
2.5 Statut des normes ....................................................................................... — 3
2.6 Acteurs de la normalisation........................................................................ — 5
3. Organisations de normalisation à caractère mondial ................... — 5
3.1 Commission Électrotechnique Internationale (CEI) .................................. — 5
3.2 International Organization for Standardization (ISO) ............................... — 8
3.3 Rapprochement CEI/ISO.............................................................................. — 9
4. Organisations de normalisation européennes ................................. — 10
4.1 Comité européen de normalisation électrotechnique (CENELEC) .......... — 10
4.2 Comité Européen de Normalisation (CEN)................................................ — 10
4.3 Institut Européen de Normalisation des Télécommunications (ETSI) .... — 11
4.4 Harmonisation des actions de normalisation B l’échelle européenne.... — 11
5. Normalisation à l’échelon national français .................................... — 11
5.1 Union Technique de l’Électricité et de la communication (UTE) ............. — 11
5.2 Association française de normalisation (AFNOR) .................................... — 12
5.3 Instances de coordination........................................................................... — 13
6. Autres organismes .................................................................................. — 13
6.1 Organismes étrangers de normalisation................................................... — 13
6.2 Considération sur les organismes de para normalisation ....................... — 14
7. Méthode de travail des organismes normatifs. Accords
de coopération ......................................................................................... — 15
7.1 Élaboration d’une norme internationale par la CEI .................................. — 15
7.2 Élaboration d’une norme européenne par le CENELEC........................... — 15
7.3 Élaboration d’une norme nationale par I’UTE .......................................... — 16
8. Conclusions ............................................................................................... — 17

e besoin de normalisation est apparu dans le monde de l’électricité au début


L du XXe siècle. La nécessité de sécuriser l’utilisation de l’électricité et de ren-
dre compatibles des systèmes électriques entre eux (tensions, intensités, sys-
tème de transport de l’énergie, équipements…) imposaient de fait un accord
entre fournisseurs et utilisateurs.
En normalisation, la notion de marché mérite une attention particulière, son
organisation doit s’appuyer sur l’énoncé de règles techniques acceptées d’un
commun accord. Ce consensus est la base de la normalisation.
Parution : mars 2005

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur R 85 − 1

45
Référence Internet
R85

STRUCTURE DE NORMALISATION DANS LE SECTEUR ÉLECTRIQUE/ÉLECTRONIQUE __________________________________________________________________

Les Industries Électrique Électronique et de Communication (IEEC) se sont très


tôt impliquées dans les travaux de normalisation et s’appuient sur un réseau
autonome ou quasiment tel d’organismes de normalisation qu’ils ont créés :
— au plan mondial : la Commission Électrotechnique Internationale (CEI – IEC
en anglais) ;
— au plan européen : le Comité Européen de Normalisation Électrotechnique
(CENELEC) ;
— au plan français : l’Union Technique de l’Électricité et de la Communication
(UTE).
D’autres filières à caractère général existent :
— au plan mondial : l’Organisation International de Normalisation (ISO) ;
— au plan européen : le Comité Européen de Normalisation (CEN) ;
— au plan français : l’Association Française de Normalisation (AFNOR).
En France, l’UTE est devenue l’un des bureaux de normalisation rattachés à
l’AFNOR depuis la loi sur la normalisation du 24 mai 1941, mais a conservé son
indépendance de fonctionnement.
Dans les domaines plus spécifiques, une mention doit être faite pour l’Union
internationale des Télécommunications (UIT – ITU en anglais) qui réunit les
autorités de contrôle nationales de télécommunication et, a un rôle réglemen-
4 taire international sous l’égide de l’ONU ainsi que pour les filières à caractère
sectoriel. Sur le plan européen, un organisme réunit les opérateurs et les indus-
triels des télécommunications : l’ETSI.
Au sein des filières Europe-Monde, le domaine électrique n’avait que peu de
liens avec le domaine général. Les activités s’exerçaient indépendamment ce qui
entraînait parfois duplications ou incohérences entre les filières électriques et les
filières non électriques. Aujourd’hui, le rapprochement des filières a entraîné le
rapprochement des organismes de normalisation.
La réglementation reste l’acte d’une autorité administrative, et peut être
contraignante, la normalisation est toujours un acte volontaire, éventuellement
réalisé sous tutelle administrative. Les relations entre normalisation et régle-
mentation ont cependant très largement évolué avec la construction de l’Europe.
Dans cet article nous définirons la « normalisation » en précisant les interac-
tions entre les différents organismes.

1. Présentation générale — la protection de l’environnement ;


— les contraintes sociétales depuis l’introduction du concept du
développement durable.
Sous la présidence de M. Alexis Dejou, dernier président français,
Ce sont les « exigences essentielles » que la Commission euro-
la CEI a défini les bases d’une concertation avec l’ISO et avec l’IUT,
péenne a fixé dans les directives dites « Nouvelle Approche »
qui s’est renforcée par la création d’instances communes (World
(Conformément à la résolution du CEE en date du 7 mai 1985 qui
Standardization Co-operation WSC, groupe des présidents de l’ISO,
nomme cette démarche : la Nouvelle Approche).
de la CEI et de l’IUT) et, dans le domaine informatique, par la mise
en place du JTC1 (Joint Technical Committee 1). Les normes, réalisées dans ce contexte, sont dites normes harmo-
L’Acte unique européen prévoyait l’établissement d’un Grand mar- nisées. La Commission donne, aux organismes de normalisation
ché à partir du 1er janvier 1993. Pour mieux y répondre le CEN, le européens, un mandat pour élaborer les normes harmonisées.
CENELEC et l’Institut Européen de Normalisation des Télécommuni-
cations (ETSI) se sont rapprochés. Les titres de ces dernières sont publiés au JOUE (Journal officiel
de l’Union européenne, anciennement JOCE – Journal officiel des
Pour éliminer les entraves techniques aux échanges, la Commis- Communautés européennes).
sion des Communautés européennes a mis en place des textes à
caractère réglementaire : les directives. Le respect des normes harmonisées donne présomption de la
Un certain nombre d’entre elles laissent le soin à la normalisation conformité des produits concernés aux exigences essentielles.
de définir, pour un domaine précis, les prescriptions techniques qui
Après avoir envisagé la création d’un Institut Européen de Norma-
répondent aux exigences que la Commission européenne estime
lisation pour réaliser les normes qui, souvent, lui faisaient défaut
« essentielles » afin d’assurer :
dans la perspective Nouvelle Approche, la Commission a choisi de
— la santé et la sécurité des utilisateurs ; s’appuyer sur des organismes qui avaient déjà fait leurs preuves : le
— la compatibilité des produits et systèmes ; CEN, le CENELEC et l’ETSI (figure 1).

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R 85 − 2 © Techniques de l’Ingénieur

46
Référence Internet
R85

_________________________________________________________________ STRUCTURE DE NORMALISATION DANS LE SECTEUR ÉLECTRIQUE/ÉLECTRONIQUE

2. Les normes — les normes concernant l’environnement du produit dans lequel


il est placé et où il doit fonctionner (compatibilité électromagnéti-
que, atmosphères explosives, influences externes, …) ;
— les normes de systèmes de la qualité ;
— les normes de management environnemental et d’analyse de
2.1 Définition cycle de vie ;
— les normes de calcul et d’ingénierie ;
— les normes de rationalisation ;
Dans le guide ISO/CEI 2 (1996), la définition suivante est donnée :
— les normes de gestions destinées à faciliter les relations
contractuelles.
Norme : document, établi par consensus et approuvé par un ■ Normes d’installation
organisme reconnu, qui fournit, pour des usages communs et
répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristi- Elles couvrent les aspects de fonctionnement harmonieux des
ques, pour des activités ou leurs résultats, garantissant un différentes fonctions exercées par les divers matériels (installation
niveau d’ordre optimal dans un contexte donné. électrique BT, installation électrique HT, installations d’enseignes et
de tubes lumineux à décharge…).

Une norme est un texte définissant des paramètres de nature


technique auxquels se réfèrent :
— les industriels pour concevoir et fabriquer des produits ; 2.3 Rôles des normes
— les utilisateurs pour les acheter et les réceptionner ;
— les réglementeurs pour imposer des règles de sécurité et de Les normes jouent plusieurs rôles, parfois contradictoires :

4
construction dans le cadre des directives et des textes juridiques.
— elles rationalisent pour ramener à quelques catégories discrè-
Une norme est un document qui s’appuie sur les acquis de la tes, l’infinité des paramètres physiques majeurs (sections électri-
science, de la technique et de l’expérience. Elle doit prendre en ques des câbles, diamètres des alésages, puissances des appareils
compte les exigences essentielles des lois, directives, réglementa- et appareillages, tensions assignées, etc.) ;
tions, etc., applicables et appropriées. Elle vise à l’avantage optimal — elles représentent l’état des règles de l’art à un stade donné de
de la communauté. l’évolution technologique, mais elles doivent être suffisamment
Une norme est, par nature, un document dont l’application n’est ouvertes pour permettre une évolution ;
pas obligatoire. Elle participe de la relation économique entre le — elles permettent des fabrications en séries, des économies
client et le fournisseur. Elle permet aux acteurs économiques et ins- d’échelles, des simplifications d’emploi et de maintenance ;
titutionnels de s’entendre sur ce que sont les « bons usages » ou les — elles canalisent l’imagination et la créativité (pour mettre sur le
« règles de l’art ». marché un produit hors norme il faut dépenser beaucoup d’énergie
Certaines normes permettent d’obtenir une présomption de et d’argent ; ce produit pourra ultérieurement faire l’objet de norme
conformité aux exigences essentielles des directives et de la régle- quand il aura pris sa place sur le marché) ;
mentation en matière de sécurité des produits. — elles favorisent les marchés construits sur une série de nor-
mes, mais entravent l’accès à d’autres marchés bâtis sur d’autres
séries de normes non compatibles (appartenant généralement à un
autre pays).
2.2 Contenus des normes

Le contenu d’une norme peut varier selon les volontés des acteurs
2.4 Niveaux des normes
de l’économie et selon l’usage qui en est fait.
■ Normes de produits et normes de catégories de produits Il existe trois niveaux de ce que l’on dénomme « normes » :
(normes verticales) — la normalisation propriétaire (spécification d’entreprise) ;
On distingue : — la normalisation « de facto » (spécification d’entreprise, de
groupes d’entreprises, de forums qui s’imposent de fait aux acteurs
— les normes descriptives qui décrivent complètement un pro- économiques) ;
duit et son conditionnement ; — la normalisation « de jure » (consensus obtenu après un pro-
— les normes fonctionnelles ou normes de résultats qui décrivent cessus bien défini auquel on peut faire référence dans un contexte
la fonction que doit assurer le produit ; législatif et réglementaire).
— les normes d’interfaces qui spécifient les exigences relatives à
la compatibilité ou à l’interopérabilité de produits ou de systèmes à Seul le dernier niveau peut porter le titre de norme.
leurs points ou zones d’interconnexion ;
— les normes d’interchangeabilité qui définissent des disposi-
tions aptes à permettre l’interchangeabilité des dispositifs 2.5 Statut des normes
techniques ;
— les normes de service ;
— les guides d’emploi ; Le statut des normes peut varier d’un pays à l’autre au sein de
— les « règles de l’art », « art de l’ingénieur ». l’Union européenne. En règle générale, les parties font librement
référence à une norme parce qu’elle facilite leurs négociations.
■ Normes environnantes (souvent appelées horizontales)
Dans des cas particuliers, les normes peuvent s’imposer aux
Elles couvrent les aspects communs à tous les produits ou à toute
acteurs économiques :
une catégorie de produits.
— les normes « de facto », parce que le produit considéré a pris
On distingue : une place indiscutable sur le marché ;
— les normes de méthodes d’essais et de méthodes de mesures ; — les normes « de jure » rendues obligatoires pour les raisons
— les normes de terminologie ; suivantes :

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© Techniques de l’Ingénieur R 85 − 3

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Référence Internet
R85

STRUCTURE DE NORMALISATION DANS LE SECTEUR ÉLECTRIQUE/ÉLECTRONIQUE __________________________________________________________________

INTERNATIONAL
ISO/IEC Presidents
Group on Policy and
Organization
(GPO)

Union International ISO/IEC Joint Technical Commission


Internationale des Organization Programming Électrotechnique
Télécommunications for Standardization Committee Internationale
(UIT) (ISO) (JTPC) (CEI)

EUROPE CCE
AELE Groupe conjoint
des présidents
(JPG)

4 Institut Européen de
Comité Européen Comité Européen
Normalisation des de Normalisation
Télécommunications de Normalisation
CCE CCE (CEN) CCE Électrotechnique
(ETS) AELE AELE AELE (CENELEC)

Assemblée Bureau Bureau


technique technique technique
(TA) (BT) (BT)

Groupe conjoint
de coordination
(JCG)

FRANCE
Association Union Technique de
Commission
Française de l'Électricité et de la
française
Normalisation Communication
ETSI Pouvoirs publics
AFNOR (AFNOR) (UTE)
Français

Relations organiques avec subordination


Relations organiques hors stricte subordination
Relations internationales
AELE Association Européenne de Libre Échange
CCE Commission des Communautés Européennes

Figure 1 – Organisation générale de la normalisation

• marchés publics – l’obligation de référence aux normes dans


À ce propos, nous pouvons constater une différence de sens les marchés publics est une contrainte légale. (décret 89/236
entre le mot anglais « standard » qui recouvre les trois défini- du 17 avril 1989 transcrivant la directive « Marchés publics » dite
tions et sa traduction française « norme » qui ne couvre que la de « fourniture » et la circulaire du Premier ministre du 5 juillet
normalisation « de jure ». 1994),

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Référence Internet
R86

Commission internationale
de l’éclairage (CIE)

par Bernard DUVAL


Secrétaire Général du Comité National Français de l’Éclairage (CNFE)

1. Administration.......................................................................................... R 86 – 1
2. Missions...................................................................................................... — 2

4
3. Activités ..................................................................................................... — 2
4. Organisation .............................................................................................. — 3
5. Réunions ..................................................................................................... — 3
6. Liaisons internationales ......................................................................... — 3
7. Conclusion ................................................................................................. — 3

a Commission internationale de l’éclairage (CIE) a été fondée par la Commis-


L sion internationale de photométrie lors de sa 4e session tenue à Berlin au
mois d’août 1913, et ses premiers statuts, publiés en septembre de la même
année, en précisaient les objectifs : « La Commission a pour objet d’étudier tou-
tes les questions ayant trait à l’industrie de l’éclairage et aux sciences qui s’y
rapportent et d’établir par tous les moyens appropriés des ententes internatio-
nales sur les questions d’éclairage. »
L’article 3 stipulait que « tout pays désirant prendre part aux travaux de la
Commission pourra le faire en formant un comité national par la coopération
des sociétés techniques représentant les industries du gaz et de l’électricité et les
autres modes d’éclairage, ainsi que du Laboratoire du pays, s’il en existe un ».
Pour l’essentiel, la CIE est restée ce qu’elle était dès sa création, en ce sens
qu’organiquement elle n’est pas autre chose qu’un ensemble de 37 comités
nationaux représentant les pays membres (il n’y en avait que 9 à l’origine) et
10 membres individuels. Étant non gouvernementale, elle n’est juridiquement
rattachée à aucun de ces pays. Son bureau central est naturellement installé
dans l’un ou l’autre des pays membres, lequel peut changer à tout moment. Il
doit évidemment en respecter les lois, mais la CIE, en tant qu’organisation inter-
nationale, ne saurait être soumise aux mêmes réglementations qu’une associa-
tion nationale.
En ce qui concerne l’éclairage, le lecteur se reportera :
— aux articles spécialisés dans les traités Construction et Génie électrique ;
— à l’article [R 6 410] Radiométrie. Photométrie dans le présent traité.
Parution : mars 2001

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4

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Référence Internet
R87

Organisation internationale
de métrologie légale (OIML)

par Bernard ATHANÉ


Directeur du Bureau international de métrologie légale (BIML)

1. Buts statutaires ........................................................................................ R 87 - 2


2. Structure .................................................................................................... — 2

4
3. États membres .......................................................................................... — 2
4. Liaisons internationales ......................................................................... — 2
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. R 87

’Organisation internationale de métrologie légale (OIML) a été instituée par


L une convention intergouvernementale, signée à Paris en octobre 1955.
Elle a pour objet principal, en s’appuyant sur le réseau des services de métro-
logie de ses États membres, d’harmoniser et de coordonner les règlements
administratifs et techniques édictés dans les différents pays sur les mesurages et
instruments de mesure. Cette action a pour buts de faciliter entre les pays le libre
échange des instruments de mesure et de tous les produits et services faisant
appel à des mesurages, et d’assurer un certain niveau de qualité des instruments
de mesure fabriqués dans le monde.
Dans cet esprit, ses États membres ont pris l’engagement moral d’appliquer
les instructions qu’ils élaborent en commun sur la construction, le contrôle, l’uti-
lisation des instruments de mesure servant dans le commerce, l’industrie, les
laboratoires, ainsi que de ceux qui concernent la santé, la protection de l’envi-
ronnement, etc.
Parution : septembre 2000

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4

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Référence Internet
R89

Équivalences internationales des


certificats d’étalonnage
par Patrick REPOSEUR
Directeur d’Accreditation and Conformity Assessment Consulting (ACAC)
Consultant en évaluation de la conformité, Châtillon, France

1. Évaluation de la conformité.......................................................... R 89 – 2
1.1 Certificat d’étalonnage : contenu ....................................................... — 2
1.2 Les débuts des reconnaissances entre accréditeurs ......................... — 2
1.3 Reconnaissances disponibles sur le marché ..................................... — 3
1.3.1 Reconnaissance par les pairs .................................................. — 3
1.3.2 Accréditation ............................................................................ — 3
1.4 Différents accords de reconnaissance ...............................................
1.4.1 Au niveau régional ..................................................................
1.4.2 Au niveau international ...........................................................



4
4
4
4
1.4.3 Au niveau international pour les laboratoires nationaux
de métrologie .......................................................................... — 4
2. Portée des accords de reconnaissance ...................................... — 4
2.1 Étalonnage .......................................................................................... — 4
2.2 Essais .................................................................................................. — 6
2.3 Inspection ........................................................................................... — 6
2.4 Certification de produits .................................................................... — 6
2.5 Certification de systèmes de management ....................................... — 7
3. Utilisation de l’accord de reconnaissance................................. — 7
4. Conclusion........................................................................................ — 7
5. Glossaire – Définitions................................................................... — 8
6. Annexe .............................................................................................. — 8
Pour en savoir plus.................................................................................. Doc. R 89

epuis les origines des temps, les fraudes au commerce ont toujours guidé
D les échanges entre les humains. Il ne s’agit pas de l’expression d’un déses-
poir de ma part, mais d’un fait s’appuyant sur des documents de bonne vie en
commun, tels que la Bible ou le Coran. Dans ces deux ouvrages, on trouve les
bases de la métrologie légale, interdisant la fraude au commerce au moyen
d’instruments de mesure faussés ou « faux » (Bible deutéronome 25:13 et lévé-
tique 19:36 ; proverbe 11 ; Coran sourate 83).
Il est donc logique, dans un marché « globalisé », que certains essaient d’ex-
ploiter ces accords de reconnaissance à leur profit, sans pour autant en assu-
mer les charges telles qu’une accréditation selon la norme ISO/CEI 17025 pour
les laboratoires d’étalonnage.
Cet article est rédigé avec l’objectif d’attirer l’attention du lecteur sur ce qu’il
est en droit d’attendre et sur ce qu’il doit vérifier afin d’être un « consommateur »
protégé. La totalité de la fonction métrologique ne pouvant être totalement
externalisée, comme ne faisant pas intégralement partie du processus de pro-
duction, il importe que l’utilisateur des équipements s’assure de la qualité des
informations qui lui sont transmises avant usage et validation.
Parution : mars 2016

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Référence Internet
R89

ÉQUIVALENCES INTERNATIONALES DES CERTIFICATS D’ÉTALONNAGE ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Cet article ne couvre que les domaines de l’évaluation de la conformité,


notion relativement récente lorsqu’on la compare aux textes cités dans les pre-
mières lignes de cette introduction.

& Que faire d’un certificat d’étalonnage ?


1. Évaluation de la conformité Tout d’abord ôtons-nous de l’idée que ce document est principa-
lement fait pour le montrer à un auditeur extérieur, en vue d’une
certification ou d’une accréditation.

Ce concept est né au cours des années 1970 et il s’est depuis L’usage principal d’un certificat d’étalonnage est d’utiliser les cor-
développé avec la globalisation des échanges ainsi qu’avec la mon- rections indiquées dans le certificat, comme la différence entre les
tée en puissance de l’Union européenne. Il en est ainsi au moins deux valeurs indiquées. Ou encore dans tous les cas où il est plus
pour un public plus large que les spécialistes des premières important de décider que les valeurs données par un instrument
années. (équipement) peuvent être utilisées sans risque pour la production

4
(vérification des instruments de mesure – confirmation métrolo-
Les normes disent que l’évaluation de la conformité (ISO/ gique – surveillance pour la validité des résultats de mesure, etc.),
CEI 17000, § 2) c’est : en se basant sur l’analyse réalisée par l’utilisateur selon ses
besoins en cours d’utilisation.
« La démonstration que des exigences spécifiées (3.1) relatives à
un produit (3.3), processus, système, personne ou organisme sont On peut donc en déduire aisément que la reconnaissance des
respectées. certificats d’étalonnage émis par des laboratoires d’étalonnages
accrédités dans d’autres pays est un support à l’industrie qui n’a
« NOTE 1 Le domaine de l’évaluation de la conformité comprend pas le besoin de repayer pour un étalonnage dans le pays d’utilisa-
des activités définies ailleurs dans la présente Norme internationale tion. Après tout, envoyer un équipement pour étalonnage à 50 km,
telles que les essais (4.2), l’inspection (4.3) et la certification (5.5), 500 km ou à 1 000 km demande plus ou moins le même investisse-
de même que l’accréditation (5.6) des organismes d’évaluation de ment pour le demandeur.
la conformité (2.5). »
On notera que les étalonnages (ou la métrologie) ne sont pas
inclus dans cette définition normative ; toutefois, pour des raisons 1.2 Les débuts des reconnaissances
historiques et dans un souci de cohérence des mesures, les étalon-
nages sont également pris en compte par les organismes d’accrédi- entre accréditeurs
tation en charge de la reconnaissance des organismes d’évaluation
de la conformité. En 1975, dans le cadre du WEMC (Western European Calibration
Cooperation), un groupe de travail a été créé : le WECC (Western
European Cooperation Club). L’une de ses tâches était de préparer
Historique des documents techniques d’harmonisation (gérés désormais par
Euramet) et de développer la confiance réciproque dans les certi-
La cohérence des mesures, l’unification des poids et des mesu- ficats émis par les laboratoires reconnus compétents, par les ins-
res, l’assurance que les quantités seront égales au prix payé tituts nationaux de métrologie délégant une partie de leurs
sont, en France, l’une des doléances des états généraux en
1788 en vue des réunions de 1789. Ainsi qu’une simplification
des procédures administratives…
De ces doléances naı̂tra le système métrique, aujourd’hui
connu sous l’acronyme SI dans toutes les langues pour sys-
tème international d’unités. Les « créateurs » de ce système
seront des personnalités telles que Montesquieu, Talleyrand,
Condorcet…
Ce système sera dédié à tous les temps et à tous les peuples
(figure 1), ce qui figurait encore sur la médaille commémora-
tive du centenaire du BIPM, en 1975.

1.1 Certificat d’étalonnage : contenu


Selon la norme ISO/CEI 17025, les principaux éléments d’un cer-
tificat d’étalonnage sont la valeur de référence, la valeur correspon-
dante lue sur l’équipement étalonné et l’incertitude associée au
résultat de cette comparaison entre deux équipements dont l’un
est considéré comme étant la référence. L’identification de la
méthode employée, afin d’être en mesure de réaliser une compa-
raison analogue sans influence notable de la méthode utilisée, est
également requise. Figure 1 – Médaille commémorative du centenaire du BIPM

R 89 – 2 Copyright © - Techniques de l’Ingénieur - Tous droits réservés

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Référence Internet
R89

––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– ÉQUIVALENCES INTERNATIONALES DES CERTIFICATS D’ÉTALONNAGE

missions aux laboratoires « accrédités ». Fin 1983, les premiers – pour les instituts nationaux de métrologie : l’évaluation par les
accords de reconnaissance bilatéraux étaient signés entre les ins- pairs porte sur la revue d’un système de management répondant
tituts de métrologie de la Grande-Bretagne et de la République aux exigences de la norme ISO/CEI 17025 (ou du guide ISO 34
fédérale d’Allemagne, de Grande-Bretagne et de la République pour les matériaux de référence) ainsi qu’une participation appro-
italienne. priée aux comparaisons interlaboratoires. Les données concer-
nant les aptitudes (CMCs) [grandeur mesurée, étendue de
Nota : aujourd’hui l’activité du WECC est une des parties de la coopération euro-
péenne EA et principalement la gestion des accords au niveau du comité en charge de mesure, méthode mise en œuvre ainsi que l’incertitude de mesure
ceux-ci EA-MLA committee. associée] qu’un laboratoire national de métrologie est en mesure
de fournir au demandeur de l’étalonnage sont ensuite publiées
Afin de promouvoir la qualité de la métrologie française et de dans une base de données gérée par le BIPM, accessible au public
préparer l’horizon 1992, le Bureau national de métrologie (BNM) a via le site Internet du BIPM (http://www.bipm.org), dénommée
signé en 1987 avec le DKD (Deutsche Kalibrier-Dienst, service de la « KCDB base de données ». Notons qu’un institut peut être signa-
Physikalisch-Technische Bundesanstalt [PTB]) et avec le BCS (Bri- taire de l’accord sans pour autant pouvoir revendiquer la déli-
tish Calibration Service du National Physical Laboratory [NPL]) des vrance de certificats d’étalonnage couverts par le CIPM-MRA lors-
accords bilatéraux de reconnaissances réciproques, entre systèmes qu’il ne dispose d’aucune CMC reconnue et validée dans cette
d’accréditation de laboratoires d’étalonnage. base de données ;
Par ces accords, la PTB et le BNM d’une part, le NPL et le BNM – en matière de métrologie légale : un processus formel et obli-
d’autre part, déclarent « qu’il n’existe pas de différences significati- gatoire d’évaluation par des pairs renforce la confiance dans les
ves qui pourraient conduire un utilisateur à ne pas attribuer la résultats d’essai et d’examen, dans le cadre du MAA de l’OIML.
même confiance aux certificats d’étalonnage des deux services : L’arrangement d’acceptation mutuelle de l’OIML (« OIML MAA »)
ils sont équivalents et peuvent donc être considérés comme tels est un outil conçu pour augmenter le niveau de confiance mutuelle
par les destinataires des certificats ». fourni par le système de certificats OIML dit « de Base ». Il vise à
établir un arrangement multilatéral mondial qui couvre un champ
Cette déclaration d’équivalence concerne tous les certificats plus large que des arrangements bilatéraux ou régionaux. Il repose
d’étalonnage émis sous le timbre de l’un des trois organismes
cités.
Sur la base de ces accords bilatéraux et du processus
sur une évaluation technique du futur signataire complété par un
examen de son système de management ;
– pour les organismes d’accréditation : l’évaluation par les pairs
4
est menée par des évaluateurs travaillant dans les autres organis-
d’évaluation croisés défini au niveau du WEMC, un accord de mes d’accréditation de la région (Europe – EA, Asie-Pacifique –
reconnaissance multilatéral sera signé en 1989. Par cet accord les APLAC, Afrique – AFRAC, Inter-América – IAAC…) ou au niveau
parties déclarent qu’il n’y a pas de différences significatives qui international (ILAC ou IAF) et repose sur l’examen d’un système
pourraient conduire un utilisateur à ne pas attribuer la même de management selon les exigences de la norme ISO/CEI 17011
confiance aux certificats d’étalonnage des services signataires : ils ainsi que sur l’observation des pratiques sur site afin d’évaluer le
sont équivalents et peuvent donc être considérés comme tels par degré d’harmonisation entre les accréditeurs. Les organismes et
les destinataires des certificats. laboratoires accrédités sont alors sollicités pour autoriser la pré-
sence de ces observateurs.

Notons au passage qu’il existe, dans le cadre de l’évaluation de


1.3 Reconnaissances disponibles la conformité, une norme spécifique pour conduire ces évaluations
sur le marché par les pairs : ISO/IEC 17040:2005 – Évaluation de la conformité –
Exigences générales relatives à l’évaluation par des pairs des orga-
nismes d’évaluation de la conformité et des organismes
1.3.1 Reconnaissance par les pairs d’accréditation.
L’évaluation par des pairs organise l’évaluation de la compé-
tence en utilisant des experts venant d’autres organismes analo- 1.3.2 Accréditation
gues à celui évalué, d’où l’expression « pairs ». Par exemple,
l’équipe chargée d’examiner la compétence et l’indépendance Celle-ci est née, en Europe, dans les années 1960 en Grande-Bre-
d’un laboratoire d’essai de sécurité des jouets viendra des rangs tagne et en France et ne concernait que les laboratoires d’étalon-
du personnel d’autres laboratoires capables de réaliser des essais nage dans les premiers temps.
analogues mettant en œuvre des méthodes comparables (EN 71 Elle avait pour objectif de mettre à la disposition des industriels
par exemple). un réseau de laboratoires capables de réaliser les étalonnages sou-
L’évaluation d’un organisme de certification se fera sur des bases haités dans un délai acceptable et surtout avec des incertitudes
comparables ; plus aisément lorsque ce sont des normes acceptées adaptées aux besoins de l’industrie, ainsi que pour des instruments
internationalement qui serviront de support à la démonstration de qui n’étaient pas le cœur d’activité des laboratoires nationaux de
la compétence (telles que l’ISO 9001 ou la norme CEI 61951-2), mais métrologie (à l’époque laboratoires primaires).
l’utilisation de norme nationale dans un cadre national n’est pas un
handicap insurmontable. Certains critères peuvent être précisés Par exemple, l’industrie attendait des étalonnages pour des instru-
tels que l’obligation d’utiliser les services de certains laboratoires ments à cotes variables alors que, dans certains cas, le LNM ne pro-
pour la réalisation des essais (laboratoires évalués par les pairs ou posait que l’étalonnage de référence par interférométrie directe de
dans certains cas accrédités). cales de très haute qualité.

L’évaluation par les pairs est utilisée dans de nombreux domai-


nes tels que : La reconnaissance accordée visait à « déléguer » une partie des
missions des laboratoires nationaux de métrologie (LNM) à ce
– dans les disciplines scientifiques : l’évaluation par les pairs réseau de laboratoires volontaires pour partager leurs investisse-
désigne l’activité collective des chercheurs qui jugent de façon cri- ments en termes d’équipements et en termes de formation et com-
tique les travaux d’autres chercheurs (leurs « pairs ») ; pétence de leurs personnels et ainsi obtenir un juste retour en ter-
– pour les revues scientifiques : l’évaluation par les pairs est mes d’investissement. Ces laboratoires recevaient le droit
menée par des comités de lecture qui décident si le compte rendu d’apposer le logotype du service ayant reconnu leurs “possibilités”
d’un travail de recherche soumis pour publication est acceptable ou de fournir des prestations d’étalonnage (BCS au Royaume-Uni,
non ; BNM en France).

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4

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Référence Internet
SL1630

Programmes européens
de recherche en métrologie

par Maguelonne CHAMBON


Directrice de la recherche scientifique et technologique
Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE), Paris, France

1. Structure de la métrologie en Europe – EURAMET e.V. ......... SL 1 630v2 - 2


2. Article 185........................................................................................... — 4
2.1 Qu’est-ce qu’un article 185 ? ................................................................ — 4
2.2 Mise en œuvre des programmes de recherche, sous l’article 185
par EURAMET e.V. ............................................................................... — 5
3.
3.1
Programmes européens de recherche en métrologie .............
EMRP – European Metrology Research Programme


6
6
4
3.2 EMPIR – European Metrology Programme for Innovation and
Research — 9
3.3 Quelques projets phares d’EMPIR et leur impact............................... — 9
4. Et après 2020 ? .................................................................................. — 11
5. Conclusion........................................................................................... — 12
Pour en savoir plus .................................................................................... Doc. SL 1 630v2

epuis le XIXe siècle, les sciences et technologies ont connu, et


D connaissent encore, des évolutions impressionnantes et incroyables qui
modifient notre mode de vie et nos habitudes, permettent des développements
techniques toujours plus rapides et qui instaurent de nouveaux modes
d’échanges au niveau mondial, en particulier pour le commerce et l’économie.
Cette envolée technologique pose aussi beaucoup de questions sur l’avenir, en
particulier en ce qui concerne les défis énergétiques ou environnementaux,
l’évolution du climat, mais aussi sur les questions relatives à la santé, comme
la recherche en biologie ou en médecine. S’ajoute à cela la poursuite de
l’exploration du monde des nanos, de l’infiniment grand (avec les recherches
spatiales) et l’expansion de la numérisation.
Pour permettre ces avancées, répondre à de nouveaux défis, avoir un monde
plus sûr, soutenir la compétitivité et la productivité des entreprises, assurer la
santé et la sécurité des personnes, il est essentiel d’avoir des références de
toutes mesures, fiables et indiscutables. C’est ce que tous les laboratoires
nationaux, travaillant dans le domaine de la métrologie dans le monde,
essaient de faire pour assurer aux utilisateurs, quels qu’ils soient, que leurs
mesures sont incontestables, donc traçables à une référence reconnue interna-
tionalement. Les domaines comme la biologie et la médecine sont également
de plus en plus concernés, les résultats de mesure d’analyse ou d’imagerie
pouvant avoir des conséquences importantes pour notre survie, diagnostic ou
thérapie, sans compter ce que peut représenter le coût économique pour la
sécurité sociale de chaque prescription.
Comme tout domaine de recherche, la métrologie demande du temps et des
moyens. Le champ des possibilités croissant de manière exponentielle, les États
ne sont pas dans la capacité de répondre à tous les enjeux, même avec la meil-
leure volonté. Consciente de cette question, de l’importance de la métrologie
Parution : octobre 2020

que ce soit pour soutenir la compétitivité de l’Europe, pour la santé des per-
sonnes (avec une population avançant en âge), pour la sécurité (en particulier

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PROGRAMMES EUROPÉENS DE RECHERCHE EN MÉTROLOGIE _______________________________________________________________________________

avec le développement important de la numérisation dans tous les domaines),


ou encore pour le développement des activités spatiales, la Commission euro-
péenne a étudié la faisabilité de programmes de recherche en métrologie dès
2005. Objectif : mettre en commun des moyens et les coordonner pour aller plus
loin et répondre plus rapidement aux besoins exprimés. Par ailleurs, avec cette
collaboration accrue entre les laboratoires, de nouveaux sujets ont pu être déve-
loppés et de nouvelles performances scientifiques et techniques, atteintes.
Avec le dernier programme proposé, c’est un investissement global
d’environ un milliard d’euros qui a été engagé par la CE et les États membres
depuis 2007, pour la recherche en métrologie. Avec un objectif de pouvoir vrai-
ment répondre aux enjeux économiques et sociétaux, à de nouveaux défis
comme l’indépendance énergétique ou le suivi du climat par exemple, et ren-
forcer la place de l’Europe sur la place internationale. C’est une histoire qui a
demandé une construction pas à pas, une confiance mutuelle des différents
acteurs, laboratoires nationaux de métrologie et Commission européenne, et
une définition d’axes stratégiques globaux qui se devaient d’être au-delà des
prérogatives nationales. La question de la forme de ces programmes, de leurs
contenus et de leurs gestions a aussi été débattue et définie, cela pour obtenir
un impact optimal des recherches qui auront été engagées.

4
Principaux sigles 1. Structure de la métrologie
BIPM Bureau international des poids et mesures en Europe – EURAMET e.V.
CE Commission européenne
CEA Commissariat à l’énergie atomique et aux Suite à la révolution française, à la création du système métrique
énergies alternatives décimal et sa dissémination à travers le monde, la métrologie s’est
CEN/CENELEC Comité européen de normalisation structurée petit à petit au niveau mondial, au cours du XIXe siècle.
Une étape importante a été l’élaboration de la Convention du
CIPM Comité international des poids et mesures mètre en 1875, traité diplomatique actuellement signé par 62 États
CIPM MRA Arrangement de reconnaissance mutuelle membres et avec 41 États et entités économiques associés (en
élaboré par le CIPM 2020). Cette convention a créé le Bureau international des
CGPM Conférence générale des poids et mesures poids et mesures (BIPM) [1] [2], et définit une organisation de la
métrologie au niveau international.
CNRS Centre national de la recherche scientifique
DAS Débit d’absorption spécifique Au cours du XXe siècle, les échanges entre pays se sont accrus,
EMRP European Metrology Research Programme aussi bien scientifiques que commerciaux. Pour la métrologie, tous
les pays ne participant pas aux instances de la Convention du
EMPIR European Metrology Programme for Innova- mètre, il y avait un vrai besoin de collaborer plus étroitement entre
tion and Research laboratoires nationaux de métrologie NMI (National Metro-
EPM European Partnership on Metrology logy Institute), la métrologie par essence nécessitant des coopéra-
EMN European Metrology Network tions scientifiques, ne serait-ce que pour réaliser des comparaisons
interlaboratoires qui permettent de valider les valeurs assignées
ETSI European Telecommunication Standard Ins-
aux étalons de références. Très vite est donc apparu ce que l’on
titute
appelle aujourd’hui les organisations régionales de métrolo-
EURAMET e.V. Association européenne des laboratoires gie (RMO) (Regional Metrology Organisations) dans les années
nationaux de métrologie 1980, organisées en comités techniques (correspondant aux
IEC International Electrotechnical Commission domaines relatifs aux unités de base du système international
ISO International Standard Organisation d’unités SI). Fondées sur le volontariat, ce sont généralement des
associations sans financements propres.
LNE Laboratoire national de métrologie et
d’essais Il y a actuellement six RMO, cinq officielles et une provisoire (en
NMI National Metrology Institute – Laboratoire italique), dans le cadre de la Convention du mètre (figure 1) :
national de métrologie – le système intra-africain de métrologie (AFRIMETS) ;
OMS Organisation mondiale de la santé – l’Asia Pacific Metrology Programme (APMP) ;
RMO Organisations régionales de métrologie – l’Euro-Asian Cooperation of National Metrological Institutions
STAIR STAndardisation, Innovation and Research (COOMET) ;
(plate-forme du CEN/CENELEC)
– l’European Association of National Metrology Institutes
TFUE Traité sur le fonctionnement de l’Union (EURAMET) ;
européenne
– le Sistema Interamericano de Metrologia (SIM) ;
UE Union européenne
– la Gulf Association for Metrology (GULFMET).

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Référence Internet
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_______________________________________________________________________________ PROGRAMMES EUROPÉENS DE RECHERCHE EN MÉTROLOGIE

Figure 1 – Organisations régionales de métrologie en 2020

Dans les années 1990, entre autres pour des raisons écono- sidents de l’association. Il est aussi garant du bon déroulement des
miques, le CIPM (Comité international des poids et mesures) a exa- projets financés.
miné la possibilité d’élaborer un arrangement de reconnaissance Tous les pays membres d’EURAMET e.V. ne participent pas aux
mutuelle, le CIPM MRA (Mutual Recognition Arrangement) pour programmes de recherche en métrologie. Seuls sont membres du
établir une reconnaissance des étalons nationaux de mesure (et leur comité EMRP (ou EMPIR) les pays qui ont officiellement donné un
degré d’équivalence) et des certificats d'étalonnage et de mesurage engagement concret financier dans les programmes.
émis par leurs laboratoires signataires. Accord validé par les États
membres et signé en 1997. Dans ce cadre, les RMO jouent un rôle
essentiel car elles ont pour mission de proposer les comparaisons Historique
indispensables à cette reconnaissance, de valider les systèmes qua-
lité des laboratoires (sous la norme ISO/IEC 17025) et d’examiner les Dans les années 1970, une association européenne a été
possibilités d’étalonnage proposées. Toutes les régions ont dû créée, le WMC (Western Metrology Club), qui intégrait les coo-
s’organiser pour répondre aux exigences de cet arrangement. pérations pour la métrologie scientifique, la métrologie légale et
Pour l’Europe, à ces activités internationales s’est ajoutée, dès les étalonnages. Rapidement, la partie « étalonnage » s’est inté-
2007, la gestion des programmes européens de recherche cofinan- ressée à la reconnaissance des certificats d’étalonnage émis par
cés par la Commission européenne (CE) et les États membres. Une les entreprises et les laboratoires, prémices de la coopération
professionnalisation de la RMO européenne (à l’époque, EUROMET) pour l’accréditation. Fin des années 1980, début des années
devenait incontournable. De plus, pour recevoir des financements, 1990, la séparation des trois secteurs est complète avec la créa-
en particulier de la CE, cette RMO devait se transformer en entité tion tout d’abord d’EUROMET (European Collaboration in Mea-
légale. C’est ainsi qu’a été créée l’association EURAMET e.V., surement Standards) en 1987, de WELAC (Western European
entité légale sous loi allemande, le 11 janvier 2007. Laboratory Accrediation Cooperation) en 1989, puis de WELMEC
en 1990 (Western European Legal Metrology Cooperation).
Organisée comme beaucoup d’associations, EURAMET e.V. a
des membres (représentés en assemblée générale), un président L’association EUROMET est ouverte à tous les pays de
(élu pour 3 ans), deux vice-présidents, un bureau exécutif (Board l’Union européenne et des États participant à l’EFTA (European
of Directors) et un secrétariat (figure 2). Une grande partie de Free Trade Association). Suite aux événements historiques de
l’activité est réalisée au sein des différents comités techniques (au novembre 1989 lié à la chute du mur de Berlin, EUROMET a
nombre de 12), qui sont en charge des comparaisons interlabora- complété son expansion en intégrant des pays en cours
toires, de l’analyse des possibilités d’étalonnages ou de collabora- d’accession à l’Union européenne, pays de l’Europe centrale et
tions ponctuelles ; ces comités techniques sont aussi un vivier orientale. Outre l’organisation de comparaisons interlabora-
pour proposer de nouvelles idées de projets de recherche. toires et d’échanges d’expériences, EUROMET avait aussi initié
des projets communs de recherche, sans financement externe,
La Commission européenne ayant accepté que la gestion des et sur la seule base des apports de chaque laboratoire.
programmes européens de recherche en métrologie soit faite par
Au total, c’est plus de 1 000 projets, de tout type, qui ont été
EURAMET e.V. (sous son contrôle toutefois), un comité spécifique
réalisés, et 33 États qui ont participé à la vie d’EUROMET
a été créé pour proposer les sujets de recherche, gérer les appels à
jusqu’à sa dissolution en juin 2007, pour faire place à
projets et la sélection de ceux-ci, le comité EMRP (ou EMPIR
EURAMET e.V.
selon les programmes). Ce comité est présidé par un des vice-pré-

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4

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Organisation et vocabulaire de la métrologie
(Réf. Internet 42421)

1– Unités de mesure

2– Étalons

3– Organisation française

4– Organisations internationales
5
5– Terminologie. Méthodes Réf. Internet page

Banques de données scientifiques et techniques R120 63

Vocabulaire de la métrologie R115 69

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Parution : décembre 1997

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Vocabulaire de la métrologie
par Marc PRIEL
Directeur honoraire de la Métrologie
Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE)

1. Petit historique du VIM.................................................................. R 115 – 2


2. Présentation du vocabulaire......................................................... — 3
2.1 Concepts de base ............................................................................... — 3
2.2 Les approches « erreur » et « incertitude » ....................................... — 4
2.3 Structure du VIM ................................................................................ — 5
3. Que faut-il retenir, les changements importants ..................... — 5
3.1 Valeur vraie et valeur conventionnelle .............................................. — 5
3.2 Exactitude de mesure ......................................................................... — 6
3.3 Justesse de mesure............................................................................ — 6
3.4 Fidélité de mesure .............................................................................. — 6
3.5 Erreur de mesure, erreur systématique et erreur aléatoire .............. — 6
3.6 Répétabilité, fidélité intermédiaire et reproductibilité ...................... — 6
3.7 Incertitude de mesure ........................................................................ — 6
3.8 Incertitude définitionnelle .................................................................. — 7
3.9 Incertitude cible .................................................................................. — 7

5
3.10 Étalonnage .......................................................................................... — 7
3.11 Traçabilité métrologique .................................................................... — 8
3.12 Vérification et validation .................................................................... — 8
3.13 Comparabilité métrologique .............................................................. — 8
3.14 Compatibilité de mesure .................................................................... — 8
3.15 Modèle de mesure et fonction de mesure ........................................ — 9
3.16 Sélectivité ........................................................................................... — 9
3.17 Résolution, résolution d’un dispositif afficheur, seuil
de discrimination ............................................................................... — 9
3.18 Limite de détection ............................................................................ — 9
4. Conclusions...................................................................................... — 9
Pour en savoir plus.................................................................................. Doc. R 115

ans les différents domaines de la technique il est important pour avoir des
D échanges simples efficaces et sans ambiguı̈tés de disposer de vocabulaire
commun et c’est le but de la 3e édition du VIM (ISO/IEC Guide 99:2007). Le VIM
se présente comme un dictionnaire terminologique contenant les désignations
et les définitions tirées d’un ou plusieurs domaines particuliers. Il permet à tous
les utilisateurs d’avoir la même signification pour un terme donné.
Le VIM concerne la métrologie, c’est-à-dire la science des mesurages et ses
applications ; il couvre également les principes de base régissant les grandeurs
et les unités.
Il faut bien comprendre que ce qui est important se sont les concepts ;
ensuite, on utilise des mots pour présenter, véhiculer, résumer ces concepts.
Le partage des concepts et leur compréhension au sein de cultures parfois fort
différentes constituent le challenge de tout vocabulaire technique.
La publication bilingue en français et en anglais est un des facteurs assurant
la qualité du vocabulaire de métrologie, ce mode d’élaboration du document
force les rédacteurs à être concis et très explicites dans les deux langues. On
peut considérer que toute rédaction peu claire dans une langue est le signe
révélateur d’une absence de clarté sur le concept. Ce vocabulaire publié dès
Parution : septembre 2010

l’origine en deux langues facilitera le travail des traducteurs qui auront à en


assurer la traduction dans d’autres langues.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. – © Editions T.I. R 115 – 1

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Référence Internet
R115

VOCABULAIRE DE LA MÉTROLOGIE –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Si la première édition du VIM trouvait ses principales sources dans la phy-


sique et dans la métrologie légale (métrologie essentiellement liée à la régula-
rité des transactions commerciale et à la sécurité des citoyens), la troisième
édition considère qu’il n’y a pas de différence fondamentale dans les principes
de base des mesurages en physique, chimie, biologie médicale, biologie ou
science de l’ingénieur. Le VIM a également essayé de couvrir les besoins
conceptuels des mesurages dans les domaines tels que la biochimie, la science
des aliments, l’expertise médico-légale et la biologie moléculaire.
Ce nouveau vocabulaire dont le titre a également évolué devient « Vocabulaire
international de métrologie – Concepts fondamentaux et généraux et termes
associés (VIM) ». Espérons qu’il constituera un outil d’échange efficace et qu’il
sera adopté par un maximum de praticiens de la mesure et de l’analyse.

& Troisième édition


1. Petit historique du VIM En 1997, le comité commun pour les guides en métrologie
(JCGM), sous la présidence du directeur du BIPM, a été formé
par les sept organisations internationales qui avaient préparées
Le Vocabulaire de métrologie en est à sa troisième édition. les versions originales du Guide pour l’expression de l’incerti-
tude de mesure (GUM) et du Vocabulaire international des ter-

5
& Première édition
mes fondamentaux et généraux de métrologie (VIM). Ce comité
La première édition, publiée par l’Afnor sous la référence a repris les travaux du groupe technique consultatif 4 de l’ISO
NF X 07-001 de décembre 1984 « Vocabulaire international des ter- (TAG4).
mes fondamentaux et généraux de métrologie », avait été préparée
À l’origine, le JCGM était constitué par des représentants des
par le groupe de métrologie de l’ISO qui avait proposé aux quatre
organisations suivantes :
principales organisations qui s’occupent de métrologie (BIPM, CEI,
ISO et OIML) une action concertée en vue d’établir un vocabulaire – Bureau international des poids et mesures (BIPM) ;
des termes généraux utilisés en métrologie. Le groupe de travail – Commission électrotechnique internationale (CEI) ;
s’est à l’époque largement inspiré des vocabulaires de la CEI et de – Fédération internationale de chimie clinique et de biologie
l’OIML existants. médicale (IFCC) ;
Dans le domaine des erreurs et des incertitudes, ce Vocabulaire a – Organisation internationale de normalisation (ISO) ;
dû limiter ses ambitions, les concepts faisant eux-mêmes encore – Union internationale de chimie pure et appliquée (UICPA) ;
l’objet d’études et de controverses. – Union internationale de physique pure et appliquée (UIPPA) ;
– Organisation internationale de métrologie légale (OIML).
L’Afnor avait, dès mai 1970, publié dans la série des normes fon-
damentales un premier vocabulaire qui s’intitulait « Instrument de Et en 2005, la coopération internationale sur l’agrément des labo-
mesurage vocabulaire » ; cette norme portait la référence NF X 07- ratoires d’essais (ILAC) a rejoint le JCGM.
001 et les définitions qu’elle proposait étaient conformes à celles
du Vocabulaire de métrologie légale, édité par le Bureau internatio- Le JCGM comporte deux groupes de travail, l’un se consacre à la
nal de métrologie légale au mois de mars 1969. question des incertitudes de mesure, à la publication du GUM et de
ses suppléments (WG1), et l’autre au vocabulaire (WG2,
& Seconde édition 1993 cf. encadré 1).
Diverses imperfections ayant été trouvées dans la première édi-
tion, des corrections ont été apportées sous forme d’un amende- Encadré 1 – Organisation du groupe de travail WG2
ment en 1987. Il est également apparu que la première édition ne du JCGM (source : site web du BIPM http://www.bipm.org,
tenait pas suffisamment compte des besoins de la chimie et des consulté le 19 août 2010)
disciplines qui lui sont apparentées.
& Le Joint Committee for Guides in Metrology (JCGM)
Un groupe de travail constitué d’experts désignés par le BIPM, la
CEI, la FICC, l’ISO, l’OIML, l’UICPA, et l’UIPPA a été chargé d’une – Président : Dr Charles D. Ehrlich [OIML], National Institute
révision de la première édition. Comme dans la première édition of Standards and Technology (NIST), United States
l’objectif était d’établir des termes largement admis, accompagnés – Contact au BIPM : Dr Claudine Thomas, Bureau Internatio-
d’une description des concepts qu’ils expriment. nal des Poids et Mesures, France.
& Membres du JCGM-WG2 (VIM)
Pierre Giacomo
Ancien élève de l’École normale supérieure (Ulm) et agrégé de – Dr Jerzy Borzyminski [OIML] Central Office of Measures
physique, il a été chercheur au CNRS puis professeur de phy- (GUM), Warsaw
sique à la faculté des Sciences de Caen. Directeur du Bureau – Prof. Paul De Bièvre [IUPAC], Kasterlee
international des poids et mesures de 1978 à 1988, il a par sa – Dr René Dybkaer [IUPAC], Région H Frederiksberg Hospital,
connaissance de la métrologie apporté une aide précieuse Department of Standardization in Laboratory Medicine, Frede-
pour la clarification des différentes concepts et a consacré riksberg
beaucoup d’énergie à la mise au point des différentes éditions – Dr Hidetaka Imai [ILAC], National Institute of Technology
du VIM. and Evaluation (NITE), Tokyo

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