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Annexe au procès-verbal de la séance du 15 novembre 1927.

RAPPORT
FAIT
Au nom de la Commission de l'hygiène, de l'as-
sistance, de l'assurance et de la prévoyance
socialeschargée d'examiner le projet de loi,
ADOPTÉ PAR LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS, relatif au
contrat d'assurance,
PAR M. JUSTIN GODART
- Sénateur

(Renvoyé, pour avis, à la Commission de législation civile et criminelle.)

MESSIEURS,

La France est un des rares pays de l'Europe ne possé-


dant pas encore une loi sur le contrat d'assurance.
La plupart des nations européennes ont déjà cette
législation, soit sous la forme d'une loi spéciale, comme en

(1) Cette Commission est composée de MM. CHAUVEAU, Président


pERNAND MERLIN, LANCIEN, Vice-Présidents; MAUGER, DAUTHY,
;
Secrétaires; ARMBRUSTER, Charles BAUDET, BRETEAU, CAZALS,
CBARPEN-TIER, CORNAND, DARAIGNEZ, DARTEYRE, DELPIERRE,
DENTU, DHERBÉCOURT, Gustave DRON, DUDOUYT,FRANÇOIS-SAINT-
MAUR, GIORDAN, Justin GODART, GUILLOIS, HENRI MERLIN, Paul
JOURDAIN, LEREDU, LIMOUZA1N-LAPLANCHE, MOUNIÉ, le Marquis
DB MOUSTIER, Eugène MULLER, PAUL STRAUSS, ROCHE, ROLLAND,
SAINT-MARTIN, SIREYJOL, THÉRET, Guy DH WENDEL.
Voir les numéros :
Sénat, 646, annie 1926.
Chambre des Députés (15' législ.), 1544-3316etin-8* 597.
Allemagne (loi 30 mai 1908), en Autriche (loi 23 décem-
bre 1917), en Belgique (loi 11 juin 1874), en Grèce (lois
31 janvier et 20 mars 1910), au Luxembourg (loi
10 mai 1891), en Suisse (loi fédérale 2 avril 1908), soit sous
la forme de dispositions incluses dans leur code de commerce,
comme en Espagne, en Hongrie, en Italie, en Roumanie.
La Suède a même un code spéoial sur les opérations d'assu-
rances (loi 25 mai 1917).
Les deux législations les plus complètes en la matière
sont les lois suisse et allemande.
La loi allemande du 30 mai 1908 continue à recevoir
temporairement son application dans les départements
du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle en vertu des
dispositions des articles 3 et 4 de la loi du 17 octobre 1919
relative au régime transitoire de l'Alsace et de la Lorraine.
*
* *
Les Chambres françaises ont été saisies depuis

au contrat d'assurance
12 juillet 1904.
;
longtemps, et, à diverses reprises, d'un projet de loi relatif
il fut déposé la première fois le

Rapporté par M. Chastenet le 18 féVfiéi11907, il devint


caduc par la fin de la législature.

;
Repris par le Gouvernement à chaque nouvelle légis-
lation, en 1906, en 1911, en 1914, en 1920 rapporté à nou-
veau par M. Chastenet, puis par M. Saillard, il ne figura

,,f.L
jamais à l'ordre du jour de la Chambre.
Dès le début de la 13e législature, le Ministre du Travail
reprenait Tétude du contrat d'assurance, et instituait, par
arrêté du 5 juillet 1924, une commission composée de repré-
.L
sentants de tous les intérêts en présence (1), Celle-ci. présidée
(1) Les Membtes de cette Commission étaient :
MM. Capitant, professeur à la Inculte de droit de ;
Paris,Président

;
Ancey, docteur en droit, juge au tribunal de commerce de la Seine en
qualité de représentant des agents et courtiers d'assurances Benoît du
;
Rey. directeur de la société d'assurances contre l'incendie a l'Ancienne
mutuelle du Calvados» Chevalier, président de la rèuûion des assureurs
:
par M. Capitant, professeur à, la Faculté de droit de Paris,
poussait rapidement ses travaux, condensés dans un rapport
de deux de ses membres MM. Ancey, juge au tribunal de

;
commerce de la Seine, et Hémard, professeur à la Faculté
de droit de Paris le 7 avril 1925, le Ministre du Travail
déposait sur le bureau de la Chambre un projet complète"
ment remanié (1).
La Chambre l'adopta sans débats, dans sa séance du
29 novembre 1926,
sur le rapport de M. René Lafarge.
Il est désirable que le Sénat agisse de même et qu'enfin,
par un vote conforme à celui de la Chambre, il réalise une
loi utile, présentant
pour les assurés des avantages considé-
rables de simplification et de précision, et sollicitée par les
Compagnies d'assurances (2). Il est à craindre que si, par
Un souci de perfection, une modification quelconque était

;
-

*
; ;
mutualistes belatout, conseiller d'Etat, directeur général de la Caisse
des dépôts et consignations Delnias, directeur dé la Préservatrice acci-
dents
;
Fontane, directeur général du syndicat de garantie des chambres

;
syndicales du bâtiment et des travaux publics Hémard, professeur à

;
la Faculté de droit de Paris Matignon, président de l'Union syndicale
dès sociétés d'assurances à primes flxës de toute nature Sehly, directeur
de la caisse syndicale des Forges de Frâhce; juge au tribunal de commerce
de la Seine Spycket, président du syndicat des compagnies frahçaises
;
de réassurances';
; Sumien, conseiller d'Etat, directeur du contrôle des

; ;
assurances privées Vel Durand, maître des requêtes au Conseil d'Etat,
chef du cabiilet du Ministre dé là Justice Louis Weber, chef adjoint du

;
ontrôle des assurances au Ministère du Travail Chabredier, chef de sec-
tIon au contrôle des
assurances au Ministère du Travail Lucien Sicot,
secrétaire général de la société d'assurances mutuelles accidents «La
articipation secrétaire.
».
(1) Chambre des Députés. Annexe au procès-verbal de la 2e séance
du 7 avril 1925. N* 1554. Projet de loi relatif
au Contrat d'assurance pré-
senté par M. Justin Godart, Ministre du Travail, de l'Hygiène, de l'Assis-
ance et de la Prévoyance sociales.
(2) Dans sa séahce du mercredi 9 novembre 1927, la Commission
hygiène a entendu, sur demande, le représentant qualifiédes Compa-
sa
suivante
(Jè
:
gnies d'assurances
sur la vie, M. de St-Paire.Celui-ci a fait la déclaration
1
meprésente devant vous en qualité de Président de la Réunion
des CluluPagtUëN
d'ftssùrÈtficês sur la vte qui ràssehiblë ttuarâllte et une
apportée au texte qui est proposé au Sénat, le retour à la
Chambre n'entraîne encore de longs délais pour une réforme
en instance depuis 1904. Le projet est essentiellement la
codification de textes épars et d'une jurisprudence éprouvée

des compléments :
et solidement établie. Il sera aisé d'y faire au fur et à mesure
de son application des retouches de détail et d'y ajouter
l'essentiel aujourd'hui est d'édifier un
statut légal toujours perfectible.
*
* *
Le projet dont vous êtes saisis, diffère des précédents
en ce qu'il tient compte des progrès réalisés en matière
d'assurances à la fois par la théorie et la pratique, en ce qu'il
évite les notions abstraites et les définitions, et surtout en
ce qu'il marque une tentative de généralisation des prin-
cipes de l'assurance pour que la réglementation en devienne
plus simple et mieux à la portée de tous ceux qui recourent
de plus en plus à cette forme de garantie et de sécurité.
Jusqu'à présent, en effet, on peut dire que la matière
des assurances est l'œuvre unilatérale des assureurs par le
contrat qu'ils ont élaboré, et qu'on appelle la police.
Ce qu'il y a de remarquable c'est que, malgré l'unité
de la notion d'assurance, pour chaque branche d'assurance,
les polices, dépassant les adaptations nécessaires, posent

compagnies, c'est-à-dire la presque unanimité des compagnies de cette


branche, tant nationales qu'étrangères, opérant en France.
« Je suis chargé par ce groupement de vous demander de vouloir bien
adopter le projet voté par la Chambre sans y apporter de modifications.

;
Ce n'est pas que nous estimions que le projet qui est devant vous n'aggrave
lourdement nos responsabilités, ni qu'il soit exempt d'imperfections nous

;
lui en connaissons quelques-unes fort importantes qui ont fait l'objet d'un
échange de vues entre notre groupement et le Ministère du Travail mais
tel qu'il vous est soumis, nous reconnaissons qu'il constitue un progrès
par la codification des règles de l'assurance, sortie peu à peu des décisions
des tribunaux. Nous désirons laisser au temps le soin de faire ressortir les
perfectionnements à y apporter et nous bornons nos espoirs à les reviser,
en temps opportun, d'accord avec le Contrôle des Assurances. »
des principes généraux parfois différents, de sorte
que le
désarroi de l'assuré est inévitable.
Le projet qui vous est soumis, s'appuyant d'ailleurs sur
les enseignements de la jurisprudence, ramène à quelques
dotions simples les règles qui doivent régir les assurances.

*
* *
Il s'agit uniquement dans le présent projet, des assu-
rances terrestres, les assurances maritimes restant régies
Par le titre 10e du livre 2 (art. 332 à 396) du Code de
commerce.
D'autre part, le règlement d'administration publique
du 8 mars 1922, qui est venu remplacer celui du 22 jan-
vier 1868 subsiste dans son ensemble et reste la charte des
sociétés françaises, tant à primes fixes que mutuelles, en ce
qui concerne leur constitution et leur fonctionnement dans
leurs rapports avec leurs assurés.

:
Dans leur ensemble, on peut ramener à trois chefs les
améliorations réalisées dans le projet

;
Il élargit le champ de la réglementation légale des
assurances il ouvre la voie à certaines assurances encore

en France;
peu développées ou dont la validité demeurait discutée
il déclare enfin impératives de nombreuses
dispositions, ce qui permettra de simplifier, de réduire au
minimum, les conditions générales des polices.
Les innovations particulières sont les suivantes :
et de ses préposés ;
l'article 12 permet l'assurance de la faute lourde de l'assuré
l'article 32, alinéa 2, rend possible
l'assurance du profit espéré, admise en matière maritime

;
par le Code de commerce, écartée par la jurisprudence en
matière terrestre en assurance sur la vie, l'article 62 valide

;
la clause d'incontestabilité différée du cas de suicide et
l'article 77 édicte l'obligation du rachat enfin, l'article 83
précise les caractères propres à l'assurance populaire.
Le projet de loi déposé par le Gouvernement a été vote
sans modifications de fond par la Chambre des Députés,
qui n'y a apporté que quelques retouches de forme. H
comprend quatre-vingt-six articles,
Le projet primitif était divisé en cinq titres, dont le
Titre III consacré aux assurances de responsabilité, qui
se trouvaient distinguées ainsi des assurances de choses et
des" assurances de personnes. La Chambre des Députés a
fait entrer les assurances de responsabilité dans le Titre II
(assurances de choses) qu'elle a qualifiées « assurances de
»,
dommages
comprend plus aujourd'hui que quatre titres
; ;
de sorte que le projet qui vous est soumis ne

premier consacré aux assurances en général le Titre II


le Titre

aux assurances de dommages; le Titre III aux assurances


de personnes, et enfin le Titre IV contenant des dispositions
transitoires.
Nous ne voulons pas prendre parti quant à la con*
troverse théorique très vive, sur le point de savoir si l'as-

;
surance de responsabilité est une assurance de choses ou
de personnes elle perdra son intérêt pratique puisque le
présent projet fixe les règles générales de cette garantie.
La suppression du titre III est donc, en soi, indifférente.
L'exposé des motifs du projet de loi ayant donné,
sous chaque article, un commentaire approprié, nous nous
contentons d'analyser ci-après ceux dont se dégagent les
lignes générales.

TITRE PREMIER
Des assurances en général.
C'est la synthèse des règles générales qui régissent

;
toutes les assurances terrestres, de quelque nature qu'elles
soient c'est la codification des principes généraux se dé-
gageant de la jurisprudence,
Ce titre est lui-même divisé en quatre .sections ;
Section I.
— Dispositions générales (art. 1r à 7) ;
Section II. De la prouve du contrat d'assurance, des

formes et de la transmission des polices (art. 8 à 11);
Section III,
— Des obligations de l'assureur et de
1assuré, des nullités et des résiliations (art. 12 à 24);
Section IV.
— De la prescription (art, 25 à 27).
L'àrtiçle premier, particulièrement important, précise
que la loi ne concerne que les assurances terrestres et qu'elle
**est applicable ni maritimes, qui font déjà
aux assurances
1objet du Titre X, livre 2, du Code de
commerce, ni aux
assUrances fluviales, non encore réglementées, ni aux
reassurances conclues entre assureurs et réassureurs.
Il indique également qu'il n'est pas dérogé aux dis-
positions des lois et règlements relatifs à la Caisse Nationale
des retraites
pour la vieillesse et aux Caisses nationales
d'assurances
sociétésà en cas de décès et en cas d'accidents, aux
forme tontinière, aux assurances contractées
par les chefs d'entreprise, à raison de la responsabilité des
accidents de travail survenus à leurs ouvriers et employés ;
ftUx sociétés ou caisses d'assurances mutuelles agricoles.
Il va de soi que cette législation, qui concerne le contrat
e droit privé d'assurance, ne touche en rien au régime
institué
par les lois decontrôle et de surveillance de l'Etat
4r les entreprises et les opérationsd'assurances.
D'autre part, le projet n'est pas applicable à certaines
assurances, qui sont encore en voie de formation, parce
qUe ses rédacteurs ont pensé avec raison qu'il n'était pas
Passible de lier les intéressés par des textes spéciaux (c tant
Une suffisante expériencen'aura pas confirmé ou infirmé
la valeur des solutions courantes
en pratique », C'est dans
Ce but que le projet laisse à l'écart de
ses dispositions les
assurances contre le vol et les assurances dites de crédits
cpmmerciaux, d'origine trop récente et encore mal définies,
Il est vrai, par contre, que l'assurance contre les acci-
-
gents de
n'est personnes, n'est pas l'objet d'une sectionspéciale.
pas parce qu'elleest exclue de la loi actuelle, mais
bien parce qu'elle entre, soit dans les dispositions générales,
s'appliquant à toutes assurances, soit dans celles concernant
les assurances de personnes.
L'article 2 pose le principe du caractère impératif des
articles du projet dont la convention des parties ne pourra
pas s'écarter, à moins que ce ne soit au profit de l'assuré.
C'est l'interprétation qui résulte de la lettre ci-après
adressée le 30 décembre 1926 par M. André Fallières,
Ministre du Travail, au président du syndicat des compa-
gnies étrangères d'assurances sur la vie :
Vous avez bien voulu me demander d'apporter au projet de loi sur
le contrat d'assurance adopté par la Chambre des Députés, certaines
modifications, notamment aux articles 16, 17, 21, 22 et 26, afin qu'ils ne
puissent être appliqués aux contrats d'assurances sur la vie, en me faisant
remarquer que les polices délivrées par certaines compagnies étrangères
contiennent des dispositions plus favorables à l'assuré que celles de ces
articles.
J'ai l'honneur de vous informer que ces dispositions constituent au
profit de l'assuré un minimum de garantie auquel il ne peut renoncer par
convention particulière, mais que la loi n'empêche pas l'assureur de lui
consentir des conditions plus libérales.
Ce même article 2 énumère les prescriptions de la loi
qui n'ont qu'une valeur supplétive ou déclarative et qui
peuvent être par conséquent modifiées par la convention.
L'article 3 reproduit les dispositions de la loi du 2 jan-
vier 1902 relative à la compétence en matière d'assurance.
Dans ce Titre premier, il y a lieu de signaler encore la
disposition de l'article 7 qui valide de façon formelle la
note de couverture, sorte de police provisoire délivrée
immédiatement à l'assuré, qui ne peut ou ne veut attendre
la rédaction matérielle et le retour de sa police et désire
être couvert tout de suite.
Ce même article détermine également, suivant les
tendances très nettes de la jurisprudence, le caractère
juridique de la proposition faite à l'assureur d'une assurance
nouvelle. *
Les articles 10 et 11 admettent la forme à ordre et même
au porteur d'une police d'assurance, sous réserve de dispo-
sitions spéciales
pour les assurances sur la vie, et permettent
a l'assureur d'opposer
au porteur de la police ou au tiers
qui en invoque le bénéfice, les exceptions opposables
au
souscripteur originel.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, l'article 12 permet,
par une heureuse innovation, l'assurance de la faute lourde
del'assuré et l'article 13 celle de
ses préposés. Toutefois,
l'assureur
ne répond pas, nonobstant toute convention
contraire, des pertes et dommages provenant d'une faute
IntentionneJIe
ou dolosive de l'assuré.
L'article 15, avant-dernier alinéa, reprenant la formule
de l'article 29 du décret du 8
mars 1922, dispose que la
déchéance résultant d'une clause de la police,
ne peut être
opposée à l'assuré qui justifie qu'il a été mis, par suite d'un
cas fortuit ou de force majeure, dans l'impossibilité de faire
Sa déclaration dans le délai imparti.
L'article 16 réglemente de façon très étroite, afin
qu'il n'y ait pas de surprise à l'encontre de l'assuré, les
normes et délais de la mise
en demeure qui doit lui être
adressée lorsqu'il ne paye pas sa prime. Ce même article
décide, contrairement à la clause qui se trouve aujourd'hui
dans presque toutes les polices,
que la prime est en principe
quérable et non portable.
La question des déclarations à faire par l'assuré, soit
au jour de la conclusion du contrat, soit en cours de contrat,
soit à l'avènement du sinistre, ainsi que les réticences ou
dusses déclarations font l'objet des articles 17 et 20 à 23.
L'article 18 règle la question du contrat en cas de
faillite
ou de liquidation judiciaire, de l'assureur ou de
Assuré.
En principe, toutes actions dérivant d'un contrat
d'assurance sont prescrites
:éV-énement qui
être abrégée
y donne naissance ;
par deux ans, à compter de
cette durée ne peut
par une clause de la police (art. 25, 26 et 27).
TITRE II
Des assurances de dommages.
On sait que le projet de loi qualifiait ces assurances
« assurances
de choses », Le terme nouveau employé par la
Chambre peut prêter à critique, car toute assurance qu'elle
»»,
soit de « choses ou de «personnes peut être considérée
puisque c'est pré-
comme une assurance de « dommages
cisément contre le dommage apporté à sa personne ou à
son patrimoine que l'assuré veut se garantir. Etant donné
néanmoins le sens spécial que la Chambre attribue à ce
mot en l'opposant aux assurances de personnes, nous vous
demandons de vouloir bien le conserver.
Le Titre II est divisé en quatre sectiQns. Après avoir
établi, dans la section première, les dispositions générales
applicables aux assurances de choses (art, 28 à 39), il
consacre sa section 2 aux assurances contre l'incendie
(art, 40 à 45), sa section 3 aux assurances contre la grêle
et la mortalité du bétail (art. 46 à 49) et la section 4 aux
assurances de responsabilité (art. 50 à 53),
Dans les dispositionsgénérales, les articles 28 et 29
contiennent des applications de ce principe essentiel que
le contrat d'assuranceest un contrat d'indemnité et qu'il

;
ne peut pas procurer à l'assuré un enrichissement,
L'article 30 est consacré aux coassurances et assurances
cumulatives l'article 31, à la règleproportionnelle ; l'ar-

populaires.
ticle 34, aux pertes et dommages occasionnés par la guerre
etpar
étrangèreoucivile émeutes ououmouvements
les érn*eutes mouvements

Les articles 36 et 37 établissent au profit de l'assureur


qui a payé le dommage, la subrogation — et non plus une

;
cession — dans les droits et actions de l'assuré contre Je
tiers responsable et au profit des créanciers privilégiés et
hypothécaires de l'assuré la subrogation sur l'indemnité
due à la suite de la perte de la chose hypothéquée. C'est la
reproduction de l'article 2 et de l'article 3, alinéa premier,
de la loi du 19 février 1889 relative
à l'attribution des
indemnités dues
par suite d'assurance.
L'article 38 maintient le principe, maintes fois reconnu
Par les tribunaux, que le délaissement n'existe, pas
en
Matière d'assurance terrestre, réservant toutefois la con-
Vention contraire.
Les sections 2e, 30 et 4e, relatives à l'assurance
contre J'incendie, contre la grêle et la mortalité du bétail
et aux assurances de responsabilité
ne sont que la consé-
cration législative des principes aujourd'hui définitivement
reconnus par la pratique et qu'on retrouve dans toutes
les polices
en cours.

TITRE III

Desassurances de personnes,
Il comprend deux sections
(art, 54 et 55); 2° Des
: 1° Dispositions générales
assurances sur la vie (art. 56 à 83).
La section première, composée de deux articles,établit
deux principes qui sont applicables aussi bien
aux assu-
rances sur la vie qu'aux assurances contre les accidents
corporels, atteignant l'assuré dans sa personne physique.
La section 2 est plus longue, puisqu'elle comprend
28 articles. Elle n'est
en réalité que la codification des
regles générales dégagées la jurisprudence en matière
d'assurance par
sur la vie, tant en ce qui concerne les partir
Parités de la prime en cette matière, la garantie çU cer"
tains risques (suicide), les modifications
que la police
peut subir en cours de contrat du fait de la réduction, du
rachat, du prêt sur police, les modes et les effets de la trans
lJ\12&ion
par la police, et enfin les droits des bénéficiaires,
tant à l'égard des créanciers que des héritiers de l'assuré,
notamment en cas de faillite ou de liquidation judiciaire
de celui-ci.
L'article 58 reproduit les dispositions de la loi du
8 décembre 1904 qui a interdit l'assurance en cas de décès
des enfants de moins de douze ans.
Les articles 76 et 77 exigent une mention spéciale.
Ces deux articles sont relatifs à ce que l'on appelle la
réduction (art. 76) et le rachat (art. 77).
On sait que, en matière d'assurance sur la vie, le paye-

;
ment de la prime est toujours facultatif, sauf en ce qui
concerne la première c'est ce que dit l'article 75 du présent
projet.
Si donc l'assuré cesse de payer sa prime et résilie ainsi
son contrat, il peut recevoir la valeur qu'a acquise ce contrat
à la suite du versement des primes antérieures. L'assureur

il n'est en quelque sorte que le dépositaire ;


ne saurait, en effet, conserver pour lui cette réserve, dont
l'assuré la
touchera donc, si la nature de son contrat le comporte, — et
d'ailleurs seulement au bout de la 3e année — (les deux
premières primes et parfois même une partie de la troisième
ayant été absorbées, notamment par les frais d'acqui-
sition, et n'ayant pu être capitalisées) par l'un des deux

but qu'il poursuit


rachat.
:
procédés, qu'il emploiera suivant les circonstances et le
la réduction de son contrat, oule

Dans la réduction de la police, l'assureur et l'assuré


conviennent que la valeur de ladite police ne sera pas remise
à l'assuré, mais. constituera la prime unique d'une nouvelle
assurance dont le capital sera nécessairement moindre que
celui qui était primitivement assuré.
Dans le rachat, au contraire, l'assuré exige que le
solde disponible de sa réserve lui soit versé par la com-
pagnie contre remise de la police. Comme c'est un rem-
boursement anticipé de la réserve, la compagnie fait subir
à ce solde un escompte et retient une quote-part de la réserve
(10 à 15 0/0 ordinairement) ; c'est la valeur de rachat.
Les articles 76 et 77 disent que les conditions de la
réduction et du rachat doivent être indiquées dans la
police de manière que l'assuré puisse à toute époque con-
naître la somme à laquelle il a droit.
Les compagnies d'assurances sur la vie, croyant que
ces articles leur imposaient l'obligation d'adj oindre à chaque
police un tableau des valeurs de réduction et de rachat
année par année, ont fait connaître au Ministre du Travail,
Par lettre du 22 décembre 1926, que cette mesure serait
Irréalisable.
M. André Fallières, Ministre du Travail, par lettre du
3 janvier 1927, leur fait observer
a que ce n'est pas l'obli-
gation d'annexer à chaque police un tableau des valeurs
de réduction et de rachat qui est visée
par les articles 76
et 77 ; la disposition de ces textes, que nous rappelions
tout à l'heure, n'est pas une innovation, car dans la plupart
des. polices, le mode d'établissement des dites valeurs
est
déjà indiqué dans les conditions générales des contrats.
Ce que
ces textes imposent, c'est la confirmation d'un usage
Constant, consistant, non pas dans l'annexion à chaque
Police d'un tableau desdites valeurs, mais seulement dans
mdication des modalités de calcul de manière
« que
J assuré puisse à toute époque connaître la
somme à laquelle
Il
a droit. »
D'autre part, l'article 76 précise le mode de fixation
de la réduction. Ce mode
est nouveau et, ainsi que l'établit
le tableau
inséré dans l'exposé des motifs et la note que
nous publions en commentaire de l'article 76, il est plus
avantageux dans certains cas pour l'assuré que celui qui est
actuellement suivi par les compagnies d'assurances et qui
est connu sous le nom de méthode de la réduction
« pro-
Portionnelle
».
Par lettre du 22 décembre 1926, les compagnies d'assu-
rances sur la vie ont demandé au Ministre du Travail, s'il
leur était possible de maintenir leur
mode de réduction
traditionnel en présence de la disposition nouvelle de l'ar-
ticle 76.
Par lettre du 3 janvier 1927, M. André Fallières leur a
fait connaître qu'il était exact qu'il reste quelques cas où
la méthode de réduction proportionnelle donne des résultats
plus avantageux pour l'assuré que la méthode prévue à
l'article 76. «Dans ces cas — ajoute le Ministre — il sera
loisible aux compagnies de continuer d'appliquer la pre-
mière méthode (celle de réduction proportionnelle) pllia-
qu'elle conduira à des résultats supérieurs au minimum
légal. »
Enfin, l'article 77, par une innovation toute en faveur
de l'assuré, déclare le rachat obligatoiré sur sa demande,
sauf dans le cas de force majeure constaté par décret rendu

:
sur la proposition du Ministre du Travail.
L'article ajoute « le prix du rachat, le nombre des
primes à payer avant que le rachat ou les avances puissent
être demandés, doivent être déterminés par un règlement
général de l'assureur,sur avis du Ministre du Travail ».

Les compagnies d'assurances ayant demandé au Minis-


tre du Travail son interprétation au sujet de cette disposition,
par lettre du 30 décembre 1926, M. André Fallières leur a
fait connaître qu'il ne ferait pas d'objection à ce que leS
compagnies d'assurances sur la vie insérassent « dans le
règlement général prévu par ledit article, une disposition
accordant à l'assureur, à partir du jour où la demande de
rachat lui est parvenue, un délai maximum de trois
mois pour le versement de cette valeur ».

Assurances populaires. — L'article 83 du titre des


assurances sur la vie donne une définition de l'assurance
populaire, qui commence à prendre essor en France.
C'est dans l'intérêt du développement de cette forme
de prévoyance particulièrement intéreilante que l'a.rtloJe 83
edicte des exceptions en cette matière à certaines règles
ordinaires de l'assurance sur la vie.
D'autre part, consulté par le groupement de ces assu-
rances sur l'application aux polices de l'espèce, de certaines
Prescriptions des articles 75 et 76 du projet, M. André
Fallières;
par lettre du 17 janvier 1927;lui a fait connaître
en ces termes son avis :
Artiole 75. — La disposition finale de cet article accordant à l'assuré
unevaleur de réduction pourvu qu'il ait été payé au moins trois primes
«
hhlielles » ne me parait pas applicable aux assurances populaires, à raison
da la disposition del'article
83, premier alinéa, du dit projet* quiprescrit qu'en
cette matière le capital stipulé n'est intégralement payable
ces que si le décès
« en cas de
survient après un délai spécifié au contrat».
Les sociétés pratiquant les assurances populaires sur la vie pourront
donc stipuler dans leurs contrats
que la valeur de réduction ne pourra être
Payée qu'après le versement de quatre cinq primes annuelles.
ou
Article 76. S'agissant d'assurances populaires, c'est-à-dire, par
definition,
, —
d'assurances portant en général sur de petits capitaux, j'estime
que les différences entre les résultats de la méthode dite de réduction
« pro-
portionnelle que
» vous pratiquez actuellement et celle qui est définie à
article 76, sont dans la plupart des cas pratiquement négligeables, et je
cOnsidère en conséquence que l'application, à ces assurances, de petites
soinines, de la méthode de réduction proportionnelle, satisfait
aux pres-
criptions dudit article.

TITRE IV

Cetitre est consacré aux dispositions transitoires, de


façon à n'apporter
aucune perturbation dans les contrats
actuellement en cours, en vertu du principe de la non rétroac-
tivité des lois. -
Un délai de 6 mois est laissé aux assureurs pour établir
leurs nouvelles polices.
L'article 86 (article final) déclare abrogés les articles
2 et 3 de
la loi du 19 février 1889 relative à l'attribution des
indemn.ités dues suite d'assurance (dispositions repro-
par
dites dans l'article 37 du présent projet) ; la loi du 2 jan-
V\er 1902 relative à la compétence —
en matière d'assurances
(art. 3 du présent projet) ; — la loi du 8 décembre 1904
interdisant en France l'assurance en cas de décès des
enfants de moins de 12 ans (art. 58 du présent projet).
Tout en renvoyant, pour tous commentaires relatifs aux
articles, à l'exposé des motifs très complet présentépar le
Gouvernement à l'appui de son projet, et qui constitue
sans aucune modification le rapport présenté à la Chambre,
nous croyons devoir, par voie de notes sommaires au bas
d'un certain nombre d'articles, donner des indications de
références à des textes ou à la jurisprudence et des expli-
cations sur certains points qui ont retenu l'attention de la
Commission.
Article premier.

La présente loi ne concerne que les assurances terrestres.


Elle n'est applicable ni aux assurancesmaritimes (1),
ni aux
assurances fluviales (2), ni aux réassurances conclues
entre assureurs et réassureurs (3).
Il n'est pas dérogé aux dispositions des lois et règlements
relatifs à la Caisse nationale des retraites
pour la vieillesse
et aux Caisses nationales d'assurances en cas de décès et en
Cas d'accidents; aux sociétés à forme tontinière; aux assu-
rances contractées par les chefs d'entreprise, à raison de la
responsabilité des accidents de travail survenus à leurs ouvriers
et employés;
aux sociétés ou caisses d'assurances mutuelles
agricoles (4).
Les opérations qualifiées d'assurance-crédit ne sont pas
regies
par la présente loi (5).
(1) Elles font l'objet du titre X du Code de commerce.
(2) Elles ne sont point encore réglementées, mais il est à prévoir
eUes se rattacheront par un statut légal plus aux assurances maritimes
aux assurances terrestres.
(3) Ce sont des opérations auxquelles l'assuré demeure étranger et
qUi n'ont rien à faire dans
une loi réglant les relations entre assuré et assu-
reur, et non les relations entre
assureurs.
(4) Des dispositions spéciales régissent ces diverses caisses
et il n'y ou assurances
a pas lieu de les comprendre dans le projet.
(5) L'assurance-crédit est, dit l'exposé des motifs du projet de loi,
ne sorte de colonie de l'assurance colonie encore bien peu explorée,
« »,
LOnt on
ne sait pas encore si elle dépendrade l'assurance ou de la banque.
Gouvernement et la Chambre des Députés ont estimé, à juste titre,
quil n'était point possible de codifier
une pratique si nouvelle qui n'a
encore ni statut légal ni statut jurisprudentiel.

H existe, dans quelques départements, des caisses très


a.nciennes, dites caisses des incendiés, fonctionnant avec
des
concours bénévoles et tirant leurs ressources, essen-
lelleIIlent, de collectes faites dans
ces Communes. Ces orga-
;
nismes ont une tradition séculaire ils ont rendu et rendent
de grands services. La loi, à diverses reprises, a fait état de
leur existence et de leur fonctionnement. L'article 37 de
la loi du 5 juin 1850 les a affranchis, par un abonnement,
de l'obligation du timbre de dimension sur leurs polices.
«
Les caisses départementales, dit l'article 37, paragraphe 2,
administrées gratuitement, ayant pour but d'indemniser
ou de secourir les incendiés au moyen de collectes, pourront
aussi s'affranchir des mêmes obligations en contractant, avec
l'Etat, un abonnement annuel de un pour cent des collectes
de l'année. »

:
La loi du 13 avril 1898, dans son article 17, fait aux
caisses départementales une situation à part
« Les compagnies et sociétés d'assurances françaises
à
et étrangères contre l'incendie, l'exception des caisses
départementales organisées par les conseils généraux, sont
assuj etties. »
De même, la loi du 3 janvier 1907, dans son article 5,
déclare :
«
Sont et demeurent exempts de oette taxe les capitaux
assurés aux caisses départementales.»
La loi du 29 juin 1918 (article 20, paragraphe 2) fixe
le taux de la taxe annuelle et obligatoire d'abonnement au
timbre « à laquelle les caisses départementales, adminis-
trées gratuitement, ayant pour but d'indemniser ou de
secourir les incendiés au moyen de collectes, sont soumises,..»
La loi du 25 juin 1920 reproduit les mêmes termes.
Toutes ces dispositions ont un caractère purement
fiscal. D'après deux arrêts du Conseil d'Etat, elles ne
sauraient conférer aux caisses départementalesune exiS"
tence légale,en ce sens que leur création par les Conseils
généraux serait licite contrairement à la loi du 10 août 1871
qui définit les attributions de ces dernières. Mais si le
Conseil d'Etat annulé
a pour excès de pouvoirs des délibé-
rations de Conseils généraux créant des caisses départe-
mentales des incendiés, il a eu, à l'égard des anciennes
caisses, antérieures à la loi du 10 août 1871, un considé-
rant constatant leur existence de fait:
Considérant— dit-il, — visant les lois que nous venons
«
-
de citer que
ces dispositions législatives, qui ont un carac-
tère purement fiscal, n'ont
eu d'autre but, après avoir
assujetti les compagnies d'assurances contre l'incendie
à des taxes
sur le capital assuré, que d'exempter de ces
taxes nouvelles certaines Caisses dont l'existence de fait,
dans quelques
rares départements, se rattachait à
d'anciennes institutions de bienfaisance remontant à
une
époque reculée, caisses qui auraient
pu, lorsque lesdites
^xes ont été établies, tomber sous leur application, qu'elles
Xiontnullement eu pour objet de modifier, pour l'avenir,
la loi du 10 août 1871 et de conférer Conseils généraux
des pouvoirs autres
aux
que ceux qu'ils tiennent de cette der-
rière loi.»
Cassation. D. P. 1922-3-34.

Devant votre Commission la demande a été faite d'ins-


crire les caisses départementales existantes au nombre des
caisses ou sociétés énumérées à l'article premier et auxquelles
la loi
ne s'appliquera pas. Nous insistons sur le fait qu'il
n& s'est agi,
pour les auteurs de la demande, que des caisses
anciennes, ayant un long passé, et, qu'à aucun moment, la
Question ne s'est posée, ni de modifier, directement ou
ldirectement, la situation de fait, aussi forte qu'une situa-
tion de droit,de Caisses, ni de préparer pour l'avenir
ces

:
des possibilités de création
pour de nouvelles Caisses. Les
auteurs de cette demande n'ont pas insisté 10 afin de ne pas,
Par une modification de texte, retarder le vote du projet,
se réservant si ce vote n'était point acquis définitivement
devant le Sénat, de reprendre leur demande 20 parce que;
les explications qui ont été fournies par le Ministre du
Travail au Président du Conseil par une lettre du 28 fé-
vrier 1927 ont été pour rassurer les caisses départemen-
tales anciennes qui craignaient de voir, par l'application
de la loi, disparaître leur caractère presque familial.

Voici la lettre du Ministre du Travail :


Monsieur le Président,
Par lettre du 22 février 1927, vous avez bien voulu me transmettre
une réclamation de la Caisse départementale des incendiés de la Meuse
vous signalant les inconvénients qui pourraient résulter, pour elle, du vote
du projet de loi sur le contrat d'assurance déjà adopté par la Chambre,
du fait que ce projet imposerait «l'obligation d'établir pour toutes les
assurances, des polices avec désignation des capitaux assurés ».
J'ai l'honneur de vous informer que l'article 9 du dit projet dispose
qu'entre autres mentions, le contrat d'assurances doit indiquer — et cela,
dans l'intérêt des assurés — «le montant de la garantie ». Mais cette indi-
cation a été précisée dans les termes suivants par l'Exposé des motifs du

:
projet, termes que le rapporteur à la Chambre, M. René Lafarge, a repris
purement et simplement «Il est nécessaire de tenir compte, dans l'inter-
prétation de cet article de l'extrême diversité des polices, suivant les
risques auxquels elles s'appliquent.
Il suffit, pour que les prescriptions de cet article soient observées,
que la police indique, sinon la somme assurée elle-même, —laquelle n'est
point toujours définitivement fixée à la signature de la police, — du moins
les éléments qui serviront, par la suite, à déterminer l'indemnité ».
La Caisse départementale des incendiés de la Meuse me paraît donc
avoir, par avance, satisfaction.
Veuillez agréer, M.
:
Signé
Le Ministre,
André FALLIÈRES

Art. 3.

Dans toutes les instances relatives à la ifxation et au


règlement des indemnités dues, le défendeur (assureur ou
assuré) sera assigné devant le tribunal du domicile de l'assuré,
de quelque espèce d'assurance qu'il s'agisse, sauf en matière
d'immeubles ou de meubles par nature, auquel cas le défendeur
sera assigné devant le tribunal de la situation des objets
assurés (i).
Toutefois, s'il s'agit d'assurances contre les accidents de
toute nature, l'assuré
pourra assigner l'assureur devant le
tribunal du lieu où s'est produit le fait dommageable (2).
(1) Cet alinéa reproduit les dispositions de la loi du 2 janvier 1902
relative à la compétence matière d'assurance.
en
(2) Cet alinéa qui donne à l'assuré, lorsqu'il s'agit d'assurances contre
les aceidents
de toute nature, l'option pour assigner, entre le tribunal
de son domicile et le tribunal du lieu où s'est produit le fait dommageable,
reproduit les dispositions de la loi du 26 novembre 1923.

Art. 4.
Dans tous les cas où l'assureur se réassure contre les
risques qu'il assurés, il reste seul responsable vis-à-vis de
a
l'assuré.
Cet article est inspiré de l'article 36 du décret du
8 mars 1922 portant règlement d'administration publique

:
Pour la constitution des sociétés d'assurances. Cet article 36
est ainsi conçu « la réassurance partielle ou totale ne crée
pas de lien de droit entre l'assuré et le réassureur et n'éteint
Pas les obligations de la société réassurée envers l'assuré ».

Art. 5.
La durée du contrat est fixée par la police. Toutefois, et
sous réserve des dispositions ci-après relatives aux assurances
SUr la vie, l'assuré a le droit de se retirer tous les dix ans en
Prévenant l'assureur, au cours de la périoded'engagement,
au moins six mois à Vavance, dans les formes indiquées ci-
après. Ce droit appartient également à l'assureur; il doit être
rappelé dans chaque police.
Dans tous les cas où l'assuré a la faculté de demander
la résiliation, il peut le faire à
son choix et nonobstant toute
clause contraire, soit
par une déclaration faite contre récé-
pissé au siège social
ou chez le représentant de la société dans
la localité, soit par aèté extrajudiciaire, soit par lettre recorn,
mandée, soit par tout autre moyen indiqué dans la police.
La durée du contrat doit être mentionnée en caractères
très apparents dans la police.
La police doit également mentionner que la durée de la
tacite reconduction ne peut en aucun cas, et nonobstant toute
clause contraire, être supérieure à une année.
Cet article est inspiré de l'article 55 du décret du
18 mars 1922.
Art. 6. -.

L'assurance peut être contractée en vertu d'un mandat


général ou spécial ou même sans mandat, pour le compte
d'une personne déterminée. Dans ce dernier cas, l'assurance
profite à la personne pour le compte de laquelle elle a été
conclue, alors même que la ratification n'aurait lieu qu'après
le sinistre.
L'assurance peut aussi être contractée pour le compte de
qui il appartiendra.
Cette déclaration vaudra, tant comme assurance au
profit du souscripteur de la police que comme stipulation
pour autrui au profit du bénéficiaire connu ou éventuel de
ladite clause.
Le souscripteur d'une assurance contractée pour le
compte de qui il appartiendra sera seul tenu au payement de
la prime envers l'assureur; les exceptions que l'assureur
aurait pu lui opposer seront également opposables au bénéfi-
ciaire de la police, quel qu'il soit.

Cet article condense les décisions de la jurisprudence


en ce qui concerne la pratique de l'assurance pour le compte

Voir:
de qui il appartiendra.
Cassation, 8 mars 1888, Sirey 1888-1-313;

;
18 mars 1890, Dalloz Périodique 1890-1-411 ; 27 juin 1899,
Sirey 1903-1-502 27 juin 1910, Dalloz Périodique 1912-1*529
Art. 7.

l assureur ;
La proposition d'assurance n'engage ni l'assuré, ni
seule la police ou la note de couverture constate
leur engagement réciproque.
Est considérée comme acceptée la proposition, faite par,,
lettre recommandée, de prolonger
ou de modifier un contrat
ou deremettre en vigueur un contrat suspendu, si l'assureur
ne refuse pas cette proposition dans les dix jours après qu'elle
lui est
parvenue.
Les dispositions du présent article ne sont pas applicables
aux assurances sur la vie.

Cet article fixe, (Tapfès les tendances de la jurispru-

:
dence, le caractère juridique de la proposition faite, à l'assti-
reur, d'une assurance nouvelle il constitue une intéressante
IIlnovation.

Art. 8.
Lecontrat d'assurance est rédigé par écrit, en caractères
apparents. Il peut être passé devant notaire ou fait sous seing
Privé (1).
Toute addition ou modification au contrat d'assurance
Primitif doit être constatée par un avenant signé des parties.
Les présentes dispositions ne font pas obstacle à ce que,
rnme avant la délivrance de la police ou de l'avenant, l'assu-
reur et l'assuré ne soient engagés l'un à l'égard de l'autre
Par la remise d'une note de couverture (2).
(1) Cet
alinéa est l'application à l'assurance des articles 1317 à
1,382 du Code civil relatifs à rétablissement des actes.
(2) La note de couverture est un engagement de la Compagnie ou de
:es agents fondés dé pouvoirs; précédant la remise de la police, et
ant3 garantie compor-
pour l'assuré.
Art. 9.
Le contrat d'assurance est daté du jour où il est sous-
crit. Il indique :
Les nom et domicile des parties contractantes;
La chose ou la personne assurée;
La nature des risques garantis;
Le moment à partir duquel le risque est garanti et la
durée de cette garantie;
Le montant de cette garantie;
La prime ou la cotisation de l'assurance
Les clauses des polices édictant des nullités ou des dé-
chéances ne sont valables que si elles sont mentionnées en
caractères très apparents.
Cet article est à rapprocher de l'article 332 du Code
de commerce, Titre X du Livre II « Du commerce
maritime ».
Art. 10.
La police d'assurance peut être à personne dénommée,
à ordre ou au porteur (1).
Les polices à ordre se transmettent par voie d'endosse-
ment, même en blanc.
Le présent article ne sera toutefois applicable aux contrats
d'assurance sur la vie, que dans les conditions prévues par
,
l'article 61 ci-après.

:
(1) Les polices d'assurances maritimes affectent depuis longtemps

;
et très souvent la forme au porteur la validité de cette forme n'est pas
contestée, en vertu de la liberté des conventions. C'est ce qu'on appelle
le crédit documentaire la police d'assurance est épinglée au connaisse-

:
ment et cédée en même temps que lui. Un autre procédé est, aussi, couram-
ment employé la personne qui fait assurer déclare dans la police qu'elle
agit « pour le compte de qui il appartiendra ».

;
C'est ce que le projet admet, à titre de simple faculté, dans cet
article 10, en matière terrestre. Ce n'est pas une innovation la police au
porteur existe déjà, notamment dans les assurances de marchandises
warrantées, par exemple, encore, dans une assurance de marchandises
contre les risques de transports terrestres et contre l'incendie faite par un
».
:
commissionnaire « pour le compte de qui il appartiendra Là aussi il
8agit de crédit documentaire. Parmi les décisions ayant statué

5 mars 1888, 18
mars 1890, 27 juin 1899.
; sur
Polices au porteur, on relève notamment Amiens, 10 juin 1887 Cassation,
des

Art. 11.
L'assureur peut opposer au porteur de la police ou au
tiers qui en invoque le bénéfice, les exceptions opposables
au
souscripteur originaire.
C'est l'application du principe énoncé dans l'article 6.

Art. 12.
Les pertes et les dommages occasionnés par des cas

l ou
assureur, sauf exclusionformelle et limitée contenue dans
à
fortuits causés par la faute de l'assuré (1) sont la charge de

la police.
Toutefois, l'assureur ne répond pas, nonobstant toute
convention contraire, des pertes et dommages provenant
d'une faute intentionnelle ou dolosive de l'assuré.

(1) L'assurance de la faute lourde, sauf exclusion formelle, est une


:
innovation. Elle est déjà entrée dans les législations étrangères et elle est
admise par notre jurisprudence. Voir Bordeaux, 28 juin 1920, Sirey,
1921-2-1, note Hugueney.

Art. 13.
L'assureur est garant des pertes et dommages causés
Par des personnes dont l'assuré est civilement responsable
en vertu de l'article 1384 du Code civil, quelles que soient la
nature et la gravité des fautes de ces personnes.
Cette garantie est admise depuis longtemps par la
Jurisprudence. Cass. Req. 2 juin 1886, Sirey 87-1-369;
12 décembre 1893, Sirey 96-1-91.
Art.20.
Si, pour la fixation de la prime, il a été tenu compte de
circonstances spéciales, mentionnées dans la police, aggra-
vant les risques, et si ces circonstances viennent à disparaître
au cours de l'assurance, l'assuré a le droit,nonobstant toute
convention contraire, de résilier le contrat, sans indemnité,
si l'assureur ne consent pas la diminutiondeprime corres-
pondante, d'après le tarif applicable lors de la souscription
du contrat.
Texte nouveau en faveur de l'assuré.

Art, ai.
Indépendamment des causes ordinairesdenullité, et
sous réserve des dispositions de l'article 81 ci-après, le contrat
d'assurances est nul en cas de réticence ou de fausse décla-
ration intentionnelle de la part de l'assuré, quand cette réticence
ou cette fausse déclaration change l'objet du risque Ou en
diminue l'opinion pour l'assureur, alors même que le risque
omis ou dénaturé par l'assuré a été sans influence sur le
sinistre.
Les primes payées demeurent alors acquises à l'assateur,
qui a droit au payement de toutes les primes échues à titre
de dommages et intérêts.

: n'a
Les articles 21 à 23 sont l'application de l'article 1109
du Code civil « Il n'y a point de consentement valable si
été donne que par erreur ou s'il a été

:
le consentement
extorqué par violence ou surpris par dol », et de l'article 348
du Code de commerce «
Toute réticence, toute fausse
déclaration de la part de l'assuré, toute différence entre le
contrat d'assurance et le connaissement qui diminueraient
l'opinion du risqué Ou en changeraient le sujet, annulent
l'assurance.
«L'assurance est nulle même dans le cas ou la réticence,
ta fausse déclaration la différence n'auraient influé sur
ou pas
le dommage
ou la perte de l'objet assuré. »

Art. 24.
Sont nulles :
1° Toutes clauses générales frappant de déchéance l'assuré
en cas de violation des lois ou des règlements, moins que à
cette violation ne constitue un crime ou un délit intentionnel (1) ;
2° Toutes clauses frappant de déchéance l'assuré d raison
de simple retard apporté par lui à la déclaration du sinistre
aux autorités ou à des productions de pièces, sans préjudice
du droit
pour l'assureur de réclamer une indemnité propor-
donnée
au dommage que ce retard lui a causé (2).
(1) Application de l'article 12 i-degsus.
(2) Cet alinéa est destiné à écartèr la disposition de l'article 16 dé8
anciennespolices-incendie; subsistant) encore dans nombre de contraten
Vertu de laquelle l'assuré devait « faire à Ses fraiâ la déclaration du Sinistre
son canton.». Les juges de paix refusaient de
devant le juge de paix de
recevoir cette déclaration et des compagnies d'assurances frappaient de
échéance l'assuré.

Art.27.
La prescription de deux ans court même contre les
Mineursi les interdits et tous incapables (1).
Elle est interrompue par une des causes ordinaires d'in-
terruption de la prescription et par la désignation d'experts à
la suite d'un sinistre. Vinterruption de la prescription de
l action
en payement de la prime peut, en outre, résulter de
Renvoi d'une lettre recommandée adressée l'assureur à
l'&ssuré.
par

2278du Codé civil ajoute «Sauf leur récours éÓfittè leur


tutêut ». L'article
(1)
Bien que le premier paragraphe de cet article 27 né tise point
le rbbours,
celui-ci n'en subsiste pas moins.
Art. 28.
L'assurance relative aux biens est un contrat d'indem-
nité; l'indemnité due par l'assureur à l'assuré ne peut pas
dépasser le montant de la valeur de la chose assurée au moment
du sinistre (1).
Il peut être stipulé que l'assuré restera obligatoirement
son propre assureur pour une somme, ou une quotité déter-
minée, ou qu'il supportera une déductionfixée d'avance sur
l'indemnité du sinistre (2).
(1) Voir : Cassation. Civ. 12 février 1913, D. P. 1914-1-137. Note
P. Dupuich. «C'est une règle fondamentale en matière d'assurance que le
:
contrat d'assurance est essentiellement un contrat d'indemnité c'est-à-dire
qu'il doit couvrir l'assuré de son dommage (Voir Req. 4 février 1913,
D. P. 1914-1-79), mais ne doit jamais être pour lui une source de gain,
l'assuré ne pouvant jamais rien recevoir en sus de l'exacte réparation du
dommage. Ce principe a été fréquemment formulé par la jurisprudence
(Besançon, 22 janvier 1867, D. P. 67-2-4. Eeq.14 juin 1880, D. P. 81-1-367.
Orléans, 4 août 1905, D. P. 1906-2-292) et il est constamment sous entendu
dans les arrêts relatifs aux règlements de sinistres»
(2) Jurisprudence. Montpellier, 12 mars 1912, D. P. 1912-2-249.

Art. 31.
S'il résulte des estimations que la valeur de la chose
assurée excède au jour du sinistre la somme garantie, l'assuré
est considéré comme restant son propre assureur pour l'excé-
dent, et supporte, en conséquence, une part proportionnelle
du dommage, sauf convention contraire (1).
(1) Le projet du Gouvernement illustre cet article de l'exemple sui-
vant : « Si le propriétaire d'un immeuble qui vaut 100.000 francs et qui
brûle entièrement ne l'a fait assurer que pour 50.000 francs, il touchera
les dits 50.000 francs et ne pourra prétendre à une indemnité plus élevée.
Mais si l'on suppose que le dommage qui atteint l'ensemble est seulement
de 50.000 francs, l'assuré ne touchera que 25.000 francs, proportion entre
la valeur réelle de l'immeuble et la somme assurée. »
Toutefois il y a là uniquement une question de convention et de taux
des primes, et il peut être stipulé dans les polices, soit que l'assurance
s'étend à la valeur totale de la chose assurée, soit que l'objet assuré est
couvert jusqu'à concurrence de telle ou telle somme.
Art. 32.
Toute personne ayant intérêt à la conservation d'une
chose peut la faire
assurer.
Tout intérêt direct ou indirect à la non-réalisation d'un
risque peut faire l'objet d'une assurance (1).

(1) Cet alinéa rend possible l'assurance du profit espéré et, ainsi que
le dit l'exposé des motifs du projet laisse le champ libre
« aux applications
les plus diverses et les plus souples de l'assurance
».

Art. 33.
Les déchets, diminutions et pertes subies par la chose
assurée et qui proviennent de son vice propre ne sont pas à
la charge de l'assureur, sauf convention contraire (1).

(1) Cet article reproduit les dispositions de l'article 352 du Code de


commerce. Mais alors que celles-ci sont impératives, l'article 33, par l'ad-
Jonction de la phrase sauf convention contraire permet simplement
« »,
l'assurance déjà entrée dans la pratique (explosion des appareils à vapeur,
Combustion spontanée des charbons), des risques énumérés.

Art. 35.
En cas de perte totale de la chose assurée résultant d'un
éCJénement
non prévu par la police, l'assurance prend fin de
plein droit et l'assureur doit restituer à l'assuré la portion de
la prime payée d'avance
et afférente au temps pour lequel le
risque n'est plus couru (1).

(1) Jurisprudence constante. Reg. 18 décembre 1899, Sirey, 1901-


1-319.

Art. 37.
Les indemnités dues par suite d'assurance contre l'in-
cendie, contre la grêle, contre la mortalité du bétail,
ou les
autres risques, sont attribuées, sans qu'il y ait besoin de
délégation expresse, aux créanciers privilégiés ou hypothé-
caires, suivant leur rang.
Néanmoins-) les payements faite de bonne foi avant oppo-
sition sont valables.
Il en est de même des indemnités dues en cas de sinistre
par le locataire ou par h voisin, par application des articles
1733 et 1382 du Code civil (1).
En cas d'assurance du risque locatif ou du recours du
voisin, l'assureur ne peut payer à un autre que le proprier
taire de l'objet loué, le voisin ou le tiers subrogé à leurs droits,
tout ou partie de la somme due, tant que lesdits propriétaire,
voisin ou tiers subrogé n'ont pas été désintéressés des consé-
quences du sinistre, jusqu'à conourrence de ladite somme.
(1) s trois premiers paragraphes de cet article roidroduisentexacte-
ment les termes de l'article 2 et du premier paragraphe de l'article 3 de
la loi du 19 février 1889.

, Art.39.
Uassurance est nulle si, au moment du contrat, la chose
assurée a déjà péri ou ne peut plus être exposée aux risques (1)-
Les primes payées doivent, être restituées à l'assuré, sous
déduction des frais exposés par l'assureur, autres que ceux
de commissions, lorsque ces derniers auront été récupérées
contre l'agent ou le courtier.
Dans le cas visé au premieralinéa du présent article, la
partie dont la mauvaise foi est prouvée doit à l'autre une
somme double de la prime d'une année.
(1) Jurisprudence constante.
Req. 18 décembre 1899. Sirey, 1901-1-319.

Art. 55.

Dans l'assurance de personnes, l'assureur, après paye,


ment de la somme, aîsurée, ne peut être subrogé aux droits
du contractant
ou du bénéficiaire contre des tiers à raison
du sinistre(1),

(1) La subrogation qui est la règle (voir article 36) en matière (l'assu-
rance de choses, parce qu'elle est un contrat d'indemnité, est refusée ici
en matière d'assurance de personnes,parce que celle-ci n'est pas un contrat
ûindemnité. Sur ce principe la jurisprudence est formelle.Voir : Cass.
e 6 janvier 1914, D, P, 1918-1-57, Au bas de cet arrêt une
note de M. P. Dupuich montre qu'en fait, les assurances de personnes sont
établies
avec des taux de primes excluant toute idée de recours. « Dans
assurance
sur la vie la prime n'est pas chiffrée arbitrairement par l'assu-
reur : elle est fixéemathématiquement sur- les données scientifiques des
tables de mortalité. Or celles-ci
décès dont elles constatent les lois ne distinguent pas suivant les causes des
mathématiques : les actuaires,qui ont
établi les tables, ont enregistré le fait brutal des décès,
sans vouloir (ou même
saU pouvoir) en apprécier lea circonstances. Jjea assureurs, qui ontpris
ces tables comme base de leurs primes,ont donc nécessairement assumé la
charge de toutes chances de décès. Si,
écarter quelqu'une, ils l'ont expressément par exception,ils ont entendu en
et lipiitativement déclaré dans
les polices, dont fait nulle réserve pour le cas d'un décès impu-
aucune ne

c
table à un tiers autre
que le bénéficiaire. La prime pure, calculée d'après les
données ^thématiquesdeatables»,uesubit»,
pour devenir la prime commer,.
écrite dans les tarifs, d'autre ftltératicm que la correction eu plus,
résultant du chargement qui doit faire face aux frais généraux, mais
aucune
correction en moins, correspondant à l'escompte d'un recours possible
contre l'auteur éventuel du décès.Les compagnies n'auraient même pas
le droit de le faire,
car le troisième décret du 10 janvier 1906, rendu en

:
exécution de la loi du 17 mars 1905, ne permet pas de fixer la prime au-
dessous d'uq minimum résultant de la combinaisondes trois seules données
Vivantes taux d'intérêt déterminé par le Gouvernement, table de mor-

stalité A. F. et chargement
pour frais généraux. Il suit de là que l'assureur
la vie n'ayant pu tenir compte d'un recours et s'étant fait payer son
il
:
risque au prix d'un risque sans recours, ne perd rien quand
recours il ne souffre donc point de préjudice. »
payes sans

Art. 58.
Il est défendu à toute personne 'de contracter une assu-
rance en cas de décès sur la tête d'un mineur âgé de moins
de 12
ans, d'un interdit, d'une personne placée dans une
Maison d'aliénés.
Toute assurance contractée en violation de cette prohi-
bition est nulle.
La nullité est prononcée sur la demande de l'assureur,
du souscripteur de la police ou du représentant de Vinca-
pable.
Les primes payées doivent être intégralement resti-
tuées. -
L'assureur et le souscripteur sont en outre passibles,
pour chaque assurance conclue sciemment en violation de
cette interdiction, d'une amende de 100 à 5.000 francs. L'ar-
ticle 363 du Code pénal est applicable.
Ces dispositions ne mettent point obstacle à l'assu-
le
rance, pour cas dedécès, du remboursement des primespayées
en exécution d'un contrat d'assurance en cas de vie, souscrit
sur la tête d'une des personnes visées au premier alinéa ci-
dessus.
Cet article reproduit la loi du 8 décembre 1904 inter-

:
disant en Francel'assurance en cas de décès des enfants
de moins de douze ans. L'article premier édicté « Est con-
sidérée comme contraire à l'ordre public toute assurance
au décès reposant sur la tête d'enfants de moins de douze
ans ».
Art. 62.
L'assurance en cas de décès est de nul effet si l'assuré se
donne volontairement la mort. Toutefois, l'assureur doit
payer aux ayants droit une somme égale au montant de la
réserve, nonobstant toute convention contraire.
Toute police contenant une clause par laquelle l'assu-
reur s'engage à payer la somme assurée, même en cas de
suicide volontaire et conscient de l'assuré, ne peut produire
effet que passé un délai de deux ans après la conclusion du
contrat (1).
La preuve du suicide de l'assuré incombe à l'assureur,
celle de l'inconscience de l'assuré au bénéficiaire de l'assu-
rance.
(1) Cettepossibilité d'inscrire une clause d'incontestabilité différée
eé cas de suicide est
étrangères. une innovation. Elle est pratiquée par les assurances

Art. 65.
La police d'assurance peut être donnée en gage soit par
aCJenant, soit par endossement à titre de garantie si elle est à
ordre, soit
par acte soumis aux formalités de l'article 2075
du Code civil. (1)

(1)L'assurance sur la vie est un moyen de crédit déjà très répandu.


lIlest Imposé et même singulièrement étendu par la loi, aux acquéreurs de
disons individuelles à bon marché ou depetites propriétés. L'articlepremier
e la loi du 26 février 1921 dispose en effet Pour toutes les opérations
«
Coiftportant l'acquisition d'une maison individuelle à bon marché
ou d'une
Petite propriété, l'emprunteur devra contracter
une assurance temporaire
auPrès de la Caisse nationale
il en vue de garantir le remboursement du prêt
u aura obtenu. Lorsque l'emprunteur
assurance, n'aura pas été admis à contracter
celle-ci pourra être souscrite par son conjoint ou par un tiers
8Jls s'engagent
solidairement au remboursement du prêt et elle garantira,
:ncas de décès de ce conjoint ou de cetiers, lepayement des annuitésrestant
échoir à cette époque. L'article 22 de la loi du 5 décembre 1922 reproduit
»
Ces dispositions.

Art. 71.
Le bénéficede l'assurance contractée par un époux coin-
1rtun en biens en faveur de son conjoint constitue un propre
Pour celui-ci.
Aucune récompense n'est due à la communauté en rai-
Son des primes payées par elle, sauf dans les cas spécifiés
dans l'article 68, 2e alinéa, ci-dessus (1).

(1) La jurisprudence est fixée en ce sens depuis l'arrêt de cassation


a"
d 28 mars 1877. D. P. 1877.1-241. Sirey, 1877-1-401.

Art. 72.
Les articles 559 et 564 du Code de commerce concernant
les droits
de la femme du failli sont sans application en cas
d'assurance sur la vie contractée par un commerçant au pro-
fitdesafemme.
Jurisprudence constante. Voir Cass. 22 Février 1888.
D. P. 1889-1-118; Sirey 1888-1-121. Le sommaire de cet
arrêt est ainsi conçu
«
:
L'assurance stipulée par un mari au profit de sa
femme nominativement désignée, donne à celle-ci le droit
de se faire payer la somme assurée par la compagnie; et
cette somme étant réputée n'avoir jamais fait partie du
patrimoine du mari, même au cas ou celui-ci est tombé en
faillite, le syndic ne peut invoquer contre la femme les dispo-
sitions des articles 559 et 564 du Code de commerce : il
peut seulement, selon les circonstances, exiger la restitution
des primes payées par le stipulant de ses. fonds personnels.
« Et
il importe peu que la désignation de la femme,
comme bénéficiaire, résulte d'un avenant si, par le contrat
originaire, le stipulant s'est réservé la faculté de désigner
ultérieurement la personne à laquelle il attribuerait le
bénéfice de l'assurance. »

Art. 76.

Les conditions de la réduction doivent être indiquées


dans la police, de manière que l'assuré puisse à toute époque
connaître la somme à laquelle l'assurance sera réduite en cas
de cessation du payement des primes.
L'assuranceréduite ne peut être inférieure à celle que
l'assuré obtiendrait en appliquant comme prime unique il
la souscription d'une assurance de même nature, et confor-
mément aux tarifs d'inventaire en vigueur lors de l'assurance
primitive, une somme égale à la réserve de son contrat à la
date de la résiliation, cette réserve étant diminuée de 1 0/0
aumaximum de la somme primitivement assurée.
Quand l'assurance a été souscrite pour partie moyennant
le payement d'une prime unique, la partie de Vassurance
Qui correspond à cette prime demeure en vigueur, nonobstant
le défaut de payement des primes périodiques. -
L'assuré sur la vie a toujours le droit, déclare l'article 75,
de ne plus
payer ses primes et de mettre fin ainsi au contrat.
L'assureur et l'assuré peuvent convenir la valeur
que
de la police,
au jour de la cessation des primes, ne

:
sera pas remise à l'assuré, mais constituera la prime unique
dune nouvelle assurance réduite c'est la réduction (art. 76
du projet).
La valeur de réduction est liée à l'existence de la
réserve mathématique, qui représente la: valeur acquise
le contrat à raison des primes versées. Plus la réserve
par
raathéraatique constituée est élevée, plus la valeur de réduc-
tIon est élevée et inversement.
Si l'assurance ne comportait pas de frais généraux,

:
la valeur de réduction
se déduirait immédiatement de la
réserve mathématique elle serait, à toute époque,
pure
représentée exactement par la somme qu'assure, dans les
Auditions du contrat, la réserve mathématique déjà cons-
puée. Mais l'assureur doit continuer à faire face à la gestion
du contrat réduit, jusqu'à
son échéance. De là la nécessité
d'employer dans cette évaluation,
non le tarif des primes
pures, mais le tarif des primes d'inventaire, c'est à dire de la
prime augmentée seulement des frais de gestion. D'autre
Part, l'assureur a eu à verser à l'agent ou au courtier, au

1 assurance
;
Moment de la souscription, une commission d'acquisition
du contrat
se
il ne récupère entièrement ces frais que si
poursuit jusqu'à son terme. Si l'assuré cesse
d acquitter
les primes, l'assureur subit une perte de ce chef.
* est juste qu'il
en tienne compte dans le décompte de la
yaleur de réduction.
Dans un but de simplification, le projet de loi fixe
!orfaitairem,eJu
cette compensation équitable à 1 0/0 du
capital primitivement assuré. C'est pourquoi ce n'est pas
sUr la réserve mathématique intégrale
que l'on déterminera
la valeur de réduction, mais sur la réserve mathématique
diminuée, au maximum, de 1 0/0 du capital assuré.
Cette méthode de réduction est la seule rationnelle et
d'une application générale. La méthode de réduction « pro-
portionnelle », suivie par le plus grand nombre des assureurs,
et qui détermine le capital réduit d'après le rapport du
nombre de primes déjà versées au nombre total des primes
périodiques stipulées, n'est qu'une méthode empirique,
donnant tantôt des valeurs de réduction exagérées tantôt
des valeurs insuffisantes.
Exemple :
Soit une assurance mixte (assurance à la fois en cas
de décès et en cas de survie à une époque déterminée) de
10.000 francs, d'une durée de 20 ans, souscrite à l'âge de
30 ans et comportant le payement de 20 primes annuelles
de 435 francs chacune (tarif réglementaire). L'assuré cesse
de payer ses primes après en avoir acquitté 8; la réserve
mathématique du contrat s'élève à 2.932 francs. L'assuré
a alors 38 ans, et son assurance n'a plus que 12 ans à courir.
La prime unique, au tarif d'inventaire (tarif minimum
4,25 0/0), permettant d'assurer le capital de un franc,
en assurance mixte, à l'âge de 38 ans, pour une durée de
12 ans, est de 0 fr. 6548. La réserve mathématique diminuée,
de 10/0 du capital assuré, soit ici 100 francs, est alors égale a
2.832 francs. La valeur de réduction ressort, par conséquent,
à :

La méthode de réduction proportionnelle donnerait


:
ici
Au sujet de l'article 76 la réunion des Compagnies
d'assurances sur la vie a présenté au Ministre du Tra-
vail des observations auxquelles ce dernier a répondupar
deux lettres des 3 et 17 janvier 1927. Votre Commission
ne retient point les dites lettres, une note à elle remise
par la réunion des Compagnies d'assurances sur la vie
les tient aussi
pour non avenues, comme n'apportant « en
fait, aucune solution à la question précise qu'elle posait ».
(( Il est vrai, ajoute la note des assureurs, que les termes
Précis de l'article se prêtent difficilement à une conces-
sion ». C'est aussi l'avis de votre Commission.

Art. 77.
Sauf dans le cas de force majeure constaté par décret
rendu sur la proposition du Ministre du Travail, le rachat
Sur la demande de l'assuré, est obligatoire (1).
Des avances peuvent être faites par l'assureur à l'assuré.
Le prix du rachat, le nombre de primes à payer avant
que le rachat ou les avances puissent être demandées, doivent
être déterminés par un règlement général de l'assureur, sur
avisdu Ministre dit Travail.Cerèglement ne peut être mo-
difié que
par des règlements généraux postérieurs soumis au
même avis.
Les dispositions du règlement général ne peuvent être
Codifiées par une convention particulière.
Les conditions du rachat doivent être indiquées dans la
Police, de manière que l'assuré puisse, à toute époque, con-
naître la somme à laquelle il a droit.

a (1) Innovation. La réunion des compagnies d'assurances sur la vie


soumis au Ministre du Travail des observations sur cet article. Elle a
obtenu
une réponse et par une note remise à la Commission d'hygiène
elle a déclaré
que cette réponse «contient l'apaisement que sollicitaient
es compagnies concernant, sinon l'obligation du rachat, tout au moins,
e délai de trois mois l'effectuer. Mais elles estiment, ajoute la note,
pour
ue pour donner à cet apaisement toute sa valeur, il importe que M. le
apporteur du Sénat fasse sienne cette concession et veuille bien commenter
le texte de cet article et insérer la réponse du Ministre dans son rapport.
En cas de contestation possible le juge appelé à statuer sur le différend
trouvera dans l'exposé des motifs une directive suffisante pour
sa décision. »
Votre Commission estime équitable la concession faite
par le Gouvernement et pour qu'aucune contestation ne
puisse s'élever à son sujet elle a chargé son rapporteur de

en ce qui concerne l'article 77 ; la voici f :


publier la réponse du Ministre qui est la seule qu'elle retienne

30 décembre 1926.
Monsieur le Président,
Par lettre du 23 de ce mois, vous avez bien voulu attirer mon attention
sur la disposition de l'article 77 du projet de loi sur le contrat d'assurance,
adopté par la Chambre des Députés, en ce qui concerne l'obligation du
rachat.
J'ai l'honneur de vous informer que je ne ferai pas d'objection à ce que
les compagnies d'assurances sur la vie insèrent dans le règlement général
prévu par ledit article, une disposition accordant à l'assureur, à partir du
jour où la demande de rachat lui est parvenue, un délai maximum de trois
mois pour le versement de cette valeur.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma considéra-
tion distinguée.

Signé: LeMinistre,
A. FAIJLIÈRES.
Art. 80.

En cas désignation d'un bénéficiaire par testament,


de
le payement des sommes assurées fait à celui qui, sans cette
désignation, y aurait eu droit, est libératoire pour Vassureur
de bonne foi.

L'article 80 est une application de l'article 1240 du


Code civil « le payement fait de bonne foi à celui qui est
en possession de la créance est valable encore que le pos-
sesseur en soit par la suite évincé. »
Art. 83.
Sont considérées comme assurances populaires (1), les
assurances sur la vie, à primes périodiques, sans examen médi-
cal obligatoire, dont le montant ne dépasse pas, sur la même
tête, 10.000 francs en capital ou 1.200 francs de rente, et
dans lesquelles, en l'absence d'examen médical, le capital
stipulé n'est intégralement payable en cas de décès que si le
décès survient après un délai spécifié
au contrat.
Par dérogation à l'article 75 ci-dessus, le payement des
primes de la première année est obligatoire. Le contrat pourra
être rédigé en un seul exemplaire remis à l'assuré. Les dispo-
sitions de l'article 16 ci-dessus ne sont pas applicables.

(1) L'article 83 est le premier texte précisant les caractères propres à


l'assurance populaire.

*
* *

Messieurs, votre Commission après examen et discus-

:
sion vous demande de vouloir bien voter le projet de loi
suivant
PROJET DE LOI

TITRE PREMIER

Des assurances en général.

SECTION I. -Dispositionsgénérales.
ARTICLE PREMIER.

La présente loi ne concerne que les assurances terres-


tres.
Elle n'est applicable ni aux assurances maritimes, ni
aux assurances fluviales, ni aux réassurances conclues entre
assureurs et réassureurs.
Il n'est pas dérogé aux dispositions des lois et règle-
ments relatifs à la Caisse nationale des retraites pour la vieil-
lesse et aux Caisses nationales d'assurances en cas de décès
et en cas d'accidents; aux sociétés à forme tontinière; aux
assurances contractées par les chefs d'entreprise, à raison de

;
la responsabilité des accidents de travail survenus à leurs
ouvriers et employés aux sociétés ou caisses d'assurances
mutuelles agricoles.
Les opérations qualifiées d'assurance-crédit ne sont pas
régies par la présente loi.

ART. 2.

Ne peuvent être modifiées par convention les prescrip-


tions de la présente loi, sauf celles qui donnent aux parties
une simple faculté et qui sont contenues dans les articles 61
i
fO, 1, 23,*30, 31, 32, 33, 34, 36, 38, 40, 41,45, 50, 51, 52,
S6, 65, 70, 73 et 74.
ART. 3.

Dans toutes les instances relatives à la fixation et au


règlement des indemnités dues, le défendeur (assureur ou
assuré) sera assigné devant le tribunal du domicile de l'as-
suré, de quelque espèce d'assurance qu'il s'agisse, sauf en
matière d'immeubles ou de meubles par nature, auquel cas
le défendeur sera assigné devant le tribunal de la situation
des objets assurés.
Toutefois, s'il s'agit d'assurances contre les accidents de
toute nature, l'assuré pourra assigner l'assureur devant le
tribunal du lieu où s'est produit le fait dommageable.

ART. 4.

Dans tous les cas où l'assureur se réassure contre les


risques qu'il a assurés, il reste seul responsable vis-à-vis de
l'assuré.
ART. 5.

La durée du contrat est fixée par la police. Toutefois, et


sous réserve des dispositions ci-après relatives aux assuran-
ces sur la vie, l'assuré a le droit de se retirer tous les dix ans
en prévenant l'assureur, au cours de la période d'engage-
ment, au moins six mois à l'avance, dans les formes indi-
quées ci-après. Ce droit appartient également à l'assureur
il doit être rappelé dans chaque police.
;
Dans tous les cas où l'assuré a la faculté de demander
la résiliation, il peut le faire à son choix et nonobstant toute
clause contraira, soit par une déclaration faite contre récé-
pissé au siège social ou chez le représentant de la société
dans la localité, soit par acte extrajudiciaire, soit-par lettre
recommandée, soit par tout autre moyen indiqué dans la
police.
La durée du contrat doit être mentionnée en caractères
très apparents dans la police.
La police doit également mentionner que la durée de la
tacite reconduction ne peut en aucun cas, et nonobstant
toute clause contraire, être supérieure à une année.

ART. 6.

L'assurance peut être contractée en vertu d'un mandat


général ou spécial ou même sans mandat, pour le compte
d'une personne déterminée. Dans ce dernier cas, l'assurance
profite à la personne pour le compte de laquelleelle a été
conclue, alors même que la ratification n'aurait lieu qu'après
le sinistre.
L'assurance peut aussi être contractée pour le compte de
qui il appartiendra.
Cette déclaration vaudra, tant comme assurance au
profit du souscripteur de la police que comme stipulation
Pour autrui au profit du bénéficiaire connu ou éventuel de
ladite clause.
Le souscripteur d'une assurance contractée pour le

la prime envers l'assureur;


compte de qui il appartiendra sera seul tenu au payement de
les exceptions que l'assureur
aurait pu lui opposer seront également opposables au bénéfi-
ciaire de la police, quel qu'il soit.

ART. 7.

La proposition d'assurance n'engage ni l'assuré, ni l'as-


sureur ; seule la police ou la note de couverture constate
leur engagement réciproque.
Est considérée comme acceptée la proposition, faite par
lettre
-
recommandée, de prolonger ou de modifier un contrat
ou de remettre en vigueur un contrat suspendu, si l'assureur
ne refuse pas cette proposition dans les dix jours après qu'elle
lui est parvenue.
Les dispositions du présent article ne sont pas applicables
aux assurances sur la vie.

SECTION II.— De la preuve du contrat d'assurance,


des formes etde latransmission des polices.
f
ART. 8.

Le contrat d'assurance est rédigé par écrit, en caractères


apparents. Il peut être passé devant notaire ou fait sous seing
privé.
Toute addition ou modification au contrat d'assurance
primitif doit être constatée par un avenant signé des parties.
Les présentes dispositions ne font pas obstacle à ce que,
même avant la délivrance de la police ou de l'avenant, l'as-
sureur et l'assuré ne soient engagés l'un à l'égard de l'autre
par la remise d'une note de couverture.

ART. 9.

:
Le contrat d'assurance est daté du jour où il est sous-
crit. Il indique

;
Les noms et domiciles des parties contractantes
La chose ou la personne assurée
;
La nature des risques garantis ;
Le moment à partir duquel le risque est garanti et la
durée de cette garantie;
Le montant de cette garantie ;
La prime ou la cotisation de l'assurance.
Les clauses des polices édictant des nullités ou des dé-
chéances ne sont valables que si elles sont mentionnées en
caractères très apparents.
ART. 10.'

La police d'assurance peut être à personne dénommée,


à ordre ou au porteur.
Les polices à ordre se transmettent par voie d'endosse-
ment, même en blanc.
Le présent article ne sera toutefois applicable aux con-
trats d'assurance sur la vie, que dans les conditions prévues
par l'article 61 ci-après.

ART. 11.

L'assureur peut opposer au porteur de la police ou au


tiersqui eninvoque le bénéfice, les exceptions opposables au
souscripteur originaire.

SECTION IIL-De8obligations de Vassureuret de l'assuré,


des nullités et des résiliations.

ART. 12.

Les pertes et les dommages occasionnés par des cas


fortuits ou causés par la faute de l'assuré sont à la charge de
l'assureur sauf exclusion formelle et limitée contenue dans
la police.
Toutefois, l'assureur ne répond pas, nonobstant toute
convention contraire, des pertes et dommages provenant
d'une faute intentionnelle ou dolosive de l'assuré.

ART. 13.

L'assureur est garant des pertes et dommages causés


par des personnes dont l'assuré est civilement responsable
en vertu de l'article 1384 du Code civil, quelles que soient la
nature et la gravité des fautesde ces personnes.

ART.14.

Lors de la réalisation du risque ou à l'échéance du con-


trat, l'assureur est tenu de payer dans le délai convenu l'in-
demnité ou la somme déterminée d'après lefcontrat.
L'assureur ne peut être tenu au delà de la somme
assurée.

ART. 15.

L'assuré est obligé:


1° De payer la prime ou cotisation aux époques con-
venues;
2° De déclarer exactement lors de la conclusion du con-
trat, toutes les circonstances connues-de lui qui sont de
nature à faire apprécier par l'assureur les risques qu'il
prend à sa charge ;
3° De déclarer à l'assureur conformément à l'article 17
les circonstances spécifiées dans la police qui ont pour con-
séquence d'aggraver les risques ;
40 De donner avis à l'assureur, dès qu'il en a eu con-
naissance et au plus tard dans les cinq jours, de tout sinistre
de nature à entraîner la garantie de l'assureur.

;
Les délais de la déclaration ci-dessus ne peuvent être
réduits par convention contraire ils peuvent être prolongés
d'un Commun accord entre les parties contractantes.
La déchéance résultant d'une clause du contrat ne peut
être opposée à l'assuré qui justifie qu'il a été mis, par suite
d'un cas fortuit ou de force majeure, dans l'impossibilité de
faire sa déclaration dans le délai imparti.
Les dispositions des paragraphes 1°, 30 et 4° ci-dessus
ne sont pas applicables aux assurances sur la vie. Le délai
prévu au paragraphe 4° n'est pas applicable aux assurances
contre la grêle, la mortalité du bétail et le vol.

ART.16.

A l'exception de la première, les primes sont payables


au domicile de l'assuré ou à tel autre lieu convenu.
A défaut de payement à l'échéance de l'une des primes,
l'effet de l'assurance ne peut être suspendu que vingt jours
après la mise en demeure de l'assuré. Cette mise en demeure,
, qui rend en tout cas la prime portable, résulte de l'envoi
d'une lettre recommandée adressée à l'assuré ou àla personne
chargée du payement des primes, à leur dernier domicile
connu de l'assureur. Cette lettre doit indiquer expressément
qu'elle est envoyée à titre de mise en demeure, rappeler la
date de l'échéance de la prime et reproduire le texte du pré-
sent article.
L'assureur ale droit, dix jours à partir de l'expiration du
délai fixé par l'alinéa précédent, de résilier la police ou d'en
poursuivre l'exécution en justice. La résiliation peut se faire
par une déclaration de l'assureur contenue dans une lettre
recommandée adressée à l'assuré.
L'assurance non résiliée reprend, pour l'avenir, ses effets
à midi, le lendemain du jour où la prime arriérée et, s'il
ya
lieu, les frais, ont été payés à l'assureur.
Les délais fixés par le présent article ne comprennent
pas le jour de l'envoi de la lettre recommandée. Quand le der-
nier jour d'un de ces délais est férié, le délai est prolongé
jusqu'au lendemain.
Ces délais ne sont pas augmentés à raison des distances
toutefois, lorsque la mise en demeure doit être adressée
;
dans un lieu situé hors du territoire continental de la France,
le délai de vingt jours fixé par le 26 alinéa du présent article
ne court que du jour de la présentation de la lettre recom-
mandée, constatée sur les registres de l'Administration des
Postes. n.
Toute clause réduisant les délais fixés par les disposi-
tions précédentes, ou dispensant l'assureur de la mise en de-
meure, est nulle.
ART. 17.

Quand, par son fait, l'assuré aggrave les risques de telle


façon que, si le nouvel état de choses avait existé lors du
contrat, l'assureur n'aurait pas contracté ou ne l'aurait fait
que moyennant une prime plus élevée,l'assuré doit en faire
préalablement la déclaration à l'assureur par lettre recom-
mandée.
Quand les risques sont aggravés sans le fait de l'assuré,
celui-ci doit en faire la déclaration par lettre recommandée,
dans un délai maximum de huit jours à partir du moment
où il a eu connaissance du fait de l'aggravation.
Dans l'un et l'autre cas, l'assureur a la faculté, soit de
résilier le contrat, soit de proposer un nouveau taux de
prime. Si l'assuré n'accepte pas ce nouveau taux, la police
est résiliée, et l'assureur, dans le cas du premier alinéa ci-
dessus, conserve le droit de réclamer une indemnité devant
les tribunaux.
Toutefois, l'assureur ne peut plus se prévaloir de l'aggra-
vation des risques, quand, après en avoir été informé de quel-
que manièreque ce soit, il a manifesté son consentement au
maintien de l'assurance, spécialement en continuant à rece-
voir les primes ou en payant, après un sinistre, une
indemnité.

ART. 18.

En cas de faillite ou de liquidation judiciaire de l'assuré,


l'assurance subsiste au profit de la masse des créanciers qui
devient débitrice directe envers l'assureur du montant des
primes à échoir à partir de l'ouverture de la faillite ou de la
liquidation judiciaire. La masse et l'assureur conservent
de trois mois à partir de cette date :
néanmoins le droit de résilier le contrat pendant un délai
la portion de prime
afférente au temps pendant lequel l'assureur ne couvre plus
le risque sera restituée à la masse.
En cas de faillite ou de liquidation judiciaire de l'assu-
reur, le contrat prend fin un mois après la déclaration de
faillite ou de liquidation judiciaire, sous réserve des dispo-
sitions de l'article 82 ci-après. L'assuré peut réclamer le
remboursement de la prime payée pour le temps où l'assu-
rance ne court plus.
ART. 19.

En cas de décès de l'assuré ou d'aliénation de la chose


assurée, l'assurance continue de plein droit au profit de
l'héritier ou de l'acquéreur, à charge par celui-ci d'exécuter
toutes les obligations dont l'assuré était tenu vis-à-vis de
l'assureur en vertu du contrat.
Il sera loisible, toutefois, soit à l'assureur, soit à l'héri-
tier ou à l'acquéreur de résilier le contrat. L'assureur pourra
résilier la police dans un délai de trois mois à partir du jour
où l'attributaire définitif des objets assurés aura demandé le
transfert de la police à son nom.
En cas d'aliénation de la chose assurée, celui qui aliène
reste tenu vis-à-vis de l'assureur au payement des primes
échues, mais il est libéré, même comme garant des primes
à échoir, à partir du moment où il a informé l'assureur de
l'aliénation par lettre recommandée.
Lorsqu'il y a plusieurs héritiers ou plusieurs acqué-
reurs, si l'assurance continue, ils sont tenus solidairement
du payement des primes.
Est nulle toute clause par laquelle serait stipulée au
Profit de l'assureur, à titre dedommages et intérêts, une
somme excédant le montant de la prime d'une année dans
l'hypothèse de décès de l'assuré ou d'aliénation de la chose
assurée, si l'héritier ou l'acquéreur opte pour la résiliation
du contrat.
ART. 20.

Si, pour la fixation de la prime, il a été tenu compte de


circonstances spéciales, mentionnées dans la police, ggra-
vant les risques, et si ces circonstances viennent à dispa-
raître au cours de l'assurance, l'assuré a le droit, nonobstant
toute convention contraire, de résilier le contrat, sans
indemnité, si l'assureur ne consent pas la diminution de
prime correspondante, d'après le tarif applicable lors de la
souscription du contrat.

ART. 21.
i
Indépendamment des causes ordinaires de nullité, et
sous réserve des dispositions de l'article 81 ci-après, le con-
trat d'assurances est nul en cas de réticence ou de fausse
déclaration intentionnelle de la part de l'assuré, quand cette
réticence ou cette fausse déclaration change l'objet du risque
ou en diminue l'opinion pour l'assureur, alors même que
le risque omis ou dénaturé par l'assuré a été sans influence
sur le sinistre.
Les primes payées demeurentalorsacquises à l'assureur,
qui a droit au payement de toutes les primes échues à titro
de dommages et intérêts.

ART. 22.

L'omission ou la déclaration inexacte de la part de l'assuré


dont la mauvaise foi n'est pas établie n'entraîne pas la nul-
lité de l'assurance.
Si elle est constatée avant tout sinistre, l'assureur a le
droit soit de maintenir le contrat moyennant une augmenta-
tion de prime acceptée par l'assuré, soit de résilier le contrat
dix jours après notification adressée à l'assuré par lettre
recommandée, en restituant la portion de la prime payée pour
le temps où l'assurance court plus.
ne
Dans le cas où la constatation n'a lieu qu'après un sinis-
ée, l'indemnité est réduite en proportion du taux des primes
payées par rapport au tiiux des primes qui auraient été dues,
si les risques avaient été complètement et exactement
déclarés.

ART. 23.

Dans les assurances où la prime est décomptée soit en


raison des salaires, soit d'après le nombre des personnes ou
des choses faisant l'objet du contrat, il peut être stipulé que,
pour toute erreur ou omission dans les déclarations servant
de base à la fixation de la prime, l'assuré devra pàyer, outre
le montant de la prime, une indemnité qui ne pourra en
aucun cas excéder 50 0/0 de la prime omise.
Il peut être également stipulé que lorsque les erreurs
Ou omissions auront, par leur nature, leur importance ou
leur répétition, un caractère frauduleux, l'assureur sera en
droit de répéter les sinistres payés, et ce, indépendamment
du payement de l'indemnité ci-dessus prévue.

ART. 24.
Sont nulles:
1° Toutes clauses générales frappant de déchéance
l'assuré en cas de violation des lois ou des règlements, à

;
moins que cette violation ne constitue un crime ou un délit
intentionnel
2° Toutes clauses frappant de déchéance l'assuré à raison
de simple retard apporté par lui à la déclaration du sinistre
aux autorités ou à des productions de pièces, Sans préjudice
du droit pour l'assureur de réclamer une indemnité propor-
tionnée au dommage que ce retard lui a causé.
SECTION IV.
— De la prescription.

ART. 25.
Toutes actions dérivant d'un contrat d'assurance sont
prescrites par deux ans à compter de l'événement qui y
donne naissance.
Toutefois ce délai ne court

: f

En cas de réticence, omission, déclaration fausse ou

eu connaissance ;
inexacte sur le risque couru, que du jour où l'assureur en a

20 En cas de sinistre, que du jour où les intéressés en


ont eu connaissance, s'ils prouvent qu'ils l'ont ignoré
jusque-là.
Quand l'action de l'assuré contre l'assureur a pour cause
le recours d'un tiers, le délai de la prescription ne court que
du jour où ce tiers a exeroé une action en justice contre l'as-
suré ou a été indemnisé par ce dernier.

ART. 26.
La durée de la prescription ne peut être abrégée par une
clause de la police.

Y
ART. 27.
La prescription de deux ans court même contre les mi-
neurs, les interdits et tous incapables.
Elle est interrompue par une des causes ordinaires d'in-
terruption de la prescription et par la désignation d'experts à
la suite d'un sinistre. L'interruption de la prescription de
l'action en payement dela prime peut, en outre, résulter de
l'envoi d'une lettre recommandée adressée par l'assureur a
l'assuré.
TITRE II

Des assurances de dommages.

SECTION I. — Dispositions générales.

ART. 28.

; L'assurance relative aux biens est un contrat d'indem-


nité l'indemnité due par l'assureur à l'assuré ne peut pas
dépasser le montant de la valeur de la chose assurée au.
moment du sinistre.
Il peut être stipulé que l'assuré restera obligatoirement
son propre assureur pour une somme, ou une quotité déter-
minée, ou qu'il supportera une déduction fixée d'avance sur
l'indemnité du sinistre.

ART. 29.
Lorsqu'un contrat d'assurance a été consenti pour une
somme supérieure à la valeur de la chose assurée, s'il y a eu
dol ou fraude de l'une des parties, l'autre partie peut en
demander la nullité et réclamer, en outre, des dommages et
intérêts.
S'il n'y a eu ni dol ni fraude, le contrat est valable, mais
seulement jusqu'à concurrence de la valeur réelle des objets
assurés, et l'assureur n'aura pas droit aux primes pour l'ex-
cédent. Seules, les primes échues lui resteront définitivement
acquises, ainsi que la prime de l'année courante quand elle
est à terme échu.

ART.30.

Celui qui s'assure pour un même intérêt, contre un


même risque, auprès de plusieurs assureurs, doit, sauf stipu-
lation contraire, donner immédiatement à chaque assureur
connaissance de l'autre assurance.
L'assuré doit, lors de cette communication, faire connaî-
tre le nom de l'assureur avec lequel une autre assurance a
été contractée et indiquer la somme assurée.
Quand plusieurs assurances sont contractées sans
fraude, soit à la même date, soit à des dates différentes, pour
une somme totale supérieure à la valeur de la chose assurée,
elles sont toutes valables et chacune d'elles produit ses effets
en proportion de la somme à laquelle elle s'applique,
jusqu'à concurrence de l'entière valeur de la chose assurée.
Cette disposition peut être écartée par une clause de la
police adoptant la règle de l'ordre des dates ou stipulant la
solidarité entre les assureurs.

ART. 31.

S'il résulte des estimations que la valeur de la chose


assurée excède au jour du sinistre la somme garantie,
l'assuré est considéré comme restant son propre assureur
pour l'excédent, et supporte, en conséquence, une part pro-
portionnelle du dommage, sauf convention contraire.

ART. 32.

Toute personne ayant intérêt à la conservation d'une


chose peut la faire assurer.
Tout intérêt direct ou indirect à la non-réalisation d'un
risque peut faire l'objet d'une assurance.

ART. 33.

Les déchets, diminutions et pertes subies par la chose


assurée et qui proviennent de son vice propre ne sont pas à
la charge de l'assureur, sauf convention contraire.
ART. 34.

L'assureur ne répond pas, sauf convention contraire, des


pertes et dommages occasionnés soit par la guerre étran-
gère, soit par la guerre civile, soit par des émeutes ou par des
mouvements populaires..
Lorsque ces risques ne sont pas couverts par le contrat,

;
l'assuré doit prouver que le sinistre résulte d'un fait autre
que le fait de guerre étrangère il appartient à l'assureur de
prouver que le sinistre résulte de la guerre civile, d'émeutes
ou de mouvements populaires.

ART. 35.

En cas de perte totale de la chose assurée résultant d'un


événement non prévu par la police, l'assurance prend fin de
plein droit et l'assureur doit restituer à l'assuré la portion 4e
la prime payée d'avance et afférente au temps pour lequel le
risque n'est plus couru.

ART. 36.

L'assureur qui a payé l'indemnité d'assuranceestsubrogé


jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et
actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé
le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assu-
reur.
-

L'assureur peut être déchargé, en tout ou en partie, de


sa responsabilité envers l'assuré, quand la subrogation ne
peut plus, par le fait de l'assuré, s'opérer en faveur de
l'assureur.
Par dérogation aux dispositions précédentes, l'assureur
n'a aucun recours contre les enfants, descendants, aaceii-
4anta, alliés en ligne directe, préposés, employés, ouyriers
ou domestiques, et généralement toute personne vivant
habituellement au foyer de l'assuré, sauf le cas de malveil-
lance commise par une de ces personnes.

ART. 37.

Les indemnités dues par suite d'assurance contre l'in-


cendie, contre la grêle, contre la mortalité du bétail, ou les
autres risques, sont attribuées, sans qu'il y ait besoin de
délégation expresse, aux créanciers privilégiés ou hypothé-
caires, suivant leur rang.
Néanmoins, les payements faits de bonne foi avant oppo-
sition sont valables.
Il en est de même des indemnités dues en cas de sinistre
par le locataire ou par le voisin, par application des articles
1733 et i382 du Code civil.
En cas d'assurance du risque locatif ou du raeours du
voisin, l'assureur ne peut payer à un autre que le proprié-
taire de l'objet loué, le voisin ou le tiers] subrogé à leurs
droits, tout ou partie de la somme due, tant que lesdits pro-
priétaire, voisin ou tiers subrogé n'ontpasété désintéressés
des conséquences du sinistre, jusqu'à concurrence de ladite
somme.
ART.38.

L'assuré ne peut faire aucun délaissement des objets


assurés, sauf convention contraire.

ART. 39.

L'assurance est nulle si, au moment du contrat, la


chose assurée a déjà péri ou ne peut plus être exposée aux
risques.
Les primes payées doivent être restituées à l'assuré,
sous déduction des frais exposés par l'assureur, autres que
ceux de commissions, lorsque ces derniers auront été récu-
pérées contre l'agent ou le courtier.
Dans le cas visé au premier alinéa du présent article, la
partie dont la mauvaise foi est prouvée doit à l'autre une
somme double de la prime d'une année.

, SECTION II. — Des assurances contre l'incendie.


ART. 40.
L'assureur contre l'incendie répond de tous dom-
mages causés par conflagration, embrasement ou simple
combustion. Toutefois, il ne répond pas, sauf convention
contraire, de ceux occasionnés par la seule action de la
chaleur ou par le contact direct et immédiat du feu ou d'une
substance incandescente s'il n'y a eu ni incendie, ni
commencement d'incendie susceptible de dégénérer en
incendie véritable.

ART. 41.

Les dommages matériels résultant directement de


l'incendie ou du commencement d'incendie sont seuls à la
charge de l'assureur, sauf convention contraire.

;
Si, dans les trois mois à compter de la remise de l'état
des pertes, l'expertise n'est pas terminée, l'assuré aura le
droit de faire courir les intérêts par sommation si elle n'est
Pas terminée dans les six mois, chacune des parties pourra
procéder judiciairement.

ART. 42 1

Sont assimilés aux dommages matériels et directs les


dommages matériels occasionnés aux objets compris dans
l'assurance par les secours et par les mesures de sauvetage.
ART.43.

L'assureur répond nonobstant toute stipulationcontraire,


de la perte ou de la disparition des objets assurés survenue
pendant l'incendie, à moins qu'il ne prouve que cette perte
ou cette disparition est provenue d'un vol.

ART. 44.

L'assureur, conformément à l'article 33 de la présente

;
loi, ne répond pas des pertes et détériorations de la chose
assurée provenant du vice propre mais il garantit les dom-
mages d'incendie qui en sont la suite, à moins qu'il ne soit
fondé à demander la nullité du contrat d'assurance par appli-
cation de l'article 21, premier alinéa, de la présente loi.

ART. 45,

Sauf convention contraire, l'assurance ne couvre pas les


incendies directement occasionnés par les éruptions de
volcan, les tremblements de terre et autres cataclysmes.

SECTION III. — Des assurances contre la grêle


et la mortalité du bétail.

ART. 46.

En matière d'assurance contre lagrêle, l'envoi de la


déclaration de sinistre doit, nonobstant toute clause
contraire, être effectué par l'assuré, sauf le cas fortuit ou
de force majeure, et sauf prolongation contractuelle, dans les
quatre jours de l'avènement du sinistre.
En matière d'assurance contre la mortalité du bétail, ce
délai est réduit à vingt-quatre heures, sous les mêmes
réserves.

ART. 47.

Dans le cas visé à l'article 35 ci-dessus, l'assureur ne


Peut réclamer la portion de prime correspondante au temps
compris entre le jour de la perte et la date à laquelle aurait
dû normalement avoir lieu l'enlèvement des récoltes,
ou
celle de la fin de la garantie fixée par la police, si cette
dernière date est antérieure à celle de l'enlèvement normal
des récoltes.

ART. 48.

Aprèsl'aliénation, soit de l'immeuble, soit des produits,


la dénonciation du contrat faite
par l'assureur à l'acquéreur
ne prendra effet qu'à l'expiration de l'année d'assurance en
cours. Mais lorsque la prime est payable à terme, le vendeur
est déchu du bénéfice du terme, pour le payement de la
Prime afférente à cette période.

ART. 49.

En matière d'assurance contre la mortalité du Dctail,


11» assurance, suspendue pour non-payement de la prime,
dans les conditions prévues à l'article 16 ci-dessus, reprend
ses effets au plus tard le dixième jour à midi à compter du
jour où la prime arriérée et, s'il y a lieu, les frais, ont été
Payés à l'assureur. Celui-ci pourra exclure de sa garantie les
Sinistres consécutifs
aux accidents et aux maladies survenus
Pendant la période de suspension de la garantie.
SECTION IV.—Des assurances de responsabilité.
ART.50.

Dans les assurances de responsabilité, l'assureur n'est


tenu que si, à la suite du fait dommageable prévu au con-
trat, une réclamation amiable ou judiciaire est faite à l'as-
suré par le tiers lésé.

ART. 51.

Les dépens résultant de toute poursuite en responsabi-


lité dirigée contre l'assuré sont à la charge de l'assureur,
sauf convention contraire.

ART. 52.

L'assureur peut stipuler qu'aucune reconnaissance de


responsabilité, aucune transaction, intervenues en dehors de
lui, ne lui seront opposables. L'aveu de la matérialité d'un
fait ne peut être assimilé à la reconnaissance d'une respon-
sabilité.

ART. 53.

L'assureur ne peut payer à un autre que le tiers lésé tout


ou partie de la somme due par lui, tant que ce tiers n'a pas
été dssintércssé, jusqu'à concurrence de ladite somme, des
conséquences pécuniaires du fait dommageable ayant entrainé
la responsabilité de l'assuré.
TITRE III

Des assurances de personnes

SECTION I. — Dispositions générales

ART. 54.

En matière d'assurance sur la vie (assurance en cas de


décès et assurance en cas de vie) et d'assurance contre les
accidents atteignant les personnes, les sommes assurées
sont fixées par la police.

ART. 55.

Dans l'assurance de personnes, l'assureur, aprèspaye-


ment de la somme assurée, ne peut être subrogé aux droits
du contractant ou du bénéficiaire contre des tiers à raison
du sinistre.

SECTION II. - Des assurances sur la vie

ART. 56.

La vie d'une personne peut être assurée par elle-même


Ou par un tiers.

ART. 57.

L'assurance en cas de décès contractée par un tiers sur


la tête de l'assuré est nulle, si ce dernier n'y
a pas donné
son consentement par écrit avec indication de la somme
assurée.
Le consentement de l'assuré doit, à peine de nullité,
être donné par écrit, pour toute cession ou constitution de
gage et pour transfert du bénéfice du contrat souscrit sur sa
tête par un tiers.

ART. 58.

Il est défendu à toute personne de contracter une assu-


rance en cas de décès sur la tête d'un mineur âgé de moins
de 12 ans, d'un interdit, d'une personne placée dans une
maison d'aliénés.
Toute assurance contractée en violation de cette prohi-
bition est nulle.
La nullité est prononcée sur la demande de l'assureur,
du souscripteur de la police ou du représentant de l'inca-
pable.
Les primes payées doivent être intégralement resti-
tuées.
L'assureur et le souscripteur sont en outre passibles,
pour chaque assurance conclue sciemment en violation de
cette interdiction, d'une amende de 100 à 5.000 francs. L'ar-
ticle363 du Code pénal est applicable.
Ces dispositions ne mettent point obstacle à l'assurance,
pour le cas de décès, du remboursement des primes payées
en exécution d'un contrat d'assurance en cas de vie, souscrit
sur la tête d'une des personnes visées au premier alinéa ci-
dessus.

ART. 59.

:
Une assurance en cas de décès no, peut être contractée
par une autre personne — sur la tête d'un mineur parvenu
à l'âge de i2 ans, sans l'autorisation de celui de ses parents

;
qui est investi de la puissance paternelle, de son tuteur ou
de son curateur — sur la tête d'une femme mariée, sans
l'autorisation de son mari.
Cette autorisation ne dispense pas du consentement per-
sonnel de l'incapable.
A défaut de cette autorisation et de ce consentement,
la nullité du contrat est prononcée à la demande de tout
intéressé.

ART. 60.

La police d'assurance sur la vie doit indiquer, outre les


énonciations mentionnées dans l'article 9 :
i0 Les noms, prénoms et date de naissance de celui ou
ceux sur la tête desquels repose l'opération;
2° Les nom, prénoms du bénéficiaire, s'il est déter-
miné; L'événement
3° ou le terme duquel dépend l'exigibilité
des sommes assurées;
4* Les conditions de la réduction si le contrat implique
l'admission de la réduction, conformément aux dispositions
des articles 75 et 76.

ART. 6i.
La police d'assurance sur la vie peut être à ordre. Elle
ne peut être au porteur.
L'endossement d'une police d'assurance sur la vie à
ordre doit, à peine de nullité, être daté, indiquer le nom du
bénéficiaire de l'endossement, et être signé de l'endosseur.

ART. 62.

L'assurance en cas de décès est de nul effet si l'assuré se


donne volontairement la mort. Toutefois, l'assureur doit
payer aux ayants droit une somme égale au montant de la
réserve, nonobstant toute convention contraire.
Toute police contenant une clause par laquelle l'assu-
reur s'engage à payer la somme assurée, même en cas de
suicide volontaire et conscient de l'assuré, ne peut produire
effet que passé un délai de deux ans après la conclusion du
contrat.
La preuve du suicide de l'assuré incombe à l'assureur,
celle de l'inconscience de l'assuré au bénéficiaire de l'assu-
rance.

ART 63.

Le capital ou la rente assurés peuvent être payables


lors du décès de l'assuré, à un ou plusieurs bénéficiaires dé-
terminés.
Est considérée comme faite au profit de bénéficiaires
déterminés la stipulation par laquelle le contractant attribue
le bénéfice de l'assurance, soit à sa femme sans indication
de nom, soit à ses enfants et descendants nés ou à naître,
soit à ses héritiers, sans qu'il soit nécessaire d'inscrire leurs
noms dans la police ou dans tout autre acte ultérieur con-
tenant attribution ducapital assuré.
L'assurance faite au profit de la femme de l'assuré pro-
fiteà la personne qu'il épouse même après la date du contrat.
En cas de second mariage, le profit de cette stipulation
appartient à la veuve.
Les enfants et descendants, les héritiers du contractant
ainsi désignés ont droit au bénéfice de l'assurance en pro-
portion de leurs parts héréditaires. Ils conservent ce droit en
cas de renonciation à sa succession.
En l'absence de désignation d'un bénéficiaire déterminé
dans la police ou à défaut d'acceptation par le bénéficiaire
désigné, le souscripteur de la police a le droit de désigner un
bénéficiaire ou de substituer un bénéficiaire à un autre.
Cette désignation ou cette substitution se fait, soit par testa-
ment, soit entre vifspar voie d'avenant ou en remplissant
les formalités édictées par l'article 1690 du Code civil ou,
quand la police est à ordre, par voie d'endossement.
ART. 64.

La stipulation en vertu de laquelle le bénéfice de l'assu-


rance est attribué à un bénéficiaire déterminé devient irré-
vocable par l'acceptation expresse ou tacite du bénéficiaire.
Tant que l'acceptation n'a point eu lieu, le droit de révo-
quer cette stipulation n'appartient qu'au stipulant et ne peut
en conséquence être exercé de son vivant par ses créanciers
ni par ses représentants légaux.
Ce droit de révocation ne peut être exercé, après la mort
du stipulant, par ses héritiers, qu'après l'exigibilité de la
somme assurée et au plus tôt trois mois après que le béné-
ficiaire de l'assurance a été mis en demeure, par acte extra-
judiciaire, d'avoir à déclarer s'il l'accepte.
L'acceptation par le bénéficiaire de la stipulation faite à
sonprofitou la révocation de cette stipulation n'est oppo-
sable à l'assureur que lorsqu'il en a eu connaissance.
L'attribution à titre gratuit du bénéfice d'une assurance
sur la vie à une personne déterminée est présumée faite sous
la condition de l'existence du bénéficiaire à l'époque de l'exi-.
gibilité du capital ou de la rente assurés, à moins que le
contraire ne résulte des termes de la stipulation.

ART. 65.

La police d'assurance peut être donnée en gage soit par


avenant, soit par endossement à titre de garantie si elle est
à ordre, sois par acte soumis aux formalités de l'article 2075
du Code civil.

ART. 66.

Lorsque l'assurance en cas de décès a été conclue sans


désignation d'un bénéficiaire, le capital fait partie de la
suc-
cession du contractant.
ART. 67.

Les sommes stipulées payables lors du décès de l'assuré


à un bénéficiaire déterminé ou à ses héritiers ne font pas
partie de la succession de .l'assuré. Le bénéficiaire, quelles
que soient la forme et la date de sa désignation, est réputé
y avoir eu seul droit à partir du jour du contrat, même si
son acceptation est postérieure à la mort de l'assuré.

ART. 68.

Les sommes payables au décès de l'assuré à un bénéfi-


ciaire déterminé ne sont soumises ni aux règles du rapport à
succession, ni à celles de la réduction pour atteinte à laréserve
des héritiers de l'assuré.
Ces règles ne s'appliquent pas non plus aux sommes
versées par l'assuré à titre de primes, à moins que celles-ci
n'aient été manifestement exagérées eu égard à ses facultés.

ART. 69.

Le capital assuré au profit d'un bénéficiaire déterminé ne


peut être réclamé par les créanciers de l'assuré. Ces derniers
ont seulement droit au remboursement des primes, dans le
cas indiqué par l'article 68, 26 alinéa ci-dessus, en vertu, soit
de l'article 1167 du Code civil, soit des articles 446 et 447 du
Code de commerce.

ART. 70.

Tout bénéficiaire peut, après avoir accepté la stipulation


faite à son profit et si la cessibilité de ce droit a été expres-
sément prévue ou avec le consentement du contractant,
transmettre lui-même le bénéfice du contrat, soit par une
cession dans la forme de l'article 1690 du Code civil, soit, si
la police est à ordre, par endossement.

ART. 71.

Le bénéfice de l'assurance contractée par un époux com-


mun en biens en faveur de son conjoint constitue un propre
pour celui-ci.
Aucune récompense n'est due à la communauté en rai-
son des primes payées par elle, sauf dans les cas spécifiés
dans l'article 68, 26 alinéa, ci-dessus.

ART.72.

Les articles 559 et 564 du Code de commerce concernant


les droits de la femme du failli sont sans application en cas
d'assurance sur la vie contractée par un commerçant au pro-
fit de sa femme.

ART.73.

Les époux peuvent contracter une assurance réciproque


sur la tête de chacun d'eux par un seul et même acte.

ART.74.

Tout intéressé peut se substituer au contractant pour


payer les primes.

ART.75.

L'assureur n'a pas d'action pour exiger le payement des


primes.
Le défaut de payement d'une prime n'a pour sanction,
après accomplissement des formalités prescrites par l'ar-
ticle 16, que la résiliation pure et simple de l'assurance ou
la réduction de ses effets.
Dans les contrats d'assurance en cas de décès faits pour
la durée entière dela vie de l'assuré, sans condition de
survie, et dans tous les contrats où les sommes ou rentes
assurées sont payables après un certain nombre d'années, le
défaut de payement ne peut avoir pour effet que la réduction
du capital ou de la rente assurée, nonobstant toute conven-
tion contraire, pourvu qu'il ait été payé au moins trois
primes annuelles.

1 ART. 76.

Les conditions de la réduction doivent être indiquées


dans la police, de manière que l'assuré puisse à toute épo-
que connaître la somme à laquelle l'assurance sera réduite
en cas de cessation du payement des primes.
L'assurance réduite ne peut être inférieure à celle que
l'assuré obtiendrait en appliquant comme prime unique à
la souscription d'une assurance de même nature, et confor-
mément aux tarifs d'inventaire en vigueur lors de l'assu-
rance primitive, une somme égale à la réserve de son
contrat à la date de la résiliation, cette réserve étant dimi-
nuée de 1 0/0 au maximum de la somme primitivement
assurée.
Quand l'assurance a été souscrite pour partie moyen-
nant le payement d'une prime unique, la partie de l'assu-
rance qui correspond à cette prime demeure en vigueur,
nonobstant le défaut de payement des primes périodiques.

ART. 77.

Sauf dans le cas de force majeure constaté par décret


rendu sur la proposition du Ministre du Travail, le rachat
sur la demande de l'assuré, est obligatoire.
Des avances peuvent être faites par l'assureur à l'assuré.
Le prix du rachat, le nombre de primes à payer avant
que le rachat ou les avances puissent être demandées, doivent
être déterminés par un règlement général de l'assureur, sur
avis du Ministre du Travail. Ce règlement ne peut être mo-
difié que par des règlements généraux postérieurs soumis au
même avis.
Les dispositions du règlement général ne peuvent être
modifiées par une convention particulière.
Les conditions du rachat doivent être indiquées dans la
police, de manière que l'assuré puisse à toute époque con-
naître la somme à laquelle il a droit.

ART. 78.

Les assurances temporaires en cas de décès ne donnent


lieu ni à la réduction ni au rachat. Ne comportent pas le ra-
chat les assurances de capitaux de survie et de rente de sur-
vie, les assurances en cas de vie sans contre-assurance, et
les rentes viagères différées sans contre-assurance.

ART. 79.

Le contrat d'assurance cesse d'avoir effet quand le béné-


ficiaire a occasionné volontairement la mort de l'assuré.
Le montant de la réserve doit être versé par l'assureur
aux héritiers ou ayants cause du contractant, si les primes
ont été payées pendant trois ans au moins.
En cas de simple tentative, le contractant a le droit de
révoquer l'attribution du bénéfice de l'assurance, même si
l'auteur de cette tentative avait déjà accepté le bénéfice de la
stipulation faite à son profit.
ART. 80.

En cas de désignation d'un bénéficiaire par testament,


le payement des sommes assurées fait à celui qui, sans cette
désignation, y aurait eu droit, est libératoire pour l'assureur
de bonne foi.
t
ART. 81.

L'erreur sur l'âge de l'assuré n'entraîne la nullité de


l'assurance que lorsque son âge véritable se trouve en dehors
des limites fixées pour la conclusion des contrats par les tarifs
de l'assureur.
Dans tout autre cas, si, par suite d'une erreur de ce
genre, la prime payée est inférieure à celle qui aurait dû être
acquittée, le capital ou la rente assurée est réduit en propor-
tion de la prime perçue et de celle qui aurait correspondu à
l'âge véritable de l'assuré. Si, au contraire, par suite d'une
erreur sur l'âge de l'assuré, une prime trop forte a été payée,
l'assureur est tenu de restituer la portion de prime qu'il a
reçue en trop sans intérêt.

ART. 82.

En cas de faillite ou de liquidation judiciaire de l'assu-


reur, la créance de chacun des bénéficiaires des contrats en
cours est arrêtée, au jour du jugement de déclaration de
faillite ou de liquidation judiciaire, à une somme égale à la
réserve de chaque contrat, calculée sans aucune majoration
sur les bases techniques du tarif des primes en vigueur lors
de la. conclusion du contrat
ART. 83.

Sont considérées comme assurances populaires, les assu-


* rances sur la vie, à primes périodiques, sans examon médi-
cal obligatoire, dont le montant ne dépasse pas, sur la même
tête, 10.000francs en capital ou 1.200 francs de rente, et
dans lesquelles, en l'absence d'examen médical, le capital
stipulé n'est intégralement payable en cas de décès que si le
décès survient après un délai spécifié au contrat.
Par dérogation à l'article 75 ci-dessus, le payement des
primes de la première année est obligatoire. Le contrat
pourra être rédigé en un seul exemplaire remis à l'assuré.
Les dispositions de l'article 16 ci-dessus ne sont pas appli-
cables.

TITRE IV

Dispositions transitoires,

ART.84.

Les dispositions de la présente loi portant prohibition


de certaines clauses ne régissent que.les assurances sous-
crites ou renouvelées six mois après sa promulgation, ainsi
que les assurances d'une durée supérieure à dix ans dont la
période décennale en cours est arrivée à expiration après le-
dit délai de six mois.
Sont pourtant applicables aux assurances antérieures :
L'article 3 relatif à la compétence en matière d'assu-
rance;
L'article 5 limitant la durée de la nouvelle assurance en
cas de tacite reconduction pour les assurances expirant après
la promulgation de la présente loi ;
;
Les articles 16 et 75 fixant les conséquences du défaut
de payement d'une prime
L'article 20 relatif aux conséquences de la diminution
des risques;
L'article 24, 2e alinéa, déclarant nulles certaines
clauses de déchéance contre l'assuré, pour les faits posté-
;
rieurs à la promulgation de la présente loi
L'article 58 prohibant les assurances contractées par
d'autres personnes sur la tête d'un enfant de 12 ans, à l'ex-
clusion de la disposition pénale sanctionnant cette prohi-
bition. !

II'
ART. 85.

Les articles 25 à 27 s'appliquent aux actions résultant


des contrats d'assurance conclus antérieurement à la promul-
gation de la présente loi.

ART. 86.

Sont abrogés toutes dispositions contraires à celles de


la présente loi et notamment les articles 2 et 3 de la loi du

;
19 février 1889 relatifs à l'attribution des indemnités dues

;
par suite d'assurances — la loi du 2 janvier 1902 relative
à la compétence en matière d'assurances — la loi du
8 décembre 1904 interdisant en France l'assurance en cas
de décès des enfants de moins de 12 ans.

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