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Valente 02/02/2021

Histoire du droit des personnes:

définition des termes:

Le mot histoire est à prendre dans son sens ancien. Ce mot vient du grec istoria qui signifie
enquête, recherche, volonté de savoir. En Grèce, lorsque les auteurs tels que Hérodote
utilisaient ce terme, ils ne limitaient pas l’histoire au passé mais à l’étude du passé
permettant de comprendre le présent.

En ce qui concerne le mot personne, dans le sens courant il signifie quelqu’un. Lorsqu’on
parle de personne dans le sens courant, on note une correspondance entre personne et
Homme. Ce sens courant et cette correspondance se retrouvent en Grèce avec le mot
prosopon. Le mot personne possède aussi un deuxième chez les grec et désigne un
masque de théâtre, par conséquent cela désigne aussi le rôle que symbolise le masque. On
retrouve par la suite ces deux éléments à Rome. En effet, le mot latin ​persona​ désigne aussi
ce double aspect de correspondance entre Homme et personne ainsi qu’un sens plus
restreint qui renvoie à un rôle, celui d’un acteur de la vie juridique. Dans ce rôle, cet acteur
de la vie juridique possède des droits et des obligations. Tout être humain est donc une
personne juridique, un sujet de droit c’est ce qu’on appelle la juridicité de l’Homme.
Ici, on parle uniquement des personnes physiques, il est donc nécessaire de distinguer les
personnes physiques des personnes morales.
Une personne morale est une expression du moyen âge mise en place par les canonistes.
Les personnes morales sont des groupements de personnes qui forment un corps de
personnes et qui possèdent la personnalité juridique avec des droits et des obligations. C’est
par exemple une société commerciale, un groupement professionnel etc.
La catégorie des personnes physique est la plus importante et c’est celle qu’on va étudier
dans ce cours. Les personnes physiques sont les seules envisagées par les rédacteurs du
code civil.

Le mot famille vient du latin ​familia​ qui désigne l’ensemble des habitants de la maison. Ce
sens étymologique se retrouve dans le sens courant du mot famille, cependant c’est un mot
difficile à définir. Selon les dictionnaires, la famille peut désigner les personnes ayant le
même sang ou encore les parents et les enfants vivants sous un même toit. Ce mot est très
vaste et évolue avec les mœurs de la société. Il en est de même au niveau juridique. En
effet, au niveau des sources juridique la famille correspond à un groupe de personnes unies
par des liens de parentée ou d’alliance qui constituent un réseau; cette définition est très
vague et on remarque que dans le code civil, on ne retrouve aucune définition de la famille
ni l’expression droit de la famille. Au niveau juridique la famille est appréhendée par le droit
uniquement à travers ce qui la structure, ce qui correspond au mariage, à la filiation et les
rapports personnels et patrimoniaux. On explique ces notions juridiques en expliquant leur
cadre, c'est -à -dire les personnes qu’elles concernent.
Chapitre 1: les origines

On retrouve 3 chronologies différentes. Tout d’abord il y a l’histoire politique avec la royauté,


la république et l’empire (composé du principat et du dominat) (voir les dates sur google
prcq flemme). Ensuite, il y a l’histoire du droit à Rome avec l’ancien droit de -753 à -150,
ensuite le droit classique de -150 à 284 puis il y avait le droit postclassique de 284 à 565.
Pour finir, il y a l’histoire de la civilisation et de l’économie romaine composée de l’histoire
ancienne de -753 à -150, ensuite il y avait de -150 à la fin du IIIe siècle av. jc. l’époque
classique, puis il y avait l’antiquité classique jusqu’en 565.

Section 1: le droit romain familial à l’époque ancienne et à l'époque classique

I- la domination du pater familias à l’époque ancienne:

définition du pater familias:

On considère comme pater familias tout citoyen qui n’a plus d’ancêtre vivant par les mâles.
Cela mène à certains paradoxes car un homme de 60 ans avec un père vivant, il n’est pas
pater familias tandis qu’en enfant orphelin sera pater familias.

Puissance du pater familias:

On parle de manus ou patria potestas qui s’exerce sur la famille et sur le patrimoine.
Sur la famille, le pater familias possède un pouvoir absolu qui lui confère des droits
importants comme par exemple le droit d’exposer ses enfants c'est-à-dire de les
abandonner. Il peut aussi vendre ses enfants ou les condamner à mort à condition de
demander l’avis de la famille et des amis.
Ce pouvoir absolu concerne aussi le patrimoine qui correspond à tous les biens mobiliers,
immobiliers, de l’actif et du passif (créances et dettes). En effet, c’est le pater qui est le
maître absolu du patrimoine. On distingue deux situations: de son vivant et à sa mort.

● Le pater administre seul ce patrimoine et ne rend de comptes à personne. Le


patrimoine est paternel, c’est à dire que les biens de l’épouse ,des enfants, des petits
enfants font partie du patrimoine paternel. Cela signifie que les fils n’ont pas de
patrimoine juridique. Cela a pour conséquence qu’ils ne peuvent effectuer d’acte de
commerce ou agir en justice.

● à sa mort, le pater dispose toujours librement de son patrimoine par un testament. Il


peut déshériter tout le monde et sa volonté ne connaît aucune limite tant qu’il
respecte les formes du testament. De plus, seuls les agnats possèdent des droits sur
le patrimoine. Les agnats (renvoie à agnation qui est la parentée par les mâles) qui
sont les seuls parents officiels. À l'opposé des agnats, on retrouve les cognats qui
renvoie à cognation qui correspond à la parentée par les femmes. Seuls les agnats
peuvent être désignés comme héritiers.

Pour sortir de cette puissance, la mort du pater familias permet de transmettre le pouvoir à
ses fils qui deviennent pater familias. Les filles deviennent libres mais avec un tuteur. On
retrouve aussi l’émancipation qui peut être un inconvénient. En effet, en cas d’émancipation,
le fils perds son éventuelle part de patrimoine.

Le mariage:

on retrouve à Rome deux sortes de mariages:


● Le mariage cum manu correspond au fait que la femme sort de sa famille d’origine et
devient comme une fille de son mari. On considère qu’il s’agit d’un mariage juridique.

● Le mariage sine manu est un mariage de fait. Juridiquement, la femme reste


ratachée à sa famille d’origine, mais elle habite chez son mari. Il n’y aucun lien
juridique entre le mari et la femme ce qui signifie que la femme n’est pas la parente
de son mari et n’est même pas la parente de ses enfants.
En matière de mariage à Rome, c’est l’épouse qui apporte une dot pour ses dépenses et
pour participer aux frais du ménage. Le mariage est accompli lors d’une cérémonie
religieuse et ne peut se faire qu’entre citoyens romains et est monogame.

L’adoption:

L’adoption était très courante à Rome et permettait de faire des alliances entre les grandes
familles.

Le divorce:

Le divorce était très courant car il n’y avait aucune réprobation morale et on retrouvait
beaucoup de remariages. Un poète nommé Juvénal rapportait même que les femmes
comptaient souvent les années par les noms de leur mari.
Les divorces se faisaient soit par le cadre d’un accord, soit par une action en justice de la
femme. Le mari peut aussi répudier sa femme qui correspond à la rupture du mariage par la
volonté d’un seul époux sans intervention de la justice. Le mari peut répudier sa femme pour
adultère, tentative d’empoisonnement et vol des clés de la cave à vin.

II- l’assouplissement du droit familial à l’époque classique:

Au niveau juridique, le rôle du droit prétorien va adapter le droit face aux évolutions de la
société et des mentalités. On va avoir un assouplissement du droit de la famille à l’époque
classique dans deux domaines.

A/ l’assouplissement de la famille romaine:

Avec les conquêtes, Rome passe d’une civilisation agricole à une civilisation commerçante.
On retrouve de plus en plus de contacts avec les étrangers appelés pérégrins. On constate
aussi une certaine influence des philosophies grecques et orientales ainsi qu’une montée de
l'individualisme. cela possède deux conséquences:
● La famille traditionnelle romaine rigoureuse et stricte devient plus permissive. Cela
se remarque par la diminution de la puissance paternelle. En effet, un père ne peut
plus exposer ses enfants, cependant il a toujours un droit de vie ou de mort, mais
sous contrôle de la justice. Les enfants ne peuvent plus être mariés contre leur
volonté.
Le divorce devient encore plus libre. Il n’y a plus de formalité pour divorcer et il est
unilatéral: une simple déclaration privée suffit, plus besoin d’action en justice. Les
femmes peuvent désormais répudier leur mari.

● L’empereur Auguste va prendre des lois moralisatrices. Tout d’abord, il va mettre en


place des lois contre l’adultère, puis des lois dites caducaires. Les lois caducaires
sont des lois contre le célibat, ce qui signifie que tout homme entre 25 et 60 ans et
toute femme entre 20 et 50 ans doivent être mariés. Les femmes doivent avoir au
moins 3 enfants. Si ces lois n’étaient pas respectées, recueillir des successions était
interdit ou encore les fonctionnaires ne bénéficiaient pas d’avancement. Ces lois ont
été mal accueillies et mal appliquées.

B/ l’assouplissement des règles patrimoniales:

cet assouplissement résulte de deux institutions: le pécule et le droit successoral.

a) l’institution du pécule:

Le pécule correspondait à la solde d’un militaire qui lui revenait directement sans aller dans
le patrimoine familial. Ici, le pater détient toujours seul le patrimoine, mais le pater peut aussi
découper le patrimoine en portions pour ses fils appelées pécule. Cela permet aux jeunes
de faire du commerce.

b) l’adaptation du droit successoral par le prêteur:

Ici, le prêteur va modifier l’ordre successoral du droit civil. En effet, il va élargir la succession
et désormais, les cognats vont pouvoir succéder. Cela sera ensuite confirmé par des lois
impériales. Il est important de préciser qu’en pratique, c'était le plus souvent l’ainé qui
héritait, même s' il n’y avait pas de droit d'aînesse.
Le prêteur va ensuite poser des limites à l’arbitraire testamentaire du pater. En effet, le pater
ne peut plus déshériter ses enfants, il ne peut plus les exhéréder. Si le pater ne respecte
pas cela, les enfants peuvent aller en justice pour faire casser le testament injuste. Chaque
enfant doit hériter d’une part suffisante ce qui correspond au quart de ce que le descendant
aurait reçu si il n’y avait pas eu de testament, c’est la quarte légitime. La législation impériale
va entériner ces réformes et elles seront reprises dans la compilation de justinien, plus
précisément dans les novelles. Ces règles vont être appliquées dans le midi de la France
jusqu’à la révolution.
Section 2: la société à Rome pendant l’antiquité tardive, les libres et les non libres:

à cette époque, la société est toujours fondée sur la distinction entre les libres et les non
libres. Cela n’empêche pas le fait qu’il y ait des classes sociales.

I- les différentes classes sociales libres:

Au bas empire, on retrouve la distinction entre les puissants et les petites gens qui avec les
affranchis font partis des libres. Il faut intégrer une nouvelle catégorie sociale: les barbares.

A/ les puissants ou potentes:

Les puissants existaient déjà avant et à ces périodes, ils sont appelés les potentes. Ils
correspondent à la caste dirigeante et l’écart se creuse de plus en plus avec les petites
gens. Il existe une hiérarchie assez artificielle parmi les potentes. On retrouve tout en haut
les membres de la famille impériale, puis en deuxième position on retrouve la première
classe de l’empire qui correspondent aux membres de l’ordre sénatoriale. La qualité de
sénateur demeure très prestigieuse malgré la baisse du pouvoir du sénat. L’ordre sénatorial
est héréditaire et certains sénateurs sont aussi nommés par l’empereur. On peut dire que
les sénateurs constituent l’aristocratie foncière de Rome, c’est pourquoi il faut préciser que
l’ordre sénatoriale est nombreuse et disséminée dans tout l’empire car toutes les familles ne
siègent pas forcément au sénat, ce qui fait qu’il n’y a pas de cohésion dans cette classe. Au
sein même de cet ordre on retrouve aussi une hiérarchie.
En troisième position, on retrouve les fonctionnaires de l’empire et à partir du début du IVe
siècle, ils sont de plus en plus recrutés parmi les sénateurs. Ces fonctionnaires sont des
agents de l’administration payés par l’Etat et il s’agit aussi d’une caste héréditaire qui vit
repliée sur elle-même. Ici, les fonctionnaires correspondent à la partie intellectuelle de
l’empire et l’hérédité devient même obligatoire. On retrouve ici aussi une hiérarchie au sein
de la caste avec des fonctionnaires supérieurs et subalternes avec des règles attachées à la
qualité de fonctionnaire. Par exemple, les fonctionnaires n’ont pas le droit d'acquérir des
propriétés dans les territoires qu’ils administrent afin qu’ils ne deviennent trop puissants. Ils
sont aussi soumis à une discipline stricte, c’est-à-dire que leur service peut être prolongé
sans limite, ils peuvent être déplacés selon le bon vouloir de l’administration et cette
discipline permet d’éviter que leur puissance ne devienne trop grande. En contrepartie, les
fonctionnaires possèdent des privilèges comme des titres honorifiques, des exemptions
d’impôts ou encore le fait de ne pas pouvoir être révoqué de façon arbitraire.

Le bilan des actions des potentes est négatif car on constate beaucoup d’abus de pouvoirs
au détriment des faibles, de la fiscalité ou encore de chantages et corruption.

B/ les petites gens ou humiliores:

On retrouve différentes catégories sans hiérarchie.


● Il y a tout d'abord la plèbe rurale dans laquelle on retrouve des paysans et quelques
artisans ruraux. à cette époque, on est dans une période des grands domaines
appelés latifundia ainsi qu’un maintien de la petite propriété. avec les paysans, on
retrouve des ouvriers agricoles qui louent leurs services qui sont payés soit à la
tâche, soit à la journée. Il s’agit de la partie la plus pauvre de l’empire et elle supporte
le plus les impôts.

● Ensuite, il y a la plèbe urbaine. Leur situation est moins à plaindre que celle des
campagnes, mais leur condition de vie est tout aussi difficile. Cette plèbe urbaine est
constituée de marchands, d’ouvriers et des oisifs qui vivent grâce aux distributions
gratuites de blé et d’huile.

● Enfin, il y a les colons. Cette catégorie est en lien avec le développement des
latifundia. Ce système (latifundia) s’est développé depuis le principat et on y retrouve
de plus en plus de petites exploitations. Ces petites exploitations sont confiées à de
petits exploitants, les colons. Les colons ont un statut particulier, en effet ils sont liés
à la terre pas un contrat de longue durée, ce sont des salariés agricoles et surtout
leur condition est héréditaire. Ils doivent payer un impôt à l'État ainsi que des
redevances à leur maître et leur doivent des services. Ce statut comporte beaucoup
de contraintes et les gens acceptent ce statut à cause de la crise économique, de
l’insécurité et de la pression des potentes. Les colons sont des hommes libres mais
en pratique, comme ils sont liés de façon héréditaire à leur terre, il s’agit d’une quasi
servitude. Juridiquement, ils peuvent se marier, avoir un patrimoine et de façon plus
large, ils peuvent faire tous les actes de la vie juridique donc ils sont libres.
cependant, les colons sont souvent désignés comme esclaves de la terre.

C/ les barbares:

Ce sont des libres qui durant le dominat formaient une nouvelle catégorie sociale. Ils se sont
progressivement établis dans l’Empire par petits groupes. Il y avait différents statuts très mal
connus chez les barbares:

● D’abord il y avait les déditices, terme mentionné dans l’édit de caracalla de 212, qui
disposait que tous les pérégrins de l’Empire sauf les déditices possédaient la liberté.
Au moment de cette mesure, on pensait qu’il s’agissaient d’affranchis considérés
comme indignes pour accéder à la citoyenneté romaine. Au bas empire, les déditices
étaient des vaincus obligés de s’installer comme colons pour cultiver les terres
abandonnées. Ils se trouvaient en Gaule, en Italie, en Orient et ils doivent un tribut
annuel ainsi qu’un service militaire.

● Les fédérés correspondaient à des peuples d’origine germanique. Ils se sont installés
dans l’empire suite à un traité avec l’empereur. On pense qu’ils étaient tenus au
service militaire, qu’ils avaient une immunité fiscale, ils gardaient leur coutumes et
tribunaux, et étaient considérés comme égaux des romains.

● Les lètes étaient supposément des prisonniers utilisés pour travailler les terres en
friche. à la manière des colons, ils étaient liés à la terre mais n’avaient pas tous les
droits des citoyens romains, mais ils n’avaient pas le conubium.
II- les non libres: les esclaves.

Au bas empire, on retrouvait beaucoup d’esclaves, mais moins que sous le principat. Une
famille romaine dite riche pouvait posséder de 1000 à 2000 esclaves.

A/ la condition servile

1) les sources:

Les prisonniers de guerre était une source en déclin car les conquêtes étaient terminées,
même si on trouvait tout de même des esclaves chez les barbares.
La principale source reste l’hérédité. En effet, l’enfant devait suivre la condition de la mère.
Ensuite,il y avait l’abandon volontaire de liberté due à l’insécurité et la pauvreté

2) le statut de l’esclave:

l’esclave n’a pas de personnalité juridique ni aucun droit. Juridiquement, l’esclave est
considéré comme un meuble. Il est sous l’entière dépendance ou potestas de son maître. Il
y avait différentes sortes d’esclaves. Il y avait des esclaves privés, publiques, dédiés à
l’empereur etc. Certains esclaves pouvaient posséder des postes administratifs importants,
d’autres étaient employés dans les domaines ruraux (familia rustica). Les esclaves au
service personnel du maître constituaient la familia urbana.
L’esclave n’est pas ignoré par la religion chrétienne et donc, l’Église chrétienne va avoir une
influence positive sur leur condition. Cela s’explique par le fait que l’église ne condamne pas
l’esclavage, mais elle recommande de mieux traiter les esclaves. De plus, pour l’église il y a
une idée de l'égale dignité des hommes ainsi qu’un principe d’égalité naturelle. Suite à cela,
le droit de correction du maître va évoluer. En effet, ce dernier va être considéré comme un
moyen d’éducation. En cas de délit de l’esclave, le droit de punir n’appartient plus au maître
mais à la justice. De plus, l’église va inciter les mettre à affranchir leurs esclaves.

B/ l’affranchissement ou manumissio:

Le manumissio est facilité par l’influence chrétienne ,l’apparition de nouvelles formes


d’affranchissement et la reconnaissance d’une valeur juridique entière au mode
d’affranchissement non formaliste.

1) les différents modes d’affranchissement:


a) les modes d’affranchissement formalistes:

Tout d’abord, il y a l’affranchissement testamentaire qui se fait par un testament après la


mort du maître. Le maître peut aussi rendre l’esclave héritier, ce dernier ne peut refuser la
succession.
Ensuite, il y a l’affranchissement vindicta qui est un acte très solennel qui est accompli
devant le préteur.
Enfin, il y a l’affranchissement par le cens. Ici, c’est le maître qui inscrit l’esclave sur la liste
des citoyens au moment du recensement.
b) mes modes d’affranchissement non formalistes

L’affranchissement par lettre et l’affranchissement par une déclaration devant des amis sont
des formes non formalistes. à préciser que ces modes sont reconnus par le droit, mais ils
n'entraînent pas la pleine citoyenneté, qui souvent est définie comme un faisceau de droit.
Pour les affranchis ici, de son vivant l’ancien esclave va avoir le même statut qu’un colon, il
est donc libre. à sa mort, les droits de son ancien maître réapparaissent, ce qui permet au
maître de s’approprier les biens de l’affranchi décédé. Ce système sera supprimé sous le
règne de justinien.

c) les nouveaux modes d’affranchissements:

L’affranchissement dit dans l’Église est une déclaration du maître à l’église devant le peuple
en présence d’une autorité éclesiastique qui va confirmer la déclaration du maître. Cet
affranchissement confère la pleine citoyenneté.

2) la condition de l’affranchi:

Tout d’abord, l’affranchi est juridiquement libre et possède la pleine citoyenneté. Cela
signifie qu’il a le droit de vote ainsi que le droit aux trois noms des citoyens romains (tria
nomina). La question du nom est essentielle pour le droits des personnes et correspond à
un système onomastique. Le nom est un moyen d’identification juridique et social des
personnes physiques. La tria nomina fait partie des droits civils des citoyens romains.
Chaque citoyen romain possède un nom, un prénom et un surnom. Le nom de famille était
le nom gentilice. Par exemple, pour Cicéron son nom complet était Marcus Tullius Cicéron.
Avec le système de tria nomina, le nom possède une fonction identitaire, c'est -à -dire que
lorsque quelqu’un se présente avec ses trois noms, on sait automatiquement que c’est un
citoyen. Le statut de citoyen romain était prestigieux. Pour les affranchis, le nom de famille
correspond au nom de son ancien maître.
L’affranchi possède également un statut spécial, c'est-à-dire que son ancien maître devient
son patron. Il reste dans une dépendance vis-à-vis de son patron. Ce dernier va avoir 3
prérogatives juridiques. Tout d’abord, il bénéficie de l’obsequium, ce qui signifie que
l’affranchi doit honorer son patron. L’affranchi ne peut poursuivre son patron en justice sans
l’autorisation de son lmagistrat.
Ensuite, le patron bénéficie des operare qui sont des journées de travail que l’affranchi doit à
son patron.
Enfin, les bona correspondent au fait que si l’affranchi n’a ni enfant, ni héritier, le patron
possède un droit successoral sur le patrimoine de l’affranchi. Ce système pouvait varier
selon les périodes et la place des affranchis dans la société dépendant de l’économie. En
effet, en cas de soucis économique, l’enrichissement des affranchis entraînait une hostilité
de la part des citoyens.
Section 3: le droit familial du bas empire (chrétien):

Ce qui influence le droit de la famille, c’est le renforcement des pouvoirs de l’empereur, qui
est le dominus. Ensuite, le développement du christianisme influence aussi le droit familial.
La religion d’origine des romains est le paganisme qui était une religion polythéiste. Cette
religion persécutait à l’origine les chrétiens, mais durant le dominat, le christianisme s’est
développé. En 313, le culte chrétien est officiellement toléré à Rome, et en 380, Théodose
Ier prend l’édit de Thessalonique qui rend le christianisme la religion officielle de l'État
romain. Le christianisme possède une vision différente des traditions romaines, ce qui va se
traduire par trois points;

I- l’affaiblissement de la famille païenne

On constate l’affaiblissement dans 3 domaines

A/la puissance paternelle:

La puissance paternelle est encore affaiblie. Le père ne peut plus vendre ses enfants sauf
en cas de crise économique. De plus, son consentement n’est plus systématique pour le
mariage de ses enfants. La femme devientégalement juridiquement plus indépendante.

B/ Le système onomastique (règles qui concernent le nom):

Pour les citoyens romain, on retrouve un système de tria nomina avec le nom gentilis qui est
le plus ancré dans la tradition. Pour l’Église, le plus important n’est pas le nom de famille
mais le prénom car cela correspond au nom de baptême, qui est considéré comme une
renaissance pour l’église. Avec cette évolution, le prénom va être le seul utilisé, c’est à dire
que les gens ne vont plus avoir qu’un seul nom qui est leur nom de baptême. Cela va durer
jusqu’au XIVe siècle.

C/ l’adoption:

L’adoption va être supprimée sous l’influence de l’église car aux yeux des chrétiens,
l’adoption traduit trop la volonté du pater familias par rapport à la volonté de dieu.

II- la stabilisation du mariage

Pour tenter de redonner force obligatoire aux fiançailles, on met en place des cérémonies
avec des remises de cadeaux et d’anneaux.

Le consentement au mariage va être suivi d’une bénédiction nuptiale de l’église

Un écrit qui règle les rapport pécuniaires entre les époux avec une dot. Le mariage est
prohibé entre cousins et entre juifs et chrétiens.

L’adultère de la femme va devenir sévèrement puni et le concubinage n’est plus possible.

On commence aussi à faire la distinction entre les enfants légitimes et naturel


III- la lutte contre le divorce

Le divorce va être limité et le divorce par consentement mutuel sera momentanément


supprimé en 542 par Justinien. En ce qui concerne la répudiation, celle de la femme par le
mari sera limitée et possible dans 3 cas: si la femme est adultère, si elle est empoisonneuse
et si elle est violatrice de tombeaux.

Toutes ces règles seront intégrées aux compilations de justinien, postérieures à la fin de
l’empire romain d’occident. Cette compilation n’a donc pas été connue en occident au
moment de sa rédaction. Seul le pape a reçu un exemplaire du digeste. En occident, la
seule source du droit romain était le code théodosien. Il faudra attendre la fin du XIe pour
connaître une renaissance du droit romain. À partir de là, le droit de justinien va devenir la
référence du droit familial dans le midi de la France, qui est le pays de droit écrit. Ce droit
romain va également influencer les juristes jusqu’à la rédaction du code civil.

Titre 1: les personnes et le droit de la famille du moyen-âge à la révolution:

Chapitre 1; le Moyen-âge, inégalité et domination de l’Église:

introduction:

les rappels chronologiques:

Le moyen-âge correspond à la période du Ve au XVe siècle et se découpe en 3 parties.


Tout d’abord l’époque franque (ou haut moyen-âge) du Ve au Xe siècle. Les barbares sont
alors présents en occident ce qui provoque la rencontre entre les traditions germaniques et
gallo-romaines. Durant l’époque franque, de 481 à 751 il y avait les mérovingiens avec
Clovis (environ en 500) puis de 751 à 987, les carolingiens avec Charlemagne (environ en
800).
Après l’époque franque, on retrouve l’époque féodale aux XI, XII et XIIIe aussi appelé
moyen-âge classique. On retrouvait alors la dynastie capétienne avec Hugues Capet. Cette
époque se divise entre les temps seigneuriaux de 987 à jusqu’à 1108. C'était une période de
morcellement de l’autorité publique, car le roi n’est qu’un seigneur parmi les autres. Ensuite,
de 1108 à 1223 , on retrouve un retour de la royauté avec Louis VI le gros qui restaure
l’autorité royale.
Enfin, on retrouve la fin du moyen-âge aux XIV et XVe siècles. On assiste alors à des
bouleversements profonds dans tous les domaines (économique, démographique, religieux,
idéologique, politique etc). Tous ces bouleversements annoncent la renaissance du XVIe
siècle et le début de l’ancien régime.

Les caractéristiques de la famille chez les germains:

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