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TRAINING, ENGINEERING, DEVELOPING – Consulting

***

Préparation de
chantier
Méthodes de planification des travaux de construction
Plan d’installation de chantier de bâtiment

Auteur : AHMED KOUTOUS


Ingénieur d’Etat en Génie Civil

***

DOMAINE DE FORMATION
Génie Civil

PROFIL VISE
Technicien Spécialisé

© 2017
Avertissement
***
Ce document est réalisé par l’auteur mentionné dans la page de grade pour ses étudiants et
stagiaires. Toute utilisation sans autorisation préalable est strictement interdite. Les
utilisateurs du présent document peuvent nous communiquer toutes remarques et suggestions
pouvant enrichir et améliorer son contenu.
Ce document peut contenir de petites erreurs dues aux circonstances de son élaboration. Par
conséquent, les formateurs qui l’utiliserons sont invités à rectifier ces erreurs avant ou de les
signaler aux étudiants-stagiaires.
Par ailleurs, nous signalons qu’une mise-à-jour périodique de ce document est souhaitable pour
prendre en considération les nouveautés du domaine du génie civil.

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Préparation de chantier

Sommaire

***

Introduction 4
Généralités 5
1. Intérêt de la planification 5
2. Déroulement général d’un projet de construction 5
3. Phases de préparation d’un chantier 8
4. Types de planning 9
5. Elaboration d’un planning 10
Planification opérationnelle 11
1. Notion de tâche 11
2. Contraintes 11
3. Planification opérationnelle 11
Planification des travaux de construction 16
1. Objectif 16
2. Plannings généraux 16
3. Plannings particuliers 20
4. Exercice 26
Les intervenants dans les chantiers 27
1. Le maître d’ouvrage 27
2. Le maître d’œuvre 27
3. Le bureau d’étude technique 28
4. Le bureau de contrôle 28
5. L’entrepreneur 28
6. Missions du conducteur de travaux 31
Etude des besoins en ressources 33
1. Choix du mode constructif 33
2. Besoins en main-d’œuvre 34
3. Besoins en matériaux 37
4. Besoins en matériels 40
5. Réseaux de chantier 43
6. La clôture du chantier 44
Plan d’installation d’un chantier 46
1. Démarche générale 46
2. Analyse des contraintes de site 46
3. Elaboration de plan d’installation 46

2
Planification de piquetage 48
1. Description générale 48
2. Chaises d’alignement 50
Travaux dirigés 51
Références 60

3
Préparation de chantier

Introduction

***

Chaque projet de construction passe par une phase d’étude et une phase d’exécution. La phase
d’étude permet de fournir les documents nécessaires pour mener à bien l’exécution des
travaux.
L’entreprise de construction doit respecter les exigences du maître d’ouvrage et réaliser les
prescriptions dont elle a pris charge dans les meilleurs délais. Ceci ne peut pas se faire sans une
planification élaborée au préalable. Avant le démarrage des travaux, l’entreprise doit préparer
et procéder à l’installation du chantier.
Dans ce module, l’objectif est de connaître les règles d’installation et de les appliquer sur un
projet de construction réel en élaborant un plan d’installation de chantier.
Dans ce document, l’objectif est de connaître les méthodes de planification les plus pratiquées,
de lire, interpréter et exploiter un planning.

AHMED KOUTOUS
AGADIR, Septembre 2016

4
Généralités

Un projet de construction doit, en général, être réalisé dans un délai fixé par le maître
d’ouvrage en accord avec le maître d’œuvre. Ce délai est indiqué dans le cahier des clauses
administratives particulières (CCAP).
On rappelle également que la façon de décompter les délais, parce qu’elle peut être l’occasion de
litiges, a été définie contractuellement dans :
 Le cahier des clauses administratives générales applicables aux travaux de
bâtiment faisant l’objet de marchés privés ;
 Le cahier des clauses administratives générales du code des marchés publics.

Ce délai est contractuel, tout retard pouvant entraîner des pénalités financières. Cependant, si
le chantier est terminé en avance des primes sont versées par le maître d’ouvrage à l’entreprise.
Le délai (en mois ou en semaines) fait l’objet d’un article de l’acte d’engagement ou du cahier
des clauses administratives particulières.
Or, l’exécution d’un projet de construction exige un grand nombre de travaux de natures très
variées, faisant intervenir un grand nombre de participants. En plus, les tâches des uns et des
autres sont le plus souvent liées, voir conditionnées les unes par les autres.
Il est donc impérativement nécessaire d’ordonner les actions de chacun et de matérialiser dans
un langage approprié les décisions prises et les conséquences qui en découlent.
Le langage choisi est le « langage graphique » et les documents mis au point sont les
« plannings ».

1. Intérêt de la planification
Avant le lancement des travaux, le planning constitue un outil de simulation, dans la mesure où
il permet d’établir une prévision et de simuler le déroulement des travaux afin de vérifier le
respect des délais, des cadences d’exécution, des charges de main d’œuvre, de matériaux et de
matériel.
Pendant le déroulement des travaux, il s’agit plutôt d’un outil de coordination puisqu’il permet
aux différents responsables et exécutants d’intervenir pour prendre les décisions sur le
lancement des tâches et l’emploi des ressources humaines et matérielles.

En gros, on peut résumer l’utilité des plannings dans les points suivants :
 Prévoir : Etablir un programme ;
 Organiser : Mettre en place les moyens pour réaliser les travaux ;
 Commander : Déclencher l’exécution des phases de travaux et évaluer les
enchaînements ;
 Coordonner : Relier entre les phases de réalisation ;
 Contrôler : vérifier et établir les bilans de mains d’œuvre, de matériaux, etc.

2. Déroulement général d’un projet de construction


Une opération de construction consiste à traduire en réalité les souhaits et les besoins
exprimés par des clients ou par des futurs occupants, en tenant compte de plusieurs contraintes
techniques, économiques et règlementaires.

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Préparation de chantier

L’organigramme suivant illustre les étapes de déroulement d’une opération de construction :

Figure 1 : Déroulement général d'une opération de construction

6
Par rapport au maître d’ouvrage – public ou privé – on peut grouper toutes ces étapes, en
quelques phases distinctes. D’où le schéma suivant :

Figure 2 : Phases de déroulement général d'une affaire

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Préparation de chantier

3. Phases de préparation d’un chantier


On résume les phases de préparation d’un chantier dans tableau suivant :

Figure 3 : Phases de préparation d’un chantier

8
La préparation de chantier intervient, après attribution du marché, deux ou trois mois avant le
commencement des travaux. La préparation de chantier a pour objectifs de :
 Mettre en évidence tous les problèmes éventuels de réalisation et de y trouver des
solutions optimales ;
 Limiter les temps improductifs ou les temps morts, afin d’obtenir un coût de
revient minimal ;
 Livrer au chantier le matériel strictement nécessaire et juste à temps, etc.

Pour préparer un chantier, on peut suivre les étapes suivantes :


 Recenser les problèmes à solutionner ;
 Identifier toutes les contraintes connues ou supposés, susceptibles d’influencer le
fonctionnement du chantier ;
 Ordonner celles-ci de plus importantes au plus minimes ;
 Rechercher par approches successives les solutions prenant en compte les
exigences du dossier marché, les possibilités de l’entreprise en débouchant sur le
coût de revient le plus bas, dans les meilleurs délais, avec la meilleure qualité de
réalisation ;
 Relever les écarts durant l’exécution du chantier entre le déroulement
prévisionnel et le déroulement réel des travaux ;
 Etablir un bilan général qui servira d’hypothèse d’étude pour les chantiers
ultérieurs, etc.

Pratiquement, la préparation de chantier doit permettre de :


 Construire un planning type Gantt à partir de la méthode des potentiels ;
 Choisir le matériel le mieux adapté au problème posé ;
 Etablir un planning de rotation des matériels de coffrage et de sécurité ;
 Définir les caractéristiques des matériels de : levage, bétonnage, transport
nécessaires au chantier ;
 Déterminer les besoins en main-d’œuvre par ouvrage ;
 Réaliser un planning de main-d’œuvre directe et indirecte ;
 Déterminer les quantités de matériaux et de matériels par ouvrage ;
 Elaborer le planning de livraison et d’utilisation des matériaux et des matériels ;
 Elaborer un planning journalier des tâches accomplies, etc.

4. Types de planning
On distingue deux types de planning : les plannings généraux et les plannings particuliers. En
ce qui concerne les plannings généraux, deux méthodes sont utilisées pour leur élaboration.
Les méthodes linéaires et les méthodes des réseaux.
Quant aux plannings particuliers ils sont établis pour la gestion de la production et de la main
d’œuvre, et pour la gestion financière.

4.1. Plannings généraux


Parmi les plannings linéaires, on cite les exemples suivants :
 Le planning à barres (diagramme de Gantt) : c’est le planning le plus utilisé du fait
qu’il simple à lire ;
 Le planning Chemin de Fer : utilisé pour la première fois par SNCF (société
nationale des chemins de fer, France) pour représenter la marche des trains.
 Le planning mouvement des terres : utilisé pour les travaux à cycle répétitifs,
notamment les travaux de terrassement.

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Préparation de chantier

Quant aux plannings sous formes de réseaux, on distingue :


 Le graphe (ou réseau) PERT (Program Evaluation and Review Technique) ;
 Le graphe (ou réseau) potentiels-tâches, dérivé du réseau PERT ;
 Le graphe des tâches composées, utilisé pour les travaux à cycles répétitif.

4.2. Plannings particuliers


Dans le cadre de la gestion de la production, on trouve :
 Les courbes de production (préfabrication, pose, stock) ;
 Les plannings d’approvisionnement des matériels et des matériaux ;
 Les plannings de rotation des matériels.
Pour la gestion de la main d’œuvre, nous avons :
 Les courbes des effectifs ;
 Les courbes des heures cumulées ;
 Le planning de la main d’œuvre.
Concernant la gestion financière, on a :
 Le planning d’acompte ;
 Les courbes financières (dépenses et recettes).

5. Elaboration d’un planning


Les plannings de travaux peuvent être élaborés en suivant les phases suivantes :
5.1. Le recueil de données
Il s’agit de consulter un ensemble de documents (plans, devis descriptif, etc.) pour déterminer
les délais, les intempéries, les contraintes d’ordonnancement, les moyens mis en œuvre par les
exécutants et les temps unitaires d’exécution.

5.2. L’analyse technique du projet


Le but de l’analyse technique est de :
 Définir les modes constructifs les mieux adaptés et les plus économiques ;
 Définir les modes opératoires et analyse des techniques d’exécution ;
 Décomposer le projet en tâches élémentaires ;
 Etablir la chronologie de la réalisation des tâches compte tenu des contraintes et
de la logique d’enclenchement des tâches.

5.3. La simulation
Simuler le déroulement du chantier à partir des données précédentes pour optimiser le
planning en fonction des détails et des charges en main-d’œuvre et matériels ;
Cette simulation permet d’établir une prévision en tenant compte de la charge sous la grue et
de la continuité du travail des équipes.

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Planification opérationnelle

Les méthodes de planification exposées dans ce chapitre sont issues de la recherche


opérationnelle et de la théorie des graphes.

1. Notion de tâche
La planification d’un projet commence par sa décomposition en un ensemble de tâches. Cette
décomposition peut être plus ou moins importante selon le degré de précision recherché. De ce
fait, une tâche est identifiable par un début, une durée et une fin.
 Tâche élémentaire : élément de la décomposition d’un travail que l’on souhaite
planifier.
 Tâche composée : lorsqu’on étudie une succession de travaux très courts par rapport
aux autres travaux, on peut assimiler cette succession à une tâche élémentaire.
 Tâches prioritaires : dites également tâches de commandement, les tâches
prioritaires assurent l’enchaînement technique des opérations. Elles sont
indispensables à l’avancement.
 Tâches simultanées : ce sont des tâches qui peuvent se dérouler en parallèle avec les
tâches prioritaires, sans gêner (relativement) le déroulement de ces dernières
(elles sont relativement indépendantes).
 Tâche-temps : nous assimilerons à une tâche temps tout ce qui consomme du temps
(même si ce temps est égal à zéro : tâche fictive).

2. Contraintes
La planification d’un projet doit prendre en considération un ensemble d’hypothèses et de
contraintes dont on cite :
 L’enchainement logique des tâches :
L’implantation des fondations d’un bâtiment, par exemple, ne peut se faire qu’après avoir
terminé la phase de réalisation des fouilles destinées à les recevoir.
 La simultanéité des tâches :
Pour réduire les délais, il y aura intérêt chaque fois que cela sera possible de prévoir des
interventions simultanées de travaux distincts. En revanche, il faut proscrire la simultanéité
d’exécution quand elle entraîne une gêne dans le déroulement des travaux.
 Les marges dans les durées d’exécution :
Les durées d’exécution ne doivent être calculées ni trop largement, dans un but de rentabilité,
ni au plus juste, sous peine de ne pouvoir être respectées et pour tenir compte d’incidents et
aléas toujours possibles.
 Le respect des règles de l’art :
L’exécution des ouvrages vulnérables, pendant la durée du chantier, sera prévue le plus tard
possible, sauf impératif contraire.

3. Planification opérationnelle
Il s’agit d’élaborer un graphe permettant de simuler l’avancement du projet. Ce graphe est un
schéma décomposable en un ensemble de points appelés sommets et un ensemble de lignes
appelées vecteurs qui relient entre les points.

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Préparation de chantier

3.1. Le réseau P.E.R.T.


Le réseau P.E.R.T. est un graphe constitué par des étapes (sommets du graphe) et des tâches
(vecteurs du graphe). On représente une étape par un cercle, une tâche par une flèche au-dessus
de laquelle on indique son code et sa durée.

o Représentation :

5 9
C;4
i j
8 12

La tâche « C » de durée 4 est située entre les deux étapes « i » et « j » dont les dates au plus tôt sont,
respectivement, 5 et 9. Les dates 8 et 12 sont les dates au plus tard.

o Règles à respecter :
Certaines règles doivent être respectées à savoir :
 Une tâche est représentée par une et une seule flèche ;
 Deux tâches ne peuvent être identifiées par deux flèches ayant la même origine et la même
extrémité ;
 Les tâches simultanées sont représentées par deux flèches différentes en partant de la même
origine.

o Dates et Marges :
Date de début au plus tôt d’une tâche : Date de début de réalisation au plus tôt de son étape
d’origine. C’est la valeur la plus élevée des dates au plus tôt des étapes précédentes.
Date de fin au plus tôt d’une tâche : Date de début de réalisation au plus tôt de cette tâche
augmentée de sa durée.
Date de fin au plus tard d’une tâche : Date de début de réalisation au plus tôt de son étape fin.
C’est la valeur la moins élevée des dates au plus tôt des étapes postérieures.
Date de début au plus tard d’une tâche : Date de fin de réalisation au plus tôt de cette tâche
diminuée de sa durée.
Marge : On appelle marge d’une tache le délai dont elle peut être retardée sans allonger la
durée du projet.
Marge totale : C’est la différence entre le début au plus tard et le début au plus tôt de la
tache considérée.
Marge libre : Différence entre le minimum des dates de début au plus tôt des tâches avales
et la date de fin au plus tôt de la tache considérée.

o Tâches critiques - Chemin critique :


Toute tache ayant une marge totale nulle est dite une tâche critique. Le chemin passant par des
taches critiques est appelé chemin critique.
Le chemin critique permet de déterminer le délai de réalisation du projet. Pour réduire ce délai,
il faut agir en priorité sur les tâches critiques.

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3.2. Le graphe Potentiels-Tâches
Le graphe Potentiels-Tâches est un graphe dérivé, seule la représentation diffère. Les tâches
sont représentées par des rectangles montrant les durées et les dates des tâches de la manière
suivante :

Date début au Date fin au plus Date début au Date fin au plus
plus tôt tôt plus tôt tôt

Tache (i) Durée Tache (j) Durée


Date début au Date fin au plus Date début au Date fin au plus
plus tard tard plus tard tard

Dans un graphe Potentiels-Tâches, on a la possibilité d’indiquer pour chaque tâche la durée, la date de
début au plus tôt, la date de fin au plus tôt, la date de début au plus tard et la date de fin au plus tard et si
on le souhaite on peut également indiquer la marge.

3.3. Le planning de Gantt


Le diagramme de Gantt est un outil utilisé, souvent en complément d’un réseau PERT, en
ordonnancement et gestion de projet et permettant de visualiser dans le temps les diverses
tâches liées composant un projet. Il permet de simuler et représenter graphiquement
l’avancement du projet. Dans ce diagramme on représente en abscisse les unités de temps (jours,
semaines ou mois) et en ordonnée les différentes tâches du projet à planifier.

3.4. Exemple d’application


On se propose d’étudier la planification du projet ci-après. On donne les tâches, leurs durées
ainsi que les tâches antérieures. On en déduit alors les tâches postérieures et le rang.
Tâche Durée (semaines) Tâches antérieures Tâches postérieures Rang
A 2 --
B 3 --
C 2 A
D 7 A;B
E 5 C
F 3 D;E
G 3 F
Pour commencer on détermine les tâches postérieures et le rang de chaque tâche.

o Réseau P.E.R.T. :
Le réseau PERT de cet exemple d’application est tel que :

0 2 C, 2 4 E, 5 10 F, 3 13 G, 3 16
A, 2
𝟎 𝟏 𝟐 𝟑 𝟒 𝟓
0 3 5 10 13 16

Ø, 0
B, 3 D, 7

3
𝟏’
3

Les durées de toutes les tâches étant connues, il est donc possible de calculer les dates au plus tôt et les dates
au plus tard des différentes étapes.

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Préparation de chantier

Pour calculer les dates au plus tôt, on initialise à « 0 » l’étape (0). Ensuite, la date au plus tôt
d’une étape donnée (𝑗) liée aux étapes antérieures (𝑖) par les tâches (𝑇 ) sont déterminées de la
manière suivante :

𝑑𝑎𝑡𝑒. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡ô𝑡 (𝑗) = 𝑚𝑎𝑥 𝑑𝑎𝑡𝑒𝑠. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡ô𝑡 (𝑖) + 𝑑𝑢𝑟é𝑒 𝑇

Exemple : 𝑑𝑎𝑡𝑒. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡ô𝑡 (3) = 𝑚𝑎𝑥 𝑑𝑎𝑡𝑒. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡ô𝑡 (2) + 𝑑𝑢𝑟é𝑒 (𝐸) ; 𝑑𝑎𝑡𝑒. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡ô𝑡 (1′) + 𝑑𝑢𝑟é𝑒 (𝐷) = 𝑚𝑎𝑥[9; 10] = 10

Pour calculer les dates au plus tard, on initialise l’étape terminale à sa date au plus tôt. Ensuite,
la date au plus tard d’une étape donnée (𝑖) liée aux étapes postérieures (𝑗) par les tâches (𝑇 )
sont déterminées de la manière suivante :

𝑑𝑎𝑡𝑒. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡𝑎𝑟𝑑 (𝑖) = 𝑚𝑖𝑛 𝑑𝑎𝑡𝑒𝑠. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡𝑎𝑟𝑑 (𝑗) − 𝑑𝑢𝑟é𝑒 𝑇

Exemple : 𝑑𝑎𝑡𝑒. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡𝑎𝑟𝑑 (0) = 𝑚𝑖𝑛 𝑑𝑎𝑡𝑒. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡𝑎𝑟𝑑 (1) − 𝑑𝑢𝑟é𝑒 (𝐴) ; 𝑑𝑎𝑡𝑒. 𝑝𝑙𝑢𝑠. 𝑡ô𝑡 (1′) + 𝑑𝑢𝑟é𝑒 (𝐵) = 𝑚𝑖𝑛[1; 0] = 0

o Calcul des dates :


En se référant au paragraphe (3.1.) on peut déterminer les dates et les marges totales (les
marges libres sont nulles) des différentes tâches :

Date de début Date de fin Date de début Date de fin Marge


Tâche Durée
au plus tôt au plus tôt au plus tard au plus tard totale
A 2 0 2 1 3 1
B 3 0 3 0 3 0
C 2 2 4 3 5 1
D 7 3 10 3 10 0
E 5 4 9 5 10 1
F 3 10 13 10 13 0
G 3 13 16 13 16 0
Les tâches critiques (tâches ayant des marges nulles) sont donc : B, D, F et G. Le chemin critique est ainsi :
B-D-F-G qui donne 16 semaines comme durée du projet.

o Graphe Potentiels-Tâches :
Le graphe des P-T de notre exemple d’application est tel que :

0 2 2 4 4 9 10 13 13 16

A 2 C 2 E 5 F 3 G 3

1 3 3 5 5 10 10 13 13 16

0 3 3 10

B 3 D 7

0 3 3 10

En comparant les dates au plus tôt et les dates au plus tard, il est clair que le chemin critique est celui qui
passe par les tâches : B-D-F-G.

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o Planning de Gantt
En s’appuyant sur le graphe potentiels-tâches déjà établi, on aboutit au planning de Gantt
(planning à barres) suivant :
Semaines
Tâche Durée
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16
A 2
B 3
C 2
D 7
E 5
F 3
G 3

Chaque tâche est représentée par une barre de longueur proportionnelle à sa durée.

15
Préparation de chantier

Planification des travaux de construction

Planifier un projet consiste à placer dans le temps et dans l’espace les différentes tâches
nécessaires pour réaliser ce projet. Le planning est le modèle suivant lequel un ensemble de
tâches devra être réalisé.

1. Objectif
Planifier est nécessaire pour réaliser efficacement une action sans gaspiller de temps ni de
moyens. Un planning exprime trois notions essentielles :
a. Une relation d’ordre entre les tâches qui doivent être réalisées :
Il s’agit d’établir une chronologie de la réalisation des tâches, de définir les contraintes
relationnelles entre les différentes tâches (antériorité, simultanéité, etc.).
b. Le placement des tâches dans le temps :
C’est-à-dire connaître avec suffisamment de précision les durées d’exécution, les cadences
d’avancement des équipes et la production des matériels.
c. Les ressources attribuées à chaque tâche (main-d’œuvre, matériel et matériaux) :
Il faut définir les moyens nécessaires à l’exécution de chaque tâche tout en optimisant l’emploi
de ces ressources (lissage des courbes de charges).

2. Plannings généraux
La planification d’un projet de construction nécessite sa décomposition en un ensemble de
tâches. Une tâche est une activité correspondant à la réalisation d’une partie bien déterminée
d’un ouvrage, elle doit être facilement identifiable sur le chantier et ne doit concerner qu’un
seul intervenant.

2.1. Définition
Une tâche est définie par :
 Un libellé (Quoi ?) : Objet de la tâche ;
 Une position dans l’espace (Où ?) : Lieu la tâche où devra s’exécuter ;
 Une position dans la chronologie de réalisation (Avant et après quoi ?) ;
 Une position dans temps (Quand ?) : Date de début de la tâche ;
 Une durée : Différence entre la date de fin et date de début de la tâche ;
 Un coût (Combien ?) : Prix de revient de la tâche.

Bien évidemment, la réalisation d’une tâche nécessite des moyens (ressources) en main
d'œuvre, matériaux, matériel.

2.2. A propos de la décomposition


La décomposition du projet en tâches ne doit être ni trop détaillée ni trop sommaire. Les
activités de courte durée seront regroupées. La finesse du découpage est fonction de la
destination du planning. On distingue alors trois types de planning :
 Planning « grosses mailles » ou planning enveloppe :
La décomposition du projet est faite en un ensemble de phases considérées importantes.
L’échelle de temps est le mois ou la semaine ;

16
 Planning « d'exécution des travaux » :
C’est le planning d’enclenchement des tâches. C’est le planning de la réalisation des différentes
tâches du planning enveloppe. L’échelle de temps est le jour.
 Planning « journalier » :
Dans un planning journalier les tâches sont détaillées en opérations élémentaires. C’est le
planning de la réalisation des différentes tâches du planning d’exécution des travaux. L’échelle
de temps est prise égale à l’heure.
o Planning « grosses mailles » ou planning enveloppe
Il s'agit d'un planning sommaire, pour lequel les durées de tâches sont estimées "au ratio". Ce
planning destiné au Service Etude de Prix et au Service Méthodes a pour objectif la définition
des cadences et des délais, en vue de :
 Consulter les sous-traitants, fournisseurs, service matériel ;
 Déterminer les délais d'exécution des plans et délais d'approbation ;
 Déterminer les cadences d'avancement ;
 Déterminer les délais d'approvisionnement, etc.
Sur ce planning, on incorpore les congés, les intempéries et les aléas (estimés à 15 %). On y fait
apparaître également les durées de location du matériel ainsi que les durées d'intervention de la
maîtrise.
o Planning « d'exécution des travaux »
C'est un planning précis, par jour ouvré, hors aléas, hors intempéries et hors congés. La
décomposition en tâches sera plus fine (voiles, poutres, planchers, pose d'éléments préfabriqués,
etc.). Ce planning représente la durée des cycles de rotation. Il permet de vérifier la tenue des
cycles dans le temps et leur synchronisation.
Ce document doit permettre le lancement et le déroulement du chantier dans des conditions
optimales, c’est-à-dire :
 L’installation de chantier ;
 La préparation et la livraison des matériels ;
 Les commandes et les approvisionnements en matériaux ;
 La rotation des matériels et des équipes.
Sur ce planning, on incorpore les congés, les intempéries et les aléas (estimés à 15 %). On y fait
apparaître également les durées de location du matériel ainsi que les durées d'intervention de la
maîtrise.
Pendant ce travail de planification, on doit veiller à ce que l’emploi de la main d’œuvre et du
matériel soit optimisé de façon à réduire au minimum les ruptures de charges des équipes et des
matériels.

a. Optimisation de l’exploitation de matériel :

Les matériels dont le coût d'exploitation est élevé (la grue par exemple) conditionnent
directement les cadences d'exécution. C’est la raison pour laquelle ils doivent être juste saturée,
et ceci en permanence (toute insuffisance de saturation entraînera un allongement du délai et
donc une augmentation des coûts).
En conséquence, les tâches dont la durée et le placement dans le planning prennent en compte
l'emploi optimisé (à 100%) de ces matériels la grue deviennent critiques (c’est le cas pour les
voiles banchés et les planchers).

17
Préparation de chantier

b. Optimisation de l’emploi de la main-d’œuvre :

Les tâches ne nécessitant pas de matériel, dont l’exploitation est très couteuse (ouvrages
annexes, maçonneries de remplissage, finitions, etc.) pourront être calées dans le planning afin
de saturer la main d'œuvre.
L'optimisation de l'emploi de la main d'œuvre consistera à lisser la courbe des effectifs
d'ouvriers, tout en veillant à avoir un effectif stable par équipe spécialisée.
Il s'agit de vérifier et optimiser la charge de travail de chaque ouvrier durant la journée, ainsi
que la synchronisation des tâches successives avec l’utilisation des matériels. Pour ce faire, on
raisonne sur une journée type, en cycle lancé (équipes entraînées).

2.3. Estimation des ressources


L’estimation et l’affectation des ressources (humaines, matérielles, matériaux et financières)
nécessaires pour l’exécution des tâches d’un projet donné doit prendre en considération les
moyens de l’entreprise, la disponibilité de ces moyens, les délais imposés, la marges
bénéficiaires ciblées, etc.

o Classification de la main-d’œuvre
On considère la classification suivante :
Niveaux
Poste Activités et Technicité Autonomie et initiative
Désignation
Travaux de simple exécution Contrôle constant.
selon des consignes précises ;
1
I Sans mise en œuvre de
Ouvriers connaissances particulières.
d’Exécution Travaux simples sans difficultés Contrôle fréquent ;
(OE) particulières ; Initiatives élémentaires ;
2
Première spécialisation dans Responsable de leur bonne
l'emploi. exécution.
Travaux courants de sa Contrôle ponctuel ;
II spécialité réalisés à partir de Initiative dans le choix des moyens.
Ouvriers directives générales ;
1
Professionnels Connaissances techniques de
(OP) base de son métier et respect des
règles professionnelles.
Travaux de son métier réalisés à Responsable de leur bonne
partir de directives, pouvant réalisation sous conduite de bonne
impliquer la lecture de plans et fin,
la tenue de documents Sur instructions de l'encadrement,
d'exécution s'y rapportant ; fonctions ponctuelles de
1
Peut être assisté d'autres représentation simple ayant trait à
III ouvriers, en principe de l'exécution du travail quotidien.
Compagnons qualification moindre ;
Professionnels Bonnes connaissances
(CP) professionnelles.
Travaux délicats de son métier Dispose d'une certaine autonomie
réalisés à partir d'instructions sous contrôle de bonne fin. Est à
2 générales ; même de prendre des initiatives se
Très bonnes connaissances rapportant à la réalisation des
professionnelles. travaux qui lui sont confiés.

18
À partir de directives Autonomie dans son métier exercée
d'organisation générale, réalise sous l'autorité de sa hiérarchie ;
des travaux complexes de son Initiatives relatives à la réalisation
métier ou organise le travail des technique des tâches à effectuer ;
ouvriers constituant l'équipe
Missions de représentation.
1 appelée à l'assister et en assure
la conduite ;
IV
Maîtres Parfaite maîtrise de son métier
ouvriers et technicité affirmée.
(MO) Capable de diversifier ses
connaissances professionnelles.
ou Réalise les travaux les plus Large autonomie dans son métier.
délicats de son métier, ou assure Dans la limite des attributions
Chefs de manière permanente la
d'équipe définies par le chef d'entreprise, sous
conduite et l'animation d'une l'autorité de sa hiérarchie et dans le
(CE) équipe composée d'ouvriers de cadre de ses fonctions,
2 tous niveaux ; responsabilités dans la réalisation
Parfaite maîtrise de son métier des travaux et missions de
et connaissance de techniques représentation,
connexes, lui permettant
d'assurer les travaux relevant de
celles-ci.

o Détermination des temps unitaire de main-d’œuvre


Le T-U de main de main d’œuvre représente le besoin en M-O pour réaliser l'unité d'ouvrage
élémentaire. Il est déterminé en exploitant les statistiques des rapports de chantiers.
Chaque jour, le temps de présence des ouvriers est comptabilisé et ventilé selon les tâches
réalisées au cours de la journée :

𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑟é𝑎𝑙𝑖𝑠𝑒𝑟 𝑙 𝑜𝑢𝑣𝑟𝑎𝑔𝑒


𝑇. 𝑈. (𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛) =
𝑞𝑢𝑎𝑛𝑡𝑖𝑡é 𝑑𝑒 𝑙′𝑜𝑢𝑣𝑟𝑎𝑔𝑒

Exemple : Pour poser 50 m² de plancher semi-préfabriqué, une équipe de 3 ouvriers a mis 3,25 h.
× .
Donc : 𝑇. 𝑈. 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛 = = 0.195 ℎ/𝑚

o Détermination du crédit global d'heures de Main d'œuvre


Pour une tâche donnée, on connaît la quantité (Q) à réaliser (métré ou devis quantitatif) et le
T.U. d’exécution (recueil de temps unitaires). Le Crédit global d’Heures de Main-d’œuvre
(C.H.M.O.) est tel que :

𝐶. 𝐻. 𝑀. 𝑂. = 𝑄 × 𝑇. 𝑈.

Exemple : Soit à poser 250 m² de doublage isolant constitué d'un complexe plaque de plâtre et
polystyrène (10 + 90 mm). Le T.U. d'exécution est de 0,40 H/m², y compris manutentions,
découpes, encollage et pose, ajustage, finition des joints, nettoyage des lieux.
Alors : 𝐶. 𝐻. 𝑀. 𝑂 = 250 × 0.40 = 100 ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠.

o Prévision des effectifs


Connaissant le C.H.M.O. et la durée d’une tâche, le nombre d’ouvriers nécessaire pour sa
réalisation est tel que : (page suivante)

19
Préparation de chantier

𝐶. 𝐻. 𝑀. 𝑂.
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑’𝑜𝑢𝑣𝑟𝑖𝑒𝑟𝑠 =
𝐷𝑢𝑟é𝑒 𝑎𝑙𝑙𝑜𝑢é𝑒 à 𝑙𝑎 𝑡â𝑐ℎ𝑒

Exemple : On désire réaliser la tâche objet de l’exemple précédent en 3 jours de 8 h. Le nombre


d’ouvriers nécessaire est alors : 100⁄(3 × 8) ≈ 4 ouvriers.

3. Plannings particuliers
Les plannings particuliers, comme l’indique leur nom, sont des outils de simulation et de suivi
d’activités bien précises tout en respectant le planning général du projet.

3.1. Courbes de production


Il s’agit de représenter en fonction du temps la quantité des éléments préfabriqués, la quantité
des éléments posés et la quantité des éléments en stock. A titre d’exemple, nous nous
proposons d’analyser les courbes de préfabrication, pose et stock de poutrelles en béton armé
au sein d’un chantier de construction :

300

250

200

Stock
Quantités

Préfabrication
150

Pose

100

50

0
0 5 10 15 20 25

Semaines

D’après ces courbes permet de constater que la cadence de préfabrication qui est de 20 poutrelles par jour est
inférieure à la cadence pose qui est égale à 25 poutrelles par jour. Le décalage de temps entre la
préfabrication et la pose est nécessaire pour le durcissement du béton (6 jours minimum).

20
3.2. Planning d’approvisionnement en matériels
Le planning d’approvisionnement en matériels permet de gérer l’exploitation de matériels et
d’éviter leur surutilisation (deux tâches utilisant le même matériel ne peuvent pas être exécutées
simultanément).

Projet : Villa M. Youssef Semaines


Matériels Mode d’acquisition Durée 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10

Excavateur Location 1s ×

Grue à tour Interne 10 s × × × × × × × × × ×

Bétonnière Interne 7s × × × × × × ×

Coffrage Interne 5s × × × × ×
Chaque tâche nécessite pour sa réalisation des matériels bien précis. Sur la base du planning des travaux, on
indique le temps d’utilisation de chacun de ces matériels.

3.3. Planning d’approvisionnement en matériaux


Le planning d’approvisionnement en matériaux permet de gérer les commandes de matériaux
de façon à éviter des ruptures de stocks et donc l’arrêt de travaux.

Projet : Villa M. Youssef Semaines


Matériau Quantité 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10

Ciment 718 t 110 126 126 126 120 110

Sables 1190 m3 170 170 170 170 160 350

Graviers 1438 m3 290 287 287 287 287

Acier 40 t 11 10 10 9

Blocs de béton 360 m² 160 100 100

Dans ce planning on a les quantités de matériaux de construction à commander pour chaque semaine. Pour
chaque matériau on indique la quantité totale nécessaire pour l’ensemble du projet.

3.4. Planning de gestion de la main-d’œuvre


Le planning de gestion de la main-d’œuvre, comme son nom l’indique, permet de gérer la
main-d’œuvre de l’entreprise en déterminant les besoins en fonction de l’avancement des
travaux.

Projets Semaines
Désignation Responsable 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10

Villa M. Youssef M. Ali ZAYDOUNE 5 5 13 13 13 13 13 3 3 3

Résidence ‘Sara’ M. Youssef ZEROUAL 8 20 20 20 20 5 2

Ecole ‘Al Idrissi’ M. Jean PIERRE 2 5 8 10 10 10 5 3 2

Total besoins 5 7 26 31 33 33 30 13 8 5

L’entreprise de construction travaille simultanément sur trois projets : Villa M. Youssef, Résidence ‘Sara’ et
l’école ‘Al Idrissi’. Pour chaque semaine on indique l’effectif de chaque projet et le total de besoins en main-
d’œuvre.

3.5. Courbe d’effectifs


Il s’agit de représenter en fonction du temps l’effectif nécessaire pour la réalisation d’un projet
donné. Cette courbe permettra, par la suite, de tracer la courbe des heures cumulées et d’en
déduire le coût de la main-d’œuvre, connaissant le coût moyen unitaire.

21
Préparation de chantier

Effectifs
14

12

10

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Semaines
Cette courbe est donnée à titre d’illustration. L’allure de la courbe permet de distinguer entre trois phases
de travaux : la phase du lancement de chantier (les deux premières semaines), la phase d’exécution des
travaux (b) et la phase du repliement de chantier (c).

3.6. Courbe des heures cumulées


On représente en fonction du temps le nombre d’heures cumulées, c’est-à-dire le cumul des
effectifs multipliés fois l’unité du temps exprimée en heures qui est ici la semaine. Soit 5𝑗 × 8ℎ/
𝑗 = 40 ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠.

Heures
cumulées

5000

4400
4500 4280
4160
4040

4000

3520

3500

3000
3000

2480
2500

1960
2000

1440
1500

920
1000

400
500
200

0
0 2 4 6 8 10 12 14

Semaines

D’après la courbe le nombre d’heures cumulées pour le projet entier est de 4400 heures. En multipliant ce
chiffre fois le coût horaire moyen, on arrive à estimer le coût de la main-d’œuvre.

22
3.7. Courbes financière – Planning d’acomptes
Dans une courbe financière, on représente le coût en fonction du temps. Ci-dessous une courbe
financière à titre d’exemple :

Coût (kDH)

250
219 222
216
208

200

164 167

150

100

50
16 20

10 12

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Semaines

Cette courbe financière peut être également considérée comme planning d’acompte hebdomadaire.

3.8. Exemple d’application


On donne dans le tableau suivant les ressources correspondantes à chacune des phases du
projet étudié :
Durée Tâches Coût
Tâche Désignation Effectif Matériels Matériaux
(semaines) antérieures (DH)

Fouille en plein-
A
masse 1 -- 2 Excavateur -- 10 000

12 m3 de moellons,
2 m3 de béton dosé
à 250kg de ciment
B Fondations 2 A 2 Dumper
et 4 m3 de mortier 80 000
dosé à 350 kg de
ciment

Chargeur,
C Remblaiement 2 B 3 Camion
-- 50 000

100 m3 de béton
Structure Banches de
D
porteuse 5 B 5 coffrage
armé dosé à 350 kg 240 000
de ciment

18 m3 de mortier
dosé à 350 kg de
E Murs et cloisons 3 D 5 Dumper
ciment et 30000 150 000
blocs de béton

24 m3 de mortier
F Enduits 2 E 3 -- dosé à 350 kg de 40 000
ciment

G Second œuvre 3 F 3 Dumper -- 300 000

23
Préparation de chantier

On suppose que la quantité d’acier moyenne par mètre cube de béton armé est de l’ordre de 95 kg
par mètre cube.

o Planning d’approvisionnement en matériels


Etablir le planning d’approvisionnement en matériels sachant qu’il est interne à l’exception de
l’excavateur, le chargeur et le camion.
Projet : Exemple d’application. Semaines
Mode
Matériels Durée 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16
d’acquisition
Excavateur Location
Chargeur Location
Camion Location
Coffrage Interne
Chaque tâche nécessite pour sa réalisation des matériels bien précis. Sur la base du planning des travaux, on
indique le temps d’utilisation de chacun de ces matériels.

o Planning d’approvisionnement en matériaux


Il s’agit ici d’établir le planning d’approvisionnement en ingrédients de béton, maçonnerie de
moellons, blocs de béton et acier (utiliser les abaques de Dreux pour déterminer les dosages des bétons) :
Projet : Exemple d’application. Semaines
Matériau Quantité 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16

Béton dosé à 250 kg de C


Béton dosé à 350 kg de C
Mortier dosé à 350 kg de C
Acier
Moellons
Blocs de béton
Pour chaque matériau on indique la quantité à commander pour chaque semaine et la quantité totale
nécessaire pour l’ensemble du projet.
o Courbe d’effectifs
Représenter en fonction du temps l’effectif nécessaire pour la réalisation du projet :

Effectifs
15

10

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Semaines
On indique sur la courbe l’effectif pour chaque semaine.

24
o Courbe des heures cumulées
On représente en fonction du temps le nombre d’heures cumulées, c’est-à-dire le cumul des
effectifs multipliés fois l’unité du temps exprimée en heures qui est ici la semaine, c’est-à-
dire : 5𝑗 × 8ℎ/𝑗 = 40 ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠.
Heures
cumulées
4000

3500

3000

2500

2000

1500

1000

500

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18

Semaines

On indique sur la courbe le nombre d’heures cumulées pour chaque semaine.


o Courbes financière – Planning d’acomptes
Dans une courbe financière, on représente le coût en fonction du temps. Ci-dessous une courbe
financière à titre d’exemple :

Coût (kDH)

100

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18
Semaines

La courbe financière peut être également considérée comme planning d’acompte hebdomadaire. On se
propose d’établir le planning d’acompte.
o Courbes de production :
La tâche "E" consiste à exécuter les ouvrages en maçonnerie (murs en blocs de béton). Ces
blocs de béton sont préfabriqués sur chantier, avec une cadence de 200 unités par jour (1000

25
Préparation de chantier

unités par semaines), et utilisé après 2 semaines de durcissement au minimum. Tracer les courbes
de production correspondantes à cette activité si la cadence de pose est estimée 2000 unités par
jour (10000 unités par semaines).

40000

35000

30000

25000
Quantités

20000

15000

10000

5000

0
0 4 8 12 16 20 24 28 32 36 40

Semaines

Noter qu’ici la date "0" ne correspond pas à la date "0" du projet, mais au démarrage de la préfabrication.

4. Exercice
Dans cet exercice il s’agit d’un projet de construction d’une maison individuelle.
Durée Tâches Coût
Tâche Désignation Effectif Matériels
(semaines) antérieures (DH)

A Fouilles 1 -- 2 Excavateur 7 500

B Fondations (mur et chaînage) 2 A 3 Dumper 8 000

C Evacuation des terres 1 E 2 Chargeur, Camion 2 500

D Remblaiement et dallage 1 B 3 Brouette 10 000

E Semelles isolées et poteaux 1 A 3 Brouette 250 000

F Plancher haut du RDC 2 E 5 Banches 30 000

G Murs et cloisons 3 D;E 2 Dumper 30 000

H Mur d’acrotère 1 E 2 -- 5 000

I Second œuvre 4 G;H 4 Brouette 50 000

J Repliement du chantier 1 I 2 Dumper 2 500

Etudier la planification de ce projet en établissant le planning des travaux et les différents


plannings particuliers.

26
Les intervenants dans les chantiers

La réalisation d’un projet de construction se fait par collaboration de plusieurs intervenants,


notamment :
 Le maître de l’ouvrage ;
 Le maître d’œuvre ;
 Le bureau d’étude technique (BET) et les laboratoires géotechniques ;
 Le bureau de contrôle ;
 Les entrepreneurs.

1. Le maître d’ouvrage
C’est une personne physique ou morale pour le compte de qui les travaux ou les ouvrages sont
exécutés. Le maître d’ouvrage exprime ses besoins de construction, choisit le maître d’œuvre et
le bureau d’étude, assure le suivi et le contrôle et finance les travaux.
Un maître d’ouvrage peut être une entité publique (Etablissement publics, Collectivités locales)
ou une entité particulière (Promoteurs, Entreprises privés, particuliers, etc.).

2. Le maître d’œuvre
C’est une personne physique ou morale qui, pour sa compétence, est chargée par le maître
d’ouvrage de diriger l’exécution du marché et de proposer la réception ainsi que le règlement
des travaux. Le maître d’œuvre a pour missions principales de :
 S’assurer de la faisabilité de l’opération ;
 Concevoir, décrire et évaluer les ouvrages ;
 Etablir les dispositifs réglementaires ;
 Préparer les marchés ;
 Consulter les entreprises ;
 Contrôler la qualité des travaux réalisés ;
 Superviser les versements d’acomptes aux entreprises, etc.
Un maître d’œuvre peut être une entité publique (organisme public) ou une entité particulière
(architecte, entrepreneur, BET, etc.)
Lorsque le maître d’œuvre conduit seul le processus de construction, on parle de maître
d’œuvre simple :

Figure 4 : Maître d'œuvre simple

27
Préparation de chantier

Dans le cas contraire, on parle de maître d’œuvre composé :

Figure 5 : Maître d'œuvre composé

3. Le bureau d’étude technique (BET)


Un bureau d’étude technique est un organisme indépendant ou service interne d’une
entreprise, chargé d’étudier sur le plan technique le projet du maître d’œuvre afin de garantir
la résistance et la stabilité des ouvrages ainsi que le bon fonctionnement des équipements et
installations techniques.
Les principales attributions d’un bureau d’étude technique sont :
 La rédaction des rapports d’études techniques (géotechnique, acoustique,
hydraulique, etc.) ;
 Etablissement de toutes les notes de calculs nécessaires au dimensionnement des
ouvrages par rapport des résultats obtenues en rapports ;
 Dessin de tous les plans d’exécution des ouvrages accompagnés de leur
nomenclature et instructions techniques éventuelles, définissant sans ambiguïté les
travaux des divers corps d’état.
Un bureau d’étude technique peut être spécialisé en béton armé, en études thermiques, en
électricité, en charpente, etc.

4. Le bureau de contrôle
Un bureau de contrôle est un organisme choisi et rémunéré par le maître d’ouvrage, qui prend
en charge le projet pour assurer la sécurité des biens et des personnes et contrôler la
réalisation des travaux.
Les principales missions d’un bureau de contrôle sont :
 Le contrôle des travaux pendant leur exécution ;
 La réalisation de tous les essais et les mesures de contrôle nécessaires ;
 La rédaction des procès-verbaux correspondants, etc.
L’organisme de contrôle peut être un bureau de contrôle autorisé ou bien même une personne
physique agrée pour accomplir la mission de contrôleur technique.

5. L’entrepreneur
Un entrepreneur est une personne physique ou morale qui est chargé de réaliser les travaux ou
les ouvrages aux conditions définies dans les pièces du marché.

28
Les principales tâches d’un entrepreneur sont :
 Etudier les coûts des travaux ;
 Vérifier les avant-métrés ;
 Déterminer les prix de vente unitaires HT pour réaliser chaque ouvrage
élémentaire (sous-détail de prix) ;
 Compléter les cadres des bordereaux des prix ;
 Etablir les devis quantitatif-estimatif prévisionnels ;
 Organiser le chantier ;
 Rédiger le plan particulier d’hygiène et de sécurité ;
 Proposer un plan d’assurance qualité de construction ;
 Elaborer les plannings d’exécution des travaux ;
 Dessiner les plans d’installations de chantier ;
 Commander les matériaux nécessaires ;
 Réaliser les ouvrages prévus ;
 Gérer le déroulement du chantier ;
 Etablir le métré des ouvrages réalisés à comparer avec les avant-métrés ;
 Comparer la prévision des prix à leur réalité ;
 Présenter aux maîtres d’œuvre les projets de décomptes mensuels (PDM), liés aux
situations des travaux ;
 Etablir des statistiques ou des ratios de prix, de quantités d’ouvrage ou de temps
unitaires ;
 Modifier la bibliothèque des prix de vente unitaires ;
 Analyser le bilan de fin de chantier ; etc.

L’entrepreneur peut se présenter sous forme d’un entrepreneur général, d’entrepreneurs


groupés, d’entrepreneurs séparés avec une cellule de synthèse ou pas.

5.1. Entrepreneur général


Il s’agit d’un entrepreneur titulaire d’un marché unique qui a pour objet l’ensemble des travaux
concourant à la réalisation d’un même ouvrage.

Figure 6 : Entrepreneur général

5.2. Entrepreneurs groupés


Ce sont des entrepreneurs titulaires chacun d’un marché, après avoir étudié en commun,
chacun pour sa spécialité, des travaux concourant à la réalisation d’un ouvrage et avoir
soumissionné par l’intermédiaire d’un mandataire commun.

29
Préparation de chantier

Figure 7 : Entrepreneurs groupés (solidaires)

5.3. Entrepreneurs séparés


Ce sont des entrepreneurs ayant signé indépendamment les uns des autres des marchés étudiés
séparément par chacun d’eux, relatifs à des travaux concourant à la réalisation d’un même
ouvrage.

Figure 8 : Entrepreneurs séparés (sans cellule de synthèse)

Figure 9 : Entrepreneurs séparés (avec cellule de synthèse)

30
6. Missions du conducteur de travaux
Dans un projet de construction, la contribution du conducteur de travaux, qui est plus souvent
placé dans la position du Maître d’œuvre, se manifeste dans les différentes phases de la
réalisation des ouvrages de bâtiments, aussi bien en phase d’étude qu’en phase d’exécution.
 En phase d’étude :
Il s’agit d’étudier l’esquisse (ESQ), l’avant-projet sommaire (APS), l’avant-projet détaillé
(APD) et le projet d’exécution (PE) :

Etude d’esquisse  Proposer des solutions satisfaisant le programme ;


(Esquisses à l’échelle 1/500,  Indiquer les délais de réalisation prévus ;
Détails à l’échelle 1/200,  Examiner leur compatibilité avec l’enveloppe financière ;
Délai d’exécution)
 Vérifier la faisabilité du projet.

Etude de l’avant-projet  Préciser la composition du projet en plan et en volume ;


sommaire  Apprécier les volumes intérieurs et l’aspect extérieur de l’ouvrage ;
(Plans, Façades et Schémas  Proposer les dispositions techniques à envisager ;
des réseaux à l’échelle 1:200,
 Préciser le calendrier de réalisation ;
Détails à l’échelle 1:100,
Descriptif, Calendrier,  Etablir une estimation provisoire du coût prévisionnel des travaux.
Estimation de coût)
Etude de l’avant-projet  Déterminer les surfaces détaillées du programme ;
détaillé  Etablir les plans, les coupes, les façades en dimensions et aspect ;
(Documents graphiques à  Définir les modes constructifs, les matériaux, et les installations
l’échelle 1:100, Détails à techniques ;
l’échelle 1:50, Descriptif des
 Etablir l’estimation définitive du coût prévisionnel des travaux ;
ouvrages, Evaluation
détaillée)  Calculer le forfait de rémunération prévu par le contrat.

Etude du projet  Préciser par les plans, coupes et élévations la forme des éléments de la
d’exécution construction, la nature et les caractéristiques des matériaux et les
conditions de mise en œuvre ;
(Plans à l’échelle 1:50,
Prescriptions techniques,  Déterminer l’implantation et l’encombrement de tous les éléments de
Avant-métré des ouvrages, structure ainsi que des équipements techniques ;
Devis quantitatif estimatif,  Préciser les tracés d’alimentation et d’évacuation des fluides ;
Calendrier général des  Etablir un coût prévisionnel des travaux par corps d’état sur la base
travaux par corps d’état) d’un avant-métré ;
 Déterminer le délai global de réalisation de l’ouvrage.

 En phase de travaux :
Il s’agit de fournir les plans d’exécution, de planifier, de gérer et d’assurer le contrôle des
travaux de construction.

Plans d’exécution des  Etablir tous les plans d’exécution à l’usage du chantier ;
ouvrages :  Etablir sur la base des plans d’exécution un devis quantitatif détaillé
(Calculs et notes techniques, par lot ou corps d’état ;
Plans à l’échelle 1:50,  Etablir le calendrier prévisionnel d’exécution des travaux par lot ou
Détailles à l’échelle de 1:20 à corps d’état ;
1:2, Devis quantitatif
 Effectuer la mise en cohérence technique des documents fournis par les
détaillé par lot, Calendrier entreprises lorsque les documents pour l’exécution des ouvrages sont
des travaux détaillé par lot, établis, partie par le maître d’œuvre, partie par les titulaires des lots ;
Installation de chantier)
 Assurer le visa des études d’exécution et de synthèse (VISA).

31
Préparation de chantier

Direction des travaux et  S’assurer que les documents d’exécution ainsi que l’ouvrage en cours
contrôle général des de réalisation respectent les dispositions des études effectuées et
travaux (CGT) : vérifier la conformité entre documents produits par l’entrepreneur et
l’exécution des travaux en application du contrat ;
(Notes de services, Ordres de
service, Procès-verbaux,  Délivrer tous les ordres de service, établir tous les procès-verbaux
Gestion financière du nécessaires à l’exécution des travaux, procéder aux constats
chantier) contradictoires, organiser et diriger les réunions de chantier ;
 Vérifier les projets de décomptes mensuels (PDM) ou les demandés
d’avances présentées par l’entrepreneur ;
 Etablir les états d’acomptes ;
 Etablir le décompte général, etc.

Pilotage de l’opération :  Analyser les tâches élémentaires portant sur les études d’exécutions et
les travaux ;
Ordonnancement –
Pilotage – Coordination  Déterminer leur enchaînement ainsi que le chemin critique par des
(OPC) documents graphiques ;
 Harmoniser dans le temps et l’espace les actions des différents
intervenants au stade des travaux ;
 Mettre en application les mesures d’organisation jusqu’à la levée des
réserves dans les délais impartis par le contrat ;
 Elaboration du calendrier d’exécution des travaux.

Assistance au maître de  Organiser les opérations préalables à la réception des travaux et


l’ouvrage (AOR) : assurer le suivi des réserves formulées lors de la réception des travaux
jusqu’à leur levée ;
Réceptions des travaux
 Procéder à l’examen des désordres signalés par le maître d’ouvrage
pendant la période de garantie de parfait achèvement.
 Emettre les procès-verbaux de réception.

Dossier des ouvrages  Constituer le dossier des ouvrages nécessaires à leur exploitation ;
exécutés (DOE) :  Mettre à jour les pièces contractuelles, les Plans d’ensemble et les plans
techniques (recollement à partir des documents entrepreneurs) ;
 Emettre les notices d’utilisation ou d’entretien.

Le métier du conducteur de travaux est donc un métier qui fait appel à beaucoup de
compétences aussi bien techniques que managerielles.

32
Etude des besoins en ressources

Avant de déterminer les besoins en ressources, il faut d’abord procéder au choix du mode
constructif en définissant les procédés de construction retenus pour réaliser tous les ouvrages
élémentaires du bâtiment à réaliser.

1. Choix du mode constructif


Le choix du mode constructif doit s’établir très tôt dès que l’entreprise est adjudicataire du
marché, car toute la préparation du chantier en découle. D’habitude les critères de choix sont
nombreux et il est nécessaire de procéder par élimination en considérant dans l’ordre les points
suivants :
 Les orientations imposées par le client et décrites dans les documents contractuels
peuvent interdire ou induire certains techniques en fonction des finitions demandées ;
 Les contraintes techniques et réglementaires liées au site (accès du chantier, travail de
nuit, nature du sol) qui impliquent certaines directives ou orientations ;
 Les délais d’exécution qui imposent des procédés comme la préfabrication de certains
éléments de construction ;
 L’expérience et le savoir-faire des équipes d’exécution sur les procédés déjà utilisés
et/ou facilement transportable ;
 Les engins et les matériels disponibles couramment employés dans l’entreprise ;
 La détermination du coût de réalisation après étude comparative partielle ou totale,
etc.
Le mode constructif retenu portera sur le procédé qui garantit la souplesse de fonctionnement,
la fiabilité et qui sera réalisé avec les meilleurs coûts de revient. Pour optimiser son choix, on
propose de suivre la méthode suivante :
(1) Analyser les différentes pièces du dossier de marché, notamment le CCTP :
Cette analyse devra permettre de :
 Noter tous les points particuliers ;

 Décoder soigneusement tous les plans du projet établis par l’architecte ;


 Mettre en relation le CCTP et les plans de définition des ouvrages ;

 Vérifier la possibilité de proposer au maître d’œuvre des variantes ;

 Apprécier les délais fixés par le planning contractuel de travaux, etc.

(2) Inventorier les disponibilités en matériels et en main-d’œuvre productive de


l’entreprise :
Cela revient à :
 Analyser le carnet des commandes de travaux de l’entreprise ;
 Consulter le service matériel et dégager les possibilités de son utilisation ;
 Etudier techniquement les méthodes possibles d’exécution et selon la complexité
du projet, on peut être amené à consulter des bureaux d’études techniques
spécialisés et/ou mettre à contribution son service méthode travaux, afin de
résoudre techniquement tous les problèmes envisagés.

33
Préparation de chantier

(3) Consulter et négocier avec les sous-traitants et les fournisseurs de matériels et de


matériaux :
Dans ce cas, il est souhaitable de lancer des appels à la concurrence afin de choisir des sous-
traitants et des fournisseurs qui présentent le plus d’intérêt pour l’entreprise.

(4) Evaluer le coût de revient de chaque méthode ou de chaque solution envisagée :


En fait, à partir des méthodes de construction retenues, il est nécessaire de chiffrer le coût de
chacune d’entre-elles en calculant les valeurs en déboursés secs : main-d’œuvre, matériaux,
matériels et matières consommables.

(5) Etablir un bilan comparatif des méthodes étudiées :


Ainsi, on vérifie la faisabilité globale et la compatibilité entre les solutions retenues pour
réaliser chaque ouvrage élémentaire.

(6) Choisir le mode constructif à mettre en œuvre :


Une fois le choix du mode constructif est définitif, on peut établir les plans d’exécution
d’ouvrages (PEO) par les BET consultés et lancer les commandes en matériaux et matériels.

2. Besoins en main-d’œuvre
La main d’œuvre productive concerne le personnel du chantier affecté directement à la
réalisation des ouvrages. Les besoins en main-d’œuvre se déterminent à partir :
- Du fichier des ouvriers de l’entreprise (noms, qualifications, compétences, etc.) ;
- Du bordereau des temps unitaires d’ouvrier ou d’équipe spécifiques à l’entreprise ;
- Des horaires de travail du chantier.

Pour déterminer les besoins en main-d’œuvre d’un chantier, on peut suivre la démarche
suivante :
(1) Etablir l’avant métré des ouvrages à exécuter :
Après avoir décomposé l’ouvrage en lots, parties de lots, phases et tâches, on recherche pour
chaque lot, partie de lot, phase ou tâche les quantités d’ouvrages à réaliser et on détermine de
cette manière les quantités en œuvre.

(2) Calculer le crédit d’heures à partir des temps unitaires d’exécution :


On suppose que le chantier va se dérouler à peu près comme le ou les chantiers précédents
sur lesquels on a relevé des temps unitaires :
 A partir de ces temps unitaires d’ouvrier ou d’équipe on retient les temps unitaires
qui correspondent à l’exécution du même ouvrage dans les mêmes conditions, avec le
même matériel ;

 Le crédit d’heures se détermine alors pour chaque tâche en multipliant les temps
unitaires d’exécutions par les quantités en œuvre des ouvrages à réaliser ;

 Les domaines souvent utilisés pour cette méthode sont les études de prix et les
estimations globales de coût.

Si on commence à calculer le crédit d’heures à partir des temps élémentaires :


 Après avoir établi le processus d’exécution en décomposant les tâches à effectuer en
opérations élémentaires, on dénombre la quantité (ou fréquence) de chaque

34
opération élémentaire et on chronomètre le temps nécessaire à chaque opération
élémentaire ;

 Puis on calcule le temps sec à la vitesse ou à l’activité de référence en effectuant les


produits de chaque temps élémentaire par le nombre d’opérations correspondantes et
on totalise les résultats ;

 Cette méthode a l’avantage de prendre en compte des difficultés spécifiques au


chantier étudié.

(3) Rechercher le délai global d’exécution :


A partir du calendrier prévisionnel des travaux on identifie les durées calculées pour chaque
lot, partie de lot, phases ou tâches. Le crédit d’heures global pour chaque lot résulte de
l’addition de tous les temps des tâches associés.

(4) Déterminer le nombre et la composition des équipes de travail :


A partir des horaires journaliers et hebdomadaires du chantier, on compose les équipes en
calculant l’effectif par équipe et par tâche. Ainsi :

 Si la durée de la tâche est imposée par le calendrier de travaux :

𝑄𝑢𝑎𝑛𝑡𝑖𝑡é 𝑑 𝑜𝑢𝑣𝑟𝑎𝑔𝑒𝑠 é𝑙é𝑚𝑒𝑛𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 × 𝑇𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑢𝑛𝑖𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒


𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑 𝑜𝑢𝑣𝑟𝑖𝑒𝑟𝑠 =
𝐷𝑢𝑟é𝑒 𝑓𝑖𝑥𝑒 × 𝑇𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑐𝑡𝑖𝑓 𝑝𝑎𝑟 𝑗𝑜𝑢𝑟

 Si la main d’œuvre disponible est limitée :

𝑄𝑢𝑎𝑛𝑡𝑖𝑡é 𝑑 𝑜𝑢𝑣𝑟𝑎𝑔𝑒𝑠 é𝑙é𝑚𝑒𝑛𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 × 𝑇𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑢𝑛𝑖𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒


𝐷𝑢𝑟é𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑡𝑎𝑐ℎ𝑒 =
𝐸𝑓𝑓𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓 𝑑𝑖𝑠𝑝𝑜𝑛𝑖𝑏𝑙𝑒 × 𝑇𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑐𝑡𝑖𝑓 𝑝𝑎𝑟 𝑗𝑜𝑢𝑟

 Si la durée est imposée et la main-d’œuvre limitée :

𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑 ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠 𝑑é𝑓𝑖𝑐𝑖𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠


𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑 ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠 𝑠𝑢𝑝𝑝𝑙é𝑚𝑒𝑛𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 =
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 × 𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑′𝑜𝑢𝑣𝑟𝑖𝑒𝑟𝑠

Ensuite, cumuler au niveau de l’équipe pour obtenir le couple délai-effectif en arrondissant au


nombre entier d’ouvriers immédiatement supérieur quand le délai est impératif.

2.1. Cantonnements pour main-d’œuvre


Selon l’importance de l’opération, à l’entrée du chantier sont installés des locaux provisoires
pour assurer aux personnels un minimum de confort et d’hygiène durant les travaux
(vestiaires, réfectoires, sanitaires, etc.) et pour accueillir les diverses réunions de
chantier (bureaux, salles de réunions, etc.).
Par rapport à la durée de travaux, on distingue trois types de chantier :
 Chantier de type (1) : si la durée est de moins de 15 jours ou si le nombre de
travailleurs ne dépasse pas 20 personnes pour une durée inférieure à 4 mois ;
 Chantier de type (2) : si la durée varie entre 15 jours et 4 mois et le nombre de
travailleurs est de plus de 20 travailleurs ;
 Chantier de type (3) : ce sont des chantiers fixes avec une durée qui dépasse 4
mois quel que soit l’effectif.

35
Préparation de chantier

Figure 10 : Types de chantiers

En fonction du type de chantier les installations obligatoires sont les suivants :

Figure 11 : Installations obligatoires dans un chantier fixe

2.2. Conception types des cantonnements


En fonction de l’envergure du chantier, la conception et l’importance des cantonnements
varient d’un chantier à l’autre.
Néanmoins, on peut citer quelques exemples types :

36
Figure 12 : Caractéristiques des cantonnements

En principe tous les cantonnements doivent être placés à l’entrée du chantier, et ils doivent
assurer l’accès des ouvriers aux vestiaires, pour pouvoir changer leurs habilles avant les
travaux ;
Pour l’accès des visiteurs et des participants aux réunions de chantier, il est préférable de
choisir l’emplacement la salle de réunion à l’entrée du chantier ;
Les bureaux et les réfectoires, quant à eux, ils doivent être placés un peu loin des espacés salés
du travail.

3. Besoins en matériaux
Les besoins en matériaux pour un chantier de bâtiment se déterminent pour chaque ouvrage
élémentaire à partir de l’avant métré et des quantités élémentaires de matériaux entrant dans
l’unité d’ouvrages, y compris les pertes dues au transport ou à la mise en œuvre des matériaux.
Pour déterminer les besoins en matériaux on se propose de suivre la démarche suivante :
(1) Etablir l’avant métré des ouvrages à réaliser :

37
Préparation de chantier

Après avoir décomposé l’ouvrage en lots, phases et tâches, on recherche pour chaque lot,
phases ou tâche les quantités d’ouvrage à réaliser ;

(2) Déterminer les quantités de matériaux élémentaires entrant dans l’unité d’ouvrage
élémentaire selon une des méthodes suivantes :
 Soit à partir de résultats statistiques issus de chantiers analogues, dans ce cas
les pertes de matériaux sont déjà incluses ;
 Soit en effectuant des calculs à partir des caractéristiques géométriques des
éléments constitutifs que l’on majore d’un coefficient de pertes.

(3) Evaluer les pertes prévisibles sur les matériaux :


En effectuant le rapport des quantités de matériaux utilisées sur le chantier, divisé par les
quantités d’ouvrages réalisés.

(4) Déterminer les quantités globales des matériaux pour approvisionner le chantier :
Ces quantités s’obtiennent pour chaque matériau en faisant le produit des quantités
élémentaires, y compris les pertes, entrant dans l’unité d’ouvrage, et les quantités d’ouvrage à
réaliser.

(5) Planifier les commandes :


La productivité des équipes et les rendements des matériels permettent de prévoir l’état
d’avancement des travaux. On peut alors calculer les consommations prévisionnelles des
matériaux en fonction du temps et on établit un planning des commandes en précisant les
dates et les quantités nécessaires, en tenant compte des difficultés d’accès et délais de
livraison.

(6) Evaluer le coût des matériaux rendus chantier hors taxes :


Pour chaque matériau, on calcule le coût rendu sur chantier HT à partir de sa valeur
d’achat, auquel on ajoute les frais de chargement, de transport et de déchargement.
En fait, les coûts qui s’appliquent aux quantités livrées sur le chantier sont les suivants :
 Les valeurs d’achats hors taxes, remises éventuelles déduites ;
 Les frais de conditionnement ou d’emballage perdu ;
 Les frais de chargement et de déchargement ;
 Les frais de transport et de livraison ;
 Les frais divers, tel que : assurances, frais financiers, frais de gestion de stocks,
etc.

3.1. Surfaces nécessaires pour dépôts et ateliers


Dans le cas des chantiers de grande envergure qui s’étale sur plusieurs années, la surface
nécessaire "S" pour le dépôt des matériaux peut être déterminée en utilisant les formules
simples suivantes :
𝑃
𝑆=𝛽 [𝑚²]
𝑝
𝑃 = 𝑞 × 𝑛 × 𝐾 [𝑚 ]
𝑎
𝑞=𝛼 [𝑚 ⁄𝑚 ]
𝑇

38
Où :
 P : est la quantité maximale à stocker du matériau ;
 p : est la quantité du même matériau qui peut être déposée sur une surface de 1 m² ;
  : est le coefficient de majoration pour tenir compte de des accès, pris de 1.2 à 1.7 ;
 q : est la réserve journalière ;
 n : est un nombre déterminé en fonction du planning des commandes du matériau ;
 K : est un coefficient tenant compte du non uniformité de la consommation du
matériau, et qui prend des valeurs allant de 1.5 jusqu’à 2.0 ;
 a : est la quantité totale nécessaire en matériau ;
 T : est le nombre total des jours de consommation du matériau ;
  : est un coefficient pour prendre en considération les pertes des matériaux pendant
les opérations de charge, décharge, transports, etc.

Pour les chantiers classiques, les surfaces minimales nécessaires pour la réalisation du
ferraillage sont :

Figure 13 : Cas des petits chantiers

3.2. Organisation des espaces de travail


L’organisation de l’aire de façonnage peut se faire de diverses façons :

Figure 14 : Organisation d'espace de réalisation des armatures

39
Préparation de chantier

Pour les ateliers des coffrages, ils fonctionnent comme le montre l’organigramme suivant :

Figure 15 : Démarche pour l’élaboration d'un coffrage en bois

De ce fait, on doit tenir compte des aires nécessaires pour chaque poste de travail, en
s’appuyant sur les dimensions de chaque outil. On peut procéder de la même manière pour
dimensionner un atelier de menuiserie, de préfabrication d’éléments en béton, etc.

4. Besoins en matériels
Les besoins en matériels d’un chantier de bâtiment se déterminent suivant les modes
constructifs retenus pour la réalisation des ouvrages, à partir des quantités des ouvrages à
réaliser issues l’avant métré établi et de la durée d’utilisation ou des rendements des matériels
comprenant la part de temps morts inhérente à l’exécution sur chantier.
On rappelle que le temps prévisionnel d’utilisation du matériel, par nature de l’ouvrage, est :
𝑄𝑢𝑎𝑛𝑡𝑖𝑡é 𝑑’𝑜𝑢𝑣𝑟𝑎𝑔𝑒 à 𝑟é𝑎𝑙𝑖𝑠𝑒𝑟
𝑇𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑑’𝑒𝑚𝑝𝑙𝑜𝑖 𝑑𝑢 𝑚𝑎𝑡é𝑟𝑖𝑒𝑙 =
𝑅𝑒𝑛𝑑𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡

Le résultat doit être arrondi en nombre entier de jours et la somme de tous ces résultats donne
le temps total prévisionnel d’utilisation des matériels. A titre d’information, on rappelle les
principaux matériels de génie civils sont classés en 20 classes, et les plus utilisés sont :
 Classe 1 : Alimentation en eau et épuisement ;
 Classe 2 : Production d’air comprimé et travaux d’abattage ;
 Classe 4 : Terrassement ;
 Classe 5 : Transport routier ;
 Classe 6 : Levage et manutention ;
 Classe 7 : Construction et entretient des routes ;
 Classe 9 : Fabrication, transport et mise en œuvre de bétons, mortiers et Enduits ;
 Classe 10 : Production, transformation et distribution de l’énergie ;
 Classe 11 : Atelier bois ;
 Classe 13 : Baraquements ;

40
 Classe 14 : Topographie, mesure et télécommunication ; etc.

4.1. Démarche à suivre


Pour déterminer les besoins en matériels d’un chantier on se propose de suivre les étapes
suivantes :
(1) Evaluer le travail à réaliser :
A partir des résultats de l’avant métré on récapitule les quantités poste par poste ;

(2) Analyser la disponibilité des matériels :


A partir des fiches des caractéristiques du matériel (performances, capacités, rendement) on
identifie les matériels disponibles aux ceux susceptibles d’être loués ;

(3) Déterminer les matériels nécessaires et leur durée d’utilisation :


A partir de la durée du chantier, des quantités d’ouvrages à réaliser, on calcule les délais
prévisionnels d’exécution pour chaque ouvrage puis pour l’ensemble de la construction, poste
par poste ;

(4) Réserver et planifier l’utilisation du matériel :


Sur la base du planning des travaux planifier l’exploitation du matériel en fonction de
l’avancement du chantier ;

(5) Déterminer les besoins en matières consommables :


A partir des consommations (Carburants, électricité) évaluées statistiquement pour chaque
engin ou matériel et des durées d’utilisation définies préalablement, calculer les besoins en
produits et matières consommables ;

(6) Evaluer les coûts des matériels et des matières consommables :


Pour chaque matériel, on doit évaluer le coût de location interne ou externe à l’heure, jour ou
mois.

Lorsque les besoins en matériels nécessaires pour le chantier sont déterminés en nombre et
durée, on peut établir un calendrier d’utilisation et puis évaluer le budget correspondant.

4.2. Cas du poste de levage (la grue)


Pour choisir l’emplacement d’un poste de levage, on peut suivre la démarche suivante :
(1) Tracer l’axe de la voie de la grue sur le plan de terrassement :
Il s’agit de localiser sur le plan de l’emprise des bâtiments et des terrassements l’axe de la
voie de la grue. Cet axe est dessiné le plus souvent parallèlement aux bâtiments à construire,
à une distance minimale (D) donnée par les règles :

𝐿
𝐷 = + 0,6 𝑚 (𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑢𝑛𝑒 𝑒𝑚𝑏𝑎𝑠𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑑𝑖𝑚𝑒𝑛𝑠𝑖𝑜𝑛𝑠 : 𝐿 × 𝑙)
2

(2) Déterminer la longueur minimale de la flèche en mètre :


Après avoir repéré l’angle du bâtiment le plus éloigné de l’axe de la voie, on trace une
perpendiculaire à cet axe, puis on mesure à l’échelle cette distance, que doit être arrondie par
excès au mètre supérieur ;

(3) Calculer la hauteur minimale sous crochet (ℎ ) :

41
Préparation de chantier

Le calcul se fait par rapport au-dessus des rails de la grue, avec la relation suivante :

ℎ = ℎ + ℎ + ℎ

Où :
 ℎ : est la hauteur plus grande des bâtiments à construire ou déjà construits ;
 ℎ : est la hauteur de sécurité entre charges à lever et le point le plus haut du
bâtiment, fixée à 2 mètres ;
 ℎ : est la hauteur des charges à lever y compris le matériel de manutention.

(4) Déterminer les valeurs maximales des charges à lever en bout de flèche :
Après études comparatives, on retient la plus grande valeur des charges à lever aux portées
maximales et intermédiaires ;

(5) Choisir la grue optimale :


A partir des caractéristiques calculées, on cherche le type de grue correspondante le mieux au
chantier et à la valeur locative minimale, tout en vérifiant les possibilités de son démontage
à la fin des travaux ;

(6) Déterminer la longueur de la voie de grue :


Ceci peut se faire graphiquement en traçant deux arcs de cercle de centre (O1) et (O2), les
points les plus éloignés du projet de construction, et de rayon "R" égal à longueur de la
flèche et on mesure la distance A1-A2 comme l’indique le dessin ci-après :

Figure 16 : Axe de voie de grue

(7) Définir la voie de roulement :


Selon la nature du sol, les caractéristiques de la grue retenue et les solutions à envisager
sont : voie sur traverses, voie sur longrines du bois ou béton armé ;

(8) Etablir la demande d’installation de grue aux autorités locales.


Pour la mise en fonction d’une grue sur chantier on doit demander l’autorisation de
transport, préparer le terrain d’emplacement : décapé, assaini, consolidé, etc.,
effectuer la mise en place de la grue par les services spécialisés et effectuer la mise en
service de la grue : essais statiques et dynamiques.

42
5. Réseaux de chantier
Il s’agit des réseaux d’alimentation en eau, électricité, téléphone, ainsi que les réseaux
d’évacuation des eaux usées et des eaux pluviales.
L’implantation des réseaux sur le plan d’installation du chantier est nécessaire pour les
demandes d’autorisations de branchement aux concessionnaires et pour déterminer les
canalisations d’alimentation et d’évacuation à la charge de l’entreprise :
 Alimentation en eau : pour cantonnements, centrale à béton, colonne montante
dans le bâtiment, nettoyage des roues des camions à la sortie du chantier, etc.
 Alimentation en électricité : pour cantonnements, grue, centrale à béton, colonne
montante dans le bâtiment, éclairage du chantier, etc.
 Evacuation des eaux usées des cantonnements.

La figure suivante donne la schématisation classique de ces réseaux :

Figure 17 : Schématisation classique des réseaux

5.1. Les schémas types d’une installation électrique


Même si une installation électrique de chantier présente un caractère provisoire, elle doit
obligatoirement être réalisée en conformité avec les réglementations spécifiques.
De ce point de vue, un chantier est considéré comme un lieu de travail mouillé dans lequel il y
a lieu d’éviter de porter ou de maintenir les masses métalliques à un potentiel supérieur à 25 V.
Sur chantier deux types de risques d’accident existent :
 Le contact direct entre travailleur et des pièces conductrices sous tension ;
 Le contact indirect entre un travailleur et des masses mises accidentellement
sous tension à la suite d’un défaut d’isolement.

Selon l’importance du chantier, l’installation électrique comprendra les points suivants :


(a) Pour les petits chantiers :
L’installation est raccordée sur le réseau de distribution basse tension par l’intermédiaire d’une
armoire (LM) de petite puissance et d’une armoire (CD) pour second œuvre.
Dans ce cas l’appareil de coupure et de protection est commandée par un relais différentiel de
30 mA, non retardé.

43
Préparation de chantier

(b) Pour les chantiers moyens :


L’installation comprend une armoire générale suivie d’armoires divisionnaires type (AS1)
équipées de disjoncteurs différentiels de moyenne sensibilité pour l’alimentation de matériels
fixes (>30mA) et d’armoires type (AS2) équipées de disjoncteurs différentiels de grande
sensibilité pour l’alimentation de matériels mobiles (de 0 à 30 mA).

(c) Pour les grands chantiers :


Les chantiers sont alimentés à partir d’un transformateur renfermant le dispositif de
protection différentiel, les dispositifs permettant de sectionner les départs des armoires
d’alimentation des matériels fixes et mobiles type (CGO) qui est une armoire de distribution
pour gros œuvre, comprenant (AS1) et (AS2).

5.2. Démarche à suivre


Pour tracer le réseau électrique on doit respecter les règles suivantes :
 En tête de circuit on doit placer une armoire générale de répartition, à une intensité
nominale supérieure à 200 A, comprenant les appareillages de sectionnement, de
coupure, éventuellement de comptage et de protection des circuits et des personnes ;
 Des armoires de distribution de 40 à 200 A, sont ensuite placées au pied de la colonne
montante du bâtiment et à proximité des divers postes de travail : grue, centrale à
béton, cantonnements, etc.
 Des coffrets de distributions de 64 A maximum sont placés dans les étages du bâtiment
pour multiplier les points de distribution de faible puissance ;
 Les câbles seront calculés à partir de la puissance à installer et choisis dans les séries :
 Câbles souples sous gaine de polychloroprène ;
 Câbles rigides adaptés aux zones de travail mouillées et aux contraintes mécaniques ;
 Durant leur parcours, les câbles seront protégés par des fourreaux, des gaines et par
grillage avertisseur s’ils sont enterrés.

En ce qui concerne le réseau d’alimentation en eau, il doit être tracé du compteur jusqu’aux
cantonnements, poste de bétonnage, aire de lavage, etc.
Quant aux réseaux d’évacuation (EU, EP), on doit rechercher le système d’assainissement en
vigueur dans la localité concernant les eaux à évacuer (en système unitaire ou séparatif).
Ensuite, on repère la position du regard de jonction à l’égout et celle du regard avaloir
recueillant les EP. Ainsi, On peut tracer le meilleur parcours entre ces regards et les autres
regards recevant les eaux usées des cantonnements et du poste de bétonnage, etc.

6. La clôture du chantier
Pour diverses raisons de sécurité, un chantier doit être limité par une clôture. Cette clôture
doit être opaque et d’une hauteur de deux mètres environ. Les portes doivent, de préférence,
s’ouvrir vers l’intérieur du chantier pour l’accès des véhicules et l’accès des piétons.
Il faut que la partie enterrée dans le sol (𝑐) d’un poteau et assurant le scellement de la clôture
vérifie la relation :


𝑐 = + 0,10 [𝑚]
10
La valeur de (𝑐) doit être minimum égale à 40 cm. ℎ étant la hauteur du mur de clôture

44
Figure 18 : Caractéristiques de la clôture

Après avoir dessiné sur le plan de masse, la position et les dimensions des accès on trace
l’emplacement de la clôture.
Dans tous les cas, les clôtures devront être réglementées, en principe, par arrêté municipale et
ces règlements indiquent les caractéristiques de la clôture : hauteur, distance entre poteaux,
etc.

45
Préparation de chantier

Plan d’installation d’un chantier

Un plan d’installation de chantier définit les matériels nécessaires à la réalisation des ouvrages
et les cantonnements pour accueillir le personnel du chantier.

Ce plan d’installation de chantier sert aussi pour :


 Obtenir les autorisations d’installation de grue, des branchements des réseaux ;
 Obtenir les autorisations d’installer le chantier suivant les règles d’hygiène et de
sécurité des services de l’inspection du travail.

1. Démarche générale
Pour élaborer le plan d’installation de chantier on doit :
(a) Analyser toutes les contraintes liées au site et à l’environnement ;
(b) Déterminer les caractéristiques de grue, des cantonnements, des ateliers, des
dépôts, des réseaux, etc.

2. Analyse des contraintes de site


Pour faire cette analyse on peut suivre les étapes suivantes :
(1) Visiter le site pour identifier l’environnement :
L’état des lieux permet de relever :
 Les accès, la topographie du site, les clôtures existantes ;
 Les positions des égouts ;
 L’emplacement du poste de transformation électrique le plus proche ;
 Les voiries (dimension, sens de circulation, gabarit, charge roulante), etc.

(2) Visiter les services municipaux, préfectoraux et les services de sécurité :


Cela permet d’obtenir :
 Les conditions de survol des bâtiments voisins ou des voies ;
 Les conditions de travail du site vis-à-vis de bruit ;
 Les possibilités éventuelles de travailler pendant la nuit ;
 Les régimes des eaux et des intempéries, les périodes venteuses, etc.

3. Elaboration de plan d’installation


Après que sont déterminées toutes les caractéristiques de grue, des cantonnements, des
ateliers, des dépôts, des réseaux, etc. en conformité avec les règles déjà établis, on trace le plan
d’installation dans lequel il faut :
(1) Positionner l’engin de levage :
Les grues sont dessinées à l’échelle sur un plan de masse qui indique l’emplacement des
bâtiments à construire et l’emprise de terrassements. Ce dessin doit indiquer :
 La longueur de la flèche et de contre-flèche ;
 La surface au sol occupée par l’embase de la grue ;
 La longueur de voie de grue et le niveau des rails ;
 La zone d’interférence entre les grues et la zone de survol interdit en charge ;
 L’alimentation et la puissance électrique ;

46
 La marque, le type et les caractéristiques de la grue ;
 Les fondations nécessaires pour la grue.

(2) Placer las aires de production ou de transport du béton :


Si le béton sera acheté, on dessine les accès et les aires de stationnement des camions toupies.
Si, par contre, il sera fabriqué sur chantier à l’aide d’une centrale à béton. On dispose alors
ce poste près de l’accès, sous l’aire de balayage de la grue.

(3) Disposer les aires de réalisation des : coffrages, armatures, préfabrication ;

(4) Représenter les bureaux et les cantonnements ;

(5) Représenter les réseaux : d’eau, d’électricité, d’assainissement ;

(6) Représenter les aires de stockage et les voies de circulation :


Les aires de stockage et les voies de circulation à représenter sont principalement :
 Les zones de stockages des terres végétales et des remblais ;
 Les zones de stockage des matériaux pour les entreprises de second œuvre ;
 Les zones de circulation autour des divers postes ;
 Les clôtures et panneaux de chantier et de signalisation des voies, etc.

(7) Représenter les équipements, y compris ceux d’éclairage ;

(8) Dessiner une coupe verticale sur les bâtiments en concordance avec le matériel de
levage, pour vérifier les côtes en hauteur.

47
Préparation de chantier

Planification de piquetage

Un système de piquetage, sur tout chantier de construction consiste en la détermination et


l’établissement d’un système bien défini de lignes, de distances et des plans permettant de
disposer d’un réseau approprié pour obtenir la position et le niveau exact des ouvrages et
éléments d’ouvrage.

1. Description générale
Un système de piquetage comporte trois niveaux ordonnés et connectés, comme sur le schéma
suivant :

Figure 19 : Les niveaux de piquetage

 Le système primaire (ou canevas principal) :


Couvre normalement tout le chantier et il est constitué d’un réseau de points, connecté au
système de contrôle officiel (national, municipal, etc.) ;
 Le système secondaire (position en X et Y et altitude Z) :
Permet d’implanter l’ouvrage sur sa parcelle et il sert de référence ou de réseau de quadrillage
pour la construction d’un bâtiment ou d’un groupe de bâtiments ainsi que pour les travaux
annexes. Dans ce cas les repérés doivent être mis en place de manière durable pendant le
déroulement du chantier ;
 Points de position :
Marquent l’emplacement des éléments isolés (exemple : poteaux, voile, etc.).

48
Le respect de la géométrie de l’ouvrage exige que les procédures de mesurage soient réalisées
par un personnel spécifique et l’exactitude « internes » des mesures (entraxe de voile par
exemple) est plus critique pour le processus de construction que l’exactitude absolue de ces
points dans un système de coordonnées plus général.
De ce point de vue, les tâches sont réparties de la manière suivante :
 Le réseau primaire : doit être réalisé avant le piquetage de réseau secondaire et
seulement par un géomètre expert ;
 Le réseau secondaire : doit être réalisé avant le piquetage des points de positions
par un géomètre topographe de l’entreprise ;
 Les points de position : doivent être réalisé avant le début des travaux de
coffrage par un spécialiste du chantier.

Il faut mentionner qu’après la réalisation de chaque niveau de piquetage, s’impose une


vérification effectuée par le maître d’œuvre seulement.

Figure 20 : Jalonnement

Chaque fois, un piquetage doit comporter aussi un nombre d’observations surabondantes, pour
pouvoir détecter les erreurs grossières et permettre une vérification des points implantés
pendant la durée du chantier.

De point de vue de tolérances acceptées, on a les valeurs suivantes :

 Pour une distance 𝐿 > 7 𝑚, on a une tolérance ±1.5 𝐿 (𝑚𝑚) ;


 Pour une distance 𝐿 < 7 𝑚, la tolérance est ±4 𝑚𝑚 ;

49
Préparation de chantier

 Pour un angle (𝑖), la tolérance est ±0.1 𝑖 (°) ;


 Pour une hauteur 𝐻 > 4 𝑚, on a une tolérance ±1.5 𝐻 (𝑚𝑚) ;
 Pour une hauteur 𝐻 < 4 𝑚, la tolérance est ± 3 𝑚𝑚.

Les points de mesures doivent être définis avec exactitude et clairement jalonnés, d’une telle
manière pour ne pas gêner le déroulement de la construction, tout en veillant à empêcher tout
déplacement accidentel de leur position, comme sur la figure ci-avant.

2. Chaises d’alignement
Les chaises sont les cadres sur lesquelles on repère une ligne pour le contrôle des
terrassements en fouille, des pentes ou pour l’implantation des fondations d’une construction.

Figure 21 : Chaises d’alignement

Elles doivent toujours être situées à l’extérieur des limites de l’excavation ou des travaux
routiers prévus, comme sur la figure ci-dessus.

50
Travaux dirigés

 Exercice (1) : Planification opérationnelle.


Considérons le projet suivant :
Tâche Durée (semaines) Tâches antérieures Effectif Coût (DH)
A 3 -- 2 1 200
B 5 A 3 10 000
C 2 A 2 800
D 8 A 4 24 000
E 40 A 6 80 000
F 9 B;C 2 36 000
G 6 B;C 3 24 000
H 9 D 3 81 000
J 7 D 2 56 000
K 4 F 5 24 000
L 2 F 4 2 000
M 8 G 6 16 000
N 6 G;H 7 36 000
P 3 H 2 20 000
Q 7 H 2 7 000
R 5 K 3 50 000
S 6 M;N 3 66 000
T 4 Q 4 8 000
U 5 Q 4 10 000
V 7 J 2 49 000
W 9 R;L 5 45 000
X 11 S;P;T 7 55 000
Y 3 X;U 4 6 000
Z 6 W;Y;V;E 5 12 000

On demande de :
(1) Construire le graphe Potentiels-Taches du projet ;
(2) Calculer la durée du projet et lister les tâches critiques ;
(3) Déterminer la marge totale de la tâche « L » ;
(4) Déterminer la marge libre de la tâche « V » ;
(5) Etablir le planning de Gantt ;
(6) Tracer la courbe des effectifs ;
(7) Tracer la courbe des heures cumulées ;
(8) Réaliser le planning financier hebdomadaire.

 Exercice (2) : Contraintes de délais.


On considère le projet suivant :
Contraintes
Tâche Durée (jours) Effectif Rang
Tâches antérieures Délais (début-début)
A 8 C 4 3
B 6 -- -- 4
C 4 B 6 4
D 4 E 5 3
E 5 A 4 2
F 6 J 7 3
J 4
G 5 2
K 6

51
Préparation de chantier

D 4
H 6 G 5 3
K 9
F 6
I 3 3
H 6
J 7 C 2 7
K 9 A 8 9

On demande de :
(1) Construire le graphe Potentiels-Taches du projet ;
(2) Etablir le planning de Gantt ;
(3) Calculer la durée du projet et lister les tâches critiques ;
(4) Tracer la courbe des effectifs ;
(5) Tracer la courbe des heures cumulées.

 Exercice (3) : Raccourcissement des délais.


Une société spécialisée dans l’étude et la composition d’unités industrielles a obtenu la maîtrise
d’œuvre pour l’installation d’une usine chimique.
L’analyse du projet a permis de distinguer 14 phases de travaux différents : maçonnerie,
plomberie, électricité, conditionnement d’air, traitement des déchets, installations et essais
machines, etc. Ces travaux sont désignés par les lettres de A à N.
La société responsable de cette implantation dispose de moyens (moyens propres en équipes
spécialisées, machines et quelques sous-traitants) permettant l’exécution des travaux en
parallèle, sous réserve toutefois du respect des relations d’ordre montrées dans le tableau ci-
après. Ces relations sont imposées par un ensemble de contraintes techniques. Des coûts pour
chacune des tâches sont également fixés en tenant compte des surcoûts liés aux
raccourcissements possibles.
Tâches Durée normale Coût normal Durée crash Coût crash
Tâche
antérieures (semaines) (kDH) (semaines) (kDH)
A -- 10 5 10 5
B A 25 10 20 15
C B;E;G 25 20 20 20
D -- 20 30 15 40
E -- 35 40 25 70
F E;G 20 50 15 75
G A;D 25 10 25 10
H E 15 25 10 45
I -- 40 20 30 50
J C;F;H 30 15 25 20
K B;E;G 20 40 20 40
L J;M 40 30 35 60
M K;N 10 5 10 5
N A 15 10 10 30

On demande de :
(1) Quelle est la durée minimale de réalisation de ce projet ? Indiquer la séquence des
travaux qui détermine cette durée (chemin critique). Vous utiliserez le réseau
PERT ou un diagramme de Gantt.
(2) Déterminer la marge totale pour chacune des phases du projet.
(3) Apres avoir calculé les pentes coûts associées aux différentes tâches, procéder
étape par étape au raccourcissement du projet.
(4) On estime que la mise en exploitation de l’usine aura une rentabilité de 3 unités
coût. Déterminer la valeur optimum à donner au raccourcissement du projet.

52
 Exercice (4) :
La construction d'un entrepôt est découpée en dix tâches dont les caractéristiques sont
données dans le tableau suivant :
Tâche Désignation Tâches antérieures Durée normale (semaines)
A Acceptation des plans -- 4
B Préparation du chantier -- 2
C Commande des matériaux A 1
D Travaux de terrassement A;B 1
E Commande des portes et fenêtres A 2
F Livraison des matériaux C 2
G Coulage des fondations D;F 2
H Livraison des portes et fenêtres E 10
I Pose des murs, de la charpente et du toit G 4
J Mise en place des portes et des fenêtres H;I 1

On demande de :
(1) Tracer le diagramme PERT ou le diagramme de Gantt et en déduire le chemin
critique.
(2) On possède 2 employés à disposition. Si on affecte 1 employé/tâche pour exécuter
ou suivre les tâches de ce projet, il y aura-t-il des journées en sur utilisation ? Si
oui lesquels ?
(3) Proposez alors un lissage permettant de satisfaire à la contrainte liée aux
ressources.

 Exercice (5) :
Dans cet exercice il s’agit de planifier les travaux second œuvre d’un bâtiment. Les détails de la
décomposition de ce projet sont donnés par le tableau suivant :
Contraintes Durée
Tâches Code Rang
Tâche précédente Délai (début-début) (jours)
- - Etanchéité A 10
A 10 j Menuiserie extérieure B 12
A 10 j Cloisons sèches C 15
Gaines électriques
C 2j D 12
encastrées en cloisons
B 12 j
Menuiserie intérieure E 10
C 10 j
E 5j
Peintures F 20
D 12 j
Etudier la planification du projet en élaborant le G-P-T et le planning de Gantt.

 Exercice (6) : Réalisation d’un dépôt.


Votre entreprise est chargée de réaliser un dépôt. Vous êtes chargés d’élaborer la planification
des travaux.
Le dépôt est un bâtiment de plein pied. La structure est constituée de poteaux sur lesquels la
charpente repose directement. Ces poteaux reposent sur des semelles isolées. Les murs
d’enceinte sont maçonnés et reposent sur des longrines. Le plancher est un dallage qui repose

53
Préparation de chantier

directement sur le sol (tout venant naturel). Le terrassement nécessite un décapage de la terre
végétale avant de réaliser des fouilles en trou pour les semelles et une excavation pour le
dallage et les longrines. Les moyens matériels de l’entreprise permettent de mener l’excavation
et les fouilles en même temps. Le dallage sera réalisé une fois la toiture recouverte. Les murs
d’enceinte seront réalisés après la pose de la charpente. Les longrines seront posées après la
réalisation des poteaux. Le chantier sera remblayé après la réalisation des murs d’enceinte. La
zinguerie sera montée avant les bandeaux.
Les estimations des durées des différentes opérations sont les suivantes :
 Décapage : 2 jours ;
 Excavation : 3 jours ;
 Fouille en trou : 1 jour ;
 Semelles isolées : 2 jours ;
 Poteaux : 4 jours ;
 Longrines : 3 jours ;
 Pose charpente : 3 jours ;
 Murs d’enceinte : 6 jours ;
 Pose couverture : 2 jours ;
 Remblaiement : 3 jours ;
 Pose menuiseries : 3 jours ;
 Dallage : 2 jours ;
 Zinguerie : 3 jours ;
 Bandeaux : 2 jours.

Les travaux démarreront le 01 avril de l’année en cours. Le 01 mai est un jour férié et les
samedis et dimanches sont chômés.
On vous demande de :
(1) Elaborer le planning d’avant-projet. Pour cela vous utiliserez le planning
Potentiels-Tâches qui est le mieux adapté à la coordination des tâches.
(2) Représenter le planning qui permettra le suivi des travaux. Pour cela vous
utiliserez le planning Gantt qui est le plus approprié au suivi de chantier.
(3) Imaginons que nous sommes le jeudi de la semaine 8 à la fin de la journée de
travail. Vous êtes chargé du suivi de l’avancement des travaux. Vous observez sur
le chantier que les murs d’enceinte ont trois jours d’avancement, la couverture
vient juste d’être terminée, la réalisation du dallage n’a pas démarré, La pose de
la zinguerie n’a pas démarré.
Comparez l’état d’avancement des travaux observé à celui prévu par le planning.
Discuter cette comparaison en termes de conséquences sur la planification et la
date de fin des travaux.

 Exercice (7) : Réalisation d’un bâtiment R+2.


Votre entreprise est chargée de réaliser un bâtiment R+2 à usage d’habitation comportant un
niveau de sous-sol. Vous êtes chargés d’élaborer la planification des travaux de gros œuvre de
la superstructure.
La structure est de type planchers-voiles en béton armé et recouvert d’une toiture terrasse en
béton armé. Les façades ont des balcons préfabriqués et la toiture terrasse des corniches
préfabriquées. Il y a 12 balcons préfabriqués par niveau et 15 corniches.

54
Le personnel est réparti en trois équipes : Une équipe pour réaliser les voiles, une équipe pour
la réalisation des planchers et une troisième pour la pose des pièces préfabriquées.
Les voiles de la superstructure commencent le 05 mai. Les planchers hauts du niveau « n », ne
peuvent commencer que si la moitié des voiles de ce niveau sont réalisés.
Tous les balcons (ou corniches) de ce niveau doivent avoir 6 jours de durcissement de béton
après leur premier jour de réalisation avant d’être posés. Toutes les pièces préfabriquées sont
réalisées en continu.
Les voiles du niveau « n », ne peuvent commencer que si la moitié des planchers hauts du
niveau « n-1 » sont réalisés.
La pose des balcons préfabriqués d’un niveau doit se terminer en même temps que le plancher
du même niveau. La pose des corniches préfabriquées débute 2 jours avant la fin de la
réalisation de la toiture terrasse.
Les estimations des durées des différentes opérations sont les suivantes :
 Réalisation d’un plancher (hors pose des balcons) et de la toiture terrasse : 8 jours ;
 Réalisation des voiles : 8 jours ;
 Préfabrication des balcons pour un niveau : 6 jours (durcissement du béton compris) ;
 Préfabrication des corniches : 5 jours (durcissement du béton compris) ;
 Pose des balcons préfabriqués : 6 jours ;
 Pose des corniches préfabriquées : 3 jours.

On vous demande de :
(1) Elaborer le tableau d’enclenchement des tâches. Cette phase de travaux
commence par la réalisation des voiles du RDC ;
(2) Elaborer le planning GANTT ;
(3) Imaginons que nous sommes le 02 juin à la fin de la journée de travail. Vous êtes
chargé du suivi de l’avancement des travaux. Vous observez sur le chantier que
les voiles du premier étage ont 7 jours d’avancement, le plancher haut du premier
étage a 3 jours d’avancement, la pose des balcons du plancher haut du 1er a 1 jour
d’avancement et aucune corniche n’est fabriquée. Comparez l’état d’avancement
des travaux observé à celui prévu par le planning. Discuter cette comparaison en
termes de conséquences sur la planification et la date de fin des travaux.

 Exercice (8) : Mur de clôture.


Dans cet exercice on considère un projet de construction du mur de clôture d’un établissement.

Le mur est composé de 100 tronçons, séparés par des joints de


rupture, de 4 mètres de longueur chacun. On prévoit des
chaînages verticaux d’épaisseur 15 cm aux deux extrémités de
chaque tronçon.
Il est de 1.30 mètre de hauteur et réalisé en blocs de béton de
dimensions 0,20 × 0,20 × 0,40 (cf. figure).
Le mur est revêtu sur ses deux faces principales d’un enduit au
mortier de 1,5 cm d’épaisseur et protégé par un couronnement en
béton à deux pentes de 30 cm de largeur et dont la hauteur est
respectivement de 10 cm au milieu et 5 cm de deux côté.
Il repose sur un chaînage en béton armé et un mur en moellons et
une couche de béton de propreté. Cette fondation a 40 cm de
largeur et repose sur une semelle de propreté en béton maigre de
60 cm de largeur. Le fond de la fouille est à - 0,75 m.

55
Préparation de chantier

L’entreprise d’exécution dispose de ressources suivantes :


 Pelle mécanique louée pour l’exécution de la fouille en rigole ;
 Matériel de coffrage nécessaire et suffisant pour exécuter deux tronçons du mur ;
 Un dumper et une brouette ;
 Pioche, pelle et matériels divers en quantités suffisantes ;
 Trois ouvriers polyvalents encadrés par un chef d’équipe.

Dans le tableau suivant, on donne les temps unitaires moyens de main-d’œuvre :

Travaux Unités Temps unitaires (heures)

Excavation de la fouille m3 0.50


Remblaiement m 3 1.00
Evacuation des terres m3 1.00
Coulage du béton de propreté m 0.25
Exécution du mur en moellons m3 4.00
Façonnage d’armatures kg 0.50
Réalisation du coffrage m2 0.50
Mise en œuvre du ferraillage et bétonnage m3 1.00
Pose de blocs de béton m2 0.75
Exécution de l’enduit en mortier de ciment m2 1.00
On estime la quantité de ferraillage dans les ouvrages en béton armé (chaînage et
couronnement) à 2 kg par mètre cube environ.

Pendant l’exécution des travaux nous veillerons à ce que la fouille soit exécutée d’un seul coup
pour optimiser l’exploitation de l’excavateur et que le béton de propreté soit mis en œuvre sans
interruption également.
La construction de mur en moellons peut commencer immédiatement après le coulage du
béton de propreté sur 8 mètres de longueur de la fouille. Quant à la pose des blocs de béton, il
faut attendre 12 heures après l’exécution du chaînage horizontal.

Travail à faire :
(1) Proposer un mode constructif pour réaliser cet ouvrage.
(2) Etablir les modes opératoires correspondants.
(3) Estimer les durées des différentes tâches (arrondir les calculs à l’heure près).
(4) Planifier le projet en élaborant les plannings de travaux, le planning
d’exploitation des matériels, le planning d’approvisionnement en matériaux et les
courbes des effectifs et des heures cumulées. Considérer 1 semaine égale à 5
jours de 8 heures chacun.

 Exercice (9) : Besoins en main-d’œuvre


Une entreprise de gros œuvre est chargée de réaliser un pavillon en RDC. Pour cet ouvrage,
les quantités de travaux et les temps unitaires sont donnés sur le tableau ci-suivant :

56
a. On considère que le temps de travail du chantier est de 39 heures/semaine ;
b. Le délai fixé pour l’exécution de travaux est d’un mois et si on considère par
exemple le mois du mars, on a :
 jours calendaires : 31 ;
 jours ouvrables : 27 ;
 jours ouvrés : 23 ;

57
Préparation de chantier

c. L’activité de l’entreprise est évaluée statistiquement à 52/60 (en système Bedaux).

(1) Effectuer les calculs pour remplir le tableau et déterminer le total de crédit global
d’heures ?
(2) Déterminer le nombre nécessaire d’ouvriers pour exécuter cet ouvrage, si la durée est
imposée par le calendrier d’exécution comme au point (b).
(3) Déterminer le temps nécessaire pour exécuter cet ouvrage, si la main-d’œuvre est
limitée au 5 ouvriers.
(4) Déterminer le nombre d’heures supplémentaires nécessaire, si la durée est limitée à 23
jours et le nombre d’ouvriers est limité à 5 personnes.

 Exercice (10) : Besoins en matériel


Dans cet exercice on cherche à déterminer le nombre de camions nécessaires pour desservir
une pelle mécanique pendant les travaux de terrassement.
a. L’avant métré des travaux de terrassement d’un immeuble fait apparaître qu’il faut
transporter un volume de 2400 m3 de déblai ;
b. La distance de transport est de 9 km du chantier ;
c. Ce déblai est foisonné à une masse volumique apparente de 1,6 t/m3 ;
d. Le délai pour cette opération est fixé à 15 jours ;
e. Comme engins de travail, on considère les deux cas suivants :

Cas (1) Cas (2)

o Pelle mécanique Atlas 1202D : o Pelle mécanique Atlas 1302E :


 Rendement théorique : 30 m3/heure.  Rendement théorique : 54 m3/heure.
 Coefficient d’efficience : 0,83.  Coefficient d’efficience : 0,85.
 Coût de location : 20 000 DH/jour de 8  Coût de location : 25 000 DH/jour de 8
heures. heures.
 Heure supplémentaire : 4000 DH.  Heure supplémentaire : 5000 DH.
o Camion MAN VW gamme GT à cabine o Camion MAN VW 26240 DH à cabine
avancée 19281 : avancée 19281 :
 Charge utile CU : 10 t.  Charge utile CU : 15 t.
 Capacité maximale de la benne : 8 m3  Capacité maximale de la benne : 12 m3
foisonné. foisonné.
 Coût de location : 10 000 DH/jour de 8  Coût de location : 12 000 DH/jour de 8
heures. heures.
 Heure supplémentaire : 3000 DH.  Heure supplémentaire : 3500 DH.
 Vitesse moyenne en charge : 25 km/h.  Vitesse moyenne en charge : 22 km/h.
 Vitesse moyenne à vide : 45 km/h.  Vitesse moyenne à vide : 32 km/h.
 Temps de déchargement : 0,10 h.  Temps de déchargement : 0,12 h.

Question :
Pour les deux cas, déterminer le nombre de camions nécessaires pour effecteur cette opération
au moindre prix, dans le délai fixé sachant que la distance entre le chantier et le lieu de
décharge est de 9 km et que le temps de travail journalier est estimé à 7,80 heures.

58
 Exercice (11) : Analyse d’une installation de chantier
Soit le plan d’installation (incomplet) ci-après :

On vous demande de :
(1) Dessiner le tracé de clôture du chantier notée (8) ;
(2) Placer une aire pour le cantonnement de chantier, notée (6), à proximité de l’accès au
chantier ;
(3) Placer une aire pour l’atelier de ferraillage, notée (4), plus proche des bâtiments à
construire ;
(4) Déterminer une aire de préfabrication, notée (3), prés à la foi et des bâtiments à
construire et de centrale à béton ;
(5) Disposer une aire de stockage des matériaux, notée (5), à l’entrée du chantier ;
(6) Placer une aire pour la centrale à béton, notée (2), à la proximité de l’accès principal et
de l’aire de stockage (pour alimentation en granulats).

59
Préparation de chantier

Références

Techniques de l’ingénieur, Bâtiments


Techniques de l’ingénieur, Gestion de chantiers
Supports de cours expérimentaux de l’office de la formation professionnelle et de la
promotion du travail du Maroc
Divers sites web

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