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Réf.

: BE8311 V1

Énergétique de la
Date de publication :
10 avril 2013 combustion - Aspects
Date de dernière validation :
04 janvier 2020
fondamentaux

Cet article est issu de : Énergies | Physique énergétique

par André LALLEMAND

Résumé Les éléments de base nécessaires à la compréhension du phénomène de


combustion sont présentés sans entrer dans le détail de la cinétique chimique. Ainsi, les
conditions indispensables à la réalisation d'une combustion industrielle sont développées.
La combustion est vue comme une source de chaleur et/ou d'élévation de l'énergie
interne ou de l'enthalpie d'un fluide. Les diverses expressions des températures des
fumées sont abordées et on fournit une méthode de détermination des irréversibilités de
la combustion à travers la notion d'exergie. Des exemples de calculs sont fournis.

Abstract The basic elements in order to understand the phenomenon of combustion are
presented in this article without going into chemical kinetic details. Thus, the essential
conditions for industrial combustion are dealt with. Combustion is considered as a source
of heat and/or increase in the internal energy or enthalpy of a fluid. The various
expressions of the temperature of smokes are provided as well as a method for the
determination of combustion irreversibility via the notion of energy. Examples of
calculations are provided.

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Énergétique de la combustion
Aspects fondamentaux

par André LALLEMAND


Professeur émérite des universités
Ancien directeur du département de génie énergétique de l’INSA de Lyon
Parution : avril 2013 - Dernière validation : janvier 2020 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200029589 - enit // naima NAIMA // 196.203.130.9

1. Définitions et mécanismes de la combustion .................................. BE 8 311 - 3


1.1 Définitions..................................................................................................... — 3
1.2 Équations de combustion – Chaleurs de combustion
et de formation ............................................................................................. — 3
1.3 Mécanismes de la combustion vive ........................................................... — 6
2. Conditions nécessaires à la combustion ........................................... — 8
2.1 Température d’inflammation ...................................................................... — 8
2.2 Allumage....................................................................................................... — 9
2.3 Limites d’inflammabilité – Richesse ........................................................... — 10
3. Température des fumées........................................................................ — 12
3.1 Température adiabatique de combustion.................................................. — 13
3.2 Cas d’une combustion quelconque – Chaleur dégagée – Température
des fumées ................................................................................................... — 14
3.3 Température de rosée des fumées –
Chaleur supplémentaire récupérée ............................................................ — 15
4. Analyse exergétique ................................................................................ — 16
4.1 Exergie d’un mélange combustible ............................................................ — 16
4.2 Irréversibilité de la combustion .................................................................. — 18
5. Conclusion.................................................................................................. — 19
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BE 8 311

a combustion est une opération technique importante et très répandue.


L Elle a essentiellement deux buts soit produire de la chaleur, soit fournir, in
fine, de l’énergie mécanique. Dans le premier cas, les systèmes énergétiques
sont basés sur les chaudières ou les fours. On cherche alors à obtenir des
fumées à température de sortie aussi basse que possible pour récupérer un
maximum de chaleur. Le second cas correspond aux moteurs de toutes sortes
où la combustion peut être adiabatique. C’est l’enthalpie communiquée aux
fumées qui est ensuite transformée en énergie mécanique.
Pour maîtriser ces combustions, l’ingénieur énergéticien a besoin de
connaître certains éléments de base qui s’appuient sur des connaissances phy-
siques et chimiques. C’est l’objectif de cet article qui sera suivi par un article
plus technique donnant les éléments utilisés en pratique dans l’industrie.
Après avoir donné les définitions essentielles, on présente les réactions sous
leur aspect global, c’est-à-dire sans aucune considération de cinétique chi-
mique. Cependant, quelques notions relatives aux réactions en chaîne sont
fournies afin d’aider à la compréhension des conditions indispensables à
l’amorçage et au maintien d’une combustion. L’accent est mis sur les évolu-
tions énergétiques qui ont lieu au cours de la combustion. On donne aussi le
lien entre les chaleurs de combustion et celles de formation des corps purs.

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ÉNERGÉTIQUE DE LA COMBUSTION ____________________________________________________________________________________________________

Les conditions limites de combustion isotherme d’une part, adiabatique


d’autre part, sont considérées afin de définir la chaleur maximale dégagée par
une combustion ou la température maximale atteinte par les fumées. Le cas
intermédiaire est bien évidemment abordé, même avec condensation partielle
de l’eau dans les fumées, toutefois sans prendre en compte les réactions de
dissociation pour lesquelles le lecteur est renvoyé aux ouvrages spécialisés en
chimie de la combustion.
Les aspects exergétiques de la combustion sont abordés en fin d’article. Leur
intérêt, comme cela est toujours le cas en matière d’exergie, est de mettre en
évidence les irréversibilités liées à ce processus. On note qu’elles sont de
l’ordre du quart de l’énergie contenue dans le mélange combustible.
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Notations et symboles Notations et symboles (suite)

Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

B J· mol–1 Coefficient de température R J· mol–1 · K–1 Constante molaire des gaz

cp J · kg–1 · K–1 Capacité thermique massique S J· mol–1 · K–1 Entropie molaire


sous pression constante
S′ J · mol–1 · K–1 Entropie molaire créée
Cp J · mol–1 · K–1 Capacité thermique molaire
sous pression constante tdi s Délai d’inflammation

e m T K Température
Épaisseur d’une flamme
Tth K Température théorique
Ec J Énergie critique d’inflammation de combustion
Ex J · mol–1 Exergie molaire U J · mol–1 Énergie interne molaire

h J·s Constante de Planck V m3 · mol–1 Volume molaire


(6,626 × 10–34)
Vc m3 Volume critique
H J · mol–1 Enthalpie molaire
x Fraction molaire
K Constante d’équilibre
θ oC Température (échelle Celsius)
L J · mol–1 Chaleur latente molaire
µ J· mol–1 Potentiel chimique
Li Limite inférieure d’inflammabilité
ν s–1 Fréquence d’un photon
Ls Limite supérieure
ρ kg · m–3 Masse volumique
d’inflammabilité
Exposants
n Proportion volumique * État activé
du constituant k Indices
0... Initial
N mol Nombre de moles 1, 2, 3... Différents états
a Ambiant, atmosphérique
P Pa Pression c Combustion
combe Combustible
combt Comburant
Q J · mol–1 Chaleur ou énergie thermique
e Eau
molaire échangée i Inflammation, élément i
 Limite
q J Quantum d’énergie mc Mélange combustible
q Thermique
r m Rayon r Rosée
s Saturation
ri Richesse th Théorique

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_____________________________________________________________________________________________________ ÉNERGÉTIQUE DE LA COMBUSTION

1. Définitions et mécanismes Cette réaction peut être décomposée en deux étapes :


C + 1/2 O2 → CO + 110,58 kJ/mol
de la combustion CO + 1/2 O2 → CO2 + 283,15 kJ/mol
• H2 + 1/2 O2 → (H2O)liquide + 286,01 kJ/mol
1.1 Définitions • H2 + 1/2 O2 → (H2O)vapeur + 241,14 kJ/mol
• S + O2 → SO2 + 297,07 kJ/mol
La combustion recouvre l’ensemble des réactions chimiques qui
se produisent au cours de l’oxydation complète ou partielle d’un • CH4 + 2 O2 → CO2 + 2 H2Oliquide + 890,82 kJ/mol
combustible (ou carburant) par un comburant. Ce sont des • C2H4 + 3 O2 → 2 CO2 + 2 H2Ovapeur + 1 322,28 kJ/mol
réactions d’oxydoréduction globalement exothermiques. Le corps • C2H2 + 5/2 O2 → 2 CO2 + H2Oliquide + 1 300,51 kJ/mol
oxydé, qui perd un ou plusieurs électrons, est le combustible et le
corps réduit, qui gagne un ou plusieurs électrons, est le • C3H8 + 5 O2 → 3 CO2 + 4 H2Ovapeur + 2 042 kJ/mol
comburant. • C4H10 + 13/2 O2 → 4 CO2 + 5 H2Ovapeur + 2 655 kJ/mol
En pratique, un combustible (désignation utilisée pour les opéra-
tions de production de chaleur, dans les fours ou les chaudières)
ou un carburant (nom utilisé pour l’utilisation dans les moteurs) Remarque : on observe que la quantité de chaleur mise en
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est un gaz, un liquide ou un solide naturels ou manufacturés dans jeu dépend de l’état supposé, liquide ou vapeur, de l’eau dans
lesquels se trouvent les éléments qui sont oxydés au cours de la les produits. La différence correspond à la chaleur latente de
réaction et, éventuellement, d’autres éléments ne participant pas changement de phase liquide-vapeur de l’eau à 298 K, soit
directement à cette réaction. Ces derniers éléments se retrouvent 44,87 kJ/mol. Il est important de souligner que, par convention,
dans les fumées et/ou les cendres qui contiennent respectivement les chaleurs de combustion sont données dans les tables en
les produits gazeux et des produits solides et parfois liquides la supposant que l’eau dans les fumées à 0 oC ou 25 oC est soit
combustion. totalement liquide, soit totalement sous forme vapeur, ce qui
bien évidemment ne correspond pas à la réalité.
Les combustibles ou carburants usuels sont pratiquement
toujours des composés carbonés ou hydrocarbonés. Mais de
l’hydrogène combiné à d’autres corps (ammoniac, hydrure de La figure 1 donne une représentation schématique de l’évolution
bore, hydrures métalliques, etc.), le soufre et la plupart des métaux énergétique des réactifs en produits au cours d’une combustion,
finement divisés sont également des combustibles (utilisation les températures initiale et finale étant identiques. En général,
dans certains moteurs de fusée, par exemple). deux cas sont considérés :
– l’un correspond à une combustion sous pression constante ;
Le comburant le plus employé est l’oxygène pur ou surtout
– l’autre à volume constant.
mélangé à l’azote dans l’air. Cependant l’ozone, les oxydes d’azote, les
halogènes tels que le fluor, le chlore, le brome, l’iode ou plus générale- Selon le premier principe de la thermodynamique, on peut
ment d’autres oxydants peuvent aussi tenir lieu de comburant. écrire :
L’intérêt industriel de la combustion est bien entendu sa
production énergétique sous forme de chaleur (fours et chaudières) Q = ∆H − ∫V dP = ∆U + ∫ P dV (1)
ou d’énergie interne ou encore d’enthalpie dans les moteurs.
avec Q énergie thermique reçue par le système,
Lorsque la combustion s’accompagne d’un rayonnement
U énergie interne du système,
lumineux, donc qu’elle se produit avec une flamme, qui délimite
l’espace où à lieu l’essentiel de la combustion, on a affaire à une P pression du système,
combustion vive. Dans le cas contraire, la combustion est dite V volume du système,
lente. C’est, par exemple, ce qui se produit lors du stockage de
produits combustibles humides ou des composts. H enthalpie du système.
Dans le premier cas, la chaleur de combustion, considérée
arbitrairement comme positive Qc = – Q, correspond à l’opposé de
On ne considère, dans la suite de cet article, que le cas de la la variation d’enthalpie du système ∆Hc au cours de la combustion.
combustion vive. Elle est égale à l’opposé de la variation d’énergie interne ∆Uc dans
le second cas. L’enthalpie et l’énergie interne étant des fonctions
d’état, il est important de noter que les chaleurs mises en jeu ne
dépendent pas du chemin suivi, mais uniquement de l’état initial et
1.2 Équations de combustion – Chaleurs de l’état final du système considéré.
de combustion et de formation Les températures de référence sont soit la température dite stan-
dard (25 oC), soit la température de l’état TPN (température et
Dans les équations globales de combustion, encore appelées pression dites normales : 0 oC). Le choix de ce niveau de tempé-
équations de bilan, apparaissent, d’une part, le ou les produits rature n’a, en fait, que peu d’importance sur le plan pratique.
obtenus à partir des corps initiaux ou réactifs (combustible et Le tableau 1 [1] donne les variations d’enthalpie molaire au
comburant), d’autre part, la quantité de chaleur dégagée par la cours de la combustion sous pression constante de certains
combustion d’une mole de combustible, appelée aussi chaleur de combustibles purs. La figure 2 schématise cette évolution pour la
combustion Qc . Pour définir cette chaleur, on suppose que les combustion du carbone, de l’hydrogène, du soufre et du méthane.
produits se retrouvent dans les mêmes conditions de température
et de pression ou de volume que les réactifs. Ce sont en général Si on ne se préoccupe pas de l’effet thermique de la
les conditions dites standard, c’est-à-dire une température de combustion, il est possible de donner une forme générale à
298 K et la pression atmosphérique. l’équation globale de combustion d’un hydrocarbure simple de for-
mule CxHy , le comburant étant l’oxygène :
Les équations globales de combustion les plus courantes sont :
Cx Hy + (x + y / 4) O 2 → x CO 2 + y / 2 H2O (2)
• C + O2 → CO2 + 393,73 kJ/mol (combustion complète)

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ÉNERGÉTIQUE DE LA COMBUSTION ____________________________________________________________________________________________________

Enthalpie Énergie
interne
Réactifs à θ0 Réactifs à θ0

Qc = - ∆Uc ∆Uc
Qc = - ∆Hc ∆Hc

Produits à θ0 Produits à θ0
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a combustion sous pression constante b combustion à volume constant


(chaudières, fours, turbines à gaz, (moteurs à allumage commandé)
turboréacteurs, moteurs diesels) θ0 = température de référence = 0 °C (TPN) ou 25 °C (standard)

Figure 1 – Schématisation des évolutions énergétiques lors d’une combustion

C, S, H2, O2 à θ0 Enthalpie (kcal/mol) CH4, O2 à θ0


0 0 Enthalpie (kcal/mol)

CO θ0
-26,4 ∆Hc

-50 H2O θ0 vapeur -100


-57,6
-68,3
H2O θ0 liquide
SO2 θ0 }
-70,9

CO2 θ0
-94,05 Chaleur latente de
-100 condensation de l’eau -200
CO2 + 2 (H2O) θ0
-212,8

Rappelons que 1 cal = 4,18 J

Figure 2 – Schématisation de l’évolution enthalpique lors de la combustion du carbone, de l’hydrogène, du soufre et du méthane sous pression constante

Pour un corps hydrocarboné plus complexe, de la forme La chaleur de combustion peut être reliée à la chaleur de
CxHyOzNuSv , l’équation globale de combustion devient : formation Qf des divers corps purs intervenant dans l’équation de
combustion. En effet, par définition, la chaleur de formation d’un
corps pur sous pression constante est égale à l’opposé de la
Cx Hy Oz Nu Sv + (x + v + y / 4 − z /2) O2 → variation d’enthalpie qui a lieu, à 298 K, lorsque l’on forme ce
(3)
x CO2 + v SO2 + y /2 H2O + u /2 N2 corps pur à partir de ses éléments. Elle est égale à la variation
d’énergie interne si la formation a lieu à volume constant.
Dans l’air (tableau 2), il y a, en volume, 20,95 % d’oxygène, La figure 3 donne une représentation schématique de l’évolution
78,09 % d’azote et près de 1 % d’autres gaz neutres vis-à-vis de la énergétique au cours de la formation d’un corps pur à partir de ses
combustion, que l’on regroupe, en combustion industrielle, avec éléments.
l’azote pour former ce qui est appelé l’azote équivalent ou azote
brut et noté simplement azote, soit au total 79,05 % d’azote. Ainsi,
pour une mole d’oxygène dans l’air, on a 3,77 moles d’azote brut Exemple : la vapeur d’eau formée à partir d’hydrogène et
et 4,77 moles d’air. Alors, pour une combustion dans l’air, d’oxygène selon la relation :
l’équation globale de combustion devient : H2 + 1 O 2 → (H2O ) gazeux
2
a une chaleur de formation :
Cx Hy Oz Nu Sv + (x + v + y / 4 − z /2) (O2 + 3, 77 N2 ) →
(4)
x CO2 + v SO2 + y /2 H2O + [3, 77 (x + v + y / 4 − z /2) + u /2] N2 Q f = − ( ∆H f ) 298 = 241,14 kJ/mol

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_____________________________________________________________________________________________________ ÉNERGÉTIQUE DE LA COMBUSTION

Tableau 1 – Chaleurs de combustion de quelques


combustibles [1]
Éléments à θ0 Enthalpie

Composé chimique État initial ( H c )298


(kJ/mol)
Acétylène C2H2 (eau liquide) Gaz – 1 300,51
Qf = - ∆Hf ∆Hf
Benzène C6H6 (eau liquide) Liquide – 3 269,58
Carbone C Solide – 393,73
Éthane C2H6 (eau liquide) Gaz – 1 560,79 Corps pur à θ0

Éthanol C2H5OH (eau liquide) Liquide – 1 367,53


Éther éthylique C2H5OC2H5 Liquide – 2 728,28 a formation sous pression constante
Éthylène C2H4 (eau vapeur) Gaz – 1 322,28
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Hydrogène H2 (eau vapeur) Gaz – 241,14 Énergie


Éléments à θ0 interne
Hydrogène H2 (eau liquide) Gaz – 286,01
Méthane CH4 (eau liquide) Gaz – 890,82
Méthane CH4 (eau vapeur) Gaz – 845,95
Qf = - ∆Uf ∆Uf
Méthanol CH3OH Liquide – 726,76
n. Butane C4H10 (eau liquide) Gaz – 2 879,82
Corps pur à θ0
n. Pentane C5H12 Gaz – 3 538,76
Oxyde de carbone CO Gaz – 283,15
b formation à volume constant
Propane C3H8 (eau liquide) Gaz – 2 222,14
Soufre S Solide – 297,07 θ0 = température de référence = 25 °C (standard)

Toluène C7H8 (eau liquide) Liquide – 3 912,19 Figure 3 – Représentation schématique de la chaleur de formation
d’un corps pur

Tableau 3 – Chaleurs de formation dans l’état


Tableau 2 – Composition de l’air standard [1]
(gaz à l’état de traces négligés)
Composé chimique État ( H f )298
Volume Masse (kJ/mol)
Gaz
(%) (%) H2 O Liquide – 286,01
H2 O Gaz – 241,14
O2 20,95 23,14
H 2 O2 Gaz – 133,25
N2 78,09 75,54 HF Gaz – 268,77
HCl Gaz – 92,35
Ar 0,93 1,28
H2 S Gaz – 20,14

CO2 0,03 0,04 SO2 Gaz – 297,07


SO3 Gaz – 395,41
CO Gaz – 110,58
Lorsque le combustible est un corps élémentaire, comme c’est le
CO2 Gaz – 393,73
cas dans l’exemple ci-dessus (hydrogène), la chaleur de
combustion de cet élément est égale à la chaleur de formation du CH4 (méthane) Gaz – 74,93
produit.
C2H6 (éthane) Gaz – 84,67
À titre d’exemples, on donne dans le tableau 3 [1] les enthalpies
molaires de formation de différents corps purs pour l’état standard. C3H8 (propane) Gaz – 103,61
On peut déterminer les chaleurs de formation de certains C4H10 (n-butane) Gaz – 124,38
produits à partir de leur chaleur de combustion. En effet, l’effet
thermique d’une réaction chimique qui a lieu à volume ou sous C4H10 (isobutane) Gaz – 131,24
pression constante ne dépend pas des réactions intermédiaires C2H4 (éthylène) Gaz 52,54
mais seulement de l’état initial et de l’état final des corps
réagissant. C2H2 (acétylène) Gaz 227,03

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ÉNERGÉTIQUE DE LA COMBUSTION ____________________________________________________________________________________________________

Exemple : calculons la chaleur de formation de l’éthane (C2H6), En pratique, c’est plutôt la chaleur de combustion qui doit être
connaissant sa chaleur de combustion. La réaction de formation de déterminée à partir des chaleurs de formation que l’on trouve faci-
C2H6 est : lement dans la littérature. Pour cela, à partir de l’exemple
ci-dessus on peut généraliser et écrire :
2 C + 3 H2 → C2 H6 (5)

Pour la combustion, on a la réaction suivante : Chaleur de combustion = Σ chaleurs de formation des produits
− Σ chaleurs de formation des réactifs
C2 H6 + 7/2 O 2 → 2 CO 2 + 3 H2 Oliq (6)

avec ∆Hc (eau liquide) = – 1 560,79 kJ/mol. Ainsi, par exemple, la chaleur de combustion d’un hydrocarbure
de la forme CxHyOzNuSv est :
Les produits de cette combustion peuvent aussi être obtenus à
partir de deux autres combustions : ∆H c(CxHyOzNuSv) = x (∆H f )CO2 + v (∆H f )SO2
(12)
C + O 2 → CO 2 avec ∆H c = − 393, 73 kJ/mol (7) + y /2 (∆H f )H2O − (∆H f )(CxHyOzNuSv)

ou, pour une combustion donnant de l’eau sous forme liquide :


H2 + 1 O 2 → H2 Oliq avec ∆H c = − 286, 01 kJ/mol (8)
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2
∆H c(CxHyOzNuSv) = − 393, 73 x − 286, 01 y /2
La réaction (6) équivaut du point de vue des produits à : (13)
− 297, 07 v − (∆H f )(CxHyOzN
NuSv)

2 C + 3 H2 + 7/2 O 2 → 2 CO 2 + 3 H2 Oliq (9) Dans cette relation, les enthalpies sont données en kJ/mol.
On remarque, dans le tableau 3 que (∆Hf)(CxHyOzNuSv) est
c’est-à-dire à deux fois la réaction (7) plus trois fois la réaction (8).
souvent négatif, mais que cette enthalpie de formation peut être
Pour cette réaction (9), la chaleur de combustion est égale à : positive.La figure 4 est une illustration des évolutions enthalpiques
lors de la formation d’un corps pur ainsi que du lien entre chaleurs
2 ∆H c(réaction7) + 3 ∆H c(réaction8) = − 1 645, 49 kJ/mol (10) de formation et de combustion.

Par les réactions (6) et (9), avec des réactifs initiaux différents, on
obtient les mêmes produits (qualitativement et quantitativement), 1.3 Mécanismes de la combustion vive
mais on constate que la variation d’enthalpie est plus faible pour la
réaction (6), c’est-à-dire que la chaleur de combustion de C2H6 est Les mécanismes fondamentaux de la combustion sont très
plus faible que celle de (2 C + 3 H2). La différence entre ces deux complexes (voir par exemple [2] ou [BE 8 318]) et font intervenir
enthalpies représente la chaleur de formation de C2H6 : des phénomènes de cinétique chimique d’une part, d’équilibre
fonction des niveaux de température et de pression d’autre part.
( ∆H f ) C2H 6 = ( ∆H c ) ( 2 C+ 3H 2 ) − ( ∆H c ) C2H6 (11) Le but de cet article étant d’analyser, in fine, la combustion sous
son angle énergétique, ces divers aspects fondamentaux ne sont
soit :(∆Hf)298(C2H6) = – 84,7 kJ/mol pas abordés ici. On n’en donne que des aspects schématiques
décrivant le déroulement d’une combustion. Cela est nécessaire
On remarque que la chaleur de combustion de la relation (9) est afin d’introduire les conditions pratiques indispensables à l’amorce
égale à la somme des chaleurs de formation des produits puisque les d’une combustion et à sa poursuite jusqu’à épuisement de l’un des
réactifs sont des éléments simples. réactifs ou de tous.

∆Hf réactifs
C, S, H2, O2 à θ0 0 Enthalpie (kcal/mol) Enthalpie (kcal/mol)
∆Hf CH4 θ0
CH4 θ0 – 17,9
– 17,9 C2H6 θ0
– 20,2 CO θ0
– 26,4
Σ ∆ Hf produits
– 50 H2O θ0 vapeur – 100
– 57,6
H2O θ0 liquide SO2 θ0
– 68,3 ∆Hc
– 70,9

CO2 θ0
– 94,05
– 100 – 200

CO2 + 2 H2O θ0
– 230,7

Figure 4 – Représentation schématique des chaleurs de formation du monoxyde de carbone, de l’eau, du dioxyde de soufre et du dioxyde de
carbone et schématisation du lien entre les chaleurs de formation et de combustion dans le cas du méthane

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1.3.1 Réactions en chaîne Le signe * indique qu’il s’agit d’atomes activés.


Réaction de propagation :
Les équations ci-dessus traduisent, comme cela a été souligné,
le phénomène global de la combustion. Une étude plus fine
montre que la combustion est en fait une succession d’étapes et Cl* + H2 → Cl H + H*
de réactions élémentaires (plusieurs centaines dans de nombreux H* + Cl2 → Cl H + Cl*
cas). Cet ensemble de réactions constitue une réaction en chaîne.
En particulier, pour qu’une combustion ait lieu, différentes etc.
conditions basiques doivent être satisfaites :
Réaction de rupture :
– il faut que les espèces chimiques en présence aient une éner-
gie supérieure à celle de l’état stable. C’est ce que l’on appelle
Cl* + Cl* → Cl2 
l’état activé. L’activation peut être d’origine thermique, catalytique 
(présence d’un élément ne participant pas à la réaction mais qui la H * + H* → H2  dans la masse gazeuse
favorise) ou, par exemple, due à un rayonnement. Le plus généra- H * + Cl* → ClH 
lement, cet état activé est réalisé si les espèces chimiques ont une
température suffisante ; H* vers paroi → 1 H
2 2
– il faut évidemment que les réactifs se rencontrent. Notons que Cl* vers paroi → 12 Cl2
la probabilité de rencontre de deux molécules est directement liée
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à la concentration moléculaire de chaque espèce chimique ;


– il faut également que le choc soit efficace. Pour cela, les 1.3.3.2 Chaîne ramifiée
molécules doivent se rencontrer dans des zones sensibles et avoir On obtient une chaîne ramifiée, par exemple, lors de la
une orientation relative entre elles bien définie. combustion d’hydrogène dans l’oxygène pur. Comme ci-dessus,
Ainsi, toute réaction nécessite pour son démarrage un on suppose que l’ignition est obtenue par un photon lumineux.
phénomène d’activation qui correspond à un état énergétique Réaction de départ : on suppose que le photon frappe une molé-
donné et une certaine concentration moléculaire. Dans une cule d’hydrogène :
réaction en chaîne, l’activation d’une molécule entraîne une
réaction locale et l’activation consécutive : H2 + q → H * + H *
– soit d’une autre molécule. On a une réaction en chaîne linéaire ; Réactions de propagation :
– soit de plusieurs autres molécules. C’est alors une réaction en
chaîne ramifiée. 1re réaction H * + O 2 → OH * + O *
OH * + H2 → H2O + H *
1.3.2 Ordre des réactions 2e réaction 
O * + H2 → OH * + H *
Le mécanisme de la réaction en chaîne, c’est-à-dire l’ordre dans 2 (H * + O 2 ) → 2 (OH * + O*)
lequel s’effectuent les réactions est le suivant : 3e réaction 
OH * + H2 → H2O + H *
– réaction de départ. La réaction de départ est généralement
rendue possible par l’élévation de température en un point appelé Ainsi, avec un seul centre actif H*, on en obtient successivement
centre de départ ou centre actif. Cette énergie thermique peut deux, puis trois, puis cinq, etc.
provenir d’une résistance électrique, d’une flamme ponctuelle,
d’un arc électrique, d’un corps chaud, etc. La température locale, Réaction de rupture :
qui permet à la réaction de se produire, est dite température
d’amorçage ou d’inflammation ou d’ignition. Cette température H * + H* → H2 
peut être abaissée par la présence de catalyseurs ; 
O * + O* → O 2  dans la masse gazeuse
– réaction de propagation. Les centres actifs ont une durée de vie
très brève. Or, la combustion n’a lieu que si la probabilité de rencon- OH * + H* → H2O 
tre entre le ou les centres actifs avec d’autres molécules suscepti-
bles de réagir est supérieure à la probabilité de disparition de ces 1 
H*+ paroi → H
2 2  au voisinage de la paroi
centres. Pour satisfaire cette condition, il faut que la proportion de
combustible dans le mélange comburant – combustible soit
1
comprise entre certaines limites, dites limites d’inflammabilité ; O * + paroi → O 2 
– réaction de rupture. La réaction de rupture est une réaction qui 2 
provoque la destruction des centres actifs. Elle peut se produire
dans la masse gazeuse ou sur les parois de l’enceinte et arrêter la Selon l’importance relative de chaque type de réaction, la loi de
combustion. En effet, il faut noter qu’une chaîne est toujours variation de la vitesse de réaction peut avoir plusieurs allures :
rompue au voisinage des parois d’enceinte, des brûleurs, etc. car, à – si la probabilité de rupture des chaînes est supérieure à la
une certaine distance des parois, les centres actifs perdent leur éner- probabilité de ramification, la vitesse de réaction diminue dans le
gie par transfert thermique avec la paroi. Ainsi, la concentration en temps ;
centres actifs est toujours nulle vers les parois froides. – si c’est le cas inverse, la vitesse de réaction devient très grande
et la réaction s’emballe ;
1.3.3 Exemples de réactions en chaîne – si ces deux probabilités sont équivalentes, la vitesse de réaction
croît, puis diminue après avoir atteint une valeur maximale.
1.3.3.1 Chaîne linéaire Les probabilités de rupture et de ramification dépendent essen-
Soit la combustion d’hydrogène dans du chlore avec amorce de tiellement des conditions opératoires (paroi, volume de la masse
la réaction par un photon lumineux d’énergie q = hν, où h est la gazeuse, concentration des espèces chimiques, etc.) et de la
constante de Planck et ν la fréquence du photon. température.

Réaction de départ : Ces quelques indications générales montrent que la combustion


ne peut avoir lieu que sous certaines conditions qu’il est néces-
Cl2 + q → Cl* + Cl* saire de connaître.

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2. Conditions nécessaires – soit en portant la totalité du mélange combustible/comburant à


la température d’inflammation, qui est alors appelée température
à la combustion d’autoinflammation. C’est le cas, par exemple, lors de la
compression adiabatique d’un mélange gazeux combustible ;
– soit par un échauffement local par une source d’ignition
Comme cela a été analysé ci-dessus, les principales conditions (étincelle, chauffage par un corps chaud, injection d’air chaud, etc.)
nécessaires pour qu’il y ait combustion vive sont les suivantes : qui permet l’allumage.
– présence d’un combustible et d’un comburant ;
Les données concernant l’autoinflammation sont beaucoup plus
– température, en un point au moins du système, supérieure ou
nombreuses que celles relatives à l’inflammation par une source
égale à la température d’inflammation ;
d’ignition. Les températures correspondantes pour les principaux
– concentration des espèces chimiques dans les limites d’inflam- combustibles sont notées dans le tableau 4 [1].
mabilité.

2.1.2 Influence de la pression


2.1 Température d’inflammation
La température d’inflammation, qui délimite le domaine des
combustions lente et vive, est liée à la pression. Généralement,
2.1.1 Définition elle croît avec une diminution de la pression. Dans certains cas,
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comme par exemple pour le mélange stœchiométrique butane/air


Lorsqu’un mélange combustible/comburant est chauffé, il ne (figure 5), il existe un domaine de pression dans lequel on a deux
s’enflamme pas immédiatement. Ainsi, un charbon chauffé perd
températures d’inflammation (ici 300 et 450 oC pour P = 2 bar),
d’abord son humidité, puis ses matières volatiles qui distillent (H2 ,
avec un domaine d’interruption précédé de la péninsule d’inflam-
CH4 , CO, etc.). La flamme, qui met en évidence la combustion
mation pour laquelle, on obtient des flammes froides. Au-dessous
vive, n’apparaît qu’à partir d’une certaine température, dite tempé-
rature d’inflammation θi . Cette température dépend de la nature d’une valeur limite de la pression P l , l’explosion ne peut plus avoir
des combustibles et des comburants. L’inflammation peut être lieu. Dans le tableau 4, la température d’inflammation du butane
obtenue : correspond au maximum de la courbe P = f (θi).

Tableau 4 – Températures d’autoinflammation et limites d’inflammabilité de certains


combustibles [1]
Température Limites d’inflammabilité Limite d’inflammabilité
d’autoinflammation dans l’air (1) dans l’oxygène (1)
Combustibles
dans l’air dans O2 inférieure Li supérieure Ls inférieure Li supérieure Ls
(oC) (oC) (vol. %) (vol. %) (vol. %) (vol. %)
Hydrogène H2 570 560 4 75 4 94
Oxyde de carbone CO 610 590 12,5 74 12,5 94
Méthane CH4 580 535 5 15 5 60
Éthane C 2 H6 490 – 3 12,5 3 52,5
Propane C 3 H8 480 470 2,2 9,5 2,2 45
Butane C4H10 420 280 1,7 8,5 1,7 40
Pentane C5H12 310 260 1,4 7,8
Hexane C6H14 260 250 1,2 7,4
Heptane C7H16 230 210 1,1 6,7
Octane C8H18 220 200 0,85 6
Acétylène C 2 H2 305 295 2,5 81 2,5 93
Benzène C 6 H6 600 565 1,4 7,1
Toluène C 7 H8 585 510 1,3 6,7
Carbone 700
Charbon 325
Charbon de bois 360
Coke 700
Tourbe 225
Acétone 2,55 12,8
Alcool éthylique 510 3,28 18,95
Alcool méthylique 6,7 36,5
Éther éthylique 1,85 36,5
(1) Ces limites correspondent à une propagation ascendante de la flamme dans un tube ouvert à la partie inférieure et de diamètre au moins égal à 5 cm.

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P Flamme
Gaz brûlés
Combustion

Frontière
2 bar
d’inflammation

1 bar r
e
Péninsule
d’inflammation
Pl

300 350 450 500 θ (° C)


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Figure 5 – Influence de la pression sur la valeur de la température


d’inflammation (cas de la combustion du butane dans l’air)

2.1.3 Températures liées à la sécurité Figure 6 – Source d’ignition sphérique et flamme en développement
D’autres températures particulières utilisées en combustion sont
également importantes, notamment dans le contexte de la
Dans de nombreux cas, la valeur de e est de l’ordre de quelques
sécurité. Il s’agit :
dixièmes de millimètres.
– du point d’éclair. C’est la température d’un liquide à laquelle
Pour une source cylindrique, par un calcul analogue, on trouve
les vapeurs formées peuvent produire un mélange explosif ;
que le rayon critique doit être du même ordre de grandeur que
– de la température d’inflammation spontanée d’un liquide :
l’épaisseur du front de flamme.
c’est la température d’une paroi chaude qui provoque l’inflam-
mation spontanée des gouttes de liquide tombant sur cette paroi.
Ces différentes notions sont développées dans certains articles 2.2.2 Énergie de la source
comme [SE 5 020]. L’hypothèse approximative généralement admise est qu’il faut
suffisamment d’énergie pour que le volume soit porté à la tempé-
rature d’inflammation. Ainsi, cette énergie critique est donnée par :
2.2 Allumage
L’allumage par une source nécessite également de respecter E c = Vc ρ c p (θ i − θ 0 ) (16)
certaines conditions, notamment quant au volume et à l’énergie de
la source. Par exemple, dans le cas de l’ignition par étincelle élec- avec Vc volume critique,
trique, l’ionisation du milieu due à l’arc électrique permet d’obtenir ρ masse volumique,
une température de l’ordre de 3 000 oC. Mais, bien que cette tem- cp capacité thermique massique moyenne
pérature soit nettement supérieure à la température d’inflamma-
tion, on constate que l’allumage ne peut pas avoir lieu si le volume θ0 température initiale.
et l’énergie libérée sont insuffisants. Ces deux éléments sont esti- En fait, cette relation est à corriger d’un facteur Ψ > 1 car une par-
més de la manière suivante. tie de l’énergie diffuse thermiquement vers l’extérieur. Ce facteur
dépend de la diffusivité thermique du milieu et du temps d’allumage
ou délai d’inflammation. Pratiquement, on ne peut l’obtenir
2.2.1 Volume critique qu’expérimentalement. Formellement, l’équation (16) s’écrit :
On estime que la flamme ne peut se développer que si la
variation de son volume par rapport à son rayon est inférieure à la E c =Ψ Vc ρ c p (θ i − θ 0 ) (17)
variation du volume des gaz brûlés par rapport à ce même rayon :

d (volume de flamme) d (volume de gaz brûlés) 2.2.3 Délai d’inflammation



dr dr Même si les conditions ci-dessus sont respectées, on constate
que la flamme n’apparaît qu’à partir d’un certain temps appelé
L’application de cette règle pour une source sphérique de rayon délai d’inflammation. Ce laps de temps revêt une grande impor-
r et d’épaisseur du front de flamme e (figure 6) donne : tance, notamment dans le cas des combustions dans les moteurs
alternatifs. On peut en donner l’expression formelle suivante :
4  4 
d  π [(r + e) 3 − r 3 ] d  π r 3  −n
3  3  P 
 (14) tdi = K   eB /RT (18)
dr dr  P0 
soit :
avec K coefficient qui dépend de la composition du mélange,
2er + e 2  r 2 (15) P0 pression initiale,
B coefficient dit de température (différent d’une énergie
On obtient ainsi, la valeur du rayon critique : d’activation),
rc = 2 , 4 e R constante molaire des gaz.

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2.3 Limites d’inflammabilité – Richesse mesure de propagation ascendante. Pour des raisons de sécurité,
les limites sont toujours données pour une propagation ascendante.

2.3.1 Définitions
2.3.2.3 Dimensions de l’enceinte
La relation (4) met en évidence une certaine proportionnalité
entre les nombres de molécules de combustible et de comburant. Le domaine d’inflammabilité augmente avec les dimensions de
Ce rapport est le rapport stœchiométrique qui peut ne pas être l’enceinte jusqu’à une limite asymptotique. L’état des parois inter-
respecté lors des combustions réelles. Cependant, un mélange vient également.
gazeux ne peut s’enflammer que si la proportion de gaz
combustible dans le mélange combustible/comburant est comprise Lorsque l’écartement entre deux parois, ou le diamètre d’un
entre certaines limites dites limites d’inflammabilité. La limite infé- trou, atteint une valeur inférieure à la distance dite de coincement,
rieure d’inflammabilité Li correspond à un mélange pauvre en la combustion ne peut pas avoir lieu.
combustible et la limite supérieure Ls à un mélange riche. La
richesse est définie par : 2.3.2.4 Température initiale du mélange gazeux

 N combe  L’augmentation de température entraîne une augmentation du


  domaine d’inflammabilité. Cependant, comme ces variations
 N combt mélange étudié
restent faibles, on néglige en général cet effet de la température.
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ri = (19)
 N combe 
 
 N combt mélange stœchiométrique Exemple : pour le méthane dans l’air, la limite inférieure baisse de
deux points et la limite supérieure augmente de quatre points lorsque
Les indices combe et combt représentent respectivement le la température initiale passe de 0 à 400 oC.
combustible et le comburant, N étant le nombre de moles.
Comme, en général, on prend le nombre de moles de
combustibles en référence, cette expression devient : 2.3.2.5 Pression

Tant que la pression est de l’ordre de grandeur de la pression


(N combt)mélange stœchiométrique
ri = (20) atmosphérique ou supérieure, son influence est peu sensible. En
(N combt)mélange étudié revanche, pour les faibles pressions, elle est importante. Ainsi,
pour les très faibles pressions, correspondant à P < P l , la
Dans cette définition, le nombre de moles peut être remplacé combustion ne peut plus avoir lieu quelle que soit la concentration
par la masse. (figure 7). Par ailleurs, on constate que cette influence est fonction
de la température. Plus la température initiale est élevée, plus la
Les limites d’inflammabilité sont données, pour un certain
pression limite P l est faible. Cependant, cette influence est
nombre de combustibles, dans le tableau 4 pour une combustion
minime.
dans l’air ou dans l’oxygène. Elles sont déterminées par l’étude du
déplacement du front de flamme dans un tube contenant le
mélange. Quel que soit le mélange gazeux, les deux limites expéri- 2.3.2.6 Gaz inerte
mentales sont situées de part et d’autre de la composition stœ-
chiométrique du mélange. On note que la zone d’inflammabilité La présence d’un gaz inerte diminue la probabilité de rencontre
pour une combustion dans l’air est plus étroite que pour entre les centres actifs et les molécules susceptibles de réagir. Par
l’oxygène. Cela s’explique par la présence, dans l’air, d’azote qui conséquent, un gaz inerte modifie les limites d’inflammabilité. Il
est un gaz inerte vis-à-vis de la combustion et qui gêne la diminue la limite supérieure et généralement augmente la limite
rencontre entre oxydant et réducteur. inférieure, mais dans de faibles proportions.

2.3.2 Facteurs agissant sur les limites


d’inflammabilité
P
2.3.2.1 Énergie d’inflammation
L’énergie d’inflammation dépend de la nature et de l’intensité de
la source utilisée pour déclencher l’inflammation. Elle est essen-
tiellement liée à la température et influe peu sur les limites Domaine
d’inflammabilité. Cependant, comme vu ci-dessus, ce paramètre d’inflammabilité
énergie est important en tant que seuil de déclenchement de la Pa
combustion.

2.3.2.2 Direction et sens de la propagation


du front de flamme
La propagation du front de flamme à partir d’une source ponctuelle
d’inflammation est sphérique. Mais, en fait il existe un mouvement Pl
relatif entre gaz frais et gaz brûlés dû aux courants de convection
naturelle. Si la vitesse des courants de convection est supérieure à
celle du front de flamme, la flamme est dirigée vers le haut.
Les mesures des limites d’inflammabilité ayant lieu par détermi- Li Ls 100 %
nation de la propagation du front de flamme dans un tube, les résul-
Concentration
tats de ces mesures sont différents selon la position du tube. Le
domaine des limites mesurées dans le cas de mouvements
descendants du front de flamme est plus étroit que celui d’une Figure 7 – Influence de la pression sur les limites d’inflammabilité

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2.3.2.7 Humidité
Exemple : pour l’azote dans l’air (tableau 4), la limite inférieure est
inchangée. En présence d’humidité, le domaine d’inflammation est réduit
pour les gaz usuels sauf pour CO où il est élargi.
Sur la figure 8 sont représentées les limites d’inflammabilité Li
et Ls du méthane brûlant avec O2 soit en présence de N2 , soit de 2.3.3 Calcul des limites d’inflammabilité
CO2. Pour ce combustible, l’équation de combustion stœchiomé- dans le cas de mélanges de combustibles
trique dans un mélange méthane, oxygène, azote, s’écrit : gazeux
CH4 + 2 O 2 + n N2 = CO 2 + 2 H2O + n N2 (21) Pour le calcul des limites d’inflammabilité dans le cas de
mélanges de combustibles, on admet que la loi de Le Chatelier sur
En notant x la teneur en azote du mélange et y celle en méthane, l’additivité des limites est applicable :
on a :
1 nk
L ∑
= (25)
n n L
x= 100 = 100 (22) k k
n + 2+1 3+n
avec L et Lk respectivement limites d’inflammabilité pour le
mélange et pour le constituant k seul,
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100
y= (23) nk proportion volumétrique du constituant k dans le
3+n
mélange.
ce qui conduit à l’équation stœchiométrique : Selon qu’il y a ou non présence de gaz inertes autres que l’azote
contenu dans l’air, on distingue deux cas.
1− x
y= (24)
3 2.3.3.1 Mélange combustible ne comportant pas
de gaz inertes
Cette équation est strictement identique pour une combustion
en présence de dioxyde de carbone. Pour la combustion avec de l’oxygène pur comme comburant, la
loi de Le Chatelier s’applique directement en considérant les Lk
On note, sur la figure 8, que pour une combustion dans pour O2 . On l’applique de la même manière pour une combustion
l’oxygène pur (n = x = 0) les limites inférieure et supérieure dans l’air car les Lk correspondants sont bien connus.
d’inflammabilité sont respectivement égales à 5 et 60, ce qui est
conforme aux indications du tableau 4. De même, pour une
combustion dans l’air où n = 7,54, soit x = 71,5 %, on retrouve sur Exemple de calcul : soit un mélange de composition volumique
la figure 8 [3] les limites données dans le tableau 4, soit : 5 et 80 % en CH4 et 20 % en CO, brûlant dans l’air :
15 %. Dans le cas de la combustion en présence de CO2 , on – pour CH4 : Li = 5 % Ls = 15 %
constate que la limite inférieure croît légèrement avec l’augmenta- – pour CO : Li = 12,5 % Ls = 74 %
tion de la teneur de ce gaz.
Pour le mélange, on a :

1 0, 8 0, 2 1 0, 8 0, 2
= + et = + (26)
Li 5 12, 5 Ls 15 74

100 d’où : Li = 5,7 % et Ls = 17,8 %

2.3.3.2 Mélanges de combustibles avec gaz inertes


Limite supérieure
La loi de Le Chatelier s’applique encore mais on ne peut plus
Droite de stoechiométrie utiliser les Lk du combustible seul pour O2 ou pour l’air puisque le
75
mélange combustible contient des gaz inertes. En général, on uti-
Teneur en CH4 (%)

Limite inférieure
lise des courbes expérimentales donnant pour des mélanges binai-
res combustibles/inertes, les courbes de limites d’inflammabilité L
Combustion

60
en fonction du rapport R entre le volume du gaz inerte et le
dans l'air

50 volume du combustible.
La figure 9 donne un exemple de combinaisons de trois
combustibles H2, CO et CH4 avec deux gaz inertes N2 et CO2 . Ces
CO2 courbes représentent les limites d’inflammabilité de ces différents
mélanges binaires pour une combustion dans l’air.
25 N2 On remarque qu’au-delà d’une certaine valeur R0 du rapport R,
le mélange inerte + combustible est ininflammable quelle que soit
15
la quantité d’air à laquelle il est mélangé.
5 Le calcul des limites Li et Ls a lieu de la manière suivante :
– on répartit les gaz inertes de sorte que les mélanges binaires
0 25 50 75 100
formés aient une valeur de R inférieure à R0 ;
Teneur en N2 (ou CO2) (%) – on considère le gaz complexe comme formé d’une juxtapo-
dans le mélange CH4, O2, N2 (ou CO2) sition de plusieurs mélanges binaires combustible + inerte dont la
valeur de L est donnée par la figure 9 ;
– chaque mélange binaire est alors considéré comme un
Figure 8 – Évolution des limites d’inflammabilité du méthane
en fonction de la teneur en éléments neutres dans le mélange combustible pour lequel L est connu ;
combustible/comburant [3] – on applique la règle de Le Chatelier.

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Pour le mélange, les limites d’inflammabilité sont alors :


Li = 5,2 % et Ls = 32,6 %
17
Ces limites correspondent au gaz sans les 4,77 % d’air contenu
dans le mélange initial. Si l’on tient compte de cette quantité d’air, on
obtient :
15 H2 + N2
Li = 5, 2 (1+ 0, 0477) = 5, 45 %
R = volume d’inerte / volume

13 H2 + CO2 Ls = 32, 6 (1+ 0, 0477) = 34, 2 %


de combustible

11
Remarquons que cette méthode est approximative puisque les
résultats dépendent des associations qui sont faites entre les
9 CH4 + N2 combustibles et les inertes. Cependant, dans la plupart des
situations réelles, les variations entre les différents cas sont faibles.
7 CH4 + CO2
Ainsi, si on associe le dioxyde de carbone au méthane et l’azote au
5 monoxyde de carbone, on obtient :
CO + N2
3
Li = 5,21 % et Ls = 33,1 %
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CO + CO2
Si on associe l’azote à l’hydrogène et le dioxyde de carbone au
1 monoxyde de carbone, les chiffres deviennent :
0
10 20 30 40 50 60 70 80 Li = 4,96 % et Ls = 34,7 %

L = limite d’inflammabilité (%)

Figure 9 – Limites d’inflammabilité dans l’air pour l’hydrogène,


3. Température des fumées
le méthane et l’oxyde de carbone mélangés avec soit de l’azote,
soit du dioxyde de carbone
La définition des chaleurs de combustion suppose que les
produits de la réaction (fumées) soient à la même température (et
à la même pression ou au même volume) que les réactifs. En pra-
Exemple de calcul : soit un mélange dont la composition tique, il est très rare que cette condition d’identité des températu-
volumique est : res soit respectée. De même, dans de nombreuses applications
(combustion dans les moteurs ou en centrales thermiques), les
H2 = 45 % ; CO = 10 % ; CO2 = 5 % ; O2 = 1 % ; CH4 = 25 % ; réactifs ne sont pas à la température standard, mais à une tempé-
C2H6 = 2 % ; N2 = 12 %. rature quelconque qui peut aussi être différente pour le
On commence toujours par grouper les quantités d’oxygène et combustible et pour le comburant. Alors, la quantité de chaleur Q
d’azote qui peuvent former de l’air. Ici, il faut combiner 1 % de O2 cédée à l’extérieur au cours de la combustion ne correspond plus à
avec 3,77 % de N2 , ce qui forme 4,77 % d’air dans le mélange. l’opposé de la chaleur de combustion. L’application de la
Puisque le mélange brûle dans l’air, on recalcule les teneurs du relation (1), qui traduit le premier principe de la thermodynamique,
mélange combustible sans cette quantité d’air. Cela revient à multi- est toujours possible et peut être détaillée, par exemple, pour la
combustion d’une mole de combustible sous pression constante :
1
plier chaque teneur par = 1, 051, ce qui donne :
1− 0, 0477 Q12 = ∆H 12 = ∆H 10combe + N combt ∆H 10combt + ∆H c + ∑Ni ∆H 02produiti (27)
H2 = 47,25 % ; CH4 = 26,25 % ; CO2 = 5,25 % ; CO = 10,5 % ; i
C2H6 = 2,1 % ; N2 = (12 – 3,77) 1,051 = 8,64 %.
avec 1 et 2 respectivement l’état initial des réactifs et l’état final
L’association gaz inerte + combustible peut avoir lieu de plusieurs des produits (figure 10),
manières (cependant, on ne peut combiner C2H6 avec un gaz inerte
car la figure 9 ne donne aucun renseignement sur un tel mélange). Q12 chaleur dégagée par la combustion d’une mole de
Par exemple, on peut considérer les ensembles : (CH4 + N2), combustible,
(CO + CO2), (H2), (C2H6). Les résultats correspondants sont donnés i différents corps des produits.
dans le tableau 5. L’état 0 est soit l’état standard, soit l’état TPN.

Tableau 5 – Détermination des limites d’inflammabilité d’un mélange combustible contenant


des inertes
Constituants Lik Lsk
nk nk
ou mélanges nk R
binaires (%) Li k (%) Ls k

H2 0,472 4 0,118 75 0,0063

C2 H6 0,021 3 0,007 12,5 0,0017

CH4 + N2 0,349 0,329 6 0,058 17 0,0205

CO + CO2 0,157 0,5 15 0,0105 73 0,0022

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moyennes étant données entre une température quelconque et


0 oC, on a :

Q12 = ∆H12 θ 2 ∑Ni C piθ 2 = − C pcombeθ 1combe − N combtC pcombtθ 1coombt − ∆H c (30)
i

1 2 avec θ température exprimée dans l’échelle Celsius.


Combustion réelle On définit la température théorique de combustion Tth comme
la température atteinte par les fumées lorsque la combustion adia-
batique est complète, le combustible et le comburant étant pris à
0 oC (ou 25 oC). On a alors :

∆H02 produits
∆H10 réactifs

Produits
Réactifs

∑Ni ∆H02produiti = − ∆H c (31)


i

Tth
ou : ∑Ni ∫ 273C pi dT = − ∆H c (32)
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Combustion standard ou encore :


0 0 θ th ∑Ni C piθ th = − ∆H c (33)
i

– Qc = ∆Hc
Exemple de calcul : soit la combustion d’une mole de méthane
dans l’air, l’eau étant sous forme vapeur dans les produits. L’équation
stœchiométrique est :

CH4 + 2 (O 2 + 3, 77 N2 ) = CO 2 + 2 H2O + 7, 54 N2 (34)


Figure 10 – Schématisation d’une combustion sous pression
constante La chaleur de combustion du méthane (tableau 1) est de
– 845,95 kJ/mol et les capacités thermiques (en J/mol) de l’eau, du
dioxyde de carbone et de l’azote ont comme équation :
3.1 Température adiabatique
de combustion C pCO2 = 27, 9 + 3, 35 × 10−2 T − 2 × 10−6 T 2 

C pH2O = 27, 9 + 1, 4 × 10−2 T + 6 × 10−6 T 2  (35)
Dans des situations particulières, la combustion est adiabatique. 
C’est le cas dans certains foyers et, moyennant approximation, C pN2 = 27, 9 + 4,18 × 10−3 T 
dans les moteurs. L’équation (27) permet alors de calculer la tem-
pérature T2 atteinte par les fumées. En effet, que ce soit pour les avec T en K.
réactifs ou pour les produits, l’enthalpie est liée à la température L’équation (32) s’écrit :
par la relation :
Tth
∆Hij =
Tj
∫Ti C p dT (28) ∫T 0
[10,54 × 27,9 + (3,35 + 2 × 1, 4 + 7,54 × 0, 418) 10−2 T

+ (− 2 + 6 × 2) 10−6 T 2 ] dT = − ∆Hc
avec Cp capacité thermique molaire sous pression constante.
soit :
Alors, en notant que Q12 = 0, on peut écrire :
294,1 (Tth − T0 ) + 4,65 × 10−2 (Tth2 − T02 )
T2 273 (36)
∑Ni ∫273C pi dT = − ∫T 1combe
C pcombe dT + 3,33 × 10−6 (Tth3 − T03 ) = 845,95 × 103
i (29)
273 avec T0 = 273 K, la résolution de cette équation du troisième degré
− ∫T1combt
Ncombt C pcombt dT − ∆Hc
en Tth conduit à :

L’obtention de la température T2 à partir de cette relation est θ th = 1 970 o C


plus ou moins aisée, selon l’expression des capacités thermiques Un calcul analogue, pour une combustion dans de l’oxygène pur
en fonction de la température (voir l’exemple de calcul ci-dessous). (absence d’azote dans les fumées) donne :
Il est également possible de déterminer indirectement cette tem-
pérature en utilisant l’équation (27) et les tables d’enthalpies θ th = 3 360 o C
molaires des produits (eau, dioxyde de carbone et azote pour les
combustions théoriques) et des réactifs lorsque ceux-ci sont des
combustibles gazeux en particulier (tableau 6) [4]. Les enthalpies
étant données en fonction de la température, la température de La comparaison entre ces deux résultats met en évidence
combustion ne peut être obtenue que par itérations. l’importance de la présence d’un inerte (azote) sur la température
Une détermination analogue est obtenue si on dispose de tables des fumées d’une combustion adiabatique. En effet, une partie de
l’énergie du combustible sert à chauffer cet inerte de la tempé-
de valeurs moyennes de capacités thermiques C p . Ces valeurs rature T0 à la température finale des fumées.

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ÉNERGÉTIQUE DE LA COMBUSTION ____________________________________________________________________________________________________

Tableau 6 – Variation d’enthalpies molaires de quelques gaz entre 0 oC et la température


considérée (kJ/mol) [4]
Température Gaz Dioxyde
Vapeur d’eau Méthane
(oC) diatomiques de carbone
100 2,93 3,35 3,77 4,19
200 5,86 7,11 7,53 9,21
300 8,79 11,30 12,14 14,65
400 11,72 15,48 16,74 20,51
500 15,07 20,09 21,76 26,78
600 18,00 24,69 26,78 33,48
700 21,34 29,71 32,64 41,01
800 24,27 34,74 38,50 48,96
900 27,62 40,18 44,78 57,33
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1 000 30,97 46,04 51,06 66,12


1 100 34,32 51,89 58,17 75,33
1 200 38,08 58,17 64,87 85,37
1 300 41,43 64,45 72,40 95,42
1 400 44,78 71,15 80,35 106,30
1 500 48,55 77,84 88,30 118,02
1 600 52,31 84,96 96,67 129,74
1 700 55,66 92,49 105,46 142,29
1 800 59,43 100,02 114,25 154,43
1 900 63,19 108,39 123,46 168,24
2 000 66,96 116,34 133,50 182,05
2 100 71,15 124,71 143,13 196,70
2 200 74,91 133,50 153,17 211,34
2 300 79,10 141,87 164,05 226,83
2 400 82,86 151,08 174,93 242,73

3.2 Cas d’une combustion quelconque – Ces réactions étant en général endothermiques, leur présence a
pour conséquence une baisse de la température des fumées par
Chaleur dégagée – Température rapport au calcul précédent. Elles sont soumises à des conditions
des fumées d’équilibre déterminées par leur constante d’équilibre qui, dans le
cas de la première réaction par exemple, s’écrit :
3.2.1 Prise en compte des dissociations
et recombinaisons [CO] [O 2 ]1/ 2
K (T ) = = K0 e− ∆H / RT (37)
[CO 2 ]
Lorsque les températures atteintes dans les fumées sont supérieures
à 1 400/1 500 oC [A 1 610], on observe que les produits obtenus par une où les crochets représentent la concentration molaire du corps
combustion d’hydrocarbures ne correspondent pas strictement à ceux considéré dans l’ensemble de l’opération de combustion.
donnés par l’équation (4). En effet, outre le fait que les fumées peuvent
contenir de l’oxygène en cas de mélange pauvre (ri < 1), il y a des phé- En pratique, il est difficile de prendre en compte ces réactions de
nomènes de dissociations et de recombinaisons qui obéissent à des dissociation ou de recombinaison car, d’une part, elles dépendent
équilibres fonction de la température, voire de la pression. Ainsi, par de la température qui est inconnue a priori, d’autre part, l’équilibre
exemple, les équations suivantes sont à considérer : est rarement atteint, ce qui entraîne des inexactitudes dans la
recherche de la solution.
CO 2 $ CO + 1 O + ∆H
2 2 Il est cependant nécessaire de préciser que ces phénomènes
H2O $ H2 + 1 O + ∆H peuvent abaisser la température de combustion de plusieurs
2 2
centaines de degrés.
H2O $ 1
2 H2 + OH + ∆H
H2 $ 2 H + ∆H
O 2 $ 2 O + ∆H À noter également que les chaleurs de combustion définies
dans les conditions standard ne sont pas affectées par ces
O 2 + N2 $ 2 NO + ∆H réactions de dissociation et de recombinaison du fait de la
SO 2 + O 2 $ SO 3 + 1
2 O 2 + ∆H température considérée, beaucoup trop basse pour avoir des
etc. constantes d’équilibre conséquentes.

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Enthalpie

température
des réactifs
Échelle de
1 Réactifs à θ1

Réactifs à θ0

Échelle de température
contenant 1 mole de ∆H01 réactifs
combustible 0 0 °C

des fumées
∆H12 = Q12 = – Qdégagée
2
Produits ou fumées à θ2

∆Hc = – Qc
∆H02 produits

Produits à θ0 0 0 ˚C
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Figure 11 – Schématisation énergétique d’une combustion réelle sous pression constante (les réactifs sont supposés être à la même température)

3.2.2 Combustions non adiabatiques diminue, par exemple au contact de parois froides, une partie de
cette eau peut se condenser. La température à laquelle la
Dans de nombreuses situations, la combustion n’est pas adiaba- condensation commence est appelée température de rosée θr.
tique. C’est en particulier le cas lorsque l’on cherche à chauffer un
fluide. On peut alors calculer la chaleur Q fournie par la La connaissance de cette température est importante car, si la
combustion connaissant les températures des réactifs et la tempé- température des fumées descend au-dessous, il y a un déga-
rature des fumées. Ou à l’inverse, déterminer quelle doit être la gement de chaleur supplémentaire correspondant à la chaleur
température des fumées pour obtenir un effet thermique donné. latente de changement de phase vapeur-liquide de la quantité
Quel que soit le cas, l’équation (27) est à appliquer dans sa totalité. d’eau condensée.
Cependant, la résolution est plus directe pour connaître la quantité
de chaleur reçue à partir de la température des fumées que La température de rosée se détermine de la façon suivante :
l’inverse. Dans ce dernier cas, la résolution est du même type que
celle de la température adiabatique de combustion. 1. il faut calculer la pression partielle de la vapeur d’eau Pe dans
les fumées :
La figure 11 donne une représentation schématique des
échanges thermiques et des évolutions énergétiques d’une part, des Pe = x e P
niveaux de température des réactifs et des fumées d’autre part.
Comme la température des réactifs ainsi que celle des fumées avec P pression totale (souvent la pression atmosphérique),
croît avec l’enthalpie, la chaleur dégagée par la combustion est
d’autant plus importante que la température des réactifs est plus xe fraction molaire d’eau dans les fumées ;
élevée et que celle des fumées est plus basse. Lorsque la chaleur
dégagée est nulle, on retrouve, pour les fumées, la température 2. il faut chercher dans les tables de la vapeur, ou à l’aide du
adiabatique de combustion. diagramme d’équilibre liquide-vapeur de l’eau Ps = f (θ) (figure 12),
la température θr à laquelle la pression de vapeur saturante Ps est
égale à la pression partielle Pe .
Les raisonnements ci-dessus ont été faits pour une
combustion sous pression constante. Ils restent valables pour Pour obtenir la valeur de la quantité de chaleur dégagée par la
une combustion à volume constant à condition de remplacer condensation, il faut :
les enthalpies par les énergies internes.
1. déterminer la pression de vapeur saturante correspondant à la
température des fumées ; cette pression est la pression partielle
atteinte par l’eau dans les fumées ;
3.3 Température de rosée des fumées –
2. en déduire la nouvelle fraction molaire de l’eau dans les
Chaleur supplémentaire récupérée fumées ;
La composition des fumées dépend du combustible. On y trouve 3. multiplier la différence des moles d’eau avant et après
quasiment toujours du dioxyde de carbone, de l’eau, de l’azote condensation par sa chaleur molaire de changement de phase.
(notamment lors d’une combustion dans l’air), parfois de l’oxyde de
carbone si la combustion est incomplète, du dioxyde de soufre, de
l’oxygène lorsque la combustion a lieu avec un excès d’air (combus- Exemple de détermination : on reprend la combustion du
tion non stœchiométrique) et des produits de dissociations et de méthane dans l’air [équation (34)] et on admet que les fumées sont à
recombinaisons. 40 oC.
Dans les fumées, il y a 2 molécules d’eau pour un total de 10,54
3.3.1 Fumées ne contenant qu’une seule vapeur molécules, soit une fraction massique xe = 0,19. Si la pression des
condensable fumées est P = 1 bar, la pression partielle d’eau dans les fumées
vaut : Pe = 190 mbar. On note alors, d’après la figure 12, que Ps = Pe
En général, la température des fumées est telle que l’eau s’y pour une température égale à environ 59 oC, ce qui est aussi la tem-
trouve sous la forme de vapeur. Cependant, si la température pérature de rosée.

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250
Température (°C)

400

200
Pression de vapeur saturante Ps (mbar)

Vapeur 326
300

M
150
200
θ’r

Liquide
100
100
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γ γ’

0 100
Concentration en SO4H2 (%)
50

Figure 13 – Diagramme d’équilibre liquide/vapeur du mélange


eau-acide sulfurique à la pression atmosphérique

0 faut donc, en pratique, connaître le diagramme relatif à la pression


0 20 40 60 80 partielle de l’ensemble eau-acide. Cependant, ce schéma ne mon-
tre que les premières gouttes condensées :
Température (°C)
– apparaissent à une température θ r′ supérieure à la tempéra-
Figure 12 – Diagramme d’équilibre liquide-vapeur de l’eau ture de rosée θr de l’eau seule (ici 100 oC) ;
– ont une teneur en acide γ ′ supérieure à celle γ de la vapeur.
Ainsi, l’acidité du liquide condensé est plus forte que celle des
fumées. En pratique, cette acidité entraîne une action corrosive
À 40 oC, la pression partielle de l’eau dans les fumées ne peut pas
particulièrement vive.
dépasser la pression de vapeur saturante à cette température, soit
74 mbar. Ainsi, la fraction molaire d’eau xe dans les fumées n’est plus L’écart entre θ r′ et θ r peut être très grand. En effet pour une
que de 0,074. Or : pression eau + acide égale à la pression atmosphérique, pour une
teneur volumique en acide de 0,7 %, les tables indiquent
N H2O θ r′ = 180 o C (θr = 100 oC). Dans une chaudière où la pression totale
xe = (38) des deux vapeurs est de 660 Pa, θr = 40 oC alors que, avec une aci-
N CO 2 + N N2 + N H2O dité de 0,7 %, θ r′ = 95 o C .

xe
soit NH2O = (NCO2 + NN2 )
1− x e 4. Analyse exergétique
soit N H2O = 0, 682 mol
4.1 Exergie d’un mélange combustible
Comme avant condensation, il y avait 2 moles d’eau, il y a eu
condensation de 1,318 mole. La chaleur latente de changement de
phase étant L = 44,9 kJ/mol, la quantité de chaleur récupérée est de 4.1.1 Définition et expression pour une
59,18 kJ/mol de CH4 , soit environ 7 % de la chaleur de combustion combustion sous pression constante
du méthane.
Soit un mélange réactionnel formé de carburant et du
comburant nécessaire à la combustion stœchiométrique. Si on
3.3.2 Fumées avec plusieurs gaz condensables note par 1 l’état de ce système avant combustion et par 2 les
fumées obtenues après la combustion, selon l’expression de
Dans le raisonnement précédent, on a supposé que les fumées ne l’exergie Ex [BE 8 015], on peut écrire :
comportaient qu’un seul gaz condensable, l’eau. La condensation
peut être plus complexe quand il y a plusieurs gaz condensables.
∆Ex12 = ∆U12 + Pa ∆V12 − Ta ∆S12 + ∆12 ∑Ni µ ia (39)
C’est le cas notamment lorsque le combustible comporte du soufre
i
qui produit du dioxyde de soufre dans les fumées. Des équilibres
chimiques interviennent alors avec l’oxygène, puis l’eau pour for- avec S entropie,
mer de l’acide sulfurique condensable. Dans ce cas, la condensation
obéit aux lois des mélanges. Pa pression ambiante,
À titre d’exemple, on donne sur la figure 13 un diagramme qua- µia potentiel chimique de l’espèce i dans les conditions
litatif établi pour ce mélange à une pression totale de 1 013 mbar. ambiantes,
Si la pression du mélange varie, la position des courbes évolue. Il Ta température ambiante.

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On rappelle aussi que l’exergie d’un système représente la


fraction maximale de l’énergie de ce système qui peut être trans-
Tableau 7 – Entropies absolues molaires
formée en énergie mécanique. Ainsi, si on veut déterminer l’exer-
de certains corps à 298 K [5]
gie d’un mélange combustible pris dans les conditions ambiantes Entropie
(température ambiante ; pression atmosphérique), il faut État physique Élément ou corps pur
(J/mol · K)
considérer une combustion sous pression constante conduisant au
maximum d’énergie récupérable, c’est-à-dire une combustion carbone diamant (C) 2,5
complète conduisant à des fumées techniquement et énergétique- solide carbone graphite (C) 5,7
ment inexploitables, c’est-à-dire des fumées à la température
ambiante Ta sous la pression atmosphérique Pa . Alors, les états 1 soufre (S) 31,9
et 2 doivent correspondre respectivement à : benzène (C6H6) 203,0
eau (H2O) 70,0
1→mélange stœchiométrique combustible/comburrant à T =Ta et P = Pa liquide
2 → fumées à T = Ta et P = Pa éthanol (C2H5OH) 160,7
méthanol (CH3OH) 126,8
Dans ces conditions, on note que :
acétylène (C2H2) 209,2
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∆U12 + Pa ∆V12 = ∆H 12 (40) azote (N2) 191,3


dioxyde d’azote (NO2) 240,6
En convenant d’écrire la relation exergétique (39) pour un
dioxyde de carbone (CO2) 213,9
mélange combustible contenant une mole de combustible, la
variation d’enthalpie correspond, par définition, à l’enthalpie de dioxyde de soufre (SO2) 248,6
combustion ∆Hc. Comme dans la grande majorité des processus
industriels, il est exclu de récupérer la chaleur latente de eau (H2O) 188,7
condensation de l’eau des fumées, l’enthalpie de combustion éthane (C2H6) 229,3
considérée est celle mesurée lorsque l’eau est à l’état de vapeur
dans les fumées (mais cela peut apparaître comme une simple éthylène (C2H4) 219,5
gazeux
convention). Alors : hydrogène (H2) 130,6
∆H 12 = ∆H c
méthane (CH4) 186,2
et : monoxyde d’azote (NO) 210,5

∆Ex12 = ∆H c − Ta ∆S12 + ∆12 ∑Ni µ ia (41) monoxyde de carbone (CO) 198,0


i n-butane (C4H10) 310,1
Comme toute fonction d’état, l’exergie est définie à une constante oxygène (O2) 205,1
près. Il est possible de choisir son origine pour un système donné. propane (C3H8) 269,9
Si on convient de prendre, pour le mélange combustible considéré,
l’origine de l’exergie pour le fluide correspondant aux produits de la propylène (C3H6) 267,0
combustion à Ta et Pa (Ex2 = 0), on peut écrire :

Ex mc = − ∆H c + Ta ∆S12 − ∆12 ∑Ni µia (42) Exemple : on reprend le cas de la combustion du méthane dans
i l’air, l’eau étant sous forme de vapeur dans les fumées. L’équation de
combustion (34) met en évidence le fait que la différence d’entropie
avec Exmc exergie du mélange combustible contenant une mole est à prendre entre une mole de méthane et 2 moles d’oxygène
de carburant ou combustible. d’une part, une mole de dioxyde de carbone et 2 moles d’eau d’autre
part. Les conditions étant les mêmes en 1 et 2, l’entropie de l’azote
Les termes Ta∆S12 et ∆12 ∑Ni µ ia sont toujours faibles par ne change pas. Ainsi, on a :
i – S2 = 213,9 + 2 × 188,7 = 591,3 J/(mol CH4)
rapport à la quantité ∆Hc .
– S1 = 186,2 + 2 × 205,1 = 596,4 J/(mol CH4)
En effet, si on considère uniquement l’entropie : soit :
– S2 représente l’entropie à Ta et Pa d’un mélange gazeux de T a ∆S 12 = − 1, 52 kJ/ (mol CH4 )
CO2 , H2O, SO2 et N2 ; L’enthalpie de combustion du méthane étant d’environ
– S1 représente l’entropie aux mêmes conditions de température – 846 kJ/mol, on constate que négliger le terme entropique entraîne
Ta et de pression Pa : une erreur inférieure à 0,2 %.
• soit d’un mélange gazeux air/gaz combustible,
On peut généraliser ce résultat et, en définitive, écrire :
• soit d’un mélange d’air et de liquide ou de solide
combustible.
Exmc ≅ − ∆H c (43)
Pour plus de précision, on donne dans le tableau 7 [5], l’entropie
à 298 K de quelques corps purs. Ces entropies sont obtenues à
partir du principe de Nernst qui fixe à 0 la valeur de l’entropie de Ainsi, sur le plan exergétique, on peut considérer que l’éner-
tout corps pris à 0 K et de la connaissance de l’évolution de la gie chimique d’un mélange combustible est de l’exergie pure.
capacité thermique massique en fonction de la température ainsi Elle est équivalente à un potentiel d’énergie thermique
que de la valeur des diverses chaleurs latentes des changements Q = – Qc = – ∆Hc disponible à une température infinie.
de phase qui ont lieu éventuellement entre 0 et 298 K.

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ÉNERGÉTIQUE DE LA COMBUSTION ____________________________________________________________________________________________________

En effet, le contenu énergétique d’une quantité de chaleur Q


valant [BE 8 008] : H3 = H1
Ex3
 T  3 Fumées
Exq = Q  1− a  (44) S3
 T 
T3 = Tth
on voit que pour avoir Exq = Q il faut que T = T∞ .

ave
Éch le mi
ue

c
ang lieu
iq
4.1.2 Représentation graphique

at
ab

e th ext
i
ad
La combustion est une opération essentiellement irréversible

erm érie
on
pour laquelle les éléments de départ (réactifs) diffèrent de ceux se Q32

iqu ur
sti
trouvant à la fin de la transformation (produits). Ainsi, il y a lieu

bu
DP = 0

e
m
dans tout diagramme de bien différencier ces deux types de

Co
systèmes. Dans le diagramme T, s par exemple, les isobares Pa
des réactifs et des produits sont différentes. À même température
Ta par exemple et même pression, l’entropie des produits S2 doit H1 H2 = H1 + ∆Hc
être, comme cela a été souligné plus haut, légèrement différente Exmc Ex2 = 0
de l’entropie S1 des réactifs. 1 Réactifs 2 Fumées
S1 S2
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Pour représenter graphiquement l’exergie du mélange combus- Ta Ta


tible, la combustion peut être décomposée en deux phases
(figure 14) :
Figure 14 – Combustion adiabatique suivie d’un échange thermique
– une combustion adiabatique 1-3 au cours de laquelle la tempé- entre les fumées et le milieu extérieur
rature des fumées atteint la température adiabatique de combus-
tion Tth et l’entropie augmente par le seul fait de l’irréversibilité de
cette opération (S3 – S1 = ∆S′) ; puisque, par convention, l’exergie des fumées dans les conditions
– un échange thermique isobare avec le milieu extérieur. Au ambiantes est nulle. Or :
cours de cette opération, la quantité de chaleur Q32 = ∆H32 = ∆Hc
est échangée avec le milieu extérieur. Or, en diagramme entro- ∆Ex 23 = ∆H 23 − Ta ∆S 23 (46)
pique (figure 15), l’aire sous-tendue par un élément d’isobare cor-
respond à la variation d’enthalpie [BE 8 013]. Cette quantité de
Sur la figure 15b, la variation d’enthalpie entre les points 2 et 3
chaleur ou la variation d’enthalpie sont représentées graphique-
est représentée par l’aire a23b alors que le produit de la
ment par l’aire b32a de la figure 15a.
température ambiante par la variation d’entropie est représenté
Ainsi, l’exergie du mélange combustible, donnée par la par l’aire a2cb. Ainsi, l’exergie des fumées au point 3 est représen-
relation (43), est représentée par l’aire a23b de la figure 15a. tée par l’aire 23c.
On en déduit que l’exergie perdue au cours de la combustion
4.2 Irréversibilité de la combustion adiabatique, donnée par :
L’exergie contenue dans les fumées après combustion adiaba-
tique est donnée par : Exmc − Ex 3 = Ta ∆S 23 (47)

Ex 3 = Ex 2 + ∆Ex 23 = ∆Ex 23 (45) est représentée par l’aire a2cb de la figure 15b.

T Évolution isobare Évolution isobare


des fumées T des fumées
3 3
Tth Tth
0

0
=

=
DP

DP

∆Ex32
∆Hc = - Exmc
2 c 2 c
Ta Ta

a b a b

S2 S3 S S2 S3 S

a exergie du mélange combustible b variation de l’exergie des produits au cours de leur refroidissement

Figure 15 – Évolution des fumées à la suite d’une combustion isobare adiabatique

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_____________________________________________________________________________________________________ ÉNERGÉTIQUE DE LA COMBUSTION

Elle représente l’irréversibilité de la combustion, les autres irré- Avec Tth = 2 243 K et Ta = 293 K, on obtient :
versibilités éventuelles au cours d’une opération réelle de
∆S23 = 804,7 J/K ⋅ mol CH4
combustion étant à attribuer aux transferts thermiques, ou aux
réactions incomplètes. soit :
On trouvera des compléments relatifs à l’exergie des Ta ∆S23 = 235,8 kJ/mol CH4
combustions dans [6] par exemple.
Cette perte d’exergie, due à l’irréversibilité de la combustion
elle-même et correspondant à la création d’entropie
∆S23 ≅ ∆S13 = ∆S′ (en effet, ∆S12 = – 5,1 J/K·mol), représente pres-
Exemple de calcul : on reprend la combustion du méthane dans que 28 % de l’énergie de combustion du méthane (846 kJ/mol).
l’air. Pour calculer l’irréversibilité de cette combustion, il faut calculer
la variation d’entropie des fumées entre les états 2 et 3. Or, pour un
gaz sous pression constante, la variation d’entropie est donnée
par [BE 8 013] : 5. Conclusion
dT dP
dS = C p −R (48) L’ensemble des éléments développés dans cet article se
T P
concentre sur une présentation basique et élémentaire de la
ou, à pression constante : combustion et plus particulièrement de ses aspects énergétiques.
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T3 dT On n’a pas abordé les fondements chimiques de la combustion


∆S23 =
∫T2
Cp
T
qui sont complexes, mais sans aucun doute nécessaires pour trai-
ter des problèmes locaux et/ou instantanés, comme par exemple
Compte tenu des expressions des capacités thermiques des pro- ceux qui sont analysés lors de la combustion dans un moteur
duits de la combustion du méthane données par les équations (35), on alternatif, notamment au voisinage des parois. Un tel développe-
a: ment est aussi nécessaire, par exemple, pour connaître très exac-
tement les différents produits qui prennent naissance au cours de
Tth la combustion à des fins de protection de l’environnement. Des
∆S23 =
∫Ta
[10,54 × 27,9 + (3,35 + 2 × 1, 4 + 7,54 × 0, 418) 10−2 T ouvrages spécialisés sont consacrés à ces analyses.
Par ailleurs, cet article a aussi pour but d’introduire l’article
dT
+ (− 2 + 6 × 2) 10−6 T 2 ] suivant dont l’objectif est de faire une présentation macroscopique
T et sous un angle industriel de l’énergétique de la combustion. Une
L’intégration donne : telle présentation, de type monodimensionnel, ne fait état que des
conditions d’entrée/sortie d’un système thermodynamique soumis
Tth à des réactions chimiques intermédiaires globales et relatives à
∆S23 = 294,1 ln + 9,3 × 10−2 (Tth − Ta ) + 5 × 10−6 (Tth2 − Ta2 ) une quantité parfaitement définie sur le plan massique ou volumi-
Ta que de ce système.

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P
O
U
Énergétique de la combustion R

Aspects fondamentaux E
par André LALLEMAND
N
Professeur émérite des universités
Ancien directeur du département de génie énergétique de l'INSA de Lyon

S
A
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Sources bibliographiques V
[1] LALLEMAND (A.). – Exercices et problèmes
résolus de thermodynamique. Ellipses
[3] PERTHUIS (E.). – La combustion industrielle.
Technip (1983).
[5] MAHAN (B.H.), L’ECUYER (P.) et LEFRAN-
COIS (M.). – Chimie. Éditions du Renouveau O
(2011). Pédagogique Montréal (1970).
[2] BORGHI (R.) et DESTRIAU (M.). – La
combustion et les flammes. Technip (1995).
[4] RAZNJEVIC (K.). – Tables et diagrammes
[6] SOMA (S.K.) et DATTA (A.). – Thermodynamic
irreversibilities and exergy balance in
I
thermodynamiques. Eyrolles (1970). combustion processes. Progress in Energy and
Combustion Science, 34, p. 351-376 (2008). R
À lire également dans nos bases
BATIN-LECLERC (F.). – Chimie de la combustion.
Auto-inflammation des carburants. [BE 8 318]
GUSTIN (J.-L.). – Risque d’explosion de gaz.
[SE 5 020] Environnement Sécurité, Risques
LALLEMAND (A.). – Compression et détente des
gaz. [BE 8 013] Génie énergétique (2003).
P
Génie énergétique (2009).
DIAS (V.) et VANDOOREN (J.). – Chimie de la
d’explosion et d’incendie (2002).
BENELMIR (R.), LALLEMAND (A.) et FEIDT (M.). –
LALLEMAND (A.). – Bilans entropiques et exergéti-
ques. [BE 8 008] Génie énergétique (2005). L
combustion, Flammes d’hydrocarbures. Scien- Analyse exergétique. [BE 8 015] Génie énergé- ESPOSITO (É.). – Combustion, température et
ces fondamentales (2004). tique (2002). composition des gaz brûlés. [A 1 610] Archives,
Génie énergétique (1998).
U
S

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