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Rôle et activités des laboratoires

par Philippe OZANNE


Ingénieur de l’École Centrale de Paris

1. Champ d’action des laboratoires ........................................................ C 60 - 2


1.1 Nature des interventions............................................................................. — 2
1.1.1 Études préalables ............................................................................... — 2
1.1.2 Garantie de conformité ...................................................................... — 2
1.1.3 Surveillance de l’exécution................................................................ — 3
1.1.4 Diagnostic d’un désordre................................................................... — 3
1.1.5 Études de portée générale. Recherche et innovation...................... — 3
1.1.6 Réglementation, normalisation et recommandations..................... — 4
1.1.7 Documentation. Formation professionnelle..................................... — 4
1.2 Les différents laboratoires .......................................................................... — 4
1.2.1 Différents types de laboratoires ........................................................ — 4
1.2.2 Spécialisation...................................................................................... — 6
1.2.3 À qui s’adresser ? ............................................................................... — 7
2. Conditions d’intervention des laboratoires...................................... — 8
2.1 Essais courants ............................................................................................ — 8
2.1.1 Devis et spécifications........................................................................ — 8
2.1.2 Renseignements à fournir.................................................................. — 9
2.2 Études et projets .......................................................................................... — 9
2.2.1 Intervention du laboratoire ................................................................ — 9
2.2.2 Règles à respecter pour que l’intervention du laboratoire soit
efficace — 10
2.2.3 Innovation technologique .................................................................. — 10
2.2.4 Responsabilité civile et garantie décennale ..................................... — 10
2.3 Contrôle de travaux ..................................................................................... — 11
2.3.1 Sens du mot contrôle ......................................................................... — 11
2.3.2 Contrôle d’exécution .......................................................................... — 11
2.3.3 Assurance qualité ............................................................................... — 11
2.3.4 Réception des fournitures.................................................................. — 11
2.3.5 Labels de qualité................................................................................. — 11
2.3.6 Utilisation des statistiques................................................................. — 11
2.3.7 Essais d’épreuve ................................................................................. — 11
2.3.8 Contrôle continu ou contrôle a posteriori ?...................................... — 12
2.4 Inspection des ouvrages ............................................................................. — 12
2.4.1 Connaissance de l’environnement.................................................... — 12
2.4.2 Visites d’inspection............................................................................. — 12
2.4.3 Ouvrages instrumentés...................................................................... — 12
2.4.4 Contrôle non destructif ...................................................................... — 13
2.5 Recherche scientifique et technique .......................................................... — 13
2.5.1 Clientèle du laboratoire...................................................................... — 13
2.5.2 Étapes du processus de recherche-développement........................ — 13
2.5.3 Financement et organisation des programmes de recherche ........ — 14
3. Aspects particuliers de l’activité des laboratoires ........................ — 15
3.1 Méthodes expérimentales .......................................................................... — 15
3.1.1 Étude des matériaux........................................................................... — 15
3.1.2 Étude d’éléments de construction..................................................... — 15
8 - 1991

3.1.3 Rôle des modèles réduits................................................................... — 15


3.1.4 Modèles numériques.......................................................................... — 16
3.1.5 Appareils de mesure .......................................................................... — 17
3.2 Petits laboratoires opérationnels (chantier) .............................................. — 17
3.3 Rôle des statistiques.................................................................................... — 17
3.4 Informatique................................................................................................. — 18
C 60

3.5 Documentation ............................................................................................ — 18


Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. C 60

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n laboratoire, au sens le plus large, a pour objet d’analyser des produits,


U de faire des expériences et de mettre au point de nouveaux procédés. En
ce qui concerne le génie civil (à comprendre ici comme l’ensemble des activités
qui se rapportent à la construction des bâtiments et aux travaux publics), des
laboratoires existent depuis longtemps dans la plupart des pays : en France, le
premier laboratoire qui ait été créé est, sauf erreur, un laboratoire de génie civil :
il s’agit du Laboratoire des Ponts et Chaussées, fondé à Paris en 1851 pour l’étude
des matériaux de construction. Dans les pays dont le développement écono-
mique est plus récent, et où il existe peu de laboratoires associés à l’industrie
naissante, on trouve presque toujours, sur place, des laboratoires du bâtiment
et des travaux publics bien adaptés aux problèmes d’équipement en infrastruc-
tures (routes, ports, aérodromes, barrages). Au fur et à mesure de l’évolution
des techniques de construction, les laboratoires se sont considérablement
diversifiés : ils se distinguent maintenant les uns des autres, non seulement par
leur importance, mais aussi par leur spécialisation et par leur statut administratif
ou commercial. Personne ne doute de leur utilité, mais peut-être pourrait-on tirer
un meilleur parti des différents services qu’ils proposent aux constructeurs
soucieux d’optimiser la qualité et le coût des ouvrages. C’est pour informer dans
ce sens les utilisateurs du laboratoire (architectes, maîtres d’ouvrage, maîtres
d’œuvre, constructeurs, ingénieurs-conseils ou experts) que ces pages ont été
rédigées ; si le lecteur, ayant un problème particulier à résoudre, n’y trouve pas
tous les renseignements pratiques qu’il désire, il aura tout avantage à consulter
l’Administration ou le Syndicat Professionnel de sa spécialité (ou de la spécialité
de son fournisseur), afin d’y recueillir un premier avis technique ainsi que le nom,
l’adresse (et les tarifs) du laboratoire avec lequel prendre contact.

1. Champ d’action 1.1.1 Études préalables

des laboratoires Le laboratoire réduit les marges d’imprécision de l’étude générale


d’un ouvrage par une analyse plus ou moins poussée, soit des
données locales initiales (principalement le sol, mais aussi le climat,
1.1 Nature des interventions l’hydrologie, etc.), soit des matériaux à mettre en œuvre (choix de
carrières pour les emprunts de matériaux, formules de béton hydrau-
Au cours des phases successives du projet de la construction d’un lique ou bitumineux, choix d’éléments de construction préfabriqués,
ouvrage, le laboratoire doit intervenir à plusieurs reprises et, pour etc.).
être efficace, il doit intervenir tôt. L’étude en laboratoire doit toujours être faite en symbiose avec
Une intervention raisonnable comporte : l’étude générale du projet ; son importance et la manière dont elle
— au stade de l’avant-projet sommaire : étude des sols, recherche se déroule sont d’ailleurs variables selon la nature de l’ouvrage
de matériaux, mise en évidence d’éventuelles particularités (habitation, bâtiment industriel, route, ouvrage d’art, voie ferrée,
d’exécution ; travaux portuaires) et le degré de technicité de celui-ci.
— au stade de l’avant-projet détaillé : étude complémentaire des Exemples
sols, analyse de la qualité des matériaux proposés, mise au point
des méthodes de mise en œuvre des matériaux, étude éventuelle Reconnaissance sommaire des sols (soit au pénétromètre ou au
du comportement de la structure ou d’éléments de structure de pressiomètre, soit par prélèvement de quelques échantillons) au
l’ouvrage (essais sur maquettes, modélisation numérique) ; moment de l’élaboration du plan-masse d’un immeuble isolé, en vue de
— au stade du projet d’exécution : compléments aux études choisir le système de fondations le plus économique et, quand il est
précédentes ; encore temps, de modifier si nécessaire l’emplacement de l’immeuble.
— pendant la construction : contrôle de la qualité des matériaux Pour un projet d’autoroute : étude géologique et géotechnique dont
utilisés, contrôle de leur mise en œuvre par des interventions sur les phases successives, de plus en plus détaillées, accompagnent
place ; l’élaboration progressive de l’ensemble du projet.
— après la construction : suivi de la tenue de l’ouvrage par des Étude sur modèle réduit du comportement d’un ouvrage exception-
mesures en place dont la périodicité dépend beaucoup de la nature nel ou placé en environnement sévère.
de la construction considérée, recherche des causes des incidents
ou accidents s’il s’en produit.
En dehors de cette activité en relation directe avec un ouvrage ou 1.1.2 Garantie de conformité
un bâtiment déterminé, la plupart des laboratoires poursuivent des
études et recherches d’intérêt plus général dans le cadre de leur Il s’agit de vérifier que des matériaux, des éléments de construc-
spécialité et en rapport avec l’importance de leurs moyens. tion, leur mise en œuvre, sont conformes aux spécifications contrac-
L’action d’un laboratoire peut donc avoir divers objets (§ 1.1.1 tuelles exigées du fournisseur. Ces spécifications sont mentionnées
à 1.1.7). dans le cahier des charges du marché de travaux, soit directement

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de manière détaillée, soit par référence explicite à un cahier de pres- Le laboratoire peut aussi être appelé en cas de litiges entre des
criptions communes ou à des normes fixant la composition ou les particuliers ou des professionnels de la construction, par exemple
performances de certains produits (c’est le cas des ciments). à l’occasion d’un accident ou d’un sinistre, ou simplement pour une
Une telle garantie de conformité s’opère généralement au moyen nuisance quelconque. Reconnu par les deux parties, il apporte alors
d’essais de contrôle spécifiques de l’ouvrage, exécutés par un labo- les preuves matérielles nécessaires pour trancher le débat.
ratoire choisi par le maître d’œuvre. Cependant, l’intervention du Exemple : un particulier se plaint du bruit de son voisin qui possède
laboratoire peut être allégée par l’existence d’une marque ou d’un un piano. Le laboratoire vient faire des mesures acoustiques dans
label de qualité attaché à tel ou tel produit fabriqué en série (§ 2.3.5). l’immeuble : il peut déceler des défauts de construction ou, plus simple-
Exemples ment, proposer des solutions pour abaisser le niveau sonore en agissant
soit à l’émission soit à la réception.
Essais d’écrasement d’éprouvettes de béton, à 7,28 et 90 j d’âge,
confectionnées dans les mêmes conditions que le béton de l’ouvrage
lui-même.
1.1.5 Études de portée générale.
Fiche d’identification pour armatures de béton armé. Recherche et innovation
Extraction de liant d’un enrobé bitumineux, destinée à vérifier,
qu’après mise en œuvre, la formule de celui-ci est bien conforme à celle Les grands laboratoires de génie civil travaillent en permanence
qui était prévue au marché de travaux. sur l’étude des propriétés fondamentales des matériaux et leurs
conditions optimales d’emploi, sur le comportement des structures
en environnement difficile, sur la caractérisation de matériaux
1.1.3 Surveillance de l’exécution nouveaux ou l’élaboration de nouvelles techniques de construction.
Au cours des opérations successives de production (matériaux), Ce champ d’action est très vaste, et peut concerner aussi l’amé-
de fabrication (éléments de structure) et mise en œuvre (bâtiments lioration des méthodes d’organisation en usine ou sur le chantier,
ou travaux publics), le laboratoire effectue des séries d’essais et de la sécurité pendant les travaux, ou le progrès des techniques de labo-
mesures qui aident à bien maîtriser l’exécution de l’ouvrage et à ratoire elles-mêmes.
s’assurer de la régularité et de la qualité attachées aux différentes Ces études et recherches peuvent contribuer directement à des
phases de la construction de celui-ci (§ 2.3). innovations technologiques. C’est en effet l’expérimentation qui
permet à l’inventeur de développer son idée et de la pousser jusqu’à
Exemples sa réalisation à l’échelle du marché visé. Elles peuvent être valorisées
Essais d’affaissement au cône d’Abrams, destinés à apprécier, pour d’une manière plus diffuse, en fonction de la capacité des praticiens
pouvoir l’ajuster aussitôt, la maniabilité d’un béton frais. à en assimiler les résultats. Elles conduisent, de différentes manières,
Extraction de liant d’un enrobé bitumineux, destinée à maîtriser, en à des gains en esthétique, en audace ou en sécurité, et finalement
cours de fabrication, le fonctionnement du poste d’enrobage : réglage en économie pour les constructions (coefficients de sécurité plus
des vitesses de tapis et des débits de bitume et de fines. serrés, quantités de matériaux plus réduites, rendements plus élevés
Prospection par des moyens géophysiques, au cours de l’avance- sur chantier).
ment d’un tunnel, en vue de vérifier la qualité des différentes formations Exemples
rencontrées, de prévoir d’éventuelles difficultés (venues d’eau), et
Formulation de bétons à hautes performances permettant, à charge
d’ajuster en conséquence l’organisation du chantier.
égale, de diminuer la section des pièces à construire (à titre indicatif,
Mesures non destructives de vitesse du son sur des pieux battus ou l’incorporation de fumées de silice permet, si elle est bien maîtrisée, de
forés, faites pour éviter des défauts de fabrication tels que : rupture doubler la résistance mécanique par rapport à un béton traditionnel).
accidentelle, rétrécissement local, interruption de bétonnage.
Incorporation de fibres (métalliques ou synthétiques) dans le béton
Sur un chantier de terrassements, mesures de densité et de teneur pour en améliorer les caractéristiques.
en eau permettant d’adapter l’atelier de compactage et, s’il y a traite-
Étude à caractère systématique et de longue durée (10 ans ou même
ment en place, de réajuster le dosage en liant.
au-delà) sur éprouvettes placées en atmosphère contrôlée pour mieux
connaître les lois de comportement dans le temps (fluage, retrait) de
différents bétons en fonction des conditions de chargement.
1.1.4 Diagnostic d’un désordre
Traitement thermique du béton : étude comparative des différentes
Dans ce cas, le laboratoire joue un rôle d’expert. Il complète techniques de durcissement accéléré du béton (traitement à la vapeur
généralement son intervention en proposant, voire en mettant au basse pression, coffrages chauffants, résistances incorporées,
point, les mesures préventives ou curatives nécessaires pour autoclave, autoétuvage) permettant de réduire les durées de rotation
remédier au désordre. des coffrages et, de ce fait, le coût et les délais de construction des
ouvrages.
Exemple : un pont en béton armé, situé au voisinage de la mer, Mise au point de connecteurs acier-béton permettant de nouvelles
présente des fissures et des signes de corrosion des armatures. Le labo- méthodes d’assemblage pour des ponts mixtes visant à cumuler les
ratoire, par des mesures in situ et des essais sur échantillons prélevés, avantages respectifs de l’acier et du béton, essais sur des poutres
met en évidence les différentes causes possibles du désordre, leur grandeur nature pour vérifier les hypothèses faites sur leur
enchaînement et leur importance relative : qualité du ciment, épaisseur comportement.
d’enrobage des armatures, nature des granulats du béton, compacité de
Étude en fatigue d’assemblages tubulaires soudés, sur éprouvettes
celui-ci, importance du retrait hydraulique, dilatation thermique, phéno-
d’acier et sur nœuds en vraie grandeur, appliquée au cas des structures
mènes électriques de pile agissant sur le fer des armatures en milieu
métalliques en mer.
alcalin, etc. La nature du remède dépend de ces conclusions. Si un
renforcement de l’ouvrage est nécessaire, l’intervention du laboratoire Stabilisation des limons à la chaux pour les assises de chaussées
est requise pour le choix des matériaux et des méthodes à employer (par (mise au point acquise).
exemple : collage de tôles d’acier ou de béton jeune sur le béton ancien). Formulation d’enrobés drainants pour revêtements routiers.
Autres exemples : corrosion de canalisations d’eau chaude dans Essais de chargement pour améliorer les méthodes de calcul de pieux
une maison particulière, dégradation d’une peinture, glissement d’un de fondation placés dans des sols difficiles (par exemple, sables carbo-
talus, tassement différentiel du sol au cours de la construction d’un natés) ou des conditions de chargement complexes (plancher d’usine
immeuble, maladie de la pierre d’un monument historique, etc. chargé de machines tournantes, ouvrages en mer, etc.).

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1.1.6 Réglementation, normalisation 1.1.7 Documentation. Formation professionnelle


et recommandations
Les laboratoires sont des centres d’information disposant d’une
Les constructeurs savent combien sont nombreux et détaillés les documentation particulièrement riche, utilisable non seulement par
documents réglementaires ou normatifs à caractère plus ou moins les chercheurs mais aussi par les ingénieurs des bureaux d’études
contraignant : et les praticiens de toutes spécialités. Cela leur permet de rendre
— normes françaises publiées par l’AFNOR ; des services du type :
— Documents Techniques Unifiés (DTU) ; — fonctionnement d’un service bibliothèque ouvert au public ;
— Cahier des Prescriptions Communes (CPC) Bâtiment ; — publications, édition ;
— Cahier des Prescriptions Communes (CPC) Travaux Publics ; — organisation de conférences ou séminaires.
— Règles de calcul établies pour les Marchés de Travaux Publics ; Par ailleurs, le laboratoire est un auxiliaire précieux pour
— agréments de l’Administration (bâtiment, Ponts et Chaussées) ; l’enseignement au sein de l’Université et des Écoles d’ingénieurs et
— recommandations et directives à caractère d’incitation, non de techniciens.
obligatoires, etc.
Il convient aussi de signaler le rôle important que peuvent jouer
L’élaboration de ces documents et leur remise à jour s’appuient les grands laboratoires publics et privés vis-à-vis de la formation à
sur la somme des résultats d’études et d’essais disponibles dans les la recherche et par la recherche :
laboratoires. Il arrive que des séries d’essais soient exécutées exprès,
— accueil de stagiaires français ou étrangers ;
mais, même quand ce n’est pas le cas, les ingénieurs des grands
— encadrement de thèses ;
laboratoires ou des centres techniques professionnels sont souvent
— organisation de stages de recyclage ou de formation perma-
consultés au moment de la rédaction de ces textes, et beaucoup
nente, pour ingénieurs ou techniciens, sur tous sujets en rapport avec
participent aux commissions.
les sciences et techniques de la construction.
La compétence du laboratoire sur cet article peut être mise à
profit de trois manières : Exemple : il existe un système de bourses dont peut bénéficier
toute entreprise qui recrute un étudiant ou un jeune ingénieur qu’elle
— le consulter pour être bien averti des textes eux-mêmes et de affecte dans un laboratoire pendant un an pour faire un travail de
leur évolution ; recherche de son choix.
— profiter du décalage dans le temps entre l’état des connais-
sances et celui de la réglementation proprement dite et, à l’occasion
de soumissions à des appels d’offres, lui demander des études ou
expérimentations (§ 1.1.1) susceptibles de justifier techniquement 1.2 Les différents laboratoires
des solutions originales pas encore couvertes par les exigences
réglementaires ; Ils sont, pour la plupart, affiliés à l’AFREM (Association Française
— l’inciter, en y participant si possible, à prolonger ses recherches de Recherche et d’Essais sur les Matériaux et les Constructions) elle-
(§ 1.1.5) jusqu’à la mise en forme de recommandations ou de guides même rattachée à la RILEM (Réunion Internationale des Laboratoires
pratiques (n’ayant pas le caractère contraignant des règlements ou d’Essais et de Recherches sur les Matériaux et les Constructions),
des normes) directement utilisables par les bureaux d’études. qui édite un annuaire, publie des travaux de recherche originaux au
Exemples moyen d’une revue bilingue (français-anglais), anime diverses
commissions internationales spécialisées, organise des conférences
Les règles de construction parasismiques, ou les règles Neige et Vent ou colloques, et favorise les échanges de renseignements entre les
applicables au bâtiment, ont été précédées par des simulations en divers laboratoires.
laboratoire ; les dispositions réglementaires de sécurité incendie des
immeubles (notamment les immeubles de grande hauteur) sont Il existe aussi des associations ou sociétés savantes, auxquelles
étayées par de nombreuses expérimentations. adhèrent conjointement des ingénieurs (membres individuels) et des
laboratoires (membres collectifs) d’une même spécialité.
Un travail considérable se fait actuellement, au sein de commissions
spécialisées, mises en place par l’ISO (International Organization for Exemples : Comité Français de la Mécanique des Sols et des
Standardization), pour établir des normes européennes (Eurocodes) Fondations, Association Française du Génie Parasismique, CEFRACOR
appelées à se substituer aux règlements de construction en vigueur (Centre Français de l’Anticorrosion), etc.
dans chaque pays. Nul doute que la France, par exemple, a tout avan-
tage à placer dans ces commissions des experts (il en existe dans les
centres techniques professionnels) motivés pour influencer la rédaction 1.2.1 Différents types de laboratoires
des textes en faveur du savoir-faire de nos entreprises.
D’après leur raison sociale, on distingue, en France, plusieurs
types de laboratoires.

Figure 1 – Plan type de distribution d’un laboratoire d’essais courants, pour petite ville proche d’un ou plusieurs chantiers

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Figure 2 – Plan d’aménagement d’un laboratoire d’essais et de recherche de dimension nationale

Figure 3 – Disposition type de laboratoire d’essais de structures

■ Laboratoires de l’État, des grandes administrations ■ Laboratoires associés aux organisations professionnelles
et des grandes sociétés nationales de la construction
Nous citerons le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment Il faut citer en premier lieu le CEBTP (Centre Expérimental de
(CSTB), les laboratoires des Ponts et Chaussées (LCPC et laboratoires Recherches et d’Études du Bâtiment et des Travaux Publics) directe-
régionaux), le laboratoire d’essais du Conservatoire National des ment rattaché aux Fédérations Nationales du Bâtiment et des
Arts et Métiers, les laboratoires de l’EDF, de la SNCF, des Charbon- Travaux Publics. Très polyvalent, il emploie plusieurs centaines
nages de France, etc. d’ingénieurs et de techniciens et dispose de grandes installations
Ce sont des organismes de recherche, d’études et de contrôle, de recherche en région parisienne, et d’agences locales qui peuvent
destinés avant tout à subvenir aux besoins de l’Administration ou intervenir sur les chantiers.
d’une société nationale dont ils sont issus ; ils s’efforcent néanmoins
de faire quelques travaux rémunérés pour la clientèle privée.

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Les centres techniques professionnels et associations spécialisées Leur vocation est avant tout l’enseignement et la recherche effec-
dans les différentes branches de la construction ont parfois leurs tuée pour eux-mêmes ou sous contrat avec différents ministères.
propres laboratoires et, si ce n’est pas le cas, ont des relations très Dans certains cas, et sous réserve de ne pas créer de véritable
étroites avec les laboratoires les plus compétents. C’est le cas, par concurrence avec le secteur privé, ils peuvent servir d’auxiliaire à
exemple, de l’ATILH (Association Technique pour l’Industrie des un professeur appelé en consultation comme expert.
Liants Hydrauliques), du CERIB (Centre d’Études et de Recherches
de l’Industrie du Béton manufacturé), du CTICM (Centre Technique
Industriel de la Construction Métallique). 1.2.2 Spécialisation
Certains instituts ou centres professionnels touchent aussi au
domaine du génie civil sans que ce soit le seul objet de leur activité. 1.2.2.1 Classement RILEM
Exemples : Les différents laboratoires qui viennent d’être mentionnés
exercent leur activité parmi les spécialistés suivantes, selon le
— IFREMER (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de
classement RILEM (Réunion Internationale des Laboratoires
la Mer) ;
d’Essais et de Recherches sur les Matériaux et les Constructions).
— IFP (Institut Français du Pétrole) ;
— IRSID (Institut de Recherche de la Sidérurgie). A. Mécanique et résistance des matériaux :
— résistance des matériaux théorique ;
Ces différents établissements effectuent ou organisent les — élasticité, plasticité, rhéologie, fluage ;
recherches d’intérêt collectif demandées par leur organisme profes- — résilience, fragilité, rupture par choc ;
sionnel de tutelle et, de plus, disposent souvent d’un statut privé — endurance, fatigue ;
autonome qui leur permet de faire, à titre onéreux pour la clientèle — frottement, usure, abrasion ;
privée (sociétés ou simples particuliers), des études, recherches, — vibrations ;
essais ou contrôles. — etc.
■ Laboratoires privés B. Mécanique des sols :
Ils sont de deux sortes : — géologie appliquée à la construction ;
— les laboratoires de génie civil établis commercialement comme — sols et fondations ;
tels. — géotechnique routière ;
— mécanique des roches.
En France, les laboratoires privés sont souvent associés (plus ou
moins étroitement, jusqu’à leur être confondus) à des organismes C. Physique :
de contrôle, des bureaux d’études ou des cabinets d’ingénieurs- — acoustique ;
conseils. Dans ce cas – l’exemple le plus significatif étant celui de — spectrographie ;
la mécanique des sols – le laboratoire complète directement le travail — chaleur, thermodynamique ;
de l’ingénieur ou de l’expert consulté ; — etc.
— les laboratoires faisant partie des services généraux d’une D. Chimie :
entreprise de bâtiment ou de travaux publics ou d’une usine de — chimie générale et chimie physique ;
préfabrication. — chimie minérale ;
Ils assurent pour celle-ci le contrôle des travaux (au sens précisé — chimie organique.
au paragraphe 1.1.3) et la recherche de procédés nouveaux. Les E. Matériaux :
entreprises routières, par exemple, disposent le plus souvent d’un — métaux, soudure ;
laboratoire central pour la recherche et les études de projets, et de — pierres ;
roulottes ou laboratoires légers pour les chantiers ; — matériaux bitumineux ;
— les laboratoires des sociétés industrielles. — liants hydrauliques, agrégats, mortiers, bétons ;
À cette catégorie on peut rattacher les laboratoires des sociétés — matières plastiques ;
industrielles dont la production trouve, en tout ou partie, des — produits composites ;
débouchés dans le génie civil (ciments, matériaux de construction, — etc.
peintures, etc.). F. Techniques de construction :
Certains laboratoires de ce type mettent d’ailleurs leurs moyens — infrastructure, terrassement, fondations ;
à la disposition du public. — maçonnerie, revêtements ;
— béton armé ;
■ Laboratoires municipaux — charpentes métalliques, constructions métalliques ;
Ils sont destinés plus spécialement au contrôle des fournitures et — couverture, étanchéité ;
des travaux des municipalités, tels que le laboratoire de la ville de — préfabrication ;
Paris ; — etc.
G. Installations annexes :
■ Laboratoires universitaires
— plomberie et sanitaire ;
Ils sont annexés à une chaire de professeur, à une grande école — climatisation, chauffage, ventilation ;
scientifique, à un Institut de Technologie, et éventuellement rattachés — éclairage ;
au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique). — insonorisation ;
Exemples : — ignifugation, résistance au feu.
— École Centrale de Paris (mécanique des sols) ; H. Travaux publics :
— École Polytechnique (mécanique des solides) ; — technique routière, pistes d’aviation ;
— École Nationale Supérieure des Mines de Paris (géologie) ; — ponts ;
— laboratoires des INSA de Lyon, Toulouse, etc. — barrages ;
— ports et canaux.

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I. Facteurs extérieurs : — essais d’épreuve à l’incendie sur les matériaux et les


— effet des intempéries ; constructions ;
— action du vent sur les constructions ; — publication de tous les documents se rapportant à la
— corrosion ; réglementation et à la normalisation :
— actions biologiques ; • cahiers des charges DTU (Documents Techniques Unifiés)
— séismes. d’exécution des travaux,
J. Pathologie • normes des matériaux et éléments de construction,
• agréments des matériaux et procédés nouveaux de construc-
K. Questions générales : tion, par la procédure de l’« Avis Technique » ; etc.
— matériel de chantier ;
— équipement des laboratoires ; ■ LCPC (Laboratoire Central des Ponts et Chaussées, i n s t a l l é à
— organisation de la recherche ; Paris et à Nantes) complété par le réseau de laboratoires des Ponts
— documentation. et Chaussées rattachés aux CETE (Centres d’Études Techniques de
l’Équipement) régionaux.
1.2.2.2 Les deux grandes tendances Organisme d’État, sa vocation principale (routes et autoroutes)
s’étend à des spécialités voisines comme la résistance des matériaux
Il est d’usage de diviser les laboratoires en deux groupes : (expérimentation et calcul), les ouvrages d’art et la mécanique des
— ceux qui s’occupent de disciplines déterminées (géologie, sols. Il possède des moyens expérimentaux prestigieux (simulation
mécanique des sols, acoustique, chimie, etc.). en centrifugeuse, zone d’essais de glissance des chaussées, machine
La recherche menée dans les universités est en général de cette de traction de câbles de ponts, etc.). Ses laboratoires exécutent, pour
nature, dans la mesure où l’enseignement est plus ou moins cloi- le compte de l’Administration centrale ou des CETE et éventuelle-
sonné par disciplines ; ment pour des tiers, des recherches d’intérêt général, des études
préalables aux travaux de génie civil, et le contrôle des grands
— ceux qui ont une activité de type intégré : ils visent au contraire chantiers de travaux publics.
à résoudre les problèmes de leur clientèle en s’appuyant sur toutes
les connaissances disponibles, indépendamment des disciplines en ■ CEBTP (Centre Expérimental de Recherches et d’Études
cause. Cette clientèle elle-même peut d’ailleurs être plus ou moins du Bâtiment et des Travaux Publics)
spécialisée dans un secteur déterminé du génie civil : entreprise De statut privé, son activité, ouverte à la clientèle la plus variée,
générale de bâtiment, plomberie-sanitaire, barrages, routes et couvre toutes les branches du génie civil : bâtiment (structures et
aérodromes, etc. second œuvre), ouvrages d’art, routes, sols et fondations. Il mène
Les grands laboratoires de l’État et des organisations profession- des recherches d’intérêt général demandées par les instances de la
nelles sont de ce type. profession, et exécute pour des tiers recherches, études, contrôles,
essais en laboratoire ou in situ.
Ses installations en région parisienne (Domaine de Saint Paul à
1.2.3 À qui s’adresser ? Saint Rémy-lès-Chevreuse) lui permettent de conduire des essais de
structures sur très grands modèles, de faire des expérimentations
Ce sont généralement les maîtres d’œuvre et les entrepreneurs de toutes natures, de recevoir des stagiaires et d’organiser des
qui prennent l’initiative des contacts avec le laboratoire, ne serait-ce séminaires. Ses agences régionales répondent aux demandes de
que pour obtenir la garantie technique nécessaire vis-à-vis des assu- prestations et d’interventions sur chantier. Ses activités s’étendent
rances à l’occasion de travaux neufs. Mais l’appel à un laboratoire aussi à l’étranger, soit par intervention directe, soit à titre de conseil
peut se justifier pour des besoins variés de la part d’une société (ou auprès de laboratoires nationaux (en Afrique notamment).
même d’un particulier) qui se trouve en position de maître d’ouvrage
ou de maître d’œuvre (études et direction de travaux), de fournisseur 1.2.3.2 Laboratoires privés spécialisés
(matériaux, préfabrication), d’entrepreneur (bonne maîtrise de son
chantier), d’expert, d’enseignant ou de chercheur. Selon leur moti- En général rattachés à un cabinet d’ingénieur-conseil, il existe des
vation, liée d’une manière ou d’une autre à un souci de qualité ou laboratoires spécialisés dans des essais bien particuliers, comme par
d’économie (immédiat ou à plus long terme), ils seront amenés à exemple :
solliciter différents types d’établissements. — la reconnaissance des sols ;
— les mesures acoustiques ;
1.2.3.1 Les trois principaux organismes — la mesure d’épaisseur des peintures pour protection des
charpentes métalliques ;
Le système français est le plus concentré du monde occidental. — etc.
Trois grands organismes rassemblent des moyens considérables
Pour la mécanique des sols, notamment, on trouve des labora-
en matière de recherche, et répondent de manière complémentaire
toires dont la réputation est établie sur celle d’une personnalité (ce
aux besoins de la clientèle la plus variée.
fut le cas de MM. Caquot et Kérisel) ou d’un procédé particulier
■ CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) (Ménard pour le pressiomètre, Terrasol pour la terre armée).
Créé par le gouvernement en 1947 pour les besoins de la recons- Pour en trouver les adresses et les références, il est facile de
truction, il concerne tous les aspects de la construction de bâtiments, consulter le Comité Français de la Mécanique des Sols et des
avec une orientation préférentielle vers l’habitation : Fondations.
— essais systématiques sur les nouveaux matériaux et éléments On peut ranger dans cette catégorie les laboratoires des orga-
de construction (stations d’essais en grandeur réelle) ; nismes de certification ou de contrôle d’exécution tels que :
— recherche technologique et scientifique portant sur tous les — Bureau Veritas ;
domaines : — SOCOTEC (Société de Contrôle Technique et d’Expertise de la
• connaissance des besoins de l’homme (sociologie, physio- Construction) ;
logie, psychologie) et des données climatiques, — APAVE (Associations de Propriétaires d’Appareils à Vapeur et
• connaissance des phénomènes physiques ou chimiques : Électriques) ;
stabilité et durabilité des constructions, acoustique, éclairage, — etc.
hygrothermique, ventilation, corrosion, pollution, etc.,
• connaissance des phénomènes économiques ;

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1.2.3.3 Autres spécialités le pays, d’Aix-la-Chapelle à Berlin et de Hambourg à Munich. Dif-


férents ministères assurent le lieu et stimulent la recherche par des
À la liste précédente, il faut ajouter deux disciplines qui touchent
contrats de programmes et des subventions ; l’administration des
de près aux techniques de la construction.
régions (Länder) et des municipalités joue aussi un rôle important.
■ La géologie et les différentes activités qui s’y rattachent, telles que Il faut citer au moins le Forschungsinstitut für Wärmeschutz,
hydrogéologie, géophysique, cartographie, techniques de sondage, spécialisé dans l’étude des propriétés mécaniques et thermiques des
etc. matériaux utilisables, non seulement pour la construction, mais pour
On pourra s’adresser à des laboratoires privés ou universitaires, toutes les industries.
ou au BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), grand
■ La Grande-Bretagne offre une combinaison assez harmonieuse
organisme d’État dont les compétences peuvent s’étendre à des
des deux systèmes français et allemand. On y trouve en effet, d’une
études nécessitées par des travaux de génie civil.
part, les grands instituts gouvernementaux que sont le BRS (Building
■ L’hydraulique qui s’applique non seulement aux études fluviales Research Station), le RRL (Road Research Laboratory) et, d’autre part,
(écluses et barrages) et maritimes (travaux portuaires), mais aux une chaîne très ouverte de départements universitaires et un réseau
travaux de génie côtier. de centres techniques industriels comme la Cement and Concrete
Association.
Dans ce domaine de compétence il faut citer :
— SOGREAH (Société Grenobloise d’Études et d’Applications Le BRS, qui date des années 20 et qui constitue à présent avec
Hydrauliques) : études hydrauliques maritimes ou fluviales, essais le RRL le Building Research Establishment rassemblant un exécutif
sur maquettes, modèles mathématiques, et sa filiale LHF (Labora- de plus de 1 000 personnes, a un palmarès scientifique particulière-
toire Hydraulique de France) : sédimentologie ; ment remarquable. Il a été un modèle pour les autres laboratoires
— IMG (Institut de Mécanique de Grenoble) rattaché à l’Université: européens s’intéressant à la construction.
simulation des marées, plaque tournante pour prendre en compte ■ Dans les autres pays d’Europe, il faut également signaler à titre
les forces de Coriolis ; d’exemples :
— Laboratoire National d’Hydraulique de l’EDF, à Chatou : études
— le CRR (Centre de Recherches Routières) (Belgique) : concep-
sur modèles réduits, génie côtier ;
tion comparable à celle de son homologue français (LCPC) ;
— PRINCIPIA, et les bassins d’essais du programme FIRST :
— le LNEC (Laboratorio Nacional da Engenharia Civil) (Portugal) :
études hydrodynamiques théoriques et expérimentales ;
à caractère délibérément intégré, il cherche à rassembler pour
— ENSM (École Nationale Supérieure de Mécanique) à Nantes ;
l’ensemble du pays toute la recherche portant sur le génie civil
— IFREMER et ses moyens d’essais de Brest : ouvrages en mer.
(bâtiments, routes, ouvrages d’art). Principale spécialité : barrages ;
— le LFEM (Laboratoire Fédéral d’Essais de Matériaux) (Suisse) :
1.2.3.4 Centres techniques et organismes de recherche spécialisé dans les essais sur les matériaux de construction.
Il existe, pour la plupart des spécialités se rapportant directement ■ Pays en voie de développement : il existe généralement un labo-
ou indirectement à la construction, des centres techniques profes- ratoire du bâtiment et des travaux publics, rattaché à l’Administration
sionnels destinés à favoriser la promotion technique de leur disci- centrale (c’est le cas pour la plupart des pays africains francophones
pline. Ce ne sont généralement pas des laboratoires établis comme et anglophones).
tels, mais ils disposent de leurs propres laboratoires ou sont en rela-
tion directe avec des laboratoires travaillant pour eux comme auxi- ■ Dans tous les pays du monde, on peut trouver des laboratoires
liaires. Le CTICM (Centre Technique Industriel de la Construction de génie civil qui sont faciles d’accès et dont les méthodes de travail
Métallique) en est un bon exemple. sont comparables ; ils sont répertorités dans l’annuaire de la RILEM,
Ces centres techniques rendent des services variés tels que : organisation dont le secrétariat est en France et qui peut, grâce à ses
études et recherches portant sur la fabrication ou l’utilisation de relations, orienter les utilisateurs qui cherchent à qui s’adresser.
produits, étude de méthodes de calcul, réglementation, normalisa-
tion, contrôle des marques de qualité et vérification des machines
d’essais, études prospectives orientées vers l’innovation, collecte de
l’information technique issue des publications, colloques et congrès 2. Conditions d’intervention
divers, diffusion de l’information vers la profession.
Il pourra être utile de les consulter, non seulement pour obtenir
des laboratoires
l’adresse d’un laboratoire opérationnel, mais également pour avoir
un avis sur la manière de poser un problème ou d’interpréter des 2.1 Essais courants
résultats.
En ce qui concerne la recherche, les Centres Techniques profes- À un moment ou à un autre de l’intervention du laboratoire (§ 2.2
sionnels, outre leurs compétences propres, peuvent rendre des et 2.3), celui-ci est amené à prélever des échantillons, exécuter des
services pour l’assistance à des montages de programmes nationaux essais et en présenter les résultats. Ces opérations élémentaires, qui
ou internationaux (§ 2.5.3). pour le laboratoire peuvent être qualifiées d’activité de routine,
Il existe par ailleurs en France tout un potentiel d’unités de méritent que le demandeur y prête lui-même attention. Et il a pour
recherche ou de laboratoires de type universitaire (Grandes Écoles cela intérêt à consulter le laboratoire avant de lui passer une
d’ingénieurs, ENS de Cachan, UT de Compiègne, INSA de Lyon, de commande ferme, préciser avec lui les conditions dans lesquelles
Toulouse, etc.) auxquels on pourra faire directement appel. seront établis devis et spécifications, et fournir tous renseignements
utiles pour que les résultats soient exploitables.
1.2.3.5 Aperçu des possibilités offertes à l’étranger
■ La République fédérale d’Allemagne présente, à l’inverse du 2.1.1 Devis et spécifications
système français, un complexe scientifique excessivement décen-
tralisé, marqué par l’existence d’une profusion d’unités indépen- Le demandeur et le laboratoire doivent se mettre d’accord sur
dantes, généralement universitaires et monodisciplinaires, les points suivants.
appartenant au réseau des écoles polytechniques qui recouvre tout

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■ Mode de prélèvement des échantillons ■ Contrôle de qualité d’un matériau :


Il est préférable, le plus souvent, de confier au laboratoire — indiquer le cahier des charges de référence, ou les spécifica-
lui-même le soin de faire les prélèvements ou d’organiser les tions auxquelles le matériau est censé répondre ;
sondages. Le prélèvement des matériaux peut, cependant, être effec- — préciser le cas échéant comment il se situe par rapport à
tué par le maître de l’ouvrage, le maître d’œuvre ou l’entrepreneur. l’ensemble de l’ouvrage, et à quels efforts il doit être soumis ;
Il est alors nécessaire que ceux-ci prennent bien soin des conditions — indiquer aussi, lorsque c’est possible, la provenance du maté-
de prélèvement, de conservation et d’envoi des échantillons. Ils peu- riau ou le nom du fabricant ; cette indication, tout en gardant
vent prendre en location, le cas échéant, les moules ou les appareils éventuellement un caractère confidentiel, peut fournir des éclaircis-
nécessaires. sements utiles.
Exemple : éprouvettes de béton mal vibrées, échantillons de sol ■ Études de fondations (mécanique des sols)
conservés sans précautions suffisantes : les résultats obtenus en labo- — fournir un plan d’ensemble, même provisoire, avant d’effectuer
ratoire sont alors chaotiques ou non représentatifs de l’ouvrage. les sondages ;
— communiquer en temps utile, c’est-à-dire avant les essais de
■ Nature des essais
laboratoire, les charges et surcharges prévisibles, ainsi que tout
Le laboratoire est capable de guider son client sur le choix des renseignement particulier jugé utile.
essais appropriés et d’en fixer le nombre minimal pour qu’ils soient
Un problème de fondations nécessite en effet une étude
représentatifs.
d’ensemble dans laquelle l’organisation des sondages, les prélève-
Pratiquement, le client doit donc indiquer au laboratoire la nature ments d’échantillons et l’interprétation des résultats sont d’une
des résultats qu’il souhaite obtenir, et c’est au laboratoire de importance au moins égale à celle des essais proprement dits.
proposer les méthodes et les essais qui conviennent au problème.
Exemple : un bureau d’études chargé de calculer les fondations
Exemples d’une machine à papier donnera au laboratoire les indications voulues
Un bureau d’études doit construire un mur de soutènement et sur les exigences particulières à ce type d’ouvrages : tolérances sévères
souhaite connaître le coefficient de poussée des terres. C’est le labora- de tassement, et comportement dynamique sol-structure. Le labora-
toire qui détermine les essais nécessaires (triaxial drainé, non drainé, toire fournira alors des valeurs pertinentes de coefficients de tassement
etc.) pour obtenir ce que réclame son client, à savoir un angle de frotte- et de coefficients de réaction sol-pieux.
ment interne et une cohésion. Le problème posé est courant.
■ Expertise
À l’occasion de la construction du tunnel sous la Manche, le maître
d’œuvre souhaitait prendre le maximum de garanties sur la durabilité Lorsqu’un laboratoire est chargé d’assister un expert dans la
des voussoirs en béton. Il avait besoin pour cela de comparer entre elles recherche des causes d’un dommage, ou lorsqu’on lui demande
plusieurs formulations de béton qui lui étaient soumises. Un laboratoire directement ce service, c’est à lui de choisir les méthodes d’inves-
lui a proposé une méthode originale d’essais accélérés simulant le tigation : celles-ci seront d’autant mieux adaptées, et les conclusions
comportement à long terme du matériau ; les résultats ont été pré- d’autant plus précises, que les données initiales auront été mieux
sentés sous forme d’un simple classement des échantillons analysés. explicitées par le demandeur.

■ Choix des modes opératoires


La normalisation des méthodes d’essais n’est ni complète ni uni- 2.2 Études et projets
forme. On utilisera la norme AFNOR lorsqu’elle existe, mais cela ne
résout pas tous les cas. En effet, certains essais ne sont pas norma-
lisés parce que nouveaux ou particuliers au laboratoire qui les exé-
2.2.1 Intervention du laboratoire
cute (par exemple : fluage dynamique pour les enrobés bitumineux),
L’intervention du laboratoire s’impose plus ou moins selon la
d’autres font l’objet de plusieurs modes opératoires possibles (plus
nature de l’étude et du projet : elle est courante pour les projets clas-
ou moins précis, donc coûteux). Le laboratoire et son client doivent
siques du béton armé, elle est systématique dès qu’il s’agit de
donc s’entendre autant que possible avant l’exécution des essais,
mécanique des sols, fondations, routes, barrages (figures 4, 5 et 6).
et le laboratoire doit préciser dans son procès-verbal la référence
à une norme ou à un usage, ou décrire sommairement le mode
opératoire si celui-ci est original.
■ Mode de présentation des résultats
Le laboratoire peut, selon les cas, fournir un procès-verbal donnant
des résultats bruts d’essais sans s’occuper de leur interprétation, ou
au contraire faire un véritable travail d’ingénieur-conseil qui engage
davantage sa responsabilité en proposant, au vu des résultats qu’il
a obtenus, une solution technique pour l’ouvrage considéré. Il arrive
parfois de graves déconvenues, faute d’une entente préalable à ce
sujet entre le laboratoire et le demandeur.
Exemple : un laboratoire est amené à faire des essais de sol pour
déterminer la force portante d’une fondation par pieux. Il doit donner à
son client la répartition entre résistance de pointe et frottement latéral.

2.1.2 Renseignements à fournir

Il faut fournir au laboratoire le maximum de renseignements.


Les cas les plus typiques sont les suivants : Figure 4 – Expériences en cours sur la dalle renforcée
d’un centre d’essai de structures (Doc. CEBTP)

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2.2.2 Règles à respecter pour que l’intervention


du laboratoire soit efficace
■ Le laboratoire doit intervenir tôt, surtout si l’on veut, pour des
raisons d’économie, qu’il intervienne peu.
Pour les routes et autoroutes, le moment le plus critique est celui
de l’APS (avant-projet sommaire). À ce stade de l’étude, le laboratoire
peut :
— suggérer des modifications de tracé entraînant des économies
très sensibles sur le montant des travaux ;
— augmenter considérablement la précision de l’estimation géné-
rale du coût des travaux ;
— fixer les grandes lignes des solutions techniques à prévoir, de
manière à ce qu’il n’y ait plus de tâtonnements au stade de l’APD
(avant-projet détaillé).
Le laboratoire doit même intervenir dès l’étude économique préa-
lable (faisabilité) destinée à évaluer les coûts.
Pour les bâtiments, l’étude, même sommaire, du sol de fondation,
doit être systématique et précéder les autres études techniques.
Pratiquement, elle doit se faire au moment de l’élaboration du plan-
masse.
■ Une liaison étroite est nécessaire entre le laboratoire et l’auteur
Figure 5 – Essai de torsion d’une pièce en béton armé (Doc. CEBTP)
du projet, tout au long de l’élaboration de celui-ci (§ 2.1.2).
La collaboration peut aller, dans certains cas (études routières),
jusqu’à la fusion au sein d’une équipe pluridisciplinaire dont rien
n’empêche qu’elle soit dirigée précisément par le géotechnicien issu
du laboratoire. Sans aller toujours jusqu’à ce point d’intégration, on
est très loin maintenant de l’ancienne conception du laboratoire qui
a pu être considéré comme une usine à essais où l’on écrase des
cubes de béton. D’ailleurs la législation en tient compte (§ 2.2.4).
Exemples
Pour l’étude d’un ouvrage d’art, l’ingénieur chargé du calcul doit
avoir une première idée de la force portante du sol (déterminée au labo-
ratoire) pour établir ses descentes de charges, et le laboratoire a besoin
du plan de descentes de charges pour déterminer avec précision la
force portante du sol et prévoir les tassements. Si les études sont mal
coordonnées, c’est un véritable cercle vicieux.
L’étude d’une structure un peu compliquée (bâtiment important ou
ouvrage d’art) nécessite l’action simultanée et coordonnée du bureau
de calcul, du laboratoire (choix des matériaux, essais sur maquette) et
de l’architecte.
Pour l’étude des fondations par pieux d’un bâtiment industriel
comportant un dallage, les surcharges sur le dallage engendrent un frot-
tement négatif sur les pieux dont la force portante se trouve ainsi
modifiée ; le bureau d’études les connaît, et le laboratoire chargé de
l’étude de sol doit les lui demander.

2.2.3 Innovation technologique


L’intervention du laboratoire dans un projet de construction sera
Figure 6 – Essai de chargement d’un assemblage tubulaire soudé d’autant plus intense que le projet sera plus original par rapport aux
techniques courantes. Si l’on construit en appliquant les normes et
réglementations en vigueur et en utilisant des matériaux déjà
La nature des interventions du laboratoire a été définie au para- éprouvés, l’action du laboratoire se borne à des vérifications assez
graphe 1.1.1. Le laboratoire est sollicité par le bureau d’études auteur simples. Mais des progrès sensibles sur les coûts et la qualité de
du projet, sous la forme d’un marché comportant généralement un construction ne peuvent se faire que si l’on s’affranchit des normes
bordereau de prix unitaires et une estimation du nombre des essais pour innover. Les études et essais de laboratoires permettent juste-
et des journées de vacation de technicien. Chaque phase du projet, ment de travailler en dehors des règles.
s’il est important, peut donner lieu à un marché différent. Les son-
dages (étude de fondations, étude géotechnique routière) peuvent
être exécutés par le laboratoire lui-même s’il en a les moyens ou 2.2.4 Responsabilité civile et garantie décennale
par une entreprise spécialisée, saisie au moyen d’un marché séparé.
L’ensemble des prestations du laboratoire, sur un projet donné, Les laboratoires sont associés à la responsabilité des construc-
peut faire l’objet d’un contrat forfaitaire comprenant des presta- teurs par les articles 1792 et 2270 du code civil, modifiés par la loi
tions d’assistance technique. de 1967 puis par la loi de 1978.

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L’ancienne rédaction du code civil attribuait à l’architecte et à Tous deux concourent, chacun à sa manière, à la qualité de
l’entrepreneur la responsabilité, pendant dix ans à compter de la l’ouvrage (§ 1.1.2 et 1.1.3).
réception des travaux, de la ruine de l’édifice en tout ou en partie Si les mesures faites par ces deux laboratoires font apparaître des
par vice de construction, même par vice du sol. divergences graves, un troisième laboratoire, agréé par les deux
La nouvelle législation distingue les gros ouvrages (garantie dix parties, peut être appelé pour trancher.
ans) et les menus ouvrages (garantie deux ans) et rend solidaires Dans la pratique, le laboratoire du maître d’œuvre peut se
architectes, entrepreneurs, et autres personnes liées au maître de décharger sur celui de l’entreprise d’une partie de son travail de
l’ouvrage par un contrat de louage d’ouvrage, c’est-à-dire, indiscu- contrôle de la qualité. On parle alors d’autocontrôle. Celui-ci se
tablement, les ingénieurs-conseils et les laboratoires. justifie, notamment, par l’existence de moyens de contrôle intégrés
L’enchaînement des responsabilités vis-à-vis des risques couverts à la chaîne de fabrication (béton hydraulique, enrobé bitumineux).
par les compagnies d’assurance entraîne, de fait, l’obligation pour Cette procédure a tendance à se généraliser, et se traduit par un
le bureau d’études de faire intervenir le laboratoire, et engage la contrat d’assurance-qualité entre le maître-d’œuvre et l’entre-
responsabilité de ce dernier. preneur ; ce dernier est alors lié par une obligation de résultats, et
le contrôle proprement dit (parfois qualifié de « supercontrôle ») est
très allégé.
2.3 Contrôle de travaux
2.3.1 Sens du mot contrôle 2.3.4 Réception des fournitures
En France, le mot contrôle désigne à la fois deux choses fort Pour l’entrepreneur vis-à-vis de ses fournisseurs, le schéma est
différentes à savoir : le même qu’au paragraphe 2.3.3 : le laboratoire de l’entreprise vérifie
— la garantie de conformité, qui est une vérification (§ 1.1.2) ; la conformité des matériaux ou éléments de construction au moment
— la maîtrise d’exécution, que l’on conçoit facilement en pensant de la livraison, et le fournisseur s’assure, dans son propre labora-
au mot anglais control (§ 1.1.3). toire, de la qualité de sa production en usine.
L’ambiguïté est entretenue par le fait qu’un même essai de labora- En fait, l’organisation des travaux permet, de plus en plus,
toire peut être entrepris dans l’un ou l’autre but (mesure de densité d’exécuter de tels contrôles en amont du chantier proprement dit.
en place, extraction de liant, etc.) ; et aussi parce que, dans le génie
civil, le maître d’œuvre et l’entrepreneur se sentent chacun pour leur
compte responsables de la qualité de l’ouvrage et demandent, ou 2.3.5 Labels de qualité
exécutent eux-mêmes, des essais de contrôle pour s’assurer de
celle-ci. Ils sont délivrés avec le concours des grands laboratoires officiels,
Distinguons, de manière peut-être un peu arbitraire : et leur existence évite dans certains cas (productions standardisées)
de procéder à de nombreux essais de réception pour chaque
— le cas où le laboratoire agit pour le maître d’œuvre (§ 2.3.2) ;
livraison (§ 1.1.2).
— celui où il intervient pour l’entrepreneur (§ 2.3.3).

2.3.6 Utilisation des statistiques


2.3.2 Contrôle d’exécution
C’est le fait du maître d’œuvre. Celui-ci dispose souvent, pour les Elle est utile :
essais les plus courants, de son propre laboratoire, installé dans une — en usine, pour le suivi d’une production continue (ciment, acier,
ville proche du chantier, voire sur le chantier lui-même s’il s’agit d’un tubes en matière plastique, etc.) ;
grand chantier (port ou barrage). Pour les essais plus spécialisés, — sur grand chantier (barrages, terrassements de chemin de fer
il fait appel à un laboratoire public ou privé en passant avec celui-ci ou d’autoroute, etc.), pour une fabrication quasi continue et soumise
une convention définissant, dès le début des travaux, la nature et à des aléas dont les variations sont suffisamment connues.
si possible la quantité des interventions à prévoir pour le laboratoire.
Exemples : densités en place (compactage de remblai), résistance
Dans le bâtiment les essais de laboratoire peuvent être exécutés d’éprouvettes de béton, teneur en liant d’un enrobé bitumineux.
par le bureau de contrôle qui, de toutes manières, s’occupe de la
vérification des plans (béton armé notamment).
Dans les travaux publics, le maître d’œuvre est souvent l’État 2.3.7 Essais d’épreuve
lui-même, et les essais sont généralement faits par les laboratoires
des Ponts et Chaussées. Au moment de la réception d’un ouvrage, on procède parfois à
Lorsque le maître d’œuvre n’a pas les moyens financiers suffisants des essais d’épreuve qui constituent à mettre l’ouvrage en charge
pour rémunérer le contrôle, il emploie parfois la procédure suivante, par des moyens artificiels, à mesurer les déformations et à observer
dont il doit d’ailleurs ne pas abuser : une clause laboratoire est d’éventuels désordres. Cette procédure s’emploie, par prudence,
incluse dans le marché de travaux conclu avec l’entrepreneur, pour des ouvrages mis au service du public ou, dans certains cas,
stipulant que celui-ci supportera, dans des limites bien précisées à lorsque l’étude seule (calcul, modèle réduit) est insuffisante pour
l’avance, les frais occasionnés par les contrôles de laboratoire prédire avec grande précision les performances de l’ouvrage.
demandés par le maître d’œuvre au cours des travaux. Cette clause Exemples
est distincte de celle qui oblige, par ailleurs, l’entrepreneur à disposer
d’un laboratoire pour la conduite de son chantier. Essai de chargement de pieux, au début d’une série identique, pour
conditionner la suite du chantier (économies possibles).
Essais à la plaque sur les remblais, avant exécution d’un dallage ou
2.3.3 Assurance qualité d’un revêtement en enrobé.
Essai de stabilité d’un pont sous l’effet de sollicitations horizontales,
D’une manière générale, il y a ainsi à proximité de tout chantier au moyen d’une fusée pour créer la poussée, et de fleximètres enregis-
de quelque importance (travaux publics) deux laboratoires : treurs pour mesurer les déformations.
— celui du maître d’œuvre pour le contrôle proprement dit :
respect des spécifications techniques du marché de travaux ;
— celui de l’entreprise, qui permet à celle-ci de travailler suivant
les règles de l’art.

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2.3.8 Contrôle continu ou contrôle a posteriori ? À ce sujet, le lecteur pourra se reporter aux articles Développement
d’un champ pétrolier en mer [C 4 670] et Mouvements de la mer
Le dilemme est le même que pour le contrôle des connaissances [C 4 610] dans le présent traité.
dans l’enseignement. Faut-il suivre pas à pas le travail de l’entre- Au fur et à mesure des études de comportement en service de
preneur (ce qui peut aider celui-ci mais aussi le déranger considé- l’ouvrage, une corrélation étroite doit être établie entre les para-
rablement dans l’organisation de son travail et le choix de ses mètres d’environnement (lorsqu’ils sont significatifs, pour les
méthodes), ou attendre que l’ouvrage soit terminé pour vérifier qu’il ouvrages en mer en particulier) et les mesures obtenues à l’aide de
est bien conforme, ce qui suppose l’existence de critères techniques capteurs appliqués à la structure (§ 2.4.2 et 2.4.3).
indiscutables et l’éventualité de détruire l’ouvrage s’il est
défectueux ? Exemple : les paramètres de l’environnement marin sont obtenus
Par la force des choses, la réalité est beaucoup plus proche du soit au moyen de campagnes océanographiques, soit grâce à des
premier schéma que du deuxième (y compris en technique routière). capteurs laissés à demeure au voisinage des ouvrages à surveiller. Ce
sont principalement : mesures de houle et de courant, saisies au moyen
Exemple : avant le début des travaux, l’entrepreneur doit faire un de bouées instrumentées, et éventuellement transmises par satellite ;
« béton de convenance » dans des conditions de fabrication identiques reconnaissances géotechniques en mer ; mesures physico-chimiques
à celles du chantier. telles que température, salinité, oxygène dissous.

2.4 Inspection des ouvrages 2.4.2 Visites d’inspection

Lorsqu’un ouvrage de génie civil a été livré, le maître d’ouvrage Les grands laboratoires de génie civil disposent d’équipes et de
doit encore en assurer l’entretien pour une durée qui a été matériels susceptibles d’intervenir à la demande sur n’importe quel
déterminée en principe dès sa conception. Ce travail d’inspection- type d’ouvrage.
maintenance-réparations représente une charge très lourde s’il L’inspection visuelle est complétée par des mesures spécifiques
s’agit de grands équipements, si les exigences de sécurité sont qui peuvent concerner la structure d’un bâtiment ou d’un ouvrage
prépondérantes, si l’environnement est sévère, et si les risques de d’art et sa résistance (capteurs permettant de déterminer contraintes
défaillance technique ont des conséquences économiques impor- et déformations), les différentes parties d’un bâtiment sous ses
tantes. Il est fait appel au laboratoire pour entreprendre des divers aspects (mesures acoustiques, thermiques, hygrométriques),
campagnes de mesures in situ, instrumenter les ouvrages de les sols et fondations.
manière permanente, développer et appliquer des méthodes de
contrôle non destructif. Exemples
Mesures de déflexion sur chaussées, pour décider d’un renforce-
Exemple : centrales nucléaires, grands barrages, plates-formes ment éventuel.
pétrolières en mer, tunnels, etc.
Mesures de potentiel électrique associées à la détection de la corro-
Pour fixer les idées, les ingénieurs chargés de l’étude du tunnel sion des armatures de béton armé.
sous la Manche ont pris en compte une durée de service de 100 ans. Inspection des anodes de protection cathodique, et observation de
La durée d’exploitation d’un champ pétrolier en mer est de l’ordre fissures de fatigue sur les ouvrages métalliques en mer.
de 20 ans, toute journée de perte de production doit être évitée à
tout prix, et dans le cas des structures fixes (posées sur le fond de Dans le cas des piles de ponts, des ouvrages portuaires et des
la mer) il n’est pas possible (comme pour les bateaux ou les struc- structures en haute mer, il est classique de faire appel à des plon-
tures flottantes) de ramener l’ouvrage en site abrité pour visites geurs professionnels et, pour les grandes profondeurs d’eau ou pour
d’entretien et réparations. des tâches de routine, à des ROV (Remote Operated Vehicles )
télécommandés.

2.4.1 Connaissance de l’environnement


2.4.3 Ouvrages instrumentés
Plus les exigences de l’environnement sont sévères, plus il est
utile d’en faire des mesures précises pour les exploiter. Le labora- Le suivi de la fiabilité de structures particulières telles que grands
toire de génie civil est directement concerné, car il a besoin de ces barrages, centrales nucléaires et ouvrages en mer est assuré par une
informations pour intervenir dans son propre domaine. instrumentation placée en fonction des zones les plus critiques
déterminées par le calcul, et généralement prévue dès la construc-
Au stade des études de conception (§ 2.2), si le bureau d’études
tion de l’ouvrage. Les méthodes employées, bien établies pour
dispose de règles de construction telles que les règles Neige et Vent
certaines d’entre elles (cordes vibrantes noyées dans le béton des
(cf. article spécialisé dans ce traité) ou les règles parasismiques, il
barrages, mesures de tassement de remblais), ou en cours de
lui faut aussi des mesures locales lorsqu’il s’agit d’ouvrages excep-
développement pour répondre à de nouveaux besoins (accéléro-
tionnels. Cela fait partie des renseignements à fournir au laboratoire,
mètres placés en tête des ouvrages en mer), sont généralisables à
si celui-ci ne les a pas recueillis lui-même.
des situations variées (ponts, immeubles de grande hauteur, monu-
Exemple : pour les ouvrages en mer, les données de houle, vent, ments historiques, etc.).
courant, très variables d’un site à l’autre, sont déterminantes pour le Le cas des ouvrages en mer peut servir d’exemple. Le travail
calcul. En mer du Nord, la hauteur de houle centennale est de l’ordre suppose une bonne coordination entre le maître d’ouvrage, le bureau
de 30 m ; la pression hydrodynamique ainsi exercée peut d’études et le laboratoire. Il se déroule de la façon suivante.
atteindre 10 t/m2 avec un bras de levier qui peut être supérieur à 30 m ;
ces chiffres sont à rapprocher de la pression du vent qui, pour les ■ Acquisition et transmission des mesures
ouvrages à terre, culmine vers 0,2 t/m2. De plus, l’action de la houle est L’ouvrage est équipé de jauges de contraintes (principalement près
périodique et aléatoire (> 4 × 106 cycles/an) et engendre dans la struc- des nœuds tubulaires critiques pour les plates-formes métalliques,
ture des phénomènes de fatigue difficiles à maîtriser. À ces agressions et près des encastrements ponts-colonnes en béton pour les plates-
mécaniques s’ajoutent des agressions physiques (pression hydro- formes en béton), d’accéléromètres, d’inclinomètres, de capteurs de
statique due à la profondeur d’eau, gradient de température dans les tension (lignes d’ancrage des plates-formes semi-submersibles) ;
parois de réservoirs d’hydrocarbures) et des agressions chimiques (sali- des appareils de mesures géotechniques sont placés sous les fonda-
nité du milieu) et même biologiques (flore et faune marines). tions des plates-formes gravitaires fixes (pressions interstitielles,

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tassements différentiels), et les paramètres météo-océaniques Instrumentation de pieux en cours de battage : la plupart des
(hauteur et période de la houle, vitesse du vent et du courant) sont ouvrages de type jacket (structures métalliques en treillis) sont fixés au
mesurés à proximité. Toutes ces mesures sont stockées sur bandes fond de la mer par des piles mises en place par battage jusqu’à des
magnétiques. profondeurs de l’ordre de 50 m dans le sol. Afin de contrôler les opéra-
tions de battage effectuées en pleine mer dans des conditions diffi-
■ Traitement des mesures ciles, il a été possible de mettre au point un système de mesures en
Les instrumentations étant conçues de manière à fournir un maxi- tête de pieu (vitesse d’enfoncement, énergie mise en jeu) et la
mum d’informations, on a abouti à des bases de données gigan- méthode d’interprétation correspondante.
tesques (des centaines de capteurs scrutés à des fréquences de
l’ordre de 10 Hz pendant plusieurs périodes de 20 min chaque jour
pendant plusieurs années). Il faut donc traiter ces mesures pour les 2.5 Recherche scientifique et technique
mettre sous forme de résultats synthétiques exprimés en termes
d’ingénieurs. Ce travail fait largement appel aux méthodes statis-
tiques et demande de puissants moyens informatiques. En plus des innovations qui peuvent accompagner un projet déter-
miné, les laboratoires mènent une action de portée plus générale
S’il est important d’utiliser au mieux ces bases de données en vis-à-vis du progrès technique ; c’est la recherche-développe-
temps différé, il est encore plus utile de pouvoir le faire en temps ment, ainsi nommée car elle comprend plusieurs stades allant de
réel pour détecter immédiatement un défaut de la structure (par la recherche purement théorique jusqu’au développement final
exemple en cas de tempête), le localiser et apprécier le niveau du (c’est-à-dire la commercialisation) d’une technique, d’un procédé ou
risque. d’un produit nouveaux (§ 1.1.5).
■ Évaluation de la sécurité
L’interprétation des mesures est poussée jusqu’à la corrélation 2.5.1 Clientèle du laboratoire
avec tous les éléments donnés par le calcul et susceptibles de fournir
des indications sur le comportement de la structure. La détection
de fissures dans une entretoise de structure métallique sera, par Elle est alors de deux sortes.
exemple, réliée à une perte de rigidité de l’ensemble et à des ■ Administration et organismes professionnels. Ils fixent des pro-
modifications de la réponse dynamique de l’ouvrage aux excitations grammes de recherche en accord avec le laboratoire lui-même, les
provoquées par la houle. L’analyse du risque, démarche itérative financent, et tentent de les coordonner pour répondre aux besoins
entre le calcul de structure et l’interprétation de mesures in situ, nationaux.
conduit ainsi à des prises de décision quant aux réparations ou aux
actions de maintenance à effectuer. Elle contribue aussi, d’une Exemples :
manière plus générale, à faire progresser les méthodes de — en béton armé, développement des armatures industrielles
dimensionnement des ouvrages ; l’approche probabiliste de la sécu- destinées à remplacer les armatures confectionnées sur chantier ;
rité (notions de probabilité de ruine, ou de durée de vie sous charges — études de tenue au feu des charpentes (CTICM).
répétées) vient d’ailleurs compléter l’approche traditionnelle (notion
de coefficients de sécurité). ■ Sociétés privées (entreprises ou grande industrie) intéressées par
le développement commercial d’innovations qui leur sont propres.
Exemple : instrumentation complète des plates-formes pétrolières Elles passent avec le laboratoire des contrats de recherche- dévelop-
du champ de Frigg en mer du Nord, au fur et à mesure de leur installa- pement précisant l’action respective des deux parties.
tion, à l’initiative de l’opérateur Elf-Aquitaine.
Exemple : une entreprise de travaux publics, qui cherche à déve-
lopper une méthode originale de construction de ponts mixtes acier-
2.4.4 Contrôle non destructif béton, conçoit un système particulier de connecteur, et fait appel à un
laboratoire pour exécuter des essais sur modèles en vraie grandeur ; elle
espère ainsi devancer les entreprises concurrentes sur le marché (inter-
D’autres systèmes de surveillance peuvent compléter ce qui national) des ouvrages d’art.
précède. Le rôle des laboratoires est bien entendu de les mettre en
œuvre, mais aussi de les mettre au point, de les adapter à Lorsque plusieurs sociétés ou organismes s’intéressent à un
l’environnement concerné (par exemple le milieu marin) et d’en même sujet de recherche, ils peuvent conclure des conventions
assurer la commercialisation si nécessaire. Ce type de recherche- d’action concertée de recherche qui répartissent entre eux les coûts
développement se fait en plusieurs phases : élaboration du principe et les avantages de l’innovation considérée.
de la mesure, essai en laboratoire d’un prototype d’instrument, Dans la réalité, la distinction n’est pas toujours aussi nette, car
essais de qualification de l’appareil en milieu naturel, mise au point la recherche coûte cher, et pour réunir les crédits suffisants les diffé-
et validation de la méthode d’interprétation, industrialisation de rentes parties prenantes sont de plus en plus souvent amenées à
l’appareillage. coordonner leurs objectifs et leurs moyens (§ 2.5.3).
Exemples
Surveillance des structures métalliques par émission acoustique :
lorsqu’un matériau est soumis à des contraintes (notamment lorsqu’une 2.5.2 Étapes du processus
fissure se développe dans l’acier sous l’effet de sollicitations en fatigue), de recherche-développement (figure 7)
il émet des ondes élastiques transitoires (émission acoustique) que l’on
peut capter à l’aide de céramiques piézoélectriques disposées à proxi- Le progrès technique peut être obtenu par deux méthodes
mité. L’interprétation des signaux d’émission acoustique recueillis par opposées, qui ont chacune leurs partisans.
un ensemble de capteurs permet ainsi de caractériser l’apparition puis
l’évolution d’une éventuelle fissure de fatigue dans la zone de l’ouvrage ■ La méthode exploratoire consiste, à partir du domaine des
à surveiller. Utilisant ce principe, on a pu développer une technique de connaissances acquises, à les développer et à tenter de les appliquer.
surveillance non destructive des assemblages métalliques soumis aux Elle présente un danger, celui que le chercheur travaille en vase
charges répétées de la houle. Il a fallu cinq ans d’expérimentation, clos et oublie le praticien. Il faut que celui-ci fasse l’effort de publier
d’abord en laboratoire puis en mer, pour arriver à une méthode opéra- et de mettre les résultats de ses travaux à la portée des utilisateurs
tionnelle sur plates-formes pétrolières off-shore. potentiels.

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2.5.3.1 Associations de recherche


Il s’agit de groupements qui se constituent, en principe pour une
durée déterminée, en fonction d’un objectif particulier à atteindre,
entre partenaires qui estiment avoir des moyens complémentaires
et un intérêt commun pour les résultats attendus. La méthode a été
inaugurée avec succès dans le domaine des ouvrages en mer, sous
l’impulsion de l’Institut Français du Pétrole et de l’IFREMER, avec
le concours du CEBTP et de centres techniques comme le CTICM
et l’IRSID, et avec la participation active des grands maîtres
d’ouvrage (les compagnies pétrolières Elf et Total) et des entreprises
et bureaux d’études concernés par ce secteur d’activité bien parti-
culier. Quatre séries de problèmes à résoudre (l’action des éléments
marins, les structures marines en acier, le béton en mer, la géotech-
nique marine) ont donné naissance à des associations spécialisées
(respectivement ARAE, ARSEM, ARBEM et ARGEMA) qui se sont
ensuite fédérées pour constituer le CLAROM (Club pour les Actions
de Recherche sur les Ouvrages en Mer). Cette organisation permet
aux partenaires d’élaborer, puis de gérer ensemble des programmes
de recherche d’intérêt commun, en regroupant les financements et
les compétences. Les laboratoires et les bureaux d’ingénierie sont
étroitement associés tout au long du processus de programmation
et d’exécution de la recherche, ce qui favorise les échanges de vues
entre chercheurs et praticiens et accélère la mise en application des
résultats.
Figure 7 – Essai de chargement de pieu (Doc. IFP)
Il peut exister différentes variantes au modèle précédent. Le
système du ticket de participation, par exemple, consiste à définir,
Le chercheur et le praticien doivent, de toutes façons, consacrer dans un premier temps, un programme de recherche bien ciblé, à
une partie de leur temps à des rencontres et échanges d’idées (les en estimer le coût et la durée, puis à faire un appel de fonds auprès
occasions ne manquent pas). des sociétés susceptibles d’être intéressées. Les partenaires sont
■ La méthode normative consiste à se fixer le but, et à chercher à alors associés à la gestion du projet et bénéficient de la confiden-
l’atteindre par tous les moyens. Elle suppose que l’objectif à atteindre tialité des résultats. C’est une technique qui permet de recueillir des
soit clairement défini, ce qui n’est pas toujours facile, même après de collaborations internationales.
savantes études prospectives. D’une manière générale, l’organisation de projets menés en parti-
cipation tend à se répandre, et elle est favorisée par l’État (§ 2.5.3.2).
■ Quoi qu’il en soit, à partir d’une idée qui peut venir du laboratoire Cela impose un travail supplémentaire pour l’organisme qui accepte
ou de son client, et avant l’aboutissement ultime de cette idée qui est d’assurer la préparation puis la coordination d’un projet de ce type.
son développement commercial, tout programme de recherche doit Si des partenaires souhaitent se regrouper, mais qu’aucun d’entre
comporter trois phases successives : eux n’est assez disponible pour assumer cette tâche de gestion, ils
— mise au point théorique, assortie de tout l’effort nécessaire de peuvent faire appel à l’IREX (Institut de Recherche Expérimentale
documentation et de définition précise du cahier des charges du pour le génie civil), organisme créé, sous l’égide de la Fédération
programme de recherche proprement dit ; des Travaux Publics, spécialement pour fournir de telles prestations.
— expérimentation à échelle réduite, études paramétriques, et
compléments théoriques pour vérifier les hypothèses de départ et 2.5.3.2 Action incitative de l’État
orienter la recherche vers la solution technique à retenir ;
— expérimentation à échelle semi-industrielle, pour vérifier que Dans le secteur du génie civil, l’État intervient de façon déter-
l’invention est réalisable dans la pratique (chiffrer le coût des installa- minante pour le financement de la recherche, et il ne le fait pas seule-
tions, prévoir les aléas de fabrication, etc.). ment par la tutelle qu’il exerce sur les universités et les organismes
Chacune de ces étapes coûte environ dix fois plus cher que la publics. Les industriels peuvent aussi bénéficier d’un soutien efficace
précédente. par le mécanisme des crédits d’incitation.
La commercialisation, dans laquelle le laboratoire n’intervient plus Le ministère de la Recherche et le ministère de l’Équipement se
(sauf à titre de conseil), demandera encore un effort financier impor- sont dotés d’une cellule commune de réflexion et de conseil, le
tant (pour convaincre le maître d’œuvre de prendre le risque d’inno- CORGEC (Conseil d’Orientation de la Recherche en Génie Civil), qui
ver), mais c’est une autre affaire. préside à l’élaboration de plans pluriannuels définissant les grands
axes de recherche d’intérêt national. Ce travail de programmation
(auquel est associée la profession) est concrétisé par le PROGEC
2.5.3 Financement et organisation (Programme de Recherche en Génie Civil) qui fixe un cadre technique
à partir duquel les deux ministères concernés inscrivent des lignes
des programmes de recherche de crédits au BCRD (Budget Civil de Recherche-Développement). Une
partie de ces crédits d’État est accessible au secteur privé par dif-
Les budgets et les compétences qu’il faut mettre en jeu dans les férents mécanismes.
programmes de recherche modernes dépassent souvent les moyens
d’un seul organisme, et il est rare que plusieurs partenaires différents En particulier, la Direction des Affaires Économiques et Inter-
ne soient pas intéressés par les résultats d’un même projet. C’est nationales (DAEI) du ministère de l’Équipement gère une enveloppe
ainsi que l’on assiste actuellement à une complexité croissante de budgétaire affectée à un ensemble de « Projets nationaux de
l’organisation et du mode de financement des programmes de recherche en génie civil », selon une procédure souple et efficace :
recherche en génie civil. Trois phénomènes sont à considérer : les industriels qui, à partir d’une idée directrice, constatent l’exis-
tence d’un besoin commun et d’une complémentarité de moyens,
— les associations de recherche ; sont invités à s’associer entre eux (entreprises, bureaux d’études,
— l’action incitative de l’État ; laboratoires, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, fournisseurs de
— le contexte européen. matériaux ou d’équipements, selon les cas) ; ils signent une

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« charte » qui définit les modalités de leurs participations respectives indiquer des adresses de laboratoires à l’étranger et des renseigne-
à un programme échelonné sur quelques années ; un contrat passé ments sur les spécialités couvertes, mais aussi pour faciliter des
avec l’État leur ouvre alors annuellement des crédits d’incitation pour rapprochements.
un montant de l’ordre de 15 % du coût total de la recherche.
Exemples de projets nationaux :
— structures mixtes acier-béton ;
— tunnels 1989-1994 ;
3. Aspects particuliers
— voies nouvelles du matériau béton ;
— ouvrages en mer ;
de l’activité
— utilisation des matériaux locaux ; des laboratoires
— etc.
Les procédures de ce genre ne sont pas immuables. Elles peuvent 3.1 Méthodes expérimentales
évoluer ou changer. Il est bon de savoir qu’elles existent, et que les
grands laboratoires de la profession (comme le CEBTP) savent les 3.1.1 Étude des matériaux
utiliser.
Il faut distinguer :
2.5.3.3 Contexte européen — les nombreux essais courants, consacrés par l’usage, plus ou
En génie civil comme dans d’autres disciplines, l’élargissement moins codifiés ou normalisés ;
des programmes de recherche français à des partenaires européens — les recherches de base, pour lesquelles le laboratoire utilise du
est une tendance forte, et se fait de deux manières : matériel et des méthodes plus élaborés.
— par des collaborations entre laboratoires de plusieurs pays ; Exemples : triaxial à 3 contraintes principales distinctes, micro-
— par l’intervention de la Commission des Communautés Euro- scope électronique, chromatographie en phase gazeuse, etc.
péennes à Bruxelles.
Trois tendances se confirment à l’heure actuelle (1991) :
La CEE, tout comme les administrations nationales, dispose de
moyens financiers d’aide à la recherche. Il peut y avoir cumul avec — étudier non seulement les propriétés intrinsèques instantanées
les soutiens d’État obtenus par ailleurs, à condition que sur un pro- des matériaux mais aussi leur vieillissement, structurel et
gramme déterminé le montant total des aides publiques ne dépasse fonctionnel ;
pas 50 % du coût total. La CEE procède par appels d’offres inter- Exemples : étude de la fatigue des enrobés, étude des phéno-
nationaux, publiés au Journal Officiel de la Communauté, sur la base mènes électrochimiques qui déterminent la corrosion des aciers.
de programmes spécifiques préparés par les services de l’Adminis-
tration de Bruxelles. Celle-ci comprend différentes Directions Géné- — essayer de comprendre les propriétés technologiques (macro-
rales, qui fonctionnent comme des ministères spécialisés. La DG XII scopiques) des matériaux à partir de la connaissance de leur struc-
est exclusivement consacrée à la recherche (parmi les appels d’offres ture microscopique, moléculaire, atomique et électronique ;
dont elle a déjà eu l’initiative, citons à titre d’exemple BRITE, pour
les recherches de base sur les matériaux, ou MAST, pour les sciences Exemples : métaux, matières plastiques, sols argileux.
et technologies marines), mais d’autres DG disposent aussi d’enve- — tenter de créer des matériaux nouveaux possédant des pro-
loppes « Recherche » (DG XVII : hydrocarbures et énergie, DG V : priétés que l’on se fixe à l’avance.
éducation etc.). L’Administration française et les grands centres de
recherche de la profession (et également la RILEM) se tiennent au Exemple : matériaux composites armés de fibres.
courant de ces différentes opportunités, et sont en position d’aider
les candidats qui souhaitent soumissionner.
Par ailleurs, le dispositif EUREKA a été mis en place en 1985 (à
3.1.2 Étude d’éléments de construction
l’initiative de la France) pour favoriser des collaborations euro-
péennes sans imposer aux partenaires toute la lourdeur de l’appareil On distingue deux tendances :
communautaire. Il couvre des sujets très variés (386 projets étaient — expérimenter sur des éléments de construction en vraie gran-
en cours en décembre 1990) et peut donc s’appliquer, en particulier, deur, même si les éléments en question sont de grande dimension.
au secteur du génie civil. Les PME (petites et moyennes entreprises)
y ont facilement accès. Pour qu’un projet de recherche puisse suivre Exemples : stations d’essais de pieux, de poussée des terres, de
cette filière : murs-rideaux ; essais de poutres de plus de 30 m de longueur ;
— il doit être présenté par des industriels ; la participation de — étudier l’action du milieu extérieur sur ces éléments de
partenaires de plusieurs pays est obligatoire ; la CEE peut éventuelle- construction.
ment se joindre au projet, au même titre qu’un autre partenaire ;
— le programme proposé doit être relativement important (l’ordre Exemples : essais au feu, action du vent, phénomènes hygro-
de grandeur de 10 MF permet de fixer les idées) ; et la recherche thermiques, séismes, simulation de l’environnement marin.
doit être directement orientée vers des applications valorisables sur Ces deux tendances ont conduit certains laboratoires à s’équiper
le plan commercial ; de plates-formes d’essais aux dimensions spectaculaires.
— il doit être soumis, dans chaque pays, à un coordonnateur
national qui engage une procédure internationale d’évaluation à par-
tir de laquelle, si le label EUREKA est obtenu, les aides financières 3.1.3 Rôle des modèles réduits (figures 8 et 9)
de l’État sont débloquées (en France, le coordonnateur national
EUREKA est placé sous la tutelle de l’ANVAR ; les bugdets d’État ne
sont pas centralisés mais répartis entre les ministères spécialisés, Le laboratoire a recours à la technique des modèles réduits, princi-
comme le ministère de l’Équipement par exemple). palement pour des projets, lorsque l’expérimentation en vraie gran-
deur n’est pas possible (ou trop coûteuse) et que le traitement
Indépendamment de tout système institutionnel, enfin, les rappro- analytique des relations contraintes-déformations n’est pas assez
chements entre laboratoires des différents pays sont de plus en plus sûr : prise en considération du comportement non linéaire des maté-
fréquents et peuvent conduire pour eux à une économie de moyens. riaux, abandon de l’assimilation des problèmes dynamiques à des
Le secrétariat de la RILEM (§ 1.2) est bien placé, non seulement pour

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Figure 8 – Étude du comportement d’un ouvrage sur modèle réduit


(Doc. CEBTP)
Figure 9 – Jauge de déformation à fil résistant
problèmes statiques, considération du caractère tridimensionnel des
problèmes, introduction de concepts probabilistes.
Le domaine où l’ingénieur civil est le plus souvent contraint de
recourir aux modèles réduits (cf. articles Modèles en hydraulique
maritime [C 182] et Modèles hydrauliques fluviaux [C 184] dans
le présent traité), en tant qu’outil de projet, est celui des ouvrages
hydrauliques, mais il faut citer aussi : ponts, tunnels, installations
industrielles (cheminées d’usines, réacteurs nucléaires), ouvrages en
mer, immeubles de grande hauteur, voire certains projets d’urba-
nisme (études climatique, aérodynamique, etc.).
Il faut distinguer :
— les modèles structurels (figure 10) (mesures globales), confec-
tionnés à l’image des projets à étudier. Les moyens expérimentaux
sont principalement : application d’efforts statiques ou dynamiques,
essais en soufflerie, mesures par extensométrie ou photo-
élasticimétrie ;
— les modèles expérimentaux (pour lesquels on dissocie les para-
mètres), à caractère pédagogique (petits rouleaux pour la mécanique
des sols) ou appliqué (analogie électrique), le plus souvent destinés
à l’étude théorique d’un phénomène particulier par des procédés
analogiques.
Exemple : écran de poussée-butée, pour la mécanique des sols.
En géotechnique, l’un des obstacles auquel on se heurte dans les
études sur modèles est la reproduction du poids propre, compte tenu
des lois de similitude. La difficulté peut être tournée par des artifices
(centrifugeuse).

3.1.4 Modèles numériques

Pour l’analyse du comportement des ouvrages, les méthodes


mathématiques et informatiques sont poussées à un tel degré
d’efficacité que certains modèles numériques sont proposés pour
se substituer aux moyens expérimentaux plus traditionnels.
Exemple : l’étude acoustique de la grande salle du nouvel Opéra de
la Bastille a été faite à partir d’un modèle mathématique prenant en
compte (avec une précision supérieure à celle des mesures physiques)
toutes les hypothèses concernant la géométrie de la salle et de la scène,
la position des sources d’émission, et les courants de convection
d’origine thermique. Le modèle a d’abord été validé avec succès par des
mesures physiques enregistrées à la salle Pleyel.

Figure 10 – Simulation de l’environnement en laboratoire

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3.1.5 Appareils de mesure


Le laboratoire dispose de tous les moyens de mesure apportés
par la chimie et la physique : pesées, pH-métrie, spectrographie,
visées optiques et lasers, absorption de rayons gamma ou de
neutrons (pour mesures de densités notamment), vitesse du son
(pour les propriétés du béton), mesures électriques, comparateurs
de précision, etc. (cf. traité Mesures et Contrôle).
Dans les études de structure, on s’attache spécialement à la
mesure des déformations (qui donnent indirectement les
contraintes) dans un corps d’épreuve soumis à des sollicitations. Les
mesures sont prises en de nombreux points du corps d’épreuve,
généralement au moyen de jauges collées ; elles sont transmises à
un centralisateur de mesures comportant le nombre de voies
d’enregistrement nécessaires, qui transcrit les résultats sur un dia-
gramme lisible ou sur des bandes magnétiques pour le traitement
informatique.
Quant aux paramètres d’entrée, il est possible de prendre en
compte des histogrammes de chargements complexes.
Exemple : à partir de statistiques sur l’observation de la houle en
mer du Nord, un histogramme de chargement type a été proposé aux
laboratoires européens concernés, pour simuler ces conditions parti-
culières en vue d’essais de fatigue des aciers.
Les moyens informatiques modernes permettent de traiter ces
données en temps réel, et d’asservir le fonctionnement de la presse
qui exerce les sollicitations (déformation imposée, ou contrainte
imposée). La courbe contraintes-déformations peut être produite
sur-le-champ.

3.2 Petits laboratoires opérationnels


(chantier)
L’entrepreneur et le maître d’œuvre disposent généralement, à Figure 11 – Presse CBR, pour laboratoire d’essais routiers
proximité de tout chantier de moyenne ou grosse importance, d’un
minimum d’appareillage pour les essais les plus courants. Le labo-
ratoire élémentaire de chantier ou de petite ville proche du chantier
sera composé différemment, selon qu’il s’agit de travaux routiers 3.3 Rôle des statistiques
ou de construction de bâtiments.
■ Laboratoire routier : Outre l’usage qui en est fait pour introduire dans les essais de
— étude de dessiccation ; matériaux des données aléatoires de chargement (§ 3.1.5), l’emploi
— série normale de tamis pour analyses granulométriques ; des statistiques se justifie principalement pour le suivi de fabrica-
— jeu de moules Proctor et dames Proctor ; tion ou la réception de matériaux ou d’éléments de construction
— coupelles pour limites d’Atterberg ; préparés en usine (§ 2.3.6).
— appareils à secousses pour équivalent de sable ; Leur utilisation pour le contrôle sur chantier de la mise en œuvre
— densitomètre à membrane ; de matériaux est moins courante, et demande une certaine prudence
— viagraphe (éventuellement) ; car il faut distinguer :
— matériel d’essais à la plaque ; — la dispersion dans la qualité du matériau ou du produit
— nucléo-densimètre (éventuellement) ; contrôlé ;
— presse CBR (figure 11) ; — la dispersion des conditions de mise en œuvre (qualité du
— balances, thermomètres, chronomètres, verrerie courante. support, notamment) ;
De plus, les centrales de malaxage et les postes d’enrobage sont — la dispersion de l’essai lui-même, due aux marges de précision
équipés d’appareils enregistreurs pour mesurer la température et parfois non négligeables d’appareils de mesure robustes, destinés
le débit des différents constituants : dosage pondéral ou volumé- au chantier.
trique, continu ou discontinu selon le type de centrale. Les données statistiques dont on dispose (aussi bien sur la
■ Autres cas spécifiques : connaissance de l’environnement et des efforts exercés, que sur le
comportement des matériaux), et la puissance des moyens de traite-
— essais de béton, pierres, briques, etc. ;
ment informatique conduisent à introduire la notion de probabilités
— essais de métaux ;
dans le calcul de dimensionnement des structures (méthodes
— essais de déformation.
« probabilistes », ou « semi-probabilistes »).
On ajoutera un petit atelier manuel de mécanicien, quelques réac-
tifs et un matériel très simplifié de chimie qualitative, quelques Exemple : logiciel STEXOM (Statistiques Extrêmes pour les
thermomètres simples et enregistreurs, un hygromètre enregistreur, Ouvrages en Mer) développé par l’IFREMER permettant de traiter les
et l’on aura un laboratoire qui sera suffisant pour la plupart des essais paramètres d’environnement marin pour appréhender la fiabilité des
courants. Il devra posséder l’eau courante, le gaz (butane) et structures.
l’électricité.

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3.4 Informatique (figure 12)

Le laboratoire a recours à l’informatique :


— pour l’exploitation directe des mesures (§ 3.1.3, 3.1.4 et 3.1.5)
et l’étude approfondie de l’influence des différents paramètres sur
ces mesures. De plus, seul l’ordinateur permet, en cours d’expé-
rience, de faire varier les paramètres choisis comme hypothèses en
fonction de l’incidence qu’ils ont sur les résultats ;
— pour le calcul des ouvrages soumis à l’expérimentation. Ce
travail, qui est en principe celui du bureau d’études, concerne direc-
tement le laboratoire dans la mesure où les résultats expérimentaux
obtenus notamment in situ (§ 2.4) sont complétés par un calcul
complet de réanalyse du comportement de l’ouvrage. L’amélioration
des méthodes de calcul est aussi un objectif possible pour le labora-
toire. De ce fait, les grands laboratoires sont équipés le plus souvent
d’un service calcul spécialement compétent, qui peut travailler à
façon pour la clientèle sans qu’il y ait nécessairement expérimenta-
tion par ailleurs ;
— pour sa propre gestion ;
— pour les problèmes de documentation : gestion de fichiers de
renseignements de tous ordres, destinés à la clientèle, souvent
appelés banques de données.

3.5 Documentation
Figure 12 – Laboratoire d’essais de matériaux (Photo GERNOT, Brest)
Les laboratoires possèdent le plus souvent, chacun dans sa spécia-
lité, une documentation abondante qui ne se rapporte pas seulement
aux techniques expérimentales, mais à la construction en — listes bibliographiques (faites sur demande par des documenta-
elle-même : listes) ;
— méthodes de calcul ; — synthèses bibliographiques plus spécifiques (faites par des
— propriétés et utilisation des matériaux ; ingénieurs) ;
— documents normatifs ; — accès éventuel à des banques de données informatisées.
— environnement, exigences humaines, etc. De plus, les différentes bibliothèques qui s’intéressent à la
Les centres de documentation des grands laboratoires mettent ces construction travaillent en étroite collaboration. Le demandeur peut
renseignements à la disposition du public sous différentes formes : ainsi, bien souvent, accéder par l’une d’entre elles à la documen-
tation de l’ensemble. Il existe aussi une collaboration internationale :
— consultation d’ouvrages (aidée par des bibliothécaires) ; communication mutuelle de fichiers, voire d’ouvrages.

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C 60 − 18 © Techniques de l’Ingénieur, traité Construction
P
O
U
Rôle et activités des laboratoires R

E
par Philippe OZANNE
Ingénieur de l’École Centrale de Paris N
Essais élémentaires
La liste des essais qui peuvent être exécutés par les différents laboratoires Détermination de la masse volumique du granulat.
S
de génie civil est extrêmement diversifiée. Elle se subdivise selon les rubriques
suivantes.
Détermination du coefficient de forme sur gravillon ou cailloux.
Essai de porosité par ébullition, sur gravillon ou cailloux. A
1. Métaux Équivalent de sable.
2. Pierres naturelles et reconstituées, matériaux de couverture, ardoises
2.1 Pierre
Détermination de la teneur en eau d’un agrégat.
Détermination des proportions optimales des constituants d’un béton.
V
Gâchage, confection et essai d’éprouvettes de mortier : prisme 4 × 4 × 16 cm,
2.2 Ardoises de schiste ou d’amiante-ciment
3. Liants hydrauliques. Ciments, chaux et plâtres
flexion et compression sur les bouts.
Gâchage, confection et essai d’éprouvettes de béton : cube, cylindre ou
O
4. Sable, mortiers, bétons, blocs, carreaux
4.1 Granulats, bétons et mortiers
4.2 Blocs, boisseaux, poutres, bordures
prisme.
Essai de compression seule : cubes et cylindres.
Essai de flexion sur prismes : minimum 3 prismes.
I
4.3 Carreaux de mosaïque de marbre et carreaux de ciment
5. Sols et fondations
Mesure de la plasticité au cône d’Abrams.
Mesure de rendement d’une composition de béton. R
5.1 Mécanique des sols Mesure de la proportion d’air occlus.
5.2 Mécanique des roches Essai de résistance des tuyaux à l’ovalisation.
5.3 Reconnaissance géotechnique et auscultation des chaussées Essai de flexion des tuyaux.
6. Produits céramiques silico-calcaires et réfractaires
6.1 Briques de terre cuite et silico-calcaires
6.2 Carreaux céramiques
Essai de traction par fendage (suivant norme P 18-408).
Essai de traction directe sur prisme de béton 7 × 7 × 28 cm : enregistrement
de la courbe effort-déformation.
P
6.3 Tuiles mécaniques en terre cuite
6.4 Boisseaux de cheminée en terre cuite
6.5 Verres
Essai de porosité sur blocs de béton.
Mesure du retrait et du gonflement : série de 6 prismes 7 × 7 × 28 cm. L
Mesure du retrait sur béton frais :
7. Eaux
8. Huiles, graisses et matières lubrifiantes
— sur éprouvette 7 × 7 × 28 cm ;
— sur éprouvette 20 × 20 × 60 cm.
U
9. Peintures et vernis
9.1 Essais sur les huiles
Analyse d’un béton frais : méthode de la balance hydrostatique.
Adhérence de mortier et enduit : à l’aide de pastilles d’aluminium de 20 cm2
de section.
S
9.2 Essais des essences Mesure des variations dimensionnelles : par collage ou scellement de plots
9.3 Essais sur les pigments et matières de charge sur les éléments.
9.4 Essais sur les peintures et vernis préparés...
Mesure du module dynamique.
9.5 Essais sur les peintures fraîches
Mesure du module statique : extensomètres mécaniques.
10. Matériaux routiers et d’étanchéité Enregistrement de la courbe effort-déformation.
10.1 Essais sur les liants hydrocarbonés Essai de fissuration et d’arrachage sur éprouvettes armées, pour l’homolo-
10.2 Essais sur les revêtements routiers gation des aciers.
10.3 Essais sur les matériaux minéraux Essai type Ponts et Chaussées pour étude de chapes minces : l’étude des
10.4 Essais sur les matériaux enrobés chapes minces comporte la confection de 3 dalles en béton armé essayées
10.5 Essais sur les produits d’étanchéité pour l’une d’elles à 11 jours, pour les deux autres à 50 jours.
10.6 Essais sur les émulsions de bitumes
Analyse complète d’un sable : dosage : perte au feu, eau à 105 oC, eau
11. Corrosion combinée, anhydride carbonique, silice, alumine, oxyde de fer, chaux,
12. Structures magnésie, anhydride sulfurique, alcalins.
Dosage des sels solubles dans un agrégat.
2 - 1992

12.1 Caractéristiques mécaniques et physiques


12.2 Essais et mesures thermiques sur éléments de mur Dosage des matières organiques dans un agrégat.
Analyse complète d’un mortier avec recherche du dosage.
13. Acoustique
Analyse complète d’un béton avec recherche du dosage.
13.1 Niveau du bruit
13.2 Isolation 5.1 Mécanique des sols :
13.3 Absorption Mesure de la teneur en eau naturelle.
Pour deux de ces rubriques choisies ici comme exemples, les essais élémen- Mesure du poids spécifique apparent.
Doc. C 60

taires suivants sont pratiqués de manière courante. Mesure du poids spécifique des grains solides.
4.1 Granulats, bétons et mortiers : Détermination des limites d’Atterberg.
Analyse granulométrique. Détermination de la limite de saturation.
Détermination de la teneur en éléments très fins. Détermination de la limite de retrait.
Détermination de la densité apparente. Mesure de l’équivalent de sable.

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est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Construction Doc. C 60 − 1
P RÔLE ET ACTIVITÉS DES LABORATOIRES ____________________________________________________________________________________________________
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R
Analyse granulométrique. Essai Proctor.
Analyse sédimentométrique (d < 0,1 mm). Moulage Proctor.
Essai de cisaillement : Essai de portance CBR.
E a) non consolidé - non drainé ;
b) consolidé - non drainé ;
Analyse complète d’un sol : dosage de la perte au feu, de l’eau combinée,
de l’anhydride carbonique, silice, alumine, oxyde de fer, chaux, magnésie,
c) consolidé - drainé. anhydride sulfurique, alcalins.
N Essai triaxial :
a) non consolidé - non drainé ;
Dasage des sels solubles dans un sol.
Dosage des matières organiques dans un sol.
b) consolidé - non drainé ; pH d’un sol.
c) consolidé - drainé. Détermination de la corrosivité des sols in situ : résistivité, courants vaga-
Essai de compression simple. bonds

S Essai de compressibilité-perméabilité à l’œdomètre.


Mesure du tassement dans le temps (Cv).
Pratiquement, lorsqu’une intervention lui est demandée, le laboratoire doit
être en mesure de définir les moyens qui lui sont nécessaires pour répondre
aux objectifs de son client. Il doit donc préciser à celui-ci la nature des essais
Mesure de la perméabilité.
A qu’il compte entreprendre, et les justifier par rapport au problème posé.

V Bibliographie
O Toute la documentation sur les sujets abordés
dans cet article est facilement accessible auprès des
DURIEZ (M.). – Nouveau traité de matériaux de
construction. Vol. I. Granulats, ciments, bétons,
■ Annales de l’ITBTP
Publient notamment les textes de conférences
I bibliothèques des trois grands laboratoires français
de la profession :
constitution et technique générales d’emploi.
Vol. II. Les ciments, mortiers et bétons dans les
techniques particulières. Les aciers, les bois, le
variées, et les comptes rendus scientifiques des
recherches effectuées au CEBTP (Centre Expéri-
— le CEBTP dispose d’un fonds documentaire mental de Recherches et d’Études du Bâtiment et des
R scientifique et technique considérable, répondant
aux besoins des chercheurs et des praticiens ;
plâtre. Les matériaux de protection et d’étan-
chéité. Vol. III. Liants et bétons hydrocarbonés.
Dunod (1961-1962).
Travaux Publics).
■ Bulletin de Liaison des Laboratoires Routiers
— le CSTB est l’organisme national de diffusion
pour tout ce qui se rapporte aux essais de matériaux, PAPADAKIS (M.) et VENUAT (M.). – Manuel du labo- Revue très complète, éditée par le Laboratoire
et met à la disposition du public une documentation ratoire d’essais des ciments, mortiers, bétons. Central des Ponts et Chaussées (LCPC), concerne les
abondante et variée ; Eyrolles (1969). expérimentateurs et les utilisateurs directs de la
P — le LCPC est très bien documenté, lui aussi,
dans son domaine de compétence.
PAPADAKIS (M.). – Contrôle et essais des ciments,
mortiers, bétons. Eyrolles (1961).
recherche, dans le domaine des routes et des
ouvrages d’art.

L Ouvrages fondamentaux
Il existe des traités d’essais de matériaux qui sont
destinés aussi bien aux expérimentateurs qu’aux
Publications des laboratoires.
Revues techniques spécialisées
■ Cahiers du CSTB
Publient des résultats d’études et de recherches,
Une bibliographie des travaux de laboratoire, des informations, et les agréments et avis tech-
U ingénieurs ou experts pouvant avoir à travailler en
liaison directe avec les laboratoires.
même limitée aux publications de langue française,
déborderait de beaucoup les limites de cet article,
niques relatifs aux éléments de construction.
■ Matériaux et Constructions (Revue officielle de
et constituerait le fichier d’une bibliothèque considé-
S Parmi ce type de publications, quelques ouvrages
gardent une valeur de référence malgré leur
ancienneté :
rable. Consulter directement les services de
documentation des laboratoires concernés.
la Réunion Internationale des Laboratoires d’Essais
sur les Matériaux (RILEM))
L’HERMITE (R.), ALZAS (A.) et FICKELSON (M.). – Parmi les publications disponibles dans les biblio- Rédigée en français et en anglais, à caractère
Traité d’expertise et d’essais des matériaux et des thèques de la profession, une attention particulière scientifique, spécialisée dans les méthodes d’essais
constructions. Méthodes générales d’essai et de peut être portée aux actes de colloques, qui suivent et les résultats de la recherche expérimentale.
contrôle en laboratoire. Vol. I. Mesures géomé- relativement bien l’évolution rapide des techniques D’autres publications périodiques s’adressent à
triques et mécaniques. Vol. II. Méthodes dans chaque spécialité. un public plus large que les précédentes :
physiques et physico-chimiques. Eyrolles (1967). Les revues françaises en rapport direct avec les — Le Moniteur des Travaux Publics et du
PELTIER (R.). – Manuel du laboratoire routier. activités des laboratoires de génie civil sont Bâtiment ;
Dunod 3e éd. (1959). principalement : — Routes et Aérodromes ;
— Travaux.
D’une manière plus générale, les éditeurs français
spécialistes du génie civil sont principalement :
Eyrolles, et les Éditions du Moniteur.

Normalisation
Les normes fournissent des données techniques essentielles sur les qualités, — aux modes opératoires du Laboratoire Central des Ponts et Chaussées
dimensions, règles d’emploi de milliers de produits que l’usage peut avoir à (LCPC) consacrés par l’usage, et publiés sous forme de fascicules séparés, essai
soumettre à l’analyse d’un laboratoire. Pour ne citer qu’un exemple, les par essai ;
caractéristiques des principales qualités de ciments sont définies par une série — aux normes très détaillées de l’ASTM (American Society for Testing and
de normes spécifiques. Les laboratoires compétents les connaissent ; ils doivent Materials), ou aux normes internationales publiées par l’Organisation Inter-
aussi être avertis des normes étrangères lorsqu’elles imposent des critères nationale de Normalisation ISO (International Organization for
différents des normes françaises, et des normes internationales lorsqu’elles Standardization).
existent. Ce domaine est en perpétuelle évolution. Toutes les normes françaises (précédées du sigle NF), étrangères ou inter-
Par ailleurs, la plupart des méthodes d’essais en laboratoire sont également nationales, sont en vente au service de diffusion de l’Association Française de
précisées par des normes françaises publiées par l’AFNOR (Association Normalisation (AFNOR).
Française de Normalisation). Il peut aussi être nécessaire de faire référence,
selon les cas :
— aux procédures d’essais définies par le Centre Scientifique et Technique
du Bâtiment (CSTB) ;

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___________________________________________________________________________________________________ RÔLE ET ACTIVITÉS DES LABORATOIRES
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O
Organismes à consulter
U
Cette liste est limitée à de grands laboratoires ou autres organismes utiles École Nationale des Ponts et Chaussées ENPC R
à connaître et cités dans l’article pour la plupart. Sans faire l’inventaire de tous École Nationale Supérieure des Mines de Paris ENSMP
les laboratoires existants, elle donne cependant les premières indications pour École Polytechnique EP
savoir où s’adresser en cas de besoin. Électricité de France EDF Direction des études et recherches.
Fédération Nationale du Bâtiment FNB.
France
Association Française de Normalisation AFNOR On peut aussi consulter les Fédérations régionales.
Fédération Nationale des Travaux Publics FNTP
E
L’AFNOR publie dans son catalogue la liste des normes françaises et des DTU
(Documents Techniques Unifiés ). Elle met à la disposition des lecteurs les
collections de normes françaises, étrangères et internationales ; celles-ci
On peut aussi consulter les Fédérations régionales.
Groupement Professionnel des Bitumes N
peuvent également être acquises à l’AFNOR. Organisme de diffusion. Peut renseigner sur les activités des centres de
Association Française de Recherches et d’Essais sur les Matériaux et les recherches des compagnies pétrolières.
Constructions AFREM Institut Français du Pétrole IFP
L’AFREM compte parmi ses adhérents les principaux laboratoires français
de génie civil.
Agence Nationale de la Valorisation de la Recherche ANVAR
L’activité de l’IFP couvre toutes les branches de l’industrie des hydrocarbures.
Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer IFREMER
Une partie de son domaine de compétences touche les ouvrages offshore
S
L’ANVAR et ses délégations régionales interviennent comme soutien à la
recherche appliquée et favorisent la synergie entre laboratoires et industriels.
Associations de Propriétaires d’Appareils à Vapeur et Électriques APAVE
et côtiers.
Institut de Mécanique de Grenoble IMG A
Les APAVE et leurs agences régionales ont des compétences en études et
contrôles qui peuvent s’étendre à des problèmes de génie civil.
Compétences particulières en Mécanique des Sols et en Hydraulique. Voir
Université de Grenoble et SOGREAH.
Institut pour la Recherche appliquée et l’Expérimentation en génie civil IREX
V
Association Technique de l’Industrie des Liants Hydrauliques ATILH
L’ATILH ne dispose pas de moyens expérimentaux, mais peut renseigner sur
les laboratoires compétents dans sa spécialité, les ciments.
En liaison avec la FNTP et l’Administration, l’IREX a pour fonction de
rassembler des industriels et des laboratoires sur des programmes de recherche
appliquée, et d’en assurer la maîtrise d’œuvre.
O
Bassin d’essais des Carènes de Paris BCP
Laboratoire d’hydrodynamique navale dépendant du ministère de la
Institut de Recherches de la Sidérurgie Française IRSID
Laboratoire Central des Ponts et Chaussées LCPC I
Défense, le BCP a étendu son activité à l’expérimentation d’ouvrages pétroliers Laboratoire d’État fortement structuré pour tout ce qui se rapporte aux routes
en mer.
Bureau de Recherches Géologiques et Minières BRGM
et aux ouvrages d’art. Des laboratoires régionaux lui sont associés. C’est aussi
un centre de documentation important. R
Le BRGM établit des cartes des sols qui peuvent concerner les constructeurs. Laboratoire d’Essai des Matériaux de la Ville de Paris
Bureau Veritas Laboratoires des INSA de Lyon et de Toulouse
Organisme de certification, le bureau Veritas travaille en étroite liaison avec De type universitaire, ces laboratoires sont réputés pour leur compétence
les laboratoires compétents.
Centre d’Assistance Technique et de Documentation CATED
en génie civil.
Laboratoire National d’Essais du Conservatoire National des Arts et Métiers
Laboratoire métrologique national français.
P
Filiale du CEBTP, le CATED est principalement un service de renseignements
rapides destiné aux praticiens du bâtiment. Il faut aussi des publications
techniques.
Laboratoire National d’Hydraulique LNH
Fait partie d’EDF.
Réunion Internationale des Laboratoires d’Essais et de Recherches sur les
L
Centre d’Essais et de Recherches des Façades, Fenêtres et Cloisons CERFF
Organisme directement rattaché au CEBTP.
Centre d’Études et de Recherches de l’Industrie du Béton Manufacturé CERIB
Matériaux et les Constructions RILEM
La RILEM, dont le secrétariat général est en France, est représentée dans le
U
monde entier. Elle publie un annuaire donnant la liste des laboratoires et de
La compétence du CERIB concerne le béton prêt à l’emploi et les techniques
de préfabrication.
Centre Expérimental de Recherches et d’Études du Bâtiment et des Travaux
leurs spécialités respectives ainsi que la liste nominative des membres
adhérents (experts).
S
Réseau National d’Essais RNE
Publics CEBTP
Organisme dont l’objet est de gérer un système national d’accréditation de
Le CEBTP possède des services centraux et des agences régionales. Labo- laboratoires d’essais.
ratoire très polyvalent (bâtiment, routes, ouvrages de génie civil), il exécute Société de Contrôle Technique SOCOTEC
des recherches d’intérêt général et des études particulières ou des expertises.
Il est rattaché à la Fédération Nationale du Bâtiment et des Travaux Publics. Contrôle des constructions. Existence d’agences régionales.
Centre Français de l’Anticorrosion CEFRACOR Société Nationale des Chemins de Fer Français SNCF Direction des installations
fixes. Services de recherches.
Groupement de spécialistes qui ne dispose pas par lui-même de moyens Société Grenobloise d’Études et d’Applications Hydrauliques SOGREAH
expérimentaux, mais peut orienter vers les laboratoires les plus compétents Station Nationale d’Essais des Matériels de Génie Civil
en la matière.
Club pour les Actions de Recherche sur les Ouvrages en Mer CLAROM Allemagne
Groupement créé à l’initiative de l’IFP et de l’IFREMER. Consulter l’un de ces Forschungs-und Materialprüfungsanstalt FMPA
deux organismes. Belgique
Centre Scientifique et Technique du Bâtiment CSTB Centre de Recherches Routières/Opzoekings. Centrum voor de Wegenbouw
Le CSTB est un organisme d’État, très polyvalent pour tout ce qui se rapporte CRR/OCW
à l’habitat. Il possède des moyens d’essais et un centre de documentation
importants. Il établit et diffuse, notamment, les avis techniques qui se rapportent États-Unis
aux matériaux et procédés de construction nouveaux. American Society for Testing and Materials ASTM
Centre Technique du Bois et de l’Ameublement CTBA Les Normes ASTM sont d’une richesse absolument incomparable.
Centre Technique Industriel de la Construction Métallique CTICM
Grande-Bretagne
Le CTICM dispose de moyens de calcul et peut facilement faire appel au CEBTP
Building Research Station BRS
pour les expérimentations.
Road Research Laboratory RRL
Centre Technique des Tuiles et Briques CTTB
Comité Français de la Mécanique des Sols et des Fondations CFMS Portugal
Association à laquelle adhèrent les experts de la plupart des laboratoires Laboratorio Nacional da Engenharia Civil LNEC
publics et privés de cette spécialité.
Suisse
Comité Scientifique et Technique des Industries du Chauffage, de la Ventila-
tion et du Conditionnement d’Air COSTIC Laboratoire Fédéral d’Essais des Matériaux LFEM
École Centrale de Paris ECP Appelé aussi Eidgenössische Materialprüfungs und Versuchsanstalt EMPA

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