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Royaume du Maroc

UNIVERSITE MOHAMMED V-AGDAL


ECOLE MOHAMMADIA D’INGENIEURS

Département : Génie Minéral


Option : Hydrogéologie et Géologie de l’Ingénieur

Mémoire de Projet de Fin d’Études

Soutenu le 2 juillet 2020

Pour l’obtention du

DIPLÔME D’INGÉNIEUR D’ÉTAT

Étude géologique et géotechnique pour la construction du


barrage Tlita

Réalisé par :
BENYAHYI Marouane
NHAILI Ahmed

Membres du Jury
Président du Jury (EMI) : Pr. AKHSSAS Ahmed
Examinatrice (EMI) : Pr. AIT EL HAJ Fatiha
Encadrante (EMI) : Pr. BENNOUNA Rhita
Encadrant (EMI) : Pr. LAHMILI Abdeaziz
Parrain (JESA) : M. MEHDI Issam

Année Académique : 2019 - 2020


Remerciements

Pour ne pas nous étendre sur cet avant-propos, il serait illusoire de penser pouvoir remercier, sans
oublier, toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de ce travail.

Toutes ces personnes, même celles dont le nom ne figure pas dans la suite parce que leur indispensable
contribution est plus modeste, savent déjà à quel point nous leur sommes reconnaissants.

Nous tenons tout d’abord à remercier Pr. AKHSSAS pour l’honneur qu’il nous a fait en présidant le jury
de notre soutenance.

Nous tenons à remercier également Pr. A. LAHMILI pour son encadrement constructif et ses précieuses
recommandations, ses éclaircissements et ses directives bénéfiques.

Nos remerciements s’adressent tout particulièrement à Pr. R. BENNOUNA pour son soutien, son
écoute et sa disponibilité et envers qui, nous exprimons notre reconnaissance d’avoir nous encadré,
soutenu et contribué à la réalisation de ce travail.

Nous tenons aussi à exprimer notre reconnaissance envers Pr. F. AIT EL HAJ qui a accepté la charge
d’examinatrice de notre travail. Nous ferons de notre mieux afin d’honorer ses remarques et
recommandations.

Nous tenons en particulier à rendre grâce à notre parrain de stage M. I. MEHDI, ingénieur géologue au
sein du département Aménagements Hydrauliques, pour le choix intéressant du thème du stage et
pour la confiance qu’il a su nous accorder en suivant et en soutenant avec grand intérêt notre travail.
Sans oublier de remercier M. S. ALMI pour ses efforts fournis et ses précieuses recommandations
durant toute la période du stage.

Nous remercions aussi tout le personnel du département Aménagements Hydrauliques de JESA


RABAT, pour leur accueil chaleureux et leur extrême gentillesse.

Enfin, nous adressons nos vifs remerciements à l’ensemble du corps professoral et administratif de
l’Ecole Mohammadia d’Ingénieurs et plus en particulier à l’équipe du Département génie Minéral pour
ces trois années d’apprentissage, d’enseignement et de formation.

Que toute personne ayant contribuée de près ou de loin à l’élaboration de ce travail trouve ici
l’expression de notre gratitude.
Dédicaces

A ma mère
Qui n’a épargné ni temps ni effort pour faire de moi ce que je suis aujourd’hui.
Aucun mot ne saurait exprimer la profondeur de mon amour et mon
attachement.
Puisse Dieu le tout puissant, lui accorder santé et longue vie.

A mon père
A qui je ne saurais exprimer l’amour, l’estime et le respect que je lui porte. Ce
travail est le fruit de ses sacrifices consentis pour mon éducation et ma
formation.
Puisse Dieu le tout puissant, lui accorder santé et longue vie.

A mes sœurs, Nada et Sanae


Je vous remercie de tout mon cœur d’avoir toujours été là, pour vos
encouragements et votre amour.
Je vous souhaite une vie pleine de bonheur et de succès.

A mes amis, Omar, Zakaria et Anass

A toute personne m’ayant, d’une façon ou d’une autre aidé à en arriver là.

BENYAHYI Marouane
Dédicaces

A ma chère mère
Source inépuisable de tendresse, de patience et de sacrifice. Ta prière et ta
Bénédiction m'ont été d'un grand secours tout au long de ma vie. Quoique je
puisse dire et écrire, je ne pourrais exprimer ma grande affection et ma
profonde reconnaissance.
Puisse Dieu tout puissant, lui préserver et accorder santé, longue vie et
Bonheur.

A mon cher père


Tu as été et tu seras toujours un exemple pour moi par tes qualités humaines, ta
persévérance et perfectionnisme. En témoignage de brut d’années de sacrifices,
de sollicitudes, d’encouragement et de prières. Aucune dédicace ne saurait
exprimer mes respects, ma reconnaissance et mon profond amour.
Puisse Dieu lui préserver et procurer santé, longue vie et bonheur.

A mes sœurs et ma grande famille


Je vous dédie ce travail en témoignage de mon grand respect et mon estime
envers vous. Pour vos conseils et votre soutien moral.
J'implore Dieu à vous apporter bonheur et santé.

A mes amis aimables, Adnane, Hamza et Ayoub


A toutes les personnes qui m’aiment et qui m’ont soutenu à parvenir là
Il me serait difficile de vous citer tous, vous êtes dans mon cœur,
affectueusement.
NHAILI Ahmed
Résumé
Le barrage Tlita est un petit barrage destiné principalement pour l’irrigation et la protection contre les
inondations dans la province de Khouribga. Il est d’une hauteur de 25 m et d’une capacité normale de
l’ordre de 1.7 M m3. Son emplacement sur l’oued Tigrouli a été choisi pour permettre un stockage
optimal de l’eau, ainsi que l’évacuation des crues à travers la chaâba se situant en aval de la rive
gauche.

Sa fondation argileuse impose le choix du type de barrage souple. La disponibilité des matériaux fins
en quantité, à proximité du site, a orienté le choix d’un barrage en digue homogène ; un choix qui
permet d’éviter le coût élevé du transport et de la mise en place des matériaux de construction.

Le calcul de stabilité de barrage a fait objet de trois parties : un calcul d’infiltration, un calcul de stabilité
mécanique et finalement un calcul du tassement à l’aide des logiciels de Geostudio, précisément SLOPE
/W et SEEP / W, ainsi que le logiciel Plaxis 2D. D’après l’étude, les fruits des talus amont-aval du barrage
sont fixés respectivement sur 3.8H/1V – 2.3H/1V, un choix sécuritaire qui s’est montré stable.
Abstract
The small dam of Tlita is an innovative project intended primarily for irrigation and protecting the city
of Khouribga and its surroundings from floods. The height of this dam is 25 m above ground, and it has
a normal capacity of around 1.7 M m3. Its location on the Tigrouli river is chosen to allow optimal
storage of water.

The soft clay foundation automatically fixes the dam’s type to be an embankment dam. The dam’s
design was based on the availability of construction materials, which were proven to exist in proximity,
giving the possibility of building a homogenous earth dam with a reduced cost.

The dam stability calculation is devided to three parts: an infiltration calculation, a slope stability
calculation and finally a settlement calculation using Geostudio software, specifically SLOPE / W and
SEEP / W, as well as Plaxis 2D software. According to the study, the chosen upstream-downstream
slopes of the dam are equal to 3.8H / 1V - 2.3H / 1V respectively.
‫ملخص‬
‫يهدف مشروع بناء سد التليتا بإقليم الخريبكة أساسا إلى حماية المناطق المجاورة من الفيضانات وضمان تزويدها بمياه‬

‫الري‪ .‬بارتفاع يصل إلى‪ 25‬متر وسعة تبلغ حوالي‪ 1.7‬مليون متر مكعب‪ ،‬سيبنى هذا السد على وادي التغرولي للتمكن من‬

‫تخزين كميات مهمة من المياه إضافة إلخالء المياه مباشرة عن طريق الوادي المتواجد في مصب الضفة الغربية‪.‬‬

‫تم تصميم هذا السد مراعاة لألساسات اللينة الموجودة بالموقع‪ ،‬وكذلك بناء على تواجد مواد البناء بالمقربة من موقع‬

‫المشروع؛ سيأخد السد شكل تل ترابي متجانس‪.‬‬

‫تنقسم دراسة استقرار السد لثالثة أجزاء‪ ،‬أال وهي‪ :‬حساب معدل تسرب المياه‪ ،‬حساب استقرار سفحي السد باإلضافة إلى‬

‫حساب نسبة التشوه العمودي؛ وفقا للدراسة‪ ،‬تم اختيار انحدار يساوي ‪ 3.8‬أفقي‪ 1 /‬عمودي بالنسبة لسفح المصب و‪2.3‬‬

‫أفقي‪ 1 /‬عمودي لسفح المنبع‪ ،‬وهو خيار آمن ثبت أنه مستقر‪.‬‬
Sommaire
Introduction générale.............................................................................................................................. 1

Chapitre I : Contexte général................................................................................................................... 3

I. Introduction .................................................................................................................................... 4

II. Informations générales des organismes ........................................................................................ 4

III. Démarche et méthodologie de travail prévues à suivre ............................................................... 5

Chapitre II : Cadre général du projet ....................................................................................................... 8

I. Cadre géographique et administratif de la zone d’étude .............................................................. 9

1. Situation géographique ............................................................................................................... 9

2. Accès au site .............................................................................................................................. 10

II. Géologie du site ............................................................................................................................ 11

1. Géologie régionale : .............................................................................................................. 11

2. Géologie locale : .................................................................................................................... 15

III. Hydro-climatologie ....................................................................................................................... 17

1. Climatologie :......................................................................................................................... 17

a. Température.............................................................................................................................. 17

b. Précipitations............................................................................................................................. 17

c. Evaporation ............................................................................................................................... 18

d. Vent ........................................................................................................................................... 18

2. Hydrologie : ........................................................................................................................... 19

IV. Hydrogéologie ............................................................................................................................... 20

V. Sismicité ........................................................................................................................................ 21

Synthèse ................................................................................................................................................ 22

Chapitre III : Etude locale du site........................................................................................................... 23

I. Topographie : ................................................................................................................................ 24

II. Géomorphologie et lithologie ...................................................................................................... 26

III. Etude géotechnique de la fondation : .......................................................................................... 28


A. Programme de reconnaissances : ............................................................................................. 28

1. Sondages carottés ................................................................................................................. 28

2. Coupes à partir des sondages carottés ................................................................................. 29

3. Conclusion sur le modèle géologique du site : ...................................................................... 31

B. Modèle géotechnique ............................................................................................................... 31

1. Essai in situ : Essai Lugeon ..................................................................................................... 31

2. Essais en laboratoire.............................................................................................................. 33

a. Essai de densité ......................................................................................................................... 34

b. Analyse granulométrique .......................................................................................................... 34

c. Essai Proctor .............................................................................................................................. 35

d. Essai de cisaillement direct ....................................................................................................... 35

e. Essai triaxial ............................................................................................................................... 35

f. Essai Œdométrique ................................................................................................................... 36

C. Conclusion sur le modèle géotechnique ................................................................................... 36

Chapitre IV : Conception du barrage ..................................................................................................... 37

I. Introduction .................................................................................................................................. 38

A. Terminologie ............................................................................................................................. 38

B. Classification des barrages en terre .......................................................................................... 39

C. L’importance du drainage ......................................................................................................... 41

II. Choix du type de barrage .............................................................................................................. 41

III. Conception et dimensionnement du barrage en remblai homogène ......................................... 42

A. La retenue normale d’eau (RN) ................................................................................................. 42

B. La revanche ............................................................................................................................... 43

1. Formule de STEVENSON ........................................................................................................ 43

2. Formule de GAILLARD ........................................................................................................... 44

3. Formule de MALLET & PACQUANT........................................................................................ 45

C. La crête ...................................................................................................................................... 45

D. Drainage du remblai : ................................................................................................................ 46


1. Matériau de construction du drain ....................................................................................... 46

2. Dimensionnement du drain................................................................................................... 46

IV. Récapitulatif des résultats du dimensionnement de la retenue et le remblai homogène ........ 47

Chapitre V : Etude de stabilité du barrage ............................................................................................ 48

I. Introduction .................................................................................................................................. 49

II. Mécanisme et causes d’instabilité ............................................................................................... 50

1. Causes élémentaires responsables de l’endommagement des barrages en remblai ........... 50

a. L’érosion externe....................................................................................................................... 50

b. La surverse................................................................................................................................. 50

c. L’érosion interne ....................................................................................................................... 51

d. La suffusion ............................................................................................................................... 52

2. Mécanismes responsables des instabilités mécaniques des barrages en terre.................... 52

a. Le glissement des talus.............................................................................................................. 52

b. Le glissement de la fondation ................................................................................................... 55

c. Les tassements .......................................................................................................................... 56

III. Etude de stabilité .......................................................................................................................... 56

A. Coefficient de sécurité .............................................................................................................. 56

B. Méthodes de calcul ................................................................................................................... 57

1. Méthode de Fellenius : .......................................................................................................... 58

2. Méthode de Bishop : ............................................................................................................. 58

3. Méthode de Morgenstern-Price :.......................................................................................... 59

IV. Présentation du logiciel et méthode de calcul............................................................................. 59

V. Modélisation hydraulique de la digue ......................................................................................... 60

A. Modèle hydraulique de la digue homogène en régime stationnaire........................................ 60

1. Matériaux utilisés et géométrie de base ............................................................................... 60

2. Conditions aux limites : ......................................................................................................... 60

3. Résultats des calculs : ............................................................................................................ 61

B. En vidange de la retenue sur 8 jours ......................................................................................... 63


1. Conditions aux limites ........................................................................................................... 63

2. Résultats des calculs .............................................................................................................. 64

C. Débit total d’infiltration en régime permanent ........................................................................ 64

D. Synthèse et interprétation ........................................................................................................ 65

VI. Stabilité mécanique de la digue ................................................................................................... 65

A. Cas de charges ........................................................................................................................... 65

B. Coefficients de sécurité requis .................................................................................................. 67

C. Paramètres géotechniques : ..................................................................................................... 67

D. Etude de sensibilité pour les fruits des talus............................................................................. 68

1. Pour les talus 3H/1V à l’amont et 3H/1V à l’aval .................................................................. 68

a. Modèle géométrique................................................................................................................. 68

b. Résultats .................................................................................................................................... 69

2. Pour les talus 3,3H/1V à l’amont et 2,8H/1V à l’aval ............................................................ 69

a. Modèle géométrique................................................................................................................. 69

b. Résultats .................................................................................................................................... 70

3. Pour les talus 3,5H/1V à l’amont et 2,6H/1V à l’aval ............................................................ 70

a. Modèle géométrique................................................................................................................. 70

b. Résultats .................................................................................................................................... 71

4. Pour les talus 3,8H/1V à l’amont et 2,3H/1V à l’aval ............................................................ 71

a. Modèle géométrique................................................................................................................. 71

b. Résultats .................................................................................................................................... 72

5. Pour les talus 3,8H/1V à l’amont et 1,8H/1V à l’aval ............................................................ 72

a. Modèle géométrique................................................................................................................. 72

b. Résultats .................................................................................................................................... 73

E. Etude de sensibilité sur le matériau du remblai ....................................................................... 74

1. Vidange rapide ...................................................................................................................... 74

2. Retenue normale sans séisme ............................................................................................... 75

F. Etude de tassement :................................................................................................................. 77


1. Tassement total en fin de construction................................................................................. 79

a. Création du modèle géométrique ............................................................................................. 79

b. Les conditions initiales .............................................................................................................. 80

c. Calcul ......................................................................................................................................... 82

d. Résultats de la simulation ......................................................................................................... 82

2. Tassement en retenue normale ............................................................................................ 84

a. Conditions initiales .................................................................................................................... 84

b. Résultat de la simulation ........................................................................................................... 85

c. Tassement en PHE ..................................................................................................................... 86

3. Tassement en vidange rapide................................................................................................ 87

G. Calcul du tassement en utilisant le modèle des sols mous : ..................................................... 88

1. Cas de charge : Fin de construction....................................................................................... 89

2. Cas de charge : Retenue normale.......................................................................................... 90

3. Cas de charge : Plus hautes eaux........................................................................................... 90

4. Cas de charge : Vidange rapide ............................................................................................. 91

Synthèse et interprétations : .............................................................................................................. 92

Conclusion générale .............................................................................................................................. 93

Bibliographie.......................................................................................................................................... 94

Sommaire des annexes ........................................................................................................................ 95

Annexe A ............................................................................................................................................... 96

Annexe B ............................................................................................................................................. 100

Annexe C ............................................................................................................................................. 101

Annexe D ............................................................................................................................................. 110

Annexe E ............................................................................................................................................. 116

Annexe F.............................................................................................................................................. 123

Annexe G ............................................................................................................................................. 134


Table des figures
Figure 1:Situation géographique du site du projet ................................................................................. 9
Figure 2: Photo satellitaire de la localisation du site............................................................................. 10
Figure 3: Accès au site ........................................................................................................................... 10
Figure 4: Photo satellitaire du site de barrage prise par Google Earth ................................................. 11
Figure 5: Carte géologique réalisée par le sig basée sur la carte du Maroc Central d’échelle 1/200000
............................................................................................................................................................... 14
Figure 6: Colonne lithostratigraphique des formations de Chougrane................................................. 15
Figure 7: Carte géologique du site du projet réalisée en SIG à base de la carte géologique du Maroc de
Souk Tlatat Chougrane, échelle 1/50000.(Ref : ISSN 0369-1748) – Légende en annexe A................... 16
Figure 8: Température et humidité relative à fréquence horaire pour l’année 2019 (Ref : Meteoblue)
............................................................................................................................................................... 17
Figure 9: Précipitation moyenne annuel de l’année 2019 à Chougrane- Khouribga. (Ref : Meteoblue)
............................................................................................................................................................... 18
Figure 10: Vitesse annuelle du vent en km/h de l’année 2019 (Ref : Meteoblue) ............................... 18
Figure 11: Carte du réseau hydrologique de la région .......................................................................... 19
Figure 12: Carte du bassin versant de l’oued Tigrouli réalisée par SIG. ................................................ 20
Figure 13: Zonage sismique en vitesse pour des probabilités de 10% en 50 ans Maroc 2011(Vitesse
cm/s). (RPS2011) ................................................................................................................................... 21
Figure 14: Zonage sismique en accélérations pour des probabilités de 10% en 50 ans Maroc
2011(Accélérations %g). (RPS2011) ...................................................................................................... 21
Figure 15: Photos de la topographie de l'oued Tigrouli ........................................................................ 24
Figure 16: Levé topographique du site.................................................................................................. 24
Figure 17: Plan du site montrant les emplacements des axes potentiels. ............................................ 25
Figure 18: Carte des points utilisés pour tracer la coupe altimétrique P1-P2 de l’axe du barrage. ..... 27
Figure 19: Coupe altimétrique P1-P2 présente la géomorphologie de de l’axe du barrage. ................ 27
Figure 20: Emplacement des sondages carottés. .................................................................................. 28
Figure 21: Emplacement des coupes réalisées ..................................................................................... 29
Figure 22: Coupe géologique A-A’ (Rive-Rive)....................................................................................... 30
Figure 23:Coupe géologique A-B (Rive gauche Amont-Aval) ................................................................ 30
Figure 24: Coupe schématique d’un barrage en remblai ...................................................................... 39
Figure 25: Barrage en remblai homogène. ............................................................................................ 39
Figure 26: Barrage zoné......................................................................................................................... 40
Figure 27: Barrage en remblai à masque amont ................................................................................... 40
Figure 28:Barrage en remblai à membrane centrale ............................................................................ 40
Figure 29: Carte de la surface de la retenue normale de l’eau (22m) calée sur la courbe de niveau 681m.
............................................................................................................................................................... 43
Figure 30: Carte montrant la longueur rectiligne du plan d’eau appelée FETCH dans notre cas. ........ 44
Figure 31: Erosion externe côté aval ..................................................................................................... 50
Figure 32: Erosion externe côté amont ................................................................................................. 50
Figure 33: La surverse............................................................................................................................ 51
Figure 34: Erosion interne régressive .................................................................................................... 51
Figure 35: Erosion interne de contact ................................................................................................... 51
Figure 36: Erosion interne de conduit ou de fissure ............................................................................. 52
Figure 37: Suffusion ............................................................................................................................... 52
Figure 38: Exemple de glissement circulaire sur un talus ..................................................................... 53
Figure 39: Le mécanisme de glissement circulaire du talus aval en situation de crue ......................... 53
Figure 40: le mécanisme de glissement coté amont lors de la décrue (Mériaux et Al, 2001) .............. 55
Figure 41: cercle de glissement dans le cas d’une fondation de faible résistance mécanique............. 55
Figure 42: Tassements d’un barrage en terre ....................................................................................... 56
Figure 43: la geométrie et les conditions au limites ............................................................................. 61
Figure 44: Position de ligne de saturation............................................................................................. 61
Figure 45: Lignes des contours des charges hydrauliques (équipotentielles)....................................... 61
Figure 46: Lignes des contours des pressions d’eau interstitielles (isobares). ..................................... 62
Figure 47:Résultats des calculs sous effets des infiltrations, pour la digue homogène. ....................... 62
Figure 48: Photo des différentes branches pour la simulation de la vidange ....................................... 63
Figure 49: Variation de la charge hydraulique en f(t), pour la digue homogène .................................. 63
Figure 50: Lignes équipotentielles à travers le barrage après une vidange de 8 jours (digue homogène)
............................................................................................................................................................... 64
Figure 51: Distribution de la pression interstitielle dans le barrage en digue homogène après une
vidange de 8 jours ................................................................................................................................. 64
Figure 52: Modèle géométrique pour des pentes des talus amont-aval respectivement 3H/1V - 3H/1V
............................................................................................................................................................... 68
Figure 53: Modèle géométrique pour des talus 3,3H/1V à l’amont et 2,8H/1V à l’aval ....................... 69
Figure 54: Modèle géométrique pour des talus 3,5H/1V à l’amont et 2,6H/1V à l’aval ....................... 70
Figure 55: Modèle géométrique pour des talus 3,8H/1V à l’amont et 2,3H/1V à l’aval....................... 71
Figure 56: Modèle géométrique pour des talus 3,8H/1V à l’amont et 1,8H/1V à l’aval ....................... 72
Figure 57: Illustration d’un tracé de sensibilité pour la vidange rapide................................................ 74
Figure 58: Illustration de la surface de glissement en vidange rapide .................................................. 75
Figure 59: Illustration d’un tracé de sensibilité pour la retenue normale sans séisme ........................ 75
Figure 60: Résultats des calculs sous effets des infiltrations, pour les talus 3.8H/1V en amont et 2.3H/1V
en aval ................................................................................................................................................... 76
Figure 61: Modélisation du barrage et de sa fondation ........................................................................ 80
Figure 62: Maillage et conditions aux limites mécaniques (Plaxis) ....................................................... 80
Figure 63: Distribution des pressions interstitielles au niveau de la fondation .................................... 81
Figure 64: Distribution des contraintes initiales ................................................................................... 82
Figure 65: Définition des phases de calcul ............................................................................................ 82
Figure 66: Maillage et Géométrie déformée ......................................................................................... 83
Figure 67: Simulation des déplacements verticaux en m...................................................................... 84
Figure 68: Génération des pressions interstitielles ............................................................................... 84
Figure 69: Distribution des pressions interstitielles en retenue normale ............................................. 85
Figure 70: Distribution des contraintes initiales ................................................................................... 85
Figure 71: Simulation des déplacements verticaux en m pour RN ....................................................... 85
Figure 72:Distribution des pressions interstitielles en PHE .................................................................. 86
Figure 73: Simulation des déplacements verticaux en m pour PHE...................................................... 86
Figure 74: L'issus des conditions initiales de tassement en vidange rapide ......................................... 87
Figure 75: Distribution des pressions interstitielles en vidange rapide ................................................ 87
Figure 76: Simulation des déplacements verticaux en m pour la VR .................................................... 87
Figure 77: Tassement total en fin de construction ............................................................................... 89
Figure 78:Tassement total en retenue normale.................................................................................... 90
Figure 79:Tassement total en PHE ........................................................................................................ 90
Figure 80: Tassement total en vidange rapide ...................................................................................... 91
Liste de tableaux
Tableau 1: Caractéristiques du bassin versant de l’oued Tigrouli ......................................................... 20
Tableau 2:Caractéristiques des sondages carottés ............................................................................... 28
Tableau 3: Paliers de pressions successifs suivi pour l’essai Lugeon ..................................................... 31
Tableau 4:Résultats des essais d’eau de Lugeon ................................................................................... 32
Tableau 5 : Essais et paramètres géotechniques .................................................................................. 33
Tableau 6: Résultats de l’essai de densité ............................................................................................. 34
Tableau 7: Résultats de l’analyse granulométrique .............................................................................. 34
Tableau 8: Résultats de l’essai Proctor .................................................................................................. 35
Tableau 9: Résultat de l’essai de cisaillement direct ............................................................................. 35
Tableau 10: Résultats de l’essai triaxial ................................................................................................ 35
Tableau 11: Résultats de l’essai œdométrique...................................................................................... 36
Tableau 12: Paramètres retenues pour le calcul de stabilité ................................................................ 36
Tableau 13: Récapitulatif des résultats de différentes formules .......................................................... 45
Tableau 14: Epaisseur minimale du drain de la cheminée en sable avec H la hauteur du remblai (en m)
et V le volume d'eau (en hm3) (Source : CFBR)..................................................................................... 46
Tableau 15: Récapitulatif des résultats du dimensionnement de la retenue et du remblai homogène
............................................................................................................................................................... 47
Tableau 16: Les paramètres géotechniques des matériaux de construction issus de la littérature
scientifique et d'ingénierie .................................................................................................................... 60
Tableau 17: Résultat de calcul des débits infiltrés ................................................................................ 65
Tableau 18:Coefficients requis pour le calcul de stabilité..................................................................... 67
Tableau 19: les caractéristiques mécaniques prises en considération pour l’étude de la stabilité du
barrage homogène ................................................................................................................................ 67
Tableau 20: Les pressions interstitielles dans les ouvrages hydrauliques et leur fondation (contributions
théorique et expérimentale à leur étude). Source : Dehousse, N. & Hamoir, J. ................................... 68
Tableau 21: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3H/1V en amont et 3H/1V en aval ........... 69
Tableau 22: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3.3H/1V en amont et 2.8H/1V en aval ..... 70
Tableau 23: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3.5H/1V en amont et 2.6H/1V en aval ..... 71
Tableau 24: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3.8H/1V en amont et 2.3H/1V en aval ..... 72
Tableau 25: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3.8H/1V en amont et 1.8H/1V en aval ..... 73
Tableau 26: Résultat de calcul du débit de fuite, pour les talus 3.8H/1V en amont et 2.3H/1V en aval
............................................................................................................................................................... 76
Tableau 27: Les différentes hypothèses sur les matériaux introduites sur PLAXIS............................... 79
Tableau 28: Tassement total après la mise en place de chaque couche .............................................. 83
Tableau 29: Les différentes hypothèses sur les matériaux introduites sur PLAXIS en utilisant le modèle
des sols mous ........................................................................................................................................ 88
Tableau 30: Tassement total obtenu après la mise en place de chaque couche.................................. 89
Tableau 31: Comparaison des résultats de la simulation par le modèle de Mohr-coulomb et celle par le
modèle du sol mou ................................................................................................................................ 91
Introduction générale

Dans certaines régions du monde, l’eau a été pendant longtemps considérée comme une ressource
surabondante, mais dans d’autres, sa rareté a conduit à sa mobilisation et à son contrôle depuis les
temps les plus reculés ; L’eau n’acquiert vraiment de valeur que lorsqu’elle vient à manquer. Une des
solutions les plus efficaces pour maîtriser cette ressource est l’édification de barrages.

Le Maroc, conscient des enjeux climatiques qui le placent parmi les zones où les ressources en eau
sont très limitées et irrégulières dans le temps et dans l’espace, s’est très tôt lancé dans la « politique
des grands barrages » qui a permis au secteur de l'eau de soutenir le développement de grands
périmètres irrigués.

Cette politique a augmenté le nombre de grands barrages, qui est passé de 16 au début des années
1960 à 145 en 2020, pour atteindre une capacité́ de stockage totale d'environ 18,67 milliards de 𝑚3 .
Même si la plupart des ressources en eau du pays ont déjà̀ été́ développées, la SNE (2009) a prévu
d'investir 21 milliards de MAD de plus sur la période 2015 - 2030 dans de nouveaux barrages et
réservoirs de petite et moyenne taille, afin de mobiliser 1,7 milliard de 𝑚3 supplémentaires, soit 10%
de la capacité de stockage existante.

L’expérience pionnière du Royaume dans ce domaine en général et dans la réalisation des petits
barrages en particulier est, en effet, le fruit d’une politique volontariste. Le programme des petites
retenues a facilité l’accès à l’eau aux régions éloignées des grands ouvrages.

Le Maroc possède actuellement une retenue non négligeable qui est destinée à l’irrigation de près de
23.000 ha, à l’alimentation en eau potable des populations limitrophes, à l’abreuvement du cheptel, à
la réalimentation des nappes souterraines locales et, dans certains cas, à la protection des populations
et des biens contre les inondations. L’efficacité de l’expérience marocaine est confortée dans le cadre
de la nouvelle stratégie du secteur de l’eau qui ambitionne de réaliser 1.000 petits barrages et lacs
collinaires d’ici 2030.

C’est dans ce cadre que s'inscrit ce projet de fin d'études qui a pour finalité l’étude de faisabilité du
petit barrage sur oued Tigrouli qui sera destiné principalement à l’irrigation et à la protection contre
les inondations pour le profit de la province de Khouribga.

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L’agence du bassin hydraulique de Bouregrag et de la Chaouia a confié au bureau d’études JESA les
missions de l’étude de conception de l’ouvrage ; Par ailleurs, les missions de reconnaissance ont été
exécutées par le Laboratoire de Contrôle des Matériaux et du Sol.

L’objectif du présent travail est d’élaborer une étude géologique et géotechnique de la fondation, de
plus d’une étude de stabilité de l’ouvrage, en vue de trancher sur la faisabilité et le choix des
paramètres à adopter pour la construction du petit barrage.

En effet, le travail commence par l’étude régionale et puis locale de la zone du projet du point de vue
géologique, topographique et hydro-climatologique. Ensuite, une deuxième partie sera consacrée à
l’analyse des résultats du programme de reconnaissances et des résultats des essais au laboratoire.

Avant de mener l’étude de stabilité, il s’avère approprié de donner un aperçu sur le type du barrage à
adopter et ses paramètres.

Comme pour toute étude de stabilité, il ne faut jamais négliger les infiltrations dans la fondation et
dans le corps du barrage, nous modéliserons donc ces écoulements à l’aide du logiciel SEEP/W
permettant d’évaluer les débits de fuite et d’estimer le comportement hydraulique de l’ouvrage et de
sa fondation, avant d’élaborer le modèle de stabilité mécanique de la variante de barrage choisie au
préalable.

Finalement, un autre aspect s’impose lors de l’étude de la stabilité du remblai, à savoir : les
déplacements qui seront enregistrés par la digue du barrage et sa fondation. Cette analyse sera établie
par la méthode des éléments finis (Plaxis 2D).

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Chapitre I :

Contexte général

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I. Introduction
Afin de garantir les besoins en eau pour l’irrigation, ainsi que pour protéger les résidents aux alentours
d’Oued Tigrouli contre les inondations, l’Agence de Bassin Hydraulique de Bouregrag et de la Chaouia
(ABHBC) a suggéré de construire un petit barrage sur le bassin de cet oued.

L’ABHBC a confié ce projet au bureau d’étude JESA, notre organisme d’accueil. Le laboratoire chargé
des essais in-situ et en laboratoire choisi par JESA est le Laboratoire de Contrôle des Matériaux et du

Sol (LCMS).

II. Informations générales des organismes


L’ABHBC est une agence du bassin hydraulique instituée par le décret n° 2-
00-478 du 17 Châabane 1421 (14 Novembre 2000) à Benslimane, afin de
garantir les bases solides de la nouvelle politique de l’eau mise en place dans
le Bassin Hydraulique du Bouregeg et de la Chaouia. La zone d’action de
l’agence s’étend en totalité sur les Wilayas de Casablanca (1144 km²), de
Rabat-Salé (1.755 km²) et de la province de Benslimane (2.515 km²) ;
partiellement, sur la Wilaya de Settat (4.531 km²), les provinces d’El Jadida
(528 km²), de Khouribga (2.076 km²), de Khénifra (3.080 km²), de Khémisset
(4.459 km²) et de Berrechid (2351 km²).

JESA est le fruit d’un partenariat entre le groupe JACOBS Engineering et


l’Office Chérifien des Phosphates. Les deux groupes ont signé un accord sous
forme de joint-venture le 19 février 2010. Ceci a permis la création d’une
société mixte d'ingénierie qui fournira des prestations de gestion de
programmes, de gestion de projets, et d'ingénierie. Ses domaines
d’intervention sont : Aménagement hydraulique et environnemental -
Bâtiment - Infrastructures de transport -et Conseil et Etudes séctorielles.
Notre oragnisme d’accueil est JESA, Pôle « Buildings and Infrastructure » à
Rabat.

Laboratoire de Contrôle des Matériaux et du Sol (LCMS) est un laboratoire


créé en 2001, et qui offre des prestations de services dans les différents
domaines du bâtiment et génie civil, de l’environnement, de l’hydraulique et
des industries associées.

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III. Démarche et méthodologie de travail prévues à suivre
Tout d’abord, une étude de faisabilité sera réalisée afin d’évaluer des aspects fondamentaux qui
définissent le choix définitif du site et de l’axe du barrage ; Cette étude tiendra compte de :

 Forme de la vallée (cuvette et appuis) : évaluation de la forme large ou étroite de la vallée en


tenant compte de la forme des flans de la vallée.
 Fondation du barrage et ouvrages annexes : description lithologique des couches de fondation
au niveau de l’assise du barrage sur toute son emprise (lit de l’oued et talus), et prise en
compte de l’étanchéité des couches en place.

• Matériaux de construction

Le niveau de reconnaissance de la zone et sa catégorie de complexité géologique sont des facteurs


essentiels pour l'établissement du programme d’investigation.

L’étude est basée sur la compréhension des objectifs du projet et des attentes du maître d’ouvrage.

La collecte et l’analyse des documents existants sur la région d’étude est primordiale pour
commencer ; La carte géologique régionale, la base cartographique à différentes échelles, des photos
aériennes, des images satellites, des données de laboratoire et d'autres données d'archives doivent
être soigneusement consultées. Aussi, il faut prendre en considération les rapports des études et les
publications bibliographiques pour pouvoir déterminer le niveau de connaissance, ce qui implique une
rationalisation des travaux à réaliser.

Ensuite, l’établissement du programme d’investigation qui se basera sur :


L'information géologique, hydrogéologique et géotechnique disponible, les caractéristiques de
l'ouvrage et la complexité du site ou des sites choisis.

Afin d’arriver au maximum de connaissance sur la région, une visite au chantier sera programmée.
Cette dernière doit être représentée par :

• Une lithologie de faible perméabilité ou imperméable

• Une topographie convenable, berges stables, étanchéité de la fondation de la digue et de la


cuvette avec une coupe lithologique plus ou moins homogène et peu déformable, volume disponible
de matériaux de construction pour une digue homogène ou zonée.

La programmation complémentaire d'autres procédures d’investigation comme la géophysique, les


travaux de reconnaissance (fouilles, sondages, tranchés, puits, etc.), et les essais de laboratoire doivent

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être établis si la documentation recueillie est insuffisante ou bien s'il n'existe pas de documentation
d'appui.

Travaux de reconnaissance à faire :

- Levé géologique qui donnera une continuité aux visites sur chantier. Le levé s'étendra sur toute la
surface touchée par l'ouvrage et les alentours jusqu'à la ligne de partage des eaux ;

- Topographie : On pourra exécuter des profils, tracés d'appui ainsi qu’un levé topographique détaillé;

- Prospection : Les travaux de prospection complètent l'information obtenue jusqu'à présent. La


profondeur des travaux de prospection correspondra jusqu'à deux fois à la hauteur de la digue dans le
point d’étude ;

- Géophysique : Cela nous fournira une plus grande rapidité et un moindre coût à l'étude.

- Essais en laboratoire : l’exécution des essais physiques et chimiques sur des échantillons, parmi
lesquels on distingue :

 Granulométrie  Limites d'Atterberg


 Poids volumique humide (total)  Teneur en eau
 Poids volumique des grains solides  Chimie des sols et des eaux

On ne doit pas employer les différents systèmes de normalisation ; il s'agira d'atteindre la plus grande
uniformité dans la réalisation de ces travaux.

Après cette étape vient la rédaction du rapport des synthèses qui sont à la fois explicites et simples. Il
aura la forme suivante :

- Introduction : Présentation des données générales de l'ouvrage tels que la situation


géographique, son but, les caractéristiques techniques, etc ; Ainsi que, la présentation des
objectifs de l'étude et un bref compte rendu des études et des informations thématiques
disponibles dans le territoire.

- Types, volumes et méthodologies des travaux : La référence sera l'accomplissement du


programme d’investigation, en décrivant les travaux effectués.

- Caractéristiques régionales : La description des caractéristiques suivantes :


 Physico-géographiques : Climat, relief, réseau hydrographique et son comportement.
 Géologiques : Stratigraphie avec une description générale des complexes faciaux génétiques.
 Géomorphologie : Relation relief-structure.

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 Hydrogéologiques : Brève description des nappes et des régimes de l’eau souterraine, de la
perméabilité des différents complexes facials génétiques ainsi que de sa relation avec les eaux
superficielles.

- Une étude de stabilité : Elle va contenir les résultats des modélisations et des calculs de stabilité
hydraulique et mécanique et leurs interprétations.

- Conclusions et recommandations : cette partie exposera un résumé des résultats les plus
importants de l’étude, tels que les critères qui renforcent le choix définitif du site et de l’axe du
barrage. Les recommandations spécifieront les aspects et les paramètres à tenir en compte pour
la conception de l'ouvrage en termes de stabilité et économie.

- Bibliographie : Compte-rendu de toutes les références utilisées pour la documentation.

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Chapitre II :

Cadre général du projet

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I. Cadre géographique et administratif de la zone d’étude
1. Situation géographique
Le site est situé sur Oued Tigrouli dans la commune rurale Chougrane ; cette dernière fait partie de la
province de Khouribga, dans la région de Beni Mellal-Khénifra. Elle compte une population totale de
6864 habitants (2014).

Le site se trouve au Nord-Est de la province Khouribga, à 73Km de la ville Khouribga et à 33.9Km de la


ville Oued Zem et il est localisé par les coordonnées suivantes :

Lambert : X= 414713 m Y= 269381 m

Latitude : 33°01’05’’ N Longitude : 6°18’42’’ W

Figure 1:Situation géographique du site du projet

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Figure 2: Photo satellitaire de la localisation du site

2. Accès au site
L’accès au site se fait par l’emprunt du trajet suivant à partir de Oued Zem en prenant la route nationale
R311 d’une distance de 7.42km puis la piste P3531 d’une distance de 27.18km jusqu’à l’arrivée au site
ce qui fait une distance totale de 34.6 Km.

Figure 3: Accès au site

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La figure ci-dessous présente la vue du site d’une échelle de 200m prise par Google Earth :

Figure 4: Photo satellitaire du site de barrage prise par Google Earth

II. Géologie du site


1. Géologie régionale :
a. Géologie

Le site appartient au Maroc central, et la région du site connait l’affleurement de quelques brèches
des dolérites appartenant aux carbonifères, ainsi que des affleurements de l’Ordovicien avec un peu
moins le Silurien au Nord et au Nord-Ouest ; Ceux-ci sont représentés par des quartzites, des schistes
et des calcaires. Le Dévonien n’affleure qu’au Nord-Est bien loin de la région du site. Tout autour des
affleurements principaux où se trouve le site, nous rencontrons le faciès du Viséen représenté
majoritairement par des conglomérats, quartzites, grès et du Viséen schisteux. Ils s’étendent plus
largement vers l’Est que vers l’Ouest où le Namurien affleure. Le Permo-Trias affleure en emplacement
du site, généralement des formations détritiques telles que les argiles (avec des sels) qui se posent sur
le complexe volcanique basique représenté par des basaltes doléritiques. Le Lias aux extrémités de la
région affleure souvent décollé de sa semelle argileuse, les calcaires dolomitiques reposent par des
surfaces de glissement : soit sur les couches rouges, soit directement sur les niveaux magmatiques.

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Pour trouver finalement le quaternaire représenté par des éléments détritiques qu’on abordera par la
suite.

 L’Ordovicien et Silurien : ils sont représentés par des affleurements de calcaires schisteux au
nord et au nord-ouest.
 Le Carbonifère : il y a des traces de dolérites autour de la dépression de Chougrane.
 Le Viséen : il est représenté par des conglomérats, des quartzites, des grès schisteux et du
Viséen autour de la dépression Chougrane. Le Namurien affleure dans une grande partie à l’ouest
contenant des calcaires.
 Le Permo-Trias : Il n'est représenté que par les terrains rouges de I'Autunien de la dépression
de Chougrane. Cette série est constituée d'argiles gréseuses rouges avec quelques passées de grés
friable et surtout de conglomérats à galets inégalement roulés, dont certains de quartz. La puissance
de la série est de 400 m environ. Ces couches argileuses du Permo-Trias sont, dépourvues de sel, en
discordance sur les formations du massif primaire. Cette discordance est soulignée par de bases plus
détritiques. L'attribution de l’âge permien aux formations de Chougrane est fondée sur la datation
géochronologique obtenue sur les formations volcaniques de Bir El Gassaa : 270 ± 17 Ma.
 Quaternaire : Le Villafranchien est encaissé là de quelques mètres seulement et il n'y eut pas
d'incision quaternaire : le paysage actuel est directement hérité de la période d'érosion mio-pliocène.
 Les alluvions anciennes sont constituées par des argiles et des cailloutis qui représentent les
dépôts hérités les plus anciens (Villafranchien).
 Les alluvions quaternaires sont constituées de petits graviers et de galets quartzitiques à peine
émoussés, mêlés à de I’argile.
b. Géomorphologie

- Les croupes alignées : Les croupes alignées de Rouached et de Koudiat el Louz cernent la Plaine
de Chougrane. L'ensemble est dominé au sud par la "cuesta" crétacée.

- La cuesta : (ou le relief de côte : Forme de relief dissymétrique dégagée dans une structure
monoclinale de résistance contrastée, superposant une couche résistante à une couche tendre,
l'abrupt constituant le front de cuesta, la partie en pente douce (couche résistante affleurant) le
revers.) (Ref.larousse)
La cuesta est Située au sud du bassin, le sommet du pseudo cuesta atteint environ 1000 m. Le
tracé du talus crétacé constitue un escarpement continu d'est en ouest sur 50 km environ. Ce
talus est façonné dans les terrains calcaires du Crétacé qui forment le sommet de l’escarpement
et qui reposent en discordance sur les formations paléozoïques résistantes. Le pendage général
du Crétacé est orienté vers le sud. Le talus fait effectivement figure de cuesta au sud de

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Chougrane, là où les calcaires turoniens surmontent les marnes cénomaniennes et les assises
tendres du Permien.

- La plaine : la Plaine de Chougrane est modelée dans les terrains peu résistants du Permo-Trias.
Les bancs alternés d'argiles rouges et de grés tendres, s'orientent en direction sud-est là où une
faille orientée sud-ouest nord-est les met en contact avec le Viséen supérieur de Rouached. Les
terrains tendres de ce fossé permien sont nivelés par un immense plan d'érosion dont I’altitude
passe de 750 au sud-sud-ouest à 600 m au nord-nord-est.

Le site d’étude se situe sur la limite des argiles rouges du Permo-Trias avec les formations schisteuses
et les calcaires du Viséen.

La figure suivante est une carte réalisée par le SIG basée sur la carte du Maroc Central d’échelle
1/200000 :

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Figure 5: Carte géologique réalisée par le sig basée sur la carte du Maroc Central d’échelle 1/200000

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2. Géologie locale :
La dépression de Chougrane est caractérisée par un substratum argileux gréseux rougeâtre de
puissance dépassant les 40 m. Ces formations sont déposées sur des conglomérats basaltiques d’une
dizaine de mètres. Les couches du primaire (argiles gréseux) présentent un bon substratum, elles sont
couvertes de couches moins imperméables, qui sont des dépôts détritiques, des conglomérats
fluviatiles et des graviers d’une épaisseur d’environ quelques mètres.
Les formations du substratum sont étendues sur le long de la dépression, parfois elles affleurent dans
quelques zones. Cet affleurement est dû à l’origine des couches de couvertures, qui sont détritiques.

La figure suivante présente la lithologie de la région du site :

Figure 6: Colonne lithostratigraphique des formations de Chougrane

 Source : Boutsougame Abdelaziz, Ouazzani Hassane, El Hadi Hassan,Eddif Aâtika; European Scientific
Journal September 2016 edition vol.12,No.27;ISSN:1857. Volcanisme Permien Du Massif De
Chougrane-El Had Des Bouhsoussène (Maroc Central,Maroc).P.84

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Figure 7: Carte géologique du site du projet réalisée en SIG à base de la carte géologique du Maroc de Souk Tlatat
Chougrane, échelle 1/50000.(Ref : ISSN 0369-1748) – Légende en annexe B

La zone d’insertion du site Chougrane se situe au niveau du plateau central, caractérisé par l’existence
des ensembles litho-stratigraphiques présentant du haut vers le bas les ensembles suivants :

 Cénozïque : se caractérise par des alluvions récentes du lit majeur des Oueds et par des limons
gris et cailloutis.
 Tertiaire :

- Plio-Villafranchien : Limons sableux rouges à cailloutis quartzique et/ou gréseux de


taille centimétrique à décimétrique.

- Permien : Dépôts détritiques continentaux rouges, essentiellement argilo-gréseux

- Carbonifère : Grès grauwackeux verdâtres à brachiopodes, traces de plantes et


spiriféridés.
Flyschs gréso-pélitiques grossiers à traces de plantes et à figures de base.

Sur les sols bruns peu épais des collines de Rouached et Koudiat el Louz et sur les sols rouges
caillouteux de la dépression de Chougrane, les cultures sont moins permanentes en raison d'un climat
plus sec.

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III. Hydro-climatologie
1. Climatologie :
La région du barrage se caractérise par un climat chaud et tempéré. Cet emplacement est classé
comme Csa (climat méditerranéen-été sec) par Köppen et Geiger. A Chougrane, les pluies annuelles
sont à l’ordre de 357.5mm environ. Concernant la température, elle dépasse les 30 degrés pour les
mois secs et en moyenne elle est aux environs de 20.6°C.

La classification de Köppen est une classification des climats se basant sur les précipitations et les
températures :

La 1ère lettre : type de climat  C : climat tempéré


La 2ème lettre : régime pluviométrique  S : saison sèche en été
La 3ème lettre : variations de température  A : été chaud

a. Température
Pour l’année dernière 2019, la région a connu les variations de températures suivantes :

Figure 8: Température et humidité relative à fréquence horaire pour l’année 2019 (Ref : Meteoblue)

Généralement, la température dans cette région fait en moyenne 30 °C au mois d’août, le plus chaud
de l'année, alors qu’il fait en moyenne 9.9 °C vers la fin du mois de janvier, le plus froid de l'année.
Concernant l’humidité, elle est maximale vers la fin du mois de janvier avec une valeur 82% et qui
baisse pendant les mois secs de l’année (mai à octobre, dont la température est évidement haute)
jusqu’à atteindre 30%, puis elle remonte en octobre.

b. Précipitations
Les précipitations font une moyenne annuelle de 358mm. Pendant l’année de 2019, la région a connu
un mois de juin sans précipitation. Par contre le mois d’avril a connu le maximum de précipitations
avec à peu près 52mm de précipitations. Dans le graphe ci-dessous, les nuages sont en fond grisé et le

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ciel clair est en fond jaune. On remarque que le fond gris est foncé en mois de novembre et décembre
et un peu vers la fin du mois de février, les nuages sont denses pendant ces mois-ci.

Figure 9: Précipitation moyenne annuel de l’année 2019 à Chougrane- Khouribga. (Ref : Meteoblue)

c. Evaporation
L’évaporation potentielle est analogue à la température moyenne, ayant des valeurs maximales durant
les mois de Juin à Août, et des valeurs minimales durant les mois de Décembre à Février.

A partir des mesures effectuées dans les stations voisines de la région, l’évapotranspiration annuelle
est estimée à 1500 mm/an, dépassant largement les précipitations moyennes de 358mm. Ce qui mène
à une constante d’aridité Qe= 0.26.

d. Vent
La vitesse du vent annuellement dans la région fluctue en moyenne sur la valeur de 10km/h. Les points
en violets représentent la direction des vents (en degré : 0° = Nord, 90° = Est, 180° = Sud
et 270° = Ouest). Le vent dans la région se dirige majoritairement vers le Nord avec une moyenne
partie vers Nord-Ouest.

La période la plus venteuse dure 5 mois (d’avril à septembre) avec une vitesse maximale de vent d’à
peu près les 30km/h, ainsi qu’en décembre avec une vitesse qui atteigne 50km/h. Pour les autres mois
(janvier, février, mars, octobre et novembre), ceux-ci représentent la période la plus calme de l’année.

Figure 10: Vitesse annuelle du vent en km/h de l’année 2019 (Ref : Meteoblue)

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2. Hydrologie :
L’oued Tigrouli fait partie du grand bassin hydrologique de l’oued Bouregrag comme le montre la carte
suivante réalisée par un SIG sur Arcmap :

Figure 11: Carte du réseau hydrologique de la région

Nous présentons ci-dessous le bassin versant de l’oued Tigrouli (réalisé par SIG en utilisant ‘Archydro-
Arcmap’) :

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Figure 12: Carte du bassin versant de l’oued Tigrouli réalisée par SIG.

Nom Périmètre (m) Superficie (km²)


Bassin versant de l’Oued Tigrouli 56 071.01653 85.967167
Tableau 1: Caractéristiques du bassin versant d'oued Tigrouli

IV. Hydrogéologie
Les coulées de basaltes doléritiques interstratifiées dans les formations précédentes ont une
perméabilité variant avec leur degré d'altération et de fissuration, mais qui est rarement élevée.
D'autre part, il faut aussi que ces coulées soient alimentées ce qui n'est pas toujours le cas du fait de
leur morcellement par l'érosion. Elles n'en demeurent pas moins, avec les alluvions quaternaires, les
seuls aquifères éventuels dans la zone permo-triasique, mais leur capacité en eau est le plus souvent
faible : les quelques sources qui en sont issues ont un débit généralement inférieur au litre/seconde,
débit qui peut être légèrement augmenté, comme dans les puits, par des galeries drainantes de
quelques dizaines de mètres. La qualité de l'eau dépend du voisinage des argiles salifères ; elle peut
être localement très bonne (moins de 500 mg/l de résidu sec).

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V. Sismicité
La zone de Chougrane est reconnue comme zone sismique de niveau 3 d’après le Règlement de
Construction Parasismique (RPS 2011), qui est caractérisée par un coefficient de vitesse de 7cm/s et
par un coefficient d’accélération égale à 0.1g.

Figure 13: Zonage sismique en vitesse pour des probabilités de 10% en 50 ans Maroc 2011(Vitesse cm/s). (RPS2011)

Figure 14: Zonage sismique en accélérations pour des probabilités de 10% en 50 ans Maroc 2011(Accélérations %g).
(RPS2011)

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Synthèse
Le site de l’étude se situe sur l’oued Tigrouli à chougrane dans le Nord Est de la province de Khouribga,
la région de Béni Mellal-Khénifra, d’une distance de 73km de la ville Khouribga.

Géologiquement, il est situé dans le Maroc Central. En précision, le site Tlita est localisé dans une zone
de Permo-Trias. Des limons sableux rouges à cailloutis quartzique et/ou gréseux de taille centimétrique
à décimétrique du Plio-Villafranchien affleurent. Ainsi que les dépôts permiens sont rouges,
continentaux et souvent détritiques. Les séquences élémentaires sont du type : conglomérat-grès-
argiles, avec un matériel détritique exclusivement issu des reliefs hercyniens proches. Des bordures
vers le centre des bassins sédimentaires, on observe la répétition latérale suivante : des cônes
alluviaux ; des dépôts torrentiels ou fluviatiles ; des plaines d'inondation, avec des dépôts palustres,
des calcaires lacustres et quelques niveaux charbonneux. Les nombreuses variations d'épaisseur et de
faciès observées, et la forme elle-même des bassins montrent qu'ils sont limités par des failles. Les
épaisseurs conservées sont variables de quelques dizaines de mètres à plus de 1000 m.

La région est caractérisée par son climat semi-aride avec des vents soufflants majoritairement vers le
nord. L’évapotranspiration annuelle dépasse largement les précipitations annuelles dans cette région.

L’oued Tigrouli fait partie des affluents de l’oued Bouregrag, il représente une portion très faible de la
superficie de ce dernier. Son écoulement est principalement de l’ouest vers l’est.

La sismicité dans la région du site est prise du RPS2011 telle que la vitesse : 7cm/s et l’accélération :
0.1g.

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Chapitre III :

Etude locale du site

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I. Topographie :
La topographie de l’oued est généralement une large vallée d’environ 200m, la rive droite se
caractérise par une pente forte au contraire de la rive gauche dont la pente est douce jusqu’à l’arrivée
à la limite du haut talus.

Les photos suivantes présentent la topographie de l’oued :

RD

RG

RD

Figure 15: Photos de la topographie de l'oued Tigrouli

Le levé topographique du site, réalisé en se basant sur les photos satellitaires, est le suivant :

Figure 16: Levé topographique du site.

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D’après la topographie de la région, trois zones de resserrement ont été distingué sur la carte. Donc
trois sites possibles pour l’implantation du barrage :

 Un site amont aux coordonnées suivantes :


X = 414 408m, Y = 269 407m, Z = 671NGM (cote de l’oued)

 Un site dit intermédiaire à environ 350m à l’aval du premier, aux coordonnées suivantes :
X= 414 733 m, Y = 269 411m, Z = 669NGM (cote de l’oued)

 Un site aval à environ 250m à l’aval du site intermédiaire, aux coordonnées suivantes :
X = 414 987m, Y = 269 375m, Z = 666NGM (cote de l’oued)

En effet, le choix de l’axe du barrage a pour but général la disposition d'un volume d'eau important à
stocker. Une retenue capable de garantir à un débit intéressant au cours d'eau en période d'étiage. Le
volume d'eau doit être aussi capable d'amortir une crue. Pour cela, l’objectif se résume à maximiser la
retenue tout en minimisant le volume de l’ouvrage. Alors, les axes potentiels du barrage sont choisis
de manière à avoir le point le plus haut sur les deux rives de ces sites avec un resserrement maximal
entre les deux rives.

Figure 17: Plan du site montrant les emplacements des axes potentiels.

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Les principaux éléments ayant milité pour l’élimination du site amont et de site aval sont les suivants :

- Site amont : 2 grands affluents ne sont connectés à Oued Tigrouli qu’après le passage par ce
site, alors ces deux derniers ne seront pas captés par l’ouvrage à cet axe, donc la retenue dans
ce site est moins importante que celles en aval.
- Site aval : l’axe aval se situe directement face à la zone d’écoulement d’un affluent important,
ce qui ne serait pas favorable pour un projet de barrage car cela détériorera la structure et
donc la stabilité de l’ouvrage (surtout s’il s’agit d’un barrage en terre). Ainsi que la vallée
devient plus large.

Le site intermédiaire est choisi comme axe du barrage du fait que son axe représente une bonne
topographie avec resserrement efficace pour un projet de barrage. Ainsi qu’il remplit les conditions
générales du choix d’un axe de barrage, telles que le resserrement est maximal avec le point culminant
sur les deux rives dépasse le niveau 688 NGM.

II. Géomorphologie et lithologie


En disposant d’une carte géologique de grande échelle (1/50000) de la région de Chougrane, on peut
définir la lithologie et la morphologie de la fondation. (Chapitre précédent : Géologie locale).

D’après la carte géologique, on constate que l’axe du barrage est situé dans un affleurement des
terrains du Permo-Trias (les argiles) reposés sur des formations du Carbonifère. Ces argiles sont
généralement imperméables de puissance inférieure à 40m dans cette région.

Concernant la géomorphologie de l’oued, les deux rives sont séparées par le bassin qui fait à peu près
175m. La rive droite représente un talus de forte pente qui atteint plus de 40°degré. Par contre la rive
gauche est un talus de pente légèrement faible environ 20°.

La figure suivante est une coupe altimétrique de l’axe intermédiaire repris comme axe de barrage ;
cette coupe est réalisée à l’aide des coordonnées des points prises du levé topographique.

Les points P1 et P2 sont au même niveau 688NGM, par contre les autres points sont pris d’une manière
à représenter au maximum la topographie du terrain naturel :

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Figure 18: Carte des points utilisés pour tracer la coupe altimétrique P1-P2 de l’axe du barrage.

Cette coupe présente la géomorphologie (côte du terrain naturel) de l’axe du barrage :

Figure 19: Coupe altimétrique P1-P2 présente la géomorphologie de de l’axe du barrage.

Le point le plus bas au bassin de l’oued atteint à peu près 669NGM.

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III. Etude géotechnique de la fondation :
A. Programme de reconnaissances :
1. Sondages carottés
Le programme de reconnaissance par sondages carottés a porté sur la réalisation de 6 forages
totalisant un linéaire de 100m environ.

Sondage Situation X Y Profondeur (m)


SD1 Rive droite 414765.41 269224.37 20
SO1 414761.09 269254.06 15
SO2 Fond de vallée 414753.90 269303.54 15
SO3 414742.40 269382.71 15
SG1 414728.74 269476.72 20
Rive gauche
SG2 414862.30 269448.15 15

Tableau 2:Caractéristiques des sondages carottés

La carte ci-dessous présente l’emplacement de ces sondages :

Figure 20: Emplacement des sondages carottés.

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Résultats des sondages :

Le niveau piézométrique a été détecté à une profondeur de 12 à 13m au niveau des sondages réalisés
au bassin de l’oued lors de la reconnaissance du terrain.

Les logs stratigraphiques des sondages sont regroupés dans l’annexe C1.

2. Coupes à partir des sondages carottés


En utilisant le logiciel Rockworks, les coupes suivantes ont été réalisées tout en utilisant des
corrélations entre les sondages carottés :

Figure 21: Emplacement des coupes réalisées

 Coupe A-A’ :

La coupe A-A’ est une coupe orientée N/S présentant la lithologie suivante :

 Des limons graveleux qui couvrent la totalité de l’axe sauf la rive droite,
 Des argiles sableuses graveleuses brunâtres qui apparaissent dans la rive gauche
d’épaisseur qui varie d’à peu près 4.5m entre les limons et le substratum,
 Le substratum argileux continue d’épaisseur importante.

La pente de la rive gauche est de 20° degré alors que celle de droite est plus forte, cette dernière fait
le double de celle de gauche.

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Figure 22: Coupe géologique A-A’ (Rive-Rive)

 Coupe A-B :

La coupe A-B est une coupe orientée W/E présentant la lithologie suivante :

 Des limons graveleux en couverture d’épaisseur 3m environ vers le point B,


 Des argiles sableuses graveleuses brunâtres qui apparaissent dans la rive gauche
d’épaisseur qui varie d’à peu près 4.5m entre les limons et le substratum,
 Le substratum argileux continue d’épaisseur importante.

Figure 23:Coupe géologique A-B (Rive gauche Amont-Aval)

La consultation des logs stratigraphiques de ces sondages, montre que la fondation du barrage est
constituée d’une couche des limons graveleux d’épaisseur allant 6.8 à 2.4m, reposée sur une couche
d’argiles sableuses graveleuses de plus de 10m d’épaisseur.

Les sondages appartenant à l’axe du barrage (coupe A-A’) sont réalisés pour un but de reconnaissance
de la fondation du barrage. La coupe A-B présente une coupe amont-aval sur la rive gauche pour la
réalisation l’évacuateur des crues, puisque la rive gauche représente un bon endroit pour ce dernier
en raison de l’existence de la Chaâba près de l’axe en rive gauche. Il sera un déversoir calé sur la côte
de la retenue normale d’eau pour déverser l’eau des crues à travers la Chaâba.

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3. Conclusion sur le modèle géologique du site :
 La lithologie de la rive droite et du bassin de l’oued se compose d’une couche de couverture
limoneuse graveleuse reposée sur un substratum argileux continue d’épaisseur important.
 La lithologie de la rive gauche présente une couche d’argile brunâtre d’épaisseur variant de 2
à 4.5m entre la couche de couverture et le substratum argileux. A partir des photos des caisses
en annexe C1, les couches paraissent tabulaires. Par contre la couche de couverture parait
alluvionnaire.
 Le niveau d’eau a été détecté à une profondeur de 12m à 13m au niveau des sondages réalisés
dans le lit de l’oued, lors de la reconnaissance de terrain du mois de Décembre 2019.

B. Modèle géotechnique
1. Essai in situ : Essai Lugeon
Essai d’eau Lugeon : Essai en place destiné à évaluer la possibilité de circulation d’eau dans le sol et à
déceler des hétérogénéités et des fissurations. Il consiste à injecter de l’eau sous pression dans une
cavité constituée d’une portion de forage de dimensions connues, et à mesurer le débit d’injection
pour différents paliers de pression, pendant un temps donné.

Unité Lugeon : Une unité Lugeon est, dans les conditions définies dans le processus opératoire, le débit
moyen injecté sous une pression de 1MPa, exprimé en litres par minutes et ramené à un mètre de
forage.

Principe de l’essai : L’essai d’eau Lugeon consiste à :


Réaliser à l’intérieur du sol, par une cavité à la base d’un forage, puis à relier cette cavité à la surface
du sol par un tube d’injection. La cavité est constituée d’une portion de forage comprise entre le fond
et d’un obturateur qui la limite en partie haute.
Produire et maintenir constante une charge hydraulique à l’intérieur de la cavité en injectant de l’eau
sous-pression.
Mesurer le volume injecté dans la cavité en fonction du temps.
Tous les sondages réalisés ont fait l’objet d’essais d’eau de type Lugeon par passes de 5m à
l’avancement selon des paliers de pressions successifs suivants :

Profondeur/TN (en m) Pressions en bars


0-5 1,6 - 3,3 - 5,0 - 3,3 - 1,6
5-10 2,0 - 4,0 - 6,0 - 4,0 - 2,0
10-15 3,3 - 6,6 - 10,0 - 6,6 – 3,3
15-20 3,3 - 6,6 - 10,0 - 6,6 – 3,3

Tableau 3: Paliers de pressions successifs suivi pour l’essai Lugeon

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 Les résultats des essais d’eau de Lugeon :

Valeur Perméabilité
Sondages Tranche(m) Nature de sol
Lugeon équivalente en m/s
0.0 – 5.00 0.2 2*10-8
5.0 – 10.0 3 3*10-7
SD1 Argile sableuse graveleuse
10.0 – 15.0 rougeâtre 3.2 3.2*10-7
15.0 – 20.0 1 10-7

0.0 – 5.00 Limons graveleux/Argile sableuse 0.9 9*10-7


graveleuse brunâtre
5.0 – 10.0 0.3 3*10-7
SG1
10.0 – 15.0 Argile sableuse graveleuse 0.4 4*10-7
15.0 – 20.0 0.4 4*10-7
0.0 – 5.00 Limons graveleux 1 10-7
SG2 5.0 – 10.0 4.3 4.3*10-7
Argile sableuse graveleuse
10.0 – 15.0 0.1 10-8
0.0 – 5.00 Limons graveleux 1 10-7
SO1 5.0 – 10.0 0.1 10-8
Argile sableuse légèrement
10.0 – 15.0 graveleuse rougeâtre 0.2 2*10-8

0.0 – 5.00 Limons graveleux/ Argile sableuse 0.7 7*10-8


graveleuse
SO2 5.0 – 10.0 1.2 1.2*10-7
Argile sableuse graveleuse
10.0 – 15.0 rougeâtre 0.4 4*10-7

0.0 – 5.00 Limons graveleux/argile sableuse 1 10-7


graveleuse rougeâtre
SO3 5.0 – 10.0 0.1 10-8
Argile sableuse graveleuse
10.0 – 15.0 rougeâtre 0.1 10-8
Tableau 4:Résultats des essais d’eau de Lugeon

Interprétation des résultats :

Les valeurs Lugeon dépassant 1UL sont au nombre de 4, ce qui représente 20% des résultats (4/20) et
80% des résultats (16/20) ne dépassent pas 1UL, notant que 3 de ces 4 valeurs se situe dans la tranche
de 5.0m à 10.0m dans l’argile sableuse graveleuse (juste près et au-dessus de la surface du niveau
piézométrique).

Les formations rencontrées dans les sondages ont des perméabilités équivalentes faibles et ces
dernières connaissent une baisse remarquable en fonction de la profondeur surtout au niveau de la
couche de l’argile sableuse graveleuse rougeâtre.

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La totalité des valeurs Lugeon sont inférieures à 5UL, c’est-à-dire qu’il y a une très faible absorption au
niveau des formations rencontrées. Donc la couche d’argile sableuse graveleuse présente une
perméabilité de fissuration très faible et qui se réduit de plus en plus en profondeur. Cette couche
présente de bonnes caractéristiques et montre qu’elle est bien fermée.

2. Essais en laboratoire
Les essais en laboratoire ont été réalisés sur deux couches (les argiles et les limons).

Le tableau ci-dessous indique les essais nécessaires à la détermination des paramètres nécessaires à
l’étude de stabilité et au calcul de tassement ainsi que les paramètres intervenant dans l’étude et la
modélisation de variante étudiée

Essai Paramètres

Indice de compression Cc
Indice de gonflement Cs
Essai œdométrique Contrainte de pré́-consolidation σ’ p
Coefficient de consolidation verticale 𝑪𝒗
Coefficient de fluage 𝑪𝜶

Cohésion C’
Angle de frottement interne φ’
Essai triaxial
Cohésion 𝑪𝒄𝒖
Angle de frottement interne 𝝋𝒄𝒖

Granulométrie du sol
Densité
Analyse granulométrique
Teneur en eau W
Indice de plasticité 𝑰𝒑

Cohésion C’
Essai de cisaillement
Angle de frottement interne φ’

Tableau 5 : essais et paramètres géotechniques

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 PARAMETRES PHYSIQUES

a. Essai de densité

Densité en t/m3
Argile sableuse graveleuse rougeâtre Argile sableuse graveleuse brunâtre

Nb. d'essais 4 2
Min. 1.8 1.82
Moyenne 1.85 1.99
Max. 1.9 1.905
Ecart type 0.05 0.85
Tableau 6: Résultats de l’essai de densité

b. Analyse granulométrique
Analyse granulométrique
%
W % éléments
Réf. échantillon Nature du sol Dmax éléments WL IP Classe GTR
(%) <2.00mm
<0.080mm
Argile sableuse
933/01
légèrement
SO1 (de 10.00 à 31.5 72 90 31 13 A2
graveleuse 12
10.50m)
rougeâtre
933/02
SO2 (de 3.00 à Limons graveleux 10.5 20 60 83 31 13 A2
3.40m)
933/03
SO3 (de 5.80 à Limons graveleux 12 5 85 98 31 13 A2
6.30m)
933/06 Argile sableuse
SG1 (de 4.40 à graveleuse 7 25 44 68 29 12 A1
4.80m) rougeâtre
933/07 Argile sableuse
SG2 (de 3.90 à graveleuse 9 31.5 73 78 30 12 A1
4.50m) brunâtre
933/08 Argile sableuse
SD1 (de 4.00 à graveleuse 7.5 31.5 61 80 30 13 A2
4.70m) rougeâtre
929/01 Argile sableuse
14 31.5 67.5 89 43 24 A2
Rive d’oued rougeâtre
Tableau 7: Résultats de l’analyse granulométrique

- Argile sableuse légè rement graveleuse rougeâtre : Elle a une teneur en eau moyenne de 7 à 14%.
Le pourcentage moyen de fines (<0.08mm) est de 44 à 72% avec une proportion des éléments
inférieurs à 2mm de 68 à 90%, la limite de liquidité est de 29 à 43% et l’indice de plasticité est de
12 à 24% ; Il s’agit d’un sol peu plastique de classe A1, A2.

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- Limon graveleux : Il a une teneur en eau moyenne de variant entre 10,5 et 12%. Le pourcentage
moyen de fines est de 60 à 85% avec une proportion des éléments inférieurs à 2mm de 83 à 98%,
la limite de liquidité est de 31% et l’indice de plasticité est égale à 13% ; Il s’agit d’un sol peu
plastique de classe A2.

c. Essai Proctor
Réf d’échantillon Nature lithologique Wopt (%) δd max (t/m3)

929/01 Argile sableuse


11.8 1.87
(de la rive d’oued) rougeâtre
Tableau 8: Résultats de l’essai Proctor

 PARAMETRES DE CISAILLEMENT

Les paramètres de cisaillement issus des essais réalisés au niveau de site sont synthétisés dans les
tableaux suivant :

d. Essai de cisaillement direct


Réf/Echantillon Nature lithologique C’ (kpa) Φ’ (°)
933/04 Argile sableuse
SO2 (de 5.20 à 5.70m) 44 21
graveleuse rougeâtre
933/10 Argile sableuse
SD1 (de 6.20 à 6.60m) 42 20
graveleuse rougeâtre
Tableau 9: Résultat de l’essai de cisaillement direct

e. Essai triaxial
Réf/Echantillon Nature C-cu (kpa) Φ-cu (°) C’ (kpa) Φ’ (°)
lithologique
933/05 Argile sableuse 40 13 34 15
SO3 (de 4.50 à 5.00m) graveleuse
rougeâtre
933/09 Argile sableuse 38 13 30 15
SG1 (de 17.00 à 17.50m) graveleuse
rougeâtre
Tableau 10: Résultats de l’essai triaxial

 PARAMETRES DE DEFORMABILITE

On prend pour la couche d’argile sableuse graveleuse rougeâtre 𝑒0 = 0,46.

(La valeur moyenne de l’indice des vides initiale issue des courbes de compressibilités œdométriques)

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f. Essai Œdométrique
Réf/Echantillon Nature lithologique σp (Kpa) Cc Cs
933/01 Argile sableuse légèrement
SO1 (de 10.00 à10.50m) graveleuse rougeâtre 95 0.19 0.07

933/03 Argile sableuse graveleuse


65 0.10 0.04
SO3 (de 5.80 à 6.30m) rougeâtre

933/07 Argile sableuse graveleuse


75 0.10 0.03
SG2 (de 3.90 à 4.50m) rougeâtre

933/08 Argile sableuse graveleuse


80 0.10 0.03
SD1 (de 4.00 à 4.70m) rougeâtre
Tableau 11: Résultats de l’essai œdométrique

Les valeurs moyennes retenues pour le calcul de stabilité sont les suivantes :

Couche γ ( KN/m3) C’ (KPa) Φ’


Argile sableuse graveleuse
18.5 30 17°
rougeâtre
Tableau 12: Paramètres retenues pour le calcul de stabilité

C. Conclusion sur le modèle géotechnique


Les caractéristiques géotechniques des formations rencontrées dans le site, telles que les limons
graveleux et les argiles sableuse graveleuses, ont montré que le sol est généralement constitué
d’éléments fins et que ce sol est modérément plastique de classe A1, A2 pour les argiles et de classe
A2 pour les limons. Selon l’analyse granulométrique, le sol se compose principalement et en grande
partie des éléments fins de taille inférieure à 2mm et une partie des éléments très fins de taille
inférieure à 80µm. Le sol a majoritairement une liquidité moyenne entre 29% et 43%.

Le substratum se compose des argiles fines et donc garantissent une bonne étanchéité. Concernant le
côté mécanique, les paramètres issus des résultats des essais présentent que la combinaison des
argiles, du sable et des graves apporte un plus et un bon comportement par rapport au compactage
et tassement.

D’après tous les résultats des essais, les valeurs moyennes des essais sur la couche d’argiles ont été
retenues pour l’analyse de stabilité. Elles sont présentées dans le dernier tableau de la partie.

(Cf. Tableau 13 : Paramètres retenues pour le calcul de stabilité). Les résultats des essais réalisés sur la
couche de limon sont assez hétérogènes et la couche est alluvionnaire. Cette couche ne sera donc pas
utilisée en modélisation et elle sera excavée en réalité.

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Chapitre IV :

Conception du barrage

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I. Introduction
D’après les chapitres précédents, notre site d’étude se situe principalement dans une région riche en
éléments fins tels que les limons et les argiles.

Ces fondations impliquent presque automatiquement le choix de barrages en remblai, car ces derniers
sont constitués de matériaux meubles tels que l’argile fine. Ils regroupent plusieurs catégories en
fonction de la méthode employée pour assurer l’étanchéité. Ce type d’ouvrage, très ancien, est le plus
communément utilisé et il représente près de 70% du parc mondial des barrages.

A. Terminologie
Les termes les plus utilisés dans le domaine des barrages d’eaux en remblai sont les suivants :

- Crête : Le niveau de la crête définit la hauteur maximale qu’atteint le barrage. Elle permet ainsi la
circulation si une route est prévue au-dessus du barrage.

- Berme (Risberme) : Elle est un petit talus de protection, de petite pente dans les talus de barrage,
qui permet la réalisation et la réparation des revêtements de talus, contribue à la stabilité des
digues, réduit la vitesse des eaux de ruissèlement sur les surfaces des talus avals.

- Ecran d’injection : C’est généralement un voile continu réalisé, parallèlement à l’axe du barrage,
par forages et injection de coulis de ciment de résine injecté dans la base du barrage et ceci par
passes successives (primaires, secondaires, tertiaires, etc) pour assurer l’étanchéité de la
fondation et éviter l’effet de renard.

- Drains : Ce sont des organes de barrage réalisés en matériaux pulvérulent et drainants. Ils servent
à contrôler et à orienter les infiltrations et réduire la pression interstitielle dans le corps du
barrage. Ils peuvent être horizontaux, verticaux ou de pied.

- Filtres : Ce sont des dispositifs incorporés avec les drains. Ils sont réalisés en matériaux drainant
et permettent d’éviter le colmatage des drains et l’érosion interne du massif.

- Noyau : C’est un organe réalisé souvent en matériau fin imperméable, il permet l’étanchéité des
barrages zonés.

- Recharge : Elle est réalisée en matériau grossier et placée de part et d’autres du noyau. Elle est
indispensable pour la fonction de stabilité du barrage.

- Parement de protection : C’est une couche mince placée sur les parements pour lutter contre
l’action des vagues et de la pluie.

- Revanche : La revanche R est la différence de côte entre les Plus Hautes Eaux (PHE) correspondant
à la crue de projet et la crête pour éviter la submersion du remblai par les vagues.

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- Tapis étanche : Quand le fond du réservoir n’est pas très étanche, il est recommandé de le
tapisser par un matériau imperméable permettant la diminution des fuites.

Voici une figure montrant l’emplacement de ces éléments sur un barrage d’eau en remblai :

Figure 24: Coupe schématique d’un barrage en remblai

B. Classification des barrages en terre


Les barrages en remblai de terre sont les suivants :

 Barrage en remblai homogène :

Figure 25: Barrage en remblai homogène.

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 Barrage en remblai hétérogène ou zoné :

Figure 26: Barrage zoné

 Barrage en remblai à masque amont :

Figure 27: Barrage en remblai à masque amont

 Barrage en remblai à membrane centrale

Figure 28:Barrage en remblai à membrane centrale

Les détails de chaque type de ces barrages en terre sont représentés en annexe D, ainsi que les facteurs
influençant le choix et la conception d’un barrage en terre.

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C. L’importance du drainage
L’eau possède la capacité de s’infiltrer à travers toutes les structures, d’argile comme de béton. Elle
imprègne les barrages et leurs fondations, exerçant des effets insidieux qui peuvent s’avérer lourds de
conséquence.

Il existe aujourd’hui deux manières complémentaires de contrecarrer son action :


- Par le renforcement de l’étanchéité, en diminuant la quantité d’eau qui traverse les structures et les
fondations ;

- Par le drainage, canalisant l’eau vers les parties de ces structures où ses effets seront les moins nocifs.

La quantité d’eau circulant dans les barrages en terre est plus diffuse et plus importante. Pour lutter
contre ses effets, on va introduire des organes de drainage, matériau perméable du type sable ou
véritables tuyaux.

Par ailleurs, la répartition granulométrique du matériau constituant le drain est conçue pour éviter la
formation de « renards », infiltrations d’eau entraînant les particules du sol et minant petit à petit la
structure.

II. Choix du type de barrage


Le choix du type de barrage à construire prend en compte plusieurs paramètres tels que :
o La topographie et les apports du bassin versant ;
o La forme de vallée ;
o La géologie et géotechnique ;
o Les matériaux de construction ;
o Les crues à maitriser ;
o Les critères économiques.

Selon les chapitres précédents, le choix du site a été fait par l’étude topographique de la zone et les
apports du bassin versants ainsi que la forme de la vallée. Ainsi que sur le site, le substratum est
argileux.

D’après les recommandations du CFBG pour la conception, la réalisation et le suivi des petits barrages,
le choix du type de barrage dans ce cas se fait comme suit :

- Fondations argileuses : Dans ce type de fondation, le choix est automatiquement les barrages
en remblai, mais la pente des parements doit être compatible avec les caractéristiques des
matériaux in situ.

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- Disponibilité des matériaux : la disponibilité des matériaux de construction d’un barrage
(zones d’emprunts) sur le site peut influencer sur le choix du type de barrage, puisque cela
minimise le temps et le coût du transport, donc selon la quantité et la qualité des matériaux
disponibles. S’il existe des sols argileux ou limoneux de qualité et en quantité suffisante (1.5 à
2 fois de volume de remblai), le choix le plus économique et favorable est un barrage en terre
homogène.

Les paramètres de la géologie et la géotechnique issus du chapitre précédent prouvent que le site se
situe dans une zone riche en sols fins. Notamment des argiles d’une qualité satisfaisante et suffisante
pour la construction d’un barrage en remblai.

La solution favorable et qui s’impose comme étant la plus économique pour ce cas est celle d’un
barrage en terre homogène. Vue l’abondance de ces argiles dans le site, il sera un exploit de construire
un remblai argileux en les excavant de l’amont de l’axe du barrage.

III. Conception et dimensionnement du barrage en remblai


homogène
A. La retenue normale d’eau (RN)
La hauteur de retenue normale (RN) est calculée compte tenue de la capacité utile à stocker, de la
tranche morte, éventuellement prévue en fond de retenue pour emmagasiner les dépôts, et de la
tranche correspondant aux pertes par évaporation et par infiltration.
La hauteur de la retenue normale d’eau (RN) du barrage est de 22m par rapport au bassin de l’oued.
Pour calculer le volume de la retenue normale d’eau (RN), nous avons utilisé le SIG-ArcMap en calant
la surface de la RN sur la courbe de niveau 681m.

La figure ci-dessous présente la surface de la RN :

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Figure 29: Carte de la surface de la retenue normale de l’eau (22m) calée sur la courbe de niveau 681m.

Les résultats des calculs sont les suivants :

- Surface : 426 021 m² ; - Volume : 1.7 Mm3

B. La revanche
C’est la tranche comprise entre la côte des plus hautes eaux (PHE = 682.5m) et la crête de la digue. Elle
a pour fonction d’assurer une protection contre les effets des vagues. Elle est estimée par plusieurs
auteurs. La vitesse du vent (U) est prise à partir des règles du vent NV65 du Maroc, le site fait partie
de la zone 1, U= 136.1km/h. (Cf. Annexe D)

1. Formule de STEVENSON
R = 0.75 H + V²/2g

4
Où V = 1.5 + 2H et H = 0.76 + 0.032 √𝑈 ∗ 𝐿- 0.26√𝐿 Pour L < 18 km.

Avec R : la revanche de la digue en (m) ;

L : la longueur rectiligne du plan d’eau appelée FETCH. Elle est égale à 1.382 Km ;

H : hauteur de la vague en (m) ;

U : la vitesse du vent en (km/h). (U = 136.1km/h) ;

V : la vitesse de propagation de la vague en (m/s) ;

g : accélération de pesanteur prise égale à 9.81 m/s2.

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Figure 30: Carte montrant la longueur rectiligne du plan d’eau appelée FETCH dans notre cas.

4
A.N: H = 0.76+0.032*√136,1 ∗ 1.382-0.26*√1.382 = 0.92m

V= 1.5 + 2*0.92 = 3.34m/s

R = 0.75*0.92+3.34²/(2*9.81) = 1.25m

2. Formule de GAILLARD
GAILLARD a proposé une formule qui permet de calculer la vitesse de propagation des vagues vers le
haut.

V = 1.5 + 2H

Pour une hauteur de vague H = 0.92 m, on a V = 1.5 + 2*0.92= 3.34 m/s.

La revanche est évaluée par la formule suivante : R = 1 + 0.3√𝐿

Avec L : longueur rectiligne du plan d’eau (FETCH).

A.N: R = 1+ 0.3* √1.382 = 1.35m

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3. Formule de MALLET & PACQUANT
R= H+V²/2g

Où H = ½+ √𝐿/3 et V = 3/2 +2H/3

Avec R : la revanche de la digue en (m) ;

L : la longueur rectiligne du plan d’eau (FETCH).

H : hauteur de la vague en (m) ;

V : vitesse de propagation des vagues en (m/s).

A.N: H = 1/2 + √1.382/3 = 0.89m

V = 3/2 + 2√1.382/3 = 2.28m/s

R = 0.89 + 2.28²/ (2*9.81) = 1.15m

 Les résultats trouvés par les différentes formules sont récapitulés dans le tableau ci-après :

Formules Revanches (R) en m


STEVENSON 1.25m
GAILLARD 1.35m
MALLET&PACQUANT 1.15m
Tableau 13: Récapitulatif des résultats de différentes formules

Remarque :

Par mesure de sécurité pour l’ouvrage, la hauteur de la revanche est prise 1.5m.

C. La crête
La côte de la crête du barrage est arasée à la côte correspondante au niveau des plus hautes eaux
(PHE), majorée de la revanche (R).

Formule : CCB = PHE + R

A.N : CCB = 23.5 +1.5 = 25m

Pour la largeur en crête (L) est en général déterminée par l’une des formules suivantes où (H) est la
hauteur du remblai en mètres :
3
L = H/3 ; L = 1.65 * √𝐻 ; L = 3.6 * √𝐻 – 3

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A.N:

3
L = 25/3 = 8.33m ; L= 1.65 * √25 = 8.25m ; L= 3.6 * √25 – 3 = 7.52m

Les résultats présentent une largeur moyenne minimale de 8m environ pour le passage des engins et
véhicules.

D. Drainage du remblai :
Du fait de la charge hydraulique à l’amont du barrage, l’eau s’infiltre progressivement dans le massif
même du barrage et dans ses fondations, bien que le choix des matériaux de construction et de
l’implantation de l’ouvrage a été fait de manière à limiter les débits d’infiltration.

Un drain est un organe qui évacue les eaux prévenant d’une infiltration à travers un massif ou d’un
ressuyage.

Dans ce cas d’étude (barrage en remblai homogène), le type de drainage le plus utilisé est un drain
cheminé incliné et tapis drainant. Ce type de drain permet d’abaisser bien la ligne de saturation et
d’évacuer bien l’eau de filtration à travers le barrage et sa fondation.

1. Matériau de construction du drain


Le drain de type cheminée inclinée et tapis drainant, sera formé par une combinaison de matériaux
nobles (principalement des sables) suivant une granulométrie bien précise dans le but de garantir le
drainage et la filtration au même temps.

2. Dimensionnement du drain
Le tableau suivant permettra le dimensionnement du drain en fonction de la hauteur du remblai
(en m) et le volume de la retenue (en hm3).

H²√𝑉 <30 30 à 100 100 à 300 300 à 700 700 à 1500


Epaisseur en m 0.5 0.8 1.0 1.2 1.5
Tableau 14: Epaisseur minimale du drain de la cheminée en sable avec H la hauteur du remblai (en m) et V le volume d'eau
(en hm3) (Source : CFBR)

 Résultat de calcul : 700 < H²√𝑉 = 814.9 < 1500

Alors l’épaisseur minimale du drain doit être égale à 1.5m.

En prenant compte des PHE, l’épaisseur du drain sera de 3m pour être en sécurité de l’infiltration
d’eau.

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IV. Récapitulatif des résultats du dimensionnement de la retenue et le
remblai homogène
Nous présentons dans le tableau ci-dessous les caractéristiques du remblai homogène et de la
retenue :

Caractéristiques Dimensionnement

La capacité de la retenue normale 1.7Mm3

La côte correspondante à la RN 681m

La côte des plus hautes eaux (PHE) 682.5m

La revanche (R) 1.5m

La côte de la crête (CCB) 684m

La longueur de la crête 425m

La largeur de la crête 8m

La hauteur totale du remblai homogène 25m

L’épaisseur du drain 3m
Tableau 15: Récapitulatif des résultats du dimensionnement de la retenue et du remblai homogène

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Chapitre V :

Etude de stabilité du barrage

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I. Introduction
La stabilité des barrages en terre est abordée sous ses deux formes tout en précisant les méthodes de
détermination du réseau d’écoulement :

- Sur le plan hydraulique, un barrage en terre ne doit pas subir une érosion interne sous l’effet des
infiltrations de l’eau à travers son massif, pour cela il faut que le gradient hydraulique soit toujours
admissible pour éviter le déclanchement du phénomène de renard.
La stabilité hydraulique consiste en :
 La détermination de la ligne de saturation ;
 La construction du réseau d’écoulement ;
 L’évaluation du débit de percolation ;
 La vérification au renard.
- Sur le plan mécanique, les problèmes de stabilité de pentes se rencontrent fréquemment lors de la
construction des barrages. Une rupture d’un talus peut être catastrophique et provoquer des pertes
humaines ainsi que des dégâts naturels considérables.

L’étude d’un talus comporte, outre la reconnaissance du site et le choix des caractéristiques
mécaniques des sols, un calcul de stabilité pour déterminer d’une part la courbe de rupture le long
de laquelle le risque de glissement est le plus élevé, d’autre part la valeur correspondante du
coefficient de sécurité.

Cependant une longue expérience a été acquise tant dans les méthodes de calcul que dans les
techniques de construction, de telle sorte que les problèmes de stabilité de pentes peuvent
maintenant être résolus avec une assez bonne fiabilité.

Après avoir déterminé les propriétés géométriques et mécaniques des discontinuités, les calculs de
la stabilité des pentes doivent être effectués, manuellement ou numériquement, pour s’assurer
que les forces résistantes sont suffisamment supérieures aux forces tendant à causer le glissement.

Ainsi, la stabilité mécanique dépend :

 Des forces résistantes dues à la résistance au cisaillement le long de la ligne de rupture ;


 Des forces motrices dues principalement au poids du massif en déplacement.

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II. Mécanisme et causes d’instabilité
1. Causes élémentaires responsables de l’endommagement des barrages en
remblai
a. L’érosion externe
L'érosion externe regroupe tous les mécanismes qui provoquent des départs de matériaux sous l'effet
de sollicitations appliquées sur la surface extérieure de la digue. Ces départs de matériaux induisent
une diminution de la section de la digue, un raidissement des talus et conduisent à affaiblir sa
résistance.

Figure 31: Erosion externe côté aval

Figure 32: Erosion externe côté amont

b. La surverse
La surverse, lorsqu'elle est incontrôlée, est un des facteurs d'érosion externe les plus importants et les
plus dévastateurs. Ce mécanisme constitue une des causes principales des ruptures de digues en
remblai. Le débordement d'eau par-dessus la crête de la digue conduit à des écoulements à forte
vitesse sur la crête et le versant aval de la digue. Cet écoulement incontrôlé génère une érosion
régressive du talus.

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Figure 33: La surverse

c. L’érosion interne
L’érosion interne résulte du détachement et du transport de matière sous l’effet d’un écoulement
d’eau, dans le corps d’une digue ou dans la fondation. Lorsque la digue est en eau (crue, marée haute),
il se produit des écoulements d'eau au travers du corps de l’ouvrage en remblai, ou dans les sols de
fondations ; ces écoulements peuvent être à l'origine de départ et de migration de matériaux lorsque
le gradient hydraulique atteint un seuil appelé gradient critique des matériaux constituants la digue
ou sa fondation.
Le terme d'érosion interne regroupe ainsi plusieurs phénomènes différents d’entraînements de
particules liés aux écoulements à l'intérieur d'un massif de sols, comme la montre les trois figures
suivantes :

Figure 34: Erosion interne régressive

Figure 35: Erosion interne de contact

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Figure 36: Erosion interne de conduit ou de fissure

d. La suffusion
La suffusion se développe au sein d’un volume de remblais d’un ouvrage, ou dans sa fondation ou à
l’interface de deux milieux où la condition d’auto filtration n’est pas assurée. L’écoulement transporte
ainsi les petites particules ‘libres’ à travers la porosité des particules grossières qui constituent le
squelette de massif.

En fonction de la localisation des écoulements, on peut parler de la suffusion volumique si le transport


des fines se produit au sein du massif de sol, ou de la suffusion de contact et de surface si le transport
se produit à l’interface entre des sols de granulométries différentes ou à surface libre.

Figure 37: Suffusion

Le principal phénomène généré par ces deux derniers mécanismes (érosion interne/suffusion) est le
phénomène de renard.

2. Mécanismes responsables des instabilités mécaniques des barrages en


terre
a. Le glissement des talus
Il existe deux mécanismes de glissement :
 Le glissement du talus aval, se produisant le plus souvent durant la crue ;
 Le glissement du talus amont, se produisant lors de la décrue.

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Figure 38: Exemple de glissement circulaire sur un talus

 Le glissement côté aval en situation de crue :

Ce mécanisme se produit lorsque trois facteurs sont réunis :

- Un profil de digue étroit avec pentes de talus fortes (pentes supérieures à 0,65) ;

- Une piézométrie élevée dans la digue liée à l’absence de drainage et/ou à la présence de
couches hétérogènes ;

- Une faible compacité du remblai donnant de faibles caractéristiques mécaniques aux


matériaux du corps de digue, ou encore la présence d’une couche argileuse sous-consolidée
au niveau de la fondation.

Ces trois facteurs sont potentiellement réunis dans les zones d’anciennes brèches dont la réparation
n’a pas toujours été menée dans les meilleures conditions.
La figure suivante illustre ce mécanisme :
Le cas typique est l’apparition d’une ligne de glissement quasi-circulaire dans le corps du remblai aux
pentes de talus trop raides

Figure 39: Le mécanisme de glissement circulaire du talus aval en situation de crue

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 Le glissement côté amont en situation de décrue :

Le mécanisme de rupture par glissement côté amont se produit lors de la décrue rapide du cours d’eau.
Ce mécanisme, lié aux sous-pressions qui se développent pendant la période de crue, concerne surtout
des talus de digues constitués de matériaux argileux, présentant des pentes raides ou des perrés trop
étanches.

Ce mécanisme concerne particulièrement les digues à proximité de déversoirs équipés de remblais


fusibles (remblai destiné à se rompre lorsque la hauteur d’eau l’atteint). En effet, la mise en fonction
du déversoir s’accompagne de l’érosion rapide du remblai fusible. Le débit dérivé dans le déversoir
croît, ce qui provoque une décrue dans le fleuve pouvant alors provoquer des glissements du talus
amont.

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Figure 40: le mécanisme de glissement coté amont lors de la décrue (Mériaux et Al, 2001)

b. Le glissement de la fondation
Un barrage en remblai, par nature, sollicite moins sa fondation qu’un ouvrage poids : c’est la raison
pour laquelle il est considéré comme le barrage des fondations « meubles ».
Rappelons, néanmoins, que la résistance mécanique de la fondation peut conditionner la stabilité ; en
effet, des lignes de glissement affectant les talus, peuvent également recouper la fondation,
particulièrement si elle contient des niveaux à faibles caractéristiques mécaniques de cisaillement.

Figure 41: cercle de glissement dans le cas d’une fondation de faible résistance mécanique

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c. Les tassements
L'apparition de tassements peut être liée à un mauvais compactage des matériaux mis en œuvre lors
de la réalisation du corps du barrage en remblai ou à des phénomènes de consolidation ou de fluage
associés à la présence de niveaux compressibles dans les sols de fondation de l'ouvrage. L’érosion
interne peut également être à l’origine de tassements de la crête. L'abaissement de la topographie de
la crête induite par ces tassements diminue la hauteur de protection effective de l'ouvrage qui sera
alors susceptible d'être affecté plus rapidement par une surverse.

Deux types de tassements sont à traiter :

- Le tassement du remblai

- Le tassement de la fondation

Figure 42: Tassements d’un barrage en terre

III. Etude de stabilité


L’analyse de la stabilité des pentes s’effectue habituellement à la rupture à partir du coefficient de
sécurité qui permet de donner une idée de l’état d’équilibre de la pente étudiée par rapport à
l’équilibre limite. L’expression du coefficient de sécurité est différente selon qu’il s’agit d’une rupture
plane, circulaire ou quelconque.

Dans tous les cas, les calculs de stabilité s’effectuent en contraintes totales à court terme et/ou en
contraintes effectives à long terme. Le degré de précision des calculs dépendra toutefois de la qualité
de détermination des paramètres de cisaillement, mais aussi des moyens de calculs mis en œuvre.

A. Coefficient de sécurité
Le facteur de sécurité est défini comme étant le rapport de la résistance disponible (τmax) sur la
résistance mobilisée (τ) :

𝐅𝐒 =𝛕𝐦𝐚𝐱/𝛕

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τmax étant la résistance au cisaillement critique déterminée à partir du critère de rupture. Elle
correspond à la résistance que le sol peut développer.

τ est la contrainte de cisaillement du sol mobilisée par le poids de la pente le long de la courbe de
rupture.

À l’aide de l’équation de Mohr-Coulomb, τmax peut être exprimée par l’expression :

- En termes de contraintes totales :

𝛕max = 𝑪 + 𝛔. 𝐭𝐚𝐧𝛟

Où c et 𝜙 sont respectivement la cohésion et l'angle de frottement pour le sol, et 𝛔 est la contrainte


totale normale sur le plan de cisaillement.

- En termes de contraintes effectives :


𝛕𝒎𝒂𝒙 = 𝑪′ + (𝛔 − μ). 𝐭𝐚𝐧𝛟′

Où c’ et 𝜙’ représentent les paramètres de résistance au cisaillement effective en termes de la


contrainte effective, et μ est la pression de l'eau interstitielle.

Lorsque le facteur de sécurité est égal à 1, la rupture de la pente est imminente.

Généralement un facteur de sécurité supérieur à 1,2 ou 1,3 est acceptable pour la conception d’un
talus.

B. Méthodes de calcul
Il existe de nombreuses méthodes de calcul de stabilité au glissement, les plus courantes sont les
méthodes de « calcul à la rupture ». Pour un petit barrage en remblai ces méthodes de calcul à la
rupture suffisent amplement.
L’analyse de la stabilité du remblai est traitée comme un problème d’équilibre limite d’une masse de
sol ayant tendance à se séparer du reste du remblai suivant une surface de rupture privilégiée.

L’objectif est de déterminer, à partir d’un grand nombre de positions de surface de rupture (calcul par
itérations successives), la marge de sécurité minimale qui correspond au coefficient de sécurité du
talus du remblai étudié. Pour mener à bien ce calcul, un certain nombre d’hypothèses simplificatrices
sont admises :

- Le problème est considéré comme bidimensionnel ;


- La rupture est sensée s’effectuer instantanément en tous les points de la surface de rupture, selon
laquelle on suppose que l’état limite d’équilibre s’exprime ;
- Pour un talus d’un remblai pseudo-homogène, on considère que la surface de rupture est circulaire.

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1. Méthode de Fellenius :
Cette méthode a été proposée par Fellenius, dans le cas d'un sol purement cohérent. Cette
méthode néglige efforts inter-tranches. La résistance au glissement est alors facilement calculable
sous l'expression d'un moment, avec un bras de levier, égal au rayon R, constant.

RΣli.Cu
𝐅Fellenius =
ΣRW i .sin αi
Le facteur de sécurité peut être défini comme suit :

Avec :

- Wi : Poids de la tranche en mouvement

- R : Rayon du cercle de rupture

- Cu : Cohésion en conditions non drainées

- αi : Angle d’inclinaison de la base de la tranche


- li : Longueur de l'arc du cercle de rupture

2. Méthode de Bishop :
La méthode de Bishop, dans laquelle on admet que seules les composantes horizontales des forces
externes inter-tranches s’équilibrent.

D’où l’expression suivante du coefficient de sécurité :

C′ .b+(W−ub).tan ϕ′
Σ[ ]
𝑚α
𝐅Bishop =
ΣW.sin α
Avec :
tanα .tan ϕ′
- 𝑚α = cos α(1 + )
𝐹Fellenius
- α : Pente du talus

- W : Poids des terres en mouvement

- c’ : Cohésion effective

- u : Résultante des pressions interstitielles éventuelles

- b : Largeur de la tranche

- F : Facteur de sécurité de référence

- ϕ' : L’angle de frottement interne effectif

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3. Méthode de Morgenstern-Price :
Cette méthode introduit une fonction mathématique arbitraire pour représenter la variation de la

direction des forces entre les tranches. Cette fonction s’exprime ainsi : T/E = λ x f(x)
Avec :

- T : Composante verticale de la réaction inter-tranche

- E : Composante horizontale de la réaction inter-tranche

- λ : Paramètre déterminant la position de la ligne d’action des forces inter-tranches

- f(x) : Fonction définissant la forme de la ligne d’action dans la zone de rupture potentielle

- x : Coordonnée suivant l’axe horizontal

La méthode de Morgenstern-Price satisfait toutes les conditions d’équilibre statique pour chaque
tranche ainsi que l’équilibre des moments et l’équilibre des forces dans la direction horizontale, pour
l’ensemble de la masse qui glisse. Par ailleurs, elle est applicable pour toutes sortes de surface de
rupture.
Le calcul du coefficient de sécurité par ces méthodes serait détaillé davantage dans l’annexe F.

IV. Présentation du logiciel et méthode de calcul


L’étude de stabilité des talus sera effectuée à l’aide par les programmes SEEP/W et SLOPE/W, qui sont
des modules intégrés dans la fenêtre GEOSTUDIO 2012. Le premier permet de générer la ligne de
saturation (qu’exploite SLOPE pour le calcul de stabilité) et de modéliser l’écoulement à travers la digue
et la fondation du barrage. Tandis que SLOPE/W permet de tracer un très grand nombre de cercles de
glissement, de trouver ainsi avec une très bonne approximation et rapidité, le cercle le plus
défavorable pour la stabilité du talus ainsi que son coefficient de sécurité.

Ainsi, l’analyse de stabilité du barrage est traitée comme un problème d’équilibre limite d’une masse
du sol ayant tendance à se séparer du reste de la fondation suivant une surface de rupture privilégiée,
passant généralement par les joints présents dans la fondation.

Slope/W permet également l’utilisation simultanée de plusieurs méthodes classiques de calcul à la


rupture telles que : Spencer, Bishop, Fellenius, Morgenstern - Price… Qui se distinguent aussi bien par
la forme des surfaces de rupture que par l’expression générale de l’équilibre.

La méthode de calcul choisie pour cette étude est celle de Morgenstern-Price, puisqu’elle satisfait
toutes les conditions d’équilibre statique ainsi que l’équilibre des moments et l’équilibre des forces
dans toutes les directions pour chaque tranche et pour l’ensemble de la masse qui glisse.

Une présentation plus détaillée du logiciel GEOSTUDIO est exposée dans l’annexe E.

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V. Modélisation hydraulique de la digue
A. Modèle hydraulique de la digue homogène en régime stationnaire
1. Matériaux utilisés et géométrie de base
Dans cette analyse d’infiltration à travers le barrage, et vu l’absence des essais de teneur en eau sur
les matériaux de construction et de la fondation, on retient les valeurs conservatrices selon la
littérature scientifique et d’ingénierie. Ces valeurs sont regroupées dans le tableau suivant :

Matériaux K(m/s) saturée résiduelle


Remblai argileux 10–8 0,15 0,05

Fondation argileuse 5 × 10–8 0,1 0,05

Drain 10–2 0,5 0,1


Tableau 16: Les paramètres géotechniques des matériaux de construction issus de la littérature scientifique et d'ingénierie

(Source : Manuel d’utilisation du logiciel Seep/w + (Domenico and Schwartz 1990))

En supposant que le volume dans le réservoir reste constant, c'est-à-dire en supposant que la hauteur
de l'eau est égale à une retenue normale ou PHE, cette situation correspond à un écoulement en
régime permanent.

 Géométrie :
- La largeur de la crête est égale à 8m ;
- La hauteur du barrage est égale à 25m ;
- L’épaisseur du drain est égale à 3m, ceci est à cause d’une contrainte d’exécution car pour des
épaisseurs inférieures à 3m la faisabilité ou la construction du drain devient difficile (-difficulté
de compactage) ;
- La pente du talus amont est égale à 3H/1V ;
- La pente du talus aval est égale à 3H/1V ;
- Le niveau de PHE est de 1,5m au-dessous du niveau de la crête ;
- Le niveau de la RN est à 22m ;

2. Conditions aux limites :


 Une face d'infiltration potentielle au talus aval du barrage ;

 Une charge hydraulique égale à la hauteur de la retenue normale ou Plus Hautes des Eaux en
amont ;

 Une charge nulle à l’aval du barrage.

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Figure 43: la geométrie et les conditions au limites

3. Résultats des calculs :


Les résultats des calculs de la stabilité hydraulique de la digue homogène déterminée par le module
« Seep/w » du logiciel « Geostudio » sont représentés sur les figures suivantes :

Figure 44: Position de ligne de saturation

Les lignes de contours des charges hydrauliques qui décroissent de la gauche vers la droite de 22 m
jusqu’à 0 m.

Figure 45: Lignes des contours des charges hydrauliques (équipotentielles).

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Et les lignes de contours des pressions d’eau interstitielles, 0 pour la ligne de saturation et 420kPa
comme maximum (γw.z) en profondeur dans la fondation au-dessous de la retenue.

Figure 46: Lignes des contours des pressions d’eau interstitielles (isobares).

Ce qui nous permet de déterminer le débit de fuite en n’importe quelle section. La ligne de saturation
baisse à travers le barrage en tendant vers le drain. La pression interstitielle diminue en allant de
l’amont à l’aval du barrage.

Figure 47:Résultats des calculs sous effets des infiltrations, pour la digue homogène.

Pour le cas de notre digue homogène, le débit calculé en profil fond de vallée est égal à
8,098. 10−7 m3/s à l’entrée du drain et égal à 1,66. 10−6 m3/s à la sortie du barrage ce qui peut être
expliqué par le problème d’infiltration à travers la fondation, comme la montre les iso lignes tracées
en vert.

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B. En vidange de la retenue sur 8 jours

Les conditions initiales de la simulation sont établies par l’état du modèle en régime permanent (Pour
la PHE : On suppose que la vidange commence à partir d’un niveau d’eau égale à la PHE), alors on part
de l’état en régime permanent en fixant les conditions de pression interstitielle dans l’analyse comme
étant l’analyse parente (Analyse en régime permanent) comme il est montré dans l’image suivante :

Figure 48: Photo des différentes branches pour la simulation de la vidange

Cette analyse simule la vidange de la retenue avec la conduite dimensionnée par le concepteur qui
donne un temps de vidange de 8 jours.

1. Conditions aux limites


 Sur le côté amont la charge est variable en fonction du temps. En effet, c’est une fonction
linéaire de la charge hydraulique qui diminue avec le temps à partir de la côte de PHE pour
s’annuler au bout de 8 jours ;
 Sur le côté aval la charge est nulle ;
 Le talus aval est une face d’infiltration potentielle.

Figure 49: Variation de la charge hydraulique en f(t), pour la digue homogène

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2. Résultats des calculs

Figure 50: Lignes équipotentielles à travers le barrage après une vidange de 8 jours (digue homogène)

Figure 51: Distribution de la pression interstitielle dans le barrage en digue homogène après une vidange de 8 jours

Pour la vidange de la retenue, la ligne de saturation baisse avec le niveau de l’eau comme on le voit
dans l’espacement entre les lignes de saturation à travers le temps. La pression interstitielle est
développée dans le coté amont du barrage pendant la vidange dans les matériaux fins et la fondation
à cause de leurs perméabilités faibles, c’est une situation critique où la retenue est vide pendant que
le barrage reste saturé en eau. Les pressions interstitielles tendent à l’équilibre avec le temps en
fonction de la perméabilité des matériaux ce qui améliore la stabilité du barrage jusqu’à la dissipation
totale de la pression interstitielle.

C. Débit total d’infiltration en régime permanent


Les débits de fuite nous permettent de vérifier que le réservoir ne perd pas trop d’eau dans son
barrage.
La connaissance des débits permet aussi de dimensionner les systèmes drainants du barrage.

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Pour l’estimation du débit total transité par le barrage en régime permanent, on utilise le débit infiltré
par une section de 1 m calculé dans la simulation, et on le multiplie, par mesure d’exagération par la
longueur totale du barrage qui est égale à 425 m.

Longueur Débit métrique en m3/s Débit total en m3/s Débit total en l/s

Digue homogène 425 1,66.10-6 7,05.10-4 0,7

Tableau 17: Résultat de calcul des débits infiltrés

D. Synthèse et interprétation
On remarque que la pression en dessus de la ligne de saturation est négative vu l’absence d’eau dans
cette partie.
On constate que les débits infiltrés sont assez faibles. Cela valide le dimensionnement établi pour le
système de drainage, et implique que le barrage remplit sa fonction en dehors de risque d’une érosion
interne intensive.

D’après cette étude d’infiltration et vu qu’il y a un écoulement souterrain à travers la fondation, même
s’il est faible, on recommande d’utiliser un voile d’étanchéité pour remédier à ce problème.

VI. Stabilité mécanique de la digue


A. Cas de charges
Les matériaux fins conduisent, en général, à pratiquer deux types de calcul de stabilité des talus :

o Un à court terme correspondant à la stabilité en fin de construction, avant consolidation, à


l’aide des caractéristiques déterminées à l’essai triaxial non consolidé non drainé, ou encore
l’essai triaxial consolidé non drainé, interprété en contraintes totales ;
o Un à long terme, aprè s consolidation, suite à une vidange rapide pour ce qui concerne le talus
amont, en contraintes effectives, à l’aide des caractéristiques déterminées à l’essai triaxial
consolidé drainé ou par l’essai de cisaillement direct.

Dans le cas de notre étude, nous avons sélectionné pour le profil fond de vallée, qui est le profil le plus
critique ; vu que ce profil est celui de la zone où la hauteur d’eau est la plus importante. C’est en effet
dans ces zones que les risques de pertes de stabilité sont les plus importants.

Les cas de charges qui seront étudiés pour ce profil, pour les deux parements amont et aval de notre
barrage homogène sont de l’ordre de 13 cas de charges, qui sont les suivants :

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 Cas de charge : Fin de construction, talus amont et aval, avec et sans séisme ;
Cette situation de projet correspond généralement à la fin de la mise en place des remblais,
les pressions interstitielles de construction n’étant pas entièrement dissipées, en particulier si
le matériau est peu perméable, ce qui est le cas pour notre projet.
 Cas de charge : Retenue normale, talus amont et aval, avec et sans séisme ;
 Cas de charge : Plus hautes eaux, talus amont et aval, avec et sans séisme ;
Pour les situations de la retenue normale et des plus hautes eaux le poids du remblai et la
poussée de la retenue sont considérés ; le champ de pression interstitielle est calculé par un
réseau d’écoulement à travers le barrage (et sa fondation) en tenant compte des diverses
perméabilités.
 Cas de charge : Vidange rapide, talus amont, sans séisme.
Cette situation de projet intéresse les vidanges rapides de barrage de stockage pour raison de
mise en sécurité. Aprè s une baisse brusque de la retenue, les pressions interstitielles induites
par la retenue ne se sont pas encore dissipées et déstabilisent le remblai vers l’amont ; ce cas
vise à vérifier les conditions de stabilité du talus amont en condition saturée.

 Notons que la stabilité à l’occurrence d’un séisme est effectuée par la méthode pseudo-statique qui
consiste à assimiler le séisme à une accélération horizontale permanente. Dans le cas présent, l’étude
sera conduite avec un coefficient sismique de 0.1 g justifié par la carte du zonage sismique du Maroc
fournie par le rè glement parasismique 2011.

Nous prenons pour la méthode pseudo-statique, les deux composantes du coefficient pseudo-statique

k : horizontale kh et verticale kv

Avec k=  amax /g
Où :
  est le coefficient sismique adimensionnel bien souvent pris égal à 2/3, pour la composante
horizontale ;
 amax est l’accélération sismique de pic, qui est dans notre cas égale à 0,1g.

2
Donc : kh = 0,1= 0,066
3

De plus, la composante verticale est considérée généralement égale au un tiers de celle horizontale :
1
kv = 0,066= 0,022
3

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B. Coefficients de sécurité requis
L’étude de stabilité des talus a pour but la détermination du coefficient de sécurité minimal qui est à
la fois le plus économique et assurant le bon fonctionnement de l’ouvrage.

Le tableau suivant présente les facteurs de sécurité exigés, pour chaque cas de charge, afin de garantir
la stabilité des talus de la digue :

Facteurs de sécurité requis

Sans séisme Avec séisme (+0,1g)

Fin de construction (FC) 1,3 1

Retenue normale RN 1,5 1,1

Plus hautes eaux PHE 1,3 1

Vidange rapide VR (8 jours) 1,3 -


Tableau 18:Coefficients requis pour le calcul de stabilité

C. Paramètres géotechniques :

Le tableau suivant regroupe toutes les caractéristiques mécaniques prises en considération pour
l’étude de la stabilité du barrage homogène :

Matériau ɣ (KN/m3) φu (°) Cu (kPa) φ’ (°) C’ (kPa)


Matériaux fins 19 13 40 18 31
Drain 20 - - 30 0
Fondation
18,5 13 40 17 30
argileuse
Tableau 19: les caractéristiques mécaniques prises en considération pour l’étude de la stabilité du barrage homogène

Les caractéristiques de la fondation et des fins étaient déduites des essais de cisaillement réalisés au
laboratoire, par contre par manque de données des sables constituant le drain (vu qu’aucun essai
n’était réalisé sur ces derniers) on s’est référé à la documentation.

 A.W Bishop et D.J Henkel. The measurement of soil properties in the triaxial test, Edward
Arnold, 2éme édition.

En fin de construction du remblai, les pressions interstitielles sont générées à l’intérieur du corps du
barrage pour les matériaux qui disposent d’une faible perméabilité qui dissipe lentement ces pressions
avec la consolidation. La stabilité du barrage est critique en court terme. C’est pour cela qu’on prend

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en considération ce cas de charge, et on modélise ce développement de pression interstitielle par le

coefficient Ru pour les matériaux fins et de la fondation, tel que Ru = μ/ (ɣ*h)


Avec :

o u : Pression interstitielle au point considéré ;


o ɣ : Poids volumique de la recharge au-dessus du point considéré ;
o h : Hauteur de la recharge au-dessus du point considéré.

Les coefficients de pression interstitielle pris en compte dans cette étude sont des valeurs de la
littérature et qui semblent logiques pour les matériaux étudiés, récapitulées dans le tableau
suivant :
Matériau Coefficient de pression interstitielle
Matériaux fins 0,3
Drain 0
Fondation argileuse 0,3
Tableau 20: Les pressions interstitielles dans les ouvrages hydrauliques et leur fondation (contributions théorique et
expérimentale à leur étude). Source : Dehousse, N. & Hamoir, J.

D. Etude de sensibilité pour les fruits des talus


Pour ce qui suit, nous procéderons à une étude de sensibilité sur les pentes des parements amont et
aval, afin de trouver les fruits des talus minima pour optimiser le volume des matériaux mis en place
pour la recharge du remblai et assurer une stabilité satisfaisante.

Les calculs de stabilité seront effectués, en utilisant les données géotechniques retenues pour le calcul
et en raisonnant uniquement sur le profil fond de vallée, ce qui est la situation la plus défavorable du
point de vue de stabilité.

1. Pour les talus 3H/1V à l’amont et 3H/1V à l’aval


a. Modèle géométrique

Figure 52: Modèle géométrique pour des pentes des talus amont-aval respectivement 3H/1V - 3H/1V

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b. Résultats
Talus Amont Talus Aval
Cas de charge Séisme Fs Requis
3H/1V 3H/1V
Fin de - 1.425 1.523 1.3
construction 0.1g 1.169 1.249 1
Retenue normale - 2.701 1.742 1.5
0.1g 1.882 1.427 1,1
- 2.774 1.737 1.3
Plus hautes eaux
0.1g 1.915 1.423 1
Vidange rapide - 1.187 - 1.3
Tableau 21: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3H/1V en amont et 3H/1V en aval

2. Pour les talus 3,3H/1V à l’amont et 2,8H/1V à l’aval


a. Modèle géométrique

Figure 53: Modèle géométrique pour des talus 3,3H/1V à l’amont et 2,8H/1V à l’aval

Page | 69
b. Résultats

Talus Amont Talus Aval


Cas de charge Séisme Fs Requis
3,3H/1V 2,8H/1V

- 1.498 1.441 1.3


Fin de construction
0.1g 1.210 1.160 1
- 2.774 1.700 1.5
Retenue normale
0.1g 1.884 1.408 1,1

- 2.853 1.699 1.3


Plus hautes eaux
0.1g 1.918 1.407 1
Vidange rapide - 1.238 - 1.3

Tableau 22: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3.3H/1V en amont et 2.8H/1V en aval

 Interprétation :

Pour ces deux premiers cas étudiés, les valeurs des coefficients de sécurité sont largement supérieures
à celles requises pour le talus aval, ce qui nous pousse à raidir d’avantage ce dernier afin d’optimiser
le volume du remblai. Par contre au talus amont, pour lequel on remarque que le coefficient de
sécurité pour la vidange rapide n’est pas admissible, cela peut être expliqué par la faible perméabilité
de l’argile constituant le corps de notre barrage, ce qui nous mène à adoucir la pente amont.

3. Pour les talus 3,5H/1V à l’amont et 2,6H/1V à l’aval


a. Modèle géométrique

Figure 54: Modèle géométrique pour des talus 3,5H/1V à l’amont et 2,6H/1V à l’aval

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b. Résultats

Talus Amont Talus Aval


Cas de charge Séisme Fs Requis
3,5H/1V 2,6H/1V

- 1.555 1.407 1.3


Fin de construction
0.1g 1.243 1.209 1

- 2.845 1.651 1.5


Retenue normale
0.1g 1.898 1.385 1,1

- 2.926 1.651 1.3


Plus hautes eaux
0.1g 1.932 1.384 1
Vidange rapide - 1.325 - 1.3
Tableau 23: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3.5H/1V en amont et 2.6H/1V en aval

 Commentaire :

Pour ce fruit de talus amont, la situation devienne stable pour le cas de charge de vidange rapide mais
la valeur du coefficient de sécurité reste plus au moins critique, donc il vaut mieux adoucir la pente
amont afin d’assurer une sécurité plus fiable.

4. Pour les talus 3,8H/1V à l’amont et 2,3H/1V à l’aval


a. Modèle géométrique

Figure 55: Modèle géométrique pour des talus 3,8H/1V à l’amont et 2,3H/1V à l’aval

Page | 71
b. Résultats

Talus Amont Talus Aval


Cas de charge Séisme Fs Requis
3,8H/1V 2,3H/1V

- 1.640 1.389 1.3


Fin de construction
0.1g 1.190 1.130 1

- 2.950 1.593 1.5


Retenue normale
0.1g 1.682 1.296 1,1

- 3.073 1.592 1.3


Plus hautes eaux
0.1g 1.724 1.295 1
Vidange rapide - 1.381 - 1.3

Tableau 24: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3.8H/1V en amont et 2.3H/1V en aval

 Commentaire :

Toutes les valeurs du facteur de sécurité obtenues semblent satisfaisantes par rapport aux normes
exigées. Cette combinaison de fruits semble être adaptée à notre barrage.

5. Pour les talus 3,8H/1V à l’amont et 1,8H/1V à l’aval


a. Modèle géométrique

Figure 56: Modèle géométrique pour des talus 3,8H/1V à l’amont et 1,8H/1V à l’aval

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b. Résultats

Talus Amont Talus Aval


Cas de charge Séisme Fs Requis
3,8H/1V 1,8H/1V

- 1.640 1.260 1.3


Fin de construction
0.1g 1.190 1.067 1

- 2.950 1.434 1.5


Retenue normale
0.1g 1.9682 1.215 1,1

- 3.073 1.434 1.3


Plus hautes eaux
0.1g 1.724 1.214 1
Vidange rapide - 1.381 - 1.3

Tableau 25: Résultats du calcul de stabilité pour les fruits 3.8H/1V en amont et 1.8H/1V en aval

Dans ce cas seul, la pente du talus aval qui a été modifiée, en raidissant ce talus de plus, mais cela
donne des facteurs de sécurité inférieurs aux normes exigées. Donc ce fruit de talus aval n’est pas
envisageable pour notre ouvrage.

Synthèse de l’étude de sensibilité des fruits des talus :

- Le talus amont est largement stable en régime permanent (retenue pleine) grâce à la présence de la
charge d'eau.

- Le coefficient de perméabilité influe sur la position de la nappe phréatique donc sur le débit, et
puisqu’on a une faible perméabilité, les pressions interstitielles se dissipent lentement, le débit de
vidange est faible et par conséquent le temps de vidange est long, car le niveau de la nappe baisse
lentement, d'où le fait que le barrage devient moins stable pour les courtes durées de vidange.

- Parmi tous les fruits testés, ceux qui paraissent satisfaisants pour le dimensionnement d’une digue
homogène sont : 3.8H/1V à l’amont et 2.3H/1V à l’aval. Parce qu’au-delà de ces valeurs, les fruits plus
raides sont instables et pouvant induire des ruptures par glissement, ou bien plus doux donc plus
sécuritaires mais plus couteux.

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E. Etude de sensibilité sur le matériau du remblai
Lors des essais de cisaillement sur l’argile rougeâtre, les paramètres cohésion effective et angle de
frottement effectif montraient des variations dans l’espace, ce qui nous a poussé à faire une étude de
sensibilité de ces deux paramètres afin de remédier à ce problème d’incertitude et d’assurer que notre
barrage est stable sur toute la gamme de variation.

C’ varie entre 30 kpa et 44 kpa et φ’ varie entre 15° et 21°.

 A l’aide de Slope/w, dans un premier temps on maintient la cohésion à 31kpa et calcule le


coefficient de sécurité pour chaque valeur de φ’.
 Ensuite, l’angle de frottement interne est maintenu constant à 18 degrés, et des facteurs de
sécurité sont calculés pour les valeurs de cohésion différentes.

Traitons que les cas de charges les plus critiques, à titre d’exemple nous prenons la vidange rapide
pour le talus amont et les cas de charge retenue normale sans séisme pour le talus aval :

1. Vidange rapide
La figure suivante montre la variation du coefficient de sécurité par rapport à la variation des deux
paramètres cohésion et angle de frottement :

Figure 57: Illustration d’un tracé de sensibilité pour la vidange rapide

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 Pour les abscisses -1 veut dire la valeur la plus petite, c’est-à-dire pour notre cas une cohésion
effective égale à 30kpa et un angle de frottement égal à 15 degrés. Et la valeur de 1 correspond
à φ’ égale à 21° et C’ égale à 44 kpa.
 Le point où les deux courbes de sensibilité se croisent est le facteur déterministe de sécurité
ou le facteur de sécurité au milieu des plages de variation pour chacun des paramètres de
résistance, dans ce cas il est égal à 1,42.
 Nous remarquons que le coefficient de sécurité varie vraisemblablement pour la cohésion que
pour l’angle de frottement du remblai argileux, et ceci est logique du fait que la plus grande
portion de la surface de glissement est dans la couche du remblai. (Comme la montre la figure
suivante)

Figure 58: Illustration de la surface de glissement en vidange rapide

 D’après la première figure nous remarquons que le coefficient de sécurité est toujours
supérieur à 1,3 pour n’importe quelle valeur de C’ ou Phi dans leurs plages de variations.

2. Retenue normale sans séisme


On procède à la même démarche d’analyse pour ce cas de charge

Figure 59: Illustration d’un tracé de sensibilité pour la retenue normale sans séisme

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La plage de variation du coefficient de sécurité est toujours supérieure à la valeur exigée qui est égale
à 1,5.

Synthèse de l’étude de sensibilité :

- Le facteur de sécurité des différents cas de charge en long terme suit la variation des
paramètres géotechniques drainés d’une manière systématique.
- Le facteur de sécurité est lié à la cohésion et à l’angle de frottement des matériaux fins
constituants la digue homogène.
- La diminution de Phi’ en 15° et C’ en 30 kPa n’engendre pas une instabilité des talus.

 Calcul du débit total d’infiltration pour les talus fixés :


Après avoir fixé les fruits des talus amont et aval respectivement sur 3.8H/1V et 2.3H/1V, il s’avère
intéressant de calculer le débit de fuite pour cette configuration.
Suivant les mêmes étapes que celles détaillées dans la modélisation hydraulique pour les pentes de
valeur égale à 3H/1V, on obtient :

Figure 60: Résultats des calculs sous effets des infiltrations, pour les talus 3.8H/1V en amont et 2.3H/1V en aval

Longueur Débit métrique en m3/s Débit total en m3/s Débit total en l/s

Digue homogène 425 8,69.10-7 3,69.10-4 0,37

Tableau 26: Résultat de calcul du débit de fuite, pour les talus 3.8H/1V en amont et 2.3H/1V en aval

Les débits infiltrés sont toujours assez faibles et varient légèrement avec le changement des pentes
des talus, vu que les débits ne dépendent pas principalement des talus (ils dépendent des
perméabilités et des différences de charges). Le dimensionnement établi pour le système de drainage
est bon, et implique que le barrage remplit sa fonction en dehors de risque d’une érosion interne
intensive.

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F. Etude de tassement :
Défaut de portance de la fondation et calcul du tassement :

La fondation du barrage sur oued Tigrouli comporte un matériau composé d’alluvions limoneux
hétérogènes sur une profondeur variable pouvant atteindre 7 m. Afin d’assurer la pérennité et la
sécurité de cet ouvrage, le bureau d’études a décidé d’extraire toute cette partie et de la remplacer
par un matériau argileux bien compacté.

La notion de capacité portante de la fondation fait référence à un critère de résistance au cisaillement


de la fondation pour des ruptures par poinçonnement. Ce sont des ruptures du sol de fondation
caractérisées par le fait que le remblai s’affaisse en subissant des tractions. La rupture du sol de
fondation est générale puisqu’elle concerne la totalité de la largeur d’assise du remblai. Le schéma de
rupture du sol de fondation est analogue à celui qui se produit sous une fondation superficielle et peut
donc être étudié comme tel. (Conformément au fascicule 62-Titre V)

Le cas le plus défavorable est de manière générale la fin de construction (court terme). La vérification
de la stabilité au poinçonnement se fait en supposant le remblai construit instantanément, sans
dissipation de pressions interstitielles dans le sol de fondation.
La méthode que nous présenterons par la suite est une méthode simplifiée :

La contrainte verticale q sous un remblai de hauteur H et de poids volumique  peut-être approchée

par : q = H = 19 × 25 = 475 KPa

La contrainte maximale admissible sur la fondation qu en fonction de sa cohésion non drainée cu peut
être exprimée par : qu = cu Nc
𝑁𝑐 est fonction de B/D où B est la largeur moyenne du remblai à mi-hauteur et D l’épaisseur de
fondation compressible. Il se détermine à partir d’abaques de Mendel et Salençon, mais peut-être
donné d’une manière approchée par les relations suivantes :
𝐵
 𝑁𝑐=𝜋+2 𝑠𝑖 0< <1,5
𝐷
𝐵 𝐵
 𝑁𝑐=0,5 𝐷 +4,5 𝑠𝑖 1,5≤𝐷<10
𝐵
 𝑁𝑐=9,12 𝑠𝑖 10<𝐷

𝐵
Dans ce cas : B=80m et D=20m ; 𝐷
=4

Alors Nc = 6,5 et qu = 40 × 6,5 = 260 KPa

La condition d’état-limite s’écrit : qu /R > d q


Avec R coefficient partiel sur la cohésion non drainée et d coefficient de modèle.

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On adopte une valeur de 1,4 pour R (valeur proposée pour la cohésion non drainée dans l’Eurocode
7) et de 1,2 pour d.
Or, qu /R = 185,71 KPa et d q = 570 KPa

Donc cette condition d’état-limite n’est pas vérifiée, ainsi on utilisera les méthodes plus détaillées
présentées ci-après pour vérifier cet état-limite (approche graduée).

Un calcul par éléments finis doit être effectué puisque le remblai dépasse la dizaine de mètres de
hauteur et parce qu’en utilisant la formulation précédente, la fondation présente un risque
d’instabilité. Le phasage de construction doit alors être pris en compte (couches de 5m), tout comme
le phénomène de consolidation de la fondation, via des lois de comportement adaptées.

Méthode des éléments finis (MEF)

Dans l’analyse statique (déformation et tassement) de la digue en terre le modèle élastique linéaire et
le modèle élasto-plastique sont les plus utilisées. Les résultats de l’analyse par la méthode des
éléments finis de la digue en terre et de sa fondation introduisent les contraintes et les déformations
de chaque élément étudié. Le logiciel de Plaxis 2D est utilisé pour la modélisation numérique
géotechnique par la méthode des éléments finis dans notre cas le barrage sur oued Tigrouli.

Principales étapes de L’MEF

- Dessiner le modèle géométrique de la digue du barrage et introduire les propriétés de chaque


matériau ;
- Introduire aussi les paramètres nécessaires de la résistance et de contrainte déformation de
chaque matériau (E, v) ;
- Diviser la section transversale aux éléments finis par le maillage ;
- Insérer les données hydrauliques (la nappe phréatique) ;
- Lancer la procédure du calcul à partir les phases et examiner les résultats.

Les principales hypothèses :

--Modèle 2D « Plane Strain » déformations plane.


--Eléments à 15 nœuds.
--Maillage de type « fine ».
Au début, la fondation est modélisée sans le barrage. Le modèle complet sera préparé sous Plaxis

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Identification Remblai argile Drain Fondation argile
Drainage Drained Drained Drained
Modèle rhéologique Mohr-Coulomb Mohr-Coulomb Mohr-Coulomb

γunsat (KN/m3) 15 19 15

γsat (KN/m3) 19 20 18,5

E (KN/m2) 2,8 E03 2 E04 2,8 E03

ν 0, 33 0,33 0,33

Créf (KN/m2) 31 0,5 30

φ 18 30 17

ψ 0,5 0 0,5

KX (m/jours) 8 E-04 864 8 E-04

KY (m/jours) 8 E-04 864 8 E-04

Tableau 27: Les différentes hypothèses sur les matériaux introduites sur PLAXIS

1. Tassement total en fin de construction


a. Création du modèle géométrique
Le modèle géométrique est une représentation réelle des données du problème à étudier, c’est un
ensemble de points et de lignes qui représentent le profil du cas traité. En plus de ces composants de
base, des éléments de structure et des conditions spéciales peuvent être ajoutés au modèle
géométrique pour simuler le soutènement des tunnels, les écrans, les plaques, l’interaction sol-
structure ou les chargements.

Par la suite on procède à la définition des matériaux du sol (les différentes couches de sol avec leurs
caractéristiques).

L’ouvrage à modéliser est constitué de deux parties fondamentales : le corps du remblai du barrage et
de sa fondation. La coupe choisie est celle du fond de vallée.

Dans leurs globalités, les remblais constituants la digue sont constitués de deux matériaux principaux:
- Le matériau constituant le corps de la digue est constitué d’un matériau argileux étanche
- Le drain est composé par une couche de 3 m d’épaisseur de sable sélectionné.

La fondation du barrage est composée d’une couche d’argile qui atteint les 20 m en fond de vallée.

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Figure 61: Modélisation du barrage et de sa fondation

Cela étant fait après avoir précisé tout au début les dimensions du plan de travail ainsi que les unités
utilisées pour le problème.

Lorsque notre modèle géométrique est entièrement défini et que les propriétés des matériaux sont
assignées à toutes les couches et à tous les éléments de structure, la géométrie doit être divisée en
éléments finis en générant un maillage afin de réaliser le calcul par éléments finis.

En ce qui concerne les conditions aux limites mécaniques, la base de la fondation est bloquée dans les
deux directions alors que les frontières verticales sont bloquées dans le sens horizontal seulement
pour permettre les tassements.

Figure 62: Maillage et conditions aux limites mécaniques (Plaxis)

b. Les conditions initiales


Une fois le modèle géométrique créé et le maillage d'éléments finis généré, l'état de contraintes
initiales et la configuration initiale doivent être spécifiés.

Ces conditions initiales sont constituées de deux modes différents, l'un pour générer les pressions
interstitielles initiales (mode des conditions hydrauliques) et l'autre pour spécifier la configuration
géométrique initiale et générer le champ des contraintes effectives initiales (mode de configuration
géométrique).

Avant la détermination des conditions initiales, il faut désactiver le barrage, parce qu’il n’existait pas à
l’état initial.

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 Les conditions hydrauliques :

Les pressions interstitielles et les pressions hydrauliques extérieures peuvent être générées à partir de
nappes phréatiques. Une nappe phréatique représente des points où la pression de l'eau est égale à
la pression atmosphérique. Sous PLAXIS, Avant d'entrer un niveau de nappe phréatique, on doit saisir
le poids volumique de l'eau. La saisie d’une nappe phréatique est semblable à la création d'une ligne
géométrique

On suppose que le niveau d’eau ou la nappe phréatique est à la surface puis on génère les pressions
interstitielles.

Figure 63: Distribution des pressions interstitielles au niveau de la fondation

 La configuration géométrique

Dans cette étape, les couches de remblais sont déjà désactivées et elles seront activées dans les phases
de calculs et on génère les contraintes initiales. PLAXIS permet de désactiver les couches qui ne seront
pas dans la phase initiale de l’étude en cliquant simplement sur ces couches.

Les contraintes initiales dans un sol sont influencées par le poids du matériau. Cet état de contraintes
est caractérisé généralement par une contrainte effective verticale initiale 𝜎𝑣0′. La contrainte effective
horizontale initiale 𝜎ℎ0′ est liée à la contrainte effective verticale initiale par le coefficient de pression
des terres au repos 𝐾0. PLAXIS permet une génération automatique du coefficient de pression des
terres.

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Figure 64: Distribution des contraintes initiales

c. Calcul
La construction du remblai se compose de 5 phases, chacune prenant 5 jours et présentant une
hauteur de 5m. Après la première phase de construction, une période de consolidation de 200 jours
est introduite pour permettre aux pressions interstitielles en excès de se dissiper. Après la cinquième
phase de construction, une autre période de consolidation est établie à partir de laquelle le tassement
total peut être déduit. Il faut donc définir un total de 10 phases de calcul

 Support : Plaxis version 8 Tutorial Manual

Figure 65: Définition des phases de calcul

d. Résultats de la simulation
Le premier résultat qu’on visualise lors de la fin du calcul est le maillage déformé, ce maillage est une
représentation du maillage aux éléments finis dans son état déformé, superposée à une représentation
de la géométrie déformée.
La figure ci-dessous représente le maillage déformé. Les déformations visualisées sont à l’échelle
réelle :

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Figure 66: Maillage et Géométrie déformée

Dans notre cas, on ne s’intéresse qu’aux déplacements verticaux, et ses derniers sont regroupés dans
le tableau suivant :

Hauteur du remblai Tassement total


5m 6,3cm
10m 15,6cm
15m 29cm
20m 53,4cm
25m 81,5cm
Tableau 28: Tassement total après la mise en place de chaque couche

Dans cette étude, les comportements du barrage et de sa fondation ont été testés et ce dans le cas
statique vis-à-vis du tassement, au cours et en fin de la construction.

La simulation du comportement du barrage nous montre aussi la progression des tassements au niveau
de contact remblai fondation. Le tassement maximum est obtenu au niveau de la crête de l’ouvrage
(81,5cm)

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Figure 67: Simulation des déplacements verticaux en m

2. Tassement en retenue normale

Le modèle géométrique reste le même que celui utilisé pour le cas de charge « fin de construction »

a. Conditions initiales
 Les conditions hydrauliques :

La charge hydraulique en amont est égale à 22m, et cette fois-ci et puisque l’écoulement est en régime
permanent, on choisit pour générer les pressions interstitielles le calcul des écoulements
souterrains afin d’avoir la ligne piézométrique dans le corps du barrage :

Figure 68: Génération des pressions interstitielles

Page | 84
On obtient par cette méthode :

Figure 69: Distribution des pressions interstitielles en retenue normale

 La configuration géométrique
Dans cette étape, le remblai est activé contrairement à ce qui a été fait pour le cas de charge de fin de
construction et on génère les contraintes initiales

Figure 70: Distribution des contraintes initiales

b. Résultat de la simulation

Figure 71: Simulation des déplacements verticaux en m pour RN

Page | 85
Le tassement maximal obtenu en retenue normale est de l’ordre de 16,2cm au niveau de la zone
d’intersection du niveau de la retenue et le corps du remblai.

Le tassement de la fondation est de l’ordre de quelques centimètres (entre 1cm et 3cm).

c. Tassement en PHE
Le modèle géométrique reste fixe ;
Le même raisonnement que celui de la retenue normale est suivi pour les PHE, sauf qu’aux conditions
hydrauliques on change le niveau de la retenue en amont à 23,5m et on génère les pressions
interstitielles :

Figure 72:Distribution des pressions interstitielles en PHE

Résultat de la simulation :

Figure 73: Simulation des déplacements verticaux en m pour PHE

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Le tassement maximal est de l’ordre de 16,8cm dans le corps du barrage.
Le tassement de la fondation est de l’ordre de quelques centimètres (entre 1cm et 3cm)

3. Tassement en vidange rapide


Les conditions initiales de cette phase sont obtenues à partir de celles des plus hautes eaux, comme la
montre la figure suivante :

Figure 74: L'issus des conditions initiales de tassement en vidange rapide

Et puis dans la définition de la phase de calcul de la vidange on introduit le niveau la nappe


phréatique après la vidange totale de la retenue :

Figure 75: Distribution des pressions interstitielles en vidange rapide

Résultat de la simulation :

Figure 76: Simulation des déplacements verticaux en m pour la VR

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Le tassement maximal est de l’ordre de 16,8cm dans le corps du barrage, au niveau de la crête.

Le tassement de la fondation est de l’ordre de quelques millimètres.

G. Calcul du tassement en utilisant le modèle des sols mous :


Afin de s’assurer des résultats de tassements obtenus précédemment, une deuxième modélisation a
été faite sur Plaxis à l’aide du modèle « soft soil » pour l’argile de fondation et du corps du barrage,
utilisant les paramètres de compressibilité obtenus par les essais œdométriques réalisés au
laboratoire. Pour comparer les nouveaux résultats avec ceux issus du modèle de Mohr-Coulomb et
voir s’ils se rapprochent.

Les étapes de modélisation seront les mêmes, donc nous ne présenterons que les données d’entrée et
les résultats :

 Données d’entrée :

Identification Remblai argile Drain Fondation argile


Drainage Drained Drained Drained
Modèle rhéologique Soft soil Mohr-Coulomb Soft soil

γunsat (KN/m3) 15 19 15

γsat (KN/m3) 19 20 18,5

E (KN/m2) 2,8 E03 2 E04 2,8 E03

ν 0, 33 0,33 0,33

Créf (KN/m2) 31 0,5 30

φ 18 30 17

ψ 0,5 0 0,5

KX (m/jours) 8 E-04 864 8 E-04

KY (m/jours) 8 E-04 864 8 E-04

Cc 0,1 - 0,1

Cs 0,03 - 0,03

e0 0,46 - 0,46
Tableau 29: Les différentes hypothèses sur les matériaux introduites sur PLAXIS en utilisant le modèle des sols mous

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 Résultats :

1. Cas de charge : Fin de construction

Hauteur du remblai Tassement total


5m 4,8cm
10m 16cm
15m 31,5cm
20m 56,3cm
25m 78,2cm
Tableau 30: Tassement total obtenu après la mise en place de chaque couche

Figure 77: Tassement total en fin de construction

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2. Cas de charge : Retenue normale

Figure 78:Tassement total en retenue normale

3. Cas de charge : Plus hautes eaux

Figure 79:Tassement total en PHE

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4. Cas de charge : Vidange rapide

Figure 80: Tassement total en vidange rapide

Le tableau suivant regroupe les différents tassements obtenus par les deux approches :

Tassements obtenus en cm

Cas de charge Modèle de Mohr-Coulomb Modèle du sol mou

Fin de construction 81,5 78,2

Retenue normale 16,2 15,7

Plus hautes eaux 16,8 16,4

Vidange rapide 21,4 22,2

Tableau 31: Comparaison des résultats de la simulation par le modèle de Mohr-coulomb et celle par le modèle du sol mou

Commentaire : Les résultats des deux simulations se rapprochent sous les différents cas de charges,
donc on peut dire que les valeurs des tassements issues du premier modèle sont fiables.

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Synthèse et interprétations :
- Le déplacement maximal obtenu lors de la fin de construction, est égal à 81,5cm au niveau de
la crête.

- Cette valeur de tassement est acceptable vu que le tassement total admissible pour un barrage
en terre homogène en argile bien compacté est de l’ordre de 5% de la hauteur totale du
barrage, dans ce cas la valeur du tassement admissible est égale à 1,25m. (Source : Guidelines
for the construction of earth-fill dams)

- Le tassement de 81,5cm pour la crête ne présente pas un risque de surverse, puisque la


revanche est égale à 1,5m

- La solution proposée est de construire le barrage d’une hauteur de 26,25m (+5% de la hauteur
fixée en conception), pour permettre au tassement de prendre place.

 Pour conclure cette étude, nous avons aussi pensé à l’aspect budgétaire du fait qu’il est crucial
pour toute étude de projet. Par conséquent, une estimation du coût général de la construction
du remblai homogène a été réalisé. (Voir l’étude détaillée dans l’annexe A)

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Conclusion générale

Notre projet de fin d’étude avait pour but l’étude géologique et géotechnique pour la construction
d’un petit barrage sur oued Tigrouli ; ce dernier est dédié principalement à l’irrigation ainsi que la
protection contre les inondations.

L’aspect géologique de l’étude consiste principalement en l’identification de la nature des terrains de


fondation et des matériaux de construction repérés à partir de l’analyse des cartes et des sondages
géologiques. La géologie locale constituée principalement des terrains du Permo-Trias, et définie par
un substratum argileux couvert des terrasses limoneuses, élimine le choix de la variante d’un barrage
rigide ; et l’abondance des matériaux fins dans le site mène à choisir la variante du barrage homogène.

L’aspect géotechnique se divise en :

- Une étude de sensibilité sur le coefficient de sécurité menée à l’aide du logiciel SLOPE/W de
Geostudio, générant la surface de rupture critique relative à chaque combinaison de
sollicitations. L’incertitude des données sur les caractéristiques géotechniques des matériaux
de construction fait de l’étude de sensibilité sur ces caractéristiques une phase nécessaire pour
l’étude. Les résultats des calculs de cette étude de stabilité ont abouti aux fruits des talus
amont et aval de l’ordre de 3,8H/1V et 2,3H/1V respectivement.
- Une étude de tassement par éléments finis qui a montré que le barrage représente un
tassement approximatif de 81,5 cm, cette valeur sera prise en compte pendant la construction
avec une flèche convexe à la crête.

Finalement, nous tenons à mentionner que la réalisation de ce travail a permis d’approfondir nos
connaissances sur les barrages et les enjeux liés à leur construction, et aussi, a permis de mettre en
œuvre nos compétences académiques, professionnelles et humaines dans le cadre d’un projet
intéressant.

Page | 93
Bibliographie

 LPSM : (2020) rapport géotechnique complet pour le projet barrage Tlita-Province de


Khouribga
 Philipponnat.G. et Hubert. B., 1979, Fondations et ouvrages en terre, Géotechnique
 Comité Français des Barrages et des Réservoirs (CFBR), Recommandations pour la justification
de la stabilité des barrages et des digues en remblai (version 2015)
 Manuels d’utilisation de PLAXIS 2D et SEEP/W
 A.W Bishop et D.J Henkel. The measurment of soil properties in the triaxial test, Edward
Arnold, 2éme édition.
 Brian. J. Swenty. 1989, Engineering analysis of dams.
 Le Règlement de Construction Parasismique, RPS 2000-Version2011.
 Risque sismique et Sécurité des ouvrages hydrauliques ; Version 2014
 CHERRAD Brahim, 1997. Thèse de doctorat : Le bassin versant de l’oued Grou (plateau central
marocain), Etude hydro-climatologique.P.20
 Ressources en Eau du Maroc, 1975. Editions du service géologique du Maroc, Rabat. Tome 2 :
Plaines et bassins du Maroc Atlantique.P.159
 Boutsougame Abdelaziz, Ouazzani Hassane, El Hadi Hassan,Eddif Aâtika; European Scientific
Journal September 2016 edition vol.12,No.27;ISSN:1857. Volcanisme Permien Du Massif De
Chougrane-El Had Des Bouhsoussène (Maroc Central,Maroc).P.84
 PETITS BARRAGES : recommandations pour la conception, la réalisation et le suivi. Comité
Français des Grands Barrages, édition 2002.
 Site officiel de l’ABHBC : www.abhbc.com
 Site des archives de la météorologie : www.meteoblue.com

Page | 94
Sommaire des annexes

Annexe A : Estimation générale du coût de construction du remblai ................................................ 96

Annexe B : Légende de la carte géologique du maroc central échelle 1/50000............................... 100

Annexe C: Lithologie des sondages carottés et photos des caisses ; Principes des essais en
laboratoire .......................................................................................................................................... 101

Annexe D: Types de barrage en terre et facteurs influençant la conception de ces barrages ........ 110

Annexe E : Présentation du logiciel.................................................................................................... 116

Annexe F : Méthode de calcul de stabilité ......................................................................................... 123

Annexe G : Résultats du Calcul de stabilité pour le barrage en terre homogène (Profil fond de
vallée) .................................................................................................................................................. 134

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Annexe A
Estimation générale du coût de construction du remblai

I. Introduction
Une étude économique reste indispensable afin d’estimer les coûts et les besoins financiers du projet.
Cette estimation tient compte du coût de construction, du coût de reclassement, du coût de service
d’ingénierie, du coût d’administration, des aléas physique, des prix et de la taxe sur la valeur ajoutée.
Pour notre cas, l’estimation du coût se focalisera globalement que sur le coût financier de mise en
place des différents matériaux fins et du filtre-drain utilisés en construction du remblai homogène ainsi
que le coût de transport pour l’emprunt de ces matériaux.

I. Estimation du coût de construction du remblai homogène :


Après une étude de sensibilité sur la stabilité des talus du remblai homogène, les pentes des talus
amont-aval retenues sont les suivantes : 3.8H/1V -- 2.3H/1V.

1. Estimation des volumes :


Pour ce faire, le remblai homogène sous riprap est représenté en SIG. Ensuite, le calcul du volume du
remblai total du barrage est fait à l’aide de l’outil -Surface difference, 3D analyst-. Ce dernier calcul le
volume et la surface à partir d’une soustraction du volume avec remblai et sans remblai.
La figure ci-dessous présente une carte du dessin du barrage en remblai sous riprap ayant les fruits
des talus du remblai amont-aval respectivement : 3.8H/1V, 2.3H/1V :

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Figure : Carte du dessin du barrage en remblai homogène pour calcul volume après optimisation
réalisée par SIG

 Le volume total du remblai sous riprap calculé est : Vt = 217076.6 m3.

Nous procéderons de la même façon pour calculer le volume du drain et du remblai argileux :

Volume = Hauteur * Largeur * Longueur

Dans ce cas, les mesures sur SIG sont les suivantes :

 Largeur : c’est la somme de la largeur (L = 49m) de la pente aval et la largeur du drain cheminée

inclinée (L = √202 + 4² = 20.4𝑚).

La largeur totale est de 69.4m.

 Hauteur : c’est l’épaisseur du drain : H = 3m


 Longueur : elle varie entre 173m au bassin de l’oued jusqu’à 350m à une hauteur de 20m au-
dessus du bassin.
 Le volume du drain est : Vd = ((173+350)/2) * 3 * 69.4 = 54444.3 m3.
 Le volume du remblai argileux est : Vrem = Vt – Vd = 162632.3 m3.

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 Récapitulatif des résultats de l’estimation des volumes des matériaux du remblai homogène sous
riprap à fruits amont-aval : 3.8H/1V – 2.3H/1V :

Partie du remblai homogène Volume en m3


Remblai du barrage 162632.3
Drain du barrage 54444.3
Remblai complet (Remblai + drain) 217076.6
Figure : Récapitulatif des résultats d’estimation des volumes des matériaux du remblai homogène
sous riprap à fruits amont-aval : 3.8H/1V – 2.3H/1V.

2. Estimation de coût financier de transport :


Cette partie concerne plus précisément les matériaux d’emprunts du drain. En ce qui concerne les
matériaux fins du remblai argileux, ils sont en abondance sur site, leur prix de transport sera négligé.

D’après l’étude faite concernant les matériaux d’emprunts, la distance des sites probables pour la
réalisation de carrière ne dépasse pas les 5km. Nous prenons pour l’estimation du coût de transport
un rayon de 5km.

Généralement, le prix de transport est estimé à 1Dh/km/m3. Cela fait un prix total de transport
272221.5 Dh.

3. Estimation du coût de mise en place :


Les prix unitaires estimatifs de mise en place des composants de notre estimation sont généralement
pris comme ci-dessous :

Composant Prix unitaire (Dh/m3)


Remblais en matériaux fins 50
Filtre-drain 200
Figure : Prix unitaires de mise en place des matériaux

Les résultats des coûts de mise en place sont présentés dans le tableau suivant :
Prix unitaire
Volume en m3 Montant en Dh
(Dh/m3)
Matériaux fins 162632.3 50 8 131 613
Filtre-drain 54444.3 200 10 888 860
Total 217076.6 19 020 473

Figure : Résultats des coûts de mise en place

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4. Estimation du coût total de la digue homogène :
Le coût total de la construction du remblai est estimé par la somme du coût total de transport et le
coût total de mise en place. Le résultat est présenté dans le tableau suivant :

Coût de transport en Dh 272 221.5


Coût total de mise en place en Dh 19 020 473
Total en Dh 19 292 695

Figure : Coût total du projet

Conclusion :
L’estimation du coût de la construction de la digue inclut plusieurs autres paramètres dans le calcul.
Dans notre cas, cette estimation est faite globalement sur les deux importants paramètres tels que le
transport et la mise en place des matériaux. Le coût total du projet est d’environ 19,29M Dh.

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Annexe B

Figure : légende de la carte géologique

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Annexe C
Annexe C1
Lithologie des sondages carottés et photos des caisses :

Figure : Lithologie sondage carotté SD1 et photos de ses caisses

Page | 101
Figure : Lithologie sondage carotté SO1 et photos de ses caisses

Page | 102
Figure : Lithologie sondage carotté SO2 et photos de ses caisses

Page | 103
Figure : Lithologie sondage carotté SO3 et photos de ses caisses

Page | 104
Figure : Lithologie sondage carotté SG1 et photos de ses caisses

Page | 105
Figure : Lithologie sondage carotté SG2 et photos de ses caisses

Page | 106
Annexe C
Annexe C2

Principes des essais en laboratoire :

 Essais d’identification

Ils permettent de déterminer un ensemble de propriétés physiques, mécaniques ou chimiques


nécessaires à la caractérisation les sols, dont on cite, les essais de granularité́ et la sédimentomè trie,
l’équivalent du sable, les limites d’Atterberg, de la teneur d’eau et autres

1- Limites d’Atterberg :

L’essai limite d’Atterberg (limite de liquidité et limite de plasticité), permet de prévoir le


comportement des sols pendant les opérations de terrassement, en particulier sous l'action des
variations de teneur en eau.

- wp : la limite de plasticité qui caractérise la transition entre un état plastique et un état


solide.

- wl : la limite de liquidité qui caractérise la transition entre un état liquide et un état


plastique.

- Ip : Indice de plasticité : Ip= wl –wp

Figure : Indice de plasticité.

2- Analyse granulométrique :

L’analyse granulométrique par voie sèche permet de déterminer la grosseur et les pourcentages
pondéraux respectifs des différentes familles de grains constituant l’échantillon.

Page | 107
 Essais mécaniques :
1- Essai Proctor :

L'essai Proctor, mis au point par l'ingénieur Ralph R. Proctor (1933), est un essai géotechnique qui
permet de déterminer la teneur en eau nécessaire pour obtenir la densité sèche maximale d'un sol
granulaire (ou non) par compactage à une énergie fixée (poids de dame, nombre de coups et
dimensions normés). Le protocole de l'essai Proctor suit la norme NF P 94-0931 (détermination des
références de compactage d'un matériau). Les valeurs obtenues par l'essai sont la teneur en eau
optimale, et la masse volumique sèche optimale.

2- Essai Œdométrique

Un échantillon de sol est placé dans une boite cylindrique rigide de section circulaire entre deux pierres
poreuses assurant son drainage. Un piston permet d’appliquer sur l'échantillon une contrainte
verticale uniforme constante pendant un temps déterminé́.

L’essai permet alors de reproduire les conditions de déformation des sols dans le cas d’un massif à
surface horizontale chargé par une pression uniforme et où le sol ne peut se déplacer que
verticalement

L’essai permet d’établir des courbes œdométrique (indice des vides en fonction de la contrainte)

Figure : Cellule œdométrique

3- Essai triaxial

Les essais triaxiaux sont utilisés principalement pour déterminer la résistance au cisaillement des sols,
ils sont aussi les essais de référence pour l’étude des lois de comportement des sols, en particulier,
pour l’étude de la déformabilité des sols quand on sort des conditions unidimensionnelles de l’essai
œdométrique.

Page | 108
L’essai triaxial est réalisé sur une éprouvette cylindrique, placée dans une cellule permettant
d’appliquer simultanément à l’éprouvette une pression latérale isotrope et une charge axiale.

En pratique, les essais triaxiaux sont surtout utilisés pour caractériser le comportement mécanique des
sols argileux.

Il existe trois types d’essais triaxiaux, à choisir en fonction du chantier et des données nécessaires à
l’étude géotechnique :

L’essai non consolidé non drainé (UU)

L’essai consolidé non drainé avec mesure de la pression interstitielle (CU+u)

L’essai consolidé drainé (CD)

Figure : Appareil triaxial

4- Essai de cisaillement direct :

L’essai de cisaillement direct CD (à long terme) réalisé à la boîte s’applique dans des conditions
drainées sur tous les types de sols naturels, reconstitués ou artificiels.

L’essai fournit des paramètres de résistance au cisaillement rectiligne des matériaux soumis à essais.

L’essai consiste au cisaillement de plusieurs éprouvettes ayant été soumises à une saturation et à une
consolidation préalable à différentes contraintes. Cela nous permettra de déterminer par la suite la
résistance de l’échantillon.

L’essai de cisaillement direct a pour objet de mesurer en laboratoire des caractéristiques de plasticité
(rupture) d’un échantillon soumis à un cisaillement direct selon un plan imposé. En sont déduites, les
valeurs de l’angle de frottement φ et la cohésion C, paramè tres utilisés pour le dimensionnement des
caractéristiques de la fondation et la vérification des coefficients de sécurité Fs.

Page | 109
Annexe D
Types de barrage en terre et facteurs influençant la
conception de ces barrages

A- Types de barrage en terre


1- Barrage en terre homogène :

Ce sont des barrages constitués d’un seul matériau qui garantit l’imperméabilité et la stabilité,
accompagné de dispositifs de drainage contre la filtration. Le remblai est constitué de matériaux du
type argile, argile sablonneuse, limons, sable limoneux, etc. Selon les ouvrages, la pente des talus sera
plus ou moins forte, en fonction notamment des caractéristiques du matériau employé.

Figure : Barrage homogène

2- Barrage en terre hétérogène ou zoné :

Ce sont des barrages composés d’une zone centrale, appelée noyau, qui assure le rôle d’étanchéité.
Placée au cœur du remblai, le noyau (vertical ou incliné) est constitué de matériaux argileux
imperméables, d’épaisseur variable généralement plus large à la base à cause des pressions
interstitielles plus fortes. La fonction de stabilité est apportée par les recharges. Ces massifs plus
perméables que le noyau sont réalisés en enrochements, ou en terre plus grossière. Pour se prémunir
contre des phénomènes d’érosion interne, le noyau est entouré de couches filtrantes. Une
granulométrie spécialement étudiée est utilisée entre la taille très petite des grains d’argile et les

Page | 110
grains bien plus grossiers des recharges. Plusieurs couches de filtres successifs sont généralement
nécessaires.

L’épaisseur du noyau dépend :

 D’une largeur minimale en crête pour le passage des engins


 De la disponibilité des terres imperméables
 Du gradient hydraulique en contact avec la fondation

Figure : Barrage Zoné


La solution du noyau central mince est choisie lorsque la roche de fondation est peu déformable,
imperméable et résistante à l’érosion interne. Ces noyaux minces sont peu pénalisants pour la stabilité
des talus.

Dans le cas d’une digue à noyau incliné, le noyau est déplacé vers l’amont, ce qui présente certains
avantages comme :
• la possibilité de construire le corps d’appui séparément du noyau (en période de forte
pluviométrie) ;
• le noyau est comprimé par la poussée de l’eau ;
• La surélévation du barrage est plus facile à réaliser.

3- Barrage à masque amont :

Il est généralement formé par un massif perméable qui assure la fonction de stabilité. L’étanchéité est
obtenue par une couche appelée masque, posée à l’amont du massif. Le masque est étanche sur toute
sa surface. Le record du monde est aujourd’hui détenu par le barrage de Shuibuyaen de Chine avec
233 mètres de hauteur au-dessus des fondations.

Page | 111
Figure : Barrage à masque amont

Le masque lui-même peut être réalisé :

• Par une dalle de béton armé coulée par plots successifs sur toute la surface du parement amont :

Figure : Masque en béton armé (barrage New Spicer Meadow, USA)

• Par une ou des couches de béton bitumineux mises en place par des engins routiers adaptés.

• Par des géomembranes (typiquement des feuilles de PVC de forte épaisseur) livrées en lés et
soudées les unes aux autres. Les feuilles sont posées sur une couche de transition en matériau fin (pour
éviter de déchirer la membrane qui s’appuierait directement sur les enrochements) et protégées par
des dalles ou des pavés.

Page | 112
Figure : Pose de géomembrane (Barrage de Sar Cheshmeh, Iran)

Le barrage à masque amont présente les avantages suivants :


− Le corps d’appui est situé hors d’eau donc pas d’infiltration et pas de variations de
pressions interstitielles ;
− La poussée de l’eau s’exerce dans une direction favorable à la stabilité, elle renforce
ainsi la résistance au glissement des talus.
Il présente aussi des inconvénients :
- Le gradient hydraulique au pied amont est très élevé, un traitement particulier de la
fondation est nécessaire ;
- Le masque est sensible aux sollicitations dynamiques.
4- Barrage à membrane centrale :

La solution d’un barrage avec membrane centrale est à envisager lorsque le matériau nécessaire au
noyau n’est pas disponible à proximité du site. Deux types de membranes sont généralement mises en
œuvre :

Figure : Barrages en remblai avec membranes centrales

Page | 113
− Béton bitumineux Cette méthode est très utilisée du fait de la flexibilité du matériau lors des
tassements et du tremblement de terre. Une galerie d’injection et de contrôle est nécessaire pour
surveiller l’étanchéité.
− Paroi moulée La technique de la paroi moulée consiste à réaliser un mur en béton armé après
achèvement du remblai puis excavation à partir de la crête. Elle n’est applicable que pour des barrages
de faibles hauteurs du fait de la rigidité des parois moulés qui crée des difficultés en cas de tassement
ou de tremblement de terre.

B- Facteurs influençant la conception et la réalisation des


barrages en remblais :
La conception et la réalisation des barrages en remblai doit tenir compte de plusieurs aspects tels que :

− La disponibilité des matériaux : la construction d’un barrage en remblai nécessite la mise en place de
grandes quantités de matériaux. Les zones d’emprunt devront donc se trouver le plus près possibles
du lieu d’exécution pour optimiser les coûts de réalisation. La quantité et la qualité des matériaux
localisés au niveau du site de l’ouvrage influencent fortement le type de barrage et le mode de
construction.

− Type de fondation : la topographie et la nature du terrain de fondation aura une influence sur la
conception du barrage en terre. Une fondation rocheuse perméable implique la nécessité d’injection
pour remédier aux problèmes de perméabilité, de fissuration et de faille. Un sol mou et perméable
implique la nécessité d’utilisation de tapis d’étanchéité, de réaliser des talus de pente plus douce pour
élargir le flux de filtration, réduire les débits et remédier aux problèmes de tassements.

Figure : Influence de la fondation sur la conception du barrage (Schleiss, A. J. 2004)

Page | 114
− Action des vagues : le recouvrement du talus de la digue doit être dimensionné pour palier à l’action
des vagues. On peut aussi choisir le site de réalisation de sorte qu’il soit protégé du vent et diminuer
ainsi l’effet des vagues. La vitesse du vent (U) est prise des règles du vent NV65 du Maroc, le site fait
partie de la zone 1 comme le montre la carte suivante :

Figure : Carte des vents du Maroc suivant les règles du vent NV65

− Climat : les conditions climatiques ont une forte influence sur le délai d’exécution des ouvrages en
terre. La teneur en eau étant le critère le plus important dans le compactage optimal des matériaux,
les travaux sont souvent interrompus dans les zones où les précipitations sont élevées. Dans ces zones,
la conception de digue avec un noyau incliné ou avec un volume minimal de matériaux argileux est
préférable.

− Sismicité : d’une part leurs capacités à supporter les grandes déformations, les barrages en remblai
sont les plus résistants aux sollicitations dynamiques. Néanmoins les barrages situés dans des zones
sismiques doivent être conçues avec des talus moins abrupts, des crêtes plus larges, des filtres et des
drains plus importants.

Page | 115
Annexe E
Présentation du Logiciel
Geostudio est un logiciel de calcul géotechnique qui permet de traiter les différents problèmes du sol
comme le glissement des terrains, le tassement, la consolidation, les infiltrations des eaux dans le corps
de la digue d'un barrage et d'autres problèmes liés à la géotechnique.
Il comporte huit modules à savoir SLOPE/W, SEEP/W, SIGMA/W, QUAKE/W, TEMP/W,
CRAN/W, AIR/W et VADOSE/W, comme schématisé sur la figure ci-dessous :

Figure : Les modules du logiciel Geostudio 2012

Objectif des principaux modules :

SEEP/W : Permet de calculer les infiltrations des eaux (par la méthode des éléments finis).

SIGMA/W : Permet d'analyser les problèmes de la relation contraintes –déformations (par la méthode

des éléments finis).


QUAKE/W : Permet de définir le comportement d'un terrain sous l'effet d'un séisme (par la méthode
des éléments finis).
TEMP/W : Permet d'analyser les problèmes géotechniques du sol (par la méthode des éléments finis).
Et autres logiciels.

Page | 116
SLOPE/W : Permet de calculer le coefficient de sécurité d'un talus naturel ou artificiel par les méthodes
d'analyses classiques.

Le Fonctionnement du Logiciel :
Le présent logiciel comme tous les autres programmes de calcul servent à fournir des résultats issus
d'un nombre défini des paramètres, donc il est nécessaire de suivre les étapes suivantes pour
l'achèvement de l'opération de calcul :
 DEFINE:
Cette étape est très importante car on va définir le problème et introduire les différentes données
spécifiques au problème en vigueur.
Créer un espace de travail problématique et des propriétés d'analyse, créez une analyse SIGMA / W et
configurez l'espace de travail du problème. Choisissez le type d'analyse, tel que la contrainte In-situ, la
redistribution des contraintes, la charge / déformation, la pression couplée / la pression de l'eau
interstitielle, le changement de volume et la déformation dynamique.

Figure : Fenêtre d’analyse du module SLOPE/W

Page | 117
 SET :
Permet la délimitation de la surface du travail, la définition de l'échelle, la définition des réseaux, la
détermination du zoom, la fixation d'axes.
 KEYIN :
Permet le dessin des régions de domaine à l'aide d'outils de dessin CAO, y compris les polygones et les
régions circulaires, l'importation de coordonnées, les éléments géométriques copiés-collés, le retour
de longueur et d'angle, la division et la fusion de régions.

Figure : Dessin des régions et le niveau de la nappe phréatique


Permet d'introduire automatiquement à l'aide des tableaux les paramètres géométriques de la pente
(coordonnées et couches), les caractéristiques mécaniques des déférentes couches constituant le
talus, des conditions complémentaires nécessaires pour le calcul, le niveau de la nappe, de
sélectionner les déférentes méthodes de calcul, les surcharges, l'effort sismique confortements.

Figure : Introduction des propriétés des matériaux

Page | 118
 DRAW :
 Le dessin du rayon et de la surface de rupture.
 Le dessin des réseaux de la surface de rupture.
Modify :
Cette instruction permet aux utilisateurs de rajouter, éliminer, supprimer et modifier des objets dans
le problème.
Sketch :
 La réalisation de l'esquisse du problème
 Etiquetage du sol
 Rajout d'un titre d'identification du problème
 Eclaircir les ténèbres d'identification
 SOLVE :
C'est l'étape de résolution du problème, à l'aide des méthodes classiques et la méthode des éléments
finis et à partir des données introduites, on détermine le coefficient de sécurité Fs.
Lorsque le problème est complètement défini, démarrez le processus d'analyse dans la fenêtre Solve
Manager. Le gestionnaire de solvabilité affiche la progression de la solution, vous permettant
d'annuler ou d'arrêter / redémarrer si nécessaire.
 RESULTATS :
C'est l'étape chargée de traduire et afficher les différents résultats sous une forme graphique ;

Figure : Fenêtre du gestionnaire des solutions

Page | 119
1- Le module d’analyse d'infiltration des eaux souterraines SEEP/W :

SEEP/W peut être utilisé pour analyser l'écoulement des eaux souterraines à travers des milieux poreux
tels que le sol et la roche. Sa formulation rigoureuse saturée-insaturée, associée à un algorithme de
sous-relaxation robuste, permet d'analyser les systèmes d'écoulement les plus difficiles de la nature.

Figure : Tracé des équipotentielles


SEEP/W peut être utilisé pour modéliser les processus transitoires tels que l'infiltration dans le sol sec,
la propagation du front d'humidité due aux inondations, les perturbations de la pression interstitielle
due au pompage, les fuites provenant des installations de confinement, et le comportement des
systèmes soumis à des changements environnementaux. SEEP / W peut également être combiné avec
CTRAN / W et TEMP / W pour la modélisation de systèmes de flux dépendant de la densité.

Figure : Distribution de la pression interstitielle

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2- Le module d’analyse de stabilité de pente SLOPE/W :

SLOPE / W est le logiciel leader pour l'analyse de la stabilité des pentes de terre et de roche.
SLOPE / W peut efficacement analyser les problèmes simples et complexes pour une variété de modes
de défaillance, les conditions de pression de l'eau interstitielle, les propriétés du sol, les conditions de
chargement et les options de renforcement

Figure : Choix de la méthode d’analyse

SLOPE / W peut prendre en charge l'analyse pseudo-statique, la conception d'états limites, l'analyse
probabiliste et de sensibilité, et l'analyse de la vidange rapide. Il peut être combiné avec SIGMA / W
pour l'analyse de stabilité basée sur le stress ou avec QUAKE / W pour la déformation Newmark.

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Figure : Visualisation des résultats de calcul de la stabilité

L'intégration complète avec d'autres produits d'éléments finis GeoStudio permet d'analyser la stabilité
des pentes et des excavations dans le temps.

Page | 122
Annexe F
Méthode de calcul de stabilité
Plusieurs méthodes de calcul de stabilité peuvent être exploitées, ayant toutes des avantages et des
inconvénients. Aucune n’est parfaite, vu qu’elles ne tiennent pas compte de la déformabilité du sol.

1- Glissement plan :

La rupture plane est rencontrée lorsque le massif est constitué de plusieurs couches de
caractéristiques physico-chimiques et mécaniques très différentes, ou lorsque la longueur de la surface
de glissement potentielle est très grande par rapport à l’épaisseur du terrain.

La pente est considérée de longueur infinie. Elle est supposée s'étendre infiniment dans toutes les
directions et le glissement est supposé se produire le long d'un plan parallèle à la face de la pente.
Ainsi, les contraintes sont les mêmes sur tous les deux plans qui sont perpendiculaires à la pente,
comme les plans AA’ et BB’ dans la figure suivante :

Figure : Pente infinie de surface de rupture plane

Le problème se réduit à l’étude d’un bloc rectangulaire, comme présenté ci-dessus, pour une pente
infinie et où les forces sur les deux extrémités sont identiques. Ainsi, ces dernières équilibrent
exactement les unes aux autres et peuvent être ignorées dans l'équilibre des équations.

a- Sans nappe :

Les forces appliquées sur le bloc se résument dans son poids W et la réaction R qui s’exerce sur le plan
de glissement, ayant pour composante tangentielle la force de cisaillement T, et pour composante
normale la force normale N.

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L’équilibre des forces permet d’écrire :

𝐓 = 𝐖. 𝐬𝐢𝐧 𝛃

𝐍 = 𝐖 . 𝐜𝐨𝐬 𝛃

Avec :

𝑾 = 𝜸. 𝒍. 𝒛. 𝐜𝐨𝐬 𝜷

▪ β étant l’angle d’inclinaison de la pente et du plan de glissement, mesuré par rapport à l’horizontal ;
▪ γ est l’unité de mesure du poids total du sol ;
▪ l : la distance entre les deux extrémités du bloc, mesurée parallèlement à la pente ;
▪ Z : la profondeur verticale au plan de cisaillement.

Ainsi, en remplaçant W par sa valeur dans les expressions de T et N :

𝐓 = 𝜸. 𝒍. 𝒛. 𝐜𝐨𝐬 𝜷 . 𝐬𝐢𝐧 𝛃

𝐍 = 𝜸. 𝒍. 𝒛. 𝐜𝐨𝐬𝟐 𝜷

Ainsi, les contraintes normales 𝛔 et de cisaillement 𝞽 sont déduites en divisant les deux équations
précédentes par la surface du plan unitaire :

𝞃 = 𝜸. 𝒛. 𝐜𝐨𝐬 𝜷 . 𝐬𝐢𝐧 𝛃

𝛔 = 𝜸. 𝒛. 𝐜𝐨𝐬𝟐 𝜷

En substituant ces expressions dans la formule du coefficient de sécurité, l’équation devient :

𝐶 + 𝛾.𝑧.𝑐𝑜𝑠 2 𝛽.𝑡𝑔ɸ
𝐅𝐒 =
𝛾.𝑧.𝑠𝑖𝑛𝛽.𝑐𝑜𝑠𝛽

➢ Cas particuliers :

Pour un sol purement cohérent : Cas d’argile (C = Cu , 𝜙uu = 0) le coefficient de sécurité devient :

2 Cu
𝐅𝐒 =
sin (2β) γ.H

Pour un sol pulvérulent : (C=0) le coefficient de sécurité s’écrit :

tan ɸ
𝐅𝐒 =
𝑡𝑎𝑛 𝛽

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La valeur limite de β est égale à 𝜙 (angle du talus naturel), elle correspond à un coefficient de sécurité
FS= 1.

b- En présence de nappe :

En présence de nappe, l’effet de l’eau sur le sol est ajouté aux forces exercées et est représenté par la

pression interstitielle μ telle que : 𝛔 = 𝛔′ + μ

Où 𝛔 étant la contrainte totale supportée par le sol saturé et l’eau, et 𝛔’ la contrainte effective
supportée par le squelette solide sans l’effet de l’eau.

Ainsi, l’expression du coefficient de sécurité, dans ce cas, est obtenue en remplaçant les paramètres
en termes contraintes totales par ceux en termes contraintes effectives. Le poids volumique du sol γ

est aussi remplacé par le poids volumique saturé γsat.

𝐶′ + (𝛾𝑠𝑎𝑡 .𝑧.𝑐𝑜𝑠² 𝛽 – 𝜇).tan 𝜙′


𝐅𝐒 =
𝛾𝑠𝑎𝑡 .z.cos β.sin β′

2- Glissement circulaire

Les méthodes qui supposent une surface de rupture circulaire envisagent l'équilibre des moments sur
le centre du cercle pour l'ensemble de la masse libre composé de toutes les tranches.

 Coefficient de sécurité :

Le poids du bloc va tendre à faire tourner la masse autour du centre de rotation O. La résistance au
cisaillement du sol va tendre à résister à ce mouvement. Ce système de forces va produire un système
de moments autour du point O, d’où l’expression du coefficient de sécurité :

Moments résistants
𝐅.𝐒 =
Moments moteurs

a- Méthode des tranches :

Le principe de la méthode des tranches consiste à découper le massif situé au-dessus de la ligne de
rupture en des tranches limitées par des plans verticaux. Chaque tranche est considérée comme un
solide indéformable, en équilibre sur la ligne de glissement.

Soit un cercle quelconque de centre O et de rayon R pour lequel la sécurité vis-à-vis du risque de
glissement est vérifiée. L’étude d'équilibre est considérée pour l'une des tranches du cercle, par
exemple la tranche d’indice "i".

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Figure : Talus découpé en tranches

En se référant à la pente et la surface circulaire de rupture, comme illustré dans la figure ci-dessus, le
moment moteur peut être donné par l’expression :

𝐌= Σ𝐖 𝐚 𝐢 𝐢

Où Wi est le poids de la ième tranche et ai est la distance horizontale entre le centre du cercle et le
centre de la tranche.

Le bras de levier ai peut être exprimé en termes de rayon du cercle et de l'inclinaison de bas de la
tranche respectifs :

𝐚𝐢 = 𝐫. 𝐬𝐢𝐧 𝛂𝐢

L’expression du moment moteur devient ainsi :

𝐌 = 𝐫. Σ 𝐖 . 𝐬𝐢𝐧 𝛂
𝐢 𝐢

Le moment résistant est fourni par la contrainte de cisaillement τ sur la base de chaque tranche, alors
que la contrainte normale 𝛔 sur la base de chaque tranche agit à travers le centre du cercle, et ne
produit aucun moment. Le moment résistant de toutes les tranches est donc :

Σ
𝐌𝐫 = 𝐫. 𝐓𝐢 = 𝐫. 𝐓𝐢 Σ

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Ti étant la force de cisaillement à la base de la ième tranche. Elle est le produit de la contrainte de

cisaillement 𝞽i et la surface de la base de la tranche de l'unité d’épaisseur Δli. Ainsi, l’expression du

moment résistant devient :

Σ
𝐌𝐫 = 𝐫. 𝛕𝐢. Δ𝐥𝐢

La contrainte de cisaillement 𝞽i peut être exprimée en termes de la force de cisaillement et le facteur


de sécurité par l’équation :

𝐌𝐫 = 𝐫.Σ FS
Ti.Δli

En réorganisant les deux moments, le moment résistant et le moment moteur, l’équilibre des
moments permet d’écrire : 𝐌 = 𝐌𝐫

ΣTi.Δli
𝐅𝐒 =
ΣW i.sin αi
D’où :

Or, la résistance au cisaillement est exprimée par :

𝐓𝐢 = 𝐂 + 𝛔𝐢.𝐭𝐚𝐧 𝛟

L’expression du coefficient de sécurité devient :

Σ(C + σi .tan ϕ).Δli


𝐅𝐒 =
ΣW i .sin αi

b- Méthode Fellenius :

La méthode de Fellenius est la première méthode de tranches développée. Dans cette méthode, toutes
les forces inter tranches sont ignorées. Le poids de la tranche est découpé dans les forces parallèles et
perpendiculaires à la base de la tranche. La composante du poids parallèle à la base de la tranche est
la force gravitationnelle mobilisatrice. La somme des moments autour d'un point utilisé pour décrire
la surface de la rupture est également utilisée pour calculer le coefficient de sécurité.

(a)- Absence de nappe :

L’expression du coefficient de sécurité est définie par la formule obtenue par la méthode des tranches:

Σ(C + σi .tan ϕ). Δli


𝐅𝐒 =
ΣW i .sin αi

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𝑁𝑖
𝛔i est exprimée en fonction de Ni par : 𝛔i =
Δli

En considérant la tranche illustrée dans la figure ci-dessous, l’équilibre des forces permet d’écrire :

𝐍𝐢 = 𝐖𝐢 .𝐜𝐨𝐬 𝛂𝐢

Figure : La représentation des forces sur une tranche dans la méthode de Fellenius

D’où l’équation finale du coefficient de sécurité :

Σ [C.Δli + Wi .cos αi.tan ϕ]


𝐅𝐒 =
ΣW i .sin αi

(b)- Présence de nappe :

Tout comme pour le cas d’un glissement plan, il faut prendre en considération l’effet déstabilisant de
la nappe pour le calcul du coefficient de sécurité en ajoutant le terme correspondant à la pression
interstitielle dans chaque tranche :

Σ [C′ .Δli +(Wi .cos αi−μi .Δli ).tan ϕ′ ]


𝐅𝐒 =
ΣW i .sin αi

c- Méthode de Bishop simplifiée

La méthode simplifiée de Bishop considère que les forces sur les côtés de la tranche sont horizontale,
c'est-à-dire, il n'y a pas de cisaillement entre les tranches. Ainsi, les forces sont résumées dans le sens
vertical pour satisfaire l'équilibre dans cette direction et d'obtenir une expression de la contrainte
normale sur la base de chaque tranche.

(a)- Absence de nappe :

En considérant la tranche illustrée dans la figure suivante, l'équation d'équilibre pour les forces dans
le sens vertical est exprimée par :

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𝐍𝐢. 𝐜𝐨𝐬 𝛂𝐢 + 𝐓𝐢. 𝐬𝐢𝐧 𝛂𝐢 − 𝐖𝐢 = 𝟎

Figure : La représentation des forces sur une tranche dans la méthode de Bishop simplifiée

Or la force de résistance au cisaillement dans l’équation est liée à la contrainte de cisaillement


par : 𝐓𝐢 = 𝛕𝐢. Δ𝐥𝐢

En termes de la force de cisaillement, exprimée avec l’équation de Mohr-Coulomb, et le facteur de


sécurité, l’expression de Ti devient :

𝐓𝐢 = [𝐂. Δ𝐥𝐢 + 𝐍𝒊. 𝐭𝐚𝐧 𝛟] / FS

En combinant l’équation d’équilibre des forces avec l’équation précédente, l’expression de la force
normale Ni est donnée par :

𝐶.Δli
𝑊𝑖 − .𝑆𝑖𝑛αi
FS
𝐍𝐢 = sin αi .tan ϕ
𝐶𝑜𝑠αi +
FS

A partir de l’expression du coefficient de sécurité obtenue par la méthode des tranches et en


𝑁𝑖
remplaçant 𝛔i par sa valeur : 𝛔i = ; l’équation devient :
Δli

Σ[C.Δl .cos sin


i α + W .tan ϕ
i i
α .tan ϕ ]
i
cos αi + FS
𝐅𝐒 =
ΣWi .sin αi
En fonction des dimensions considérées de la tranche, comme représentée dans la figure ci-après,
l’expression du coefficient de sécurité peut être simplifiée.

Page | 129
Figure : Dimensions d'une tranche "i"

𝑏𝑖
bi = Δli . cos αi D’où Δ𝐥𝐢 =
cos αi

Ainsi, l’expression de FS devient :

Σ[C.b +𝑚Wα.tan ϕ]
i i

𝐅𝐒 = i
ΣWi .sin αi
sin αi .tan ϕ
Avec : 𝑚αi = cos αi (1 + )
FS

La résolution de cette équation se fait par une méthode itérative.

(b)- Présence de nappe :

Dans ce cas, il faut prendre en considération l’effet déstabilisant de la nappe pour le calcul du
coefficient de sécurité, en rajoutant la pression interstitielle et en considérant les paramètres en
termes de contraintes effectives. D’où l’expression de FS devient :

C′ .bi +(Wi−μi .bi ).tan ϕ′


Σ[ ]
𝑚α
i
𝐅𝐒 =
ΣW i .sin αi

sin αi .tan ϕ′
Avec : 𝑚αi = cos αi (1 + )
FS

Page | 130
(c )- Recherche du coefficient de sécurité minimal

Le coefficient de sécurité réel d’un talus correspond au cercle donnant la valeur minimale de FS. La
position de ce cercle est déterminée par tâtonnements en calculant le coefficient de sécurité pour un
nombre suffisant de cercles.

Dans le cas général, il y a trois possibilités :

▪ Pour un centre donné, le rayon du cercle peut varier.

▪ La position du centre peut varier dans le sens horizontal.

▪ La position du cercle peut varier dans le sens vertical.

Figure : Schéma de détermination du cercle critique

La recherche du coefficient de sécurité peut être faite manuellement ou sur ordinateur.

Le calcul manuel étant fastidieux, doit être réservé à des fins didactiques ou à la vérification des calculs
faits par ordinateur. Dans les applications relativement simples, le coefficient global de sécurité est
directement déterminé à l’aide de formules ou d’abaques.

L’expérience montre que :

▪ Les talus restent toujours stables si FS>1.3

▪ Le glissement est pratiquement inévitable si FS<1

▪ Le coefficient global de sécurité minimal requis est généralement de 1.3 à 1.5.

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Remarque :

Lorsqu’il s’agit d’un sol hétérogène, toutes les expressions du facteur de sécurité présentées ci-dessus
restent valables, seul change l’expression du poids Wi à considérer.

En effet, les paramètres Ci et φi à prendre en considération sont ceux de la couche par laquelle passe
le cercle de glissement. Le poids de la tranche quant à lui doit comprendre à la fois le poids de la couche
tangente à la surface de glissement et celui des couches sous-adjacentes, tout en tenant compte du
poids des ouvrages reposant sur le sol, considérés comme étant une surcharge.

La figure suivante représente le cas d’un glissement d’un sol hétérogène :

Figure : Méthode des tranches pour un sol hétérogène

Le poids de la tranche i à prendre en considération dans le calcul du coefficient de sécurité est donné
par :

𝐖𝐢 = 𝛄𝟏𝐡𝟏 + 𝛄𝟐𝐡𝟐 + 𝛄𝟑𝐡𝟑

Avec les h1, h2 et h3 sont respectivement les épaisseurs des couches 1, 2 et 3.

3- Glissement non-circulaire

Pour l’analyse de ce cas particulier de rupture, où la surface de rupture n’est ni plane ni circulaire nous
utiliserons la méthode de Morgenstern-Price :

Morgenstern et Price définissent une fonction donnant l’inclinaison des efforts inter-tranches, cette
méthode introduit une fonction mathématique arbitraire pour représenter la variation de la direction

des forces entre les tranches. Cette fonction s’exprime ainsi : tan(θi) = T/E = λ x f(xi)

Avec :

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θi : l’angle formé par la résultante et l’horizontale, il vari systématiquement d’une tranche à une autre
le long de la surface de glissement ;
T : Composante verticale de la réaction inter-tranche
E : Composante horizontale de la réaction inter-tranche
λ : Paramètre déterminant la position de la ligne d’action des forces inter-tranches
f(xi) : Fonction définissant la forme de la ligne d’action dans la zone de rupture potentielle
xi : Coordonnée suivant l’axe horizontal

Cette méthode satisfait toutes les conditions d’équilibre statique pour chaque tranche, ainsi que
l’équilibre des moments et l’équilibre des forces dans la direction horizontale, pour l’ensemble de la
masse qui glisse suivant une surface de rupture circulaire ou non circulaire.

La figure suivante représente les forces sur une tranche :

Figure : Représentation des forces sur une tranche selon la méthode simplifiée de Morgenstern et Price

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Annexe G
Résultats du Calcul de stabilité pour le barrage en terre
homogène (Profil fond de vallée)
Cas de charge 1 : Fin de construction, talus aval, sans séisme

Cas de charge 2 : Fin de construction, talus aval, avec séisme

Cas de charge 3 : Fin de construction, talus amont, sans séisme

Page | 134
Cas de charge 4 : Fin de construction, talus amont, avec séisme

Cas de charge 5 : Retenue normale, talus aval, sans séisme

Cas de charge 6 : Retenue normale, talus aval, avec séisme

Cas de charge 7 : Retenue normale, talus amont, sans séisme

Page | 135
Cas de charge 8 : Retenue normale, talus amont, avec séisme

Cas de charge 9 : Plus hautes eaux, talus aval, sans séisme

Cas de charge 10 : Plus hautes eaux, talus aval, avec séisme

Cas de charge 11 : Plus hautes eaux, talus amont, sans séisme

Page | 136
Cas de charge 12 : Plus hautes eaux, talus amont, avec séisme

Cas de charge 13 : Vidange rapide, talus amont, sans séisme

Page | 137

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