Vous êtes sur la page 1sur 4

1

RC1 576

CONCLUSIONS

En cause: ZAUKA MAKENIA , demanderesse,

Par Maître Jerry MOBUTUA NZENZE, Avocat au Barreau près la cour


d’appel de la Mongala ;

Contre : MABONGO WA MABONGO, défendeur,

Par Maîtres chadrack MONDENDE et Aimé MIDIABI, Tous Avocats au


même Barreau.

- vu l'exploit introductif d’instance ;

- vu la loi organique nº 13/011- B du 11 Avril 2013 portant organisation,


fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre judiciaire.

- vu le code de la famille ;

- Vu l'instruction de la cause.

I. FAITS
Attendu que la demanderesse vivait en fiançailles avec le défendeur pendant
beaucoup d'années(11 ans de fiançailles).

Qu'en courant de l'année 2021 , sans motif valable,le défendeur à la présente


cause, son ancien fiancé avec qui ils se sont promis de se marier va rompre de
manière abusive la promesse du mariage.

Attendu que les fiançailles en tant que promesse de mariage ne donne pas
droit à l'une des parties de rompre l’Union sans raisons ou sans motif valable
car l'auteur de l'acte fautif est passible des dommages- intérêts.

Que le défendeur ayant procédé non seulement à la rupture abusive mais


aussi a affiché des comportements fautifs étant donné que celle- ci ( rupture )
s'est accomplie avec humiliation, injures et des publicités outrageantes .
2

Que pendant la période de leurs fiançailles,ils ont acheté quelques biens,dont


deux parcelles,un appareil Radio,un téléviseur etc… Aussi,le fiancé a,lors de
leur union emprunté une somme d’argent de l'ordre de 470 000 Francs en
espèce et les 15 pagniers de poissons fumés équivalant à 450 000 francs
congolais qui fait au total un montant de 920 000 francs congolais.

Attendu que la demanderesse étant lésée et s’est sentie dans l'impossibilité


de se rendre justice. Voilà pourquoi elle a saisi le Tribunal de céans pour
solliciter de sa compétence la réparation des préjudicesices subits à cause de
la rupture abusive , ordonner le partage de biens acquis pendant la période
de leurs fiançailles, le remboursement de la somme d’argent de l’ordre de
920 000 francs congolais .

II. EN DROIT
Attendu que les fiançailles étant une promesse du mariage qui n'oblige pas
les fiancés à contracter mariage, cette exigence légale ne donne pas non plus
lieu à l'un ou l'une des fiancés à rompre de manière abusive l’Union.

Qu' au regard de l'article 337 du code de la famille,les fiançailles sont une


promesse du mariage. Elles n'obligent pas les fiancés à contracter mariage.

Que cependant, bien que cet “ accord” soit dépourvu de fermeté juridique, les
fiançailles font l'objet par le législateur d'un encadrement spécifique
concernant leur rupture car, il est des compertements pour les quels la
responsabilité de l'auteur mise en cause.

Attendu qu'en ce qui concerne la preuve de fiançailles, il est reconnu par tout
le monde, voir même le défendeur lui-même reconnaît avoir vécu en
fiançailles avec la demanderesse et qu'il l'a déclaré devant le Tribunal de
céans. Et que selon les prescrits de l'article 341 du code de la famille, les
fiançailles peuvent être prouvées par toutes voies de droit.

Que cependant, Ilya lieu de préciser que la rupture des fiançailles peut être
également considérée dans une certaine mesure comme une atteinte à
l’honneur et peut pour ce fait engager la responsabilité de l’auteur de l'acte
dommageable.

Qu' à ce sujet, la jurisprudence Belgo- congolaise a adopté la même position .


Selon cette jurisprudence, les fiançailles ne constituent pas une situation
3

contractuelle, il s'agit d'un stade pré-conventionnel d’une situation de pur fait


ne donnant naissance qu’à des simples obligations Morales.

Que par contre, en droit coutumier, ce que le droit écrit qualifie des fiançailles
est une situation de droit donnant lieu à des obligations réciproques entre
parties.

Que dès lors, la faute qui donne naissance à des dommages–interets réside
non dans la rupture comme telle mais bien dans la mesure dont celle-ci s'est
accomplie : humiliation, injures, publicité outrageante, etc.

Que la demanderesse a, à travers l' instruction de la présente cause,


démontré le caractère abusif de la rupture de leur union tout en démontrant
au Tribunal de céans comment elle a été humiliée par les injures , des
publicités outrageantes telles que : le fait pour elle de n'avoir pas eu la
chance de pouvoir mettre au monde ; aussi , à son retour de la maison, elle va
trouver son ancien fiançé avec sa rivale et ce , sur leur lit et il va finir par la
répudier de la maison. C’est partant de ce comportement que la
demanderesse s'est sentie lésée.

Attendu que le comportement du défendeur constitue une faute, étant une


violation de la loi voir même la coutume.

Attendu que la demanderesse sollicite du Tribunal de céans sa


concondamnation pour la rupture abusive des fiançailles , d'ordonner le
partage des biens reçus pendant la période des fiançailles,le remboursement
de la somme de 920 000 francs congolais par lui empruntée et le paiement de
dommages- intérêts de l’ordre de 2500 000 francs congolais pour les
préjudices subits .

QUE PAR CES MOTIFS

Sous toutes réserves généralement quelconques de


droit, il plaise au Tribunal de dire :

- Recevable et fondée la présente action ;


- Condamner le défendeur pour la rupture abusive des fiançailles ;
- Ordonner le partage des biens reçus pendant la période des fiançailles ;
- Le remboursement de la somme de 920 000 francs congolais
empruntée par le défendeur ;
4

- Ordonner ainsi le paiement des dommages – intérêts de l'ordre de 2500


000 francs congolais pour les préjudices subits ;
- Le condamner en outre aux frais d'instance.
Et ça sera justice.

Fait à Lisala, le 20/08/2021

Pour la demanderesse , ZAUKA MAKENIA,

Son conseil

Maître Jerry MOBUTUA NZENZE


AVOCAT

Vous aimerez peut-être aussi