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Le lettrage des comptes clients et fournisseurs

Le lettrage est une opération comptable qui consiste à rapprocher des montants dans un compte de
tiers (comptes de la classe 4).
En général, sont lettrés les comptes clients ainsi que les comptes fournisseurs. Cette manipulation comptable
présente un intérêt indéniable : la vérification du règlement effectif des factures émises ou reçues. Le lettrage
des comptes clients et fournisseurs peut s’effectuer de manière automatique ou manuelle.

1. Intérêt du lettrage comptable des fournisseurs et des clients


Le lettrage comptable consiste à attribuer une lettre à un ou plusieurs montants au débit pour les faire
correspondre à un ou plusieurs montants au crédit. Traditionnellement, il permet de faire un lien entre une facture
et son règlement.
Il permet d’être en mesure de n’afficher que des mouvements non-lettrés et de justifier le solde d’un compte de
tiers en comptabilité. Cela signifie que seuls les montants n’ayant pas fait l’objet d’un paiement pourront être
édités (clients ou fournisseurs). A l’issue d’un lettrage, l’entreprise est donc en mesure de connaître :
 les factures fournisseurs qui lui restent à payer,
 les factures clients en attente d’encaissement.
Elle pourra ainsi relancer ses clients en cas de retard de paiement par exemple.
Enfin, le lettrage permet de préparer correctement la clôture d’un exercice comptable et facilite l’établissement du
bilan comptable.
2. Les méthodes de lettrage des comptes de tiers en comptabilité
Le lettrage peut se faire de deux façons différentes : manuellement ou automatiquement.
A. Le lettrage manuel
C’est une méthode de lettrage dans laquelle le responsable comptable rapproche lui-même les factures de leur(s)
règlement(s), compte par compte. Cette opération souvent fastidieuse peut prendre un certain temps. Elle
nécessite un suivi régulier.
B. Le lettrage automatique
Il s’agit d’une fonctionnalité offerte par certains logiciels. Ces derniers rapprochent automatiquement les factures
de leur(s) paiement(s). Il est parfois possible que le logiciel rapproche un paiement avec plusieurs factures. Dans
ce cas, il effectue lui-même les sommes arithmétiques des factures et les comparer au montant du paiement
global. Ce mode de lettrage permet de gagner du temps mais peut s’avérer parfois dangereux, surtout lorsque
l’entreprise reçoit ou émet des factures de montants généralement identiques.
3. Exemple de lettrage d’un compte fournisseur
Une entreprise a acheté des marchandises le 01/01/N pour 1 200 euros TTC et le 01/02/N pour 2 400 euros TTC.
Elle procède au règlement des deux factures le 15/02/N pour 3 600 euros par chèque.
Voici les écritures comptables qu’elle va comptabiliser dans ses journaux :
Journal d’achat
Au 01/01/N :
Compte Libellé Pièce Débit Crédit
401 Facture d’achat de marchandise 001 1 200,00
607 Facture d’achat de marchandise 001 1 000,00
4456 Facture d’achat de marchandise 001 200,00
Au 01/02/N :
Compte Libellé Pièce Débit Crédit
401 Facture d’achat de marchandise 002 2 400,00
607 Facture d’achat de marchandise 002 2 000,00
4456 Facture d’achat de marchandise 002 400,00
Journal de banque
Au 15/02/N :
Compte Libellé Pièce Débit Crédit
401 Règlement factures n° 001 et 002 Chèque 01 3 600,00
512 Règlement factures n° 001 et 002 Chèque 01 3 600,00

Ainsi, lorsqu’elle va consulter le compte fournisseur 401, l’entreprise verra s’afficher à l’écran les deux factures et
leur règlement unique, qu’elle devra lettrer :
Date Libellé Pièce Débit Crédit Lettrage
01/01/N Facture d’achat de marchandise 001 1 200,00 AAA
01/02/N Facture d’achat de marchandise 002 2 400,00 AAA
15/02/N Règlement factures n° 001 et 002 Chèque 01 3 600,00 AAA
Mouvements totaux 3 600,00 3 600,00
Solde comptable 0,00

Le lettrage permet ainsi de s’apercevoir qu’il ne reste plus aucune facture à régler pour le fournisseur 401. Sinon,
le solde de ce dernier serait créditeur.

Comptabilisation de la paie et des charges


sociales
Nous allons étudier dans cet article la comptabilisation de la paie et des charges sociales.
Dès lors qu’une entreprise emploie un ou plusieurs salariés, des écritures supplémentaires doivent être
enregistrées en comptabilité. La plupart du temps, la comptabilisation de la paie et des charges sociales intervient
mensuellement.
Nous allons utiliser la méthode suivante :
 dans un premier temps, l’enregistrement de l’écriture comptable allant du salaire brut au salaire net que
nous appellerons « comptabilisation de la paie »,
 et dans un second temps, l’enregistrement de l’écriture comptable des charges patronales que nous
appellerons « comptabilisation des charges sociales ».
1. La comptabilisation de la paie
Il convient donc, dans la comptabilisation de la paie, d’enregistrer l’écriture comptable qui comportera le
montant brut des salaires et sa répartition entre les charges salariales, le salaire net à payer, les acomptes versés
et d’éventuels autres éléments.
Généralement, on utilise le récapitulatif de paie du mois et tout autre état centralisateur pour procéder à
la comptabilisation de la paie.
Voici un schéma de comptabilisation de la paie possible :
 on débite :
 le compte 6411 « Salaires et appointements » pour le montant brut des salaires,
 le compte 6413 « Primes et gratifications » pour le montant brut des primes
éventuelles ou des indemnités de stage,
 le compte 6414 « Indemnités et avantages divers » pour le montant brut des charges
annexes sur les salaires,
Le montant total porté au débit doit correspondre au montant brut total des rémunérations  et des indemnités de
la période.
 et on crédite :
 le compte 431 « Sécurité Sociale » pour le montant total des charges salariales liées à
l’Urssaf et à l’assurance chômage,
 le compte 437 « Autres organismes sociaux » pour le montant total des autres
charges salariales (retraite, prévoyance…),
 le compte 425 « Personnel avances et acomptes » pour le montant total des acomptes
payés aux salariés,
 le compte 421 « Salaires nets à payer » pour le montant total des salaires nets restant
à payer,
 le compte 427 « Personnel oppositions » si il y a éventuellement eu des saisies sur
salaires par exemple.
Voici quelques remarques sur cette écriture :
1. généralement, il convient de créer un compte 437 par organisme collecteur plutôt que tout regrouper
dans un seul compte 437. Par exemple, un compte 4372 « XXX, retraite », un compte 4373 « YYY, mutuelle »,
un compte 4374 « Tickets restaurants« , un compte 4375 « Chèques vacances ANCV« , etc.,
2. il est possible de créer un compte 421 par salarié si cela est nécessaire.

2. La comptabilisation des charges sociales


Nous entendons par comptabilisation des charges sociales l’enregistrement en comptabilité des charges
patronales, qui ne sont pas enregistrées avec la première écriture vue dans le point 1.
Le récapitulatif de paie ou l’état des charges sociales de la période sont généralement utilisés pour
la comptabilisation des charges sociales.
Voici les schémas de comptabilisation des charges sociales possibles :
Pour les charges patronales Urssaf :
 on débite le compte 6451 « Cotisations à l’Urssaf » pour le montant brut des cotisations patronales,
 et on crédite le compte 431 « Sécurité Sociale » en contrepartie.
Pour les charges patronales liées à l’assurance chômage :
 on débite le compte 6451 « Cotisations à l’Urssaf » ou 6454 « Assedics » pour le montant brut des
cotisations patronales,
 et on crédite le compte 431 « Sécurité Sociale » en contrepartie.
Les cotisations liées à l’assurance chômage étant désormais déclarées sur le bordereau Urssaf et payées à
l’Urssaf, il est possible d’utiliser les mêmes comptes que pour les charges patronales Urssaf.
Pour les charges patronales liées aux autres cotisations (retraite, mutuelle…) :
 on débite les compte 645 concernés pour le montant brut des cotisations patronales,
 et on crédite les comptes 437 concernés en contrepartie.

3. Comptabilisation des paiements liés à la paie


Il convient également, au niveau de la paie, de comptabiliser tous les paiements qui interviennent : règlements
des salaires et des acomptes versés, règlements des charges sociales…
Ces comptabilisations sont relatives simples, voici les schémas de comptabilisation :
Pour le règlement des salaires et des acomptes :
 on débite le compte 421 « Salaires nets à payer » ou le compte 425 « Personnel avances et acomptes »
pour le montant payé,
 et on crédite le compte 512 « Banque » ou 53 « Caisse » (en cas de paiement en liquide, limité à 1 500
euros) en contrepartie.
Pour le règlement des charges sociales :
 on débite le compte 43 concerné pour le montant payé à l’organisme,
 et crédite le compte 512 « Banque » en contrepartie.

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