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International Journal of Innovation and Modern Applied Science, Volume 4, Issue 1,2021

*** ISSN: 2665-8984 ***

L’innovation en gestion des risques financiers des banques


participatives marocaines
WAKALA BIL ISTITHMAR et le risque de liquidité
Abderrahim EL HAMDI , Pr. Mustapha BENMAHANE

Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales d’El Jadida, EL JADIDA, Maroc
hamdi19946@gmail.com m_benmahane@yahoo.fr

Résumé
La finance islamique ou "finance participative" est implantée nouvellement au Maroc. Ce nouveau
mode de financement est ancré dans un milieu pointé de la pénurie des infrastructures dédiées à la
gestion et au management de ce type de financement.
L’activité bancaire, quelle que soit sa nature, est une activité exposée à une panoplie de risques
financiers, les banques islamiques ne font pas l’exception, ils sont exposés davantage à d’autres
types de risque spécifiques.
Le risque de liquidité est considéré toujours comme le talon d’Achille de la finance islamique,
c’est à cette raison les autorités monétaires ont autorisé aux banques participatives de faire recours
à d’autres moyens de refinancement conforme à la charia notamment AL WAKALA BIL
ISTITHMAR qui permet aux banques participatives de se refinancer à partir de leurs homologues :
les banques conventionnelles.
L’objectif de cet article est de schématiser et analyser AL WAKALA BIL ISTITHMAR en tant
qu’une innovation en matière de gestion des risques financiers.
Pour répondre à cet objectif, nous avons procédé par une recherche documentaire dont nous avons
synthétisé plusieurs recherches et finalement nous avons su qu’AL WAKALA BIL ISTITHMAR est
une solution limitée et critiquée.

Mots clés : Finance participative, risques de liquidité, AL WAKALA BIL ISTITHMAR.

Introduction
La finance islamique est devenu l’une des principaux piliers de la finance mondiale. Cette jeune
industrie a connu un essor remarquable, elle a commencé à enraciner depuis les années soixante-
dix. La naissance d’un nationalisme arabo-musulman qui a été accompagné parfois d’un certain
islamisme politique, a créé les conditions opportunes de l’émergence d’une véridique finance
islamique. Ainsi, Les chocs pétroliers des années 1973 et 1974 ont causé une augmentation
vertigineuse des prix du pétrole qui a permis de générer des liquidités importantes pour les pays
producteurs (ISLAHI, 2016), tous ces cause-là ont participé à la création d’un véritable système
bancaire islamique.
Il a fallu attendre plusieurs décennies avant que le Maroc adopte la finance islamique ou
‘’participative‘’ (EL MALLOULI & SASSI, 2021). Depuis le démarrage de ces banques, elles ont
vécu plusieurs défis, commençant par l’absence de l’assurance Takaful, passant par la pénurie du
personnel qualifie et arrivant au manque des outils de gestion des risques.
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Le principal risque que la banque participative a confronté depuis le départ, est le risque de
liquidité, vu que ces banques ont nouvellement installé, et que leurs spécificités n’autorisent pas de
faire recours à un refinancement conventionnel.
Conscient du risque de liquidité encouru par les banques participatives, les autorités monétaires
ont ouvert la voie à d’autres moyens de refinancement adaptés aux spécificités de la Charia.
Effectivement, Bank Al Maghrib et le Conseil Supérieur des Oulémas (CSO) ont adopté, une
formule d’Al Wakala Bil Istithmar qui permet aux banques conventionnelles d’accorder des prêts
aux banques participatives (NAHHAL, 2020).
L’objectif de ce travail est de synthétiser le fonctionnement d’Al Wakala Bil Istithmar et de mettre
en relief l’importance de la gestion du risque de liquidité par le biais de ce produit. En effet,
l'éclectisme de ce sujet se réfère à ce que ce type de contrat est l'un des moyens de refinancement
interbancaire les plus intéressants qui suscite un intérêt particulier, il est captivant surtout dans le
contexte marocain.

AL WAKALA BIL ISTITHMAR un essor pour la gestion du risque de


liquidité des banques participatives
L’avenir du développement du système financier islamique est sous gestion est tributaire de deux
grands piliers : d’une part la solidité du système bancaire islamique et d’autre part l’innovation
financière. L’innovation de produit est devenue essentiel pour l'industrie de la finance islamique
(BENHALIMA, 2016).

La finance islamique :

La finance islamique est un système financier dont la conceptualisation se construit autour d’une
subtile conjugaison entre l’économie, l’éthique et le droit musulman des affaires commerciales
(Virginie, 2012). Elle tire sa légitimité depuis :
⁃ Le Coran : c’est le livre sacré des musulmans ;
⁃ La Sunnah : c’est l’ensemble des propos et des agissements du prophète ;
⁃ Ijmaa : c’est le consensus des jurisconsultes musulmans ;
⁃ Quiass : c’est l’analogie et les nécessaires mesures en matière de la jurisprudence ;
⁃ Ijtihad : ce sont les efforts intellectuels rationnels.

La finance islamique découle plusieurs principes fondamentaux de ces sources (HAZZAOUNI,


2011), notamment :
⁃ L’interdiction du RIBA : au sens de l’usure et de l’intérêt ;
⁃ L’interdiction du Gharar et du Maysir :au sens de l’incertitude ;
⁃ L’interdiction de la vente des produits illicites (alcool, porc, armement …) ;
⁃ L’obligation du partage des pertes et des profits ;
⁃ L’exigence de la tangibilité des biens (objets du contrat).

La risque de liquidité :

La liquidité représente un risque majeur pour les banques, pour cela ces dernières devaient gérer
ce risque qu’elles prenaient (Daoud, 2012). Avec le temps et les années, cette gestion du risque de
liquidité s’est aussi complexifiée. Nous avons vu apparaître de différents organismes qui veillent à
la solidité du secteur financier comme le fonds monétaire international (FMI). Des accords
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internationaux comme ceux de Bâle, sont apparus pour finalité de contrôler et de stabiliser les
institutions financières (GOODHART, 2008). Les banques participatives ne font pas l’exception,
elles sont exposées à ce risque, et vu les principes de la finance islamique, elles ne peuvent pas
faire recours à un refinancement basé sur le taux d’intérêt comme le cas des banques
conventionnelles.

AL WAKALA BIL ISTITHMAR :

AL WAKALA BIL ISTITHMAR est un produit innovant adopté par les banques participatives
pour qu’elles puissent répondre à leurs exigences de liquidité. Cette opération financière est
définie comme étant une levée de fonds sous forme de mandat par lequel le mandataire (Wakil) est
chargée de réaliser des investissements pour le compte d’une autre partie qui est le mandateur (Al
Mouakil) en contrepartie d’une rémunération.
Nous proposons par la suite le schéma d’Al Wakala Bil Istithmar :

Fig1 : le schéma d’Al Wakala Bil Istithmar (réalisé par nos soins)

1- La conclusion du contrat Wakala entre la banque qu’elle a besoin de liquidité (Banque 2)


et la banque conventionnelle (Banque 1) ;
2- Transfert de la somme d’argent comme conclu au contrat Wakala ;
3- Transfert de la commission de gestion ;
4- Placement des fonds dans un projet ;
5- Réalisation des gains (Dans le cas contraire, la banque 1 (Mouakil) supporte la perte)
6- Wakil garde ce qui dépasse les profits attendus ; c’est un bonus ;
7- Mouakil eu le profit attendu convenu d’avance.

Discussion
Nous avons traité Al Wakala Bil Istithmar en tant qu’une solution pour rependre à l’exigence de la
banque participative de liquidité, ce produit est innovant, son application est cadrée par des
normes que la banque participative doit respecter.
Selon la norme 46 (AAOIFI) la validité de ce produit est conditionnée par les antes suivantes :
⁃ L’objet de l’investissement doit être licite et conforme à la Charia. Il doit porter sur les
éléments réels ;
⁃ Le consentement des deux parties contractantes doit faire l’objet d’une déclaration et non
d’une simple intention ;
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⁃ Il est admissible qu’Al Wakala peut être restreinte, c’est-à-dire que Al Mouakil peut
déterminer le secteur d’activité pour Al Wakil ;
⁃ Le montant de l’opération doit être convenu d’avance ;
⁃ AL Wakil a le droit de commencer l’investissement avant la réception des fonds à
condition de la permission d’Al Mouakil ;
⁃ AL Wakil support toutes les charges liées à l’investissement (Transport, impôts,
assurances …)

Certes le schéma Wakala Bil Istithmar montre une certaine simplicité de l’opération mais sont
application est plus délicate.

Conclusion
A l'issue de ce travail, nous avons pu savoir que le risque de liquidité est un véritable risque pour
la banque participative, et qui devait être bien gérer. Depuis le commencement de son activité, la
banque participative a ressenti des tensions sur leurs ressources. Pour contourner ce blocage de
financement Al Wakala Bil Istithmar était une solution innovante qui a pu répondre aux demandes
des banques participatives en ce qui concerne leurs besoins de liquidité.
Les institutions financières islamiques sont appelées à proposer des instruments novateurs pour
répondre aux exigences du marché, il fallait avoir des produits modernes et sophistiqués. L’enjeu
fondamental est d’identifier les pratiques et les outils de gestion des risques les mieux adaptés aux
principes de la finance islamique.

Références

BENHALIMA, A. A., 2016. L’INNOVATION FINANCIERE MOTEUR DE COISSANCE DE LA


FINANCE ISLAMIQUE. Revue Algérienne d’Economie et de Management, N° 08-Avril.

Daoud, K. B., 2012. L’Intermediation Financiere Participative Des Banques Islamiques. Etudes en Economie
Islamique, Volume Vol. 6, pp. 29-56.

EL MALLOULI, A. & SASSI, H., 2021. Influential Factors of Participative Banks Acceptance in Morocco:
An Empirical Study. Researches and Applications in IslamicFinance , Vol. 5(No. 1), pp. 90-106.

GOODHART, C., 2008. La gestion du risque de liquidité. La revu de la stabilité, N spécial 11 (Liquidité).

ISLAHI, A. A., 2016. La Genèse de l'Economie Islamique Revisitée. Etudes en Economie Islamique, Vol.
8(No. 2), pp. 3-34.

NAHHAL, B., 2020. Analyse du modèle participatif des banques islamiques : cas du maroc. Recherches et
Applications en Finance Islamique, Volume 4, Numéro 1, p. Maroc.

Virginie, M., 2012. La finance islamique : Un nouveau pas vers une finance éthique. Annales des Mines -
Gérer et comprendre, Vol. 108(No. 2), pp. 15-26.

YOUSSEF, E. H., 2012. Finance islamique : Fondements Mécanismes et apports. 1er Edition éd.
s.l.:ADERTEC Conseil.

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