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LINGUISTIQUE

Sciences du langage

Lauriane Marlin
Introduction
o Tâche linguistique : rendre explicite la langue
o Toutes les langues se caractérisent par l’ouverture et la créativité
o Capacité d’ajuster les mots selon le contexte + énoncés à l’infini
o Communication : besoin fondamental mais ne se manifeste pas de manière naturelle, innée
o Langage doit être appris sous forme d’une langue, propre à une communauté pour
manifester actes et paroles individuels
 Spécifiquement humain Linguistique : exploration des
 Abstraction, symbolisation, imaginaire mécanismes du langage
 Nécessité de la pensée pour parler
o But : comprendre comment fonctionne le langage, ce qui le structure
o Mécanisme inconscient : acte de parole représente une série de choix qui renvoient à un
code
Langage Langue

Fonction d’expression de la pensée et de la communication Renvoie aux systèmes


entre les hommes, mise en pratique au moyen de langues, particuliers, avec une
càd des signe vocaux (parole), signes graphiques (écriture), diversité sociologique,
gestes, mimiques  unité biologique cognitive fonctionnelle historique, typographique
et formelle

o Grammaire prescriptive : préconise bon usage d’une langue (standard) grâce à un ensemble
de normes et règles  jugement de valeur
o Grammaire universelle/de compétence : ensemble des « règles intériorisées », savoir intuitif
permettant de construire des phrases à l’infini  jugement de grammaticalité
o Grammaire descriptive : ensemble des éléments constitutifs d’une langue (phonèmes..),
rendre explicite les règles implicites  jugement probable/improbable
 Rôle du linguiste : prendre en compte toutes les variétés d’usage, à l’aide de corpus

Modalités - Oral et écrit


o Décalage oral/écrit  nous n’écrivons
Ne pas confondre !!!
pas ce que nous entendons = non-
Médium  code graphique ou oral
coïncidence entre la graphie et le son Situation de communication  style formel/informel
o Oral évolue rapidement et immédiat
(élaboration-émission) ≠ écrit relativement fixé et différé
Langage oral
o Circuit auditivo-oral (physique – physiologique – psychique) : appareil phonatoire et auditif
o Appareil phonatoire = production du son (soufflerie sub-glottique – vibrateur = glotte et CV –
résonateurs supra-glottique)
o Appareil auditif = réception du son (oreille externe – oreille moyenne – oreille interne)
o Chaîne de communication verbale = émetteur + récepteur (processus d’encodage
linguistiqueencodage phoniquedécodage linguistique)
o Boucle audio-phonatoire = boucle de rétroaction (couplage appareils vocal et auditif pour
qu’on s’entende parler et rectifier si nécessaire)

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Langage écrit
o Mythographie (notation symbolique et pictographie) : dénote des représentations mentales,
objets ou événements réels
o Logographie (morphémographie et phonographie) : dénote des unités linguistiques (=on
transcrit ce que l’on dit)
o Passage pictogramme  graphème (rébus, acrophonie, déterminants démantiques)

Langage et communication
o Facteurs et fonctions de la communication

o Message : contenu des infos


transmises, doté d’un référent
(tout ce à quoi renvoie le
message)
o Types de référents :
 Situationnels/extraverbaux :
éléments du contexte
 Textuels/intraverbaux :
référence à quelque chose
déjà évoqué
o Transmission requiert contact
o Fonctions du langage o

o Communication humaine vs. Animale : concept de double articulation + combinaisons infinies

Langage comme système


Le langage humain est articulé
o La double articulation : singularité du langage humain, propriété universelle,
langage constitué
 D’éléments qui font sens  première articulation : énoncés se découpent en
unités minimales de sens (=morphèmes)
 D’éléments qui ne font pas sens  seconde articulation : phonèmes

o Economie du langage : à partir de quelques formes sonores, possibilité de créer une infinité
d’énoncés

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Les morphèmes
o Morphèmes lexicaux (=lexèmes) ex : soleil : sens plein désignant réalité du monde  classe
ouverte en évolution
o Morphèmes grammaticaux (=grammèmes) : pas de contenu référentiel (déterminants…)
o Morphèmes libres : peuvent constituer un mot Se combinent aux 2
o Morphèmes liés : rattachés à un autre morphème (« -ons », « re-») autres catégories
Les phonèmes
o Distinction par traits distinctifs
o But : distinguer les morphèmes entre eux

Le langage est fait de signes


o Signe : toute forme matérielle qui véhicule une signification
 Face d’expression : le signifiant (forme sonore, écrite ou visuelle)
 Face de contenu : le signifié (représentation mentale)
o Rôle du contexte : signe n’acquiert sa valeur de représentation que dans un contexte donné

Typologie des signes


o Indice : renvoie à l’objet dénoté car affecté par cet objet. Ex : fumée indiquant un feu
 Relation de contiguïté
o Icône : renvoie à l’objet dénoté par l’intermédiaire d’une ressemblance. Ex : plan d’une maison
 Relation motivée entre signifiant et signifié
o Symbole : renvoie à l’objet dénoté par la force d’une loi. Ex : balance représente la justice
o Signe linguistique : fait partie des symboles, mais décomposable. Ex : fillette = fille + ette
 Relation arbitraire entre signifiant et signifié

Le signe linguistique
o Signification du signe résulte de l’association d’un
signifiant et d’un signifié  cohésion interne ne peut exister
sans la « pression » externe des autres signes du système
o Valeur du signe : ensemble de ses attributs tiré de sa
relation avec les autres signes du systèmes
o Relation arbitraire, lien = convention
o Référent = fragment de la réalité ≠ signifié (représentation de cette réalité = abstraction)
o Signifié +) pauvre que la réalité mais mieux organisé (car met en évidence l’essentiel)

Les signes s’articulent sur 2 axes


Axe syntagmatique
o Axe de l’enchainement, de la combinaison des unités (phonèmes, morphèmes.) de manière
linéaire
o Rapport in prasentia entre les unités en présence + unités ont un statut de contiguïté (assos)
o 3 niveaux : phonologique (phonème), morphologique (mot) et syntagmatique (groupe de
mots)

Axe paradigmatique
o Axe de la sélection des ≠ éléments intervenant dans l’énoncé = inventaire
o Relation in absentia : pas de présence de la chaine parlée, associés par l’esprit + unités ont
une statut de similarité (forment une groupe de substitution)

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Ces axes sont indissociables  solidarité
des axes

o 4 associations
 Association paradigmatique pure : hutte à «maison»
 Association syntagmatique pure : hutte à «a brulé»
 Similarité positionnelle / contiguïté sémantique : hutte à «paille»
 Similarité sémantique / contiguïté positionnelle : hutte à «est une habitation»
o Aphasies de Broca : axe syntagmatique (compréhension + difficulté de formulation réponse
orale)
o Aphasie de Wernicke : axe paradigmatique (pas de compréhension + jargon + asomatognosie)

La sémantique
o Sens Dénotatif vs. Connotatif
 Sens connotatif : ce qu’un terme peut évoquer au-delà du sens strict
 Sens dénotatif : sens littéral d’un terme

L’analyse sémique
BUTS :
- Définir le sens conceptuel des
mots % autres mots qui
appartiennent au même champ
lexical
- Indiquer les traits communs et
divergents des mots o Rendre
compte de la distribution très
large de certains traits
- Etablir une liste finie de traits
sémantiques

Relations lexicales
o La synonymie : substituable sans changement de sens
 Variation diachronique (bru/belle-fille)
 Variation géographique (loque/serpillère)
 Variation liée au registre
 Connotation : aspect péjoratif (nègre)
 Collocation (une fille est jolie mais un homme est beau)
o L’antonymie ≠ synonymie
 Antonymie polaire (homme/femme)
 Antonymie scalaire (chaud/froid)
 Relation d’incompatibilité (jaune/bleu)
 Relation réciproque (père/fils)
o Hyperonymie : désigne la relation du genre à l’espèce. Ex : animal est l’hyperonyme de chien
o Hyponymie : relation de l’espèce au genre. Ex : chien est l’hyponyme d’animal
 Terme hyperonyme peut remplacer n’importe quel hyponyme (pas inverse)
o L’homonymie : même signifiance pour 2 signifiés (sens) ≠. Ex : avocat ; vase
 Homophone : termes/thermes ; Homographe : couvent (nom ou verbe) ; les 2 : terme (mot ou fin)

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o La polysémie : même domaine sémantique. Ex : théâtre (art ou lieu) 1 Sa pour plusieurs Sé
 Critère syntaxique, morphologique ou éthymologique
o La paronymie : sens différent mais écriture proche. Ex : collision vs collusion

Du sens littéral au sens figuré


Le trope
o = fruit d’associations mentales qui conduisent au changement du sens des mots
o Lorsqu’une expression ne renvoie pas à son sens habituel mais à un autre
o Trope in praesentia : double indication de sens, par le terme tropique et le terme non tropique
(« cet homme est une bête »)
o Trope in absentia : terme tropique est le seul à véhiculer l’information pertinente («regardez la
bête en maillot sur la plage » : on ne sait pas à quoi la bête fait référence)

La métonymie
o = trope par correspondance
o Liens aisément constatables entre objets  relation de contiguïté. Ex : tu viens voire un verre ?
(contenant  contenu)
o Métonymie particulière : la synecdoque = trope par connexion
 deux objets mis en relation forment un ensemble tel que l’existence ou l’idée de l’un se
trouve comprise dans l’existence ou l’idée de l’autre
 relation d’inclusion. Ex : j’ai acheté une toile ; toile = élément constitutif d’un tableau
 Synecdoques généralisantes : de la partie au tout
 Synecdoques particularisantes : du tout à la partie
La métaphore
o = trope par ressemblance
o procédé de substitution par lequel un
mot (le comparé) reçoit une
signification autre (via un mot
comparant) que sa signification
propre  relation ANALOGIE

incompatibilité métaphore = procédé


rapport de similarité
Caractéristiques sémantique (ne peut être économique
interprété au sens propre)
in praesentia : Ca et Cé in absentia : Ca ou Cé implicite
Construction
explicites Ca implicite : rengainez votre impatience
métaphorique
ex : cet homme est un lion Cé implicite : c’est une vraie peau de vache
Métaphores à mi-
Métaphores Métaphores vivantes
Dynamisme des chemin
mortes/figées/lexicalisées Ex : cet homme est une
métaphores Ex : cet homme est un
Ex : les ailes de la voiture mouche
lion
La métaphore
= projeter un concept connu (sources) sur un autre connu (cible)
conceptuelle

Sémantique phrastique
o notion fondamentale  vérité : relation entre une expression d’un certain type et d’une
situation (dépend de certains faits de la vie réelle mais pas vérifiés)
o attachés à des critères purement linguistiques, les expressions sont vraies (voir dia 51)
o inférence : relation entre vérité d’un ensemble de phrases A et la nécessité d’admettre la
vérité d’un ensemble de phrases B  A a pour inférence B si admettre la vérité de A
augmente notre inclination à admettre B pour vraie, en vertu d’un système de raisonnement
quelconque
La conséquence logique
o Toute inférence vraie tirée d’une proposition vraie est appelée conséquence (inférence)
logique  A |- B
o Permet de déterminer la signification d’une phrase

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o Toute proposition B est inférée par A « A mais non- B »
o Rendre B négatif
o Si le résultat n’a pas de sens, A infère B  B est une conséquence logique de A.
La présupposition
o Type de conséquence logique mais l’info est présupposée
o Rendre B négatif  pas de sens = cons. Log « non- A mais non- B »
o Rendre A négatif  pas de sens = présupposition

Le sous-entendu
o Énoncé non littéral, qui résulte d’une réflexion menée par l’interlocuteur sur les circonstances
de l’énonciation  dépend directement du contexte, est donc du ressort de la pragmatique
o Il résiste lorsque l’expression est remplacée par une expression synonyme (voir dia 63)

La pragmatique
o Communication humaine est intentionnelle pas seulement explicite
o En parlant, on AGIT  action symbolique avec conséquence sur le monde
o Pragmatique = rend compte de l’usage du système linguistique par les locuteurs et des effets
de sens produits par ces usages en contexte
o Tâche : expliquer comment un auditeur peut arriver à comprendre une énonciation de
manière non littérale + décrire, à l’aide de principes non linguistiques, les processus d’inférence
nécessaires pour accéder au sens communiqué par l’énoncé

Analyse du contexte interactionnel


Modèle du langage comme action
o Enoncés constatifs : description d’un événement, processus, état…proposition peut recevoir
une valeur de vérité. J’ai une voiture verte / Armstrong a marché sur la lune
o Enoncés performatifs : accomplissent un acte, dès qu’on les prononce (promesse, conseil,
condamnation…)  pas de valeur de vérité
o Tout énoncé est un acte de langage potentiellement performatif et porteur de 3 actes :
 Acte locutoire : enchainer sons de la parole
 Acte illocutoire : acte où toute énonciation est une promesse implicite accompli dans la
parole même  ouvert, public et conventionnel
 Acte perlocutoire : acte accompli par le fait de dire ce que l’on dit en raison des effets de
ce dit (VOIR DIA 131)
o Tout énoncé entre dans 1 des 5 catégories des actes de langage

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Modèle inférentiel
o Passage d’une interprétation purement sémantique (« dans les mots ») à interprétation
pragmatique (« pour l’interlocuteur ») : peux-tu me passer le sel ?  implicature conversationnelle
o Implicature : information construite par l’auditeur à partir de ce qui est communiqué par le
locuteur et/ou des éléments du contexte
o Si informations non linguistiques (contextuelles)  implicature conversationnelle
o Respecter principe de coopération implique de respecter une série de règles, ou maximes
conversationnelles

o Les implicatures conversationnelles présentent des propriétés que n’ont pas les implicatures
conventionnelles : annulables, non-conventionnelles, indéterminées

Modèle de l’interaction polie


o Modèle de la politesse linguistique : sens d’un énoncé dépend prioritairement de la situation
d’échange social construite et négociée par les participants
o Tout échange vise à maintenir (ou à rétablir) un équilibre interactionnel entre les participants
o Communication = mise en scène  acteurs exhibent image d’eux-mêmes qu’ils s’efforcent de
préserver à travers l’interaction. 2 faces de chaque locuteur :
 La face positive : façade, ensemble des images valorisantes que l’on s’efforce de construire et
de transmettre à propos de soi
 La face négative : constituée des territoires du moi et englobe plusieurs domaines : le corps (+
vêtements, etc.), les biens, l’espace privé, la parole, l’espace temporel, es info intimes
o Face Threatening Acts (FTA) : certains actes
de langage constituent des menaces
potentielles pour l’une et/ou l’autre des 4
faces mises en présence

Conclusion

Communiquer = récupérer une intention communicative qu’on attribue au locuteur à partir de


la suite verbale qu’il a utilisée dans l’échange

Si la théorie de la politesse rend compte de pourquoi on va utiliser une formulation indirecte


plutôt que directe, la théorie des inférences (implicatures conversationnelles) explique
comment on passe du contenu littéral de ce qui est au contenu inféré, communiqué

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