Vous êtes sur la page 1sur 2

Partie I.

Décomposition de Dunford : généralités


Pour n ∈ N , on note I et 0 respectivement la matrice identité et la matrice nulle de M (R).

Soit A ∈ M (R), s'il existe ∆, N ∈ M (R) telles que :


n n n

n n

i) A = ∆ + N ,
ii) ∆ est diagonalisable,
iii) N est nilpotente (i.e. il existe p ∈ N tel que N = 0 ). p

iv) ∆N = N ∆, autrement dit les matrices ∆ et N commutent,


n

Alors on dira que le couple(∆, N ) estune décomposition de Dunford de A.


1. Soient A = 30 23 et A = 30 12 .

1 2

1a. Soient ∆ = 30 03 et N = 00 20 , montrer que (∆, N ) est une décomposition de Dunford de A .


   
1

1b. Soient ∆ = 30 02 et N = 00 10 , montrer que (∆, N ) n'est pas une décomposition de Dunford de A .
   
2

2. Soit A une matrice diagonalisable de M (R), montrer que A admet une décomposition de Dunford que l'on
donnera.
3 n 3

3. Soit A une matrice nilpotente de M (R). Montrer que A admet une décomposition de Dunford que l'on donnera.
4. Vérier que si (∆, N ) est une décomposition de Dunford de A, alors ∆ et N commutent avec A.
4 n 4

Partie II. Décomposition dans M2 (R)


Dans cette partie, on suppose n = 2. Soit A une matrice de M (R).
1. Montrer que χ (x) = x − (tr A)x + det A.
2
2

2. On suppose que (tr A) − 4 det A > 0. Montrer que A admet une décomposition de Dunford qu'on précisera.
A
2

3. On suppose que (tr A) − 4 det A = 0. Montrer que A admet une décomposition de Dunford qu'on précisera en
2

fonction de A, I et tr(A).
4. On suppose que (tr A) − 4 det A < 0. On va montrer par l'absurde que A n'admet pas de décomposition de
2

Dunford. On suppose que :


A=∆+N
où ∆ est diagonalisable, N nilpotente, et ∆N = N ∆. Soit p ∈ N tel que N = 0. ∗ p

4a. Montrer que si λ est une valeur propre de N et X un vecteur propre associé, on a ∀k ∈ N , N X = λ X . ∗ k k

4b. En déduire que 0 est la seule valeur propre possible de N .


4c. Montrer qu'il existe P ∈ GL (C) et α ∈ C tel que :
2
 
0 α
P −1 N P =
0 0

puis que N = 0. 2

4d. Soit λ ∈ R une valeur propre de ∆. On note X 6= 0 un vecteur propre associé. Montrer que
A(N X) = λ(N X)

En déduire que λ est valeur propre de A. Conclure.


Partie III. Étude d'un exemple dans M3 (R)
     
3 −1 1 2 0 0 1 −1 1
SoitA= 0 2 , on pose
2  ∆ =  −1 et 3 1  N = 1 −1 1  .
−1 1 3 −1 1 3 0 0 0
1. Étude de ∆
1a. Déterminer le spectre de ∆, et en déduire que ∆ est inversible.
1b. Montrer que ∆ est diagonalisable et la diagonaliser sous la forme P −1
∆P = D , avec P ∈ M (R) inversible et
3
 
2 0 0
D= 0 2 0 .
0 0 4
1c. En déduire, de manière élémentaire, que ∆ est diagonalisable et exprimer ∆ en fonction de P , P et
−1 −1 −1

d'une matrice diagonale D à déterminer.


2. Décomposition de A.
1

2a. Montrer que A n'est pas diagonalisable.


2b. Montrer que N est nilpotente.
2c. Vérier qu'il existe α ∈ R (à préciser) tel que N ∆ = ∆N = αN .
2d. En déduire que (∆, N ) est une décomposition de Dunford de A.
3. Décomposition de Dunford de A . −1

On pose N = ∆ N . −1

3a. À l'aide de III.2c, montrer que ∆ N = N ∆ .


1
−1 −1

3b. En déduire que N est nilpotente.


3c. Développer (I + N )(I − N ). En déduire que I + N est inversible et donner son inverse.
1

3d. Justier l'existence de A .


3 1 3 1 3 1
−1

3e. Montrer que A = (I + N ) ∆ et en déduire une décomposition de Dunford de A .


−1 −1 −1 −1

4. Décomposition de Dunford des puissances de A.


3 1

Soit p ∈ N.
4a. À l'aide de la décomposition de Dunford (∆, N ) de A, montrer que
Ap = ∆p + p2p−1 N.

4b. Vérier que (∆ , p2 N ) est une décomposition de Dunford de A .


p p−1 p

4c. Calculer ∆ . En déduire que


p

 
2+p −p p
Ap = 2p−1  1 + p − 2p 1 − p + 2p p − 1 + 2p 
1 − 2p −1 + 2p 1 + 2p

5. Décomposition de Dunford de R vériant R = A, R s'appelle une racine carrée de A.


2

5a. Déterminer les matrices U ∈ M (R) diagonales vériant U = D. 2

5b. À l'aide des matrices P et P , déterminer alors une matrice S à valeurs propres positives telle que
3
−1

S = ∆.
2

5c. Déterminer deux réels a et b tels que S = a∆ + bI , en raisonnant sur les formes diagonalisées. En déduire
que S et N commutent.
3

5d. On pose M = I + N . Montrer que M = I + N .


1
1 2

5e. En remarquant que A = ∆ I + ∆ N , déterminer une matrice R telle que R = A.


3 2 1 3 1
−1 2

5f. Donner une décomposition de Dunford de R.


3

Vous aimerez peut-être aussi