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196 5 • Machines synchrones

On retiendra donc cette relation dans le cas général d’un système multipolaire
possédant p paires de pôles.
NB : Les schémas utilisés sont des schémas de principe qui ne correspondent pas
à la réalité des bobinages.

5.1.2 Machines synchrones


Le schéma de principe présenté sur la figure 5.1 correspond à celui d’un alternateur,
machine utilisée de façon généralisée pour la création d’énergie électrique sous la
forme de systèmes triphasés. Cette même machine peut pourtant être également

70
utilisée en moteur, il suffit pour cela de créer le champ tournant en alimentant les

96
31
bobinages par un système de tensions triphasé, ce champ entraînant le rotor par

43
attraction des champs rotoriques et statoriques. Pourtant, le « moteur synchrone »

:15
43
ainsi formé reste un moteur difficile à piloter étant donné qu’il il est tributaire d’un

8.1
phénomène de « décrochage » lorsque les champs statoriques et rotoriques sont

.12
déphasés de plus de 90°. C’est cet inconvénient qui justifiait globalement que la

73
3.1
structure de la machine synchrone soit principalement utilisée en alternateur. Il ne

:16
faut néanmoins pas négliger le moteur synchrone qui, pourvu d’un onduleur et d’une

94
07
commande idoine, représente aujourd’hui un des meilleurs moteurs électriques sur

80
le plan du rendement et des vitesse atteintes.

:88
47
22
➤ Caractéristiques pratiques 40
Stator. Il est constitué de trois bobinages disposés à 120° les uns des autres. La
03
10

vitesse du champ tournant et du rotor sont identiques, on note la relation entre cette
M:

vitesse et la fréquence électrique : N ( tr/min ) = 60 · f / p


A
CN
m:

Rotor. Il peut être constitué d’aimants permanents, mais dans le domaine des moyennes
o
x.c

et fortes puissances il est plus souvent pourvu d’un bobinage inducteur parcouru par
vo
lar

un courant continu : Ie.


ho
sc

Remarque : On notera que contrairement à la machine à courant continu, le


iv.
un

rotor constitue l’inducteur et le stator l’induit de la machine.


Dès lors qu’une machine synchrone tourne et que son inducteur est alimenté elle produit
aux bornes de ses bobinages une force électromotrice sinusoïdale (de fréquence f ).
On appelle communément cette force électromotrice interne E, la « tension simple à
vide » de la machine. Chaque phase peut être ainsi caractérisée par sa force électro-
motrice interne, sa résistance série R, son inductance propre L et son inductance
mutuelle M avec les deux autres phases.
➤ Modèle de Behn-Eschenburg des machines synchrones, cas de l’alternateur
On représente le circuit triphasé correspondant aux caractéristiques de la machine
sur la figure 5.3. L’écriture des équations de maille de chaque phase met en évidence
un schéma monophasé équivalent simple basé sur une inductance équivalente dite
inductance synchrone. Ce modèle s’appelle le modèle linéaire de Behn-Eschenburg.
Ce modèle est basé sur la linéarité du circuit magnétique qui constitue la machine,
linéarité qui se traduit par la légitimité d’utilisation des inductances (propre et
mutuelle). Pourtant, quand on relève la valeur efficace de la force électromotrice E
5.1 Synthèse de cours n° 6 : Champs tournants et Machines synchrones 197

E1 Relations de maille :
R L M I1
E = R · I 1 + jLω · I 1 + jMω · I 2 + jMω · I 3 + V 1
 1

E2
L M
V1  E 2 = R · I 2 + jLω · I 2 + jMω · I 1 + jMω · I 3 + V 2
R I2 
N  E 3 = R · I 3 + jLω · I 3 + jMω · I 2 + jMω · I 1 + V 3
E3 M V2 si la machine est équilibrée ou sans neutre,
R L I3
I 1 + I 2 + I 3 = 0 , c’est-à-dire :
V3 E 1 = R · I 1 + jLω · I 1 + jMω · ( I 2 + I 3 ) + V 1
soit : E 1 = [ R + j ( L – M )ω ] · I 1 + V 1

70
96
31
43
E Ls = L – M

:15
R I Relations de maille du schéma monophasé équivalent :

43
E = ( R + jL s ω ) · I + V

8.1
Ls : inductance dite « synchrone »

.12
V
On parle aussi de la « réactance synchrone » :

73
N
Xs = Ls · ω

3.1
:16
Figure 5.3 Schéma électrique et schéma monophasé équivalent de Behn-Eschenburg.

94
07
80
en fonction du courant d’excitation Ie, on constate que celle-ci présente une satura-

:88
47
tion. On représente sur la figure 5.4 l’aspect typique de la tension E(Ie) ainsi que le
schéma équivalent résiduel en mode saturé. En effet, si le fonctionnement de la 22
40
03

machine fait intervenir une saturation magnétique, l’inductance synchrone n’est plus
10
M:

valable et le modèle devient faux. On fait alors intervenir uniquement dans le modèle
A
CN

l’inductance de fuites de la machine (qui n’est pas saturable) et la tension à vide


m:

réelle (mesurée au préalable).


o
x.c

L’étude des fonctionnements en régime saturé fait intervenir des méthodes parti-
vo
lar

culières non développées ici.


ho
sc
iv.
un

Zone Zone
Utilisation de schéma équivalent linéaire saturée Utilisation de schéma équivalent
à inductance synchrone à inductance de fuites
E = k · Ie Eréelle ≠ k · Ie
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Ie

E Ls = L – M Eréelle Lf
R I R I

Figure 5.4 Zone linéaire et zone de saturation de la machine.


198 5 • Machines synchrones

5.1.3 Fonctionnements moteur et alternateur,


écoulement des puissances et rendement
➤ Fonctionnement en moteur et alternateur

Lors d’un fonctionnement moteur, les schémas équivalents restent strictement les
mêmes, la seule chose qui change est la convention (récepteur) de représentation du
courant. Il est également important de noter que l’expression du rendement de la
machine sera différent puisque la puissance utile devient la puissance mécanique.
On résume sur la figure 5.5 les conventions moteur et générateur (alternateur donc) :

70
96
31
43
Tension simple : V I C (Nm), Ω (rad/s)

:15
43
8.1
.12
Ie

73
3.1
:16
Fonctionnement en moteur Fonctionnement en alternateur

94
Machine Machine

07
80
:88
Ls Ls

47
I R I R

22
40
03

V
10

E Charge E
V
A M:
CN
o m:
x.c
vo

Figure 5.5 Fonctionnements moteur et alternateur.


lar
ho
sc
iv.

➤ Écoulement des puissances et rendement des machines synchrones


un

On représente sur la figure 5.6 l’écoulement et l’expression des puissances corres-


pondantes aux deux modes de fonctionnement.

Fonctionnement en moteur Fonctionnement en alternateur


énergie électrique énergie mécanique énergie mécanique énergie électrique
Ptotale = 3 · V · I · cosϕ Putile = C · Ω Ptotale = C · Ω Putile = 3 · V · I · cosϕ

Pertes Pertes Joules


Pertes Joules Pertes
mécaniques PJ = 3 · R · I 2
PJ = 3R · I 2 mécaniques
Pm (+ Re · Ie2)
(+ Re · Ie2) Pm
Putile
Dans tous les cas, le rendement s’écrit : η= avec Ptotale = Putile + PJ + Pm
Ptotale

Figure 5.6 Écoulement des puissances et rendement.


5.1 Synthèse de cours n° 6 : Champs tournants et Machines synchrones 199

5.1.4 Alternateur couplé à un réseau


Le cas particulier d’un alternateur couplé à un réseau est important à étudier. Dans
ce cas, la tension aux bornes de l’alternateur, V, est constante (en amplitude et en
phase) puisque c’est la tension du réseau. Par ailleurs, on néglige souvent la résis-
tance R du schéma équivalent devant l’inductance synchrone. Le diagramme de
Fresnel de la relation de maille du schéma monophasé équivalent est alors représenté
sur la figure 5.7. On y précise les relations particulières qui relient les projections de la
tension jXs · I aux puissances active (P = 3 · V · I · cosϕ) et réactive (Q = 3 · V · I · sinϕ)

70
96
31
43
:15
Im

43
8.1
M

.12
E XS · I · cos ϕ = Xs · P / 3V

73
j · XS · I
δ

3.1
Re

:16
O V P
ϕ

94
I

07
XS · I · sinϕ = Xs · Q / 3V

80
:88
47
Figure 5.7 Diagramme de Fresnel de l’alternateur couplé au réseau.
22
40
03
10
M:

Remarque importante : On constate sur ce graphique que les projections du


A
CN

vecteur jXs · I sur les axes du repère représentent à un coefficient près la puis-
m:
o

sance active et la puissance réactive fournies par l’alternateur.


x.c
vo

➤ À excitation constante :
lar
ho
sc

Si le courant inducteur est constant, la force électromotrice E est d’ampli-


iv.

tude constante et le point M est sur un cercle de centre O et de rayon


un

E = k · Ie. La puissance réactive peut être positive ou négative, et la puis-


sance active possède un maximum pour le cas où δ = 90°. Dans ce cas,
3V
P max = ------- ⋅ E
Xs
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

➤ À puissance constante et excitation variable :


Si la puissance est constante, le point M se situe sur une droite horizontale.
En modifiant la valeur du courant inducteur, on modifie l’amplitude de la
tension E. Ceci a pour conséquence de permettre que le courant fourni par
l’alternateur soit en avance, en phase ou en retard par rapport à la tension V.
On représente ces différents cas sur la figure 5.8.

On constate donc que l’alternateur, à puissance fournie constante permet la maîtrise


de sa puissance réactive en jouant sur la valeur de son excitation. Il existe même une
application appelée « compensateur synchrone » qui consiste à coupler un alterna-
200 5 • Machines synchrones

teur à vide sur un réseau, uniquement dans le but de fournir ou consommer de la


puissance réactive sur ce réseau. L’objectif visé étant évidement de compenser au
maximum l’énergie réactive consommée (ou fournie) par des charges fixes de façon
à améliorer le facteur de puissance global de la charge du réseau.

Im déphasage arrière Im cosϕ = 1 Im déphasage avant


M M M
E E E
j · XS · I j · XS · I
j · XS · I ϕ

70
I

96
31
O V O I V O V Re
I ϕ

43
:15
43
8.1
Figure 5.8 Maîtrise du déphasage du courant de l’alternateur à puissance constante.

.12
73
3.1
:16
➤ Fonctionnement moteur

94
07
Une fois couplée au réseau, si la machine est chargée mécaniquement, elle repré-

80
:88
sente tout simplement un récepteur connecté au réseau. Les schémas équivalents sont

47
les mêmes que précédemment mais en convention récepteur, ce qui ne modifie en
22
40
rien la maîtrise de l’énergie réactive basée sur la modification du courant inducteur.
03
10
M:

➤ Angle de décalage mécanique et décrochage


A
CN

L’angle δ (voir figures précédentes) représente également l’angle de décalage méca-


m:
o
x.c

nique entre le rotor et le champ statorique lors d’un fonctionnement moteur. Si cet
vo

angle dépasse 90°, le moteur rentre dans une phase instable où le rotor « décroche »
lar
ho

de l’attraction du champ tournant. La conséquence est que le moteur s’arrête et qu’il


sc
iv.

faut le redémarrer. Toutes les commandes qui permettent de faire fonctionner les
un

moteurs synchrones à vitesse variable permettent en réalité d’asservir la position du


champ tournant pour que l’angle mécanique reste à une valeur toujours inférieure
à 90°. On parle alors de « machine synchrone auto-pilotée » ou de « moteur à courant
continu sans balais » (brushless).

5.2 SÉRIE D’EXERCICES N° 6 :


MACHINES SYNCHRONES ET ALTERNATEURS

5.2.1 Énoncés

Exercice 5.1 : Champ tournant, Théorème de Ferraris


On considère la structure de principe d’un stator de machine à courant alternatif
triphasé représentée sur la figure 5.9.

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