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LES CONTENTIEUX DANS LE CONTRAT D’AFFAIRES

PLAN
LA PREMIÈRE PARTIE : LE FONDEMENT DE LA RESPONSABILITÉ
CONTRACTUELLE
Chapitre1 : les conditions de la responsabilité contractuelle

Chapitre 2: L’absence de causes d’exonération du débiteur

PARTIE2: LES MODES DE RÈGLEMENT DES CONFLITS DANS LES CONTRATS


D'AFFAIRES
Chapitre1: le mode extrajudiciaire de règlement des litiges

Chapitre 2 : Les modes judiciaires


INTRODUCTION
La complicité croissante de la règlementation et la multiplication du contentieux imposent d’appréhender
avec rigueur les problématiques juridiques que soulevé le contrat dans la vie de l’entreprise. Ce qui nous pousse
autant que juriste, à réfléchir au développement de notre capacité de négociation, de prévention des difficultés
spécifiques aux principaux contrats d’affaires et les risques associés, perfectionner la rédaction et d’adaptation de
contrat de la phase constructive jusqu’à la cession de la relation contractuelle.

La première partie : le fondement de la responsabilité


contractuelle
En matière contractuelle, les engagements des parties sont réciproques, cela signifie que si l’un des partis
n’exécute pas ses engagements, la partie lésée peut engagée la responsabilité contractuelle de son contractant
(chapitre1) sauf dans certains cas ou il sera exonéré par le biais des causes d’exonération (chapitre 2).

 Chapitre1 : les conditions de la responsabilité contractuelle


Un dossier de responsabilité contractuelle qu’elle soit civile ou commerciale, nécessite la réunion de plusieurs
conditions, sans lesquelles, l’action peinera à aboutir, en principe, lorsqu’une partie à un contrat régulièrement
formé, n’exécute pas ses engagements, l’autre partie victime de ce manquement est en droit d’engager sa
responsabilité contractuelle afin d’obtenir une indemnisation, versée sous la forme de dommages-intérêts. Pour
cela, trois conditions doivent être réunies afin que l’action en responsabilité contractuelle soit reçue par les juges et
ait une chance d’aboutir :

 Section1 :L’existence d’un préjudice


L’existence d’un dommage est une condition sinequanone, le préjudice peut être corporel, matériel ou
moral.

Le préjudice matériel comporte deux éléments : D’abord, la perte due a l’inexécution de contrat correspond aux dépenses
qui ont pu été engagées afin de conclure le contrat ou d’exécuter une obligation de ce même contrat. (Art 66 du DOC),
ensuite le gain manqué qu’est constitué des avantages et profits dont on aurait pu bénéficier si le contrat avait été
correctement exécuté. (Art67 DOC)

Cependant deux conditions doivent être réunies pour qu’il y ait préjudice réparable   :

1-le caractère certain et licite du préjudice : le préjudice ne doit pas être éventuel, il doit exister et être certain. Le préjudice
futur peut être réparé s’il est certain. A propos du caractère certain du préjudice il faut mentionner le cas particulier de la
perte d’une chance.

2-le dommage doit être prévisible lors de la conclusion de contrat : un dommage est prévisible s’il est prévu par les parties
au moment de la conclusion du contrat. L’article 263 stipule que (le débiteur n’est tenu que des dommages et intérêt qui ont
été prévus ou qu’on a pu prévoir lors du contrat…). Cependant, le dommage imprévisible est réparable en cas de faute
dolosive.

 Section 2 : La faute fait générateur de la responsabilité


Quelque soit sa gravité, la faute engage la responsabilité de son auteur. Cependant, les tribunaux
distinguent la hiérarchie suivante en fonction de la gravité de l’inexécution : au sommet, on trouve la faute dolosive
commise avec l’intention de nuire à autrui, en suite la faute lourde  caractérisé par un comportement d’une
extrême gravité et enfin la faute ordinaire et simple résultat d’imprudence et de négligence.
Sous-section 1 : Les différentes formes de la faute contractuelle
L’inexécution d’une obligation, lorsque les engagements pris n’ont pas été mis en œuvre, c’est le cas de refus
d’exécution ou Le débiteur peut refuser de livrer l'objet promis, de payer la somme due ou de faire ce qu'il s'est
engagé à faire.
Ensuite Il ya mauvaise exécution des obligations, lorsque la partie ne réalise qu’à moitié ses engagements
(exécution partielle) ou l’exécute mal (exécution défectueuse), et non dans les termes prévus par le contrat
(exécution tardive).
1- Exécution tardive  : L’obligation est exécutée mais en retard par rapport aux stipulations du contrat. Si le retard
n'occasionne au créancier que le simple inconvénient de ne pas avoir eu sa marchandise, il se compense par l'octroi de
dommages "moratoires" (ou dommages dus pour le retard). Si par contre le retard équivaut à une inexécution totale, celui-ci
permet au créancier de réclamer tous les dommages résultant d'une inexécution complète et la résolution de l'engagement.

2- Exécution partielle  : Elle survient lorsque le débiteur n'accomplit qu'une partie du devoir imposé, par exemple en ne livrant
qu'une partie des marchandises commandées ou en ne faisant qu'une partie du travail qu'il s'était engagé à faire.

3- Exécution défectueuse  : Elle survient lorsque le débiteur pose l'acte ou livre l'objet promis, sans que celui-ci soit conforme
aux standards ou modèles conventionnels prévus ou implicites.

Sous-section 2 : Les pratiques constitutives de faute civile


La loi sur la liberté des prix et de la concurrence, interdit également certaines pratiques qui peuvent porter
atteinte à la liberté de la concurrence, et qui peuvent engendrer la responsabilité contractuelle de l’une des parties
et par conséquent donner lieu à des dommages et intérêt au profit de l’autre contractant.
1 -Les pratiques discriminatoires : C’est le fait de pratiquer à l’égard d’un partenaire économique des prix ou des
délais de paiement, des conditions de vente qui seraient discriminatoires et non justifiées par une contrepartie.
Cette pratique peut être soit de consentir à un avantage, soit à un inconvénient.
2 -L’abus de dépendance économique : C’est un comportement qui est constitutif ou révélateur d’abus de
dépendance économique .plusieurs cas possibles : Soumettre son partenaire économique à des conditions
commerciales ou à des obligations injustifiés. Tenter d’obtenir de son partenaire économique un avantage sans
contrepartie, ça se voit beaucoup dans la grande distribution .Tenter aussi d’obtenir un avantage sous la menace
d’une rupture brutale de la relation commerciale. Et rompre brutalement la relation commerciale établie
notamment sans préavis écrit. Et enfin inscrire dans le contrat des conditions de règlement abusives non conformes
aux usages commerciaux.

 Section3 : Le lien de causalité


C'est-à-dire la nécessité d’un lien de cause à effet entre l’inexécution par le débiteur de son obligation et le
dommage. Même en cas de faute dolosive les dommages-intérêts ne doivent réparer que ce qui est de la suite des
conséquences immédiates de l’inexécution de la convention.
Cependant deux difficultés surgissent :
Savoir si le dommage existant n’a pas d’autre cause que l’inexécution de l’obligation et en cas de causalité plurale
quelles sont celles qui doivent être retenues. Afin de répondre à ces questions la doctrine propose deux théories :
 La théorie de l’équivalence des conditions : Tout événement qui a été nécessaire à la réalisation du dommage, doit
être considéré comme étant sa cause juridique.

 La théorie de la causalité adéquate : seule est prise en compte la cause prééminente du dommage. C'est-à-dire sans
cette cause le dommage ne sera pas produit

Savoir quelle sera l’étendue du préjudice retenue : seul le préjudice direct est retenu.

 Chapitre 2: L’absence de causes d’exonération du débiteur


Une fois le dommage prouvé et la mise en demeure effectuée, la réparation du dommage prendra le plus
souvent la forme d’une indemnité pécuniaire, quand la réparation en nature n’est pas toujours possible. Encore
faut-il démontrer l’absence de cause d’exonération ou de la limitation de la responsabilité du débiteur défaillant.
Une cause d’exonération est un fait qui va pouvoir être invoqué par le débiteur défaillant pour se dégager de sa
responsabilité. En cas d’obligation de résultat, le débiteur verra sa responsabilité engagée alors même qu’il na pas
commit de faute. Ces Causes exonératoires de responsabilité peuvent trouver origine dans la loi ou la jurisprudence
(S1) ou bien découler des clauses contractuelles(S2).
 Section 1 : Cas de non responsabilité prévus par la loi et la jurisprudence
Certaines circonstances permettent au responsable présumé d'échapper au prononcé de sa responsabilité civile.
Ainsi, lorsque l’inexécution des obligations contractuelle provient d’une cause qui ne peut lui être imputée, telle que :

* Force majeure et cas fortuit : L’article 269 DOC définie la force majeure comme étant un fait que l’homme ne peut
prévenir. Elle doit revêtir plusieurs caractères afin d’être exonératoire de responsabilité . Traditionnellement trois
éléments caractérisent la force majeure : c’est un fait imprévisible, irrésistible et extérieur. Lorsqu’elle revêt ces
caractères, La force majeure est entièrement exonératoire de responsabilité.
* Le fait du créancier : Pour être totalement exonératoire de responsabilité, le fait du créancier (La victime de l’inexécution)
doit avoir été la cause génératrice et exclusive du dommage. En effet, si le fait de la victime a été imprévisible et
irrésistible et il est la cause exclusive du dommage, la responsabilité de l'auteur est dégagée, et le préjudice restera
à la charge de la victime. Si la victime n'est que pour partie la cause de son propre dommage, il y aura en principe
partage de responsabilité.
* Le fait du tiers: Par tiers, il faut entendre une personne autre que les parties au contrat. Cette personne ne doit pas
être le représentant du débiteur ou son préposé. C'est une clause d'exonération totale ou partielle de
responsabilité, selon que la faute de ce tiers ait concouru exclusivement ou partiellement à la réalisation du
dommage. Le fait du tiers n’est exonératoire que s’il présente les mêmes caractères de la force majeure autrement
la responsabilité sera partagée entre ce tiers et celui dont la responsabilité est recherchée.

 Section 2 : Les stipulations contractuelles relatives à la responsabilité du


débiteur 
En vertu de la liberté contractuelle, les parties peuvent valablement stipuler des clauses afin d’aménager leur
responsabilité. Ces stipulations sont très fréquentes en pratique et sont considérées comme étant, en principe,
valables. Ainsi les contractants peuvent renforcer la responsabilité du débiteur ou la limiter, voire l’exclure. Il
importe donc de distinguer les différentes clauses possibles :
Les clauses de non responsabilité: Si les clauses de non responsabilité sont nulles et sans effet en matière
de responsabilité délictuelle (Article 78 DOC), en revanche, ces clauses sont en principe valables en matière
contractuelle (volonté des parties). Toutefois, certaines limitations sont apportées à ce principe quant à l’obligation
éludée,  quant à la gravité des fautes, quant à la nature du dommage et quant à la qualité des parties.
D’abord, la clause ne peut pas porter sur une obligation essentielle du contrat, ce qui reviendrait à vider le contrat de sa
substance et à priver l’obligation comme le contrat de sa cause. Ensuite, une clause de non responsabilité est inefficace en cas de faute
lourde ou du dol du préposé. Car s’exonérer de son propre dol reviendrait à se soustraire de ses engagements (condition potestative).
Finalement, dans le contrat entre professionnel et non professionnel, les clauses de non responsabilité sont qualifiées par la loi comme
abusives et de ce fait sont réputées nulles et de nul effet (art 18-4 et art 19 de la Loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du
consommateur).

Les clauses limitatives de responsabilité: Ces clauses lorsque la responsabilité du débiteur est engagée,
fixent un maximum possible pour l’allocation de dommages et intérêts. Quant à la validité de ces clauses, à fortiori,
dès lors que les clauses de non responsabilité sont admises, les clauses simplement limitatives doivent être
admises, mais la jurisprudence veuille à ce que le maximum fixé ne doit pas être dérisoire.
Les clauses pénales : Les clauses pénales sont les clauses par lesquelles les contractants évaluent
forfaitairement et par avance les dommages-intérêts dus par le débiteur en cas d'inexécution totale, partielle ou
tardive du contrat. Elles ont pour principale fonction de faire - en principe - échec au pouvoir d'appréciation des
dommages-intérêts normalement réservé au juge : elles cherchent à prévenir les difficultés de l'évaluation judiciaire
des dommages-intérêts en fixant par avance un forfait de réparation. Elles peuvent également constituer,
lorsqu'elles sont fixées à un chiffre élevé, supérieur au montant du dommage prévisible, un moyen de pression sur
le débiteur ainsi incité à exécuter. Dans les actes à titre onéreux, aussi bien dans les contrats entre professionnels
que dans les contrats entre professionnels et consommateurs ou encore dans les contrats entre simples particuliers,
dans les contrats internes ou dans les contrats internationaux, les clauses pénales jouissent d'une validité de
principe conformément à l'article 264 du dahir des obligations et des contrats. La liberté contractuelle justifie la
solution.
Les clauses dites de garanties: Le débiteur peut s’engager à garantir certaines obligations et à prévoir
dans le contrat que sa responsabilité sera retenue même en la présence de cause exonératoire de responsabilité
notamment en cas de force majeure. Cette garantie peut ne porter en principe que sur telle ou telle obligation et
pas nécessairement sur toutes les obligations du débiteur.
Les clauses relatives à la responsabilité contractuelle : Les parties du contrat peuvent inclure des clauses
réglementant leur responsabilité en cas de préjudice. Si le principe de la volonté souveraine des parties reste la
règle, le débiteur de l'obligation ne doit toutefois pas introduire de clauses tendant à l'exonérer de ses obligations,
lesquelles « doivent être exécutées de bonne foi ».

Partie2: les modes de règlement des conflits dans les contrats


d'affaires
Que faire en cas de litige avec un client, un fournisseur, un prestataire ou un concurrent?
Le recours au juge est toujours possible pour celui qui s'estime lésé, mais la voie judiciaire suscite des
réticences : trop longue, trop chère, trop incertaine, trop ostensible. Les critiques sont nombreuses … C'est la raison
pour laquelle les opérateurs économiques préfèrent tout d'abord de régler leurs conflits par d’autres modes
alternatifs de Règlement des Litiges. A cet égard il parait judicieux de mettre en exergue les deux modes de
règlement des différends, à savoir le mode extrajudiciaire de règlement des litiges(I) et le mode judiciaire de
règlement des litiges(II).

 chapitre1: le mode extrajudiciaire de règlement des litiges


Les modes alternatifs de résolution de conflit ou MARC se rapportent aux processus et aux techniques de
résolution de conflit en dehors des procédures juridiques sous autorité étatique, à savoir: l’arbitrage, la médiation,
la conciliation, la transaction. Le législateur Marocain a mis en place une loi (loi 08-05 abrogeant et remplaçant le
chapitre VIII du titre V du code de procédure civile) réservée à l'arbitrage interne, international et la médiation
conventionnelle, ce qui reflète que ces deux procédés représente une bonne illustration des modes extrajudiciaire.
Il convient de distinguer entre l'arbitrage comme modes alternative juridictionnel de règlement des conflits
(section1) et la médiation comme mode alternative amiable de règlement des conflits (section2).

 Section1: l'arbitrage
S'il s'agit de comparer l'arbitrage à la justice publique ou aux tribunaux de commerce, il est usuel de mettre à
son crédit la rapidité et la souplesse de son organisation, la compétence des hommes qui le servent, le secret qu'il
préserve et la nature des litiges qui lui sont soumis. De ce fait, il convient de mettre en relief les règles relatives au
recours à l'arbitrage (sous-section1), son organisation et sa procédure (sous-section2).
 Sous-section1: le recours à l'arbitrage
L'arbitrage est fondé sur une convention passée entre les parties au litige. Cette convention appelé convention
d'arbitrage, elle recouvre deux types d'accord: le compromis d'arbitrage et la clause compromissoire .leur
distinction correspond à une réalité pratique, dans la mesure où le compromis est conclu après la naissance du litige
et en considération de celui-ci, et la clause compromissoire, qui est incluse dans un contrat principal, est convenue
avant tout litige. Dans l'éventualité ou ce contrat en serait l'occasion, les parties s'engagent à le soumettre à ce
moment à l'arbitrage.
En effet, le Maroc a maintenant une institution, il s'agit de la cour d'arbitrage de la chambre de commerce
international du Maroc (CCI), qui a un règlement convenable et qui est assez représentative des milieux juridiques
et judiciaires (barreau, université et praticiens). Les parties peuvent donc opter pour cette institution ou mettre en
place un arbitrage (Ad hoc). Ce choix détermine la structure de la convention d'arbitrage.

 Sous-section2: organisation et procédure


paragraphe1: organisation de l'arbitrage: Les parties peuvent soit s'en tenir à un arbitrage organisé par
elles, soit opter pour l'arbitrage institutionnel. Dans le premier cas, les partis seront amenés à choisir le ou les
arbitres et à participer personnellement à l'organisation de la procédure, ce type d'arbitrage exige que la
convention d'arbitrage prévoie, outre la manière dont le ou les arbitres seront désignés, l'éventualité ou l'une des
parties refuse d coopérer pour cette désignation ou un désaccord entre les parties ou entre arbitres déjà nommés
et le choix des arbitres manquants. En revanche, lorsque les parties optent pour l'arbitrage institutionnel de la cour
d'arbitrage de la chambre commerciale internationale du Maroc. Il est à noter également que quel que soit le type
d'arbitrage choisi, les parties auront à prévoir le nombre des arbitres, à condition que le nombre soit impair, à
défaut d'indication il est décidé à 3 nombre.

paragraphe2: Procédure: Le tribunal arbitral tranche les litiges conformément aux règles de droit convenues
entre les parties. A défaut d'entente, le tribunal arbitral applique les règles objectives de droit qu'il juge plus proche
du litige en prenant en considération les clauses du contrat, usages et coutumes, toute en respectant les règles
d'ordre public ( droit de défense, procédure contradictoire,....) et de respecter également le secret professionnelle,
dans la mesure ou les délibération de l'arbitres doivent être secrètes. En revanche, s'il est désigné en tant qu'un
amiable compositeur, dans ce cas il statue selon les règles de justice et d'équité sur l'objet du litige,
En effet, en cour de la procédure, les parties sont dotés d'un libre choix que ce soit au niveau de la
représentation ou bien de la langue dans la cour d'arbitrage. Il en est de même pour la détermination du délai
dans lequel l'arbitre doit rendre la sentence. A défaut de précision, le délai prévu par la loi est de 6 mois à compter
de la date ou le dernier arbitre accepte sa mission (Article 327-20 de la loi 08-05).En outre la sentence à la force de
la chose jugée, et ne peut revêtir d'une exécution forcée qu’en vertu d'une ordonnance d'exéquatur du président
de la juridiction dans le ressort de laquelle a été rendue.

 Section2: la médiation conventionnelle


La médiation a un tout autre objectif, sa vocation est d'amener les parties qui en acceptent le principe à
trouver, avec l'aide d'un médiateur, tiers neutre, impartial et dépourvu de tout pouvoir juridictionnel, une issue
négociée à leur différend. La médiation peut être conventionnelle, lorsqu'elle est prévue et organisée par les parties
avant tout conflit (clause contractuelle de médiation) ou à l'occasion d'un litige (convention de médiation), qui est
l'objet de notre sujet, ou bien judiciaire si elle est proposée par le juge dans le cadre d'une procédure en cours.
De ce fait-il est nécessaire d'examiner les règles d'organisation de la médiation conventionnelle (sous-
section1), et ceux de sa procédure (sous-section2).
Sous-section1: organisation de la médiation :
Le domaine d'intervention de la médiation conventionnelle est le même que le champ d'intervention de
l'arbitrage. par rapport à ce dernier, la différence réside dans le fait que les parties ne confient pas au médiateur le
soin de trancher le litige mais d'officier auprès des parties afin d'atteindre une transaction. En effet, la convention
de médiation peut être contenue dans la convention principale (clause de médiation) ou conclue après la naissance
du litige (compromis de médiation). Elle peut également intervenir au cours d'une procédure judiciaire. Dans ce
cas, elle est portée à la connaissance de la juridiction dans les plus brefs délais et interrompe la procédure. Par
ailleurs, la durée de médiation est déterminée par les parties, et en cas de silence elle ne peut excéder 3 mois à
dater de l'acceptation de la mission par le médiateur, les parties peuvent prolonger ce délais par accord (article
327-65 de la loi 08-05).

 Sous-section2: procédure de la médiation:


Le médiateur peut entendre les parties et confronter leurs points de vue pour pouvoir leur proposer une
solution au conflit. Il peut également, avec l'accord des parties et pour les besoins de la médiation entendre les tiers
qui y consentent. Par ailleurs, il peut avec l'accord des parties effectuer ou faire effectuer toute expertise de nature
à éclairer le conflit. Au terme de la mission, il propose aux parties un projet de transaction ou un compte rendu de
ses activités. En revanche, pour inciter les opérateurs économiques à choisir la médiation, la loi susvisée prévoit
que les constatations du médiateur est les déclarations qu'il recueille ne peuvent être évoquées devant le juge
saisit du litige qu'avec l'accord des parties.
En cas de non aboutissement à une transaction pour quelques causes que ce soit, le médiateur délivre aux parties le
document de non transaction portant sa signature.
S'il y a accord des parties pour dénouer le litige, le médiateur en fait acte dans un document de transaction
contenant les faits du litige, les modalités de son règlement, ses conclusions. La transaction a, entre les parties, la
force de la chose jugée et peut être assortie de la mention d'exéquatur. à cette fin le président du tribunal
territorialement compétent pour statuer sur l'objet du litige est compétent pour donner la mention d'exéquatur.

 Chapitre 2 : Les modes judiciaires


 Section 1 : La preuve et la prescription :
 La preuve : Le principe est que la preuve des actes juridiques se fait par écrit. Dans tous les cas où la preuve
écrite est exigée, elle peut être remplacée par un mode de preuve qui lie le juge (l’aveu judiciaire, le serment
décisoire). En matière commerciale, pour les actes de commerce passés entre commerçants, la preuve se
fait par tous moyens. Si l’acte est mixte, la preuve est libre contre le commerçant et littérale contre le non-
commerçant.

La relation d’affaires découle d’échanges rapides, d’un devis, de l’émission de factures, les commandes
passées par email… Le contrat, loi des parties, tel que prévu par le DOC, fait l’objet de moins de formalisme dans
certains cas, pour répondre notamment aux besoins de la matière commerciale. La justice dans le contrat part
du postulat qu’un contrat est nécessairement juste puisqu’il a été accepté librement par les parties, mais nous
savons tous que les parties ne sont pas nécessairement « à égalité », et c’est la raison pour laquelle le
législateur intervient régulièrement pour protéger la partie la plus faible dans les domaines les plus criants
(contrat de travail, consommation, distribution ,etc.) et que le juge intervient, a posteriori, pour rétablir
l’équilibre entre les parties, en tant que de besoin.

 La prescription : La prescription est un moyen d'acquérir ou de se libérer par un certain laps de temps, est-il
énoncé dans l'article 371 du DOC.
Il y a deux sorte de prescription : acquisitive / extinctive
Les affaires tentées en matière commerciale devant les juridictions se prescrivent pour le délai de 5ans
contrairement a celles du civile 15 ans. De même, Toutes les actions naissant d'une obligation sont prescrites par
quinze ans, sauf les exceptions ci-après et celles qui sont déterminées par la loi dans les cas particuliers.
 Se prescrit par cinq ans : L’action des marchands, fournisseurs, fabricants, à raison des fournitures par eux
faites, pour les 43 besoins de leur profession, à d'autres marchands, fournisseurs, ou fabricants (Article
388).
 Se prescrivent par deux ans : Celle des marchands, fournisseurs, fabricants, à raison des fournitures par eux
faites aux particuliers pour leurs usages domestiques, et celle des agriculteurs et producteurs de matières
premières pour les fournitures par eux faites, lorsqu'elles ont servi aux usages domestiques du débiteur, ce à
partir du jour où les fournitures ont été faites.
 Se prescrivent par une année de trois cent soixante-cinq jours : Celle des ouvriers, employés, apprentis,
voyageurs, représentants ou placiers de commerce et d'industrie pour leurs salaires et commissions. Ainsi
que celle des artisans pour leurs fournitures et journées et pour les déboursés par eux faits à raison de
leurs services, celle de l'employeur ou patron pour les sommes avancées à ses ouvriers, employés,
apprentis, voyageurs, représentants ou placiers, sur leurs rémunérations ou commissions ou bien au titre
des déboursés faits par eux à raison de leurs services, et enfin elle des locateurs de meubles et choses
mobilières, à raison du prix du louage de ces choses.
 Se prescrivent également par une année de trois cent soixante-cinq jours, selon l’article 389, l'action des
mandataires ad litem (oukil) pour les honoraires et déboursés, à partir du jugement définitif ou de la
révocation du mandat à eux conféré, celle des médiateurs, pour le paiement de leurs courtages, à partir
de la conclusion de l'affaire, et celle des parties contre les personnes ci-dessus dénommées, à raison des
sommes avancées par les parties auxdites personnes pour l'accomplissement des affaires dont celles-ci
sont chargées, à partir des mêmes dates établies pour chacune de ces catégories de personnes. Le délai
de cette prescription est compté, dans le cas de perte totale, du jour où la remise de la marchandise
aurait dû être effectuée, et, dans tous les autres cas, du jour où la marchandise aura été remise ou
offerte au destinataire.
 6° Le délai pour intenter chaque action récursoire est d'un mois. Cette prescription ne court que du
jour de l'exercice de l'action contre le garanti.
 7° Dans les cas de transports faits pour le compte de l'Etat, la prescription ne commence à courir que
du jour de la notification de la décision administrative emportant liquidation ou ordonnancement
définitif.
 Article 390 : La prescription, dans les cas des articles 388 et 389 ci-dessus, a lieu quoiqu'il y ait eu
continuation de fournitures, livraisons, services et travaux.
 Néanmoins, ceux auxquels les prescriptions desdits articles 388 et 389 seront opposées peuvent déférer
le serment à ceux qui les opposent, sur la question de savoir si la chose a été réellement payée. Le
serment pourra être déféré aux veuves et héritiers, ou aux tuteurs de ces derniers, s'ils sont mineurs,
pour qu'ils aient à déclarer s'ils ne savent pas que la chose soit due.
 Article 391 : Les redevances, pensions, fermages, loyers arrérages, intérêts et autres prestations analogues
se prescrivent, contre toutes personnes, par cinq années à partir de l'échéance de chaque terme.
 Article 392 : Toutes actions entre les associés, et entre ceux-ci et les tiers, à raison des obligations
naissant du contrat de société, sont prescrites par cinq ans, à partir du jour où l'acte de dissolution de la
société, ou de renonciation de l'associé, a été publié.
 Lorsque le droit du créancier de la société échoit seulement après la date de la publication, la
prescription ne commence qu'à partir de l'échéance.
Dans ce constat, on ne peut que citer l’adage célèbre en la matière :’’ le temps c’est de l’argent’’.
 Section 2 : Le tribunal compétent en matière des contrats d’affaires
Le tribunal de commerce traite d’affaires complexes résultant de conflits commerciaux relatifs spécialement à la
distribution, consommation, franchise…aussi bien nationaux qu'internationaux. En tant que service public de la
justice en charge de se prononcer sur les conflits juridiques et de dispenser une justice commerciale en accord avec
l’autorité de la loi, les tribunaux sont les moyens principaux de règlement des conflits, et il est généralement
entendu que tout justiciable doit être en mesure d’introduire un recours devant le tribunal compétent.
La jurisprudence marocaine en matière de droit des affaires laisse apparaitre une timidité des juridictions d’affaires
marocaines en matière de créativité jurisprudentielle. De ce constant on peut émettre l’idée que la richesse de la
jurisprudence marocaine en la matière ne sera acquise par l’instauration d’une véritable spécialisation des
magistrats d’affaires.
Pour améliorer le score du Maroc sur cet indicateur, il conviendrait d’améliorer les capacités en matière de mise en
application et de règlement judiciaire des différends commerciaux, d’envisager notamment une formation continue
des magistrats et du personnel de la justice pour assurer le suivi des réformes mises en œuvre.
Il pourrait être aussi envisagé de mettre en place des chambres spécialisées au sein des tribunaux de commerce et
de renforcer la capacité des tribunaux de commerce à résoudre des litiges complexes, en adéquation avec la
pratique actuelle, souvent sophistiquée, des affaires.

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