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RAPPORT : HYDROGEOLOGIE

GEOL0013-5 HYDROGEOLOGIE

MONTHE KAKANOU Idriss Arnaud

(s196395)

1st year

Master in geological and environmental engineering

Academic year 2019-2020


Partie 1 : BILAN HYDRO(GEOLOGIQUE) DU BASSIN DE TRIFFOY

Le bassin hydrographique soumis à notre étude est délimité par la station située à
l’exutoire du Triffoy. C’est le bassin d’un affluent du Hoyoux s’écoulant du Sud-Ouest vers le
Nord-Est. La superficie de ce bassin est de 30.5 km² dont plus de 60% est constituée de calcaires
carbonifères, localisés au droit d’un synclinal. Le bassin est délimité au nord par les grès
famenniens et au sud par la faille de Goesnes. Cette dernière met en contact direct les formations
détritiques du Frasnien-Famennien et les calcaires du Carbonifères, formant ainsi une barrière
hydrogéologique nette.

Figure 1: Bassin versant du Triffoy avec indications des stations limnimétriques, des captages, des piézomètres
et des phénomènes karstiques ; ainsi que les proportions de surface affleurante des unités hydrogéologiques

A- Estimation des valeurs mensuelles de l’ETR, des variations en eau du stock


d’humidité et de l’eau utile

Pour la période aout 2013 – juin 2015, nous estimons les valeurs mensuelles de l’ETR,
des variations en eau du stock d’humidité et de l’eau utile sur la base des valeurs de
précipitations et de ETP (estimée à l’aide de la formule de Penman-Monteih) fournies dans le
fichier « Bilan_Données_Ex6_Update.xls ».

1
Pour effectuer ces estimations, nous utilisons la méthode de Thornthwaite basée sur
l’algorithme suivant :

Figure 2: Algorithme de la méthode de Thornthwaite

Remarques :

• Sur la base des mesures des mois précédents, le stock en juillet 2013 a été estimé à 105
mm
• Le stock maximum a été estimé à 125 mm, c’est-à-dire STOMAX = 125 mm

Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau suivant :

Tableau 1: Valeurs mensuelles, pour la période aout 2013 - juin 2015, de l'ETR, des variations en eau du stock
d'humidité et de l'eau utile estimées par la méthode de Thornthwaite

DATE PREC ETP Stock ETR EU


mm mm mm
105
août-13 27,6 90,9 41,7 90,9 0,0
sept-13 57,3 50,5 48,5 50,5 0,0
oct-13 71,0 30,9 88,6 30,9 0,0
nov-13 125,6 11,5 125,0 11,5 77,7
déc-13 80,4 14,0 125,0 14 66,4
janv-14 61,4 14,8 125,0 14,8 46,6
févr-14 57,0 21,8 125,0 21,8 35,2
mars-14 17,6 45,9 96,7 45,9 0,0
avr-14 13,4 67,9 42,2 67,9 0,0
mai-14 60,8 83,8 19,2 83,8 0,0
juin-14 104,2 102,5 20,9 102,5 0,0

2
juil-14 127,4 94,0 54,3 94 0,0
août-14 120,8 74,7 100,4 74,7 0,0
sept-14 76,2 51,4 125,0 51,4 0,2
oct-14 76,0 27,3 125,0 27,3 48,7
nov-14 41,2 12,6 125,0 12,6 28,6
déc-14 80,8 9,7 125,0 9,7 71,1
janv-15 76,6 12,9 125,0 12,9 63,7
févr-15 49,0 14,6 125,0 14,6 34,4
mars-15 43,2 35,7 125,0 35,7 7,5
avr-15 44,8 67,3 102,5 67,3 0,0
mai-15 43,4 85,9 60,0 85,9 0,0
juin-15 47,2 107,4 0,0 107,2 0,0

De ce tableau, nous tirons les conclusions suivantes :

• ce bassin est situé dans une zone qui a un climat pluvieux ; en effet, les précipitations
annuelles peuvent dépasser les 800 mm sur une année (836,8 mm pour l’année 2014) ;
• ETR ≈ ETP pour pratiquement toute la durée des relevés de données. Ce résultat était
prévisible car cette égalité est vérifiée lorsqu’il y a suffisamment d’eau disponible
(précipitations + humidité dans le sol) ;
• pour le mois de juin 2015, on remarque une légère différence entre ETR et ETP (avec
toujours ETR < ETP). Ce résultat s’explique par le fait que le stock durant ce mois était
nul, avec des précipitations basses. Ainsi, il n’y avait pas suffisamment d’eau
disponible. Ceci se produit le plus souvent durant l’été mais ce n’est pas toujours le cas
comme on peut le voir avec l’été des années précédentes ;
• on peut supposer que l’été de l’année 2015 a été plus chaud que les précédentes.
B- Période annuelle pour le bilan

La période sur laquelle sera effectué le bilan se choisit par observation d’une forte
période de récession, durant une année, des débits à l’exutoire. Les données concernant les
débits à l’exutoire sont fournies dans le fichier « Bilan_Données_Ex6_Update.xls ».

Nous représentons donc la courbe des débits à l’exutoire en fonction de la date


d’acquisition de ces débits. Pour une meilleure visibilité de cette période, nous travaillerons
avec les logarithmes des débits à l’exutoire. Nous obtenons la courbe de la Figure 3 :

Au préalable, pour la correspondance avec les dates, nous convertissons ces débits
𝑄[𝑙/𝑠]
(donnés en l/s) en m3/jr selon la formule : Q[m/jr] = 1000
× 24 × 3600

3
Les débits convertis sont reportés dans le fichier « Bilan_Données_Ex6_Update.xls ».

Variations des débits à l'exutoire


5
4,8
log Q_exutoire (m3/jr)

4,6
4,4
4,2
4
3,8
3,6
3,4
20/07/2013
20/08/2013
20/09/2013
20/10/2013
20/11/2013
20/12/2013
20/01/2014
20/02/2014
20/03/2014
20/04/2014
20/05/2014
20/06/2014
20/07/2014
20/08/2014
20/09/2014
20/10/2014
20/11/2014
20/12/2014
20/01/2015
20/02/2015
20/03/2015
20/04/2015
20/05/2015
20/06/2015
date

Figure 3: Courbe de la variation des logarithmes des débits à l'exutoire en fonction du temps avec
matérialisation d’une période générale de récession (en rouge)

Le choix de la période d’étude se fait en tenant compte de la période d’étiage car en


dehors de cette période, il est très difficile de distinguer le débit de base des débits de
ruissellements. À l’observation de cette courbe, nous devons donc choisir une période sur un
an dans laquelle est comprise notre période générale de récession. Nous choisissons
arbitrairement une période dans laquelle est centrée cette période générale de récession. Nous
portons ainsi notre choix sur la période allant du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2014.

De cette période générale nous pouvons extraire une période de récession moins grande,
en excluant les pluies éparses qui pourraient tronquer le résultat. Nous obtenons la Figure 4 :

Période de récession
4,3
log Q_exutoire (m3/jr)

4,2

4,1

4 y = -0,0024x + 103,95
R² = 0,9806
3,9

3,8

3,7
16/02/2014 16/03/2014 16/04/2014 16/05/2014
Date

Figure 4 : Période de récession allant du 16/02/2014 au 08/06/2014

4
C- Bilan en eau pour l’année choisie et commentaire

Le bilan en eau pour l’année choisie se fait à l’aide de plusieurs paramètres à


déterminer :

- Ptotal : précipitations totales sur la période d’étude


- ETRtotal : ETR total sur la période d’étude
- Q_ex_total : débit à l’exutoire sur toute la période
- Q_captage : débit de captage sur toute la période
- Δstock : variation entre le stock de septembre 2014 et celui d’octobre 2013
- Δréserve : variation des réserves sur la période.

Détermination des différents paramètres :

Les opérations sont effectuées dans le fichier « Bilan_Données_Ex6_Update.xls ».

• Ptotal

On fait la somme de toutes les précipitations d’octobre 2013 à septembre 2014.

Ptotal = 915,8 mm

• ETRtotal

On fait la somme des ETR mensuelles d’octobre 2013 à septembre 2014.

ETRtotal = 613,2 mm

• Q_ex_total

Nous faisons le choix de travailler avec les débits à l’exutoire en m3/jr précédemment
obtenus. On ne s’occupe que des débits de la période d’octobre 2013 à septembre 2014. On a
la formule :

∑𝑸𝒆𝒙𝒖𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆 × 𝟏𝟎𝟑
𝑸𝒆𝒙𝒕𝒐𝒕𝒂𝒍 =
𝑺𝒖𝒑𝒆𝒓𝒇𝒊𝒄𝒊𝒆

Ainsi :

3930789,56 × 103
𝑄𝑒𝑥𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 =
30,5 × 106

Q_ex_total = 128,88 mm

5
• Q_captage

On procède comme précédemment mais cette fois on travaille avec les débits de captage
sur la période octobre 2013 – septembre 2014.

∑𝑸𝒄𝒂𝒑𝒕𝒂𝒈𝒆 × 𝟏𝟎𝟑
𝑸𝒄𝒂𝒑𝒕𝒂𝒈𝒆𝒕𝒐𝒕𝒂𝒍 =
𝑺𝒖𝒑𝒆𝒓𝒇𝒊𝒄𝒊𝒆

Ainsi :

3588098 × 103
𝑄𝑐𝑎𝑝𝑡𝑎𝑔𝑒𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 =
30,5 × 106

Q_captage_total = 117,64 mm

• Δstock

Il s’agit simplement de la différence entre le stock de septembre 2014 et celui d’octobre


2013.

𝚫𝐬𝐭𝐨𝐜𝐤 = 𝑺𝒕𝒐𝒄𝒌𝒔𝒆𝒑𝒕𝒆𝒎𝒃𝒓𝒆 𝟐𝟎𝟏𝟒 − 𝑺𝒕𝒐𝒄𝒌𝒐𝒄𝒕𝒐𝒃𝒓𝒆 𝟐𝟎𝟏𝟑

Ainsi :

Δstock = 125 − 88,6

Δstock = 36,4 mm

• Δréserve

La Figure 4 obtenue plus haut nous a permis d’avoir une équation de corrélation avec un
bon coefficient de corrélation (R² = 0,9806) traduisant une excellente relation linéaire entre nos
logarithmes de débits à l’exutoire et nos dates durant la période de récession.

On obtient, à partir de l’équation de la droite obtenue, la valeur du coefficient de


récession α selon l’opération :

−𝟎, 𝟎𝟎𝟐𝟒
α=
𝟎, 𝟒𝟑𝟒𝟑

Ainsi :

α = -0,00552613

On peut appliquer la formule de Δréserve convertie en m :

𝑸𝟎 − 𝑸𝟏
𝚫𝐫é𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞 =
𝛂 × 𝐒𝐮𝐩𝐞𝐫𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞
6
Où :

Q0 = débit à l’exutoire au 1er octobre 2013 = 7802,517024 m3/jr

Q1 = débit à l’exutoire au 30 septembre 2014 = 9063,678816 m3/jr

Ainsi, on aura :

𝟕𝟖𝟎𝟐, 𝟓𝟏𝟕𝟎𝟐𝟒 − 𝟗𝟎𝟔𝟑, 𝟔𝟕𝟖𝟖𝟏𝟔


𝚫𝐫é𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞 =
−𝟎, 𝟎𝟎𝟓𝟓𝟐𝟔𝟏𝟑 × 𝟑𝟎, 𝟓 × 𝟏𝟎𝟔

D’où :

𝚫𝐫é𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞 = 𝟎, 𝟎𝟎𝟕𝟒𝟖𝟐𝟓𝟓 𝒎 = 𝟕, 𝟒𝟖 𝒎𝒎

Tous les paramètres étant été calculés, on effectue notre bilan :

Ptotal = ETRtotal + Q_ex_total + Q_captage_total + Δstock + Δréserve + ε

D’où :

915,8 = 613,2 + 128,88 + 117,64 + 36,4 + 7,48 + ε

ε = 12,2 mm

Tableau 2 : Bilan hydrogéologique du bassin sur la période d'étude

Paramètres % des précipitations Observations


Ptotal 100% Précipitations annuelles élevées dans cette zone
ETRtotal 66,96 Plus de 66% d’évapotranspiration réelle, et donc
moins de 34% d’eau utile
Q_ex_total 14,07 -
Q_captage_total 12,85 -
Δstock 3,97 -
Δréserve 0,82 -
ε 1,33 L’écart de fermeture ici représente un peu plus
de 1% des précipitations totales. Soit un très
faible taux. Ceci signifie que notre bassin est
très peu sensible aux sollicitations
hydrogéologiques venant de l’extérieur. Ceci
s’explique par le contexte géologique local de
notre zone qui a été décrite comme étant
délimitée par une barrière hydrogéologique
nette.

D- Analyse des mesures piézométriques du piézomètre d’Evelette

Afin de mieux observer les mesures effectuées sur le piézomètre d’Evelette situé dans
le bassin de Triffoy, nous traçons le graphique suivant :

7
Figure 5 : Analyse combinée des données du piézomètre et des paramètres du bilan

Analyse des résultats

- Le minimum de hauteur piézométrique est atteint le 11 décembre 2011 avec 230,11 m.


- Le maximum est quant à lui atteint le 30 janvier 2015, pour une hauteur de 236,14 m.
- On a donc une variation maximale d’un peu plus de 6 m.
- Les remontées de nappe correspondent aux apparitions d’eau utile.
- Les chutes de hauteur piézométriques correspondent aux vidanges du stock, qu’on peut
supposer être dues aux infiltrations vers la nappe.
- Curieusement lorsqu’il y a plus de précipitations, il y a baisse de hauteur piézométrique ;
ceci est logique car il y a aussi plus d’évapotranspiration.
- On observe, au début du printemps 2014, une diminution des hauteurs piézométriques
en sans réelle recharge de celles-ci ; ceci est dû au fait que les précipitations en fin 2014
ont été inhabituellement élevées.

8
Partie 2 : PROPRIETES HYDROGEOLOGIQUES ET ECOULEMENTS

On considère une zone couverte par 3 piézomètres. La conductivité hydraulique dans la


direction nord-sud est de 2,3×10-4 m/s et celle dans la direction est-ouest de 5,7×10-5 m/s.
Chaque piézomètre est situé au sein du même aquifère captif. L’élévation et la profondeur d’eau
de ces piézomètres sont représentées au tableau ci-dessous dans lequel on a calculé les hauteurs
piézométriques :

Tableau 3 : Données aux différents piézomètres

Piézomètre Élévation (m) Profondeur d’eau (m) h (m)


A 102,45 11,59 90,86
B 98,73 10,23 88,5
C 105,65 13,19 92,46
La localisation des différents piézomètres est donnée par la figure suivante :

Figure 6 : Localisation des différents piézomètres

A- Composantes du débit spécifique dans les directions nord-sud et est-ouest

La loi de Darcy est une loi expérimentale qui nous donne la quantité d’eau par unité de
temps à travers un milieu poreux. Elle s’exprime par la formule :

𝜟𝒉
𝑸 = 𝑲. 𝑨.
𝑳

Grâce à cette quantité d’eau calculée, nous pourrons déterminer notre débit spécifique
dans chaque direction à l’aide de la formule suivante :

𝑸
𝒒=
𝑨

D’où :

𝜟𝒉
𝒒 = 𝑲.
𝑳
9
- Dans la direction nord-sud on travaille avec les piézomètres A et B.
- Dans la direction nord-sud on travaille avec les piézomètres A et C.

Tableau 4 : Valeurs du débit spécifique dans les différentes directions

Direction K (m/s) Δh (m) L (m) q (m/s)


Nord-sud 0,00023 2,36 1000 5,428*10-7
Est-ouest 0,000057 1,6 1000 9,12*10-8

B- Amplitude du vecteur débit spécifique

L’amplitude du vecteur débit spécifique s’obtient par la formule :

𝒒 = √𝒒²𝑵−𝑺 + 𝒒²𝑬−𝑶

Ainsi :

𝒒 = 𝟓, 𝟓𝟎𝟒𝟎𝟖 × 𝟏𝟎−𝟕 𝒎/𝒔

C- Ébauche de la carte piézométrique de la zone

Figure 7 : Ébauche de la carte piézométrique de la zone

10
Partie 3 : ESSAIS DE POMPAGE

Un essai de pompage a été réalisé dans un aquifère alluvial captif. Les niveaux d’eau
ont été suivis dans le puits de pompage et trois piézomètres. Le débit de pompage a été estimé
à l’aide d’un compteur (voir également le tableau ci-dessous). Lors du forage, l’épaisseur de
l’aquifère a été estimée à 10 mètres.

A- Description de l’essai réalisé et paramètres mesurables

L’essai de pompage s’est déroulé de la manière suivante :

- Une première phase, transitoire, où on a pompé dans l’aquifère avec un débit constant.
Durant cette phase, nous mesurerons la transmissivité T, la conductivité K et le
coefficient d’emmagasinement S.
- Une deuxième phase, stationnaire, pendant laquelle on a observé une stabilisation du
rabattement malgré le fait qu’on continue de pomper avec le même débit précédent. Les
paramètres mesurables ici sont la transmissivité T, la conductivité K et le rayon
d’influence R.
- Une troisième phase qui correspond à la remontée pendant laquelle on arrête de pomper
et on étudie la remontée du rabattement. Durant cette phase les paramètres mesurables
sont la transmissivité T et la conductivité K.

Ces trois phases sont confirmées par la Figure 8 suivante :

Essai de pompage
(puits)
Temps (s)
-0,5
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000
0

0,5

1
Δ (m)

1,5

2,5

Figure 8 : Courbe caractéristique de l'essai de pompage (au puits)

11
B- Techniques d’interprétation à utiliser et calcul des paramètres hydrodynamiques

Les techniques d’interprétation que nous allons utiliser sont les suivantes :
- L’approximation de Jacobs pour la première phase, transitoire.
- La méthode de Dupuit pour la deuxième phase, stationnaire.
- Le principe de superposition pour la troisième phase, remontée transitoire.

Calcul des paramètres hydrodynamiques de l’aquifère


Tous les calculs et courbes réalisés pour ces paramètres sont confinés dans le fichier
« EssaisPompage_Données_ex12_etudiant.xls ». On se focalisera sur les données des
piézomètres afin d’éviter les erreurs liées aux pertes de charge et aux suintements rencontrées
dans le puits de pompage.
a- Phase du régime transitoire
Tout d’abord nous déterminons le débit de notre pompage. Ceci se fait à l’aide des
relevés de notre compteur.
4495,532 − 4494,237
𝑄= = 0,000276709 𝑚/𝑠
4680
Nous traçons, pour les piézomètres, la courbe de rabattement en fonction de log t.

• Transmissivité T
𝟎, 𝟏𝟖𝟑 × 𝑸
𝑻=
𝜶
Où α est la pente de la courbe des rabattements en fonction des log t.

• Conductivité K
𝑻
𝑲=
𝒆
Avec e = épaisseur de l’aquifère.
• Coefficient d’emmagasinement S

Figure 9 : Détermination de S par l'approximation de Jacobs

12
Ainsi :
𝟐, 𝟐𝟓 × 𝑻 × 𝒕𝟎
𝑺=
𝒙𝟐

Pour effectuer l’approximation de Jacobs, on se placera dans les conditions suivantes :

- r est petit
- t est grand (ici on considèrera à partir de t = 720 s)
- le régime transitoire s’arrête approximativement à t = 30 minutes

On obtient le graphique suivant :

Courbe rabattement des piézomètres


0,35

0,3 y = 0,2274x - 0,4375


R² = 0,9808

0,25
Piézo 1
Piézo 2
Delta (m)

0,2
Piézo 3
0,15 y = 0,1732x - 0,4064 Linéaire (Piézo 1)
R² = 0,9929
Linéaire (Piézo 2)
0,1
Linéaire (Piézo 3)

0,05
y = 0,0938x - 0,2409
0 R² = 0,9629
2,7 2,9 3,1 3,3 3,5
log t

Figure 10 : Rabattement en fonction de log t pour les différents piézomètres

D’où :

Tableau 5 : Paramètres hydrodynamiques de la phase transitoire

a b t0 (s) T (m²/s) K (m/s) S x


Piézo 1 0,2274 -0,4375 83,9310398 0,00022268 2,22681E-05 0,000312517 11,6
Piézo 2 0,1732 -0,4064 222,03443 0,00029237 2,92366E-05 0,000334377 20,9
Piézo 3 0,0938 -0,2409 370,024327 0,00053985 5,39848E-05 0,000395753 33,7

13
b- Phase du régime stationnaire

Ici, la méthode utilisée est celle de Dupuit.

Figure 11 : Méthode de Dupuit

On considère que le régime permanent est stabilisé à environ t = 3600 s. On a les


valeurs suivantes pour chaque piézomètre :

Tableau 6 : Valeurs en régime permanent aux différents piézomètres

x (m) Delta (m) log x


Pz1 11,6 0,35 1,06445799
Pz2 20,9 0,205 1,32014629
Pz3 33,7 0,1 1,5276299
D’où le cône de dépression suivant :

Cône de dépression
0,4
y = -0,5408x + 0,9236
0,35
R² = 0,999
0,3
0,25
Delta (m)

0,2
0,15
0,1
0,05
0
1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6
log x

Figure 12 : Cône de dépression en régime permanent

Ainsi :

𝟎, 𝟑𝟔𝟔 × 𝑸
𝑻= = 𝟎, 𝟎𝟎𝟎𝟏𝟖𝟕𝟐𝟕 𝒎𝟐 /𝒔
𝜶
14
𝑻
𝑲= = 𝟏, 𝟖𝟕𝟐𝟕. 𝟏𝟎−𝟓 𝒎/𝒔
𝒆

Rayon d’influence :

𝟎, 𝟗𝟐𝟑𝟔
𝒍𝒐𝒈 𝑹 = => 𝑹 = 𝟓𝟏, 𝟎𝟑𝒎
𝟎, 𝟓𝟒𝟎𝟖

c- Phase de remontée

Ici la méthode employée est le principe de superposition.

Figure 13 : Principe de superposition

Ici, on tracera la courbe des rabattements en fonction du temps pris à partir de l’arrêt
du pompage. On considère dans notre cas que ce temps t’ est d’environ 4680 s.

0,3
Essai de remontée
y = 0,3343x - 0,1337
0,25 R² = 0,9981
Delta remontée (m)

0,2 Pz1
y = 0,2189x - 0,072 Pz2
0,15
R² = 0,9951
Pz3
0,1
Linéaire (Pz1)
0,05 y = 0,0984x - 0,0217
R² = 0,9872 Linéaire (Pz2)
0
0,3 0,5 0,7 0,9 1,1 1,3 Linéaire (Pz3)

log (t/t')

Figure 14 : Variation des rabattements de remontée en fonction de log (t/t')

15
La transmissivité s’obtient par la formule :

𝟎, 𝟏𝟖𝟑 × 𝑸
𝑻=
𝜶

Ainsi, on a la conductivité par la formule :

𝑻
𝑲=
𝒆

D’où les résultats :

a T (m²/s) K (m/s)
Pz1 0,3343 0,00015147 1,51474.10-5
Pz2 0,2189 0,00023133 2,31328.10-5
Pz3 0,0984 0,00051461 5,14611.10-5

16
Partie 4 : COMMENTAIRE D’ARTICLE SCIENTIFIQUE

"La pénurie en eau est la plus grande crise, dont personne ne parle. Ses conséquences
prennent la forme d’insécurité alimentaire, de conflit, de migration, et d’instabilité financière".
Cette affirmation de Andrew Steer, PDG de WRI à l’AFP traduit à suffisance le caractère
néfaste qu’engendre une pénurie en eau.
Les résultats de l’étude américaine qui placent la Belgique au 23e rang mondial en
termes de risque en pénurie d’eau se présentent ainsi comme une épée de Damoclès sur la tête
de cet État.
Dès lors, une question cruciale se pose à la lecture de cet article : la Belgique est-elle
vraiment exposée à des risques de pénurie d'eau ?
La réponse à cette question passe par deux aspects. Premièrement, quels sont les
éléments qui permettent de classer la Belgique parmi les pays à risque de pénurie en eau ?
Deuxièmement, n’existent-ils pas des facteurs qui tendent à tempérer ces résultats ?

La Belgique est en mauvaise position sur le plan des ressources futures en eau. Au
niveau mondial, la Belgique, surtout la Flandre, est en situation précaire. En effet, une grande
partie de la Flandre présente un risque de pénurie hydrique extrême. Ceci s’explique par le fait
que la Flandre est en perpétuelle construction, ce qui ne permet pas à l’eau de recharger les
stocks de réserves souterraines. De plus, l’intense activité agricole de cette région favorise le
drainage agricole ; ce qui réduit contribue aussi à ce déficit en recharge. La décision, de mars
2019, du ministre flamand de l’Environnement visant à retirer le plan « stop au béton » ne
contribue pas à l’amélioration de ces conditions. En effet, ce plan vise à interdire la construction
de nouveaux espaces. Le fort taux d’industrialisation de la Flandre contribue aussi à la
surconsommation des eaux souterraines car elles consomment plus de 60% des réserves. Aussi,
la diminution des précipitations ces dernières années contribuent à ce cri d’alarme de la part de
la RTBF car les précipitations sont directement liées à la quantité d’eau souterraine disponible
(confère bilan hydrologique).
L’eau du bassin de la Meuse est surexploitée. La Belgique se trouve sur trois bassins :
deux principaux, la Meuse et l’Escaut, et un plus petit, la Moselle. L’Escaut et la Moselle sont
plutôt en bonne forme, mais pour la Meuse, c’est plus délicat. D’après les données de l’EEA
sur leur carte interactive de l’index WEI+, ce bassin est systématiquement au-dessus des 20%,
et quasi tout le temps au-dessus des 40%. Ceci s’explique par le fait que le bassin de la Meuse

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est partagé avec les pays frontaliers de la Belgique qui sont des gros consommateurs en
ressources en eaux.

Certes la Belgique est exposée à des risques de pénurie en eau, notamment dans la zone
flamande, mais il existe des facteurs qui permettent tout de même de tempérer cette situation
d’alerte. D’après Aurore Degré, professeur à Gembloux, certes il y a des régions où les
précipitations sont faibles, mais la moyenne nationale est plutôt bonne. En effet, il pleut plus de
500 millions de m3 d’eau par an, en Belgique. De plus, d’après les bilans hydrologiques
fréquemment réalisés dans la partie wallonne, le bilan est pratiquement nul. La Belgique n’est
pas davantage consommatrice d’eau que ce qu’elle reçoit via des précipitations. En outre, les
résultats de l’étude américaine se fondent sur la surconsommation des industries. Ils oublient le
fait que les plus gros prélèvements de ces industries sont directement remis dans le circuit
hydrologique après utilisation. Par exemple, l’eau utilisée dans le refroidissement des centrales
nucléaires est remise à la rivière.
Un autre argument de poids pour atténuer les résultats de l’article américain est que le
bassin de la Meuse étant influencé par les consommations des pays voisins de la Belgique, il
est tout autant influencé par les recharges de ces pays. Ainsi, l’Allemagne par exemple, très
industrialisée, reverse donc une grande partie de la consommation de ses industries dans le cycle
hydrologique.
Pour terminer, il faut noter que cet article vient d’une agence à but non lucratif dont
l’objectif est la protection de l’environnement. Il est donc normal que celle-ci se place du côté
de la sécurité en prenant des « marges de sécurité » très élevées vis-à-vis de ses enquêtes.

En définitive, la question de la pénurie d’eau en Belgique tire ses fondements


principalement dans la surexploitation des industries et des structures agricoles, notamment en
Flandre ; et aussi dans la connexion hydrogéologique entre la Belgique et ses voisins, la rendant
dépendante de la surconsommation de ces derniers. Toutefois, plus de 60% de la consommation
industrielle en eau est retournée dans le cycle hydrologique. Le réchauffement climatique ne
contribuant que très peu à ce déficit. De plus, le rôle des organismes non gouvernementaux à
but non lucratif est souvent de se placer du côté du consommateur et ainsi de tirer la sonnette
d’alarme bien avant que cela ne soit nécessaire. Tout ceci porte à croire que la Belgique a encore
de beaux jours devant elle du point de vue des ressources en eaux.

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