Vous êtes sur la page 1sur 302
Ebersolt, Jean. Constantinople byzantine et les voyageurs du Levant, par Jean Ebersolt, 1918. 1/ Les

Ebersolt, Jean. Constantinople byzantine et les voyageurs du Levant, par Jean Ebersolt,

1918.

et les voyageurs du Levant, par Jean Ebersolt, 1918. 1/ Les contenus accessibles sur le site

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :

*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service.

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit :

*des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits.

*des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque

municipale de

(ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.

Voytfeôîs

JEAN

EDITIONS

EBERSGLT DOCTEURCS LETTRES

il

ERNEST

Leïant":-

LEROUX

= 8, RUE BONAPARTE, -JS. PARIS (VI-)

,

^

1919

:

,

Constantinople

Voyageurs

et les

du

Byzantine

Levant

Constantinople

Yoyag$p

#ilN

ET LES

du

PAR™

/EBERSOLT,

Byzantine

Leyan|>

DOCTEURES LETTRES

ÉDITIONS

ERNEST

LEROUX

28, [RUE BONAPARTE, =8. PARIS '(VF)

'

,

'

1Q18

.

PREFACE

avec Rome et Jérusalem

qui ont hanté

Constantinople^fsi des trois viltèX-inystiques,

temps l'esprit et Vimagination des hommes. Jusqu'au moment où, en 4453, les Turcs s'y installèrent en maî-

tres, la Nouvelle Rome, comme on l'appelait,

des pôles d'attraction tique et religieuse.

qui, animés exclusivement

venaient adorer les reliques que les empereurs byzan-

une de tout

fut un artis-

de la vie intellectuelle,

Elle attire d'abord

par

à elle ceux

la foi religieuse,

tins avaient accumulées

sont les pèlerins du savoir, avides

de leurs connaissances.

dans leur capitale-

Puis ce l'horizon

d'élargir qui y sont amenés

D'autres,

par des raisons politiques et diplomatiques,

saisis-

sent l'occasion de leur voyage pour faire des enquêtes

scientifiques. La plupart

des merveilles qu'ils avaient contemplées, rédigèrent

de ces voyageurs, sous l'impression

des récits, qui furent lus avec avidité par ceux qui ne pouvaient entreprendre

en leur temps un voyage

long et pénible.

Ces relations

de voyagé en Orient

rempliraient une bibliothèque

quelques productions célèbres, ce sont pour la plu-

entière; mais,

à part

part

des livres

qu'on ne lit pas

toujours

jusqu'au

bout, qu'on ne relit jamais.

d'archéologues tout chargés

Qu' il s'agisse de voyages

ou bien de voyages

discussions

reli-

et de naturalistes

de politique

et de

gieuses, les anecdotes

où l'on raconte

en détail

les

O

PREFACE

difficultés

et les

dont on s'est

dangers

tiré,

l'énumé-

' ration minutieuse

des longues étapes

sans ordre

de la course,

choix,

Vamas d'observations

sont là des traits tions anciennes.

le métier de voyageur,

et sans

ce

qui caractérisent

toutes ces narra-

Peu à peu, avec le temps, on apprend

la curiosité s'éveille,

l'obser-

plus précise, et fixe le détail.

l'expression Mais il faut

traduit

modernes

pour trouver

vation

devient

mieux la

cendre jusqu' aux temps

des-

des

pensée

récits clairs, exacts et ordonnés.

Ces relations

anciennes,

où l'auteur s'employait

surtout

à

décrire

les coutumes

moeurs, les dogmes et les pratiques-

politiques

et les

du culte, les évé-

nements importants

moins une source précieuse d'information

n'a pas jusqu'ici tiré complètement

rateurs font, chacun

voix, qui célèbrent les mosquées

ont vu aussi autre chose. Assurément

archéologiques

cessoire ; mais leurs observations

ou les menus

faits,

Sont néan-

dont

on

Si ces nar-

des

ils

parti. le concert

leur partie

dans

et les minarets,

pour

les recherches eux que l'ac-

n ont été souvent

sur des monuments,

qui ont été mutilés depuis

laisser de trace, contribueront

naître

Celle-ci comme dans

ou qui ont disparu

à faire

dans

sans

mieux con-

leurs récits Cependant

la cité du moyen âge.

se reflète, un miroir

il est vrai,

bien imparfait.

l'image

est fidèle, si elle

n'est pas complète.

Parmi

les impressions

sans esprit critique,

qu'ils ont traduites

on pourra

le plus souvent

discerner

certains

traits de ce vieux monde oriental, qui est immuable,

et projeter quelques qui, plus qu'aucune

temps et des mutilations des hommes.

clartés nouvelles

autre,

sur une ville,

du

a souffert des injures

PREFACE

Il

y a dans la désolation

de ces églises converties

de ces palais en ruine,

de ces remparts négligée trop dociles aux

le spectacle

de

en mosquées, millénaires,

une poésie émouvante,

De nos jours

souvent par les pèlerins exclusivement

attraits

de l'islam.

Constantinople

offre aux voyageurs

une si /prodi- que le passé C'est ce passé

cer-

Sainte-

gigan-

déjà caducs

gieuse variété de visions et de souvenirs

est partout inséparable que l'on doit évoquer,

taines réalités

du présent.

si l'on veut comprendre

sa splendeur

nouvelles ou renouvelées.

dans

So/ihie, encore debout

tesque, domine toujours les bâtiments du Vieux-Sérail.

J.E.

Les gravures dont la provenance

quée reproduisent

des photographies

n'est pas de l'auteur.

indi-

INTRODUCTION

Situation de "Constantinople. Son caractère cosmopolite. Sa fonda-

temps 1 Monuments de l'architec-

tion et son

Action destructive du

byzantins.

qu'elles apportent

et des

développement.

voyage.

Ce

hommessur les monuments

ture militaire, civile et religieuse,qui ont échappé

à la ruine totale.

de nouveau à l'his-

Les relationsde

toire monumentalede la ville.

Avec son magnifique

joyau, la Corne d'Or, qui y fai-

sait affluer nople était

les? richesses du monde entier, Constanti-

destinée

lement cosmopolite est par sa situation

à prendre le caractère essentiel- de tous les ports. Ce grand port

le carrefour

des grandes routes

maritimes de la Méditerranée

verra les voyageurs de tous les pays d'Occident

venir aborder par la Marmara,

parcourues de tout temps par les vieilles populations

et de la mer Noire. On

en suivant

y

les routes

méditerranéennes.

détroits les plus mouvementés dé l'univers, y amènera

Le Bosphore,

des

qui

est

un

les pèlerins venus de l'Orient

avoir descendu

par la mer Noire, après

les grands

fleuves qui s'y jettent,

le

Danube, le Dniester,

le Dnieper et le Don.

Carrefour des grandes routes maritimes, Constan-

tinople l'est aussi des grandes

routes terrestres.

Elle

est l'aboutissant

de la voie diagonale

qui traverse

10

INTRODUCTION

l'Europe, et c'est cette route que suivront

d'Occident

des anciennes

triangle,

les peuples

contact avec l'Asie, la terre

Située

au sommet

du

Constanti-

pour prendre

civilisations.

qui fait face au rivage asiatique,

nople forme un pont entre l'Europe et l'Anatolie.

Aussi cette ville devait-elle prendre un développe-

ment

rejoignent

grecque, romaine, byzantine et turque,.elle a toujours

; elle devait être le centre

où se

prodigieux

toutes les civilisations.

Successivement

semblé aux mains de ses possesseurs

proie conquise qu'une

autre conquête

n'être qu'une peut saisir à

son tour. Cette superposition

a créé cette

moins

de quatre civilisations

moins pure qu'Athènes,

passion-

ville étrange,

riche que Rome, mais tourmentée,

nante, énigmatique.

Aujourd'hui

Stamboul est. constellé de mosquées.

Ce

sont elles, qui donnent à la ville son caractère,

son

fin et grave profil, que dessinent

poles et les pointes aériennes des minarets. Lorsqu'il

l'aperçoit

geur éprouve une impression tout à coup dans une splendeur

la rondeur

des cou-

pour la première

fois de la mer, le voya-

d'Orient,

bizarre,

surgissant dans l'en-

chantement de l'étincelante lumière. Ce n'est pas seu-

lement dans ses monuments

les plus célèbres

qu'on

peut aimer cette ville. A côté des grandes

et des palais ottomans,

il y a les mosquées

mosquées

humbles

et fraîches, les petites places ombragées

platanes, les rues étroites et silencieuses

de grands espaces incultes et d'autres

dure, et surtout les champs

des morts,

par de vieux ; il y a aussi pleins de ver- où la masse

sombre des cyprès monte dans l'atmosphère

miroitante.

différentes, tout ce grouillement

Et puis ce sont tous ces visages

de peuples

légère et de races sur les

INTRODUCTION

11

quais, dans les boutiques

elles dédales du bazar. Par-

sa passion

ses

tout le voyageur

de l'Orient

couleurs, dans tous ses contrastes d'ombre

trouve de quoi satisfaire

sous toutes

ses formes et sous toutes

et de

lumière, de bruit et de silence. L'islam a marqué d'une forte empreinte cette vieille

Fio. i. La Poiie Dorée. Vue d'ensemble.

terre byzantine. Mais sous son enveloppe musulmane,

on découvre

ments d'un autre Age sont encore debout ; ils sont les

autre

témoins des traditions,

peuple, l'enveloppe adéquate et expressive d'une autre société.

bien vite son long passé.

des croyances

Des monu-

d'un

Lorsque, après sa victoire sur Licinius, Constantin

le Grand eut choisi sa nouvelle

capitale,

il fit corn-

12

INTRODUCTION

mencer, dès 32.5, la construction

fices, afin que la ville fût prête

solennelle, vrit aussitôt

des principaux pour l'inauguration

édi-

qui eut lieu le 11 mai 33o i. La ville se cou-

de monuments

; elle fut de Rome ;

somptueux divisée en quatorze régions à l'imitation

comme Rome elle était assise sur sept collines 2.

Depuis cette date jusqu'à la prise de Constantinople

en 1453, les empereurs

par les Ottomans,

cessèrent d'embellir leur capitale. L'occupation

ville par les Croisés d'Occident, en 1204, et le pillage

qui s'ensuivit 3, interrompirent la ville eut à souffrir beaucoup

qui ne respectèrent

mais les tremblements de terre, les incendies firent

aussi subir des dommages importants aux monu-

ments. Et les empereurs byzantins eurent à assumer

une tâche continuelle

tion.

ne

grecs de la

ce long travail. Certes de la part des Latins,

ni les édifices ni les oeuvres d'art ;

de réparation

et de restaura-

De 33o à 14.53, on ne compte

pas moins

de huit

tremblements de terre importants i. Les incendies

furent encore plus nombreux. Certains sont pure-

ment locaux et n'endommagent

qu'un ou deux édifices.

D'autres prennent des proportions plus vastes et

1

Cf. J.

Maurice,

Les

de

Coiisfanlinop/e(Centenaire de

s.).

Origines

la Société nationale des

2

Cf. Notitia urbis'

édit. O.

tum,

liche Stàdte und

de

Antiquaires

France, 1804-1904,p.

Notifia

281

Constantinopolitanae dans

Byzance

dignita-

Seeck,Berlin, 1876,p. 230-243; V. Schultze, Allchrist-

Landschaften

: I

Art.

Konstantinopel(324-450),Leipzig,

dans

Cabrol, Dictionnaire

19l3, p. 175 s.; Leclercq,

d'archéologie

dans :i

p.

Cf. J. B.

5io-5i2.

Cf. J. 20, 32 s.

4

p.

chrétienne et de

liturgie; Kubitschek, Art. Byzantion

Pauly-Wissowa,Real-Encyclopàdie.

Cotelerius,

Ecclcsiac

graccac monumenta, Paris, 1686,

Diïck, Die Erdhehen von Konstantino/iel, Laibach, 1904,

INTRODUCTION

1.3

parfois même plusieurs

l'aspect

détruisent tout un quartier,

quartiers,

modifiant ainsi partiellement

de la

ville d.

Ces incendies ont continué leur oeuvre malfai-

sante sous la domination

Les voyageurs byzantins, ces

turque.

noteront, comme les chroniqueurs

qui ont enlevé à la capitale

catastrophes

de sa beauté ancienne. Ils noteront

de voyagé les atteintes portées

une grande partie

aussi dans leur journal

par la main des maîtres actuels de la

siècle par siècle,

l'his-

depuis

que le crois-

la croix. Histoire si émouvante

que

conservées

dans cette

aux monuments

ville. Ils écriront eux-mêmes,

toire des monuments

byzantins

sant a supplanté

l'on s'étonne de retrouver quelques restes debout,

quelques reliques précieuses, grande, multiple et unique merveille qu'est Constan-

tinople !

Ces restes sont cependant

d'une importance civile et religieuse par des spécimens

capi-

est

de

tale. L'architecture encore représentée premier ordre. Les murs d'enceinte

militaire, à Stamboul

révèlent encore toute l'impor-

tance du rôle que Constantinople

a joué

dans l'his-

toire de la civilisation.

lequel se sont brisées les attaques bares venus du Nord et de l'Est. féré sa capitale dans l'ancienne

Ils ont été le rempart

Lorsqu'il

contre

multiples des bar-

eut trans-

Byzance, Constantin

l'avait agrandie

tions. Mais bien vite la ville devint trop étroite 2. Sous

et avait

élevé de nouvelles

fortifica-

Théodose II (408-4.50) la limite fut encore repoussée à

' Cf. F. W.

Unger, Quel/en der byzantinischen Kunstgeschichte,

s.

t.

Vienne, 1878,p. 74

2

Cf. Th.

Piéger, Studien znr TopographieKonstantinopels. Die

Konstantinsmauer (By/.antinischeZeitschrift, XIX, 1910,p. 450s.).

M

INTRODUCTION

l'ouest

et le mur actuel fut élevé. Ces ouvrages

de

défense comprennent d'Or et sur la Marmara,

la mer jusqu'aux

les murs maritimes sur la (-orne

et le mur terrestre

depuis

connu

ruines du palais byzantin,

sous le nom de Tekfour

sont formés

percé de portes, qui donnaient

Serai*. Les murs maritimes

flanqué

de tours

accès à des débarca-

d'un seul rempart,

et

Fio. 2. Mur de[la[Marmara.

dères et à des ports.

tuée par trois lignes de défense: le grand mur inté-

La muraille

terrestre

est consti-

rieur flanqué d'énormes

tours de dimension

tours ; le petit mur avec des

le fossé. Elle

moindre;

en avant

est percée de portes publiques,

cipales rues de la ville aux routes de province,

portes militaires, plus étroites, construites

qui reliaient les prin-

et de évidem-

INTRODUCTION

15

ment dans le but de donner aux défenseurs libre et facile.

un accès

L'entretien

de ces fortifications

immenses

était

Les inscriptions

d'une importance capitale.

le souci constant

tenir

le système

dommages les

attestent de main-

Les

qu'ont eu les empereurs

de

défense toujours

furent

en état.

causés par les

plus importants

FlO.3. Vue prise d'une terrasse du Grand Palais.

tremblements reurs réparèrent

de

de terre. Siècle après siècle, les brèches et les lézardes

la ville, ne

firent plus.

au quartier présentent

plus

; le mur théodosien

les empe- du vieux Ils cons-

mur du v" siècle. Quelques-uns

truisirent des parties entièrement nouvelles. A l'angle

nord-est Séraï, les

ni d'homogénéité

quement.

actuel d'Eïvan de continuité

disparaît brus-

dans sa

remparts

La ligne de défense

est formée,

1(Î

INTRODUCTION

plus grande

partie, par un simple mur sans fossé.

Près de la Corne d'Or, Héraclius, au vn° siècle, puis

Léon l'Arménien, au ixe siècle, élevèrent des lignes de

défense formant

Manuel Comnène, au xii" siècle, construisit un rem-

part massif, flanqué de tours trapues. Les empereurs

une véritable cidâtelle.

Plus loin

de la dynastie des Paléologues érigèrent côté un mur et des tours carrées.

aussi de ce

Mais les fortifications

de l'époque

de Théodose II

subsistent encore dans leur plus grande partie. Bien

que les souverains aient reconstruit

de murs ou des tours effondrées, les murailles terres-

tres ont conservé dans l'ensemble

primitif. Les murailles maritimes ont beaucoup plus souffert ". Parmi les portes, qui donnaient accès à la capitale,

la plus grande, Porte Dorée.

laquelle passaient les basileis lorsqu'ils revenaient

ici et là des pans

leur aspect

la plus imposante

de toutes était la

celle

sous

C'était l'entrée

officielle,

d'une campagne victorieuse. Elle subsiste mais dépouillée de presque tous ses ornements.

encore On y

a reconnu un arc de triomphe construit par Théodose

le Grand après sa victoire sur Maxime en 388. Cet arc

monumental, la construction

à cette époque enclavé

édifié en avant les propylées,

à trois ouvertures,

aurait existé avant

des murs de Théodose IL II aurait été

dans la nouvelle enceinte

et

constitués

l'on aurait

1

Cf. A. van Millingen,Byzantine Constantinople.

and

adjoining

The xualls

of

historical sites, Londres,1899,p. i5 s., 40 s.,

11

s.

the city

95 s., n5 s., 164s.; Mordtmann, Esquisse 'topographiquç de Çîrwf.s-

tantinople, Lille, 1892,p.

INTRODUCTION

17

une porte, flanquée de deux colonnes

des monuments

et de deux

civile

par

ailes '. La plupart

de l'architecture

n'ont pas échappé à la destruction

Palais que Constantin édifia près de l'Hippodrome,

l'actuelle

ruines et des souterrains. Cette immense aggloméra-

et de jardins,

d'églises et de salles, surmontées

tion de cours, de galeries, de pavillons

totale. Du Grand

de FAt-Meïdan, il ne reste que des

de coupoles, occu-

place

pait à la suite d'agrandissements successifs tout le terrain, qui s'incline en pente douce de l'Hippodrome

jusqu'à la mer. Son entrée Sainte-Sophie 2. Au-dessus du mur maritime

faisait face à

principale

subsiste un édifice en sur la mer par de

ruine, avec une façade s'ouvrant

grandes portes, donnant

fice, connu

Justinien », a été remanié.

murées ; les chambranles de marbre ne présentent

plus d'homogénéité, dans leur ornementation,

accès à un balcon 3. Cet édi-

sous le nom de « Maison de

Certaines

portes ont été

généralement

ni dans leurs dimensions, ni dans leur profil. Cette

ni

1 Cf. J.

Strzygowski, Das goldene

1

s.);

lui

A. van

Thor in

Konstantinopel (Jahr-

Gurlitt,

Die

Ces conclu-

buch des Kaiserlicb deutschen

t. VIII,

Baukunst 1893,p.

sions sont contestées

deutschen arcbaeologischenInstituts,t. XXXIX,JAthènes,1914,p. s.).

D'après

le Grand mais à ThéodoseII. La Porte Dorée aurait donc été cons-

archaeologischenInstituts,

s. C.

;

1.

Millingen,op. cit., p. 5g

latine se

Konstantinopels, Berlin, 1907,p. 2, 3, pi.

par

E.

l'inscription

Weigand(Mitteilungen des Kaiserlicb

1

rapporterait

non

pas

à Théodose

truite à la même

2

Cf.

le mur.

époqueque

.1. Ebersolt,

Le Grand Palais de

et le livre

Thiers, Les ruines et

Constantinople

des

les substructions du Grand Palais des

Cérémonies,Paris, 1910;

Cf. C.

J. Ebersolt et A.

empereurs byzantins

Inscriptions et

(Comptesrendus

Lettres,1913,p. :i

des séancesde l'Académiedes

3i

s.).

Belles-

Gurlitt, op. cit., p. G,7, fig. 15.

l8

façade

INTRODUCTION

a du subir des restaurations

byzantine.

Plus

loin que le balcon,

déjà à l'époque dont quelques

sont encore

supports

arcade soutenue par deux colonnes surmontées

chapiteaux,

Dans la tour d'angle

de colonnes Tout près, plusieurs

en place,

s'ouvre

une triple

de

qui par leur style datent du vi° siècle '.

voisine sont encastrés

et un chapiteau

de la même

des fûts époque.

dans

le mur maritime,

on

voit encore

d'un grand entablement

à la mer,

l'édifice

du

est

fragments

v° siècle 2. Du côté opposé

aussi dans un état de profonde dégradation

voûtées s'écroulent

; les salles,

Dans

; les murs ont été coupés.

l'état actuel il est difficile de connaître l'ordonnance

de ce palais et de l'identifier, avec le palais de Justinienou

comme on l'a fait, soit

d'Hormisdas,

soit avec

le palais de Théodose

II ou du Boucoléon 3.

Du palais des Blachernes,

qui était situé à l'autre

extrémité de la ville, au quartier actuel d'Eïvan-Séraï,

qu'on

appelle aujourd'hui Tekfour Séraï, serait une annexe de l'ancienne demeure des derniers empereurs byzan- tins, qui firent des Blachernes la résidence habituelle

il lie reste

rien debout.

L'édifice en ruine,

de la cour *. Les voyageurs

et les archéologues

ont

1

Cf.

.1. Ebersolt,Rapport des Missions

sommairesur une Mission à Constanti-

scientifiques, nouvelle série, fasc. 3, Paris,

nople (Extrait

1911,p. |5, pi. XIV, fig. 20).

2

Cf.

.L

Paris, 1917,p.

3

Cf. A. van

p.

p.

54 ;

112

A.

Zanotti,

1.53s.

s., '' Cf. A. van

8-10, lig. 17,

p.

von

Ebersolt, Mélanges d'histoire et d'archéologie byzantines,

120-121, pi. II, lig. 2, G.

Millingen,op. cit., p. 269s., 274; Mordtmann,op. cit.,

Autour des murs de

;

Constantinople,Paris, 1911,

s.; C. Gurlitt, op. cit.,

Millingen, op. cit., p. 109

22, 33 W. Salzenberg, Allchrislliche Baudenkmale

Constanfinopel, Berlin, 1S54,p.

3G s.,pi. XXXVII,XXXVIII

INTRODUCTION

«9

aussi émis diverses.

sur

cette ruine

les opinions

les

plus

Si les palais,

qui furent successivement

habités par en ne lais-

les anciens

sant que quelques

maîtres

de la ville, ont disparu

traces, les petits palais îles familles

FIG. 4. L'emplacement de l'entrée du Grand Palais.

princières et des hauts personnages,

les maisons

des

particuliers

n'ont laissé

sur

le sol aucun

vestige

authentique. Les monuments civils sont représentés par l'Hippo-

drome, qui fut construit

par Septime Sévère,

puis

embelli et complété par Constantin

'. Les parties

qui

subsistent

d'hui par la place de l'At-Meïdan,

de cette immense arène,

occupée aujour-

sont le grand

mur

1 Cf. J. Ebersolt, Le Grand Palais de Constantinople. p. |3.

20

INTRODUCTION

de soutènement, qui termine l'Hippodrome du côté de la mer et, sur le côté nord-ouest, une galerie paral-

lèle à l'ancienne piste 1. De l'ancienne décoration

ne reste en place que

les trois

monuments,

il

qui

ornaient la spina. La Colonne serpentine,

le trépied de Delphes, fut placée sous Constantin

Grand 2. L'Obélisque égyptien fut érigé par Théodose

qui porta

le

le Grand, en 3go, sur un piédestal

tures 3. L'Obélisque

décoré de sculp-

de pierre, connu aussi sous le

nom de Colosse, fut restauré

au x° siècle, sous le

règne de Constantin Porphyrogénète *.

Les monuments honorifiques, élevés par les empe-

reurs sur les places publiques, d'hui à un bien petit nombre.

phyre de Constantin le Grand .appelée vulgairement Colonne brûlée, se dresse découronnée et calcinée

sont réduits aujour- La Colonne en por-

sur un carrefour

de Stamboul,

elle indique l'emplacement de l'ancien forum de

par les incendies,

'Cf. A.'Thiers, L'Hippodrome de Constantinople(Comptes ren-

dus des séancesde l'Académiedes Inscriptions et 1913,p. 38-3g).

2

(Jahrbucher

1860,p.

3

5i3

Cf. F. W.

M. Dalton, Byzantine

V, 1896,p.

i58

s.) ;

E. A. Grosvenor, The

Belles-Lettres,

Cf. O. Frick,Vas pïataeische Weihgeschenk zu Konstantinopel

fur classische s.).

Unger,

Philologie, III Supplementband,1S57-

Art and

Archaeology, Oxford, 1911,

Porphyrogennelos

Hippodromeof

Cons-

Ueberdie vier Kolossal-Siiulenin Constan-

tinopel (Repertorium fur Kunstwissenschaft, t. II, 1879,p. 126);

O.

p. '' 144. Cf. B. Paluka, Die Saule Konstantms VU

auf dem Hippodrom zu Konstantinopel(Bj'zantinischeZeitschrift,

t.

and its slill existing Monuments,Londres, 1889,p. 5i.

sur le

piédestal,

ne

parle pas

tantinople

L'inscription retrouvée

du Colosse, commeon le croit généralement, mais d'une restaura-

tion.

de l'érection

INTRODUCTION

21

Fio, .). Ruinesdu Grand Palais. Pavillond'escalier.

22

INTRODUCTION

Constantin 1. La Colonne qu'Arcadius érigea, en 403, sur la place du Xérolophos, n'a conservé que son pié- destal, qvii se dresse, mutilé, dans le pauvre quartier d'Avret-Bazar 2. La Colonne de l'empereur Marcien (450-457), dégagée récemment par un incendie, a con-

aspect primitif 3, de

même que la Colonne, qui s'élève dans les jardins du

Vieux-Sérail. Les uns attribuent

servé dans son ensemble

son

cette dernière

à

Claude II le Gothique (268-270), les autres à Théodose le Grand (379-395)''.

Les autres monuments

de la vie civile, thermes,

hospices, hôtelleries, marchés, portiques, magasins et entrepôts, tribunaux, édifices d'administration publi-

ont disparu de ville, qui était

que, établissements d'enseignement, la surface du sol actuel. Cette grande

en même temps un grand port, avait aussi des ponts,

des jetées, des ateliers de construction

tion, des arsenaux, des phares. Elle était pourvue des moyens pour fermer les ports, pour amarrer les vais- seaux sur les quais.

et de répara-

1 (X logique

-

Unger, loc. cit., p. 110;

poème de

IX, 1S96,p. 71 s.).

Th.

Reinach,

Commentairearchéo-

sur le

t.

Constantin le Khodien (Revue des Eludes

Die Saule des

grecques,

Cf. Arkadius Unger, in

loc.

cit., p. 121;.1. Strzygowski,

des Kaiserliclideutschen

Konstantinopel(.Jahrbuch

t.

archaeologischenInstituts,

Colonned'Arcadius à

publiéspar

p.

VIII, i8<)3,p. 2.3o s.); A. Geffrov,La

Constantinople (Monuments et

Mémoires

l'Académiedes

Inscriptions et Belles-Lettres, t. II, 1895,

s. : C. Gurlitt,op. cit., p. 16,

99*s.); Th. Reinach, loc. cit., p. 78

% 41-

3

Cf.

.I. Ebersolt,Iltude sur la topographie et les' monumentsde

de la Revue

archéologique,1909,II, p. 1-4).

12; N. Kondakov,Vizantijskija

Constantinople(Extrait ''

Cf. W.

Tserkvii

v

Salzenberg,op. cit., p.

Pamjafniki Konstantinopolja(Trudy VI archeologiëeskago

5o.

sjezda Odessje,Odessa,1S87,p. 107, pi. 7): C. Gurlitr, <>/>.cit.,

p.

17 ; Mordtmann,op. cit., p.

INTRODUCTION

2.)

Parmi les grands travaux d'utilité publique l'archi-

tecture hydraulique est seule représentée par des restes

importants. de conduites souterraines

système

ducs. L'aqueduc, construit par l'empereur Valens, en

368, et réparé à différentes

byzantins la série

de

La ville était alimentée

en eau par un et par des aque-

reprises parles empereurs

turcs, allonge toujours

depuis

la mosquée

et par les sultans

ses arcades

de

Mohammed jusqu'au Séraskiérat, et évoque en plein

Stamboul, le souvenir

de la campagne

romaine. Ce

d'adduction alimentait les thermes,

les fon-

système

taines

aux besoins d'une population considérable

les sièges. Parmi ces réservoirs,

ouvert, sont représentés par des monuments

ont été étudiés et relevés pour la plupart'.

Les monuments de l'architecture aussi très malitraités. Des nécropoles

des constructions monastiques aucune n'est restée

et de grands réservoirs,

les autres

destinés à subvenir

pendant

les uns sont à ciel

à colonnes.

Ils

nombreux, qui

religieuse ont été chrétiennes et

sont des citernes

debout. Les églises seules ont été épargnées,

petit nombre

si l'on, songe

aux centaines

tuaires où la piété des hommes

vait un refuge.

du moyen Sainte-Sophie,

Sans doute

mais en de sanc-

âge

trou-

l'oeuvre-

1 Cl. P. Forcliheimeret .1.

1893). Outre

cet

Was-

Konstantinopel (Byzantiniscbe Denkmaler,t. II,

Strzygowski, Die byzantinischen

on consultera B.

Paluka,

serhehiilter von

Vienne,

unbekanntc

/Sine

t.

ouvrage

byzantinische

Zisterne

(ByzantinischeZeitschrift,

IV, 1895,p. 594 s. ); K.

bir-direk

Die Steinmelzzeicliender Bin-

Wulzinger,

(ibid., 191.3,p. 459 s.) Kouppas('O èvKiDvc-avTsvoumi'U'.

;

l'w.).T|Vty.(,;'l'cÀoXoYiy.b;^j-jAAoyo;.Wpya'.o'/.o^r/.-qÏTî'.TprjTir,.HapàpTr^j-a

du A. t. van 20-22, 1892,p. 47 s.); Millingen,op. cit., p.

dion (ByzantinischeZeitschrift, t. XII, 1903,p.

Sideridis 23 s.; .1.

"(ibid., 29,- 1907,p.

Pargoire,

A

,|(>3).

propos

t.

252

s.) ;

de llora-

INTRODUCTION

24

Elle est

pour l'art byzantin ce que le Parthénon est pour l'art

grec, et résume un ensemble de méthodes et tout un idéal d'art i. Mais combien d'autres ont disparu sans laisser de traces, comme cette église des Saints-Apô-

tres, qui fut le Saint-Denis des empereurs byzantins

maîtresse de Justinien,

n'a pas été détruite.

2 !

Et parmi celles qui sont encore

transformées en mosquées, ont subi des mutilations

debout, la plupart,

et des remaniements, leur cachet ancien 3.

qui leur ont enlevé, en partie,

c'est dans ces églises que l'on peut le

splendeur de

Cependant

mieux se rendre compte de l'ancienne

Byzance. Devant ces marbres polychromes, qui tapis- sent les murs, devant ces mosaïques brillant dans un

reflet d'or atténué par l'ombre, qui fond les aspérités,

les découpures

toutes les époques

et unifie les teintes,

le voyageur de

et de tous les pays a ressenti la

1

Sur

Sainte-Sophie la monographie la plus

récenteet la

plus

com-

est celle de E. M. Antoniadis,"E/.cppoccri;TTJÇ'A-fiocçSoçîaç,

plète

t.

la Grande

Etude de dans N.

I-III, Athènes,1907-1909. On trouveraune bibliographie concernant

Eglise dans .1. Ebersolt,Sainte-Sophie de Constantinople.

les Cérémonies,Paris, 1910,p. s., et

1

topographied'après

Chram Sv.

8

Sofij v Konstantinopoljé(StaryeGody,

Okunev,

1915,p. s., 29).

Heisenberg, Grabeskirche nnd Apostelkirche, t. I, II,

de

Eglises

Constantinople

Ministère

auspices du

191-3, et Album).

novembre

- Cf. A.

Leipzig,1908.

3

Cf.

.1. Ebersolt et A. Thiers, Les

(Monuments de l'art byzantinpubliés

de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,Paris

sous les

plus

Sur Kahrjé-Djami, où est conservéle

bel ensemble de mosaï-

ues anciennes, v. A. Riïdell, Die Kahric-Dschamisi in Konstanti-

nopel, Berlin,

tija russkagoarcheologiceskago Instituta v Konstantinopoljé, t. XI,

abondante bibliographie sur les

monumentsde Constantinople dans Ch. Diehl,Manueld'art byzan-

tin, Paris, 1910, et dans O. M. Dalton,Byzantine art and archaeo-

logy, Oxford,1911.

1908, et surtout F. Schmitt, Kachrie-Dzami

On trouveraune

"

(Izvjes-

1906 et Album.)

INTRODUCTION

25

beauté d'un art fait de distinction art éminemment décoratif.

et de noblesse, d'un

Aussi les impressions

que les pèlerins ont éprou-

vées devant toutes

cieuses à plus d'un titre.

témoins qui, de siècle en siècle, exprimeront

ces oeuvres d'art

sont-elles

pré- sont des leurs

Ces voyageurs

sentiments et leurs idées en présence

de cette ville.

En énumérant et en décrivant les monuments visités,

ils apporteront

souvent des données précieuses

sur

les édifices qui ont échappé qui ont été complètement

nouveaux compléteront sur beaucoup de points les renseignements trop souvent incomplets des histo- riens et des chroniqueurs byzantins. En orientant eux-mêmes le lecteur archéologue ou. ami de l'archéologie sur l'histoire monumentale de la ville du Bosphore, les voyageurs exposeront aussi les efforts considérables, qui ont été faits pour découvrir

à la ruine ou sur ceux

détruits.

Ces éléments

les secrets de cette ville sur laquelle il plane encore

tant de mystère. Ces chercheurs

dont les investigations n'ont pas été toujours cou-

qui

reste à accomplir,

épis sont encore dispersés.

et ces travailleurs,

ronnées par le succès, exposeront enfin la tâche,

pour lier cette gerbe d'or dont les

CHAPITRE PREMIER

Les voyageurs

du Levant au moyen âge

La découvertec}eConstantinople. Ibn ben lahja impressions d'un

:

musulman; la Colonnede Justinien. Maçoudi : la ville aux

surpeuplés. Les ambassades de

Luitprand, moîne évêque de

Les adorateurs de

Croisés: Odon de Deuil;

Tvr. Ldrisî: son étonnement devant la « ville

tlevantles statues. Benjamin de Tudèle: caractère

reliques: Joseph,

aspect

rivages

population; quartier

de Crémone,"

Les

Cantorbéry

intérieurde la ville.Guillaume.de

incomparable » et

des cosmopolite Blachernes. de

palais

Bap-

quatrième Croisade;

la

embelli par Manuel1erComnène. Antoine.,deNovgorod: le

tistère de

des tanneurs le

;

Sainte-Sophie ; les portiques.

La

Gcoflroîde Yillehardouin: impression des Croisésen découvrantla

ville; le

de

xiv

sur la Corne d'Or; Robert de Clan : les « merveilles»

russes du

pont

la cité.Aboulféda: les maisonsen ruine.

1' et <\u xv,!siècle : les

Les. pèlerins

du Boucoléonet de Contosca-

les Colonnes

honorifiques.

d'Or; les plomb.

sa couvertureen

peu peuplé et mort;

ports

lion; le

de

portique

l'Hippodrome;

Ibn Hatoutab: son arrivée au son des cloches; la Corne

marchés

les Ruy

1.

Schiltberger : Sainte-Sophie;

Clavijo

Gonzalezde

drome, ses portiques

montî: les

de

de

Gilles le Bouvier: la Nestorlskander:

geurs du moyenâge

: le centre de la ville

quartiersmaritimesmouvementéssur la Corne d'Or; l'Hippo-

et 'ses oeuvresd'art,

Buondel-

place

Chiïstophore

maritimessur la

Marmara;

restes de la

quartiers

l'Augustéon et de l'Hippodrome; statues et colonnes.Ghillebert

Lannoy. Bertrandonde la

portiques,

:

Broquière : aspect général de la ville.

population commerçante et cosmopolite.

rues couvertes.—Les récits des voya-

la ville telle qu'elle leur apparut.

28

CONSTANTINOPLEBYZANTINE

dans

Vie de l'empereur

ans avant

Charle- sa mort,

Eginhard,

sa

raconte

que, trois

le

magne,

monarque fit la distribution

biens mobiliers et qu'il consigna ses intentions

un écrit daté de 8ll.

de ses trésors et de ses

dans

de ses meubles

se et une en or de

L'une d'elles,

la ville

à la basilique

Au nombre

trouvaient

en argent dimension et de poids considérables.

de forme carrée, sur laquelle était représentée

de Constantinople, de Saint-Pierre

des tables

devait être donnée

de Rome ; l'autre,

de forme ronde,

ornée d'une vue de Rome,

épiscopale

description

était destinée

à l'église

de Ravenne ; la

troisième, contenant une

devait être distribuée

du monde entier,

en aumônes i.

S'il existait, déjà au ixu siècle, des vues et des plans

il devait

de l'Ancienne

et de la Nouvelle

Rome,

exister aussi des descriptions

des deux capitales

de

l'Occident

Ibn ben lahja, qui avait été transporté,

puis de son

à Salonique

voyage, pleine d'histoires miraculeuses, mais où l'on

trouve ici et là quelques renseignements

Constantinople très puissante

plus frappé cet Oriental,

prix, c'est le système d'aqueducs

et de l'Orient.

Au ix° siècle, un Arabe,

comme pri-

sonnier de guerre, d'Ascalon à Constantinople,

et à Rome, écrivit une relation

précieux 2. d'une ville

lui donne l'impression

d'oeuvres

et remplie

d'art. Ce qui a le

pour qui l'eau a un grand

qui, dan