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Institutions judiciaires, institutions

administratives et sources du droit


Préambule :

Matière apparaît en 1968, a assez mauvaise réputation, matière technique mais c’est une matière qui
est vivante pour accompagner les évolutions économiques, sociales.

Loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle

Loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme de la justice

Matière importante en tant que citoyen, elle permet de comprendre comment la justice fonctionne,
à quels problèmes elle est confrontée, elle a une importance politique. La question de la place de la
justice dans une société est une question importante, par exemple le statut des juges qui varie en
fonction du type de régime. Autre exemple, celui des moyens attribués à la justice, faut-il construire
de nouvelles prisons, recruter e nouveaux juges…

Chaque année on compte entre 3 et 4 millions de décisions de justice, le budget de la justice en 2019
était d’un peu plus de 9 milliards d’euro. Jean Castex a annoncé une augmentation du budget de 8%.
En 2019, il y avait 90 000 agents au service de la justice. C’est une matière en tant que juriste, d’un
point de vue théorique d’abord, elle va permettre d’acquérir du vocabulaire juridique, par exemple
on dit d’une loi qu’elle dispose et qu’un contrat stipule. Un tribunal de 1 e instance rend des
jugements, cour d’appel et cour de cassation rend des arrêts et des décrets pour l’exécutif. C’est une
matière qui constitue la base de la formation de juriste, donne une culture juridique de base. Au-delà
de son important théorique, elle a une importance pratique, la connaissance du fonctionnement des
juridicti ons est indispensable.

I) Vocabulaire des organisations juridictionnelles


II) Eléments historiques, histoire des institutions juridictionnelles
III) Eléments juridiques, les sources des institutions juridictionnelles, qui est compétent pour
réglementer la matière
IV) Eléments méthodologiques, comment travailler le cours, quels ouvrages consulter

I) Vocabulaire des institutions

A) Observations générales

Quelles sont les relations entre les institutions juridictionnelles et le droit. Qu’est-ce que le droit ?
Ensemble des règles de conduite socialement édictées et sanctionnées qui s’imposent aux
membres de la société par conséquent il existe un lien consubstantiel entre la société et le droit c’est
ce qu’exprime le célèbre adage latin « Ubi societas, ibi jus », -> là où il y a une société il y du droit. Il
intervient pour gérer les différentes contestations. Cet adage a une double signification, certes une
société ne peut se passer d’un droit qui établit un ordre mais réciproquement il ne peut y avoir de
droit que là où il y une société puisque c’est un ensemble de règles sanctionnées par une puissance

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publique. Il y a également un lien consubstantiel entre le doit et la fonction de juger, en Egypte il y
avait déjà 30 juges qui formaient une compagnie chargée d’exercer dans tout le royaume.
Aujourd’hui la fonction de juger ne peut pas se passer des institutions juridictionnelles, l’état
moderne a instauré un service public de la justice, c’est un ensemble d’institutions qui sont destinées
à rendre la justice c’est-à-dire à régler les différends et à faire régner l’ordre. Ce cours a pour objet
l’étude de l’ensemble des institutions qui concourent à l’administration et à l’exercice de la justice.

Droit substantiel est ce qui constitue la matière même du litige, le cours d’institutions juridiques a
pour objet la mise en œuvre de ces litiges, on est dans l’étude du droit processuel (la prérogative
permettant de mettre en œuvre le droit substantiel devant une juridiction). Le droit processuel est au
service du droit substantiel, il permet d’assurer son respect en justice.

B) Terminologie spéciale

. Institutions : l’ensemble des mécanismes et des structures juridiques encadrant les conduites au
sein d’une collectivité par exemple on parle des institutions de la justice ou de la Ve République.
Définition de Gérard Cornu.

. Juridique est un terme très large, tout ce qui attrait au droit, juridique est différent de
Juridictionnelle.

. Juridictionnelle c’est tout ce qui se rapporte à une juridiction soit comme organe soit comme
fonction.

. Juridiction vient de « juris dictio » -> dire le droit, organe qui a le pouvoir de juger par
application du droit, elle tranche les litiges en disant le droit. La mission du juge est de rendre la
justice en disant le droit

. Justice : pour Aristote (IVe s av JC) c’est à la fois une vertu et une institution, pour lui l’aspiration
fondamentale de la justice c’est de chercher une juste répartition des biens c’est son fameux
« jus suum cuique tribuere » -> La justice c’est de rendre à chacun le sien, c’est de donner à
chacun la part qui lui revient dans le partage des biens dans une communauté. La justice c’est
l’équilibre, l’harmonie. Les symboles de la justice sont évocateurs : la balance qui renvoi à la
pesée des choses, il ne doit pas y avoir de poids de mesure quant au glaive c’est le bras armé de
la justice, c’est le pouvoir de commander pour que le droit soit exécuté, dernier symbole est le
bandeau qui désigne l’impartialité. Lien très étroit entre la justice et le droit, la justice est
l’horizon du droit, il y a des règles de droit qui peuvent sembler injuste, elle peut être hors du
droit. D’Aguesseau (fin XVIIe-XVIIIe) disait que le justiciable attend du juge des arrêts de cœur
alors qu’il rend des arrêts de droit.

. Judiciaire, il faut distinguer un sens large et un sens étroit, au sens large judiciaire désigne ce qui
relève de la justice autrement dit il se pose en opposition aux pouvoirs exécutif et législatif, il faut
distinguer dans ce sens large le juridique et le judiciaire, le droit n’est pas nécessairement
contentieux, dans la grande majorité il ne l’est pas. Au sens étroit, il désigne ce qui concerne un
type spécifique de justice ou de droit, la justice qui est rendu par les juridictions de l’ordre
judiciaire, si bien que dans ce sens judiciaire s’oppose à administratif, cette distinction s’explique
par le fait que l’on traite différemment les litiges entre particuliers et les litiges qui intéressent
l’Etat. Les juridictions de l’ordre judiciaire vont régler les litiges opposant les particuliers entre
eux alors que les juridictions de l’ordre administratifs tranchent les litiges entre un particulier et
l’Etat.

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Au sein même de l’ordre judiciaire il y a des subdivisions, il faut distinguer les juridictions civiles
et les juridictions pénales (affliger des peines à ceux qui se rendent coupables d’infractions)

Chacun de ces ordres est hiérarchisé c’est-à-dire que l’on trouve des juridictions de 1 e instante,
des juridictions d’appel, cours suprême dans les Deux ordres. Conseil d’Etat et au sommet de
l’ordre administratif et la cour de Cassation au sommet de l’ordre judiciaire.

II) L’histoire des institutions judiciaires et administratives

L’histoire de la justice c’est celle de modernisation constante, de nombreuses périodes se sont


succédées. Découpage quelque peu grossier.

 Première étape importante -> monopolisation de la justice par l’Etat c’est l’étape qui traduit
le passage de la justice primitive à la justice publique. La justice primitive s’étend d’une très
vaste période qui a un caractère religieux, il existe un lien très fort entre le droit et le sacré
c’est pourquoi les 1e juges sont des prêtres, la justice a un caractère familiale et privée
puisque la vengeance est le mécanisme de régulation des rapports sociaux, c’est une justice
qui repose sur une responsabilité collective (en cas d’attentat contre le roi les proches sont
frappés ), c’est une justice primitive qui repose sur une substitution du coupable (ex dans le
code d’Hammourabi, un des 1e texte juridique 1750 av JC, on nous dit si la maison s’écroule
et tue le fils du maître, par une forme de parallélisme c’est le fils de l’architecte qui va être
mis à mort), c’est une justice qui connaît la loi du taillon, une justice qui connaît une forme
de réciprocité entre le crime et la peine, c’est une justice qui connaît un début d’ordre. La
monopolisation de la justice va se faire au cours du XVIe siècle, dès la fin du Moyen - Age,
« nul ne peut se faire justice à soit même », l’Etat prend la responsabilité de rendre la
justice, la justice doit être rendu par un tiers étranger au litige, indépendant des partis et
impartial.

 Deuxième grande période, celle de l’ancien régime, période de l’ébullition des institutions
qui sont chargées de rendre la justice (juridictions royales, seigneuriales et canoniques), ainsi
à l’époque la justice est un enjeu de pouvoir. Dès cette époque-là les juridictions sont
hiérarchisées, il y a des juridictions inférieures et supérieures, il est possible de remettre en
cause les décisions des juridictions inférieures devant des juridictions supérieures en effet,
les parlements étaient des juges d’appel, ils peuvent connaître des décisions inférieures, de
même, le Conseil des partis peut connaître des décisions des parlements. La justice est très
critiquée, notamment la vénalité des charges de magistrat, les juges achetaient des charges
au roi et une fois le procès gagné, le vainqueur donne au juge des épices. Autre objet de
critique, les privilèges de juridiction, la justice de la noblesse et du clergé étaient composés
de leurs pères si bien qu’ils se jugeaient entre eux. Enfin, la lenteur de la justice (recours
dilatoires -> le seul but est de gagner du temps)

 Troisième période, Période de la Révolution, on va construire une new organisation


judiciaire, quelques grandes dates :

- Nuit du 4 aout 1789 abolition des privilèges de juridictions et de la vénalité des


charges.

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- La loi des 16 et 24 août 1790 c’est une très grande loi des institutions juridictionnelles
(qui subsiste toujours dans ses grandes lignes), l’assemblée constituante va façonner
de nouvelles institutions d’abord les tribunaux de districts (anciens TGI), justices de
paix (anciennement TI) et puis les tribunaux de commerce.

Outre ces nouvelles juridictions on voit apparaître les principes fondamentaux, d’abord le principe de
la séparation des pouvoirs, ensuite celui de l’égalité devant la justice, et celui de la gratuité de la
justice et puis dernier principe, celui du double degré de juridiction c’est la possibilité de faire une
fois appel de la décision rendue.

- Dernière grande loi sous la révolution, 27 novembre et 1e décembre 1790, elles voient
l’avènement du tribunal de Cassation (ancêtre cours de Cassation).

 Quatrième période, celle se déroulant sous le Consulat et le Premier Empire (1799 – 1814)
c’est une période d’innovation, c’est dans cette période que sont adoptées les réformes les
plus importantes :
- S’agissant de l’ordre administratif, création du Conseil d’Etat par la Constitution du 22
frimaire an 8 (13 décembre 1799). Deuxième point on va également créer les ancêtres
des tribunaux administratifs avec la loi du 28 pluviôse an 8 (17 février 1800), les
conseils de préfectures.
- S’agissant de l’ordre judiciaire, la loi du 27 ventôse an 8 (18 mars 1800) instaure les
tribunaux d’appel, on remplace le système de l’appel circulaire (- > consiste à rejuger
l’affaire devant le même degré de juridiction), deuxième chose, la loi du 18 mai 1806
voit la création des conseils de Prud’hommes. Enfin, avènement d’une dernière loi le
20 avril 1810 sur l’organisation de l’ordre judiciaire.

 Cinquième période, postérieure à la chute du Premier Empire (1814) elle s’étend jusqu’en
1958, période de consolidation, chacun de ces ordres va être modifié :
- Au sein de l’ordre judiciaire on note un phénomène de spécialisation cela veut dire
que l’on va faire juger certains litiges par des juridictions particulières, elles existent
toujours. D’abord le tribunal paritaire des baux ruraux tranche tous les litiges entre
les propriétaires des terres agricoles et le locataire (le fermier), on instaure aussi des
commissions de sécurité sociale qui sont les ancêtres des tribunaux des affaires de la
Sécurité Sociale.
- En matière pénale on créer les juridictions militaires.
- Dans l’ordre administratif, la fonction de juger du Conseil d’Etat va s’accentuer, loi du
24 mai 1872 où le conseil devient une juridiction à part entière, transformation des
conseils de préfecture en tribunaux administratifs. On note aussi le passage de ce que
l’on appelle la justice retenue à la justice déléguée (justice exercée par des juges
indépendants du pouvoir). Enfin, apparition d’une juridiction très importante ->
tribunal des conflits qui va régler les conflits de compétences des juridictions de
l’ordre administratif et judiciaire.

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 Sixième période, celle de la rénovation, période consécutive à la constitution de 1958.
Réorganisation de la justice et des juridictions, on va ajouter l’échelon manquant : les cours
administratives d’appel sont créées avec la loi du 31 décembre 1987, on voit apparaître la
nomination Tribunal d’Instance (TI) et Tribunal de Grande Instance (TGI), refonte du statut
des magistrats le 22 décembre 1958 et puis diverses modifications du conseil supérieur de
la magistrature (organe constitutionnelle qui garantit l’indépendance des magistrats de
l’ordre judiciaire par rapport au pouvoir exécutif).

 Septième période, l’actuelle, tendance à la multiplication des reformes d'abord la très grande
loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du 21 e siècle "loi j21", son objectif
est extrêmement ambitieux il s'agit de rendre la justice plus simple plus efficace plus
accessible et plus indépendante. Cela a débouché sur un grand nombre de mesures ayant
pour objectif de recentrer le juge sur sa fonction première c’est à dire le règlement des
litiges. Ainsi, on l'a en parti écarté du contentieux du divorce, cette procédure peut
désormais être effectuée sans l’intervention d’un juge si les deux partis ne sont pas en
conflit. L’intervention du juge doit être limitée.

Le nouveau gouvernement a décidé en octobre 2017 d'ouvrir 5 grands chantiers de la justice


(on commande des rapports à de grands prof de droit) :
- Transformation juridique, il faut la dématérialiser 
- Amélioration et simplification de la procédure pénale
- Amélioration et simplification la procédure civile
- Adaptation du réseau des juridictions
- Travailler sur le sens et l'efficacité des peines
Cela a abouti au vote d'une loi le 23 mars 2019 de programmation 2018 - 2022 qui bouleverse
l'organisation judiciaire, les TI et TGI deviennent les tribunaux judiciaires. En matière pénale on
crée l'open data permettant de prendre les décisions de la justice accessibles à tous.

Dernier point d'ampleur de la cour de cassation et qui comprend plusieurs volets d'abord le
traitement des pourvois et motivation des arrêts de la cour de cassation, jusqu'à présent le citoyen
ne pouvait rien comprendre.

III) Consacré aux sources des administrations judiciaires et administratives

A) La répartition des compétences législatives et réglementaires

La question qui se pose est de savoir qui est compétent pour réglementer la matière, est-ce le
pouvoir législatif ou le pouvoir réglementaire (c’est-à-dire le pouvoir exécutif). Jusqu'à 1958 la
question ne posait pas difficulté, la plupart des règles relatives au fonctionnement des
juridictions relevaient du domaine de la loi. Mais la Constitution de 1958 a modifié les choses
parce qu'elle a distingué le domaine de la loi et du règlement parce qu'aujourd'hui :

- Les matières qui sont réservées à la loi sont énumérés par l’art 34 de la Constitution.
- Le domaine du règlement est délimité par l’art 37, les matières autres qui sont du
domaine de la loi ont un caractère réglementaire.

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Selon l'art 34 la loi est compétente pour la création de nouveaux ordres de juridiction,
pour le statut des magistrats et la procédure pénale. Sur ces 3 points c'est donc le
législateur qui est compétant.

1e point : En réalité, le conseil d'état a une acception très souple de cette formule, cela va viser la
création de toutes nouvelles juridictions et puis on a également considéré du domaine de la loi
toutes les règles qui sont relatives à la structure et à la compétente matérielle (toutes les règles
qui structurent le fonctionnement de la juridiction)

2e point : Les règles de procédures pénales relèvent du domaine de la loi, ces procédures sont
extrêmement graves cela justifie la compétence du législateur, à contrario la procédure civile et
administrative relève du pouvoir réglementaire.

3e point : Le statut des magistrats de l'ordre judiciaire relève de l'art 34. Pour modifier le statut
du magistrat il faut une loi organique, c'est une loi qui fait l'objet d'un contrôle spécifique. Les
juges administratifs ne sont pas des magistrats au sens de la Constitution.

B) La codification des institutions judiciaires et administratives

Pendant longtemps les textes relatifs au fonctionnement des institutions n’étaient pas repartis
dans des codes, leur accessibilité était donc compromise.

A partir de 1958, il y a un grand effort de codification, on va essayer de rassembler ces


dispositions éparses. Aujourd'hui on compte 2 codes principaux :

- Le code de l'organisation judiciaire régit l'organisation et le fonctionnement des


juridictions de l'ordre judiciaire
- Le code de justice administrative qui régit le fonctionnement des juridictions
administratives.

Les code de justice administrative est plus complet que le code d’organisation judiciaire car il
contient des textes relatifs à la procédure administrative et contient aussi des textes relatifs au statut
des personnes des juridictions administratifs. Pour l'ordre judiciaire par exemple si on veut avoir les
règles relatives au statut il faut aller voir l'ordonnance non codifiée de 1958. Les codes contiennent
tous une partie législative et une partie réglementaire.

IV) Le cour d'institutions judiciaires et administratives

A) La méthode
Cette matière appartient à l'UEC, fera l'objet d'un écrit qui sera noté sur 10, épreuve d'1h30 il faudra
répondre au sujet d'institutions judiciaires et d'institutions administratives, ce sont des questions
portant sur le cours, aucune documentation ne sera autorisée. Peut rapporter des points faciles !
Que sur ce qui a été dit en cours !!

B) Bibliographie

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Le cours suffit mais on peut consulter pour des points particuliers. Il fait vraiment prendre des
ouvrages à jour !! Serge Guinchard, André Varinard, Thierie Debard (Institutions juridictionnelles chez
Dalloz), l'ouvrage de Maelis Douence et Marc Azevant (institutions juridictionnelles aussi chez
Dalloz), Roger Perrot (institutions judiciaires -> c'est un entre deux)

Pour les institutions administratives, ouvrage d'Olivier Gohin (institutions administratives), Pierre
Serrand (manuel d'institutions administratives chez Puff)

PARTIE 1. – La justice

TITRE 1. – Une organisation duale


En France il y a une spécificité, il n’y a pas qu’un seul ordre juridictionnel (ensemble des
juridictions soumis à une même cour suprême) mais deux : l’ordre judicaire avec à sa tête la
cour de Cassation, choux de soumettre les litiges entre l’administration et les administrés à
un autre ordre, l’ordre Administratif. Ces juridictions administrent le droit administratif.

Chapitre 1. – La consécration de la dualité des juridictions


Cette dualité prend ses racines théoriques dans le concept de séparation des autorités
judiciaires et administratives, un concept lui-même découlant de la conception française de
la séparation des pouvoirs.

SECTION I.- les origines de la séparation des autorités

§ I. – Mythe de la séparation des pouvoirs


Au XVIe s on va passer d’une conception politique marquée par une approche finaliste où
pouvoir est défini en fonction de ses fins, à une approche matérielle, fonctionnelle. La
question du bon régime va laisser place à l’idée du bon fonctionnement institutionnel, on
va réfléchir à confier des activités aux organes et faire en sorte qu’aucun d’entre eux ne

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puisse exercer un pouvoir arbitraire. Le régime idéal est celui qui ventile les moyens des
pouvoirs au sein des différents organes pour éviter l’arbitraire.

La philosophie d’Aristote centrée sur la question du bon régime qui vise la vie bonne et
heureuse (conception grec) ou le salut des âmes (conception chrétienne).
Du VIIe au XIIIe on a deux autorités chargées de cette même finalité : les rois et l’Église.
Isidore de Séville « le pouvoir des princes ne serait pas nécessaire s’il n’imposait par la
terreur de la discipline ce que les prêtres sont impuissants à obtenir par la parole. »

Trois auteurs majeurs vont nous occuper


 John Locke
 Montesquieu
 Rousseau

A/ Les penseurs de la séparation


La séparation des pouvoirs est assez mal comprise pour un motif : le terme de pouvoir fait
l’objet d’une mauvaise interprétation, ce ne sont pas des pouvoirs mais des fonctions, des
activités que l’on va séparer. En réalité il n’y a qu’un seul pouvoir, le pouvoir souverain
(DDHC article 16 : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la
séparation des pouvoirs déterminées n’a point de Constitution. »
Dans cette histoire on pourrait retenir la chronologie suivante :
1. Locke (Traité sur le gouvernement civil, 1690) : on va distinguer les pouvoirs sans les
séparer

2. Montesquieu (De l’Esprit des lois, 1748) : on va séparer ces pouvoirs, ces activités, ces
fonctions mais on ne spécialise pas les organes de l’état dans l’exercice de tel ou telle
fonction.

3. Rousseau (Du Contrat social, 1762) : on va finir par spécialiser les organes dans
l’exercice d’une activité (en faisant une mauvaise lecture).

 Locke va essayer de réfléchir aux différentes activités de l’état qui sont nécessaires. Il
part de l’état de nature et observant cet état abstrait il y remarque plusieurs
manques :
 Des lois établies
 Un juge reconnu
 Un pouvoir capable de soutenir une sentence, de l’exécuter.

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L’homme a l’état de nature est juge et exécuteur pour soi-même de la loi naturelle que
l’Homme va être abandonnée en entrant en société civil. Les pouvoirs naturels d’interpréter
et d’exécuter la loi de la nature sont « transformés par contrat en pouvoir politique de la
société civile ».
Il va théoriser plusieurs fonctions de l’état :
 La fonction législative
 La fonction exécutive
 Il ajoute deux autres petites : une fonction fédérative qui concerne toutes les
relations internationales (déclarations de guerre et traités de paix par exemple) et la
prérogative, ce n’est pas une activité en particulier mais toutes les activités qui
permettent de répondre aux aléas, aux cas auxquelles n’a pas forcément pensé la loi.

Législatif est confié à des assemblées et les fonctions exécutive, fédérative et


prérogative à un seul homme.

 Montesquieu il sépare les pouvoirs sans forcément spécialiser les organes.


Le but est de trouver l’agencement au sein des différents organes qui permettent de
conserver la liberté politique et garantir la liberté publique.
Chapitre 6 Livre 11 : « Il y a dans chaque État trois sortes de pouvoir : la puissance
législative, la puissance exécutrice des choses qui dépend du droit des gens (relations
internationales = pouvoir fédératif chez Locke) et la puissance exécutrice de celle qui
dépendant du droit civil (le pouvoir de juger de M. et pouvoir exécutif de L.) »
Il donne une règle négative : « Tout serait perdu si le même homme ou le même corps des
principaux ou des nobles ou des peuples exerçaient ces trois pouvoirs » : il ne donne pas une
recette de la séparation des pouvoirs.
A partir de cette règle on va en titrer une lecture positive ce que l’on appelle : il faudrait que
chaque organe de l’état se contente d’une seule fonction, même si Montesquieu ne dit ne
dit pas expressément ça et ne donne pas la recette de séparation des pouvoirs.
 Montesquieu suggère qu’un organe peut participer à plusieurs activités de l’État. Il
reconnait que la puissance exécutive doit prendre part à la législation par sa faculté
d’empêcher (droit de véto).
 Avec Montesquieu on voit apparaitre une puissance de juger confondue avec une
puissance exécutive.
(Ex : constitution US de 1787, droit de véto)

 Rousseau, Rousseau part de la défense de la souveraineté inaliénable et indivisible


émanant du peuple.
Cela l’amène à critiquer, non sans ironie, les penseurs qui cherchent à distinguer les
formes d’activités de l’État en divisant la société en différents pouvoirs. Livre 2 « Ne
pouvant diviser la souveraineté dans son principe la divise dans son objet ressemble à
ces charlatans du Japon qui détestent un enfant aux yeux des spectateurs puis jetant
en l’air ses membres l’un après l’autre font retomber l’enfant vivant et tout rassemblé

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». Pour lui il ne peut y avoir qu’un pouvoir souverain qui sera le pouvoir législatif,
tout le reste ce sont des fonctions d’exécution de cette fonction souveraine qu’est la
législation.
 La volonté : exécutive. La force : législative.

B/ L’introuvable pouvoir judiciaire


On obtient le cocktail nécessaire pour comprendre l’interprétation fait à la révolution qui
entraîne la séparation des pouvoirs.
Constat :
Il n’y a pas de pouvoir judiciaire distinct de l’exécutif

1/ L’assimilation du «pouvoir judiciaire» au «pouvoir exécutif»


- Chez Locke l’assimilation totale entre l’exécutif et le juge, L’exécution passe à
la fois par l’exécution administrative et juridictionnel.
- Chez Montesquieu ce que l’on appelle la puissance exécutive est aussi le
pouvoir de juger.
- Chez Rousseau il n’y a qu’un pouvoir législatif et une force exécutive. Il n’y a
pas de pouvoir judiciaire distinct de l’exécutif.
Sous la révolution française, l’assimilation du pouvoir judiciaire au pouvoir exécutif constitut
le fond de la pensée révolutionnaire, on observe une identité de fonction entre ces deux
pouvoirs.

2/ Identité de fonction entre ces 2 pouvoirs


En 1789, on va discuter de l’opportunité de détacher le pouvoir judiciaire de l’exécutif. Les
débats à la constituante rendent bien compte de cela, quelques exemples :
- Député Cazalès pose la question suivante : « quand le souverain a distribué
tous les pouvoirs, quand il a fixé la loi et les moyens de l’exécuter, que lui reste-
t-il à faire ? Quel serait l’emploi d’une troisième pouvoir politique ? » il en
conclue que « le jugement n’est plus que l’acte matériel de l’application du
jugement de la loi » (1790).
- Monteneur, indique que le pouvoir judiciaire n’est que l’application de la loi :
« Le pouvoir judiciaire est l’application de la loi aux volontés générales à un fait
particulier. Ce n’est donc en dernière analyse que l’exécution de la loi ».
Pas de distinction entre acte administratif et juridictionnel.

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§2. Les apports de la Révolution Française
A/ L’autonomisation du « pouvoir judiciaire »
Aucune de ces trois thèses ne distingue une activité judiciaire de l’exécutive.

1/ La justification de l’autonomisation : la limitation de l’ingérence


royale
La crainte des constituants entre 1789 et 1791 est qu’il n’y a pas de pouvoir judiciaire
distinct du pouvoir exécutif.
Ce pouvoir judiciaire va apparaître pour des raisons purement politiques, dire que l’activité
juridictionnelle est similaire à l’activité administrative revient à dire que le roi pourrait avoir
un pouvoir de nomination des juges, un pouvoir disciplinaire sur eux, donc la crainte c’est
de s’en tenir à la théorie politique c’est que le roi puisse maîtriser les juges.
C’est pour lutter contre ce pouvoir de nomination qu’un pouvoir judiciaire autonome va se
développer distinctement du pouvoir exécutif. Les juges vont être élus par le peuple en
évitant toute pression du roi.

2/ La consécration de cette autonomisation  : la loi des 16 et 24 août


1790
Cette autonomisation va être inscrite dans des textes de droit positif, d’abord la loi des 16 et
24 août 1790 qui dispose que les fonctions judiciaires sont distinctes et demeureront
toujours séparées des fonctions administratives, les juges ne pourront à peine de forfaiture
troubler les opérations des corps administratifs.

3/ La réitération de l’autonomie : le décret du 16 fructidor an III


Cette rupture va être réaffirmée après la Terreur, au moment où le directoire, par la
Constitution de l’an III est mis en place, elle va être réitérée dans le décret du 16 fructidor en
3, il porte la disposition suivante : « Défenses itératives sont faites aux tribunaux de
connaître des actes d’administration de quelques espèces qu’il soit » (1795)
Si l’autorité exécutive n’a plus force de droit sur l’activité judiciaire, Qui va pouvoir juger
l’administration ?

B/ Le ministre juge
La solution qu’on va trouver à la question quel juge pour l’administration ?
L’administration elle-même
Laisser le judiciaire juger l’administratif est source de réticences, en effet, « juger
l’administration c’est encore administrer », l’ordre administratif rend :
- Des actes règlementaires dont les dispositions sont générales (sans limite de
temps) et impersonnelles (s’appliquent à tout le monde)

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- Des actes individuels (une autorisation quelconque, ex : terrasses sur les
trottoirs).
Or, S’il on soumet ces actes à un juge, il pourra procéder à l’abrogation ou l’annulation de
l’acte, il participera donc à l’activité de l’administration. On comprend donc la réticence : le
juge tendrait à remplacer l’administrateur.
Ainsi,
L’administration active (exécutif) va épouser la fonction d’administration contentieuse. On
appelle cela la théorie du ministre juge : le meilleur juge de l’administration est elle-même,
théorie qui laisse libre cours à l’administration pour régler son propre contentieux. Cette
théorie est résumée en 1818 par Henrion de Pansey qui donne une justification à la théorie :
« juger l’administration c’est encore administrer ». Les ministres avaient à connaitre du
contentieux généré par leur activité d’administration.

SECTION II.- L’apparition de l’ordre administratif


Au XIXe s va apparaître l’ordre judiciaire administratif.

§ I.- La construction de l’ordre administratif


Cette construction peut se présenter en deux temps, d’abord sous le Consulat puis sous la
IIIe République.

A/ Les bases posées sous le Consulat : le temps de la justice retenue


Durant la période napoléonienne, sous le consulat principalement et l’Empire.

1/ La Constitution de l’an VIII en 1799 et la création du Conseil


d’État
Va apparaître le Conseil d’Etat, créé par la constitution de l’an 8. L’article 52 qui lui est
consacré précise qu’il a la charge de rédiger les projets de lois et les règlements
d’administration publique et de résoudre les difficultés qui s’élèvent en matière
administratives. C’est donc un organe de conseil pour le chef de l’Etat. Il propose des
solutions aux litiges mais la décision finale sera du ressort du chef de l’Etat de sorte qu’il
n’est pas perçu comme une véritable juridiction. Se greffe au ministre juge la justice retenue
qui permet de désigner ce simple rôle de conseil et les décisions approuvées par le chef de
l’Etat.

2/ La loi du 28 pluviôse an VIII et la création des conseils de


préfectures

12
Toujours sous la période napoléonienne va être adopté une loi le 28 pluviôse an 8, cette loi
va créer un autre organe :
Les conseils de préfectures
A leur tête, un préfet dans chaque département. Ces conseils vont avoir à la fois
 Une activité administrative
 Mais vont également être chargé de juger les litiges administratifs à l’échelon
local. Là encore, on voit bien les conseils de préfectures entremêlent la
juridiction et l’administration, un système d’administrateur juge.
On va créer des organes qui vont peu à peu se spécialiser permettant de résoudre des litiges
administratifs.
En 1806 notamment, va être créer au sein du conseil d’état une commission du contentieux
(aujourd’hui section du contentieux) au sein du Conseil d’Etat.

B/ Le parachèvement sous la IIIe République  : le temps de la Justice


déléguée
Ce parachèvement s’inscrit en deux lois
 Loi du 24 mai 1872
 L’arrêt Cadot.

1/ La loi du 24 mai 1872 : la compétence contentieuse du Conseil d’État


Le 24 mai 1872 est adoptée une loi qui va conférer la justice déléguée au conseil d’état et
qui met fin à la justice retenue
Art 9 : « Le Conseil d’État statut souverainement sur les recours en matière contentieuse
administrative et sur les demandes d’annulation pour excès de pouvoir formés contre les
actes des diverses autorités administratives ».

2/ L’arrêt Cadot (1889) : l’abandon de la théorie du ministre-juge


L’arrêt Cadot va mettre fin à la théorie du ministre juge :
Il s’agissait de la ville de Marseille qui avait licencié un ingénieur en matière d’eau
public. Souhaitant demander des dommages et intérêts, il s’est adressé au juge judiciaire qui
lui a répondu qu’il n’était pas compétent donc il a saisi le conseil de préfecture qui ne s’est
pas retenu compétent. Par désespoir de cause le requérant va solliciter le ministre et va
contester directement la suppression de cet emploi, le ministre va répondre que ce n’est pas
de son ressort. Le conseil d’état dans le fameux arrêt Cadot (13 décembre 1889) va

13
confirmer que le ministre n’avait pas à trancher sur le litige et que c’était lui-même qui
devait le faire.
 En 1889, un Conseil d’État statut souverainement, il ne statut plus après la décision d’un
ministre, il devient juge de droit commun en premier ressort des litiges administratifs.

Le carcan construit pdt la révolution française, ministre juge et justice contenue va céder la
loi de 1872 et par l’arrêt Cadot, fin du ministre juge.

- Par le décret-loi du 6 septembre 1926, les agents des conseils de préfecture


sont rendus indépendant (un corps est créé, distinct de l’administration) et la
présidence des préfets révoquée.

- Un décret-loi de 1953 va rebaptiser les conseils de préfecture en tribunaux


administratifs qui vont recevoir une compétence de droit commun.

- Pour désengorger l’ensemble une loi est intervenu en 1987 et a créé les cours
administratives d’appel. En effet jusqu’à cette date, le Conseil d’Etat compilait
une compétence d’appel et quelques compétences en 1e ressort d’attribution.

 Construction historique de l’ordre administratif


1er temps sous le Consulat : création conseil état et de préfecture
2ème temps sous la IIIe République : abandon théorie ministre juge, le détachement de
l’administrateur et de son juge.

§ II. - Le statut constitutionnel de l’ordre administratif


En dehors de la Constitution de l’an 8, la juridiction administrative voit son existence
dépendre des lois et des décrets, l’ordre administratif n’avait pas de statut constitutionnel
en 1958.
Petit à petit, à partir de 1958, des règles de l’ordre juridictionnel administratif vont être
hissées au rang constitutionnel et ce en trois étapes :

 La constitutionalité de l’indépendance de l’ordre administratif


Loi de validation du 22 juillet de 1980, Une des fonctions du Conseil Constitutionnel est de
contrôler la conformité des lois à la Constitution, il confronte les dispositions législatives au
bloc de constitutionnalité. C’est dans cette décision que le Conseil constitutionnel a consacré
comme principe fondamental reconnu par les lois de la République l’indépendance de
l’ordre administratif.

14
Une loi de validation est une loi par laquelle le législateur va élever à hauteur législative
certains actes administratifs, l’intérêts est le suivant : la juridiction administrative va
contrôler la légalité d’un acte administratif. (Loi de validation : l’acte règlementaire est
déféré au CE, le Conseil d’État va annuler acte règlementaire. Si le gouvernement souhaite
maintenir cet acte malgré annulation CE, il faut faire passer une loi qui reprends la
disposition de l’acte règlementaire, le gouvernement va rehausser son acte en le
convertissant en loi. Le juge administratif ne peut pas toucher aux lois.)

Ces lois permettent d’influencer les décisions juridictionnelles du juge administratif,


pour encadrer cette pratique le conseil constitutionnel va affirmer qu’il n’appartient ni au
législateur ni au gouvernement de sanctionner les décisions des juridictions.
Pour justifier, le conseil constitutionnel va dégager le principe d’indépendance des
juridictions administratives, par l’intermédiaire d’un PFRLR (principe fondamentaux
reconnus par les lois de la République), ex : loi sur l’association de 1971 le conseil
constitutionnel va se référer à un texte antérieur à 1946, antérieur à la IV république,
pris sous un régime républicain, un principe général et non pas contingent. Le conseil
constitutionnel dégage un principe à valeur constitutionnel en utilisant un PFRLR et va se
fonder sur la loi du 24 mai 1972. A partir de 1980, le juge administratif ne peut être remis
en cause.

 La constitutionnalisation de la compétence de l’ordre administratif


Avec la loi de 1980 on comprend qu’une loi qui supprimerait le Conseil d’Etat serait
inconstitutionnel,
 Le parlement peut en revanche adopter des lois qui donnent au juge judiciaire des
compétences administratives.
Le conseil Constitutionnel a délivré la décision du Conseil de la concurrence le 23 janvier
1987, le Conseil Constitutionnel était saisi d’une loi qui attribuait les contentieux relatifs aux
conseils de concurrences à la cour d’appel de Paris (ordre judiciaire).
L’idée du législateur est de se dire que ce conseil traite de matières qui ont un lien avec le
droit privé, il prend des actes qui devrait être des actes administratifs et donc le contentieux
devrait relever du juge administratif mais comme les matières de concurrence relèvent
plutôt du droit privé, relève donc du judiciaire.
Le CC va constitutionaliser un noyau dur de compétence qu’on ne peut pas retirer à la
juridiction administrative, pour identifier ce noyau dur le CC va définir trois critères :
- Le premier critère porte sur le contentieux de l’annulation ou de la
réformation et la panache du juge administratif.
- Deuxième critère, l’exercice des prérogatives de puissances publique.
- Troisième critère, ces actes administratifs doivent être pris par des personnes
publics.

15
Certaines exception Les matières qui par nature sont réservé à l’ordre judiciaire on peut
déroger au noyau dur dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice.

 C’est la reconnaissance du caractère constitutionnel de l’ordre


administratif
La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 qui a inséré un nouvel article dans la
Constitution l’article 61-1 c’est l’article relatif à la QPC. Dans cet article le pouvoir constituant
évoque pour la première fois le Conseil d’État comme une juridiction. => le CE est
constitutionnalisé
Aussi, décision du 3 décembre 2009 dans laquelle le CC visant explicitement l’article 61-1
présente le Conseil d’État et la Cour de cassation comme « les juridictions placées au
sommet de chacun des deux ordres de juridiction reconnues par la Constitution ».

Chapitre 2. – Les juridictions échappent au dualisme


- La haute cour (juridiction qui est prévu à l’art 68 de la Constitution) idée
renvoie au concept de justice politique, elle peut se définir de deux manières :
les membres de la juridiction sont du personnel politique soit parce que les
peines encourues sont politiques, une destitution par exemple c’est une peine
politique. En raison de la séparation des pouvoirs on a prévu un régime
protégeant le Président des éventuelles pressions des tribunaux, la
constitution prévoit une irresponsabilité en matière politique, une immunité
en matière civil et pénal pour les actes se rattachant à sa fonction et une
inviolabilité temporelle pour les actes détachables de la fonction de président.
Pour atténuer cette protection, la constitution a mis en place une procédure de
destitution prononcée par la haute cour qui n’est rien d’autre que le
parlement. Initialement la constitution de 1958 prévoyait que le président
pouvait être destitué en cas de haute trahison, en 2007 une révision
constitutionnelle a modifié cette incrimination pour lui substituer le
manquement à des devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice du
mandat présidentiel.

- Le Conseil Constitutionnel
- Le tribunal des conflits

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SECTION I.- TRIBUNAL DES CONFLITS
Arbitre des deux ordres juridiques, découle lui aussi de la séparation des pouvoirs

§1. Organe de répartition de la compétence contentieuse


A) La création et la composition du tribunal
Il apparaît en 1848, avant les conflits de compétence étaient tranchés par le conseil d’état
lui-même. On ressent le besoin de créer un organe arbitral qui répartisse la compétence, la
1e création a lieu à l’occasion de l’instauration des institutions de la IIe république. Art 89 de
la constitution de 1848 « les conflits d’attribution entre autorité administrative et autorité
judiciaire seront réglés … » un organe arbitral composé de conseillers d’états et de
conseillers de la Cour de cassation.
Avec le IIe empire il disparaît.
Il va être recréer à sa chute au tout début de la IIIe république, le même jour que celui de
l’adoption de la loi qui met fin à la théorie du ministre juge, la loi du 24 mai 1872. L’art 25 de
cette loi précise sa composition « ce tribunal est présidé par le garde des sceaux, composé
de trois conseillers d’état, de trois membres de la cour de cassation et de deux suppléants
élus par les conseillers d’état et les membres de la cour de cassation ». Il a été conçu de
manière paritaire, la présidence du garde des sceaux n’intervenait que rarement.
La Composition fixée par deux textes :
- Loi 16 février 2015
- Décret du 27 février 2015
Ces deux textes vont changer des choses :
- La présidence du ministre de la Justice est supprimée car c’est la séparation des
pouvoirs, ce sont les engagements internationaux auxquels la France est partie à la
Convention Européenne des Droits de l’Homme : Article 6 §1 : pose le droit pour tout
justiciable, le droit à un procès équitable. Dans ce droit est inclus l’indépendance de
la juridiction (pas liée à pouvoir politique) mais aussi l’impartialité de la juridiction.
La présidence du garde des sceaux portait atteinte à cet article.
 Désormais il est présidé par alternativement un membre de la Cour de cassation, un
membre du Conseil d’État parmi ceux qui siègent au TC. Ce président est élu pour
trois ans parmi les membres même du TC.
- La fixation de la composition des membres. Il comporte 8 membres : 4 désignés par
le CE, 4 par la CC. Ils sont désignés pour 3 ans, rééligibles deux fois.

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- Départage paritaire des voix. Si les membres ne se mettent pas d’accord, on procède
à une seconde délibération. Si de nouveau on n’obtient pas le départage des voix,
l’affaire est examinée en formation élargie qui compte les 8 membres de droit
commun auxquels on rajoute 4 autres membres (2 du CC et 2 du CE).

B) En quoi le tribunal a été un recteur du dev du droit administratif


1/ L’émergence d’un droit administratif exorbitant du droit commun
Le droit administratif est un droit autonome par rapport au droit commun. Ce ne sont pas
les mêmes règles qui s’appliquent devant les juges administratif et judiciaire. Si on distingue
deux types d’actions devant les juridictions administratives :
- La contestation de la légalité des actes de l’administration : le juge administratif va
confronter l’acte administratif a la loi, si ça ne correspond pas : on annule
- Les actions en responsabilité extra contractuel de l’administration : la réparation des
préjudices
 Si on distingue ses deux voies, pour le contentieux de la légalité, on confronte l’acte à
la loi mais dans le cas d’un préjudice, quelles règles ?

Le Tribunal des conflits, en répartissant ces compétences, a contribué à l’émergence d’un


droit particulier
Deux exemples de la jurisprudence administrative :
- Arrêt Tribunal des conflits, Arrêt Blanco du 6 février 1873 : petite fille se fait
renverser par un wagon d’une manufacture de tabac, les parents veulent obtenir
réparation du préjudice subit MAIS cette manufacture est gérée par l’État donc
l’administration. Qui va être compétent ? Juge judiciaire ou administratif ?
On pose alors la règle considérant que la responsabilité qui peut incomber à l’État
pour les dommages causés aux particuliers par le fait des personnes qui l’emploient
dans le service public ne peut être régit par les principes qui sont établit dans le Code
civil, pour les rapports de particuliers à particuliers => Il y a un lien entre la
détermination de la compétence contentieuse et le droit applicable. En posant cet
arrêt Blanco le TC offre à la juridiction administrative et lui indiquant que les règles
du Code civil ne sont pas applicables, il laisse le juge administratif de déterminer les
règles applicables en matière de responsabilité administrative.
 Le TC a contribué à l’émergence d’un droit administratif.

2/ La délimitation des contours du droit administratif


Mais le Tribunal des conflits a permis aussi de délimiter les contours des matières qui
intéressent le droit administratif, il a limité l’expansion du droit administratif et la
compétence de la juridiction administrative.
18
- Tribunal des conflits 1921 Bac d’eloka, aussi appelé société commerciale de l’Ouest
Africain : en Côte d’Ivoire, un système de bateaux a été mis en place qui relie le
continent à des îles par le gouverneur. Un des bacs a fait naufrage, ces bateaux
transportaient des véhicules, dommages aux biens. La société commerciale de
l’Ouest Africain cherchait à obtenir réparation du préjudice subi, elle avec des
véhicules sur ce bac. Un système de bacs gérée par le gouverneur, donc société
administrative française. Le TC a confié le litige au tribunal juridictionnel non à la
juridiction administrative (il a donc limité les contours de la compétence de la
juridiction administrative) : « considérant qu’en effectuant moyennant rémunération
les opérations de passage des piétons et des voitures d’une rive à l’autre de la lagune,
la colonie de la Côte d’Ivoire exploite un service de transports dans les mêmes
conditions qu’un industriel ordinaire, il n’appartient qu’à l’autorité judiciaire de
connaitre les conséquences dommageables de l’accident invoqué ». Quand
l’administration cause un préjudice dans le cadre de l’exercice d’une activité qui est
une activité qui ressemble à celle d’un industriel la compétence contentieuse est
dévolue au juge judiciaire et le droit applicable est le droit civil.

La personne publique exerce une activité comme une personne privée ordinaire alors le juge
judiciaire est compétant, avec cette décision le TC va créer deux catégories de service
public :
- Le SPA (service public administratif)
- Le SPIC (service public industriel et commercial)

§2. Cas de saisine du tribunal du conflit


Ces cas de saisine sont listés dans le décret de 2015, sont au nb de 5, on va évacuer ce cas :
le TC est compétent pour responsabilité de durée excessive de procédure.
Les 4 autres :

- Le conflit positif
Peut se définir comme un moyen pour l’administration de protéger la compétence de la
juridiction administrative.
Lorsque l’administration est poursuivie devant le juge judiciaire, elle a la possibilité de
demander au préfet qu’il adresse au juge judicaire ce que l’on appelle un déclinatoire de
compétence
Il va demander au juge judicaire de renoncer à connaître le litige.
Si le juge refuse il doit surseoir à statuer et le préfet peut prendre un arrêté de conflit, on dit
qu’il élève le conflit, qui va être déféré au tribunal des conflits qui devra statuer dans un
délai de 3 mois. Soit le TC confirme l’arrêté de conflit alors les décisions du juge judiciaire
sont déclarées nulles et non avenues, le requérant doit alors saisir la juridiction
administrative ; soit le tribunal des conflits affirme que le juge judiciaire était compétent

19
auquel cas il procède à l’annulation de l’arrêt de conflit qui entraîne la reprise du procès
devant le juge judiciaire.

- Le conflit négatif
Survient lorsque les deux ordres de juridiction se sont irrévocablement déclarés
incompétent. Le requérant peut saisir directement le TC, il annule alors la décision de la
juridiction qui s’est déclarée incompétente à tort.

- La prévention de conflit
Pour éviter ces conflits négatifs ont été mis en place des procédures de prévention de
conflit, on les appelle aussi des procédures de conflit sur renvoie.
 1e mécanisme après une 1e décision d’incompétence d’un ordre juridictionnelle, une
décision qui n’est plus susceptible de recours, le tribunal du 2 e ordre juridictionnel ne
peut pas se déclarer incompétent, il renvoie l’affaire devant le TC.
 2e mécanisme, antérieurement réservé au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation et
qui a été généralisé à ttes les juridictions, lorsqu’une difficulté sérieuse se présente
dans le cadre d’un litige, tout juge peut renvoyer la question au TC.

- Le recours en cas de contrariété des décisions au fond


Ce cadre de recours a été créé dans les années 1930 à la suite de l’affaire Rosay, un passager
d‘une voiture privée Rosay fut blessé lors collusion de sa voiture privée et d’un véhicule
militaire, il demande réparation du préjudice subi. Une des deux juridictions disons le juge
administratif statue, ce n’est pas un problème de compétence, il déclare que le véhicule
militaire n’est pas en faute. Le requérant s’adresse à l’autre juridiction il va de nouveau
demander réparation, le juge judicaire au fond va estimer que la faute revient au véhicule
militaire. Les deux décisions sont contraires au fond. Une loi a été adopté en 1932 et ses
dispositions ont été réintégrées lors de la réforme de 2015, le requérant peut saisir en un
délai de deux mois, le tribunal des conflits qui ne va pas juger la compétence mais le fond de
l’affaire.

SECTION II.- CONSIEL CONSTITUTIONNEL


Il échappe au dualisme car les décisions rendues sont insusceptibles de recours.

§1. – Création et composition du conseil


Il n’est pas né ex nilo, le contrôle de constitutionnalité des lois représente un
bouleversement majeur.
En 1789 en France, la loi va être portée comme acte souverain par excellence, c’est
l’expression de la volonté générale et si les hommes les citoyens ne doivent obéir qu’à la

20
volonté générale alors ils sont parfaitement libres puisqu’ils n’obéissent qu’à eux-mêmes. De
1789 jusqu’à la moitié du XXe s on vivait sous le légicentrisme (la loi est au centre de tout).
La mise en place d’un organe qui va être amené à censurer des lois, à dire ce qu’il doit
s’appliquer ou non suppose une révolution des structures mentales conséquente.
Le Conseil Constitutionnel s’est mis en place en 4 étapes :
- Au moment de la Révolution, l’abbé Sieyès va proposer un organe qui serait
amené à contrôler la constitutionnalité des lois. L’idée n’est pas retenue.
- Sénat napoléonien s’inspire en partie de cette idée, sous le Ie et le IIe Empire,
le sénat va avoir un semblant de rôle de constitutionnalité.
- Sous la IIIe République, un débat doctrinal va avoir lieu au sujet de la valeur de
la DDHC, fait-elle partie des lois constitutionnelles qui forment la IIIe
République et si tel est le cas peut-on censure une loi au motif qu’elle ne
respecterait pas cette déclaration. La réponse va être négative, en 1936 le CE
dans l’arrêt Arrighi va s‘estimer incompétent la constitutionnalité d’un acte
administratif pris en application d’une loi au motif qu’opérer un tel contrôle
reviendrait à opérer un contrôle de la loi elle-même, c’est ce que l’on appelle
la théorie écran.
- Le comité constitutionnel de la IVe République, en 1946 on met en place un
comité constitutionnel, il aune particularité, il ne va pas contrôler la
constitutionnalité des lois mais va être saisi pour statuer sur des éventuelles
révisions constitutionnelles que déclencheraient l’adoption de telle ou telle loi.

§2. – Principal compétence, le contrôle de constitutionnalité des lois


En 1958, on met en place un CC sur le modèle européen.
Modèle américain -> modèle diffus de la constitutionnalité
Modèle européen -> D’avantage concentré, organe spécifique pour la constitutionnalité des
lois
Dans le titre 7 s’ouvrant avec l’art 56, il y a la composition du CC, c’est un organe qui est
composé de membres nommés et de membres de droit.
- Les membres nommés sont au nb de 9 leur mandant est de 9 ans et il n’est pas
renouvelable. Les autorités de nomination sont des autorités politiques (le
président de la république, président de l’AN et le président du Sénat, ces trois
autorités nomment 3 membres). Le président du conseil au sein de ces 9
membres est désigné par le président de la république.

- Les membres de droit sont les anciens présidents de la république (Ive et Ve


république) qui siègent de droit au conseil. Depuis quelques décennies les
présidents sont de plus en plus jeunes, les membres de droit sont de plus en
plus nombreux, il est régulièrement proposé la suppression de cette catégorie.
Les présidents qui sont appelés à siéger au Conseil Constitutionnel ont été des
hommes politiques qui ont défendu et porté des lois, problème qui se pose ici

21
est celui de l’impartialité. Désormais comme ces memebres sont très décriés,
ils renoncent à siéger au CC.

- §
Le CC n’est pas uniquement un juge de la constitutionnalité des lois, art 58 il est un juge
électoral, art 59 il est juge des élections législatives et sénatoriales, art 60 il est juge des
opérations référendaires. Il est encore un arbitre des compétences du législatif et de
l’exécutif. 3e office qu’on écarte, il est également juge de la constitutionnalité des traités (art
54 permet de saisir le CC). Le contrôle de constitutionnalité des lois, l’évolution est la
suivante, de 1958 à nos jours, le conseil est passé d’un gardien de la procédure législative à
gardien des droits fondamentaux.
En 1958 il dit juger la conformité de la loi à la constitution mais le texte dit rien ou presque
rien en ce qui concerne les droits et libertés, il comporte des éléments essentiellement
procéduraux.
A l’heure actuelle il contrôle la loi par rapport au bloc de constitutionnalité. En 1958 il ne
pouvait être saisi que de manière a priori et désormais il peut être saisi également après
l’entrée en vigueur c’est-à-dire a posteriori.
S’agissant du contrôle a priori on le retrouve à l’art 51 de la constitution. Il est soit
obligatoire soit facultatif.
- Obligatoire par exemple pour les lois organiques (lois qui précisent des
dispositions de la constitutions)
- Facultatif pour le reste des autres lois
On peur observer deux élargissements du contrôle de 58 à nos jours.
- Elargissement des normes de référence, c’est la construction du bloc de
constitutionnalité
- Elargissement des autorités de saisine tout au long de la Ve république, les
autorités qui peuvent le saisir se sont ajouté aux 4 autorités initiales.
A partir de 1971 les faits de l’espèce étaient les suivants : le gvt voulait faire passer une loi
soumettant les associations à un contrôle préalable pour abtenir la capacité juridique, la loi a
été déféré au CC mais pas de droits donc le C est allé saisir un principe fondamental dans le
préambule de 1946.
En 1958 dans le cadre du contrôle a priori seul le président le 1 e ministre, le président de
l’assemblée nationale et le président du sénat pouvaient saisir le conseil constitutionnel, une
révision constitutionnel a eu lieu en 1974 pour ouvrir cette saisine à 60 députés ou 60
sénateurs. Le but était de laisser en partie l’opposition laisser contrôler les lois de la
majorité.

Contrôle a posteriori des lois

22
Ce contrôle est introduit à la suite de la révision constitutionnelle de 2008. Il est entré en
vigueur en 2010 et il s’agit de la QPC.
Le principe est le suivant :
- Il faut être au cours d’une instance contester une disposition législative au
motif qu’elle porte atteinte à un droit ou une liberté
- Les juge opèrent alors un filtre et pour cela il va vérifier si la disposition
législation est bien applicable au litige, il va vérifier que la disposition n’a pas
d’or et déjà déclarée conforme à une loi
- Les juges vont vérifier que la question n’est pas dépourvue de caractère
sérieux
Si ces trois conditions sont remplies alors la question est portée devant la cour suprême de
l’un ou de l’autre ordre et cette dernière va revérifier. Si les conditions sont remplies alors
les cours suprêmes renvoies la QPC au conseil constitutionnel.

TITRE 2. – Des principes fondamentaux


Qui régissent le fonctionnement et l’organisation de la justice.
Notion de justice entendue ici au sens d’institution.
Pour parler de justice la C de 1958 n’utilise pas l’expression de pouvoir judiciaire mais
d’autorité judiciaire et les textes relatifs à la justice sont placées dans la constitution sous le
titre 8 intitulé « de l’autorité judiciaire ».
Pourtant jusqu’en 1946 on parlait bien de pouvoir judicaire. Peut-être pour signifier que ce
n’est pas un pouvoir de même rang que les pouvoirs exécutif et législatif car ils sont plus
légitimes puisque issus de l’élection. Par conséquent plusieurs auteurs au cours du XIXe et
XXe ont dénué l’existence de ce pouvoir, on peut citer Duguit ou encore Hanriot. Ou encore
Jean Carbonnier (grand auteur privatiste, pour lui la jurisprudence n’est qu’une autorité).

Pour autant la justice demeure une mission régalienne c’est une parcelle de souveraineté,
c’est un attribut de la souveraineté dont l’exercice appartient à l’Etat, c’est un pouvoir
monopolisé par l’Etat au même titre que les deux autres et c’est en ce sens qu’elle peut être
rapproché des deux autres.
Ce pouvoir judicaire c’est le pouvoir de juger, de dire le droit à l’occasion d’une contestation,
on dira que c’est un pouvoir au sens où les magistrats ont le pouvoir de juger et non pas au
sens ou il serait l’équivalant du pouvoir législative ou exécutif.

23
C’est pour assurer l’exercice de ce pouvoir que l’Etat a mis en place un service public. En
effet, la justice n’est pas dans les mains des individus eux-mêmes, rendre la justice est une
mission de service publique, c’est un droit des citoyens qui doivent pouvoir accéder à un
juge pour trancher leurs différends. L’exercice se fait au nom du peuple français c’est ce que
rappelle l’art L 111-1 du Code de l’Organisation Judiciaire : « Les juridictions judiciaires
rendent leurs décisions au nom du peuple français. » mais c’est également un devoir de
l’Etat, il doit rendre justice à celui qui demande justice, Cornu dit que la justice est une dette
d’Etat. La justice c’est à la fois un pouvoir et un service public.

Chapitre 1. – La justice comme pouvoir


Le pouvoir de juger est une prérogative de la souveraineté parmi d’autres, il faut donc
l’encadrer et le limiter.

§1. - Le pouvoir de rendre la justice


En principe la justice est rendue par l’Etat, c’est une justice étatique mais il existe des modes
de règlement des différends qui ne font pas appelle à la justice étatique, il s’agit de faire
appel à un arbitre ou régler par soi-même.
A) La justice étatique
C’est aujourd'hui l’état qui est en charge de rendre la justice. La justice va être rendu par un
tiers étranger au litige, indépendants des partis et impartial, c’est le juge.
Ce monopole de la justice par l’Etat signifie que l’Etat a le pouvoir de rendre la justice mais
également le devoir.
1) Le pouvoir de rendre la justice
Le monopole étatique de la justice signifie que l’Etat a le pouvoir de rendre la justice et plus
spécifiquement le juge investi du pouvoir. Le pouvoir de rendre la justice c’est également le
pouvoir de dire le droit (« juris dictio ») et le pouvoir de commander (« imperium »).
Pour que la décision s’applique et soit exécuter, les décisions sont dotées de la force
exécutoire cela se traduit par l’apposition sur les décisions de justice d’une formule
exécutoire, elle signifie que la décision peut être mise à exécution par la force au besoin avec
le concourt de la force publique.
Deuxième chose, signifie aussi que seul l’Etat a le pouvoir de rendre la justice, seul les
juridicions légalement instituées vont pouvoir rendre la justice.
2) Le devoir de rendre la justice

24
L’Etat a des obligations qui en sont corolaires, dans le code civil l’art 4 se fait l’écho de cette
obligation étatique : « Le juge qui refusera de juger sous prétexte du silence de l’obscurité ou
de l’insuffisance de la loi pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice ». Même si
la loi est silencieuse, le juge doit parler, s’il se rendait coupable de déni de justice il
s’exposerait à des sanctions pénales et disciplinaires.
Plus encore il a le devoir de rendre une bonne justice, c’est une justice qui doit être rendu
dans un délai raisonnable, ce droit est protégé par l’art 6 §1 de la convention européenne
des droits de l’Homme. C’est un article qui protège le droit au procès équitable, la
convention européenne des droits de l’homme est très importante car elle s’applique dans
le droit interne. Aussi dans le code L11-3 de
Si la justice n’est pas rendue dans un délai raisonnable, l’Etat engage sa responsabilité.
Néanmoins la justice étatique n’est pas la seule justice.
B) La justice conventionnelle
A côté de la justice étatique cela correspond à l’arbitrage et aux modes alternatifs de
règlements des différends, ce sont des formes de justice qui viennent déroger au monopole
étatique.
1) L’arbitrage
C’est un mode conventionnel de règlement des conflits par lequel les parties choisissent une
ou plusieurs personnes privées pour leur demander de juger au besoin en équité les
différends qui les opposent.
C’est un mode conventionnel c'est à dire un mode de règlement des conflits qui repose sur
l’accord des parties en conflits qui vont conclure une convention d’arbitrage, ils doivent
être d’accord. C’est un mode qui conserve une nature juridictionnelle dans la mesure où
l’arbitre dit le droit, la décision de l’arbitre, la sentence arbitrale.
a) Les caractéristiques de l’arbitrage
Les arbitres sont des personnes privées c'est à dire qu’ils ne sont pas investis par l’état du
pouvoir de juger, il peut y avoir un seul arbitre mais la plupart du temps il y en a trois, cela
permet de dégager une majorité. L’arbitre reçoit la qualité de juge mais à la différence du
juge étatique il ne la reçoit que pour un seul litige, un magistrat ne peut pas être arbitre
(ordonnance du 22 décembre 1958). Les parties doivent être d’accord, c’est la volonté
commune des parties qui investit les arbitres du pouvoir de juger. Elle a donc un fondement
conventionnel.
Il est impossible pour les arbitres d’intervenir dans les matières qui relèvent de l’ordre
public, exemple : état des personnes, droit de la famille, droit pénal. Par exemple un arbitre
ne pourrait pas prononcer un divorce, l’arbitrage est exclu pour les personnes publiques par
exception quelques sociétés comme EDF ou la SNCF y sont autorisés.
L’écrit par lesquels les personnes expriment leur accord pour recourir à l’arbitrage c’est ce
que l’on appelle un compromis arbitral.

25
Si l’accord est antérieur on parlera de clause compromissoire, on insère dans le contrat une
close pour recourir à un arbitre en cas de litige.
Les arbitres se comportent comme des juges, ils doivent en principe faire application de la
règle de droit mais les parties peuvent les en dispenser, alors, ils vont statuer en équité, les
arbitres sont investis de la qualité d’amiable compositeur.
Les arbitres ont rendu une décision que l’on appelle la sentence arbitrale, c’est l’équivalent
d’un jugement et non d’une simple recommandation c'est à dire que les parties sont
véritablement liées et la décision a autorité de chose jugée (parties sont liées par la
décision). Cette décision n’a pas cpt force exécutoire, il n’y a pas de moyen de contrainte
pour obliger la partie condamnée à exécuter ce qu’elle doit car l’arbitre n’est pas
fonctionnaire, il n’a pas reçu de l’Etat de délégation de la force publique.
Il a le pouvoir de dire le droit mais pas celui de contraindre (l’imperium).
En cas de mauvais vouloir d’un parti, il sera possible de s’adresser au tribunal qui
transformera la sentence exécutoire en un jugement : c’est ce que l’on appelle l’exequatum.
Le juge saisi ne va pas rendre un nouveau jugement, il va juste vérifier la conformité de la
sentence exécutoire.
L’Etat ne renonce jamais au pouvoir de contrainte.
b) Eléments historiques
L’arbitrage, c’est l’avant-première de la justice, quand les Etats n’étaient pas encore
constitués, la justice était rendue par des notables jouant le rôle d’arbitre.
C’est surtout la Révolution française qui a fait une grande place à l’arbitrage, la loi des 16 et
24 août 1790 indique qu’il fallait faire place à la justice négociée, contractualisée, plutôt
qu’une justice imposée par l’Etat.
La loi des 16 et 24 août 1790 qui a rendu l’arbitrage obligatoire pour les contestations qui
concernaient les problèmes familiaux, supprimé dans le code de procédure civil de 1806.
L’arbitrage est réglementé aujourd'hui par le code de procédure civil art 1504 1527.
c) Les avantages et inconvénients de l’arbitrage
Avantage :
- Rapidité : il permet d’accélérer le processus.
- Discrétion : la justice est rendue dans le cabinet des arbitres ce que les milieux
d’affaires apprécient
- La justice est dotée d’une plus grande acceptabilité parce que c’est une justice
rendue entre soi, entre gens d’un même milieu industriel et commercial
- Technicité : sur des litiges complexes, les arbitres sont déjà eux-mêmes des
experts
- Forme de justice nécessaire en droit international, pour échapper aux
incertitudes sur la loi applicable, l’arbitrage est très apprécié ; il y a même une

26
forme d’institutionnalisation de l’arbitrage qui permet de pallier l’absence de
juridictions institutionnalisées au plan international.
Inconvénients :
- Une moindre autorité que les décisions rendues par les juges
- La moindre impartialité ou neutralité des arbitres car ils se comportent plus
comme des mandataires des partis que comme des juges
- La moindre justice qui découle des sentences arbitrales : ils ne sont pas
toujours très au fait des règles de procédure, c’est une source potentielle de
contentieux
- Le coût : il peut coûter très très cher
La loi de modernisation de la justice du 18 novembre 2016 a élargi les matières pour
lesquelles on pouvait avoir recourt à l’arbitrage.
L’arbitrage n’est pas la seule forme de justice conventionnelle ; il y a aussi les modes
alternatifs de règlement des différends
2) Les modes alternatifs de règlement des différends
A côté des modes juridictionnels, il y a des modes non juridictionnels, la loi du 18 novembre
2016 veut favoriser les modes alternatifs de règlement des différends. Dans une logique de
diminution des coûts et dans un phénomène de contractualisation de la contrainte.

a) Une transaction
La transaction est définie dans le code civil à l’article 2044 et est définie comme un contrat
par lequel les parties, par des concessions réciproques, terminent une contestation née, ou
préviennent une contestation à venir.
Il s’agit d’un mode de règlement conventionnel encore une fois, les parties vont s’accorder
sur des concessions réciproques, c’est tout simplement que chacun doit faire des efforts,
aucun ne doit perdre la face. La transaction peut être utilisée de façon préventive pour
éviter un procès ou de façon curative.
C’est un contrat qui est nécessairement écrit ; c’est un contrat qui ne peut pas intervenir
dans les matières qui relèvent de l’ordre public, cette transaction n’a pas autorité de chose
jugée mais autorité de chose transigée c'est-à-dire que l’affaire est définitivement réglée et
ne peut être soumise à un tribunal. La transaction n’a pas non plus la force exécutoire parce
que l’état n’abdique pas encore l’imperium et donc pour qu’elle bénéficie de la force
exécutoire, il faudrait qu’elle soit homologuée production le juge compétent (art 1567 code
de la procédure civile). Cette transaction est autorisée pour des personnes privées ou
publiques et il faut savoir qu’elle n’est pas incompatible avec les autres modes de règlement
des différends.
b) La conciliation et la médiation

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Il existe une forte dynamique en faveur de la conciliation et de la médiation ; on les retrouve
aussi bien en droit civil, en droit pénal ou en droit administratif. Il s’agit dans tous les cas de
privilégier les solutions conventionnelles afin de sortir du circuit juridictionnel classique,
cette idée n’est pas nouvelle. Le député Joseph Prugnon proclamait à l’Assemblée
constituante le 7 juillet 1790 : « Rendre la justice n’est que la seconde dette de la société …
pour arriver au temple de la justice, passez par le temple de la concorde ».
La conciliation et la médiation apparaissent avec la Loi du 10 février 1975, le mouvement est
la croissance de ces modes alternatifs.
La Loi du 18 novembre 2016 et la Loi du 23 mars 2019, il s’agit de développer ce mode
alternatif de règlement des différends et inciter les parties.
Comment peut-on les définir ?
Il s’agit dans les deux cas de régler de manière amiable un conflit, c'est à dire d’y mettre fin
par l’accord des deux parties en litige.
Art 1530 du code de procédure civil : « Il s’agit de tout processus structuré par lequel deux
ou plusieurs parties tentent de provenir à un accord en dehors de toute procédure judiciaire
en vue de la résolution amiable de leurs différends avec l’aide d’un tiers choisi par eux-
mêmes qui accomplit sa mission avec impartialité compétence et diligence »
Tout au plus le médiateur a un rôle plus actif que le conciliateur, la différence est de degré
et non de nature. La fonction du conciliateur est d’essayer de trouver un terrain d’entente, il
va essayer de les rapprocher ; s’il y parvient, il va faire un procès-verbal de conciliation. Ce
jugement n’a pas de force exécutoire. Si le conciliateur ne parvient pas à réconcilier les
parties, sa mission s’arrête car il ne dispose pas de pouvoir juridictionnel. Les conditions
d’exercice sont prévues par un décret du 20 mars 1978 ; les personnes doivent justifier
d’une expérience dans le domaine juridique, n’être investies d’aucun mandat électif et ne
doivent exercer aucune fonction judiciaire.
Le médiateur va proposer aux parties en conflit un projet de solution sans se borner à
s’efforcer de les rapprocher ; le médiateur a une force de proposition ; il peut proposer une
solution différente de ce que les parties avaient imaginé. Jean Carbonnier disait que
l’application était plus dynamique. Les conditions d’exercice de la mission de médiateur
sont prévues dans le code de procédure civile à l’art 1503 ; et donc on nous dit que le
médiateur doit jouer de ses droits civils, doit justifier d’une pratique de la médiation.
La différence entre la conciliation et la médiation est seulement dans la manière de conduire
le processus et finalement cette distinction aujourd'hui ne présente de véritable intérêt que
dans le cadre d’une procédure juridictionnelle. La véritable distinction c’est plutôt de
distinguer selon que la conciliation et la médiation ont lieu.
La conciliation et la médiation peuvent avoir lieu en cours ou avant le procès. Avant le
procès, elles peuvent avoir lieu selon les articles 1528 du code de procédure civile ; elles sont
alors extra judiciaires, le juge n’interviendra qu’en cas homologuer l’accord de saisie par une
des parties. Dans certains litiges aujourd'hui, on peut imposer le recourt à la conciliation et

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la médiation avant le procès, sinon la demande sera irrecevable. La loi du 23 mars 2019
conditionne la recevabilité des demandes en paiement d’une somme n’excédant pas un
certain montant ou les demandes relatives à un conflit de voisinage, à une tentative
préalable de conciliation, de médiation ou de procédure participative. En l’absence d’une
telle tentative, le juge pourra relever direct le procès. Le décret du 11 décembre 2019 est
venu établir les critères, tout cela est exposé dans l’article 750-1 du code de procédure
civile. L’obligation est faite à toute personne à partir du 1er janvier 2020 de justifier d’une
procédure de médiation, de conciliation, procédure participative, pour des litiges dont
l’enjeu est inférieur ou égal à 5000 €. Ce recours est également imposé pour les conflits de
voisinage. Cet article pose aussi des limites :
1e limite : hypothèse selon laquelle une partie sollicite l’homologation d’un accord,
2e limite : les hypothèses dans lesquelles un recours gracieux ou une tentative de conciliation
préalable est en réalité déjà imposée,
3e limite : des situations dans lesquelles l’absence est justifiée par un motif légitime. Parmi
les motifs légitimes, « justifiée par un motif légitime tenant soit à l'urgence manifeste soit
aux circonstances de l'espèce rendant impossible une telle tentative ou nécessitant qu'une
décision soit rendue non contradictoirement soit à l'indisponibilité de conciliateurs de justice
entraînant l'organisation de la première réunion de conciliation dans un délai manifestement
excessif au regard de la nature et des enjeux du litige.”
La conciliation et la médiation peuvent également avoir lieu en cours de procès mais sont
alors judicaires.
S’agissant de la conciliation, l’article 128 du code de procédure civile dispose que les parties
peuvent se concilier d’elles-mêmes ou à l’initiative du juge tout au long de l’instance ; il
faut savoir que le juge peut amener lui-même, il peut aussi désigner un tiers.
Même chose pour la médiation en cours d’instance, l’article 131-1 du code de procédure
civile : le juge saisit d’un litige, peut après avoir recueilli l’accord des parties désigner une
tierce personne afin d’entendre les parties et de confronter leurs points de vue pour leur
permettre de trouver une solution au conflit qui les oppose. Cet article nous dit que ce
pouvoir appartient aussi au juge des référés. Pour revêtir la force exécutoire d’une décision,
elle devra être soumise à l’appréciation du juge.
c) La procédure participative
La procédure participative est issue de la Loi 22 décembre 2010 et retouchée en 2016,
réglementé aux articles 2262 à 2268 du code civil et aussi aux articles 1542 à 1564 du code
de procédure civile.
Son objectif est que les parties assistées de leurs avocats recherchent conjointement, avant
ou après la saisie d’un juge, un accord mettant un terme au différend qui les oppose. Cette
procédure peut notamment permettre la mise en état du litige qui oppose les parties.
La procédure de négociation assistée par avocat se déroule en deux phases successives :

29
- On a une première phase de procédure conventionnelle qui va prendre la
forme d’une convention
- Puis une phase judicaire au cours de laquelle il va être demandé au juge de
relayer l’accord, ou faute d’accord, de trancher le litige.

La justice doit cohabiter avec les autres pouvoirs.

§ 2.- Le principe de la séparation des pouvoir


La justice est une prérogative de l’Etat mais seulement parmi d’autres.
Dès lors, quelle est la place de la justice au sein des structures de l’Etat, au regard des autres
pouvoirs ?
Pendant un temps, ces trois pouvoirs étaient confondus dans la personne du roi (sous
l’Ancien Régime), il édictait la loi, la faisait exécuter et rendait la justice c’était le propre de
l’absolutisme ; la justice était rendue par le monarque sous les conseils des magistrats.
Dès le XVIIe siècle, les magistrats manifestent des velléités d’indépendance, ils s’envisagent
comme un pouvoir politique pour précisément limiter l’absolutisme royal, c’est ainsi les
cours de l’ancienne France prirent le nom de « parlements » ce qui révélait cette volonté des
magistrats de ne pas limiter leurs prérogatives à la seule fonction de juger mais de se trouver
associés aussi à la fonction législative qu’à la fonction exécutive.
 Ils étaient associés à la fonction législative, ils s’arrogeaient le droit de formuler des
remontrances au roi et de suborner l’exécution des ordonnances et édits royaux à
leur enregistrement par chaque parlement et en cas de refus d’enregistrer les
ordonnances le roi devait les leur imposer en tenant un lit de justice.

 Les parlements sont aussi associés à la fonction exécutive, ils n’hésitaient pas à
s’immiscer dans l’administration des intendants de l’époque en contrôlant leurs
actes en les invitant à s’expliquer, ils s’immisçaient dans l’action gouvernemental
c’est pourquoi on a parlé de « gouvernement des juges » pour désigner cette
tendance des juges à s’ériger en contre-pouvoir politique.
Pour mettre fin à l’intervention des parlements aux fonctions exécutives et législatives, l’édit
de saint germain de 1641 est adopté, ce qui va susciter une fronde parlementaire en 1648.
Finalement, ce n’est qu’au XVIIIe qu’apparait l’idée que pour lutter contre l’absolutisme, il
faut séparer les pouvoirs :
C’est l’idée que les 3 pouvoirs ne doivent pas être concentrés entre les mains d ‘un
monarque mais au contraire exercés par des organes distincts.

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John Locke a été le 1e à théoriser cette idée dans son Traité du gouvernement civil (1690),
reprise et systématisée ensuite par Montesquieu dans L’esprit des lois avec de très belles
formules notamment « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête
le pouvoir ». L’idée est ensuite reprise par les révolutionnaires et est exprimée dans l’article
16 de la DDHC : « toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la
séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ».
A côté des pouvoirs exécutif et législatif, apparaît le pouvoir judicaire. Chaque pouvoir doit
être protégé des deux autres et chaque pouvoir doit être limité. L’objectif est finalement
moins dogmatique, on recherche un contre poids.
A) Justice et pouvoir législatif

1) Protéger le législateur du juge


L’organisation de la justice a été profondément marquée par le rejet de l’immixtion des
parlements d’ancien régime dans l’élaboration de la loi si bien que la loi des 16 et 24 août
1790 nous dit « Les tribunaux ne peuvent prendre directement ou indirectement aucune
part à l’exercice du pouvoir législatif ni empêcher ou suspendre l’exécution des décrets du
corps législatif à peine de forfaiture. »
 Cela se traduit aujourd'hui par deux impératifs pour le juge :

a) Le juge doit appliquer la loi


Le juge n’a pas à apprécier l’opportunité ou la pertinence de la loi mais il doit seulement
l’appliquer dans les cas concrets. Le juge n’est en réalité que « la bouche qui prononcent la
parole de la loi ».
Cette peur du juge est très ancienne, elle nait en réaction des abus des parlements de
l’ancien régime.
 Ces parlements n’étaient pas tenus de statuer en droit mais ils pouvaient statuer en
équité. « Dieu nous garde de l’équité des Parlements ». Chancelier Séguier

 Mais en plus ils s’étaient octroyé un droit de remontrances royales, ils pouvaient
refuser d’enregistrer des ordonnances royales.
Pour mettre fin à cette confusion des pouvoirs le législateur est protégé du juge. Cette idée
que le juge n’est que la bouche de la loi, on la retrouve dans l’article 12 du code de la
procédure civile édicte l’obligation pour le juge de statuer en droit « Les juges tranche le
litige conformément aux règles de droit qu’ils leur sont applicables ».
La Cour de Cassation a déjà eu l’occasion de rappeler à l’ordre des juges qui avaient refusé
d’appliquer un texte législatif qu’ils ne trouvaient pas bon.
Exemple : arrêt du 30 mai 1967, voilà qu’un juge avait refusé d’appliquer un texte, la cour de
Cassation a censuré et expliqué que c’était une atteinte à la séparation des pouvoirs.

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Quid si la loi est muette, insuffisante, obscure ?
Le juge peut l’interpréter pour combler ses lacunes et l’adapter aux besoins de la société
mais il ne peut refuser de juger (en vertu de l’art 4 du code civil). Ce pouvoir d’interprétation
il ne l’a pas toujours eu, pdt la révolution les constituants avaient instauré le système du
référé législatif -> en cas de règle obscure, le tribunal de Cassation ne devait pas chercher à
interpréter la loi mais en référer législatif pour le que législateur interprète lui-même la loi.

Quid si la loi que doit appliquer le juge est illégal ? Car contraire à la
constitution ou à un traité international.
En cas de conflit entre la loi et un traité international, le juge doit respecter la hiérarchie des
normes, la suprématie des traités est énoncée à l’article 55 de la Constitution donc le juge
pourra refuser d’appliquer une loi contraire à un traité international, en revanche il ne
pourra pas l’abroger.
En cas de conflit entre la loi et la Constitution, la loi votée doit être appliquée puisque ce
n’est pas au juge d’apprécier la constitutionnalité des lois, c’est au conseil constitutionnel
doit le faire conformément à l’art 61 de la Constitution. Tout au plus le juge pourra saisir le
conseil constitutionnel par le biais d’une QPC.
b) Le juge ne doit pas rendre d’arrêts de règlements
Les révolutionnaires avaient peur du gouvernement des juges, ce mélange des genres c’est
l’arrêt de règlement qui l’exprime. L’arrêt de règlement c’est à l’occasion d’une affaire
particulière, le juge édicte des règles générales et obligatoires valables pour l’avenir, à
l’occasion d’un litige il édicte une règle valable pour l’avenir.
Les parlements de l’ancien régime rendaient des arrêts de règlements. Aujourd'hui le code
civil en son art 5 prohibe ces arrêts « il est défendu au juge de se prononcer par voie de
disposition générale et règlementaire sur les causes qui lui sont soumises ». S’il le faisait il se
comporterait en législateur et il remettrait en cause le principe de la séparation des
pouvoirs. L’art 5 interdit au juge de juger au-delà du cas, le juge tranche les litiges un par un,
sa décision est individuelle.
Par conséquent les juges ne sont pas liés par les décisions précédemment rendues, il n’est
pas tenu d’appliquer une solution pour la seule raison qu’il aurait déjà statuer en ce sens ou
que d’autres auraient déjà statuer en ce sens. Le juge n’est pas lié par les précédents en
droit français à la différence du Common law par exemple.
C’est pourquoi les décisions de justice n’ont qu’une autorité relative de la chose jugée (art
1355 du code civil).
On ne peut pas saisir deux fois le juge pour le même litige mais cette autorité est relative car
elle ne vaut que pour le litige ayant opposé les partis, elle est limitée à l’affaire.
Pour qu’on ne puisse pas saisir deux fois le juge de la même affaire Il faut constater une
triple identité :

32
 Une identité d’objet (la chose demandée doit être la même)
 Une identité de cause (le fondement juridique doit être le même)
 Une identité de partie (les parties doivent être les mêmes)
Cela explique que les juge peuvent faire des revirements de jurisprudence. Il n’y a pas de
droit acquis à une jurisprudence constante.

Cette prohibition des arrêts de règlements vaut pour le passé


Le juge peut juger différemment

Cette prohibition vaut aussi pour le futur


Le juge n’édicte pas une règle générale qui aurait vocation à s’appliquer à tous dans l’avenir
mais il édicte une règle particulière qui est limitée au cas d’espèce.

2) Protéger le juge du législateur, la non éviction du législatif dans le judiciaire


Etant donné que le juge ne doit pas s’immiscer dans les affaires législatives, il est normal
qu’en retour le législateur n’empiète pas sur son domaine.
Pourtant la défense du judicaire par rapport au législatif est appliquée avec moins de rigueur
que celle du législatif à l’égard du judiciaire.
a) Certaines lois sont destinées à s’appliquer à des procès en cours
Ce qui constitue une immixtion du législatif dans le judiciaire ; trois catégories de lois sont
concernées :

- Lois rétro actives


Dont les effets vont remonter dans le temps pour saisir des situations juridiques passées, elle
va venir remettre en cause des effets juridiques produits sous l’empire de la loi ancienne.
Il convient de distinguer la matière civile de la matière pénale.
 En matière civile, le principe est celui de l’application immédiate de la loi nouvelle
qui ne rétroagit pas. Ce principe est formulé dans l’article 2 du CC « la loi ne dispose
que pour l’avenir, elle n’a point d’effets rétroactifs ».
En matière civile, cette règle n’a qu’une valeur législative, le législateur peut y déroger dans
des dispositions transitoires expresses. Les lois rétroactives existent donc mais elles sont
rares et extrêmement contrôlées.
Une loi ne peut s’appliquer de manière rétroactive dans un procès en cours qu’en cas de
stricte condition ; la Cour de cassation a en effet précisé ces conditions.
Exemple : L’arrêt du 9 juillet 2003 de la 1e chambre civile : « Si le législateur peut
adopter en matière civile des dispositions rétroactives, le principe de prééminence du
droit et la notion de procès équitable s’opposent sauf pour d’impérieux motifs d’intérêt

33
général à l’ingérence du pouvoir législatif dans l’administration de la justice afin d’influer
sur le dénouement judicaire des litiges ».
La Cour de cassation exige l’existence d’impérieux motifs d’intérêt général, elle s’aligne sur la
position de la Cour Européenne des droits de l’homme. Elle s’appuie sur un considérant de
cette Cour dans l’affaire Zielinski, Pradal et Gonzalez et autres contre France le 28 octobre
1999. Lorsque la loi s’applique au procès en cours, elle porte atteinte au droit au procès
équitable protégé par l’article 6 paragraphe 1 de la Convention européenne des droits de
l’homme parce qu’elle constitue une éviction du législatif dans le judiciaire.

 En matière pénale, le principe de non rétroactivité de la loi nouvelle est exprimé


dans l’article 112-1 du code pénal : « Seuls sont punissables les faits constitutifs d’une
infraction à la date à laquelle ils ont été commis, peuvent seules être prononcées les
peines légalement applicables à la même date ». Ce principe est aussi exprimé à
l’article 8 de la DDHC : « la loi ne doit établir que des peines strictement et
évidemment nécessaires et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et
promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée ».
Ce principe de non-rétroactivité a une valeur constitutionnelle si bien qu’il est impossible
pour le législateur d’adopter des dispositions législatives sauf si la loi pénale nouvelle est
plus douce. C’est la rétroactivité in mitius.
Cette rétroactivité suppose que les faits n’aient pas fait l’objet d’une décision de justice,
exception faite des lois d’amnistie.
Ces lois d’amnistie sont extrêmement rares.
Illustration : On peut citer néanmoins l’affaire dite du Carrefour du développement à la
fin des années 1980, dans laquelle un ministre socialiste Christian Nucci était accusé
d’avoir détourné de l’argent public. En 1987, la majorité UDF et RPF du parlement décide
de le renvoyer devant la Haute Cour de justice mais suite à la victoire des socialistes en
1988, est adoptée le 15 janvier 1988 une loi qui prévoit en son article 19 : « sauf en cas
d’enrichissement personnel de leurs auteurs sont amnistiées toutes les infractions
commises avant le 15 janvier 1989… » C’est une loi efface le caractère punissable des
faits passés, elle retire leur caractère délictueux.
Elle peut intervenir à différents stades :
 Elle peut empêcher l’action publique : si au moment de la loi en vigueur, l’infraction
est déjà en train d’être poursuivie, la loi va avoir pour effet d’éteindre l’action
publique.
 Si une juridiction de jugement est déjà saisie de l’affaire, le tribunal devra prononcer
un relax ou un acquittement.
 Elle peut intervenir après condamnation, après qu’elle soit devenu définitive, elle va
donc annuler la décision qui a été prononcée et va mettre un terme à l’exécution de
la peine.

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Dans notre affaire, malgré le fait qu’une juridiction soit déjà saisie de cette affaire puisque le
législateur a décidé l’amnistie, la Commission d’instruction a décidé que l’action publique
était éteinte.
Voilà donc l’exemple d’une loi qui a permis au législateur de s’immiscer par une loi dans une
affaire judiciaire en cours. Ces lois constituent un exemple d’intrusion du législatif dans le
judicaire mais elles sont très rares.

- Lois interprétatives
Des lois qui sont destinées à interpréter des lois antérieures pour en préciser le sens ou la
portée.
La Cour de cassation en a donné une définition notamment dans un arrêt de la 3e chambre
civile du 27 février 2002 : « une loi ne peut être considérée comme interprétative qu’autant
qu’elle se borne à reconnaître sans rien innover un droit préexistant qu’une définition
imparfaite a rendu susceptible de controverse ».
Ces lois vont entrer en vigueur à la date de la loi qu’elles interprètent.
Elles font corps avec la loi qu’elles interprètent, elles ont une valeur rétroactive. On
comprend que le législateur puisse être soucieux de corriger l’interprétation des juges d’une
loi. Il s’agit pour le législateur de lever une ambiguïté mais la difficulté est que ce genre de loi
peut être prononcée au cours d’un procès en cours pour obliger le juge à statuer dans un
sens déterminé. Ces lois viennent briser une interprétation jurisprudentielle : à
l’interprétation du juge, on substitue l’interprétation du législateur.
Exemple : la loi du 30 juin 1967 qui concerne les collaborateurs d’avocats : peuvent-ils
prétendre à la condition de salarié ? Les juges en 1e instance avaient décidé que oui ; un
procès était en cours devant la Cour d’appel de Paris quand intervint une loi, celle de 1967,
décidant que le collaborateur n’a pas la qualité de salarié ; et le législateur précise que cette
loi est interprétative, elle vient forcer la main au juge en lui indiquant l’interprétation qu’il
doit suivre.
Il faut souligner néanmoins qu’aujourd'hui une telle loi ne peut s’appliquer de façon
rétroactive qu’à de strictes conditions. L’assemblée plénière dans son arrêt du 23 janvier
2004 de la Cour de cassation dispose que, pour rétroagir, la loi interprétative doit répondre à
un impérieux motif d’intérêt général.

- Lois de validation
Tendent à valider un acte qui ne l’était pas initialement.
Exemple : l’administration accomplit un acte illégal et cet acte est déféré devant une
juridiction administrative pour en obtenir l’annulation ; et voilà que le législateur modifie
alors la loi et valide rétroactivement l’acte contesté ; cet acte deviendra de fait régulier. Ces

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lois orientent une éviction, elles sont contrôlées et doivent répondre aussi à un impérieux
motif d’intérêt général.
b) D’autres lois sont, quant à elles, destinées à s’appliquer à des procès qui sont
achevés.
Une fois que la décision de justice est rendue et qu’il n’est plus possible de former un
recours contre elle
On dit qu’elle est passée en force de chose jugée c'est à dire qu’elle est devenue définitive
et ne peut plus être remise en cause ; mais l’intervention du législateur est toujours possible,
elle est dans ce cas extrêmement dangereuse.
- 1e cas de figure, le législateur intervient pour permettre une intervention en
justice alors qu’elle n’est normalement pas possible.
Exemple : la loi du 15 novembre 1976 qui a instauré un délai exceptionnel pour agir en
matière de filiation même si la forclusion (-> sanction qui frappe une action qui n’a pas agi à
temps) était constatée par une décision de justice irrévocable. Le législateur tient en échec
l’autorité de la chose jugée.
- 2e cas de figure, le législateur intervient pour faire échapper l’administration à
l’obligation d’exécuter ce à quoi elle a été condamnée ; autrement dit
l’intervention du législateur permet de dispenser l’administration d’exécuter le
jugement. Et voilà que le législateur réagit en adoptant une loi de validation
qui vient régulariser un acte annulé par un acte, elle sauve l’acte en question.
Exemple : l’annulation par le juge d’un concours d’entrée dans l’Ecole centrale des arts et
manufactures deux ans après ledit concours. Problème : les admis ne le sont plus alors qu’ils
ont suivi deux ans de scolarité, il faudrait faire un nouveau concours. En 1949, est donc
annulé le concours d’entrée à l’Ecole centrale des arts et manufactures ; le législateur est
intervenu pour valider les résultats des concours par la loi du 2 août 1949.
On le voit, le législateur peut s’immiscer dans l’exercice d’un procès, au cours et à l’issu d’un
procès.
Entendue au sens large, la loi désigne toute disposition de nature générale et abstraite qui
est émise par une autorité qualifiée et donc elle englobe les dispositions réglementaires et
en particulier les décrets
Or c’est parfois l’interprétation des décrets telle que donnée par des ministres eux-mêmes,
qui constitue une immixtion dans le pouvoir judiciaire. On peut citer 2 pratiques :

 Celle des réponses ministérielles -> un parlementaire interroge un ministre pour


obtenir de lui une réponse qui va être publiée ; très souvent ces questions portent
sur l’interprétation de certains décrets. Certes le ministre précise que c’est sous
réserve de l’appréciation des tribunaux mais en réalité, c’est une formule de style, les
tribunaux y sont soumis.

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 Celle des circulaires administratives -> le ministre rédige un décret et l’accompagne
d’une circulaire pour préciser l’interprétation du texte. Les tribunaux là encore ne
sont pas obligés de s’y tenir mais en réalité, ils doivent s’y soumettre.
La séparation des pouvoirs n’est pas complétement acquise. Outre les rapports entre la
justice et le législatif, il y a aussi des rapports entre justice et pouvoir exécutif.
B) Justice et pouvoir exécutif
Il s’agit de protéger les deux pouvoirs mutuellement
1) Protéger l’exécutif du juge
Le juge ne doit pas intervenir dans la sphère politique. Cela se manifeste de plusieurs façons.
- Le juge ne se prononce pas sur les actes de gouvernement -> Acte accompli
par le chef de l’Etat ou les membres du gouvernement et qui est politique par
son objet. Par exemple : la décision de déclarer la guerre, la désignation des
membres du Conseil constitutionnel. Ces actes échappent à tout contrôle
juridictionnel, ils bénéficient d’une sorte d’immunité juridictionnelle. Il est
arrivé que des plaideurs contestent ces actes.
Exemple : L’article 16 de la constitution qui donne au président des pouvoirs exceptionnels
en période de crise. Cette disposition a été mise en œuvre par De gaulle pendant la guerre
d’Algérie, au lendemain du Putsch des généraux d’Alger. Certains ont considéré que
l’utilisation de l’article était abusive. Le Conseil d’Etat a répondu dans un arrêt de 1962,
l’arrêt Rubin de Servens : il note que la décision présidentielle de mettre en œuvre l’art 16
était un acte de gouvernant, et que donc il était intouchable juridictionnellement parlant.
- Le juge ne procède pas non plus à des actes d’administration puisqu’elle est
du ressort de l’exécutif. Cette règle se trouve exprimée dans la loi des 16 et 24
août 1790 : « Les fonctions judiciaires sont distinctes et demeureront toujours
séparées des fonctions administratives, les juges ne pourront à peine de
forfaiture troubler de quelque manière que ce soit les opérations des corps
administratifs ni citer devant eux les administrateurs pour raison de leur
fonction. »
Cette disposition a deux conséquences :
 L’interdiction pour les juges de contrôler l’administration. Les révolutionnaires n’ont
pas mis en place de recours juridictionnel en matière d’administration. On ne pouvait
pas contester une décision de l’administration devant un juge, uniquement devant
un degré supérieur. On a donc créé le Conseil d’Etat.
 Toujours aujourd'hui, l’interdiction pour le juge de se substituer à l’administration.
Pendant longtemps, il ne pouvait pas donner l’ordre à l’administration de prendre
une mesure, c’est l’interdiction des injonctions. Cela posait un gros problème car
l’exécution des décisions étaient subordonnée au bon vouloir de l’administration.
Aujourd'hui cette astreinte est possible, il a ce pouvoir d’injonction à l’administration.

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 Le juge est soumis à un pouvoir de réserve. Selon l’article 10 de l’ordonnance du 22
décembre 1958, elle interdit aux magistrats trois choses :
 Toute délibération politique
 Toute manifestation d’hostilité au principe ou à la forme du gouvernement de
la République
 Toute démonstration de nature politique incompatible avec la réserve que
leur impose leur fonction.

2) Protéger le juge de l’exécutif.


Il faut comprendre l’importance de l’indépendance du juge qui doit pouvoir statuer en
dehors de toute pression. L’administration ou le gouvernement ne doivent pas orienter
l’issue des décisions de justice.
La difficulté est que le juge est un fonctionnaire, sa carrière dépend donc du pouvoir
exécutif. C’est pourquoi les magistrats de l’ordre judicaire bénéficient d’un statut protecteur
figurant dans la Constitution de 1958, article 54 : « Le président de la République est garant
de l’indépendance de l’autorité judiciaire, les magistrats du siège sont inamovibles ».
Quelles sont ces garanties ?
- Le juge est recruté par la voie d’un concours démocratique,
Le magistrat ne doit son succès qu’à lui-même et non à celui qui le recrute.

- L’inamovibilité des magistrats,


Elle signifie que les magistrats ne peuvent pas être déplacés contre leur gré, de façon à les
protéger du pouvoir exécutif. L’article 4 de l’ordonnance de 1958 précise cette garantie :
« Le juge ne peut recevoir sans son consentement une affectation nouvelle même en
avancement ». Les régimes totalitaires ont tenté de supprimer cette inamovibilité. Par
exemple en 1943, une ordonnance refuse l’inamovibilité des magistrats, rétablie ensuite en
1945 ; puis de nouveau retiré pendant la guerre d’Algérie aussi.
Cette garantie ne concerne que les magistrats du siège et non du parquet !! Il existe
aujourd'hui un statut différent pour les magistrats du parquet.
 Le magistrat du siège est celui qui exerce la fonction de juger, qui prononce le
jugement, applique la loi après avoir entendu les unes et autres parties, ils tranchent
le litige.
 Le magistrat du parquet ne tranche pas un litige. Il représente la société et défend
ses intérêts. Son rôle est de veiller à l’application de la loi (les procureurs généraux
sont des magistrats du parquet). Il va faire des réquisitions dans un procès, il va
requérir l’application de la loi, ils ont à l’audience une totale liberté de parole, on dit
à leur sujet que « la plume est serve mais la parole est libre ». Ce sont eux qui
dirigent les enquêtes, engagent les poursuites. Ils représentent la magistrature
debout.

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A la différence des magistrats du siège tout à fait indépendants du gouvernement, les
magistrats du parquet sont placés dans un état de dépendance hiérarchique, car ce
sont des agents du pouvoir exécutif auprès des tribunaux. Selon l’article 5 de
l’ordonnance de 1958, ces magistrats « sont placés sous la direction et le contrôle de
leur chef hiérarchique et sous l’autorité du garde des sceaux. » Les membres du
parquet sont tenus d’obéir aux ordres de leurs supérieurs.
Pendant longtemps ils pouvaient recevoir des instructions dans les affaires
individuelles (supprimé en 2013) ; désormais les membres du parquet (ministère
public) ne reçoivent plus que des instructions générales, c'est à dire relatives à la
mise en œuvre de la politique pénale du gouvernement. L’idée, c’est d’avoir une
politique pénale unifiée sur l’ensemble du territoire.
Par ailleurs ils ne bénéficient pas de la garantie d’inamovibilité : ils peuvent être
déplacés ou affectés à un autre poste. C’est précisément cette soumission au pouvoir
politique qui suscite des critiques. La 1e à avoir condamné cette soumission est la
Cour européenne des droits de l’homme, arrêt Medvedyev du 29 mars 2010 : « les
magistrats du parquet ne sont pas une autorité judiciaire indépendante parce qu’ils
sont dépendants du pouvoir exécutif ». Et cette subordination est très mal comprise
de la population, elle soulève une apparence de politisation des juges. Plusieurs
projets ont été envisagés mais aucun n’a abouti.
Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) est créé en 1883. On le cite car il joue un rôle
très important pour garantir l’indépendance des juges vis-à-vis du pouvoir exécutif. C’est un
organe qui se prononce sur tout ce qui concerne l’avancement et la discipline.
Il est important que sa composition garantisse la protection du judicaire contre l’exécutif. Il
faut faire en sorte qu’il soit composé de membres qui n’attendent rien du pouvoir.
Aujourd'hui le CSM se compose de deux formations distinctes, une pour les magistrats du
parquet et une pour ceux du siège ; chacune de ces formations est composée de 15
personnes ; les magistrats ne sont plus en majorité (On en compte 7), il n’y a aucune autorité
politique en fonction.

 Pour les magistrats du siège


 Est présidé par le président de la Cour de cassation, aujourd'hui
Chantal Arens (depuis 2019).
 5 magistrats du siège
 1 magistrat du parquet
 1 conseiller d’état
 1 avocat
 Six personnalités extérieures
 Pour les magistrats du parquet
 Procureur général présidant la cour de cassation, François
Molins
 5 magistrats du parquet
 1 magistrat du siège
 1 avocat

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 Six personnalités extérieures
Ses attributions sont diverses :
Il est compétent pour les nominations du magistrat. Il donne son avis sur l’ensemble des
nominations mais la nature de son avis dépend si c’est un magistrat du siège ou du parquet.
- Pour les magistrats du siège, les plus prestigieux, il a un pouvoir de proposition
(1e président de Cour d’appel, conseiller à la Cour de cassation, président de
tribunaux judicaires…).
Nomination ne peut avoir lieu que par son initiative. Pour les autres postes, le
pouvoir de proposition appartient au garde des sceaux avec avis du CSM ; cet
avis est un avis conforme, le gouvernement ne peut pas nommer un magistrat
du siège sans l’avis du CSM.

- Pour les magistrats du parquet, Avant 1995, Le CSM donnait un avis simple sur
les propositions de nomination donc qui ne lie pas le ministre de la justice, il
n’y est pas obligé de s’y conformer. Aujourd'hui il est question de renforcer les
pouvoirs du CSM du point de vue de ces magistrats du parquet, avec une
nomination sur avis conforme comme leurs collègues du siège.
2e chose, CSM est également compétent en matière de discipline, pour les faits susceptibles
de caractériser des manquements disciplinaires ; pour le parquet, le CSM donne un avis
symbolique au ministre de la justice ; en revanche pour les magistrats du siège, il se
comporte comme une véritable juridiction.
3e attribution, il a une formation plénière qui a une compétence un peu particulière,
officialisée dans la réforme de 2008 : répondre aux demandes d’avis du président de la
République, elle va se prononcer sur toute question relative au fonctionnement de la justice.
En plus d’être un pouvoir, la justice est un service public.

Chapitre 2. – La justice comme service public


Le code de l’organisation judiciaire qui affirme la justice comme un service public, chapoté
par le ministère de la justice que l’on appelle aussi la chancellerie.
L’ensemble des services du ministère de la justice forme l’administration centrale qui est
formée presque exclusivement de magistrats.
§1. – Les caractères du service public de la justice
La justice est une dette d’Etat et son fonctionnement repose sur un certain nombre de
règles ; elles constituent le socle de la justice.

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A) Les règles qui touchent à l’organisation et la structure de la justice, les principes
structurels
L’organisation et le fonctionnement sont régis par des principes : l’égalité, la publicité, la
gratuité et la permanence de la justice.
1) L’égalité devant la justice
Ce principe n’a pas toujours été assuré : dans l’ancien droit, il existait des juges différents en
fonction de l’appartenance de classe. La révolution y a mis fin en posant ce principe d’égalité
devant la justice.
Quelles sont les sources de ce principe ?
En droit interne, ce principe a une valeur constitutionnelle, article 6 de la DDHC : « la loi doit
être la même pour tous soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse » ; et aussi dans la loi des 16
et 24 août 1790, article 16 : « tout privilège en matière de juridiction est aboli, tous les
citoyens sans distinction plaideront en la même forme et devant les juges dans les mêmes
cas. » ; dans l’article L-111-2 « le service public de la justice concourt à l’accès au droit et
assure un égal accès à la justice. »
En droit externe, pacte international relatif au droit civil et politique de 1966 dans le cadre
de l’ONU, art 14 §1 : « tous sont égaux devant les tribunaux et les cours de justice ».
Quelle est sa signification ?
Tous les justiciables placés dans une même situation doivent être jugés par les mêmes
tribunaux et selon les mêmes règles de droit . Tous les justiciables doivent être jugés par les
mêmes tribunaux et d’autre part selon les mêmes procédures, dans les mêmes formes.
Aucun discrimination ne doit avoir place.
a) Des juges identiques
Il ne faut pas de discrimination inhérente à la personne, tous les citoyens doivent avoir
affaire à la même justice ; on peut quand même instituer des juridictions spécialisées.
La spécialisation se fait en fonction de la nature du litige, les juridictions spécialisées ont reçu
de la part du législateur une attribution spécifique par opposition aux juridictions de droit
commun qui traitent tous les contentieux non accordés à des juridictions spécialisées, qui ne
sont pas été attribuer a des juridictions spécifiques. Il s’agit notamment des tribunaux de
commerce(raison de la nature du litige , mets en cause un acte de commerce ), du tribunal
communautaire des beaux ruraux, des affaires de la sécurité sociale…
 Le tribunal de commerce s’il a reçu une attribution du législateur repose sur la nature
du litige. La répartition est liée à la nature de l’acte litigieux.

 L’exception en revanche par opposition à la spécialisation se fait en fonction de la


qualite personnes, en matière pénale, répressif surtout. Par exemple, il existe des
juridictions d’exceptions pour les militaires ; avant 1982, il y avait des tribunaux
permanents des forces armées. Ces tribunaux ont pris fin pour les infractions

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commises en temps de paix (passible d’un tribunal de droit commun) ; en temps de
guerre, les militaires continuent de relever de juridictions d’exception ; il est possible
de rétablir des tribunaux des forces armées ; les plus hauts membres de l’armée sont
jugés par un tribunal spécifique qui est le Haut Tribunal des forces armées, ils
bénéficient d’un privilège de juridiction.

 Autre juridiction d’exception, les juridictions pour les mineurs car ils ont besoin d’une
protection spécifique. Cours assise des mineurs , comme quoi les mineurs ont besoin
d’une protection.

 Il existe enfin des juridictions politiques qui jugent les infractions graves dont les
gouvernants se sont rendus coupables dans l’exercice de leur fonction.

Jusqu’en 2007, il existait un Haute Cour de justice, composée de parlementaires ; elle


jugeait les actes du président de la République dans l’exercice de ses fonctions
uniquement pour haute trahison, sinon il bénéficiait d’une immunité.
Une révision constitutionnelle a remplacé la Haute Cour de justice par la Haute Cour
tout court, qui est présidée par le président de l’Assemblée nationale. Le principe,
c’est que le président de la République est insusceptible de faire l’objet de poursuites
pendant son mandat, que ce soit pour des actes en lien ou sans lien avec l’exercice
de ses fonctions ; affirmé à l’article 67 de la constitution, son mandat ne fait que
suspendre les délais de prescription ; il reprendra 1 mois après les cessations de ses
fonctions de président de la République : cela signifie que les sentences auxquelles il
avait fait objet vont pouvoir avoir lieu à l’issue du mandat. Une seule exception : il
peut être destitué en cours de mandat en cas de manquement à ses devoirs
manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat. C’est le parlement
constitué en Haute cour qui prononcera cette destitution conformément a l’article 67
, c’est la seule limite à son immunité.
Pour les membres du gouvernement, il existe aussi une juridiction d’exception en matière
politique instituée par une loi de 1993 , c est la cour de justice de la république  : cette Cour
a été instituée pour juger les crimes et délits dont se rendrait coupable un membre du
gouvernement dans l’exercice de ses fonctions (art 68-1 68-2 de la constitution). Cette Cour
de justice est composée de 12 parlementaires (6 assemble et 6 senat) et de 3 magistrats de
la cour de Cassation dont l’un présidera.
Ces juridictions d’exception soustraient certaines catégories de judiciables devant les
juridictions de droit commun.
b) Des formes identiques
Egalité passe par la forme même du procès. Chacun doit être jugé de la même façon selon
les mêmes règles. Cette exigence se traduit par deux grands principes
- Le 1er principe est celui de l’égalité des armes.

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Chaque partie doit être mise dans une situation de stricte égalité procédurale c'est à dire
qu’aucune partie ne doit être mise dans une situation qui la désavantagerait par rapport à la
partie adversaire.
Exemple : Jusqu’à récemment le magistrat du parquet, l’avocat général pouvait assister au
délibéré alors même que les autres parties ne le pouvaient pas. La cour européenne des
droits de l’Homme a condamné la France pour cette situation dans un arrêt du 8 juillet 2003
(arrêt fontaine contre France) -> elle considérait qu’une partie était avantageait car elle
pouvait discuter avec les juges, les apparences donnait l’impression qu’il était favorisé ( les
apparences sont importantes au niveau de justice).
- Le 2e grand principe est celui du contradictoire.
A pour objet d’assurer l’égalité des parties au cours du procès, il signifie que chaque partie
doit être en mesure de connaître et de discuter les prétentions, les arguments, les preuves
de son adversaire.
Il suppose :
 le droit d’être appelé ou entendu -> le droit de savoir qu’un procès est intenté contre
soit, le droit d’exposer ses arguments et la possibilité de répondre aux arguments des
adversaires dans le temps nécessaire et suffisant. Les pièces de chaque partis doit
être soumis a la contradiction
 Il suppose aussi que les deux parties aient une connaissance égale des arguments et
des pièces. Aucune pièce ne peut être remise par un tribunal sans voir été portée au
préalable à la connaissance de l’adversaire. Les doc doivent etre donnait aux deux
partis
Il existe encore des obstacles à l’égalité devant la justice, tenant à une forme de barrière
sociale, on hésite à saisir la justice qui paraît peu accessible pour bcp de justiciables et puis il
y a le problème du cout qui est aussi un obstacle, cette question soulève la question de sa
gratuité.
2) La gratuité de la justice
Rendre la justice engendre un coût en personnel, en matériel et en locaux.
Qui doit supporter le coût ? La collectivité, les justiciables, les succombant, une assurance ?
a) La gratuité de l’accès au juge
Les frais de fonctionnement de la justice sont pris en charge par la collectivité nationale.
Dans l’ancien régime, les juges étaient payés par les parties (on remerciait le juge d’avoir
donné une bonne justice en donnant des épices mais cette rétribution entrainant un risque
de corruption).
La loi des 16 et 24 août 1790 a instauré la gratuité de l’accès au juge. Ce principe de gratuité
est aujourd'hui exprimé dans un art du code de l’organisation judiciaire qu’est l’art L11-2,
gratuite du service publique par le juge ,le juge est un fonctionnaire rémunéré par l’Etat ce
qui élimine les risques de partialité et de dépendance à l’égard d’une partie.

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Ce principe de l’accès gratuit est-il une bonne chose ?
Oui dans la mesure ou cela permet à tt le monde saisir la justice mais d’un autre côté on
pourrait objecter qu’un min de frais empêche qu’on fasse des procès pour s’amuser ou des
mesures dilatoires c’est ce qui explique qu’elle n’est pas totalement gratuite. Jusqu’en 1977,
le plaideur devait s’acquitter de différents droits, des droits d’enregistrements, de timbre, de
greffe ainsi que de frais de procédure. Loi du 30 dém 1977 est venu faire disparaître ces frais
et a instauré la gratuité des actes de justice devant les juridictions civiles et administratives.
La loi de finance de 1971 qui impose néanmoins un d de 9.15 € sur les actes d’huissier de
justice relatifs aux actes de procédure d’une instance et à l’exécution d’une décision de
justice.
Par ailleurs pour indemniser les avoués (les avocats qui disposaient du monopole de
représentation devant la cour d’appel), ils ont été sup en 2011 et intégrés à la profession
d’avocat.
 Loi du 29 décembre 2014 a instauré une taxe de 225€ qui doit être acquitté par ttes
les parties en appel dès lors que la constitution d’avocat est obligatoire. Il y a une
résurgence de la fiscalité indirecte en matière judiciaire.
Le principe de gratuité doit être relativisé, certains frais demeurent à la charge des parties.

b) Les frais incombant aux parties


Quels sont les frais de justice qui sont engagés au cours d’un procès ?
- D’abord il y a les honoraires d’avocat dont le montant est négocié librement
entre l’avocat et son client. Ces honoraires intègrent une catégorie de frais, les
frais irrépétibles
- Les actes de procédures accomplies par les avocats ou les huissiers ou des
notaires dont la rémunération n’est pas négociée mais est tarifée, fixée par
voie réglementaire.
C’est ce qu’on appelle les émoluments, ils intègrent une catégorie un peu plus large que l’on
appelle les dépens.
- A ces honoraires et émoluments il faut ajouter divers frais destinées pour
permettre la rémunération nécessaire, d’éventuels experts, des témoins, des
traducteurs…
Il faut distinguer les dépens et les frais irrépétibles d’autres part.
 Les dépens sont les frais engendrés par le procès, les frais indispensables au
déroulement de l’instance, leur montant est tarifé. L’art 695 du code de procédure
civile dresse des émoluments, la liste des dépens. Par exemple sont compris les frais
de traduction des actes, les indemnités des témoins, la rémunération des techniciens

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notamment les experts, les émoluments des officiers publics ou ministériels, les frais
d’interprétation…
Ces frais sont en principe à la charge des parties perdantes, c'est à dire que la partie
perdante prend en charge ses propres frais et ceux de son adversaire. Toutefois il est
possible que le juge si justifie mette les dépens à la charge de l’autre partie, la partie
gagnante. C’est l’art 696 du code de procédure civile qui dispose que « la partie perdante est
condamnée au dépens à moins que le juge par une décision motivée n’en mette la totalité
ou une fraction à la charge d’une autre partie. »

En matière pénale, la charge des dépens incombe à l’Etat et ne pèse pas sur le condamné.
 Les frais irrépétibles restent quant à eux à la charge de chacune des parties
autrement dit chacun paie les honoraires de son avocat et en supporte le coût même
s’il gagne. Mais l’art 700 du code de procédure civile pose une exception à ce
principe, en effet « S’il apparait inéquitable de laisser à la charge de la partie
gagnante la somme exposée par elle et non comprise dans les dépens, le juge peut
condamner la partie perdante à lui payer le montant qui détermine afin de
compenser les frais irrépétibles qui ont été exposés. » Le juge doit tenir comte de la
situation économique du condamné.
Souvent en pratique la partie perdante sera condamnée aux dépens et condamnée à payer à
l’autre partie une somme aux titres des frais non compris dans les dépens ( -> frais
irrépétibles).
La gratuité de la justice est relative puisque son cout est en partie supporté en partie par les
plaideurs
Il existe cependant des aides financières.

c) Les mécanismes d’aide financière


Ces aides sont au service de l’objectif de gratuité, elles sont de deux catégorie :
- Il existe une aide étatique pour ceux qui n’ont pas les ressources suffisantes
 C’est l’aide juridique.
Son objet est d’assurer la gratuité des procédures judiciaires et administratives ainsi que
des conseils juridiques aux personnes qui ont de faibles ressources.
En 1851 le législateur prévoyait déjà un mécanisme d’assistance judiciaire qui reposait
sur le bénévolat de l’avocat mais il ne bénéficiait qu’aux indigents et posait problème en
raison de l’augmentation du contentieux.
La loi de janvier 1972 vient ouvrir une aide justice aux personnes qui ont des revenus
fixés sous un certain seuil, les auxiliaires de justice n’interviennent plus à titre bénévole
mais sont rémunérés par l’Etat.

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Il faut attendre la loi de juillet 1991 pour que soit instauré l’aide juridique, il y a un
élargissement de l’aide accordée car elle recouvre deux composantes :

 L’aide juridictionnelle d’une parte


 L’aide à l’accès au droit d’autre part
L’aide juridictionnelle c’est la prise en charge par l’Etat des frais du procès, son domaine
est très large puisqu’elles jouent devant toutes les juridictions civiles, commercials et
administratives. Elle vaut à la fois pour de demandeur à l’instance (celui qui est à l’origine
de l’action en justice) et pour le défendeur. Elle vaut pour tout français, pour tout
ressortant de l’UE ou tout ressortissant étranger disposant d’une carte de séjour.
Quel en est le seuil ?
Les ressources doivent être inférieurs ou égales à 1043€ par mois partielle , sachant
qu’entre 1043 et 1564€ l’aide pourra être accordée mais elle sera dégressive. Il faut bien
sûr tenir compte des personnes à charge.
A quelle condition on peut en bénéficier ?
L’action en justice ne doit pas être manifestement irrecevable ou dénuée de fondement.
Mais cette condition ne s’applique que pour le demandeur.
Qui tranche pur attribuer cette aide ?
C’est le bureau d’aide juridictionnel qui voit si les conditions de l’aide juridictionnel sont
bien remplies, autrement dit ce n’est pas le tribunal saisi qui s’en occupe mais un organe
distinct pour que soit bien distinguer la décision d’aide juridictionnelle et le jugement sur
le fond de l’affaire -> Sinon il pourrait y avoir un pré jugement de l’affaire. Ce bureau il y
en a un dans chaque tribunal, un auprès de la cour de cas et du CE.
Quel est sa composition ?
Présidé par un magistrat de carrière, assisté par deux fonctionnaires, deux auxiliaires de
justice dont un avocat et aussi par une autre personne qui est représentante des usagers
qui est désignée par le conseil départemental de l’aide juridique.
Comment est-elle mise en œuvre ?
Donne droit à l’assistance d’un avocat et tout autre auxiliaire de justice, ces auxiliaires
sont choisis librement par le justiciable mais ne seront pas payés par lui.
Cette aide a un cout d’environ 450 millions d’€ par an.
Il faut toutefois tenir compte de l’issu du procès, si le bénéficiaire gagne alors
l’adversaire supportera ses dépens et devra également rembourser au trésor public les
sommes exposées par l’Etat pour le bénéficiaire. Si en revanche il perd son procès, il
n’est couvert que de ses propres frais et il reste tenu de régler les dépens exposés par
son adversaire.

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L’Aide à l’accès au droit qui vaut pour tout le monde, elle permet d’obtenir des conseils de
juristes pour connaitre ses droits et obligations
Elle permet une assistance pour les démarches administratives (répondre aux impôts,
rédaction d’actes juridiques…)
Cette aide est concrètement mise en ouvre par les conseils départementaux d’accès au droit.

- Existence d’une assurance de protection juridique


 Possibilité de souscrire une assurance privée qui va avoir pour objet de couvrir les
frais engagés par l’assuré en cas de procès, elle couvre les frais de procédure ainsi
que les honoraires d’avocat. Pour éviter les éventuels abus, l’Etat encadre ces
procédures. Ainsi, l’assuré peut choisir librement son avocat.

3) La publicité de la justice
a) La signification
C’est un principe qui signifie que la justice n’a rien n’a cachée, rien ni ai fait de façon
clandestine, chaque citoyen peut observer la justice en action.
C’est un principe très ancien, à Rome, la justice était déjà rendue sur le forum.
Au MA le roi et les seigneurs rendaient justice dans la salle commune du château ouverte à
tous
Droit canonique exigeait la publicité des débats.
Il signifie que la justice est rendue dans des salles où le public peut venir, autrement dit les
audiences sont publiques, les débats se tiennent publiquement dans un lieu qui est
accessible au public. En ce sens l’art L 111-12 du code de l’organisation judiciaire.
Ce principe signifie aussi que les décisions de justice sont publiques, elles sont accessibles à
tous, il s’agit à la fois d’une publicité de l’audience et d’une publicité des décisions. Ce
principe de publicité est si important qu’il est très fortement protégé, d’abord dans la
déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 (art 10) et puis par la convention
européenne des droits de l’homme (art 6 §1), le conseil constitutionnel a lui-même déduits
des articles 6 et 16 de la DDHC un principe de publicité des audiences devant les juridictions
civiles et administratives (décision du 21 mars 2019).
b) La portée
On va distinguer le principe de publicité de l’audience et des décisions :

- Portée du principe de publicité de l’audience


La publicité trouve sa pleine expression à l’audience on parle d’ailiers d’audience publique,
ce principe vaut devant toutes les juridictions, néanmoins il existe des limites reconnues par
le conseil constitutionnel dans la décision du 21 mars 2019. Dans cette décision il nous dit
que le législateur peut apporter des limitations liées à des exigences constitutionnelles si
elles sont justifiées par l’intérêt général, nature de l’instance, spécificité de la procédure à

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condition qu’il n’en résulte pas d’atteinte disproportionnée au regard de l’objectif poursuivi.
La convention européenne des droits de l’homme détermine aussi avec précision les motifs
qui permettent de déroger à la publicité de l’audiences (motif d’ordre public ou de
protection de la vie privée). Ces limites :
 Cette publicité ne serait pas utile, inopportune.
 Ainsi l’instruction (phase préparatoire au procès où l’on va rassembler les
preuves, on prépare l’argumentation) n’est pas publique que ce soit en
matière civile, administration, pénale.
 D’autre part le délibéré n’est pas non plus public, après la clôture des débats,
les juges se retirent pour délibérer, il est secret devant ttes les juridictions ->
principe du secret du délibéré (art 448 du code de procédure civile « les
délibérations des juges sont secrètes »). Ce secret avait été sup à la révolution
française mais cela a été l’objet de nombreux désordres car ce principe
soustrait le juge à toute pression extérieure, il est étroitement liée au principe
de collégialité, le jugement est l’œuvre du collège des juges, il et normal que
l’opinion de chaque juge ne transparaisse pas.
 Limites tirées de l’ordre public plus précisément il convient de distinguer la matière
civile et la matière pénale.
 Au pénal certaines audiences se tiennent à huit clos, l’art 400 du code de
procédure pénale laisse cette possibilité s’il s’avère que la publicité de
l’audience entraine un danger pour l’ordre ou la sérénité des débats, si elle
met en cause la dignité de la personne ou encore les intérêts d’un tiers.
 En matière civile, les débats peuvent se dérouler en chambre du conseil
(pièce spécialement réservée aux magistrats pour tenir conseil, délibérer),
c’est prévu par la loi en matière de divorce, d’autorité parentale ou encore de
filiation. La loi réserve même que juge peut décider que la séance aura lieu en
chambre du conseil une faculté plus générale au juge de décider ttes les fois
où il résulterait de leur publicité une atteinte à la vie privée ou encore, ils
peuvent aussi le décider lorsque l’ensemble des parties au procès le
demande, ou encore s’il survient un désordre de nature à troubler la sérénité
de la justice.
Nouvelle limite, devant le tribunal judicaire la procédure peut désormais être exclusivement
écrite (art L212-5-1 du code de l’organisation judiciaire). Il faut que les parties soient
d’accord, le tribunal peut décider de tenir une audience s’il estime qu’il ne peut pas rendre
une décision au regard des seules preuves écrites ou si l’une des parties en fait la demande.
Ce principe de la publicité fait l’objet d’un débat, aujourd'hui elle ne va pas à jusqu’à
autoriser l’enregistrement audio ou vidéo des procès. Le garde des sceaux a récemment
annoncé vouloir filmer et diffuser les audiences. Aujourd'hui parfois autorisé lorsqu’elle
présente un intérêt pour la constitution d’archives de la justice, par ex le procès des
attentats de 2015, le procès de Claus Barbie, procès AZF… Autre exception pour réaliser des
films documentaires par exemple le film 10e chambre correctionnelle.

- Portée du principe de publicité des décisions


48
Les décisions de justice sont lues ou prononcées en audience publique, mises à disposition
des justiciables au greffe du tribunal et en outre elles sont également publiées dans des
recueils par exemple sur le site de Légifrance ou sur le site d’éditeurs privés comme Dalloz
mais doivent être anonymes pour respecter la vie privée des justiciables. Cette garantie de
l’anonymisation a été réaffirmé par la loi du 23 mars 2019, art L11-13 du code de
l’organisation judiciaire issue de cette loi prévoit que les décisions rendues par les
juridictions judicaires sont mises à disposition du public gratuitement sous forme
électronique, les noms et prénoms des personnes physiques qui sont mentionnées dans les
décisions de justice doivent être occultés, les décisions peuvent en revanche mentionné les
noms du juge ou du nom des membres du greffe. Mais la loi interdit que les données
d’identité des magistrats et demandes membres du greffe soient utilisées à des fins de
justice prédictive, « ces données ne peuvent faite l’objet d’une réutilisation ayant pour objet
ou pour effet d’évaluer, d’analyser de comparer ou de prédire leur pratique
professionnelle ». Le conseil constitutionnel lui-même a considéré qu’il s’agissait de nature a
éviter des pressions ou stratégies de choix des juridictions qui seraient de nature à altérer le
bon fonctionnement de la justice.
L’open data -> mettre à dispo les décisions supposent un gros travail d’anonymisation.
4) La permanence de la justice
Il faut que le justiciable puisse pouvoir compter tt le temps sur la justice par ex les
commissariats ne sont pas fermés au mois d’aout, pour la police et la défense il existe un
principe de permanence des forces de l’ordre et des forces armées.
Quid de la justice ?
En France le principe est que les tribunaux siègent en permanence et sans interruption, il est
mentionné à l’art L11-4 du code de l’organisation judiciaire qui énonce que « la permanence
et la continuité du service public de la justice demeurent toujours assurés ».
Ce principe n’existe pas dans tous les pays, au RU ou Canada ils ne siègent pas sessions.
Ce principe de permanence connaît des exceptions car certains tribunaux jugent par session,
il existe des sessions pour les cours d’assises, pour le tribunal paritaire des baux ruraux, le
tribunal des affaires de la sécurité sociale. Siègent par session car composés de jurés
extérieurs qui ne peuvent siéger en permanence.
Quid des week-end, jours fériés, vacances ?
Un décret de 1974 a supprimé les vacances judiciaires pour que les justiciables n’est pas
l’impression que la justice ne plus être rendu. Le chef de juridiction doit organiser des
permanences même pendant l’été.
Le week-end, les jours fériés, on peut saisir des juges de l’urgence -> ce sont les juges des
référés. Certains juges tiennent des permanences, les juges d’instruction par exemple.

B) Les principes pesant sur le juge

49
Il s’agit de grands principes :
- Le principe de l’indépendance et de l’impartialité
- Le principe de la collégialité

1) L’indépendance et l’impartialité

a) L’exigence d’indépendance
Elle désigne l’absence de lien structurel entre le juge et l’autre entité qui pourrait l’influencer
ou faire pression sur lui -> c’est l’absence de lien de subordination, c’est une exigence qu’on
a déjà abordée, le juge doit être à l’abri de pouvoirs de droit (pouvoirs législatifs, exécutifs)
mais aussi des pouvoirs de faits (médias, peuples).
b) L’exigence d’impartialité
Désigne l’absence de parti pris, absence de préférence, de préjugé.
 L’impartialité renvoie à l’exigence de neutralité du juge, son indépendance d’esprit.
Elle est protégée par l’art L111-5 du code de l’organisation judiciaire mais aussi au niveau
international sur les fondements de l’art 6 §1 de la convention européenne des droits de
l’homme « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue par un tribunal
indépendant et impartiale ». Cette impartialité a deux sens, elle peut être fonctionnelle ou
personnelle.
- L’impartialité personnelle
C’est celle qui concerne la personne même du juge. Qu’est ce qui peut conduire le juge à
avoir run pré jugé ?
 Le fait que le juge ai un intérêt personnel dans le fait à juger
 Il peut aussi avoir une relation personnelle dans l’affaire à juger (relation familial, lien
d’alliance, relations amicales professionnelles avec un avocat ou une partie…)
 Il a des convictions personnelles (politiques, religieuses…) qu’il doit mettre de côté
Cette exigence n’est pas propre au juge mais concerne aussi l’arbitre.
- L’impartialité fonctionnelle
Elle concerne l’exercice des fonctions -> c’est l’interdiction du pré jugement, c’est
l’hypothèse dans laquelle le juge a déjà tranché la même question dans le passé entre les
mêmes parties.
Exemple : Un juge d’instruction qui enquête sur un détournement de fonds, il pense que la
personne poursuivie est coupable, il rend une ordonnance de renvoie pour que le dit
coupable soit juger. Si ce juge devient juge correctionnel et doit juger cette affaire, il doit
alors être impartial.
C’est pourquoi il est interdit :

50
De cumuler dans une même affaire des fonctions d’instruction et des fonctions de
jugement.
De cumuler des fonctions d’accusation et de jugement.
De cumuler les fonctions consultatives et les fonctions de jugement, cela a soulevé
des difficultés pour le Conseil d'Etat qui a une double fonction de juge te de conseil,
aujourd'hui aucun membre du Conseil d'Etat ne peut se retrouver en situation de
juger d’une affaire dont il a eu connaissance en formation consultative.

Quels sont les remèdes face à un risque de partialité ?


Le juge est le premier gardien de lui-même, c’est à lui de s’abstenir de siéger et de demander
à se faire remplacer s’il ne se sens par impartial. S’il ne le fait pas, sa récusation peut être
demandé. Si le juge n’accepte pas de se récuser, le plaideur pourra demander l’annulation
de la décision rendue en exerçant un recours devant la juridiction supérieure.
Hypothèse dans lequel la récusation peut être demandé régit par l’art- 111-6 du code
l’organisation judiciaire. Par exemple si le juge lui-même ou son conjoint à un intérêt
personnel à la contestation, si le juge ou son conjoint est créancier, débiteur, hériter
présomptif ou encore donataire de l’une des parties. Si le juge est parent où allier de l’une
des parties ou de son conjoint jusqu’au Ive degrés, s’il y a amitié ou inimitié notoire du juge
avec l’une des parties.
Si le doute porte sur toute la juridiction par exemple dans le cadre d’un procès à
retentissement régional.
Le plaideur peut demander le renvoi de l’affaire devant une autre juridiction.
2) La collégialité
Il vaut mieux un ou plusieurs juges statuant à la majorité ? Faut il préférer une formation à
juge unique à une formation collégiale ?
La réponse est liée à la trad juridique.
Dans les pays Anglo saxons on accepte plus facilement le juge unique qui est recruté tard
donc il jouit d’un grand prestige.
En France ils sont recrutés jeunes donc la collégialité est un moyen pour le juge face
l’acquisition de l’expérience.

Avantages de la collégialité :
 Garantie de réflexion, le juge est moins soumis à l’erreur
 Granite d’indépendance et d’impartialité parce que l’anonymat du juge est garanti
par le fait qu’il est dans un collège de juge donc il peut se sentir plus libre.
Inconvénients de la collégialité :

51
 Elle suscite peut-être un moindre sens des responsabilités, le juge unique est
directement comptable de ses décisions
 Moindre efficacité de la justice, les magistrats ne sont pas doute pas assez nombreux
pour juger l’ensemble des affaires, le juge unique est d’une plus grande efficacité
pour la justice
 La moindre spécialisation des juges, le juge unique est plus spécialisé
Cette question de la collégialité ne se présente que devant les juges de 1 e instance, devant
l’appel la collégialité résiste, elle apparait nécessaire car les décisions sont rendues en
dernier ressort, seul le pouvoir en cassation est possible.
Quelle est l’évolution de la collégialité ?
En 1e on a un recul devant les juridictions administratives, pénales et civiles dans un contexte
d’inflation du contentieux.
Parfois ce recul se traduit par un abandon en faveur du juge unique, le jugement rendu par
un juge unique est appelé ordonnance. La loi prévoit que certaine formation de jugement de
juridictions en principe collégiale (T correctionnel, judiciaire) prévoit qu’ils vont pouvoir
connaitre le juge unique. L212-1 tribunal judiciaire statue en formation collégiale sous
réserve des exceptions tenant à l’objet du litige ou à la nature des questions à juger. En
outre il faut de plus en plus de juridictions ont exercés en juge unique (juge d’instruction,
juge des affaires familiales, juges des libertés et détentions…).
En matière administrative elle connait aussi de plus en plus d’exception.
§2. – La responsabilité du service public de la justice
L’erreur est possible, à qui la faute ?
Va-t-on engager la responsabilité du juge ? de L’Etat ?
Engager la responsabilité du juge pose problème lorsque le justiciable serait insatisfait de
son jugement, il y a un risque de vengeance qu’il ne faut pas encourager.
Un juge non responsable pose aussi problème, cela signifierait qu’il a une indemnité, il faut
trouver un équilibre.
Il y a un principe de dualité des responsabilités.
A) Responsabilité de l’Etat du fait du service public de la justice

1) Régime général de cette responsabilité


Le régime général c’est ce qu’on appelle la responsabilité de l’Etat pour fonctionnement
défectueux du service public de la justice.
Cette responsabilité est régie par l’art L141-1 du code de l’organisation judicaire, il dispose
que « l’Etat est tenu de réparer le dommage causé par le fonctionnement défectueux du
service public de la justice, sauf disposition particulière cette responsabilité est engagée que
par une faute lourde ou par un déni de justice ».

52
On se concentre sur la justice judiciaire mais le principe est le même pour la justice
administrative.
Ce régime général est engagé dans toute hypothèse où la défaillance du service public de la
justice a causé un dommage. Malgré ce champ très large, la responsabilité est difficile à
engager car il faut une faute lourde ou un déni.
 La faute lourde, La Cour de cassation l’a ainsi définie « Celle qui a été commise sous
l’influence d’un erreur tellement grossière qu’un magistrat normalement soucieux de
ses devoirs ni eu pas été entraîné ». -> intention de nuire, mépris des devoirs
élémentaires. A ainsi été retenu la disparition du dossier d’instruction, la mauvaise
foi, un délai de 3 ans pour fixer la date des plaidoiries.
Mais progressivement est apparue une définition plus souple, aujourd'hui « Une déficience
caractérisée par un fait ou une série de faits traduisant l’inaptitude du service public de la
justice à remplir la mission dont il est investi ». Cette définition résulte d’un arrêt
d’assemblée plénière du 21 février 2001. Elle correspond à tout disfonctionnement du
service public de la justice. Ce disfonctionnement n’est pas forcément lié au juge. Cette
définition a été élargie pour favoriser l’indemnisation des victimes.
 Le déni de justice, mentionné à l’art 4 du code civil. On peut juger sur ce fondement
un délai de justice trop long… Le juge lui-même est passible de sanction pénale ou
disciplinaire.
2) Régimes spéciaux
En cas de poursuite pénale injustifiée il existe des régimes spéciaux.
Exemple de l’erreur judiciaire : En cas de condamnation à tort, il existe une procédure de
révision et selon une loi de 2000 la victime d’une erreur judiciaire qui aurait été révélé par
un fait nouveau et ayant fait l’objet d’une procédure de révision va pouvoir obtenir une
réparation intégrale de son préjudice morale et matériel ».
 Cela correspond au versement d’une somme d’argent complété par la publication de
la décision de la ré habilitation dans les lieux publics, les journaux et même au journal
officiel.
Pour obtenir cette indemnisation la victime va saisir le 1E président de la cour d’appel ou
adresser une demande directe à la juridiction qui a reconnue son innocence.
Si l’Etat a été condamné et bien il pourra réclamer le remboursement de la somme qui a été
versée à la victime de l’erreur à celui qui était à l’origine de l’erreur (faux témoins,
dénonciateur…). Par exemple : en 2003 Patrick Dils a reçu 1 million pour ses 15 ans de
détention.
Exemple de la détention provisoire injustifiée : Une loi de 1990 prévoit un système
d’indemnisation des détentions provisoires injustifiées -> toute personne acquittée, relaxée
ou bénéficiant d’un non lieux alors qu’elle a fait l’objet d’une détention provisoire a un droit
automatique à l’indemnisation de son préjudice moral et matériel (art 149 du code de
procédure pénal). Cette indemnisation est en moyenne de 25 000 € par année mais il y a une

53
multiplicité de critères qui vont rentrer en compte, ce montant varie énormément selon les
cas. Le record est détenu par C.Willman a eu pour 11 jours 62 000€.
Outre cette responsabilité de l’Etat, les magistrats peuvent également engager leur
responsabilité personnelle dans l’exercice de leur fonction.

B) Responsabilité personnelle des magistrats


Ordonnance du 22 décembre 1958 décide dans son art 11-1 que les magistrats du corps
judiciaires ne sont responsables que de leurs fautes personnelles et il ajoute « La
responsabilité des magistrats qui ont commis une faute personnelle se rattachant au
service public de la justice ne peut être engagé que sur l’action récursoire de l’Etat ».
 Si la faute est dénuée de tout lien avec ses fonctions, la responsabilité perso du
magistrat ne peut pas être engagée.
 Si en revanche sa faute est rattachable à ses fonctions, le juge sera responsable à
titre personnel mais le justiciable victime ne pourra intenter d’action qu’à l’encontre
de l’Etat.
o La mise en œuvre de la responsabilité civile du magistrat professionnelle ne
pourra résulter que d’une action récursoire de l’Etat, l’Etat va d’abord être
condamné puis il pourra exercer une action récursoire contre le magistrat qui
a commis la faute pour se faire rembourser. Les magistrats sont bien
responsables de leurs fautes personnelles mais uniquement à l’Egard de l’Etat
et à condition que ce dernier se retourne contre eux.
En pratique l’Etat n’exerce jamais ce type d’actions contre ses juges.
o S’agissant de la responsabilité pénale il n’y a pas d’immunité, ils seront
poursuivis dans les conditions du droit commun.
o La responsabilité disciplinaire du magistrat peut être engagé. S’il manque à
ses obligations statutaires. Par exemple s’il y a une violation grave d’une règle
de procédure ou de manquements commis dans sa vie privée -> il ne doit pas
manquer à l’honneur, la dignité de ses fonctions. Par exemple il ne peut pas
être ivre sur la voie publique.

PARTIE 2. – Les juridictions


a

TITRE 1. – Les juridictions nationales

54
a

Chapitre 1. – L’ordre administratif


Droit administratif -> Droit qui régit l’administration. Cela suppose de déf l’administration :
- Une définition organique par réf aux organes
- Une définition formelle c'est à dire une définition en fonction des activités
exercées par ses organes

 Au sens organique : l’administration c’est l’ensemble des personnes morales de droit


public, ainsi que les autorités administratives et leurs agents.
- Les personnes morales de droit public ex : Etat, collectivité territoriale
- Autorités administratifs ex : préfet, maire, ministre
- Les agents qui prennent des mesures d’exécution des décisions et qu’on
rattache au pouvoir exécutif qui peut être
o Direct (pouvoir hiérarchique, ex art 20 de la constitution -> le
gouvernement dispose de l’administration)
o Ou plus relâché (se traduit par l’exercice d’un pouvoir de contrôle ne
suppose pas un pouvoir d’instruction mais simplement un contrôle, ex
art 72 de la constitution qui dispose que le préfet a la charge des
intérêt nationaux dans les collectivités territoriales)

 Au sens matériel : pour éluder les activités de l’administration


- On va définir l’administration négativement -> théorie générale de l’Etat
définit l’administration au fond comme tout ce qui échappe à la législation et à
la juridiction, elle engloberait donc un ensemble d’activités du pouvoir
exécutif. Mais il y a des actes de l’exécution qui ne cadrent pas avec
l’administration par exemple une déclaration de guerre. On peut prendre un
caractère finaliste qui est l’intérêt général, l’administration vise l’intérêt
général, ces activités ont peut les subdiviser :
o Activités de prévention des atteintes à l’ordre public
o Activité de police administrative

Cette définition matérielle ne recoupe pas tout à fait la définition organique, il y a des
personnes privées qui peuvent exercer des fonctions de l’administration, des missions de
service public par exemple, il va falloir prendre en compte cet élément.
Toute l’activité de l’administration est soumise au contrôle du juge administratif
On peut donc définition le droit administratif comme un droit exorbitant du droit commun,
régissant des organes et agents (personnes publics, autorités administratives, agents publics
personnes privées chargées de mission de service public) lesquels exercent des activités au
service des administrés sous le contrôle d’un juge administratif.

55
SECTION I – L’organisation administrative de la France
 C’est celle d’un état unitaire.
 Etat se définit avec une population, un territoire et un pouvoir coercitif
 La France est un état unitaire -> art 1 de la constitution de 1958 « la France est une
république indivisible » et précise que « son organisation est décentralisée ».
§ 1. – L’administration de l’Etat lui-même
L’administration de l’Etat (personne morale de droit public) peut prendre deux
configurations :
- Concentration, lorsque les autorités administratives de l’Etat sont situées en
un lieu unique et que ce lieu est l’unique centre de décision.
Qualités :
Ce mode d’organisation permet de garantir l ’unité de l’action de l’Etat, cela permet de lutter
contre tous les éléments qui chercheraient à casser cette cohérence.
Inconvénients :
Mais on se retrouve avec un certain engorgement de la capitale, une certaine lenteur. Elle
est inadaptée aux réalités locales qui ne sont pas nécessairement pris en compte.

 Pour résoudre ces inconvénients Volonté de déconcentration en France. Formule


d’un décret de 1852 : « On peut gouverner de loin mais on administre bien que de
près ».
- Déconcentration -> le transfert de compétence au sein d’une même personne
morale de droit public entre des autorités étatiques centrales vers des
autorités étatiques déconcentrés dans le cadre de circonscriptions
administratives.
A) Les autorités administratives centrales
Il est courant de distinguer
-
Des organes de décision (1m, président, les ministres) et
-
Des organes de conseils et des contrôles (Conseil d'Etat, conseil économique
et social environnemental, la cour des comptes, les inspections générales)
1) Organes de décision
C’est la constitution qui opère la répartition des compétences entre les trois autorités
principales.
Le président de la république peut être considérer comme la première autorité
administrative du pays, même s’il exerce aussi des fonctions politiques, diplomatiques,
juridictionnelles, législatives.
 Art 13 de la constitution de 1958 dispose que le président de la république signe les
ordonnances et les décrets et nomme aux emplois civiles et militaires de l’Etat. Ces

56
deux alinéas permettent de définir deux grands pouvoirs au sein de sa fonction
administrative :
- Le pouvoir réglementaire -> certains décrets sont des décrets réglementaires,
c'est à dire des actes qui portent des dispos générales et impersonnelles.
Ce pouvoir n’était pas complétement assuré en 1958 puisque le président était obligé de
signer les ordonnances et décrets, le 1e alinéa avait valeur impérative, le président avait une
compétence liée mais dès les premières années de la Ve république, le général de Gaulle a
opté pour une lecture pouvoir discrétionnaire c'est à dire qu’il peut ou pas signer les actes.
- Les décrets délibérés en conseil des ministres peuvent porter des dispositions
qui visent une personne en particulier dans le cadre du pouvoir de nomination
Ce pouvoir de nomination s’exerce désormais sous contrôle pour certains emplois du
parlement puisque la réforme de 2008 a soumis certaines nominations à l’avis conforme de
commissions permanentes des assemblées parlementaires, un avis négatif au 3 :5 bloque la
nomination.
Le président est secondé par les services de la présidence qui comportent plusieurs
centaines de personnes et on peut détacher :
 L’Etat major particulier
 Le cabinet de la présidence avec à sa tête le secrétaire général de l’Elysée

Le 1e Ministre est une autorité administrative nommé par le 1e mondialisation selon l’art 8
de la constitution, ses compétences sont listées à l’art 21, on peut dégager trois pouvoir
principaux :
- Compétence de coordination -> se manifeste par des arbitrages qui sont pris
entre les différents ministères qui permettent d’assure la cohésion
gouvernementale
- Pouvoir réglementaire -> art 21 lui confère un pouvoir réglementaire sou s
réserve des dispositions de l’art 13, ce qui entremêle les compétences du
président et du 1e m, ce qui a fait craindre une sorte de dyarchie au début de la
Ve République.
- Pouvoir de nomination -> de la même manière l’art 13 prévoit qu’il peut
exercer un pouvoir de nomination, le phénomène de captation présidentielle
joue ici aussi. Ce pouvoir est somme toute assez limité.
En dehors de ces compétences, le 1e m est également secondé par des services qui ont
émergés à partir des années 1930 (c’est en 1935 qu’apparait la présidence du conseil). Pour
en citer deux :
 Le cabinet du 1e ministre -> composé de directeurs, il aide le 1e m dans la direction de
l’action administratif et prépare les arbitrages entre les différents ministères
 Le secrétariat général du gouvernement (SGG) -> structure créée en 1924, organe
bcp administratif que politique, son rôle :

57
- Rôle de coordination -> aide à participer à l’ordre du jour du calendrier des m
- Rôle de conseiller juridique -> vérifie la qualité des textes et conseille sur la
forme juridique qu’il faut retenir pour faire passer tel ou tel acte juridique
- Rôle de gestion dans la procédure législative -> assure la transmission des
textes entre les chambres, assure la défense des textes notamment des lois
devant le conseil constitutionnel lorsque la loi est déférée dans un contrôle à
priori ou dans le cadre d’une QPC, le secrétariat peut être amené à produire
des mémoires défendant la disposition législative litigieuse.
On pourrait citer d’ordre secrétariat qui sont particulièrement important :
 Secrétariat général des affaires européennes (SGAE) qui a un rôle de relai entre les
administrations françaises et les représentants de la France dans les institutions de
l’UE
 Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale qui a un rôle de grantir
l’adaptation, la cohérence et la continuité de l’action de l’Etat dans les domaines de
la défense et de la sécurité.
Les ministres qui doivent être définis dans le cadre du gouvernement, l’art 20 de la
constitution qui traite du gouvernement lui-même (organe collégial composé de ministres
nommé par le président sur proposition du 1e m, son rôle est de déterminer et de conduire
la politique de la nation sous la direction du 1e m). NB : les 1e m n’est pas le supérieur
hiérarchique des autres membres du gouvernement.
Le décret de nomination du président contresigné par le 1e m réparti les attributions
ministérielles entre les ministres, les secrétaires d’Etats, ses attributions sont réparties en
grandes secteurs d’activité.
Viennent ensuite des décrets délibérés en conseil de ministres qui précise la compétence de
chaque ministère, pour certains il restes assez stable mais d’autres faire l’objet de débats
comme le commerce extérieur (au sien du ministère des affaires étrangères ou des finances).
Cette pluralité d’attribution de compétences alors que le gouvernement est un organe
unique justifie que le travail gouvernement se fasse de manière collégiale. Ces formations
collégiales du gouvernement peuvent prendre plusieurs formes :
- Le conseil des ministres présidés par le président, seront examiner les projets
de lois, d’ordonnances, les textes réglementaires. Les actes pris ont pour
auteur le président de la république
- Des comités inter ministériels sont présidés par le 1em, ont un rôle de
coordination entre les différentes administrations.
En dehors de compétences purement politique (droit d’amendement, réponses dans
l’hémicycle…), en tant qu’autorité administration, trois séries de compétence :
- Le ministre est l’ordonnateur principal des dépenses de son ministère, il
exécute le budget voté par le parlement -> compétence budgétaire
- Des compétences administratives à l’Échelon nationale, il représente l’Etat

58
- Des compétences administratives internes au ministère liés à la qualité de chef
de service du ministre, il exerce un pouvoir de nomination de ses agents,
contrôle l’évolution de leur carrière et il dispose d’un pouvoir de
réglementation du service, ce pouvoir n’et pas prévu par la constitution mais
est reconnu par le Conseil d'Etat dans un arrêt Javart en 1936.
Les structures qui sont attachées au ministre, ces services sont des administratives centrales
rattachées au ministère, en raison de la déconcentration, elles ont un rôle qui s’est amoindri,
depuis la loi ATR de 1992 un principe de subsidiarité rappelé dans la charte de
déconcentration de 2015 (c’est seulement quand l’échelon territorial n’est pas compétent
que les administrations centrales vont être compétentes).
Ces services centraux sont organisés par un décret du 15 juin 1987, la nomenclature est
kafkaïenne puisque les administrations centrales :
- Sont découpées en directions, certaines sont des directions de soutien d’autres en
directions spécialisées
- Ces directions sont découpées en sous-directions
- Au sein de ces sous-directions on retrouve le bureau
Le tout est chapoté par le secrétariat général du ministère.
Au sein de ces administrations centrales a été crée une autre structure qui permet de faire le
relais entre administrations centrales et les services déconcentrés -> service à compétence
nationale, décret 9 mai 1997, créés par décret ou par arrêtés ministérielles.
A coté des administrations centrales figurent le cabinet ministériel, il ne répond par à une
règle particulière mais depuis décret 2017 le nombre de membres a été encadré, on
retrouve le directeur de cabinet, le chef de cabinet et l’’ensemble des conseillers.
Dans ces autorités centrales ont aussi une place les organes de conseil et de contrôles.

2) Les organes de conseil et de contrôle

a/ Les organes consultatifs : Conseil d’État et Conseil économique et social

Créé par la Constitution de l’an VIII, le Conseil d’État a une double fonction. Fonction
juridictionnelle et fonction consultative. Il est présidé par un vice président, il compte en 7
sections, l’une de ces 7 sections est dédiée au contention (exercice fcontion juridictionnelle)
et les 6 autres servent à la fonction consultative et répartis par matière (section des finances,
travaux publiocs…). Cette consultation du CE peut être soit obligatoire soit facultative.
Les 4 consultation obligatoire relevent de dispositions constititionnelle ou reglementaires.
- Le CE (art 39) est obligatoirement consulté sur tous les projets de loi. Ce projet doit
avoir été soumis à l’avis du CE mais il n’est pas s’interdit que le gvt remanie le projet
de loi par voie d’amendement. Pour les amendements les plus importants, il faut une
saisine du CE.

59
- Deuxième cas de saisine obligatoire : article 38 : concerne les projets d’
ordonnances : consulmté sur tous les projet d’ordonnances
- Autre consultation obligatoire : l’article 37 alinéa 2 : concerne la procédure de
délégalisation : la constitution de 1958 oppose domaine législatif (34) à
règlementaire. Certaines dispositions reglementaires peuvent avoir été pris par la
législation : il faut donc délégaliser
Les textes portent le vise la Conseil d’État entendu et dans la majorité des cas l’avis que rend
le CE est un avis simple (avis qui ne lie pas l’autorité qui l’a sollicité) opposé à avis conforme
(avis qui lie l’autorité décisionnelle). Dans les cas de consultations obligatoire : c’est un avis
simple.

Dans tous les cas c’est un avis simple et non conforme.

Consultation facultative du conseil d’Etat:


- Article 39 alinéa 5 permet au parlement de saisir le CE pour avis sur une proposition
de loi. Dans ce cas, le texte porte « vu l’avis du Conseil d’État ». Avant, ils étaient
couverts par le secret et sont désormais publiés.

Le Conseil économique, social et désormais environnemental (titre 11). Créé par la co de


1958, la révision de 2008 ajoute le volet environnemental. Ds ce (conseil économique social
et environnemental) CESE, siègent 233 membres, leur mandat et de 5 ans renouvelable une
fois et les membres sont regroupés en trois pôles :
- Pôle vie économique et dialogue social
- Pôle cohésion sociale et territorial et de la vie associative
- Pôle protection nature et de l’environnement
3 types autorité de nomination : Membres nommés par le pouvoir exécutif,organisation
salariales et patronales : les syndicats et aussi certaines associations reconnues.
La saisine est de nouveau soit obligatoire soit facultative (art 69 et 70).
Iniative facultative du gouv (projets de lois, conseils…) ou du parlemnt (sur les propositions
de lois)
Obligatoire sur les projets de lois de programmation a caractère eco, social ou
environnemental.
La saisine par pétition citoyenne -> condition de l’art 69 sont telles -> l’accès au CESE est très
limité, un filtre est mis en place pour savoir si les saisines portent bien sur les matières éco,
social ou envoronnemental.
b/ Les organes de contrôle : Cour des comptes, inspections générales
Cour des comptes et inspections générales
Créée en 1807, la cour des comptes est une juridiction administrative spécialisée lorsqu’elle
juge les comptes des comptables publics.

60
C’est aussi un organe de contrôle : elle est amenéé à vérifier le bon emploi des fonds publics
par un contrôle de gestion. Contrôle qui s’exerce sur les ordonnateurs (ceux qui décident de
la dépense).
La Cour des comptes a une compétence nationale mais on retrouve aussi cour régionale des
comptes. Des chambres regionales des comptes ont été crées

Les inspections générales : rattachées à ministère précis ou parfois une portée générale,
amenées à inspection le fonctionnement des ministères et la pratqiues des agents rattachés
a ce minsitère. Exemple : l’inspection générale des finances, inspections générales de
l’administration.

Meilleur mode de gestion est la concentration du pouvoir en un seul centre, mais cela pose
problème engorgement donc second type d’organisation peut être mis en place la
déconcentration

B) Les autorités déconcentrées


La déconcentration a pour implication de hiérarchiser l’administration, le pw central est au
sommet, à l’échelon local on retrouve le préfet, les agents d’exécution, pour que ce résauea
puisse tenir, il faut que les agents soient reliées
 Le pw hiérarchique existe par arrêt 30 juin 1950 Querald même en l’abscence de
texte, pw s’exerce sur les agents et les actes pris par les agents
 Se traduit par un pw d’intruction des autorités supérieurs
 Pw d’abrogation des actes des autorités subordonnéees
Il s’exerce sur les autorités administratives elles mêmes. Il s’exerce sur les personnes (préfets) et
actes.

Sur les actes il se traduit par 2 éléments :

- Pouvoir instruction : autorité hiérarchique peut donner des instructions générales ou orders
particuliers à ses subordonnés.
- Pouvoir d’annulation, d’abrogation ou de réformation des décisions du subordonné.
o Réformation : subordonné hiérarchique prend une décision, son supérieur peut
modifier la décision.
o Abroagtion ; faire disparaitre disposition du subordonné pour l’avenir.
o Annulation ; faire disparaitre la décision de son subordonné du manière rétroactive,
l’acte est censé ne jamsi avoir existé.

1/ Les circonscriptions administratives

61
La circonscription dans laquelle s’exerce le pouvoir de l’autorité administrative dans laquelle on a
transféré le pouvoir de l’autorité centrale.

Les circonscriptions servent à la fois à la déconcentration et à la décentralisation ex: région

Dans le département, préfet qui a compétence sur ensemble département

Au sein département, conseil départemental et un exécutif distinct du préfet qui est le président du
conseil départemental = se rattache au département

 Ceratiens circonscriptions servent à la fois à la déconcentartion et décentralisation

Le mouvement observé à partir de 2007 : mouvement de rationnalisation des services déconcentrés


de l’État pour gagner en efficacité et de faire des économie : c’est ce qu’on appelle la révision
générale des politiques publiques (RGPP) dont le bu test de faire des économies et d’avoir une plus
gde lisibilité des structures administartives locals qui s’est transformé depuis 2012 en MAP  :
modernisation de l’action publique -> Simplification des services déconcentrés et l’accroissement du
rôle des régions en tant que circonscriptions adminisatrtives.

Influences de ces deux mouvements :

Simplifierles services déconcentrés de l’état

Renforcer le poids de la région au sein de ces différents services

Les circonscriptions deconcentrées :

- Départements : 101. La cicrconscription départementale est l’échellon territoriale de mise en


œuvre des politiques natioanles et de l’Union Européenne. 3 directions départementales :
direction départementale des territoires, direction départementale chargée de la protection
des populations et la direction départementale es finances publiques. Il y avait une
reproduction des ministères et donc compétition, deux gds directions départmentales la DBT
et la DDCSPP, ds des derpartements elle est fragmentée en deux.
- La région : de 22 à 18 régions dont 13 métropolitaines et 5 d’outre-mer. Chartre de
deconcentartion 2015 a nv donne def : region est chargée de l’animation et de la
coordination des politiques nationales et de l’Union Européenne. La région est structurée en
7 directions : ex direction régionale des affaires culturelles. Désormais en región on retrouve
5 gds directions:
 D G des entreprises
 DRE AN
 D jeunesse des sports
 D des affaires culturells
 D de la foêt de l’agriculture

 Autre autorité locale les ARS


 Direction génrale de finances publiques
- L’arrondissement : petite subdivisión, la chartre de 2015 le def comme le cadre territorial de
l’animation et du dev local de l’action administrative de l’Etat. -> rôle en enseignement du 1e
degré et le lieu d’exercice du sous préfet qui coordonne l’action de l’Etat à cet échelon,
conseiller des petites comunes.

62
En dehors de ces trois ensembles, d’autres circonscriptions administartives
- La commune : pas seulement collectivité territoriale mais tjrs une circonscription territoriale
due au dédoublement fonctionnel du maire : il ets à la fois l’exécutif de la collectivité
territoriale qui est la commune et aussi un agent de l’État. En tant qu’agent de l’État il est
placé sous autorité hiérarchique du préfet. Il exerce deux séries d’attributions : des
compétencess en tant qu’autorité de l’État et des compétences en tant qu’exécutif de la
commune. Il y a 35357 communes. Pour Etat: Il doit veiller aux respects des loi set
reglements, les faire appliquer il organise recenssemnets et elections, rège l’Etat civil, en
charge de la pólice municipal
On peut rajouter:
- Le canton : circonsvcriptioon admionisatrtive qui sert a leclection conseillers
départementaux. Exemple : brigade territoriale de la gendarmerie exerce ces compétences à
lechellon du canton
- Les régions académiques : circonscription administratives propres à l’éducation nationale et
administré par un recteur.
 Les trois dernières sont uniquement des circonscriptions déconcentrées (on compte
l’arrondissement)

 Tout ça fonctionne grâce à un pouvoir hiérarchique qui permet de donner à l’admlinistration


étatique une forme pyramidale au sommet pouvoir central : le gouvernement, en dessous les
préfets et ensuite les agents de l’exécution.

2/ L’administration territoriale de l’État

1/ Le département, circonscription déconcentrée

Administré par le préfet de département crée par la loi du 28 pluviose an VIII. Le préfet est un haut
fonctionnaire de l’État, son statut est règlemeté, les préfets nommés par (décret 29 juillet 1964) pris
en Conseil des ministres et recrutés parmi les sous préfets lesquels sortent de l’école normale
d’administration. Les préfets sont des emplois dit à la décision du gouvernement : ils sont
essentiellement révocables. 1/5 en ville et les autres autours des villes.

Compétences du préfet de département : article 72 : les représentants de l’État on la charge des
intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois. Le control administratif c’est le
controle de defféré préféctorale.

29 avril 2004, le poid des régions -> consigne les rôles du préfet de región et de département, ce
dernier est soumis au préfet de región.

Les attributions du préfet se regroupe en 4 séries de compétences :

- Rôle de représentation Il est représentant de l’État, incarne l’État à l’échelle de la


circonscription, signe au nom de l’État les contats avec le département, les communes ou
leus établissements publics. Le représente en ju.
- Rôle politique ; représentant du gouvernement : tenir le gouvernement au courant de
l’évolution de l’opinion public, il doit expliciter la politique gouvernementale auprès des
populations locales

63
- Rôle d’autorité administrative générale : assure police administrative générale (la prévention
des troubles à l’ordre public). Il assure le controle administratifs des collectivités territoriales
et il est l’ordonateur secondaire des dépenses. Ordonnateur secondaire des dépenses,
l’ordonnateur principal étant le ministre.
- C’est un chef de service : dirige tous les services de l’État dans le département, cad les
directions départementales précédemment évoquées.
Préfet de región
 Meme statut
Ses compétneces en dehors des mêmes, 29 avril 2004 -> a charge la cohérence de l’action de l’Eta:
- Chef de service
- Assure le controle adminisatrtif de la región tjrs apr le biais du déffére territoriale
- Préfet de Région peut évoquer des affires relevant du préfet de départeent à des fins de
coordination régionale
2/ La région, circonscription déconcentrée

Même statut que le préfetd e departement. Le prefet de region est le prefet du departement chef-
lieu de la région. Ces fonctions, attributions c’est d’assurer la cohérence de l’action de l’État dans la
région en matière économique et sociale. Il est le chef de service des adminsitrtiond e la region, il
assure le controel admionistaretifs sur tous le sactes de la regions. Il a désormais autorité sur le
spréfets de département.

C). Les autorités administratives et publiques indépendantes

Apparus il y aune 40’ d’années. On voit apparaitre des objets juridiques non identifiées qui se sont
dvpé de manière anarchique. L’idée de créer ces autorités était de donner à ces autorités beaucoup
plus d’autorité, autonomie, indépendance pour quelles exercent des compétences relatives à des
secteurs sensibles ex : droit et libertés des citoyens. Le bu test de creer des autorités qui ne soient
pas soumises au pw gouvernemental.

- Premièer a être créée CNIL en 1978, créée pour veillez au respect du droit des administrés en
matière de fichiers.
- Elles se sont multiplées dans d’autres domaines:
 La protection des libertés
 Les rapports entre l’administration et l’administré (ex commission d’acces aux documents
administratifs)
 La régulation de l’économie (exemple : l’autorité de la cioncurrence, l’autorité des marchés
financiers)

Certaines on un statut constitutionnel, ex: art 71-1 a créé defenseur des droits qui est une autorité
administrative indépendante.

64
1/ La notion d’autorité indépendante

a) Les critères définitoire

les AAI (autorités adm intédendantes) ont un pouvoir normatif qui leur permet d’édicter des règles,
de prendre des décisions, elles sont indépendantes.

La qualification “adm”, ce ratachement découle d’une decisión du 10 juillet 1981 du CE, ds cet arrêt
retail il s’agissait de déterminer la valeur des actes pris par le médiateur, le commissaire du gouv a
conclue que ce n’était juridictionnel, ni législatif donc par défaut adminisatrtif.

Leur Indépendance: On le voit par deux marqueurs : elles ne sont pas soumises au pouvoir
hiérarchique ni au pouvoir de tutelle. L’indépendance se voit par un second marqueur, le statut des
membres qui composent ces autorités est protecteur : éviter pression des membres. Elu entre 3 et 6
ans, ils sont irrévocables et mandat renouvelable une seule fois.

 On essaie de créer des organes decisionnel indepndante du pv politique dans des domaines
sensibles ; on leur garatie cette indépendance par un stratut protecteur.

b/ la distinction AAI/API depuis 2017

Autorité adm indépendante : les autorités qui nont pas de personnalité morale et dont le sbudget
provient des ministere

API autorité publique indépendante : avec personnalité juridique, adopte leur propre budget

B/ L’organisation et le fonctionnament

Ce sont des autorités collégiales composées d’agents publics, parfois de magistrats voire de certains
élus, leur statut est incompatibel avec bon nombre de fonction (celle de maire, chef d’entreprise par
ex)

Pdt peut être soit nommé ou élu : quand il nommé par pouvoir exécutif la procédure est soumise au
controle des commissions permanentes des parlements selon procvédure art 13 dernier alinéa.

Fonctionnent comme des adm classiques mais une Q se pose concernant les AI qui prennet des
sanctions, sur le fondement des règles générales les particularices, cela fait penser à la fonction
juridictionnelle. Ds certains la fonction se rapproche à une autorité juridictionnelle, c’est cette
ambivalenxce qui a Conduit à retneir une double nature -> nature en dt interne et une au regard de
certaines dipsos internationales ( la CEDH art 6 §1 -> príncipe à un procès équitable, devant tribunal
indépendant et impartial)

 Le sens de tribunal peut il dépasser la qualification interniste, d’autres organismos peuvent


être qualifiés de tribunaux au snes de l’art 6?
 Le CE a eu à connaitre de cette Q, arrêt 3 dec 1999 Didier, personne intervenait sur les
marchés financiers sanctionné par le conseil des marchés ficnanciers, le recquérant invoquait
les vices de procédure puisque celon lui cela ne respectait pas le droit à un procès équitable.

65
Le conseil des marchés pouvaient ils être considéré comme un tribunal? CE-> en dt interne
on retient la qulificaton d’AA, lorsqu’est invoquée l’art 6 de telles autorités peuvent être
considérés comme des tribunaux.

Leur pouvoir sont de trois ordres:

- Pouvoir règlementaire : certaines A peuvent edicter des actes généraux et impersonnels : la


juridicton compétante pour les controler et le Conseil d’état
- Pouvoir de décision individuelle et de sanction : au sien des décisions individuelles il faut
distinguer des sanctions des décisions qui ne sont pas des sanctions. Cette decisión hors
sanction ex délivrer des autorisations, c’est un controle juridictionnel du juge adminisatrtif,
s’agissant des sanctions le régimen est très variable et parfois fait intervenir l’autorité
judiciaire.
- Pouvoir d’influence : Passe par la prise d’actes qui n’étaient pas nécessairement qualifiés d’actes
juridiques à l’instar des avis, recommandations mises en gardes… Ils ont pu entrainer les
préjudices à l’égard des perosnnes dont il était Q ou leur destinataire eux. Pour comprendre il
faut partir d’un arrêt du Conseil d'Etat de 2016, arrêt Temesta : autorité des marchés financiers
vaient communiqué un communiqué de presse qui mettait en garde contre investissment
proposé par entreprise allemande, cet acte n’avait pas de valeur d’un acte juridique, cet acte ne
comporte pas d’impératif : c’était simplemente une msie en garde. Mais le CE a relevait que le
communiqué de presse puvait entrainer des effets sur les investissements de la société,
pusiqu’ils ont chuter; pour effectuer un contrôle sur un te lacte, le CE a admis que l’on pouvait
exercer un recours pour execès de pouvoir s’il contient des effets notables sur les administrés,
entraîenent un changement de comportement. Ce pw d’influence eput faire l’objet d’un contrôle
constitutionnel, cette jp a été généralisé par un arrêt Gisti de 2020.

Le tableau est le suivant de l’admini de l’Etat: les autorités centrales, les autorités décisionnels, de
controle, déconcentrées, autorités administratives indépendantes.

§ 2 : L’administration décentralisée

Elle peut se comprendre à partir des limites de la déconcentration elle-même, les désavantages :
- La Q de la proximité du décideur, c’est le préfet qui va côtoyer les élus locaux et qui doit faire
davantage de tractation pour atteindre l’Etat
- L’absence de démocratie locale puisque la décision est prise localement, elle prise par un
agent qui appartient à la même personne de droit public que l’autorité centrale ; Odilon
Barrot “C’est le même marteau qui frappe mais l’on a raccourci le manche”.
Pour résoudre ces deux limites la déconcentration s’accompagne d’une décentralisation
 AU lieu de transférer les compétences au sein d’une même personne de droit public, elle va
s’opérer à une autre personne morale. L’Etat va conférer à une entité la personnalité morale
et lui attribuer des compétences et rompre le lien hiérarchique.
L’absence de lien est substitué un pouvoir de tutelle ; la tutelle ne se présume pas et la tutelle ne
s’exerce que dans les limites fixés par les textes eux-mêmes -> pas de tutelle sans texte, pas de
tutelle au-delà des textes.

Concrètement la tutelle peut avoir plusieurs manifestations :


- Elle consiste en un pouvoir d’approbation, l’acte doit être approuvé par l’autorité de tutelle,
ce pouvoir s’accompagne d’un pouvoir d’annulation, d’abrogation mais sont exclus les
pouvoir de réformation ou d’instruction qui caractérisent le lien hiérarchique.

66
La décentralisation peut prendre une forme verticale ou territoriale ; c’est une forme territoriale, on
attribue la personnalité morale à une entité territoriale et on opère une répartition des compétences
entre l’Etat et les collectivités. Dans le cadre de cette décentralisation, la tutelle a été supprimé par
une loi de 1982 mais elle n’a pas exclu tout contrôle.

La décentralisation fonctionnelle ou horizontale ; personnalité morale attribuée à une institution qui


intervient dans un champ de compétences limité notamment pour assurer des services publics, on
prendra l’exemple de l’établissement public.

A) La décentralisation territoriale

Pour l’apprécier nous allons étudier :

1) Le processus de décentralisation
Ce processus en France sous la Ve République a opéré principalement à partir des années 1980, elle
s’est accentuée par trois actes :
- L’acte un est initié par les grandes lois de 1982, 1983, lois Defferre ; la plus importante est
celle du 2 mars 1982, elle crée plusieurs choses :
 Création de la région comme collectivité territoriale
 Généralise le principe électif (avant 1982 les assemblées délibérantes étaient élus mais à
l’exception de la commune, l’exécutif local était le préfet)
 Supprime la tutelle et la remplace par un mécanisme de contrôle administratif-> le déféré
préfectoral et un mécanisme de contrôle administratif
 L’ensemble des lois élargissent les compétences des collectivités territoriales en moyens
humains et financiers.
- Le 2e acte comprend plusieurs textes juridiques mais on peut en retenir par la révision
constitutionnelle du 38 mars 2003, modifie les articles 72 et 72-3 de la constitution et apporte
5 modifications :
 La révision donne un statut constitutionnel aux régions
 Constitutionnalise le pouvoir réglementaire des collectivités
 Constitutionnalise le principe de subsidiarité -> principe inscrit à l’art 72
 Ouvre un droit à l’expérimentation, pour mieux prendre en compte les réalités locales
 Art 72-1 possibilité des référendums locaux
- Acte 3 s’ouvre en 2010 et prend en compte plusieurs lois et s’étale jusqu’à 2015 ; marqué par
une loi du 16 décembre 2010, elle entendait fusionner les conseils régionaux et générales pour
créer un conseiller territoriale unique, mais la première effective serait celle du 17 mai de
2013 qui va modifier le mode de scrutin local, va rebaptiser le conseil général en conseil
départemental et qui a ouvert la voie à un redécoupage. Deuxième loi effective qui intègre cet
acte trois : la loi du 27 janvier 2014 dite Mactable ; cette loi entre autres va exploiter ce qui
avaient été mis en place en 2010, cette loi va créer des métropoles à statut particulier (grand
Paris, Lyon…). Loi du 16 janvier 2015 qui redessine la carte régionale (de 22 à 13cr&gions
métropolitaines), la même année du 7 août, la loi NOTRE qui organise un meilleur transfert de
compétences entre l’Etat et les collectivités et entre les collectivités elles-mêmes.

2) Les collectivités territoriales


La région, la commune, le département

Art 72 de la constitution qui concerne l’organisation des collectivités territoriales, il en donne une
définition dans son 1e alinéa : « Les collectivités territoriales de la République sont les communes, les
départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d'outre-mer régies
par l'article 74. »

67
Le deuxième alinéa est aussi important ; il concerne le principe de subsidiarité : « Les collectivités
territoriales ont vocation à prendre les décisions pour l'ensemble des compétences qui peuvent le
mieux être mises en œuvre à leur échelon. »

Troisième alinéa : « Dans les conditions prévues par la loi, ces collectivités s'administrent librement »

Cinquième alinéa : « Aucune collectivité territoriale ne peut exercer une tutelle sur une autre ».

De ces dispositions on tire plusieurs principes :


- Principe de subsidiarité selon lequel le législateur dans son œuvre de répartition des
compétnces entre les collectivités ne pourrait traiter des compétnces qui serait mieux gérées
localement
- Libre administration ;
 Suppose la suppression de la tutelle qui n’exclut pas que certaines collectivités puissent être
reconnues comme chefs de fils, c’est un pouvoir de coordination par exemple, la région est
chef de fil pour le dev économique, le département pour l’action sociale, la commune pour la
mobilité durable.
 Implique la personnalité morale de droit public qui l’accompagne
 Collectivités doivent bénéficier d’une autonomie financière ; ces ressources sont à la fois de
ressources fiscales propres, de subventions spécifiques émanant de l’Etat et troisièmement des
notations globales de la part de l’Etat.
 Collectivités bénéficient d’une fonction publique propre régit par la loi du 26 janvier 1984
- On pourrait dégager aussi un principe de la clause générale de compétence, une collectivité
qui dispose de cette clause générale peut intervenir dans toutes les matières qui soient prévues
à son échelon sans que la loi procède à une liste de compétnces. Avaient été étendus en 1982,
en plus de la commune à toutes les autres collectivités territoriales, la li du 16 décembre 2010
l’avait supprimé pour les départements, réintroduites en 2014 et de nouveaux supprimé en
2015 la laissant au seul profit des communes.

Dans ce cadre on va pouvoir décrire les collectivités territoriales :

- La région : celle qui a le plus de poids dans le jeu institutionnel ; au cours des années 1950
des circonscriptions administratives vont être taillés pour mettre en œuvre des programmes
d’action régionale mais ce n’est que dans les années 60 qu’est créé le préfet de région et une
assemblée consultative ; à la suite du référendum de 1969, une loi est adoptée le 5 juillet 1972
qui confère la personnalité morale aux régions mais non pas en tant que collectivité territoriale
mais en tant que d’établissement public régional (EPR) ; il faut attendre la loi de 1982 pour
que la région soit une collectivité territoriale, que les conseilles régionaux soient élus au SUD
et que le président de l’exécutif soit le président du conseil régional.

L’organisation de la région, de ses institutions :


 Est composée d’un conseil régional et d’une présidence. Le conseil régional, élection a lieu au
scrutin mixte paritaire à deux tours avec représentation proportionnelle avec prime majoritaire
également, les conseillers sont élus pour 6 ans et rééligible. La présidence du conseil
régionale : le président est élu au scrutin uninominal à trois tours et ses fonctions sont
incomptables avec les fonctions parlementaires ou sénatrices, les vices présidents et la
commission permanente sont élus au scrutin de liste à trois tours.
Les attributions de la région :
 La loi NOTRE supprime la clause générale de compétence des régions donc la loi liste les
compétences de la région, c’est très vaste ; pour isoler des points marquants, ont peut voir trois
domaines marquants : le domaine économique et l’aménagement du territoire ; les
transports ; l’enseignement.
 Son domaine est surtout le domaine économique et l’aménagement du territoire : c’est
la région qui est chargé d’aménagé le schéma régional du dev économique

68
d’innovation et d’internalisation, c’est elle qui fixe les aides en faveur des entreprises
et de l’extension des activités économiques, en matière d’aménagement du territoire
elle adopte élabore le SRADDET et négocie et signe les contrats de plan Etat/ région.
 En matière de transports la loi NOTRE a transféré certaines compétences de transports
non urbains et transports ferroviaires
 En matière d’éducation elle est chargée de l’entretien des lycées et collèges spécialisés
de la région et leur construction

- Département : initié sous la rév par une loi du 22 décembre 1789, 83 départements, désormais
101, les étapes de la décentralisation du département : on créé de conseils généraux la loi du
28 pluviôse an 8, ces mêmes conseils élus en 1833, on reconnait la personnalité morale en
1934, loi du 10 août 1991 qui a structuré son organisation et son fonctionnement.
Son organisation :
 Le conseil général est devenu conseil départementale depuis la révision de 2013 ; ce conseil
est élu selon un système strictement partitaire, dans chaque canton les électeurs désignent au
scrutin majoritaire à deux tours un binôme (un homme et une femme), ce conseil est renouvelé
tous les 6 ans intégralement. On retrouve le président, les vices présidents et la commission
permanente, mode d’élection identique.
Ses attributions :
 Loi de 1982 et 1983 lui ont attribué des compétences importantes, c’était une collectivité
phare avec des clauses générales mais le mouvement s’est inversé et la loi NOTRE en
consacrant la suppression de cette clause générale de compétence montre que le département
n’est plus la collectivité de référence.
Ses compétences :
 En tant que chef de file : l’action sociale et le dev social : cette action peut prend deux
formes : un volet personnel (passe par l’attribution d’aides, à l’enfance, aux personnes
handicapés…) et un volet territorial (il implique qu’il doit mener à son échelle un
aménagement du territoire égal).
 S’agissant des transports, le département perd le transport non urbain mais conserve les routes,
en matière d’enseignement elle conserve l’entretien des collèges

- La commune : Depuis la Révolution c’est collectivité territoriale à part entière elle reçoit
personnalité morale immédiatement mais la loi du 28 pluviôse  an  VIII  apporte  un 
mouvement  de  centralisation :  les maires et conseillers municipaux nommés par le pouvoir
central et placés sous l’autorité du préfet.  Dès lors la Décentralisation s’est faite en plusieurs
étapes : 1831 une loi établit élection du conseil municipal mais le maire reste nommé, 1837
une autre loi transforme du conseil municipal en assemblée délibérante, c’est surtout sous la
IIIe République la commune s’est émancipé du pouvoir central, à partir 1882  maires  élus, 
loi  5  avril  1884, la loi municipal qui a parachevé la décentralisation   contenu en grande
partie codifié au code général des collectivités territoriales.
Son organisation :  
 S’organise autour du conseil  municipal (du maire et ses adjoints). La composition du conseil
municipal  varie  en  fonction  du  nombre d’habitants : 7  pour moins  de  100  habitants, 69 
pour  plus  de  300  000  habitants mais  toujours un nombre impaire. Election de ces
conseillers en fonction de la taille, moins de 1000 habitants scrutin  plurinominal majoritaire 
à  deux  tours  avec  panachage (les électeurs peuvent changer les noms sur les listes), pour les
communes de plus de  1000  habitants  scrutin proportionnel de liste à  deux  tours avec
majorité  pour liste en  tête. Le Mandat des conseillers municipaux est de 6 ans, maires élus au
sein du conseil municipal et le nombre des adjoints est  fixé  par le conseil municipal mais
sans qu’il ne puisse dépassé 30% des effectifs. 
Attributions : 
-> Elle conserve la clause générale de compétences ; de nombreuses interventions donc on peut le
réduire à quelques attributions sectorielles : l’urbanisme, la commune adopte le plan local d’urbanisme

69
(elle délivre des permis de construire), le logement notamment la rénovation des logements ;
construction, fonctionnement des école classe élémentaires et maternelles 

3) Le contrôle par l’Etat de ces collectivités par le déféré territorial

On reste dans un Etat unitaire donc on exclu pas un contrôle de l’Etat. Avant 1982 le système était
celui des tutelles sur les personnes (ex : dissolution d’un conseil municipal), tutelle sur les actes
(devaient être approuvés par le préfet qui pouvait les annuler et les suspendre). Loi de 1982 supprime
la tutelle sur les actes et est remplacé par une simple transmission des actes au préfet, deviennet
exécutoires après avoir été transmis aux préfets ; cette obligation de transmission ne concerne pas tous
les actes, il faut distinguer les actes de l’exécutif et de l’assemblée délibérante.
- Pour l’assemblée délibérante : tous les actes doivent être transmis sauf quelques exceptions
(les actes qui concerne la voirie ou les actes qui concernent la gestion de la fonction publique
territoriale
- Pour l’exécutif territorial : il s’agit des actes réglementaires, les marchés publics les plus
importants, les actes pris sur délégation de l’assemblée délibérante et les actes individuels de
police et d’urbanisme.

Le délai de transmission pour les décisions individuelles est de 15 jours, sinon il n’y a pas de délai. A
partie de la transmission, le préfet peut décider de déférer l’acte dans un délai de 2 mois au juge
administratif. Pour que  contrôle  puisse  exister  même sur  les  actes  sans  obligation  de 
transmission le  Conseil  d’Etat  a  fait  en  sorte  que  le  préfet  puisse demander  leur  communication
et  que  le  délai  est  de  2  mois  à partir  de  la  communication de l’acte en cause, ce principe résulte
d’un arrêt  de 1997 :commune du  Port.  Si  le  préfet  fait  des  remarques  à la  collectivité , sa 
demande  est  assimilée à un recours gracieux qui suspend les délais de recours contentieux. Le préfet
n’est pas tenu de déférer une décision illégale et donc de saisir la juridiction administratif mais le
Conseil d’Etat a ouvert un régime de responsabilité  pour  faute lourde de l’Etat si l’illégalité de acte
était manifeste : arrêt du 6 octobre 2000 commune de Saint-Florent. Le requérant peut mettre en cause
la responsabilité de l’Etat pour faute lourde pour la réparation du préjudicie subi. 

B) La décentralisation fonctionnelle

Décentralisation territoriale :  l’Etat ne peut exercer qu’un contrôle  de  légalité  par  l’entremise de la


juridiction administrative. 

En dehors de la décentralisation territoriale, on trouve une décentralisation fonctionnelle ou


horizontale  
L’exemple phare est celui des établissements publics : La question de la gestion des Etablissements
publics intègre une question plus vaste de le mode de gestion des services public de l’Etat ou des
collectivités ; le mode de gestion le  plus  simple  est  la  régie, la personne morale de droit publique
gère  directement  avec  ses  propres agents et moyens le  service public. C’est le service public géré
au sien même de la personne public.
Autre mode de gestion, celui l’établissement public, une personne morale de droit public ne gère plus
elle-même le  service public mais confie à une autre personnalité morale de droit public la gestion de 
ce service. On parle donc de l’établissement comme service public personnalisé. Pour donner une
définition de l’Etablissement public : personne morale de droit public autre que l’Etat et les
collectivités territoriales, mais sous leur contrôle et chargée d’une mission particulière.

P.101 MARINE

Etablissement public: Une personne morale de dt public qui est sous le controle de l’Etat ou les
collectivités spécialement chargé d’une ou plusieurs missions de services publics.

70
Cette forme de gestión du service public est relativement ancienne et couvrent différents domaines :

- Economie (Chambres de commerce et d’industrie)


- Social (Hôpitaux)
- Culturel (Opéras)

A/ La notion d’établissement public

Trois critères permettent de definir un établisssemnt public:

- Autonomie -> découle de la fomre même de l’établissement public puisqu’il reçoit la


personnalité morale, il dispose d’organes propres, d’un buget propre, pws propres…
- Contrôle -> soumis à une hiérarchie, la collectivité de ratachement exerce une tutelle sur les
actes et personnes
- Spécialisaté -> il a des compétences d’attribution, le juge adminisatrtif sanctionne tout
dépassement, il doit exerce “un service public”

On distingue au sein de cette catégorie d’établissement public deux formes que sont les EPA et EPI.

B/ La distinction EPA / EPIC

Le service public se définit par trois critères :

- Un critère organique -> activité exerçée par une personne publique, ce critère est fluctaunt,
on a admis que des personnes privées puissent gérer des services public ( arrêt du Conseil
d'Etat caisse primaire, aide et protection, 1938
- un critère finaliste -> activité que recouvre la misión de service public doit être une mission
d’intérêt général, ce critère fluctue avec l’époque.s
- un critère matériel -> une activité qui doiy être soumis à un droit exorbitant du droit
commun qui est le droit administratif, ce critère se fonde à l’origine sur la décision Blanco du
Tribunal des conflit. Décision bac d’éloka, un des bacs avait sombré, la société de l’ouest
africain avait demandé la réparation de son préjudice, mais devant quelle juridiction  ? le
tribunal des conflits a renvoyé l’affaire au juge judiciaire en consacrant la catégorie des SPIC
(service publis inductriels et commerciaux) -> rattachement au juge judiciaire.

Distinction e/ les services publiques administratifs et les services publiques industriels et


commercials :

Activité du service publique industrielle et commerciaux rassembler a des activités ordinaires. Les
contentieux EPIC relèvent du juge judiciaire et non administratif.

71
EPA —> SPA (service public administratif) / EPIC —> SPIC (service public industriel et
commercial)

La loi peut déterminer si on a affaire à une mission de service public administartif ou


commercial. Plusieurs indices permettent de déceler la nature industrielle ou adminisatrtive.
Il faut se référer à l’arrêt Usia,Conseil d’Etat 1956 qui dev la méthode du faiseau d’indice
(pour savoir si c’est un service administratif ou industriel) :
Le Conseil d'Etat considère que tout sercice public doit être présumer adminstartif mais il est
possible de renserver cette présemption, ce renversement repose sur une analyse reposant
sur :

- l’objet
- l’origine des ressources qui permettent de le faire fonctionner (les éventuelles
redevances)
- Les modalités de fonctionnement (ex relation entre le service et les usagers, si c’est
une relation adminisatrive cela confirmera la nature SPA du service public sinon on
tournera vers le SPIC)
En abscence de précition il revient au juge de peéciser cette distinction, il n’est pas tenu apr
une qualification réglementaire et il peut dé baptiser et re baptiser des établissements
publics.

Cela va donner lieu a 2 formes d’établissement publics curieux :

• A visage inversé: le cas d’un établissement public qualifié d’industriel et commercial mais
qui gère un service public adminisatrtif, il prend la forme d’un EPIC pour que le droit relève
du juge judiciaire. Ds ce cas le juge va rebaptiser le service public en fonction de la nature
de l’activité exercée. Le juge va recourir à la méthode de faisceaux d’indice, et va qualifier
le service public soit de spa, soit de spic.
• A double visage: l’établissement public qui quoique spécialisé, a deux services publics, un
spa, un spic. Ds cette hypothèse la répartitionde al compétnece contentieuse se fera en
fonction de la nature de l’activité litigieuse. Ex: si le litige relève du SPA cela será de la
compétence du juge administratif.

SECTION II. L’ordre juridictionnel administratif


§ 1 La répartition de la compétence contentieuse au sein de l’ordre juridictionnel administratif
Les tribunaux administratifs sont compétents en 1e ressort
Les cors d’appel en 2e ressort
Le Conseil d'Etat en cassation
IL faut comprendre la répartition actuelle à partir de l’héritage historique.

72
A/ La construction progressive de l’ordre administratif

Il est juge de cass mais encore juge d’appel et même juge de premeir et dernier resort, il y a un
cumul de compétnce.

CE créé par la Constit de l’an 8, c’était un organe de conseil puis s’est spécialisé dans la compétence
contentieuse à partir de la création d’une section du contentieu par un décret de 1806. Au début du
XIX dominait deux théories :

- La justice déléguée, le Conseil d'Etat remettait juste des projets de justice au président de la
République, c’était une forme de justice retennue
- Ministre juge, ministres compétents pour rendre des décisions qui concernaient leur
adminisatrtion

Loi du 24 mai 1872 a donné une compétnece de droit commun en matière adminisatrtive au Conseil
d'Etat donc abancon de la théorie de la justice retennue.

Arret Cadot 1889 avec abandon du minustre juge.

A la fin du XIX le Conseil d'Etat a donc une compétence de droit commun en premier erssort
concernant les litiges adminisatrtifs.

A côté on trouve les Tribunaux administratifs, descendants des conseils préfectoraux, il a fallu la
réforme de 1926 pour que l’administration préfectorale soit distincte de al gestion du contentieu. Les
conseils de préféctures avaient une compétence d’attribution et non de droit commun.

Cette compétence d’attribution supprimé ar un décret loi du 30 sept 1953 et qui les a rebaptisé
Tribunaux Administartifs et leur a donné une compétence de droit commun en premier ressort.

Ces TA sont au nombre de 42, dont 11 ultras marins.

 En 1953 donc le Conseil d'Etat perd sa compétence de 1 e ressort au profit des TA, il lui reste
une compétence résidule en 1e et dernier ressort et une compétence d’appel et de cassation.
 On se retrouve avec un second engorgement -> le Conseil d'Etat était engorgé par l’appel
 On a donc créé les cours administratives d’appel par une loi du 31 décem 1987, elle est
rentrait en vigueur 1 janvier 1989, elles étaient au nombre de 5, désormais 8.

A côté de ces juridictions de droit commun, il y a des juridictions administration spécialisées :

Elles concernent des matières, si elles relevent de l’ordere juridictionnel administration c’est qu’elles
sotn soumises à la cassation du Conseil d'Etat, la cours des compte par exemple.

Elles ne sont pas régit par le code de justice administration mais par diverses lois ou de sparties
d’autres codes.

73
La compétence contentieuse de droit commun s’est donc forgée au fur et à mesure.

B/ La répartition des compétences


1) Compétence des TA (Tribunaux adminisatrtifs)

a) Matérielle
Posé par l’art L211-1 du code de justice adminisatrtive dispose que les TA sont les juges de
1e resort du contentieu adminstratif.
Ils statuent en 1e resort, l’appel n’est pas une voie de recours qui fait l’objet d’un príncipe
général du dt et non plus un príncipe à valeur contsitutionnel, si bien qu’ils satuent parfois en
dernier resort.
La liste des compétences est au R811-1 du code.
Il y a tjrs la possibilité d’une cassation! Le recours en cassation est un príncipe général du dt
qui résulte d’un arte du 7 février 1947 du CE (délierre).
b) Térritorial
Le principe est posé à l’art R312-1 du cja, pour déterminer quel tribunal adminstratif est
territorailement compétant il faut regarder où se trouve le siège l’autorité qui a pris l’acte
contesté devant le TA.
Le prbl de cette compétence territorail par l’oragnisation territoriale de la FRANCE
caractérisée apr une forte concentration, la plupart des autorités ont leur siège à Paris. Pour
éviter l’engorgement du TA de Prais, des exceptions nombreuses sont prévues :
Exemples : En matière de décoration, on va prendre en compte le lieu de résidence de la
personne.
Les contrats ne sont pas soumis à la règle terrotorial, le TA compétant est celui dans le ressort
du quel est exécuté
En matière de litiges conernant les fonctionnaires, une règle d’exception, on va prendre en
compte le lieu d’affectation.
2) Les cours administratives d’appel (CA)
a) Compétence matérielle
Posée dans l’art L321-1 du cja, les CA connaissent des jugements rendus en 1 e ressort par les
TA. L’appel est le 2e degré de juridiction qui permet aux aprties d’obtenir un re jugement,
lintérêt de cet artcle est que la compétnece des CA est restreinte aux TA, l’intérêt de cette
restriction -> étant donné qu’il est d’autres juridctions adminisatrtives notamment
spécialisées.

74
L’art circonscrit la compétence aux jugements rendus par les TA mais la plupart du
temps les juridctions admin spécialisées prevoient eux même un degré d’appel devant une
autre juridiction spécialisée.
Les CA n’ont pas uniquement qu’un office d’appel, elles ont aussi de manières résiduels une
compétnec en 1e et dernier ressort.
b) Compétence térritorial
Il faut se reporter au cja au R221-7 qui précise que les TA sotn dans le ressort de chacune des
CA.
Les jugements rendus par les TA ultras marins, les appel seront portés à Bordeaux ou Paris.
Les CA otn compétnce d’appel qui laisse subsitser une forme de doute puisqu’elles
connaissent des jugements rendus devant les TA, qui laissent les juridictions spécialisées de
côté
3) Le Conseil d'Etat
En mettant de côté la compétence térritoriale et en examinant la compétence matérielle, on
voit que le cja prévoit que le Conseil d'Etat est un juge de Cassation amis qu’il est encore un
juge d’appel et qu’il est enfin un juge de permeier et dernier ressort pour certaines matières.
- Compétence de Cassation -> ce principe est calir et posé par l’art 331-1, le Conseil
d'Etat est le seul ai la compétence de Cassation que ce soient pour les TA ou les
spécialisés. C’est un juge du droit et non de fait.
Il a une fonction disciplianire (corrige les arrêts rendus en appel ou dernier ressort), fonction
juridique (harmonise les décisions des juges du fond par sa jurisprudence).
- En tant que juge d’appel -> art L321-2 du cja, nous précise où hormis les cas rendus
en premier ressort par les TA, le Conseil d'Etat connait des autres juridictions
adminisatrtives, quelles sont-elles ? Ce n’est ni les TA ni les spécialisées qui prévoient
leur appel (ex : cour régional des comptes avec la cour des comptes)
 Réduit à une portion congrue
 le cja prévoit des cas précis où le Conseil d'Etat sera juge d’appel, cette compétence
sectorielle on la retrouve dans certaines procédures spécifiques ex : procédure de
référé (quand l’administration ne respecte pas des droits). Les juges de référés rendent
des ordonnances de référés qui sont susceptibles d’appel devant le Conseil d'Etat.

- En tant que juge du premier et dernier ressort -> Autre curiosité, R311-1 du cja, l’art
liste les acs de figure où les recours doivent être adressés directement devant le
Conseil d'Etat, ces cas de figure recouvrent des actes pris par les autorités
administratives très importantes comme le président, le 1eM, les ministres. On peut
isoler dans cette liste les deux points les plus importants :
 Relève de la compétence du Conseil d'Etat les recours contre les ordonnances avant
qu’elles soient ratifiées. Les décrets également (réglementaires et individuels).
 Les actes réglementaires des ministres de portée générale ou impersonnelle. Les
ministres disposent d’un pouvoir de réglementation de leur service, les recours contre
eux relèvent de la compétence du Conseil d'Etat.

75
Petit point :
- On a compris l’origine de la dualité des jurdictions en France
- Au sien de l’odre administratif s’applique un droit exorbitant du droit commun qui
régit les autorités et agents de l’administration
- Dès l’instant où une autorité administartive prend un acte adminisatrtif cet acte est
soumis au principe de légalité (conforme à la loi, à la hiérarchie des normes), pour
faire erspecter cette légalité, les administrés peuvent recourirent au Tribunaux de
l’ordre adminisatrtif.

§ 2. Les principales voies de recours de l’ordre juridictionnel administartif


1) La distinction des contentieux : la distinction des voies de recours au fond
Les administrés peuvent avoir des litiges avec l’administration.
Précisions pour mieux comprendre :
- Avant même se saisir une juridiction administrive peut se régler hors contentieux, ce
sont
 Les recours gracieux (fait devant l’autorité adminisatrtive qui a pris la dispositions
litigieuse)
 Les recours hiérarchiques (s’exerce devant l’autorité adminisatrtive qui est le
supérieur hiérarchique de l’agent qui a pris la décision)
Parfois ils font exercer ces recours sont obligatoires sans lesquelles on ne oeut avoir accès au
juge adminisatrtif
- Il est un principe des juridictions adminisatrtives qui s’appelle « la règle de la liaison
du contentieux », cette règle au R421-1 du cja dispose on peut saisir la juridiction
adminisatrtive avec une décision administrative, sans cette décision il faut l’obtenir de
l’administration. L’administration vous a causé un préjudice, vous devez d’abord
demander une indemnisation chiffrée, si il y a refus, la juridiction peut être saisie.

La distinction des contentieux repose sur les pouvoirs dont dispose le juge lorsqu’il va
statuer :
- Contentieux de l’annulation -> le juge peut soit annuler l’acte soit ne peut l’annuler.
Au sein de ce recours le plus courant est le recours pour excès de pouvoir.
- Contentieux de pleine juridiction -> le juge peut tout faire : annuler, réformer la
décision, condamner l’administartion à des dommages et intérêts. Ce contentieux de
pleine juridiction se fonde sur les pouvoirs très larges du juge.

Recours pour excès de pouvoir -> autorité adminisatrtive prend un acte dont vous allez
demander l’annulation, ce recours à un caractère objectif, c’est un procès fait à un acte, il
poursuit le but de la légalité. C’est un recours qui est ouvert même sans texte, il est toujours

76
possible et dégag&é dans un arrêt de 1950 du Conseil d'Etat, le requérant va se saisir d’aun
acte de l’amdimi pour en dénoncer l’illégalité soit pour dénoncer l’illégalité
- Externe -> l’administration peut faire des erreurs sur la forme ou la procédure ou sur
sa compétence. Vice de procédure, vice de forme, vice d’incompétence sont des cas
d’illégalité.
- Interne -> s’intéresse au contenu de l’acte de l’administration, la violation de la loi, le
détournement de pouvoir l’aministration a pris cet acte en visant l’intérêt personnel de
l’agent, l’erreur de droit, l’erreur de fait, l’erreur de qualification juridique des faits
c'est à dire erreur faire rentrer des faits au sein d’une catégorie juridique.
Le juge va pouvoir face à ces moyens annuler ou ne pas annuler l’acte. Un ernier point : le
recours pour excès de pouvoir n’exige pas d’avocat, le recquérant peut lui-même déposer sa
requête sans avoir à mandater un avocat.

Recours de plein contentieux -> on va distinguer le plein contentieux objetcif et


subjectif. Pourquoi les opposer ? Alors que dans tous les cas le juge adminstratif puet tout
faire, la distinction relève de plusieurs matières.
- Objectif -> le recquérant demande au juge de faire appliquer la légalité mais pour
répondre à ceette question de légalité, le juge peut tout faire.
Exemples : Contentieux eléctorale -> quand l’elécteur conteste l’eléction il va demander au
juge de faire respecter al légalité, le juge eléctorale va déployer une large palette de pouvoirs,
il va pouvoir annuler les eléctions, rectifier les résultats, décalrer vainquer le vaincu et
inversemment. Il a plus de pouvoir que dans un recours pour excès de pouvoir.
- Subjectif -> le recquérant ne cherche pas à faire valoir exclusivement la légalité mais
ses droits si bien qu’il peut soulever tout moyen. Il recouvre de deux éléments, le
contentieux de la responsabilité avec la responsabilité contractuelle (on demande
réparation pour des litiges liés au contart, l’administration ne respecte pas les caluses
du contrat) et extra contractuelle ( l’administration cause un dommage et vous ddez
une réparation pécuniaire au près de la juridiction).
En matière de repsonsabilité contractuelle : Le juge admet les recours des parties du contrat
ou les recours des tiers qui sont tout de même des recours de plein contentieux.
L’administration possède un pouvoir de résiliation du contrat. Au sein du contentieux
contarctuelle le juge va pouvoir décider la poursuite des relations contractuelles, la régulation
du contrat, prononcer la résiliation du contrat, son annulation dans les cas les plus graves avec
valeur rétroactive.
Pour la responsabilité extra contractuelle, elle oeut être engagée si pluusieurs conditions sont
réunies : il faut un préjudice qui doit lui-même remplir plusieirs critères outre le fait que ce
doit être un préjudice certain cela doit être un préjudice monéyable en argent. Il faut
également un fait générateur c'est à dire un élément imputable à l’adminisatrtion qui a causé
ce préjudice, le plus courant est la faute de l’administration mais cela peut être par un risque
aussi. Autre fait générateur en dehosr de la faute et du risque : la rupture d’égalité devant les
charges publiques (admini peut agir uniformément mais cette action peut porter un péjudice
spécial ) et la garde (la mise en cause de la responsabilité de l’administartion dont elle a la

77
garde). Il faut un lien de causalité il faut montre que le préjudice est imputable au fait
générateur.
2) Procédures d’urgences : voies de recours en référé qui permettent d’obtenir des décisions
provisoires qui suspendent des actes administratifs

L’acte adminisatrtif est caractérisé par un principe confirmé par un arrêt duglot du Conseil
d'Etat, le caractère exécutoire des actes adminisatrtifs est une règle fondamentale -> le recours
ne sera pas suspensif de l’acte adminisatrtif, il faudra attendre que le juge se prononce sur
l’acte.
Pour contre balancer ce régime désaventague des procédures ont pu être mises en places qui
prévoit la suspention de l’acte. Ex : sursit à exécution mais les conditions étaient trop strictes.
Quelles sont les procédures ouvertes à l’adminisatrés pour qu’il ne puisse pas souffrir d’un
acte illégal ?
Loi du 30 juin 2000 a mis en place des procédés d’urgence notamment 3 qu’on retrouve au
L521-1, L521-2, L521-3 :
- le référé suspension -> permet d’obtenir en l’attente d’un jugemetn la suspension des
effets de l’acte.
1e remarque : Ce référé doit se greffer sur un premier jugement, il faut d’aborod engagé un
recours classique.
2e remarque : Lorsque l’urgence le justifie, elle s’apprécie en fonction de la gravité de l’acte
en cause.
3e remarque : Il faut un doute sérieux quant à la légalité de l’acte.
- Le référé liberté -> Le Conseil d'Etat a encore des compétences sectorielles en appel
et tel est le cas dans le cadre du référé liberté.
1e remarque : on ne fait pas mention de tout autre recours comme dans le référé suspension
2e remarque : Il est fait mention à une liberté fondamentale, mais qu’est ce qux vues de l’art ?
Les libertés garanties par le bloc de constitutionnalité, mais tout n’est pas fondamentale au
sens du L521-2. Il prend aussi en compte certains textes internationaux comme la CEDH.
Qu’entend -on pas atteinte grave ? Pour enclencher les pouvoirs du juge il faut que l’atteinte
soit manifestepent illégal, plus stricte que pour le référé suspension.
L’urgence ici n’est pas appréciée selon l’atteinte mais d’un point de vue finaliste, le juge se
demande si il a besoin de statuer en 48H.
- Le référe autres mesures utiles -> On ne peut pas demander une suspension, ce référé
servira lorsqu’on ne peut pas utiliser les deux autres référés. Il a uen vocation
subsidiaire.

78
Pour conclure : Le droit adminisatrtif c’est le droit qui régit les personnes publiques qui
exercent des services publics, des cativités auxquelles sont appliquées des règles exhorbitant
du droit commun, le droit administratif.
La séparation des autorités administartives et judiciaires répond à la conceprion française de
la sépration des pouvoirs.
Portent sur des autorités centrales, déconcentrées, décentralisées.
La juridiction adminisatrtive sous ses trois aspects (TA, CA, Conseil d'Etat) peut contrôler
l’action de l’adminisatrtion dont les principaux recours sont les reocurs pour excès de pouvoir
ou recours de plein contentieux.
L’administré peut dépasser le principe exécutoire des actes administratifs grâce aux différents
référés.

Chapitre 2. – L’ordre judiciaire


Au sein de cet ordre les juridictions sont spécialisées, elles ont chacune des compétences
propres, on distingue notamment les juridictions civiles des pénales ou répressives. Au sien de
cette ordre les juridictions sont également hiérarchisées, il existe un double degré de
juridiction et la juridiction suprême est la cour de Cassation.

SECTION I : la spécialisation des juridictions


Au sein de l’ordre judiciaire on distingue
- Les juridictions civiles
- Les juridictions pénales.
En première instance les juridictions se distinguent selon la matière civile ou pénale.
§ 1 : Juridictions civiles
Au siens de ces juridictions civiles il faut distinguer les juridictions de droit commun et les
juridictions spécialisées ou juridiction d’exception ou d’attribution.
- Les juridictions de droit commun sont les juridictions qui n’ont pas reçu d’attributions
spécifiques du législateur et elles sont chargées de l’application de l’ensemble du droit
civil.
- Les juridictions spécialisées quant à elle, au contraire, ont reçu du législateur une
spécialisation. Chacune relève d’une législation particulière contenue dans un code
spécifique.
A) Les juridictions civiles de droit commun
La récente loi du 23 mars 2019 a modifié profondément l’organisation des juridictions civiles
de droit commun, nous allons étudier ce qui existait avant la réforme et puis nous verrons les
modifications apportées.

79
1) L’avant réforme
Avant cette réforme les juridictions civiles de droit commun en 1e instance étaient au nombre
de 3 :
- Juge de proximité
- Tribunal d’instance
- Tribunal de grande instance
Répartition des compétences :
Il y avait un principe et une exception :
a) Le principe
Le principe voulait qu’il y soit un relais de compétence entre les juridictions. On répartissait
les compétences de la manière civile :
- Lorsque le montant était égal ou inférieur à 4000 € le juge de proximité était
compétent
- Entre 4001€ et 10 000€ c’est le TI
- Pour les plus gros litiges mettant en juge des montants supérieurs à 10 000€ c’est le
TGI qui était compétente.
En réalité il y a une petite évolution -> les juges de proximité avaient été créé par une loi du 9
septembre 2002, ils étaient composés de juges non professionnels (souvent d’anciens avocats,
huissiers). Ils ont été supprimés, la loi de 2011 disait qu’ils devaient être supprimé en 2013 et
une loi de 2012 est venu dire qu’il devait être supprimé en 2015 :
 C’est finalement le 1 juillet 2017 que les juges de proximité ont disparu.
Après quoi le TI s’occupait des litiges n’excédant pas 10 000 € (L221-4 du code de
l’organisation judiciaire, ancien). Le TI statuait à juge unique et la représentation par avocat
n’était pas obligatoire, il n’était donc pas coûteux. Au-dessus de 10 000 les affaires relevaient
de la compétence de principe du TGI (L211-3 du code de l’organisation judiciaire).
Le TGI était une juridiction de droit commun. Le principe était celui de la collégialité et la
représentation y était obligatoire.
b) L’exception
Mais il y avait une exception à ce principe, indépendamment du montant en juge, le TI et le
TGI avaient des compétences exclusives dans certaines matières :
- Le TGI était toujours compétent dans certains domaines, affirmé dans l’art L211-4 du
code de l’organisation judiciaire, il disposait qu’il a compétence exclusive dans les
matières déterminées par les lois et règlements. De très nombreuses matières
 L’état des personnes c'est à dire l’état civil, la nationalité, le mariage, le divorce, la
filiation, l’adoption, les régimes matrimoniaux, autorité parentale…
 En matière immobilière
 Certains contentieux spécifiques, par exemple, la li du 18 novembre 2016 (entrée en
vigueur en 2019) avait transféré à certains TGI le contentieux général de la sécurité

80
social et le contentieux technique autrefois confié au tribunal des affaires de la sécurité
sociale et était aussi à des juridictions du contentieux technique.
Le TI quant à lui était toujours compétent dans certaines compétences exclusifs, mentionnées
à l’art L321-5 du code de l’organisation judiciaire, cet art disposait que les compétences
particulières du TI sont fixées par décret en Conseil d'Etat.
 Le contentieux électoral des élections politiques et professionnelles
 Le contentieux ayant trait au monde rural
 Le contentieux des expulsions
 Le contentieux lié aux funérailles
 Le contentieux lié aux frais des auxiliaires de justice
 Le contentieux lié aux troubles de voisinages, tutelle…

2) L’après réforme
Cette réforme était discutée de longue date et elle était préconisée par de nombreux rapports.
Exemple en 1997 un rapport suggérant la création de tribunaux de première instance
regroupant les TI et TGI. En 2012 un rapport de la commission du sénat « pour une réforme
pragmatique de la justice de 1e instance » préconisait lui aussi la création d’une juridiction
unique de 1e instance.
Quels étaient les enjeux de cette proposition ?
Regroupement dans un soucis d’efficacité et d’économie, de lisibilité et volonté de conserver
les lieux de justice existants (on voulait conserver une proximité avec les justiciables et
assurer un bon accès à la justice).
La loi du 23 mars 2019 réorganise l’articulation des compétences dans un objectif
d’unification de la compétence civile au sien d’une même juridiction. Cette loi est entrée en
vigueur au 1e janvier 2020, on veut une simplification.
A partir du 1e janvier 2020 les TI ont été absorbé par les TGI pour former le Tribunal
judiciaire. Ce tribunal sera présidé par une seule et même personne.
L’art L212-8 du code de l’organisation judiciaire précise que le TJ peut comprendre en dehors
de son siège des chambres de proximité dénommées tribunaux de proximité dont le siège est
le ressort. L’idée est de dire que les TI lorsqu’ils sont situés dans une commune autre que
celle du siège du TJ vont devenir des chambres détachées du TJ que l’on va appeler des
tribunaux de proximité (-> volonté de maintenir une justice de proximité). Le TI n’existe plus
mais peut être conservé comme une chambre du TJ.
Quelles sont les compétences de ce nouveau TJ ?
Il devient juge de droit commun de 1e instance en matière civile à la place du TGI, il est
désormais le seul compétent pour connaitre des actions mobilières ou personnelles quelques
soient leurs montants. Il faut quand même noter que dans les communes où il existe un
Tribunal de proximité, ce tribunal de proximité est compétent pour connaitre du contentieux
civil de moins de 10 000€. Cette valeur peut avoir une importance procédurale notamment
pour déterminer si la représentation par avocat est obligatoire ou le taux de ressort.

81
- Les partis sont désormais tenus de constituer avocat devant le TJ (sauf disposition
contraire). Ces exceptions sont fixées par les lois ou règlements et l’art 761 du code de
procédure civile prévoit que lorsque la demande n’excède pas 10 000€ la
représentation par avocat n »’est pas obligatoire. Toutefois cette exception ne
concerne pas les compétences exclusives du TJ où les partis sont tenus de constituer
avocat quel que soit le montant de la demande (Art 761).
- Le montant de l’affaire conserve une importance pour déterminer le taux de ressort.
Fixé à 4000 avant la loi et aujourd'hui à 5000€ (art R211-3-24 du code de
l’organisation judiciaire). Si le montant de la demande est inférieur ou égal à 5000€, le
Tribunal va statuer en premier et dernier ressort, il statue sans appel possible. Au-delà
de 5000€ le tribunal va statuer à charge d’appel.
Ce TJ statue en principe en formation collégiale c’est ce qu’affirme l’art L212-1 du COJ qui
dispose que le TJ statue en formation collégial sous réserve des exceptions tenant à l’objet du
litige ou à la nature des questions à juger.
La compétence du TJ est écartée lorsque les affaires on était confiés à une juridiction spéciale
(art L211-3 du COJ).
Il est à noter que les TJ ont eux-mêmes des compétences exclusives comme les anciens TGI
(art L211-4 du COJ -> le TJ a compétence exclusive dans les matières déterminées par les lois
et les règlements).
Certaines de ces compétences exclusives sont communes à tous les TJ :
- Etat des personnes
- Action immobilière pétitoire
- En matière de succession
- Réparation d’un dommage corporel
- En matière de sauvegarde de retracement judiciaire te de liquidation judiciaire à
condition que le débiteur n’exerce ni une activité commerciale ni artisanale
- Baux commerciaux en dehors des contentieux relatif à la fixation du prix du bail…
Certaines compétences exclusives sont réservées à des TJ spécialisés :
 Idée qu’il faut spécialiser les TJ, quand ils sont plusieurs dans un département ils vont
pouvoir être désigner par décret en Conseil d'Etat pour connaitre seul de certaines
matières.
Exemple :
- En matière de droit de propriété intellectuelle (TJ paris à une compétence réservée en
matière de brevet d’invention
Avantages de la réforme :
- Regroupe des fonctionnaires, mutualise les effectifs des magistrats et personnels du
greffe
- Gestion budgétaire simplifiée, c’est une réforme managériale
- Plus grande pédagogie pour le justiciable, c’est bcp plus lisible pour lui

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La loi de 2019 a créé un nouveau juge -> juge des contentieux de la protection. Il s’agit de un
ou plusieurs juges qui vont s’occuper des mesures de protection des majeurs (la sauvegarde de
justice, la curatelle, la tutelle, les mandats de protection futur…), contentieux d’expulsion, sur
endettement…

B) Les juridictions civiles spécialisées


Il en existe 4 principales :
- Le conseil de prud’homme, réglementa par le code du Travail. Il est chargé de
trancher les litiges relatifs à la conclusion du contrat de L.
- Tribunal de commerce, régit par le code de commerce
- Tribunal paritaire des baux ruraux, réglementé dans le code rural, il est chargé de
trancher les litiges qui oppose dans le cadre d’un bail un propriétaire terrien et un
étayé.
- Juridictions compétentes en matière de sécurité sociale, code de la sécurité sociale,
application de la législation en matière de sécurité sociale
1) Le conseil de prud’homme
Il tire son origine d’une très ancienne juridiction lyonnaise. L’activité de tissage est essentielle
si bien que l’on a d’un côté des soyeux qui commandent des pièces de tissus et les cannus qui
travaillent la soie pour ces soyeux. Pour régler les différents on avait créé une juridiction
spéciale, c’est l’ancêtre des conseils de prud’homme, elle a été supprimée sous l révolution et
rétablit par une loi napoléonienne de 1806.
Aujourd'hui il y en a 206. On en compte au moins un par ressort de TJ. Les conseillers
prud’hommaux étaient des juges élus jusqu’en 2016 er pouvait être électeur toute personne de
plus de 16 ans et exercer une activité pro comme salarié ou employeurs (ou ex salarié et ex
employeur). Mais l’ordonnance du 31 mars 2016 a supprimé ce système d’élection et on l’a
remplacé par une désignation qui se fait en fonction de l’audience des organisations
syndicales des salariés d’une part et des organisations patronales d’autre part.
A retenir : ce conseil de prud’homme est une juridiction composée de juges non pro et est
paritaire (autant de juges employeurs que salariés). Il est divisé en 5b sections :
- Pour l’industrie
- Commerce
- L’agriculture
- Encadrement
- Activités diverses
Il y a 8 conseillers par section, chacune a son président et vice-président. Ces conseillers se
sont de véritables juges (mêmes non pro) sont soumis aux mêmes obligations que les
magistrats de carrière.
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Comment se déroule la procédure ?
 La conciliation -> toute demande protée devant le conseil doit être soumise à une
dormition spéciale que l’on appelle le bureau de conciliation et d’orientation, il a pour
mission de rechercher un arrangement amiable, il est composé de deux conseillers qui
doivent s’efforcer de concilier les parties
 Si c’est un échec s’ouvre une 2e phase devant un bureau de jugement -> composé de 4
membres. S’il y a égalité des voix on fait intervenir un magistrat pro, un juge
départiteur, il va permettre de dégager une majorité pour trancher le litige.
Compétence ?
Prévue par l’art L311-1 du code du travail, il est compétent pour tous les litiges individuels du
contrat de travail.
Plus spécifiquement tous les différends entre les salariés et employeurs à l’occasion d’un
contrat de travail
Règle les différends des personnels publics lorsqu’ils sont employés dans les conditions du
droit privé
Règle aussi els litiges qui peuvent naître entre salariés du travail, il n’y a pas lieu de tenir
compte du montant de la demande
On peut leur adresser certaines critiques :
- Manque de rigueur juridique
- Ont du mal à concilier les parties, bcp forment appel
- Délais très longs car les juges non professionnels puisqu’ils ont une activité à côté
Décret du 20 mai 2016 a tenté de mettre en place une accélération des procédures notamment
en augmentant les prérogatives du bureau d’orientation et de…
2) Le tribunal de commerce
On l’appelle aussi parfois les juridictions consulaires. Ils trouvent leur origine dans les cités
Italiennes marchandes. Importés en France avec un édit de 1553, elles vont survire à la
révolution et se sont multipliés aujourd'hui on en trouve une trentaine.
Ils sont régis par les arts L721-1 et suivant du code de commerce.
Les juges consulaires sont des commerçants et ils sont élus par leurs pairs, ce sont donc des
commerçants élus par les commerçants, l’idée est que les juges doivent bien connaitre le
commerce. Elu pour 2 ans pour leur 1e mandat et peuvent être rééligible pour 4 ans. Cette
élection se réalise de façon indirecte : les commerçants vont élire un conseil électorale
composé de diverses personnes qui vont ensuite élire les juges. Les personnes de plus de 30
ans et plus de 5 ans d’activité commercial, ceux qui ont fait l’objet de sauvegarde de
redressement judiciaire sont inéligible.
Ils sont bénévoles, sont tenus de suivre une formation et tenus de déclarer tout conflit
d’intérêt. Ils sont assistés de greffier qui exercent à titre libéral.

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Leur présence sur le territoire dépend de l’activité commerciale de chaque région cad qu’ils
n’existent que là où l’activité commerciale le justifie (le ressort ne dépend pas forcément du
TJ) mais il doit y avoir au moins 1 T par région.
Le nm de juges va varier en fonction de l’activité du T. Ils peuvent être divisés en chambres
spécialisés. Ils vont statuer soit à juge unique soit à 3 juges ou 5 juges. A leur tête il y a
toujours un président élu et un vice-président qui sera désigné par le président.
Compétence ?
Ils ont pour compétence de juger en 1e instance de tout ce qui concerne l’activité
commerciale, les affaires commerciales.
Les TC connaissent de trois choses :
- Contestations relatives aux engagements entre commerçants, entre établissements de
crédits, entre sociétés de financement ou entre eux.
- Contestations relatives aux sociétés commerciales
- Contestations relatives entre actes de commerce entre toute personne
 Ils sont compétents pour tout ce qui concerne les actes de commerce (achat de
marchandise, lettres de changes, engagements à l’occasion d’une activité
commerciale…) et les litiges relatifs aux sociétés commerciales. Ils sont compétents
aussi pour les incidents relatifs à l’incident des paiements
 A partie du 1e janvier 2022 ils seront aussi compétents pour les contestations entre
artisans
Jugent environ 50 000 affaires, 134 aujourd'hui.
Ils posent des difficultés puisqu’ils n’offrent pas nécessairement les garanties du point de vue
de la technique juridique ou de leur objectivité. La solution serait l’échevinage -> mêler des
juges de carrière et des juges non professionnels. La loi du 18 novembre 2016 s’est contentée
de modifications mineures.
3) Les tribunaux paritaires des baux ruraux
C’est une juridiction qui dans sa configuration actuelle date d’un décret du 22 décembre 1958.
Elle trouve ses racines dans la spécifié de la relation qui unie le propriétaire terrien et qui loue
ses terres au ferme ou métayer qui est le preneur.
Le bail rural est un contrat par le quel le bailleur loue sa terre à un fermier et il l’exploitera à
son profit moyennant le versement d’une redevance au bailleur. Tous les litiges qui peuvent
naitre de cette relation seront de la compétence du tribunal paritaire des baux ruraux.
Il doit en exister au moins 1 dans le ressort de chaque TJ (art L791-1 du code rural). La
juridiction fonctionne sur la base de l’échevinage, elle est présidée par un juge professionnel,
les assesseurs sont eux non professionnels. Depuis al loi du 18 novembre 2016 ils ne sont plus
élus mais désignés par le Premier président de la cour d’appel après avis du président du
tribunal paritaire des baux ruraux. La liste est établie sur la proposition des organisations pro
représentatives des bailleurs et des preneurs. Leur mandat est de 6 ans, c’est une juridiction
paritaire (2 représentent les bailleurs et 2 les preneurs). Elle peut être divisée en deux
sections : l’une pour les baux à ferme et l’autre pour les baux à métayage.

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Ce T siège par session en fonction du nm d’affaires à traiter. Son avenir est incertain car il n’y
a plus suffisamment d’assesseurs.
4) Les juridictions en matière de sécurité sociale
Il faut noter la disparition de T des affaires de sécurité sociale et aussi celle des T du
contentieux de l’incapacité au 1e janvier 2019.
En 1945 l’organisation de la Sécurité Sociale avait conduit à la mise en place des juridictions
spécialisées chargées de statuer sur les différends auxquels peut donner lieu l’application des
textes de la sécurité sociale :
- Certaines étaient chargés du contentieux qui opposaient les organismes de SS à leurs
usagers
- D’autres du contentieux technique -> les questions d’invalidité, incapacité de travail.
Les lois de 2016 puis de 2019 ont rapatrié ces contentieux vers les TGI puis vers des
tribunaux spécifiques. En 2019 on avait T spécialisés en matière sociale et des tribunaux
d’appel.
Ces juridictions spéciales ont disparu en 2019, il existe dans certains tribunaux des pôles
sociaux et les chambres sont composés de juges de carrière et d’assesseurs, étant désigné pour
trois ans par le Premier président de la cour d’appel et il n’y a pas de représentation par avocat
obligatoire.

§ 2 : Juridictions pénales


Sont de juridictions uqi ont pour fonction d’affliger des peines qui se sont rendus coupables
d’infraction, on les nomme aussi juridiction répressive.
Une infraction -> tout manquement à la législation soit contenu dans le code pénal ou de
procédure pénale.
Contraventions -> Moins grave qui relèvent des tribunaux de police
Délit -> Tribunal correctionnel
Crime -> cour d’assisse
Deux sortes de juridictions pénales :
- De droit commun
- Spécialisée que l’on peut appeler juridictions d’exceptions

A) Juridictions pénales de droit commun


Il existe différentes juridictions de droit commun.
Il faut distinguer les juridictions d’instruction -> à ce stade des recherches sont accomplis pur
déterminer l’auteur de l’infraction, le contexte. Il va falloir recueillir des preuves, le but est de
savoir si les charges sont suffisantes pour que la personne soit déférée devant la juridiction de
jugement.

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Juridiction de jugement -> se prononce sur la culpabilité de la personne poursuivie
Cela permet d’assurer d’impartialité fonctionnelle du juge puisqu’elle existe le risque d’un pré
jugement.
1) Les juridictions d’instruction
Deux types de juges exercent les fonctions d’instruction :
- Juge d’instruction
- Mais aussi le juge des libertés et de la détention (JLD)

a) Juge d’instruction
Sa mission est définie dans le code de procédure pénale à l’art 81 alinéa 1 -> le juge doit être
objectif le plus que possible, il doit rechercher les éléments qui déféreraient la personne
devant la juridiction de jugement mais aussi ceux qui l’innocenteraient.
Il n’y a pas toujours instruction :
- Elle est obligatoire uniquement en matière criminelle.
- L’instruction en matière délictuelle elle n’est que facultative
- Elle n’existe pas du tout en matière contraventionnelle
Le juge est un juge du siège en raison du manque d’indépendance du parquet, des rapports ont
préconisé de le supprimer et de confier la mission d’instruction au procureur de la république.
Il peut être saisi soit par le ministère publique soit par la victime.
Il a de grands pouvoirs :
- Il a des pouvoirs d’informations qui sont destinés à lui permettre de rassembler les
infos nécessaires sur les faits dont il a été saisi, d’abord la possibilité de procéder à des
actes d’instruction (peut aller sur les lieux, interroger des témoins…), il peut aussi
déléguer l’accomplissement de certains actes à d’autres personnes. Il peut aussi
déléguer des mandats : des mandats de recherche, un mandat d’amené, mandat d’arrêt,
mandat de comparution. S’il existe des indices graves et concordants laissant
présumés que la personne pourrait avoir commis l’infraction alors cette personne peut
être mise en examen ce qui permettra de rechercher s’il y a ou non des charges
suffisantes.
- Il a des pouvoirs juridictionnels puisqu’il délivre des ordonnances. Il peut délivrer des
ordonnances de refus d’informer, ordonnance de non-lieu, une ordonnance de renvoi.

b) Le JLD (juge des libertés et de la détention)


C’est aussi un magistrat du siège et il intervient car il est parfois nécessaire de prendre avant
tout jugement des décisions qui sont attentatoires à la liberté de la personne poursuivie.
Institué par la loi du 15 juin 2000, il va décider de mesures importantes avant décider par le
juge d’instruction : placer quelqu’un sous contrôle judiciaire, assigner à résidence…
2) Les juridictions de jugement

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Ces juridictions sont chargées de juger la personne suivie -> la déclare innocente ou coupable.
A chacune des différentes catégories d’infraction correspond une juridiction spécifique :
- Tribunal de police pour les contraventions
- T correctionnel pour les délits
- Cour d’Assisse qui connaissent des crimes

a) T de police
Statue à juge unique et compétente en matière contravention (il y en a 5 classes). Ce T de
police était rattaché depuis 2016 au TGI et aujourd'hui au TJ.
b) T correctionnel
Statue en matière de délit. C’est l’art 381 du code de procédure pénale qui dispose qu’il
connaît des délits. C’est en principe une juridiction collégiale de 3 juges mais pour certaines
infractions il va statuer à juge unique par ex en matière de chèque, matière de protection des
bois et forêts, en matière de circulation des animaux.
Dans un petit TC les juges statuent au civil et pénal et dans les plus importants ils ne statuent
qu’en matière pénale.
Entre 2011 et 2013 on a essayé de faire participer à la justice des citoyens avec l’idée qu’ils
seraient moins laxistes que les juges uniques mais cela a été un échec.

c) La cour d’Assisse
Connaissent des crimes, pour ces infractions qui troublent l’ordre public et qui peuvent
entraîner des peines très graves comme la réclusion à perpétuité.
Elles existent dans chaque département et siègent au chef-lieu du département et si il est le
siège d’une cour d’appel alors elle s’installe dans les locaux de la cour d’appel.
Il y a des cours d’assisse ordinaires mais aussi spéciales par ex commis par les militaires ou
terroristes.
Composition :
- Cours d’assisses ordinaires obéissent à un système d’échevinage. Les magistrats
professionnels sont au nombre de trois : président et deux assesseurs. 6 jurés qui sont
tirés au sort sur les listes électorales. 30 jours avant l’ouverture des assisses un
nouveau tirage au sort est fait pour retenir 35 jurés, parmi eux on va faire un nouveau
tirage au sort pour obtenir 6 jurés qui vont siéger. L’accusé peut en faire récuser 4 et le
ministère public 3. La loi du 23 mars 2019 a décidé d’expérimenter ce système
d’échevinage en créant des cours criminelles c'est à dire sans juré populaire.
- Cours d’assisses spéciales ne sont composés que de magistrats professionnels.
Fonctionnement :
Elles Siègent par session selon le nombre et la durée des affaires. Depuis la loi de novembre
1941 les jurés et magistrats délibèrent ensembles sur les faits, la culpabilité, la peine. Pendant

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longtemps la décision n’était pas motivée : on n’était pas obligé d’expliquer les raisons de
droit ou de fait commandant la décision parce qu’on demande aux jurés de se prononcer selon
leurs intimes convictions.
La CEDH a vu ça d’un mauvais œil car l’accusé doit pouvoir comprendre les raisons de sa
condamnation. Dans les cas trop généraux elle a considéré qu’il pouvait y avoir violation de
l’art 6, la France a été condamné en 2013 (arrêt Agnelet contre France). Dans le même temps,
la loi du 10 aout 2011, l’art 365-1 est créé -> le président ou un des magistrats assesseurs doit
rédiger la motivation de l’arrêt d’assisse, en cas de condamnation la motivation consiste dans
l’énoncé des principaux éléments à charge, cette motivation figure sur la feuille de
motivation. Aujourd'hui les arrêts sont motivés.
B) Les juridictions pénales d’exception
Leur compétence est circonscrite par la loi à certaines délinquants ou certaines infractions :
- Des mineurs
- De nature politique
- De nature militaire

1) Les juridictions pénales de mineurs


Ces juridictions sont compétentes s’agissant des infractions commises par des mineurs. Ce
sont des juridictions qui sont moins orienter vers la répression que la rééducation et la
réinsertion. Ces juridictions pénales sont composées de juridictions d’instruction et de
jugement. Le texte fonda en cette matière était pendant longtemps l’ordonnance du 2 février
1945 et a été modifié à plusieurs reprises et notamment la loi du 23v mars 2019 qui l’abroge,
elle a habilité le gouvernement a adopté une ordonnance du 11 septembre 2019 qui a créé la
partie législative du code de la justice pénale des mineurs, elle est entrée en vigueur au 1
octobre 2020.
a) Les juridictions d’instruction
On va distinguer ce qui existait avant la réforme du 23 mars 2019 d’après.
Avant : Les crimes et délits commis par un mineur donnait toujours lieu à une phase
d’instruction préparatoire et elle permettait de procéder à une enquête de personnalité mais
cette instruction n’était pas réalisée de la même manière en matière criminelle et délictuelle.
- Criminelle -> saisine obligatoire d’un juge d’instruction
- Délictuelle -> le proc de la république pouvait confiée l’instruction au juge des
enfants, dans ce cas là elle était simplifiée et le juge pouvait même participer à
l’audience de jugement.
Après : Aujourd'hui l’instruction este obligatoire pour les crimes en revanche pour les
délits et contraventions, le principe est désormais celui d’une procédure, nommée « mise à
l’épreuve éducative ».
- Elle commence d’abord par une audience d’examen de la culpabilité, c’est au cours de
cette audience que le juge va statuer sur l’action civile.

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- S’ouvrira ensuite une période de mise à l’épreuve éducative au cours de laquelle le
juge des enfants va suivre le mineur et mettre en œuvre des mesures provisoires
comme un contrôle judiciaire, une détention provisoire… L’objectif est une démarche
de sortie de la délinquance.
- Dans un délai de 6 à 9 mois après la 1e phase, une audience de prononcée de la
sanction intervient et le juge va être informée de l’évolution du mineur, l’idée est que
le jugement soit mieux adapté et compris par le mineur et que le juge puisse tenir
compte des potentiels progrès du mineur.

b) Les juridictions de jugement


Elles sont de trois sortes :
- Juge des enfants : compétente pour connaitre
 Des contraventions les plus grave (5e classe)
 Des délits
 Des crimes lorsqu’ils ont été commis par des mineurs de moins 16 ans au moment des
faits
Il peut statuer seul si une simple mesure de rééducation suffit. En revanche quand le prononcé
d’une peine s’impose, la juridiction doit être collégial, la compétence sera celle du t pour
enfant.
- Tribunal pour enfant : Il connait des mêmes infractions que le juge des enfants mais il
peut prononcer des peines et des mesures de placement des mineurs. Cette juridiction
obéit au système de l’échevinage -> siège au côté du juge des enfants 2 assesseurs qui
sont, eux, de simples particuliers, la seule condition est qu’ils doivent être âgé de 30
ans au moins et connu pour l’intérêt qu’il porte aux problèmes de l’enfant.
- La cour d’assises des mineurs : Elle connaît des crimes commis par les mineurs entre
16 et 18 ans, fonctionnent comme une cour d’assisse classique, en revanche les débats
se tiendront à huit clos.
Il existe deux autres juridictions d’exception
2) Les juridictions pénales de nature politique
Renvoie à la partie sur l’égalité dans la justice.
3) Les juridictions pénales de nature militaire
Renvoie à l’égalité devant la justice aussi.

SECTION II : La hiérarchisation des juridictions


Quelle est ce principe ?
La hiérarchie est un autre principe d’organisation juridictionnel, la structure des institutions
juridictionnels est hiérarchisée entre des juridictions inférieures et supérieures. Mais
aujourd'hui les juges sont également hiérarchisés : entre les membres du parquet notamment,
des substituts au procureur.

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Art L121-3 du code de l’organisation judiciaire nous explique les chefs de juridictions (1e
président de la cour de Cassation, 1e président de la cour d’Appel et président de grande
instance), chaque année, répartissent les juges dans les différents services de la juridiction, les
différentes chambres notamment. D’ailleurs Jean Follet avait publié un art dans la revue
pouvoir en 1981 « La justice, histoire d’un pouvoir refusé » où il expliquait que le corps des
judicaire correspond au corps de l’armée.
Cette hiérarchie permet le contrôle et l’uniformisation de la jurisprudence, puisqu’elle est en
effet à l’origine d’un système de recours qui permet le réexamen du litige par différents juges.
§ 1 : Le recours devant la cour d’Appel, voie de recours ordinaire
Toutes les juridictions qu’elles sont de droit commun ou extraordinaires, pénales ou civiles,
sont des juridictions de 1e degré qui rendent des jugements mais il existe un second degré de
juridiction constitué par la cour d’Appel.
A) Le principe du double degré de juridiction
L’idée d’un recours devant une juridiction hiérarchiquement supérieure est très ancienne mais
dont les finalités ont évolué parce que dans l’AR, la fonction de ce recours est une fonction
politique car elle permet au roi d’assoir son pouvoir mais avec la révolution er le principe de
séparation des pouvoirs, l’appel prend une dimension différente parce qu’il ne s’agit plus
d’affirmer un pouvoir politique mais de garantir au justiciable une bonne justice.
Aujourd'hui la cour d’Appel est la juridiction de droit commun du second degré, elle est
hiérarchiquement sup au tribunal judiciaire.
Mais il pourrait ne pas exister de cour d’Appel s’il n’était pas permis aux parties le droit
d’interjeter appel (droit d’appeler à un nouveau juge pour rejuger l’affaire). Cette faculté
d’interjeter appel contre le jugement d’une juridiction de 1e degré est ce que l’on appelle le
principe du double degré de juridiction.
C’est une institution qui vise à garantir une bonne justice, assurer la protection juridictionnelle
du justiciable puisqu’un juge n’est pas à l’abri d’une erreur.
La cour d’Appel rejuge l’affaire une seconde fois, on peut, en principe, interjeter appel de
toutes les décisions du 1e degré et la partie peut demander un nouvel examen de l’affaire à la
fois en fait et en droit. Mais par exception, on ne peut pas faire appel de certaines décisions
pour des raisons essentiellement pratiques : lorsque le montant du litige n’excède pas 5000€
l’appel est impossible, cette somme est le taux de ressort. Dans ce cas là la décision est rendue
en premier et dernier ressort, la seule voie de recours possible est le pourvoi en Cassation.
La cour d’Appel procède à un nouvel examen du dossier, on dit qu’elle rend des arrêts. Celui
qui fait appel est l’appelant et son adversaire est l’intimé. Alors qu’en première instance on
parle de demandeur et défendeur.
Ces cours sont situées dans le ressort du Tribunal Judiciaire qui a statué en première instance,
le ressort territorial s’étend généralement sur plusieurs départements et elles ont leur siège
dans les grandes métropoles régionales.
L’organisation et le fonctionnement des cours d’Appel sont réglementés par les arts L311-1 à
L313-2 du code de l’organisation judiciaire.

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Le droit à un recours juridictionnel est un droit fondamental, il ne se prononce pas forcément
par une voie de recours ; il faut distinguer la matière pénale et civile :
- En matière pénale, la CEDH et plus spécifiquement l’art 2 du protocole 7, elle prévoit
un droit au double degré de juridiction.
- En matière civile, ce n’est pas un droit fondamental pour la CEDH, dans un arrêt De
Cubber contre Belgique elle a décidé que le droit en recours ne requière pas
l’existence d’une juridiction de second degré. Et pourtant dans les arts du code de
procédure civil on nous parle de « droit à l’appel », en son art 542 il dispose « que
l’appel tend par la critique du jugement rendu par une juridiction du premier degré à sa
réformation ou à son annulation par la cour d’Appel ».

B) La mise en œuvre du double degré de juridiction


Les cours d’Appel sont appelées à statuer sur des affaires déjà jugées par des juridictions de
première instance.
Aujourd'hui il y a 36 cours d’Appel pour plus de 250 000 affaires par an.
Il faut distinguer la matière civile et pénale :
1) La matière civile
L’ancêtre des cours d’Appel ce sont les parlements de l’ancien régime dont le fonctionnement
a été suspendu pendant la révolution française, et pour les remplacer la constituante a créé
« l’Appel circulaire » -> la décision d’un Tribunal de district pouvait être contestée devant
une juridiction de même niveau.
Cet appel circulaire a pris fin avec une loi du 27 ventôse an VIII (18 mars 1800) et on restaure
hiérarchique. L juridiction chargée de cette mission est la cour d’Appel.
Quelle est sa compétence ?
L’Appel est exclu pour les petits litiges, la matière en cause n’importe pas, elle a une
compétence générale, une compétence lato sensu. L’unité de la cour d’Appel s’oppose au
fouissement des juridictions d e1e instance.
En revanche c’est la valeur de la demande qui va être importante.
 Le taux de ressort.
Lorsque l’affaire jugée en 1e instance l’a été à charge d’Appel, on parme de décision rendue
en premier ressort, lorsqu’au contraire elle est jugée sans appel possible alors la décision est
dite rendue en premier et dernier ressort.

La cour d’Appel rend un arrêt, si elle d’accord avec les juges de première instance
 On parle d’arrêt confirmatif
Si elle est en contradiction avec les juges de première instance

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 On parle d’arrêt infirmatif

L’organisation de la cour d’Appel :


Les magistrats sont appelés les conseillers à la cour d’Appel. A la tête on trouve un PP
(premier président) parce que les autres présidents sont les présidents des chambres
(commerciales, sociales, civiles). Ce PP a des fonctions administratives et juridictionnelles.
- Au titre de ses fonctions administratives il faut s’occuper de la discipline des
magistrats, s’occupe de la distribution des affaires entre les chambres et une fonction
d’inspection dans les TJ de son ressort
- Des fonctions juridictionnelles spécifiques -> il s’occupe uniquement des mesures
urgentes et provisoires en rendant des ordonnances de référés, des ordonnances sur
requête.
Outre ce PP, différentes formations : une formation classique et une solennelle.
Dans sa formation classique, elle tient des audiences publiques en principe collégiales (Le
président de la chambre et deux conseillers).
On a une formation plu solennelle, elle compétente pour les affaires particulièrement
importantes notamment quand il y a un renvoi après Cassation. Dans ce cas elle est composée
d’une assemblée des chambres, elle présidée par le PP et est composée de conseillers de
plusieurs chambres (qui porte pour l’occasion une toge rouge et non noir).
2) La matière pénale
L’appel va être protée devant Trois formations :
a) La chambre de l’instruction
C’est une formation spéciale de la cour d’Appel qui constitue une juridiction présidée par un
président, président de la chambre de l’instruction et est composé de deux autres conseillers.
Elle exercer des fonctions de surveillance, elle contrôle notamment les détentions provisoires,
elle sert à contrôler au second degré les actes du juge d’instruction que les actes de
juridiction ?
En effet, le juge d’instruction prend des actes graves dont il est normal qu’ils soient contrôler
au second degré.
b) La chambre des appels correctionnels
Cette chambre connait certes des appels exercés contre le tribunal correctionnel mais elle
connaît également des appels rendus par les tribunaux de police.
L’appel n’est pas toujours recevable, on considère que pour les contraventions l’appel est
possible que pour les contraventions de 5e classe.
C’est une chambre a une compétence spécifique en matière pénale et est composée d’un
président et de deux conseillers.
c) La cour d’Assisse d’Appel

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Connait des appels contre les décisions de cour d’Assisse, pendant longtemps on ne pouvait
pas interjeter Appel en matière criminelle parce que le jury étant l’expression de la
souveraineté populaire on comprenait mal que la décision puisse être contestée. La loi du 15
juin 2000 a rendu possible l’appel contre les décisions de cour d’assisse mais il a une
particularité, il ne sera pas porter devant une cour d’Appel mais devant une autre cour
d’Assisse, c’est un appel circulaire. La cour d’Assisse d’appel a la particularité d’avoir 9
jurés.

§ 2 : La cour de Cassation, voie de recours extraordinaire


Il n’y a qu’une seule cour de Cassation. Cette unicité est exprimée dans le code de
l’organisation judiciaire à l’art L411-1 « il y a pour toute la République une cour de
Cassation ».
Elle siège au quai de l’horloge, on parle parfois des juges du quai de l’horloge.
Cette unicité permet d’appliquer le principe d’unité du droit sur l’ensemble du territoire. C’est
la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire. Elle se rapproche de son ancêtre, le conseil des
parties sous l’Ancien Régime qui faisait partie du conseil du roi et pouvait connaitre des
décisions rendues par les parlements.
Tout ce qui attrait à l’organisation de la cour de Cassation est réglementée L411-1 à L411-4
A) Le rôle de la cour de Cassation

Son rôle originaire :


Le tribunal de Cassation a été institué par la loi des 27 novembre et 1e décembre 1790. Son
rôle était d’éviter que le juge cherche à se faire législateur, ce tribunal devait être selon
l’expression consacrée « la sentinelle de la loi ».
Il devait veiller à ce que la juridiction hiérarchiquement inférieure ne devait pas empiéter sur
les prérogatives législatives. Idée de garde. Plus que veiller au respect de la loi mais aussi de
la règle de droit (coutumes, décrets, arrêtés).
Mais elle a vite eu un second rôle, non plus veiller au respect de la règle de droit mais celui
d’assurer l’unification de la règle de droit puisque les révolutionnaires voulaient assurer
l’égalité des citoyens. Quand il fallait interpréter une loi, il fallait en référer au législateur, il
devait saisir le législateur de la question d’interprétation posée pour qu’il édicte un décret
interprétatif. Autrement dit c’était le législateur qui permettait l’unification.
Ce référé législatif a été abandonné en 1837 et on donne à la cour de Cassation le dernier mot
en matière d’interprétation de la loi.
Aujourd'hui :
Elle continue aujourd'hui à jouer ces deux rôles. Elle assure ces eux rôles à travers deux
fonctions principales.
1) Le rôle juridictionnel de la cour de Cassation

94
Elle est en principe saisie sur un pourvoi contre un arrêt d’Appel ou plus rarement d’un
jugement de première instance quand le jugement était en premier en dernier et dernier
ressort.
a) La cour de Cassation juge du droit
Elle n’est pas comme les T1e instance ou les cours d’Appel, un juge du droit et du fait mais
uniquement un juge du droit.
Elle juge uniquement la décision qui lui est soumise, elle vérifie si la décision est régulière,
elle ne connaît pas du fond des affaires.
Les faits relèvent de l’appréciation souveraine des juges du fond, elle peut seulement
effectuer un contrôle de la qualification juridique des faits. Mais la qualification est une
opération de droit.
La conséquence qui en découle -> la cour de Cassation n’est pas un 3e degré de juridiction car
elle ne connaît pas de l’entier litige.
b) La cour de Cassation, juge de Cassation
Après l’Appel un pourvoi est possible.
Quand la voie de l’appel est fermée, le pourvoi en Cassation est possible mais il sera limité à
l’examen du droit.
Le pouvoir en Cassation est défini par le code de procédure civil à l’art 604 du code de
procédure civil, il définit l’office de la cour de Cassation.
- Le demandeur au pourvoi va devoir justifier son pourvoi en invoquant une ou
plusieurs règles de droit dans un ou plusieurs moyens de Cassation.
 La cour de Cassation l’examine et rejette le pourvoi et la décision attaquée devient
irrévocable.
 Soit elle casse la décision rendue en amont par les juges du fond.
Elle rend donc des arrêts de rejet et des arrêts de Cassation.
Quand elle rend un arrêt de Cassation, la Cassation peut être totale ou partielle :
- La Cassation totale va intervenir lorsque la cour casse l’ensemble de la décision qui lui
ai soumise
- La Cassation est partielle lorsqu’elle ne casse qu’une partie de la décision qui lui ai
soumise mais elle confirme l’autre partie. Dans ce cas-là, l’arrêt mêle arrêt de
Cassation et arrêt de rejet, la juridiction ne pourra pas juger de l’entièreté de l’affaire.
Le dispositif de l’arrêt nous renseigne sur la nature de l’arrêt. « Casse et annule seulement en
ce que » -> Cassation partielle.
Quels sont les griefs de Cassation et les motifs de rejet de la cour de Cassation ?
S’il s’agit d’un arrêt de Cassation, quels sont les erreurs commises par les juges du fond et qui
font encourir la Cassation ?

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Il faut distinguer les griefs de fonds et de forme (les griefs permettent à la cour de casser
l’arrêt) :
Les griefs de fond :
La violation de la loi qui est le plus grave
 Ils peuvent l’avoir violée par fausse interprétation de la loi
 Violation par fausse qualification des faits
 Fausse application ou refus d’application -> les juges du fond ont mal appliqué le texte
parce qu’ils par ex ajouté une condition ou ont refusé de faire application du texte.
Quand il y a violation de la loi, la cour de Cassation nous dira que la cour d’Appel a violé la
loi.
Le défaut de base légal, la cour de Cassation va reprocher aux juges du fond une insuffisance
de motivation, elle ne permet pas à la cour de Cassation de contrôler la régularité des
décisions du juge du fond, elle ne peut pas exercer son contrôle du droit. La cour de Cassation
va inviter la juridiction de renvoi à procéder à un supplément d’instruction, c’est à elle qu’il
incombera d’approfondir la solution des premiers juges.
La dénaturation, la cour de Cassation va sanctionner le fait que les juges du fond ont
dénaturer d’un texte. En matière contractuelle, la cour de Cassation ne contrôle pas
l’interprétation du contrat mais la seule limite est la dénaturation d’une clause contractuelle.
Cela peut être aussi la dénaturation d’un élément de preuve.
Les griefs de forme :
Le défaut de réponse à conclusion, la Cassation intervient pout sanctionner le manquement
par le juge du fond à statuer sur tous les chefs de demande or, c’est une obligation pour lui.
Le défaut de motif et la contradiction de motifs. Cassation intervient en l’absence de motif
ou de contradiction de motif.

Quels sont les motifs de rejet ?


- La cour de Cassation peut rejeter un pourvoi pour irrecevabilité de moyens, le rejet
est de pure forme
- Un rejet d’un moyen tiré du fond du droit, la cour de Cassation estime que les juges
du fond ont fait une bonne application des juges du fond
- Appréciation souveraine des juges du fond, la cour de Cassation est juge du droit et
les faits sont l’apanage des juges du fond, si une question de fait est posée, elle se
retranche derrière le pouvoir souverain des juges du fond.
- Les motifs surabondants, un des motifs qui est erroné ou inutile mais en même temps
surabondant, les autres motifs suffisent à justifier la décision.
- Arrêt de rejet avec substitution de motifs, la décision prise par les juges du fond est la
bonne mais les motifs sont mauvais, pour éviter une Cassation inutile, la cour va
procéder à une substitution de motif.
En cas de Cassation, que faire ? Que se passe-t-il après ?

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La cour de Cassation peut exceptionnellement casser l’arrêt sans renvoi lorsque les faits qui
ont été souverainement constitués par les juges du fond, lui permettent d’appliquer la règle de
droit. Dans ce cas elle n’est pas obligée de renvoyer l’affaire.
Depuis la loi du 18 novembre 2016, on lui donne l’autorisation de statuer au fond lorsque
l’intérêt d’une bonne administration de la justice le justifie.

Lorsqu’il faut statuer sur le fond, elle prononce une Cassation avec renvoi devant les juges du
fond qui vont à nouveau statuer en fait et en droit. Une juridiction de renvoi va être désigner,
de même nature et de même degré que celle dont émane la décision annulée. Elle peut
renvoyer dans le cas de la cour d’Appel, devant une autre cour ou la même mais « autrement
composée ». Elle peut statuer autrement, on parle d’une résistance, de rébellion. Dans ce cas-
là, que va-t-il se passer ? L’hypothèse la plus fréquente est la formation d’un nouveau pourvoi
par celui qui a obtenu gain de cause devant la cour de Cassation. Dans ce cas c’est
l’Assemblée plénière qui va statuer, c’est une formation très solennelle qui pourra soit aller
dans le sens des juges du fond mais c’est assez rare parce que cela signifie qu’elle se déjuge
elle-même ; la plupart du temps elle va aller dans le sens de la formation de la cour de
Cassation qui avait précédemment statuer. Dans ce dernier cas, la décision des juges du fond
est à nouveau cassée et une nouvelle juridiction de renvoi sera désignée, l’art L341-4 du code
de l’organisation judiciaire dispose que la juridiction de renvoi doit se conformer à la position
de la cour de Cassation : « lorsque le renvoie est ordonnée par l’assemblée plénière, la
juridiction de renvoi doit se conformer à la décision de cette assemblée sur les points de droit
jugés par celle-ci. »
Une concubine adultère était l’ayant cause universelle d’un homme marié. Cette libéralité est
elle contraire aux bonnes mœurs ? La cour de Cassation, dit que ce n’est pas contraire aux
bonnes mœurs, elle prononce une Cassation avec renvoi devant la cour d’Appel de Paris qui
résiste et dit « la libéralité testamentaire n’avait vocation qu’à rémunéré les faveurs de
madame, elle est contraire aux bonnes mœurs, elle doit être annulée ». L’assemblée plénière
casse à nouveau et renvoi devant une 2e cour d’Appel de renvoi qui doit s’aligner.
La cour de Cassation peut aussi statuer sur un pourvoi dans l’intérêt de la loi, il est prévu à
l’art 17 de la loi du 3 juillet 1967 relative à la cour de Cassation. C’est un pourvoi pour le seul
respect des principes mais sans incidence sur les faits de l’espèce, il est formé à l’initiative du
procureur générale va former un pourvoi à l’encontre d’une décision. Cela permet à la cour de
Cassation de préciser sa position sur une question de droit, cela n’a aucune incidence sur la
décision de la cour d’Appel donc aucun effet pour les parties.
Exemple : Assemblée plénière le 31 mai 1991 s’est prononcé sur un pourvoi dans l’intérêt de
la loi, sur la GPA. Le proc avait estimé qu’il fallait mettre fin aux divergences de
jurisprudence.

c) La structure des arrêts de la cour de Cassation


Il faut distinguer l’ancienne et la nouvelle structure.
Ancienne structure :

97
C’était assez technique, il fallait distinguer les arrêts de Cassation des arrêts de rejet.
- Arrêt de Cassation :
o Il commence toujours par un visa, ensuite le visa peut être immédiatement suivit par
un attendu de principe qu’on appelle aussi principe qui va coiffer l’arrêt : c’est la
formulation sous forme abstraite d’un principe, on est alors face à un arrêt de principe.
Ces deux éléments font partie de la solution de la cour de Cassation.
o Ensuite on trouve un ou plusieurs attendus où vont être exposés les faits, la procédure
et puis les motifs retenus par la cour d’Appel et généralement dans un arrêt de
Cassation ils seront particulièrement dev.
o Puis dans un ou plusieurs attendus la cour de Cassation exposent ses motifs souvent
annoncés par des expressions « Attendus cependant », « Attendus alors » qui vont
marquer le désaccord avec la solution de la cour d’Appel.
o Enfin se trouve le dispositif de l’arrêt : « Casse et annule ».

- Arrêt de rejet :
o Il ne contient jamais de visa, il ne commence pas non plus par un chapeau, si la
cour de Cassation souhaite énoncer un principe général, elle le fera à la fin
o Elle commence donc par un ou plusieurs attendus avec l’exposé des faits et de la
procédure
o Exposé des prétentions des partis ; on trouve rarement les motifs de la cour de
d’Appel
o Solution de la cour de Cassation qui commence souvent par « Mais attendu que »
pour exposer son désaccord avec les moyens.
o Le dispositif « Rejette le pourvoi »

Depuis l’autonome 2019 la structure des arrêts a changé et donc ils sont structurés d’une
manière nouvelle.
Nouvelle structure ; Les grandes parties des arrêts sont clairement identifiées, l’arrêt les
annonce toutes :
o Exposé des faits et de la procédure
o L’examen du ou des moyens : l’énoncé du moyen et les motifs de la cour de Cassation
o Le dispositif avec soit « Casse et annule » soit « rejette ».
On ne distingue plus la structure si c’est un arrêt de Cassation ou de rejet. Le visa, le chapeau
peuvent figurer en tête des motifs de la cour de Cassation, de cette façon est préservée la
forme syllogistique de l’arrêt.
2) Le rôle non juridictionnel de la cour de Cassation
La cour de Cassation peut être saisi indépendamment de tout pourvoi et le législateur a
valorisé ce rôle non juridictionnel de la jurisprudence en créant par la loi du 15 mai 1991 la
saisine pour avis ; ce qui revient à lui confier un rôle non juridictionnel.
L’article L441-1 du code de l’organisation judiciaire organise ce principe : « Avant de statuer
sur une question de droit nouvelle, présentant une difficulté sérieuse et se posant dans de nombreux

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litiges, les juridictions de l'ordre judiciaire peuvent, par une décision non susceptible de recours,
solliciter l'avis de la Cour de cassation. »
Ce mécanisme peut être mis en œuvre lorsqu’une nouvelle disposition législative pose des difficultés
d’interprétation. Cette saisine pur avis vaut aussi bien en matière civile qu’en matière pénale, la
procédure a été étendu aux juridictions pénales en 2001.
Elle peut être utilisée par tous les juges du fond en première instance comme en appel à l’exception
des juges d’instruction et des cours d’Assisses ; impossibilité prévue à l’article706-64 du code de
procédure pénale.
L’utilité de ce mécanisme ressort des termes dans l’article ; il s’agit de poser une question nouvelle, de
la poser tout de suite plutôt que d’attendre que la décision vienne à elle après de nombreuses
contestations des décisions des juges du fond. Vise à éviter son engorgement.
La réponse donnée par la cour de Cassation n’est qu’un avis et donc il ne lie les juges qui ont formulé
la demande ; art 441-3 du code de l’organisation judiciaire.
Mais en pratique ces avis sont suivis ; les juges se rangent à l’interprétation qui leur ai donné puisque
sinon ils encourent la Cassation.
La loi du 8 août 2016 a prévu un élargissement du recours aux avis notamment dans le domaine du
droit du travail puisque les avis peuvent désormais porter sur l’interprétation d’une convention ou d’un
accord collectif présentant une difficulté sérieuse et se posant dans de nombreux litiges.

B) L’organisation de la cour de Cassation


Elle a pendant longtemps d’une grande simplicité : on avait une chambre criminelle qui
statuait en matière pénale et une chambre civile qui statuait en matière civile. La seule
subtilité était la suivante : en matière civil il existait une chambre des requêtes qui avait pour
mission de filtrer les requêtes avant de les transférer à la chambre civile et si le pourvoi ne
paraissait pas sérieux elle le rejette, elle a été supprimée en 1947.
Désormais les choses sont moins simples et cela résulte de l’augmentation du nombre
d’affaires à traiter à complexifier la chose et à conduit à réorganiser la cour de Cassation pour
lui permettre de faire face à l’augmentation du contentieux. EN matière civile elle avait à
traiter 666 affaires en 1832, en 1900 elle traite près de 2000 affaires, en 1996 plus de 20 000
et en 2016 20 400.
Pour répondre à ce phénomène son organisation a été modifié aussi bien du point de vue de sa
composition et de sa formation.
1/ La composition de la cour
EN examinant les magistrats et les chambres qui composent la cour on se rend compte à quel
point la volonté de faire face à l’abus de contentieux a modifié sa composition.
a/ Les magistrats (Il y a aussi des greffiers)
Les magistrats du siège :
- A la tête de la cour de Cassation on a un premier président ; actuellement Chantale
Arens. Elle a pour fonction de présider les formations les plus solennelles de la cour
de Cassation, notamment la chambre mixte et l’assemblée plénière. Ce premier
président va aussi surveiller l’activité de la cour de Cassation et va la représenter lors

99
des rencontres nationales et internationales. Ce premier président est le premier
magistrat de l’ordre judiciaire et il préside également de conseil supérieur de la
magistrature dans sa formation spécifique aux magistrats du siège. Il n’est pas seul
- On trouve aussi des présidents de Chambre ; il y en a 7 qui sont placés sous l’autorité
du premier président.
- Puis tous les magistrats, on les appelle les conseillers à la cour de Cassation ; c’est un
poste prestigieux que l’on obtient en fin de carrière. Le plus vieux des conseillers est
doyen, le doyen de chaque chambre qui va pouvoir présider la chambre en cas
d’empêchement de son président. Ses magistrats composent ces chambres et
participent au délibéré de la cour.
- Les conseillers en service extraordinaire, ils ne sont pas des magistrats professionnels,
il se voient confier le rôle de conseiller à la cour de Cassation pendant 5 ans non
renouvelable, ce sont souvent des professeurs de droit.
Le nm des conseillers a plus que doubler pour faire face à l’augmentation du contentieux ;
cette augmentation constante n’a pas été suffisante pour faire face à l’engorgement donc on a
décidé de créer de nouvelles fonctions, cela a commencé avec un loi du 3 juillet 1967 qui a
institué les conseillers référendaires, ce sont des magistrats aussi mais plus jeunes que les
conseillers, à l’origine leur mission était d’aider les conseillers, on effectuant pour eux des
recherches sur la jurisprudence et la doctrine ; lors des délibérés ils n’avaient qu’une voix
consultative.
Très vite la loi du 12 juillet 1978 leur a finalement donné voix délibérative à l’instar des
autres conseillers ; appelés un plus grand nombre, ils ont quelques peu délaissés leur fonction
de simple aide, cette fonction restait importante si bine que par le décret du 20 février 1984 on
a créé les auditeurs à la cour de Cassation. Ce sont les plus jeunes, ils travaillent au SDER et
exerce exclusivement des tâches administratives.
Il y a aussi les magistrats du parquet :
Ces magistrats qui exercent le ministère public forment un corps hiérarchisé, à la tête se
trouve le proc général près la cour de Cassation. Il s’agit de François Molins depuis octobre
2018. C’est le plus haut magistrat du parquet et il préside le conseil sup de la cour de
Cassation dans sa formation spécifique aux magistrats du parquet.
On retrouve une hiérarchie similaire :
- Il est assisté par 7 avocats premiers généraux
- Puis des avocats généraux
- Il existe aussi des avocats généraux en service extraordinaire, des personnes extérieurs
qualifiées vont exercer ces fonctions pendant 5 ans
Depuis 2007 on a des avocats généraux référendaires, ils sont un pue plus jeune et vont
assister les autres.
b/ Les chambres de la cour
La cour de Cassation est composée de 6 chambres ; elles sont apparues progressivement pur
faire face à l’augmentation croissante du contentieux.
- A l’origine il y avait seulement 3 chambres (criminelle, civile, requêtes)

100
- Puis par un décret-loi du 12 novembre 1938 on a créé une chambre sociale qui connait
du contentieux social.
- Suppression de la chambre des requêtes par un loi du 22 juillet 1947 parce qu’elle ne
remplissait plus son rôle, elle ne se contentait plus de son rôle de filtre mais elle
exerçait un contrôle approfondi et à cette occasion on a créé la chambre commerciale
qui est devenu la chambre financière et fiscale
- On a créé deux chambres civiles supplémentaires ; d’abord la 2e Chambre civile de la
cour de Cassation en 1952, cette deuxième chambre connait des questions de
procédure civile, de responsabilité délictuelle, de droit des assurances et même
aujourd'hui de sécurité sociale. EN 1967 on a créé en (3 juillet) la 3e chambre civile,
contentieux de l’urbanisme, des différents baux. De son côté la première s’occupe des
contentieux relatifs au droit des personnes, des obligations, au droit international
privée.
C’est le premier président de la cour de Cassation qui décide de la répartition du contentieux
si bine qu’un contentieux peut passer d’une chambre à l’autre ; initialement le contentieux de
la sécurité sociale était à l’origine du ressort de la chambre sociale et désormais c’est la 2e
chambre civile.
2La composition des formations de la cour
a/ Les formations juridictionnelles
Il existe quatre formations juridictionnelles :
- On a d’abord une formation restreinte qui existe au sein de chaque chambre et est
composée de trois magistrats ; elle peut statuer en matière civile comme pénale mais
intervient bcp moins en matière pénale.
Quel est son rôle ? SI les pourvois sont irrecevables ou pas fondés sur un moyen fondé de
Cassation elle va les déclarer non admis (possible depuis 2001) ; si la solution s’impose et
qu’elle prête pue à la discussion, elle peut statuer directement sur le fond, le but est de traiter
rapidement les affaires soumises à la cour de Cassation sans qu’il soit nécessaire de mobiliser
la formation ordinaire de la cour de Cassation.
- On a aussi une formation ordinaire de la cour de Cassation qui mobilise 5 magistrats.
- La cour de Cassation peut également statuer dans des formations bcp plus solennelles
que sont la chambre mixte
La chambre mixte est composée de magistrats appartenant à trois chambres au moins de la
cour (chambres qui sont intéressées) et outre le 1e président de la cour de Cassation, la
chambre mixte comprend les président et doyens des chambres qui la compose ainsi que deux
conseillers de chacune de ces chambres ; sa composition varie selon l’affaire en question, on
ne devrait pas parle de la chambre mixte mais d’une chambre mixte.
Quels sont les cas dans lesquels elle se réunit ?
Il y a deux cas facultatifs :
 Dans le cas où une affaire relève de l’attribution de plusieurs chambres, elle est visée à
l’art L431-5 du code de l’organisation judiciaire.

101
 Lorsque la question à trancher est susceptible de recevoir des solutions divergentes
selon les chambres ; La chambre mixte est destinée à mettre fin à une divergence de
jurisprudence. Imaginons un cautionnement qui relève de la 1e chambre civil mais il
en existe un aussi qui relève de la chambre commerciale et ces deux chambres peuvent
être en désaccord et pour régler cette difficulté génératrice d’insécurité juridique, la
chambre mixte pourra se prémunir.
On a un cas de saisine obligatoire :
 En cas de partage des voix devant une chambre
Cette chambre est saisie par le premier président de la cour de Cassation, par arrêt motivé de
la chambre saisie du pourvoi et puis enfin le renvoie en chambre mixte est un droit du premier
procureur général.
- La deuxième formation solennelle est l’assemblée plénière
Ses compétences sont exprimées L431-6 du code de l’organisation judiciaire, c’est la
formation la plus solennelle puisqu’elle réunit des représentants de toutes les chambres.
Elle est composée du premier président, les présidents et doyens des différentes chambres et
un conseiller de chaque chambre, on a donc 19 membres. Les arrêts rendus dans ce cas sont
les plus importants et on le plus d’autorité.
Dans quel cas se réunit-elle ?
Cas de saisine facultative :
 Elle peut être saisie sur un premier pourvoi lorsque l’affaire pose une question de
principe soit parce que la question est nouvelle qui n’a pas encore été réglée par la
jurisprudence soit une solution pour laquelle il existe des solutions divergentes entre
les juges entre eux ou entre les juges du fond et la cour de Cassation. Une question de
principe est une question qui a un intérêt au-delà de l’espèce où elle surgit.
Elle peut être saisie par le premier président, par la demande du premier proc ou par un arrêt
de la chambre à laquelle l’affaire était désignée.
Cas de saisine obligatoire :
 Il concerne le second pourvoi, les juges du fond refusent de s’incliner, résistance de la
cour d’appel de renvoie, il faut que la juridiction de renvoi statue dans le même sens
que la 1e juridiction qui avait statué. Si la cour de renvoie s’incline devant la cour de
Cassation alors l’assemblée plénière ne sera pas réuni et le pourvoi sera examiner en
chambre simple. Si l’assemblée plénière Casse à nouveau l’arrêt, alors l’assemblée
renverra à une seconde juridiction de renvoie et cette fois ci elle sera tenue de se
soumettre à la solution de la cour de Cassation (Art L431-4 du coj). Cette autorité ne
vaut que pour l’affaire en cause, si la question surgit dans une autre affaire, les juges
seront libres d’interprétation.
b/ Les formations pour avis
La cour de Cassation peut rendre des avis, mais qui les rend ?

102
Originairement c’était une formation spéciale qui rendait ces avis, depuis la loi du 18
novembre 2016 les choses ont évolué, aujourd'hui l’art L441-2 du coj prévoit que c’est la
chambre compétente qui se prononce sur l’avis, par exemple si la demande d’avis concerne le
droit du travail c’est la chambre sociale qui va se prononcer. Si la demande relève des
attributions de plusieurs chambres alors elle sera portée devant la formation mixte et si elle
pose une question de principe, elle sera portée devant la formation plénière. Ces deux
formations sont présidées par le premier président de la cour de Cassation.
c/ Les formations administratives
Il faut évoquer le SDER ; ce service est dirigé par un président de chambre et des auditeurs de
justice y travaille.
Il a des fonctions administratives : il s’occupe de l’orientation des pourvois ; il dirige le
pourvoi vers telle ou telle chambre.
Il a aussi une fonction d’aide à la décision : lorsqu’un conseiller d’une des formations de
jugement se pose une question, il n’hésite pas à poser une question dans les décisions rendues,
les articles de doctrine…
Il a encore une autre fonction : il va permettre d’identifier les divergences de jurisprudence
puisque les magistrats vont y effectuer un certain nombre de recherches et être capables de les
discerner. Il va donc permettre qu’une formation solennelle puisse y remédier.
Ce travail du SDER de veille juridique est diffusé, il publie régulièrement une lettre reprenant
certaines recherches qui lui ont été demandé ; ce SDER peut aussi être saisi des questions des
juges du fond ou les magistrats de la cour de Cassation, c’est une procédure informelle.

C) Les réformes de la cour de Cassation.


Pour répondre à l’évolution du droit, (internationalisation, européanisation) et l’augmentation
du contentieux, la cour de Cassation s’est souvent réformée.
Plusieurs réformes ont cherché à atténuer l’engorgement, notamment la réforme qui a consisté
à mettre en place une procédure d’admission et éliminer d’amblée ceux qui apparaissent
irrecevable sou dépourvus de tout moyen sérieux. La loi du 25 juin 2001 a mis en place au
sein de chaque chambre une formation restreinte composée de 3 conseillers qui vont avoir le
pouvoir de déclarer non admis les pourvois irrecevables.
La réforme de la cour de Cassation se poursuit aujourd'hui ; elle bat son plein.
EN 2014 le premier président de la cour de Cassation a engagé une réflexion pour mener à
bien un certain nombre de réformes destinées notamment à renforcer l’autorité de la cour de
Cassation dans un contexte de mondialisation et d’européanisation du droit. Une commission
a été formée et a rendu un rapport en 2017, elle était présidée par Jean Paul Jean. A la suite de
ce rapport d’importantes réflexions sont actuellement menées à la cour de Cassation sur
plusieurs points.
Ces différents points :
- D’abord la question de la rédaction des arrêts de la cour de Cassation.

103
Elle est passée récemment d’une rédaction sous forme d’attendu à une rédaction en style
direct pour assurer l’accessibilité et l’intelligibilité des arrêts de la cour de Cassation. L’idée
est de faire en sorte que les justiciables puissent comprendre les décisions de justice surtout
que cette justice est rendue au nom du peuple français.
La cour de Cassation a aussi décidé d’enrichir sa motivation ; d’étoffer ses motifs mais
uniquement pour les arrêts les plus importants. Cela peut être citer les précédents, évoquer des
solutions alternatives voire faire état des différentes études d’incidence lorsqu’elles ont joué
un rôle dans l’adoption de la décision.
La cour de Cassation va enrichir sa motivation lorsque l’arrêt procède à un revirement de
jurisprudence ; lorsque l’arrêt tranche une question de principe ; lorsque la solution de l’arrêt
présente un intérêt de la jurisprudence ; lorsque l’arrêt a trait à la violation d’un droit
fondamental ; lorsque l’arrêt de la cour de Cassation pose une question préjudicielle à la cour
de justice de l’union européenne ; lorsque la cour de Cassation formule une demande d’avis à
la CEDH ; lorsque la cour statue sur une demande d’avis consultatif (L441-1 code de
l'organisation judiciaire).
- Ensuite, la réflexion qui entoure l’open data des décisions de justice et le recours
plus largement à l’intelligence artificielle.
Open data des décisions de justice suppose leur anonymisation. La cour de Cassation en lien
avec le ministère de la justice aujourd'hui elle souhaite dev des techniques d’apprentissage
automatique pour identifier les données à anonymiser dans les décisions de justice.
Aujourd'hui elle travaille sur des logiciels de nouvelle génération qui reposent sur
l’intelligence artificielle. L’idée est de diffuser plus largement la jurisprudence pour la rendre
plus accessible au justiciable mais aussi en portant la connaissance des justiciables et des
juges. Cette question a été au cœur d’un rapport rendue à la garde des sceaux en 2017 et
aujourd'hui il est prévu que la mise à disposition des décisions soit confiée aux cours
suprêmes et donc ce sont ces juridictions qui ont la charge le traitement et la diffusion des
décisions de justice.
Cet open data est très intéressant, il va permettre l’avènement de la justice prédictive ; c’est le
fait d’analyser des décisions de justice actuelle pour rendre prévisible les décisions de justice
future. Les juges vont en effet pouvoir savoir de quelle manière ont statuer les autres juges
dans des affaires similaires. Bien que les juges demeurent libres de s’écarter de ces
prédictions.
- Troisième point important, la question du filtrage des pourvois
Un projet de réforme sur le traitement des pourvois a été remis par la cour de Cassation à la
chancellerie ; le but est de réserver l’intervention de la cour de Cassation aux affaires les plus
importantes. C’est quelque chose qui est très discuté car cela voudrait dire restreindre l’accès
à la justice. Ce système de filtrage n’a pas la faveur de la première présidente qui lui préfère
un système de traitement différencié des pourvois selon la nature des pourvois. Par ex les
pourvois appelés à trouver une solution simple passerait par un circuit court.
Le dernier acte de cette réforme de la cour de Cassation ça a été la mise en place d’une
commission de réflexion intitulée « Cour de Cassation 2030 », présidé par A. POTOCI (juge à
la CEDH de 2011 à 2020). Mise en place par la première présidente et le premier procureur. Il

104
s’agit de mener une réflexion prospective, repenser l’identité de la cour de Cassation et
l’adapter au nouveau contexte. Elle est composée de 12 membres qui viennent d’horizon
différents du droit, les citoyens sont aussi associés au processus, ils peuvent soumettre des
propositions à la cour de Cassation.

TITRE 2. - Les juridictions supranationales


La justice est un attribuer essentiel de la souveraineté est donc elle est un monopole de l’Etat,
par conséquence l’existence de juridictions supranationales peut surprendre mais les Etats
pourtant ont pris consciences à travers l’histoire et notamment les différents conflits armés, la
nécessité de pacifier les relations inter étatiques par le recours à des juridictions supra
nationales. C’est par la voie conventionnelle que les Etats vont accepter de limiter leur
souveraineté, d’en abdiquant une partie en reconnaissant l’autorité des décisions rendues par
des juridictions supranationales. Il faut noter que la compétence d’une juridiction
supranationale ne s’impose que dès lors que les Etats ont formellement accepté le caractère
obligatoire de cette juridiction, ils doivent avoir accepté de se faire juger par cette juridiction
et cette acceptation peut se manifester au cas par cas c'est à dire par la voie d’un compromis
au moment où le différent surgit ; les Etats vont se mettre d’accord pour reconnaître le

105
caractère supérieur d’une juridiction. Mais le plus souvent les Etats reconnaissent le caractère
obligatoire d’une juridiction internationale par la voie d’une déclaration générale pour tous les
litiges à venir, un Etat qui a donné cette acceptation peut toujours la rétracter. Cette technique
conventionnelle permet aux Etats de définir le champ des compétences qu’ils vont déléguer
aux juridictions internationales.

Chapitre 1. – Les juridictions européennes


Elles sont un caractère régional parce qu’elles interviennent soit dans le cadre du conseil de
l’Europe soit dans le cadre de l’Union.
Le conseil de l’Europe c’est une organisation internationale dont le siège est à Strasbourg et il
regroupe 47 Etats membres dont la France, la Turquie, la Russie par exemple. Sa mission est
de promouvoir la démocratie et de protéger les droits de l’homme et l’Etat de droit. C’est dans
ce cadre qu’on été adopté plusieurs conventions dont la célèbre la CEDH. Cette convention a
été signée à Rome le 4 novembre 1950 mais elle n’est ratifiée par la France qu’en 1974 et
c’est pour assurer le respect de cette convention qu’a été instauré une cour européenne des
droits de l’homme ; elle assure la protection des droits qui sont contenus dans cette
convention, on y trouve le droit à la vie, le droit à un procès équitable, liberté de conscience,
d’expression. Le conseil de l’Europe doit bien être distinguer de l’UE.
L’UE regroupe 27 pays qui lui ont délégué partiellement leur souveraineté pout lui permettre
de prendre des décisions démocratiques, son objectif est de réaliser un marché commun, elle
trouve sa source dans le traité de Rome du 26 mars 1957. Aucun pays n’est entré dans l’UE
sans être membre préalablement du conseil de l’Europe. La cour de justice de l’UE qui siège à
Luxembourg est la juridiction de référence.
On va étudier successivement ces deux juridictions
SECTION I : La cour européenne des droits de l’Homme
L’effectivité de la garantie des droits fondamentaux dans le cadre du conseil de l’Europe est
garantie par deux mécanismes distincts d’abord par le fait que les dispositions de la
convention sont d’applicabilité direct dans le droit interne des Etats membres du conseil de
l’Europe ; cela signifie que les individus peuvent se prévaloir de ces dispositions devant les
juridictions internes, à l’encontre de l’Etat par exemple demander la mise à l’écart d’une loi,
le juge fera un contrôle de conventionalité et l’écartera si elle est contraire à la CEDH mais ils
peuvent aussi s’en prévaloir à l’encontre de simples particuliers par exemple on peut
demander à ce qu’une clause contractuelle soir écarter si elle fait défaut à un droit
fondamental de la CEDH.
On a une juridiction spécifique que l’on appelle la cour européenne des droits de l’Homme
qui veille à ce que les Etats membres respectent la CEDH. Elle dispose du pouvoir de les
condamnent s’ils ne respectent pas la convention.
§ 1 : Le fonctionnement de la cour européenne
A) La saisine de la cour

106
Peut être saisie de deux façons différentes : les requêtes étatiques et individuelles d’autres
part.
1) Les requêtes étatiques
Cela signifie qu’un Etat membre du conseil de l’Europe peut saisir cette cour en reprochant à
un autre état signataire d’avoir commis des violations de cette convention.
Ce recours inter étatique est prévu par l’art 33 de la Convention EDH. C’est un recours qui
extrêmement rare.
2) Les requêtes individuelles
L’hypo où un particulier saisie la cour européenne des droits de l’Homme en se plaignant des
violations de ses droits par un Etat membre du conseil de l’Europe.
Ce recours d’un particulier contre un Etat est prévu à l’art 34 de la Convention EDH, dispose
que « La Cour peut être saisie d'une requête par toute personne physique, toute organisation
non gouvernementale ou tout groupe de particuliers qui se prétend victime d'une violation
par l'une des Hautes Parties contractantes des droits reconnus dans la Convention ou ses
protocoles. »
Il faut avoir épuiser le droit de recours interne des Etats, cela marque le principe de
subsidiarité, elle agit en dernier recours.
Ce droit de recours individuel n’a été accepté par la France qu’en 1981.
Aujourd'hui ce recours s’impose à tous les Etats membres du Conseil de l’Europe.
La cour ne condamne que des Etats, elle est juge des Etats.
Cette cour connait un succès croissant (50 000 affaires) ces dernières années au point qu’elle a
du progressivement réformé les conditions de recevabilité des requêtes individuelles et
étatiques.
Les conditions de recevabilité sont précisées à l’art 35, lorsqu’une requête est irrecevable, le
juge rejette la demande sans l’examiner sur le fond.
Ces conditions ont été modifié par le biais de deux protocoles additionnels, le n°14 et le n°15.
- N°15 a été adopté en 2013.
Il consacre le principe de subsidiarité ainsi que la marge d’appréciation des Etats. Idée que
l’on veut réaffirmer le fait que ces ont d’abord les Etats qui garantissent les droits
fondamentaux ; la cour n’intervient que si la protection étatique est défaillante.
Aussi, la cour laisse aux Etats une marge d’appréciation qui permet aux Etats d’apprécier
des questions de sociétés selon la culture des Etats, la cour considère qu’il n’y a pas de
consensus.
Ce protocole réduit également le délai de saisine de la cour Européenne des Droits de
l’homme de 6 mois à 4 mois après la décision interne définitive (prévu par l’art 35), la cour
doit être saisi dans un délai de 4 mois à compter de la dernière décision interne. Ce protocole
ne rentrera en vigueur qu’après la ratification de tous les pays, l’Italie ne l’a pas encore ratifié.

107
- N°14 a été adopté en 2004. Il est entré en vigueur au 1e juin 2010.
A ajouté une nouvelle hypothèse d’irrecevabilité des requêtes : la requête est irrecevable si le
requérant n’a subi aucun préjudice important sauf si le respect de la convention exige un
examen au fond de la requête ou sauf si l’affaire n’a pas été dument examinée par un tribunal
interne. Autrement dit si le préjudice n’est pas considéré comme suffisamment important la
cour ne pourra déclarer la requête irrecevable qu’à une double condition : que le respect des
droits de l’Homme n’exige pas un examen de la requête au fond et que la requête a déjà été
dument examinée par un tribunal interne. Ainsi, les petits litiges ne seront pas forcément
exclus de l’examen de la cour dès lors que la question qu’ils soulèvent méritent d’être
examiner au fond ou dès lors qu’il n’a pas été examiné correctement par les juges internes.

La cour est juge des Etats mais la question qui se pose actuellement est celle d’une éventuelle
adhésion à la convention. Cette adhésion a été rendu possible par l’entrée en vigueur du traité
de Lisbonne qui a prévu cette adhésion à al convention EDH, grâce à l’art 6 paragraphe 2 du
TUE. Cette adhésion conduirait à soumettre l’UE au respect de la convention EDH et elle
serait alors à l’instar des Etats membres du conseil de l’Europe tenue de respecter les droits de
l’Homme. Cette adhésion devrait se faire dans des conditions compatibles avec le droit de
l’UE, avec le droit originel de l’UE et il faudrait aussi qu’elle respect l’autonomie de l’ordre
juridique de l’UE.
Un projet avait été préparé mais la CJUE s’est prononcé, elle a rendu un avis le 18 décembre
2014 et a considéré que le projet d’accord d’adhésion (formulé en 2013) ne respectait pas les
caractéristiques spécifiques du droit de l’UE et que dans l’état actuel il n’était pas possible
pour l’UE d’adhérer.
L’adhésion ne s’est donc pas concrétisée ; c’est une simple perceptive.
Près de la moitié des affaires sont dirigé contre 4 pays seulement que sont la Russie, la
Turquie, la Roumanie et l’Italie.
B) La composition de la cour
La cour est composée d’un nombre de juges égale à celui des parties contractantes à la
convention c'est à dire 47 actuellement. Un juge par Etat.
Comment sont-ils désignés ?
Par l’Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe qui comprend elle-même demandes
représentants de chaque Etat membre sur une liste de 3 candidats par pays. Ces candidats, l’art
21 de la convention précise qu’ils « doivent jouir de la plus haute considération morale et
doivent réunir les conditions requises pour l’exercice de hautes fonctions judiciaires ou bien
être jurisconsultes et posséder une compétence notoire ». Ces candidats doivent avoir moins
de 65 ans et ils doivent cesser leur fonction à 70 ans, ils sont nommés pour un mandat de 9
ans, mandat non renouvelable. La cour européenne se renouvèle par tiers tous les 3 ans.
Ces juges ne peuvent exercer aucune fonction qui serait incompatible avec les exigences
d’indépendance, d’impartialité ou de disponibilité requise par une activité.

108
Il y a donc des juges mais il n’y a personne pour représenter le ministère public. Ces juges du
siège peuvent être assisté de conseillers référendaires.
Les arrêts de la cour sont rendus à la majorité des juges ; ils siègent dans le cadre de
différentes formations. La cour comprend 4 formations distinctes :
- Une formation à juge unique ;
Elle joue un rôle de filtrage pour toutes les affaires simples sans examen complémentaire qui
vont mériter d’être raillé du rôle ou déclarer irrecevables. Cette formation ne se prononce que
sur les requêtes individuelles.
En cas de toute en revanche sur la recevabilité de la requête individuelle, le juge unique va la
transmettre soit à un comité de juges soit à une chambre.
- Le comité de juges ;
Il s’agit d’un comité de 3 juges ; avant l’entrée en vigueur du protocole n°14 était lui-même
en charge des déclarations d’irrecevabilités mais la création des juges uniques a permis de
donner au comité de nouvelles compétences. SI bien qu’aujourd'hui ce comité peut déclarer à
l’unanimité les requêtes individuelles irrecevables mais ils ont également la compétence pour
déclarer recevable une requête individuelle et rendre conjointement un arrêt sur le fonds si la
question relative à l’interprétation ou à l’interprétation de la convention fait l’objet d’une
jurisprudence bine établie de la cour (art 28).
C’est donc un organe de filtrage mais il peut également la requête recevable et examiner
l’affaire au fond si la question à l’origine de l’affaire fait l’objet d’une jurisprudence bien
établie.
- Une chambre de 7 juges ;
C’est la formation ordinaire de jugement ; sa compétence est prévue par l’art 29 de la
convention et elle peut connaître des requêtes individuelles et des requêtes étatiques.
Pour les requêtes étatiques elle se prononce sur la recevabilité et sur le fond. Pour les requêtes
individuelles elle peut se prononcer également à la fois sur la recevabilité et sur le fond si le
juge unique et le comité de 3 juges ne se sont pas encore prononcés sur ces questions. S’ils ne
sont prononcés que sur la recevabilité, elle ne se prononcera que sur le fond. Lorsqu’elle se
prononce sur le fond, elle exerce une fonction conciliatrice et juridictionnelle.
Conciliatrice puisqu’avant de condamner un Etat la cour doit essayer de faire en sorte que cet
Etat prenne les mesures nécessaires pour mettre fin à la violation des droits de l’Homme. Elle
doit essayer de parvenir à un règlement amiable (art 38).
A défaut de règlement amiable elle exercera une fonction juridictionnelle puisqu’elle va
statuer contradictoirement sur la requête, en audience public et va rendre un arrêt sur le fond.
A défaut de règlement amiable elle peut aussi de renvoyer l’affaire à une grande chambre.
- La grande Chambre ;
Composé de 17 juges ; elle peut être saisi soit par la chambre de 7 juges lorsqu’il s’agit d’une
question de principe. Elle peut aussi être saisie à la demande d’une partie qui après l’arrêt
rendu par la chambre de 7 juges peut, dans les trois mois suivant l’arrêt, elle peut faire appel

109
de la décision devant la grande chambre qui réexaminera l’affaire. Cet appel va être filtré par
un collège de 5 juges qui n’admettra le recours que si l’affaire soulève soit une question grave
relative à l’interprétation ou à l’interprétation de la convention ou encore si elle soulève une
question de caractère générale (art 43).
Cette grande chambre sa composition varie pour chaque affaire puisque les juges sont tirés au
sort mais lorsqu’elle est saisie pour réexamen (juge d’appel) elle ne peut pas comprendre de
juges qui ont déjà eu à statuer dans la chambre de 7 juges à l’exception du président et du juge
ayant siégé au titre de l’Etat parti au litige (art 27).

§ 2 : Les décisions de la cour européenne des droits de l’Homme


A) Les différents types de décisions
Lorsqu’elle statue sur le fond, elle va rendre des arrêts. Lorsqu’elle statue sur la recevabilité
elle rend une décision.
Elle rend aussi des avis et le mécanisme de la saisine pour avis a été consacré par le protocole
N° 16 entrée en vigueur le 1e août 2018 après sa ratification par la France (loi du 3 avril
2018). Il prévoit la possibilité pour les plus hautes juridictions nationales (cour de Cassation,
Conseil d'Etat, Conseil Constitutionnel) d’adresser des demandes d’avis consultatifs sur des
questions de principe relatives à l’interprétations ou à l’application des droits fondamentaux.
Cette demande d’avis est facultative, c’est une possibilité et non une obligation ; elle est
formulée au cours de l’examen des affaires. L’avis qui est donné ne lie pas le juge qui a posé
la question. C’est un avis non contraignant. En pratique la juridiction qui sursoit à statuer se
conforme en général à l’avis donné. Les juridictions notamment la cour de Cassation qui a été
la première formulent ces demandes d’avis.
Exemple : la question de la filiation pour les enfants nés d’une GPA à l’étranger en 2019.
Un collège de 5 juges de la grande chambre va se prononcer sur la demande d’avis et si ce
collège accepte cette demande alors c’est la grande chambre elle-même qui rendra un avis
consultatif motivé.

B) La portée des décisions


Les arrêts de la cour doivent être motivés même s’il existe une particularité qui tient au fait
que les juges en désaccord avec la solution donnée peuvent exprimer leur désaccord en
formulant des opinions dicidentes qui vont être annexés à l’arrêt.
Qu’elle est la portée de la décision ?
Une fois que l’arrêt est devenu définitif (aucun réexamen n’a été demandé), il a une autorité
de chose jugée. Puisque l’art 46 de la convention EDH explique que les hautes parties
contractantes (Etats) s’engagent à se conformer aux décisions de la cour dans les litiges
auxquels elles sont parties. Autrement dit l’Etat condamné est tenu de prendre les mesures
nécessaires pour mettre fin à la violation constatée pour en faire disparaître les conséquences.
Mais ces arrêts ne sont pas de force exécutoire à l’égard des Etats, la cour ne peut pas
directement invalider l’acte à l’origine de la violation constatée, elle ne peut pas non plus dire

110
à l’Etat en cause quelle mesure précise l’Etat doit mettre en place car sinon elle méconnaitrait
la subsidiarité. Il choisit librement les mesures pour mettre fin à la violation constatée, si ces
mesures ne sont pas suffisantes la cour a la possibilité d’accorder à la victime une satisfaction
équitable dont me montant peut-être élevé et dont le principe est prévu à l’art 41. C’est le
conseil des ministres qui est chargé de vérifier que les Etats exécutent bien les arrêts de la
cour.
Les Etats ont également mis en place des voies de recours internes qui peuvent être exercées
après une condamnation de la cour européenne. Ce réexamen existe en matière civile et
pénale.
Le réexamen en France a d’abord été instauré en matière pénale par la loi du 15 juin 2000 ;
c’est une voie de recours qui peut être exercée au profit d’une personne qui a été reconnu
définitivement coupable d’une infraction en violation de la convention EDH, la violation
constatée doit être telle que dans ce cas on considère que l’octroi d’une satisfaction équitable
ne suffit pas à effacer les conséquences dommageables subis par le requérant. Il peut formulé
un recours examiné par une cour et il y aura un nouveau procès (art 622-1 et suivant du code
de procédure pénale).
Ce réexamen a récemment été consacré en matière civile et plus précisément en matière
d’Etat des personnes par la loi du 18 novembre 2016 (L-4453-1 et suivant ) si la cour
européenne considère qu’une décision civile qui a été rendu en matière d’état des personnes
viole la convention et que cette violation entraine des conséquences dommageables
auxquelles la satisfaction équitable ne suffit pas à mettre un terme alors le réexamen de la
décision peut être demandé dans le délai d’un an et comme en matière pénale la demande est
examiné par une cour de réexamen composé aussi de magistrats de la cour de Cassation et elle
dispose du pouvoir d’annuler la décision interne qui a fait l’objet et l’on renvoi le requérant
devant une juridiction de même degré.
Les arrêts rendus par la cour européenne exercent une influence indirecte sur le droit des Etats
puisque l’AP de la cour de Cassation a reconnu aux arrêts de la cour européenne une autorité
interprétative (arrêt de 2011 « les Etats adhérents à la convention EDH sont tenus de respecter
les décisions de la cour européenne des droits de l’homme sans attendre d’être attaqué devant
elle ni d’avoir modifié leur législation »). La cour de Cassation admet que les juridictions
françaises doivent se conformer aux textes de la convention et de son interprétation de la cour
européenne des droits de l’Homme et même si cette décision ne met pas en cause la France.

SECTION II : Les juridictions de l’UE


La communauté des six Etats pionniers s’est élargie au fur et à mesure ; aujourd'hui 27 Etats
membres. Les Etats acceptent d’abandonner une partie de leur souveraineté au profit
d’institutions et notamment le pouvoir d’édicter des normes. Ce droit de l’UE est intégré au
droit national, il est d’application directe et prime sur les normes nationales.
Pour veiller au respect de l’ordre juridique, une juridiction européenne a été mise en place dès
1952 (CJCE) et depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne elle se nomme CJUE. Il
existe aussi une autre juridiction qui est le tribunal de l’UE. Ces juridictions forment le
pouvoir judiciaire au sien de l’UE. Peuvent accéder à ces juridictions les Etats membres mais
aussi les personnes morales ou physiques. Les décisions rendues ont l’autorité de la chose
jugée et la force exécutoire sur le territoire des Etats membres de l’UE.

111
§ 1 : La CJUE
A) Sa composition
La CJUE est composée d’un juge par Etat membre (27) et elle comporte également 8 avocats
généraux dont le rôle est défini par l’art 252 du traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE)
-> présenter publiquement en toute impartialité et en toute indépendance des conclusions
motivées sur les affaires qui requiert leur intervention. Ils exercent une forme de ministère
public à la différence qu’ils ne sont pas placés dans un état hiérarchique.
Ces juges et avocats généraux sont désignés d’un commun accord par les Etats membres ; les
personnalités doivent garantir une indépendance et on exige qu’ils réunissent les conditions
nécessaires pour l’exercice des plus hautes fonctions juridictionnelles ou être des
jurisconsultes possédant des compétences notoires (art 252 du TFUE) ; la durée du mandat est
de 6 ans renouvelable. La cour se renouvèle par moitié tous les 3 ans.
Les membres bénéficient de privilèges et immunités pour que l’indépendance soient
garanties ; ils ne peuvent exercer aucune fonction publique ou administrative ni aucune
activité professionnelle.
Ils ne peuvent être relevés de leur fonction si au jugement des autres membres ils ont cessé de
répondre aux conditions requises.
Le président est désigné par les juges eux-mêmes pour un mandat de 3 an renouvelable, il est
responsable du bon fonctionnement de la cour ; il préside les audiences et délibérations.
La cour peut siéger en différentes formations : en chambre de 3 ou de 5 tantôts dans une
grande chambre de 13 juges et tantôt en AP pour les affaires les plus complexes. Les
décisions sont prises à la majorité des voix et on ne peut faire état d’opinion dissidente.
B) Ses fonctions
Chaque juge nationale est juge du droit de l’UE ; le risque est que les différents juges ne sont
des interprétations très différentes selon les pays. La fonction principale de al CJUE est pour
éviter les interprétations divergentes, un rôle de régulation du droit de l’UE, elle est
l’interprète suprême du droit de l’UE.
Première compétence :
L’hypo du renvoi préjudiciel. Ce renvoi c’est une technique prévue par l’art 267 du TFUE
« toute juridiction d’un pays membre de l’U peut saisir la cour de justice à tout moment du
procès ». Ce sont les juges qui font le renvoi et non les parties. Si pour trancher un litige ils
ont besoin de se trancher sur l’interprétation ou de validité d’un texte européen, il doit
renvoyer la question préjudicielle à la CJUE, il va surseoir à statuer sur le litige en attendant
la réponse de la cour de justice. La cour va statuer sur la question de droit mais sans trancher
le litige, c’est la juridiction nationale qui a saisi la cour qui devra tirer les conséquences pour
trancher le litige.
Cette réponse s’impose à la juridiction nationale avec l’autorité de chose jugée ; elle s’impose
aussi à toutes les juridictions de l’UE qui seraient saisi d’un même problème.
Deuxième compétence :

112
Statuer sur les recours en manquement. C’est un recours engagé par la commission
européenne ou par un Etat membre pour contrôler le respect par les Etats membres des
obligations qui leur incombent en vertu du droit de l’Union. Si elle constate le manquement,
l’Etat sera tenu d’y mettre fin sans délai ; si l’Etat ne s’exécute pas, il pourra être condamné
financièrement ou condamné à des astreintes.
Troisième compétence :
Le recours en carence. C’est une autre compétence, c’est un recours qui permet de contrôler la
légalité de l’inaction des institutions de l’UE, d’un organe ou des institutions des organismes
de l’UE ; elle connait de ce recours lorsqu’il est formé par un Etat membre ou par une
institution.
Quatrième compétence :
Statuer sur des recours en annulation. Consiste à solliciter l’annulation d’un acte d’une
institution, d’un organe ou d’un organisme de l’UE. Elle apprécie la validité d’un acte qui
émane d’une institution européenne. La connaissance de ce recours est réservée à la cour de
justice lorsqu’elle est saisie par un Etat membre ou une institution de l’UE.
Cinquième compétence :
La cour de justice peut aussi jouer un rôle de juridiction d’appel. Elle peut être saisie d’un
pourvoi formé contre des arrêts rendus par le Tribunal de l’UE. Elle ne peut être saisie que
des questions de droit. Elle pourra annuler la décision et renvoyer l’affaire pour qu’il la juge à
nouveau soit trancher elle-même le litige si elle estime que l’affaire est en l’état d’être jugée.

§ 2 : Le tribunal de l’UE


A) Sa composition
C’est une juridiction crée pour décharger la cour de justice de l’UE toujours en raison d’une
augmentation du contentieux. Créé en 1998 (appelé le Tribunal de première instance des
communautés), depuis le traité de Lisbonne c’est Le Tribunal.
Il siège à Luxembourg et exerce des attributions qui étaient initialement dévolu à al cour de
justice. Ses décisions peuvent également être portée devant la cour de justice au moyen d’un
pourvoi, son activité est étroitement contrôlée par la cour. C’est une véritable juridiction
composée de juges élus pour un mandat de 6 ans renouvelables ; ils sont élus parmi des
personnes qui offrent toutes les garanties d’indépendance et ont les capacités nécessaires pour
exercer de telles fonctions. Ces juges sont renouvelés par moitié tous les trois ans et le
président est désigné par les juges pour une durée de 3 ans renouvelable.
Les membres ont les mêmes privilèges et immunités que les membres de la CJUE, sont
soumis aux mêmes indomptabilités.
Une différence s’agissant du ministère public : un avocat général désigné pour chaque affaire
parmi les juges du tribunal.
B) Ses attributions

113
Compétence limitativement énumérée par l’art 225 du TFUE et ce Tribunal contrôle
notamment la légalité des actes du conseil européen et statue sur les litiges entre l’UE et ses
agents et aux contrats passés par les organes de l’UE.

Jusqu’en 2016 il y avait une 3e juridiction : Le tribunal de la fonction publique ; la possibilité


de créer des tribunaux est reconnu aux institutions de l’UE. Il avait pour compétence les
litiges entre l’UE et ses agents mais il a été supprimé et maintenant se litiges relèvent de la
compétence du tribunal.

Chapitre 2. – Les juridictions internationales


SECTION I : Les juridictions relevant de l’ONU
Il en existe de nombreuse, on va présenter les deux qui ont un caractère permanent.

§ 1 : La cour internationale de justice (CIJ)


Elle siège à la Haye et a pour mission essentielle de se prononcer sur les différends de nature
juridique qui peuvent surgir entre des puissances étrangères, par exemple relatif à la
délimitation des frontières, la délimitation des eaux territoriales. Idée est d’éviter une guerre et
de confier ces différends à une juridiction qui tranchera en droit de façon impartiale.
L’idée de cette cour a pris naissance au lendemain de la WW2, dès 1922 ont avait créé une
juridiction internationale (cour permanente de justice internationale) mais elle va être
remplacé par la CIJ.
C’est l’organe judiciaire principale des nations unies ; c’est ainsi que la qualifie en son art 92
la Chartre de L’ONU. Ts les Etats membres de l’ONU sont automatiquement partie à cette
cour.
A) Sa composition
Quinze membres qui sont élus par l’assemblée générale et par le conseil de sécurité de l’Onu
sur des listes qui sont présentés pour chacun des pays par des personnalités indépendantes.
Cette cour ne peut pas comprendre plus d’un membre ressortissant du même Etat. Le choix
des juges doit être dicté par le souci d’assurer les grands fromes de civilisation et les
principaux systèmes juridiques du monde (art 9 du statut de la cour).
Les juges ont un mandat renouvelable de 9 ans et la cour est renouvelé par tiers tous les deux
ans. Les président et vice sont élus par la cour elle-même pour une durée de trois ans. Pour
assurer l’indépendance des juges, ils sont inamovibles et bénéficient de privilèges et
d’immunité diplomatique.
B) Ses attributions
La CIJ a pour mission de régler conformément au droit international les différends qui lui sont
soumis (art 38 de son statut). Elle doit donner à ces différends une solution en faisant
application des conventions, coutumes, principes généraux du droit qui sont reconnus par les

114
nations civilisées et peut même statuer si les Etats sont d’accord par référence à l’équité. C’est
une véritable juridiction qui rend des arrêts, elle a une fonction contentieuse et aussi des
attributions consultatives. L’Assemblée générale ou le conseil de sécurité des Nations Unis
peuvent lui demander un avis consultatif sur toute question juridique.
Elle a une dimension politique marquée, elle ne peut être saisie que par des Etats ou l’ONU.
Sa compétence doit avoir été accepté par l’Etat en cause. Ses arrêts ont une portée limitée
parce que cette cour de justice dispose de moyens de contraintes qui sont insuffisants dans les
cas où l’Etat n’exécuterait pas lui-même sa condamnation. S’il ne s’exécute pas il faut faire
appel au conseil de sécurité de l’ONU qui va pouvoir faire des recommandations (ex : prendre
des embargos).

§ 2 : La cour pénale internationale (CPI)


Des juridictions pénales internationales ont pu être créées de façon ponctuelle pou réparer des
crimes commis à l’occasion de conflits spécifiques ; ces crimes ont été perpétré au long du
XXe, ce sont des crimes collectifs souvent réalisés avec la complicité des dirigeants de
certains Etats. Ce sont des crimes de guerre, contre l’humanité ou génocide.
Ces juridictions adoques ont une compétence localisée (pour tel ou tel crime) et un caractère
temporaire. Ex : au lendemain de la WWW2 ont a institué le tribunal de Nuremberg qui est un
tribunal pénal internationale composé de juges.
Par la suite l’ONU a créé par exemple un tribunal pour le Rouanda ou la Yougoslavie.
Pour aller plus loin on a institué la cour pénale internationale qui est permanente ; décidée par
une conférence diplomatique organisée par les nations Unies à Rome (1998).
La compétence de cette juridiction s’étend à la répression des crimes de guerre, des crimes de
génocide et des crimes contre l’humanité. C’est la première juridiction pénale qui présente un
caractère permanent. Le principe a été décidé en 1998 mais elle n’exerce sa compétence que
depuis le 1e juillet 2002.
Son siège est à la Haye ; une loi française du 26 février 2002 qui est à l’origine de plusieurs
codifications de règles au code de procédure pénales qui concernent la coopération avec cette
cour pénale et l’exécution en France des peines prononcées.
Sa composition
Il faut une représentation des Nations et des hommes et femmes.
Un procureur est chargé d’engager des poursuites lui est élu pour 9 ans par les Etats parti à la
convention de Rome.
Elle est compétente pour juger des individus et non pour connaître des différends qui
opposeraient des Etats. Elle exerce sa compétence sur les Etats parties à la convention de
Rome. Elle est subsidiaire car elle ne peut exercer ses pouvoirs que si les Etats nationaux se
manifestent pas eux même la volonté de poursuivre les responsables ou sont dans l’incapacité
de le faire. Elle traduit une nouvelle vision du droit pénale comme ne relevant plus du
domaine exclusif de chaque Etat. Certains pays ont refusé d’être soumis à cette juridictions
(les US, la Chine, Israël, Russie). Elle est parfois sous le feu des critiques, on lui reproche son
caractère politique et on peut aussi dire que les crimes qui relèvent de sa compétence ne sont

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pas faciles à définir. Qu’est-ce qu’un génocide ? Extermination délibérée et systématique de
l’ensemble des individus qui constituent une nation. Ex : le génocide des Tutsis au Rouanda
en 1994 qui a donné lieu à la création d’un tribunal.
Les crimes contre l’humanité sont plus larges ; crimes qui sont réprouvés par la conscience
universelle non seulement en eux-mêmes mais aussi parce qu’ils sont inspirés par des motifs
politiques philos ou religieux et organisés en l’exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un
gp de population civile.
Le crime de guerre est la même chose mais commis en temps de guerre.

SECTION II : Les juridictions extérieures à l’ONU


On peut en citer trois.
§ 1 : L’Organe de règlement des différends
Il émane de l’OMC et sa finalité est de trancher le contentieux commercial entre les Etats
membres de l’OMC. Cet organe a été mis en place en 1995 (traité de Marrakech) et il
fonctionne de façon spécifique ; une consultation est obligatoire et puis si elle ne débouche
pas, les parties en litige vont s’accorder sur la désignation de trois membres de l’OMC qui
vont être chargé de présenter des conclusions sur le différend. Cette conclusion s’impose aux
parties mais elles pourront toujours faire appel ; l’Organe d’Appel est composé de 7 membres.
Si les conclusions ne sont pas mises en œuvre dans un délai raisonnable, le plaignant pourra
faire exercer des mesures de rétorsions commerciales.
§ 2 : La cour africaine des droits de l’Homme
Elle assure le respect de la Chartre africaine des droits de l’homme depuis le 25 janvier 2005 ;
elle peut être saisie par les Etats membres mais aussi par des requérants non étatiques comme
des individus ou ONG. Mais elles sont subordonnées au fait que les Etats signent une
déclaration qui accepte les requêtes individuelles.
Elle peut prendre toutes les mesures appropriées et les Etats s’engagent à exécuter les arrêts
sous le contrôle du conseil des ministres de la convention.
Comprend 11 juges élus par les chefs d’états en veillant à ce que la représentation des
systèmes juridiques soit équitable.
§ 3 : La cour inter américaine des droits de l’homme
Cette cour a été établi en 1979 pour interpréter et appliquer la convention américaine relative
aux droits de l’homme adoptée dans le cadre de l’Organisation des états Américains.
Exerce des fonctions d’arbitrage et de conseil. Arbitrage dans les affaires qui lui sont soumis
par les Etats partis à la convention et des fonctions de conseil, elle se prononce sur des
questions d’interprétation juridique des Etats membres.
Composé de 7 juge élus pour 6 ans par l’Assemblée générale de l’Oragnisation.

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Ellea.ripoche@u-paris2.fr

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