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CHAP 1: Quels sont les sources et les défis

de la croissance économique ?

D'où vient la croissance économique ?

[DEF]: la croissance économique correspond à une augmentation des richesses


produites sur un territoire. Elle est mesurée sur la variation du PIB. Les économistes
s’interrogent sur l’origine de cette croissance économique.

1.A) De la croissance extensive.

Une première source de la croissance économique est l’accumulation des facteurs de


production:
● Travail (volume de la population active; durée du travail)
→ varie en fonction de critères démographiques (naissances, immigrations) et en termes de

qualité: productivité plus ou moins importante, en fonction de l'expérience et des diplômes

des travailleurs.
● Capital
○ Capital physique
○ Capital humain
○ Capital immateriel
→ quantité de capital dépend des décisions d’investissement. Ces investissements agissent à

court terme (demande de bien et de production) et à long terme (augmentation des

possibilités d’offre de bien et de services grâce à un accroissement des capacités productives)


[RÉFÉRENCE] Ces deux facteurs de production ont été formalisés par Adam Smith
(économiste ecossais). Pour ce dernier, le facteur de production majeur est le travail, le capital
n’est qu’un dérivé de ce dernier. Ces facteurs ne sont cependant pas unanimes dans les analyses
de la croissance économique: John Maynard Keynes soutient que le travail est le seul facteur de
production:

« la technique, les ressources naturelles, l'équipement et la demande effective constituent


le milieu déterminé où ce facteur opère »

1.B) A la croissance intensive.

[CONTEXTE] La croissance extensive n’explique pas l’ensemble de la croissance


économique. L’accumulation des facteurs de production est en effet soumis à une loi des
rendements décroissants, ce qui entraîne une croissance économique de moins en moins
forte. Ceci ne se vérifie pourtant pas. Il y a donc bien une autre source de croissance
économique.

[DEF ET RÉFÉRENCE] La loi des rendements décroissants énonce le principe selon


lequel le rendement marginal (ou productivité marginale) obtenu par l'utilisation d'un facteur de
production supplémentaire (le capital ou le travail) diminue, toutes choses égales par ailleurs.
Cette loi a d’abord été énoncée dans les travaux de Turgot et David Ricardo, au 18e siecle.

Il s’agit du progrès technique:


● Sens strict du terme:
○ innovations de produit et aux innovations de procédé, que l'on trouve au
niveau microéconomique
● Sens large du terme:
○ augmentation de la productivité globale des facteurs
→ correspond à une hausse de l'efficacité de la combinaison productive pour une quantité de

facteurs de production inchangée.

→ progrès technique à l'origine des gains de productivité qui génèrent de la croissance

économique.

1.C) Le progrès technique: endogène ou exogène ?

[CONTEXTE] L’introduction du progrès technique se traduit par des gains de


production des facteurs de croissance. Les premières analyses des moteurs de la croissance,
notamment celle de Solow en 1956, ont expliqué la croissance par des facteurs exogènes c’est-à-
dire l’accroissement de la population active et celui du capital. A partir d’une fonction Cobb-
Douglas, on a dégagé un résidu non expliqué, la productivité globale des facteurs, révélant le
rôle du progrès technique. Mais ce même progrès technique semblait « tomber du ciel » ;
l’économiste ne l’expliquait pas. Il semblait lié à des évolutions scientifiques complètement
extérieures à la sphère économique, ce qui lui donne un caractère exogène.

Le caractère endogène du progrès technique:

● Volontairement obtenu au travers d’investissements


○ Selon des théoriciens de la croissance économique, l' investissement dans
différents capitaux (physique, technologique, humain et public) entraîne
une croissance économique auto-entretenue.
■ Investissements → progrès technique + externalités positives →

croissance économique → moyens d’investir à nouveau

[REFERENCE] L'idée d’une croissance auto-entretenue est développée dès 1980 par les
économistes américains Paul Romer et Robert Lucas.

« Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-
demain » – Helmut SCHMIDT, ex-chancelier allemand (1974)
[DEF EXTERNALITÉ]: conséquence non voulue d’une action (économique) et qui ne
passe pas par le marché. Ainsi l'émetteur d'externalités positives n’est pas récompensé et
l'émetteur d'externalités négatives pas puni.

Comment les innovations favorisent-elles la croissance


économique ?

[DEF]: L'innovation est l'application réussie d'une invention dans le domaine


économique et commercial. Mise en œuvre au sein de l'entreprise, elle se situe en aval de
l'invention (qui est souvent le résultat d'une découverte scientifique).
2.A) Les innovations sont au cœur du processus de croissance
économique.

Selon Joseph schumpeter, il y a 5 formes d’innovation:

1. Innovations des produits


2. Innovations des procedes
3. Innovation des matières premières
4. Innovation des débouchés
5. Innovation des modes de production

→ a l’origine des innovations il y a des investissements de recherche et développement qui


débouchent sur des inventions. Les innovations jouent sur les deux moteurs de la croissance
économique:

● La demande par le biais des innovations de produit


● L’offre par le biais des innovations de procédés qui se traduisent par des gains de
productivité

[DEF INVENTION]: nouveauté qui se trouve encore dans le champ scientifique


(prototype)

[REFERENCES]: « L’économie n’a démarré que lorsque le progrès technique s’est introduit
dans l’agriculture et l’industrie » – ROSTOW

« On peut voir les ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité. » – SOLOW
(article du New York Times, 1987)

«l’innovation met et maintient en mouvement la machine capitaliste. » - SCHUMPETER


2.B) le rôle des institutions.

[DEF INSTITUTION]: ensemble des règles du jeu, qui encadrent l'activité


économique. Les contraintes peuvent être formelles (loi, justice, etc) et informelles (culture,
religion). Organisations chargées de les faire respecter. On parlera alors de capital
institutionnel pour évoquer l’ensemble des règles mises en place par les institutions afin
d'améliorer la production et permettre aux agents économiques de fonctionner dans les
meilleures conditions possibles

[CONTEXTE] Les investissements qui conduisent au progrès technique coûtent


chers et ne sont pas toujours couronnés de succès. D’autant que le rendement des
investissements est faible: ils rapportent bien plus à la société qu'à l'entreprise qui les a mis en
place. On retrouve l'idée d'externalité positive.

⇒ nécessité d’institutions pour inciter les agents économiques à investir en vue d’obtenir des
innovations:
● L'État joue un rôle majeur dans cette incitation, en garantissant notamment le respect du
droit de propriété des nouvelles idées: le brevet.
○ Le brevet permet aux innovateurs de rentabiliser leurs investissements par le
biais d’un monopole temporaire durant lequel ils peuvent fixer des prix élevés.
○ Sans les brevets, les innovations seraient immédiatement copiées, ce qui rendrait
inutile la recherche d’innovations (et réduirait ainsi le progrès technique)
● En addition, les institutions permettent de:
○ Réduire les coûts de transaction liés à l'échange, réduire les risques inhérents
à l'échange et stabiliser les relations. Les institutions sont là pour faciliter les
comportements coopératifs et l'échange et réduire les coûts de transaction.

[RÉFÉRENCE]: « Une organisation économique efficiente est la clé de la croissance » –


Douglass NORTH (The Rise of the Western World, 1973)

2.C) La dynamique schumpeterienne: la destruction créatrice.

[CONTEXTE]: Selon Schumpeter, les innovations n’apparaissent pas seules; elles


forment des grappes qui sont constituées d’innovations majeures et d’innovations
complémentaires. Ces grappes d’innovations sont à l'origine d’une phase d’expansion
économique, mais dans le temps, rendent obsolètes les innovations précédentes.

Remarque: Toutes les innovations ne remplacent pas et ne détruisent pas (ou pas totalement)
et de manière systématique les activités dans lesquelles elles se produisent. Il existe ainsi des
secteurs commerciaux dont la vie innovative n'est pas, ou peu, le modèle de Schumpeter. De
plus, certaines innovations peuvent engendrer des investissements permettant d’ajouter et
enrichir leurs secteurs respectifs.
● L’invention du vélo en 1890 n’a rien détruit du tout.
● De même pour l’apparition de la moto (1894) n’a pas engendré la disparition de la
voiture, mais a créé un nouveau marché de transport.
● L’A380 a induit des investissements conséquents dans les aéroports afin de pouvoir
accueillir ces avions de très large capacité sans pour autant engendrer une destruction
créatrice dans le secteur aéronautique.

[REFERENCE]: « L’impulsion fondamentale qui enclenche la machine capitaliste et la


garde en mouvement vient des nouveaux consommateurs, des nouvelles marchandises, des
nouvelles méthodes de production et de transport, des nouveaux marchés et des nouvelles formes
d’organisation industrielle que crée l’entreprise capitaliste » - Joseph SCHUMPETER

Quels sont les défis de la croissance économique?

3.A) Le progrès technique engendre des inégalités de revenu.

[CONTEXTE]: dans le cadre du processus de destruction créatrice, les innovations


créent toujours des gagnants et des perdants.

Gagnants:

● Innovateurs disposant de rentes conséquentes


● Travailleurs qualifiés très demandés (ex: les ingénieurs informaticiens, les ingénieurs
nucléaires, etc)
○ Les rémunérations de ces derniers croient fortement (aux Etats-Unis, la
qualification d'ingénieur informaticien est la plus rémunératrice)

[RÉFÉRENCE]: L’informatique fait partie des dix formations d’ingénieurs les mieux
rémunérées aux États-Unis, et pour cause. Selon le Bureau des statistiques du travail (BLS) du
ministère américain du travail, les ingénieurs en matériel informatique gagnaient un salaire
annuel moyen de 114 600 dollars en 2018. En outre, les données du BLS soulignent la
demande de développeurs de logiciels basés aux États-Unis, avec un taux de croissance prévu
de 24 % entre 2016 et 2026.

Perdants:
● Travailleurs intermédiaires (peu qualifiés)
○ Perte d’emploi → reconvertissent aux emplois de services peu rémunérés

→ augmentation forte des inégalités de revenu vers le haut (hausse des salaires des travailleurs
qualifiés) et vers le bas (baisse des salaires des travailleurs peu qualifiés)

[RÉFÉRENCE]: De même, les nouvelles technologies remplaçant les anciennes créent


généralement moins d’emplois ce qui posent des problèmes à long terme : la destruction
créatrice vient bien de l’innovation, des nouveaux produits mais elle laisse de moins en moins
de place aux salariés consommateurs. L’arrivée de l’informatique a créé de nouveaux emplois
tels que les programmeurs, les informaticiens mais l’informatisation a détruit au total beaucoup
plus d'emplois qu’elle en a créés.

3.B) Une croissance économique soutenable se heurte a des limites


écologiques.

[CONTEXTE]: la croissance économique peut entrer en contradiction avec la


sauvegarde de l’environnement ce qui en réduit la dynamique.

[REFERENCE + CONTEXTE]: L'économiste américain Simon Kuznets pensait que la


croissance économique contribuait à augmenter les inégalités sociales et les dégâts
écologiques dans un premier temps, mais qu'ensuite elle créait les conditions d'un progrès
social et environnemental continu. Un optimisme démenti par les faits depuis vingt ans, n'en
déplaise à ceux qui pensent, comme le président George Bush, qu'en matière d'environnement
" la croissance n'est pas le problème, c'est la solution ". Or, la possibilité d'une croissance
durable, respectueuse de l'environnement, issue d'autres choix de production, de consommation
et de techniques, est aujourd'hui contestée.
Notre activité économique est fondée sur un épuisement progressif de nos ressources:
1. L'épuisement des ressources affecte négativement la croissance économique
a. Economie basée sur une constante prelevation des ressources disponibles
b. Economie “jetable”, qui pose un problème éthique et écologique sur la non
réutilisation des ressources
[RÉFÉRENCE]: La raréfaction des ressources en eau et en énergie annonce déjà une
dégradation de l’environnement avec des conséquences non négligeables sur les économies
(envolée des prix, tensions politiques, guerres, etc.)
2. La possibilité d’un développement durable
a. Même si des premières alertes avaient été données avant, la notion de
développement durable apparaît pour la première fois en 1972 dans un rapport
publié par le Club de Rome : Halte à la croissance ? (The limits to growth, aussi
appelé rapport Meadows). Dans ce rapport, les experts théorisent la croissance
zéro et jettent les bases de l’économie politique. Le développement durable est
dès lors censé répondre à nos besoins tout en ménageant notre
environnement.

Le développement durable est-il un mythe écologique illusoire ou est-il une réalité


envisageable ?
1. Pour le moment, le DD est trop coûteux et reste inaccessible
a. Le développement durable a un coût et les technologies ne sont pas encore assez
avancées pour résoudre toutes les problématiques liées à celui-ci.

[RÉFÉRENCE]: Dans le domaine de l’énergie par exemple, même si des solutions existent
(éolien, solaire, énergie marémotrice), la production d’électricité reste plus chère qu’avec les
sources traditionnelles (énergies fossiles et nucléaire).

2. Les institutions travaillent-elles dans l’optique du DD ?


a. Les différentes conceptions de la soutenabilité n'accordent pas la même place
à la nature dans le système économique
i. Capital naturel décroissant → prix des biens plus élevés + raréfaction de

ces mêmes bien → baisse des profits → force les agents économiques à
économiser le capital naturel
ii. Économie de plus en plus tertiarisée → utilisation des ressources
naturelles moins forte
iii. Croissance économique → pays plus riche → capacite a investir dans la
préservation de la nature
iv. capital naturel détermine le bien-être de l’homme et devient un facteur
limitant de la croissance
b. Il existe déjà des instruments institutionnels et politique pour le DD: Les
politiques environnementales ont pour objectif de faire évoluer les
comportements des consommateurs mais aussi des producteurs.
i. Reglementation
ii. Taxation
iii. Système de permis échangeable
→ Ces trois instruments peuvent être classés en deux catégories : les instruments
réglementaires qui reposent sur la contrainte, l'objectif étant d'obliger les agents à changer
leur comportement par la réglementation et les instruments économiques (taxation, marché des
quotas d’émission) qui reposent sur l'incitation par un signal prix. L'objectif est ici de
modifier les comportements des agents en matière environnementale en internalisant les
externalités.

3.C) Que les innovations peuvent aider à faire reculer

Soutenabilité forte:
● Capital naturel doit être protégé et les innovations ne sauraient permettre d’atteindre ce
DD. Il serait donc nécessaire de revoir nos modes de vie et nos techniques de production.
Soutenabilité faible:
● Il serait possible de repousser les limites écologiques de la croissance économique grâce
aux innovations: la capital technologique peut substituer au capital naturel et réduire la
pollution. Des lors le progrès technique rendrait possible le DD

[REFERENCE]: « Le développement durable n'est ni une utopie ni même une contestation,


mais la condition de survie de l'économie de marché. » - Louis SCHWEITZER

« Le coût de la protection du milieu naturel est beaucoup plus faible que le coût de sa
reconstitution. La défense de la nature est rentable pour les nations. » - Philippe ST MARC

« Une société qui survit en créant des besoins artificiels pour produire efficacement des biens de
consommation inutiles ne paraît pas susceptible de répondre à long terme aux défis posés par la
dégradation de notre environnement. » - Pierre JOLIOT-CURIE

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