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Charles-Albert Michalet
Qu'est ce que la mondialisation?

Chapitre 1: Une nouvelle approche de la mondialisation

L'analyse faite par l'auteur se fonde sur la complexité et les transformations de la mondialisation.
Nous devons l'analyser sous ses différentes dimensions que sont les échanges de biens et de
services, la mobilité de la production de biens et services et la circulation des capitaux financiers.

Une problématique oubliée : la mondialisation nécessaire

Braudel a montré que l'économie-monde existait avant les Etats-nations, ce que les économistes
tendent à inverser dans leur théorie. Selon eux les Etats nations avaient tendance à vouloir
favoriser leur peuple et donc de nuire aux échanges.

Smith défend le principe de division du travail, qui peut être étendu à la DIS, où chaque pays se
spécialise dans une production spécifique.

Ricardo lui prolonge cette théorie et montre que l'ouverture de l'économie est vitale, non
seulement pour augmenter la productivité, mais pour accumuler du capital:Investissement
productif donc croissance. (exemple de la lutte contre les corn law).

Cette théorie est reprise dans la théorie marxiste de l'impérialisme que Marx montre dans le
Capital comme la seule façon de lutter contre la baisse tendancielle du taux de profit.

Rosa Luxembourg ajoute que cela permet d'éviter les crises de surproduction. Quant à Lénine, il
voit les investissements à l'étranger comme l'unique solution permettant d'éponger le surplus de
profits.

Malgré leurs appartenances à des courants différents, ces théories présentent quelques idées
communes :la mondialisation ne s'arrête pas aux échanges de biens et services et l'ouverture des
économies est réellement indispensable à la croissance des économies capitalistes.
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Une approche nouvelle:

● La mondialisation est un phénomène multidimensionnel


Les échanges de biens et services sont comptabilisés dans les flux d'exportations et d'importations.
La dimension productive repose sur les investissements directs à l'étranger (IDE) dont les
investissements financiers (investissement de Porte-feuil) se différencient car leur objectif premier
est la rentabilité et non la volonté d'acquérir du pouvoir dans la firme.

● Les dimensions de la mondialisation sont interdépendantes


L'auteur traite de l’importance de l’interdépendance des différentes dimensions: ce n'est pas une
simple addition de dimensions. Contrairement à la théorie de Mundell,on ne peut pas les
substituer entre elles. La politique économique ou la gestion d'une firme revient à organiser ses
dimensions pour augmenter la compétitivité. Cette interdépendance peut être considérée comme
une menace ( Sachant que la contrepartie de la dimension financière est la volatilité, le fait de
cette interdépendance peut entraîner de graves crises économiques.)

La régulation de la mondialisation:

Régulation : terme scientifique. Néologisme anglais=réglementation d'où l'école de la régulation.


Il existe différentes régulations de la mondialisation dépendantes des périodes et de leur logique
économique dominante. Il y a deux analyses, l'une statique et l'autre dynamique.

La logique dominante d'une configuration est le produit de la hiérarchie des 3 dimensions. On


compte alors trois critères: le taux de croissance de chaque dimension; la rentabilité des
investissements dans la dimension dominante et la rationalité économique des opérateurs de la
dimension dominante.

Suite à cette analyse, On constate trois configurations


la configuration internationale, celle multinationale et la globale.

● La configuration inter-nationale
L'échange de biens et services prédomine. Sa logique est basée sur la spécialisation internationale.
Les différenciations de productivité sectorielle organisent l'économie mondiale. La figure principale
est l'Etat-nation ( acteur économique et territoire.)
● La configuration multi-nationale
La dimension dominante est la mobilité de la production : Importance des IDE dans une logique de
compétitivité. (forte concurrence oligopolistique entre les acteurs principaux : les firmes).
Les frontières entre États sont effacées par les FMN et l'État-nation perd de sa pertinence.
● La configuration globale
Domination de la dimension financière. La logique est celle de la rentabilité financière mesurée par
le return on equity. Les acteurs principaux sont les institutions financières privées. L'État est réduit
à sa plus simple utilité : la consistance du territoire national et l'autorité sur celui-ci.
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Chapitre 2 : La configuration internationale


Cette configuration dure depuis le milieu des années 60.

La spécialisation internationale comme principe de régulation:

Productivité et échanges
Les classiques privilégient les différences de productivité, mesurées par le temps de travail
nécessaire. Les échanges conduisent à une meilleure production qu'en économie fermée
(Condamnation du protectionnisme). Ricardo: Exemple du vin et des draps. Pour Ricardo, les
échanges sont intersectoriels: les échanges sont faits à la valeur d'usage. La théorie ne prend pas
en compte la thésaurisation. Heckscher et Ohlin ont amélioré cette théorie des avantages
comparatifs. Selon eux, la différence des coûts de production des pays dépend de la dotation
factorielle des pays en travail, terre et capital. Ils créent un "théorème" : tout pays à intérêt à se
spécialiser dans la production de qui utilisent le plus intensément le facteur abondant. Samuelson
ajoutera que le libre échange doit conduire à l'égalisation des facteurs à l'échelle internationale
(d'où théorème H-O-S)

L'interdépendance des dimensions


Pour l’interdépendance entre IDE, échanges et mouvement de capitaux, il faut discerner les
rapports coloniaux et ceux des métropoles. Dans le sens Nord-Nord, on créer des filiales pour la
distribution. La production reste sur le territoire national. Avec les colonies, il y a de forts IDE, qui
sont en fait là pour permettre la mise en valeur des matières premières. ( Ce n'est guère une
délocalisation). Dans le commerce coloniale, la spécialisation ne se fait pas par la dotation
factorielle ex-ante, mais selon les besoins métropolitains. La logique entre les PMA et PDEM
aujourd'hui se calque la dessus.

Acteurs et territoires
L'acteur central est l'État-nation. L'économie mondiale est l'addition des économies nationales
reliées par les échanges de biens et services.

Le paradigme introuvable:

La configuration internationale repose sur 3 principes:


1/l'Etat-nation comme référence exclusive à la spécialisation
2/l'immobilité des facteurs de production
3l/l'impératif de libre-échange, condition d'une allocation optimale des facteurs
Aucun paradigme ne permet de réunir ces principes. On a donc proposé des nouveautés.
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Les rénovations théoriques

● L'introduction du facteur technologique:


On introduit le facteur technologique des la théorie HOS, donc les FMN dans le modèle : la
dotation en facteur n'est plus immuable donc les avantages comparatifs des pays changent. Cela
ouvre une spécialisation (gap technologique), et d'autre part cela permet d'augmenter la
productivité des autres facteurs, ce qui revient à en changer la quantité. Cela permet de résoudre
le paradoxe de Leontief qui ne comprenait pas pourquoi les ouvriers américains étaient si
productifs.

● Le cycle international du produit :

R. Vernon part du cycle de vie des produits :


- 1ère phase : le lancement du produit par une innovation technique, avec des ventes qui
démarrent lentement et une production encore perfectible. Le succès du produit entraîne
une demande plus forte, les exportations aussi sont plus fortes et il y a quasi-monopole. La
production devient plus efficace, des économies d'échelle apparaissent. Il y a de gros
profits. Le nombre de producteurs va augmenter, attirés par le profit, puis les ventes vont
ralentir, car on approche le seuil de saturation.
- 2ème phase : la maturité : elle est atteinte quand l'offre et la demande atteignent un
plafond.
- 3ème phase : la sénescence : la situation fait que la concurrence est basée sur la
compétitivité-prix et non plus sur une compétitivité structurelle ou hors prix. Les firmes
doivent baisser leurs marges et sont moins rentables.

Il montre que la sénescence dans un pays ne veut pas dire que le produit est mort, mais il peut y
avoir délocalisation de la production : le cycle de vie devient international. Lorsque l'avantage
technologique n'est plus suffisant pour rester sur le territoire et exporter, on décide de baisser les
coûts en délocalisant, ce qui entraîne des IDE et la création des FMN.

La "nouvelle" théorie de l'économie internationale

P. Krugman et E. Helpman montrent ,dans les années 80, que les échanges échappent à la stricte
spécialisation : les 2/3 des échanges sont entre les pays industrialisés (constitués de produits
similaires). L'explication de ce phénomène tient dans l'existence de marchés imparfaits et dans le
jeu des économies d'échelle. Les marchés monopolistiques sont privilégiés par la "nouvelle"
théorie : différenciation entre les produits par le marketing et la technologie. Ajouté à cela le fait
que l'on abandonne l'idée des rendements constants : il montre que la productivité croît avec
l'augmentation des quantités produites. Il existe dans la production de la plupart des biens des
économies d'échelle. Les deux sont liés : le monopole permet aux économies d'échelle de se faire
sentir plus vite. Selon eux,la spécialisation n'est pas prédéterminée par la dotation factorielle,
même en comprenant la technologie, et que les échanges de produits similaires peuvent être
expliqués. Les échanges "ricardiens" (drap/vin) seraient ceux nord/sud (Verticaux ) et les échanges
intra-industriels seraient ceux nord/nord (Horizontaux). Ceci est contraire avec l'HOS.
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Libre-échange contre protectionnisme


Les règles du jeu proposées par Ricardo n'ont pas été suivies.

Le mercantilisme
Le mercantilisme vise à créer un excédent commercial, pour gonfler les finances du Prince.
Exemple du Colbertisme industrialiste et étatiste : il vise à protéger et à aider la production
nationale à l'exportation. Le mercantilisme anglais et hollandais est commercial : il consiste à
ouvrir de nouveaux marchés pour soutenir la production. Le problème est que ce phénomène peut
s'annuler si tout le monde en fait de même.(jeu à somme nulle). Pour Ricardo, tout le monde est
gagnant.

Le protectionnisme éducateur
Elle est l'œuvre de F. List. Selon lui, il est préférable de d'abord protéger les industries naissantes,
les laisser se renforcer avant de les lancer dans le jeu libre échangiste,
Les PED vont l'appliquer. Il y a d'une part les anciennes colonies, et ceux dont l'indépendance est
plus ancienne (Amérique du Sud). Les premiers étaient spécialisés dans l'export de produits
primaires. Les termes de l'échange se détériorent car les prix des produits primaires n'augmentent
pas aussi vite que ceux des biens manufacturés qu'ils importent. Les seconds avaient développé
leurs industries et se sont confrontés à la crise de 29 et à la 2nde Guerre Mondiale. Ils ont pu ainsi
se développer sur les marchés internationaux ensuite. (Japon sous l'ère Meiji, dragons...)
Ce protectionnisme était temporaire.

La régulation intergouvernementale

Lors du consensus de Bretton-Woods, les participants voulaient favoriser le retour à des économies
de marché mais sans l'exclure de l'interventionnisme étatique. L'objectif du GATT est de libéraliser
les échanges dans des conditions de concurrence loyale. Ces accords induisent une série
d'obligations ( interdiction du dumping...), même si persistent de nombreuses dérogations (union
douanière, zone de libre échange...) en faveur des Etats.
Il va y avoir de nombreuses négociations commerciales multilatérales ou rounds dont le but est
d'abaisser les entraves aux échanges.
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Chapitre 3 : La configuration multinationale.

Prédominance des IDE et forte mobilité de certaines activités économiques hors de leur pays
d'origine.

L'impératif de compétitivité:

La poussée des IDE va entraîner la multiplication des FMN de toutes les origines nationales. Il y
avait surtout les firmes US et GB, puis à partir de 75, les firmes européennes, et de 80, les
japonaises. Puis celles des économies émergentes. La concurrence est exacerbée : il faut être le
plus compétitif, et augmenter sa part de marché mondial. Le marché devient oligopolistique ( petit
nombre d'offreurs ) Les multinationales sont la réponse (elles peuvent délocaliser la production et
ont des structures organisationnelles spécifiques )

Les stratégies de délocalisations:

● La stratégie de marché (market-seeking):

l'existence d'un marché non saturé important, avec une forte prévision de croissance et un fort
pouvoir d'achat (cash flow) mais des barrières tarifaires trop fortes. La délocalisation permet de
passer au-dessus des barrières ( risqué, coûteux et complexe.) Ce qui compte aussi, c'est une
intégration dans un groupe de libre-échange, car cela agrandit le nombre de pays auquel on a
accès par cette délocalisation (ex : UE, ALENA). Trois autres conditions sont requises :l'implantation
d'une filiale relais (pour la vente ) ( dont la rentabilité dépend des coûts de transports élevés entre
le pays d'origine et celui d'implantation) des économies d'échelles faibles car la production de ces
filiales est étendue; une attitude positive de la part des gouvernements d'accueil

● La stratégie de minimisation de coûts (outsourcing):


Le but: améliorer la compétitivité par des coûts de transports faibles, sinon on privilégie la
proximité géographique, de fortes économies d'échelle; un abaissement des coûts par l'utilisation
d'une main d'œuvre bon marché mais productive et accoutumée aux nouvelles technologies.

● La stratégie globale:
Stratégie qui combine les avantages des deux premières, mais pour que cela soit possible, il faut un
espace différencié, comme ceux fournis lors des intégrations économiques (UE, ALENA, ASEAN).
Elle dominera le système économique dans les 20 prochaines années.

● La stratégie oligopolistique:

Ici, chaque firme anticipe la réaction des autres firmes.


- suivre le leader : si le leader s'installe quelque part, les autres le suivent avant qu'il ne
puisse imposer des barrières à l'entrée trop importantes et défendre leur part de marché
mondial. Cela peut conduire à l'apparition de capacités de production excédentaires,
comme tout comportement mimétique.
- l'oligopole stable : Au lieu de baisser les prix, elles préfèrent lancer un nouveau produit ou
jouer sur la différenciation. Or les autres firmes ont les mêmes capacités en R&D. Pour se
développer, elles ne peuvent que se diversifier ou multiplier les implantations à l'étranger.
- jeu de la dissuasion: investissent dans un pays d'origine d'un concurrent.
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L'interdépendance des dimensions dans la configuration multinationale:

Suite à l'internalisation, les dimensions sont de plus en plus interdépendantes, les IDE étant liées à
la finance, et le développement des échanges est accéléré par les échanges intra firmes.

Le principe d'internalisation et les structures organisationnelles


Provient de la théorie de R. Coase: Pour diminuer les coûts de transaction il faut internaliser en
trouvant la structure organisationnelle optimale pour rendre opérationnel les principes
d'internationalisation. Deux modèles organisationnels:

Le modèle multidivisionnel:
Création au sein de la firme une division internationale (DI) chargée de toutes les filiales étrangères
qui doit trouver les solutions aux problèmes des filiales dans les autres divisions (R&D, RH,
finance…). Pour la survie de l'entreprise, on doit changer d'organisation : on passe au modèle
global : Division en zones géographiques (Europe, Asie..) ou par produits, ou les deux. Elle permet
d'avoir plus de marges de manœuvre au niveau local, de se rapprocher des besoins du
consommateur. Le pouvoir central se décentralise : on crée des headquarters locaux. Cela les
oblige à penser en termes de stratégie mondiale.

Une interdépendance accrue


Ces structures entraînent une interdépendance des dimensions accrue et renforce l'impact des IDE
sur les flux de biens et services. La phase de multinationalisation d'une firme passe par 3 phases
- La firme exporte vers le pays où elle compte investir
- Elle va elle-même distribuer ses produits en implantant une filiale commerciale
- La production totale ou partielle du produit sur place.

Les nouvelles bases de la spécialisation

La configuration multinationale mobilise toutes les dimensions fortement (qui dépendent FMN et
de leurs stratégies et organisation)

Les conséquences : La valeur totale des ventes à l'étranger des FMN dépasse celle des exportations
du pays d'origine (les filiales étrangères ne sont pas prises en compte d'où le déficit structurel
américain)

La nature des échanges a été modifiée par le développement des FMN : 40% des échanges sont
intra-firmes. R Coase en déduit plusieurs choses: le prix des biens n'est pas un prix de marché mais
un prix de transfert. La plupart des biens échangés sont des composants produits dans des filiales
ateliers, destinés à être montés dans les filiales relais

La spécialisation se fait ex-post. Désormais, ce sont les firmes qui décident de la spécialisation des
pays, et plus une dotation factorielle de base.
Finalement, la logique d'Etat-nation n'est plus du tout suivie par les firmes, la mobilité des facteurs
leur ôtant leur socle de dotation qui définit leur territoire économique. Mais quelle est dès lors la
régulation?
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La collusion Etats/FMN comme principe de régulation

La régulation issue de Bretton Woods se transforme en un régime d'économie mixte.

La réglementation des investissements étrangers


Un ensemble de règles : les FMN ne pouvaient pas acheter plus de 49% du capital d'une entreprise
locale, et devaient chercher un allié local. Les règles de nomination des responsables laissaient une
place aux locaux. Des contraintes de performances appelées TRIMs consistaient à exporter autant
qu'on importe et à acheter aux entreprises locales. Des limitations sur le rapatriement des profits.

Toutes ces formalités laissaient la place à la corruption: le parcours du combattant des


investisseurs était plus dur dans le sud que dans le nord. (Fort pouvoir des Etats envers les FMN
jusqu'en 1985 où l'arrivée de FMN était perçue comme une atteinte à la souveraineté nationale
(ex: Chili et ITT). Mais les FMN étaient motivés par l'opportunité de s'accaparer un marché
stratégiquement coupé de la concurrence extérieure.

Une étape est franchie en 1960 avec la création des zones franches ( issues d'accord entre FMN et
Etats.) exonérées de droits de douanes, d'impôts sur les bénéfices, assouplissement de la
législation, voire même autorisation de milice. En contrepartie les FMN devaient s'engager à
exporter selon une stratégie d'outsourcing.

Les négociations commerciales


Le Tokyo Round a été dominé par les tensions entre les Etats-Unis et l'Europe autour du débat sur
les barrières non-tarifaires qui abondent et réapparaissent.(Edit du XVI ressort par l'Allemagne sur
les importations de bières françaises.)

La mutation du système monétaire international ou la marche vers la globalisation


La décision de Nixon du 15 août 1971 va modifier toute la régulation monétaire.

Le démantèlement du "Gold Exchange Standard" ou la fin de la coopération monétaire


intergouvernementale

En 1971, on passe de changes fixes aux changes flottants, et des réglementations étatiques (Fmi,
B.E ) à un espace où le marché est maître.

Nixon : Manque d'or dans les réserves fédérales pour faire face aux dollars détenus par les
étrangers, par le déficit commercial et par l'attitude des alliés demandent le remboursement de
leurs avoirs en dollars (Japon ou même France.) Il n'y a pas eu de conférences pour entériner ce
nouveau modèle. Dans sa version pure, les cours se fixent d'eux-mêmes sur le marché des
changes, mais en pratique les banques centrales agissent pour maintenir un certain taux de
change. Les réunions du G7 ont servi de coopération.
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Les prémices de la globalisation financière


Deux grandes innovations vers la globalisation :
- Les eurodollars viennent des prêts effectués en Europe, à Londres surtout, à des étrangers
en dollars, créant ainsi des dollars par monnaie scripturale et avec le multiplicateur de
capitaux, les investisseurs américains étant interdit d'exporter des capitaux avec la guerre
du Vietnam. On peut y voir un nouveau repli de l'Etat nation.
- Les pétrodollars sont issus de l'augmentation des prix du pétrole dans les crises des années
70. Les banquiers accordent des emprunts aux états qui en ont besoin. Cela amènera à la
crise de l'endettement dans les années 80, car les pays ne pourront plus assurer leur
service de la dette d'où des innovations financières.
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Chapitre 4: Le triomphe de la globalisation

A partir de 1985 : les marchés sont tout puissants. Le pouvoir passe des acteurs publics aux acteurs
privés par la déréglementation.

Du consensus de Bretton Woods à celui de Washington : les marchés contre les Etats

Crise économique et changement de pouvoir


Les causes de la crise sont multiples: baisse de la productivité. Stagflation qui tue les rentiers et
l'investissement. Grave crise d'endettement international. Ajouté à cela la crise pétrolière.
C'est ainsi que se sont installées de nouvelles équipes ( Thatcher en Grande-Bretagne Reagan aux
Etats-unis) menée par un libéralisme agressif et un anti keynésianisme.

La nouvelle doctrine
J. Williamson la qualifie de consensus de Washington. Les principes sont :
- Éviter l'interventionnisme étatique en baissant son poids dans le budget, baisser les impôts,
diminuer la fonction publique.
- Favoriser le secteur privé, en privatisant et en arrêtant les subventions
- Réglementer: baisser les barrières douanières etc...

Marchés contre Etats


Dichotomie en principe impossible car entités de natures différentes. L'État est un acteur
économique, politique et social. Le marché n'est qu'un mécanisme. En pratique il y a opposition
puisque le marché pénètre l'économie politique. C'est l'économie politique du néolibéralisme des
années 80.

La déréglementation financière : les nouvelles normes de "gouvernance"


La déréglementation, amorcée par la Grande-Bretagne et les États-Unis, a permis à dimension
financière de croître considérablement.

Les nouvelles règles du jeu


- décloisonnement: Création d'institutions financières concurrentes pour mettre fin à la
division entre banque de travail et banques de dépôts : les banques étrangères, les
'non-bank banks" ( hedge funds, mutual funds…).
- la titrisation : Possibilité des banques d'émettre sur le marché des titres représentant des
créances qu'elles détiennent. Cela à développer le hors-bilan des banques et une
multiplication des nouveaux produits financiers (les titres de créances sur l'Etat, sur les
institutions financières et sur les entreprises; les junks bonds; le marché des produits
dérivés).
- la désintermédiation : substitution d'une économie de marché à une économie
d'endettement. Les banques ne sont plus au milieu du système. Les agents à capacité de
financement rencontrent ceux en besoin de financement. On parle d'une réussite du
marché, permettant ainsi d'éviter l'Etat et sa banque centrale par son emprise sur les
banques selon les néolibéraux.
-
La globalisation financière fait perdre du pouvoir à l'État. Les inconvénients : l'information est
imparfaite, l'incertitude règne, les opérateurs sont de tailles variées,volatiles...
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Déconnexion ou interdépendance des dimensions de la globalisation?


Dans cette configuration la dimension financière est déconnectée des autres. Au lieu de servir les
marchands comme dans les deux autres configurations, elle sert les rentiers. Une distinction
s'opère parmi les riches qui ont accès aux hedge funds et les salariés qui cotisent dans des fonds de
pensions. Cela permet aux salariés d'avoir une hausse de revenus.

Une interdépendance des dimensions persiste : recherche de rentabilité financière qui guide les
dirigeants des firmes, surtout que les institutions financières peuvent à tout moment se
désengager si elles voient que leurs résultats laissent présager une baisse du prix des titres. La
firme est "OPÉAble" (exposition à des rachats hostiles, baisse des stock options...)

La déréglementation des investissements directs : la concurrence entre les nations

Les mesures de libéralisation


Dans les années 80, les gouvernements ont réformé les modalités des IDE. Les prohibitions des IDE
ont disparu ( suppression des TRIMs, La limite de 49% de propriété est moins fréquente, les
secteurs interdits sont aujourd'hui très rares...) d'anciens secteurs publics sont même ouverts aux
IDE.. Cette égalité IDE/ investissements nationaux est internationale.

La nouvelle gouvernance
L'attitude nouvelle des pays d'accueil répond au consensus de Washington. On favorise les
privatisations. On évite les emprunts de l'Etat pour empêcher les effets d'éviction. Les entreprises
nationales peuvent devenir plus compétitives. Cette nouvelle attitude est liée à une prise de
conscience locale et à des pressions des institutions de Washington. Le modèle libéral a séduit : Les
pays du Sud ( dont l'endettement pousse à accepter tous les IDE.), les économies émergentes, les
PMA ( « Pression » des institutions, FMI, Banque mondiale qui préconise des politiques
d'ajustement structurelles néolibérales.)

Nouvelles stratégies et nouvelles structures organisationnelles des multinationales


Le souci de rapidité et de rentabilité suffisante pousse les firmes à adopter de plus en plus une
stratégie globale. Les FMN visent à créer un réseau d'unités de production, d'assemblage, de R&D,
de bases financières, à l'échelle mondiale accentué par les NTIC et le Toyotisme Naissent les
firmes-réseau ou hollow corporations. Cette externalisation permet de réduire les coûts
d'exploitation. Les avantages des différents pays sont comparés à l'échelle mondiale.

La déréglementation des échanges : multilatéralisme et régionalisme

La création de l'Organisation mondiale du commerce


Les antimondialistes focalisent leur combat contre l'OMC, à tort. En effet, elle était dès l'origine
désuète car dans le prolongement de la configuration internationale, puis la logique de régulation
intergouvernementale est dépassée. L'OMC est cantonnée aux échanges et ne peut rien faire dans
les autres dimensions. De plus, l'OMC est le seul endroit avec un semblant de régulation de la
mondialisation : l'organe de règlements des différends commerciaux (ORD).

Libre-échange généralisé versus intégration régionale


L'ALENA est créé en 1995, le Mercosur en 1987 et l'ASEAN et l'APEC existent aussi, sans parler de
l'UE. L'objectif est de passer par l'intégration régionale pour arriver à plus de libre-échange au
niveau mondial. J Viner explique les effets de l'intégration régionale : Il y a une spécialisation des
pays qui s'échangent les produits entre eux en fonction de leurs avantages comparatifs. Mais ces
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échanges peuvent être moins chers en dehors de la zone. Aujourd'hui, il y a perte d'attrait du
national pour le supranational. De plus, pour adapter les intégrations régionales à la configuration
globale, il faut un espace de libre-échange avec des différenciations : des économies développées
et d'autres en développement. Dans ce cas, l'intégration régionale est ce qui correspond le mieux à
la logique de la configuration.

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Brève synthèse des chapitres 5 et 6 qui doivent être étudiés dans leur généralité pour en tirer les
enjeux soulevés par la mondialisation.

Michalet traite d'une « globalisation inégale » due aux conditions d’émergence de la globalisation.
C’est un processus qui s'est notamment généralisé par la déréglementation, mais qui ne comprend
pas forcément un principe de régulation. La prépondérance des acteurs privés entraîne une
situation oligopolistique qui est renforcée par le fait que pour être plus concurrentiel les
entreprises jouent sur l’innovation, l’absorption des concurrents...Le marché se complexifie
La mondialisation n’est pas forcément planétaire mais plutôt polarisée. Elle semble bénéficier aux
économies des pays du « Nord », et surtout ceux de la Triade. Les pays émergents sont aussi
concernés, même si l’intégration est asymétrique entre les différentes dimensions. Les pays les
moins avancés (PMA) sont quant à eux en marge de la mondialisation. Se créer donc un malaise où
les partisans du protectionnisme considèrent la globalisation et les IDE responsables du chômage.
Le malaise se fait surtout sentir dans les pays « périphériques » qui paraissent très en marge du
phénomène, ce qui amène par conséquent à penser que la globalisation n’est pas planétaire.

Il est donc nécessaire de trouver les bases d’une nouvelle régulation, car la configuration globale
ne comporte pas de mécanisme régulateur, notamment pas de contre pouvoir qui ne peut ni être
l’Etat nation, les syndicats, un Etat mondial, ni les ONG. Le seul contre pouvoir possible pour lui
serait bizarrement les Etats-Unis puisque c’est là que se situent les institutions de la globalisation.
(Formule davantage provocatrice que solennelle)
Enfin, il développe la thèse selon laquelle l’articulation entre les districts industriels et les
ensembles régionaux ont l’air d’être l’organisation la plus pertinente dans la configuration actuelle.
Mais, ces deux modèles ne permettent pas de réguler la mondialisation.

Plus généralement ces transformations sont équivoques: on peut parler de croissance comme de
chômage, de développement du tiers-monde ou bien de l'accroissement des inégalités, de
diversification des biens et services ou d'uniformisation. Mais qu'est ce réellement la régulation?
Outre l'alter-mondialisme qui tend à une autre mondialisation, n'entendons pas aujourd'hui par
là, la suppression de la mondialisation. Cette conception semble utopique. Comment stopper un
processus engagé depuis des siècles dont toutes ou quasi toutes les économies dépendent. C'est
ce que tente l' inventeur du concept de Démondialisation Bernard Cassen en 1996, secrétaire
général de Mémoire des luttes, et président d’honneur d’Attac. Elle vise à rendre plus juste, sociale
et écologique l’organisation économique mondiale grâce à de nouvelles règles endiguant les effets
du libre-échange, voire néo-classicisme. Elle se base principalement sur la mise en place de
barrières tarifaires.

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