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COURS: LES PROBLEMES ECONOMIQUES ET

SOCIAUX

Semestre 3
Chapitre 1
Ensembles: 7 et 8
Pr. Hassan OUABOUCH

Année universitaire: 2021-2022


COURS: Problèmes Économiques et
Sociaux
 LES PRINCIPAUX OBJECTIFS DU COURS
 Maîtriser les concepts économiques et sociaux et outils d’analyse ;

 Connaître des outils leurs permettant d’être capable de faire des analyses
sur des faits économiques et sociaux ;

 Analyser les politiques publiques face aux problèmes sociaux à partir de


différentes perspectives économiques;

 Être capable de proposer des pistes de solutions aux problèmes qui s’en
dégagent.
COURS:
PROBLÈMES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

PLAN DU COURS

Introduction générale
- Chapitre 1: La croissance et le développement économique

- Chapitre 2: Emploi et chômage au Maroc et dans le monde

- Chapitre 3: Les indicateurs économiques et sociaux de


développement

- Chapitre 4: Le nouveau modèle de développement au Maroc:


solutions aux problèmes économiques et sociaux?
COURS:
PROBLÈMES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

Introduction générale:
La croissance économique est un phénomène complexe dans
lequel, à travers l'accumulation de facteurs de production plus
nombreux et leur utilisation meilleurs à travers des techniques de
plus en plus productives, les économies sont capables de produire
une grande quantité de biens et de services. aussi c’est un
processus dynamique qui implique un changement continu de la
structure sectorielle. En effet, ce dernier pourrait être considéré
comme l'un des faits stylisés de la croissance.
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PROBLÈMES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

En un siècle et demi, le Maroc a connu des bouleversements

considérables de son économie et de sa société. Du milieu du XIXe


siècle à la fin du XXe siècle, le visage du pays, sa population, sa
production, ses infrastructures, ses courants d’échanges ont été
radicalement transformés.
Cependant, des séquelles et des continuités étonnantes n’ont cessé
de marquer le pays quelle que soit la phase d’évolution ou de
bouleversement de ses structures socio-économiques et politiques
sur une profondeur historique de près de deux siècles.
COURS:
PROBLÈMES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

Les principaux problèmes économiques:

 MANQUE D'OPPORTUNITÉS ÉCONOMIQUES ET


CHÔMAGE;
Le chômage apparaît lorsque la demande d’emplois des
travailleurs (offre de travail) est supérieure aux offres d’emplois
des entreprises (demande de travail). Un chômeur est une
personne sans emploi à la recherche d’un emploi.
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PROBLÈMES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

 LA MIGRATION;
La migration est le changement de résidence qui implique le
transfert d'une limite géographique ou administrative dûment
définie». Si la frontière franchie est de nature internationale
(frontière entre pays), la migration est appelée « migration
internationale ».
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PROBLÈMES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

 INSUFFISANCE D’INFRASTRUCTURES SCOLAIRES;


L'éducation est considérée comme un élément fondamental non
seulement pour le développement de tout un pays, mais pour la
société en général. Par conséquent, l'Organisation des Nations
Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) défend
particulièrement le droit à l'éducation.
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PROBLÈMES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

 LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE EST


NUTRITIONNELLE;
L’édition de L'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans
le monde (2020), estime que près de 690 millions de personnes ont
souffert de la faim en 2019, soit une augmentation de 10 millions
par rapport à 2018, et de près de 60 millions en cinq ans. En raison
des coûts élevés et de la faiblesse des moyens financiers, des
milliards de personnes ne peuvent pas adopter une alimentation
saine ou nutritive.
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PROBLÈMES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

 LES INÉGALITÉS;
L'inégalité est le caractère de ce qui n'est pas égal.

Les inégalités sociales désignent les traitements différents qui


peuvent avantager une classe sociale, un groupe ou un individu
par rapport à d'autres et qui établissent des hiérarchies sociales.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
I- LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE: C’EST QUOI?
C’est «l’augmentation soutenue pendant une longue période d’un
indicateur de production en volume » François Perroux.
Exemple: la production de biens et services, l'augmentation de la
consommation d'énergie, l'épargne, l'investissement, une balance
commerciale excédentaire, l'augmentation de la consommation de
calories par habitant, etc.
En pratique, l’indicateur utilisé pour la mesurer est le produit
intérieur brut (PIB).
Définition du PIB:
-Mesure l’ensemble des valeurs ajoutées créées
par les unités économiques résidentes pendant
une année.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

-La croissance est une augmentation soutenue de la production


de biens et services pendant une période plus ou moins
longue.

La croissance doit être distinguée de l'expansion qui est une


augmentation de la production à court terme et qui dépend de la
conjoncture.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
PIB nominal: Valeur du PIB mesurée aux prix de l’année
courante (cette mesure inclut les effets d’inflation ou de
déflation).
PIB réel: est le PIB mesuré a prix constants, c’est-à-dire en
volume. On obtient les estimations du PIB à prix constants en
exprimant les valeurs de tous les biens et services produits au
cours d’une année donnée, aux prix d’une période de référence.
Formule du PIB et PNB:

PIB = Sommes des valeurs ajoutées + TVA + droits de douane


PNB = PIB + revenus des facteurs en provenance de l’extérieur –
revenus des facteurs versés à l’extérieur
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
A- Critique du PIB comme indicateur de croissance
le PIB ne tient pas compte d'activités comme le travail
domestique, le bricolage, et il exclut l'économie
souterraine (travail au noir). Si l'on raisonne en terme de progrès
social, le PIB enregistre des productions entraînant des nuisances
(comme par exemple, la pollution) qui engendrent elles-mêmes
des dépenses (dépenses de santé...). En revanche, il ne montre
pas quelle est la répartition des richesses créées.

De même, le PIB par habitant est une moyenne qui ne donne pas
d'informations sur l'écart de la richesse dans le pays et sur
l'évolution de cet écart.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
B- Les facteurs de la croissance
Phénomène complexe, la croissance est liée à différents facteurs;
en premier lieu, les facteurs de production:
• Le facteur travail: importance de la population active
occupée, niveau de formation, organisation efficace du travail,
durée du travail...

• Le capital technique: taux d'utilisation du capital technique,


niveau des investissements qui permettent de disposer de plus
de capital et d'un capital plus performant.

Mais d'autres facteurs interviennent :


CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
• Le progrès technique qui stimule la demande avec de
nouveaux produits et qui permet de réduire les coûts de
production. Le progrès technique est la source des forts gains
de productivité constatés sur le long terme.
• L'Etat qui soutient l'économie de différentes façons:
infrastructures, subventions, dépenses publiques...
• Des éléments socioculturels comme l'évolution des
mentalités, des valeurs de la société.

La croissance est mesurée par l'évolution quantitative d'un


indicateur, le PIB.
Concept: Augmentation
de la capacité de
production

-Augmentation du PIB: taux de salaire réel


Mesure -Augmentation du PIB par habitant
-Différenciation entre les concepts de la
croissance

-Le rôle important des


Facteurs de ressources naturelles
production -Augmentation du facteur travail
-Augmentation du facteur capital
Croissance
Facteurs
économique

-Investissement: meilleures
machines
Productivité -Ressources humaines
-Innovation technologique
Bénéfice -Harmonisation des ressources

-Les inégalités territoriales( appauvrissement de


zones)
Coût -Inégalité de distribution
-Problèmes des ressources naturelles
(épuisement…)
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

Exemple:
2000 2001 2002
Biens Quantité Prix Quantité Prix Quantité Prix
A1 100 1 110 3 115 2
A2 25 100 30 110 35 105
A3 80 30 90 40 95 35

TAF:
1- Calculer le PIB nominal de chaque année
2- Prenons 2000 comme année de base, calculer le PIB réel de 2001 et 2002
3- Calculer la croissance du PIB réel pour chaque année
4- En utilisant 2002 comme année de base, calculez le PIB réel et la croissance de
2001. Expliquez la différence
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
C- Les théories de la croissance
Depuis longtemps, les économistes tentent de comprendre les
causes de la croissance et les facteurs qui permettent de la
maintenir sur le long-terme. Ce sont les théories de la croissance.
Les Classiques sont les premiers à s’interroger sur la question.
Pour A. Smith, la division du travail est à la base de la croissance,
mais elle est liée à la taille des marchés. Le commerce international
est donc essentiel pour la croissance. Pour d’autres (Ricardo,
Malthus, Mill), la croissance n’est pas appréhendée comme un
processus de longue durée: la loi des rendements décroissants
mène l’économie à un «état stationnaire». Toutefois, le progrès
technique est déjà vu comme un facteur permettant de contrer les
forces conduisant à cet état.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

Taux de croissance du PIB du Maroc


10
8
6
4
2
0
-2
-4
-6
-8
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
II- LE DÉVELOPPEMENT
L’ensemble des transformations techniques, sociales et culturelles
qui permettent l’apparition et la prolongation de la croissance
économique ainsi que l’élévation du niveau de vie.

La croissance traduit une augmentation de la production et elle se


mesure grâce au PIB.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

Le développement en revanche, est un phénomène qualitatif


multidimensionnel, irréversible et qui ne peut s’observer que sur
une très longue période. Le principal indicateur pour mesurer le
développement et comparer ainsi les pays, est l'IDH.
Ces points doivent être pris en compte lorsqu'il s'agit de la
croissance économique :
 Les pays en développement peuvent-ils suivre
les traces initiales des pays développés ?
 Devons-nous prendre conscience de la valeur de
notre environnement aujourd'hui et des avantages
pour demain ?
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

1- Le développement économique
Le développement économique désigne les évolutions
positives dans les changements structurels d'une zone
géographique ou d'une population : démographiques, techniques,
industriels, sanitaires, culturels, sociaux... De tels changements
engendrent l'enrichissement de la population et l'amélioration des
conditions de vie. C'est la raison pour laquelle le développement
économique est associé au progrès.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

2- Économie du développement
L’économie du développement est une branche de l'économie
qui applique des techniques modernes de l’analyse
macroéconomique et microéconomique à l’étude des
problèmes économiques, sociaux, environnementaux et
institutionnels que rencontrent les pays dits en développement.
Elle s'intéresse aux déterminants de la pauvreté et du sous-
développement ainsi qu'aux politiques à mettre en œuvre pour
permettre une meilleure évolution des pays en développement.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

3-L’évolution de la pensée économique du


développement
 1ère: les pionniers du développement
Les principaux travaux s’attachent à montrer les spécificités
structurelles des pays en développement:
 Les cercles vicieux de la pauvreté (Nurkse),

 Le dualisme (Lewis 1955),

 La croissance équilibrée (Rosenstien-Rodan, Nurkse),

 La croissance déséquilibrée (Hirschmann),

 Les étapes de la croissance économique (Rostow…)


CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 2ème: la phase de radicalisation
- L’économie de développement s’est radicalisé au cours des
années 60, le sous-développement est alors vu comme la
résultante de causes externes. Plusieurs théories vont dans ce
sens: théorie de la dépendance, théorie de l’échange inégal,
analyse centre-périphérie.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 3ème: la période de la gestion de la crise
l’objectif est de faire adhérer les pays du Sud à dérégulation, au
libéralisme et à l’ouverture des marchés, par le baies de mesures
d’orthodoxie budgétaire, de dénationalisation….

«L'orthodoxie financière est une doctrine économique et


financière fondée sur le maintien ... Règle d'or budgétaire ·
Principe d'équilibre budgétaire ... »
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

4- Les théories de développement


 Esprit d’entreprendre et développement économique

Cette théorie cherche à rendre compte en quoi les barrières


socioculturelles et psychologiques aux attitudes entrepreneuriales
pourraient expliquer l’incapacité de la société sous- développée à
générer et à mettre en œuvre l’innovation technologique et
organisationnelle.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

 Modèle de développement de Lewis


Dans le modèle de Lewis, le développement économique passe par
le développement du secteur moderne qui est le secteur industriel
(industrialisation), et le développement du secteur moderne va
pouvoir se faire grâce à la main d’œuvre disponible en quantité
illimitée dans le secteur traditionnel qui est bon marché, ce qui lui
permet de dégager des profits importants.
- Selon Lewis, les pays de la périphérie sont constitués d’une « économie
duale » composée d’un secteur capitaliste et d’un secteur traditionnel.
- le premier comprend des activités manufacturières et minières
d’agriculture commerciale: il est orienté vers le profit,lequel est consacré
au financement de l’investissement.
- Le second secteur qui inclut l’agriculture traditionnelle et les activités
informelles urbaines est orienté vers la subsistance.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

Le secteur capitalistique se développe en attirant les travailleurs du


secteur des activités de subsistance. Lors de la phase initiale de
développement, l’offre de travail dans le secteur capitaliste excède la
demande de travail, le salaire peut donc rester faible et stable durant
une période assez longue au cours de laquelle s’effectue ce transfert
de travailleurs. Il en résulte des profits élevés et donc, une épargne et
une accumulation du capital dont dépend le développement
économique. Cette phase s’achève quand le surplus de travail a été
absorbé et que les salaires augmentent.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 La théorie de la croissance appauvrissante
L’ouverture économique est-elle systématiquement synonyme de
gains ? La croissance de l’économie domestique est-elle influencée
par son degré d’intégration dans le commerce mondial ?

Au cours des années 1950 et 1960, la théorie classique du commerce


international amène de nombreux économistes à nuancer les atouts
supposés du libre-échange. Dans ce sens, Jagdish Bhagwati (1958)
démontre que la croissance peut être paradoxalement «
appauvrissante ».
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
Il assigne ce paradoxe aux grands pays pauvres de l’époque,
exportateurs de matières premières: la Chine, l’Inde, le Brésil,
etc. Il montre qu’une croissance économique fortement biaisée à
l’exportation peut entraîner une telle détérioration des termes de
l’échange du pays exportateur qu’il se retrouverait dans une
situation moins préférable qu’en l’absence de croissance.
Le raisonnement considère que la croissance économique des
pays participants aux échanges mondiaux n’est pas indépendante
du commerce mondial. Cette interdépendance passe par les
termes de l’échange. Considérons un pays « grand » avec un
degré d’ouverture important: sa capacité de production est
suffisamment élevée pour qu’il soit capable d’exercer une
influence significative sur l’offre mondiale du bien.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

Dès lors, la hausse de l’offre d’exportation du pays réduit le prix


du bien sur le marché mondial. Si le prix du bien importé ne varie
pas, le pays subit une dégradation de ses termes de l’échange. Du
fait de cette dégradation, le pays ne profite plus de l’intégralité
des gains tirés de la croissance des volumes exportés. En fait, une
partie de ses gains en termes de surplus vont aux consommateurs
étrangers qui bénéficient d’une baisse de prix sur les produits
qu’ils importent.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 Théorie de la croissance équilibrée
La croissance équilibrée fait l'objet de recherches dès les années
1930. L'économiste Roy Forbes Harrod crée un modèle de
croissance, qu'il reformule en 1948, qui établit qu'une croissance
équilibrée assure l'égalité entre épargne et investissement tout en
garantissant le plein-emploi. Pessimiste sur la possibilité d'une telle
croissance, Harrod considère qu'aucune force interne ne ramène
l'économie vers un rythme de croissance équilibré.
Le concept est repris par Evsey Domar. Il développe en 1946 un
modèle ressemblant à celui d'Harrod. Il considère que
l'investissement est biface : d'un côté, il dope la demande et
enclenche le multiplicateur keynésien, et, de l'autre, il induit un
accroissement de l'offre en augmentant le stock de capital dans
l'économie.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
La croissance équilibrée serait donc celle qui assure la
comptabilité entre l'accroissement de la demande et celle de
l'offre.

Le modèle de Solow montre que la croissance est équilibrée


lorsque le taux de croissance de la production et le taux de
croissance du capital sont identiques.
CHAPITRE 1:
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ÉCONOMIQUE
 Théorie de dépendance
La théorie de la dépendance est une variation sur le concept
d'impérialisme économique, associé au courant marxiste, développé
dans les années 1960 en Amérique latine. Cette théorie est un cadre
structurel d'interprétation possible permettant d'expliquer les
conditions du développement économique à la périphérie du
système capitaliste. Elle se situe dans le prolongement de l'ouvrage
de Lénine intitulé L'impérialisme, stade suprême du capitalisme,
écrit en 1916 au milieu de la Première Guerre mondiale.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
Selon cette théorie, la dépendance prend plusieurs formes
(commerciale, financière, technologique, culturelle, sociale,
etc.). Elle est inhérente au modèle capitaliste, puisque le centre du
développement mondial, soit les grandes puissances économiques
comme les États-Unis, puisent les ressources de la périphérie afin
d'en tirer profit. Le monde dit «développé» est donc perçu comme
responsable des difficultés d'insertion des économies
périphériques aux grandes économies de marché; le sous-
développement apparaît ainsi comme une conséquence de la
dépendance. La situation économico-politique de l'Amérique latine
et de l'Afrique a été lue à travers le prisme de la théorie de la
dépendance. Les caractéristiques les plus souvent énumérées sont:
mono-industrie, détérioration des termes d'échange, soumission
des régimes politiques aux impératifs du Nord.
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LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 La théorie de la gouvernance
Cette théorie combine les approches de la science politique et de
l’économie institutionnelle. Elle vise à démontrer que les Etats
qui sont les plus aptes à favoriser le développement sont ceux qui
exercent les fonctions régaliennes universelles et les seules
politiques publiques que d’autres acteurs que l’Etat ne seraient
pas en mesure d’élaborer à sa place avec la même efficacité.
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LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 La théorie de la recherche de rente
L'ensemble des acteurs économiques (multinationales, moyennes
entreprises, associations etc...) font pression sous forme de
lobbying, sur le gouvernement. A travers ce procédé, énormément
de ressources disparaissent et ne sont pas mises à contribution pour
le bien du plus grand nombre.

En effet, si plusieurs lobbying aux intérêts discordants sont en


concurrence pour tenter d'influer les décisions politiques et y
parviennent, en réponse, les bureaucrates n'agissent également plus
dans l'intérêt du plus grand nombre; ils sont alors à la recherche de
la rente, tout comme les acteurs économiques ordinaires.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

Il y a donc un risque de généralisation de la sphère d'influence


des lobbying qui peut favoriser un petit nombre au détriment
du plus grand nombre. Ceux qui bénéficient le plus de
l'influence des lobbying et de la recherche de rente sont les
organisations et les personnalités les plus influentes au niveau
politique et économique.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 Théorie des étapes de la croissance
Selon la théorie des étapes de la croissance économique, une société
devrait passer par différentes phases, toujours les mêmes. Dans la
réalité, les choses sont beaucoup plus complexes. Ce que Rostow
lui-même était le premier à reconnaître.
Les cinq étapes qu'il a définies sont :
1- La société traditionnelle ;
2- L'accumulation des conditions préalables au décollage (take-off) ;
3- Le décollage ;
4- La marche à la maturité ;
5- L'âge de la consommation de masse.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 Théorie des industries industrialisantes
l'industrie industrialisante est l'industrie ou le groupe d'industries
dont la fonction économique fondamentale est d'entraîner dans
son environnement localisé et daté un noircissement systématique
ou une modification structurelle de la matrice interindustrielle et
des transformations des différentes fonctions. La priorité donnée
à ces industries repose sur une forte intervention de l’Etat via la
planification et la nationalisation des entreprises.
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ÉCONOMIQUE
 Théorie du cercle vicieux de la pauvreté
La pauvreté se traduit par un faible revenu, ce qui ne permet pas
d'épargner ou d'épargner peu. L'accumulation du capital qui en
résulte est donc faible, ce qui ne permet pas d'accroître la
productivité et donc les revenus.
Nurkse préconise pour rompre le cercle vicieux un apport de
capitaux étrangers. Le caractère tautologique de la théorie des
cercles vicieux va être critiqué. En effet, cette théorie revient à
affirmer que les pays sont pauvres parce qu'ils sont pauvres. De
plus, la faible épargne dans les pays pauvres n'est pas observée
dans la réalité. Enfin, cette théorie ne permet pas d'expliquer
pourquoi les pays industrialisés ont pu rompre le cercle du sous-
développement.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
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LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 Analyse keynésienne du sous développement
Sans remettre en cause l’intérêt de la participation au commerce
international, des auteurs d’inspiration keynésienne attribuent le
sous-développement aux spécificités des PED: une forte
croissance démographique et un système productif marqué
par le dualisme. L’excédent naturel important entraîne une forte
croissance de la population active, donc de l’offre de travail.
Comme la demande de travail n’augmente pas aussi vite, il en
découle un chômage endémique, pesant sur les revenus salariaux.
Le faible niveau de salaires empêche l’apparition d’une demande
solvable, donc la création d’un marché susceptible d’offrir des
débouchés à des entreprises locales.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE

Les étapes de la croissance selon Rostow


LES ANALYSES ORTHODOXES DU SOUS-
DEVELOPPEMENT
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 Analyse Marxiste:
Cette analyse repose sur l’idée que le sous-développement est le fruit du
développement des PDEM. C’est le commerce international qui participe à
l’exploitation des PED par les pays développés à économie du marché PDEM.

En effet, les premiers exportent surtout des produits à faible valeur ajoutée et
importent des produits à forte valeur ajoutée en provenance des seconds.
Ils sont donc condamnés à s’appauvrir en participant au commerce international,
car celui-ci entraîne la captation d’un surplus par les PDEM.

De plus, la participation au commerce international favorise la dépendance


(technique, humaine, financière) des PED vis-à-vis du monde développé. C’est à
dire les pays développés du « centre » exercent des effets de domination sur les
PED, pays « périphériques », en les contraignant à fabriquer et à acheter de façon
favorable pour les économies développées.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 Analyse tiers-mondiste
Cette analyse parfois qualifiée de «structuraliste» attribue le sous-
développement aux structures mêmes des PED. Plusieurs facteurs
entretiendraient ainsi le sous-développement. Le premier est la désarticulation
de l’économie : un secteur moderne dominé par les FMN cohabite avec le
secteur traditionnel, sans effet d’entraînement entre les deux. D’où le maintien
d’inégalités dans les niveaux de productivité, de revenus, donc des conditions
de vie.
Par ailleurs, la classe dirigeante des PED peut avoir intérêt à orienter la
croissance dans un sens qui lui est favorable, le plus souvent en augmentant la
dépendance vis-à-vis des PDEM dont la gratitude peut s’exprimer de
nombreuses manières (soutien armé au régime, aides sélectives aux partisans
du régime, association à des joint-ventures…).
.La dépendance est alors généralisée, bloquant toute progression dans le
système productif autochtone.
CHAPITRE 1:
LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE
 Analyse libérale traditionnelle
Pour l’Américain Walt Whitman Rostow, le sous-développement n’est qu’un
retard de développement, toutes les sociétés étant censées passer par les
mêmes « étapes de la croissance économique ». Celles-ci forment un
processus linéaire de développement, composé de cinq phases qu’on retrouve
dans toutes les économies développées et, selon Rostow, dans les PED: la
société traditionnelle, les conditions préalables au décollage, le décollage (ou
take-off), la marche vers la maturité et la société de consommation de masse.
Le blocage du processus de développement peut être attribué à des causes «
techniques », des choix erronés effectués par les gouvernements des PED:
spécialisation internationale incorrecte, croissance du secteur public avec des
dépenses budgétaires élevées, corruption des décideurs. Dans cette optique,
partagée par de nombreuses institutions internationales, dont le FMI, dès que les
PED auront réglé ces difficultés, ils devraient connaître un développement plus
rapide, comparable à celui des pays émergents.

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