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Nadia BAHLOULI IPST-ULP

Cours Matériaux Composites / DESS Mécanique avancée et Stratégie industrielle

CHAPITRE 0
0-1- Généralités

Il existe différentes familles de matériaux : les métaux , les plastiques, les composites,
etc.. Les composites seront traité dans ce cours. Le principal intérêt de l'utilisation des
composites provient de ses excellentes caractéristiques spécifiques (module divisé par la
masse volumique). Leur faible taux d'utilisation vient de son coût encore. Parmi les
composites, on distingue deux types : les composites grande diffusion (GD) et les composites
haute performance (HP).

- Les GD représentent 95% des composites utilisés. Ce sont en général des


plastiques armés ou des plastiques renforcés, le taux de renfort avoisinant 30%.
Dans 90% des cas, l'anisotropie n'existe pas ou n'est pas maîtrisée car les renforts
sont des fibres courtes. Les principaux constituants de bases sont les résines
polyesters (95% des résines thermodurcissables) avec des fibres de verre (+ de
99% des renforts utilisés !). Renforts et matrices sont à des coûts voisins.

- Les HP, principalement utilisés dans l'aéronautique sont d'un coût élevé. Les
renforts sont plutôt des fibres longues. Le taux de renfort est supérieur à 50%, et ce
sont les renforts qui influent sur le coût. Les propriétés mécaniques (résistance
mécanique et rigidité) sont largement supérieur à celles des métaux, contrairement
aux GD. Des méthodes de calculs de structures et d'homogénéisations ont été
développés pour les HP. Ces calculs feront l'objet de divers chapitres de ce cours.

Il faudra toujours tenir compte du fait que l'élaboration de la structure est liée à celle
du matériau, que pour les pièces travaillantes, on utilisera plutôt des composites à fibres
longues et à matrice organique et pour les garnitures, capotages on utilisera des plastiques
renforcés.

0-1-1- Définitions de base


- Homogène : même propriétés en tout point du matériau.
- Hétérogène : en 2 points différents, propriétés différentes.
- Isotrope : même propriétés dans toutes les directions.
- Isotrope transverse : il existe un axe de symétrie. Symétrie par rapport à une droite.
- Orthotrope : propriétés symétriques par rapport à deux plans orthogonaux.
- Anisotrope : les propriétés sont différentes selon les différentes directions.

0-1-2- Notions de bases


Matériau composite : association d'au moins deux matériaux non miscibles. On obtient
un matériau hétérogène.

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0-2- Les composants

Matériau composite plastique : association de deux constituants :

- Le renfort : armature, squelette, il assure la tenue mécanique (résistance à la


traction et rigidité). Souvent de nature filamentaire (des fibres organiques ou
inorganiques).

- La matrice : lie les fibres renforts, répartie les efforts (résistance à la compression
ou à la flexion), assure la protection chimique. Par définition, c'est un polymère ou
une résine organique.

En plus de ces deux constituants de base, il faut rajouter : une interface qui assure la
compatibilité renfort-matrice, qui transmet les contraintes de l'un à l 'autre sans déplacement
relatif. Bonne adhérence en couche fine (m). Des produits chimiques entrent aussi dans la
composition du composite, l'interphase etc. ... qui peuvent jouer sur le comportement
mécanique, mais n'interviennent pratiquement jamais dans le calcul de structure composite.

Remarque : on conçoit un composite en fonction du type d'application, de chargement


...ce qui est différent des matériaux classiques où on adapte la conception d'une structure en
fonction du matériau constitutif.

Pour les composites, on construit sa structure à la demande :

- la nature, la texture et la forme du renfort


- le taux de renforcement
- la nature de la résine et des charges ou additifs
- la qualité de l'interface renfort-matrice
- la géométrie de la pièce à réaliser
- le procédé de mise en œuvre utilisé

On cherchera toujours à orienter au mieux les renforts en fonction des efforts auxquels
la structure est soumise.

Avantages des matériaux composites :

- Gain de masse
- Mise en forme de pièces complexes (principe du moulage) et réduction du nombre
d’interfaces (boulonnage, rivetage et soudure sur structures métalliques)
- Grande résistance à la fatigue
- Faible vieillissement sous l'action de l'humidité, de la chaleur, de la corrosion (sauf
en cas de contact entre de l’aluminium et des fibres de carbone)
- Insensibles aux produits chimiques "mécaniques " comme les graisses, huiles,
liquides hydrauliques, peintures, solvants, pétrole

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Inconvénients des matériaux composites :

- Vieillissement sous l’action de l’eau et de la température


- Attention aux décapants de peinture qui attaquent les résines époxydes
- Tenue à l’impact moyenne par rapport aux métalliques
- Meilleure tenue au feu (classement M) que les alliages légers mais émission de
fumées (classement F) parfois toxiques pour certaines matrices.
- Coût parfois prohibitifs (temps et coût études et mise en œuvre), le gain en coût est
surtout valable pour des grandes séries.

Les composites sont très anciens : bois (composite naturel), torchis, béton (agrégats et
pâte de ciment), béton armé, bois contre-plaqué (sandwichs), lamifiés décoratifs par exemple.

1.Associations fibres-matrices : la liaison entre fibre-matrice est créée pendant la phase


d'élaboration : influence fondamentale sur les propriétés mécaniques du composite.

2.Les différents types des constituants de base :

0-3- Les renforts

Les fibres
- Constituées par plusieurs centaines/milliers de filaments de diamètres variant de 5
à 15 mm.

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- Traitement sur machines textiles (mèches).

Forme de renfort :

• filaments décomposés en fil de base et en mèche puis en demi-produits comme la


verranne, les rovings ou stratifil (mèches de fils sans torsion, direct, assemblé,
bouclé, ensimés), la silionne (fils de 102 à 408 filaments ensimés), les fils coupés
(de base, textiles, texturés, coupés, broyés, de 3 à 5 mm de long, ensimés), qui sont
tous des fibres de tissage. Mise en œuvre par compression et cuisson
(polymérisation). Facilité d'utilisation, qualité du produit fini (homogène),
robotisation possible. Les particules, billes pleines ou creuses, les fibrilles, les
écailles, les whiskers.
• Les renforts sous forme de semi-produit : les mats (feutres de "silionnes " ou de fils
continus coupés, 25 à 50 mm agglomérés par un liant), les feutres, les rubans, les
tissus à armature taffetas, sergé, satin, unidirectionnelle, bidirectionnelle, les gaines,
les tresses, les préformé (roving + liant projetés et durcis par étuvage sur une forme,
pour les grandes séries).

Remarque : L'ensimage permet de

- coller les filaments ->file


- lubrifier les fils
- diminuer attaque de l'eau
- éliminer les charges électrostatiques
- améliorer l'adhérence sur les résines (mouillage+adhésion)

Fibres thermostables à bas modules :

- utilisables jusqu'à 250°C en continu, ininflammables, ne fondent pas, carbonisent


vers 400°C.
- bas module (de 6000 à 16000MPa).
- isolants thermiques, électriques, cônes de rentrée des véhicules spatiaux, boucliers
thermiques des missiles, vêtements militaires antithermiques.

Trichites (whiskers)

- monocristaux de 1 à 50 mm de diamètre et de 1 à 5 cm de longueur.


- AleO3, SiO2, ZrO2, MgO, TiO2, BeO, SiC, ...
- Prix élevé.
- Comportement élastique fragile.
- Résistance bien plus grande que beaucoup de polycristallins.

P E (MPa) R (MPa)
Al2O3 3.97 1 200 000/2 200 000 22 000/15 000
SiC 3.2 480 000 20 000
Graphite 1.8 1 000 000 20 000
Fer 7.8 300 000 13 000

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- Problèmes aux niveaux : manipulation, compatibilité chimique, mouillage.

Autres fibres

- économie
- isolation thermique
- conductibilité thermique et électrique
- origine végétale : sisal, jute, lin, ...
- amiante : chrysotile , crocidolite, ...
- polyester : Tergal, dacron, Térylène, ...
- métalliques : cuivre, aluminium, inox, ...

Exemples de fabrication
La fibre de verre

Les filaments sont obtenus par filage de verre (silice + carbonates de sodium et de
calcium) en fusion (T > 1000 °C), à travers des filières en alliage de platine.

1.Composition (mélange des oxydes)


2.Fusion (1500°C)
3.Fibrage (1200°C) : four filière de diamètre de 1 à 2 mm
4.Etirage : diamètre de 3 à 20 mm
5.Ensimage (protection , amélioration de l'adhésion fibre-matrice)
6.Bobinage
7.Tissage

Le Kevlar

Fibre d’aramide, de couleur jaune paille, mise au point par la société Du Pont de
Nemours (USA), mise au point secrète : polyamides aromatisés obtenus par synthèse à –10°C,
puis filés et étirés pour obtenir un module d’élasticité élevé.

Le Carbone

Des filaments acryliques de Tergal ou de rayonne (obtenus à partir de distillation de


houille ou de pétrole) sont oxydés à chaud (300 °C) puis chauffés à 1500 °C dans une
atmosphère d’azote. Il ne subsiste alors que la chaîne hexagonale des atomes de carbone. On
obtient des filaments noirs et brillants. Le module d’élasticité élevé est obtenu par filage à
chaud.

Le Bore

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Un filament de tungstène (∅ = 12 µm) sert de catalyseur à la réaction de chlorure de


bore et d’hydrogène ) 1200 °C. Les fibres de bore obtenues ont un diamètre d’environ 100 µm
(la vitesse de croissance est de 1 micron par seconde).

La Carbure de Silicium

Le principe d’élaboration est analogue à celui de la fibre de bore : dépôt chimique en


phase vapeur (1200 °C) du méthyle thrichlorosilane mélangé à l’hydrogène.

Principaux matériaux de renfort :

Principales caractéristiques mécaniques des fibres de base:

Fibre densité Charge de Charge de Allongnt à Module Diamètre Prix


rupture en rupture en la rupture d'élasticité du
traction compressio longi filament (en F/K)
(en %) élémentaire
(en Mpa) (en Mpa) (Mpa)
(en mm)
Verre E 2.54 3400 1200 4.8 73000 3 - 30 12
Verre R 2.48 4400 1300 5.4 86000 3 - 30 50
Aramide 1.45 3100 500 2 70000 12 150
bas module
Aramide 1.45 3100 500 1 130000 12 200
haut module
Carbone 1.78 2800 1800 0.5 200000 8 300/1000
haute
ténacité
Carbone 1.8 2200 1300 400000 8 300/1000
haut module
Bore 2.63 3500 3500 0.8 400000 100 - 200 3000
Acier XC10 7.85 1000 210000

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Aluminium 2.63 358 69800 10

0-4- Les matrices

Les différentes familles de matrice

Critères essentiels des matrices TD et TP

TP : thermoplastiques TD : thermodurcissables
Etat de base Solide (prêt à l'emploi : Liquide visqueux à
polymérisé) polymériser
Stockage matière de base Illimité Temps réduit (précautions à
prendre)
Mouillabilité des renforts Difficile aisée
Moulage Chauffage chauffage continu
(fusion/ramollissement
+ refroidissement de fixation)
Cycle court plus long (polymérisation)
Caractéristiques spécifiques
Tenue au choc assez bonne limitée
Tenue thermique réduite sauf nouveaux TP meilleure
thermostable
Chutes et déchets recyclables perdus

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Conditions de mise en bonnes + propreté émanations pour méthode


œuvre humide (allergie possible)

Définitions :

- Résine thermodurcissable : polymère transformée en un produit essentiellement


infusible et insoluble après traitement thermique (chaleur, radiation) ou physico-
chimique (catalyse, durcisseur).

- Résine thermoplastique : polymère pouvant être alternativement ramollie par


chauffage et durci par refroidissement dans un intervalle de température spécifique
du polymère étudié. Les résines thermoplastiques présentent l'aptitude à l'état
ramolli, de se mouler aisément par plasticité.

- Résine thermostable : polymère présentant des caractéristiques mécaniques stables


sous des pressions et des températures élevées (>200°C) appliquées de façon
continue. Cette propriété est mesurée en déterminant la température que peut
supporter la résine durant 2000h sans perdre la moitié de ses caractéristiques
mécaniques.

- Elastomère thermoplastique : polymère fortement élastique.

Principales caractéristiques mécaniques des résines (réf. CETIM Mallard, Rapport DPE
1991):

Résines nom ρ (kg/m3) E (MPa) ν R (MPa) α Prix


µm/m°C (F/kg)
TD Polyester 1300 3800 0.37 88 100 15
Vinylester 1200 3500 0.35 81 65 18
Epoxyde 1220 5200 0.38 121 40 40
Silicone 1550 1000 0.45 3 30 200
Polyimide 1217 3450 0.35 80 36 150
Phénolique 1350 3000 0.36 70 80 10
Polyamide 1130 1900 0.33 70 85 25
TP Polycarbon 1100 2300 0.33 60 70 30
ate
Polyester 1310 2800 0.33 55 90
saturé
Métaux Aluminium 2630 69000 0.33 358 23 13
Acier XC10 7850 210000 0.29 1000 1000 10
Cuivre 8940 119000 0.30 350 17 11
Magnésium 1660 42000 0.30 280 25 27

Avec
ρ (kg/m3) : Masse volumique

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E (MPa) : Module d'Young


ν : Coefficient de Poisson
R (MPa) : Limite élastique en traction
α (µm/m°C) : Dilatation thermique

0-5- Les matériaux composites structuraux


Monocouches

Les monocouches représentent l'élément de base de la structure composite. Les


différents types de monocouches sont caractérisés par la forme du renfort : à fibres longues
(unidirectionnelles UD, réparties aléatoirement), à fibres tissées, à fibres courtes.

Stratifiés

Un stratifié est constitué d'un empilement de monocouches ayant chacun une orientation
propre par rapport à un référentiel commun aux couches et désigné comme le référentiel du
stratifié.

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Le choix de l'empilement et plus particulièrement des orientations permettra d'avoir des


propriétés mécaniques spécifiques.

Notation " composite " : Un stratifié possédant l'empilement (0, +45, +90, -45)2s est un
stratifié avec 4 couches dans les directions 0°, -45°, 90° et +45°, l'orientation 0° coïncidant
avec la direction 1 du repère principal du composite. Ces plans seront réparties
symétriquement par rapport au plan moyen du stratifié.

On pourra avoir des stratifiés de type :

1.Equilibré : stratifié comportant autant de couches orientée suivant la direction +θ


que de couches orientée suivant la direction -θ.
2.Symétrique : stratifié comportant des couches disposées symétriquement par rapport
à un plan moyen.
3.Orthogonal : stratifié comportant autant de couches à 0° que de couches à 90°.

Sandwichs (voir chapitre 5)

Matériaux composés de deux semelles (ou peaux) de grande rigidité et de faible


épaisseur enveloppant une âme (ou cœur) de forte épaisseur et faible résistance. L'ensemble
forme une structure d'une grande légèreté. Le matériau sandwich possède une grande légèreté
en flexion et c'est un excellent isolant thermique.

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CHAPITRE 1

1-1- Mise en œuvre, procédés

Trois opérations sont indispensables :

1.Imprégnation du renfort par le système résineux.


2.Mise en forme à la géométrie de la pièce.
3.Durcissement du système
soit par polycondensation et réticulation pour les matrices thermodurcissables,
soit par simple refroidissement pour les matières thermoplastiques.

Il existe différentes techniques mais la plus utilisée est par moulage :

Limitation : taille des pièce = taille des moules

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Classification des procédés en deux grandes familles :

- Procédés humides (par imprégnation directe) : ils sont généralement adaptés à des
petites et moyennes séries. Exemples :

• Moulage au contact
• Moulage par projection simultanée
• Moulage à froid ou chaud sous presse
• Moulage au sac sous pression et moulage sous vide
• Moulage par injection de résine (RTM = Resin Transfer Moulding avec
moule et contre moule)
• Moulage par Injection et Réaction (R.R.I.M. = Reinforced-Reaction
Injection Molding) et Mousses (mise en œuvre du polyuréthanne et des
systèmes résines / catalyseurs très réactifs)
• Centrifugation
• Pultrusion
• Enroulement filamentaire
• Stratification en continu de plaques et profilés (dépassé)

- Procédés secs (par imprégnation indirecte) : ils nécessitent l’utilisation de demi-


produits de moulage – préimprégnés en nappes ou en composés pâteux –.
Exemples :

• Fabrication de préimprégnés et de compounds de moulage (renfort fibreux –


tissus, roving – servant de support à une résine thermodurcissable se
présentant dans un état de durcissement incomplet et réversible stable à
basse température. Certaines résines thermoplastiques sont également
utilisées. Mise en ouvre des « prepeg » : Ligne d’imprégnation solvant, Hot
melt direct ou Hot melt par transfert.

• Les Compounds de moulage sont des préimprégnés plutôt destinés à la


fabrication de composites grandes diffusions : tissus, rovings mais plus
souvent des fils coupés :
- SMC (Sheet Moulding Coumpound), lamifié en résine polyester
chargée, armée de fibres placées entre 2 films plastiques
protecteurs, on distingue :
. SMC – R : fibres sans orientation
. SMC – C fibres continues unidirectionnelles
. SMC – C/R
. SMC – D : fibres coupées unidirectionnelles
- SMC hautes performances avec renforts hybrides – verren carbone,
kevlar -.
- HMC (High Moulding Compound) et XMC (enroulement
filamentaire avec orientation spécifique pour améliorer les
propriétés)

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- Pâtes à mouler renforcées de fibres courtes plus visqueuses et plus


adaptées à des procédés d’injection à chaud mais caractéristiques
mécaniques faibles :
- DMC = Dough, BMC = Bulk, TMC = Thick,
- ZMC = pas d’endommagement des fibres lors de l’alimentation du
compound)

Par les Procédés secs, les paramètres de moulage comme le taux de fibres sont mieux
contrôlés et les cadences de fabrication plus rapide (applications technologiques). Ils
permettent la fabrication de pièces en grande séries. Exemples :

• Compression de préimprégné (SMC)


• Injection de préimprégné
• Drapage et autoclave pour pièces hautes performances (aéronautique), des
nappes préimprégnées sont déposées dans un moule et polymérisées par un
cycle de cuisson pression + température). Le procédé est long et lourd mais
le contrôle de l’orientation des fibres est très précis.
• Estampage de plaques en thermoplastiques armés (TRE = Thermoplastiques
Renforcé Estampable)
• Injection de thermoplastiques armés (TPR = Thermoplastiques Renforcé)

Les procédés les plus importants sont :

1. Moulage au contact : technologie de réalisation de pièces prototypes ou de


simulation. Le principe consiste à imprégner manuellement les renforts disposés
dans un moule. C'est peu onéreux et des pièces de formes quelconques peuvent
être réalisées mais cadence très faible.

2. Moulage par projection simultanée : technologie similaire mais les fibres coupées
sont projetées au pistolet.

3. Injection thermodurcissable BMC (Bulk Molding Compound ou préimprégné en


vrac). Procédé discontinu haute pression (100 bars). Alimentation et dosage du
Compound, Injection-pression, maintien et polymérisation, puis éjection.

Les avantages sont : réalisation de grande série, faible coût matière, peu de finition,
temps de cycle. Les limites sont : le taux et la longueur des renforts et les propriétés
mécaniques du composite obtenu.

4. Compression thermodurcissable SMC (Sheet Molding Compound ou


préimprégnés en feuilles. Le principe consiste à déposer des feuilles de
préimprégnés dans un contre moule chauffé, de comprimer le matériau avec un
moule chauffé, polymérisation puis éjection de la pièce. Avantages : coût matière,
propriétés mécaniques et thermiques.

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Les limites sont l'aspect, le dimensionnement des presses et la finition.

5. Pultrusion : Utilisation pour les composites hautes performances industrielles. Le


principe est : tirage, mise en forme et polymérisation de fibres continues
imprégnées. Les avantages sont la production en continue, possibilité de réaliser
des sections très complexes, et d'avoir un taux de renfort élevé. Les limites sont la
lenteur du procédé, uniquement des profilés droits à section constante.

6. Enroulement filamentaire (ou bobinage): technologie pour les HP. Le principe


consiste en un enroulement sous tension sur un mandrin tournant autour de son
axe de fibres continues préalablement imprégnées d'un liant. Les avantages sont la
disposition optimale des renforts, les très bonnes propriétés mécaniques,
possibilité de réaliser des pièces de grandes dimensions avec des surfaces internes
lisses. Les limites sont que formes uniquement convexes et investissements
importants.

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1-2- Contrôle des structures composites (notions)

Méthodes simples

- Contrôle visuel
Ce premier moyen d’observation constitue le plus simple de tous les moyens d’analyse.
Pourtant il permet de donner parfois des informations précises sur les zones endommagées.

- Tap test
Ce test est fréquemment utilisé dans l’aéronautique pour déterminer les zones endommagées
ou celles de défauts (délaminage). Ce test consiste à taper légèrement la structure en plusieurs
endroits pour détecter les zones de variation de ton et qui sonnent creux. Ce test simple peut
être utilisé directement par les techniciens chargés de la maintenance et donne des résultats
relativement fiables pour certains types de dommage (ex : décollement d’interface).

1-2-1- Radiographie X (méthode directe)


- Méthode frontale : non destructive, contrôle de répartition des fibres, parasites
inclusions. On ne voit pas le délaminage.
- Méthode transversale : destructive, rhéologie des écoulements dans l'empreinte de
l'outillage.
- Visualisation de l'endommagement : observation fine : substance absorbante
diffusée dans le matériau.

Tetrabromoéthane Iodure de Zinc en solution eau/alcool isopropylique

Très fort coefficient d'étalement microfissure mais pas délaminage.

Deux photos sous deux angles différents vision en relief : distinguer chaque pli.

1-2-2- Thermographie infrarouge (indirecte)

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- Permet d'obtenir une cartographie thermique du composite. Les échauffements


locaux sont reliés à la densité d'endommagement. Méthode plus qualitative que
quantitative.

- Exemple d'utilisation : suivi d'endommagement en essai de fatigue, de rupture


progressive autour d'un trou, influence de la séquence d'empilement.

1-2-3- Emission acoustique (indirecte)


Rupture (fibre, matrice, interfaces) ondes de contraintes, bruit

Capteurs (50-500kHz).

- Méthode pour le suivi d'endommagement en cours d'essai


Cette technique non destructive vise donner un aspect qualitatif à l’endommagement du
matériau. En combinant les capteurs piézo électrique d’émission acoustique, il est de
plus possible de localiser celui-ci. Dans nos applications, nos mesures sont faites
généralement en cours de chargement ce qui permet de suivre l’évolution des
dommages introduit.

- Problèmes : interprétation ?
La chaîne d’émission acoustique utilisée est équipée de différent module d’acquisition
permettant le traitement en amplitude et le comptage cumulé des événements. Le
comptage cumulé représente la somme des événements au cours de l’essai. Un
événement correspond en fait à un processus de dégradation de nos matériaux. Pour
éviter les bruits parasites, on ne tient compte en général que des émissions supérieures à
33dB. La mesure de l’amplitude des événements permet de tracé des courbes nombre
d’événements/amplitude de la forme suivante :

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De nombreux travaux qui ont été menés à l’UTC Compiègne (Barré et al 1994,
Meraghni 1994, X.L. Gong 1994) ont permis d’aboutir à l’interprétation de ces relevés
comme cela est indiqué sur la figure précédente.
Les endommagements sont résumés de la manière suivante :

Modèle schématique d'E.A. pour identifier l'endommagement. Les mécanismes


d’endommagement numérotés de 1 à 5 sont définis comme suit:

1, 33-45 dB : micro-fissuration de la matrice,


2, 46-58 dB : coalescence des microfissures ,
3, 59-68 dB : rupture de l’interface,
4, 69-86 dB : frottement fibre / matrice, déchaussement des fibres,
5, 87-100 dB : rupture des fibres.

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Amplitude en (dB)
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

1 2 3 4 5

Nous notons donc que cet outil est particulièrement utile dans nos essais. D’autre part,
le simple fait de suivre le comptage cumulé du nombre d’événements permet de donner une
valeur à partir de laquelle l’endommagement irréversible d’une structure démarre. Ce point
est appelé seuil d’endommagement.

- Comptage : nombre de signaux > seuil ?

• Couplage distance du signal-capteur


• Amplitude du signal/nature de la rupture
• Effet Kaiser - Rapport Felicity.

- Applications : Méthode de contrôle pour béton (barrage), Contrôle dans les centrales
nucléaires (localisation), contrôle dans les silos (formes tubulaires).

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1-2-4- Echographie ultrasonore (indirecte)


Principe : interaction Matière - Onde sonore.

Par contact :

Par immersion :

- Propriétés : détecte les délaminages, porosités, les défauts perpendiculaires au


faisceau ultrasonore (exemple du C-Scan) :

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Tâche focale

Système
MICROCONTROLE IBM-PC
Déplacement x y z

Cuve à eau Emission/Réception


z
x y Transducteur focalisé

Eprouvette

écho 1 écho 2

signal émis
écho de surface

écho de fond

épaisseur

- 22 -
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- Paramètres : vitesse de l'onde, atténuation, phase, spectre.

- Application courante : aéronautique et spatial.

Développement en cours sur US (P. Marguerès, UTC / DPC)


- Une plaque monolithique est immergée dans l’eau et l’onde US est transmise à
travers le matériau, l’analyse du signal est faite sur toute la plaque en faisant varier
l’angle d’incidence (goniomètre) nous donne des informations sur les rigidités du
matériau (tenseur de Christoffel)
- Mesure des lenteurs par transduction : on remonte à la rigidité 3D du matériau
monolithique orthotrope (9 termes sur 21), jusqu’à l’anisotropie complète (21
termes) : développements numériques en cours (convergences numériques).
- La dégradation du tenseur de rigidité (modification de la nature du matériau) est
relative à un dommage.
- Cette approche est pour l’instant limitée aux monolithiques peu épais (problème de
puissance du signal)

Système
MICROCONTROLE IBM-PC
Déplacement

Emission/Réception

- 23 -
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Mesure référence de la vitesse de l’eau

écho 1 écho 2

écho 1
écho 2
25 mm

1-2-5- Holographie - Moiré


Principe : La présence d'un défaut ou d'un délaminage entraîne une large déformation de
la surface du matériau. Ces deux méthodes sont des méthodes optiques avec lesquelles sont
visualisées le déplacement, espacement de franges, d'interférences.

1-2-6- Fractographie
- Analyse des surfaces de rupture à posteriori (M.E.B.)
Le microscope électronique à balayage permet l’obtention d’images d’un fort
grossissement qui permettent d’analyser les phénomènes microscopiques de l’ordre de
quelques microns (faciès de rupture par exemple). Les moyens nécessaires sont relativement
lourds puisqu’il faut polir et parfois métalliser les échantillons dans le cas où ils ne seraient
pas conducteurs (en particulier pour les fibres de verre). D’autres part la découpe des éléments
que l’on veut analyser doit être fine puisque les dimensions de ceux-ci sont limitées à la taille
du caisson. Dans ce caisson on réalise le vide puis on injecte un gaz d’argon pour faciliter le
bombardement d’électrons.

- 24 -
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- Expertise (méthodes très courantes pour les métaux). Pour les composites : pas très
net, du à la diversité des constituants, anisotropie, taux de fibre...
- Beaucoup plus difficile.

- Il existe beaucoup d'autres méthodes : courant de Foucault, potentiométrie,


tomographie X...

- 25 -
Chapitre 0 : Généralités
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CHAPITRE 2

2-1- Approche classique des composites : spécificité du calcul des composites

Composites = matériaux composites = structure composite

L'élaboration de la structure est non séparée de celle du matériau. Le comportement


résulte de celui des composants par l'intermédiaire de différents types d'interaction, d'où
l'importance de l'interface entre les composants. Le comportement des composants est
différent d'où l'intérêt de les faire travailler ensemble.

La question de base qui se pose est de savoir décrire le comportement du composite


connaissant celui des constituants.

La spécificité du calcul des matériaux composites vient donc de l'hétérogénéité par


conception, et des discontinuités par des microvides. Il faut donc recourir à des techniques
d'homogénéisation pour obtenir la relation de comportement tant au niveau d’une
monocouche que du stratifié ou du sandwich.

L'homogénéisation consiste en la représentation d'un milieu équivalent + la


construction d'un modèle de calcul permettant d'appliquer la MMC au domaine correspondant
à ce milieu équivalent.

Le milieu équivalent est caractérisé en décomposant le matériau en parties


irréductibles définissant le VER (Volume Elémentaire Représentatif réduit à la géométrie des
éléments constitutifs de l'hétérogénéité, géométrie caractérisée par des conditions de symétrie
et de périodicité de ces éléments) de l'état mécanique de ce milieu et susceptible de
représenter le comportement réel du matériau.

Avant tout calcul de structures composées de matériaux hétérogènes, il y a un calcul


d'homogénéisation permettant de définir un comportement local approché de ces matériaux.

Différents niveaux d'échelles d'étude :

Principalement pour les composites stratifiés ou sandwichs : 2 niveaux d'observation

- Niveau micromécanique au niveau méso


- Les hétérogénéités de base sont les fibres et la matrice. On effectue ici une
étape d'homogénéisation locale.
- Niveau méso au niveau macro
- Les hétérogénéités de base sont les différentes couches du stratifié. Ces couches
sont considérées comme "homogènes" (étape précédente). Cette fois, il s'agit
d'une homogénéisation dans l'épaisseur du stratifié.

- 26 -
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- Rappel :
• hétérogène : relation de comportement dépend du point étudié
• anisotrope : relation de comportement dépend de la direction

2-2- Etude des lois de comportement anisotrope 3D

2-2-1- Hypothèses de travail


- Milieu élastique entraînant la réversibilité des phénomènes.
- HPP : petites déformations : théorie du premier gradient. Petits déplacements
par rapport aux dimensions de la pièce.
- Actions appliquées progressivement : chargement quasi-statique.
- Pas de couplage des phénomènes : hygrothermiques et mécaniques.
- Relations de comportements linéaires.
- Existence d'un potentiel élastique W(ε),

Forme quadratique définie positive des composantes du tenseur des déformations :

2-2-2- Loi de Hooke

σ = K ε avec K : opérateur de Hooke.

2-2-3- Propriétés de K

• Symétrie : ∀ ε1, ∀ ε2, Tr [ε1.(K ε2)]=Tr [ε2.(K ε1)]


• Positif : Tr[ε1.(K ε2)] ≥ 0
• Définie : Tr [ε1.(K ε1)] = 0 ⇒ e 1 = 0
• Si U1 est un champ de déplacement de solide rigide alors :
ε( U1 ) = 0 => U1 = U0 +W ∧ OM

- 27 -
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2-2-4- Notations " chapeau "

Notation tensorielle => Notation matricielle

Le 2 vient du calcul de la trace du produit de la contrainte et de la déformation.

Tr[σε] = σ.ε : produit de matrice. On pose γij = 2 εij : déviation angulaire

- 28 -
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Relation de comportement : εij = Sijkl σkl

- La matrice 6*6 correspond à la matrice Sijkl (dit de « souplesse »)

- Symétrie des contraintes => σkl = σlk => Sijkl = Sijlk

- Symétrie des déformations => εij = εji => Sijkl = Sjikl

- Seule la connaissance des connaissances des coefficients de la sous-matrice 6*6 est


nécessaire.

- Application du théorème des travaux virtuels pour un s particulier => Sijkl = Sklij

- => Sijkl est symétrique => 21 coefficients à déterminer.

La relation de comportement s'écrit :

- 29 -
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- => Remarque : pour que la matrice Sijkl soit symétrique, on travaillera avec les
distorsions angulaires.

- Les coefficients du tenseur de souplesse s'expriment à l'aide de constantes


mécaniques.

D'après CHENTSOV, on a :

Ei : modules de tensions
ηij,k : coefficients d'influence de 1ère espèce.
Gij : modules de cisaillement
ηi,kl : coefficients d'influence de 2nde espèce.
νij : coefficients de contraction
µij,kl : coefficients de CHENTSOV.

Dans le paragraphe qui suit, nous allons introduire des symétries matérielles permettant
de simplifier la matrice de souplesse Sijkl.

- 30 -
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2-2-5- Matériau orthotrope (orthogonal+anisotrope)

Définition : matériau élastique homogène présentant en tout point 2 symétries du


comportement mécanique chacune par rapport à 1 plan, les 2 plans étant orthogonaux.

Remarque : Les composantes Smnpq d'un tenseur exprimées dans un repère (1,2,3)
s'écrivent Sijkl dans un repère (I,II,III) :

- Avec cosmi : cosinus de l'angle formé par les deux vecteurs unitaires m et i.

- Après simplification de Sijkl (élimination des termes nuls), il ne reste que 9


coefficients distincts qui sont :

Avec :

E1, E2, E3 : modules d'élasticité longitudinaux.


G23, G13, G12 : modules de cisaillement.
ν23, ν13, ν12, ν21, ν23, ν31 : coefficients de Poisson.
Symétrie de la loi de comportement :

- 31 -
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2-2-6- Matériau isotrope transverse

- Définition : matériau possédant une direction privilégiée, c'est-à-dire qu'il existe


un axe de symétrie.

- Si on suppose que la direction 3 est axe de symétrie, la relation de


comportement s'écrit alors :

Il ne reste donc que 5 coefficients distincts.

- 32 -
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2-3- Comportement anisotrope 2D


- Hypothèse : structures composites stratifiés => étude du comportement de la
couche UD (unidirectionnelle) => définition de la méso-échelle =>
dimensionner et modéliser des structures composites.

- Hypothèse : matériau orthotrope => détermination des constantes élastiques


d'un pli UD exprimées dans son repère d'orthotropie.

2-3-1- Repère du pli

2-3-2- Coefficients de souplesse


Les hypothèses simplificatrices suivantes permettent d'éliminer certains coefficients de
la matrice de souplesse :

Epaisseur du pli << dimensions longi et transverse du pli => dim 3 << dim 1 et 2 =>
σ33 << aux autres composantes du tenseur des contraintes. => stratifié mince constitué d'une
superposition de pli UD => description du comportement du matériau orthotrope dans le plan
(l,t) :

- 33 -
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Dans le repère local du pli, la relation de comportement s'écrit :

Le repère global du stratifié composite est (x,y,z). Avant de faire un calcul sur une
structure plaque composée de plusieurs plis d'orientations diverses, il faut ramener tous les
plis dans le repère globale de la structure. Pour cela, il faut effectuer un changement de repère
de toutes les matrices de la relation de comportement du pli, c'est à dire passer du repère (l,t)
au repère (x,y). La plaque étant de faible épaisseur, la direction 3 est abandonnée.

Rappel : la contrainte s s'exerçant sur une facette de normale n s'écrit :

Coordonnées d'un même vecteur dans 2 repères distincts (x,y) et (l,t) / (x,y)=θ

Avec :

- 34 -
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Dans le repère (l,t), la contrainte s'exerçant sur la facette de normale x s'écrit :

Dans le repère (x,y) :

De la même façon, on obtient :

La matrice des contrainte s'écrit donc dans (x,y) :

On pose de la même façon, pour les déformations :

Relation de comportement :

- 35 -
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Il y a apparition de couplage dans la matrice [K]-1.

(x,y) : repère de la plaque = repère global.

- 36 -
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(l,t) : repère du pli = repère local et (x,y) : repère global.

On a donc écrit les coefficients de la matrice de souplesse K-1 du pli élémentaire dans le
repère global de la structure.

2-3-3- Coefficients de raideur

On commence par inverser la relation de comportement ε = f(σ) dans le repère (l,t).

- 37 -
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Apparition des coefficients élastiques dits de " raideur ".

Nouvelle notation :

Même procédure qu'avant :

Qui se réécrit sous la forme :

- 38 -
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Avec :

- 39 -
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CHAPITRE 3
CALCULS D'HOMOGENEISATIONS COMPOSITES

3-1- Homogénéisation pour le calcul des modules

La première étape d'un calcul composite consiste à déterminer les caractéristiques


mécaniques du matériau en fonction de celles de ses composants. Dans la plupart des cas, ces
calculs se réduisent uniquement au calcul du module d'Young. Il existe divers modèles
d'homogénéisations pour l'obtenir. Les plus classiques seront présentées ici.

3-1-1- Homogénéisation simplifiée - Les modèles à " Bornes "

Soit un matériau composite UD de repère d'orthotropie (l,t), constitué de fibres noyées


dans une matrice polymère. Soit une cellule élémentaire de fraction volumique V = 1
constituée de fibres et de matrice avec :

Vm : fraction volumique de matrice

Vf : fraction volumique de fibre

V = Vm + Vf =1

A l'échelle locale, on a les hypothèses suivantes :

- Fibres: comportement élastique linéaire fragile isotrope de coefficients Ef et


νf.
- Matrice: comportement élastique non-linéaire, isotrope de coefficients Em et
νm.

But ? Déterminer les relations existant entre El , Et , Ef , Em , νm et νf .

Hypothèses :

- On travaille en élasticité linéaire.


- On suppose que la liaison fibres/matrices est parfaite.
- Localement, on a : σf = Ef εf et σm = Em εm

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Modules longitudinale et transverse d'un UD par la loi des mélanges

On associe deux matériaux de caractéristiques distinctes dans le but d'estimer les


caractéristiques élastiques du matériau équivalent, c'est à dire de l'UD. Pour cela, on effectue
deux essais de compression.

1er essai : Il s'effectue dans la direction parallèle aux fibres (compression longitudinale)

El : module homogénéisé d'Young dans la direction longi à déterminer.

σl = El εl

Simplification du problème : on considère le problème équivalent suivant :

Hypothèse : la déformation est constante dans une section droite, c'est à dire que :

- 41 -
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ε1=εf=εm

On a : σ1=F1/S1=Elεl=Elεf=Elεm<=> σ1=Elσf/Ef=Elσm/Em

L'équilibre de l'éprouvette s'écrit : F1=Ff+Fmavec Ff : force appliquée à la fibre, et Fm :


force appliquée à la matrice.

On aura :

Ff=EfεfSf=EfεlSf
Fm=EmεmSm=EmεlSm

Donc, Ff+Fm=εl(EfSf+EmSm)=F1

Or, la loi de comportement de l'UD s'écrit :


σ1=F1/(Sf+Sm)=Elεl=> F1=Elεl*(Sf+Sm)

=> El=EfSf/(Sf+Sm) + EmSm/(Sf+Sm) => El=EfVf+EmVm : loi des mélanges

Relation très bien vérifiée dans la direction des fibres.

2ème essai : Il s'effectue dans la direction perpendiculaire aux fibres (compression


transversale)

Et= module homogénéisé dans la direction transverse, à déterminer. σ2=Etεε2

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Simplification du problème : On considère le problème suivant :

Hypothèse : la contrainte est constante dans une section droite.

Donc : σ2=σf=σm<=> Vε2=Vfεf+Vmεm<=> σ2/Et=(Vfsf/Ef)+(Vmsm/Em)

<=> 1/Et=(Vf/Ef)+(Vm/Em) : loi des mélanges en souplesse

Relation pas très bien vérifiée transversalement mais qui donne une indication sur la
borne inférieure.

Module de cisaillement et coefficient de Poisson d'un UD par la loi des mélanges

De façon analogue, on détermine ces deux coefficients et on trouve que :

νlt=νfVf+νmVm

1/Glt=(Vf/Gf)+(Vm/Gm)

Rappelons que les modèles à bornes donnent un encadrement du comportement


mécanique du matériau composite par des comportements mécaniques limites (bornes).
Les modèles que nous allons voir maintenant sont applicables à des mélanges de
polymères (matériaux composés) et à des composites chargés par des particules diverses.
Nous remplacerons donc les termes fibres et matrices par des phases. Les bornes
correspondent aux associations série des deux phases (REUSS, équivalent au modèle du
module transverse équivalent de la loi des mélanges) et parallèle (VOIGT, équivalent au
modèle du module longitudinal équivalent de la loi des mélanges). Aucune hypothèse
n'est faite sur la morphologie du matériau. Il est simplement admis que pour le modèle
de REUSS, la contrainte est homogène dans les deux phases (continuité de la contrainte)
et, pour le modèle de VOIGT, la déformation est constante (continuité de la
déformation) dans tout le composite. L'intérêt est limité dès que l'écart des
caractéristiques des deux phases est important.

- 43 -
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3-1-2 - HASHIN et SHTRIKMAN (1963)


Expression des bornes plus resserrée que Voigt et Reuss. Il rajoute une hypothèse
supplémentaire sur la géométrie : il existe une phase continue et une discontinue. Ce modèle
utilise le principe variationnel : les différents constituants sont noyés dans un matériau de
comparaison. Si le matériau de comparaison est "plus souple" Lmin ou "plus raide" Lmax que
toutes les phases du matériau composite, on obtiendra une borne inférieure LHS- et supérieure
LHS+ pour les modules du matériau composite.

avec

Les limites supérieure et inférieure sont équivalentes aux relations obtenues par
KERNER, basées aussi sur le principe variationel de la méthode auto-cohérente mais
Kerner n'a pas émit d'hypothèses sur la morphologie du mélange. Ses seules hypothèses
sont :

- propriétés du mélange : isotrope.

- 44 -
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- comportement des constituants dans le composite est le même que dans le


produit en masse.
- adhésion parfaite entre les constituants.

Les approches phénoménologiques :

Dans Voigt et Reuss, les phases sont en état de contrainte ou déformation constante.
Mais dans la réalité, la répartition des contraintes et déformations entre les particules n'est pas
aussi simple. La prise en compte de ceci va se faire par combinaison des modèles de bases de
Voigt et Reuss. Différents modèles ont donc été développés, mais la description la plus
utilisée est celle de TAKAYANAGI.

Hypothèse : il existe un paramètre de forme ajustable.

- 45 -
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Ce modèle donne une bonne description phénoménologique du système mais pas sur sa
morphologie (arrangement entre phase).

Les approches basées sur les équations d'HALPIN-TSAI.

Elles permettent de prédire le module longitudinal d'un composite renforcé par des
fibres courtes alignées. Les auteurs ont généralisé l'équation de KERNER (1956) issue d'un
schéma autocohérent et écrite pour le cas de renforts sphériques au cas des renforts allongés.
Les modules longitudinale El et transverse Et s'écrivent alors :

ξ : mesure du facteur de forme de la fibre = 2L/d où L : longueur et d diamètre de la


fibre. A partir des équations d'Halpin-Tsai, on peut estimer le module d'un composite renforcé
par des fibres courtes orientées aléatoirement dans un plan ou dans un volume.

L'approche de TSAI-PAGANO

Elle est basée sur la théorie de l'élasticité orthotrope. Elle donne un module E d'un
composite à fibres courtes, isotrope dans le
plan.

E=3/8 El+5/8 Et

- 46 -
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L'approche d'HALPIN-KARDOS

Elle est similaire à la précédente mais le composite isotrope dans le plan est traité
comme un composite stratifié composé de plis UD, chaque pli étant tourné d'un angle donné
par rapport au précédent. Le calcul analytique d'HALPIN-KARDOS a été réalisé sur un
assemblage de 4 plis orientés à (0°, -45°, +45°, 90°).

On a donc un composite quasi-isotrope. Les modules de chaque pli sont estimés à partir
des équations d'HALPIN-TSAI.

L : longueur des fibres, l : largeur des fibres, e : épaisseur des fibres.


ξ : facteurs de forme.
Le module G du composite est :

- 47 -
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Conclusion : Les approches basées sur les équations d'HALPIN-TSAI sont semi-
empiriques mais simples à utiliser.

3-2- Théorie simplifiée des stratifiés

Rappel : On appelle stratifié ce qui résulte de plusieurs couches (ou pli) de nappes
unidirectionnelles ou de tissus avec des orientations propres à chaque pli.

Le calcul du comportement moyen d'une plaque composite stratifié va être présenté


dans ce chapitre.

3-2-1- Comportement en membrane

Soit un stratifié à symétrie miroir (les empilements des plis de part et d'autres du plan
moyen sont identiques (±θ)s.

- 48 -
Chapitre 0 : Généralités
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u0, v0 : composante du déplacement dans le plan moyen, et k indice de chaque pli.

On est en hypothèse des petites déformations. On a alors une relation entre l'angle de
rotation de la section et le déplacement suivant l'axe z notée w : ω = ∂ w/∂ x,

Pour un point ne se trouvant pas dans le plan moyen, on aura comme déformation :

εx = ∂ u/∂ x = ∂ /∂ x (u0 - z ∂ w/∂ x ) = ∂ u0/∂ x - z ∂ 2w/∂ x2

εy = ∂ v/∂ y = ∂ /∂ y (v0 - z ∂ w/∂ x ) = ∂ v0/∂ y - z ∂ 2w/∂ x2

∂ 2w/ x2 = courbure de la plaque

La déformation de cisaillement va s'écrire :

γxy = ∂ u/∂ y + ∂ v/∂ x = ∂ u0/∂ x + ∂ v0/∂ y - 2z ∂ 2w/∂ x∂ y

que l'on peut mettre sous la forme :

avec

k x = ∂ 2w/∂ x2
k y = ∂ 2w/∂ y2
k xy = -2 ∂ 2w/∂ x∂ y

Ce qui permet d'écrire les contraintes dans un pli du composite stratifié sous la forme :

[σ] = [Q] k [ε0] + z [Q] k[k]

- 49 -
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Hypothèse : stratifié uniquement soumis à des sollicitations dans son plan par unité de
longueur : Nx , Ny , Txy = Tyx , Ce sont des efforts de membrane (ou éléments de réduction
pour des contraintes ou encore flux d'efforts dans le stratifié).

Description des efforts :

Nx : effort dans la direction x, par unité de longueur suivant la direction y :

Ny : effort résultant dans la direction y, par unité de largeur suivant la direction x :

Txy = Tyx : cisaillement de membrane par unité de largeur suivant la direction y :

Les relations précédentes peuvent se mettre sous la forme :

L'hypothèse utilisée pour intégrer sur l'épaisseur du stratifié et calculer un matériau


homogène équivalent est l'homogénéité de la contrainte dans chaque pli. Ceci permet de
discrétiser les intégrales et d'écrire des sommes finies, c'est-à-dire :

- 50 -
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On introduit les relations de comportements et on obtient:

Remarque 1 : si le stratifié est équilibré (autant de plis dans une direction que dans
l'autre), on a découplage entre déplacements dus à la traction et distorsion angulaire due au
cisaillement, c'est à dire :

Remarque 2 : Les Aij sont indépendants de l'ordre d'empilement des plis.

Conséquences : Détermination pratique d'un stratifié travaillant en membrane.

Données :

Nx, Ny, Txy


Postuler un ensemble de proportions de plis dans des directions déterminées (par
exemple : plis identiques = même nature, même épaisseur)

Problème posé :

- 51 -
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- Déterminer les modules élastiques apparents du stratifié, les coefficients de


couplage associés pour prévoir les déformations sous chargement.
- Epaisseur minimum à donner au stratifié pour éviter la rupture de l'un
quelconque des plis qui le constituent.

Principe de calcul :

1 - modules apparents :

On écrit la relation de comportement :

Le rapport εk/h fait disparaître les proportions des plis identiques ayant même
orientation.

Si on inverse la matrice [A'ij], on obtient les modules apparents recherchés et les


coefficients de couplage.

2 - épaisseur minimum

Pour cela, on détermine la non-rupture du stratifié.

Soient σl, σt, et τlt les contraintes dans les axes d'orthotropie d'un pli constituant le
stratifié soumis au chargement Nx, Ny et Txy.

h : épaisseur du stratifié inconnue (pour le moment), telle que l'on se trouve à la limite
de la rupture du pli considéré au sens du ritère de Hill (voir les critères plus loin). Pour ce pli,
on aura :

On multiplie cette expression par l'épaisseur recherchée au carré et on obtient :

- 52 -
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(σl*h), (σt*h) et (τlt*h) obtenues en multipliant les contraintes globales (s0x, s0y, t0xy)
s'exerçant sur le stratifié par l'épaisseur h.

Or : σ0x = Nx, σ0y = Ny, τ0xy= Txy : flux d'efforts connus, donc pour un pli, on
obtient h en fonction des efforts connus, donc chaque pli n°k conduit à un hk du stratifié.

L'épaisseur finale à retenir sera la plus grande des valeurs trouvées.

3-2-2- Comportement en flexion

Hypothèse sur les déplacements :

Aux sollicitations Nx, Ny, Txy s'ajoutent par unité d'envergure :

- 53 -
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Mx : moment fléchissant d'axe y, dû aux contraintes sx par unité de largeur suivant la


direction y.

My : moment fléchissant d'axe x, dû aux contraintes sy par unité de largeur suivant la


direction x.

Mxy : moment de torsion d'axe x, dû aux contraintes txy

Comme pour le comportement en membrane, on discrétise par couche et on obtient :

On introduit la relation de comportement et on obtient :

En calculant les intégrales suivant z, [M] devient :

[M] = [B][ε0]+ [D][k]

- 54 -
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L'expression générale reliant les contraintes et déformations globales qui représente


l'équation fondamentale pour les stratifiés s'écrit :

Inversons cette relation :

[ε0] = [A-1] [N] - [A-1] [B][k]

d'où : [M] = [B] [A-1] [N] +(- [B] [A-1] [B][k] + [D][k] ?

alors [k] = [D-1*][M] - [D-1*][C*] [N]

On obtient finalement : [ε0] = [B*] [D-1*][M] + [A*] - [B*] [D-1*] [C*] [N]

Ce qui permet d'obtenir une autre équation fondamentale des stratifiés et qui s'écrit :

Avec

[A'] = [A*]-[B*][D*-1][C]
[B'] = [B*]*[D*-1]
[C'] = [D*-1][C*]
[D'] = [D*-1]
et [A*] = [A-1] , [B*] = [A-1][B] , [C*] = [B][A-1] , [D*] = [D] - [B][A-1][B]

De façon générale, un stratifié quelconque soumis à de la traction subira des


déformations non seulement normales mais aussi de la flexion ! Ce qui n'était pas le cas avec
des matériaux homogènes isotropes !

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Remarques :

Dans le cas général, on a un couplage entre les comportements en membrane et en


flexion dans un stratifié quelconque, mais la symétrie miroir implique le découplage, c'est à
dire que les Bij sont nulles et les termes (hk2-hk-12) s'annulent 2 par 2. Les termes [Q16] k et
[Q26] k s'obtiennent en fonction de sinqk et sin3qk qui ne changent pas de signe pour 2
couches symétriques.

Si on évite ce couplage, le comportement en membrane est indépendant de l'ordre


de la séquence d'empilement.

Pour les stratifiés équilibrés, les termes A16 et A26 sont nuls.
Pour les stratifiés symétriques et équilibrés, les Bij sont nuls.

Détermination pratique d'un stratifié travaillant à la flexion :

On suppose connus les éléments de réduction (Mx, My, Mxy) => prévision de
séquences d'empilements

Principe de calcul :

- Non-rupture du stratifié (id à membrane).

- Déformation de flexion => utilisation indispensable d'un logiciel de calcul


informatisé de type EF disposant de sa bibliothèque d'éléments de stratifiés
travaillant en flexion.

Calcul sommaire à la flexion :

Possibilité pour un pré-dimensionnement d'effectuer des calculs simplifiés considérant


que le moment Mx est uniquement lié à la
courbure ∂ 2w0/∂ x2 My est uniquement lié à la courbure ∂ 2w0/∂ y2

On peut déterminer expérimentalement :

Les contraintes apparentes par l'essai :

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=> analogie avec les poutres => σrupt=[Mrupt*(h/2)] / (h3/12) = Mrupt*6/h2

Les modules apparents de flexion :

comparaison des relations de comportement "composites " et " homogènes "par


identification avec le seul 1er terme du moment Mx

-Efx. (h3/12)=C11 => Efx.= -12/ h3 C11

avec Efx. : module de flexion du stratifié " homogénéisé " suivant x.

De la même façon : -Efy. (h3/12)=C22 => Efy.= -12/ h3 C22

avec Efx. : module de flexion du stratifié " homogénéisé " suivant y.

Du stratifié, on a :

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De la poutre homogène, on a :

3-3- Prise en compte des effets hygrothermiques (notions)

Dans les relations de comportements précédentes, on considère un état isotherme.

Etat isotherme <=> température des " contraintes libres ".

MAIS : Température de fabrication et d'utilisation parfois différentes de cette


température de référence.

Hypothèses :

1.matériau orthotrope :

De façon proportionnelle à la variation de température :

quand T° augmente, le matériau s'allonge


quand T° diminue, le matériau se rétracte.

2.couplages négligés

Utilisation du principe de superposition.

3-3-1- Effets thermiques

αij : coefficients de dilatation thermique dans les directions (xi.=0 si i¹ j).


εij = αij (T-T0)
T0 : température de référence.

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Modification des seuils limites élastique et des relations de comportement des matériaux

Dans le domaine élastique : εij = Sijkl σkl + αij (T-T0)

Avec Sijkl= f(T°)

3-3-2- Effets hygrométriques


Effets (T°+hygro) => accélération des modifications des caractéristiques mécaniques
des matériaux composites à matrice polymère.

Diffusion de l'humidité dans la matrice polymère

Hypothèse :

matériau orthotrope => proportionnalité entre taux hygro et allongement.

βij : coefficients hygrométriques dans les directions xi.(=0 si i ≠ j).

εij = βij (H-H0)

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Chapitre 0 : Généralités
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3-3-3- Superposition des effets thermo et hygro


On écrit alors une loi hygrothermoélastique

εij = Sijkl skl + aij (T-T0)+bij (H-H0)

Remarque : quand i ≠ j , δij = 0, T et H n'affectent pas les déformations et


contraintes de cisaillement.

Hypothèse : il existe un état de précontrainte σij° tel que :

σij= σij°+ Cijkl[εkl - αkl (T-T0)+βkl (H-H0)]

Il existe un potentiel thermodynamique :

W(ε)=(1/2!)*Cijkl εij εkl + σij° εij exprimé autour d'une position d'équilibre
caractérisée par :

εij° = 0, σij ≠ 0 (précontrainte), T=T0, H=H0

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3-4- Règles de conception d'une pièce composite

Le concepteur " crée " le matériau en fonction des besoins => choix de :

1 -le renfort
la matrice
le procédé de durcissement
2 -agencement des plis
prédimensionnement + critères
représentation sur plans

Orientations normalisées :

De préférence : stratifié avec symétrie miroir

=> symétrie des contraintes

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=> évite voilement et gauchissement pendant la phase de polymérisation.

Minimums technologiques : minimums de plis de 5 à 10% suivant chaque direction


à 0°, +45°, 90°, -45°.

Epaisseur minimum d'un stratifié : 1 mm

Agencement des plis : proportions et nombre de plis à placer dans chacune des
directions.

Il faut prendre en compte les sollicitations mécaniques qui s'exercent sur le


stratifié dans la zone considérée.

3 critères pour le concepteur :

1.supporter les flux d'efforts sans détérioration du stratifié.


2.limiter les déformations de la pièce chargée.
3.minimiser la masse des matériaux.

Respect de l'agencement suivant :

1.plis à 90° placés en surface puis plis à +45° ou -45° quand flux d'effort
prépondérant parallèle à 0°.
2.pas plus de 4 plis consécutifs dans une même direction.
3.problèmes de délaminage : sur les bords des stratifiés, il existe des σ33°.

σ33°> 0, => délaminage, σ33°< 0, => non délaminant.

Or, le signe de σ33°dépend de l'ordre d'empilement. (± 45)2s est très délaminant mais il
existe d'autres phénomènes de rupture (endommagement du pli apparaît en 1er).

Quelques exemples de conception :

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3-5- Résumé sur la Théorie du stratifié : comportement élastique (formulaire)

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CHAPITRE 4

CRITERES DE RUPTURE CLASSIQUES


POUR COMPOSITES

Etude de la rupture des stratifiés, 2 types de rupture :

- rupture du monocouche (ou plus généralement des UD)


- rupture des stratifiés multicouches.

 Il existe différents modes de défaillance.

Composites multicouches essentiellement plaques et coques.

 Etat de contraintes planes ou flexion privilégiés dans les critères de


dimensionnement.

 états prédominants dans les zones éloignées des conditions limites (bords,
assemblages, ouvertures ...)

 pour un UD :

- directions l et t ont des caractéristiques à rupture très différentes avec une grande
indépendance par rapport aux constituants.
- directions de cisaillement (l,t) a un très grand rôle. Par exemple, en collage, on
compte sur lui pour assurer le transfert des contraintes entre fibres et matrice.

Pour un bidirectionnelle, il existe 5 limites différentes soit en déformations soit en


contraintes.
1.traction sens fibre (l) : εlt, σlt
2.traction sens transverse : εtt, σtt
3.compression sens fibre (-l) : εlc, σlc
4.compression sens transverse (-t) : εtc, σtc
5.cisaillement plan (l,t) : εlt, σlt

Remarque : exemples pris avec les carbone/époxy car il existe beaucoup de résultats
expérimentaux et de combinaisons connues "matrice-fibres".

Observations expérimentales :

Par défaut : utilisation de critères de rupture fragile car on recherche une représentation
élastique, avec prise en compte de l'anisotropie, sachant qu'une telle approche a ses limites.

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4-1- Définition des critères de résistance

Connaissant un état de contrainte σ (resp. ε), on cherche à réaliser une condition du type

σ) (resp. g(εε)) ≤ 1
f(σ

f(σ) fonction scalaire du tenseur des contraintes

Il existe de nombreuses expression de cette fonction, les plus connues étant celle de
Hill, Tsaï-Wu, Hoffman, contrainte max, déformation max, .....

Historique des Critères de résistance ou rupture :

- Léonard de Vinci (1500) : relation contrainte / rupture


- Galilée (1638) : travaux sur la rupture des matériaux
- Tresca (1864) : Cisaillement max.
- Von Misès (1913) : Energie de distorsion
- Von Misès (1928) : Critères quadratiques
- Hencky (1929) : Von Misès adapté aux matériaux anisotropes
- Hill (1948) : Von Misès pratique
- Gol’denblatt et Kopnov (G&K,1965) : écriture tensorielle générale des critères
de rupture (tous les autres critères sont un cas simplifié et plus pratique de
l’écriture de G&K)
- Tsaï et Hill (1965) : redéfinition du critère de Hill
- Hoffman (1967) : formulation pratique de G&K
- Tsaï et Wu (1971) : formulation pratique de G&K pour les stratifiés

Remarque : le critère de Hill est une généralisation de Von-Misès réservé aux matériaux
homogène et isotrope.

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4-1-1- Le critère de Tsaï-Hill

Critère de type quadratique exprimé en contrainte plane, écrit dans le repère de l'UD :

 σ 1   σ 2   σ 6   σ 1σ 2 
2 2 2

  +  +  −  ≤1
 Xr   Yr   S   XrYr 

avec

σ11r = σ11c = Xr si σ11 ≤ 0


σ11r = σ11t = Xr si σ11 ≥ 0
σ22r = σ22t = Yr si σ22 ≥ 0
σ22r = σ22c = Yr si σ22 ≤ 0
σ12r = S

Les contraintes sont déterminées expérimentalement sur des essais uniaxiaux.

Remarque : ce critère ne distingue pas les différents modes de rupture de la


monocouche. Il ne fonctionne qu’en contrainte plane et est restrictif sur le signe des
contraintes.

4-1-2- Le critère de Tsaï-Wu


C'est la généralisation des critères quadratiques. Il fait intervenir 2 tenseurs de
résistance : Fij du 2nd ordre et Fi du 1er ordre.

Fij σi σj + Fi σj ≤ 1

En 3D et dans le repère d’orthotropie du pli (pour un matériau orthotrope), le critère


s’écrit de la manière suivante :

F1 σ1 + F11 σ12 + F2 σ2 + F22 σ22 + F3 σ3 + F33 σ32 + 2 F12 σ1 σ2 + 2 F13 σ1 σ3 +


2 F23 σ2 σ3 + F44 σ42 + F55 σ52 + F66 σ62 = 1

En effet, les termes de couplage sont nuls dans le repère d’orthotropie, soit entre les :
(σ1, σ2, σ3) et les (σ4, σ5, σ6).

Cette écriture n’est pas vraie dans un repère global, dans ce cas les termes de couplage
tels que (F14, F15, F16, F24, F25, F26, F34, F35, F36, F45, F46, F56) apparaissent, ainsi que des termes
liées au cisaillements (F4, F5, F6) ! ! !

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Rappel sur les écritures des résistances:

X+ = σ1 ultime en traction
X- = σ1 ultime en compression
Idem pour Y (σ2) et pour Z (σ3)
S = σ12 ultime = σ6 ultime (rupture en cisaillement dans le plan (1,2))
R = σ13 ultime = σ5 ultime (rupture en cisaillement dans le plan (1,3))
Q = σ23 ultime = σ4 ultime (rupture en cisaillement dans le plan (2,3))

Rappels sur les expressions des coefficients du critère :

a) Coefficients hors-interaction : ils s’expriment en fonction des résistances fondamentales X,


Y et S, ils sont déterminés à travers des tests de chargement unidirectionnels.

- Coefficients normaux : F1, F11, F2, F22, F3, F33 correspondent aux contraintes
normales.
F1 = (1 / X+) - (1 / X-)
F2 = (1 / Y+) - (1 / Y-)
F3 = (1 / Z+) - (1 / Z-)

F11 = (1 / X+ . X-)
F22 = (1 / Y+ . Y-)
F33 = (1 / Z+ . Z-)

- Coefficients de cisaillement : F44, F55, F66

F66 = 1 / S2
F55 = 1 / R2
F44 = 1 / Q2

b) Coefficients d’interaction : ils ne s’expriment en fonction des résistances fondamentales X,


Y et S, ils sont déterminés à travers des tests de chargement complexes combinés

F12 (interaction de σ1 et σ2)


F13 (interaction de σ1 et σ3)
F23 (interaction de σ2 et σ3)

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Problème : détermination empirique de l’expression telle qu'elle vérifie une certaine


forme de l'enveloppe de rupture de l'UD dans l'espace des contraintes.

Exemple : enveloppe ellipsoïdale pour équivalence avec des essais uniaxiaux en


contraintes planes et pour un UD.

F11 = 1 / σ11c σ11t


F22 = 1 / σ22c σ22t
F66 = 1 / σ12r2 = 1 / S2
F16 = F26 =0
Fij =Fji

Ce critère intègre la différence entre comportement en traction et compression. Du point


de vue physique, il y a une mauvaise description des couplages entre contraintes. Les
différents modes de rupture du pli ne sont pas distingués.

4-1-3- Critère de la contrainte maximale


Critère relativement rustique mais qui reste très utilisé pour la recherche des premières
solutions technologiques dans la conception d'une pièce composite. Il est rarement utilisé en
entier mais souvent couplé avec le critère de déformation maxi.

En contrainte plane :

La connaissance des σ limites dans les différentes directions implique la détermination


rapide de l'état de s limites. Ne distingue pas les différents modes de rupture de l'UD.

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4-1-4- Critère de la déformation maximale


Critère peu utilisé car en bureau d'études, les concepteurs raisonnent plutôt en
contraintes (ou comment sont transmis les efforts). Il est utilisé couplé avec le critère de
contrainte max. En déformation plane :

Les déformations sont calculées avec la loi de comportement élastique.

4-1-5- Le critère mixte


Remarque : <X>-=X si X<0 sinon, X=0.

Il s'agit d'un couplage entre les deux critères précédents : déformation max appliquée
dans la direction des fibres, et contraintes max appliquée dans la direction transverse et en
cisaillement.

Il ne distingue pas les différents modes de rupture de l'UD.

4-1-6- Le critère de Hashin

Remarque : <X>-=X si X<0 sinon, X=0.

Il existe une distinction nette entre les 4 modes de rupture :

- rupture de fibre en traction


- rupture de fibre en compression

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Chapitre 0 : Généralités
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- rupture de la matrice en traction


- rupture de la matrice en compression.

Différents laboratoires de recherches sur les structures composites, en partenariat avec


des industriels principalement rattachés au domaine de l'aérospatiale ont développé des
critères beaucoup plus sophistiques qui tiennent compte des différents modes de rupture de
l'UD. Ils ne seront pas présentés ici. Dans le chapitre qui suit, la mécanique de
l'endommagement et la mécanique de la rupture sont brièvement présenté. En effet, dans
l'industrie, les seuls calculs réellement utilisés sont ceux présenté dans le chapitre
homogénéisation et les critères présentés ci-dessus.

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Chapitre 0 : Généralités
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4-2- Limites des critères classiques et Conseils d’interprétation

4-2-1- Limites des critères de rupture classiques et Autres approches


Les critères classiques ne tiennent pas compte en général du chemin de la rupture
dépendant de la nature des constituants du composite et du mode de sollicitation. Nous
présentons par la suite les limites de ces critères illustrés par d’autres approches et des cas de
sollicitations particulières.

Le transfert de charge matrice/fibre

Les critères classiques ne tiennent pas compte de l’influence de la nature de la matrice


et du renfort sur le transfert de charge et le chemin de l’endommagement et de la rupture.
Ainsi les propriétés mécaniques du composite ne dépendent pas que du taux de fibres
mais aussi de paramètres tels que :
- la longueur de fibre
- l’orientation des fibres
- l’architecture des fibres (exemple : les tissus)
- les propriétés mécaniques et physico-chimiques des matrices, interfaces et fibres

Plusieurs approches sur le transfert de charge sont proposées :

- Le transfert élastique/élastique (modèle de Cox, « Shear lag theory », 1952) : cas


idéalisé, la fibre et la matrice ont un comportement élastique et il y a continuité
de la déformation à l’interface. Hypothèse non vérifiée en général ! Applicable
que pour les petites déformations et dans le cas où il y a mode de transfert
élastique.

- Le transfert par glissement (Outwater, 1964) : le transfert est associé à une


scission τi due au frottement constant à l’interface et l’adhésion fibre/matrice est
nulle (approche ne tenant pas compte du transfert élastique). Cette théorie met en
évidence l’importance de la longueur des fibres sur le comportement du matériau
(longueur critique lc, au-dessus de lc, la rupture du matériau est provoquée par
les fibres).

- Le transfert élastoplastique : modèle plus proche de la réalité physique car mixte


des 2 approches précédentes. En effet, la fibre a un comportement élastique mais
la matrice est souvent élastoplastique.

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- Autres modèles de prévision pour le transfert de charge : Cox et Halpin-Tsaï pour


les propriétés élastiques et Cox et Tsaï pour la rupture.

Statistique de la rupture

Exemple des matériaux composites à fibres courtes : la rupture est répartie


aléatoirement et est caractérisés en utilisant la valeur moyenne de la contrainte à rupture. Or,
bien souvent cette moyenne est assortie d’un écart-type important qui peut cacher une
répartition statistique des propriétés à la rupture. Weibull a proposé une loi statistique de
description de la rupture des matériaux obéissant à la théorie du maillon le plus faible. La
probabilité de rupture de volume V sollicité par un champ de contrainte s est donné par :

P(σ) = 1 – exp [-B(σ)]


Avec B(σ) = V f(σ).dV

et si σ>0 f(σ) = [σ/σ0]m


si σ<0 f(σ) = 0

où σ : contrainte appliquée
σ0 : constante de normalisation du matériau
m : module de Weibull du matériau, caractérisation de la largeur
de la distribution et de l’effet de taille

Cette théorie statistique a l’avantage de mettre en évidence l’effet de taille, plus le


volume sollicité est grand et plus la probabilité de trouver un maillon faible croit et donc plus
la contrainte à rupture est faible.

Limites : cette approche s’applique surtout aux matériaux céramiques et aux bétons, son
application aux composites est récente. Il y aussi le problème de rendre compte de différents
modes de rupture (exemple : différence entre la traction et le flexion).

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Rupture en fatigue

Owen décrit les micromécanismes d’endommagement responsables de la rupture en


fatigue sur des polyesters renforcés par des fibres continues et réparties aléatoirement. Il
présente 3 stades d’endommagement :
- la rupture d’interface (« debonding »)
- la rupture de la matrice
- la coalescence des fissures entraînant la rupture brutale

Il note le rôle initiateur des fibres perpendiculaires à la direction de charge (phénomène


souvent repris par plusieurs auteurs).

Dally et Carillo ont travaillé sur des thermoplastiques renforcés à fibres courtes de verre
de différentes longueur. Les « fibres plus courtes » ont un meilleur comportement en fatigue
que celui des « fibres longues ».
Ceci s’explique par les différents mécanismes d’endommagement conduisant à la ruine
du matériau. Dans le cas des « fibres longues », les fissures sont concentrées dans les régions
riches en fibres et se propageant en suivant les interfaces tout autour des paquets de fibres
existant. Ces fissures s’arrêtent et ne parviennent pas à traverser les zones riches en matrice.
Les premières fissures s’amorcent et se propagent dans les paquets de fibres perpendiculaires
à la direction de charge.
Pour les fibres courtes, les mécanismes sont différents. Les fibres sont réparties
uniformément sans former de paquets ni de zones riches en matrice. De nombreuses
microfissures se créent perpendiculairement à la charge ; celles-ci ne concernent qu’un petit
nombre de fibres et sont aléatoirement réparties dans le volume. Dally et Carillo ont mis en
évidence que la rupture d’interface était encore le mécanisme de base, mais que la fissure ne
se propageait pas dans la matrice. La ruine totale provient de la coalescence des microfissures.

D’autres études montrent l’importance des bouts de fibres dans la création des
microfissures. Ces études suggèrent que dans les composites à fibres courtes, toutes les
extrémités de fibre sont des sites néfastes à la tenue en fatigue même lors de très faibles
sollicitations.

Mc Garry, Mandell et Huang proposent de décrire la courbe d’endurance (S-N) par la


loi suivante :

σM = σuc – B log(Nr)

avec :
σuc : contrainte de rupture statique
Nr : nombre de cycles à rupture
σM : niveau de contrainte maximum

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B : coefficient propre au matériau

Mécanismes d’endommagement et de rupture dans les composites

En résumé, la rupture finale d’un composite est le résultat de l’accumulation de divers


mécanismes élémentaires :
- la rupture des fibres
- la rupture transverse de la matrice
- la rupture longitudinale de la matrice
- la rupture de l’interface fibre-matrice

Généralement, un mécanisme n’est pas isolé, mais divers mécanismes coexistent. Ces
mécanismes se développent suivant la nature des matériaux et les conditions de sollicitations
mécaniques imposées.

Dans un matériau composites unidirectionnel soumis à des sollicitations mécaniques, la


rupture intervient lorsque la contrainte de traction (σf) dans une fibre atteint la contrainte
ultime (σfu) de la fibre. La rupture de la fibre crée une concentration de contrainte au
voisinage de la rupture. La redistribution des contraintes et par conséquent le processus de
rupture résultant, dépend principalement :
- de la contrainte à la rupture des fibres
- de la capacité de la matrice à absorber l’énergie libérée
- des propriétés de l’interface fibres/matrice

Les figures suivantes montrent les différents processus de rupture de la matrice associés
à la rupture d’une fibre :

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figure 12.1 : Rupture de fibre

La fissuration de la matrice peut se produire, soit par fissuration transverse (figure 12.3)
lorsque la contrainte en traction σm dans la matrice atteint la contrainte à la rupture σmu de la
matrice, soit par fissuration longitudinale (figure 12.4) lorsque la contrainte de cisaillement τm
dans la matrice atteint la contrainte de cisaillement ultime τmu, généralement au voisinage
d’une fibre.
Ce dernier mode de rupture appelé « splitting », se produit lorsque la contrainte de
décohésion est supérieure à la contrainte en cisaillement à la rupture de la matrice : τd > τmu.

Dans le cas contraire où τd < τmu, il se produit une rupture une rupture par décohésion de
l’interface fibre-matrice. (figure 12.5).

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Exemple d’un composite unidirectionnel soumis à de la traction : comportement du matériau


suivant le classement des propriétés entre fibre et matrice en contrainte et déformation

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Rupture en général dans les straifiés : tous les modes sont possibles

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4-2-2- Conseils d’interprétation des critères

Les critères, par les approches présentées au-dessus, montrent qu’ils sont un
représentation globale de la rupture à un niveau global et souvent approximatif.

Il faut donc prendre la critère comme une estimation de la rupture et faire croiser
plusieurs critères (exemple : Tsaï-Hill et Tsaï-Wu). Il peut être nécessaire de vérifier les
contraintes et déformations maximales dans les plis si le ou les critères donnés par le calcul
sont « limites » (proches de 1 = la rupture voire moins si on doit respecter un critère de
sécurité).

Cependant, les remarques suivantes peuvent être faites :

- Tous les critères existants à l’heure actuelle sont de nature phénoménologique.


Les recherches dans le domaine tentent toujours d’approcher au mieux la rupture.
Mais en l’état actuel des connaissances , il n’est pas possible d’expliquer
l’origine et les phénomènes intervenant dans la rupture des M.C. (matériaux
Composites).
- Les critères de résistance sans interaction des contraintes sont simples
d’utilisation et par la séparation des modes de rupture, permettent de prédire la
nature de la rupture. Ils restent insuffisants pour prédire la rupture des structures
sous chargements complexes et ne sont donc réservés qu’aux calculs estimatifs
ou aux problèmes de structures et de chargements simples.
- Les critères de rupture avec interaction des contraintes sont plus performants
mais ne permettent pas d’avoir des informations sur la nature de la rupture. A
quelques exceptions près, ils ont tous la même ossature mathématique. Certains
ont été développés mathématiquement sous forme tridimensionnelle mais aucun
n’a été appliqué sous cette forme.
- Le critère tensoriel polynomial de Gol’denblat-Kopnov est la théorie de rupture
la plus générale pour les matériaux anisotropes. Tous les critères tensoriels
polynomiaux proposés sont des cas particuliers de cette théorie. Ils ont tous été
prévus pour des structures et des chargements triaxiaux. Cependant, ils n’ont été
appliqués que sous une forme quadratique bidimensionnelle. Les difficultés
techniques inhérentes à la troisième dimension de l’espace des contraintes en
sont l’une des raisons.
- Par sa simplicité, la théorie de Tsaï-Wu est actuellement unanimement adoptée
dans les milieux industriel et scientifique. La difficulté liée à la mesure du
coefficient d’interaction F12 fait que ce critère est le plus souvent utilisé avec
l’analogie au critère de Von-Misès (ce qui évite cette mesure du F12)
- L’application d’une forme cubique apparaît plus réaliste que la forme
quadratique. Cependant pour le cas d’une expression 3D cubique, le nombre de
coefficients de résistance à déterminer expérimentalement deviendrait très élevé.

- 82 -
Chapitre 0 : Généralités
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Attention aux codes de calcul qui donnent des coefficients


approchés dans les critères (valeurs par défaut)

Thèse de Kamel Khellil (« Evaluation expérimentale d’un critère de rupture tensoriel


polynomial tridimensionnel pour matériaux composites ») et le DEA de Chotard sur
l’estimation des coefficients de couplage dans le critère de Tsaï-Wu (Fi et Fij dans le critère
tensoriel polynomial quadratique de Tsaï-Wu exprime en 3D et dans le repère propre du pli –
orthotropie -) par une approche expérimentale complexe.

F1 σ1 + F11 σ12 + F2 σ2 + F22 σ22 + F3 σ3 + F33 σ32 + 2 F12 σ1 σ2 + 2 F13 σ1 σ3 +


2 F23 σ2 σ3 + F44 σ42 + F55 σ52 + F66 σ62 = 1

Les valeurs suivantes ont été déterminées pour de l’UD verre/époxy et de l’UD
carbone/époxy :

Exemple du Carbone/Epoxy (T300/914) avec Vf = 58.9 ± 1.2 %

Valeurs en élasticité

E1 = 131.9 GPa G12 = 5.27 GPa ν12 = 0.326


E2 = 9.51 GPa G13 = 7.03 GPa ν13 = 0.341
E3 = 9.43 GPa G23 = 3.39 GPa ν23 = 0.485

Valeurs en Résistance

X+ = 1328 MPa Y+ = 70.9 MPa Ζ+ = 97.58 MPa


X- = 1064 MPa Y- = 221 MPa Ζ− = 242 MPa
S = 71.2 MPa R = 94.5 MPa Q = 52.89 MPa

Valeurs des coefficients dans le critère Tsaï-Wu

F1 = -0.216 GPa-1 F2 = 9.82 GPa-1 F66 = 199.5 GPa-2


F11= 0.743 GPa-2 F22 = 64.95 GPa-2 F55 = 114 GPa-1
F44= 357.5 GPa-2 F3 = 6.15 GPa-1 F33 = 43.35 GPa-1
F12= -3.55 GPa-2 F13 = 3.34 GPa-1 F23 = - 13.81 GPa-1

- 83 -
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CHAPITRE 5

PRISE EN COMPTE DE L’ENDOMMAGEMENT


ET DU DELAMINAGE DANS LES COMPOSITES
(notions)

Voir photocopies issues :

- du Cours de M.L. Benzeggagh en MQ13 / UTC

- de l’étude bibliographique du DEA de S. Barré (« Etude de l’endommagement de


matériaux composites à fibres courtes et à matrice thermoplastique sous chargement
statique et cyclique »)

5-1- Mécanique de l'endommagement


A partir de la théorie de l’endommagement et du concept de la contrainte effective
(Kachanov, 1958 et Rabotnov, 1969), on applique aux matériaux orthotropes une matrice
d’endommagement D ou plutôt (1 – D) nécessairement symétrique pour être
thermodynamiquement admissible (matrice 3*3 dans le plan d’orthotropie) dont voici un
exemple :

 1 − d1 (1 − d1 )(1 − d 2 ) 0 
 
[1 – D] =  (1 − d1 )(1 − d 2 ) 1− d2 0 
 0 0 1 − d12 

d’où en cours d’endommagement :

σ = Q’. ε avec Q’ = (1-D) . Q

Q est la matrice de rigidité initiale et Q’ celle modifiée par le dommage « orthotrope »

Dans l’écriture en déformation : ε = S . σ, l’exemple suivant donne l’écriture de la


matrice S après endommagement, soit S’:

1 / E1 (1 − d 1 ) − ν 12* / E1 0 
 
[S’] =  − ν 12* / E 1 / E 2 (1 − d 2 ) 0  où ν 12 = ν12 / (1-d1) (1-d2)
* 1/2 1/2

 0 0 1 / G12 (1 − d12 )


Attention : l’endommagement peut modifier la nature du matériau, un matériau au


départ isotrope ou orthotrope peut devenir anisotrope au sens large !

- 84 -
Chapitre 0 : Généralités
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5-2- Mécanique de la rupture

Application de la MLER (Mécanique Linéaire Elastique de la Rupture) aux stratifiés en


mode I, mode II et mode mixte I + II :

- détermination des facteurs d’intensité de contrainte critiques (KIc et KIIc)


- détermination des taux de restitution d’énergie critiques (GIc et GIIc)

Remarques :

- les Kc et Gc sont intrinsèques au matériau et donc indépendants de la longueur de


fissure.
- La rupture est plus facile dans les composites quand plusieurs modes sont combinés.
- La rupture par délaminage est entre 2 plis adjacents, la MLER s’applique donc assez
bien dans le cas du délaminage.
- La difficulté dans les composites est que la propagation de la fissure peut bifurquer
et induire un changement de mode.

Présentation des planches sur les essais types de délaminage.

- 85 -
Chapitre 0 : Généralités
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CHAPITRE 6

COMPORTEMENT MECANIQUE
DES MATERIAUX SANDWICHS
ET DES STRUCTURES STRATIFIEES

Intérêt mécanique et économique des sandwiches

Généralités

2 peaux relativement minces au propriétés mécaniques fortes collées


sur une âme légère à faibles caractéristiques

Avantages

- Grande légèreté
- Grande rigidité flexionnelle (rapport EI/ρ)
- Excellentes caractéristiques d’isolation

Inconvénients

- mauvais amortissement et isolation acoustique (problème lié à la densité relativement


basse)
- Tenue au feu moyenne pour certaines catégories d’âme
- Risques de flambement plus élevé que sur les autres structures
- Problème de décollement peaux/âme

Matériaux constitutifs

- Peaux : métal, stratifiés, contre-plaqués, thermoplastiques, amiante / ciment


- Ames : matériaux expansés, balsa, Nid d’abeilles aluminium ou carton imprégné,
pontages, plaques nervurées en métal ou stratifié, etc.
- Assemblage des peaux avec l’âme : collage, soudure ou en cours de polymérisation pour
les sandwiches en composites dans un moule (exemple du RTM)

- 86 -
Chapitre 0 : Généralités
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Suite du Cours inspiré de chapitres du livre de J.-M. Berthelot :


« Matériaux Composites, comportement mécanique et analyse des structures »

Présentation du plan

COMPORTEMENT MECANIQUE DES MATERIAUX SANDWICHS


ET DES STRUCTURES STRATIFIEES

- Rappels sur la théorie classique des stratifiés

- Prise en compte du cisaillement transverse dans la théorie des stratifiés

- Flexion cylindrique des structures en matériaux composites

- Flexion en poutres en matériaux composites

Par la suite :

Résumés sur le Comportement des poutres stratifiées ou sandwiches

Modes de rupture et conseils de dimensionnement

- 87 -
Chapitre 0 : Généralités
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Résumé sur le Comportement des poutres stratifiées


ou sandwiches

1- Flexion des poutres sandwiches ou stratifiée (L>>b) sans prise en


compte du cisaillement transverse

L'étude bibliographique est faîte sur des sandwiches et monolithiques (stratifiés)


symétriques pour lesquels il y a absence de couplage flexion-menbrane et présence du
couplage flexion-torsion .

z y
b
h/2
h

L x

-Elément poutre-

A- expression générale

Dans le cadre de la flexion pure (L>>b), l'équation constitutive s'écrit :

    
 Mx   D 11 D12 D16   kx 
    
 M y  =  D12 D 22 D 26   ky  (20.1)
    
 M xy   D16 D 26 D 66   kxy 

Ecrite sous forme inverse :

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 kx   D∗11 D∗12 D ∗16   Mx 


   ∗  
 ky  =  D 12 D ∗ 22 D ∗ 26   My  (20.3)
 kxy   D ∗16 D ∗ 26 D ∗ 66   Mxy 

où les D*ij sont les éléments de la matrice inverse de Dij . [ ]


La théorie des poutres fait l'hypothèse que dans le cas d'une flexion suivant l'axe x, les
moments My et Mxy sont nuls . On a la courbure :
∂ 2 w0 ∗
kx = − = D 11 M x (20.6)
∂x 2
La théorie des poutres fait l'hypothèse supplémentaire que la flèche ne dépend que de
x:

wo=wo(x)

Les courbures Ky et Kxy sont fonctions du moment Mx :

∂ 2 w0 ∗
ky = − = D 12 Mx
∂y 2

∂ 2 w0 ∗
kx = −2 = D 16 Mx (20.8)
∂ x∂y
Ces relations montrent à priori que la flèche dépend de la variable y. Cet effet est assez
important dans le cas d'éprouvettes de flexion de laboratoire, de forme plus proche d'une lame
que d'une poutre . Ainsi le couplage flexion-torsion induit par les termes D*12 et D*16 dans
les équations (20.8) tendent à produire un décollement partiel de la poutre sur ses supports .
Toutefois le phénomène est négligeable dès l'instant où le rapport L/b est assez grand; quant
aux matériaux antisymétriques étudiés ce couplage est inexistant. Il y a cependant un
couplage flexion-menbrane (B16 et B26) qui reste tout de même peu perceptible .

L'équation (20.6) devient alors :

d 2 w0 M
= − (20.10)
dx 2 ExI
Le module de flexion de la poutre s'écrit alors :

12
Ex = (20.11)
h 3 D ∗11

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Le moment quadratique I de la section droite de la poutre par rapport au plan (x,y) :

bh 3
I = Ixy = (20.12)
12
Le moment M de flexion :

M = b* Mx (20.13)

(rappel : Mx écrit par unité de largeur)

L'équation de flexion des poutres se réduit à :

d 2 Mx
+q = 0 (20.14)
dx 2
Par suite, on a par simplifications de la théorie des plaques, où q et Q correspondent au
efforts de cisaillement .

dMx
= Qx (20.18)
dx
dM
= Q (20.19)
dx
Q = bQx (20.20)

On peut alors remonter aux contraintes dans chaque couche du stratifié :

 σ k   Q ' k 11 Q'
k
Q'
k   kx 
 k xx   ' k
12 16
 
 σ yy  =  Q 12 Q' k 22 Q' k 26   ky  (20.21)
 σ k xy   Q ' k 16 Q' k 26 Q' k 66   kxy 

En notant, les coefficients de rigidité Q'ij de la couche k, rapportés aux axes de la


plaque . On remarque qu'il n'y a pas prise en compte de l'effet transverse σxz :

σkxx = z akxx M/I


σkyy = z akyy M/I (20.23)

σkxy = z akxy M/I


avec : (20.26)

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akxx = (Qk11 D*11 + Qk12 D*12 + Qk16 D*16) h3/12


akxx = (Qk12 D*11 + Qk22 D*12 + Qk26 D*16) h3/12
akxx = (Qk16 D*11 + Qk26 D*12 + Qk66 D*16) h3/12

Les expressions précédentes des contraintes ne sont correctes qu'à une distance assez
éloignée (>h) des bords de la poutre . En toute rigueur les résultats ne sont valables que pour
un rapport b/h assez élevé .

NB: Pour axx=1 et ayy=axy=0, on retrouve la théorie classique des poutres isotropes en
matériau homogène .

La contrainte de cisaillement transverse dans les poutres se déduit d'une équation


d'équilibre :

σkxz = -(Q/2I) akxx (z2+ck) (20.27)

Les constantes ck dans chaque couche sont déterminées en annulant σxz sur les faces
supérieure et inférieure, et en assurant la continuité de σxz entre chaque couche . Dans le cas
d'un matériau homogène (axx=1), σxz pour z=+/-h/2, on a :

σxz = (3Q/2bh)*(1-4(z/h)2) (20.28)

La contrainte de cisaillement est maximale pour z=0 :

σxz (z=0)=τo = 3Q/(2bh) (20.29)

Pour les stratifiés le cisaillement s'écrit :

σkxz = -akxx τo (4(z/h)2+dk) (20.30)

Où dk sont des constantes à déterminer en assurant la continuité de σxz dans l'épaisseur


de la poutre .

B- Application à la flexion 3 points

- 91 -
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diagrammes des efforts en flexion 3 points sur poutre

z
F/2 F/2
x

F a: portée

diagramme du moment de flexion

M
Fa/4

Fx/2 F(a-x)/2
a/2
x

diagramme de l'effort tranchant


T

F/2

-F/2

Ainsi dans le cas de la flexion 3 points, toute la poutre est en couplage flexion-
cisaillement . Plus L/h est élevé, moins le cisaillement est influent .

- 92 -
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Toujours dans le cadre d'un stratifié symétrique, on applique les équations de la théorie
des poutres en flexion à la flexion 3 points .
La symétrie du problème conduit à ne considérer qu'une moitié de la poutre :
Le moment de flexion s'exprime par la relation :

M=-Px/2 0< x < L/2

Où P est la charge totale exercée au milieu de la poutre . En substituant dans (20.10) :

d 2 w0 Px
2 = 0<x<L/2 (20.33)
dx 2 ExI
Dans les cas d'appuis simples, les conditions aux frontières sont pour x=0 :

M = wo = 0 (20.34)

D'autre part, la symétrie impose pour x=L/2 :

dw 0
= 0 (20.35)
dx
L'intégration de (20.33) associée aux conditions (20.34) et (20.35) , conduit à :

wo = -(PL2/(48 Ex I))*x*(3-(2x/L)2) (2O.36)

La flèche wc au centre de la poutre (x=L/2) s'écrit :

wc = PL3/(48 Ex I) = PL3 D*11/(48 b) (20.37)

Cette relation peut-être utilisée pour déterminer soit le module de flexion de la poutre,
soit le coefficient D*11, connaissant la flèche pour la charge P :

Ex = PL3/(48wcI) = PL3/(4 b h3 wc) (20.38)

D*11 = 48 b wc / (PL3) (20.39)

Les contraintes dans la couche k s'écrivent :

σkxx = -6 akxx P*x*z/bh3

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σkyy = -6 akyy P*x*z/bh3 (20.40)

σkxy = -6 akxy P*x*z/bh3


Ces contraintes sont maximales pour x= L/2, soit :

σkxx = -3 akxx PL*z/bh3

σkyy = -3 akyy PL*z/bh3 (20.41)

σkxy = -3 akxy PL*z/bh3


Dans le cadre d'une poutre en matériau homogène isotrope : axx=1, la contrainte
normale s'écrit :

σxxmax = σο = 3 PL/2bh2 (20.43)

La contrainte dans la couche k d'un stratifié peut donc s'écrire sous la forme :

σkxx = -2 akxx σο ∗z/h (2O.44)

Contrairement à un matériau homogène, la contrainte maximale n'est pas, pour un


stratifié, nécessairement située au niveau de la couche externe et dépend de l'empilement des
couches (angles du drapage) . La charge à rupture sera donc fortement influencée par
l'empilement .

Pour une poutre en flexion 3 points, l'effort tranchant Q=-P/2. La contrainte de


cisaillement est donc donnée par la relation :

σkxz = - akxx το (4(z/h)2+dk) (20.46)


avec το = −3P/(4bh) (20.47)

L'empilement des couches influence également la distribution de la contrainte de


cisaillement qui n'est pas nécessairement maximale au niveau du plan médian .

Whitney [7] évoque également la rigidité et la contrainte de cisaillement d'une poutre


stratifiée dans le cas simple d'une flexion suivant x :

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12
Ex = 3 ∗
h D11

σ xz = (h 2 − 4 z 2 )
Q
8I
où Q est l'effort tranchant .

C- Application à la flexion 4 points

diagramme des efforts en flexion 4 points sur poutre

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z
F/2 F/2
x

F a: portée

diagramme du moment de flexion

M
Fa/8

Fx/2 F(a-x)/2

a/2
x
a/4 3a/4

diagramme de l'effort tranchant


T

F/2

-F/2

Ainsi dans le cadre de la flexion 4 points, la poutre présente deux zones "mécaniques",
pour 0<x<L/4 et 3L/4<x<L deux zones symétriques en couplage flexion-cisaillement, et pour
L/4<x<3L/4 la zone médiane est en flexion pure .

- 96 -
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La poutre est cette fois-ci chargée symétriquement par deux charges P/2 . Par symétrie
du problème on considère seulement une moitié de la poutre :

M = -P*x/2 0<x<L/4 (20.48)


M = -PL/8 L/4<x<L/2 (20.49)

En reportant ces expressions dans (20.10), il vient :

d 2 w0 d 2 w1 Px
2 = 2 = 0<x<L/4 (20.50)
dx dx 2 ExI

d 2 w0 d 2 w2 PL
2 = 2 = L/4<x<L/2 (20.51)
dx dx 8 ExI

On sépare l'expression de la flêche dans les deux zones mécaniques :

w1 = wo pour 0<x<L/4

w2 = wo pour L/4<x<L/2

Dans le cas simple des appuis simples, les conditions aux frontières pour x=0 sont :

M= w1 = 0 (20.52)

La pente de la déformée s'annule au centre de la poutre, soit pour x=L/2 :

dw 2
= 0 (20.53)
dx
Il y a également continuité de la pente et de la flêche pour x=L/4:

w1=w2 et dw1/dx = dw2/dx (20.54)

L'intégration des équations (20.50) et (20.51) conduit à :

PL2  x2
w1 = − 
x  9−16    (20.55)
192 ExI   L 

PL3   x  x2
w2 = −  1−48   + 48    (20.56)
768 ExI   L  L 

- 97 -
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Ces expressions permettent de déterminer les flèche au point x= L/4 et au centre


(x=L/2) :

PL3 PL3 ∗
wq = = D 11 (20.57) pour x=L/4
96 ExI 96b

11PL3 11PL3 ∗
wc = = D 11 (20.58) pour x=L/2
768ExI 768b

Le module de flexion de la poutre et le coefficient D*11 sont :

Ex = PL3/(96wqI)= PL3/(8bh3wq) (20.59)


Ex = 11PL3/(768wcI)= 11PL3/(64bh3wc) (20.60)
D*11 = 96bwq/(PL3) = 768bwc/(PL3) (20.61)

NB : La rigidité connue "classiquement" D11 s'écrit alors :

D(11) = Ex I = PL3/(96wq) = 11PL3/(768wc)


et D*11 et l'inverse de cette rigidité .

Les contraintes dans la couche k s'écrivent :

pour 0<x<L/4 :

σkxx = -6 akxx P*x*z/bh3


σkyy = -6 akyy P*x*z/bh3 (20.62)

σkxy = -6 akxy P*x*z/bh3


pour L/4<x<L/2 :

σkxx = -3 akxx PL*z/2bh3


σkyy = -3 akyy PL*z/2bh3 (20.63)

σkxy = -3 akxy PL*z/2bh3

Il est intéressant de remarquer les contraintes maximales sont dans la partie


L/4<x<L/2, et sont indépendantes de x dans cet intervalle . Les contraintes maximales ne sont
pas nécessairement atteintes sur les faces externes . Dans le cas d'une poutre homogène
(axx=1), la contrainte normale s'écrit :

- 98 -
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σxx = -3PL*z/(2bh3) L/4<x<L/2 (20.64)

La contrainte de traction maximale est atteinte sur la face externe inférieure (z=-h/2)
pour un matériau homogène :

σxxmax = 3PL/(4bh2) (20.65)

La contrainte dans la couche k d'une poutre en stratifié s'écrit donc :

σkxx = -2akxxσxxmax *z/h (20.66)

On prend en compte l'effort tranchant :

Q=-P/2 0<x<L/4 (2O.67)


Q=0 L/4<x<L/2 (20.68)

La contrainte de cisaillement transverse est nulle pour 0<x<L/4, pour L/4<x<L/2 , elle
est identique à la flexion 3 points :

σkxz = - akxx το (4(z/h)2+dk)


avec το = −3P/(4bh)

2- PRISE EN COMPTE DU CISAILLEMENT TRANSVERSE

- 99 -
Chapitre 0 : Généralités
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Dans les études précédentes le cisaillement transverse a seulement été pris en compte
pour le calcul des contraintes σkxz , il a été omis pour le calcul, par exemple, de la flèche .
Ce qui est justifiable quand le L/h de l'éprouvette est assez élevé .
D'autre part dans le cadre de la théorie classique du stratifié, n'est pris en compte que les
contraintes et déformations dans le plan (x,y) .

Dans cette partie, l'influence du cisaillement sur la flexion des poutres est mis en
évidence, toujours dans le cadre de la flexion pure, c'est à dire pour L/h grand .

L'équation constitutive de la théorie du stratifié avec cisaillement transverse s'écrit :

    
 Mx   D 11 D12 D16   kx 
    
 M y  =  D12 D 22 D 26   ky  (20.69)
    
 M xy   D16 D 26 D 66   kxy 

 Qy   H H 45  

γ 0 

yz
  =  44
 Qx   H 45 H55   γ 0
xz 

(20.70)

avec :
∂ϕ x
kx =
∂x
∂ϕ x
ky =
∂y

∂ϕ x ∂ϕ y
kxy = +
∂y ∂x
∂w 0
γ 0
yz =
∂y
+ ϕy (20.71)

∂w 0
γ 0
xz =
∂x
+ ϕx

Les kij correspondent aux courbures engendrées par les moments de flexion . Et les
γ0 correspondent aux rotations engendrées par les cisaillements transverses .

Les équations des moments et des résultantes en cisaillement sont découplés et peuvent
être écrites sous formes inverses :

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 kx   D∗11 D∗12 D ∗16   Mx 


   ∗  
 ky  =  D 12 D ∗ 22 D ∗ 26   My 
 kxy   D ∗16 D ∗ 26 D ∗ 66   Mxy 


 γ 0   ∗
 =  H 44
yz H ∗ 45   Qy 
 

 γ 0 
xz   H ∗ 45 H ∗ 55   Qx 

(20.73) et (20.74)

Avec les hypothèses que les fonctions ϕx et wo sont indépendantes de y et dépendent


seulement de x .
ϕxcorrespond à la rotation des sections droites induite par le gauchissement,
conséquence du cisaillement transverse .

Les déformations εxx et γoxz sont données par

dϕ x
ε xx = z
dx
(20.77) et (20.78)
γ o
xz = ϕx +
dw o
dx
On obtient :

dϕ x ∗
kx = = D 11 M x (20.82)
dx
My = Mxy = 0

par suite Qy = 0

Par suite on introduit le module Ex (20.11) de la poutre et le module de cisaillement


Gxz :
1
G xz = (20.87)
hF55 ∗

Si la variation du moment de flexion Mx est connue, on a la relation :

- 101 -
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dϕ x ∗ M
= D 11 M x =
dx ExI
(20.91) et (20.93)
dM dw o
= bhG xz (ϕ x + )
dx dx

Les expressions des contraintes ne sont pas modifiées par la prise en compte du
cisaillement transverse .

A- Application à la flexion 3 points

Le cisaillement transverse pour la flexion 3 points implique :


P 2
ϕx = − x +c (20.94)
4 ExI
On introduit le coefficient de cisaillement S défini par :

2
Ex  h
S =   (20.101)
Gxz  L

L'effet de la déformation en cisaillement transverse dépend donc du rapport


d'élancement L/h de la poutre, et du rapport Ex/Gxz .

La flèche au centre est déterminée en valeur absolue par :


PL3
wc = (1 + S ) (20.102)
4 E x bh 3
w c ( S ) = (1 + S ) w c (0) (20.104)

wc(S) est la flèche obtenue en tenant compte de l'effet de la déformation en


cisaillement, alors que wc(0) est la flèche en l'absence de cisaillement transverse donnée par
(20.37) . Négliger le cisaillement revient à sous-estimer la flèche .

B- Application pour la flexion 4 points

- 102 -
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Les angles de gauchissement ont pour expression dans les deux zones mécaniques (l'une
en couplage flexion-cisaillement 0<x<L/4 et l'autre en flexion pure L/4<x<L/2) :
P 2
ϕ x = ϕ1 = − x + c1 0<x<L/4 (20.118)
4 Ex I

PL
ϕ x = ϕ2 = − x + c2 L/4<x<L/2 (20.119)
8E x I

La flèche au milieu de la poutre, s'écrit, en tenant compte du cisaillement transverse :


8
w c (S) = (1 + S )w c (0) (20.132)
11
Où wc(0) est la flèche "milieu" (20.58) sans prise en compte de l'effet transverse .

3- FLEXION DES POUTRES SANDWICHES

- 103 -
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A- Expressions générales

La similitude de comportement entre les plaques sandwiches symétriques avec


cisaillement transverse permet de transposer les résultats obtenus aux paragraphes précédents
à la flexion des poutres sandwiches . Dans le cas de la flexion pure , l'équation constitutive
des matériaux se réduit à :

    
 Mx   D 11 D12 D16   kx 
    
 M y  =  D12 D 22 D 26   ky  (20.134)
    
 M xy   D16 D 26 D 66   kxy 

 Qy   H H 45  

γ 0 

yz
  =  44
 Qx   H 45 H55   γ 0
xz 

(20.135)

Il y a cependant des différences essentielles entre les résultats établis précédemment,


adaptés aux poutres monolithiques, et les poutres sandwiches, au niveau de la distribution des
contraintes.

Berthelot considère alors pour illustrer cet aspect un sandwich symétrique constitués de
deux peaux identiques dont les axes d'orthotropie sont parallèles aux axes x-y de la poutre et
d'une âme dont les axes principaux 1-2 sont parallèles aux axes x-y. Les contraintes en
membrane dans la couche k de la peau supérieure ou inférieure sont données par les relations
suivantes :

k k h dϕ x
σ xx = ±Q 11
2 dx
k k h dϕ x
σ yy = ±Q 12 (20.137)
2 dx
k
σ xy = 0

La contrainte de cisaillement transverse s'écrit :

- 104 -
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k k ∗ Ph
σ xz = ±Q 11 D 11 (z + c k ) (20.141)
4b

Les constantes ck sont déterminées en annulant σxz sur les faces supérieure et
inférieure et en assurant sa continuité entre chaque couche . La contrainte de cisaillement
dans l'âme σaxz est constante et est obtenue par continuité à l'interface peau/âme .

Critiques : L'approche de Berthelot considère un cisaillement transverse dans les peaux,


ce qui est souvent négligé dans la plupart des approches; cependant elle considère que la
contrainte de cisaillement est constante dans l'âme, ce qui est simplificateur par rapport à la
réalité expérimentale où l'on remarque bien un gradient de cisaillement dans l'âme .

B- Comparaisons entre la théorie des sandwiches et la théorie des


plaques avec cisaillement transverse

Berthelot continue son analyse pour le cas de la flexion 3 points sur poutre sandwiche à
peaux épaisses . Lorsque les peaux sont de faibles épaisseurs par rapport à l'âme, on considère
qu'elles ne transmettent que des efforts membranaires; plus épaisses elles transmettent
également l'effet transverse . quant à l'âme elle est également sollicitée dans son plan et
transversalement .

Il considère ici le cas d'une âme isotrope caractérisée seulement par son module
d'Young Ea et son coefficient de poisson Va, le module de cisaillement de l'âme se déduit par
la relation :

Ga = Ea/(2*(1+Va))

Il compare les résultats obtenus à l'aide de la théorie du stratifié avec effet transverse et
la théorie des sandwiches dans le cas de la flexion 3 points :
Pour le calcul de la flèche, il y a une différence de 30 % entre les deux théories .
En considérant le cas simple de la flexion engendrée seulement par Mx, sont calculées
les contraintes importantes σxx et σxz dans les peaux et l'âme à x=L/2.

1- Par la théorie du stratifié avec cisaillement transverse :

- 105 -
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pour les contraintes longitudinales :

dans les peaux :


m m z
σ xx = −2 a xx σ o (20.165)
ht
dans l'âme :
m a z
σ xx = −2 a xx σ o (20.169)
ht

avec ht=h+2h1 où h1 est l'épaisseur des peaux

avec σo=3PL/(2bh2)
τo=-3P/(4bh)

Les contraintes de cisaillement sont données par :

[ ]
dans les peaux:
2
σ
k
xz
= − a xx
k
τo  z 
4
h
 +dk (20.172)
 t

τ [ ]
dans l'âme :
2
m m  z 
σ xz = − a xx o 1− 4  
 ht 

( )[ ]
2

τ
2
 z
σ xz = σ xz (h / 2 ) + a xx
a m a h
o h 1− 4  
t  ht 
(20.173)
et(20.174)

2- Par la théorie du sandwich :

- 106 -
Chapitre 0 : Généralités
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Pour les contraintes longitudinales :

dans les peaux :


m hht2 ∗S m
σ xx = ±σo D Q (20.175)
12 11 11
elles sont constantes dans les peaux

dans l'âme :
elles sont nulles

Les contraintes de cisaillement sont données par :

dans la peau inférieure, en tension :


 
m
σ xz = τ o 1− ν 1
2
LTm
ht 2
3(h +h1 )h1
 1+2 z 
 ht 
(20.177)

τ
dans l'âme, elle est constante :
a 2 o ht
σ xz = (20.178)
3 1− ν 2LTm h+ h1

On présente par les schémas suivants la répartition des contraintes σxx et σxz dans
l'épaisseur du sandwich (peaux et âme) suivant les théories . En pointillé est présentée la
répartition de ces mêmes contraintes pour une poutre homogène :

4- RECAPITULATIF

- 107 -
Chapitre 0 : Généralités
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Pour une poutre sandwiche symétrique chargée transversalement , en considérant la


flèche ne dépendant que de x (rapport L/b élevé), le comportement est très proche de la
théorie classique des poutres isotropes :

d 2 wo M
2 = − (26.5)
dx JX

Où Jx est la rigidité en flexion de la poutre dans la direction x :


b
J x = Ex I = ∗ (26.6)
D11

Dans le cas de stratifiés orthotropes symétriques, même antisymétriques (les couplages


Bij peuvent être négligés au vu de l'épaisseur du sandwich), le module de flexion et la rigidité
en flexion s'expriment par :
2
12 D12
Ex = (D11 − )
h3 D22
2 (26.7) et (26.8)
D12
J x = b( D11 − )
D22

Dans le cas où le terme D212/D22 est négligeable devant D11 :


D11
E x = 12
h3
(26.9) et (26.10)
b n 3 3 '
J x = bD11 = ∑ (h k − hk −1 )(Q11 ) k
3 k=1

Où les (Q'ij)k correspondent à la matrice de rigidité hors-axes propres du pli .

APPROCHE SIMPLE DU COMPORTEMENT POUTRE SANDWICHE

- 108 -
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1- CRITIQUES

- Comment relier une rigidité théorique à une rigidité expérimentale ?

- Expérimentalement, le L/h choisi, ne permet plus de négliger le cisaillement transverse, on


ne plus parler d'un cas de flexion pure . Ainsi la rigidité mesurée expérimentalement
incorpore à la fois l'effet de flexion et de cisaillement et peut donc difficilement être
rapprochée à une théorie .

- La rigidité déterminée théoriquement considère seulement la rigidité des peaux, comme si


l'âme ne participait pas à l'effet de flexion.

- On rappelle les hypothèses fondamentales du comportement sandwich dans le cadre


d'élasticité en faibles déformations:

1- L'épaisseur de l'âme est bien supérieure à celle des peaux : h>>h1.


2- Les déplacements de l'âme suivant x et y ne dépendent que de z .
3- Les déplacements suivant x et y dans les peaux sont uniformes .
4- Le déplacement transverse w est indépendant de la variable z : la déformation εxx
est négligée .
5- L'âme ne transmet que les contraintes de cisaillement transverse σxz, σyz, les
contraintes σxx, σyy, σxy et σzz sont négligées .
6- Les contraintes de cisaillement transverse sont négligées dans les peaux .

- L'âme Nida des sandwichs testés n'est pas orthotropes car les alvéoles hexagonales ont un
sens longitudinal perpendiculaire au sens global des fibres rajoutant des difficultés
supplémentaires à une approche déjà complexe .

Un matériau sandwich est donc constitué d'un matériau de faible masse volumique
(l'âme) sur lequel est collé deux plaques (les peaux) . Pour schématiser, l'âme transmet par
cisaillement les actions mécaniques d'une peau à l'autre .

2- COMPORTEMENT "SANDWICH" SIMPLE :

Les approches simplificatrices proposent une rigidité du sandwich [8] :

- 109 -
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Df = Efb(h3-c3)/(12(1-vf))

Où b est la largeur du sandwich, h=c+2t son épaisseur totale, c l'épaisseur de l'âme et t


celle de chacune des peaux .
Ef est le module de traction des peaux et vf son coefficient de poisson .
Df, Rigidité à ne pas confondre avec un module de flexion Ex (en MPa), une rigidité D
est alors équivalente à ce module Ex multiplié par l'inertie de la poutre I = b h3/12 (b largeur,
h épaisseur) .

Considérant que les peaux ne travaillent qu'en flexion, elles ne sont soumises qu'à une
contrainte en traction ou compression :

σf= +/- 2M/(bt(h+c))


où M est le moment de flexion, différent suivant les zones "mécaniques" dans le cas par
exemple de la flexion 4 points .

L'âme ne travaille qu'en cisaillement, elle est sollicitée par la contrainte de cisaillement :
τ = 2V/(b(h+c))
où V est l'effort tranchant .

Ces résultats sont établis selon l'hypothèse que les que L/h est élevé et que les peaux
sont assez fines .

L'approche de Gay [9] est encore plus simpliste :

dans les peaux : σf= +/- M/(t+c)


dans l'âme : τ = V/c

Allen [10] est plus fin dans son analyse, tout en considérant cependant les peaux et
l'âme comme des matériaux homogènes, c'est à dire sans prendre en compte la nature
stratifiée des peaux :

La poutre est toujours considérée dans un cadre de flexion majoritaire par rapport au
cisaillement transverse, soit pour L/h grand . L'équation constitutive en flexion est alors :

M/(EI) = -1/R

Où M est le moment de flexion, 1/R la courbure prise .

E*I est alors la rigidité du matériau; pour un "isotrope", E est le module d'élasticité
classique et I l'inertie en flexion . Cependant pour un sandwich, il est plus judicieux de parler
de "D" (équivalent au "EI"), rigidité en flexion du sandwich .

- 110 -
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D = Ef. bt3/6 + Ef. btd2/2 + Ec . bc3/12

Où Ef et Ec sont respectivement les module d'élasticité des peaux et de l'âme, d =


(h+c)/2, (h l'épaisseur totale et c celle de l'âme) .

Dans le cas de la flexion 4 points, cette rigidité intrinsèque peut même être calculée
expérimentalement :

1/D = -1/(M * R) = - 2∆/(M*AF2)


Où dans le cas d'une déflexion faible AF2= BF2=R2-(R-∆2) .

A
E ∆ F
B
R R

∆ est alors la différence de flèche entre les pannes de chargement au niveau de E ou F et


entre la flèche au milieu (A) .

les contraintes longitudinales dues à la flexion sont calculées dans les peaux mais
également dans l'âme :
dans les peaux : σf= M*z*Ef/D
c/2<z<h/2 et -h/2<z<-c/2

z axe ascendant avec pour origine le plan médian de la poutre

dans l'âme : σc= M*z*Ec/D


-c/2<z<c/2

La contrainte de cisaillement transverse est déterminée à travers toute la poutre, elle est
cependant négligée dans les peaux et s'écrit dans l'âme par :
τ = (Q/D) * (Ef td/2 + Ec *(c2/4 - z2)/2)
Dans le cas où l'âme est faible, Ec est négligeable, le cisaillement s'écrit :

- 111 -
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τ = (Q/D) * (Ef td/2)


Et dans le cas où les peaux sont peu épaisses et souples, on peut même écrire pour l'âme
τ = Q/(bd)
Allen évoque alors le concept d'âme "antiplan" ou âme idéale pour laquelle les modules
d'élasticité dans le plan (Ex, Ey) sont nuls, mais le module de cisaillement transverse de
valeur finie .

3- POUR LA FLEXION 3 et 4 POINTS SUR SANDWICHES :

Pour les sandwiches en flexion 4 points, des normes ont été consultées.

Norme : NF T 54-606 "Structures sandwiche à base de plastiques , Essai de flexion" .

Dans cette norme la rigidité de la poutre sandwiche et le module de cisaillement ne


peuvent être déterminées qu'en combinant les résultats expérimentaux tirés des flexions 3 et 4
points . Cependant les contraintes à rupture sont déterminées, toujours suivant l'idée simple
que l'âme travaille en cisaillement et les peaux en flexion :

τ = P/b(h+ea) contrainte de cisaillement dans l'âme en MPa


si la rupture a lieu dans l'âme ou à l'interface âme/peau .
P est la charge à rupture en cisaillement .
h l'épaisseur totale du sandwich, b sa largeur .
ea l'épaisseur de l'âme .

σ = P2d/(4es(h+ea)b) contrainte en flexion de la peau en MPa


si la rupture a lieu dans les peaux .
P2 est la charge à rupture en flexion dans les peaux .
d distance entre appuis .
es correspond à l'épaisseur des peaux .

Pour faciliter les propriétés en cisaillement, le dimensionnement conseillé est d/h=10 et


pour la flexion d/h= 20 .

Norme : ASTM C 393-62 : "Standard Test method for Flexural Properties of Flat
Sandwich Constructions". Norme reprise et détaillée par le "Military Standard : Sandwich
constructions and core materials; general test methods" (MIL-STD-401B, sept. 1967) et
l'article de Feichtinger [14] :

- 112 -
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Dans cette norme la mesure des propriétés du sandwich passe par la connaissance ou
l'estimation des résistances en traction pour la peau (F), en cisaillement pour l'âme (S). On se
place dans des conditions de cisaillement majoritaire pour a/f<4F/S (a est la portée de la
poutre et f l'épaisseur des peaux) . Les contraintes sont alors déterminées de manière suivante.

Dans l'âme :
τ = [P/(h+c)b]k où k=1-e-B B=a(c+f)/8f(finir formule)
où c épaisseur de l'âme, f celle des peaux
G le module de cisaillement de l'âme et E le module de traction des peaux .

Dans les peaux :


σ = Pa/4f(h+c)b

Comme dans la norme NF T 54-606, la rigidité en flexion et le module de cisaillement


sont déterminés par combinaison des flexions 3 et 4 points; cependant en considérant que
l'âme ne participe pas à la flexion , la rigidité s'exprime par :

D= E(h3-c3)b/12 en N.mm4

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CHAPITRE 7

DIMENSIONNEMENT ET CONCEPTION
DE PIECES COMPOSITES

7-1- Essais sur matériaux et structures composites


Avant de modéliser et concevoir des pièces en composites, il y a nécessité de connaître
les lois de comportement des matériaux constitutifs de la structure voire de la structure elle-
même (pour la structure il s’agit plutôt d’essais de qualification et de vérification post
conception).

Les approches analytiques pour connaître le comportement des stratifiées sont parfois
limitées (exemple : loi des mélanges) et sont souvent utilisées pour un pré-dimensionnement.
Une fois un produit présélectionné (exemple : tissu particulier), les essais sont un bon
moyen de connaître précisément les comportements des plis constitutifs d’un stratifié.

Les essais suivants permettent de remonter aux propriétés intrinsèques du ou des


produit(s) constitutif(s) dits « composants » :

Essais sur composants

Paramèt Sollicitations Références


res recherchés
E1, ν12, X+ Traction longitudinale dans le plan 1-2 (1)
E2, ν23, Y+ Traction transversale dans le plan 2-3 (1)
ν13 Traction longitudinale dans le plan 1-3 K. Khellil
Z+ Traction dans l’épaisseur K. Khellil
X- Compression longitudinale guidée Norme NF T 57-103
Y- Compression transversale guidée Norme NF T 57-103
Compression sur cubes K. Khellil
(2) et (3)
E3, Z- Compression sur cubes K. Khellil
(2) et (3)
G12 Traction orientée (off-axis) ASTM
τ12 ultime = S ou traction cisaillement plan [+-45°] D3518-76
Rail-shear avec 2 ou 3 rails
G12 et G23 Torsion d’un barreau rectangulaire K. Khellil
τ13 ultime = R Flexion sous appuis rapprochés ASTM D790-71
τ23 ultime = Q Cisaillement type IOSIPESCU ASTM D4250
F12, F13, F23 Double compression sur cubes K. Khellil

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Références utilisées :

(1) : R. J. Lee : « Compression strength of aligned carbon fibre reinforced thermoplastic


laminates » AERE R 12165 United Kingdom Atomic Energy Authority
HARWELL, Materials Development Division Harwell Laboratory, Oxfordshire,
1986
(2) : P.T. Curtis & J. Morton : « The effects of fibre surface treatment on the
compressive strength of CFRP laminates » RAE TR 82047 (April 1982
(3) : Marvin Knight « Three-Dimensional Elastic Moduli of Graphite/Epoxy
Composites » J. Composite Materials, Vol. 16 (March 1982)

K. Khellil, Thèse de doctorat, UTC, « Evaluation expérimentale d’un critère de rupture


tensoriel polynomial tridimensionnel pour matériaux composites », janvier 1993.

Essais sur structures

En règle générale, tous les essais répondant à un cahier des charges pour une application
particulière.

Pour les structures sandwiches, les essais suivants sont les plus représentatifs :

- flexion 3 points (test en flexion / cisaillement transverse suivant le rapport l/h)


- flexion 4 points (test en flexion / cisaillement transverse suivant le rapport l/h mais
avec toujours la partie centrale en flexion pure)
- cisaillement dans le plan (test de la résistance au cisaillement τxz et de l’adhésion
peau/âme en cisaillement)
- arrachement peau/âme (test de l’adhésion peau/âme)
- Test en écrasement de l’âme (résistance à la compression de l’âme)
- Test en flambement du sandwich (instabilité de la structure en flexion)

7-2- Dessin d’une pièce composite et choix de la stratification


(spécifications)
Il s’agit de parler le même langage entre concepteurs et fabricants afin d’obtenir la
structure en concordance avec les résultats de dimensionnement effectué.

Exemple du passage de la « TVF » vers le « Grammage » du tissu : formule approchée

Gram = epli * Vf * d

Gram : Grammage du pli sec en kg/m2 (à donner au fabricant en g/m2)


epli : épaisseur du pli sec en m
etotal : épaisseur totale du monolithique (fibres + résine)
Vf : taux volumique de fibres, par approximation : Vf = epli / etotal
d : densité de la fibre utilisée dans le tissu sec

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Chapitre 0 : Généralités
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7-3- Rupture des stratifiés


Partie déjà vue en cours dans le chapitre 4, on a vu que le critère le mieux adapté pour
les stratifiés était le critère de Tsaï-Wu. Il faut cependant faire attention aux hypothèses
simplificatrices qui sont prises en compte pour accéder à certains coefficients du critère.
L’approche la plus générale en dimensionnement est souvent le FPF (First Ply Failure),
bien que parfois pour des applications particulières (exemple : le crash) on prendra la LPF
(Last Ply Failure).

7-3- Prédimensionnement
Voir les exemples traités dans le chapitre 26 du livre de Berthelot : « Matériaux
composites, comportement mécanique et analyse des structures », Ed. Masson.

7-4- Liaisons et assemblages, collage


La liaison d’une pièce composite avec d’autres pièces se fait soit par collage, soit par
assemblage par l’intermédiaire d’un rivet, d’un boulon ou d’une pièce appelée « insert ».
cet insert, dans le cas d’un sandwich, est en général noyé dans l’âme du sandwich et
bloqué par le collage des peaux qui reviennent par dessus.

Les colles sont les mieux adaptées pour l’assemblage des matériaux composites à
matrices organiques. Cependant, il est important de connaître les propriétés de ces colles et
leur domaine d’utilisation (conditions de température et d’humidité importantes).

Pour les colles, il vaut mieux les faire travailler en cisaillement ! ! !

En référence, voir les photocopies tirées d’un recueil du CETIM : « Assemblage des
matériaux composites, structures sandwichs et matières plastiques ».

7-5- Modélisation en calcul EF


Prenez garde à l’approche éléments finis qui peut mener à des solutions séduisantes
mais irréalisables. Ainsi, concevez en connaissant au préalable les possibilités de mise en
œuvre des composites (importances des discussions avec les fournisseurs).

- 116 -
Chapitre 0 : Généralités
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CHAPITRE 8

BILAN DU COURS - R&D EN COMPOSITES

8-1- Bilan des connaissances

CONNAISSANC Composants : renforts / matrice


ES ET CHOIX

Lois de comportement des matériaux :


- stratifié
Lois de comportement des composants :
- sandwich
- homogénéisation
- etc.
- essais
• Par la théorie (prise en compte ou non du
cisaillement transverse)
• Par les essais
CRITÈRES

Conception de structures composites par Calcul EF


Cahier
des - linéaire
charges - non linéaire (matériaux, géométrie, chargement)
- endommagement / délaminage

Validation de la conception et du process de fabrication :


- par les essais (statique, fatigue , dynamique
- par l’analytique (pour les structures simples)
- par les méthodes d’optimisation (affinement des paramètres de fabrication en
fonction des sollicitations : angles de drapage, taux de fibres, épaisseurs, etc.)

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8-2- Sensibilisation aux domaines de Recherches actuelles

1- L’homogénéisation et L’endommagement (vu aux chapitres 3, 4, 5)

2- Approches analytiques sur structures sandwiches (vu aux chapitres 6, 7 )

Dès que la structure sandwich se complexifie (anisotropie forte, géométrie et chargement


complexes), les solutions analytiques sont rapidement limitées. L’approche par éléments finis
devient plus adéquate.

3- Le comportement dynamique des matériaux et structures (impact, crash)

Ce domaine est de plus en plus d’actualité (exemple des transports : dimensionnement des
structures au crash pour la sécurité des personnes). L’accès aux lois de comportement
dynamique est primordial mais aujourd’hui insatisfaisant :
- Mal connu en général
- Les métalliques sont mieux connus que les composites
- Les propriétés en fonction du taux de déformation sont investies pour des niveaux bas
(dε/dt < 100 s-1) ou haut (dε/dt > 1000 s-1 ), entre ces deux limites la plage est importante
et mal connue, elle concerne particulièrement les transports terrestres (automobile et
ferroviaire).

Exemple de la recherche dans ce domaine effectuée à l’UTC (collaboration contrat Cifre UTC
/ Bombardier Transport, thèse J. Pasquiet) : canon pneumatique pour le crash permettant
d’atteindre des énergies de 10 kJ et des vitesses de 100 m/s soit 400 km/h.

Figure 1 : Canon pneumatique de crash pour essais sur structures et composants

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Nadia BAHLOULI IPST-ULP
Cours Matériaux Composites / DESS Mécanique avancée et Stratégie industrielle

Figure 2 : Exemple de test sur structure sandwiche composite

Figure 3 : Projectile avec électronique embarqué pour test sur structure sandwiche composite

Figure 4 : Exemple de dommage engendré sur structure sandwiche composite

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Nadia BAHLOULI IPST-ULP
Cours Matériaux Composites / DESS Mécanique avancée et Stratégie industrielle

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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tridimensionnel pour matériaux composites », thèse de doctorat soutenue le 18 janvier 1993,
Université de Technologie de Compiègne

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II) de matériaux composites à renforts tissés à différentes vitesses de sollicitation », thèse de
doctorat soutenue le 25 novembre 1993, Université de Technologie de Compiègne

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