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Psychologie générale COMMUNICATION

Jean Paschoud

Les 6 fonctions du langage


Sommaire Roman Jakobson (1896-1982)
Pour R. Jakobson, linguiste russe, le langage
Modèle de la théorie de l’information (Shannon et
remplit 6 fonctions fondamentales.
Weaver)
Expressive ou émotive. Le langage permet de
Les 6 fonctions du langage (Jakobson)
traduire des émotions. L’intonation, le ton et la
gestuelle renforcent cette fonction (voir figure 2).
Six chapeaux pour penser (De Bono)
Conative ou incitative. Le langage vise à agir sur le
destinataire. Cette fonction utilise souvent l’impératif
Analyse transactionnelle (E. Berne)
ou le vocatif pour interpeller le destinataire (voir
figure 3).
Approche systémique (P. Watzlawick)
Phatique. Dans cette fonction le langage établit ou
maintient le contact, il ne transmet en fait aucune
information pertinente (voir figure 4). Les gazouillis
du nourrisson sont notamment de cette nature, tout
« Si vous m’avez compris, c’est que j’ai dû mal comme une grande partie des conversations dites
m’exprimer » cité par Jean-Luc Godard « de salon ».
Métalinguistique Cette fonction vise à réguler le
discours. Le langage est utilisé pour parler du
langage lui-même. Ainsi les commentaires du
Modèle de la théorie de l’information professeur, notées en marge d’une dissertation
relèvent de cette fonction : « Style maladroit et
Shannon et Weaver (1945) lourd », « « cliché ! », « Redondance ! » ,…
Le modèle de Shannon et Weaver est issu des Poétique. Le langage autorise des effets de style
théories de l’information. Il réduit la communication qui échappent aux autres fonctions : « La terre est
à l’échange d’un message entre un émetteur et un bleue comme une orange » (Eluard).
récepteur (voir figure 1). Référentielle. Le langage transmet une information.
(voir figure 5)
Ce message emprunte un canal et peut être
perturbé par des parasites susceptibles de brouiller
l’écoute (bruit). Le modèle suppose également un
codage par l’émetteur et un décodage par le Six chapeaux pour penser
récepteur. Chaque élément du message peut être De Bono (1985)
évalué en termes de probabilité d’apparition ce qui Le psychologue De Bono est un touche-à-tout de
autorise en outre le calcul du désordre lié à un génie, connu surtout pour ses travaux en sciences
message. cognitives et notamment sur la pensée latérale.
Dans son ouvrage intitulé « Six chapeaux pour
Bien que conçu à l’origine pour théoriser les penser », il défend l’idée qu’un clown est d’abord
échanges téléphoniques, le modèle, par sa reconnu à son chapeau pointu et que la
simplicité, reste actuel. communication se trouverait facilitée si le mode de
pensée des interlocuteurs pouvait être
Locuteurs : émetteur et récepteur immédiatement identifié.
Code : langue, code graphique, visuels, gestes,…
Information : message, contenu, connaissances, De Bono distingue 6 modes de pensée représentés
signification. par six chapeaux de couleurs différentes.
Codage/décodage : traitement de l’information. Blanc : neutralité, objectivité, énoncés factuels,
Canal : média, support (écrit, oral, dessin,…). froideur du papier, simplicité et minimalisme.
Bruits : éléments perturbateurs de la Rouge : émotions, sentiments, intuitions,
communication. pressentiments, feu de la passion.
Rétroaction : feed-back, information en retour (du Noir : Critiques négatives, objections, jugements
récepteur vers l’émetteur) permettant le contrôle du négatifs, prudence, identification des dangers,
message. avocat du diable.
Cadre de référence : ensemble des Jaune : Critique positive, rêves, point de vue
connaissances, représentations, attentes dans constructif, optimisme.
lesquelles s’inscrit l’interprétation. Vert : Créativité, recherche de solutions
alternatives, fertilité des idées.
Bleu : organisation, chapeau du meneur de jeu, de
l’animateur.
COMMUNICATION
Dans des interactions sociales normales, ces
chapeaux se succèdent dans la confusion. De Bono
propose de les porter en toute connaissance de
cause, de les identifier sur la tête de l’autre et de les
alterner en fonction du problème à résoudre.
L’efficacité de la communication s’en trouve
grandie.

Analyse transactionnelle
Eric Berne (1910-1970)
Eric Berne, psychiatre américain, postule que la
personnalité s’organise autour de trois niveaux
(Etats du Moi) qui sont susceptibles de prédominer
dans les échanges en fonction des circonstances.
Ainsi chacun peut agir, et communiquer, en tant que
parent, adulte ou enfant.
En situation « normale », le dialogue doit s’établir
d’adulte à adulte. Les autres cas de figures sont
conflictuels voire pathologiques.
Les échanges sociaux sont envisagés en tant que
t r a n s a c t i o n s en ce sens que chacun des
partenaires agit en fonction de l’offre et de la
demande. Dans les échanges réguliers, les
transactions prennent souvent la forme d’un « jeu »
ritualisé enfermant chacun des partenaires dans un
rôle figé. (Voir figure 6)

Approche systémique
Issue de la cybernétique (Norbert Wiener, 1948) et
de la biologie (Ludwig von Bertalanffy, 1968), cette
théorie postule que la réalité psychologique,
sociologique,…est organisée en système. La
dimension psychologique et thérapeutique de cette
théorie est due à l’Ecole de Palo Alto et notamment
à Paul Watzlawick. (Paul Watzlawick, J.H. Beavin,
Donald D. Jackson, Une logique de la
communication, 1972, Paris, Seuil.)

La réalité psychologique est un système qui jouit


des propriétés suivantes :
- il est constitué d’éléments qui entretiennent
entre eux des relations d’interdépendance ;
- les rapports d’interdépendance entre les
éléments et ce qui en résulte (totalité) sont régis
par des règles logiques. Le tout ne peut être réduit à
la somme des éléments qui la constitue (n o n -
sommativité)
Un système est ouvert s’il entretient des échanges
(énergie, information,…) avec son environnement, il
est clos dans le cas contraire.
L’environnement d’un élément est l’univers dont la
modification entraîne des conséquences pour
l’élément concerné.
A l’intérieur d’un système, il est possible d’observer
des sous-systèmes en interaction les uns avec les
autres. Ces sous-systèmes sont généralement
complémentaires et hiérarchisés.

2
COMMUNICATION
Communication

D
C E
O CANAL C
EMETTEUR D O RECEPTEUR
A D
G A
E G
E

Figure 1

Figure 2

Figure 5

P P

A A

E E
Figure 3

P P

A A

E E

P P

A A
Figure 4
E E

Figure 6