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Réflexion sur la société de

demain et la place de l’ingénieur


dans celle-ci
COMMENT L'INGÉNIEUR DE DEMAIN PEUT CONTRIBUER ET
METTRE SON MÉTIER AU SERVICE DE LA CONSTRUCTION
DE SYSTÈMES QUI PERMETTENT LA RÉSILIENCE,
L'AUTONOMIE ET LA JUSTICE SOCIALE ?

EL BAKKOURY Yassine 16050 4MIN


2019-2020
Table des matières
Introduction ............................................................................................................ 2
Risques d’effondrement du système actuel ........................................................... 2
Impératif de croissance ....................................................................................... 2
pénuries des ressources naturelles ......................................................................3
Crise climatique ....................................................................................................3
Destruction des écosystèmes ...............................................................................3
compléxité et fragilité du système ...................................................................... 4
Quelles solutions ? .................................................................................................. 4
Accepter la décroissance ..................................................................................... 4
Importance de l’intelligence collective .............................................................. 5
Désobéissance civile non violente ...................................................................... 5
Biomimétisme...................................................................................................... 6
Économie de la connaissance ............................................................................. 6
Situation du Covid-19 .............................................................................................. 7
Conclusion ............................................................................................................... 8

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Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les
plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux
changements. (Charles Darwin)

Introduction
Comment l'ingénieur de demain peut contribuer et mettre son métier au service
de la construction de systèmes qui permettent la résilience, l'autonomie et la
justice sociale ?

Afin de répondre à cette question, je vais commencer par énoncer les grands
problèmes que nous rencontrons actuellement et qui risquent de mener notre
système vers un effondrement. Puis, je discuterai plusieurs idées qui ont le plus
retenu mon attention au cours de mes recherche et visionnages. Je ferais
ensuite le point sur ce que je pense de la situation de la crise du coronavirus et
également sur ce qu’on peut en tirer comme leçons. Pour conclure, j’essaierai
d’amener des éléments de réponses sur la question qui a été posée, à partir des
diverses réflexions que j’ai pu avoir durant mes recherches et la rédaction de ce
rapport.

Risques d’effondrement du système actuel


IMPÉRATIF DE CROISSANCE
Depuis qu’il existe, l’être humain, comme tous les autres êtres vivants, a pour
buts biologiques de chercher de quoi se nourrir afin de survivre ainsi que de se
reproduire afin d’assurer la pérennité de son espèce. Ce qui le différencie
principalement des autres êtres vivants, ce sont ses facultés cognitives qui lui
permettent d’appréhender une série événements sur du très long termes. Il est
par exemple capable de pratiquer l’agriculture et l’élevage, ce qui n’est pas le
cas pour l’animal car lui est plus « impatient » et est incapable de faire le lien
entre les différentes étapes du travail à fournir et la récompense qui s’en suit (la
nourriture). La majorité des animaux ne peuvent appréhender que les
conséquences directes de leurs actions, pour eux les seuls moyens de se nourrir
sont la chasse et la cueillette et s’ils ne trouvent pas de nourriture, ils sont
incapables de trouver un moyen de la produire.

Depuis la révolution industrielle, notre productivité s’est accrue de manière


exponentielle de même que notre démographie. Nous vivons maintenant à une
époque où les besoins primaires de la majorité des êtres humains sont très
largement satisfaits, mais notre instinct biologique qui nous pousse

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intrinsèquement vers un désir d’infini est toujours présent. Notre système
actuel ne repose plus que sur la maximisation des profits et nous pousse à
consommer toujours plus que ce dont nous avons besoin. Tout cela fait que
nous sommes actuellement confrontés à de nombreux problèmes qui risquent
de mener notre système vers un effondrement, et que si nous ne nous y
préparons pas, la Terre risque de devenir une « planète étuve » où de nombreux
endroits deviendront inhabitables.

PÉNURIES DES RESSOURCES NATURELLES


Cela fait plusieurs décennies que notre société thermo-industriel est largement
dépendante des ressources naturelles non renouvelables tel que le pétrole, le
gaz, les métaux et autres matières premières. Au fil du temps, avec l’apparition
de l’agriculture industrielle, même notre système alimentaire est devenu
directement dépendant des énergies fossiles. Or les découvertes de nouveaux
gisements commencent à se faire de plus en plus rare et il devient de plus en
plus difficiles de les exploiter.

De nombreuses études montrent que nous allons bientôt atteindre un pic


d’approvisionnement de ces ressources alors que les besoins et la
consommation de ceux-ci ne font qu’augmenter suivant notre croissance
démographique. Il est donc fort probable que nous allons être confronté à une
décroissance énergétique et matérielle durant les années à venir.

CRISE CLIMATIQUE
Suivant l’évolution de notre activité et donc de notre consommation des
ressources, plusieurs études montrent que nos émissions de CO2 et d’autres gaz
à effet de serre ne cessent d’augmenter, ce qui va inévitablement induire une
hausse de la température moyenne mondiale au cours des années à venir.

Ce dérèglement climatique, dont on peut déjà voir certains effets aujourd’hui


(fontes des glaces, catastrophes naturelles plus fréquentes, …), aura des
conséquences drastiques tel que la montée des eaux qui va entraîner des
déplacements massifs de population ou encore la fonte accélérée du permafrost
qui risque d’accentuer le réchauffement par boucle de rétroaction en libérant
une grande quantité de gaz à effet de serre.

DESTRUCTION DES ÉCOSYSTÈMES


En 40 ans, la population d’espèces animales vertébrées a chuté de 60% et
actuellement un cinquième des espèces sont menacées d’extinction. De
nombreuses études montrent que nous sommes actuellement au beau milieu
d’une sixième extinction massive, beaucoup plus rapide que toutes celles qui
ont précédée et dont la cause principale est l’activité humaine, d’autant plus

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que l’entrée à l’ère industrielle a fortement aggravée la situation. Parmi les
causes principales de cette catastrophe on peut citer la destruction des milieux
naturelles, le braconnage, la pêche intempestive mais aussi la pollution
atmosphérique et le réchauffement climatique qui perturbent de nombreux
écosystèmes (sécheresse, réchauffement des océans, feux de forêts, …).

COMPLÉXITÉ ET FRAGILITÉ DU SYSTÈME


Les problèmes cités précédemment convergent tous vers un effondrement du
système actuel. Ce qui est encore pire, c’est que ces paramètres sont tous
interconnecté les uns des aux autres ce qui augmente la complexité de notre
système. Vu la multiplicité des interactions et rétroactions entre les différents
secteurs de notre société actuel, il n’existe pas de solution qui puissent résoudre
ou du moins minimiser ces problèmes tout en continuant notre croissance
économique. Cette complexité rend le système très fragiles faces à
d’innombrables événements imprévus qui risquent de perturber les choses
encore plus, tels que les catastrophes naturelles, les pandémies (SPOILER
ALERT), les guerres, …

Actuellement, on assiste à une évolution exponentielle dans tous les domaines


et notre système n’est toujours pas prêt à faire face à une décroissance
indéniable au cours des prochaines années. On risque donc d’être amené à
devoir gérer de plus en plus de problèmes complexes avec moins de moyens et
dont la gravité ne cesse d’augmenter.

Quelles solutions ?
ACCEPTER LA DÉCROISSANCE
https://www.youtube.com/watch?v=kLzNPEjHHb8&feature=emb_logo

Dans sa vidéo, Arthur Keller nous montre 4 types d’imaginaire collectifs qui
tentent de prédire l’évolution de notre système. Il dit clairement que le seul
scénario réaliste route est celui d’une décroissance très rapide de notre
empreinte écologique, et donc de notre économie mondiale et qu’il nous est
impossible d’y échapper. La seule chose que l’on puisse faire aujourd’hui c’est
de mettre en place des aménagements qui vont nous permettre de ralentir cette
chute afin de mieux s’y préparer et d’avoir une certaine stabilisation voire
même une marge d’amélioration qualitative de notre mode de vie.

Il vaut donc mieux accompagner cette descente et que l’on décide nous-même
de ce que l’on sacrifie, plutôt que de négliger la situation et de subir un crash
total du système qui plongerait notre société dans le chaos. Pour cela, je pense
qu’il est très important dès maintenant de mettre à l’esprit de la population

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qu’il est impératif de revoir notre mode de vie actuel et de se préparer à devoir
sacrifier une partie de notre confort habituel.

IMPORTANCE DE L’INTELLIGENCE COLLECTIVE


https://mrmondialisation.org/que-faire-face-aux-risques-deffondrement-du-
monde-contemporain-interview/

https://www.youtube.com/watch?v=kSVA5Q79Urc

Arthur Keller insiste beaucoup sur l’importance des actions collectives à


l’échelle des territoires. Les actions individualistes à long termes sont
contreproductives et c’est plutôt notre résilience collective qui favorise notre
résilience individuelle. En effet, par sa nature l’être humain est une espèce
sociable et tous les progrès majeurs que l’humanité a pu réaliser au cours de
son existence sont le fruit d’une capacité de coopération que l’on ne retrouve
chez aucune espèce animale, mis à part quelques exceptions tels que les
fourmis et autres insectes sociaux.

J’ai aussi trouvé très intéressant les sujets énoncés par Pablo Servigne sur la
massification de la permaculture qui n’est possible qu’avec l’engagement
collectif d’une grande partie de la population, ainsi que l’exemple de Cuba qui a
pu faire face à un effondrement grâce à l’engagement massif de sa population.
Néanmoins, je pense qu’il est aussi important garder à l’esprit que l’être humain
n’est pas une fourmi et qu’il disposera toujours d’un certain individualisme, afin
d’éviter de se tourner vers un régime totalitaire du style communiste qui ne voit
l’être humain que comme une entité faisant partie d’un tout destiné à faire
fonctionner le système.

DÉSOBÉISSANCE CIVILE NON VIOLENTE


https://www.youtube.com/watch?v=Bx9S8gvNKkA

https://www.youtube.com/watch?v=tH5EMxQbrQg&list=PLUHCz9_bLXO7KiI
xMC1fP0emCSlv2kimg&index=6

https://www.youtube.com/watch?v=hpc0PpJAPQ8&t=305s

Malgré un engagement collectif de la population à accepter de décroître


économiquement, cela reste très difficile et insuffisant face à la résistance au
changement qu’exercent les multinationales dont une centaine est responsable
de 71% des émissions de gaz à effet de serre. De plus, l’ensemble des politiques
actuelles que l’on a pour faire face au réchauffement climatique misent toutes
sur une « croissance verte » qui permettrait de continuer une croissance
économique tout en réduisant notre empreinte écologique, or Philippe Bihouix
nous montre que dans les faits ce découplage n’a jamais eu lieu.

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Pour Julien (je ne sais pas comment s’appelle le monsieur de Partager C’est
Sympa mais je vais l’appeler Julien) il faut démanteler le système actuel par des
actions de luttes sans violences face aux politiques actuelles via des
mobilisations massives de la population ou encore des actions directes de
sabotages. Il faut également profiter de la situation de crise que nous vivons
actuellement pour imposer des mesures qui nous permettent de revoir
sérieusement notre manière de consommer et notre rapport à la nature.

BIOMIMÉTISME
https://www.youtube.com/watch?v=OVd8YOFvVtc

https://www.youtube.com/watch?v=MbyHEmjBTKU&t=712s

https://www.youtube.com/watch?v=aFM040E0g34

Dans une récente vidéo, Idriss Aberkane fait une critique de la collapsologie
contemporaine en admettant que c’est un enchainement d’idées qui tiennent la
route mais qui se base sur des prémices fausses qui sont la pénurie et l’in
substituabilité du pétrole. Il cite notamment différentes technologies que l’on
pourrait utiliser afin de diminuer notre dépendance au pétrole, comme certains
biocarburants, les batteries au graphènes ainsi que les projets de Gunter Pauli
qui prône l’innovation de technologie ayant un impact positif sur
l’environnement.

Je suis assez sceptique sur les idées de Aberkane et Pauli concernant le


biomimétisme car elles me semblent un peu trop optimiste, mais je pense qu’il
pourrait être très intéressant d’explorer ces idées à la suite d’une décroissance
du système afin d’essayer d’améliorer nos conditions de vies en partant sur de
bonnes bases.

ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE
https://www.boursorama.com/patrimoine/actualites/l-economie-de-la-
connaissance-selon-idriss-aberkane-319f1df88e116ed7d6daf0ad94375fec

https://www.youtube.com/watch?v=DEbZyIMeBxA

L’économie de la connaissance, contrairement à l’économie traditionnelle, se


base sur l'exploitation des ressources inépuisables comme le savoir et où la
croissance est immatérielle. Cette idée découle en grande partie des théories du
biomimétisme, dans le sens où il s’agit d’une économie qui s’inspire du
fonctionnement des écosystèmes naturels.

Je pense que depuis un bon moment l’être humain a tendance croire qu’il peut
complétement modifier son environnement comme il le désir, or on s’aperçoit

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de plus en plus que cette mentalité est fausse vu les nombreux problèmes que
vit actuellement notre système. On peut remarquer que la mentalité
matérialiste et individualiste des êtres humains qui se base sur la maximisation
du profit à cours termes se rapproche beaucoup de la mentalité d’un animal
qui, comme je l’avais cité plus haut, ne peut appréhender que les conséquences
directes de ses actions. J’aime beaucoup la théorie de l’économie de la
connaissance car elle se base sur le véritable potentiel de l’être humain qui est
sa capacité à rechercher savoir et à l’utiliser de la meilleure des façons possibles.

Situation du Covid-19
https://www.youtube.com/watch?v=mr9IEab49eY

https://mrmondialisation.org/covid-19-une-crise-de-notre-modele-de-
civilisation-selon-arthur-keller/

https://www.youtube.com/watch?v=RrDumhOKqcg

Nous vivons actuellement dans le monde entier une des pires crises que notre
civilisation ait vécue depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette crise nous
démontre à quel point notre système est fragile face à des évènements que l’on
est incapable de contrôler. Selon de nombreuses études la cause primaire de
cette pandémie vient du trafic illégal d’animaux sauvages (d’où l’idée de mettre
un pangolin en couverture, parce qu’il faut bien mettre une photo de
couverture et que les pangolins c’est mignon) et montre à quel point notre
rapport nocif envers certaines espèces en voie de disparition qui n’est qu’un
problème parmi tant d’autre peut complétement chambouler le système.
D’ailleurs ces animaux sont souvent chassés par une population pauvre pour
ensuite être revendu à une population plus riche ce qui montre que les
principaux acteurs de ce problème se répartissent dans tous les niveaux de vie.
Comme le dit Arthur Keller, cette crise n’est que le résultat de la quête du profit
à court terme et montre a quel point notre système est fragile.

J’ai eu plus ou moins la même réflexion que Aurélien Barrau durant cette
période de confinement. En effet, j’ai aussi été impressionné par les décisions
radicales prise par plusieurs gouvernements dans le monde entier et la facilité
avec laquelle une très grande partie la population s’est résiliée à sacrifier sa
liberté afin de combattre collectivement un grave problème de santé publique.
Cela démontre notre grande capacité d’adaptations et de résilience lorsque l’on
fait directement face à une crise d’une telle ampleur, et je pense que cette
situation nous permettra à l’avenir d’être plus lucide et conscient de la
catastrophique climatique qui risque inévitablement de causer des tragédies
humaines beaucoup plus grave que le coronavirus.

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Conclusion
Depuis la révolution industrielle, il est clair que les ingénieurs ont joué un rôle
capital dans la construction de notre système actuel. Les différentes techniques
qu’ils ont mis au point ont largement contribuer au progrès humain et social.
Néanmoins comme nous venons de le voir, cette croissance exponentielle est
responsable de nombreux problèmes qui pourrait nous mener vers un
effondrement de notre société.

Selon moi, l’erreur qu’ont fait les ingénieurs a été de croire que l’on pourrait
toujours résoudre les problèmes grâce à l’innovation technologiques et en
modifiant notre environnement. Or de nos jours, on s’aperçoit de plus en plus
des limites de cette mentalité et la nature nous rappelle qu’il faut que nous
fassions preuve d’une certaine capacité d’adaptation qui je pense a été perdue à
cause de notre surconsommation et notre confort moderne, auquel c’est toute
notre civilisation qui court à sa perte.

Je pense qu’il devient de plus en plus important de sensibiliser un maximum les


futurs ingénieurs durant leurs formations notamment à travers des différents
séminaires mais aussi en adaptant les cours plus traditionnels et en mettant
une de plus en plus d’importance vers des cours qui se tournent plus vers des
perspectives d’avenir qui pourrait contribuer à tourner notre société vers un
système plus résilient. Je pense également au biomimétisme et à l’économie de
la connaissance, qui pourraient être des domaines très intéressants à
développer pour les ingénieurs de demains.

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