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TP E3 Lycée Descartes PC/EVH/09-10 semaine 5

TP d’électrocinétique n◦3
Multiplication de Signaux
Analyse spectrale

La multiplication de deux signaux est une opération non-linéaire fréquemment rencontrée en électronique
d’instrumentation ou de traitement des signaux ; on se propose ici de présenter cette fonction et d’analyser
certaines de ces applications courantes. Deux méthodes de représentation des signaux seront utilisées :
☛ la représentation temporelle visualisée à l’oscilloscope ;
☛ l’analyse spectrale mettant en œuvre la transformée de Fourier (FFT) et utilisant le logiciel Latis
c
Pro .

On rappelle qu’un compte-rendu de TP soit pouvoir se lire sans le texte du TP, il doit donc décrire la finalité de
l’expérience, le matériel utilisé et le mode opératoire, justifier le choix des valeurs choisies, donner les résultats
bruts mesurés, présenter les calculs menant au résultat net recherché, commenter la concordance entre théorie
et expérience.

I. Le multiplieur

Le multiplieur possède :
✶ deux bornes d’alimentation +15 V et −15 V que l’on protègera avec des capacité de 1 µF (et non
pas 0, 1 µF comme sur la figure),
✶ cinq bornes d’entrée, dont les potentiels sont notés VX1 , VX2 , VY1 , VY2 , VZ ;
✶ une borne de sortie de potentiel VS .
La fonction réalisée par le multiplieur est :

VS = k(VX2 − VX1 )(VY2 − VY1 ) + VZ


où k est un coefficient dont la valeur est généralement égale à 0, 1 V−1 , permettant de ce fait d’appliquer
des signaux de l’ordre de la dizaine de volts sur les entrées sans que le signal de sortie ne dépasse 10 V
(saturation évitée).

Dans tout ce TP, on reliera les bornes X2 , Y2 et Z à la masse et l’on allège ainsi les notations : X = VX1 ,
Y = VY1 , S = VS d’où la fonction réalisée est :

S = kXY

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Le montage sera symbolisé comme suit :

II. Amplification de gain variable - Multiplication


d’un signal par une tension continue

1. Aspect temporel
Une première approche du multiplieur est obtenue en appliquant sur l’entrée X un signal continu délivré
par un générateur de tension variable et sur l’entrée Y un signal variable obtenu à l’aide d’un GBF. On
peut donc alors écrire S(t) = kXY(t) ; il apparaît donc que l’opérateur, de signal d’entrée Y(t) et de signal
de sortie S(t), est un amplificateur de gain kX (amplification à gain variable – variable par X –).

Cette fonction est utilisée dans de nombreux domaines.

Choisir X = 1 V et Y(t) sinusoïdal de fréquence 1 kHz, de valeur moyenne nulle puis égale à 2,5 V. À
l’oscilloscope, observer puis mesurer l’amplitude crête à crête et la valeur moyenne du signal de sortie.
On peut ensuite utiliser X = 2 V (Y inchangé) pour mettre en évidence le caractère amplificateur à gain
variable. Reprendre les observations avec un signal triangulaire puis rectangulaire. Vérifier la valeur de
k.

2. Analyse spectrale
Sur le plan spectral, dès que l’on a compris que l’opération «multiplication» associant S(t) à Y(t) est
linéaire et que la bande passante du multiplieur contient le spectre de Y dans son ensemble, on déduit
aisément le contenu spectral de S à partir de celui de Y. Toutes les composantes de Fourier sont multi-
pliées par le même facteur kX.

c
Nous allons le vérifier grâce au module «Analyse de Fourier» du logiciel Latis Pro .
Brancher la tension à analyser sur l’entrée EA0 de l’interface. Puis dans le menu rapide à gauche de
l’écran, activer l’entrée EA0 puis appuyer sur F10 (raccourci clavier d’«acquisition»). Lancer ensuite
l’analyse de Fourier en cliquant dans le menu sur Traitement/Calculs Spécifiques/Analyse de Fourier.
Glisser alors la courbe EA0 comme demandé depuis la liste des courbes disponibles (menu rapide).

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Pour toute information supplémentaire sur le fonctionnement du logiciel, on se reportera à la notice pa-
pier fournie ou directement au menu «aide» du logiciel.

On choisit Y(t) sinusoïdal. Que s’attend-on à trouver comme spectre ? Pour les signaux triangulaires et
rectangulaires, le spectre de Fourier se calcule facilement, cependant ce n’est pas l’objet de ce TP. Nous
allons nous contenter de vérifier la théorie, à savoir que l’harmonique de rang n impair a une amplitude
en 1/n2 pour le triangle et en 1/n pour le carré et une amplitude nulle pour n pair.

Observer les spectres de chacun de ces trois signaux à l’aide de Latis Pro. Observe-t-on les spectres at-
tendus ? Mesurer les amplitudes des composantes de Fourier pour argumenter votre réponse. Représenter
les spectres sur votre compte-rendu (on ne gaspillera pas le papier en imprimant une dizaine de spectres).
Commenter.

On peut aussi rajouter une constante à un signal sinusoïdal grâce à l’offset du BF, pour étudier d’autres
spectres. En rajoutant une constante à un triangle ou un carré, on doit voir réapparaître les harmoniques
pairs.

Observer ces spectres à l’ordinateur. Attention dans ce cas au réglage de l’oscilloscope : la voie de l’oscil-
loscope qui enregistre Y(t) ou S(t) sera en mode DC ; profitons-en pour rappeler que le mode AC ne doit
être utilisé qu’exceptionnellement et que sa nécessité soit clairement justifiée.

III. Mesure d’une valeur efficace - Multiplication d’un


signal par lui-même

1. Cas d’un signal sinusoïdal


Les entrées X(t) et Y(t) sont branchées en parallèle à la sortie d’un GBF de sorte que X(t) = Y(t) =
Xmax cos(ωt). Vérifier que :

kX2max kX2max
S(t) = + cos(2ωt)
2 2
On conçoit qu’il se produit un changement des fréquences dans le spectre du signal (à cause de la non-
linéarité de l’opérateur). Une composante continue apparaît (valeur moyenne) et une nouvelle pulsation
(2ω).

Il faut prendre Xmax de l’ordre de 10 V, pourquoi ?

Observer le signal de sortie (mesurer son amplitude, sa valeur moyenne, sa fréquence à l’oscilloscope ou
à l’ordinateur) pour signal sinusoïdal de fréquence 1 kHz, d’amplitude 5 V et de valeur moyenne nulle
appliqué sur les deux entrées. Observer également son spectre. Mesurer les amplitudes des composantes
de Fourier. Commentaires.

La tension efficace vrai (RMS pour Root Mean Square) Xef f est définie comme la racine carré de la
moyenne quadratique de X(t) soit < X(t)2 >= X2ef f (où la notation < f (t) > désigne la moyenne tem-
porelle de la fonction périodique f (t)), d’où < S(t)2 >= kX2ef f . On sait que pour un signal sinusoïdal,

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comme le prouve la linéarisation ci-dessus, Xef f = Xmax / 2.

Expliquer pourquoi un filtre passe-bas placé en sortie du multiplieur donne automatiquement < S(t) > et
permet donc une mesure expérimentale de Xef f , à condition de connaître la valeur de k. Quelle condition
lie ω, pulsation du signal et ωc , pulsation de coupure du filtre pour un fonctionnement correct ? Comment
réaliser un filtre passe-bas avec une résistance R et une capacité C ? Que vaut ωc en fonction de R et C ?
Proposer vous-même un triplet de valeurs numériques pour ω, R et C.

Réaliser l’expérience : injecter aux entrées X et Y, ainsi qu’en voie 1 de l’oscillo, un signal de fréquence
adaptée, d’amplitude un peu moins que 10 V ; injecter en voie 2 en mode DC (pourquoi ?) la sortie S.
Mettre en place le filtre et brancher sa sortie en voie 2 : on doit voir un signal constant de valeur kX2ef f .
Si le signal filtré n’est pas constant, c’est que le filtre√ est mal conçu et qu’il faut se faire aider par un
tiers. . . S’il l’est, vérifier qu’on a bien Xef f = Xmax / 2. Observer les spectres de X et S en fonction de
la fréquence du signal. Commenter.

2. Cas d’un signal triangulaire


Si X(t) est triangulaire, montrer que la moyenne temporelle de S = X2 se confond avec le terme a0 /2 du
développement de Fourier et donc que, là encore, un filtre passe-bas donne automatiquement < S > donc
Xef f .

On pourra essayer de montrer par le calcul que Xef f = Xmax / 3, mais l’objectif de la PC en physique
n’est pas la maîtrise calculatoire, on pourra donc admettre ce résultat ou se faire expliquer comment on
mène les calculs.

Refaire l’expérience précédente avec un signal triangulaire.

IV. Modulation et démodulation

1. Intérêt de la modulation
P
Il s’agit de la multiplication d’un signal BF dit modulant modélisé par i ai cos(ωi t + ϕi ) où les ωi sont
majorés par ωm = 100 rad.s−1 (soit environ 20 kHz) par une sinusoïde haute fréquence, dite porteuse
modélisée par A cos(Ωt) de fréquence 1 à 100 MHz. Le résultat de la multiplication est, après linéarisation :
1X
[Aai cos((Ω − ωi )t − ϕi ) + Aai cos((Ω + ωi )t + ϕi )]
2 i
qui est une somme de sinusoïdes de pulsations comprises entre Ω − ωm et Ω + ωm .

Dessiner le spectre de chacun des signaux mis en jeu par cette opération. Comment sont modifiés les
spectres si le signal modulant présente une valeur moyenne non-nulle ?
P
Si un autre signal i bi cos(ωi t + ψi ) est modulé par une autre porteuse B cos(Ω′ t), avec disons Ω′ > Ω,
cette fois la plage de fréquences est comprise entre Ω′ − ωm et Ω′ + ωm . Les deux plages sont disjointes
dès que Ω′ − Ω > 2ωm . Dès lors, un filtre passe-bande ajustable permet de choisir l’une ou l’autre des
émissions contenant l’un ou l’autre des signaux.

Dans tout ce TP, on trichera avec la réalité faute de disposer de générateurs atteignant 100 MHz. De plus
si l’on veut exploiter les spectres de Fourier via l’ordinateur (dont la bande passante est très limitée),
il faudra pendre pour la porteuse un signal ne dépassant pas les 10 kHz. Donc on choisira les valeurs

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suivantes par exemple : porteuse à 8 kHz et modulante à 200 Hz. Ne pas hésiter à choisir d’autre couples
de valeurs plus proches de la réalité pour visualiser les phénomènes à l’oscilloscope.

2. Modulation
Dans un premier temps, le signal BF sera modélisé par une seule sinusoïde avec un offset important, soit
a + b cos(ωt) avec b > a de sorte que le signal modulant soit toujours positif (pour un fonctionnement
correct du premier type de démodulation - voir paragraphe suivant).

Injecter aux deux entrées du multiplieur la porteuse et le signal. Injecter sur les deux voies de l’oscillo en
bicourbe et mode DC, d’une part le signal, sur lequel on synchronise et d’autre part la sortie du multi-
plieur. Vérifier que vous observez ce que vous aviez prévu.

Grâce au logiciel, réaliser le spectre de la sortie du multiplieur et vérifier que l’on obtient ce qui est prévu.
Recommencer en remplaçant le signal sinusoïdal par un triangle ou un carré.

3. Démodulation par redressement et filtration - Détecteur


de crête
Dans la pratique, la sortie du modulateur (multiplieur) est transformée en onde radio, captée par une
antenne et re-transformée en signal identique. Ici, bien sûr, nous «repiquerons» directement à la sortie
du modulateur. Il s’agit maintenant de reconstruire le signal à partir de la porteuse modulée. À cet effet,
nous réalisons le montage suivant qui est la première solution historique :

La diode est supposée idéale ; quelle est l’expression de S2 (t) ? (On n’oubliera pas que le signal modulant
est positif pour tout t.)
P
On sait que | cos(Ωt)| = a0 /2 + p ap cos(pΩt) avec a0 6= 0. Donner l’expression de S3 (t) si le filtre
passe-bas est bien conçu. Proposer des valeurs acceptables pour R et C. Pourquoi le redressement par
diode était-il nécessaire avant filtration ?

Réaliser l’expérience et visualiser le signal modulant sur la voie 1 de l’oscillo et sur la voie 2 successivement
S1 , S2 et S3 .

4. Démodulation synchrone
Les récepteurs modernes contiennent un oscillateur qui fournit une sinusoïde de fréquence variable et que
l’on règle sur la fréquence de la porteuse de l’émetteur choisi. Dans le TP, on se branchera, bien sûr, sur
le même générateur. Dans le récepteur, le signal reçu est re-multiplié par la sinusoïde locale et l’on filtre.
Le montage est donc le suivant :

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Donner l’expression brute de S′ , remplacer cos2 (Ωt) par sa décomposition de Fourier (analogue à celle
de | cos(Ωt)|) puis linéariser le produit de chaque terme par cos(ωt). En déduire, avec un filtre passe-bas
bien conçu, l’expression de S′′ . Proposer des valeurs acceptables pour R et C.

Réaliser l’expérience et visualiser le signal sur la voie 1 de l’oscillo et sur la voie 2 successivement
S, S′ et S′′ . Notez qu’ici le signal n’a pas besoin de décalage offset : vérifier le expérimentalement (et
théoriquement). Analyser les spectres de S, S′ et S′′ dans ce cas.

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Matériel
Paillasses élèves (5)
❃ Ordinateurs avec interface et logiciel Latis Pro
❃ Oscilloscopes numériques type tektronix 2000 (avec FFT)
❃ GBF Hameg couplé avec Alimentation stabilisée × 2
❃ Plaquette Lab
❃ Multimètre numérique MX52
❃ Multiplieur AD633 × 2
❃ Capacités 1 µF × 4 et 10, 22, 100, 220 nF
❃ Résistances 1 kΩ × 2, 10 kΩ × 2
❃ Diode à jonction
❃ Câbles coaxiaux/BNC et « té » coaxiaux

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