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Matériaux ferromagnétiques

amorphes

par Jean-Claude PERRON


Directeur de Recherche au CNRS. Laboratoire de Génie Électrique
de Paris (LGEP) à l’École Supérieure d’Électricité

1. Remarques préliminaires ....................................................................... K 728 - 2


2. Principaux alliages commercialisés. Compositions ....................... — 2
3. Traitements thermiques ......................................................................... — 2
4. Propriétés électromagnétiques de base ............................................ — 3
5. Propriétés physiques .............................................................................. — 4
6. Propriétés mécaniques ........................................................................... — 4
7. Propriétés magnétiques statiques ...................................................... — 4
8. Propriétés magnétiques sous flux alternatif .................................... — 5
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. K 728

es alliages métalliques à structure amorphe, encore appelés verres métal-


L liques, sont des matériaux dans lesquels il n’existe pas d’ordre atomique à
grande distance.
Ils correspondent à une phase métastable qui prolonge la phase associée au
liquide surfondu et lui est thermodynamiquement identique.
Ces alliages amorphes peuvent, en particulier, être utilisés pour la réalisation
de petits et moyens transformateurs (25 à 100 kVA) et la fabrication de
composants magnétiques utilisables en électronique de puissance.
Le lecteur pourra se reporter aux articles suivants du traité Génie Électrique :
— Matériaux ferromagnétiques amorphes et nanocristallins [D 2 150] ;
— Théorie du magnétisme [D 175] ;
— Électromagnétisme [D 1 020] ;
et du traité Électronique :
— Matériaux magnétiques amorphes, micro et nanocristallins [E 1 770] ;
— Ferromagnétisme [E 1 730].
4 - 1994
K 728

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MATÉRIAUX FERROMAGNÉTIQUES AMORPHES ______________________________________________________________________________________________

1. Remarques préliminaires Depuis plusieurs années, les compositions atomiques précises des
divers matériaux ne sont plus communiquées par les producteurs.
Nous donnons ici, à titre d’information, les compositions probables
Les caractéristiques des matériaux férromagnétiques amorphes des alliages commercialisés.
qui sont regroupées dans cet article concernent divers paramètres Ces matériaux sont fabriqués sous la forme de rubans minces dont
dont certains sont déjà définis dans d’autres traités : Génie électrique les épaisseurs sont de l’ordre de 15 à 30 µm environ et dont les lar-
et Électronique. Par commodité, ils sont redéfinis succinctement geurs vont de 10 à 250 mm environ. Les longueurs peuvent atteindre
dans les commentaires relatifs à chaque tableau. Nous donnons des plusieurs centaines de mètres. Les épaisseurs les plus faibles sont
valeurs numériques uniquement pour les alliages magnétiques en général réservées pour des utilisations aux fréquences élevées
actuellement commercialisés, de nombreuses autres compositions (100 kHz et au-dessus) et les largeurs les plus importantes pour les
ont été antérieurement introduites sur le marché, puis abandonnées utilisations aux fréquences de distribution d’énergie (50 ou 60 Hz).
en production pour diverses raisons, souvent pour leur manque de
stabilité thermodynamique.
Les valeurs regroupées dans les tableaux doivent être prises avec
précaution compte tenu de la dispersion dans la préparation de ces
matériaux et de la grande variété des traitements thermiques pos-
3. Traitements thermiques
sibles. Cela est plus particulièrement vrai pour les propriétés magné-
tiques statiques et dynamiques (tableaux 6 et 7). Lorsque les alliages Les alliages amorphes bruts de trempe ne sont que très rarement
sont livrés sous des formes directement utilisables (par exemple : utilisés pour véhiculer des inductions magnétiques. Il est nécessaire
tores enrobés), les caractéristiques magnétiques peuvent être de leur faire subir des traitements thermiques dont quelques carac-
différentes de celles données ici par la suite des modifications téristiques sont rassemblées dans le tableau 2 (origine : Allied
induites par le processus industriel ; cela est tout particulièrement Signal). Ces recuits ont deux objectifs qui peuvent être atteints simul-
vrai pour les alliages à base de fer qui sont fortement magnétos- tanément pour certains types de traitements.
trictifs.
■ Il faut faire disparaître les contraintes mécaniques internes au
sein des rubans. Ces dernières proviennent du processus de
fabrication (trempe rapide) et de la mise en forme (bobinage par
2. Principaux alliages exemple). Les traitements nécessaires sont effectués sans champ
magnétique et sont désignés par la lettre R dans le tableau 2.
commercialisés. ■ On peut également créer un axe de facile aimentation favorable à
Compositions l’application envisagée (anisotropie uniaxiale induite). Géné-
ralement, dans ce cas, on applique durant le recuit un champ magné-
tique d’intensité adaptée (tableau 2). Il pourra être longitudinal (L,
Dans le tableau 1, nous avons récapitulé les principaux alliages selon l’axe du ruban) et conduira à un recuit de type Z surtout utilisé
commercialisés actuellement avec leur désignation industrielle. Ils pour les applications en basses fréquences. Il pourra être transverse
proviennent des deux principaux fabricants : Allied Signal (États- (T ) pour une utilisation à des fréquences élevées et le recuit sera de
Unis) et Vacuumsmeltze (Allemagne). Les produits livrés par ces type F.
deux sociétés sont désignés par les sigles AS et VAC respectivement.
Les traitements thermiques doivent être effectués sous atmos-
(0) phère neutre (vide ou gaz inertes : azote, argon, hélium). Le cycle
comporte une montée en température, un palier et une descente.
Les vitesses de montée ou de descente sont généralement comprises
Tableau 1 – Compositions approximatives entre 1 et 10 oC/min. Si un champ magnétique est utilisé, il est
des principaux alliages commercialisés appliqué durant tout le recuit et le palier a lieu généralement dans
la région où le matériau est ferromagnétique, c’est-à-dire à une tem-
Catégorie Désignation pérature inférieure à la température de Curie θC du matériau (cf.
Composition Fabricant tableau 3).
d’alliages commerciale
Les valeurs des températures des paliers, de leur durée d’appli-
2605 CO Fe 67 Co 18 B14 Si 1 AS
cation et du champ magnétique appliqué sont reportées dans le
2605 S2 Fe 78 B 13 Si 9 AS tableau 2. Elles sont données à titre d’exemple et doivent être opti-
ou 2605 TCA
Metglas misées en fonction de l’utilisation finale du matériau. La dernière
Riches en fer 2605 SC Fe 81 B 13,5 Si3,5 C2 AS colonne du tableau donne les objectifs de chaque recuit. BF
2605 S3A Fe77 Cr2 B16 Si5 AS signifie des fréquences d’utilisation faibles (50 Hz à 1 kHz), MF des
2605 SM Fe-B-Si... (1) AS fréquences moyennes (1 à 50 kHz) et HF des fréquences élevées
(100 kHz et au-delà). Par la suite, dans divers tableaux et figures, nous
Vitrovac 7505 Fe-B-Si... (1) VAC
retrouvons les lettres caractérisant ces traitements thermiques (R,
Metglas 2826 MB Fe 40 Ni 38 B18 Mo4 AS Z et F ) car ils conditionnent de nombreuses propriétés de ces
Fer-nickel alliages.
Vitrovac 4040 Fe 39 Ni39 B12 Si6 Mo 4 VAC
2714 A Co 66 Fe4 Ni1 B14 Si15 AS (0)
Metglas 2705 M Co 69 Fe4 Ni1 B12 Si 12 Mo 2 AS (0)
Riches 2705 MN Co 76 Fe2 Mn 4 B 12 Si 6 AS
en cobalt 6025 Co 66 Fe4 B12 Si16 Mo 2 VAC
Vitrovac 6030 Co 70 (Fe, Mo)2 Mn5 (B, Si) 23 VAC
6150 Co-B-Si...(1) VAC
AS : Allied Signal (USA) VAC : Vacuumsmeltze (D)
(1) Seuls les principaux composants sont donnés ici. La composition précise n’est pas
connue.

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Tableau 2 – Exemples de traitements thermiques


Désignation Température
de palier/Durée Champ magnétique (1) Code
commerciale Applications (3)
de recuit (2)
de l’alliage (oC/h) (4) (A/m)
2 605 CO 320/2 1 600 L Z BF, faibles pertes
2605 S2 ou TCA 380/2 ou 400/2 800 L Z BF, faibles pertes
2605 SC 365/2 800 L Z BF, faibles pertes
2605 S3A 435/3,5 800 L Z MF, faibles pertes
2826 MB 355/2 800 L Z MF, faibles pertes
0 R HF, faibles pertes, µ élevée
2705 M 380/0,5
1 600 L Z HF, cycle rectangulaire
300/0,25 3 200 L Z HF, cycle rectangulaire
2705 MN 300/0,25 3 200 L + 3 200 T Z+F HF, µ élevée
(1) L : champ magnétique longitudinal. (3) BF : basses fréquences (50 Hz à 1 kHz).
T : champ magnétique transversal. MF : moyennes fréquences (1 à 50 kHz).
(2) F : recuit sous champ magnétique transversal (T ). HF : hautes fréquences (à partir de 100 kHz).
R : traitement sans champ magnétique. µ : perméabilité du matériau.
Z : traitement avec champ magnétique longitudinal (L ). (4) h : heures en notations décimales.

Tableau 3 – Propriétés électromagnétiques de base (1)


C s 0  (20 à 200 oC)
Famille Bs
Alliage (oC) (10–6)
d’alliages (T) (10 –8 Ω · m) (10 –4 · K –1)
2605 CO 1,80 415 35 123
2605 S2 ou 2605 TCA 1,56 415 27 137
2605 SC 1,61 370 30 135
À base de fer
2605 S3A 1,41 358 20 138
2605 SM 1,28 310 19 128
7505 1,45 430 24 135 1,5
2826 MB 0,88 353 12 138 1,3
Fe-Ni
4040 0,80 260 8 135 2,3
2714 A 0,57 225 <1 142
2705 M 0,77 365 <1 136
2705 MN 1,2 407 <1 100
Riches en cobalt
6025 0,55 210 < 0,2 135 1
6030 0,82 365 < 0,2 130 0,6
6150 1,00 485 < 0,2 115 2,1
(1) B s : induction à saturation. ρ 0 : résistivité électrique à la température de référence (20 oC).

1 dρ
θC : température de Curie. β = ------ -------- avec ρ résistivité électrique à la température θ.
ρ0 d θ
λ s : magnétostriction à saturation.

4. Propriétés nous avons pratiquement :


B s ≈ µ0 Ms
électromagnétiques avec Ms aimantation à saturation.
de base On constate que les alliages à base de fer possèdent les inductions
à saturation les plus élevées, ensuite viennent les alliages Fe-Ni puis
les alliages au cobalt. Ces derniers possèdent des inductions à satu-
Dans le tableau 3 sont réunies quelques propriétés magnétiques
ration variant dans une large gamme suivant leur composition.
et électriques de base.
θ C est la température de Curie, elle correspond à la température
B s représente l’induction à saturation du matériau, elle corres-
au-delà de laquelle l’alignement des spins devient complètement
pond à un alignement complet des moments magnétiques élémen-
aléatoire et où l’aimantation spontanée disparaît. Au-dessous de θC ,
taires dans la direction du champ magnétique appliqué.
le matériau est ferromagnétique, au-dessus, il devient paramagné-
Comme : tique.
B = µ0 (H + M )
avec H champ magnétique,
M aimantation,

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λs représente la magnétostriction à saturation (cf. article Thermo- plus longs, comme par exemple lors d’une utilisation industrielle,
dynamique physique [A224] dans le traité Sciences fondamentales). peuvent également entraîner une cristallisation lente du matériau
La magnétostriction est le phénomène par lequel la forme (les dimen- et une dégradation irréversible de ses propriétés magnétiques. Aussi
sions) d’un échantillon ferromagnétique change pendant le les températures maximales d’utilisation en régime permanent de
processus d’aimantation. Ce phénomène dépend du niveau d’induc- ces alliages sont-elles très inférieures aux valeurs de θx (tableau 7).
tion dans le matériau, λs correspond à la saturation magnétique (Bs). c p est la capacité thermique massique à pression constante de
On constate que les alliages fer-silicium-bore sont les plus magné- l’alliage, les valeurs manquantes dans le tableau sont probablement
tostrictifs, viennent ensuite les alliages fer-nickel, enfin les alliages du même ordre de grandeur que celles qui sont données ici.
au cobalt. Les compositions de ces derniers ont été déterminées pour
obtenir une très faible magnétostriction. Ceci est très important κ est la conductivité thermique, elle dépend peu de la composition
lorsque l’on doit exercer des contraintes mécaniques entre le recuit de l’alliage. D’origine essentiellement électronique, elle est reliée à
et la mise en forme industrielle du matériau (par exemple, têtes de la résistivité électrique du matériau par la loi de Lorentz (cf.
lecture magnétiques). tableau 3). Sa valeur est importante pour la détermination des
températures internes des dispositifs en fonctionnement (évacuation
ρ est la résistivité électrique de l’alliage, sa valeur conditionne en des pertes internes).
partie l’importance des pertes par courants de Foucault. En général,
pour ces matériaux, le coefficient de température de la résistivité,
β, est faible et positif.
6. Propriétés mécaniques
5. Propriétés physiques Les valeurs, à la température ambiante, des propriétés
mécaniques importantes pour l’utilisation de ces matériaux sont
Quelques propriétés physiques générales sont regroupées dans reportées sur le tableau 5. (0)
le tableau 4. (0)

Tableau 5 – Propriétés mécaniques


Tableau 4 – Propriétés physiques (1) de matériaux non recuits
Alliage v  x cp  (20 à 100 oC) Résistance Dureté
Module à la rupture
(kg · m–3) (10 –6 · K –1) (oC) (J · kg –1 · K –1) (W · m–1 · K –1) Vickers
Alliage d’élasticité E (1) R r (1) HV (2)
2605 C0 7 560 8,6 430 544 9 (GPa) (GPa)
2605 S2 7 180 7,6 550 544 9
ou TCA 2605 C0 100 à 110 1 à 1,7 810
2605 SC 7 320 5,9 480 ..................... 9 2605 S2 ou TCA 100 à 110 1 à 1,7 860
2605 S3A 7 290 6,7 535 ..................... 9 2605 SC 100 à 110 1 à 1,7 880
2605 SM 7 500 6,6 520 ..................... 9 2605 S3A 100 à 110 1 à 1,7 860
7505 7 070 8,0 540 2605 SM 100 à 110 1 à 1,7 990
7505 150 1,5 à2 800 à 1 000
2826 MB 7 900 11,7 410
4040 7 400 12,0 450 2826 MB 100 à 110 1 à 1,7 740
4040 150 1,5 à 2 800 à 1 000
2714 A 7 590 12,7 550 ..................... 9
2705 M 7 800 12,1 520 2714 A 100 à 110 1 à 1,7 960
2705 MN 8 000 560 2705 M 100 à 110 1 à 1,7 900
6025 7 700 12,0 540 2705 MN 100 à 110 .............. 950
6030 7 750 12,0 480 6025 150 1,5 à 2 800 à 1 000
6150 7 840 12,0 415 6030 150 1,5 à 2 800 à 1 000
6150 ................... 1,5 à 2 800 à 1 000
(1) ρv : masse volumique. κ : conductivité thermique
α : coefficient de dilatation thermique. (l’Afnor préconise λ, mais (1) mesure à température ambiante. 1 MPa = 1 N · mm –2
θx : température de cristallisation. il n’est pas utilisé ici pour
ne pas confondre avec (2) pour les équivalences entre les échelles de dureté, voir l’article [M 123]
cp : capacité thermique massique λ s , magnétostriction à Essais mécaniques des métaux. Essais de dureté dans le traité maté-
à pression constante. saturation. riaux métalliques.

ρ v représente la masse volumique des divers alliages, α leur Le module d’élasticité (ou module d’Young) est voisin de 100 GPa
coefficient de dilatation thermique à la température ambiante. pour la plupart des alliages. La résistance à la rupture est comprise
entre 1 et 2 GPa, la limite d’élasticité est proche de cette valeur car
θx est la température de cristallisation, elle correspond à la tem-
la zone plastique est très réduite.
pérature à partir de laquelle le matériau amorphe métastable va rapi-
dement se transformer en un matériau polycristallin. Ce processus La dureté Vickers est très élevée pour des alliages métalliques
dépend à la fois de la transformation, du temps et de la température puisqu’elle est comprise entre 800 et 1000.
(courbes TTT). Des températures plus basses que θx et des temps

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7. Propriétés magnétiques 8. Propriétés magnétiques


statiques sous flux alternatif
Dans le tableau 6 sont réunies quelques propriétés magnétiques Le tableau 7 donne quelques valeurs des pertes magnétiques
mesurées sous champ continu pour des alliages bruts de trempe et mesurées sous flux sinusoïdal à des fréquences et à des niveaux
recuits sous champ longitudinal (recuits de type Z ). d’induction maximale adaptés aux matériaux concernés. Ces valeurs
µr max correspond au maximum de la perméabilité relative d’impé- correspondent à des mesures effectuées sur des rubans bobinés en
dance (Bm/Hm) pour une fréquence d’excitation de 50Hz ; nous en forme de tores dont les épaisseurs sont comprises entre 20 et 25 µm ;
donnons quelques valeurs à titre de comparaison. lorsqu’il en est autrement, l’épaisseur est indiquée. Pour les mesures
aux fréquences élevées ( f 1kHz ), les rubans sont isolés afin de
Hc est le champ coercitif et le rapport Br/Bs est la rectitude (rec- réduire l’importance des courants induits. Sous flux non sinusoïdal,
tangularité) du cycle statique (Br est l’induction rémanente). les pertes ont des valeurs différentes qui dépendent de la forme
Les cycles d’hystérésis statiques des divers alliages sont repor- d’onde.
tés sur les figures 1 et 2. On remarque la grande variété de l’allure La dernière colonne du tableau donne les températures maxi-
de ces cycles suivant les traitements thermiques. (0) males d’utilisation en régime permanent.
Les courbes des pertes magnétiques, sous flux sinusoïdal, sont
portées sur les figures 3, 4, 5 et 6 en fonction du niveau
Tableau 6 – Propriétés magnétiques statiques (1) d’induction maximale et en prenant la fréquence comme
paramètre. Sur ces mêmes figures sont également données, en
 rmax Hc Br /Bs fonction de la fréquence d’excitation, les valeurs des perméabilités
Alliage (103) (A · m–1) relatives d’impédance correspondant à divers niveaux d’induction
Brut de Brut de Recuit maximale.
Recuit Recuit
trempe trempe Les matériaux à base de fer sont essentiellement utilisés aux
2605 C0 120 400 6,4 4 0,90 basses et aux moyennes fréquences, ceux à base de fer-nickel aux
2605 S2 ou TCA 45 600 14 2,4 0,85 moyennes fréquences et ceux à base de cobalt aux fréquences
2605 SC > 40 300 6,4 3,2 0,85 élevées.
2605 S3A > 20 35 8,6 4,8 0,30 (0)
2605 SM > 20 100 ....... ....... ........
7505 ........ 100 (50 Hz) ....... <3 0,85
2826 MB > 50 800 ........ 1,2

4040  ........
........
500
250 (50 Hz)
........
........
<1
........
0,85
........
2714 A > 80 1 000 ........ 0,3 0,80
2705 M 290 600 ........ 0,8 0,75
2705 MN 60 ................... 5,2 ......... .........
6025  .........
.........
1 000
600 (50 Hz)
.........
.........
< 0,3
.........
0,9
.........
6030 ......... 150 à ........ < 0,8 0,95
300 (50 Hz)
6150 ......... ................... ........ 1 0,95
(1) µ r max : perméabilité relative maximale d’impédance
Hc : champ coercitif
Br : induction rémanente
Bs : induction à saturation
Br /Bs : rectitude

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Figure 1 – Cycles d’hystérésis statiques de Metglas à base de fer

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Figure 2 – Cycles d’hystérésis statiques de divers alliages

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Tableau 7 – Pertes magnétiques sous flux alternatif (1)


Pertes Température
Pertes Pertes (à 100 kHz et 0,3 T)
Fréquence (à 50 Hz et 1 T) (à 10 kHz et 0,8 T) maximale
Alliage (2) d’utilisation
d’utilisation
(W · kg–1) (W · kg–1) (W · kg–1) (oC)
2605 C0 0,20 (Z ) ................................ ................................ 125
2605 S2 ou TCA 0,07 (Z ) 100 (Z ) ................................ 150
2605 SC 0,12 (Z ) 110 (Z ) ................................ 125
BF 2605 S3A 0,06 (Z ) 37 (Z ) ................................ 150
2605 SM 0,05 (Z ) 37 (Z ) ................................ 150
7505 0,12 (40 µm, Z ) ................................  850 (Z )
150 (F )
120
2826 MB ................................ 100 (Z ) ................................ 125
MF
4040 ................................ 22 (F ) ................................ 80
2714 A ................................ ................................ 88 (R ) 80
2705 M ................................ ................................ 160 (R ) 80
6025
................................ ................................
 120 (Z )
100 (F )
 80

 
HF 600 (Z)
6030 ................................ ................................ 110 (25 µm, F ) 120
80 (17 µm, F )
6150 ................................ ................................  1 200 (Z)
130 (F)
 80

(1) les pointillés signifient que le matériau n’est pas utilisé dans la bande de fréquence concernée.
(2) l’épaisseur moyenne des échantillons testés est comprise entre 20 et 25 µm (en l’absence de précision).
F : recuit sous champ magnétique transverse (T ).
Z : recuit sous champ magnétique longitudinal (L ).
R : traitement effectué sans champ magnétique.

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Figure 3 – Variations des pertes magnétiques et de la perméabilité relative maximale d’impédance pour quelques alliages Metglas (recuits Z )

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Figure 4 – Variations des pertes magnétiques et de la perméabilité relative maximale d’impédance d’alliages Metglas (recuits R et Z )

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Figure 5 – Variations des pertes magnétiques et de la perméabilité relative maximale


d’impédance d’alliages Metglas à base de cobalt (recuits R et Z )

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Figure 6 – Variations, sous flux sinusoïdal, des pertes magnétiques d’alliages Vitrovac
en fonction de l’induction maximale pour différentes fréquences

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P
O
U
Matériaux ferromagnétiques R
amorphes
E
N
par Jean-Claude PERRON
Directeur de Recherche au CNRS. Laboratoire de Génie Électrique
de Paris (LGEP) à l’École Supérieure d’Électricité
S
A
Bibliographie V
LEVY (R.A.) et HASEGAWA (R.). – Amorphous
Magnetism II. Plenum Press (1977).
HASEGAWA (R.). – Glassy metals : magnetic, che-
O
mical and structural properties. CRC Press (1983).
LUBORSKY (F.E.). – Amorphous Metallic Alloys,
Butterworths Monographs in Materials (1983).
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Documentation technique Allied Signal : (1981)
(1985) (1982). R
Documentation technique Vacuumschmelze GmbH :
VC-001 (1983), VC-004 (1984), PV-006, -007, -008,
-009 (1989).

P
Fabricants
Allied Signal, Metglas Products, 6 Eastmans Road, Parsippany New-Jersey
L
07054 (USA). Distributeur en France : SOVEFA.
Vacuumschmelze GmbH, Werk Hanau, Grüner Weg 37, Postfach 2253,
U
D-63450 Hanau (Allemagne). Importateur : BALLOFFET SA
S
4 - 1994
Doc. K 728

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