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Comprendre l’amour à quatre dimensions

Éphésiens 3:14-21

Cet amour originel, Jésus en témoigne quand il dit, selon le témoignage de Jean : Dieu a tellement aimé le
monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque ait foi grâce à lui ne meure pas, mais qu'il ait la vie
éternelle.(Jean 3:16)

L’amour de Dieu est premier, et le Christ manifeste cet amour qui est à l'origine de tout ce qui est vivant et bon
en ce monde, il le manifeste pour que nous vivions par lui.

Mais c’est l’apôtre Paul qui développera bien cette notion d’amour originel de Dieu, manifesté en Christ. Par
exemple dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul nous dit que :

Alors que nous étions encore sans force, Christ,


au temps marqué, est mort pour des impies.
À peine mourrait-on pour un juste,
quelqu’un peut-être mourrait pour un homme de bien.
Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que,
lorsque nous étions encore des pécheurs,
Christ est mort pour nous.
(Romains 5:6-8)

C’est clair. La croix est signe de l’amour de Dieu pour nous. Elle est signe du pardon de Dieu, elle n’achète pas
ce pardon. Et comme Jésus dans le passage de l’Évangile selon Jean que je citais précédemment, Paul nous dit
que cet amour manifesté sur la croix nous invite à aimer Dieu, à nous réconcilier avec lui.

Et Paul ajoute, un, peu plus loin que « Rien ne nous séparera de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ : ni la
mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la
hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature. » (Romains 8:38-39)

Parce que cet amour est donc sans chantage, nous ne sommes pas obligés d’aimer Dieu en retour. Nous
l’aimerons si nous le voulons bien. Nous aimerons les autres si le cœur nous en dit. C’est la liberté et la joie de
Dieu, si je puis dire, d’aimer l’humanité et d’aimer chaque être individuellement. C’est notre liberté de nous
ouvrir ou non à cette dynamique, à cette qualité d’être, de cheminement et de vie qu’est Dieu. C’est notre liberté,
et c’est vraiment aussi une joie.

Dans sa lettre aux Éphésiens 3:14-21, l'apôtre Paul explique qu’en méditant sur cet amour de Dieu, manifesté en
Christ, nous nous ouvrons au meilleur, à la plénitude même de Dieu ! Dans cette méditation, nous dit-il nous
pouvons saisir la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour du Christ, et qu’ainsi nous
pourrons, grâce à l’Esprit, être remplis de la plénitude de Dieu ! Rien de moins.

Explorons donc ces 4 dimensions de l’amour de Dieu, manifesté en Christ sur la croix.

1) la largeur de l’amour de Dieu


La largeur de l'amour du Christ peut être rapprochée à la barre transversale de la croix, avec les bras du Christ
qui sont ouverts comme pour accueillir toute l'humanité. Cette largeur évoque ainsi l'universalité de l'amour du
Christ, et donc de l'amour de Dieu.

C'est une première chose utile à bien saisir. C'est même le point de départ de Paul ici : Je m'incline devant le Père
de qui toute famille dans les cieux et sur la terre tire son nom. (3:15). Dieu donne un nom à toute famille,
chacune est reconnue, aimée en tant que telle, prise en compte, valorisée, aimée.

L'amour du Père est pour toute famille dans les cieux, c'est-à-dire les générations passées.

L'amour du Père est pour toute famille de la terre, c'est-à-dire à tous les humains vivants actuellement.

Et grâce à la notion de famille, l'amour de Dieu est donné aux individus, bien sûr, mais il nous rassemble aussi
en des familles qui engendrent et élèvent l’humanité de demain.
2) LA LONGUEUR ÉVOQUE LA PATIENCE DE DIEU.
L'amour se réjouit de ce qui est bon dans la personne, c'est déjà très bien. Mais l'amour de Dieu dépasse même
cela, il est aussi une espérance et une patience de Dieu qui nous aime pour ce que nous pourrions éventuellement
devenir, si nous le voulions bien.

C'est comme cela que nous aimons un nourrisson. Le bébé n'est pas encore capable d'accomplir grand chose de
bon par lui-même, et pourtant, il est regardé par les siens comme déjà une merveille, ils l’aiment déjà mais ils
l’aiment aussi d’une espérance active qui patiente mais qui agit aussi. C’est ainsi que Dieu nous aime et s’occupe
de nous, mais aussi que Dieu nous espère et nous attend. Il voit les choses de haut, en perspective.

Cet amour en longueur nous libère de toute crainte face à Dieu. Même si nous étions complètement nul, même si
nous étions plus nuisible que créateur, cela n'empêcherait pas Dieu de nous compter comme son enfant grâce à
sa largeur, et d'espérer en nous dans l’infinie longueur de son amour, d’espérer pour nous une élévation.

Reste ensuite à dépasser cette connaissance de l'amour du Christ pour connaître au sens profond du terme
l'amour du Christ, le recevoir comme une façon d’être que nous incarnerons nous-mêmes au moins un peu, au
moins de temps en temps. Nous pourrons ainsi un petit peu nous supporter nous-mêmes, supporter les autres,
aimer et espérer en eux, aimer et espérer en nous-mêmes.

3) LA PROFONDEUR
La profondeur évoque ce qui est caché et qui soutient le tout. C'est la partie de la croix qui est en terre et qui
permet de la tenir en place.

Cette dimension de la profondeur c'est l'Amour avec un A majuscule qui est à la source de tout amour. Cette
dimension de la profondeur : c'est Dieu lui-même. C’est là que la foi dépasse la philosophie ou la méditation, la
foi nous ouvre à l’au-delà de la sagesse, elle nous ouvre à une sagesse, certes, mais à une sagesse qui a une
chance enfin de pouvoir un petit peu s’incarner, comme par miracle. C'est ce dont témoigne Jésus quand il dit à
ses disciples avant d’être arraché à eux : « Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon
amour. » (Jean 15:9). C'est parce qu'il est enraciné dans l'amour de Dieu que le Christ a l'idée et la force d'aimer
et de servir.

Personne n'a jamais vu Dieu parce qu'il est cette dimension de la profondeur que nul ne peut voir, mais qui est
bien réelle, qui précède même tout ce qui existe de vivant et de bon dans la réalité visible du monde, qui soutient
la possibilité même d'exister et d'aimer. Le Christ rend visible sur la croix cette réalité profonde de Dieu. Il le
manifeste par son existence, par ses paroles et par ses actes, en assumant jusqu’à la croix.

4) LA HAUTEUR
La hauteur est une invitation à reconnaître que l’amour de Dieu nous dépasse. Nous ne sommes pas Dieu. Nous
ne sommes même pas Jésus-Christ. Il est la tête du corps dont nous faisons partie. Nous, l'humanité, sommes
membres d'un même corps dont le Christ est la tête. Cela nous rappelle notre mission sur terre et cela nous
rappelle l'indispensable communion entre nous et communion au Christ pour que ce corps puisse vivre.

C’est cela aussi, l’élévation que nous propose la hauteur, c’est voir les choses d’un peu plus haut qu’au ras des
pâquerettes, un peu plus haut qu’au ras de notre désir, que notre seul nombril.

Il ne s'agit alors plus seulement d'adhésion au message du Christ, ni même de le reconnaître pour Roi, mais il
s'agit de communion, d'une communion intime comme celle qui existe dans notre corps entre la tête et les
différentes parties de notre corps. C'est à cela, à la communion avec le Christ que nous prépare la compréhension
intellectuelle de l'amour du Christ. Connaître l'amour du Christ c'est être en communion avec lui comme la tête
est en communion avec une main.

Paradoxalement, c'est en nous inclinant devant cette hauteur que nous pouvons être élevé. C'est en reconnaissant
que la hauteur du Christ vaut mieux que la nôtre actuellement que nous entrons dans cette relation qui nous
élève. Et qui nous fait dire non seulement à Dieu « mon père » mais « notre Père ! notre Père qui est aux cieux ».

Amen.

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