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COURS SÉCURITÉ A L’INCENDIE

CHAPITRE II :
CALCUL AU FEU DES STRUCTURES EN BÉTON ARMÉ
A- POTEAU
I/ Introduction :
La méthode de prévision pour le calcul du comportement au feu des structures en
béton armé fait l’objet du règlement DTU feu ou (Maîtrise du BAEL), l’action du feu est
introduite dans le calcul par une définition physique qui commence par la distribution des
températures dans un élément en fonction du temps. Ce qui nécessite un programme de
calcul simulant l’élévation de la température dans un élément suivant la loi donnée par la
normalisation.
Connaissant l’évolution des caractéristiques mécaniques des matériaux en fonction
de la température, on peut calculer à chaque instant le moment ultime et l’effort tranchant
ultime d’une section pour vérifier sa stabilité.
II/ Convention :
1- Loi de la courbe conventionnelle :
La température interne d’un élément exposé à un incendie au bout d’un temps t est
déterminée à travers la loi conventionnelle :
θ – θ0 = 345 log10 (8t+1)
θ : Température au temps t
θ0 : Température initiale.
t : Temps en minute.
On attribue l’indice θ pour caractériser les propriétés mécaniques d’un matériau à une
température θ.
A la température ambiante : fcj ; fe
A une température θ : fcj θ ; fe θ .
2- Distance utile :
On définit la distance utile d’une barre en acier comme étant la distance entre l’axe de cette
barre et le bord exposé au feu.

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SÉCURITÉ AA L’INCENDIE
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3- Evolution des caractéristiques mécaniques des matériaux en fonction de la


température :
3-1 Acier :
Le coefficient d’affaiblissement des caractéristiques mécaniques des aciers est noté par :


φs = 0 ≤ φs ≤ 1
Les courbes donnantes les valeurs de φs varient en fonction de la nature de l’acier (Fig. 1)
3-2 Béton :
Le coefficient d’affaiblissement de la résistance à la compression du béton est noté par :


φb = 0 ≤ φb ≤ 1

La résistance à la compression du béton est prise conventionnellement à 90 jours en


présence de l’incendie.
La valeur de φb dépend de plusieurs paramètres tels que la nature du ciment, la
nature des granulats, la quantité d’eaux etc.7
En moyenne, on va admettre la variation de la résistance donnée par la Fig. 2
Remarque : La résistance à la traction diminue selon la courbe de la Fig. 3
4- Vérification de la stabilité :
4-1 Diagrammes contraintes – déformations de l’acier à la température θ :
Contrainte σs


= σs

.

= σsθ

Déformation (ε)

Le diagramme contraintes-déformations de l’acier à une température θ est déduit du


diagramme conventionnel à la température ambiante par une affinité parallèle à l’axe des
contraintes d’un rapport d’affaiblissement de l’acier φs.
4-2 Diagrammes contraintes – déformations du béton à la température θ :
Le diagramme adopté est le diagramme parabole- rectangle, l’ordonné maximal est :
.
.
σbc = = le coeff. θ = 0.85

. . .
,
σbcθ = = = = γb = 1.3

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5- Vérification au feu des poteaux pour les constructions courantes :


5-1 Détermination de la température moyenne du béton θmb :
La température moyenne du béton θmb dépend des dimensions de poteau et de la
durée d’exposition à l’incendie. Les calculs montrent que pour une même durée d’exposition
au feu, la température moyenne du béton θmb est la même pour des poteaux ayant le même
rayon moyen.

/
Le rayon moyen Rm=

A : Aire de la section – P : Périmètre du poteau


Exemple :
Poteau carré (30cmx30cm) ; S.F : 1h30mn

/
Rm= = 15 cm θmb = 500 °C (Fig. 6)

Et pour θmb = 500 °C on peut déterminer φb = 1.393 - = 0.6 (Fig. 2)

5-2 Détermination de la température moyenne de l’acier θms :


La température moyenne de l’acier θms est déterminée en fonction de la distance
utile, de la durée d’exposition au feu et du plus petit coté du poteau. (Voir Fig. 7).
La température de chaque barre est déterminée en fonction de θms en admettant
qu’entre les angles et les milieux de chaque face, la variation de la température est
parabolique.

θsi = θms [ 0,9 + 1,2 ( )2 ]

θsi : Température de la barre i


u : Position de la barre i

Barres aux angles :


!/
!
u= b/2 θsi = θms [ 0,9 + 1,2 ( )2 ] = 1,2 θms

5-3 Effort normal résistant :

) + fe ∑ '.
" $% . .
Nθ = # [ ( si ]

β : Coefficient d’élancement.
Br : Section réduite. Br = (a-2cm)x(b-2cm)
φb : coefficient d’affaiblissement du béton.
φs : coefficient d’affaiblissement de l’acier.

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(
)2 si
)
β = 1+0,2 ( λ < 50
(*
+)
β = 0,85 si 50 ≤ λ ≤ 70

i : rayon de giration i = ,
-
.
λ = lf / i avec lf : longueur de flambement,

Application n°1:
Vérifier la stabilité au feu d’un poteau dont les caractéristiques sont :
Section carré : 24cmx24cm - Ferraillage : 4HA14 - lf = 300cm - fe = 400 Mpa.
fc28 = 23 Mpa - U = 3cm - SF :1h 30mn - G = 300 KN - Q = 50 KN
Solution:

) + fe ∑ '.
" $% . .
Nθ = # [ ( si ]

β=?
34

= 2 65** =
/0 - 7
1
avec i = ,.
√+ √+
λ= = = 6,93 cm
(
)
λ = 300 / 6,93 = 43,29 < 50 donc β = 1+0,2 ( )2 = 1,31

Br = (24 - 2)2 = 484 cm2


Rayon moyen Rm
φb = ? On le détermine à partir de θmb
SF :1h 30mn

. *

9/ /
Rm = = = 12cm donc d’après la fig. n°6, θmb = 570°C
):
D’après la figure n°2, φb = 1.393 - ; ;
= 0,5

φsi = ? On le détermine à partir de θsi et θsi on la détermine à partir de θms (fig. 7)


a = 24 cm , U = 3cm , SF :1h 30mn θms = 600 °C.
θsi = 1,2 θms = 1,2 x 600 = 720 °C.
:
)
φs = 1,850 - = 0,07
+ < + =4 ,)
Nθ = +, ) + 400 x 4 x 1,54 x 10A x 0,07 ] = 0,376 MN = 376 KN
+ ,> +,
[(

La charge appliquée sur le poteau = Napp = G + Q = 300 + 50 = 350 KN.


Napp < Nθ Poteau stable.

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Application n°2:
Vérifier la stabilité au feu d’un poteau dont les caractéristiques sont :
Section rectangulaire : 40cmx80cm - Ferraillage : 4HA16 + 10HA14 - lf = 320cm
fe = 500 Mpa - fc28 = 25 Mpa - U = 4cm - SF :2h - G = 2000 KN - Q = 600 KN
Solution:

) + fe ∑ '.
" $% . .
#
Nθ = [( si ]

β=?
BCD4CE
/0
avec i = ,. =
- 2 5*
1 F<
λ= = 11,55 cm
(
)
λ = 320 / 11,55 = 27,71 < 50 donc β = 1+0,2 ( )2 = 1,125

Br = (40 - 2)x(80 - 2) = 2 964 cm2

φb = ? On le détermine à partir de θmb

. <
Rm = 9/ =
( H< ) /
= 26,67 avec SF : 2h on aura : θmb = 370 °C. (fig. n°6)
:
; ;
φb = 1.393 - = 0,81 (fig. n°2)
φsi = ? On le détermine à partir de θsi et θsi on la détermine à partir de θms (fig. 7)
petit côté = 40 cm , U = 4cm , SF :2h donc θms = 575 °C.
Par la suite on va déterminer θsi de chaque armature en fonction de sa position.
- Famille 1 : 4HA16 aux angles.
i = 1 à 4 ; θsi = 1,2 θms = 1,2 x 575 = 690 °C
;>
)
φs = 1,850 - = 0,15

• Famille 2 : 2HA14
i = 1 à 2 ; θsi = 0,9 θms = 0,9 x 575 = 517,5 °C
80
)+:,)
;))
φs = 1,305 – = 0,51

• Famille 3 : 4HA14
J
!
i = 1 à 4 ; θsi = θms [ 0,9 + 1,2 ( )2 ] avec u = b/4

θsi = 0,975 θms = 0,975 x 575 = 560,6 °C


40
); ,;
;))
φs = 1,305 – = 0,45

• Famille 4 : 4HA14
J
6
i = 1 à 4 ; θsi = θms [ 0,9 + 1,2 ( )2 ] avec u = a/6

θsi = 0,933 θms = 0,933 x 575 = 536,5 °C

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) ;,)
;))
φs = 1,305 – = 0,49
+ >; + =4 ,<+ )
Nθ = +,+ ) [ ( ,> +,
) + 500 x 10A x (4 x 2,01 x 0,15 + 2 x 1,54 x 0,51 + 4 x 1,54 x
0,45 + 4 x 1,54 x 0,49] = 4,941 MN = 4 941 KN

La charge appliquée sur le poteau = Napp = G + Q = 2000 + 600 = 2600 KN.


Napp < Nθ Poteau stable.

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B- POUTRE
I/ Vérification au feu d’une poutre :
1- Distribution de la température dans la poutre :
Le règlement DTU feu permet de connaitre les températures au centre des carreaux
3cm x 3cm découpés dans la section de la poutre.
K' L' K' .L'
θsi = θ1 + ( θ2 - θ1 ) + ( θ4 - θ1 ) + ( θ1 - θ2 + θ3 – θ4 )

xi et yi en cm

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2- Moment résistant ultime à chaud en travée :


A la température ambiante, une barre se section Ai, soumise à une contrainte σsi
équilibre une force de traction Fsi = σsi . Ai
A la température θ, la barre est soumise à la contrainte σsiθ et elle possède toujours
la même section Ai , et équilibre une force de traction
Fsiθ = σsiθ . Ai = φsi x σsi x Ai = σsi x (φsi x Ai ) = σsi x Aiθ
Tout ce passe comme si les sections des barres ont subit une réduction de section et les
contraintes initiales restent constantes.
Cette réduction de section entraîne une modification de la position du centre de gravité de
toutes les barres.
On définit pour l’ensemble des barres, à la température θ, la distance utile Uθ :
∑ MN .φPN.QN
∑ PN .QN
Uθ =

La hauteur utile est donc: dθ = h - Uθ

• En travée, on a généralement θ≤250°C sur la face supérieure de la poutre:


φb = 1 et fcjθ = φb . fc90 = fc90
• Résultante des forces de compression dans le béton:
RSC
T!
Fbcθ = 0,8 yθ . b .

• Résultante des forces de traction dans les aciers inférieurs:


Fsθ = σsθ x A = σs x Aθ = fe x Aθ

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Equilibre de la section
Fbcθ = Fsθ
U. VW .XY
,< Z.
yθ =
RSC

Zθ = dθ – 0,4 yθ avec dθ = h - Uθ
Mtθ = fe . Aθ . Zθ Avec A θ = ∑ [ 1 . \1

Application :
Soit une travée centrale d’une poutre continue de portée L = 6 m, la section de cette poutre
est: 24cm x 50cm, U1 = U2 = 3,5cm g = 24KN/ml q = 9KN/ml fc28 = 23 MPa
fe = 400 MPa SF:1h 30mn
• Déterminer Mtθ sachant que la température à l’intérieure de cette poutre est comme
suit :
SF :1h30mn
650 400 210 190

670 440 280 210

700 500 370 300

760 610 500 460

850 760 705 680

12cm

Corrigé :

Ui
Barre Ai θsi φsi φsi . Ai φsi . Ai . Ui
verticale
1 et 3 4,02 703 0,114 0,46 3,5 1,61
2 2,01 570 0,435 0,87 3,5 3,05
5 2,01 380 0,725 1,46 5,1 7,45
4 et 6 3,08 689 0,149 0,46 5 2,30
∑ 3,25 ∑ 14,41

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3- Moment résistant ultime à chaud sur appui :


3-1 Largeur réduite du béton :
La zone comprimée située du côté du feu est découpée en rectangles élémentaires de
dimensions ∆xi et ∆bj

Réglementairement, ∆xi = ∆bj = 3cm


L’indice i indique le rang de la bande horizontale et l’indice j indique le rang de la bande
verticale. On définit alors :
θij : la température du rectangle élémentaire (∆xi x ∆bj)
φij : le coefficient d’affaiblissement de la résistance du béton à la température θij

i=4 θ4 1
φ4 1
θ3 3
i=3 φ3 3

θ2 4
i =2 φ2 4

θ1 1 θ1 2 θ1 3 θ1 4
i=1
φ1 1 φ1 2 φ1 3 φ1 4

j=1 j=2 j=3 j=4


12cm

• La force élémentaire que peut équilibrer le rectangle ( ∆xi x ∆bj) est :

[∆Fbc]ij = ∆xi . ∆bj . φij . RSC


+,

• Comme ∆xi est constant pour toute bande horizontale de rang i, on a pour cette
bande:

∆Fbci = ∆xi . RSC ∑`


ab+ Δ!^ . φ_^
+,

Ou encore, en posant bi = ∑`
ab+ Δ!^ . φ_^ et ∆xi = ∆x = cte
cd
",
On aura donc : ∆Fbci = ∆x . . bi

bi est appelée la largeur réduite du béton.

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3-2 Moment résistant ultime sur appui :


La résultante des forces de traction des armatures tendues du côté froid est :
Fs = A . fe
On calcule successivement la résultante des forces de compression dans les bandes
horizontales: ∆Fbc1 , (∆Fbc1 + ∆Fbc2)
Jusqu’à obtenir : Fbc,n = ∑h+ efZg1 et Fbc,n+1 = ∑hH+
+ efZg1 encadrant la valeur Fs . Ce qui
signifie que l’équilibre des forces est obtenu pour une hauteur x de béton comprimé
n∆x ≤ x ≤ (n+1)∆x
Fbc,n ≤ A . fe = Fbc ≤ Fbc,n+1
• Une interpolation linéaire permet d’écrire:
(FAhij )
ij
Fbc = Fbc,n + (Fbc,n+1 - Fbc,n) = A . fe

( .ck A lmd,n )
lmd ,no" Almd ,n
x = x n + ∆x

K
Maθ = A . fe . Zθ avec Zθ = d -

4- Vérification de la poutre vis-à-vis le feu :


pqrs H pqrt (uHv ) .w
Mtθ + ≥ M0 =

Suite de l’application :
Appui Est : 3 HA14 + 3 HA14
Appui Ouest : 3 HA10
Vérification de la stabilité de la poutre SF:1h 30mn

Bande (i) xi (m) bi (m) ∆Fbi (MN) Fbci (MN) FSE (MN) FSW (MN)
5 0,15 0,189 0,11 0,42
4 0,12 0,181 0,11 0,31
3 0,09 0,160 0,09 0,20 0,37 0,094
2 0,06 0,120 0,07 0,11
1 0,03 0,068 0,04 0,04

FSE = 6 x 1,54 10-4 x 400 = 0,37 MN


FSW = 3 x 0,785 10-4 x 400 = 0,094 MN

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φij
x
+
0,39 0,76 1 1 Si θ ≥ 600 °C φb = 1,125 x [1- ]
x
; ;
Si 250 < θ < 600 φb = 1,393 -
0,37 0,7 0,95 1
Si θ < 250 °C φb = 1

0,34 0,61 0,81 0,92

0,27 0,44 0,61 0,67

0,17 0,27 0,33 0,36

bi = ∑ab+ Δ!^ . φ_^ = Δ!^ ∑ab+ φ_^ = 0,03 x 2 ∑ab+ φ_^ = 0,06 ∑ab+ φ_^
b1 = 0,06 x ( 0,17 + 0,27 + 0,33 + 0,36) = 0,068
b2 = 0,06 x ( 0,27 + 0,44 + 0,61 + 0,67) = 0,120 etc7 pour b3, b4 et b5
0ySC
+, ,> F +,
∆Fbci = ∆x . . bi = 0,03 x . bi

∆Fbc1 = 0,59 x b1 = 0,04


∆Fbc2 = 0,59 x b2 = 0,07 etc7 pour ∆Fbc3, ∆Fbc4 et ∆Fbc5

- Appuis ouest : Fbc2 > FSW


x1 < x < x2
, > – ,
,++A ,
Donc x = 0,03 + 0,03 x = 0,053 m = 5,3 cm

U = 3,5 cm
d = h – U = 50 – 3,5 = 46,5 cm
F ),
Zθ = d - = 46,5 - = 43, 85 cm

Maθw = Fsw . Zθ = 0,094 x 43,85 x 10-2 = 0,041 MN.m

- Appuis est : Fbc5 > FSE


x4 < x < x5
, : – , +
, A , +
Donc x = 0,12 + 0,03 x = 0,136 m = 13,6 cm

U = 3,5 cm

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d = h – (3,5 + 0,7) = 50 – 4,2 = 45,8 cm


F + ,;
Zθ = d - = 45,8 - = 39 cm

MaθE = FsE . Zθ = 0,37 x 39 x 10-2 = 0,144 MN.m


DONC
Mtθ = - 0,057 MN.m
MaθW = 0,041 MN.m
MaθE = 0,144 MN.m
g = 24KN/m
q = 9 KN/m
( H>)F ;*
<
M0 = = 148,5 KN.m = 0,1485 MN.m
,+ H , +
0,057 + = 0,149 MN.m > M0 = 0,1485 MN.m

Poutre stable (avec précaution)

II/ Considération du phénomène d’éclatement :


Des éclatements du béton peuvent avoir comme conséquences, d’une part la
disparition d’une partie du béton et d’autre part l’accélération de la transmission thermique.
Pour cette raison, il est nécessaire d’effectuer une vérification complémentaire. Celle-
ci consiste à reprendre le calcul du moment résistant ultime en travée en supposant que
parmi toutes les barres celle qui présente la plus faible section réduite (Ai.φsi : la plus petite
valeur) et dont la distance utile Ui est la plus petite, ne contribue plus à la résistance.

M’tθ = A’θ. fe. Z’θ


A’θ = Aθ – (Ai.φsi)
∑ PN .QN .MN
Q{W
U’θ = On retranche φsi.Ai de la barre enlevée.

d’θ = h - U’θ
0| . }~• .€•
,< ! . 0ySC
y’θ =

Z’θ = d’θ – 0,4 y’θ


‚ƒ „ H ‚ƒ … († " A , † H , ‡ ) .ˆ
Il faut donc vérifier que: M’tθ + ≥ M0 =

Où g1 : L’ensemble des actions permanentes.


g2 : Représente le poids propre du plancher concerné entrant dans l’évaluation de g1

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III/ Vérification de l’effort tranchant :


Aucune vérification n’est nécessaire si la largeur de l’âme d’une poutre continue est au
moins égale aux valeurs suivantes.
b (cm)
SF
1h 1h 30mn 2h 3h
Poutre rectangulaire ≥11 ≥14 ≥17 ≥23
Poutre à talon ≥10 ≥12 ≥14 ≥16

• Pour une poutre isostatique, à section rectangulaire, les valeurs minimales sont
respectivement 16, 20, 24 et 32.
• Effort tranchant à chaud:
‰3•Š A‰3•‹
/
Vθ = V0 +

Vérifications :

Œθ0 = !Ž•C.• ≤ 0,2 φb . fc90


C

P .Q•
τ•C =C,CE “• .”
ySC
ZC.‘• ,> . 0|

Avec At : Section d’une nappe d’armature d’âme supposée constante


St : Equidistances des nappes
φb et φs : Coefficients d’affaiblissement du béton et de l’acier conventionnellement
évalués pour la température régnant à mi-hauteur de la retombée de la poutre et au quart de
son épaisseur.

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C- DALLE PLEINE EN BÉTON ARMÉ


I/ Moment résistant à chaud en travée :
La vérification de la dalle vis-à-vis le feu dépend de deux variantes : l’épaisseur de la
dalle et la durée de stabilité au feu.
On définit les isothermes qui sont parallèles à la face exposée à l’incendie, toutes les
barres d’un même lit ont la même température.
∇i , φsi = φs = cte
∑ –— .φ˜— ..— φ˜ ∑ –— ..—

∑ ™˜— ..— ™˜ ∑ .—
la distance utile Uθ : Uθ = = =U

La hauteur utile est donc: dθ = h - Uθ = h – U = d

Mtθ = Aθ . Fe . Zθ
Avec : Aθ = ∑ [ 1 . \1 = [ ∑ \1
.• .0| . €•
,< !C . 0ySC
Zθ = dθ – 0,4 yθ dont yθ =

II/ Moment sur appui à chaud :


Pour déterminer le moment résistant ultime à chaud sur appuis, on peut opérer:
• Soit comme pour le calcul des moments sur appui de la poutre (La température par
bande est constante).
• Soit plus rapidement comme suit:
.˜š› .0| . €•
,< !C . ™•5 0ySC
Calculer une première estimation de y1 = Avec φb1 est déterminé à

travers la température moyenne du béton qui règne à la distance utile U de la face


inférieure de la dalle.
Donc à partir de SF et Uinf on détermine θs et θb par la suite on détermine la valeur
du coefficient φb1
Et on adoptant la nouvelle valeur de température qui règne à la distance utile U1 ;
U1 = 0,4 y1 de la face inférieure de la dalle, on détermine par la suite le coef φb et
Y5
puis on détermine la nouvelle valeur corrigée de y qui est égale à : y = y1
Y

En fin on aura :
Maθ = A . fe . Zθ
Avec Zθ = d – 0,4 y et d = h - Usup

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III/ Vérifications :
La présence du feu peut engendrer une transformation de la dalle en un mécanisme par
l’apparition de rotations sur appuis, ce phénomène est appelé « formation de rotules
plastiques ».
Le moment agissant sur appui d’une dalle est alors :
Maθ = Mg+q + M∆θ - MΩ
Avec ; Mg+q : Moment sur appuis dus aux charges permanentes et d’exploitations.
M∆θ : Moment dû au gradient thermique provoqué par l’incendie.
MΩ : Moment libéré par l’ouverture angulaire Ω de la rotule plastique sur appui.
* *
œ •ž H Ÿž /~E ~E
Dž H œE •| H Ÿ| /D|
E
<,) ( /~Dž H /~D| )
Mg+q = - avec l’xw = 0,8 lxw et l’xe = 0,8 lxe

¡— . ¢~E . £• ¤•
< ¢
M∆θ = - .

avec Ei module de déformation instantanée du béton : Ei = 11000 ¥¦g>


E

§x : Coefficient de dilatation thermique: §x = 10-5 %


h’ : épaisseur réduite du béton, fonction de la durée de la stabilité au feu et de
l’épaisseur réelle (dernier abaque).

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¨
©
: Gradient thermique (à ne pas confondre avec la différence de température), voir tableau
ci-dessous :

Epaisseur h Durée de la stabilité au feu


de la dalle en
1h 1 h 1/2 2h 3h
cm
8 58,4 62,9 63,6 57,0
10 49,2 53,9 55,9 53,0
12 41,3 46,0 48,8 49,2
14 34,6 39,1 42,4 45,3
16 29,1 33,3 36,7 41,6
18 24,4 28,2 31,6 37,8
20 20,5 23,9 27,2 34,2
22 17,3 20,2 23,2 30,6
24 14,7 17,2 19,9 27,1
Remarque : toutes les valeurs doivent être multipliées par 100 pour obtenir
(∆θ/h) en °C/m

¡— . ¢~ E
( /~Dž o /~D| )
MΩ = K.Ω avec K =

• Calcul de la rotation Ω
‚ª ‚†o‡ H ‚¨ = ‚ƒ
« «
On a alors: Ω = =

Les essais montrent qu’au delà d’une rotation limite ΩR , les aciers sur appuis
atteignent leur capacité maximale de déformation et se rompent.
Le DTU feu donne les valeurs suivantes de :

h ≤ 25cm ΩR (rad)

RL 0,25
HA 0,1
TS 0,08

Remarque : si h > 25cm on n’effectue pas une vérification vis-à-vis le feu

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Deux cas se présentent:


• Si Ω < ΩR, les aciers sur appuis ne se rompent pas. Le moment résistant ultime
peut être mobilisé, et il suffit de vérifier :
‚ƒ „ H ‚ƒ … (†H‡ ) .ˆ
Mtθ + ≥ M0 =

• Si Ω ≥ ΩR, les aciers sur appuis se rompent et Maθ = 0, l’équilibre doit être assuré par
les seuls aciers en travée. Il faut vérifier donc :
(†H‡ ) .ˆ
Mtθ ≥ M0 =

IV/ Quelques règles simples pour la vérification de la stabilité d’une dalle :


1- Distance utile :
Le DTU-feu donne la distance utile minimale des aciers inférieurs pour laquelle il n’est
pas nécessaire de calculer la rotation des rotules plastiques sur appuis (voir tableau ci-
dessous); les valeurs de U1 correspondent au cas d’absence de chapeaux sur appuis ou au
cas de chapeau en T.S. ou barres H.A. ; Les valeurs de U2 correspondent au cas de
chapeaux en ronds lisses.

Distance utile S.F


minimale en cm 1h 1 h 1/2 2h 3h 4h

U1 (cm) 2 3 4 6 8

U2 (cm) 1,5 2 2,5 3,5 4,5

Si U ≥ U1 : alors les aciers sur appui sont supposés rompus, il faut vérifier que les aciers
inférieurs assurent seuls l’équilibre.
Si U ≥ U2 : alors les aciers sur appui sont supposés rompus.
Si U < U1 ou U < U2 ; il faut calculer les rotations plastiques.

2- Hauteur minimale de la dalle :


¬ . ¨ . ( ˆ~- H ˆ~-® ) ¨ ª¯
ª¯ ©°±² ¬ . ( ˆ~- H ˆ~-® )
hmin = d’où =

Si h ≥ hmin alors la dalle est stable.


Si h < hmin alors il faut voir si Uinf ≥ U1 moment en travée.
Et si Uinf < U1 moment sur appui et en travée.

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Exercice d’application :
On donne une dalle intermédiaire d’un ensemble de dalles en trames (14,00 m x 5,00m).
Supposons que : h= 17cm ; Fe = 400 MPa ; Fc28 = 25 MPa
AX en travée = 3,28 cm2/ml ; Ax sur appui = 2,93 cm2/ml
g = 7 KN/m2 ; q = 2,5 KN/m2
Uinf = 3 cm ; Usup = 1,5 cm SF : 2 h
Vérifier la stabilité de cette dalle vis-à-vis le feu pendant une durée de 2 heures.

Corrigé :
£• .¤• .(/~Dž H/~D| )
³´
Vérification de hmin ; hmin =

¤• 2 ΩR
¢µ—¶ αθ .(l′xw+l′xe )
=

Armatures hautes adhérences d’où : ΩÁ = 0,1

Par la suite :
¤• 2 x 0,1
¢µ—¶ −5 = 2 500 = 25 x 102
10 x(0,8 x 5 + 0,8 x 5)
=

¤•
¢µ—¶
23,2 x 102 < = 25 x 102 < 27,2 102

22 cm 20 cm

Interpolation linéaire :
A F
:, A , :, A )
hmin = 20 cm + x =

x = 1,1 cm
hmin = 20 + 1,1
= 21,1 cm

Conclusion: h = 17 cm < hmin = 21,1 cm Il faut donc faire les vérifications

• Vérification de la distance utile :


D’après le tableau de la distance utile, et pour SF : 2h, U1 = 4 cm
Alors que Uinf = 3 cm < U1 Il faut calculer les rotations plastiques.

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‰ÅoÆ H ‰Ç• = ‰3•


È
Ω=
* *
œ •ž H Ÿž /~E ~E
Dž H œE •|H Ÿ| /D|
E
<,) ( /~DžH /~D| )
Mg+q = -
*
œ :H ,) () ,<)E
E
<,) () ,< )
=- = - 13,5 KN.m/ml= - 0,0135 MN.m/ml

¡— . ¢~E . £• ¤•
< ¢
M∆θ = - .

)
Ei = 11000 ¥¦g> = 11000 ,
E E
,>
= 33 313,88 Mpa

h’ = ? On à : h = 17 cm ; SF 2 h d’après la fig. 17 h’ = 10,8 cm


h = 17 cm ¤•
¢
Pour h = 16 cm = 36,7 x102 °C/m
¤•
¢ ¤•
=? SF 2 h
¢
Pour h = 18 cm = 31,6 x102 °C/m

¤•
¢
Pour h = 17 cm = 34,15 x102 °C/m (Interpolation Linéaire)

+ ,<< ,+ <E + =É

<
M∆θ = - x 34,15 x102 = - 0.179 MN.m/ml

Maθ = A . fe . Zθ avec Zθ = d – 0,4 y et d = h - Usup = 17 – 1,5 = 15,5 cm

[Z+ = ? et y1 = ?
Y5
y = y1
Y

On à Uinf = 3 cm et SF: 2h d’après la fig. 16 θb = 590 °C

D’où [Z+ = 1,393 –


)>
; ;
= 0,465 (d’après la fig. 2)

.˜š› .0| . €• ,> + =4 +,



,< !C . ™•5 0ySC ,< + , ;)
par la suite y1 = = = 0,0147 m = 1,47 cm
C,S

on détermine maintenant U1 = 0,4 y1 = 0,4 x 1,47 = 0,59 cm


donc pour U1 = 0,59 cm et SF: 2h d’après la fig. 16 θb = 780 °C

D’où [Z = 1,125 x (1 –
:<
+
) = 0,248 (d’après la fig. 2)
Y5 , ;)
, <
En fin : y = y1 = 1,47 x = 2,76 cm
Y

Zθ = d – 0,4 y = 15,5 – 0,4 x 2,76 = 14,40 cm


Maθ = A . fe . Zθ = 2,93 x 10-4 x 400 x 14,40 x 10-2 = 0,017 MN.m / ml

¡— . ¢~ E + ,<< ,+ < E
( /~Dž o /~D| ) ( ,< ))
K=? K= = = 1,31

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A , + )A ,+:>A , +:
d’où |Ω| = Ë Ë = |−0,16| = 0,16 rad
+, +

Ω = 0,16 > ΩÁ = 0,1 rad les aciers sur appuis se rompent et Maθ = 0 l’équilibre doit
être assuré par les seuls aciers en travée. Il faut vérifier donc si :
(†H‡ ) .ˆ
Mtθ ≥ M0 =

Mtθ = Aθ . fe . Zθ dont Aθ = ∑ φÍ_ . A_


On à : quelque soit i ; φÍ_ = φÍ (car toutes les barres sont dans la même isotherme)
Uinf = 3 cm, SF :2h θs = 590 °C (d’après la fig. 16)

φÍ = 1,85 – (
)>
)
) = 0,39

Aθ = 0,39 x 3,28 = 1,28 cm2


Zθ = dθ – 0,4 yθ avec dθ = d = h – Uinf = 17 – 3 = 14 cm
.• .0| . €• +, < + =4 +,

,< !C . 0ySC ,< + C,S
yθ = = = 0,003 m = 0,3 cm

Zθ = 14 – 0,4 x 0,3 = 13,88 cm


Mtθ =1,28 x 10-4 x 400 x 13,88 x 10-2 = 0,0071 MN.m/ml
(•HŸ ) ./* (: + =E H ,) + =E ) )*
< <
M0 = = = 0,0297 MN.m/ml

En fin Mtθ = 0,0071 MN.m/ml < M0 = 0,0297 MN.m/ml la dalle est instable au feu
pendant une durée de 2 heures.

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