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Lycée Louis-Le-Grand, Paris Samedi 10/10/2015

MPSI 4 – Mathématiques
A. Troesch

Devoir Surveillé 2 – Relations, sommes, réels

La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté, la précision et la concision des raisonnements
entreront pour une part importante dans l’appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
L’usage de tout document et de tout matériel électronique est interdit. Notamment, les téléphones portables doivent être éteints
et rangés.
Si au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie et poursuivra
sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il sera amené à prendre

Exercice 1 – Exercice technique


Les questions sont indépendantes.
n
X
1. Calculer, pour tout n ∈ N, (3k 2 + 3k + 1).
k=0
N X
N   N X
N  
X n X n k
2. Calculer pour tout N ∈ N, les sommes doubles 2n et 2 .
k k
k=0 n=k k=0 n=k
n
Y k2 − 1
3. Calculer pour tout n ∈ N \ {0, 1}, Pn = .
k2
k=2
4. Soit (un )n∈N une suite de réels. On pose, pour tout n ∈ N∗ ,
n
X n
X
Sn = uk et Tn = k(uk − uk+1 ).
k=1 k=0

n
X +∞
X
Exprimer Tn en fonction de Sn+1 et un+1 . En déduire la valeur de kxk lorsque x ∈ R \ {1}, puis de kxk
k=0 k=0
lorsque x ∈] − 1, 1[.

Problème – (Inégalités classiques)


Le but du problème est de montrer comment un certain nombre d’inégalités classiques en analyse peuvent être obtenues
grâce à un outil commun, à savoir l’étude de la convexité de certaines fonctions. On s’intéresse notamment à la
comparaison des moyennes, à l’inégalité de Cauchy-Schwarz et à l’inégalité de Hölder qui en est une généralisation.
Les parties I et II introduisent la notion de fonctions convexes et étudient des exemples de fonctions convexes qui
seront utilisées dans la suite du problème. On pourra admettre les résultats de cette partie pour aborder les parties
suivantes.
On admettra que si f est une fonction définie sur un intervalle I et continue en x ∈ I et si (xn )n∈N est une suite
d’éléments de I convergeant vers x, alors (f (xn ))n∈N converge vers f (x).
On admettra également la formule de dérivation des fonctions composées : si f est une fonction dérivable d’un intervalle
I dans un intervalle J, et g est une fonction dérivable de J dans un intervalle K, alors g ◦ f est dérivable sur I, et
(g ◦ f )′ = f ′ × (g ′ ◦ f ).
P
On s’efforcera à écrire toutes les sommes avec le signe , de sorte à éviter autant que faire se peut les « · · · ».

Partie I – Convexité

Dans cette partie, on étudie certaines propriétés des fonctions convexes. Aucun prérequis sur ces fonctions n’est requis.
On dit qu’une fonction f définie sur un intervalle I de R et à valeurs dans R est convexe si pour tout (x, y) ∈ I 2 et
tout λ ∈]0, 1[,
f (λx + (1 − λ)y) 6 λf (x) + (1 − λ)f (y).
Cette inégalité sera appelée « inégalité de convexité ».
On dit que la fonction f est concave si −f est convexe. On n’utilisera lors du devoir aucune caractérisation des
fonctions convexes autre que cette inégalité. En particulier, tout argument utilisant une caractérisation par la dérivée
ou la dérivée seconde sera refusé.

1
1. Soit (x, y) ∈ I 2 tel que x < y. Montrer que z ∈]x, y[ si et seulement s’il existe λ ∈]0, 1[ tel que z = λx + (1 − λ)y.
Xn
2. Soit f une fonction convexe sur un intervalle I. En écrivant, pour n > 3, λk xk sous la forme λn xn +(1−λn)y,
k=1
pour un certain y défini en fonction de x1 , . . . , xn−1 et des λi , montrer que pour tout n > 2, (x1 , . . . , xn ) ∈ I n
n
X
et tout (λ1 , . . . , λn ) ∈]0, 1[n tels que λi = 1, on a
k=1

n
! n
X X
f λk xk 6 λk f (xk ).
k=1 k=1

3. Nous présentons dans cette question quelques règles permettant de construire des fonctions convexes ou concaves.
(a) Soit f et g deux fonctions convexes sur un intervalle I. Montrer que f + g est convexe sur I. Donner un
énoncé similaire pour les fonctions concaves.
(b) Soit f une fonction convexe sur un intervalle I, à valeurs dans J, et g une fonction convexe croissante sur
J. Montrer que g ◦ f est convexe sur I.
4. Dans cette question, on montre qu’une version affaiblie de l’inégalité de convexité suffit à caractériser la convexité
d’une
 fonction.
 Soit f une fonction continue sur un intervalle I, à valeurs dans R, telle que pour tout (x, y) ∈ I 2 ,
x+y 1
f 6 (f (x) + f (y)). Le but de cette question est de montrer que f est convexe.
2 2
n
(a) Montrer que pour tout n ∈ N∗ , et tout (x1 , . . . , x2n ) ∈ I 2 , on a :
n n
2 2
!
1 X 1 X
f xk 6 n f (xk ).
2n 2
k=1 k=1

(b) Montrer que pour tout (x, y) ∈ I 2 , et tout (p, n) ∈ (N∗ )2 tel que p < 2n ,

px + (2n − p)y 2n − p
 
p
f n
6 n f (x) + f (y).
2 2 2n
np o
∗ 2 n
(c) Montrer que l’ensemble E défini par E = | (p, n) ∈ (N ) et p < 2 est dense dans ]0, 1[.
2n
(d) Montrer que pour tout réel λ ∈]0, 1[, il existe une suite (λn )n∈N d’éléments de E, dont la limite est λ.
(e) En déduire que f est convexe sur I.

Partie II – Exemples de fonctions convexes ou concaves

1. Soit f : x 7→ ax + b une fonction affine ((a, b) ∈ R2 ). Montrer que f est concave et convexe sur R.
2. Dans cette question, on prouve que pour tout p ∈ N∗ , la fonction fp définie sur R+ par fp (x) = xp est convexe.
Soit p ∈ N∗ .
2⌋ 
⌊X
p

p
(a) Calculer , en discutant suivant la parité de p.
k
k=0
(b) Montrer que pour tout (x, y) ∈ (R+ )2 et tout k ∈ [[0, p]], on a :

xk y p−k + xp−k y k 6 xp + y p .

(c) À l’aide de la formule du binôme, en déduire que


p
(x + y) 6 2p−1 (xp + y p )

(d) En déduire que fp est convexe.


On admettra que plus généralement, fp est convexe pour tout p réel supérieur ou égal à 1
3. Dans cette question, on prouve que ln est concave sur R∗+ . On fixe x et y deux réels strictement positifs tels
que x < y. On considère la fonction f de la variable t définie pour tout t ∈ [0, 1] par :

f (t) = ln(tx + (1 − t)y) − t ln(x) − (1 − t) ln(y).

2
(a) Montrer que f ′ s’annule au plus une fois sur [0, 1] (attention, c’est par rapport à t qu’on dérive !)
(b) Déterminer le signe de f sur [0, 1] et conclure.

Partie III – Inégalités classiques

1. Comparaison des moyennes


(a) Soit n ∈ N∗ . En utilisant la concavité du logarithme, montrer que :

n n
! n1
1X Y
∀(x1 , . . . , xn ) ∈ (R∗+ )n , xk > xk .
n
k=1 k=1

(b) En déduire que pour tout (y1 , . . . , yn ) ∈ (R∗+ )n

n
! n1
Y n
yk > n .
k=1
X 1
yk
k=1

2. Inégalité de Cauchy-Schwarz et inégalité de Hölder


(a) En utilisant la convexité de la fonction x 7→ x2 , montrer, pour tout n > 2, l’inégalité de Cauchy-Schwarz
dans le cas particulier suivant :
v v
n
X
u n
X uX
u n
∗ n ∗ n
u
∀(x1 , . . . , xn ) ∈ (R+ ) , ∀(y1 , . . . , yn ) ∈ (R+ ) , xk yk 6 t 2
xk t yk2
k=1 k=1 k=1

 
xk
Indication : on pourra utiliser la question I-2 avec la famille yk et des λk bien choisis.
(b) Comment en déduire la validité de l’inégalité lorsque certains xi et yi peuvent être nul ? Lorsqu’on n’a plus
d’hypothèse de positivité ?
1 1
(c) Soit p un réel tel que p > 1. On pose q tel que + = 1. Démontrer de même que pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈
p q
(R∗+ )n et tout (y1 , . . . , yn ) ∈ (R∗+ )n , on a

n n
! p1 n
! q1
X X X
xk yk 6 xpk ykq
k=1 k=1 k=1

(inégalité de Hölder).
(d) En déduire que pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈ (R∗+ )n et tout (y1 , . . . , yn ) ∈ (R∗+ )n , on a

n
! p1 n
! p1 n
! p1
X X X
(xk + yk )p 6 xpk + ykp
k=1 k=1 k=1

(inégalité de Minkowski, à rapprocher d’une inégalité triangulaire)


Xn
Indication : majorer la somme xk (xk + yk )p−1 .
k=1

Partie IV – Inégalité maîtresse

1. Soit ϕ : R∗+ → R concave. On définit la fonction f : (R∗+ )2 → R par :


 
x
f (x, y) = yϕ .
y

(a) Montrer que pour tout (x1 , x2 , y1 , y2 ) ∈ (R∗+ )4 ,

f (x1 , y1 ) + f (x2 , y2 ) 6 f (x1 + x2 , y1 + y2 )

3
(b) En déduire que pour tout n ∈ N∗ :
n n n
!
X X X
∀(x1 , . . . , xn ) ∈ (R∗+ )n , ∀(y1 , . . . , yn ) ∈ (R∗+ )n , f (xk , yk ) 6 f xk , yk .
k=1 k=1 k=1

2. Quelle inégalité retrouve-t-on en appliquant ce résultat pour ϕ : x 7→ x?
1
3. Soit p ∈ N \ {0, 1}. Quelle formule retrouve-t-on en appliquant la question 1 à la fonction x 7→ (x p + 1)p ? (on
ne demande pas de justifier la concavité de cette fonction).

Partie V – Applications combinatoires


Dans cette partie, on étudie une application de l’inégalité de Cauchy-Schwarz à un problème de combinatoire énumé-
rative.
1. Soit (ai,j )(i,j)∈[[1,n]]×[[1,m]] une famille de réels positifs. Montrer que
v
n X m
u n X m X m
X u X
ai,j 6 tn ai,j ai,k
i=1 j=1 i=1 j=1 k=1

2. Considérons M1 , . . . , Mn des points distincts du plan et D1 , . . . , Dm des droites 2 à 2 distinctes du plan.


Définissons I, le nombre d’incidences, comme étant égal au nombre de couples (k, ℓ) d’indices tels que Mk ∈ Dℓ .
(a) Justifier que pour tous j 6= k,
Xn
1Mi ∈Dj 1Mi ∈Dk 6 1
i=1

(b) En déduire que I 6 nm2 + mn2 .

Exercice 2 – Soit (E, 6) un ensemble ordonné. On définit sur E la relation binaire R suivante :
∀(x, y) ∈ E 2 , xRy ⇐⇒ (x = y ou bien x et y sont incomparables)
Le but de cet exercice est d’étudier les ensembles ordonnés pour lesquels cette relation R est une relation d’équivalence.
On utilise ensuite R pour prolonger 6 en un ordre total lorsque E est fini. On rappelle que si R est une relation
d’équivalence, l’ensemble quotient E/R est l’ensemble formé de toutes les classes d’équivalence pour la relation R. Si
x ∈ E, on notera x sa classe d’équivalence, élément de E/R.
1. La relation R est-elle une relation d’équivalence dans les cas suivants :
(a) l’ordre est total ;
(b) (E, 6) = (P([[1, 2]]), ⊂) ;
(c) (E, 6) = (P(X), ⊂), où |X| > 3 ;
(d) E = N∗ et 6 est la relation de divisibilité.
2. Soit (E, 6) un ensemble ordonné tel que R soit une relation d’équivalence, et pour tout x ∈ E, soit
Sx = {y ∈ E | y < x} et Tx = {y ∈ E | y > x}.
Montrer que si xRy, alors Sx = Sy et Tx = Ty
3. Réciproquement, on considère un ensemble ordonné (E, 6) tel que pour tout (x, y) ∈ E, si xRy, alors Sx = Sy .
Montrer que R est une relation d’équivalence.
4. On suppose dans cette question que E est un ensemble tel que R soit une relation d’équivalence.
(a) Soit xRx′ et yRy ′ . Montrer que si x < y, alors x′ < y ′ .
(b) On définit sur E/R une relation E par :
x E y ⇐⇒ (xRy) ou (x < y).
Cette relation est bien définie en vertu de la question précédente. Montrer que E est une relation d’ordre
total sur E/R.
5. On considère un ensemble E fini tel que la relation R soit une relation d’équivalence. On munit chaque classe
d’équivalence c de R d’une relation d’ordre total 6c arbitraire. On définit sur E la relation  en posant x  y
si et seulement si x < y, ou bien si x et y appartiennent à une même classe d’équivalence c pour R, et vérifient
x 6c y. Montrer que  est une relation d’ordre total prolongeant 6. Autrement dit,  est totale et vérifie :
∀(x, y) ∈ E 2 , x 6 y =⇒ x  y.

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