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Cours de Mathématiques Générales STEG 1 Année Académique 2021-2022

CHAPITRE 1 : ELEMENTS DE LOGIQUE,


RELATIONS ET APPLICATIONS
A. ELEMENTS DE LOGIQUE
I. Définitions de quelques notions
- Une proposition : c’est une phrase déclarative dont on peut dire sans
ambiguîté si elle est vraie ou fausse.
- Un prédicat : est une expression mathématique contenant des lettres
appelées des variables tels qu’en susbtituant chacune de ces variables,
on obtient une proposition
- Une formule : est une expression mathématique qui est soit une
proposition, soit une prédication
- Une tautologie : est une proposition ou une assertion qui est toujours
vrai quelque soit la valeur des paramètres qui constituent cette
proposition
II. Les opérateurs logiques
Les opérateurs logiques sont des symboles mathématiques qu’on pour
former des propositions dites composées à partir des valeurs des
propositions simples. On obtient la table de vérité des propositions les
constituant ou les définissant.
Une table de vérité est un tableau qu’on dresse pour dire si une proposition
est vraie ou fausse
- La négation : Soit P, une proposition donnée, on appelle négation de P
notée ¬𝑃 et on lit non P, la proposition qui est vraie quand P est fausse
- Conjonction P et Q
Soient P et Q deux assertions ou deux propositions, on appelle
conjonction des propositions P et Q que l’on note 𝑃 ∩ 𝑄, la proposition
qui n’est vraie que quand P et Q sont à la fois vraies

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- La disjonction P ou Q
Soient P et Q deux propositions, on appelle P ou Q que l’on note 𝑃 ∪ 𝑄
la proposition qui n’est fausse que si P et Q sont à la fois fausses
- L’implication
Soient P et Q deux propositions, on appelle implication de la proposition
P et Q que l’on note 𝑃 → 𝑄 et que l’on lit P implique Q, Si P est vraie
alors Q aussi est vraie, la proposition équivalente est ¬𝑃 ∪ 𝑄 ; elle est
fausse si P est vraie et Q est fausse
- L’équivalence
Soient P et Q deux propositions, on appelle équivalence entre P et Q que
l’on note 𝑃 ↔ 𝑄 et qu’on lit P équivaut à Q ou encore P si et seulement
si Q. Cette proposition est fausse si P est vraie et Q est fausse et quand
P est fausse et Q est vraie.

III. Les quantificateurs

Les quantificateurs sont les symboles utilisés pour écrire les propositions ou les
énoncés. Une phrase quantifiée est une assertion mathématique contenant un ou
plusieurs quantificateurs ;

• Le quantificateur existentiel ou essentiel


Il est noté ∃. Pour dire par exemple qu’il existe un élément x, on écrit : ∃𝑥
et le symbole ∃! Signifie qu’il existe un et un seul élément
• Le quantificateur universel.

Il est symbolisé par : ∀ qui se lit ‘pour tout’ pour dire pour tout élément

IV. Les grandes formes de raisonnement en mathématiques


1) La démonstration directe
Elle consiste à partir d’une proposition P vraie et à établir que Q est aussi
vraie en utilisant nécessairement les assertions intermédiaires vraies.

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2) La démonstration par l’absurde


Pour démontrer par l’absurde qu’une proposition P est vraie, on suppose
que P est fausse et on montre que cela aboutit à une contradiction et on
conclut alors P est vraie.
3) Démonstration par contraposée
La démonstration par contraposée s’appuie sur la règle logique selon
laquelle si P=>Q alors ¬𝑄 =>¬𝑃. Pour démontrer que P=>Q, on
démontre ¬𝑄 => ¬𝑃 et on conclut que P=>Q
4) Démonstration par récurrence
Elle s’utilise pour retrouver les propositions dont l’énoncé dépend d’un
certain entier naturel n et s’exécute en 3 étapes :
Premièrement : on suppose que la proposition est vraie à un rang
particulier donné, en général au rang 0
Deuxièmement : On suppose que la proposition est vraie au rang n et
on démontre qu’elle vrai au rang n+1 en utilisant le rang n.
Troisièmement : On conclut qu’elle est vraie pour tout n.

B. RELATIONS ET APPLICATIONS
I. Rappels sur la théorie des ensembles
1) Définition et typologie
L’ensemble est une collection d’objet dont les composantes sont
appelées des éléments. Par convention, l’ensemble se note avec une
lettre majuscule et ses éléments en minuscules.
Exemple : L’ensemble des lettres du mot mathématique en extension est
la suivante : 𝐴 = {𝑚, 𝑎, 𝑡, ℎ, 𝑒, 𝑖, 𝑞, 𝑢, 𝑒}
Remarque : Lorsqu’un élément appartient à un ensemble et qu’il
revient plusieurs fois, on l’écrit une seule fois dans l’ensemble.
Lorsqu’un élément appartient à un ensemble, il est contenu dans
l’ensemble et on utilise le quantificateur suivant ∈ pour exprimer
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l’appartenance par exemple 𝑎 ∈ 𝐴 . A l’opposé, si l’élément


n’appartient pas à l’ensemble ; le quantificateur utilisé est ∉.
De manière générale, on fait la différence entre les ensembles finis et les
ensembles infinis.
Un ensemble est dit fini s’il est possible de dénombrer tous ses éléments,
le nombre d’éléments des ensembles est appelé <<cardinal des
ensembles>> généralement noté ‘n’ ou Card (A).
- Lorsqu’il est impossible de dénombrer ou de lister tous les éléments
d’un ensemble, il est dit infini. Un ensemble peut s’écrire en
extension ou en compréhension ;
- Ecrire un ensemble en extension revient à lister tous ses éléments ;
- Ecrire un ensemble en compréhension revient à écrire une propriété
commune à tous ses éléments.

Exemple :

Soit B l’ensemble des éléments des résultats obtenus du jet d’un dé non
truqué 𝐵 = {1, 2, 3, 4, 5, 6} en extension ; 𝐵 = {𝑥 ∈ 𝐼𝑁/1 ≤ 𝑥 ≤ 6} en
compréhension ; ou encore 𝐵 = {𝑥 ∈ 𝐼𝑁/𝑥 ≥ 3} qui est un ensemble
fini.

2) Notion de sous-ensemble et opérations sur les ensembles


Notion de sous-ensemble
Soient deux ensembles A et B, si chacun des éléments de A appartient
également à B, alors A est un sous-ensemble de B. n dit encore que B
contient A et on note 𝐴 ⊂ 𝐵 𝑜𝑢 𝐵 ⊃ 𝐴.
Propriété 1 : Si 𝐴 ⊂ 𝐵 et 𝐵 ⊂ 𝐴 alors A et B sont identiques et on note
A=B
Propriété 2 : Si 𝐴 ⊂ 𝐵 et A≠ B, alors A est un sous ensemble propre de
B.
Opérations élémentaires sur les ensembles
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- L’union ∪ de A et B noté A∪ B est l’ensemble constitué de tous les


éléments qui appartiennent soit à A, soit à B, soit aux deux à la fois
- L’intersection ∩ de A et de B notée A∩B est l’ensemble constitué de
tous les éléments qui appartiennent à la fois à A et à B. Par
conséquent si A et B n’ont aucun élément en commun, on dit qu’ils
sont disjoints. Dans ce cas, on a A∩B=∅ :
- La différence : l’ensemble 𝐴 − 𝐵 rassemble tous les éléments de A
qui n’appartiennent pas à B ;
- Le complémentaire : Si 𝐵 ⊂ 𝐴 alors 𝐴 − 𝐵 est le complémentaire
de B par rapport à A

Quelques propriétés fondamentales des ensembles

Théorèmes

T1 : commutativité des unions : Soient deux ensembles A et B, on a : A∪ B= B∪


A

T2 : L’associativité des unions : Soient A, B, et C trois ensembles, on a : 𝐴 ∪


(𝐵 ∪ 𝐶) = 𝐴 ∪ 𝐵 ∪ 𝐶 = (𝐴 ∪ 𝐵) ∪ 𝐶

T3 : La commutativité des intersections c’est-à-dire A∩B = B∩A

T4 :L’associativité des intersections c’est-à-dire : (𝐴 ∩ 𝐵) ∩ 𝐶 = 𝐴 ∩ (𝐵 ∩ 𝐶) =


𝐴∩𝐵∩𝐶

Les Lois de distribution

L1 : 𝐴 ∩ (𝐵 ∪ 𝐶) = (𝐴 ∩ 𝐵) ∪ (𝐴 ∩ 𝐶)

L2 : 𝐴 ∪ (𝐵 ∩ 𝐶) = (𝐴 ∪ 𝐵) ∩ (𝐴 ∪ 𝐶)

T5 : A ∪ ∅ = ∅ ∪ A = A

T6 : A ∩ ∅ = ∅ ∩ A = ∅

II. Relations et Applications


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A) Notion de produit cartésien


Soient A et B deux ensembles. On appelle produit cartésien de A et B
(ensemble produit de A et B), l’ensemble des couples (x, y) tel que 𝑥 ∈
𝐴 𝑒𝑡 𝑦 ∈ 𝐵
Et on le note : 𝐴𝑋𝐵 = { (𝑥, 𝑦) / 𝑥 ∈ 𝐴 𝑒𝑡 𝑦 ∈ 𝐵}
B) Notion de relation
Soient A et B deux ensembles, on appelle relation (ou correspondance) de
A et B tout sous ensemble du produit cartésien A X B. Pour dire qu’un
élément x de A est en relation avec un élément x de B ; on note R(x,y) ou
xRy. Le sous ensemble ∆ des éléments x et y qui vérifie la relation R est
appelé graphe de la relation R. ∆= {(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐴𝑋𝐵 /𝑥𝑅𝑦}
Si A = B alors la relation ainsi définie est appelée relation binaire.
C) Relation d’équivalence
Soit A un ensemble R une relation dans A, on dit que la relation R est une
relation d’équivalence si et seulement si :
- R est réflexive c’est-à-dire ∀𝑥 ∈ 𝐴, 𝑥𝑅𝑥
- R est symétrique, c’est-à-dire ∀𝑥, 𝑦 ∈ 𝐴 𝑠𝑖 𝑥𝑅𝑦 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑦𝑅𝑥;
- R est transitive c’est-à-dire ∀𝑥, 𝑦, 𝑧 ∈ 𝐴, 𝑠𝑖 𝑥𝑅𝑦 𝑒𝑡 𝑦𝑅𝑧 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑥𝑅𝑧
D) Classe d’équivalence et ensemble quotient
Soir R une relation d’équivalence dans un ensemble A, on appelle classe
d’équivalence d’un élément x, l’ensemble de tous les éléments y / xRy
Remarque : Tout élément de classe d’équivalence de x est appelé
représentant.
Les classes d’équivalence sont importantes en économie notamment en
microéconomie dans l’analyse des courbes d’indifférences ou courbes
d’iso-utilités.
La relation d’égalité dans un ensemble quelconque A est une relation
d’équivalence car :
- ∀𝑥 ∈ 𝐴, x = x donc la relation d’égalité est réflexive
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- ∀(𝑥, 𝑦) ∈ 𝐴2 ; 𝑠𝑖 𝑥 = 𝑦, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑦 = 𝑥 la relation d’égalité est


symétrique
- ∀(𝑥, 𝑦, 𝑧) ∈ 𝐴3 ; si x = y et y = z alors x = z, la relation d’égalité est
transitive

Relation d’ordre

Soit A un ensemble et *r une relation dans R, on dit que R est une relation d’ordre
dans R si et seulement si les conditions suivantes sont satisfaites :

- R est réflexive c’est-à-dire ∀𝑥 ∈ 𝐴, 𝑥𝑅𝑥


- R est antisymétrique c’est-à-dire ∀(𝑥, 𝑦) ∈
𝐴2 𝑆𝑖 𝑥𝑅𝑦 𝑒𝑡 𝑦 𝑅𝑥 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑥 = 𝑦
- R est transitive c’est-à-dire ∀𝑥, 𝑦, 𝑧 ∈ 𝐴, 𝑠𝑖 𝑥𝑅𝑦 𝑒𝑡 𝑦𝑅𝑧 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑥𝑅𝑧

Définition : Fonction

Soient A et B deux ensembles ; on appelle A et B toutes relations f de A vers B


tel que ∀ (𝑥, 𝑦, 𝑧) ∈ 𝐴 × 𝐵 × 𝐵 𝑠𝑖 𝑥𝑓𝑦 𝑒𝑡 𝑥𝑓𝑦 ′ 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑦 = 𝑦 ′ 𝑜𝑛 é𝑐𝑟𝑖𝑡 𝑦 = 𝑓(𝑥)

Pour dire que x est fonction de y, au lieu d’écrire (xRfx) au lieu de dire xfy

Définition de l’application :

Soient A et B deux ensembles, on appelle f est une application de A vers B toute


relation fonctionnelle et totale à gauche, c’est-à-dire tout élément de départ et lié
à un élément de l’ensemble d’arrivée. Mathématiquement, cela ce traduit par

∀ (𝑥, 𝑦, 𝑧) ∈ 𝐴 × 𝐵 × 𝐵 𝑠𝑖 𝑥𝑓𝑦 𝑒𝑡 𝑥𝑓𝑦 ′ → 𝑦 = 𝑦 ′ 𝑒𝑡 ∀𝑥 ∈ 𝐴, ∃ 𝑦 ∈ 𝐵/𝑥𝑓𝑦

Conclusion : toute application est d’abord fonction mais toute fonction n’est pas
une application

E) Images et images réciproques par une application

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Soient A et B deux ensembles, f est une application de A vers B, on appelle


ensemble image directe de A par l’application f qu’on note f(A) ou Im f
l’ensemble des images de tous les éléments de A d’où

𝐼𝑚 𝑓 = 𝑓(𝐴) = {𝑦 ∈ 𝐵, ∃ 𝑥 ∈ 𝐴 𝑒𝑡 𝑦 = 𝑓(𝑥)}

Propriétés :

Soient A et B deux ensembles, f est une application de A dans B et soient A1 et A2


deux sous ensemble de A, on a les propriétés suivantes :

P1) 𝑆𝑖 𝐴1 ⊆ 𝐴2 , 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑓(𝐴1 ) ⊆ 𝑓(𝐴2 )

P2) 𝑓(𝐴1 ⋃ 𝐴2 ) = 𝑓(𝐴1 )⋃ 𝑓(𝐴2 )

P3) 𝑓(𝐴1 ⋂ 𝐴2 ) = 𝑓(𝐴1 )⋂ 𝑓(𝐴2 )

F) Ensemble image réciproque par une application

Soient A et B deux ensembles, f est une application de A vers B, on appelle


l’ensemble image reciproque de B par l’ensemble de A1 dont l’image est B et on
note 𝑓 −1 𝑦(𝐵) = {𝑥 ∈ 𝐴 / 𝑦 = 𝑓(𝑥)}

Propriétés :

Soient A et B deux ensembles, f est une application de A dans B et soient B1 et B2


deux sous ensemble de B, on a les propriétés suivantes :

P1) 𝐵1 ≤ 𝐵2 ⇒ 𝑓 −1 (𝐵1 ) ⊂ 𝑓 −1 (𝐵2 )

P2) 𝑓 −1 (𝐵1 ⋃ 𝐵2 ) = 𝑓 −1 (𝐵1 )⋃ 𝑓 −1 (𝐵2 )

P3) 𝑓 −1 (𝐵1 ⋂ 𝐵2 ) = 𝑓 −1 (𝐵1 )⋂ 𝑓 −1 (𝐵2 )

G) Application injective, subjective et bijective

Soit f une application de A dans B, on dit que :

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➢ f est injective si les images de deux ensembles distincts de A sont deux


éléments distincts de B ou encore ce qui revient au même, deux éléments
qui on là même image sont les même. Mathématiquement, cela se traduit
par : ∀ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐴2 , 𝑠𝑖 𝑥1 ≠ 𝑥2 ⇒ 𝑓(𝑥1 ) ≠ 𝑓(𝑥2 ) ou encore ce qui
revient au même, ∀ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐴2 , 𝑠𝑖 𝑓(𝑥1 ) = 𝑓(𝑥2 ) ⇒ 𝑥1 = 𝑥2
➢ les applications sont surjectives si tous les éléments de l’ensemble d’arrivé
(B) est l’image d’au moins un élément de l’ensemble de départ (A) c’est-à-
dire : ∀ 𝑦 ∈ 𝐵, ∃ 𝑥 𝜖 𝐴/ 𝑦 = 𝑓(𝑥)
➢ Bijectives : f est bijective si elle est à la fois injective et surjective c’est
dire ∀ 𝑦 ∈ 𝐵 l’image d’un unique élément 𝑥 𝜖 𝐴 . Mathématiquement, on
a
∀ 𝑦 ∈ 𝐵, ∃! 𝑥 𝜖 𝐴/ 𝑦 = 𝑓(𝑥)

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