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FICHE DE RÉVISION DU BAC

LE COURS
[Série – Matière – (Option)]
[Titre de la fiche]
Philosophie – Bac L/ES/S
La liberté

La notion

Etre libre dans une première acception c'est faire tout ce que l'on veut. Cependant peut-on réellement dire de
l'enfant qui allume un ordinateur sans savoir s'en servir qu'il serait libre ? Peut-on dire de même d'un enfant qui sort
seul dans une ville moderne dont il ne connaîtrait pas les dangers qu'il est libre ? La liberté est donc plus complexe
que cela ? La liberté implique un certain savoir. De plus elle implique certainement synthèse de toutes les libertés. La
liberté n'est donc pas la licence et dire ou faire tout ce qui nous passe par la tête ce n'est pas nécessairement
exprimer tout ce que nous avons sur le cœur. Alors être libre est-ce vivre selon le cœur ? Si c'est le cas qu'est ce que
cela veut dire et être libre n'implique-t-il pas un apprentissage spécifique ?

Termes proches :
Le vouloir. Celui qui veut exprime une liberté. Le libre-arbitre est cette faculté qu'a l'homme de pouvoir acquiescer ou
refuser, de dire oui ou de dire non.

Problèmes que peut poser la notion :


L'homme est-il libre ou déterminé ? Peut-on être libre sans connaissance ? Peut-on être libre et être immoral ?

Films Danton.
A Wajda. Film qui évoque le combat des révolutionnaires pour la liberté en France. Le dictateur de C Chaplin qui se
moque d'Hitler et de tous les dictateurs qui méprisent la liberté.

Romans de fiction
Les neiges du Kilimandjaro et le. vieil homme et la mer E Hemingway. Comme toute l'œuvre de cet auteur, ces deux
beaux textes expriment la difficulté pour des hommes singuliers à vivre libres dans des mondes gangrénés par le
conformisme ou la corruption des cœurs et des esprits.

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LE COURS
[Série – Matière – (Option)]
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La liberté

I. Peut-on parler d'une liberté pour les Anciens et d'une liberté pour les
Modernes ?

Le premier s'être posé la question fut B. Constant car il soutenait que les Modernes se sentaient libres en vivant leur
intimité alors que la liberté des Anciens était essentiellement politique. Arendt devait reprendre cette philosophie,
en la nuançant, dans la Crise de la culture.

Extrait : un homme est libre s’il se limite à ce qui est en son pouvoir, s’il ne s’engage pas dans un domaine
où il peut rencontrer des obstacles. A l’époque moderne nous avons séparé liberté et politique…L’état ne
sert plus qu’à assurer la sécurité, notre tradition philosophique est presque unanime à soutenir que la
liberté commence là où les hommes ont quitté le domaine de la vie politique habitée par le nombre et
qu’elle n’est pas expérimentée dans l’association mais dans le rapport à soi-même. H Arendt, La crise de la
culture.

Les Anciens concevaient-ils la liberté uniquement comme politique et ne la voyons-nous que comme intérieure ?
Autrefois l'homme libre ne pouvait se concevoir qu'au sein de la cité. L'individualisme contemporain semble indiquer
que la liberté ne peut se concevoir que dans l'intime ou la vie solitaire. Le solitude semble également être liée à une
forme de liberté toute intérieure. Etre libre c'est être libre de vivre comme je le souhaite, faire le métier que je veux,
penser ce que je veux, partager les convictions qui sont les miennes. Pour les Anciens, selon Arendt, la liberté était
celle d'une nation. Peut-on cependant aussi nettement séparer ces deux formes de liberté ? Un homme, une famille
peuvent-ils vivre libres dans un Etat totalitaire ? Evidemment que non. De même, une république se construit dans la
liberté lorsque les hommes sont libres dans leurs têtes. Mais qu'est ce qu'être libre ? Vivre selon son bon plaisir ?
Avoir un jugement libre, ne pas se laisser influencer par les « on dit », accepter d'être soi et oser être soi tout en
sachant que ce qui est apparent n'est pas toujours réel et que ce que l'on veut montrer n'est pas toujours ce que l'on
est.

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La liberté

II. Y a t il des libertés plus libres que d'autres ? Y a t il des degrés de liberté ?

Descartes voulait bien reconnaître que le fait d'être autonome et de se décider par soi-même était être libre.
Cependant il distinguait la liberté d'indifférence – le plus bas degré de la liberté – de la liberté tout court.

Extrait : Une plus grande liberté consiste en effet ou bien dans une plus grande facilité de se déterminer. Si
nous prenons le parti où nous voyons le plus de bien,nous nous déterminons plus facilement ; si nous
suivons le parti contraire nous usons d'avantage de cette puissance positive ; ainsi nous pouvons toujours
agir plus librement dans les choses où nous voyons plus que de bien que de mal, que dans les choses
appelées par nous indifférentes.Descartes, Lettre au père Mesland. 9 février 1645

La liberté d'indifférence n'est autre que la liberté de l'indifférent et donc de celui qui dit oui ou non selon son bon
plaisir et sans vraiment savoir ce qu'il dit. Cette liberté d'indifférence est le plus bas degré de la liberté selon
Descartes. Il y a un degré plus haut celle de l'homme véritablement libre qui, lorsqu'il dit oui à quelque chose, dit oui
au bien et qui, lorsqu'il dit non, dit non au mal. Pour Descartes, il n'y a donc pas de véritable liberté sans un certain
savoir et sans une certaine éducation.

III. Pour être libre avons-nous besoin de lois et d'un Etat ?

La philosophie des Lumières, JJ Rousseau en tête, avait fait de la liberté, un des éléments premiers de son combat
philosophique et politique mais aucune liberté n'était possible sans loi pour ces hommes qui avaient souffert des
caprices des privilégiés et des rois tous puissants qui régnaient autrefois en Europe. Pour Rousseau il fallait donc
distinguer la liberté naturelle de la liberté civile. La liberté civile n'était autre que celle qui permettait à chacun de
vivre selon sa volonté tout en respectant celle des autres. Elle supposait donc un Etat libéral, c'est à dire un Etat au
service de la liberté et un état de droit.

Extrait : Ce que l'homme perd dans le contrat social c'est sa liberté naturelle et un droit illimité sur tout ce
qui le tente et ce qu'il peut atteindre, ce qu'il gagne, c'est la liberté civile et la propriété de tout ce qu'il
possède. Pour ne pas se tromper dans ces compensations, il faut bien distinguer la liberté naturelle qui n'a
pour bornes que les forces de l'individu, de la liberté civile qui est limitée par la volonté générale (et donc
la loi). Rousseau Contrat social. Livre I

Cependant, nous avons le sentiment de vivre désormais à l'époque d'un Etat devenu surpuissant et qui s'occupe de
nos moindres envies. Les lois sont de plus en plus nombreuses et le maillage social ne se fait plus semble-t-il que par
la surveillance et le contrôle non plus par le lien entre les différentes composantes de la société qui paraît se
disloquer en autant d'atomes égoïstes, repliés sur eux-mêmes et leurs langages, leur ignorance de l'autre. Le
libéralisme en a pris conscience avec Tocqueville. Ce dernier craignait le développement de ces Etats qui au nom de
la liberté risquaient un jour de la confisquer aux citoyens.

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La liberté

Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde ; je vois une
foule innombrable d'hommes semblables et égaux ...Au dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et
tutélaire qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé et
régulier, prévoyant et doux. il aime que les citoyens se réjouissent poiurvu qu'ils ne songent qu'à se
réjouir...Tocqueville,De la démocratie en Amérique.T II chap IV

Pour éviter l'Etat tout-puissant, le droit français a développé toute une série de lois qui permettent désormais de
limiter le pouvoir de l'Etat et le droit. Ce droit s'appelle le droit des libertés publiques. Ce droit garantit le citoyen
contre les abus d'un Etat qui au nom de cette même liberté peut parfois dépasser des bornes de l'admis. Mais
pourquoi le peuple accepte-t-il parfois de se laisser maintenir en esclavage ? Cette question a toujours hanté la
Boétie qui pensait que le peuple faisait lui-même souvent son propre malheur en se soumettant à des
gouvernements iniques qui ne le méritaient pas.

C'est le peuple qui s'asservit, qui se coupe la gorge, qui ayant le choix d'être serf ou d'être libre quitte la
franchise et prend le joug, qui consent à son mal ou plutot le pourchasse...S'il lui coutait quelque chose à
recouvrer sa liberté, je ne l'en presserai point; qu'est ce que l'homme doit avoir de plus cher que de se
remettre en son droit naturel et de bête redevenir homme. La Boétie.Discours de la servitude volontaire.

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