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Chapitre 3

RESEAUX EN REGIME DESEQUILIBRE

Jean Marie Kauffmann


Professeur – Université de Franche-Comté
Réseaux en régime déséquilibré

Sommaire

1 Introduction 3
2 Méthode des composantes symétriques 4
2.1 Généralités 4
2.2 Transformation de Fortescue 4
2.3 Application à un système électrique 5
2.4 Puissances active, réactive et fluctuante 6
3 Méthodologie pour l’étude d’un court-circuit 6
3.1 Principe 6
3.2 Exemple 1 : défaut entre une phase et la terre 7
3.3 Exemple 2 : défaut entre deux phases et la terre 8
4 Détermination des tensions et courants en tout point du réseau pendant le défaut 9
5 Impédance traduisant le défaut 11
6 Ouverture de phases 12
6.1 Méthodologie 12
6.2 Connexion par deux lignes à travers une impédance 13
6.3 Connexion une phase-terre 14
6.4 Impédance traduisant l’ouverture de phases 14
7 Puissances de court-circuit 14
8 Hypothèses simplificatrices 15
9 Impédances directe, inverse et homopolaire des machines synchrones 16
10 Comportement des transformateurs 19
10.1 Système direct et inverse 19
10.2 Comportement en homopolaire 19
10.3 Transformateurs à 3 enroulements 23
11 Modélisation des lignes et des câbles 24
12 Modélisation des charges 24
13 Calcul informatisé des courants de court-circuit 25
13.1 Principe 25
13.2 Matrices Zf et Yf 26
14 Exemple d’application 27

3-2
Chap. 3

1 Introduction

L’étude des réseaux en régime déséquilibré constitue un volet important des problèmes qui se posent
pour une bonne conduite des réseaux.
Les défauts qui peuvent intervenir (court-circuit, ouverture de phases, charge dissymétrique, …) sont
tels que les tensions et les courants ne forment plus un système équilibré direct. Les systèmes direct,
inverse et homopolaire ne sont plus indépendants et ainsi une source directe va donner naissance à des
composantes inverses et homopolaires.
Dans le cas de défauts, les tensions et les courants prennent des valeurs très différentes des valeurs
normales. Les protections utilisent ces différences pour détecter les défauts, les reconnaître et
déclencher les ouvertures de phases ou de lignes adéquates.

Les causes des défauts sont assez diverses.


- origine électrique : altération d’un isolant, arcs, contournement d’isolateur, …
- origine mécanique : rupture d’un conducteur ou d’un isolateur chute d’un corps étranger, coup de
pioche dans une ligne souterraine, …
- origine atmosphérique : foudre, tempête, brouillard et givre, qui entraînent une altération soit
mécanique, soit électrique, manchon de glace, neige, …
- origine humaine : fausse manœuvre, …

Les conséquences peuvent être très graves car les courants de défaut sont généralement très supérieurs
aux courants normaux et entraînent :
- un échauffement excessif et donc une diminution de la rigidité mécanique des matériaux,
- des dégats causés par les arcs,
- des efforts électrodynamiques anormaux d’où des des déformations des barres de connexion ou des
supports,
- des chutes de tension élevées qui risquent de causer le décrochage des alternateurs et de nuire à la
stabilité des réseaux, les machines asynchrones sont également sensibles aux creux de tension,
- des perturbations dans les circuits de télécommunications.

Un défaut peut être à l’origine d’un autre et il importe d’isoler rapidement la zone perturbée. Les
disjoncteurs sont appelés ainsi à couper des courants très importants en un temps très bref (moins de 5
périodes si possible soit en moins de 100ms). Ils doivent être dimensionnés en conséquence.
Il ne faut pas oublier non pus qu’une ligne ou un poste nécessitant des réparations est indisponible
pour une longue période et ceci nuit à la qualité du service car cette indisponibilité s’ajoute à celles
programmées pour l’entretien normal.

Les défauts n’ont pas tous la même importance ou la même importance. Les chiffres suivants donnent
un ordre de grandeur de la fréquence :
- défaut une phase – terre 80%
- défaut deux phases et terre 12%
- défaut triphasé 8%
- défaut entre deux phases très rare

Le défaut triphasé qui est généralement le plus dangereux, est aussi le plus facile à calculer car il s’agit
d’un défaut symétrique. Dans tous les autres cas on utilise classiquement la méthode des composantes
symétriques. Les autres transformations ne sont pas adaptées. On suppose néanmoins que le réseau est
de constitution symétrique. Tous les constituants d’un réseau ne le sont pas comme un alternateur à
pôles saillants (que l’on étudie avec la transformation de Concordia conjuguée à celle de Park) ou une
ligne de transport non transposée.

3-3
Réseaux en régime déséquilibré
2. Méthode des composantes symétriques

2.1. Généralités
L’étude des systèmes triphasés est abordée généralement à partir d’un schéma monophasé équivalent.
Le comportement des deux autres phases s’en déduit facilement par le déphasage de 2π/3 des tensions
et des courants. On admet implicitement que le réseau est de constitution symétrique. La justification
théorique du schéma équivalent monophasé est obtenue grâce aux composantes symétriques. Tout
système triphasé en régime permanent et de pulsation constante, peut être décomposé en trois systèmes
équilibrés, direct inverse et homopolaire. Dans le cas d’un réseau de constitution symétrique, les trois
systèmes sont indépendants.
Tous les réseaux ne sont pas de constitution symétrique. Tel est le cas pour un alternateur à pôles
saillants ou une ligne non transposée. Il y a dans ce cas une interaction entre les systèmes direct,
inverse et homopolaire.. On ne peut plus utiliser un schéma équivalent unique.
La transformation de Fortescue qui fait correspondre à un système triphasé quelconque trois systèmes
équilibrés direct, inverse et homopolaire est la plus utilisée. Il en existe d’autres comme celle de Lyon.

2.2. Transformation de Fortescue


Tout système triphasé de même pulsation est équivalent à la somme de trois systèmes respectivement
direct (d), inverse(i) et homopolaire (0).

direct inverse homopolaire

3
3
2 123

1
2 3

Figure 3.1

Ainsi on écrit :
⎡ G 1 ⎤ ⎡1 1 1 ⎤ ⎡G 0 ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎢ ⎥
⎢G 2 ⎥ = ⎢1 a
2
a ⎥⎥ ⎢G d ⎥ ou G123 = SG 0di
⎢⎣ G 3 ⎥⎦ ⎢⎣1 a a 2 ⎥⎦ ⎢⎣ G i ⎥⎦
2π 2π
j −j
avec a=e 3 a =e
2 3 soit 1+ a + a2 = 0 et a* = a 2

Cette transformation S est appelée transformation de Fortescue ou encore méthode des composantes
symétriques.

3-4
Chap. 3
On peut montrer facilement que

⎡G 0 ⎤ ⎡1 1 1 ⎤⎡G1 ⎤
⎢ ⎥ 1⎢ ⎢ ⎥
a 2 ⎥⎥ ⎢G 2 ⎥
1
⎢G d ⎥ = 3 ⎢1 a soit S−1 = S *
3
⎢⎣ G i ⎥⎦ ⎢⎣1 a 2 a ⎥⎦ ⎢⎣G 3 ⎥⎦

Remarque : la matrice S n’est pas normée. Lyon a proposé une transformation analogue mais normée.
Celle de Fortescue est plus commode car les valeurs efficaces des grandeurs sont conservées.

2.3. Application à un système électrique.


Les tensions et les courants sont liés par la relation suivante en notation matricielle, obtenue en
utilisant le théorème de Thévenin généralisé.
V123 = E123 − ZI123
soit en appliquant la transformation de Fortescue,
SV 0 di = SE 0 di − ZSI 0 di
ou encore
V 0 di = E 0 di − S −1 ZSI 0 di = E 0 di − Z'I 0 di

I1

V1
I2

V2
I3

V3

Figure 3.2

Cette transformation est intéressante si la matrice Z’ est plus simple que Z et en particulier si elle est
diagonale. Ceci est vérifié si le système est de constitution symétrique, c’est à dire si la matrice Z est
circulante. Dans ce cas :
⎡A B C ⎤ ⎡Z 0 0 0⎤ Z0 = A + B + C
Z = ⎢⎢ C A B ⎥⎥ et Z' = ⎢⎢ 0 Zd

0 ⎥ avec Z d = A + a 2 B + aC
⎢⎣ B C A ⎥⎦ ⎢⎣ 0 0 Z i ⎥⎦ Z i = A + aB + a 2 C
Si la matrice Z est symétrique Zd = Zi.
Un réseau ou une machine n’a en général qu’une force électromotrice directe. Cela signifie que le
réseau est équivalent à trois systèmes triphasés équilibrés direct, inverse et homopolaire.
I
Z
V V 0 = − Z0 I0

I
Z
V d = E d − Zd I d
E V

I
Z V i = − Zi I i
V
Figure 3.3

On aurait également pu appliquer le théorème de Norton. On obtient :

3-5
Réseaux en régime déséquilibré
1 1 1
Y0 = ; Yd = ; Yi = et J d = Y d E d ; les deux autres sources de courant sont nulles.
Z0 Zd Zi

2.4. Puissances active, réactive et fluctuante

Etudions les puissances :


V1 I1 * + V 2 I 2 * + V 3 I 3 * = V123 I123 * = V 0 di S T S * I 0 di * = 3V 0 di I 0 di * = 3(V 0 I 0 * + V d I d * + V i I i *) = P + jQ
T T T

Dans le cas normal d’un système équilibré, il n’a que les termes du système direct, on retrouve
l’expression classique de la puissance complexe.

Le système homopolaire n’existe en courant que si la somme des trois courants n’est pas nulle, il faut
donc un système quatre fils. La tension homopolaire peut exister dans un système trois fils dans le cas
d’une connexion étoile sans neutre. Si les deux neutres sont reliés par une impédance Zn, les deux
grandeurs homopolaires sont reliées par
V 0 = 3Z n I 0
car le neutre est parcouru par le courant 3I0.

I1

V1
I2

I3 V2

V3
N Zn N’

Figure 3.4

La puissance fluctuante est donnée par la partie réelle de Sf e 2 jωt


S f = V 1 I1 + V 2 I 2 + V 3 I 3 = V 123 I123 = V 0 di S T SI 0 di = 3V 0 di I 0 di = 3(V 0 I 0 + V d I i + V i I d )
T T T

⎡1 0 0 ⎤
car S S = S = 3⎢⎢0 0 1⎥⎥
T 2

⎢⎣0 1 0⎥⎦
La puissance fluctuante est non nulle pour un système déséquilibré.

3. Méthodologie pour l’étude d’un court-circuit

3.1. Principe

Le calcul des courants de défauts ne présente pas de difficultés de principe car le réseau est considéré
comme linéaire et les paramètres sont constants. Nous verrons que la déterminatin de ces paramètres
n’est pas forcément évidente et que l’on est amené à faire des hypothèses simplificatrices. Pour un
réseau avec un grand nombre de nœuds, le calcul peut devenir très complexe.

Considérons un réseau et supposons que le défaut se produise au point M. Nous faisons apparaître la
partie en aval et en amont du point M. On ne modifie rien au système si on pratique en M une très
courte dérivation. Les trois phases sont ouvertes et les tensions à l’extrémité de cette dérivation sont
celles au point M. On ne modifie quasiment rien non plus si le défaut se produit à l’extrémité de cette
courte dérivation.
Vu du point M, le réseau est parfaitement symétrique, il peut donc être représenté par ses systèmes
direct, inverse et homopolaire équivalents tel que décrit dans le paragraphe 2.3. Il reste à traduire le
défaut.

3-6
Chap. 3
M
M
1 1

2 2

3 3
1
défaut

défaut
Figure 3.5. Réseau vu du point de défaut

La partie de gauche de la figure de droite ci-dessus est traduite par trois schémas monophasés
équivalents indépendants. Seul le schéma direct présente une fem Ed.

M
I0 Cette fem Ed est la tension qui
Z0 préexistait au point M avant le défaut ;
V0 c’est donc une valeur voisine de 1 en
module si on travaille en grandeurs
réduites. On prendra généralement Ed =
Id 1.
Zd
Les impédances Zd , Zi et Z0 sont les
Ed Vd impédances vues du point M des
réseaux monophasés respectivement
direct, inverse et homopolaire. Nous
Ii
Zi verrons plus loin comment on obtient
ces schémas monophasés.
Vi

défaut
Figure 3.6. Schémas monophasés équivalents

Il reste maintenant à traduire le défaut, à calculer les différentes grandeurs, courants et tensions puis à
revenir aux grandeurs réelles des trois phases. Nous étudierons deux exemples avant de conclure sur
les connexions induites par le défaut entre les trois schémas monophasés.

3.2. Exemple 1 : défaut entre une phase et la terre.

Le défaut se traduit par les relations suivantes. En raison du comportement symétrique entre les phases
2 et 3, le défaut entre une phase et terre se produit toujours sur la phase 1. Les calculs sont simplifiés.
Le résultat final est inchangé.
V 1 = ZI1 ; I 2 = 0 ; I 3 = 0
On en déduit en appliquant la transformation de Fortescue :
I1
I0 = Id = Ii = ; V1 = V 0 + V d + V i = Z ⋅ 3I d
3
Les connexions entre les trois systèmes sont simples puisqu’il suffit de mettre les trois schémas en
série ; ils sont parcourus par le même courant. L’impédance de charge vaut maintenant 3Z pour
respecter le courant.

3-7
Réseaux en régime déséquilibré
M
I0
Z0
M
V0
3

2 Id
Zd
1 3Z
1 Ed Vd
Z
Ii
Zi
Vi

Figure 3.7 : défaut entre une phase et terre

On en déduit facilement les courants.


Ed 3E d
Id = ; I1 =
Z 0 + Z d + Z i + 3Z Z 0 + Z d + Z i + 3Z
On calcule de même les tensions et on en déduit les tensions des deux phases qui sont ouvertes.
Z0 E d ( Z + Z i + 3Z)E d
V 0 = −Z 0 I 0 = − ; V d = E d − Zd Id = 0 ;
Z 0 + Z d + Z i + 3Z Z 0 + Z d + Z i + 3Z
Zi E d
V i = −Zi Ii = −
Z 0 + Z d + Z i + 3Z

V2 = V0 + a 2 Vd + aVi =
(a 2
) ( )
− 1 Z 0 + a 2 − a Z i + 3a 2 Z
Ed
Z 0 + Z d + Z i + 3Z
(a − 1)Z 0 + (a − a 2 )Zi + 3a Z
V3 = V0 + aVd + a 2 Vi = Ed
Z 0 + Z d + Z i + 3Z

Pour un court-circuit franc Z = 0, soit


V1 = 0 ; I 1 =
3E d
; V2 =
(a 2
) (
−1 Z0 + a 2 − a Zi ) Ed ; V3 =
(a − 1)Z 0 + (a − a 2 )Z i
Ed
Z0 + Zd + Zi Z0 + Zd + Zi Z0 + Zd + Zi

3.3. Exemple 2 : défaut entre deux phases et la terre.

Nous plaçons dans un cas relativement général. Deux phases sont reliées par une impédance ZP sur
chaque phase. Le point commun est connecté à la terre par l’intermédiaire d’une impédance ZT. Seule
la phase 1 est ouverte. Pour des raisons de symétrie de la matrice S de Fortescue, le défaut se produit
entre les phases 2 et 3 lorsque deux phases sont en jeu.
Le cas du court-circuit entre deux phases avec la terre est obtenu en annulant les deux impédances. De
même pour étudier un défaut entre deux phases sans mise à la terre, il suffit de faire tendre
l’impédance ZT vers l’infini.
Les trois équations traduisant le défaut s’écrivent :
I1 = 0
V 2 = ( Z P + Z T )I 2 + Z T I 3
V 3 = ( Z P + Z T )I 3 + Z T I 2

La première relation conduit à I 0 + I d + I i = 0


Les deux autres sont mises en forme en faisant la différence et la somme membre à membre.

3-8
Chap. 3
V 2 − V 3 = Z P (I 2 − I 3 ) soit (a 2
) ( )
− a (V d − V i ) = Z P a 2 − a (I d − I i ) ou V d − Z P I d = V i − Z P I i
V 2 + V 3 = Z P (I 2 + I 3 ) + 2Z T (I 2 + I 3 ) soit 2V 0 − V d − V i = Z P (2I 0 − I d − I i ) + 2Z T (3I 0 )
ou encore 2(V0 − Z P − 3Z T ) = (V d − Z P I d ) + (V i − Z P I i )
Les composantes symétriques vérifient donc les relations suivantes qui sont également traduites par les
connexions de la figure 3.8. Les trois schémas élémentaires sont en parallèle. L’homopolaire
n’intervient pas lorsque le défaut est simplement entre deux phases.
V0 − Z P − 3Z T = V d − Z P I d = V i − Z P I i et I0 + Id + Ii = 0

M ZP 3ZT
I0
Z0
V0
M ZP ZP
Id
Zd
3

2 Ed Vd
ZP
1 ZP
Ii
1 Zi
ZT
Vi

Figure 3.8. Défaut entre deux phases et terre

Les courants calculés ci-après correspondent à un court-circuit franc deux phases – terre : (ZP = 0 et ZT
= 0).
Z0 + Zi Z0 Zi
Id = E d ; Ii = − Ed ; I0 = − Ed
Zd Zi + Zi Z0 + Z0 Zd Zd Zi + Zi Z0 + Z0 Zd Zd Zi + Zi Z0 + Z0 Zd
3Z 0 Z i
et V a = Ed
Zd Zi + Zi Z0 + Z0 Zd

Dans le cas d’un court-circuit entre deux phases (Z0 infini)


Ed 3Z i
Id = = −I i ; V a = Ed
Zd + Zi Zd + Zi

Conclusion : Les deux schémas des figures 3.7 et 3.8 et les formules correspondantes, sont
systématiquement utilisés pour calculer les courants de défaut.

4. Détermination des tensions et courants en tout point du réseau pendant le défaut

Nous avons vu que le calcul des courants de défaut nécessite de connaître les trois impédances Zd, Zi et
Z0 ainsi que la tension qui préexistait avant l’apparition du défaut. Ceci ne concerne que le défaut.
Nous allons maintenant nous intéresser à ce qui se passe à l’intérieur du réseau donc dans ce qui dans
la boite en amont du point M.
Nous présentons la méthodologie au moyen d’un exemple de réseau à trois nœuds tel qu’étudié au
chapitre 1.

3-9
Réseaux en régime déséquilibré

E3 E2

bilan
tension

charge

Figure 3.9. Schéma d’un réseau à trois noeuds

Le schéma direct équivalent se présente comme suit. Les admittances entre les nœuds et le référence
notée Nd ont été regroupées. La charge est représentée par son admittance équivalente regroupée avec
celles des lignes.
3 2

E3 E2

Nd Nd

1 P

Ed

Nd

Figure 3.10. Schéma du système direct

Nous supposons que le défaut se produit en P soit ici au nœud 1. S’il se produisant en un point d’une
ligne, on introduirait un nœud supplémentaire. La fem de Thévenin Ed est la tension au nœud 1 avant
le défaut. On l’obtient par un calcul de répartition de puissance comme expliqué dans le chapitre 1. Le
calcul de Zd s’obtient en calculant l’impédance vue entre les points P et N du système direct comme
indiqué sur la figure suivante où on a court-circuité les sources de tensions.
3 2

Nd Nd

1 P

Nd

Figure 3.11. Détermination de l’impédance Zd

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Chap. 3
Les méthodes de connexion entre les trois systèmes permettent de calculer le courant de défaut et ses
trois composantes Id, Ii et I0. Par rapport au système direct tout se passe comme si on injectait un
courant –Id comme indiqué sur la figure 3.12.
3 2

E3 E2

Nd Nd

1 P

-Id

Nd

Figure 3.12 Source de courant équivalente

Ainsi pendant le défaut, tout se passe comme si on avait deux sources, les sources de tension présentes
dans le fonctionnement normal et la source de courant traduisant le défaut. Ceci est vrai pour les deux
autres systèmes inverse et homopolaire.En appliquant chaque fois le théorème de superposition on
montre que
Etat 2 obtenu en court-circuitant
. les sources de tension et en
Etat 3 pendant le défaut = Etat 1 avant le défaut + injectant l’opposé du courant de
défaut

En tout point V d 3 = V d1 + V d 2 et I d 3 = I d1 + I d 2
Par la transformation de Fortescue on trouve les valeurs des tensions et courants réels dans les trois
phases en tout point du réseau. La méthode est automatisable très facilement.

Dans le cas de courts-circuits francs les courants à injecter sont précisés sur le tableau ci-après.

Court-circuit Id Ii I0
1phase - terre Ed Ed Ed
Z0 + Zd + Zi Z0 + Zd + Zi Z0 + Zd + Zi
2 phases Ed Ed 0

Zd + Zi Zd + Zi
2 phases - terre Z0 + Zi Z0 Zi
Ed − Ed − Ed
Zd Zi + Zi Z0 + Z0 Zd Zd Zi + Zi Z0 + Z0 Zd Zd Zi + Zi Z0 + Z0 Zd
3 phases Ed 0 0
Zd

5. Impédance traduisant le défaut.

Les échanges de puissance active avec les sources mécaniques ne se font que par le système direct (il
n’y a pas de source inverse ou homopolaire. Pendant un défaut, les puissances électriques sont
modifiées en raison des interactions entre les trois systèmes qui ne sont plus indépendants. Vis-à-vis
du système direct, tout se passe comme si on avait inséré entre les points P et N du système direct une
impédance notée Zdéfaut traduisant cette interconnexion.

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Réseaux en régime déséquilibré
3 2

E3 E2

Nd Nd

1 P

Z-Idéfaut
d

Nd

Figure 3.13. Impédance traduisant le défaut

Le tableau ci-après donne les valeurs de cette impédance dans le cas de courts-circuits francs. On
reviendra aux connexions des trois systèmes dans le cas d’un court-circuit via une impédance.

Court-circuit Zdéfaut
1 phase - terre Z0 + Zi
2 phases Zi
2 phases - terre Z0 Z
Z0 + Z i
3 phases 0

Nous utiliserons cette impédance de défaut pour étudier la stabilité.

6. Ouvertures de phases

6.1 Méthodologie
L’ouverture de phases ou de ligne est souvent consécutive à un défaut mais elle peut également
intervenir de manière fortuite par exemple suite à une fausse manœuvre ou à la rupture d’un câble ou
d’un dispositif d’isolation. On retrouve le problème dual de celui de l’étude des courts-circuits.

bilan
tension

charge

Figure3.14 Ouverture de phases

La méthodologie est la même mais il ne s’agit pas du même schéma équivalent. Ainsi si nous
reprenons le réseau de base à 3 nœuds, l’ouverture par exemple de la ligne ou d’une ou plusieurs phase
de la ligne 1-2, revient à considérer le réseau entre les nœuds 1 et 2 et de manière plus générale entre

3 - 12
Chap. 3
les points A et B. Les points A et B sont alors reliés par une, ou deux phases (donc impédance) avec
présence ou non de la terre.

Entre les points A et B, en l’absence de défaut, le réseau est de constitution symétrique. On peut donc
faire le schéma de la figure 3.15.
[]
Les chutes de tension sont liées aux courants par (théorème de Thévenin [∆ V 123 ] = [∆ e 123 ] − ξ [I123 ] .
[]
Par application de la transformation de Fortescue on obtient : [∆ V 0 di ] = [∆e 0 di ] − ξ' [I 0 di ]
Si le réseau est de constitution symétrique, la matrice [ξ'] est diagonale. Seul le système direct
présente une fem et on déduit les schémas des 3 systèmes qui sont indépendants en fonctionnement
normal.

I0
ξ0 A
I1 A ∆V0
1 ∆V1 B
B
I2 Id
ξd
2 ∆V2
∆ed ∆Vd
I3

3 ∆V3 Ii
ξi
∆Vi

Figure 3.15 Schéma vu des points M et N et schéma équivalent en coordonnées symétriques

6.2 Connexion par deux lignes à travers une impédance


I1 A I0
ξ0 A Z
1 ∆V1
∆V0
B
I2 B

2 ∆V2 Z Id Z
ξd
I3
∆ed ∆Vd
3 ∆V3 Z
Ii Z
ξi
∆Vi

Figure 3.16 Connexion par 2 impédances et connexion des 3 systèmes

Les connexions se traduisent par


I 1 = 0 ; ∆ V 2 = ZI 2 ; ∆ V 3 = ZI 3
soit : ∆ V 2 − ∆ V 3 = Z(I 2 − I 3 ) ou ∆ V d − ∆ V i = Z(I d − I i ) soit ∆ V d − ZI d = ∆ V i − ZI i
de même ∆ V 2 + ∆ V 3 = Z(I 2 + I 3 ) conduit à ∆ V d − ZI d = ∆ V 0 − ZI 0

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Réseaux en régime déséquilibré
On en déduit les connexions. Si les neutres ne sont pas mises à la terre, le système homopolaire
n’intervient pas.

6.3 Connexion une phase – terre I0


ξ0 A Z
I1 A ∆V0
1 ∆V1 Z B

I2 B Id Z
ξd
2 ∆V2
∆ed ∆Vd
I3

3 ∆V3 Ii Z
ξi
∆Vi

Figure 3.17 Connexion par une phase et terre et connexion des 3 systèmes

Les relations entre tensions et courants s’écrivent :


∆ V 1 = ZI 1 ; I 2 = I 3 = 0
I
On en déduit : I 0 = I d = I i = 1 ; ∆ V 0 + ∆ V d + ∆ V i = 3ZI d
3
Les connexions conduisent à la mise en série des trois schémas équivalents avec une charge 3Z. Pour
la commodité, la charge a été décomposée en 3 parties.

6.4 Impédance traduisant l’ouverture de phases

La philosophie est la même que précédemment. On introduit entre les points A et B du système direct,
une impédance traduisant la connexion avec les systèmes inverse et homopolaire lors l’ouverture
d’une ou deux phases.

connexion sans impédance avec impédance


2 phases et terre ξ0 ξi ( )(
ξ + Z ξi + Z )
Z+ 0
ξ0 + ξi ξ 0 + ξ i + 2Z
2 phases ξi ξ i + 2Z
1 phase et terre ξ0 + ξi ξ 0 + ξ i + 3Z

7. Puissances de court-circuit

Plaçons nous au point P considéré précédemment dans l’étude des courants de court-circuit. Avant le
défaut, la tension est égale à une valeur proche de la valeur nominale. Nous supposons qu’elle est
égale à la valeur nominale de la zone considérée.

Court-circuit triphasé
Vn
Pour un court-circuit triphasé le courant est donné par I cc = I d = .
Zd
U 2n
On définit la puissance dite de court-circuit par S cc = 3Vn I cc =
Zd

3 - 14
Chap. 3
S cc 3Vn I cc 1
En grandeurs réduites : s cc = = = i cc =
S n 3Vn I n zc
Remarque : on raisonne ici en module. La notion de puissance de court-circuit est une notion qui n’a
pas de sens physique.
Ainsi la puissance de court-circuit triphasée nous renseigne sur la valeur de zd. Cette notion est
également intéressante pour analyser des phénomènes tels que le flicker ou la perturbation harmonique
par des convertisseurs.

Court-circuit monophasé
3Vn
Le courant de court-circuit monophasé est exprimé par I cc 0 = . En principe on devrait
Z0 + Zd + Zi
faire la somme des impédances complexes mais nous verrons plus loin que ces impédances sont des
imaginaires purs.
U 2n
La puissance de court-circuit monophasée est définie par S cc 0 = Vn I cc 0 =
Z0 + Zd + Zi
1
On en déduit qu’en grandeurs réduites s cc 0 =
z0 + zd + zi
Les valeurs de zd et de zi sont relativement proches. La connaissance des puissances de court-circuit
triphasé et monophasé permet de caractériser complètement le réseau amont du point P. Un défaut sur
la partie aval donc par exemple en un poste aval se calcule alors très facilement.

Zd

M M

Figure 3.18 Utilisation de la puissance de court-circuit pour le système direct

8. Hypothèses simplificatrices

La précision recherchée dans le calcul des courants de défaut et des contraintes n’est pas très
importante. Le courant de défaut va conditionner la taille du disjoncteur et on prendra une marge de
sécurité suffisante avant de choisir un disjoncteur « normalisé ». Une précision de l’ordre de 10% est
satisfaisante. On est donc amené à faire les hypothèses suivantes :
- on néglige les éléments dissipatifs des générateurs, lignes et câbles, transformateurs ; on
considère qu’il n’y a que des réactances..
- les charges, même si elles ont une partie active et une partie réactive, présentent une
impédance forte par rapport aux sources et aux lignes. Elles ne modifient qu’à la marge les
valeurs des impédances directe et inverse. Elles ne modifient pas l’impédance homopolaire car
elles ne sont très rarement connectées 3 fils.
- La tension au point de court-circuit est très proche de la tension nominale avant le défaut. On
la prend égale à 1 en grandeurs réduites et on ne tient pas compte de la phase.
- Les rapports m et M introduits pour la modélisation des transformateurs sont supposés égaux
et on représente un transformateur par un dipôle sauf cas particulier.

3 - 15
Réseaux en régime déséquilibré
9. Impédances directe, inverse et homopolaire des machines synchrones

Les valeurs des impédances et plus particulièrement des réactances directe, inverse et homopolaire
pour l’analyse des courants de défauts est lié au comportement en régime transitoire. EN effet on ne
peut attendre le régime permanent pour couper le courant. Un disjoncteur coupe en environ 100ms soit
5 périodes pour du 50Hz et on est toujours dans le comportement transitoire.

Dans l'étude des régimes transitoires, il faut nécessairement tenir compte des amortisseurs qui ne sont
le siège de courants que lors des variations de flux ou des variations de l'angle de décalage δ. Ces
amortisseurs ne sont pas localisés comme des enroulements. On admet généralement qu'ils sont
équivalents à un enroulement triphasé en court-circuit. On choisit une des phases dans l'axe de
l'inducteur. La transformation de Concordia conduit à deux enroulements en quadratures dont l'un noté
D est suivant l'axe de l'inducteur f donc suivant l'axe d et l'autre noté Q suivant l'axe q. L'induit est
représenté par les enroulements fictifs d et q dans un repère lié au rotor. Le schéma équivalent est donc
celui donné plus haut.
id
axe d

vd

stator iq
axe q v
If
vf
f

rotor
iD

Q
iQ

Figure 3.19 Modélisation d’une machine synchrone en prenant en compte les amortisseurs

Ainsi suivant l'axe d il y a trois enroulements couplés magnétiquement et deux suivant l'axe q. Par
contre il n'y a pas de couplage entre les deux axes d et q. On peut réécrire les flux totaux des cinq
enroulements.

dΦ d
v d = Ri d − pΩΦ q +
dt
⎡ Φ d ⎤ ⎡ Ld 0 Mf MD 0 ⎤ ⎡ id ⎤ dΦ q
v q = Ri q + pΩΦ d +
⎢Φ ⎥ ⎢ 0 Lq 0 0 M Q ⎥⎥ ⎢⎢ i q ⎥⎥ dt
⎢ q⎥ ⎢ dΦ f
⎢ Φf ⎥ = ⎢ Mf 0 Lf M fd 0 ⎥ ⎢ i f ⎥ et vf = R f if +
⎢ ⎥ ⎢ ⎥⎢ ⎥ dt
⎢Φ D ⎥ ⎢ M D 0 M fD LD 0 ⎥ ⎢i D ⎥
dΦ D
⎢Φ Q ⎥ ⎢ 0 MQ 0 0 L Q ⎥⎦ ⎢⎣i Q ⎥⎦ v D = R Di D +
⎣ ⎦ ⎣ dt
dΦ Q
v Q = R Qi Q +
dt

3 - 16
Chap. 3
L’étude est faite en triphasé et on utilise la transformation de Laplace. On en déduit dans le cas général
que :
⎡ Vd (p) ⎤
⎢ ⎡R + pL d (p) − ωL q (p) ⎤ ⎡I d (p)⎤
E 3⎥ = ⎢
⎢Vq (p) − ⎥ ωL d ( p ) R + pL q (p)⎥⎦ ⎢⎣I q (p)⎥⎦
⎢⎣ p ⎥⎦ ⎣
et pour le court-circuit triphasé :
E 3 ωL q ( p )
I d ( p) = −
p (R + pL d ( p) )(R + pL q (p) ) + ω 2 L d (p)L q (p)
E 3 (R + pL d (p) )
I d ( p) = −
p (R + pL d (p) )(R + pL q (p) ) + ω 2 L d (p)L q (p)
Ces deux expressions se simplifient si la résistance est négligeable
E 3 ω 1
I d ( p) = − et Iq (p) = −E 3 2
( )
p p + ω L d ( p)
2 2
(
p + ω2 L q (p) )
avec
(1 + pT 'd 0 )(1 + pT"d ) 1 + pT" q
L d ( p) = L d et L q (p) = L q
(1 + pTd 0 )(1 + pT"d 0 ) 1 + pTq 0
En revenant à l’original on en déduit, moyennant quelques petites approximations que
⎧ ⎛ 1
t ⎫
E 3⎪ ⎜ 1 ⎞⎟ cos ωt ⎛⎜ 1 1 ⎞⎟ 1 − T"q ⎪ T"q
iq (t ) = − ⎨sin ωt + ⎜ −





e ⎬ avec X" q = X q
X"q ⎪
⎩ ⎝ T"q Tq 0 ⎠ ω ⎝ T"q Tq 0 ⎠ ω ⎪⎭ Tq 0
⎧ t t ⎫ T T"
⎪ u ( t ) ⎛⎜ 1 1 ⎞ − T 'd 0 ⎛ 1 1 ⎞ − T "d 1 ⎪ X T X
id (t ) = −E 3 ⎨ −⎜ − ⎟e
⎟ − ⎜
⎜ − ⎟e
⎟ − cos ωt ⎬ ;
d0 d0
= d et d 0 = d
⎪⎩ d ⎝ d
X X X ' d ⎠ ⎝ d
X ' X"d ⎠ X" d ⎪⎭ T ' d0 T" d X " d T' d 0 X' d
Nous redéfinirons ces différents paramètres par la suite. Les courants suivant les axes d et q ne sont
pas accessibles directement. On revient aux courants réels par la transformation de Park. On en
déduit.sachant que X"d ≈ X"q
⎧⎪⎡ u ( t ) ⎛ 1 1 ⎞ − T 'd 0 ⎛ 1
t
1 ⎞ − T"d ⎤
t
1 ⎫⎪
i1 ( t ) = − E 2 ⎨⎢ − ⎜⎜ − ⎟e
⎟ − ⎜
⎜ − ⎟e ⎥ cos(ωt + θ0 ) −
⎟ cos θ0 ⎬
⎪⎩⎢⎣ X d ⎝ X d X'd ⎠ ⎝ X'd X"d ⎠ ⎥⎦ X"d ⎪⎭
t
1 − T 'a
Ce dernier terme est remplacé par e cos θ 0 si on ne néglige pas la résistance de l'induit.
X"d
θ0 traduit l’instant de fermeture du disjoncteur qui assure le court-circuit. Pour cos θ 0 = 0 .on obtient
un enregistrement symétrique tel que celui de la figure 3.20

Figure 3.20 Oscillogramme du courant de court-circuit

3 - 17
Réseaux en régime déséquilibré
On distingue trois régimes :
subtransitoire
⎧ t ⎫
⎪ 1 ⎛⎜ 1 1 ⎞ − T "d
⎟e ⎪
− E 2⎨ +⎜ − ⎟ ⎬ cos(ωt + θ0 )
⎪⎩ X'd ⎝ X"d X'd ⎠ ⎪⎭
Dans le premier régime correspondant au subtransitoire des courants variables prennent naissance dans
les trois enroulements : induit, inducteur et amortisseurs. Vis à vis des courants variables, la source
continue d’alimentation de l’inducteur se comporte comme un court-circuit. Ce régime subtransitoire
est bref. Il dure au maximum 2 à 5 périodes suivant l’importance des amortisseurs.

transitoire
t

1
−E 2 cos(ωt + θ0 )e T ' d 0
X 'd
Les courants dans les amortisseurs tendent le plus rapidement vers zéro et dans le régime transitoire,
n’interviennent que les enroulements induit et inducteur. Ce régime est beaucoup plus long et peut
facilement atteindre quelques secondes

permanent
1
−E 2 cos(ωt + θ0 )
Xd

En régime permanent, le courant inducteur est constant et il n y a évidemment pas de courant dans les
amortisseurs.
Le tableau suivant donne quelques valeurs numériques. (extrait de « Barret »)

Machine à pôles saillants Machine à pôles lisses


xd (pu) 0.9 à 1.5 1.5 à 2.5
xq (pu) 0.5 à 1.1 1.5 à 2.5
x’d (pu) 0.3 à 0.5 0.2 à 0.35
x" d (pu) 0.25 à 0.35 0.15 à 0.25
x" q (pu) ≅ x" d ≅ x" d
T'd 0 (s) 3à8 8 à 12
T"d (s) 0.02 à 0.05 0.02 à 0.05
T"q (s) ≅ T"d ≅ T"d
T 'a (s) 0.1 à 0.2 0.1 à 0.2
Les différentes constantes de temps introduites sont définies comme suit.

Td0 Constante de temps de l’inducteur


T’’d0 Constante de temps des amortisseurs D, inducteur fermé et induit ouvert
T’d Constante de temps de l’inducteur, induit fermé et amortisseur D ouvert
T’’d Constante de temps des amortisseurs D, induit et inducteur fermés
Tq0 Constante de temps des amortisseurs Q
T’’q Constante de temps des amortisseurs Q, induit fermé
Ta Constante de temps de l’induit

Sachant qu’un disjoncteur coupe en 100 ms environ, l’alternateur est en régime dit transitoire » au
moment de la coupure de courant. On en déduit que la réactance à prendre en compte dans le schéma
direct est la réactance transitoire x’d ou x’ pour une machine à pôles lisses.

Pour le système inverse, le rotor tourne en sens inverse par rapport au champ tournant. Les courants
induits dans l’inducteur et dans les amortisseurs sont donc à la fréquence double de la fréquence du
réseau. L’inducteur et les amortisseurs interviennent. On est donc dans la même situation que lors d’un
régime subtransitoire. C’est donc la réactance subtransitoire qui intervient. Si les deux réactances

3 - 18
Chap. 3
suivant les axes d et q ne sont pas identiques, on peut rendre la valeur moyenne, ou la moyenne
quadratique ou la moyenne harmonique : xi = x’’

Un alternateur est généralement connecté 3 fils et la réactance homopolaire n’intervient pas. Sinon, si
la connexion est 4 fils, on prend pour x0 la moitié de la réactance subtransitoire.

10. Comportement des transformateurs

Le comportement des transformateurs en régime déséquilibré doit être examiné avec soin car il dépend
beaucoup et de la constitution physique et des connexions des enroulements.

10.1.Système direct et système inverse

Seul le rapport de transformation externe diffère lorsque l’on passe d’un système direct à un système
inverse. Le rapport de transformation externe est défini par :
tension entre deux phases sec ondaires
m' =
tension entre les phases hom o log ues au primaire

On montre que m'i = m'd *


Le déphasage n’est modifié que pour les transformateurs de classe horaire 1 ou 11.
Le schéma équivalent en grandeurs réduites est donné sur la figure ci-après. On se limite au schéma en
L compte tenu de la précision cherchée et bien souvent on néglige y10.
z2c z2c
i1 i2 i1 i2

v1 y10 v2 v1 v2

Figure 3.21 Schéma équivalent d’un transformateur (en pu)

Z 2c ρ 2 + jλ 2 ω m 2 (R 1 + l 1ω) R 2 + l 2 ω R 1 + l 1ω R 2 + l 2 ω
Notons que z 2 c = = = + = + = z1 + z 2
Z 2n Z 2n Z 2n Z 2n Z1n Z 2n
Nous utiliserons pour les transformateurs à 3 enroulements, cette propriété que l’impédance réduite est
la somme des impédances réduites du primaire et du secondaire exprimée chacune dans son propre
système.

10.2. Comportement en homopolaire

Le comportement en homopolaire dépend essentiellement des couplages au primaire et au secondaire.


- étoile neutre - étoile neutre Ynyn.
I0 I0/m

V0 mV0

V0

V0 3I0 /m
3I0

Figure 3.22 couplage Ynyn

Le courant homopolaire circule parfaitement au primaire comme au secondaire. L’impédance


homopolaire est identique à l’impédance directe et on peut faire le schéma équivalent suivant. Le
comportement est identique à celui que l’on aurait pour un système direct ou un système inverse. Le
schéma en grandeurs réduites est le suivant. L’impédance qui intervient est celle de court-circuit.

3 - 19
Réseaux en régime déséquilibré

I0 Z2c
z2c

m
V0 Y10

Figure 3.23 schéma équivalent homopolaire – couplage Ynyn

- étoile neutre impédant - étoile neutre

I0 I0/m

V0 mV0

V0

V0 3I0 Zt 3I0 /m

Figure 3.24 étoile neutre impédant

L’impédance Zt est traversée par le courant 3I0. Dans le schéma équivalent seul intervient I0. Le
schéma équivalent monophasé en homopolaire est donc le suivant en grandeurs réduites où zt est
l’impédance réduite correspondante.
3zt z2c

Figure 3.25 schéma équivalent homopolaire – neutre impédant

- étoile neutre - étoile


Le courant homopolaire ne peut circuler au secondaire car la somme des trois courants (identiques) est
égale à zéro. On en déduit que le schéma équivalent est le suivant :

I0 = I10 0

V0 mV0 0

V0 0

V0 3I0

I0
z2c

y10
V0

Figure 3.26 couplage étoile neutre - étoile et schéma équivalent

Le courant absorbé par le transformateur est le courant à vide en alimentation homopolaire. Il dépend
de la nature du transformateur, 3, 4 ou 5 colonnes.

3 - 20
Chap. 3
3 transformateurs indépendants

Φ0
V0

Figure 3.27 a 3 transformateurs indépendants

Le comportement est identique à celui d’un transformateur monophasé. Le courant à vide est égal à
environ 1/10 du courant nominal lorsque l’on alimente sous la tension nominale soit y10 = 0,1.

Transformateur 5 colonnes

Φ Φ Φ
V0

Figure 3.27b transformateur 5 colonnes


Les flux Φ0 se referment par les deux colonnes extérieures. Le comportement est très voisin du cas
précédent.

Transformateur à 3 colonnes dit transformateur à flux forcé

Φ0 Φ0 Φ0
V0

Figure 3.27c transformateur à flux forcé

Les flux Φ0 dans les trois colonnes sont en phase. La somme n’est pas naturellement égale à zéro
comme dans le cas d’un système direct. Les flux ne peuvent se refermer par le fer. Ils se referment par
l’air. Ceci signifie que la réluctance est importante et que l’inductance est faible. Sous tension
nominale le courant à vide peut atteindre facilement 20 fois le courant nominal. Cet essai ne peut donc
se faire que sous tension réduite. C’est le seul cas où l’admittance à vide est importante et où le
courant à vide ne peut être négligé (y10 = 10 à 20)

Transformateur cuirassé.
Pour diminuer la masse du transformateur cuirassé, on inverse le sens de l’enroulement milieu. Dans
les deux parties horizontales du milieu on a alors la somme de deux flux décalés de 120° et non la
différence. La différence aurait un module 3 fois plus grand que la somme. On constate qu’en
homopolaire, pour un même module de flux qu’en direct ou en inverse, les parties horizontales du
milieu sont nettement plus saturées mais le flux homopolaire reste canalisé par le matériau
magnétique.

3 - 21
Réseaux en régime déséquilibré

Φ0

Φ0

Φ0

Figure 3.27d transformateur cuirassé

- étoile neutre – triangle : Ynd


I0 I0/m 0

V0 0

V0 0

V0 3I0 mV0

Figure 3.28 couplage étoile neutre - triangle

Le courant homopolaire ne peut pas circuler dans la charge car il s’agit d’une connexion 3 fils. Par
contre il peut circuler dans le triangle qui forme un circuit fermé. Les trois phases sont mises en série
et l’ensemble est court-circuité. Tout se passe donc comme si chaque enroulement était mis en court-
circuit. Le schéma équivalent est donc celui donné ci-après en grandeurs réelles et en grandeurs
réduites.
Le courant à vide est, sauf cas particulier, négligeable devant le courant de court-circuit et on ne
considère souvent que l’impédance Z2c.

I0 Z2c z2c

V0 Y10 m

Figure 3.29 schéma équivalent homopolaire - couplage étoile neutre - triangle

- étoile neutre – Zig-Zag : Ynzn

Dans un montage Zig-Zag, connecté étoile neutre au primaire comme au secondaire, la composante
homopolaire de la tension appliquée au primaire ne peut créer une tension à vide au secondaire ; le
courant homopolaire au secondaire ne crée pas non plus de flux. Les enroulements primaire et
secondaires sont découplés vis-à-vis de l’homopolaire. Ainsi vu du primaire, le transformateur est à
vide alors que vue du secondaire, le courant homopolaire peut circuler mais il n’est limité
essentiellement que par la résistance des enroulements puisque ceux-ci ne sont pas couplés
magnétiquement. Le schéma en grandeurs réduites est le suivant. C’est le cas le plus dangereux car les
courants côté secondaire peuvent atteindre 50In si V0 = Vn.

3 - 22
Chap. 3

I0

V0

V0

V0 3I0 3I0 /m

Figure 3.30 Couplage Zig-Zag au secondaire

Figure 3.31 Schéma équivalent homopolaire – montage Zig-Zag

Ainsi suivant les connexions, le transformateur se comporte vis à vis de l’homopolaire comme un
transformateur normal, un transformateur à vide ou un transformateur en court-circuit. Le montage
Zig-Zag est un peu plus complexe.

10.3. Transformateurs à trois enroulements.

Les transformateurs à trois enroulements sont beaucoup utilisés dans les postes et dans les centrales
car ils permettent d’alimenter les auxiliaires même si le primaire ou le secondaire n’est pas alimenté.
Pour un tel transformateur les trois enroulements d’une même phase sont bobinés sur la même
colonne. La modélisation en grandeurs réduites utilise la propriété énoncée plus haut où on sépare les
impédances réduites au primaire et au secondaire. L’admittance à vide n’est pas prise en compte.

zH zM

zB MT
HT

BT

Figure 3.32 Schéma équivalent d’un transformateur à trois enroulements

Les formules de Boyajan permettent d’exprimer les impédances zB, zM et zH en fonction des grandeurs
mesurables. Il faut en effet faire trois séries de mesures de transformateurs à deux enroulements.
z HB = z H + z B ; z BM = z B + z M ; z MH = z M + z H
z + z HM − z BM
soit z H = HB et des relations équivalentes pour les deux autres impédances.
2
Les schémas homopolaires sont des transpositions directes de ce qui a été fait pour les transformateurs
à deux enroulements. On obtient pour des couplages neutre impédant, étoile neutre, triangle
respectivement pour les enroulements HT, MT et BT le schéma de la figure 3.33.

3 - 23
Réseaux en régime déséquilibré

3zT zH zM

zB MT
HT

BT

Figure 3.33 Schéma équivalent homopolaire d’un transformateur à trois enroulements Yn - Y - D

11. Modélisation des lignes et des câbles

Nous calculerons les inductances des lignes et des câbles dans le chapitre 5. Nous rappelons ici leurs
valeurs en fonction des données géométriques (DGM : distance géométrique moyenne, RGM rayon
géométrique moyen.
µl D D
L d = L i = 0 ln GM ou en valeurs numériques L d = L i = 0,2ln GM mH / km
2π R GM R GM
L’inductance homopolaire dépend de la nature du sol. En effet le courant revient par la terre. Hm est la
profondeur d’un fil fictif de retour équivalent. Sa valeur dépend de la résistivité ρ du sol..
3µ l 2h m
L 0 = 0 ln avec h m = 50 ρ pour un réseau à 50 Hz..
2π 3
R ⋅D
2
GM GM
On ne prend pas en compte les capacités pour un réseau de transport. Il faut les faire intervenir pour un
réseau de distribution tout particulièrement avec des câbles.

12. Modélisation des charges

Si on connaît les puissances active et réactive absorbées par une charge passive, il est facile de calculer
les éléments simples représentatifs couplés en série ou en parallèle. Cette dernière solution est
préférable car on les calcule très facilement.
1 1 1
p + jq = = y * ; ainsi les éléments à mettre en parallèle sont donnés par r = et x = si on
z* p q
utilise les grandeurs réduites.
Le modèle est le même pour le système inverse. Les charges ne sont pas souvent connectées avec 4
fils.

Si la charge est composée de moteurs asynchrones, la puissance active va définir la valeur du


glissement g. Mais pour un système inverse le glissement est 2-g et l’admittance Y(2-g) est nettement
supérieure à Y(g). L’impédance inverse est donc nettement pus petite que l’impédance directe. Elle
varie entre le cinquième et le dixième de l’impédance directe. Un moteur asynchrone n’est jamais
connecté 4 fils et l’impédance homopolaire n’intervient pas.

Certains auteurs établissent des charges équivalentes en considérant une répartition statistique des
différents types. Il est clair que cette répartition peut varier au cours du temps mais l’erreur que l’on
fait est très faible.car les charges sont souvent shuntées par des réactances faibles d’alternateur ou de
transformateur. .

3 - 24
Chap. 3
13. Calcul informatisé des courants de court-circuit

13.1 Principe
Considérons un réseau interconnecté à n postes ou nœuds ou jeux de barres.

Vk k
Jk

Figure 3.34 Réseau à n nœuds

Vk = [V k1 V k 3 ] au noeud k et définissons les injections de courant par


t
Nous notons V k2
J k = [J k1 J k 2 J k 3 ] .
t

On peut écrire de manière générale


⎡ V1 ⎤ ⎡ Z11 . Z1k . Z1q . Z 1n ⎤ ⎡ J 1 ⎤
⎢ ⎥ ⎢ . . . . . . . ⎥⎥ ⎢ ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎢ ⎥
⎢Vk ⎥ ⎢ Z k1 Z kk Z kq Z kn ⎥ ⎢J k ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥⎢ ⎥
⎢ ⎥=⎢ ⎥ ⎢ ⎥ avec Z kq une matrice 3x3.
⎢ Vq ⎥ ⎢ Z q1 Z qk Z qq Z qn ⎥ ⎢ J q ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥⎢ ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥⎢ ⎥
⎢V ⎥ ⎢ Z Z nk Z nq Z nn ⎥⎦ ⎢⎣J n ⎥⎦
⎣ n ⎦ ⎣ n1
Appliquons la transformation de Fortescue et posons Vk' = [V k 0 V kd V ki ] et J 'k = [J k 0 J ki ] .
t t
J kd
On en déduit une relation matricielle de même type mais avec des ‘.
⎡ V1' ⎤ ⎡ Z11' . Z1' k . Z1' q . Z1' n ⎤ ⎡ J1' ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥⎢ ⎥
⎢ ⎥ ⎢ . . . . . . . ⎥⎢ ⎥
⎢Vk' ⎥ ⎢ Z 'k1 Z 'kk Z 'kq Z 'kn ⎥ ⎢J 'k ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥⎢ ⎥
⎢ ⎥=⎢
'
⎥ ⎢ ⎥ et les matrices Z kq est diagonale
⎢V ' ⎥ ⎢Z' Z 'qk Z 'qq Z 'qn ⎥ ⎢ J 'q ⎥
⎢ q ⎥ ⎢ q1 ⎥⎢ ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥⎢ ⎥
⎢V ' ⎥ ⎢ Z ' ' ' ' ⎥⎢ ' ⎥
⎣ n ⎦ ⎣ n1 Z nk Z nq Z nn ⎦ ⎣J n ⎦
Cette relation matricielle peut être ordonnée différemment en séparant les trois systèmes 0, d et i. On
en déduit : [V 0 ] = [Z0 ][J 0 ] ; [V d ] = [Zd ][J d ] ; [V i ] = [Zi ][J i ]
Pour le système direct, la matrice [Z d ] est l’inverse de la matrice admittance déterminée dans le
premier chapitre. Connaissant le schéma direct et le schéma homopolaire, on obtiendrait également les

3 - 25
Réseaux en régime déséquilibré
matrices admittances correspondantes des systèmes inverse et homopolaires et donc les matrices
impédances. Par contre en régime permanent les injections de courant sont nulles pour les systèmes
inverse et homopolaire.
Appliquons la règle déterminée au § 4
Etat 2 obtenu en court-circuitant
. les sources de tension et en
Etat 3 pendant le défaut = Etat 1 avant le défaut + injectant l’opposé du courant de
défaut

Le défaut se produit au nœud q, soit V q 3 = V q1 + V q 2


' ' '

Par ailleurs le défaut conduit aux relations suivantes au nœud q Vq 3 = [Z f ]J q 3 ou J q 3 = [Yf ]Vq 3
Les matrices [Z f ] ou [Yf ] ne peuvent pas toujours être définies comme nous le verrons plus loin.
[ ]
En passant aux composantes symétriques, on en déduit Vq' 3 = Z 'f J 'q 3 ou J 'q 3 = Yf' Vq' 3 . [ ]
Dans l’état 2, on injecte le courant − J au nœud q et aucun autre courant. Ainsi Vq' 2 = − Z 'qq J 'q 3
'
q3 [ ]
[ ] [ ]
On en déduit Vq' 3 = Z 'f J 'q 3 = Vq' 1 − Z 'qq J 'q 3 soit J 'q 3 = [Z '
qq + Z '
f ]
−1
V q' 1
Le courant de défaut étant connu, on peut calculer toutes les tensions.
' ' ' '
[ ] '
[ ][ −1
V k 3 = V k1 + V k 2 = V k1 − Z 'kq J 'q 3 = V k1 − Z 'kq Z 'qq + Z 'f Vq' 1]
Si [Z f ] ne peut être défini, on utilise [Yf ] .
[ ] [ ][ ] [ ][
V q' 3 = V q' 1 − Z 'qq J 'q 3 = V q' 1 − Z 'qq Y f' V q' 3 soit J 'q 3 = Yf' 1 + Z 'qq Yf' ]−1
Vq' 1
On retrouve les grandeurs réelles en appliquant la transformation de Fortescue.

13.2 Matrices [Z f ] et [Yf ]

Le cas le plus général serait celui dessiné sur la figure 3.35.

Z1 ⎡ Z1 + Z N ZN ZN ⎤

Z2
[Zf ] = ⎢⎢ Z N Z2 + Z N Z N ⎥⎥
⎢⎣ Z N ZN Z3 + Z N ⎥⎦
Z3

ZN

Figure 3.35 Charge dissymétrique

Par application de la transformation de Fortescue on obtient :


⎡ Z1 + Z 2 + Z3 + 9 Z N Z1 + a 2 Z 2 + a Z3 Z1 + a Z 2 + a 2 Z3 ⎤
[ ] ⎢
Z 'f = ⎢ Z1 + a Z 2 + a 2 Z3 Z1 + Z 2 + Z 3

Z1 + a 2 Z 2 + a Z3 ⎥
⎢ Z1 + a 2 Z 2 + a Z3 Z1 + a Z 2 + a 2 Z3 Z1 + Z 2 + Z3 ⎥⎦

On calcule la matrice [Yf ]

⎡Y1 (Y 2 + Y 3 + Y N ) − Y1 Y 2 − Y1 Y 3 ⎤
[Yf ] = 1 ⎢ − Y1 Y 2 Y 2 (Y1 + Y 3 + Y N ) − Y 2 Y3 ⎥
Y1 + Y 2 + Y 3 + Y n ⎢ ⎥
⎢⎣ − Y1 Y 3 − Y2 Y3 Y 3 (Y 2 + Y1 + Y N )⎥⎦

3 - 26
Chap. 3
⎡ Y n (Y 1 + Y 2 + Y 3 ) Y n (Y 1 + a Y 2 + a 2 Y 3 ) Y n (Y 1 + a 2 Y 2 + a Y 3 ) ⎤
[ ]
Y =
f
' 1 ⎢
3(Y 1 + Y 2 + Y 3 + Y n ) ⎢
Y n (Y 1 + a Y 2 + a 2
Y 3 ) Y n (Y 1 + Y 2 + Y 3 ) + 3(Y 1 Y 3 + Y 3 Y 2 + Y 2 Y 1 ) Y n (Y 1 + a 2
Y 2 + a Y 3 ) − 3(Y 1 Y 3 + Y 3 Y 2 + Y 2 Y 1 )⎥

⎢ Y n (Y 1 + a 2 Y 2 + a Y 3 ) Y n (Y 1 + a Y 2 + a 2 Y 3 ) − 3(Y 1 Y 3 + Y 3 Y 2 + Y 2 Y 1 ) Y n (Y 1 + Y 2 + Y 3 ) + 3(Y 1 Y 3 + Y 3 Y 2 + Y 2 Y 1 ) ⎥⎦

Cas particuliers

- défaut impédant phase-terre : Z 2 → ∞ ; Z 3 → ∞ ; Z N = 0 ; Z1 = Z


On ne peut utiliser la matrice impédance mais on prend la matrice admittance Y1 = Y ;
⎡1 1 1⎤
Y 2 = Y 3 = 0 ; Y N → ∞ . On en déduit Y = ⎢1 1 1⎥⎥
Y⎢
3
[ ] f
'

⎢⎣1 1 1⎥⎦

- connexion deux phases – terre : Y 2 = Y 3 = Y ; Y1 = 0 ; Y N


⎡ 2Y Y N − YY N − YY N ⎤
[ ] Y =
f
' 1 ⎢− Y Y
3(2Y + Y N ) ⎢
N 2Y Y N + Y
2
− Y Y N − Y ⎥⎥
2

⎢⎣− Y Y N − YY N − Y
2
2Y Y N + Y ⎥⎦
2

- connexion deux phases : Le cas de la connexion entre deux phases s’en déduit facilement en
faisant tendre YN vers zéro.
⎡0 0 0⎤
[ ]
Yf = ⎢0 1 − 1⎥⎥
' Y⎢
6
⎢⎣0 − 1 1 ⎥⎦
-

14. Exemple d’application

L’exemple proposé ci-après est tiré d’un ouvrage d’Henriet. Il a l’avantage de regrouper un certain
nombre de cas de figures. La méthodologie à appliquer est la suivante :
- détermination des schémas unifilaires développés pour chacun des trois systèmes
direct
inverse
homopolaire
- calcul des paramètres du réseau en grandeurs réduites après avoir choisi une puissance de base
- réduction des schémas pour calculer les impédances du réseau vu du point de défaut
- calcul du courant de défaut suivant la nature de celui-ci
- injection des courants respectivement –Id ; -Ii et –I0 puis calcul des courants pendant le défaut
en tout point du réseau.

Les valeurs numériques sont précisées sur la figure 3.36. Les paramètres sont définis par rapport à la
puissance nominale de chaque composant. Il faut de ce fait choisir une puissance de base commune à
l’ensemble du réseau. Nous choisissons ici SB = 100MVA.

3 - 27
Réseaux en régime déséquilibré
Charge R1
P = 25 MW Alternateur Sn (MVA) x’d
A1 Q = 12,5 MVAR
A1 100 0,15
20 kV
A2 - A3 - A4 30 0,35
T1 d
Yn Transfo Sn (MVA) xH xB xM
E
T5 - T6 60 0,09 0,06 0,06
d
Transfo Sn (MVA) xcc
B
Yn Yn T1 60 0,12
T5
90 kV
T6
220 kV T2 - T3 - T4 30 0,07
C
Yn -5 > Y

G d ligne longueur impédance impédance


(km) d et i (Ω/km) hom. (Ω/km)
D
EB 150 0,42 1,08
Y Yn Y CD 120 0,42 1,08
T2 T3 T4

d d d
A2 A3 A4

Figure 3.36 Schéma du réseau

4 R1 j8
R1
A1 j0,150 système
A1
homopolaire
système
direct

T1 j0,200
T1 j0,200

E E

j0,130
j0,100 j0,335

j0,100 j0,150
j0,100 j0,150
B B
T5 T5
T6 T6
j0,100 j0,150
C
C
j0,185 j0,100
j0,100
G d j0,104 G d
j0,268

D
D

T2 j0,233 T3 T4
T2 T3 j0,233 T4

A2 j1,166 A3 A4 A2 A3 A4

Figure 3.37 Schéma équivalents direct et homopolaire

La réduction des schémas direct et homopolaire conduit aux valeurs suivantes des impédances vues du
point G (entre G et la référence)
z d = j0,386 ; z 0 = j0,123 ; nous admettrons que z d = z i
On en déduit que pour un court-circuit monophasé en G,
1
I0 = Id = Ii = = − j1,12 et I cc = 3,36 soit 0,718 kA
j0,386 + j0,386 + j0,123

Pour trouver la répartition des courants, on injecte le courant –j1,12 au point G et on étudie comment
se répartit ce courant.

3 - 28
Chap. 3
Nous donnerons sur les deux figures ci-après d’une part ce qui se passe au niveau du point G puis la
répartition de courant en tout point. Pour ceci on note qu’en tout point :
I1 = I 0 + I d + I i = I 0 + 2I d ; I 2 = I 0 + a 2 I d + a I i = I 0 − I d = I 3

Charge
P = 25 MW
1,88 A1 Q = 12,5 MVAR

20 kV
0,2 j0,61 / j0,00
j1,22 / -j0,61 / -j0,.61
0,2 T1 d
Yn
E

j0,56 / j0,76 j0,61 / j0,08


j1,88 / j0,2 / j0,2 d j1,3 / -j0,53 / -j0,.53

C
Yn Yn
90 kV T5 220 kV
T6
B
1,48 j1,12 / j1,12 Yn -5 > Y
j3.36 / 0 / 0
G d j0,51 / j0,07
0,2
j0,56 / j0,36 j1,09/ -j0,44 / -j0,44
j1,68/ -j0,2 / -j0,2
0,2
D
j0,17 / j0 Y Yn Y j0,17 / j0
j0,34/ -j0,17 / -j0,17 j0,34/ -j0,17 / -j0,17
3,36 G
d d d
A2 A3 A4

j0,17 / j0,07
j0,41/ -j0,10 / -j0,10

Figure 3.38 Répartition des courants dans les trois phases au voisinage de G et en tout point

Le logiciel Powerworld™ permet de résoudre également le problème des courts-circuits. Il donne


toutes les valeurs suivant la position du court-circuit et sa nature. Dans le cas traité plus haut, il
conduit à la même valeur du courant circuit. La répartition des courants dans les lignes est donnée par
le tableau alors que la figure donne les notations utilisées. On peut noter la bonne cohérence entre les
deux approches.

3 du au Courant Courant Courant


noeud noeud phase 1 phase 2 phase 3
1 Nd_90 10 Nd_M2 1,47494 0,20240 0,20240
1 Nd_90 9 Nd_M1 1,87974 0,20240 0,20240
11 8 2 Nd_220 4 Tension 1,12757 0,25146 0,66206
3 Charge 8 T1 1,23733 0,83314 0,40694
4 Tension 7 A4 0,34548 0,17264 0,17299
4 Tension 5 A2 0,34548 0,17264 0,17299
1 2 4 Tension 6 Bilan 0,47911 0,17391 0,33224
8 T1 2 Nd_220 1,30837 0,76167 0,33831
9 Nd_M1 11 Nd_B1 0,61182 0,61182 0,61182
9 Nd_M1 2 Nd_220 1,26792 0,40942 0,40942
12 4 10 Nd_M2 12 Nd_B2 0,35671 0,35671 0,35671
10 Nd M2 2 Nd 220 1 11823 0 55911 0 55911

5 7

3 - 29
Réseaux en régime déséquilibré
Les matrices impédances pour les trois systèmes sont les suivants.
Système direct
Numb Name Bus 1 Bus 2 Bus 3 Bus 4 Bus 5 Bus 6 Bus 7 Bus 8 Bus 9 Bus 10 Bus 11 Bus 12
1 Nd_90 0,00 - j20,00 0,00 + j10,00 0,00 + j10,00
2 Nd_220 0,00 - j30,64 0,00 + j9,62 0,00 + j7,69 0,00 + j6,67 0,00 + j6,67
3 Charge 0,25 - j11,79 0,00 + j5,00
4 Tension 0,00 + j9,62 0,00 - j22,49 0,00 + j4,29 0,00 + j4,29 0,00 + j4,29
5 A2 0,00 + j4,29 0,00 - j5,15
6 Bilan 0,00 + j4,29 0,00 - j5,15
7 A4 0,00 + j4,29 0,00 - j5,15
8 T1 0,00 + j7,69 0,00 + j5,00 0,00 - j12,69
9 Nd_M1 0,00 + j10,00 0,00 + j6,67 0,00 - j26,67 0,00 + j10,00
10 Nd_M2 0,00 + j10,00 0,00 + j6,67 0,00 - j26,67 0,00 + j10,00
11 Nd_B1 0,00 + j10,00 0,00 - j10,00
12 Nd_B2 0,00 + j10,00 0,00 - j10,00

Système inverse
Numb Name Bus 1 Bus 2 Bus 3 Bus 4 Bus 5 Bus 6 Bus 7 Bus 8 Bus 9 Bus 10 Bus 11 Bus 12
1 Nd_90 0,00 - j20,00 0,00 + j10,00 0,00 + j10,00
2 Nd_220 0,00 - j30,64 0,00 + j9,62 0,00 + j7,69 0,00 + j6,67 0,00 + j6,67
3 Charge 0,25 - j11,79 0,00 + j5,00
4 Tension 0,00 + j9,62 0,00 - j22,49 0,00 + j4,29 0,00 + j4,29 0,00 + j4,29
5 A2 0,00 + j4,29 0,00 - j5,15
6 Bilan 0,00 + j4,29 0,00 - j5,15
7 A4 0,00 + j4,29 0,00 - j5,15
8 T1 0,00 + j7,69 0,00 + j5,00 0,00 - j12,69
9 Nd_M1 0,00 + j10,00 0,00 + j6,67 0,00 - j26,67 0,00 + j10,00
10 Nd_M2 0,00 + j10,00 0,00 + j6,67 0,00 - j26,67 0,00 + j10,00
11 Nd_B1 0,00 + j10,00 0,00 - j10,00
12 Nd_B2 0,00 + j10,00 0,00 - j10,00

Système homopolaire
Numb Name Bus 1 Bus 2 Bus 3 Bus 4 Bus 5 Bus 6 Bus 7 Bus 8 Bus 9 Bus 10 Bus 11 Bus 12
1 Nd_90 0,00 - j13,51 0,00 + j10,00 0,00 + j3,51
2 Nd_220 0,00 - j13,38 0,00 + j3,73 0,00 + j2,99 0,00 + j6,67 0,00 + j0,00
3 Charge 0,00 - j1,00 0,00 + j0,00
4 Tension 0,00 + j3,73 0,00 - j8,02 0,00 + j0,00 0,00 + j0,00 0,00 + j0,00
5 A2 0,00 + j0,00 0,00 - j1,00
6 Bilan 0,00 + j0,00 0,00 - j1,00
7 A4 0,00 + j0,00 0,00 - j1,00
8 T1 0,00 + j2,99 0,00 + j0,00 0,00 - j7,99
9 Nd_M1 0,00 + j10,00 0,00 + j6,67 0,00 - j26,67 0,00 + j0,00
10 Nd_M2 0,00 + j3,51 0,00 + j0,00 0,00 - j13,51 0,00 + j0,00
11 Nd_B1 0,00 + j0,00 0,00 + j0,00
12 Nd_B2 0,00 + j0,00 0,00 + j0,00

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