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Antiquités africaines

L'origine du peuplement noir au Sahara à travers les sources


arabes et les études archéologiques. Essai de rapprochement
Zoulikha Benramdan

Résumé
Au travers de l'examen des divers récits transmis par les sources littéraires (bibliques et arabes) et leur mise en parallèles avec
les témoignages archéologiques, l'auteur propose une analyse de l'implantation des populations noires au Sahara.

Abstract
Examining different litterary sources (biblical, Arabie) and comparing them with archaelogical evidences, the author proposes an
analysis of the Black settlement of the Sahara desert.

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Benramdan Zoulikha. L'origine du peuplement noir au Sahara à travers les sources arabes et les études archéologiques. Essai
de rapprochement. In: Antiquités africaines, 37,2001. pp. 63-70;

doi : https://doi.org/10.3406/antaf.2001.1332

https://www.persee.fr/doc/antaf_0066-4871_2001_num_37_1_1332

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l'origine du peuplement noir au sahara

selon les sources arabes et les études

archéologiques

Essai de rapprochement

Zoulikha Benramdane*

Mot-clefs : Peuplement noir, Sahara, sources arabes.


Key words : Black settlement, Sahara, Arabic texts.

Résumé : Au travers de l'examen des divers récits transmis par les sources littéraires (bibliques et arabes) et leur mise en parallèles
avec les témoignages archéologiques, l'auteur propose une analyse de l'implantation des populations noires au Sahara.

Abstract : Examining different litterary sources (biblical, Arabie) and comparing them with archaelogical evidences, the author
proposes an analysis of the Black settlement of the Sahara desert.

La présence de l'homme au Sahara, et en Afrique par Ibn Qutayba (m. 889 J.-C.) dans son Kitab al-
en général, a précédé de plusieurs millénaires le maârif relatant une immigration des peuples soi-
premier texte écrit. Les sources arabes qui disant noirs, de l'Orient en direction de l'Afrique1.
représentent en grande partie la pensée des auteurs de l'ancien « Wahb Ibn Munabbih rapporte que Hâm, fils de Nun,
Testament, paraissent-elles non dénuées de vérité était un homme blanc, beau de visage et d'allure. Dieu
historique, peuvent-elles en tout état de cause porter changea la couleur de Hâm à la suite de la
appui aux études archéologiques traitant de l'origine malédiction de Nûh, son père. Hâm s'en alla alors suivi de ses
des Noirs du Sahara ? enfants. Ils s'établirent au bord de la mer. Dieu les
multiplia et les fit croître. Ils formèrent les Sudan. Leur
nourriture consistait en poisson. Ils aiguisèrent les
L'ORIGINE DES PEUPLES NOIRS DU SAHARA : dents, les portant pointues comme des aiguilles, car la
CE QU'EN DISENT LES TEXTES ARABES DU chair du poisson s'y attachait2. » Les descendants de
MOYEN ÂGE Hâm, d'après Ibn Munabbih, sont Kush, Kan'ân et Fut.
La postérité du dernier peupla le « Hind » et le « Sind ».
Nous constatons que le premier texte arabe qui Quant aux descendants de Kûsh et de Kan'ân, ils
mentionne la présence d'un peuple noir en Afrique constituent selon lui non seulement les races des
est celui de Wahb Ibn Munabbih (av. 110 H / 728 apr.
J.-C). Il s'agit là d'un texte inédit repris ultérieurement 1. Ibn Qutayba, Kitâb al-ma'âïif, éd. Le Caire, 1353/1934, p. 12-13.
Voir aussi CuoQ J., Recueil des sources arabes 1975, p. 41.
2. Il se peut que les premiers Noirs soient des Ichtyophages
,

* Université Hassan II, Mohammedia. considérés par Ptolémée comme Ethiopiens.

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Sudans proprement dites et d'autres, métissées les al-Dimashqi (727 H / 1327 apr. J.-C.)8, Ibn Khaldûn

:
Nûbas, les Zandjs, les Qärans, les Zaghawas, les (776-784 H / 1375-1382 apr. J.-C.)9 et al-Maqrizi (766-
Habashas, mais aussi des peuples considérés en 846 H / 1364-1442 apr. J.-C.)10.
principe comme des blancs tels que les Berbères et les Il est permis de constater une certaine unanimité
Kiptes (Coptes)3. des auteurs arabes sur un mouvement de peuples ou
Après un siècle et demi environ, le thème de de fraction de peuples, qui se serait effectué de
l'immigration des peuples orientaux en direction de l'Orient en direction de l'Occident. Même les
l'ouest apparaît à nouveau chez les auteurs traditions orales, concernant l'histoire des Empires
postérieurs, notamment chez al-Ya'qubi (m. 278 H / 891 soudanais, n'hésitent pas à attribuer une origine orientale
apr. J.-C). Celui-ci reprend avec quelques variations aux dynasties fondatrices et à faire apparaître le
le récit d'Ibn Munabbih. Il relate que la dispersion Yémen comme le pays d'origine incontesté de
des fils de Nûh se fit à partir de la terre de Babel et plusieurs ethnies soudanaises notamment des
que les fils de Häm b.Nüh ont pris la direction de Mandingues et des Soninkés11. D'autres traditions
l'ouest. Après avoir traversé le Nil d'Egypte, les deux africaines font venir les Dogons, les Ouolofs, les Sérères,
groupes qui constituaient la postérité de Küsh b.Hâm les Vais, les Yoroubas de la région du haut Nil12.
se séparèrent : les Nûbas, les Bedjas, les Habashas et
En effet, le mouvement des peuples est un
les Zandjs se dirigèrent vers le Sud et constituèrent
phénomène qui a marqué profondément l'histoire de
apparemment les peuples du Soudan oriental, tandis
l'humanité à travers ses différentes phases. Les
que l'autre groupe formé de Zaghawa, de HBS, de
moteurs de ce mouvement sont multiples et de
Qaqù, de Mamwiyyün, de Maranda, de Kawkaw et
nature diverse, économique, politique, climatolo-
de Ghana se dirigea vers l'Ouest4. Al-Ya'qübi achève
de nous informer sur ces immigrés installés en gique ... L'état mouvant des peuples est souvent
Occident en citant les noms de leurs royaumes : royaume considéré comme un volcan endormi, et plus
des Zaghawas en pays de Kanem, royaume de précisément là où les structures politiques et
Mallal, royaume des H.Sh.A dont la capitale fut socio-économiques sont fragiles et la vie précaire et à la merci de
Thabir, royaume des Qaqüs, royaume de Kawkaw et la nature.
ses dépendances et royaume de Ghana5. Le plus Le père des peuples noirs est donné comme étant
curieux dans l'information d'al-Ya'qûbi c'est qu'il Häm (Cham), homme blanc de visage à l'origine mais
considère Kawkaw (Gao) comme le royaume le plus dont Dieu changea la couleur à la suite de la
important et le plus puissant de tous les royaumes du malédiction de son père, selon Wahb Ibn Munabbih. Häm
Soudan dès cette époque, englobant un nombre engendra trois fils : Kush, Kan'an et Fut dont la
considérable de royaumes y compris celui des postérité entièrement noire - paraît-il -, se dissémina sur la
Sanhadjas6. terre. Les descendants de Fut s'installèrent dans le
Vers le milieu du IVe s. de 1Ή. / Xe s. apr. J.-C, al- « Hind » et le « Sind », tandis que les enfants de Kush
Mas'ûdi (m. 355-356 H / 957 apr. J.-C.) fait à nouveau et de Kan'an s'établirent et se multiplièrent en Afrique
un sort à l'immigration des peuples orientaux en à partir de l'Océan Atlantique jusqu'à la mer Rouge13.
reproduisant les renseignements fournis par les Al-Dimashqi suit le même récit puisque lui aussi range
anciens auteurs7. Ces données constituaient des
sources de base pour tous les auteurs relatant 8. Al-Dimashqi, Nukhbat al-dahr, trad. fr. Cuoq J., Recueil des
l'histoire du Soudan et de son peuplement notamment sources arabes, 1975, p. 247.
9. Ibn Khaldûn, al-Muqaddima, trad. fr. Monteil V., Discours sur
l'histoire universelle, 1967, t. I, p. 167.
3. Ibn Qutayba, Kitab al-ma'ârif, trad. fr. Cuoq J., Recueil des 10. Al-Maqrizi, Adjnäs biläd al-Südän, trad. fr. CuoqJ., Recueil des
sources arabes, 1975, p. 41. sources arabes, 1975, p. 381.
4. Al-Ya'qubi, Târikh, trad. fr. CuoqJ., Recueil des sources arabes, 11. Voir Ly-Tall M. et Cámara S., L'histoire du Mandé, 1987, p. 11
1975, p. 49. suiv. Voir aussi Al-Sa'di, Tarikh al-Sudân, 1898, p. 3, et Monteil Ch.,
5. Ibid., p. 52. La légende de Ouagadou, 1953, n°23, p. 363-
6. Ibid. 12. CornevinR., Histoire des peuples de l'Afrique noire, I960, p. 152.
7. Al-Mascudii, Murùdj al-dahab, trad. fr. Cuoq J., Recueil des 13- Ibn Qutayba, Kitâb al ma'arif, trad. fr. Cooq J., Recueil des
sources arabes, 1975, p. 60. sources arabes, 1975, p. 41.

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sans hésitation les Indiens (Sind et Hand) parmi les malédiction ne s'applique pas à eux, mais plutôt aux
peuples soudanais14. Phéniciens.
Cette légende de malédiction bien connue de la À l'encontre de l'hypothèse biblique sur l'origine
tradition musulmane devait être puisée à des sources des Noirs, qui paraît fragile, l'interprétation d'Ibn
hébraïques. Le Pentateuque (Genèse, 9, 19 à 28) relate Khaldün peut être intéressante et mérite d'être
que Nüh (Noé), pour punir son fils Häm (Cham) qui soulignée. La malédiction qui a frappé Häm rendait
s'était moqué de la nudité de son père ivre, lança sa seulement, selon lui, ses fils serviteurs des descendants de
malédiction précisément sur Kan'an le fils du ses frères et la noirceur de l'épiderme de sa postérité
coupable. « Maudit soit Kan'an ! Qu'il soit l'esclave est due apparemment aux influences du climat18. Bien
des esclaves de ses frères15 ! » Les commentateurs avant lui au me s. H. / début Xe s. apr. J.-C, Ibn Rusta
musulmans et juifs s'accordent sans hésitation à dans son livre al-A 'lâq al-nafisa19 insiste également
donner comme conséquence de la malédiction de sur le facteur atmosphérique qui règne dans la région
Nüh la couleur noire des descendants de Häm dans habitée par les Soudanais pour expliquer la noirceur
leur ensemble, à tel point que le mot « hamit » est de la peau de ces peuples « Les Sudans et les

:
devenu par la suite synonyme du terme « noir ». Habashas habitent dans les régions qui font face aux
Soulignons pourtant que la Bible n'a pas dit explicitement signes du Zodiaque, entre les tropiques du Bélier et
cela, et Ibn Khaldün a essayé de démontrer que le du Cancer. Le soleil dans son ascension et sa descente
terme « hamit » signifie « khädim » (serviteur) et non se trouve dans cet espace au Zénith, perpendiculaire
« 'abd » (nègre, ou esclave)16. sur la tête de ces populations. À cause de cela, leur
climat est chaud et brûlant, la chaleur et la sécheresse
Une autre difficulté surgit : pourquoi Kan'an, bien
s'accroissent. C'est pourquoi le teint des gens devient
qu'innocent de la faute de son père, est-il choisi parmi
noir, leurs cheveux crépus, leur corps sec et maigre,
ses frères (Küsh, Misraïm, Fut ...) pour être seul puni leur tempérament ardent20. »
par son grand-père ? Kan'an était-il le fils unique de
Häm lors du péché ? Il est donc permis, selon Notons que ces textes, si différents soient-ils dans
l'explication de la noirceur des peuples noirs,
R. Mauny17, de supposer qu'une autre raison a fort
concordent en définitive. La présence des Noirs n'est pas
bien pu déterminer le choix de Kan'an et de ses
l'apanage de l'Afrique. Les enfants de Häm touchés
descendants comme peuple réprouvé. Il est probable
par la malédiction du grand-père Nüh se
que les fils de Kan'an qui représentaient alors pour
dis éminèrent, selon la tradition arabe, tant en Afrique qu'en
l'auteur de la Genèse, les habitants du littoral de la
Asie21. Ils comprenaient, entre autres, les Égyptiens du
Palestine et de la Phénicie (Sidon, Amoréens)
Haut Nil, fort connus des anciens, les Hindous de
devinrent plus tard leurs rivaux commerciaux. Ce devait l'Extrême-Orient et les vrais noirs de la Mer Rouge ou
être un moyen qu'utilisa l'auteur du passage pour se du Golfe d'Aden que les Phéniciens devaient croiser
venger en stigmatisant l'ennemi héréditaire de son au cours de leurs périples dans l'Océan Indien22.
peuple, tout en s'abstenant d'étendre la malédiction
Bien des peuples noirs ou métissés échappent à la
de Nüh sur d'autres descendants beaucoup plus connaissance des auteurs arabes : ainsi les Peaux-
puissants de Häm et donc à ménager, comme les Misraïms
Rouges autochtones de l'Amérique qui ont été
(les Égyptiens) ou encore les Kushs (tribus d'Arabie considérés jusqu'au début du xxe siècle comme appartenant
méridionale et de Mésopotamie). Que les Noirs
d'Afrique se rassurent, affirme R. Mauny, puisque la
18. Ibn Khaldün, al-Muqaddima, trad. fr. Monteil V., Discours sur
l'histoire universelle, 1967, t. I, p. 167.
14. Al-Dimashqi, Nukhabat al-dahr, trad. fr. CuoQ J., Recueil des 19. Ibn Rusta, al-A' 1 âq al-nafisa, trad. fr. CuoQ J., Recueil des
sources arabes, 1975, p. 247. sources arabes, 1975, p. 56.
15. Mauny R., Le Judaïsme, les Juifs et l'Afrique occidentale, 1949, 20. Ibid., p. 57.
p. 355. 21. Voir les textes précités d'Ibn Wahb Ibn Munabbih, d'al-Ya'qubi,
16. Ibn Khaldun, al-Muqaddima, trad. fr. Monteil V., Discours sur d'al-Dimashqi et d'al-Mqrizi, trad. fr. CuoQ J., Recueil des sources
l'histoire universelle, 1967, t. I, p. 167. arabes, 1975, p. 41, 52, 247, 381.
17. Mauny R., Le Judaïsme, les Juifs et l'Afrique occidentale, 1949, 22. Mauny R., Le Judaïsme, les Juifs et l'Afrique occidentale, 1949,
p. 357. p. 357.

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à la race noire au même titre que les Noirs de la Guinée désigner un homme différent de lui par la couleur et
et du Mozambique23. Les indigènes de l'Australie, de la qui a dû avoir partagé avec lui la même aire
Papouasie et des îles mélanésiennes sont à ranger géographique. Le Négrite n'est effectivement noir que
également dans la même catégorie humaine que les par la présence du Blanc dans une aire voisine.
Noirs d'Afrique24. Les textes arabes renferment aussi
une autre information qui peut aviver notre curiosité.
L'immigration dont il est question plus haut incorpore L'ARCHÉOLOGIE ET LA REMISE EN QUESTION
des peuples connus comme étant blancs parmi les D'UN SAHARA NÉGROÏDE
races des Sudans, les Kiptes (Coptes) et les Berbères25.
Al-Dimashqi divise la postérité de Häm b. Nüh en Les traditions juive et musulmane firent de la
Kiptes, Nabatéens, Berbères et Sudans. Il ajoute que postérité de Nüh la deuxième génération de
ces derniers forment de nombreux groupements ; les l'humanité qui peupla la terre où le déluge avait rasé et
plus éloignés du Sud sont les Takrùrs dont le nom « ne effacé toute trace d'être vivant. À en croire ces textes,
regroupe pas les divers groupes des Sudans mais l'Afrique a dû recevoir ses premiers habitants à une
indique seulement une peuplade déterminée habitant époque qui ne peut être antérieure au quaternaire,
un pays portant ce nom »26. sinon on se retrouverait à la période glaciaire où la vie
Les dires d'Al-Dimashqi sur le mot « Takrùr »27 nous était pratiquement impossible.
conduisent à nous questionner plutôt sur le terme Dépourvus de toute notion de temps, les textes
« Sudan » fortement présent dans les textes arabes. Le religieux anciens ne nous permettent pas d'avancer
mot dérive du vocable « aswad » qui veut dire noir et une date même approximative, sur l'arrivée de ces
s'applique à tout homme noir ou rougeâtre de couleur. immigrés30. Il nous est impossible aussi de savoir s'il
Cependant le terme a dû avoir un sens très large au s'agissait de vagues massives d'immigrés, ou plutôt
Moyen Âge. Il devait désigner une aire géographique d'un déplacement de peuples par groupes, ce qui
allant de l'embouchure du Sénégal et de la Gambie paraît plus logique.
jusqu'à la Mer Rouge où de grands empires et Les premiers textes dont on dispose, remontent à
royaumes ont pu naître et où les Noirs et les Blancs ont l'époque pharaonique, très postérieure à celle qui
pu vivre en symbiose28. Le vocable berbère nous occupe. À cette époque les peuples de l'Afrique,
« iguinaouen » d'où dérive le nom « Guinée » au dire des chercheurs, auraient été en place depuis
s'applique aussi à l'homme noir29. Le mot « südän » des des milliers d'années. Déjà à l'époque d'Hérodote
Arabes pourrait être synonyme du mot « éthiopien » (ve s. av. J.-C), les populations libyennes étaient
qu'on rencontre dans les textes classiques grecs et complètement installées au Sahara central (Fezzan)31.
latins. Le mot a dû faire son apparition à un moment Les divisions adoptées par les auteurs, y compris
déterminé pour désigner un peuple négrite situé Ptolémée, classaient les populations sahariennes en
généralement au sud du Sahara au voisinage du Niger et fut Éthiopiens, Leuco-Éthiopiens, Gétules, Mélano-
inventé vraisemblablement par le Libyco-berbère pour Gétules, Gétules-Daratites, etc.32. Cet état de chose
reflète en quelque sorte les divisions ethniques que
23. Cette hypothèse a perdu de sa valeur avec l'apparition d'une nous trouvons aujourd'hui au Sahara (Maures,
nouvelle tendance qui pense que les Indiens d'Amérique sont des Touareg, Tebou). La région du Sahara oriental, depuis
Mongoloïdes venus d'Asie.
24. Delafosse M., Les Noirs de l'Afrique, 1941, p. 5.
25. Ibn Qutayba, Kitäb al-ma'ârif, trad. fr. CuOQ J., Recueil des 30. D'après les textes hébreux, Moïse aurait vécu au xvne siècle av.
sources arabes, 1975, p. 41. J.-C. Quant à Noé, il aurait atteint, selon la tradition musulmane,
26. Al-Dimashqi, Nukhbat al-dahr, trad. fr. CUOQ J., Recueil des 950 ans. Peut on considérer ce chiffre comme l'âge moyen de
sources arabes, 1975, p. 247. l'homme à cette époque ? Est-il possible d'établir actuellement une
27. Voir Al-Naqar 'IL, Takrùr, the history of a name, 1969, p. 365- chronologie des prophètes qui remonte jusqu'à Noé ? Il semble qu'il
374. est encore trop tôt pour le dire.
28. Citons à titre d'exemple les royaumes d'Awdaghost des Sanha- 31. Berthelot Α., L'Afrique saharienne et soudanaise, 1977, p. 154.
djas, Ghana des Soninkés au sud de la Mauritanie, Tadmekka des 32. Berthelot Α., L'Afrique saharienne et soudanaise, 1977, p. 385
Berbères, Songhay des dynasties Dia, Sonni et Askia. suiv. Lhote H., Sur l'emplacement de la ville de Tademekka, 1951,
29- Delafosse M., Les relations, 1924, ρ 156. n°51, p. 65.

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le Fezzan, le Kaouar et le Tchad à l'ouest, jusqu'à la négroïdes à une époque beaucoup plus reculée que
vallée du Nil à l'est, est occupée par une population celle qu'on lui assignait généralement38.
noire ou métissée qui s'y est établie depuis fort Bien des faits concourent non seulement à
longtemps33. renforcer cette hypothèse, mais à la généraliser à
De même, le Sahara était déjà le désert qu'on voit toute l'Afrique : la découverte de l'homme
actuellement. Les limites assignées par Hérodote aux préhistorique de Grimaldi (Italie) dont les caractères se
terres cultivables de la Libye ancienne, cinq siècles retrouvent de nos jours chez les Négrilles du centre de
avant J.-C, sont sensiblement les mêmes que celles de l'Afrique et les Bushmans du sud, a amené les
nos jours, du Maroc jusqu'en Cyrénaïque34. chercheurs à penser qu'avant l'émergence de la race noire
Cependant la découverte d'outils en pierre et de dans la zone soudanaise et celle du rameau libyco-
gravures rupestres en de multiples points du Sahara a berbère de la race blanche dans le Maghreb, l'Afrique
bouleversé les connaissances jusqu'alors acquises sur tout entière et le midi de l'Europe étaient occupés par
l'Afrique et son peuplement. On pense que pendant les représentants de cette humanité primitive à peau
plusieurs milliers d'années le Sahara n'avait pas rougeâtre, à tête volumineuse, à bras longs et à
l'aspect désolé et inculte qui le caractérise jambes courtes39.
aujourd'hui. Fertile et verdoyant, il devait être arrosé Cette théorie a été accueillie avec beaucoup
par les rivières qui sortaient du versant méridional de d'enthousiasme par les chercheurs africanistes40,
l'Atlas et qui allaient loin vers le Sud. Il se peut que notamment après la découverte des peintures du
les vallées actuellement arides, et dont l'emplacement Tassili Ajjers par H. Lhote, définies plus tard par lui-
continue à fournir des ossements de crocodiles, même sous le terme de « période des Têtes rondes »,
d'hippopotames, de silures, etc., aient constitué une qui ont fortement attesté la présence noire en cette
source de vie et qu'à sa lisière se soient développés région41. L'étude des armes à travers des figurations
sporadiquement de riches sites d'agriculteurs, humaines sur un grand nombre de gravures rupestres
notamment dans le cercle d'Akjouijt et dans la région Tichitt- néolithiques découvertes à l'Adrar Ahnet (sud
Oualata35. algérien) a apporté un soutien supplémentaire à cette
Il est temps de constater un rapprochement théorie. On commençait à croire que l'arc et le
étrange entre le paléolithique saharien et l'aurignacien couteau de jet furent l'armement national des Noirs et
de l'Afrique du Nord et de l'Europe méridionale. La à attribuer aux Berbères uniquement l'usage de la
similitude des outils recueillis un peu partout depuis sagaie comme arme de jet42. En effet, les guerriers
la limite septentrionale du Soudan jusqu'au cap de noirs de l'armée de Xerxès se servaient encore de
Bonne Espérance, a frappé fortement les pointes de flèche en pierre au temps d'Hérodote43.
chercheurs36. Toutefois, la théorie d'un Sahara négroïde a perdu
En effet, une première hypothèse a été avancée : de son poids auprès des chercheurs, car les preuves
on pensait à un Sahara néolithique habité entièrement furent contestées à la suite de la découverte de l'usage
par des Négroïdes contemporains des habitants de l'arc dans de nombreuses tribus, notamment au nord
autochtones primitifs de race blanche
méditerranéenne dans le nord de l'Afrique37. Bien des
découvertes sont venues renforcer cette hypothèse 38. Ibid., p. 16.
39- CornevinR., Histoire des peuples de ¡Afrique noire, I960, p. 127.
qui tendait à renvoyer la formation première des Delafosse M., Les relations, 1941, p. 184.
populations soudanaises sahariennes qualifiées de 40. On compte parmi ces chercheurs Chaykh Anta Diop qui a écrit
« II semble que la population du Sahara était également nègre en
:

grande partie. Les peintures cju Sahara, en particulier, les magnifiques


33. CornevinR., Histoire des peuples de l'Afrique noire, I960, p. 135. ensembles relevés au Tassili des Ajjers par l'expédition Lhote,
34. Ibid., p. 19. Berthelot Α., L'Afrique saharienne et soudanaise, semblent se rapporter à des chasseurs négroïdes dans les étages
1977, p. 16. précédant l'arrivée des pasteurs bovidiens, qui aurait débuté, d'après
35. Delafosse M., Les relations, 1924, p. 155. Malny R., Tableau Lhote, au 5e millénaire. » Diop Ch.A., Histoire primitive de l'humanité,
géographique de l'Ouest africain, 1961, p. 198. 1962, p. 484.
36. Ibid., p. 154. 41. Lhote H., À la découverte desfresques du Tassili, 1958.
37. CornevinR., Histoire des peuples de l'Afrique noire, I960, p. 134. 42. Monod Th., L'Adrar Ahnet, 1932, p. 91.
Delafosse M., Les Noirs de l'Afrique, 1941, p. 10. 43. Hérodote, VII, 69-71.

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du Maroc, à Gourara et à Ouargla44. Mais ce qui a Les peintures du Tassili présentent, entre autres,
ébranlé le plus cette théorie ce sont les découvertes de des figurations de masques très semblables à ceux qui
plusieurs ensembles de gravures et de peintures sont encore en usage en Afrique occidentale. Elles
rupestres en de multiples points du Sahara et qui, tant au point soulignent un fait de grande portée, à savoir que nous
de vue chronologique qu'au point de vue du style des sommes en face des témoignages les plus anciens de
figurations humaines, sont différents les uns des autres. la pratique du culte des masques en Afrique, au moins
En effet, si l'on peut considérer, les gravures et les cinq millénaires avant J.-C. « Ces peintures seraient,
peintures rupestres comme un reflet du peuplement comme le souligne H. Lhote, antérieures à l'art
néolithique du Sahara, encore faut-il tenir compte du pharaonique et même à celui de la période
fait - souligne H. Lhote - qu'on ne saurait les prendre pré-dynastique et elles ne peuvent donc avoir été influencées
en bloc, mais en fonction de leurs différents étages45. par l'Egypte. On ne peut toutefois pas écarter l'idée
Le groupe de gravures découvert au sud d'Oran, à que les arts du Sahara et de l'Egypte aient pu découler
Oued Mejrat, au Tassili et au Fezzan sont de l'époque d'une même imprégnation magico-religieuse et soient
bubale antique, le plus ancien, avec probablement complètement indépendants l'un de l'autre, que des
plusieurs millénaires d'avance sur le groupe des échanges ont dû se produire dès les temps les plus
« pasteurs ». L'étude de ces profils humains permet de reculés49. » Autrement dit, H. Lothe semble nous
penser que cette population figurée n'était pas du tout mettre en garde contre certaines théories qui veulent
négroïde, mais devait, au contraire appartenir à des que l'Egypte soit le pôle incontesté de toute
leucodermes. La zone qu'elle occupe est relativement civilisation humaine.
septentrionale et ne dépasse pas au sud la latitude du Et, de fait, on avait commencé depuis plusieurs
24e parallèle, à l'exception de quelques gravures de la décennies à douter de cette théorie, dans la mesure où
région d'Isolane, au Hoggar46. les recherches méthodiques sur un nombre important de
Quant à la « période des Têtes rondes », sites les contredisaient. À cet égard les travaux de Patrick
représentée seulement par des peintures dont le principal J. Munson sur les sites de Dhar Tichit et Oualata au sud
ensemble se trouve au Tassili et quelques éléments de la Mauritanie méritent d'être soulignés. Ces sites, qui
constituent actuellement le parcours des Maures
dans l'Ennedi, elle se situe certainement à une période
sahariens, furent vraisemblablement, dès le haut Moyen Âge,
antérieure à la période bovidienne, mais il reste
les domaines propres du Ghana. Les auteurs en faisaient
impossible de la situer par rapport à la « période
jusqu'à une date très récente une création d'origine
bubale »47. Il s'agit de figurations humaines à profil
étrangère (berbéro-sémitique). Ils fournissent
négroïde. L'analyse du style employé permet de
actuellement les témoignages d'une fondation purement noire50.
constater une grande ressemblance avec l'art appliqué
dans la fabrication des statuettes modernes répandues De même, les recherches de H. Lhote sur les
en Afrique noire. Nous sommes donc en présence gravures léguées par la population ancienne du
Sahara cherchent à rendre justice à l'homme africain
d'un ensemble de témoignages irréfutables, qui
et à suggérer - à titre d'hypothèse - que l'apport du
attestent l'existence des Noirs au Sahara à une époque
Sahara à l'Egypte a été peut-être plus important qu'on
assez reculée du Néolithique et nous remarquons
ne l'a supposé jusqu'alors51. L'étude des masques
aussi qu'ils atteignirent une zone relativement
septentrionale proche du 26e parallèle. Peut-être précitée paraît très importante du fait qu'elle donne
des preuves irréfutables de la complexité du
s'étendirent-ils plus au nord, mais rien ne le prouve du fait
peuplement saharien à cette époque. Les caractères
que la nature géologique du sol n'est pas appropriée
spécifiques sont contradictoires, parfois à profil europoide et
à la confection et à la conservation des peintures48.
parfois à profil négroïde. Y aurait-il eu à cette époque
deux types humains vivant côte à côte52 ?
44. Monod Th., L 'Adrar Ahnet, 1932, p. 91. Benramdane Ζ., Ceuta
auxxiiFetxiVs., 1987, p. 268.
45. Lhote H., Le peuplement du Sahara néolithique, 1970, p. 9- 49. Ibid., p. 97.
46. Ibid., p. 93. 50. Munson P.J., Archeology, 1980, p. 459 et suiv.
47. Ibid. 51. Lhote H., Le peuplement du Sahara néolithique, 1970, p. 97.
48. Ibid., p. 96. 52. Ibid., p. 99.

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L'ORIGINE DU PEUPLEMENT NOIR AU SAHARA 69

De même, le groupe bovidien, dont l'aire de La découverte de nouvelles fresques au cours des
dispersion est assez grande et la densité importante53, années 1960-62, de type nettement leucoderme, à
représente lui aussi des types négroïdes dont un Tissoukaï, I-n-Itinen, Ouan-Derbaouen, Rhardès, a
grand nombre rappelle les caractéristiques des Peuls mis en évidence la complexité du peuplement de la
de nos jours et des pasteurs typiquement europoïdes. période bovidienne, d'autant plus que la variété des
La présence des Noirs qui devaient vivre alors en styles et des vêtements confirme cette diversité
symbiose avec les pasteurs blancs, trouve son ethnique58.
explication dans la survivance de reliquats humains de la Donc, on est bien loin d'un Sahara à peuplement
période précédente des « Têtes rondes », plus que mélanoderme au cours de la période bovidienne. Les
dans l'esclavage. Il reste toujours à expliquer l'origine différents types qui ont pu se juxtaposer ou vivre en
des populations noires qui vivaient au Moyen Âge symbiose témoignent de migrations successives au
dans le Hodh et à Dhar Tichit en Mauritanie54, plus au cours de deux millénaires, de 4000 à 2000 av. J.-C.
Cette période est attribuée actuellement aux pasteurs,
Nord à Sous et à Sidjilmassa dont la fondation est
mais pourrait avoir débuté plus tôt si les chiffres
attribuée à un homme noir nommé Midrar Ibn'Abd
donnés par le Carbone 14, pour certains sites de
Allah55. Plus encore, la question se pose de savoir ce
l'Acacous, peuvent le confirmer59.
que représentaient les nègres attestés dans l'armée de Les études paléontologiques ne fournissent en
Tariq Ibn Ziad dès le IIe s. H. / VIIIe s. apr. J.-C. par
l'occurence que des résultats très limités et parfois
Ishâq b. al-Husayn (vers le milieu du IVe s. H. / xe s.
contradictoires60. C'est ce que L. Balout, conscient des
apr. J.-C.) qui cite à leur propos une légende très lacunes de l'inventaire actuel, a souligné : « II n'y a pas
originale : « Quand Tarik eut passé la mer, il se rendit que des Négroïdes dans la préhistoire saharienne et,
sur le rocher qui porte son nom. Alors des Sudans faute de documents paléontologiques, l'art rupestre
avancèrent pour combattre. À la vue de leur forme suffit à nous en imposer la constatation61. » II affirme
terrifiante, les Goths furent pris de panique. Les par ailleurs « L'art rupestre nous montre, à côté de
Sudans s'emparaient des Goths prisonniers, les
:

types franchement négroïdes, des hommes qui ne le


égorgeaient et faisaient semblant de les manger, ce qui sont absolument pas62. »
augmentait la peur et l'effroi56. » Des nègres purement Donc il est possible de conclure que le Sahara a
noirs ou métissés vivent encore aujourd'hui dans les donné suffisamment de preuves de la complexité de
oasis sur la lisière saharienne et leur présence ne peut son peuplement et de la continuité de sa préhistoire.
être expliquée en bloc par l'esclavage. Si des rites et Il fut dans l'antiquité un pays d'accueil et un carrefour
des coutumes pratiqués aujourd'hui dans les oasis de races humaines immigrées dont les sources
reflètent des influences de populations soudanaises anciennes reflètent l'existence. Le déplacement
actuelles, beaucoup d'autres sont la réminiscence graduel des Noirs vers le sud aurait pu avoir lieu au
d'un fond culturel plus ancien57. moment où les premiers indices du changement du
climat s'annoncèrent. Il coïncida probablement avec
l'arrivée des pasteurs. La nature au sud a dû offrir plus
53- On compte parmi les stations qui représentent le type bovidien,
Sefar, Tissoukaï, Ouan-Tartaït et In-Itinen, Ibid. de possibilités pour l'élevage du bœuf qui perdit sa
54. Je cite à titre d'exemple les Bafours, présumés anciens habitants place au Sahara petit à petit en faveur du cheval et du
du site Azougui d'al-Bakri, voir Mauny R., Tableau géographique de chameau, puis en faveur du chameau seul63.
l'Ouest africain, 1961, p. 69-
55. Al-Himyari, Al-Rawd al-mi'târ, éd. ar. Abbas I., Beyrouth, 1980,
p. 305.
56. Ibn Al-Husayn I., Akârn al-mordjân, trad. fr. CuoQ J., Recueil des
sources arabes, 1975, p. 64.
57. On signale, parmi les survivances des influences culturelles
ancestrales purement noires, le déguisement masculin caractérisé par 58. Lhote H., Le peuplement du Sahara néolithique, 1970, p. 102.
le port de cornes animales sur la tête au cours de la fête de « Zébiba » 59. Ibid., p. 102.
à Djanèt, scènes que l'on trouve dans les « Têtes rondes ». Lhote H., 60. Cornevln R., Histoire des peuples de l'Afrique noire, I960, ρ 133·
Le peuplement du Sahara néolithique, 1970, p. 100. Signalons aussi le 61. Balout L., les hommes préhistoriques, 1955, p. 204.
culte des serpents qui est d'origine négrite et encore vivace dans 62. Balout L., Préhistoire de l'Afrique du Nord, 1955, p. 480.
certaines régions du Sahara. 63. Monod Th., L Adrar Ahnet, 1932, p. 13.

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70 Zoulikha Benramdane

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