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IntroductionIntroductionIntroductionIntroduction

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Union Européenne : « Objet politique non identifié » (Delors) : vise à dire que les cadres d’analyse traditionnels s’appliquent mal à cette structure car l’UE est le résultat d’un processus politique non déterminé, non linéaire. Phénomène politique qui repose sur différents facteurs qui le rendent imprévisibles.

Spécificités :

Système unique, sans équivalent. Ce n’est pas une organisation internationale classique. Système qui fonctionne avec des institutions communautaires mais aussi avec la coopération entre ces institutions communautaires et les institutions nationales. Ex : les normes communautaires dépendent des gouvernements nationaux Fait que le droit communautaire est un droit à part sans équivalent. Repose sur le droit public interne et pas sur le droit international. Institutions européennes disposent de moyens de contraintes qui sont supérieurs à ceux par exemple dont dispose l’ONU.

Méthode d’intégration européenne découle de l’objectif initial des pères fondateurs : créer une union politique par des moyens non politiques, notamment l’économie. (la CECA). Petit à petit, l’étendue va s’augmenter. Aujourd’hui l’UE a des compétences régaliennes (justice, politique monétaire). Il ya toujours eu des divergences et des controverses sur la finalité de l’UE (très intégrée ou non).

Méthode d’intégration repose sur 2 manières différentes qui sont combinées :

Intégration supranationale : repose sur 2 éléments :

- transferts de compétences qui vont des gouvernements nationaux vers une personnalité juridique supérieure, la Communauté européenne.

- Mécanisme intégré de prise de décision : les normes juridiques sont élaborées d’une manière spécifique Rôle des institutions européennes très important car transfert de compétences très important.

Coopération intergouvernementale : laisse une part plus importante aux Etats. Pas de transferts de compétences, mais les Etats se coordonnent, décident par consensus. Les Etats sont liés politiquement mais pas juridiquement.

Ces 2 modes de décision

sont combinés dans le système communautaire. Il y a donc

différents facteurs qui font de l’intégration européenne un système hybride.

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Aujourd’hui, 3 piliers de l’Union européenne :

Pilier communautaire qui repose sur l’intégration supranationale : tout ce qui concerne l’économie. Correspond à la première période de l’UE (Traité de Rome en 1957) C’est la Communauté européenne au sens strict. Pilier PESC (Politique Etrangère de Sécurité Commune) //traité de Maastricht : repose sur la coopération intergouvernementale. Pilier aussi né en 1992 : concerne la coopération policière et judiciaire en matière pénale. Domaine très sensible pour les Etats membres qui gardent un pouvoir important de prise de décision.

Ce qui lie les 3 piliers entre eux, c’est que les institutions sont les mêmes selon les modes d’intégration.

Union Européenne :

- ensemble des 3 piliers

- n’a pas la personnalité juridique

Communauté européenne :

- premier pilier seulement où les institutions européennes ont beaucoup de pouvoir.

- A la personnalité juridique

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Elles sont définies par des traités :

- 1957 : Traité de Rome

- 1992 : Traité de Maastricht

- 2001 : Traité de Maastricht amendé : le Traité de Nice (traité qui est actuellement en vigueur)

5 institutions :

Le Conseil de l’Union Européenne La Commission Européenne Le Parlement Européen La Cour de Justice de la Communauté Européenne La Cour des Comptes

En plus, le Conseil Européen : statut juridique particulier. C’est un organe d’impulsion politique qui n’est pas une institution communautaire au sens strict car a été créée par la pratique (en 1970 par Valéry Giscard d’Estaing). Rôle politique essentiel.

Attention !!! Le Conseil de l’Europe : rien à voir avec la Communauté européenne ou l’Union européenne. Créé en 1949 pour une coopération sur la culture, l’éducation, les droits de l’homme. C’est une organisation internationale.

Ces institutions agissent dans les 3 piliers mais pas de la même manière selon lesquels. L’Union européenne ne fonctionne que par coopération entre les différents acteurs. Pas de séparation des pouvoirs dans l’UE comme dans les Etats nationaux (// Montesquieu). Il y a plutôt des pouvoirs partagés par les institutions.

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Le pouvoir législatif appartient à la Commission européenne, au Conseil de l’Union européenne et au Parlement européen (il peut rejeter une proposition de la Commission qui aurait eu l’approbation du conseil). Le pouvoir exécutif est partagé entre le Conseil de l’UE et la Commission Européenne. Le pouvoir judiciaire appartient à la Cour de Justice.

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Système qui repose aussi sur les institutions nationales en aval : Ministres, hauts fonctionnaires… Ce sont les institutions nationales qui mettent en œuvre le système juridique communautaire car administrations européennes sont trop petites.

Toute une culture de la négociation, du compromis

33)33))) LaLaLaLa questionquestionquestionquestion dudududu fédérfédéralismefédérfédéralismealismealisme

2 grands modèles juridiques existants : la confédération et la fédération. Confédération : société d’Etats souverains qui limitent, par des traités internationaux et de manière volontaire, leur souveraineté et leurs personnalités juridiques. Les triatés ne peuvent être modifiés qu’à l’unanimité. Les sujets de la confédération sont les Etats (toutes les décisions prises s’appliquent aux Etats qui les appliquent à leur tour à leurs ressortissants). Fédération : repose sur une Constitution qui associe des communautés territoriales séparées. Les citoyens appartiennent à 2 communautés : une fédérale et une territoriale. Séparation entre le niveau fédéral et fédéré. Les ressortissants sont les citoyens, pas les Etats.

Mais L’Union Européenne n’est aucun des 2 :

- Ce n’est pas une confédération :

Au niveau des prises de décision, dans le système communautaire, le droit communautaire est le plus fort et le processus de prise de décision donne à chaque Etat un poids de décision différent. Il y a une délégation de souveraineté plus forte. Politiques communes qui ont un impact très fort dans les Etats membres. Ces politiques communes agissent directement sur la politique des Etats. Fait que dans une confédération, le but est souvent de se concerter pour la politique étrangère et de défense. Il n’y a pas cet investissement dans l’UE.

- Ce n’est pas une fédération :

Fédération = gouvernement unique, alors que UE = partage des institutions. Pas de répartition claire des compétences Fait que l’E n’a pas le pouvoir constituant, qui appartient aux Etats membres. Veut dire que

les institutions européennes n’ont pas la compétence de leurs compétences. L’Union Européenne n’a ni les moyens juridiques ni financiers d’agir comme une fédération, même si les différents traités laissaient penser qu’elle s’en approchait de plus en plus.

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PARTIE 1 : GENESE ET CARACTERISTIQUES DU SYSTEME POLITIQUE DE L’UNION EUROPENNE

TITRE 1 : Histoire politique de l’intégration européenne

Plusieurs dynamiques de la construction européenne :

- Volonté de mettre fin aux conflits en Europe. Importance des contextes dans lesquels l’Europe a été construite.

- Tensions constantes entre approfondissement et élargissement de l’Union européenne

- Toute une série de discussions sur la finalité de l’intégration européenne

- Action, engagement de certains individus POUR ou CONTRE le processus d’intégration Ex : Monnet, Schuman, Adenauer…

- Politiques menées par les institutions européennes elles mêmes pour se renforcer.

On peut distinguer 3 grandes phases de la construction européenne :

1950-1969 : mise en place des communautés européennes

1951

: la CECA (Communauté économique du charbon et de l’acier)

1957

: la CEE (Communauté économique européenne)

1957

: Euratom (énergie atomique)

1970-1992 : phase de consolidation et de crises. Toujours liées sur les divergences sur l’intégration de l’UE et sur sa finalité. Pas de progression dans l’intégration politique mais consolidation de l’intégration économique.

1992 à maintenant : Césure majeure avec le traité de Maastricht. A fondé les 3 piliers. Extension des domaines dans lesquels l’UE joue un rôle. Depuis le traité de Maastricht, toute une série de révision de traité

1997

: Traité d’Amsterdam

2001

: Nice

Années 90 : phase d’élargissement (ex : 1995 entrée de l’Autriche, Suède, Finlande : 200 :

plus 10 membres)

1) L’idée européenne avant la seconde guerre mondiale

a) L’héritage civilisationnel européen et les projets d’union politique Idée de la construction européenne date de bien avant la seconde guerre mondiale. Autour du modèle de l’Antiquité et celui de l’Empire carolingien Les intellectuels et les hommes politiques se referaient à l’héritage civilisationnel européen à partir de 2 sources antiques de la tradition européennes :

- le christianisme

- les cultes païens, culte de la raison et urbanisme

Moyen Age : toute une série de rupture qui donne à l’Europe une conscience de son existence. L’Empire carolingien est la première incarnation de l’identité européenne (administration commune dans tout l’Empire). Nostalgie de cet Empire car après lui, fragmentation de l’Europe, émiettement en différentes structures politiques. XVIè : fin de l’unité religieuse avec les guerres de religion & conflits en Europe

Quelques précurseurs de l’idée européenne fin Moyen Age :

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Pierre DUBOIS : juriste qui a proposé, début XIVè, un système d’arbitrage international ; l’idée étant d’instaurer un arbitrage pour régler les différends par un concile de princes sous l’auspice du St Siège.

Fin Renaissance, 2 conceptions :

SULLY : a proposé un remodelage de l’Europe en 15 Etats. La paix serait maintenue entre eux par des conseils provinciaux, coiffés d’un Conseil, de 40 membres, qui règlerait les litiges que les Etats n’auraient pas réussi à régler entre eux. Projet de Paix perpétuelle de l’ABBE SAINT PIERRE, 1712. Alliance perpétuelle entre les souverains et création d’un Sénat qui aurait le pouvoir législatif et judiciaire.

Points communs des conceptions :

- nécessité de l’arbitrage

- conseil qui représente les Etats

Mais ce sont des projets isolés qui n’ont pas abouti.

b) Le « concert des nations » à l’épreuve de la première guerre mondiale Le concert européen : idée pour revenir au système d’avant la Révolution : idée d’une coopération entre les monarchies pour éviter que la France ne reparte dans ses ambitions de conquêtes. Ce concert européen a été institué au Conseil de Vienne en 1815. 2 principes :

- légitimité des dynasties régnantes

- équilibre de ces empires

Il y a aussi des projets de grands révolutionnaires contre les grands Empires : idée des peuples à disposer d’eux-mêmes plus ou moins. Idée que ces Empires opprimaient les peuples et qu’il fallait que les nations se fédèrent pour la liberté et la paix.

Donc, fin XIXè :

Montée des nationalismes Constitution d’alliances opposées, la « paix armée » L’esprit du temps ne se prête pas beaucoup au projet européen en fait. 1900 : Congrès des anciens élèves de l’école libre des sciences politiques, idée d’une union douanière. Mais a eu très peu d’écho à l’époque.

c) Les espoirs de coopération balayés par les crises de l’après guerre Après la première guerre mondiale, l’Europe est encore plus morcelée qu’avant. Il y a beaucoup de frustrations car les traités de paix ont instaurés des vaincus et des vainqueurs. Beaucoup de pays veulent revoir les frontières. Il existe la Société des Nations, pour l’arbitrage, mais elle manque totalement de poids car rien n’a été ratifié. SDN seule structure collective mais a très peu de pouvoir. Il n’y a pas du tout de concert européen comme en 1815. La certaine unité économique et monétaire d’avant la guerre a complètement disparu. Il y a d’énormes différences entre les pays. Tout cela concoure à des tendances au protectionnisme et à l’autarcie économique. De plus, les petites nations issues des anciens empires ont des objectifs de consolidation intérieure. La coopération économique semble difficile vers 1920

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Dans ce contexte, la doctrine européenne va quand même essayer de proposer des solutions :

idée d’une solidarité nécessaire face au monde extérieur. 3 mouvements européens :

Courant d’inspiration politique :

- paneuropéen : idée des Etats-Unis d’Europe

- régional : entente franco-allemande, réseau rhénan…

COUDENHOVE KALERGI : comte originaire d’Autriche Hongrie. Dans son livre Paneurope, il expose l’idée d’une fédération européenne nécessaire contre la domination

américaine et contre la menace soviétique. Se fonde sur un abandon partiel de souveraineté.

- Idée d’une union douanière

- De la réconciliation nécessaire entre la France et l’Allemagne

- Organiser une « fédération » (en fait plus une confédération).

Considérait que cette Paneurope pourrait arbitrer les conflits à l’échelle mondiale au même

titre que les USA ou l’URSS. Cette idée donne naissance en 1923, à Vienne, à une Union Paneuropéenne, dont le président d’honneur est Aristide BRIAND.

Courant de nature économique :

Mettre en œuvre un grand marché européen. Ex : le Comité français pour la coopération européenne : travaillait dans le cadre de la SDN pour maintenir la paix en Europe. // Keynes : les pays doivent coopérer Ex2 : Différents cartes, par exemple le cartel de l’acier.

Courant intellectuel :

Met l’accent sur la culture et l’identité européenne. Il faut développer le sentiment d’une identité européenne.

Mais le contexte n’est pas favorable à toutes ces idées.

On peut aussi noter l’action d’Aristide BRIAND. C’était le Ministre des affaires étrangère en France. Etait choqué par l’impuissance de la SDN quant à la sécurité collective. Il était partisan du rapprochement avec l’Allemagne. En automne 1929, alors qu’il est également Président du Conseil, il a tenté de se rapprocher de l’Allemagne et a développé l’idée d’un lien fédéral entre les Etats, d’une concertation entre les Etats en Europe pour prévenir les conflits. L’idée n’est pas accueillie avec enthousiasme en France En Allemagne, la proposition suscite plus d’intérêt. La Grande Bretagne ne veut pas s’engager. CHURCHILL : « Nous sommes avec l’Europe mais non de l’Europe. Associés au processus mais pas liés. » 1930 : BRIAND présente un mémorandum intitulé « L’organisation d’un régime d’Union fédérale européenne », dans lequel l’accent est mis sur la coopération politique.

L’idée européenne était aussi présente pendant la seconde guerre mondiale dans la résistance. Dès 1940, idée d’une alliance franco-britannique par TOYMBEE. MONNET avait proposé la fusion des souverainetés après la guerre (idée déjà évoquée par DE GAULLE ET CHURCHILL) Solidarité européenne demandée par les antis fascistes et les antis nazis.

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2) Les premières institutions de coopération européenne

2 grandes constantes :

Les hommes politiques pour l’impulsion européenne sont toujours actifs (Adenauer, Schuman…) après la guerre. Les points de débat liés à la construction européenne qui avaient émergés dans les années 20 :

- La question allemande

- La confrontation avec les Etats-Unis

- Le grand marché européen

- La question du cadre institutionnel

Mais il y a quand même des mutations par rapport aux années 20 :

Le bloc soviétique s’est construit et l’Europe est prise dans l’affrontement Est Ouest :

change la donne puisqu’on passe d’une idée de confédération européenne qui engloberait tout le continent à une union de l’Europe de l’ouest, sous l’aile des USA, pour lutter contre le bloc de l’Est. Changement de la perception des USA : besoin de la protection des USA et en même temps nécessité de l’autonomie par rapport aux USA.

Années 20 : beaucoup de réflexions mais aucune création d’institutions. A parti de 1945, des institutions sont créées :

- l’Union occidentale (militaire), Avril 1948

- l’OECE (Organisation européenne de coopération éco), Avril 1948

- le Conseil de l’Europe, Mai 1949

Il y a toujours un foisonnement de mouvements pro-européens. A partir de 1945, ils arrivent à s’unifier : c le Comité de Coordination. Congrès de la Haye, Mai 1947, sous la présidence de CHURCHILL : première grande manifestation pro européenne qui réunit environ 800 personnalités politiques. Ce congrès adopte une résolution qui crée 3 commissions (politique, économique et culturelle) pour mettre en commun la souveraineté des Etats. Mais il y a toujours des divergences sur jusqu’à quel point unifier l’Europe :

- les fédéralistes : partisans d’une intégration supranationale

- les unionistes : partisans d’une intégration intergouvernementale Ce Comité de Coordination devient en 1948 le Mouvement Européen CHURCHILL, BLUM, DE GASPERI, SPAAK… Ce mouvement est important car il a vraiment un rôle d’impulsion.

a)La guerre froide et la question allemande : les impulsions extérieures de l’intégration européenne Entre 1945 et 1948, l’Union soviétique étend son contrôle sur l’Europe orientale. - USA : doctrine américaine de « containment » endiguer la poussée soviétique et pour cela faire en sorte que l’Europe s’organise. - G.B. : grand prestige après la guerre avec leur politique de résistance. La G.B. est convaincue qu’elle est restée une grande puissance : certain mépris pour le continent ; veut rester ouverte vers le grand large (USA & Commonwealth) La G.B. est très sceptique envers la coopération économique. Extériorité par rapport au continent même si elle le soutient. Pays les plus favorables à la coopération européenne :

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- les vaincus : Allemagne, Italie, pour relancer leur économie

- les pays du Benelux, même si 2 craintes : domination des grands pays et étaient très attachés à leurs liens avec la G.B.

- la France : y voit la possibilité de renforcer son influence. Le besoin d’aide économique a forcé la France à se rapprocher des USA et la France est ainsi allée vers l’intégration européenne. Permet en plus de contrôler le retour de l’Allemagne sur la scène européenne. Question allemande : à la fois impulsion pour la construction européenne mais en même temps a créé beaucoup de tensions (ex : autour de la Sarre)

b) La coopération sous l’égide américaine : l’OECE et l’OTAN

Les USA étaient très favorables à la coopération entre les pays européens. Ils ont donc développés une aide selon coopération ou non à l’intégration européenne. Cette aide a 2 volets : économique et militaire.

reconstruction de l’Europe de l’Ouest comme de l’Est (Tchécoslovaquie avait accepté mais a

du renoncer à ‘laide à cause de la pression soviétique). Le plan est rejeté par l’Europe de l’Est.

On crée l’OECE : cadre multilatéral pour mettre en œuvre le plan Marshall. Structure de coopération interétatique : tous les Etats se coordonnent, chaque Etat a un droit de veto. Toutes les décisions restent dans les mains des gouvernements nationaux. L’OECE est créée en 1948 et elle compte 16 Etats membres (la RFA les rejoint en 49). Objectifs : développer la coopération en Europe, le libre échange, la stabilité des monnaies.

la

Economique :

en

1947,

Plan

Marshall :

objectif

de

faire

un

programme

pour

Bilan contrasté : c’est l’organisation qui a permis à l’Europe de bénéficier du plan Marshall, mais elle n’a jamais vraiment pu se développer au-delà d’un cadre de coopération car trop de divergences. S’est transformée en OCDE : instance de discussion surtout.

Militaire et diplomatique : l’OTAN. Les USA se sont appuyés sur le traité franco- britannique de Dunkerque (1948) qui était dirigé contre l’Allemagne si elle attaquait. Les pays du Benelux étaient intéressés par cette assistance mais voulait la garantie qu’elle était automatique en cas d’agression. France et G.B. ont donc essayés de renforcer cette coopération militaire et ont demandé aide

et appui des USA. Usa sont tout à fait favorable (car contre bloc URSS).

Union occidentale, 1948. Accord signé pour 50 ans. 2 objectifs :

- militaire : membres s’engagent à se prêter mutuellement assistance pour assurer la paix et la sécurité pendant 50 ans.

- Défense des principes démocratiques, des libertés civiques et individuelles, des conditions constitutionnelles et du respect de la loi (= contre URSS)

A été très vite concurrencé par l’OTAN créé en 1949 et qui va l’absorber. C’est un lien de

défense entre les USA et l’Europe. Pas d’engagement militaire systématique en cas d’attaque mais organisation pour prévenir les conflits. En fait, les USA se sont appuyés sur la coopération franco-britannique, qui elle a amené le Benelux, et tout cela s’est fait absorber par une organisation des USA : l’OTAN.

c) Forces et faiblesses des structures européennes de coopération : le Conseil de l’Europe

C’est une organisation séparée de l’UE. Existe encore aujourd’hui mais fonctionne d’une manière distincte.

Créé à l’initiative de la France, qui propose en 1948 la création d’une assemblée européenne

et d’une Union douanière.

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Cette proposition est avancée par SCHUMAN et la Comité des mouvements européens transmet un mémorandum dessus. Refusé par la G.B. car transfert de souveraineté. Pour trouver un compromis, les structures mises en place comportent :

- une Assemblée juste consultative et formée de délégués des parlements nationaux

- un Conseil des Ministres qui prend toutes les décisions et qui examine les recommandations de l’Assemblée. Le 5 Mai 49 est créé le Conseil de l’Europe, par 10 pays :

-Benelux, G.B. & France (les 5 pays du pacte de Bruxelles)

- Italie, Irlande, Norvège, Danemark & Islande Ne concerne pas l’économie (car il existe déjà l’OECE) ni la défense (car certains pays sont contre). Concerne la culture, la santé, l’éducation, la sauvegarde des droits de l’homme.

A créé :

- la Convention européenne pour la sauvegarde des droits de l’homme et des libertés

fondamentales en 1950 (protège les réfugiés etc.…). - la Cour européenne des droits de l’homme Sinon, toute une activité de coopération qui porte plus ou moins ses fruits. A dès le début été

concurrencé par l’OECE, donc s’est peu développé. Aujourd’hui : 50 membres. Peut adopter certaines résolutions.

Années 50 : débats reprennent ;

- sur jusqu’où aller dans l’Union européenne

- sur qui admettre dabs l’Europe…

Correspond à 2 visions de l’Europe :

- libérale : juste espace marchand

- communautaire : espace marchand & rassemblement autour de valeurs communes.

Entre 45 & 50 : coopération intergouvernementale. Rupture en 1950 avec la création de la CECA puis de la CEE :

- création d’institutions supranationales

- véritable rapprochement franco-allemand

- France saisit l’initiative de la coopération et remplace la G.B. comme moteur et leader de l’intégration.

3) La méthode Monnet : la création de la CECA et de la CEE (1950-1957)

1950 : 2 événements qui influencent l’initiative de MONNET :

Renouveau et renaissance de l’Allemagne : naissance de la RF qui s’est doté d’un gouvernement en 194 (avec ADENAUER comme chancelier). L’Allemagne de l’Ouest veut

retrouver sa souveraineté sur le plan intérieur et international. ADENAUER est convaincu de

la nécessité de la protection américaine et du rapprochement avec la France

Retour de l’Allemagne sur la scène internationale. USA sont très favorables à un réarmement de l’Allemagne car on est en plein contexte de la guerre froide (1950 : début de la guerre de Corée).

Jean MONNET (alors Commissaire général au Plan en France) propose le 3 Mai 1950 le mémorandum dans lequel il explique que l’OECE et le Conseil de l’Europe sont décevants, impuissants d’organiser l’Europe sur de nouvelles bases. Il considère qu’il serait dangereux de relever l’Allemagne sans faire l’Europe en même temps. Il dit qu’il est impossible de créer l’Europe d’abord par le haut (institutions). Il faut commencer par coopérer dans des secteurs économiques clefs et la structure politique serait le couronnement de cette coopération et non

le point de départ.

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Idée de Monnet : coopérer dans le secteur de l’acier (secteur clef de l’après guerre ; rôle fondamental dans les politiques de défense ; était une des causes de discorde entre la France et l’Allemagne autour de la Sarre) et de la sidérurgie. Cette initiative avait plusieurs motifs :

- trouver une nouvelle formule de contrôle sur l’industrie lourde allemande

- coopérer de manière plus efficace que l’OECE et le Conseil de l’Europe pour intégrer l’Allemagne

- intervenait aussi sur le réarmement allemand

- réintégrer l’Allemagne sans l’humilier et en lui accordant des droits Conception de Monnet :

- rejet du concert européen avec la prééminence de grands pays

- coopération par des politiques concrètes (l’acier)

- resserrer les liens avec les USA

Cette politique d’intégration devait se faire par étapes : essayer d’instaurer des autorités nouvelles acceptées par les souverainetés nationales

SCHUMAN reprend cette idée dans sa déclaration du 9 Mai 1950 où il fait une proposition à l’Allemagne : faire contrôler par une autorité indépendante la production d’acier et de charbon des 2 pays. Il faut commencer par quelque chose qui parle vraiment aux citoyens européens. Ces hommes ont tiré les leçons de la faillite du système de Versailles :

- choisi acier et sidérurgie car associés à la guerre et à la défense + secteur crucial entre France et Allemagne

- Années 20 : protectionnisme. Ne sont pas allés dans ce sens.

- L’Europe a besoin des USA. Il faut une ouverture des économies les unes aux autres. Volonté d’ouvrir un grand marché et d’instaurer un certain dirigisme économique.

a) La CECA (1950) et la réconciliation franco-allemande SCHUMAN s’inspire des propositions de Monnet pour placer la production de charbon et d’acier sous une haute autorité commune et qui serait ouverte aux autres de pays

d’Europe qui le souhaitent. La G.B. refuse, par contre le Benelux et l’Italie sont intéressés. Le 18 avril 1951 : signature du traité de Paris. Entre en vigueur en juillet 52 pour 50 ans. La G.B. a accepté une coopération très vague, pas plus. La grande spécificité de la CECA est qu’elle repose sur des institutions qui n’ont jusqu’alors jamais existé. 4 institutions qui sont les ancêtres de celles d’aujourd’hui :

- la Haute autorité : ancêtre de la Commission européenne. Indépendante des gouvernements nationaux et dotée des principaux pouvoirs de décision. CECA très supranationale. Membres de la CECA choisis pour faire une politique commune pas pour représenter leur pays.

- Le Conseil spécial des Ministres : ancêtre du Conseil de l’UE. Organe intergouvernemental qui a été institué à la demande du Benelux. Donne son avis conforme pour les décisions les plus importantes de la Haute autorité. C’est le lien entre la Haute autorité et les gouvernements nationaux.

- L’Assemblée commune : ancêtre du Parlement européen. Créé à la demande des parlements nationaux. Composé de parlementaires nationaux. Au départ, 78 membres. Pouvoirs restreints mais pouvoir important de censure de la Haute autorité.

- La Cour de Justice : ancêtre de la Cour de Justice de la Communauté européenne. Veille au respect du traité de Paris et règle les différents entre les Etats membres et la Haute autorité.

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Eléments supra nationaux :

-la Haute autorité : décisions s’imposent à tous - financement de la CECA : financée par des prélèvements sur les entreprises qui interviennent dans les domaines du charbon et de l’acier. - objectif de réaliser un marché commun. Traité impose respect des règles de la concurrence économique.

CECA : laboratoire dans lequel on a expérimenté des modèles de prise de décision, des mécanismes.

Certains partis nationaux étaient hostiles à sa création :

- communistes y voyaient un bras économique des USA (France, Benelux)

- en Allemagne, le SPD avait pour objectif premier la réunification allemande et trouvait que la CECA mettait RFA en premier plan et laissait de côté la RDA.

- En France, résistance des Gaullistes (préfigure les résistances ultérieures)

Malgré cela, le traité de Paris est ratifié. Monnet est le président de la Haute autorité jusqu’en

1955.

Le marché commun est ouvert en 1953. La CECA a très bien fonctionné :

- elle a permis l’intensification des échanges et la diminution des pénuries de charbon et d’acier

- elle a également permis l’accroissement industriel des Etats membres.

- mesures sociales prises.

- sur plan politique, CECA : cadre de la réconciliation franco-allemande.

Ce succès a conduit à une réflexion sur l’extension de la coopération européenne à d’autres domaines.

b) L’échec de la CED (1954) ou le premier revers de l’union politique CED : Communauté européenne de défense Plan Schuman a donné l’impulsion décisive à l’intégration européenne secteur par secteur. Les dirigeants politiques se sont penchés sur l’idée d’une coopération militaire : à partir du réarmement allemand souhaité par les USA, aller directement vers une fédération européenne dans le domaine militaire et de défense. Tout part d’une proposition US qui est de créer une armée européenne intégrée avec les contingents superposés de tous les Etats membres, dont l’Allemagne. France : Plan PLEVEN, Octobre 1950. Idée d’une armée européenne rattachée à des institutions politiques européennes. Franchir le pas décisif dans l’intégration par la création d’une communauté militaire. La G.B. a encore une fois refusé, donc le projet serait entre les Etats membres de la CECA, avec une égalité des pays membres. Dans le projet de la CED, on avait diminué certains points du Plan PLEVEN, il n’y aurait pas de Ministre européen de la défense mais il y aurait une Haute Autorité, une Assemblée, une Cour de Justice et un corps armée européen. Ce traité reprend les structures de la CECA pour les appliquer à la défense. Traité de Paris de 1952 : instituait la CED

Allemagne : les socio-démocrates ont pour priorité la réunification donc sont contre tout projet qui sépare RFA et RDA.

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France : dans l’armée française, idée qu’il faut avant des institutions politiques fortes. Pas un enthousiasme général.

Le Conseil de l’Europe a essayé de faire une proposition (en fait initiative de la G.B. pour contrer la CED) de liaison étroite entre CED et Conseil de l’Europe : la Communauté politique européen. Projet directement concurrentiel de la CECA et de la CED. Il y a donc 2 projets parallèles : un mené par la France et l’autre par la G.B.

La confusion a été entre plus forte quand le traité de la CED a du être ratifié : la France a rejeté le projet alors que c’était elle qui en était à l’origine. Grand conflit politique en France:

- Les « cedistes » : 2 arguments :

Réarmement de l’Allemagne inévitable donc il faut l’encadrer le plus possible Poursuivre l’intégration de la CECA. MRP ; certains socialistes et certains radicaux

- Les « anti-cedistes » : arguments :

Crainte d’une résurgence du militarisme allemand. Si on crée une armée européenne avec une armée allemande, on risquerait de mener une guerre que l’Allemagne mènerait pour sa réunification (donc contre l’URSS). La CED impliquait une limitation de la souveraineté française La CED impliquait également un éloignement de l’allié britannique au profit de l’Allemagne. Il faut opérer un rapprochement avec la G.B. Communistes ; gaullistes En août 1954, le Parlement français débat sur la CED : le rejette le 29 Aout 1954.

Ce rejet a des conséquences :

- montre les grandes positions des différents partis sur l’intégration européenne. Positions qui se vérifieront par la suite.

- La CED a fortement embarrassé la France sur le plan international (car c eux qui l’avaient proposée et qui l’ont rejetée). La France a donc essayé de proposer autre chose sur le plan de la défense : essaye de relancer l’Union occidentale. France et G.B. essayent de relancer cette coopération en l’élargissant à la RFA et l’Italie et en essayant de faire intégrer à l’OTAN l’Allemagne. En 1955, la RFA est intégrée à l’OTAN. Ancre l’Allemagne, dans le contexte de la Guerre froide, dans la défense de l’Europe occidentale. L’Union occidentale devient l’Union de l’Europe occidentale : en change rien, dépend toujours de l’OTAN mais permet de faire accepter l’idée d’une intégration de l’Allemagne dans l’OTAN pour ceux qui y sont réticents.

Constats :

- les Européens ont du mal à s’organiser indépendamment des USA car conflits entre France, G.B. et Allemagne empêchent un développement indépendant.

- La méthode de la CECA est la plus efficace. Il faut un détour d’abord économique et ne pas essayer de faire l’intégration de la défense (compétence régalienne).

c) Les traités de Rome (1957) : l’économie au service du politique Monnet décide de se lancer à nouveau dans la bataille européenne. Il se tourne vers SPAAK (ancien premier ministre belge) et d’autres hommes politiques du Benelux.

13

Monnet crée le « Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe » en 1955, pour essayer de mobiliser les forces politiques en faveur de la construction européenne dans les différents pays. On est dans le contexte internationale de la Détente donc il y a un peu plus d’espoir. Moment propice.

S’engage dans la préparation d’un marché commun des 6 membres de la CECA. Les 6 pays sont d’accords sur l’idée mais pas sur les modalités. 3 points de divergences :

Si on veut une intégration sectorielle u un marché commun. France : partisan d’une intégration au niveau atomique (énergie nucléaire peut être un secteur très porteur pour l’intégration européenne. Peut éviter que l’Allemagne se dote de l’arme atomique) Allemagne et Benelux préfèrent un marché commun dans l’ensemble de l’économie. Monnet pense qu’il faut faire les 2. Si on veut faire un espace économique libéral (= union juste douanière) ou si on veut une intervention de l’Etat dans l’espace publique. Allemagne et Benelux : veulent juste une union douanière France et Italie : veulent interventionnisme Quelles institutions européennes ? Italie et Allemagne : veulent le supranational France : laisse Monnet décider avec un groupe d’experts.

Dès 1955, se réunit une conférence (les 6 ministres des affaires étrangères), la Conférence de Messine (Italie) : négociations qui ont mené aux traités de Rome. C’est la seule conférence où des hommes politiques ont vraiment agi, sinon c’était plutôt des comités d’experts avec Monnet et Spaak.

A abouti à un rapport :

- il faut développer le nucléaire

- il faut une union douanière

- on décide de ne pas décider en ce qui concerne la souveraineté. On laisse ce choix aux ministres.

La France obtient beaucoup de concessions :

- sur le nucléaire

- elle accepte de créer un marché commun mais réussit obtenir des périodes de transition où l’on fermera les frontières

- obtient pas mal de dirigisme dans le domaine agricole

- obtient une limite au pouvoir de l’Assemblée parlementaire et de la Commission : dans le sens d’une intégration intergouvernementale plus que supranationale.

Les traités de Rome ont été facilités par les crises extérieures :

- Crise de Hongrie en 1956 : montre que la guerre froide n’est pas finie

- Crise de Suez en 1956: montre faiblesse de l’Europe Il est important d’essayer de s’unir.

Accord entre France et Allemagne : Compromis :

- France a accepté l’idée d’un marché commun

- Allemagne a accepté l’intégration sur le domaine nucléaire G.B. exclue de cette intégration car n’ pas d’intérêt.

Renouveau de l’alliance franco-allemande qui était cassé depuis 1870. Retournement de

la situation par rapport à la G.B.

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Traités signés le 25 Mars 1957 : la CEE et l’Euratom (en fait l’Euratom sera un échec et la CEE un succès) Traités de Rome : compromis pour éviter des conflits sur l’intergouvernementalisme ou le supranationalisme. La CEE par rapport à la CECA est moins supranationale. Ce sont les mêmes institutions mais avec des rôles différents. La Commission : on ne parle plus de Haute Autorité, on parle de Commission européenne. Siège à Bruxelles. C’est HASSTEIN qui préside la Commission, qui comporte 9 membres. Le Conseil des Ministres est renforcé dans la CE : a le pouvoir de décision. 1è membres. Pondération des voix selon le poids démographique et économique des pays.

L’Assemblée parlementaire : équivalence de l’Assemblée commune. Pas de pouvoir législatif. Rôle avant tout consultatif et a un pouvoir de contrôle de la Commission (dispose

de la motion de censure).

Cour de Justice des Communautés européennes : juridiction très étendue. Primauté du droit communautaire. Rôle primordial.

Grand proximité avec la CECA dans l’esprit des institutions.

Les traités de Rome sont ratifiés très rapidement puisqu’ils rentrent en vigueur le 1 er Juillet 1958. Pour une durée indéterminée et sans possibilité de retrait d’un Etat membre. Objectif de créer un marché commun en l’espace de 12 ans, plus sur des ambitions politiques prudentes (après l’échec de la CED) et sur un mode fonctionnel (passer par intégration éco pour aller vers l’intégration politique). CECA : intégration très poussée dans un secteur CEE : intégration moins poussée mais dans tous les domaines

Réaction britannique :

- la G.B. a refusé de participer à Euratom

- G.B. a fait pression sur l’Allemagne pour qu’elle refuse la CE

56-58 : G.B. a peur d’être exclue. Elle fait donc toute une série de propositions.

A essayé de monter une association concurrente : l’AELE (Association européenne de libre

échange) : G.B., Norvège, Suède, Danemark, Suisse, Portugal, Autriche. Mais domination totale de la G.B. Organisation dont on s’est moqué en Europe :

« Association d’un géant et de ses pygmées ».

Traités de Rome :

L’histoire montre que c’est la CE qui a joué un rôle dans le développement de l’UE CE : part d’un compromis & inspiration sur la CECA CE : caractère hybride que l’Europe a toujours. Noyau de 6 Etats membres qui repose sur l’axe franco-allemand et sur le retrait de la Grande Bretagne.

4. Développements et crises des Communautés européennes (1958 – 1969)

De Gaulle revient au pouvoir en 58 : influence beaucoup le développement de la CE car il cherche à imposer ses visions. Le problème de l’élargissement de la CE à la GB continue dans les années 60.

a) Les fondements de la construction communautaire : les succès de l’union douanière et de la politique agricole commune Dans le traité de Rome, il était prévu de créer un marché commun, ce qui s’est fait facilement

et rapidement. 2 aspects :

15

- libéralisation des échanges : consiste à supprimer des droits de douanes et les contingences (limitations quantitatives) et libéraliser les mouvements humains. Etait prévu une période de 12 à 15 ans pour faire cela et en fait dès 1968 les droits de douane ont été supprimés. S’est fait très vite et sans réel problème.

- Construction d’une politique économique commune : on a commencé avec la PAC. A posé plus de problème car traité moins précis que celui sur les droits de douane. Objectifs : politique commune pour l’agriculture, les transports & commerce avec les pays tiers.

Mais juste des grandes lignes, on laisse le soin aux pays d’appliquer. Contrairement a « désarmement douanier » il a fallu 8 ans pour la PAC (de 1960 à 1968). 2 coalitions :

- France, Pays Bas, Commission européenne (partisans les plus acharnés)

- Allemagne, Belgique (vision plus libérale)

Entre 60 et 68, beaucoup de discussions sur la PAC. De Gaulle utilisera la PAC comme instrument de chantage pour imposer ses volontés institutionnelles.

b)

La

question

britannique

et

les

résistances

françaises :

la

querelle

de

la

supranationalité DG revient au pouvoir en 58. Il avait été très critique envers traités de Rome avant leur ratifications mais désormais qu’ils sont ratifiés, il fau les respecter.

A sa propre conception de l’Europe :

- faire une union entre les peuples européens en conservant les souverainetés étatiques

- donner à l’Europe une autonomie par rapport aux USA

DG a d’abord essayé de proposer une nouvelle structure institutionnelle de la CE dès 60 (jugeait celle de 58 trop supranationale) :

-créer une union politique européenne

- créer une politique européenne de défense autonome

C’est le PLAN FOUCHET Propose à l’Allemagne (car moment de crise entre RFA et RDA) qu’une politique de défense soit mise en œuvre dans le cadre d’une union politique européenne, distincte des institutions crées par le Traité de Rome. Union politique européenne :

- conseil représentant les Etats membres

- assemblée consultative

- commission de hauts fonctionnaires pour la mise en œuvre des décisions

Plan Fouchet discuté à plusieurs reprises. Dans la dernière vision que propose DG, cette Union politique européenne remplace totalement la CE : les positions se renforcent à force de discuter. Aboutit à un échec. Janvier 1963 : DG se rend compte que Plan Fouchet ne sera jamais accepté. Il essaie alors de

le mettre en place mais juste avec l’Allemagne : c’est le Traité de l’Elysée.

Domaine de la défense, de la sécurité, de l’éducation et de la jeunesse. Coopération intergouvernementale entre 2 pays. Marche moins bien dans le domaine sécurité

et défense (car Allemagne est très atlantiste : attachement aux USA et volonté de faire adhérer

GB très loin des conceptions de DG). Ce traité a permis à la France et à l’Allemagne de jouer un rôle moteur dans l’intégration européenne, même si le préambule imposé par Bundestag (volontés atlantistes) a un peu vidé de sens ce plan.

Question de la Grande Bretagne.

16

Montre la force de conviction de DG qui a posé 2 fois son veto à son intégration. (GB entre dans la CE en 1973 : très tard) La GB ne voulait pas participer à l’intégration européenne telle qu’elle existait. Dans les années 60, elle se rend compte que la CE va fonctionner sans elle et qu’elle va se retrouver exclue face à une communauté forte. Aussi des raisons économiques : la GB commerce plus avec la CE qu’avec l’AELE & desserrement des liens avec le Commonwealth. Conceptions de DG et de la CE rejoignent celles de la GB. Seul problème : rapport aux USA.

Juillet 61 : GB présente sa candidature à l’entrée dans la CE. C’est alors un gouvernement conservateur (à l’époque conservateurs étaient pour l’intégration à l’UE et les travaillistes contre). Irlande, Danemark, Suède, Suisse et Portugal demandent à adhérer aussi dans la foulée. Si la GB entre dans la CE, tous les membres de ‘AELE entrent plus ou moins dans la CE. On passerait ainsi d’une Europe à 6 à une Europe à plus de 10. Candidature bien accueillie par les pays européens (car apporterait avantages), mais en France, l’idée n’est pas du tout bien accueillie (peur de la concurrence britannique et de la PAC voulue par la GB). GB a des revendications assez fortes. Elle accepte les Traité de Rome mais :

- demande un protocole pour protéger ses biens avec le Commonwealth et l’AELE

- demande une longue transition avant la PAC

- demande que tous les pays de l’AELE entrent avec elle.

Revendications très fortes. De plus, les conservateurs seront inflexibles (car sont critiqués par les travaillistes). Malgré tout, en 1961, personne ne pense qu’on peut refuser l’entrée de la GB. Ce qui va faire échouer cette candidature est une proposition américaine : le Grand Dessein Transatlantique, par Kennedy, en 62 : association commerciale entre les USA et la CE. La GB serait un relais des Etats-Unis en Europe. Ce projet ne plait pas à DG car pense que CE trop jeune pour se rapprocher des USA. Il faut qu’elle se consolide au niveau des institutions. Il voit dans le Grand Dessein Transatlantique une manœuvre des SA pour avoir une mainmise sur l’Europe. Problème : GB avait accepté une proposition de coopération avec les USA fin 62. Va servir de prétexte pour refuser l’entrée de a GB dans la CE (pour DG, la GB est le cheval de Troie des USA). Janvier 63 : DG refuse l’entrée de la GB dans la CE. Elle n’est pas prête à suivre l’orientation des 6 et elle est trop proche des USA et du Commonwealth. DG propose à la GB un accord d’association. Le refus de la GB sera très mal pris par les partenaires de la France car rien n’avait été concerté. Et de plus, en même temps, DG signe avec l’Allemagne le traité de l’Elysée. Impression que la France fait peu attention aux demandes et aux intérêts de la Communauté. Tout le monde est très amer, même l’Allemagne car ne souhaitait pas la PAC mais l’avait accepté en échange de l’intégration de la GB : se sent trahie. L’idée du Grand Dessein est abandonnée avec la mort de Kennedy en 63.

Querelle sur la supranationalité : 3è cas de tension entre la France et ses partenaires. DG n’avait pas réussi à imposer le Plan Fouchet, donc va essayer de s’attaque à la Communauté C’est la crise de la « chaise vide » de 1965 à 1966 La crise s’est déclenchée car l’Assemblée parlementaire ne 63 revendique plus de pouvoir. Elle demandait :

- à participer au processus de désignation des Commissaires européens

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- à être élue au SUD

- un droit de décision sur le budget communautaire

France pas du tout favorable à ce renforcement de l’Assemblée. Ne lui semblait pas justifié car elle n’avait pas le pouvoir législatif et en même temps, vu qu’elle ne l’ pas, la France ne veut pas lui accorder le SUD.

1964 : DG a remis sur l’agenda politique la question de la politique étrangère de défense : il est nécessaire que les Etats membres contrôlent ce qui se passe dans les institutions (en fait grand conflit entre DG et HALLSTEIN, qui est Président de la Commission Européenne).

Question de la PAC : alliance qui repose sur un malentendu :

- pour la France, c’est juste économique

- la Commission pense elle que c le moyen de se renforcer dans la CE

A partir de 63, on commence à parler d’un renforcement du Parlement et de la Commission :

DG n’approuve pas du tout. Crise éclate sur une question douanière (question d’un vote qui pourrait renforcer la Commission) DG va prendre pour prétexte les discussions sur la PAC : la France refuse de participer aux discussions sur les changements institutionnels (pour éviter renforcement de la Commission), ce qui va être très mal pris par les partenaires. Renforce l’idée que la France est hostile à la CE : elle met en danger la PAC pour satisfaire ses revendications. Les 5 partenaires de la France refusent toute concession. Finalement, la France est forcée de revenir dans les négociations, après 5 mois d’absence. Compromis de Luxembourg, Octobre 65 Politique de la chaise vide : France retirée de Juillet à Octobre 65 Par ce compromis, on laisse le droit de veto (= vote à l’unanimité) si les intérêts nationaux d’un Etat sont mis en jeu. Alors on négociera jusqu’à trouver un consensus. Mais l’Etat di exposer ses intérêts nationaux. Ce compromis du Luxembourg a vraiment stoppé la dynamique de l’intégration politique de l’Europe (car il est très facile de faire prévaloir un intérêt national). Rappelle le poids des Etats membres. Le passage au vote majoritaire pour tout ce qui concerne l’intégration européenne est retardé jusqu’en 1986 (Acte Unique Européen). Complique énormément les prises de décision. Dernière conséquence : le rôle de la Commission est amoindri. A besoin de l’accord de chaque membre pour qu’un de ses textes soit accepté.

La crise de la chaise vide, selon DG, a permis de plus prendre en compte les réalités et les intérêts de chaque Etat. Mais il y a eu une perte de confiance des Etats membres envers la France après toutes ces crises.

Tensions encore accrues après le 2è véto de la France à l’entrée de la GB. Mai 1967 : GB pose de nouveau sa candidature. Pour une fois, l’opinion britannique semble favorable. Irlande, Danemark et Norvège demandent aussi à adhérer. Demande encore une fois une période de transition avant l’adoption de la PAC et demande u rôle accru de la Commission sur la scène internationale. Aucune exigence en matière institutionnelle. 16 Mai : DG exprime ses réticences, en disant que ni la GB, ni la CE ne sont prêtes. L’entrée de la GB risquerait de provoquer une dislocation de la CE. DG pense qu’il faut mieux juste s’associer.

18

Tout le monde est favorable à l’adhésion mais la France refuse des négociations d’adhésion (car craint un regroupement des pays de la CE contre ce qu’elle veut et craint un regroupement autour de la GB et des volontés transatlantiques.) La GB ne lâche pas prise, mais DG reste intransigeant.

c) Le sommet de la Haye : la réconciliation de l’Europe des Six ? 1969 : on parle de relance de l’intégration européenne pour mettre fin à ce blocage total. Initiative de l’Angleterre et de l’Italie, qui appellent à un élargissement de la Communauté et à une coopération en politique étrangère commune. C’est par là qu’on va essayer de relancer la France. 1969 : DG se retire du pouvoir. Il est remplacé par POMPIDOU. C’est la fin des tensions qui durent depuis 1964. Pompidou n’est pas un grand européen mais il veut faire sortir la France de l’impasse car l’Europe est bénéfique d’un point de vue économique. Le développement d’une politique étrangère est bien accepté par Pompidou. Pompidou estime que la GB peut équilibrer le poids de l’Allemagne dans la CE (car depuis 68, relations entre la France et l’Allemagne moins étroites qu’avant). La France propose un triptyque :

- achèvement d’un marché commun

- approfondissement de l‘intégration européenne

- élargissement

Annonce que la France n’a pas d’opposition à l’entrée de la GB mais dit que les 6 doivent se mettre d’accord sur les modalités de son entrée. Il suggère que les chefs d’Etats se réunissent. C’est la Conférence de la Haye, 1 er et 2 décembre 1969. Compromis des 6 membres.

La France obtient simultanément l’achèvement du Marché commun (en 1970) et l’approfondissement de l’intégration européenne : « Projet d’Union Economique et

Monétaire » proposé par le chancelier allemand BRANDT. Pour l’élargissement, Pompidou accepte que les négociations d’adhésion commencent le 1 er juillet 70 (avec accord des 6).

A

partir de la Haye, la Communauté européenne reprend ses activités plus rapidement, même

si

les divergences persistent.

Seule avancée réelle : en politique étrangère, adoption du rapport DAVIGNON : concertation

et coopération en matière de politique étrangère (ancêtre de la PESC) : au moins 2 fois par an,

réunion des ministres de affaires étrangères.

Il

est prévu que la Commission européenne soit consultée, et qu’il y ait plus de contacts avec

le

Parlement européen. Les institutions européennes ne sont pas intégrées mis elles sont au

moins évoquées.

Le Sommet de la Haye annonce le Traité de Maastricht. C’est un sommet important car il signe la fin des crises entre France et ses partenaires et il permet un avancement de l’intégration européenne en définissant des domaines (monnaie et politique étrangère).

5. La cohésion européenne à l’épreuve des tensions internationales (1969-

1985)

Approche plus pragmatique : on essaye de combiner coopération intergouvernementale et supranationale. Coopération intergouvernementale : 3 projets :

- projet d’union économique et monétaire

- politique étrangère

- institution du conseil européen à partir de 74

19

Coopération supranationale : projet de l’élection du Parlement européen au SUD (décision prise en 74, modalités définies en 76, premières élections en 1979) Période qui signifie la fin d’une Europe à la française. A partir des années 70, l’entrée de la GB change les rapports de force.

a)Elargissements

et

innovations

institutionnelles :

la

naissance

de

l’ « Europe

des

Douze » La Communauté est bien un acteur essentiel sur le continent européen. Mais 2 difficultés :

- entrée de nouveaux membres

- approfondissements de l’intégration : politiques communes

Dilemme de savoir comment concilier élargissement et approfondissement. Après Sommet de la Haye, on aboutit à l’idée selon laquelle il faut s’élargir. 3è demande d’adhésion de la GB. Négociations ont lieu avec l’Irlande, la Norvège et le Danemark. Discussions de 70 à 71 entre les 6 membres et les candidats (qui négocient séparément). La Norvège n’entrera pas dans la CE (referendum rejeté). La GB va demander une renégociation du traité après son adhésion.

Principes de l’élargissement sont alors définis (n’ont pas beaucoup changé depuis) :

- les Etats candidats acceptent les traités et leur finalité politique (la GB par exemple ne peut pas entrer dans la CE sans accepter la PAC)

- au bout d’un temps de transition, tout le monde devra accepter le droit communautaire. Il y a TRANSITION mais pas dérogation

- ces périodes transitoires seront limitées dans le temps et auront un calendrier précis

- tous les pas candidats entreront dans la CE à la même date et les périodes transitoires seront les mêmes

- la Communauté conservera sa responsabilité envers les pays en voie de développement Dès 70 négociations parallèles entre les 6 pays et les différents pays candidats. 71 : rencontre entre HEATS et POMPIDOU 72 : signature des traités d’adhésion Période transitoire de 5 ans L’élargissement sera effectif en 1973. On revoie tous les effectifs des institutions pour que les nouveaux membres aient des représentants.

Referendums dans les pays qui entrent :

Irlande : Mai 1972, sur 70 % de participation, 83% de OUI Danemark : Octobre 1972, sur 85% de participation, 57% de OUI Norvège : Septembre 192, sur 78% de participation, 54% de NON Pquoi NON en Norvège ? Pour la droite, cela signifiait la perte d’indépendance. Pour al gauche, signifiait l’alignement sur les autres pays. Pour les agrariens, cela signifiait l’augmentation du fossé entre les villes et les campagnes. Grande Bretagne : c’était les conservateurs qui avaient signé le traité d’adhésion. Travaillistes reviennent au pouvoir et remettent en cause le traité d’adhésion. Opinion très divisée. De 74 à 84, problème chez la GB avec le budget communautaire. La GB négocie de nouvelles conditions d’adhésion. Concession la plus forte : politique régionale pour aider le Nord de l’Angleterre en phase de crise de l’industrie.

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Su plan budgétaire : selon WILSON idée de juste retour pour la GB (verser autant qu’on va recevoir). GB va ainsi avoir un avantage correcteur sur le budget (paye moins). Après ces négociations, referendum sur le maintien de la GB dans CE : 67% de OUI sur 65% de participation. Mais la GB a réaffirmé dès son adhésion ses 3 grands piliers : USA, politique étrangère et Commonwealth. Dans les années 80, élargissement à la Grèce, Espagne et Portugal (beaucoup plus facile que pour la GB). Ont posé leur candidature après la chue des dictatures. Grèce avait signé un traité d’association en 61 mais avait été gelé entre 67 et 74 (dictature des colonels).

En 74, la dictature tombe. La Grèce redemande directement à adhérer à l’Europe en 77. Première motivation : d’ordre politique, faire en sorte que ces pays arrivent à bien installer la démocratie, à bien faire la transition. Puis, après première phase d’élargissement, adhésions paraissent moins difficiles. Grèce : négociations ouvertes en 76. Traité d’adhésion signé en 79. On a imposé à la Grèce une période de transition de 5 ans (pour union douanière) et de 7 ans pour que les travailleurs grecs puissent s’installer dans d’autres pays. 81 : traité remis en cause car changement de gouvernement. On demande une aide à la modernisation grecque. Pour Espagne et Portugal : négociations plus longues pour que les difficultés qu’il y a eues pour la GB et la Grèce ne se reproduisent pas. Sont entrés en même temps dans la CE, le 1 er Janvier 86. Dans chaque pays, referendum. Positif dans les 2 pays.

1986 : la CE compte 12 Etats membres.

b) Politique étrangère et monnaie : des avances limitées Ce sont les 2 politiques nouvelles auxquelles la CE a commencé à penser dès les années 70. MONNAIE : après WW2, système monétaire international sur taux de change fixe autour du dollar. Se déforme en 70.

1971 : fin de l’échangeabilité du $. Instabilité des monnaies.

La CE essaie alors de mettre en place un système européen pour mettre en place une zone de

stabilité monétaire.

1972 : le Serpent monétaire européen. Les 6 s’engagent à limiter les fluctuations de leur

monnaie. Remis en cause par la crise économique de 73. Dès 72, le serpent perd sa substance.

Entre 73 et 76, instabilité monétaire qui est extrêmement dommageable.

1979 : création du système monétaire européen, à l’initiative de la France et de l’Allemagne

(sous l’égide de VGE et de SCHMIDT). Ancêtre de l’Euro. Repose sur 3 éléments :

- création d’une unité monétaire européenne de compte (pas de transaction) : l’ECU

- mécanisme de change : chaque monnaie reçoit un cours pivot (défini par rapport à

l’écu) et chaque Etat doit s’engage à maintenir sa monnaie dans une fourchette précise

- mécanisme de crédits : implique solidarité entre les Etats Amène stabilité de la monnaie en Europe. Système monétaire européen :

- efficacité technique

- poids politique dans la crédibilité sur le plan de l’économie

POLITIQUE ETRANGERE : innovations mais limitées car toujours des divergences entre les Etats membres. Rapport DAVIGNON : réunion des ministres des affaires étrangères tous les 6 mois. Commence dans les années 70. Concertations mais pas d’actions communes. Cadre

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totalement diplomatique. En matière de défense, la Communauté est totalement inexistante. Sur le plan international, la CE existe d’un point de vue économique. Politique étrangère se développe sur un mode intergouvernemental classique. Beaucoup de divergences entre France, GB et Allemagne.

c) « Euro-sclérose » et rejet des projets d’union politique

On est dans une période de crise économique qui ne facilite pas l‘esprit de coopération. Années 70 : manque d’élan, de projets novateurs. C’est vraiment le point mort. Quelques idées mais l’Europe perd du terrain par rapport aux USA et au Japon. Projets d’union politique qui échouent les uns après les autres. Rapport SPINELLI : adopté en Février 1984 : projet relatif à l’UE, cherche à concilier intergouvernemental et supranational dans un même cadre juridique. Objectif de répartir les compétences d’une manière plus claire et plus égalitaire entre les membres. Rapport qui ouvre vraiment la voie au traité de Maastricht. Ce traité est aussi important dans la manière dont il a été reçu : GB, Danemark et Grèce ne sont pas du tout intéressés par l’avancée de l’union politique.

6. La relance de la dynamique communautaire (1986 – 1992)

a) L’acte unique européen (1986) : succès économiques et coopération politique accrue

Années 70 : on se rend compte qu’il y a une crise et qu’il y a des Etats membres pas favorables à l’intégration politique plus poussée. L’acte unique retour à al méthode originale qui est de passer par l’économique pour aller vers le politique. Juin 1985 : Commission européenne a adopté un livre blanc (pas contraignant) sur l’achèvement du marché intérieur d’ici 1992 : supprimer toutes les limites du marché commun

(normes administratives, techniques, etc.…) Idée de l’acte unique : faire disparaître tous ces obstacles pour qu’il y ait une véritable libre circulation des hommes, des biens… Projet mis en avant par Jacques DELORS. France, Allemagne, très favorables. GB, Danemark, Grèce pas favorables 3 grands volets :

- mettre en œuvre ce marché commun

- codifier pratique de la coopération politique européenne

- consacrer juridiquement le Conseil européen

Acte « unique » : car se place dans un même cadre juridique intergouvernemental et

supranational.

Offre un cadre en matière de politique étrangère pour la première fois dans un traité européen. Projet de marché européen très ambitieux : a le projet d’adopter toute une série de directives jusqu’à 1992, dont abandonner le vote à l’unanimité et donc abandonner le compromis de Luxembourg. Acte Unique : relance de l’intégration :

- on revient à l’économie

- on prend des mesures institutionnelles

Véritable succès : CE devient un partenaire économique important par rapport aux USA et Japon.

b) La chute du communisme (1989) frein ou impulsion à l’intégration européenne ?

1989 : chute du communisme : va influencer le cours de l’intégration européenne car tt doit être repensé dans un ordre international instable. Relance de la discussion sur dilemme entre approfondissement et élargissement.

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Premier cas : l’Allemagne se réunifie en 1 an (9 novembre 89 : le mur tombe, en octobre 90, réunification faite, ex RDA entre dans la CE) Autres pays : différents cas sous communismes, bloc de l’Est et CE s’ignoraient. 1989 : la CE se retrouve face à des Etats qui veulent se rapprocher le plus vite possible de la Communauté. Certains pays avaient déjà signé des accords économiques. Dès 90, certains demandent adhésion, comme la Hongrie. CE se rend compte qu’elle revient un point d’ancrage pour tout le continent européen. Force d’attraction énorme. Mais CE a quand mm peur de se lancer trop, Méfiance. Décembre 1989 : CE offre une assistance technique. C’est le Programme PHARE (Pologne, Hongrie, Aide à la Reconstruction économique). Etendu dès 90 à a Tchécoslovaquie puis à la Roumanie et Bulgarie. Evite à la CE de se prononcer vraiment sur un éventuel élargissement.

c) Les ambivalences entourant la monnaie unique et l’union politique 2 CIG (conférences intergouvernementales) dès Avril 1990 :

- une pour mettre en œuvre l’union économique et monétaire

- une sur le traité d’union politique

Ces 2 CIG aboutissent, en décembre 1991, à la réunion des 2. FEVRIER 92 : Traité de Maastricht, c’est le « traité sur l’Union européenne ». Modifie le traité de Rome de 1957.

Innovation : ajoute 2 piliers à la coopération communautaire :

- la PESC

Dans le Traité de Maastricht, on combine vraiment les techniques de coopération et d’intégration. Nouvelle phase d’unification de l’Europe, qui repose sur 3 piliers.

- la justice et les affaires intérieures

Pilier CE : repose sur traités de Paris et de Rome Système administratif et communautaire est maintenu mais s’élargit au domaine économique et monétaire. Même système décisionnel. UEM (Monnaie unique) : exception de la GB et Danemark (droit de passer à la monnaie unique quand ils le souhaitent. Aujourd’hui adhèrent à l’euro 12 pays (les 15 moins la GB, le Danemark, la Suède et les nouveaux pays pas encore prêts). Nouvelles compétences : éducation, culture, santé publique Accroissement du rôle du Parlement européen : budget…

Pilier PESC : assez ambigu car touche un domaine sensible. Partage de pouvoir entre gouvernement nationaux et institutions communautaires. Coopération entre les Etats membres. Objectif : sauvegarder l’indépendance de l’UE, maintien de la paix et de l’équilibre international. Etats membres peuvent définir des positions communes. Parlement n’a aucun pouvoir de décision, rôle juste consultatif. Pb de la défense : politique de défense susceptible d’aboutir à une politique de défense commune : on prend donc des précautions. L’UEO pourrait en être le cadre mais on se rend vite compte (Juillet 91 : conflits en Yougoslavie) que l’UEO manque de moyens et est incompétente.

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Mais politique très embryonnaire.

Pilier de la justice et des affaires intérieures : coopération entre Etats membres. Principe que si on ouvre les frontières à l’intérieur de l’UE, il faut fermer les frontières extérieures. En même temps, politique d’asile et d’immigration, de conditions de vie et de travail des étrangers. Aussi question de la criminalité transfrontalière. Pilier très hétérogène. L’UE dans ce pilier se réfère à des normes de protection des droits de l’homme. Politique très sévère et très fermée.

Tentative pour rendre l’UE plus démocratique : en renforçant les pouvoirs du Parlement européen. Se fait en contrepartie du principe de subsidiarité (l’UE n’agit que si son action est plus efficace qu’au niveau national) : différents selon domaines (par exemple il est certain que l’environnement est un domaine mieux géré par l’UE qu’au niveau national) = Principe de méfiance plus ou moins envers les institutions européennes. On demande une justification. Principe de subsidiarité très ancien. Peut être interprété de 2 manières :

- comme faisant partie du fédéralisme

- - ou comme contrôle des institutions

Création d’une citoyenneté européenne

- ne remplace pas la citoyenneté nationale

- accorde à ceux qui disposent déjà de la citoyenneté de leur Etat membre.

Plusieurs droits :

- de circuler et de séjourner librement sur les territoires des Etats membres

- droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes. Droits très peu utilisés, surtout le deuxième.

7. L’Union européenne en crise (1992-1997)

Depuis 1992 : traités révisés à longueur de temps : montre les difficultés du processus

a) Le Traité de Maastricht, révélateur des contradictions de l’Union européenne Traité ratifié difficilement. Fin du consensus permissif (avant populations étaient toujours plus ou moins OK avec décisions européennes). Il y avait déjà eu des rejets des peuples (ex : CED) Maastricht montre que le travail européen est largement perçu comme un travail de technocrates (langage obscur). Traité long, complexe : reflète le caractère opaque de la construction européenne. Peuples se rendent compte à quel point on avance dans l’intégration. E, plus, moment de crise économique en Europe. Devait être ratifié le 1 er janvier 93. Mais on a du attendre le 1 er novembre 93 pour qu’il entre en vigueur. Tous les Etats ont ratifié le Traité. Le Parlement s’est prononcé dessus. Avis juste consultatif mais certains pays ont dit qu’ils suivraient l’avis du Parlement (qui trouvait le traité insuffisant). Rôle du Parlement européen insuffisant mais invite quand même les pays à le ratifier :

ambigu

24

Le Danemark, le 2 Juin 1992, organise un referendum pour la ratification : c le NON qui l’emporte à 50,7% avec une participation élevée de 83%. (Ce qui posait problème :

intégration en matière de monnaie et de défense). Le Conseil met de côté le Danemark et décide de continuer la ratification. Chaque pays ratifie comme il veut : soit par referendum soit par le Parlement (pose moins de problèmes que le referendum).

France : Mitterrand décide d’organiser un referendum : le 20 Septembre 1992. Une partie des parlementaires gaullistes (PASQUA, SEGUIN), une partie des parlementaires socialistes (CHEVENEMENT) et les communistes se prononcent contre. Partisans du oui (VGE, CHIRAC) sont restés sur la défensive. Se mobilisent tard car pensaient qu’ils avaient gagnés. Campagne assez courte et confuse. Forte participation : 69 %. OUI l’emporte avec 51% des voix. On voit que les questions européennes ne suivent pas un clivage gauche/droite. Encore 3 cas délicats :

Allemagne : problème sur la monnaie unique (certains ont peur de la disparition du deutschemark, très symbolique par rapport à la réunification) & problème pour les Länder au niveau du transfert de compétences. La Cour constitutionnelle se prononce pour la ratification mais avec des limites (il ne faut pas trop de transfert de compétences) Danemark a demandé un statut particulier : ne pas participer à la monnaie unique ni à la PESC, ni à la citoyenneté européenne : dérogations importantes inscrites dans le traité. Nouveau referendum en Mai 1993 : Oui à 57% des voix (sur 86% de participation). Grande Bretagne : aussi dérogation sur monnaie unique et sur politique sociale. Avril 1992 : arrivée au pouvoir de John MAJOR, concurrencé par les ultraconservateurs antis européens. MAJOR a du s’engager à attendre le résultat danois.

b) L’Union européenne à Quinze : zone de libre échange ou système politique intégré ?

1995 : élargissement : Autriche, Finlande, Suède

Chute du mur de Berlin a changé la donne pour la Finlande. Suède et Autriche : situations à part. + Proches de la Russie, fort attachement à la souveraineté militaire. Identités fortes. De nombreux pays de l’AELE, étant forcés de respecter le droit communautaire, vont essayer d’entrer dans l’UE. AELE aujourd’hui très réduite : Norvège, Suisse, Islande et Lichtenstein NB : Suisse propose en 1992 mais rejet par referendum. Donnée géopolitique : Europe s’étend vers le Nord. Voisine de la Russie.

c) Les petits pas de l’élargissement à l’Est 1989-1997 : beaucoup plus dur. Période de tâtonnement. Allemagne très favorable à l’élargissement car proximité avec les pays de l’Est (historiquement, géographiquement :

Hongrie, Pologne, République Tchèque. France beaucoup moins favorable car craint que le centre de gravité ne se décale vers l’Est et que la PAC doive être réformée. Jusqu’à 1993, aucun consensus sur le calendrier et processus d’élargissement. Communauté commence des échanges accrus vers l’Est et leur demande de se réformer un peu. 1989-1993 premières demandes d’adhésion

1989

: accords commerciaux

1993

: accords d’association qui instaurent une zone de libre échange et un dialogue politique.

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1993

: accords d’association avec Roumanie et Bulgarie

1995

: les 3 pays baltes

1996

: la Slovénie

Juin 1993 : décision d’élargissement à des « pays européens » qui rempliraient les « critères de Copenhague » :

-

critères politiques : Etat de droit, stabilité des institutions démocratiques ; respect des droits de l’homme et des droits des minorités

-

critères économiques : fonctionnement d’une économie de marché viable et capacité à résister à une pression concurrentielle.

-

Pays candidats assurent assumer l’acquis communautaire, y compris l’union monétaire.

-

Capacité de l’UE à s’élargir sans ralentir la dynamique de l’intégration européenne. (cf Turquie qui pourrait ralentir)

Critères de Copenhague sont toujours utilisés aujourd’hui. Dès 1993, l’UE décide de s’élargir et met en place une politique de stratégie de préadhésion. Programme PHARE étendu aux nouveaux candidats.

1994 : cette politique est dirigée vers les nouveaux candidats : Lettonie, Lituanie, Estonie,

Hongrie, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie, Roumanie, Bulgarie + Chypre et Malte + Turquie (statut d’Etat candidat en 1999 mais processus lent. Fin 2002, on décide d’ouvrir des négociations en Oct. 2005) Ukraine est toujours hors débat car trop grande et peu active. Macédoine, Moldavie et Bosnie Herzégovine aussi.

8. Un pari ambitieux : l’élargissement et l’approfondissement de l’intégration européenne (1997-2005)

a) L’aboutissement de l’union économique et monétaire : les perspectives de l’euro Union éco et monétaire : idée qui date des années 70. Repose sur 2 choses :

- la politique économique : repose dans les mains des Etats qui s’engagent à respecter les principes d’une économie de marché + principe de libre concurrence. S’engagent à assurer la convergence de leurs économies. Lorsque UEM achevée, la Commission pourra envisager des sanctions pour ceux qui ne respectent pas les conditions.

- la politique monétaire : supranationale. Faite sous l’égide de la Banque centrale européenne (construite sur une base fédérale), indépendante des Etats membres. C’est elle qui fixe les taux d’intérêts en Europe. Les institutions communautaires peuvent lui faire des vais mais c’est la seule qui a le pouvoir de décision. Président de la BCE : mandat de 8 ans. A le temps de vraiment mener une politique. Conseil des gouverneurs : dirige la BCE. Réunit le Président de la BCE et les présidents des Banques centrales nationales. « Euro groupe » : groupe qui réunit les ministres des finances et affaires éco des Etats membres. Essaie d’influencer les décisions La BCE dicte la politique éco et monétaire européenne. La GB, le Danemark et la Suède n’ont pas souhaité adhérer à la monnaie unique et les nouveaux entrés ne respectent pas les critères.

Critères :

- le déficit public ne doit pas dépasser les 3% du PIB de l’Etat membre

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- la dette publique ne doit pas dépasser les 60% du PIB de l’Etat membre.

3 autres critères moins importants : taux d’inflation ; avoir participé au premier système économique de l’Europe ; taux d’intérêt à long terme

Monnaie unique créée tout au long des années 90. 2001 : monnaie créée. & Janvier 2002 : l’Euro commence à circuler. Autonomie relative des Etats en matières budgétaire, mais aucune autonomie en matière monétaire. Il faut vraiment que les pays respectent les conditions pour que l’alternative de sanction diminue et devienne moins contraignante.

b) Les Traités d’Amsterdam et de Nice : des réformes en trompe-l’œil ?

A partir de Maastricht, on entre dans une période de révision des traités. Système des piliers

par pratique et pas vraiment utile. Même le Traité de Maastricht prévoyait sa propre révision.

Mars 1996 : une CIG est réunie. 3 points ressortent clairement :

- rendre UE plus proche des citoyens

- donner aux institutions plus d’efficacité et de légitimité

- renforcer les capacités d’action extérieures de l’UE

Entre 1996 & 1997, on aboutit à une révision : Traité d’Amsterdam signé en 97 et entre en vigueur en Mai 1999. Un autre point : réfléchir à l’élargissement et aux adaptations que ca demande : sur plan institutionnel, fiasco total, car les Etats n’ont pas réussi à se mettre d’accord. On prévoit donc une « clause de rendez vous », un an avant l’élargissement qui fera passer l’UE a + de 20 membres. Amsterdam : juste consolidation des 3 piliers.

3 grandes questions sont laissées en suspens, les « reliquats d’Amsterdam », qui seront traitées à Nice :

- la composition de la Commission européenne

- La pondération des voix au Conseil

- L’extension de vote à la majorité au Conseil

Sommet de Nice : se déroule en décembre 2000. Février 2001 : signé traité 1 er février 2003 : entre en vigueur. L’UE fait ce qu’elle avait prévu dans sa clause de rendez vous. Se pose la question du partage du pouvoir. Débats très difficiles et beaucoup de tensions entre les Etats membres. Réformes institutionnelles : 4 grandes décisions devant être mises en œuvre en 2005 (quand élargissement effectif) :

Composition de la Commission européenne, jusqu’à cette date 1 commissaire par Etat membre sauf pour les grands Etats 2 commissaires (GB, Italie, Allemagne, France, Espagne)

= système inégalitaire.

Traité de Nice prévoit que dès le 1 er janvier 2005, chaque Etat aura 1 commissaire (effectif maintenant). Sinon trop de commissaires avec l’élargissement. Pondération des voix au Conseil : selon le pays de provenance (selon poids économique, démographique). A posé beaucoup de problèmes car c’est vraiment là qu’est décidé le poids

et l’importance d’un pays. Va de 3 (Malte) à 29 (Allemagne)

Seuil de la majorité qualifiée : 73 % des voix. Une décision devra recueillir une majorité simple si c’est une proposition de la

Commission (à 25 il faut 13 d’accords). Dans les autres cas il faut les deux tiers.

= Prime aux propositions de la Commission.

Pour qu’une proposition soit adoptée, 3 conditions :

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- il faut 73 % des voix

- il faut majorité simple aux 2/3

- il faut que cela représente 62 % de la population européenne (filet démographique)

Ainsi, quand on a l’Allemagne dans son camp, c’est mieux. En matière institutionnelle :

- mode de décision du Conseil : extension à la majorité qualifiée dans plusieurs domaines. Mais il reste des domaines (les plus importants) qui restent à l’unanimité.

- Système des coopérations renforcées : créé dans la perspective de l’élargissement. Permettre à un nombre réduit d’Etats membres de progresser dans certains domaines, sans être bloqués par les autres Etats membres. Il faut minimum 1/3 des Etats de la communauté. Pour l’instant, système peu utilisé.

Traité signé en Février 2001. Problème de ratification en Irlande. Premier pays qui organise

un referendum en Juin 2001. Refusé par 54 % des voix (mais beaucoup d’abstention).

2 arguments :

- neutralité de l’Irlande. Or dans traité de Nice, on évoquait une coopération avec l’OTAN.

- avortement (interdit en Irlande). On parlait dans Traité de Nice de la charte des droits fondamentaux qui elle-même ne l’évoquait pas explicitement. Partisans du Traité disaient qu’il était nécessaire pour l’élargissement et l’Irlande ne pouvait pas fermer la porte aux pays de l’Est alors qu’elle-même avait bien profité de l’UE. De plus, grandes perspectives économique avec ouverture sur l’Est. Gouvernement irlandais très embarrassé par ce vote. Tous les Etats ont dans le coup utilisé la voix parlementaire. L’Irlande a fait un 2 ème referendum après une énorme information. 19 Octobre 2002 : 49 % de participation, 63 %

de OUI. Neutralité de l’Irlande garantie.

c) L’élargissement de l’Union européenne et les frontières de l’Europe

1997 : évaluation de chaque candidat séparément. « Avis » de la Commission européenne.

A déclaré 6 Etats plus pates à entrer dans l’UE : Estonie, Hongrie, Pologne, République

Tchèque, Slovénie et Chypre. Slovénie choisie pour faire un geste envers les Balkans qui sortent d’un conflit. Montrer que c possible d’intégrer l’UE. Symbole de l’ouverture. Estonie : problème car ancien pays soviétique. Etait très soutenu par la Finlande. Ces 6 pays ont commencé à négocier en 1998. Les autres, le « groupe d’Helsinki » ont commencé à négocier plus tard : Lettonie, Lituanie, Slovaquie, Roumanie Dès 1999 : Bulgarie, Malte (plus tard car s’était retiré des candidatures). D’autres, à cause des conditions économiques. Slovaquie car a été dirigé par un régime autoritaire, donc ne répondait pas aux conditions de Copenhague.

La 2 ème vague a négocié plus vite et a rattrapé la 1ère vague.

2001 : l’UE a décidé de s’élargir à 10 pays (rejette la Roumanie et la Bulgarie)

Mais, budget pour élargissement très restreint car aucun paus ne veut augmenter sa participation.

Décembre 2002 : négociations de l’adhésion conclues. A Copenhague. Avril 2003 : les 10 pays ont chacun signé un traité d’adhésion. A Athènes. Devenu effectif en 2004. Ont participé aux élections en juin 2004.

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d) La Convention sur l’avenir de l’Europe et le projet de Constitution de l’Union européenne 2 discours d’hommes politiques en 2000 ont relancé l’idée de Constitution : celui de FISCHER et celui de CHIRAC. Lancent idée d’une fédération européenne régie par une Constitution pour donner plus de crédibilité au Parlement européen, à la Commission européenne. CIG : enceintes trop fermées. On veut associer la population européenne à l’avenir des institutions européennes. Mars 2002 : Convention sur l’Avenir de l’UE

- représentants des chefs d’Etats et des gouvernements

- représentants des institutions communautaires

- représentants des parlements nationaux.

- Les ONG peuvent participer

4 grands objectifs :

- revoir la répartition des compétences entre l’Union et les Etats membres

- simplifier les traités

- statut juridique de la Charte des droits fondamentaux

- rendre l’UE plus démocratique

« Traité établissant une Constitution à l’Europe » Cette Constitution revoyait le mode de décision de Nice (avec 3 restrictions strictes),

diminuait le nombre de commissaires.

Il y avait des créations institutionnelles.Ex : création d’un Ministre européen des Affaires

étrangères. C’est ce qui a posé problème car plusieurs Etats n’acceptaient pas certaines dispositions institutionnelles.

2è moitié de 2003 : CIG. Projet rejeté par Espagne et Pologne. Pour 2 raisons :

- redéfinition du calcul de la majorité qualifiée (les désavantageait par rapport à Nice). Constitution prévoyait la double majorité.

- Ces 2 pays exigeaient une mention des racines chrétiennes dans le Préambule de la Constitution.

Ont posé leur veto en décembre 2003 à l’adoption du Traité. Début 2004 : les Etats ont travaillé pour modifier le texte. C’était alors la présidence de l’Irlande.

Il y a eu des modifications :

- sur la majorité qualifiée

- sur racines chrétiennes : n’a pas évolué fondamentalement

- autre changement : report de la diminution du nombre de commissaires (de 2009 à

2014)

Octobre 2004 : texte amendé par les Etats membres. La ratification doit avoir lieu dans les 2 ans qui suivent.

A échoué en France e taux Pays Bas.

France : Président de la République a décidé en juillet 2004 de ratifier par un referendum. A eu lieu le 29 Mai 2004. NON à 55% (sur une participation de 70% : assez élevé pour une

question européenne. // 43% pour les élections européennes de Juin 2004). Résultat du referendum a été influencé par la vie politique nationale. A été le moyen de donner son opinion sur le gouvernement Raffarin. Forces politiques favorables : 4 partis : Verts, UDF, UMP, PS Forces politiques hostiles : 9 formations : le PC, 3 partis d’extrême gauche (LO, LCR & Parti des travailleurs), extrême droite : FN & MNR, mouvements souverainistes : le Rassemblement du peuple français, le Mouvement des citoyens

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PS : scission. Dès 2004, Fabius, Emmanuelli et d’autres s’étaient prononcés contre. Hollande

a organisé un referendum interne en décembre 2004 : 80 % de participation, 58,8% ont

approuvé. Hollande s’est fondé sur ce referendum pour défendre le OUI même si encore des divisions avec Fabius et Emmanuelli….

Partisans du Traité : idée que Traité renforçait la dimension politique de l’UE et permettait de renforcer UE sur la scène internationale Opposants du Traité : plusieurs lignes :

- partis de gauche et d’extrême gauche (et Verts car ont été aussi divisé) : le Traité

rendait impossible la politique communautaire non libérale & Traité qui mettrait l’Europe sou

la coupe de l’OTAN

- souverainistes et extrême droite : délégation de souveraineté trop importante.

Parti de De Villiers : fait amalgame entre Constitution et adhésion de la Turquie. Dit que les Etats Nations doivent se protéger contre ces 2 choses : montre que le referendum a été aussi le moyen de se prononcer sur l’élargissement (aussi bien sur Turquie que Pays de l’Est).

- Thème de la renégociation du traité : grand argument de Fabius. Voter non pour améliorer la constitution

Dissidences en faveur du non se sont multipliées dans les partis de gauche. Aboutit au rejet de

la Constitution.

Effondrement du PS : retournement par rapport au traité de Maastricht ( où 76% avaient voté pour, pour la constitution 41%). Différent pour l’UMP : forte augmentation

1992

: 31% des électeurs du RPR ont voté POUR

2005

: 76% des électeurs de l’UMP ont voté POUR

Ce référendum a montré une grande différenciation sociale par rapport aux questions européennes. Couches sociales les moins favorisées ont plutôt tendance a voté contre et inversement. Ex : 71 % des chômeurs ont voté contre. Jeunes pas enthousiasmés par ce Traité. Groupe d’âge le plus favorable : les + de 60 ans.

Rejeté aux Pays Bas aussi en Juin 2005. 62% des électeurs ont voté contre : encore plus massif qu’en France (sur une participation de 63 %). C’était un referendum juste consultatif mais l’Etat s’était en gagé à le respecter si le vote était clair. Les débats ont porté sur :

- la perte de souveraineté

- les affaires européennes éloignées des citoyens

- contributions financières

- élargissement à la Turquie (conflits avec la communauté musulmane néerlandaise)

Suite à cela : rupture dans le processus. Espagne, Luxembourg : ont ratifié le traité par voie parlementaire. 11 autres Etats ont fait pareil. Des referendums prévus dans 6 pays ont été suspendus ou reportés : Danemark, Irlande, Pologne, République Tchèque, Portugal, Grande Bretagne 2 Etats : Finlande et Suède ont repoussé la voie parlementaire. Estonie pareil. Belgique : ratification en cours (plus long car système fédéral)

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La Commission européenne a vite jugé qu’il fallait convaincre les citoyens de l’intégration européenne autrement. Se recentre sur des réformes économique pour faire de l’économie européenne la plus dynamique et compétitive du monde. Le traité constitutionnel est donc mort dans sa forme actuelle et sur le moment, il n’y a pas vraiment de forces politiques prêtes à se relancer dans la Constitution. Il faudrait 20 ratifications pour qu’une solution politique soit trouvée et on est loin de cela.

TITRE 2 : Droit communautaire et politiques communes

Intégration européenne repose sur tout un système juridique qui s’applique autant aux Etats qu’aux particuliers : c’est cela qui fait sa force. Dans RI : système qui régit relations entre les Etats Dans droit communautaire : mélange entre droit public et privé. Rôle primordial de la Cour de Justice.

1. Les sources et les principes du droit communautaire

Attention : on parle du droit de la Communauté européenne (car a la personnalité juridique contrairement à l’UE)

a) Les sources fondamentales : droit communautaire primaire et droit communautaire

conventionnel

- Droit communautaire primaire : ensemble des traités depuis Rome jusqu’à Nice

- Droit communautaire conventionnel : ensemble des accords et conventions passées par la Communauté européenne avec d’autres acteurs, particulièrement des organisations internationales (GATT, OMC : accords économiques)

b) Le droit communautaire dérivé : actes « typiques » et actes « hors nomenclatures »

Règles de droit fondées sur un traité pour en assurer l’application. Permettent aux Etats membres et aux institutions européennes de mettre en œuvre les Traités (car sont très larges donc il faut des précisions) 5 grands types d’actes juridiques communautaires : énumérés par le Traité de Rome. Sont obligatoires ou non obligatoires. Obligatoires : règlements ; directives ; décisions Non obligatoires : recommandations ; avis

Le règlement : acte de protée générale obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tous les Etats membres. Force juridique la plus importante. Correspond à la loi dans l’ordre juridique interne. Peut être adopté soit par le Conseil soit par la Commission, soit par la Banque européenne. A été utilisé dans cadre de la PAC ou sur l’intégration régionale. Règlement toujours publié dans Journal officiel de la CE.

La directive : ne s’adresse pas forcément à tous les Etats membres. Pas une portée générale. Laisse plus de liberté aux Etats membres pour la retranscription dans l’ordre juridique interne. Portée juridique moindre car ne lie pas tous les Etats et liberté de retranscription. Surtout utilisée dans législations. Ex : utilisée dans la réalisation du Marché Commun.

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La décision : s’adresse soit à un Etat membre, soit à une personne physique, soit à une personne morale. Acte administratif individuel. Destinataires particuliers. Sans portée générale La recommandation : incite les Etats à suivre une ligne de conduite Un avis : plus ou moins la même chose que la recommandation. Actes qui n’ont pas de portée juridique contraignante. C’est le Conseil ou la Cour de Justice qui les prononce. Ce sont les sources dérivées du droit communautaire.

c) Les sources non écrites : jurisprudence et principes généraux du droit La jurisprudence : très importante. Source essentielle du droit communautaire car Cour de Justice a bien souvent complété les dispositions des Traités, les a précisé. Est allées au-delà de sa mission première. Elle a un rôle important car ses interprétations s’imposent aux juges nationaux. Permet une unification de droit communautaire dans tous les Etats membres. Cour de Justice : assure respect du droit communautaire et a complété et précisé les traités (donne du contenu aux Traités). Les principes généraux du droit : notamment du droit international public et droits fondamentaux : droits de l’homme

Entre les différentes normes il y a une hiérarchie. Permet la force juridique du droit communautaire. 4 niveaux :

- 1 er niveau : les Traités. Droit communautaire primaire et principes généraux du droit.

- 2 ème niveau : droit communautaire conventionnel (veut dire par exemple que les accords commerciaux doivent respecter le niveau supérieur)

- 3 ème niveau : droit dérivé : règlements, directives, décisions

- Dernier niveau : le droit national

Veut dire qu’un Etat membre ne peut adopter des lois et règlements que s’ils sont conformes au droit communautaire. Subordination du droit national au droit communautaire

2. L’application du droit communautaire

Droit communautaire : force juridique contraignante. S’applique de manière directe dans les Etats membres. a) L’effet direct et la primauté du droit communautaire sur les droits nationaux 2 principes qui doivent assurer une application uniforme dans les Etats membres du droit communautaire. L’effet direct : le droit international régit les rapports entre les Etats (après l’Etat voit comment appliquer dans son ordre juridique interne). Le droit communautaire, lui, crée des droits et obligations pour les Etats membres et leur ressortissants. Traité de Rome prévoyait que les règlements aient un effet direct La Cour de Justice a considéré que les autres normes pouvait aussi avoir un effet direct. Arrêt de 1963 : Arrêt VAN GEND EN LOOS Au sujet d’une entreprise néerlandaise qui avait attaqué une décision du gouvernement sur l’augmentation d’un droit de douane par rapport au Traité de Rome. Cette firme a fait un recours car le gouvernement n’avait pas respecté une des dispositions du Traité de Rome. La Cour a affirmé que les Traités communautaires créent des droits et obligations aussi pour les ressortissants. Ils peuvent invoquer des droits contre les Etats membres devant des juridictions nationales. Principe de l’effet direct.

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S’applique aux règlements, aux directives (si ne laissent pas trop de place à l’interprétation). C’est avec ce principe d’effet direct que la CE s’approche le plus d’une fédération.

Primauté du droit communautaire sur les droits nationaux : complète le principe d’effet direct. Ne figurait pas dans le Traité de Rome. A été énoncé par la Cour de Justice en 1964 par l’Arrêt COSTA CONTRE ENEN. Enen : compagnie italienne nationalisée. Un actionnaire a saisi la Cour de Justice pour non respect du traité de Rome. Le droit communautaire prime sur le droit national, même sur les règles constitutionnelles nationales. Intégralité des sources du droit communautaire s’impose aux ordres juridiques internes. Cour de Justice a d’abord énoncé le principe de primauté en 1964. Puis a petit à petit énoncé les conséquences :

En 1978 : en cas de conflit entre communautaire et national, le juge national doit écarter la disposition nationale En 1990 : a énoncé la responsabilité financière de l’Etat si violation du droit communautaire.

Force juridique supérieure du droit communautaire. Mais en contre partie, régulation des compétences de la CE.

b) La régulation des compétences de la Communauté européenne : les principes de subsidiarité et de proportionnalité Champ de compétences des institutions européennes délimité par Etats membres. Art 5 du traité CE. Les institutions communautaires ne peuvent pas interpréter les compétences dont elles disposent. Toute compétence explicitement attribuée aux institutions communautaire est retirée aux Etas membres d’une manière irréversible.

2 principes : subsidiarité et proportionnalité : pour faire en sorte que les institutions ne produisent pas de normes juridiques trop puissantes. Subsidiarité : dans al mesure du possible, les décisions doivent être prises au plus proche des citoyens (national ou régional). La Communauté en doit intervenir que si son action est plus efficace que celle des Etats membres (ex : environnement ; alors que éducation beaucoup plus efficace au niveau national) Principes très appréciés par la GB et le Danemark à al signature du Traité de Maastricht. La cour de Justice contrôle le respect de ce principe. Mais la Cour a aussi affirmé que ce principe ne devait pas être un prétexte pour les Etas membres pour éviter ou violer le droit communautaire.

Proportionnalité : l’action de la Communauté n’excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs du Traité. Enoncé par la Cour de Justice dès 1946. Veut dire que la Communauté ne règlemente pas de manière excessive l’action publique. Doit utiliser les moyens juridiques proportionnels aux objectifs voulus. Vise à protéger les Etats membres et les ressortissants contre toute action excessive ou injustifiée des institutions communautaires.

2 principes qui sont respectés mais n’empêchent pas une influence énorme du droit communautaire.

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Tous les ans, la Commission présente un rapport au Parlement dans lequel elle explique comment elle applique ces traités. Dans projet de Constitution, protocole sur applications des 2 principes introduisait une innovation : pour chaque acte parlementaire ; les gouvernements nationaux avaient 6 semaines pour faire part d’objections quant aux principes de subsidiarité et de proportionnalité. C’est le « mécanisme d’alerte précoce ».

c) L’efficacité du droit communautaire : conditions générales de l’application du droit communautaire et obligations pour les Etats membres. L’effet direct et la primauté donnent au droit communautaire une force juridique supérieure au droit national. Mais ce ne sont pas des institutions européennes qui l’appliquent au niveau national : délégations au niveau national. Il faut prévoir comment il peut être appliqué d’une manière uniforme. Rôle très important de la Cour de Justice. Le renvoi préjudiciable : mécanisme institué par l’Art 234 du Traité CE. Si juge national doit appliquer une mesure du droit communautaire, mais a une difficulté à comprendre le sens de la mesure, il fait un renvoi préjudiciable à la Cour de Justice, qui va lui donner l’interprétation à suivre. C’est de cette manière que le droit communautaire est appliqué de manière uniforme. Procédure de recours en manquement : si un Etat membre ne retranscrit pas une directive, sanction sur cet Etat. Arrive assez régulièrement. Contrôle juridique ET politique.

C’est la CDJ qui contrôle l’application du droit communautaire et c’est elle qui impose des sanctions si non respect. Les Etats membres exécutent sans recours le droit communautaire. Dernier échelon. « Clause de bonne volonté » des Etats (pour applications des directives communautaires).

Montre dans quelle mesure les Etats membres sont contraints par le droit communautaire (force juridique supérieure). Etats doivent appliquer le droit communautaire : implique une confiance entre Etats membres et institutions.

3. Les procédures de décision communautaire

Différent suivant les secteurs d’action publique à l’autre. CE qui détermine la procédure c la base juridique (= facteur qui détermine rapports de force entre institutions). Procédures qui évoluent tout le temps, à chaque traité. Système de décision complexe qui vient du fait que la prise de décision ne repose pas sur la séparation des pouvoirs mais sur une coopération des institutions. Exécutif : partagé entre Commission et Conseil Législatif : partagé entre Commission, Conseil et Parlement

a) Présentation schématique du rôle des institutions dans les trois piliers de l’Union européenne Premier pilier : le triangle institutionnel entre en jeu. Le Conseil européen (se réunit 2 fois / an) : adopte les grandes orientations du développement de l’UE et fixe les orientations des politiques régionales. La Commission européenne : a l’initiative des projets législatifs et met en œuvre les décisions

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Le Conseil de l’UE : principal organe de décision car a le pouvoir de règlementation. Adopte actes juridiques (et non pas le Parlement), mais avec une influence du Parlement européen :

on lui demande son avis qui est plus ou moins contraignant selon les secteurs. Votes du Conseil différents selon les matières. Conseil a un pouvoir de veto (croissant depuis les années 80) Cour de Justice : toujours présente en tant qu’arbitre potentiel si conflit entre les institutions.

Deuxième et troisième pilier : différent car rôle des Etats membres est renforcé. 2 ème pilier (PESC) : Commission n’a aucune initiative, le Parlement est juste tenu informé et la CDJ n’a aucun rôle 3 ème pilier : la Commission a parfois un rôle d’initiative et le Parlement est parfois consulté.

b) De l’initiative à l’exécution : les grandes étapes de la prise de décision communautaire PREMIER PILIER 3 grandes étapes :

L’initiative : appartient à la Commission. Important car la manière dont la proposition est formulée au départ définit la façon dont on perçoit le problème et la façon dont elle va être appliquée. La Commission a le monopole de la procédure législative (sauf dans le cas de l’Euro :

Banque européenne). Le Parlement peut demander parfois à la Commission d’étudier une proposition. Mais la Commission n’est pas tenue de le faire. Dans la Constitution était prévue la possibilité d’un appel populaire (proposition). Commission : mandat de 5 ans (alors que Conseil présidence tournante tous les 6 mois :

identité moins pérenne). Il faut qu’elle puisse mener une action communautaire sur le long terme. Différent avec la CECA : la Haute Autorité avait l’application, l’exécution de la loi. La Commission peut retirer sa proposition à tout moment si elle juge que le Conseil l’a trop modifiée. La Commission joue aussi un rôle de conciliateur entre les gouvernements du Conseil :

permet aussi de défende ses intérêts au passage. Pour revoir une proposition de la Commission, il faut que tous les Etats soient d’accords. La consultation de la proposition de la Commission : peuvent être consultés : le Parlement européen, le Comité des régions, la Banque centrale. Adoption par le Conseil et publication de l’acte au JO des Communautés européennes Exécution de la décision : revient en principe à la Commission mais sous un contrôle étroit du Conseil. Existence de comités qui encadrent la Commission dans sa fonction d’exécution : la comitologie (depuis l’AUE) Le triangle fait intervenir les 3 institutions

c) Les procédures de décision : consultation, coopération, codécision et avis conforme 3 procédures utilisées à l’heure actuelle. Ce qui détermine la procédure de décision c’est la base juridique : article d’un traité sure lequel la Commission se base au départ pour sa proposition. On choisit rôle du Parlement européen : consultation, codécision ou avis conforme Consultation : donne le moins d’importance au Parlement. Rend un avis pas contraignant (le Conseil n’a pas à tenir compte de cet avis). Mais la Commission s’est engagée à le faire : sorte d’alliance entre la Commission et le Parlement (souvent alliés contre le Conseil).

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Le Conseil adopte la proposition soit à l’unanimité, soit à la majorité qualifiée, soit à la majorité simple (aucune règle qui définit, c’est selon les secteurs). Codécision : rôle beaucoup plus important. Parlement placé à égalité avec le Conseil. Longtemps revendiquée par le Parlement. Figurait dans le projet Spinelli de 1984. A été progressivement intégrée aux traités :

1986

: pour accords d’association à la CE

1992

: étendue à d’autres domaines d’action publique (environnement, recherche…)

1999

: encore étendue & a été simplifiée

2001

: encore une extension

Dans la Constitution, c’est le mode de décision défini (sauf dans quelques domaines trop sensibles). Egalité dans cette procédure entre Parlement et Conseil : chacun peut modifier ou rejeter la proposition de la Commission.

Schéma :

1 Proposition de la Commission

2 Proposition examinée par le Conseil et le Parlement

Si les 2 sont d’accord : proposition adoptée Si le Conseil adopte une position commune mais que le Parlement rejette cette position commune à la majorité de ses membres : le texte est non adopté définitivement

3 Si le Parlement amende le texte (à la majorité de ses membres) : le texte retourne au Conseil. Si le Conseil est d’accord avec le Parlement le texte est adopté.

4 Si le Conseil n’est pas d’accord avec les amendements du Parlement : mise en place d’un

Comité de consultation (membres du Conseil, du Parlement et de la Commission) : a 6

semaines pour trouver un compromis.

5 Une fois le compromis trouvé, 6 semaines pour que le Parlement et le Conseil adoptent le

texte.

6 Texte adopté si Parlement et Conseil sont d’accords :

- Parlement : à la majorité des suffrages exprimés

- Conseil : à la majorité qualifiée

Bicaméralisme presque parfait Coopération : donnait véto suspensif au Parlement. La codécision est le prolongement de cette

procédure.

Montée en puissance énorme du Parlement. On essaie de faire monter le Parlement européen car légitimité démocratique croissante.

Avis conforme : utilisé pour les traités d’adhésion et les adoptions de sanction envers les Etats membres. Le Parlement peut rejeter un texte mais ne peut pas l’amender (ne peut pas influencer le contenu). Moins utilisé (cas rares surtout).

Projet de Constitution : procédure de décision ordinaire : la codécision et vote à la majorité qualifiée au Conseil (suppression de l’unanimité). Même rôle de la Commission. Plus ou moins mêmes rôles dans le triangle Mais :

- Extension considérable et généralisation de la codécision.

- Principe d’attributions de compétences : ce sont toujours les Etats membres qui ont cette prérogative sur les institutions européennes.

- Définissait des compétences exclusives de la Communauté.

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4. L’extension du champ d’intervention de la Communauté : aperçu des politiques communes

a) La Communauté européenne : marché intérieur et politiques sectorielles

Processus de codécision a conduit à 2 résultats :

- production de normes, de directives : droit dérivé

- politiques communes

Contrepartie de la faiblesse des moyens financiers

Traité de Rome : objectif d’instaurer une zone de libre échange. Mais sont allés plus loin :

politiques communes. Ces politiques communes résultent du Traité (même si Traité de Rome assez large donc champ d’action large). Traité de Rome évoque les « 4 libertés » de circulation des hommes, des marchandises, des capitaux et… ? Initialement, surtout des politiques sectorielles (ex : CECA). Puis s’élargit : sous la CEE :

PAC, politique commune sur la pêche et la chasse… Années 60 : processus d’engrenage, « spill over » : politique commerciale commune, politique commune d’aide au développement… On a effectivement entre le Traité de Rome et l’AUE un élargissement des politiques communes. Mais tout cela s’est fait d’une manière aléatoire, anarchique. Difficile de définir qui fait quoi aujourd’hui dans ces politiques communes.

3 types de compétences prévues dans projet de Constitution pour clarifier :

Compétences exclusives de l’Union : commerciale, monétaire, union douanière, conservation des ressources de la mer Compétences partagées : grande majorité des secteurs : marché intérieur, troisième pilier, transports, énergie, environnement, cohésion économique et sociale, protection des consommateurs Domaines d’action d’appui (instances communautaires ont des prérogatives peu importantes) : industrie, éducation, culture, santé, protection civile A l’heure actuelle, la situation n’est pas très claire.

b) L’Union européenne ou les limites de l’inter-gouvernementalisme (politique étrangère

et de sécurité, coopération en matières d’affaires intérieures et de justice) Intergouvernementaux. Mais quand même une relative interférence de la Communauté. Affaires intérieures et justice : ce que l’on appelle l’ »espace de liberté et de justice ». A commencé dans les années 80 par un nombre réduit d’Etats membres (c’était une coopération renforcée). Fait sur le mode intergouvernemental. Allemagne, France, Benelux : Accords de SCHENGEN, Juin 1985 Puis petit à petit, d’autres Etats les ont rejoints. Aujourd’hui, tous les Etats sauf la GB, l’Irlande et les 10 nouveaux (pour plus tard) font partie de cet accord. Objectif : supprimer graduellement les frontières entre ces Etats pour permettre la libre circulation des hommes. Politique toujours controversée car cette politique s’accompagne d’un renforcement des frontières entre la zone Schengen et le reste du monde. Aussi renforcement de la coopération judiciaire et policière : pour lutter contre le terrorisme, trafic, etc.…

Traité de Maastricht consacre ce 3 ème pilier. On définit les moyens de protéger ce nouvel espace.

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- tout ce qui concerne le droit d’asile et le franchissement des frontières (immigration, droit de séjour…)

- lutte contre la criminalité transfrontalière (fraude, toxicomanie, transports d’êtres humains)

- coopération en matière civile et pénale.

Ce pilier se réfère à différentes grandes conventions européennes sur les droits de l’homme. Pilier régi par des conventions entre Etats membres (difficile à signer et ratifier : il faut l’unanimité et la ratification des parlements nationaux).

Dès Maastricht on a pensé à simplifier le fonctionnement de ce pilier. Sera fait au Traité d’Amsterdam.

- Tout ce qui concerne la libre circulation des personnes est mis dans le premier pilier et tout ce qui concerne la coopération judiciaire en matière civile (montre poids de la Commission et du Parlement, qui ont des prérogatives importantes dans le premier pilier) Codécision du Parlement, Commission et Conseil. Laisse quand même un droit d’initiative aux Etats membres.

- Troisième pilier est restreint à la coopération judiciaire et policière en matière pénale. + Possibilité de coopérations renforcées. On commence par un accord en 1985 ; 1992 : on crée un pilier mais fourre tout ; 1999 : on distingue bien ce qui relève de ce pilier : Clarification.

Projet de Constitution, quelques changements prévus :

- généralisation du contrôle de la CDJ sur cette justice

- maintien du processus de codécision

- contrôle renforcé des parlements nationaux

Deuxième pilier : la PESC S’est développé comme le troisième pilier, à l’extérieur des Traités, puis petit à petit a été intégré. Commission européenne a un pouvoir fondamental sur la circulation des échanges et accords commerciaux. Aussi un rôle en aide humanitaire. Pour la politique étrangère au sens strict : demeure pendant longtemps une prérogative des Etats membres. Plan Fouchet, qui essayait de la mettre en place a été un échec. Ainsi, dans les années 60/70, la communauté existait seulement d’un point de vue commercial, même si l’élargissement de la CEE augmentait le nombre de ses partenaires. Prolifération d’accords extérieurs sans réelle convention politique commune. Dans les années 70, la politique de coopération en politique étrangère se développe, c’est la « coopération politique commune européenne ». Mais se développe sans fondement juridique. Plus ou moins diplomatie déclaratoire minimaliste. Pour certains c’est vraiment un effort inédit de coopération. Dans les années 70/80, dichotomie forte entre l’importance économique de la CE sur le plan international et une incapacité de parler d’une même voix sur le plan diplomatique. Avec chute du Mur de Berlin et Traité de Maastricht, changement car moins de menace, tournant politique : se donne des ambitions en matière de politique étrangère et de défense. Ainsi, Traité de Maastricht crée le pilier PESC : « affirmer l’identité de l’Union européenne sur la scène internationale avec la définition à terme d’une politique de défense commune qui pourrait conduire au moment venu à une politique de défense commune ». L’UE se dote de ce que l’on appelle les « actions communes » : toute action est décidée à l’unanimité. Verrouillage en amont du Conseil. Ces actions communes sont faites à travers la PESC.

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Dernier apport de Maastricht : la défense. L’UE essaie de mettre en place une politique de défense en réactivant l’UEO (1955) pour mettre en œuvre décisions et actions ne matière de défense. Problème de l’UEO : divergence des positions sur les relations à entretenir avec l’OTAN. UEO a plusieurs missions : missions de type humanitaire, maintien de la paix, gestion de crise… Accélération de cette politique dans le Traité d’Amsterdam : on dote la PESC d’un troisième instrument : les « stratégies communes » : stratégies regroupant les 3 piliers : cadre général par rapport à des partenaires extérieurs. Ex : stratégie avec Russie, lute contre la criminalité (3è pilier), coopération scientifique (1 er pilier)… Ces stratégies communes sont définies à l’unanimité, d’où le problème de certains blocages. Autre apport du Traité d’Amsterdam : la « fonction de Haut représentant pour la PESC » :

conduit le dialogue politique avec les tiers et assiste les discussions de la PESC. Originalité le Haut représentant pour la PESC est aussi le Secrétaire général du Conseil. Création d’une unité d’alarme, de surveillance commune. Possibilité accrue de recours au vote à la majorité qualifiée.

Lancement en 1998/1999 d’une politique européenne de sécurité et de défense : la PESD. 3 volets :

- Gestion des crises militaires : 60 000 hommes mobilisables. Création du Comité Politique

et Sécurité

- Gestion des crises civiles avec coopération policière, envoi de juges etc. Dans les pays qui en ont besoin

- Rôle de prévention des conflits.

Traité de Nice :

-création de la force d’intervention rapide (hommes mobilisables en quelques jours, création d’un Etat major de l’UE)

- coopérations renforcées en matière de politique étrangère sont acceptées

Depuis, actions qui ont été faite :

Janvier 2003 : mission de police en Bosnie Herzégovine Mars 2003 : première opération militaire ne Macédoine. Opération Concordia. Mai / Septembre 2003 : Opération Artémis au Congo.

Malgré tout cela le bilan de la PESC et de la PESD reste mitigé :

- conceptions divergentes dans domaines de politiques extérieures, de défense

- sur le plan international, l’UE est gérée sur le fait qu’il n’y a pas d’harmonie européenne.

- toujours relations diplomatiques d’Etats membres qui empêche une unification

Traité de Constitution :

- Dans le 2è pilier, prévoit la création d’un ministre des affaires étrangères qui serait Vice président de la Commission mais qui serait nommé par le Conseil européen. Objectif : unifier les relations extérieures au niveau européen. Diplomatie européenne prévue avec services de diplomatie européens mais toujours un rôle important des Etats pour la PESC.

- Dans domaine de la défense : coopération renforcée « structurée » pour la défense, surtout pour GB et France.

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- Le rôle du Parlement européen est réaffirmé : devrait pouvoir formuler des recommandations pour le Ministre des affaires étrangères. L’UE se serait reconnu la capacité juridique internationale.

Diversité des perceptions de défense et d’intérêt communautaires : Frein majeur pour la PESC et la PESD. Ainsi, la présence internationale de l’UE passe avant tout par le commerce, l’économie et surtout par l’aide humanitaire. Essaie aussi d’exister par la gestion des crises, des sanctions économiques (ex : contre la Serbie pour le Kosovo).

c) Les principes du financement des politiques communes La CE a des moyens financiers faibles : 1% des PIB cumulés des Etats membres. Pendant longtemps ce budget a été financé par la PAC (deux tiers avant, aujourd’hui à hauteur de

40%).

R2pond au principe de programmation pluriannuelle.

A partir de 1988, on a décidé pour 5 ans du budget. Aujourd’hui : fin de la perspective 2000-

2006 et anticipation du projet 2006-2013 LE budget continue à financer la PAC, le plan de cohésion dans les pays nouveaux alors que

le budget est toujours à hauteur de 1,8%.

Comment le budget est il composé ?

- pourcentage de la TVA perçue

- droits de douane perçus par la communauté

- prélèvements et droits agricoles Ressources instituées en 1988.

Proposition de la Commission européenne sur le montant total du budget, puis réunion du Conseil européen et enfin Comité réunissant Conseil européen, Commission, Parlement. Dépenses obligatoires : celles qui découlent des traités (aides aux Etats membres, PAC) Dépenses non obligatoires : le Parlement peut alors défini certaines modalités, sous couvert du Conseil, et négocier avec lui et l’influencer.

Pourquoi a-t-on des difficultés à concevoir le budget pluridisciplinaire ? Répartition des contributions est controversée :

- base fédéraliste : les plus forts aident les plus pauvres

- base plus inter gouvernementaliste : chacun doit recevoir au moins ce qu’il donne.

Principe du « juste retour » Depuis les années 60 : conflit pour savoir qui doit payer quoi. Dur de maîtriser des dépenses communautaires. Allemagne y participe le plus, après les Pays Bas, le Royaume Uni, la France et la Suède.

A l’inverse, les pays bénéficiaires net : Espagne, Portugal, Grèce et Irlande.

2005 : a quoi sert le budget de 100 milliards d’euros :

Agriculture : 42,6 % Politiques régionales : 36,4 % Politiques de croissances : 7,8 % Administration européenne : 5,4 % Actions extérieures : 4,5 %

Le budget n’a pas été augmenté avec l’élargissement car aides ont été données depuis longtemps petit à petit.

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De 2004 à 2006 : la répartition des fonds communautaires est transformée : la Pologne reçoit à elle seule 48% des crédits pour les nouveaux pays entrés. Conception du budget comme moyen de solidarité entre les Etats membres pour améliorer le niveau de vie. Mais écarts de richesse encore considérables : les 10 PNB réunis des 10 nouveaux pays sont inférieurs à celui des Pays Bas. Grand perdant de cette réorientation vers l’Est : l’Espagne.

Ce budget pose de graves problèmes car contributeurs nets ne veulent pas l’augmenter. Ces

pays ont demandé que ce budget soit limité à

période 2006-2013. La Commission en 2004 proposait un budget communautaire de 1,14%. Elle voulait

augmenter la compétitivité, le développement durable, mieux financer les actions extérieures

de l’UE et la coopération en justice.

Discussion à partir de cet avant projet : en juin 2005.

Conflit sur montant alloué, sur montant de la PAC, sur les réorientations, sur l’effet statistique

du transfert du Sud à l’Est.

A l’heure actuelle, discussions bloquées : l’UE n’a pas de perspectives européennes pour

2006-2013. Les nouveaux Etats membres sont très inquiets pour cette nouvelle période car devaient recevoir beaucoup plus à partir de 2007.

budget communautaire extérieur pour la

2% du
2% du

Dans le projet de constitution européenne :

- renforcement du Parlement européen : droit de regard sur l’ensemble du budget communautaire

- certaines ressources : système de codécision pour plus de domaines.

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PARTIE 2 : LA DYNAMIQUE INSTITUTIONNELLE DE L’UNION EUROPEENNE

Mis à part le pouvoir judiciaire, pas de séparation des pouvoirs. Les institutions reposent sur différentes légitimités :

- Conseil : intérêt des Etats

- Parlement : intérêts des citoyens de l’Union

- Commission : intérêt général communautaire

Triangle institutionnel dans lequel les instances tentent d’avoir le plus de pouvoir possible. 5 institutions : Conseil, Parlement, Commission, Cour de Justice, Cour des Comptes (et Conseil européen mais ce n’est pas une institution au sens strict).

TITRE 1 : Le Conseil, cœur multiforme du cadre institutionnel européen

1. Le jeu des Etats membres dans l’Union européenne

C’est là où apparaissent de la manière la plus claire le jeu des Etats membres. C’est une institution en réseau : Bruxelles & gouvernements nationaux. Enjeux portent sur l’expression des priorités nationales et tout repose sur le consensus. C’est une « machine à fabriquer du compromis ». Conseil des Ministres est un lieu de négociation permanente. Institution complexe car elle est à la fois intergouvernementale et communautaire. Autre complexité : c’est une institution unie mais qui se réunit en de multiples formations. Composition à géométrie variable. Au maximum, on a eu 20 formations. Aujourd’hui, on essaye de limiter : 9 formations.

2. Le conseil des ministres, lieu de négociation permanente

a) Unicité juridique et formation à géométrie variable : la composition du Conseil des ministres Composition : un représentant de chaque Etat membre au niveau ministériel, habilité à représenter le gouvernement (veut dire que un haut fonctionnaire ne peut pas y participer).

On vote de plus ne plus au Conseil : beaucoup plus facile à gérer pour un ministre qu’un haut fonctionnaire. Sont présents aux sessions :

- Ministres et délégations qui viennent aider les ministres (délégations varient selon l’ordre du jour)

- Représentants permanents des Etats membres à Bruxelles

- Fonctionnaires du secrétariat général du Conseil

- Commission européenne envoie un représentant (sauf si le Conseil refuse)

Acteur important : la Présidence (semestrielle) Si le traité reconnait peu de pouvoir (convoque, décide ODJ, fait procéder au vote, signe), du moins qu’un rôle procédural, elle peut jouer dans la pratique un rôle significatif. Quand un Etat membre arrive à la présidence, il fait un programme qu’il publie au début de sa présidence. Capacité d’influence qui peut permettre au Président d’influencer dans prise de décision. Rôle fondamental de la présidence : négocie avec la Commission et le Parlement pour trouver des compromis.

Institutions :

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- Dont la présidence change tous les 6 mois

- Dont les formations sont très nombreuses Facteurs de discontinuité.

Formations les plus importantes :

Le Conseil Affaires générales (forme première et unique) : réunit les ministres des affaires étrangères tous les mois. Compétences générales : prépare réunions du Conseil européen, est saisi pour des affaires sensibles (ex : fonds structurels…), décide de la PESD et coordonne la PESC. Le Conseil Eco-fin : se réunit tous les mois aussi. Questions de coordinations des politiques économiques des Etats membres ; aides financières aux pays tiers ; perspectives économiques. Essaie de se saisir de tout ce qui a une implication financière. Conseil Marché intérieur Conseil de l’Agriculture… Formations les plus importantes se réunissent tous les mois. Les autres au moins 1 fois par semestre. A côté de ça, il y a des réunions informelles dans les Etats membres. Mais risque de confusion avec les conseils formels car informels n’ont pas de directives de la part de leurs Etats.

Institution qui apparait comme assez opaque. Impression de marchandage que le public ne saisit pas trop. Publication de certaines sessions. Dans projet de Constitution, on insiste sur la transparence du Conseil, sur l’ouverture au public.

b) Le « dédoublement fonctionnel » des Etats au sein du Conseil des ministres : pouvoirs normatifs, exécutifs et budgétaires Institution ambivalente aussi par ses compétences attribuées : pouvoir législatif et exécutif (des actes qu’il adopte). Pouvoir normatif : principal composant du droit communautaire dérivé. C’est lui qui adopte en dernier ressort les actes. Pouvoir exécutif : soit c’est lui, soit il confère à la Commission le pouvoir de le faire, tout en l’encadrant : la « comitologie ». La Commission a beaucoup critiqué ces comité car craint qu’ils la dépossèdent. Mais Conseil craint aussi ces comités Autre pouvoir : budgétaire. Arrête chaque année le budget et participe avec le Parlement à son adoption.

c) Les instances décisionnelles du Conseil des Ministres : les groupes de travail et le COREPER 3 types d’instances décisionnels :

- le Conseil des Ministres est la plus forte.

- ensuite, le COREPER (Comité des représentants permanents)

- enfin, les groupes de travail

Comment se font concrètement les travaux ? La Commission fait une proposition. La soumet au Conseil et plus particulièrement aux groupes de travail. Groupes de travail : représentants des Etats membres + un représentant de la Commission + un représentant du Secrétariat général du Conseil. Chaque représentant exprime sa position, celle de son Etat : échange d’information. Ou il y a accord, ou amendement, ou refus.

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En cas de désaccord, on passe au niveau du COREPER : saisi soit pour enregistrer l’accord, soit en cas de blocage. 2 parties :

- COREPER 1 : représentants permanents adjoints. Questions plus techniques - COREPER 2 : partie la plus importante. Composée des représentants permanents. Traite des questions les plus nobles, les plus importantes. COREPER : échelon essentiel. Prépare et avalise ce qui est fait par les groupes de travail. Chaque formation du COREPER se réunit toutes les semaines.

Si COREPER ne trouve pas d’accord : Conseil des Ministres (questions les plus complexes).

Toujours des formations différentes à tous les niveaux

d) Le déroulement des travaux et le vote au Conseil des Ministres C’est toujours le Conseil des Ministres qui demande ces réunions.

Représentations permanentes des Etats membres + représentants de la Commission + groupes

ad hoc + groupes de travail permanents

Conseils important : le CSA : Comité Spécial de l’agriculture : prépare le travail au Conseil des Ministres Agriculture ; Comité de l’article 133 : comité qui prépare les accords commerciaux

Il y a aussi des groupes de travail pour le 2 ème et 3 ème pilier. 2 ème pilier : Comité COPS : comité de sécurité : supervise les capacités militaires de l’Union européenne, prépare les réunions des affaires générales de la PESC. L’essentiel du travail se fait ici : conception et règlement des problèmes. 3 ème pilier : plusieurs groupes de travail fonctionnant de la même façon.

Problème : on connait mal les manières de fonctionner, peu de recherches sur la façon dont ça marche : opacité, bureaucratie communautaire. Pourquoi ? Mode de fonctionnement sur la discrétion, confidentialité car il en faut pas qu’on sache ce qu’un Etat est prêt à concéder ou non.

Autre problème : ces groupes de travail essayent de s’autonomiser par rapport au COREPER, car les conseils sont composés d’experts spécifiques sur les domaines. Certaine compétition entre les 2 : les groupes de travail préfèrent traiter les questions à leur niveau, car quand choses passent dans les mains du COREPER, on repart à zéro : perte de temps, d’efficacité. COREPER : siège permanent alors que groupes de travail non, donc logique plus sectorielle et

indépendante pour ces derniers. Ainsi, les groupes de travail essayent de passer directement les dossiers difficiles au Conseil :

ainsi, le cahier des charges des différents conseils est très chargé et va à l’encontre de la division en 3 niveaux. Ces groupes ont été renforcés avec l’extension de prise de décision en mode de codécision. Le Secrétariat général du Conseil : créé à la CECA (1952). Dirigé par un Secrétaire général qui est en même temps le Haut représentant de la PESC. Il soutient la présidence au Conseil, prépare les rapports transmis au COREPER. Les fonctionnaires du Secrétariat général du Conseil assistent à toutes les réunions du Conseil. Les fonctionnaires de cette institution ont des places élevées avec des pouvoirs importants (c’est plus ou moins un Etat major).

A développé une expertise et un rôle qui lui donne des attributs importants. Aucun intérêt à

défendre, ce qui permet d’aboutir à un compromis entre les différentes délégations. Est passé du rôle de greffier, au rôle de conseiller, voir d’initiative de la PESC

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A ses débuts, n’avait pas un rôle important : dès 1958, le secrétariat général du Conseil a joué

un rôle d’arbitre pour la négociation des traités de Rome et assurer la coordination entre les 3

exécutifs des 3 communautés faisant leur fusion. Avec l’institutionnalisation du Conseil européen : augmentation du rôle du Secrétariat Général du Conseil. Est devenu le Secrétariat des CIG. Donc rôle croisant, avec « notes de la présidence » et propose des compromis à la présidence. Oriente les débats et les délibérations. Rôle très important aujourd’hui. Est passé d’un exécutant puis à pu faire prévaloir ses compétences au fil du temps.

Ce rôle central dépend aussi d’un service juridique au sein de ce Secrétariat général, qui assiste à toutes les réunions du Conseil pour tout problème de base juridique (modalités de vote, base juridique sur un problème donnée). Le service juridique met en forme tous les textes arrêtés par le Conseil. Vérifie aussi que le rôle du Parlement est bien respecté. Ce service juridique représente le Conseil devant la Cour en cas de contentieux aussi. Il conseille la présidence et les Etats membres à tous les niveaux. Grande confiance dans le Secrétariat général du Conseil. Incite souvent la présidence à faire plus de compromis ou repousser les délais de prise de position sur un différent.

Dans le 2 ème et 3 ème pilier, le Secrétariat général du Conseil a réussi à influencer la prise de décision.

A bénéficié du retrait ou absence de la Commission.

C’est le secrétariat général qui a modifié les agendas de plusieurs sommets, surtout pour le 3 ème pilier car il n’y avait plus la Commission. Dans le cadre de la PSC, cette légitimation s’est faite car dès 1970, le Secrétariat général a

accompagné le développement de la PESC en rédigeant plusieurs notes pour les diplomates, a suivi les négociations du GATT, les négociations des différentes adhésions… Encore une fois car absence de la Commission.

Secrétariat général : rôle primordial, digne de confiance car discrétion assurée pour les Etats membres.

e) Le Conseil des ministres après l’élargissement : l’extension de la majorité qualifiée et la pondération des voix Selon traité de Rome, la prise de décision au Conseil est la majorité simple. Mais en fait, beaucoup à l’unanimité. Depuis l’AUE, extension de prise de décision à la Majorité qualifiée. Majorité simple : adoption de procédures, questions techniques Majorité qualifiée : distingue vraiment l’UE Unanimité : Fiscalité, droit d’asile et d’immigration (jusqu’en 2004), culture, aménagement

du territoire, services culturels, questions d’ordre constitutionnels (révision traités et adhésion

de nouveaux Etats, adoption des perspectives prévisionnelles budgétaires).

Pour majorité qualifiée : système qui est vraiment l’originalité de l’UE. Dans ses débats, UE composée de « grands » et de « petits ». Objectif de protéger les intérêts des « petits » face aux « grands ». Ainsi, on en est arrivé à une situation où les « grands » Etats dénoncent le poids trop important des petits Etats.

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UE à 15 : Luxembourg avait 2 voix pour 400 000 gens et Allemagne 10 voix pour 80 millions de personnes. Ainsi, une voix pour le Luxembourg représentait 200 000 personnes alors que pour l’Allemagne, une voix représentait 8 millions de personnes. Problème sensible aussi de parité entre l’Allemagne et les autres grands Etat (GB et France) car a 20 millions de populations de plus que les autres plus grands.

Tout c’est réglé au Traité de Nice (après des prémices dans le traité d’Amsterdam). Plusieurs seuils pour atteindre une décision :

- il faut qu’elle soit soutenue par 72, 12% des voix au Conseil

- l’acte doit être soutenu par la majorité des Etats membres

- l’acte doit être soutenu par 62% de la population de l’UE au total

Système compliqué mais nécessaire pour corriger le déséquilibre vis-à-vis des petits Etats.

En pratique, il est rare que le Conseil des Ministres passe au vote, car préfère un compromis entre les états membres. Mais le vote est toujours possible.

Conseil des Ministres : institution hybride car c’est une institution communautaire mais qui appartient aux Etats membres (défense des priorités nationales). Système de négociation continuelle. L’existence de la majorité qualifiée est un outil technique pour inciter les Etat membres à aboutir à un compromis. Le Conseil a quand même une identité collective vis-à-vis des partenaires extérieurs de l’UE ou vis-à-vis des autres institutions communautaires. Au Conseil, on a des coalitions entre les Etats membres : Benelux ensemble, pays méditerranéens ensemble… Mais cela peut changer suivant les différentes questions, les différents secteurs, même si cela se vérifie souvent.

3. Le Conseil européen, intrus du processus décisionnel ou moteur de l’intégration européenne ?

Né en marge des traités. A l’heure actuelle n’est pas une institution communautaire au sens strict et juridique du terme. A chaque fin de présidence du Conseil (tous les 6 mois) on a un conseil européen. Décisions prises pour élargissement, adhésions… C’est le lieu d’expression des intérêts nationaux par excellence, encore beaucoup plus que le Conseil des Ministres, car pas de Secrétariat général du Conseil (organe impartiale). Expression brute des intérêts nationaux Discussions dures qui n’aboutissent pas ou bien sommets avec des discussions énormes (ex : 1969, Sommet de la Haye).

a) Une institution à la gestation difficile et à la qualification juridique complexe Organe décisionnel de la Communauté par excellence. Conception intergouvernementale. On a décidé lors du sommet de Paris en 1974 de faire un organe de décision intergouvernemental pensé comme l’instance d’appel, de formation suprême du Conseil des Ministres. Rôle ambigu Idée : crée une institution qui favoriserait la coopération politique et surtout la cohésion dans activités communautaires. Au fil du temps, le rôle du Conseil européen s’est renforcé. Rôle défini progressivement. - « Déclaration solennelle sur l’UE » de 1983 à Stuttgart dit que lorsque le Conseil européen adopte une décision, il le fait comme instance moteur de la Communauté.

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- Lors de l’AUE, le Conseil européen est mentionné dans les textes, et il est dit que le président de la Commission assiste à ce Conseil européen.

- Dans traité de Maastricht, compétences unique pour le Conseil européen, surtout pour les questions budgétaires et financières (pour toutes les questions sur l’EURO). Définis aussi les orientations générales pour la PESC et les politiques économiques des Etats membres.

- Depuis traité d’Amsterdam : a désormais des compétences en matière d’emploi, de contrôle

du respect des droits fondamentaux des Etats membres et peut ainsi constater la violation par un Etat de cette charte fondamentale : peut ainsi suspendre droit de vote d’un Etat.

Aussi un rôle d’appel : tout Etat peut saisir le *Conseil européen s’il s’oppose à une décision du Conseil des Ministres.

- Traité de Nice : désigne désormais le président de la Commission à la majorité qualifiée, sous réserve de l’approbation du Parlement.

Modifie l’équilibre institutionnel de la CE. Brouille le jeu des compétences respectives à chaque institution :

- diminue le pouvoir de proposition de la Commission (car elle ne peut soumettre avant ses projets au Conseil européen)

- prive le Conseil des Ministres du monopole de prise de décision politique

- les décisions du Conseil européen ne sont pas sou mises au contrôle du Parlement et de la Cour de Justice. Interprétation de cette montée en puissance du Conseil européen :

- preuve de l’influence constante et croissante des Etats membres

- échec de la structure ordinaire du triangle institutionnel communautaire

Le Conseil européen réunit :

- Les chefs d’Etats et de gouvernement (président pour la France et la Finlande, pour le reste des pays chefs de gouvernements)

- Ministres des affaires étrangères de chaque pays

- Président de la Commission européenne

- Secrétaire général du Conseil

- Fonctionnaires du Secrétariat général

- Interprètes

On a également une série de personnes qui sont exclut des discussions : représentants permanents à Bruxelles ; directeurs des administrations du Trésor ; ministres chargés des affaires européennes. Aussi certaines délégations nationales qui ne participent pas au Conseil européen, mais qui rédigent des notes à l’attention des chefs d’Etat ou de gouvernement. Questions délicates : chefs d’Etat et de gouvernement sont accompagnés par des experts et conseillers.

Le Conseil européen se déroule dans chaque pays membres jusqu’alors. Depuis traité de Nice, ce Conseil européen se réunit à Bruxelles, toujours en Juillet et Décembre. Ainsi, on a 6 mois de présidence du Conseil des Ministres et du Conseil européen (car c’est le même). Avant le Conseil européen, beaucoup de discussions, entretiens bilatéraux, distinctions affaires communautaires et affaires du 2 ème et 3 ème pilier.

Rôle du président du Conseil européen est important :

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- définit ordre du jour

- anime les débats

- écrit les conclusions finales

- lors de blocages, a des entretiens bilatéraux avec délégations en conflit

Le Parlement européen est mis de côté par le Conseil Européen: ainsi, lorsque le Conseil européen s’ouvre le Président du Parlement européen émet un discours d’ouverture sur les positions du Parlement sur la question en débat, puis quitte la salle.

Comment se déroulent les 2 jours de Conseil européen ?

- 1 ère session de travail entre Chefs d’Etat et ministres des affaires étrangères

- Déjeuner protocolaire

- 2 ème session de travail

- Ministre des affaires étrangères dinent à part des chefs d’Etat et de gouvernement

- Pendant la nuit, la présidence rédige un projet de conclusion

- On l’examine le lendemain : doit refléter les priorités de chacun

- Les délégations nationales doivent faire savoir leur position et amendements sur tel ou tel point

- Après, accords, compromis

- Conclusions définitives du Conseil européen émises, diffusées à la presse ‘ainsi, aucune délégations ne peut critiquer les conclusions après diffusion à la presse : plus ou moins pouvoir de contrainte politique).

b) Un rôle d’impulsion stratégique et d’arbitrage suprême

Pas de pouvoir de contrainte juridique du Conseil européen mais réel pouvoir de contrainte politique Organe d’impulsion de révision des traités Organe qui permet à la PESC d’exister et d’être ce qu’elle est.

c) Le Conseil européen et la révision des traités : des CIG à la Convention sur l’avenir

de l’Europe CIG : reflet du fait que le pouvoir constituant appartient aux Etats membres.

3 phases pour les CIG :

- Initiative de révision (soit par Etats membres ou Commission européenne) Le Conseil européen décide d’engager une révision (décision prise à la majorité simple)

- le Président du Conseil européen convoque la CIG. Négociations sur révisions

- Signature du traité de révision de chaque traité, par chaque Etat membre et ensuite, ratification par chaque Etat (soit referendum, soit voie parlementaire).

Conseil européen, même avant le traité de Maastricht, en tant qu’incarnation des chefs d’Etat de l’UE avait fait des déclarations sur les différents conflits mondiaux (ex : conflit israélo- palestinien) En matière de politique étrangère : réactions, analyses. Rôle essentiel pour les accords commerciaux Dans les instances internationales, c’est le Conseil européen (surtout son président) qui exprime les positions et décisions de l’Union (Cf. à l’ONU).

Quels

européen ?

sont

les

changements

que

la

Constitution

européenne

prévoit

pour

le

Conseil

48

- extension à la majorité qualifiée, avec la codécision comme règle générale (à part la PESC, défense, question de sécurité)

- présidence permanente du Conseil européen, élu pour 2 ans et demi, par le Conseil européen à la majorité qualifiée, et ne pouvant garder aucun mandat national pour se consacrer aux questions européennes uniquement.

- Création du poste de Ministre européen des Affaires étrangères, qui serait en même temps vice président de la Commission européenne –aujourd’hui, 2 personnages différents : le Haut représentant de la PESC et le Ministre des affaires étrangères) Donner plus de cohérence aux politiques étrangères européennes. Aussi des réformes qui devaient rentrer en vigueur entre 2009 et 2012 avec changement de calcul du système de majorité qualifiée avec un système plus simple : décision prise si 55% des Etats membres sont d’accord représentant 65% de la population totale.

Pour le Conseil des Ministres, la Constitution prévoyait de réduire le nombre de conseils.

- Un conseil des affaires étrangères pour al politique extérieure européenne

- Un conseil législatif des affaires générales (adoption des actes communautaires et préparation des réunions du Conseil européen).

Constitution prévoyait aussi un système différent avec une présidence du Conseil des Ministres assurée pour 18 mois par 3 présidents : 1 grand et 2 petits.

TITRE 2 : La Commission européenne, entre légitimité technique et rôle politique.

Institution ambiguë, identité complexe, rôle hybride. On peut envisager la Commission comme un embryon de gouvernement européen o comme un organe qui exécute juste les décisions adoptées par le Conseil pour les autres. Depuis Maastricht, les attributions, compétences juridiques sont stables. Même si en pratique, affaiblissement de la Commission surtout dans le 2 ème et 3 ème pilier. Affaiblissement du à un problème de direction aussi : après J. DELORS, les autres ont été incapables (cf. SANTER a démissionné, SANTI n’a pas réussi à redorer le blason de la Commission et aujourd’hui BAROSSO est controversé). Depuis le début, il y a des conflits sur les attributions de la Commission. De plus, en tant qu’organe collégial, son président n’a pas plus de pouvoir ni de voix que les autres commissaires (principe de collégialité complexifie beaucoup son fonctionnement).

1. L’identité politique de la Commission européenne

a)

Désignation

et

composition

de

la

Commission

européenne :

« intérêt

général

communautaire » et sensibilité nationales Dans traité de Rome, les commissaires étaient élus par un consensus entre les Etats membres pour 4 ans, sans consultation du Parlement. Dans traité de Maastricht, il faut accords du Parlement européen pour approbation de la désignation des Commissaires. Dans traité de Nice : le président de la Commission est nommé désormais à la majorité qualifiée et non plus à n’unanimité. Commission renouvelée tous les 5 ans.

1 ère étape : Désignation du président de la Commission (à la majorité qualifiée) 2 ème étape : le Parlement européen approuve le choix du Conseil européen

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3 ème étape : une fois approuvé, une liste de commissaires est faite par les Etats membres (envoient plus ou moins leurs commissaires). Une fois que le choix des commissaires est arrêté par le Conseil européen :

- le Parlement auditionne chaque commissaire pour chaque secteur (teste ses compétences et positions sur l’UE) et se prononce en bloc pour ou contre le collège de commissaires.

- Le Conseil nomme la Commission en propre après approbation. La Commission nomme elle-même ses vices présidents.

Ex : la constitution de la Commission BAROSSO (25 membres donc 25 commissaires. On n’accepte plus aucune injonction des Etats membres, doivent être indépendants de leur pays. On avait prévu de diminuer le nombre de Commissaires avec la Constitution). Chefs d’Etat et de gouvernement ont choisi en Juin 2004 BAROSSO, pour la présidence de la Commission. Choisi un peu par défaut car la plupart des autres étaient controversés. Investi par le Parlement européen le 22 juillet 2004. Chaque Etat membre a présenté son candidat pour être commissaire, mais plusieurs ont été critiqués : BUTTIGLIONE (Italie) chargé des questions du 3 ème pilier et le la lutte contre la discrimination a exprimé des propos homophobes ; KOVACS, commissaire hongrois à l’énergie n’a aucune attribution, ni compétence en matière énergétique et enfin le commissaire néerlandais avait occupé des places importantes dans de grandes boîtes mondiales… Le Parlement européen a rejeté la liste le 27 Octobre 2004 pour toutes ces raisons. Le 4 novembre, le président de la Commission a annoncé une nouvelle liste : nouvelles auditions par le Parlement. Investiture le 18 novembre de la Commission européenne.

Poids déterminant des Etats membres (ont une grande influence) Orientation idéologique de la Commission : polémique. On laisse tomber l’hypocrisie de dire que les commissaires sont neutres et on donne plus une dimension politique à la Commission.

b) Le principe de la collégialité face aux compétences sectorielles des commissaires Chaque commissaire a un portefeuille, pas de lien hiérarchique entre eux et leur président. Dans traité de Nice, codification du renforcement du rôle de Président. Traité de Nice : le Président décide de l’organisation interne de la Commission (renforce autorité du Président) Les commissaires se réunissent tous les mercredis à Bruxelles. Réunions préparées par leurs cabinets respectifs. Fonction aussi d’assurer la liaison officielle avec le pays dont le commissaire est issu ainsi qu’avec son parti d’origine. En dehors de leurs réunions hebdomadaires, ne peuvent pas prendre des décisions par écrit). De même, avant la réunion du mercredi, les cabinets des commissaires se réunissent avant pour déjà passer des compromis. Il faut désormais 3 Etats membres au minimum représentés dans le cabinet et ils doivent faire preuve de toute indépendance vis-à-vis de leur Etat d’origine. Cabinets des commissaires nationaux et européens : principe de collégialité. C’est le lieu où se fait le lien entre la Commission et le pays d’origine. Clivage entre fonctionnaires nationaux et européens. Décisions prises se font au-delà des clivages politiques. Compromis entre les différents intérêts nationaux et politiques (idéologiques). Composition des cabinets : commissaires doivent concilier diversité nationales et conseillers spécifiques de son portefeuille mais aussi des conseillers hors portefeuille.

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Ex : le commissaire français a toujours un spécialiste sur l’agriculture. Recrutent de plus ne plus des gens issus du Parlement européen : permet de bonnes relations avec cette institution.

c) Le secrétariat général de les directions générales Aujourd’hui : 25 commissaires. Chacun a un portefeuille. Une vingtaine de directions générales (DG) sectorisées (agriculture, environnement…) Les politiques communes ont prises au sein de ces DG : c’est l’administration de la Commission En 2004 : 16 000 fonctionnaires permanents (très petite administration). D’ici 2006, on va recruter 22 000 fonctionnaires (Mairie de Paris : 40 000 fonctionnaires) Recrutement par concours mais Etats membres nomment aux hautes fonctions (directeurs généraux) : accords diplomatiques. Beaucoup de CDD, peut être une étape avant le concours. Experts nationaux détachés à la Commission : repose sur administrations nationales pour mettre en œuvre les politiques communes. Des fois, une DG peut s’occuper de plusieurs commissaires.

Secrétariat général placé auprès du président de la Commission. Comprend environ 800 personnes. Aujourd’hui, le secrétaire est irlandais (anciennement DG).

C’est une fonction née pour donner une certaine autorité à cette institution : renforce la crédibilité de la Commission. Un secrétaire général : Emile NOEL a occupé ce poste de 58 à 88 (30 ans). A défini les fonctions du secrétaire général. Au départ tout petit organe : 20 personnes, sans hiérarchie. S’est donné 3 grands rôles (pas dans les traités mais définis par NOEL) :

- assister le président de la Commission dans la préparation et le déroulement des travaux de la Commission (coordination des différents services)

- relations avec les autres institutions

- SG représente la Commission au Conseil des Ministres, au COREPER et au Conseil européen C’est surtout dans la représentation externe que le SG joue un rôle fondamental.

2. Les fonctions de la Commission européenne

Selon traité CE : fonction est d’assurer le fonctionnement et le développement du marché commun. Fonctions principales :

- initiative des actions communautaires

- exécution du traité et des actes du Conseil

- contrôle

a) L’initiative des actions communautaires Maintenir dynamique de la construction européenne. Monopole dans le premier pilier uniquement. Commission peut choisir le moment adéquat pour lancer une proposition. Elle peut retirer sa proposition à tout moment (si le Conseil l’a trop amendé par exemple) :

pouvoir de négociation plus fort pendant prise de décision. Le Conseil, s’il veut modifier la proposition de la Commission sans son accord, peut le faire seulement à l’unanimité.

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Parlement peut demander à la Commission de soumettre un projet. Le Conseil aussi, mais la Commission n’est obligée de rien faire.

Limitations au pouvoir d’initiative : principe de subsidiarité (limite son activité législative au maximum). La plupart des propositions législatives dépendaient de programmes préétablis, demandes express du Conseil, application d’accords internationaux, de décisions de la Cour de Justice. Seul 6% des décisions étaient d’initiative de la Commission en 1991.

Commission consulte beaucoup d’acteurs (pour éviter tout conflit frontal) sur tout acte législatif. Série de consultation externe et interne à al Commission. D’abord consultation entre les différentes DG et entre les différents commissaires. Puis, voir comment réagissent les Etats membres. Propositions toujours largement préparées. Beaucoup de livres blancs et verts où Commission explique son projet, montre sa pertinence. Recours à des experts nationaux. Toute proposition mûrit pendant 6 mois / 1 an avant de devenir une vraie proposition législative. Grande ouverture aux lobbies, groupes d’intérêts, aux ONG. Sont tous sollicités. Renforce la légitimité de la Commission.

Quand le projet est prêt, il est déposé au SG qui le présente à l’examen des commissaires. Chefs de cabinets font un premier arbitrage puis le projet est transmis au collège des commissaires où le plus souvent c’est adopté par consensus. Quand il y a vote, c’est à la majorité simple. Chaque commissaire a 1 voix. Propositions transmises au Conseil puis au Parlement. Consulte Parlement, Comité des régions dans certains cas. Doit consulter la Banque centrale européenne pour tout ce qui concerne les problèmes monétaires. Souvent la consultation du Parlement est facultative mais la Commission essaie de se rallier le Parlement.

b) L’exécution du traité et des actes du Conseil Exécution de certaines dispositions des traités. Ex : relation entre Etats membres et les autres Etats. Autorise fusion d’Etats, aides d’Etats. Toute aide aux agricultures est gérée par la Commission, en liaison avec les Etats membres. Conseil peut décider d’exécuter lui-même s’il le veut. Comité composés de représentants des Etats veille à ce que la Commission ne fasse qu’exécuter les dispositions du traité et qu’elle n’interprète pas dans un autre sens. Problème de conflit constant entre Conseil et Commissions depuis années 80 (la comitologie).

c)Le contrôle des obligations communautaires et le rôle de « gardienne des traités » Investigation : la Commission peut veiller au respect des traités par les Etats. Peut faire des poursuites contre des membres. Peut faire un recours en manquement contre eux à al Cour de Justice. Cette procédure laisse beaucoup de temps aux Etats de se mettre à jour, de rétablir sa situation et respecter ses obligations. Commission peut être alertée par différents acteurs.

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Envoie une lettre à l’Etat et lui donne 3 mois pour résoudre le problème. Si ce n’est pas réglé,

la Commission émet un « avis motivé » si problème persiste : l’Etat a un mois pour régler le

problème.

Si ce n’est pas fait, la Commission en appelle à la Cour de Justice.

Les commissaires prennent ces décisions, convoquent en général la presse. Or les membres sont très soucieux de leur image donc de bougent en général très rapidement.

3. Le rôle international de la Commission européenne

a) La représentation de la Communauté Commission : rôle de négociation des accords de commerce et associations avec les Etats tiers depuis Traité de Rome. Commission au nom de la CE négocie au GATT, à l’OMC. Mais c’est fait sous demande du Conseil. Souvent, conflit avec les Etats membres. Cf. problème actuel : France considère que la Commission va plus loin que ce qu’on lui a mandaté dans les négociations avec l’OMC. Commission dit qu’elle doit avoir une certaine marge de manœuvre dans les négociations sinon rien ne peut bouger (si elle doit se tenir au strict mandat du Conseil).

A l’OMC, la Commission parle seule mais à l’ONU il y a la Commission et un représentant

de la Présidence : discordances possibles d’où la demande d’un Ministre des affaires étrangères.

b) La gestion de l’élargissement de l’Union européenne Dès début des années 90, Commission intégrée à la politique menée à l’égard de l’Est. Dès 89 ; programme PHARE. Commission a bénéficié de l’augmentation de ce budget. Stratégies pour imposer leadership dans politique d’élargissement. Développement d’une expertise scientifique pour être vue comme l’institution qui maitrise le mieux les problèmes posés par els adhésions. Problèmes techniques pris en charges et problèmes plus politiques sur lesquels les Etats ne voulaient pas se prononcer. Ex : ouverture des négociations avec quels pays et à quelle date ? Commission rend avis sur pays candidats et leur degré d’intégration de l’acte communautaire. Conseil européen a souvent repris dans ses conclusions les avis de la Commission. Evite au Conseil de prendre des décisions politiques problématiques. Permet à la Commission d’exercer un certain pouvoir de décision

Ex : livre blanc en 95 où commission définit priorité que les Etat devaient se donner pour intégrer l’acte communautaire. Définit aussi la méthode d’élargissement. Commission a suggéré sélection des 6 premiers états avec lesquels il fallait négocier. Méthode : acte communautaire doit être repris mais périodes de transitions prévues.

A pris décision très importante dans politique d’élargissement. En a profité pour augmenter le

poids de certaines de ses DG. Au départ, 2 DG qui traitaient des relations avec pays de l’Europe de l’Est (PECO) : la DGI (relations économiques externes) et la DGIA (relations politiques externes) : conflits entre les 2, pas efficace. Création d’un « task force » pour l’élargissement. Sous PRODI, cette « task force » est devenue une DG pour l’élargissement. Années 90 : surenchère pour renforcer le groupe des spécialistes de l’élargissement et des PECO jusqu’à en faire une DG.

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Aujourd’hui, pour ouverture des négociations avec la Turquie, le Conseil s’est appuyé sur un rapport de la Commission

4. La légitimité problématique de la Commission européenne

Capacité d’expertise et indépendance des commissaires : font la légitimité de la Commission. Commission responsable devant le Parlement par son mode désignation et la motion de censure que le Parlement peut voter contre elle (aux 2 tiers des suffrages exprimés et à la majorité de ses membres). Aucune motion n’a jamais abouti. En 99, le Parlement a forcé la Commission Santer à démissionner. Corruption de 2 commissaires : Edith Cresson et un espagnol. Cresson avait engagé son dentiste dans son cabinet et il y avait des malversions. Le Parlement dépose une motion de censure, rejetée. Fait un comité des sages. Son rapport concluait à une faute personnelle de Cresson et mauvaise gestion du collège : tout commissaire est responsable pour les agissements de ses collègues. La Commission a démissionné le soir même, en entier. Crise reflète l’absence de la cohérence interne de la Commission. Renforçait les accusations de la Commission comme haut lieu de la technocratie qui prend des décisions de manière déconsidérée. Fin des années 90 : Renforcement du Parlement se fait au détriment de la Commission dont les membres ne sont pas élus.

a) La Commission, haut lieu de la technocratie et de la bureaucratie européenne ? Commission accusée de fabriquer des normes trop tatillonnes. Règlementation excessive dans tous les domaines de la vie politique. Résulte de l’idée de marché unifié, ouvert : tout ce qui peut entraver la concurrence doit être supprimé et favoriser le commerce. Critique du mode de production. Nuance : ces règlements sont décidés par la Commission mais elle a des compétences et ne peut pas aller au-delà. Principe de subsidiarité et de proportionnalité : contrôle Commission par Etats. Dispositions communautaires très détaillées car ce sont els Etats, les administrations nationales qui les mettent en œuvre. Pour être uniforme dans tous les Etats, il faut que ce soit très précis. Pour empêcher l’interprétation erronée des administrations nationales.

Quand les textes sont adoptés à Bruxelles, ils ne peuvent pas être modifiés par les Etats membres : impression que la Commission prend toutes les décisions indépendamment. Ce qui est faux. Il y a un contrôle du Conseil et du Parlement. Or la décision finale est prise par le Conseil et les Etats membres. Hypocrisie des Etats qui disent ensuite que la Commission leur impose certaines mesures Image de la technocratie car liens très étroits entre Commission et groupes d’intérêt. Dénoncé comme de la technocratie dans la mesure où il y a des décisions entre intérêts privés et une institution non élue (surtout en France, méfiance des groupes d’intérêt). DE GAULLE : « aréopage technocratique ». 2 manières de voir la Commission :

- exécutant des décisions des Etats membres - Organe qui a acquis une légitimité politique. On lui donne une certaine autonomie pour influencer le développement de l’intégration européenne. Organe de continuité de l’intégration européenne.

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A la fois une agence d’expertise et un organe politique autonome HALLSTEIN, premier président de la Commission, se voyait comme un homme politique à part entière et non comme un expert ou technocrate.

Présidence de la Commission est aujourd’hui un enjeu politique. Ont toujours été ministres dans leur pays avant. 1985 – 1994 : présidence de DELORS. A renforcé le rôle du président. Sa succession a été assez problématique. On a vu réapparaître le poids des Etats dans le choix du président. 3 candidats :

J.Luc DEHAENE, belge. Candidat favori ; BRITTAN, un britannique. GB a opposé son veto à DEHAENE car vu comme trop intégriste. Jean SANTER choisi car aucune opposition des états. C’est un second choix. Président de la Commission : enjeu politique

SMITH & NAY, Le gouvernement du compromis (chapitre sur les commissaires) ; Le Leadership politique (chapitre sur président des Commissions)

Double investiture des commissaires : Parlement et Etats. Légitimité indirecte. Choisis par des élus européens et nationaux. Commission se rapproche le plus de ce que pourrait être un gouvernement européen. Incarne la continuité du processus commun.

Critiques adressées à la Commission :

- échappe à la sanction de l’élection

- impressions qu’elle échappe à un contrôle parlementaire efficace. Provient de la complexité

du contrôle européen. Plusieurs types de surveillance : la Commission doit soumettre ses projets aux fonctionnaires nationaux. Avis et amendement du Parlement. Arrêts de la Cour de Justice surveillent. Acteurs non institutionnels gardent aussi un œil sur l’activité de la Commission (groupes d’intérêts, ONG…) Autre type de surveillance et de contrôle mutuels que dans les systèmes nationaux.

b) Une institution de contradictions et de synthèse : recherche de compromis et juxtaposition de féodalités Crédibilité et légitimité de la Commission repose sur son indépendance. Est censée être libre de toute instruction des gouvernements et des autres institutions communautaires. Mais cette indépendance n’est pas un apolitisme car la Commission reste perçue comme un lieu où les différents Etats membres peuvent faire passer leurs intérêts d’une manière différente qu’au Conseil. Lien n’est pas rompu entre les commissaires et leur Etat d’origine. Ceux-ci sont marqués par leur formation nationale, ont souvent eu une carrière politique dans leur Etat. Origine nationale marque leur action. Contenu du portefeuille du Commissaire influence sa marge de manœuvre. Si on est commissaire à la concurrence ou dans un secteur où l’UE est puissante on a une autorité de facto. Beaucoup plus grande marge de manœuvre que si on est commissaire de la culture. Fonctionnement de la DG du commissaire joue aussi dans la divergence entre commissaires Chaque commissaire interprète son rôle différemment et utilise des ressources différentes. Série d’acteurs extérieurs à al Commission essentiels pour asseoir le pouvoir des commissaires. Si président n’arrive pas à bénéficier des ressources que lui confie son rôle : fébrilités.

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DG opposées les unes aux autres, ce qui va à l’encontre du principe de collégialité.

c) La « culture administrative » de la Commission européenne

2 manières de la voir :

- dans différentes études, la Commission européenne repose sur une vision idéologique : bien fondé de l’intégration Dévouement des commissaires à cette intégration

- Les cultures sont différentes selon le secteur d’activité et la nationalité des acteurs. Ces 2 visions sont remises en cause aujourd’hui : trop schématiques. Commission vue comme une multi organisation

2 pistes de recherche :

- Commission vue comme un entrepreneur politique

- Approches anthropologiques en termes de culture administrative

Entrepreneur politique : ressources et contraintes de la Commission. Comment la Commission peut influencer l’agenda politique européen ?

- Initier l’action publique

- Argument de l’intérêt général que peut utiliser la Commission

- Commission mobiliser les idées en amont de l’agenda politique formel

Capacité d’invention vient de la durée de mandat (5 ans) et de son recours à l’expertise (spécialistes choisis en toute discrétion) : accès à une série de façons de voir les idées. Politiques communautaires reposent sur la régulation plus que sur la redistribution : politiques visant à donner des aides à tel ou tel « domaine ». Avantageux car Commission est la clé d’entrée pour tous les acteurs qui cherchent à modifier la politique européenne. Série d’experts donnent des perspectives diverses sur les problèmes à traiter. C’est une bourse à idées.

Contraintes qui pèsent sur la Commission : segmentation intérieure de la Commission ; dépendance vis-à-vis des Etats membres

Conflits intérieurs entre plusieurs DG. 2 ont été étudiées de manière détaillée : concurrence et environnement. Etude de CINI Querelles de compétences. Différences viennent de l’histoire de la DG, de son autonomie, du contexte politique dans la CE. DG concurrence : une politique de la concurrence est mise en place pendant les années 60 et retour en force dans les années 80. Devenu un portefeuille prestigieux. Large pouvoir et grande autonomie des fonctionnaires (grandes ressources et maîtrise de l’information). Style politique : autonomie et discrétion. Image positive de la concurrence pendant les années 80, reflétait la prédominance de la politique néo libérale. Ses fonctionnaires avaient une approche très juridique de leur travail car le droit communautaire leur était favorable. DG environnement : configuration de pouvoir différente. Le droit communautaire ne prévoyait au départ aucune compétence en matière environnementale.

2 approches :

- harmonisation par le haut : tout le monde adopte le niveau le plus haut : tout le monde tend vers le standard

- consolider ce qui existe dans tous les pays

DG créée en 70. Spécialistes de l’écologie nommés. Vus comme excentriques et non respect des différentes normes : les « hippies de la Commission européenne ». Problème d’image Position de faiblesse car entrée tardive et priorités éloignées de la politique de la Commission. Souvent mis en minorité au sein du collège

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Changement de perspective : DG environnement a repris la « recherche et compétitivité » à son profit (perdue par l’industrie européenne). Années 90, DG a convaincu les autres acteurs qu’il n’y avait pas opposition entre compétitivité et environnement. Protection de l’environnement est devenue un problème horizontal : traité à tous les niveaux.

JF POLO, revue Pole sud, n°15 : dépendance vis-à-vis des Etats membres. Cf. désignation de la Commission fortement nationale. Fonctionnaires les plus élevés sont parachutés par els Etats membres. Source de conflit interne à la Commission entre ceux recrutés par concours et les parachutés.

Approche anthropologique :

Culture administrative de la Commission : nationalités et cultures différentes. 2 anthropologues : BELLIER & ABELES ont fait des études sur la Commission. Considèrent que sa mission est d’harmoniser en tenant compte de la pluralité des contextes et des intérêts nationaux. Négociation permanente où les acteurs font des compromis permanents au nom du projet communautaire. Cette culture repose sur l’expertise et le dévouement au projet, à l’intégration européenne et à l’intérêt européen. Problèmes abordés comme des problèmes techniques. Expertise : seule source de crédibilité incontestable : apolitisme Cf. Cécile ROBERT, revue Politique européenne, n°11, 2003, « L’expertise comme mode d’action communautaire »

5. La Commission européenne après l’élargissement de l’Union

Nice : réfléchir à al composition après l’élargissement : 1 commissaire par Etat membre.

A 27 membres, le Conseil européen décidera à l’unanimité du nombre de commissaires.

Rotation des commissaires entre le Etats membres (moins de commissaires que de pays). La Constitution européenne était beaucoup plus radicale pour la composition de la

Commission : 15 membres avec 1 président, 1 vice président ministre des affaires étrangères

et 13 commissaires.

Président avait plus de choix pour les Commissaires : sur 3 candidats le président choisissait

le commissaire.

Election du président de la Commission par le Parlement européen. Conseil devait proposer un candidat en tenant compte de la majorité au Parlement. Parlement l’élit à la majorité de ses membres. S’il n’est pas élu, la même procédure a lieu 1 mois après.

TITRE 3 : Le Parlement européen, une institution à la visibilité politique réduite

Articles 189 à 201 du traité CE décrivent son fonctionnement. C’est une institution paradoxale : ni nationale, ni supranationale. CECA avait une Assemblée commune mais créée à la demande française. Idem pour l’UE :

assemblée ajoutée à la dernière minute. Au départ, les députés européens n’étaient pas élus mais choisis parmi les élus nationaux. La création du Parlement était une concession aux Etats. Les 2 pouvoirs essentiels à tout Parlement, le vote de l’impôt et la censure du gouvernement, sont absents à Strasbourg.

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Malgré ces insuffisances, le Parlement européen s’est toujours référé à ce modèle parlementaire. Tentation constante d’accroître ses propres pouvoirs.

Vision fédéraliste très présente au Parlement : pour justifier une augmentation de ses pouvoirs. Dans cette vision, le Conseil serait la Chambre haute. Le déficit démocratique européen est souvent imputé au manque de pouvoir du Parlement. Ainsi, selon les parlementaires, augmenter leurs pouvoirs c’est augmenter le capital démocratique de l’UE. Aujourd’hui, pouvoirs importants mais manque de visibilité et de légitimité. Prérogatives étendues dans chaque révision des traités depuis les années 80. Paradoxalement, le taux de participation aux élections ne cesse de diminuer. Situation évolutive dans le système institutionnel : renégociation par le Parlement de son rôle. Au départ, le pouvoir de légiférer appartenait au Conseil et à la Commission. Le Parlement n’avait qu’un rôle consultatif et de délibération. Pas de pouvoir de décision. Depuis qu’il est élu au suffrage universel, le modèle a été remanié dans un sens plus fédéré. Le Parlement renforce ses pouvoirs par rapport au Conseil mais de manière conciliatrice. Totale autonomie pour son règlement intérieur. En a profité pour contrôler la Commission de plus en plus. A profité du flou des traités. Auto rationalisation du Parlement : mode de fonctionnement très formalisé. Règles strictement observées par les eurodéputés. C’est pour crédibiliser l’institution. Au départ, pas vue comme une institution très sérieuse. Grands discours sans intérêts (sur droits de l’homme et destin de la planète…) Investissement et importance des élus au Parlement. Début des années 60 : les Etats envoyaient des gens en fin de carrière. Mais de plus ne plus d’eurodéputés sont convaincus de la nécessité d’étendre les pouvoirs du Parlement.

2 partis ont une mainmise sur le fonctionnement de l’Assemblée : le Parti socialiste et les

démocrates chrétiens. Ont imposé une grande discipline pour la direction du travail. Peu d’électrons libres. (Limite démocratique). Institution hybride : élus de 25 Etats avec traditions et représentations politiques différentes. Clivages idéologiques ET nationaux. Autre clivage : partisans et opposants à une intégration plus poussée.

2 stratégies :

- unanimité : se présenter comme une institution en faveur de l’intégration et de son propre renforcement. Repose sur le consensus entre députés. - conflictualité ou diversité : camps bien définis, débats tranchés. Permettre lisibilité plus claire. Rapprocher son fonctionnement à ce lui des Parlements nationaux.

1. Le Parlement européen à la conquête du pouvoir : un acteur majeur du processus décisionnel

Dans l’UE, le système politique ne fonctionne pas selon les règles nationales (concepts nationaux pas transposés au niveau européen). Exécutif plus fragmenté qui rend le contrôle du gouvernement plus difficile. Ne peut censurer le Conseil (car ce sont les Etats membres). Contrôle mutuel, base du modèle parlementaire, ne fonctionne pas. Parlement fait référence à ce modèle. Stratégie graduelle : Parlement passe des accords avec d’autres instituions, modifie ses propres procédures. Développe de nouvelles pratiques, codifiées par les tratités ensuite. Ex : Parlement avait au départ un pouvoir de consultation. Demande à la Commission de prendre position sur tous les avis émis par le Parlement. Allait au-delà du simple pouvoir de consultation.

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Ex’ : dans le règlement intérieur, pour durée des sessions, il est prévu que les sessions annuelles débutent le 2d mardi de Mars. Interprétation minimaliste : une seule session. Interprétation du Parlement : c’est là que la session commence mais elle se poursuit pendant un an jusqu’au 2d lundi de Mars de l’année suivante. Siège en permanence et non pas une fois par an. Ex’’ : investiture de la Commission : le Parlement a inscrit cette prérogative dans son règlement intérieur.

Depuis 1979, le Parlement est élu au suffrage universel. Création d’une Commission des affaires politiques qui rédige les rapports sur les changements possibles du cadre institutionnels communautaires. Fait circuler des idées. Parlement impose :

- d’accepter la Commission dans son ensemble. Se donne un pouvoir d’investiture.

- Commission discute en avance avec la commission parlementaire concernée tout loi. Parlement voulait que la Commission retire toute proposition législative rejetée par le Parlement (= droit de veto) mais la Commission a refusé. Stratégie d’en demander beaucoup pour en obtenir mois, mais quelque chose.

1984 : Rapport SPINELLI. Parlement profite depuis ce moment pour obtenir de nouvelles prérogatives à chaque révision du traité. Parlement fait une proposition et est souvent soutenu par certains Etats membres, comme l’Allemagne notamment. Dans l’AUE, le Parlement obtient la nouvelle procédure de l’avis conforme. Avant le Parlement ne pouvait qu’accepter ou réviser. Concessions par le Conseil car Parlement retardait son avis. Maastricht : vote sur président de la Commission était consultatif. Mais dans son règlement intérieur si le Parlement refusait un candidat c’était contraignant (a décidé cela de manière unilatérale). A Amsterdam, cette extension de pouvoir a été institutionnalisée. Parlement développe de nouvelles pratiques de lui-même et dans les révisions, ultérieures, cela est institutionnalisé. Consolidation des pouvoirs du Parlement au fur et à mesure des traités.

a) Pouvoirs de contrôle politique et juridictionnel Parlement : organe de contrôle de la Commission. Mais le Parlement a développé toute une artillerie de contrôle pour l’étendre au Conseil. Ont adopté le « question time » anglaise posé aux commissaires, le système des commissions d’enquêtes, les pétitions, la consultation d’experts. Directement empruntés aux traditions nationales. Parlement examine les rapports produits par les autres institutions, notamment le Conseil :

contrôle typique des organisations internationales.

Contrôle du Conseil

A l’origine peu de contact entre le Parlement et le Conseil

Conseil rapporte son programme au Parlement, quelques pratiques de questions… mais au début il y avait une certaine réticence. Relations difficiles car Parlement est pour l’intégration alors que le Conseil pour la protection des intérêts nationaux. Changement avec l’octroi de pouvoirs budgétaires au Parlement.

1971 & 1975 : Parlement et Conseil ont du collaborer plus dans ce cadre budgétaire. C’est de

là que date la coopération entre les deux institutions.

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Création de la codécision qui les met sur un pied d’égalité. Mais difficile de contrôler le Conseil car c’est une institution fragmentée (25 pays et 1 président : position très consensuelle). La présidence de 6 mois rend difficile le contrôle car peu de continuité. Parlement fait un contrôle a priori : sur projets et programme du Conseil. Avis très en amont du processus de décision. Parlement essaie de renforcer le contrôle des parlements nationaux sur les Etats membres mais c’est une position un peu contradictoire.

Contrôle de la Commission

Ses mandats coïncident avec ceux du Parlement : 5 ans. Devrait ainsi être plus facile à contrôler. Continuité de la Commission. Elle a besoin de la légitimité du Parlement et ainsi, de son accord. Investiture et censure : moyens de contrôle. Pas prévu dans les traités. Investiture Le Parlement a décidé d’investir la Commission THORN en 1981. A réitéré cette pratique pour la Commission DELORS. Légitimité politique symbolique donnée à la Commission. En échange : soutien de la Commission pour augmenter ses pouvoirs.

A Maastricht, l’investiture est formalisée.

Utilisé pour s’assurer le soutien de la Commission contre le Conseil jusqu’à l’épisode BAROSSO en 2004. C’est alors devenu plus politique : rejetaient les commissaires sur base de leurs croyances idéologiques. Censure Parlement n’ont pas cherché à politiser la Commission. Depuis CECA, il a évité la censure car va très loin dans la conflictualisation des rapports. Depuis 1957, le Parlement a un pouvoir de censure prévu dans les traités. Des motions de censure ont été déposées mais aucune n’a abouti. Pour cela il faut 2 tiers des députés présents qui représentent la moitié des membres de l’Assemblée. 10 motions ont été déposées, 7 soumises au vote. Plus ou moins tous liés à la PAC. Parlement

demandait plus de pouvoir dans sa gestion. 3 groupes de motions :

- antérieures à 1979 : portaient sur le pouvoir de consultation du Parlement

groupes

marginaux.

- beaucoup

plus

idéologiques.

Fait

des

eurodéputés

appartenant

à

des

petits

Extrême droite : protestation contre la Commission sans aucune base. Rejeté massivement Reproche au Conseil et à la Commission de ne pas avoir reconnu l’indépendance de la Croatie

et de la Slovénie (8 voix pour)

- Motions de véritable contrôle des fonctions exécutives de la Commission

1992 : Commission a dépassé son mandat dans les négociations du GATT Mauvaise gestion de la crise de la vache folle

Motions avec une base plus substantielle. Déposé par les 2 grands partis : PS européen et le Parti populaire européen Motion qui abouti à la démission de la Commission SANTER. Révélation dans la presse de corruption de 2 commissaires. En décembre 98, le Parlement a refusé de voter la décharge budgétaire. 2 motions déposées par 2 groupes :

- un par le PS indigné que les accusations ne visent que les commissaires socialistes. Espérait que la motion soit rejeté et que ca devienne un vote de confiance.

- Groupe Europe des nations (souverainistes) a déposé une vraie motion. Soutenu par les autres groupes. Tentative de conciliation avec la Commission. Voie de sortie pour éviter la censure.

60

La conférence des présidents des groupes politique a décidé de ne pas voter les motions tout

de suite. 2 résolutions : une contre les commissaires socialistes & une contre le collège dans

son ensemble (en espérant que le Parlement n’ose pas faire tomber la Commission). Première résolution rejetée. Deuxième adoptée.

On a confié la solution du problème à des experts : a dépolitisé le problème.

Deuxième motion de censure : 42% pour : Parlement indécis même sur un cas aussi flagrant

de

fraude

La

commission a démissionné en mars 1999.

Fin de l’alliance de fait entre le Parlement et la Commission. Même si le Parlement a censuré

la Commission c’était d’une manière conciliante : n’a pas adopté de motion de censure. Questions orales, écrites, débats sur la Commission privilégiés par rapport à la grande artillerie. Examen des rapports de la Commission : essentiel du contrôle. Contrôle en amont : se prononce sur le programme législatif de la Commission.

b) Pouvoirs budgétaires

Budget communautaire n’est pas très élevé. Parlement ne vote que les dépenses. C’est dans ce domaine que ce sot noués les rapports avec le Conseil.

2 types de dépenses : non obligatoires (où le Parlement européen a le dernier mot) et non obligatoires. Influence l’action de la CE. Parlement peut rejeter le budget à la majorité des 2 tiers. Mais est responsable de cela après.

A rejeté le budget en 1982 et en 1985.Mais va très loin dans le conflit avec le Conseil.

Parlement fait plutôt des propositions sans rejeter en bloc. Décharge budgétaires : se prononce sur l’utilisation du budget par la Commission. Fait un rapport sur comment le budget a été utilisé. Permet au Parlement de se prononcer sur les priorités en matière budgétaire. Droit de regard sur les politiques menés.

c) Pouvoirs législatifs

Augmentent depuis son élection au suffrage universel (79). Jusqu’à l’extension de la codécision, le Parlement jouait un rôle de contrôle sur le Conseil. N’avait pas d’initiatives propres. Aujourd’hui, 3 procédures :

- consultation (PAC, politiques de concurrence)

- codécision (Parlement a un droit de veto sur les propositions de la Commissions amendées par le Conseil : Conseil forcé de travailler avec le Parlement)

- avis conforme (pour accords d’adhésion et d’association) : Parlement a un droit de veto. Influence le Conseil Equilibre entre les pouvoirs varie selon les différents secteurs même si l’extension de la codécision est la tendance à l’œuvre depuis Traité de Nice.

2. Elections et fonctionnement du Parlement européen

a) Les élections directes et l’institution d’un médiateur européen : une légitimité en

construction ? Commissions d’enquête :

Peuvent être créées à al demande d’un quart des eurodéputés. Encore un pouvoir inscrit dans le règlement intérieur puis institutionnalisé à Maastricht.

61

Infraction ou mauvaise application du droit communautaire. Ne doit pas concurrencer la cour de Justice.

Droit de recevoir pétitions :

Inscrit dans règlement intérieur puis institutionnalisé à Maastricht. Tout citoyen européen peut présenter une pétition sur tout ce qui concerne l’action de la CE. Médiateur européen est nommé par le Parlement à chaque législature. Mauvaise administration du droit communautaire par les institutions, pas par les pays membres (prérogative de la CDJ).

A partir de Nice, le Parlement peut recourir à la CDJ au même titre que les pays et les autres

institutions communautaires.

b)

L’organisation

interne

du

Parlement

européen :

lieux

de

travail,

commissions

parlementaires et groupes politiques 731 membres au Parlement européen. Surreprésentation des petits pays depuis toujours. L’Allemagne a 99 députés. Malte en a 5. Nombre proportionnellement inégal. Même principe qu’au Conseil. Siège officiel : Strasbourg. Décidé de manière provisoire en 57. Problème : jusqu’en 99 le Parlement utilisait les bâtiments du Conseil de l’Europe où il n’y avait pas d’hémicycle. Autre problème : tout le reste est à Bruxelles. France refuse de faire déplacer le siège car apporte dynamique économique. A même saisi la CDJ pour qu’elle confirme que les 12 sessions plénières aient lieu à Strasbourg. Bruxelles : commissions parlementaires. Luxembourg : secrétariat Une semaine tous les mois : session plénière.

Président du Parlement désigné pour 2 ans et demi sur un mandat de 5ans : partage entre PSE

et PPE sur les 5 ans.

Aujourd’hui le président est un socialiste espagnol, jusqu’en 2007 : BORRELL. Sera ensuite remplacé par PÖHERING, un démocrate chrétien Simone WEIL : de 89 à 92 a présidé le Parlement européen. Aune une relative influence ce qui n’est pas le cas de tous. Convoque comité de conciliation et rôle important dans la prise de décision avec les autres institutions (avec le Conseil européen pour les questions budgétaires). Bureau du Parlement (Président et les 14 vice présidents) règle les questions financières, l’organisation des travaux. Rôle de coordination interne (4500 fonctionnaires) Conférence des présidents regroupe le président de l’Assemblée, les vice-présidents et les présidents des groupes politiques. Statue sur l’organisation interne du Parlement et sur le règlement intérieur. Commissions parlementaires : affaires étrangères, budget, environnement. Elaborent des rapports soumis au vote de l’Assemblée. Sur cette base, le Parlement participe au processus de décision. Peuvent faire des propositions de résolutions : prise de position sur sujets très variés.

Groupes politiques : regroupements de différents partis nationaux. Pas de parti proprement européen, sauf les Verts. Base de l’affinité politique et non nationale. Aujourd’hui, il y a 8 groupes :

PPE DE (parti populaire européen démocrate chrétien). : 268 eurodéputés (UMP français) PSE (parti des socialistes européens) : 198 membres (PS français) ALDE (Association des libéraux et des démocrates européens) : 88 membres (UDF fr.) Groupe Vert : 42 membres Groupe GUE (gauche unitaire européenne : extrême gauche) : 41 membres (PC français)

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Indépendants et démocrates (souverainistes) Les non inscrits (extrême droite) : 29 membres (FN) UEN (Union pour l’Europe des nations : souverainistes de droite) : 27 membres

Cohérence idéologique plus ou moins forte car ce sont des groupements politiques et non des partis à proprement parler. Il faut un certain de députés d’un certain nombre d’Etats pour former un groupe. Problème de statut unique. Règles nationales d’appliquent pour indemnités, etc. Proportionnelle : tout pouvoir au contrôle donné aux groupes. Groupes les plus nombreux sont favorisés : temps de parole, pour questions orales et écrites… Tout dépend du nombre de députés dans le groupe.

c) Les forces politiques au Parlement européen : « conjonction des centres » ou tribune

pour les extrémistes ? Domination du bloc des centres (PPE et PSE). Découle de la manière dont le Parlement conçoit son rôle. Renforcement des organes hiérarchiques comme la commission parlementaire (veille à la qualité juridique des textes), chargés de régler les problèmes avec le Conseil et la Commission. La conférence des présidents donne une direction d’ensemble aux travaux du Parlement. Présidents issus des plus grands partis (PPE et PSE). Avec renforcement des pouvoirs de Parlement, conciliation et collaboration avec les autres institutions augmente. Hiérarchie découle de cette nécessité. Grande hétérogénéité des groupes politique mais discipline de vote très stricte. PPE et PSE donnent consignent de cote très respectées. Parlementarisme de consensus qui explique que la pratique de la motion de censure soit peu utilisée. Parlement cherche à négocier le plus tôt possible avec le Conseil et la Commission pour éviter tout conflit. Compétences techniques des eurodéputés sont très valorisées. Permet au processus de décision de se faire rapidement. Traitent souvent de questions très techniques :

dimensions idéologique ne prime pas dans les débats. Pas de parti européen : pas de véritable vie politique européenne. Députés européens entretiennent des relations relativement difficiles avec leurs partis nationaux car en font toujours partie mais de sont pas des élus nationaux. Légitimité des députés repose sur leur expertise et leur relation avec les groupes d’intérêts. Diversité linguistique freine toute la rhétorique. Temps de parole très limité et aucune possibilité de passer outre. Doit être facilement traduisible. Commission européenne profite du mode de fonctionnement du Parlement (apolitique, technique) pour se protéger des critiques et des censures du Parlement.

Protestation des extrêmes contre les centres. Consensus permet une plus grande efficacité mais a nuit à l’image du Parlement pour les électeurs. Institution obscure, technocratique et lointaine. Parlement essaye de renforcer la dimension idéologique en proposant que chaque groupe politique désigne son candidat pour la présidence de la Commission avant chaque élection. Mais clivages nationaux. (Ex : quand France voulait reprendre les essais nucléaires en 95. Parlement a voté une résolution contre sauf tous les députés français.) Mais reste relativement rare

d) Affiliations idéologiques et allégeances nationales

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Parfois il y a des clivages nationaux, notamment dans la conception souhaitée du Parlement ou il y a une vision de l’intégration européenne en général. Ex : Italie et Benelux sont favorables au renforcement du Parlement européen. Allemagne aussi très en faveur du Parlement pour résorber le déficit démocratique. Pays scandinaves soutiennent en revanche beaucoup les parlements nationaux. Accent mis sur le rôle de contrôle du Parlement et moins sur le rôle législatif. Position britannique : Parlement européen n’est pas un vrai parlement. Pas de légitimité pour avoir un grand pouvoir et vice versa. Tendance dominante : discipline partisane et consensus entre les 2 grand partis. Discipline de vote respecté dans 80% des cas et PPE et PSE ont voté ensemble dans 80% des cas. Seul moment où il y a clivage gauche / droite sont quand ils ne votent pas ensemble.

3.

européenne

Le

Parlement

européen

et

le

« déficit

a) La faible représentativité des élus européens

démocratique »

de

l’Union

Conseil peut décider d’un mode délections des eurodéputés sur proposition du Parlement. Mais se n’est jamais fait car attachement aux traditions nationales. 4 types :

- uninominal majoritaire à 1 tour (G.B)

- proportionnel avec circonscription unique (Danemark, Espagne, Grèce)

- Système proportionnel (France depuis 04)

- partis peuvent présenter des listes au niveau fédéral ou fédérés (Allemagne)

Elections européennes souvent vus comme de second ordre : sanctions nationales et moyen de

tester sa popularité pour les partis nationaux entre 2 élections nationales. Abstention très forte. Depuis Maastricht, tout citoyen européen peut voter aux élections européennes et se présenter. Mais se fait très peu. En France seul 5% des citoyens communautaires votent.

1979

: 63% de participation

2004

: 44% de participation

Participation très faible dans les nouveaux Etats membres (25% dans les 10 contre 45% dans les 15) Hétérogénéité des groupes politiques : divisions internes. En plus beaucoup de partis nationaux sont divisés (cf. parti socialiste français). Eurodéputés évitent donc les prises de position idéologiques.

b) Des pouvoirs restreints dans le deuxième et troisième pilier de l’UE

Parlement européen longtemps exclu dans divers secteur d’action publique dans les 2 ème et 3 ème piliers (alors que ce sont les domaines où l’opinion publique est la plus intéressée) Position contradictoire

4. Le Parlement européen après l’élargissement de l’Union européenne et la signature de la Constitution

Nombre de parlementaires a augmenté mais rien d’autre n’a changé suite à l’élargissement. Dans PTC, 3 changements :

Le parlement devait élire le président de la Commission (pour une dimension plus idéologique : même couleur politique que l’Assemblée à la Commission) Suppression de la distinction entre dépenses obligatoires et non obligatoires. Augmentation du droit de regard du Parlement sur le budget. Nombre maximum de parlementaires devait être 70 indépendamment du nombre d’Etat membres. Minimum 5 députés et maximum 96 députés par Etat.

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Conseil européen devait fixer la nouvelle répartition du nombre de députés par Etat en 2009.

Parlement : institution qui a accru ses pouvoirs de manière remarquable depuis 1957. Renforce surtout son rôle législatif. Influence politique en examinant le programme d Conseil et de la Commission. Peu de contrôle a posteriori. En revanche : déficit politique plus important. Victime de la complexité des prises de décision. Dilution des responsabilités politiques. A des pouvoirs qu’il a du mal à expliquer aux citoyens. Formes d’un parlement national mais use de ses pouvoirs de contrôle dans une perspective de consensus. Fonctionnement très policé du Parlement qui arrange le Conseil et la Commission. C’est le prix à payer pour l’augmentation de son rôle. Jusque dans les années 80, c’était une Assemblée où il y avait des débats et une grande liberté de tons. Expertise aujourd’hui très difficile à faire valoir politiquement. Utopique : on ne peut plaquer des fonctionnements nationaux sur ce Parlement européens. Procédures utilisées différemment.

TITRE 4 : La Cour de Justice de la Communauté, moteur d’un fédéralisme européen

1.

La Cour de Justice et l’instauration d’une « communauté de droit »

a)

L’indépendance des magistrats européens

b)

L’organisation du travail de la CJCE

c)

La multiplication des recours et le rôle du Tribunal de première instance

2.

Les attributions de la CJCE

a)

Les renvois préjudiciels

b)

Les recours directs

c)

Une juridiction administrative

3.

La jurisprudence et « l’intégration par le droit »

a)

L’interprétation téléologique du droit communautaire par la CJCE

b)

Les grands arrêts de la CJCE et la construction de l’ordre juridique communautaire

c)

La CJCE, acteur à part entière de la construction européenne