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Intitulé du cours :

Circuits électriques et magnétiques

Chapitre 1: ETUDE DES MATERIAUX


ELECTRO-TECHNIQUE
(6H cours)

I. Matériaux conducteurs :
I.1. Propriétés physiques
I.2. Différents types de conducteurs
I.3. Normalisation des conducteurs
I.4. Modification des caractéristiques par rapport à des
phénomènes extérieurs (température…)

II. Matériaux Magnétiques :


II.1. Propriétés physiques
II.2. Matériaux ferromagnétiques doux et matériaux
ferromagnétiques durs, notions sur les pertes ferromagnétiques
II.2.1) Matériaux ferromagnétiques doux
II.2.2) Matériaux ferromagnétiques durs
II.2.3) Notions sur les pertes ferromagnétiques
III. Matériaux Diélectriques :
III.1. Propriétés physiques
III.2) Caractérisation
III.3) Notions sur les pertes diélectriques
III.4) Présentation d’un isolateur d’une ligne HT
Introduction Générale sur les Matériaux Electrotechnique.

Les machines électriques, connues depuis le siècle dernier, ainsi que l'ensemble du matériel
électrique évoluent vers une plus grande compacité, grâce à l'amélioration des matériaux qui
les constituent.

Classification des matériaux utilisés en électricité

Ces matériaux peuvent être classés en quatre groupes selon leur fonction :
- les matériaux conducteurs pour véhiculer le courant électrique.
- les matériaux magnétiques pour créer ou canaliser l'induction magnétique.
- les matériaux isolants pour isoler les conducteurs électriques.
- les matériaux semi-conducteurs pour la fabrication des composants électroniques.

Le choix de ces matériaux dépend, en premier lieu de leurs propriétés électriques


(résistivité, perméabilité, constante diélectrique...) et de leur coût, mais aussi de leurs
propriétés physiques, chimiques et mécaniques (densité, dilatation, point de fusion, sensibilité
à la corrosion, dureté, élasticité...).

a) propriétés physiques,

Densité ou masse volumiques (Kg/m3) : C’est la masse de l'unité de volume d'un matériau.
Point de fusion : Les matériaux à l'état solide passent à l'état liquide toujours à la même
température ; c'est leur point de fusion.

Dilatation : Une barre chauffée s'allonge d'autant plus qu'elle est portée à une température
plus élevée. On définit un coefficient de dilatation ß pour chaque matériau.

b) propriétés chimiques,
Action des acides : La plupart des métaux sont attaqués par les acides alors que les
matériaux plastiques sont insensibles aux agents chimiques.

Oxydation, corrosion : L'action combinée de l'oxygène de l'air, de la chaleur, de


l'humidité produit une détérioration lente de la surface des métaux.

c) propriétés mécaniques,
- La résistance à la rupture, à l'extension: C'est le quotient de la charge maximale par
la section de départ
- La résistance limite élastique.
- L'allongement.
- La dureté (résistance à la pénétration d'un corps dans un matériau).

d) propriétés électriques,
Les métaux en général offrent une faible résistance au passage du courant, ce sont les
matériaux bons conducteurs.
D'autres présentent une très grande résistance au passage du courant: ce sont les
matériaux isolants.

Résistivité : La résistance d'un conducteur de longueur l et de section A exprimée en


fonction de sa résistivité ρ vaut : R = ρ.l / A

Coefficient de température "α"


Lorsque la température d'un matériau varie, la résistivité ρ du matériau varie
également ρt = ρ0(1+αt)

Les éléments principaux de ces matériaux sont :


- le cuivre et l'aluminium pour les conducteurs électriques.
- le fer pour les circuits magnétiques.
- le silicium pour les composants d'électronique de puissance.
- la silice (oxyde de silicium), le bois et les dérivés du pétrole pour les isolants électriques.

Lexique de certains matériaux


Fontes : fer (92 %) + 2 à 5 % de carbone + impuretés
Aciers : fer (97 % min) + 0,05 à 1,5 % de C + traitements thermiques
bronzes : Cu + ----10 % de Sn
Laitons :Cu + == 50 % de Zinc
Constantan :Cu + Ni

I. Matériaux conducteurs :
I.1. Propriétés physiques
I.2. Différents types de conducteurs
I.3. Normalisation des conducteurs
I.4. Modification des caractéristiques par rapport à des
phénomènes extérieurs (température…)

I. Matériaux conducteurs :
Introduction
Les matériaux conducteurs les plus utilisés en électrotechnique sont le cuivre et
l'aluminium. On utilise le cuivre dans la plupart des applications magnétiques pour sa faible
résistivité (e.g. moteurs électriques, alternateurs, transformateurs). Dans les lignes à haute
tension, on utilise l'aluminium pour son faible poids (e.g. lignes 735 kV).
Dans ce sous chapitre, il sera d'abord question de la physique des matériaux conducteurs.
Cette analyse permettra de décrire ce qui, au niveau de l'atome, distingue les conducteurs des
isolants. Ces notions seront aussi utiles lors de l'étude des isolants électriques couverts à la
section III de ce chapitre..
En second lieu, le sous chapitre I traitera les différents types de conducteurs, la normalisation
de ces conducteurs et de la modification de leurs caractéristiques par rapport à des
phénomènes extérieurs, par exemple la température.
Ensuite, il sera question de l'application de ces conducteurs dans les dispositifs usuels de
l’électrotechnique, par exemple les machines électriques et les transformateurs. Il sera alors
question des classes de conducteurs, de leur isolation. Finalement, le chapitre I traitera des
matériaux conducteurs, des aspects de base de leur physique et des applications principales.

I.1. Propriétés physiques des matériaux conducteurs


L'expérience nous enseigne que la plupart des métaux (cuivre, aluminium,
fer. zinc, etc.) possèdent une habileté à porter un courant électrique I lorsqu'on applique un
voltage V entre deux points de leur surface, tel qu'illustré à la figure 1.
FigI.1 : Application d’une ddp V entre deux points de surface d’un matériau
conducteur

Cette habileté est ce qu'on appelle la conductivité électrique des métaux et elle a d'abord été
décrite par Ohm en 1826 sous la forme bien connue

V=RI

où R est la résistance du conducteur en (Ω)

En outre, la résistance du conducteur R dépend des dimensions du conducteur et du matériau


dont il est constitué. La loi d'Ohm peut donc être aussi formulée sous la forme suivante :

𝒍
𝑽=𝝆 𝑰
𝑨

où ρ est la résistivité du matériau (Ω.m)


l est la longueur du conducteur (m)
A est la section du conducteur (m²)

C'est seulement à partir du XXième siècle qu'on a pu décrire avec précision les processus
atomiques qui permettaient d'expliquer et de prédire ce comportement conducteur ou isolant
des matériaux. Les isolants (diélectriques) seront traités à la 3ième partie de ce 1er chapitre.

I.1.1 Niveaux électroniques d’un atome seul


La connaissance actuelle que nous avons de l'atome est qu'il est constitué d'un noyau
positivement chargé et d'électrons négativement chargés qui circulent autour du noyau. Le
numéro atomique Z détermine le nombre de protons (et donc de charges positives) contenus
dans le noyau.
En ce qui concerne les électrons, ceux-ci sont répartis autour du noyau sur des couches
électroniques distinctes. La physique quantique nous a appris que chaque couche est
constituée d'orbitales, qui constituent en fait une zone où la probabilité de trouver un électron
est élevée. Aussi, les orbitales sont de types s, p, d, f, et sont respectivement au nombre de 1,
3, 5, 7. Chacune des orbitales peut contenir 0, 1 ou 2 électrons. Le tableau I.1 résume la
répartition des électrons sur les diverses couches et orbitales.
Tableau I.1 : La répartition des élections sur les diverses couches et orbitales.

Il est important de noter que plus le numéro de la couche électronique est faible (e.g.
couche 1), plus les électrons sont localisés près du noyau et plus difficile il sera d'arracher
l'électron à l'attraction de son noyau. Aussi, il est important de noter que les couches
électroniques et les orbitales sont remplies successivement dans l'ordre 1s, 2s, 2p, 3s, 3p, 4s,
4p. 4d. etc.
Par exemple, l'atome de cuivre possède 29 électrons et les orbitales suivantes sont
remplies, tel que l'indique le tableau suivant.

Tableau I.2 : Répartition des électrons dans l’atome de cuivre

Un autre exemple. On prend un atome de sodium (Na) et on suppose que cet atome de
sodium est localisé à une distance suffisante de toute particule, tel qu'il ne subisse aucune
interaction électromagnétique avec d'autres atomes.

Les électrons sont répartis comme suit :


FigI.2 : Répartition des électrons en couches sur un atome isolé

I.1.2 Excitation, électrons de valence et niveaux d'énergie

Tel que mentionné plus tôt, les électrons localisés sur les couches internes sont situés
plus près du noyau et sont donc plus fortement liés au noyau par l'attraction électrique
entre le noyau et l'électron. Au contraire, les électrons situés sur la dernière couche
électronique sont plus distants du noyau et plus faiblement attachés à l'atome.
Les électrons de valence sont définis comme étant les électrons localisés sur la dernière
couche électronique de l'atome. Ainsi, l'atome de cuivre comporte 11 électrons de valence
et l'atome de sodium en possède un seul. Les électrons de valence seront en général les plus
faciles à détacher de la structure atomique.
Posons maintenant qu'une source d'énergie extérieure transfert de l'énergie à un des
électrons situés sur la couche extérieure. Tous les électrons augmenteront alors leur
énergie cinétique. Si cette énergie cinétique est suffisamment élevée, un ou des électrons
de valence pourront passer sur une couche électronique plus élevée.

Supposant que cet apport d’énergie est obtenu en chauffant l’atome :


Figure I.3 : (a) En chauffant l’atome (b) Source externe d'énergie retirée

En retirant la source externe d'énergie, la force d’attraction du noyau ramène


l'électron vers le noyau. L'énergie de l'électron est dissipée sous forme électromagnétique, par
l'émission d'un photon.
Un atome seul permet des niveaux d'énergies discrets uniques. C'est ce qui donne les
raies spectrales qui sont des signatures caractéristiques pour chaque élément du tableau
périodique.
Si la quantité d'énergie transférée à un électron de valence est suffisamment élevée, il sera
possible d'arracher complètement l'électron à l'influence du champ d'attraction électrique de
son noyau. Il possédera alors une énergie cinétique suffisante pour ne pas revenir vers l'atome.
C'est ce qu'on appelle un "électron libre".

Pour qu'un électron de valence puisse passer de la couche de valence vers l’état d'électron
libre, il lui faudra acquérir une énergie cinétique additionnelle Eg. La figure 4 illustre une
répartition typique des niveaux d'énergie cinétique propre à un atome seul.

Figure I.4 : Répartition typique des niveaux d'énergie cinétique propre à un atome seul

I.1.3 Bandes électroniques dans un solide

L'analyse du phénomène de conduction électrique fait intervenir des atomes qui sont
agencés en un cristal compact, plutôt qu'en un gaz ou en atomes individuels. Or, le
rapprochement des atomes, comme c'est le cas avec un conducteur, modifie le nombre des
niveaux d'énergie disponibles pour les électrons autour du noyau.

Posons un solide avec des milliards d’atomes identiques fixes, tel qu’illustré à la figure I.5
suivante.
Figure I.5 : Solide constitué d’atomes identiques fixes

L'influence des atomes les uns sur les autres tend à modifier les niveaux d'énergie
disponibles. Ainsi, les répulsions et attractions entre électrons voisins doivent être prises en
considération pour établir l'énergie nécessaire pour pousser un électron au niveau d'énergie
supérieure. Le nombre de niveaux discrets disponibles devient dépendant :
- du nombre d'atomes dans le solide,
- de la distance interatomique.

La figure I.6 illustre l'effet du rapprochement atomique sur la multiplication des niveaux
d'énergie dans le cas d'un cristal composé de six atomes. Selon cette figure, pour une distance
interatomique R faible, les niveaux sont distribués de part et d'autre de E1 leur nombre est
multiplié par le nombre d'atomes présents dans le cristal.
Figure I.6 : Des niveaux d'énergie d'un cristal composé de six atomes.

Lorsque le cristal est composé de milliards d'atomes, comme c'est le cas en pratique,
une infinité de niveaux d'énergie sont possibles pour les électrons. Les électrons voient leur
niveau d'énergie cinétique non plus distribué sur des états discrets, comme c'était le cas pour
des atomes individuels, mais plutôt sur des "bandes" discrètes d'énergie. Les niveaux
d'énergie électronique des solides sont donc concentrés dans des "bandes d'énergie", tel que
l'illustre la figure I.7 suivante.

Figure I.7 : Les niveaux d'énergie électronique des solides concentrés dans des
"bandes d'énergie ’’

La séparation d'énergie Eg entre la bande de conduction et la bande de valence détermine


si le solide se comporte en conducteur, en isolant ou en semi-conducteur. Dans un solide, un
électron libre est un électron qui possède suffisamment d'énergie cinétique pour être arraché à
l'influence de son atome initial et circuler librement vers un autre atome. Au niveau
énergétique, l'électron libre possède un niveau d'énergie cinétique correspondant à la bande de
conduction.
Le phénomène de conduction se produit lorsqu'un électron libre passe d'un atome à un
autre. Pour obtenir ce phénomène, il est nécessaire qu'un électron possède suffisamment
d'énergie cinétique pour entrer dans la bande de conduction. La conduction peut être
grande, partielle ou nulle, suivant la quantité d'énergie cinétique Eg requise pour passer
de la bande de valence à la bande de conduction.

Cas 1) Les Conducteurs : Eg = 0 eV


Les électrons passent de la bande de valence à la bande de conduction sans
difficulté. C'est le cas des conducteurs.
Ex : Cu, Fe. Al

Figure I.7 : Les bandes d'énergie des conducteurs : Eg = 0 eV

Cas 2 ) Les Isolants : Eg > 6 eV


Les électrons sont presque absents de la bande de conduction. Ils sont
prisonniers de leur atome.
Exemple : Soufre. Phosphore. Chlore

Figure I.8 : Les bandes d'énergie dans les isolants : Eg > 6 eV


Cas 3 : Les Semi-conducteurs : 0 eV <Eg < 5 eV
Exemple : silicium, germanium.

I.1.4 Comportement des électrons libres dans un solide conducteur

Au niveau macroscopique, le phénomène de conduction électrique est quantifiable par la


Conductivité ζ d'un solide, ou par son inverse, i.e. la résistivité ρ. Dans cette section, ces
deux quantités seront exprimées en fonction des paramètres microscopiques qui définissent
le comportement des électrons libres dans le solide conducteur.

En l'absence de champ électrique externe (Ex = 0), le mouvement des électrons libres
est aléatoire à l'intérieur du solide. Les électrons libres se déplacent alors à une vitesse
moyenne Vtherm, laquelle est une conséquence de l'agitation thermique du solide. Cette vitesse
varie avec la température du solide et est indépendante du champ électrique externe appliqué.
L'électron libre se déplace sous l'influence de l'agitation thermique, mais son mouvement
est limité par les collisions avec les autres atomes du solide. À chaque collision, l'électron
libre perd son énergie cinétique, laquelle est transformée en radiation thermique par
l'émission d'un photon.
On définit le comme étant la distance moyenne parcourue par l'électron libre entre chaque
collision. La figure suivante illustre le mouvement aléatoire de l’électron libre dans le solide.

Figure I.9 : Le mouvement aléatoire de l’électron libre dans le solide avec et


sans un champs électrique.

La fréquence moyenne fcoll des collisions pour un électron libre sera donc définie par :

Si une tension V est appliquée aux bornes du solide conducteur, résultant en un champ
électrique Ex à l'intérieur du solide, on observera un déplacement moyen ΔX des électrons
libres sur une période de temps Δt. En plus de son mouvement thermique habituel, chaque
électron libre dérivera d'une distance moyenne ld dans la direction parallèle à l'orientation
du champ électrique E entre chacune des collisions.
Chaque électron libre sera soumis à une force électrique eEx dans la direction du champ
électrique appliqué, laquelle engendrera une accélération ax, tel que :

où me est la masse de l'électron (0,911 xlO-30 kg)


e est la charge de l'électron (1,602x10-19 C),
Ex est le champ électrique imposé par une source externe (V/m)

La vitesse moyenne de déplacement des électrons dans la direction du champ


électrique est la vitesse de dérive :

La vitesse de dérive Vd sera en général beaucoup plus faible que la vitesse Vtherm
résultant de l'agitation thermique. Par exemple, la vitesse moyenne de dérive des électrons
libres du cuivre soumis à un champ électrique de 10 V/m à T = 273 K sera égale à Vd = 4,7
cm/s, alors que l'agitation thermique engendrera une vitesse Vtherm dont l’ordre de grandeur
sera de 1000 km/s. Il est donc raisonnable d'affirmer que la vitesse de dérive des électrons
n'affecte en rien la fréquence des collisions à l'intérieur du solide et que seule la température
affecte la fréquence de ces collisions.
On exprime la vitesse de dérive en fonction de l'accélération ax. Selon la mécanique
classique:

Et la vitesse moyenne de dérive sur le parcours de l'électron libre entre deux collisions est
donnée par :

Et donc,

On définit la mobilité des électrons μe comme :


Les unités de la mobilité des électrons sont des m²/V.S
Et donc,

A partir de la vitesse moyenne de dérive des électrons libres, il est possible de


déterminer une expression décrivant directement la densité de courant surfacique j en fonction
du champ électrique appliqué E sous la forme bien connue de la loi d'Ohm:

où j est la densité de courant par unité de surface (A/m2)


Pour ce faire, on pose un volume de matériau conducteur de dimensions 1m x1mx 1m,
composé de ne électrons libres.

Figure I.10 : Volume de matériau conducteur 3D renfermant ne électrons libres.

Si un champ électrique Ex est appliqué à l'intérieur du volume, la quantité d'électrons


libres qui traverseront la surface du volume pendant un laps de temps égal à l'intervalle entre
deux collisions électroniques sera égale à ne x ( ld /1mètre). Par conséquent, le courant par
unité de surface sera :

ou encore
Or. on a vu que la vitesse moyenne de dérive Vd était proportionnelle à l'intensité du champ
électrique Ex dans le conducteur. On obtient ainsi une relation liant la densité de courant jx à
l'intensité du champ électrique Ex :

Ce qui est l’expression de la loi d’Ohm pour :

Où : ne est le nombre d’électrons libres par unité de volume.

Le nombre d’électrons libres ne par unité de volume varie d’un matériau à un autre. Il est
donné au tableau I.3 pour différents métaux.

Tableau I.3 : Le nombre d’électrons libres ne par unité de volume pour différents métaux.

I.1.5 Propriétés Caractéristiques des matériaux conducteurs


Les conducteurs électriques sont essentiellement des métaux ou
des alliages métalliques qui possèdent tous à peu près les caractéristiques suivantes :

1°) Une faible résistivité électrique : < 10-6 Ωm (≈1 million de milliard fois plus pour les
isolants). On peut situer les valeurs de leurs résistivités par rapport à celles des
supraconducteurs, des semi-conducteurs et des isolants sur le schéma de la figure11.
Les matériaux supraconducteurs sont des conducteurs qui, en dessous d'une certaine
température critique (-148°C pour la plus élevée connue actuellement), ne présentent plus
aucune résistance au passage du courant (résistivité électrique nulle).

Figure I.11 : Echelle des résistivités des matériaux :

Tableau I.4: Résistivité des principaux conducteurs employés en électricité ou en électronique

α est le coefficient de variation de la résistivité en fonction de la température ;

2°) Bonne conductivité thermique : ≈ 100 W/(m°C) (≈ 500 fois moins pour les isolants)

3°) Solide de grande dureté sauf pour le mercure (liquide), le sodium et le plomb

4°) Densité élevée : ≈ 10 sauf pour Al : 2,6 et Au, Pt et W : ≈ 20

5°) influence importante de la température sur :


. la résistivité : 40 % en plus pour 100 °C d'élévation
. la dilatation linéique : qq. mm/m pour 100 °C d'élévation

6°) influence importante de la fréquence sur la résistivité : effet de peau : en alternatif, le


courant n'utilise pas la totalité de la section du conducteur mais a tendance à circuler sur sa
périphérie. Ce phénomène se traduit par l'augmentation de la résistance du conducteur. C'est
la raison pour laquelle on fractionne le câble en plusieurs brins (fil de Litz en HF).

a) Effet de peau dans les matériaux conducteurs


Dans cette partie, il est
question de la répartition du courant dans un conducteur lorsque ce courant varie dans le
temps. Comme on le verra, le changement dans la répartition du courant engendre des pertes
additionnelles dans le conducteur. La formulation de ces pertes varie selon que le courant est
purement sinusoïdal, comme c'est le cas pour les lignes de transport de l’électricité, ou carré,
comme c'est le cas dans les convertisseurs statiques.

a.1) Effet de peau : principes généraux


Selon la loi d'Ohm, les pertes par
conduction varient selon le carré du courant circulant dans un conducteur et
proportionnellement à la résistance de ce conducteur, laquelle suppose le courant
uniformément réparti sur sa section. La répartition uniforme du courant sur la section du
conducteur est valable pour des courants continus.
En courant alternatif, la répartition du courant change. Au fur et à mesure que la fréquence
du courant augmente, le courant tend à se répartir à la surface du conducteur. Ce
phénomène est une conséquence directe des équations de Maxwell. C'est l'effet de peau, tel
qu'illustré à la figure I.12 .

Figure I.12 : Effet de peau

Il est à noter que, peu importe la répartition radiale à l'intérieur du conducteur, le champ
magnétique H à la surface du conducteur demeure égal à I/2πr, pour autant que la répartition
du courant soit symétrique à l'intérieur du conducteur.

La section totale πr² de ce conducteur est traversée par un courant I. On segmente la section
du conducteur en une infinité de sections infinitésimales de surface ds et on détermine la
valeur du courant δI qui traverse ds. On appelle "densité de courant" le rapport j = δI/ds et sa
valeur à l'intérieur du conducteur nous indique la répartition du courant.

On peut exprimer les pertes par conduction Pcond en fonction de la densité de courant j
selon l'expression suivante :
où Vcond est le volume total du conducteur.

Localement, les pertes varient selon le carré de la densité de courant j. Par conséquent,
une répartition non-uniforme de j sur la section du conducteur entraînera une augmentation
des pertes totales.
La répartition de j a été déterminée à partir des équations de Maxwell.

a.2) Pertes en courant alternatif : effet de peau en régime sinusoïdal


Si le courant i(t) circulant dans le conducteur varie sinusoïdalement
dans le temps avec une fréquence angulaire ω, tel que :

le champ magnétique Hy (z,t) variera également dans le temps de manière sinusoïdale, selon

Où Hy (z) est l’amplitude du champ magnétique en chaque point du conducteur.

Selon ( Maxime Dubois ; Chapitre 2 ; ‘Matériaux conducteurs’ page 47), la densité de courant jx
est trouvée sous la forme :

La densité de courant jx sera donc égale à I/2πrδ à la surface du conducteur. Elle sera égale à
37% de cette valeur à une profondeur de δ et de 5% de cette valeur à une profondeur de 3δ.

I.1.6) Caractéristiques des matériaux conducteurs et leur emplois


Dans les deux tableaux suivants nous donnons les principales caractéristiques et
l’emploi des matériaux conducteurs.
Tableau I.5 : Caractéristiques des métaux conducteurs

Suite sur les caractéristiques des métaux conducteurs


Tableau I.6 : Caractéristiques des alliages métalliques conducteurs

I.2. Différents types de conducteurs

I.2.1) Introduction :
Les conducteurs et les câbles assurent la transmission de l'énergie électrique et sa
distribution. Ils représentent les éléments actifs des liaisons électriques. Il en existe une très
grande variété pour satisfaire à toutes les utilisations de l'électricité.
Qu'est ce qui différencie un conducteur d'un câble ?
Le conducteur ne dispose que d'un seul isolant, alors que le câble comporte un isolant et une
gaine isolante supplémentaire. Il existe des câbles unipolaires (qui ne comportent qu'un
conducteur) et des câbles multipolaires (qui comportent plusieurs conducteurs)

Les conducteurs et câbles sont constitués des éléments suivants :


• d'une partie qui conduit l'électricité appelée âme,
• d'une isolation de l'âme appelée isolant de l'âme,
• d'une isolation du câble appelée gaine,
• éventuellement d'un bourrage,
• éventuellement d'un blindage mécanique ou électrique

Il faut distinguer trois termes différents employés souvent indistinctement :

• Le conducteur isolé : ensemble formé par une âme conductrice entourée d'une
enveloppe isolante (f ig.I.13) ;

Figure I.13 : Le conducteur isolé

• Le câble unipolaire : conducteur isolé comportant une ou plusieurs gaines de protection


(fig. I.14) ;

Figure I.14 : Le câble unipolaire

• Le câble : ensemble de conducteurs, électriquement distincts, mais comportant une ou


plusieurs gaines de protection communes (f ig. I.15).
Figure I.15: Le câble

I.2.2) Constitution générale


Un conducteur électrique est composé essentiellement de deux éléments :
- Une âme conductrice ;
- Une enveloppe, isolante.

a) L'âme conductrice
a.1) Caractéristiques électriques
L'âme conductrice, en cuivre ou en aluminium, doit présenter une très faible résistivité (ρ)
afin d'avoir le minimum de pertes par effet Joule : PJ (échauffement du câble) et le minimum
de chute de tension (ΔU) dans le câble.
𝝆.𝑳
• Calcul de la résistance : 𝑹 = 𝑺
• Calcul de la réactance : X=χ . L
• Calcul de l'impédance : 𝒁 = 𝑹² + 𝑿² .
• Calcul de la chute de tension : ΔU = Z.I. Elle s'exprime généralement en %.
• Calcul des pertes Joule : PJ=R . I ² .

La souplesse d'un conducteur dépend de la constitution de l'âme massive ou multi-brins.


On répartit ces âmes en 6 classes :
- âmes rigides classe 1,
- âmes les plus souples classe 6.
Figure I.16 : Conducteur à âme câblée de section 50 mm²

a.2) Caractéristiques mécaniques


L'âme conductrice est caractérisée par sa section en mm2, et par sa structure qui est
massive ou câblée.

Figure I.17 : Conducteurs (a) à âme conductrice massive


(b) à âme conductrice câblée

L'âme est massive lorsqu'elle est constituée d'un conducteur unique.


Elle est dite câblée lorsqu'elle est formée de plusieurs brins torsadés.

b) Enveloppe isolante
L'enveloppe isolante est la matière entourant l'âme et qui est destinée à assurer
son isolation. Elle doit posséder des propriétés bien précises :

• Propriété électrique : très forte résistivité (bonne isolation électrique).


• Propriétés physiques et chimiques :
- Bonne résistance à la chaleur et au froid ;
- Tenue au vieillissement ;
- Résistance à l'humidité, à la corrosion et au feu.
• Propriétés mécaniques : des essais de résistance à la traction, à la torsion, à la
flexion permettent de contrôler les qualités mécaniques.
• Tenue au feu : la résistance au feu est l'aptitude du câble à assurer son service pendant
une durée déterminée, malgré l'action d'un incendie :
- CR2 : câbles ordinaires, pas de résistance au feu particulière ;
- CR1 : câbles dits résistants au feu.
Les principaux isolants sont donnés au tableau I.7 :
Tableau I.7 : Les principales matières de l’enveloppe isolante entourant l’âme .

c) Repérage des conducteurs


Les conducteurs d'un câble sont repérés :
- soit par une coloration,
- soit par une numérotation.

Signification des différentes couleurs :


- Double coloration vert/jaune exclusivement réservée au conducteur de protection PE,
- Couleur bleu-clair ou la numérotation 1 est réservé au neutre si celui-ci est distribué.

I.2.3) Constitutions des câbles


Il existe différentes constitutions de câbles dont les plus utilisés sont constitués
de conducteurs assemblés par bourrage, le tout se trouvant dans une gaine (Fig I.18). Dans des
milieux hostiles on est amené à ajouter des protections supplémentaires (Fig I.19).

Figure I.18: Câble dans une gaine, Figure I.19: Câble armé avec feuillard
H 07 RN-F 2G25 d’acier et étanche avec une gaine de plomb

I.3. Normalisation des conducteurs


I.3.1) Introduction
Les éléments de base constitutifs de toute installation électrique sont les conducteurs et
les câbles. Il existe une désignation normalisée des conducteurs et câbles qui à fait l'objet
d'une norme NF C 32 070. L'objet de cette partie est de faire le point sur cette désignation et
d'apprendre à la décoder.

I.3.2) Désignation normalisée des conducteurs isolés et câbles :

La désignation des conducteurs et câbles est composée de chiffres et de lettres. Comme


nous venons de le voir, la constitution d'un câble peut être complexe ; pour en faire une
identification rapide, on utilise une codification. Actuellement, il existe deux systèmes
normalisés :

- le système « UTE » (Union Technique de l'Electricité), le code le plus ancien.


- le système dit « CENELEC » (Comité Européen de Normalisation de l'Electrotechnique)
qui doit progressivement remplacer le précédent, à partir d'un objectif d'harmonisation
européenne.

1°) Le système CENELEC

Le système CENELEC reprend les renseignements suivants :

• un premier groupe de lettres (1 ou 3 lettres) indiquant le type de câble,


• un groupe de chiffres (1 ou 2) indiquant la tension nominale,
• une lettre qui décrit la matière constituant l'isolant du (des) conducteur(s),
• éventuellement un groupe de lettres qui décrivent les différentes couches d'isolation et
options du câble,
• une lettre facultative qui décrit la matière constituant le matériau de l'âme conductrice (elle
est absente pour un conducteur en cuivre),
• une lettre qui décrit la souplesse du conducteur ou du câble,
• un chiffre qui indique le nombre de conducteurs dans le câble,
• une lettre facultative indiquant la présence d’un conducteur vert/jaune,
• la section des conducteurs (attention, il peut y avoir différentes sections dans un seul câble).

• Exemple code CENELEC : H 07VV - F 3G1.5 mm2

H : Série harmonisée
07 : Tension nominale : 450/750V
V : Enveloppe isolante en PVC (Polychlorure de vinyle)
V : Gaine de protection non métallique en PVC
Pas de lettre : câble rond.
Pas de lettre : âme en cuivre.
-F : Ame souple, classe 5.
3G l.5 : 3 conducteurs en cuivre âme souple 1,5 mm2
(G : Câble avec conducteur vert/jaune dans le câble)
2°) LE système NF-USE

Le système NF - USE reprend les renseignements suivants :

• une lettre indiquant que le câble (conducteur) fait l'objet d'une norme UTE,
• un groupe de chiffres (3 ou 4) indiquant la tension nominale,
• une lettre facultative qui décrit la rigidité de l'âme (souple ou rigide),
• une lettre facultative qui décrit la matière constituant l'âme (cuivre ou aluminium),
• une lettre qui décrit la matière constituant l'isolant de l'âme,
• un chiffre qui décrit la gaine,
• une lettre qui décrit la matière constituant le matériau de la gaine,
• enfin une dernière lettre facultative qui décrit la forme du câble.

Exemple code UTE : U 1000 RGVPF 3G35 mm2

U : Câble faisant l'objet d'une norme UTE


1000 : Tension nominale : 1000V
Pas de lettre : Ame rigide.
Pas de lettre : Ame en cuivre.
R : Enveloppe isolante : PR Polyéthylène réticulé
G : Gaine de bourrage
V : Gaine de protection non métallique : PVC
P : Revêtement métallique : Gaine de plomb
F : Feuillard en acier
Pas de lettre : Câble rond
3G35 : 3 conducteurs en cuivre de section 35 mm2
3°) Exercices d’application :

Exercice 1: A partir des désignations normalisées ci dessous et du document ressource n°l,


donnez la description des câbles. Indiquer la désignation des différentes flèches.

Câble : U-1000 R2V 4G2,5

U : Câble faisant l'objet d'une norme UTE


1000 : Tension nominale de 1000 Volts
R : Enveloppe isolante des conducteurs en polyéthylène réticulé (PR)
2V : Gaine de protection épaisse en polychlorure de vinyle (PVC)
4G : 4 conducteurs dont le vert-jaune
2,5 : Section en mm2

Applications : Ces câbles dotés d'une gaine épaisse, sont couramment utilisés dans les
installations industrielles.
Exercice 2:
Conducteur isolé : H07 V-U
H : Série harmonisée
07 : Tension nominale 450/700V ( 𝟑 )
V : Enveloppe isolante en polychlorure de vinyle (PVC)
-U : Ame rigide, massive et ronde en cuivre

Applications : Equipement des circuits locaux d'habitation.

Exercice 3:

Conducteur isolé : H05 V-K

H : Série harmonisée
05: Tension nominale 300/500V ( √3)
V: Enveloppe isolante en polychlorure de vinyle (PVC)
-K: Âme souple, classe 5 en cuivre pour installation fixe

Applications : Equipement de filerie et de câblage de tableaux

Exercice 4: Câble : H07 VVH6-F

H : Série harmonisée
07 : Tension nominale 450/700V (√3)
V : Enveloppe isolante en polychlorure de vinyle (PVC)
V : Gaine de protection épaisse en polychlorure de vinyle (PVC)
H6 : Câble méplat « non divisible »
-F : Âme souple, classe 5 en cuivre

Applications : Câbles méplats souples pour l'alimentation d'appareils mobiles.

I.3.3) Repérage des conducteurs isolés selon la norme NF C15-100


Lorsque le circuit comporte un conducteur de protection, ce conducteur doit-être
repéré par la double coloration, Vert-et-Jaune.
Lorsque le circuit comporte un conducteur neutre, ce conducteur doit-être repéré
par la couleur bleu clair.
Les conducteurs repérés par des couleurs autres que la double coloration Vert-et-
jaune et bleu clair, peuvent être utilisés pour tous usages sauf comme conducteur de
protection ou comme conducteur neutre.

I.3.4) Choix d'un câble ou d'un conducteur isolé

Le choix d'un conducteur ou d'un câble se fait à partir des critères suivants :
• section de l'âme conductrice,
• utilisation fixe ou mobile,
• présence d'eau ou de corps solides,
• température ambiante,
• exposition au rayonnement solaire,
• modes de pose (encastré, apparent, immergé...),
• présence de polluants ou produits chimiques,
• respect de l'environnement...

Il existe des conducteurs isolés et câbles « classiques » pour certaines applications que sont :

• H07RN-F pour les installations mobiles,


• LJ1000R2V pour les installations fixes,
• H07V-R pour le câblage des armoires.

Pour les cas particuliers (exemples : présence d'huiles ou d'hydrocarbures, risques de


perforation du câble, câble posé sous l’eau …), il faut prendre les catalogues des constructeurs
de câbles et vérifier que le conducteur isolé ou le câble est adapté aux influences externes et
au cahier des charges. Vous trouverez sur le document ressource n°2 quelques extraits du
catalogue d'un fabricant français.

I.3.5) Applications
Question 1 :
Le câble U-1000 R2V est il adapté pour une utilisation en extérieur sous abri pour des
températures allant de -25°C à +55°C ?

Solution 1
U-1000 R2V (industriels non armées)
Câbles basse tension pour installation fixe, isolés PRC et gainés PVC.
Description
Utilisation
Les câbles U-1000 R2V sont destinés à un usage courant dans l'industrie et sont
particulièrement recommandés pour les installations fixes de distribution d’énergie basse
tension. L’usage des câbles multiconducteurs est adapté aux installations de télécommande et
de télé contrôle.
En cas de température ambiante élevée, appliquer les coefficients de correction.

Pose
Ces câbles peuvent être posés sur chemins de câbles, sur tablettes, à l'intérieur de caniveaux
ou fixés aux parois. Ils peuvent aussi être enterrés avec protection mécanique
complémentaire.

Les sections de 1,5 - 2,5 et 4 mm² doivent être réalisées en classe 2 (âmes câblées), chaque
fois que le câble sera raccordé à un appareil sujet à vibrations.

Marquage
N(x ou G) mm² U-1000 R2V NF-USE N° Usine S.Y + Sans Pb
• n = nombre de conducteurs
• s = section en mm²
• G = avec V/J Normes
• x = sans V/J Nationales NF
C 32-321
Question 2 :
Le câble H07V-K est il adapté pour une pose en apparent sans conduits ?

Solution 2 :
H07V-K
Conducteurs souples, sans gaine, isolés PVC pour usage général.
Description
Utilisation
Les conducteurs H07V-K sont particulièrement destinés au câblage de tableaux et d'armoires.
Pose
Air libre, sur isolateur, ou sous conduit : gaines, goulottes, etc...
Marquage
• Pour des sections entre 0,75 et 4 mm² : S.Y + USE <HAR> N° Usine
• Pour des sections supérieures 4 mm² : S.Y + USE <HAR> H07VK – N° Usine

Normes
Internationales HD 21.3 ; IEC 60227-2
Nationales NF c 32-201/3
Tableau I.8 : Désignation Normalisée des Câbles

1°) Couleurs normalisées des fils à respecter obligatoirement lors de toute installation
électrique :

- jaune / vert : obligatoire pour la mise à la terre


- bleu : obligatoire pour le fil de neutre
- rouge, marron ou noir : phase (noir pour navette phase entre interrupteur de va et vient)
- orange ou blanc : autres fils
2°) La norme des sections de conducteurs

Selon le nombre d'appareils, leur puissance, le type de l'installation, la norme


impose des sections de conducteurs appropriées.
Pour des raisons de sécurité, respectez impérativement les sections indiquées dans le tableau
ci-contre.

I.4. Modification des caractéristiques par rapport à des phénomènes


extérieurs.
Les principaux phénomènes susceptibles de modifier les caractéristiques
physiques des matériaux conducteurs sont la température, la pression, les radiations
électromagnétiques, les radiations cosmiques, etc.….

I.4.1 Effet de la température sur la conduction dans les solides

Les conducteurs sont le siège de collisions entre les électrons libres et les atomes
environnants. Tel qu'indiqué précédemment, chaque collision entraîne une émission d'un
photon. Lorsque le solide est en équilibre thermique, i.e. qu'il est à la même température que
l'air ambiant et qu'aucun champ électrique externe n'est imposé, l'énergie des photons
expulsés vers l'extérieur du conducteur est exactement compensée par l'apport énergétique de
l'air ambiant sur le conducteur. En d'autres termes, il y a autant d'énergie qui entre dans le
conducteur que d'énergie qui en ressort.
Lorsqu'un champ électrique externe Ex est appliqué, la vitesse de dérive entraîne une
très légère augmentation de la fréquence des collisions électrons-atomes. Quoique très légère,
cette augmentation du nombre des collisions est suffisante pour créer un échauffement
supplémentaire dans le solide. Cette augmentation de la puissance dissipée est évidemment
exprimée par l'équation classique :

P = Ri² et son équivalent P = Vcond σ j²

Où V cond est le volume du conducteur


L'augmentation de l'agitation thermique successive à l'augmentation de la température interne
du conducteur augmente la vitesse Vtherm des électrons libres et la fréquence fcoll des
collisions. Selon l'équation ( ), ceci a pour conséquence une diminution de la mobilité µe des
électrons libres et de la conductivité ζ du conducteur (donc une augmentation de la résistivité
ρ). La figure suivante illustre la variation de la résistivité ρ d'un conducteur en fonction de la
température.

Figure I.13: Variation de la résistivité d'un conducteur en fonction de la température.

Aux températures près de l'ambiant, la résistivité d'un conducteur peut s'exprimer par la
formule suivante :

où ρ est la résistivité du conducteur:


ρo est la résistivité du conducteur à 0 °C;
α est le coefficient de variation de la résistivité en fonction de la température ;
ΔT est l'élévation de la température du conducteur par rapport au 0°C.

Tableau I.4 : Coefficient α pour certains matériaux


Donc, un conducteur parcouru par un courant i s'échauffera. Or, cette augmentation de
température entraînera une augmentation de la résistivité, amplifiant ainsi le phénomène
d'échauffement du conducteur. Il s'agit donc d'une réaction en chaîne :

Courant Echauffement Augmentation de la résistivité ρ

La température du conducteur se stabilisera lorsqu'un nouvel équilibre thermique sera atteint,


où l'énergie thermique additionnelle fournie au conducteur sera égale à l'énergie thermique
transmise à l'air ambiant environnant le conducteur. Cet équilibre entraînera inévitablement
une augmentation de la température interne du conducteur.
Les températures internes du conducteur seront donc dépendantes des conditions de
refroidissement auxquels ce conducteur est soumis.

I.4.2 Effet de la pression sur la conduction dans les solides


I.4.3 Effet des rayons cosmiques les solides

I.5. Domaine d’application


Ces matériaux conducteurs sont utilisés dans les taches et les
dispositifs électriques suivants :

1) Bobinages de machines et câbles électriques


Les moins résistifs et les plus économiques
sont le cuivre et l'aluminium. Ce dernier, étant quasiment 2 fois plus résistif mais 3 fois plus
léger, est utilisé pour les lignes de transport haute tension.

2) Amélioration des contacts électriques


Le platine, l'or et surtout l'argent, qui ont une très
bonne résistivité, et qui sont difficilement altérable (par choc, par corrosion ou par arc
électrique) sont déposés en surface du cuivre ou de l'aluminium pour améliorer les résistances
de contact et la durée de vie des fusibles, des bras de sectionneur HT, des contacteurs...
3) Câblage et soudure
L'étain et le plomb, grâce à leur faible température de fusion sont
utilisés pour le câblage des circuits imprimés.
En micro-électronique, on utilise l'argent pour braser les « puces », et
l'or ou l'aluminium pour effectuer le câblage par fils de très faible diamètre (bondings de 10 à
500µ) .

4) Contacts glissants
Le carbone amorphe (« charbon ») entre dans la constitution des balais
de machines à courant continu et de machines synchrones ou asynchrones. Malgré sa
résistivité médiocre, il n'altère pas les bagues ou collecteurs tournants et présentent une bonne
résistance de contact.
Le bronze est utilisé dans les contacts avec les caténaires.

5) Résistances bobinées
II faut une résistivité plus élevée que pour les câbles (≈ 100.10-8 ).
On les atteint avec des alliages :
- Fe Cu Ni (maillechort)
- Ni Cr
- Fe Ni Cr
- Fe Cr Al

6) Lampes à incandescence
Le tungstène, grâce à sa température de fusion élevée (3400 °C),
constitue le filament des lampes à incandescence.

7) Lampes à décharges
Le mercure et le sodium, sous forme de vapeur, émettent un rayonnement lumineux.

8) Sondes de température
Thermocouple : plages de [-185 °C , 300 °C] à [20 °C , 2300 °C] :
la jonction de 2 métaux différents (fer, cuivre, platine...) génère une tension fonction de la
température.
Thermorésistante : plages de [0 °C , 200 °C ] à [600 °C , 850 °C] :
le plus souvent en fil de platine (sonde PT 100). La résistance, parcourue par un courant
connu, génère une tension fonction de la température.
II. Matériaux Magnétiques :
II.1. Propriétés physiques
II.2. Matériaux ferromagnétiques doux et matériaux
ferromagnétiques durs, notions sur les pertes ferromagnétiques
II.2.1) Matériaux ferromagnétiques doux
II.2.2) Matériaux ferromagnétiques durs
II.2.3) Notions sur les pertes ferromagnétiques
II.3. Domaine d’application des matériaux magnétiques

Introduction

Les plus anciens objets magnétiques (perles tubulaires) ont été retrouvés dans des tombes
sumériennes et égyptiennes au quatrième millénaire avant Jésus-Christ. Les chinois et les
grecs de l’antiquité ont été les premiers à constater les propriétés que possèdent certaines
pierres à attirer des objets contenant du fer. Ces objets en fer une fois mis en contact avec ces
pierres acquéraient à leur tour le pouvoir d’attirer d’autres objets en fer. Ces pierres appelées
« magnétite » sont constituées d’oxyde de fer.
Vers le 2ième siècle, les chinois ont exploité la propriété qu’a l’aiguille métallique aimantée de
s’orienter constamment vers la même direction. Une boussole fonctionnant sur ce principe a
été d’abord utilisée par les chinois, ensuite par les arabes puis par les occidentaux. Les
premiers traités de magnétisme ont été écrits vers 1 600 en Angleterre par William Gilbert.
Charles Augustin de Coulomb a réalisé les premières mesures des forces magnétiques
s'exerçant sur deux charges magnétiques, puis Hans Oersted (1777 – 1851) a établi le lien
entre l’électricité et le magnétisme en observant que l’aiguille magnétique est déviée par un
courant parcourant un fil conducteur situé à proximité de cette aiguille. William Thomson
(1857-1907) a découvert l’effet magnétorésistance, c’est à dire la propriété qu'ont certains
matériaux de présenter une résistance qui évolue lorsqu'ils sont soumis à un champ
magnétique. Enfin les physiciens Samuel Abraham Goudsmit et George Eugène Uhlenbeck
en 1925 ont montré que l’électron se comporte comme un aimant.

Parmi les matériaux magnétiques, on remarque :

· les matériaux diamagnétiques faiblement aimantés dans le sens opposé au champ


magnétisant et dont l’aimantation cesse si le champ magnétisant est supprimé.

· les matériaux paramagnétiques faiblement aimantés dans le sens du champ magnétisant et


dont l’aimantation cesse si le champ magnétisant est supprimé.

· les matériaux ferromagnétiques fortement magnétisés dont l’aimantation persiste si le champ


magnétisant est supprimé.

Ce premier chapitre a pour objectif de fournir les éléments de base nécessaires pour comprendre
le comportement des matériaux magnétiques et plus particulièrement des alliages magnétiques
nanocristallins. Pour cela nous rappelons d'abord les lois et les propriétés principales des
matériaux magnétiques. Puis, nous abordons le comportement magnétique d’un matériau
ferromagnétique permettant de comprendre le processus d'aimantation, la structure physique et les
propriétés spécifiques du matériau ferromagnétique (analyse de la courbe d’aimantation, cycle
d’hystérésis, perte dans le matériau). Ensuite, nous présentons les familles de matériaux
ferromagnétiques doux et les durs:

II.1. Propriétés physiques


Nous rappelons d’abord les bases de la physique des matériaux magnétiques, en
particulier leurs lois et leurs caractéristiques principales, puis la structure et les propriétés
spécifiques des matériaux magnétiques. Cette étude est effectuée en vue de comprendre
l’origine de leur comportement complexe : non-linéarité, cycle d’hystérésis, anisotropie.
Enfin, nous décrivons les matériaux ferromagnétiques doux et matériaux ferromagnétiques
durs, puis les notions sur les pertes ferromagnétiques.

I.1 Lois et principales propriétés des matériaux magnétiques

Dans un système magnétique comportant à la fois des courants donnés et des matériaux dont
on connaît la courbe d’aimantation, le problème est la détermination des champs et de
l’aimantation. Dans la littérature le champ d’excitation est noté par 𝑯, l’induction magnétique
par 𝑩 et l’aimantation par 𝑴 .

I.1.1 Rappels des lois électromagnétiques

Les équations de Maxwell regroupent les lois de base de l’électromagnétisme. Elles


relient les grandeurs vectorielles 𝑯 , 𝑩 , 𝑫 et 𝑬 aux grandeurs 𝑱 et ρ,
(équation de conservation du flux magnétique)

(équation de Maxwell-Gauss)

(équation de Maxwell-Faraday)

(équation de Maxwell-Ampère)

Où 𝑩 est le vecteur d'induction magnétique, 𝑫 le vecteur de déplacement de courant,


𝑬 le vecteur de champ électrique et 𝑯 le vecteur de champ d'excitation, 𝑱 le vecteur de
densité de courant, ρ la densité de charge électrique et l’opérateur vectoriel qui indique
de quelle façon une grandeur physique varie dans l'espace.

Les équations relatives au milieu (ou au matériau) sont :

où μ est la perméabilité magnétique, ε la permittivité électrique et ζ la conductivité électrique.


La perméabilité magnétique est la faculté d'un matériau à modifier un champ magnétique
𝑩, c’est-à-dire à modifier les lignes de flux magnétique.
Si la fréquence de travail est suffisamment base pour que les termes variables soient
négligeables (approximation quasi-statique), les équations se réécrivent comme suit :

Les effets magnétostatiques sont décrits par :

a) Loi de Biot et Savart

L'induction magnétique 𝑩 créée par une boucle de courant (C) parcourue par un courant I
s'exprime par :
où µ0=4π.10-7 H/m, r est la distance entre le point P situé sur la boucle (C) et le point
M auquel on observe l'induction, 𝒅𝒍 le vecteur déplacement élémentaire tangent à la
courbe C au point r orienté dans le sens du courant I, 𝒓 représente le vecteur unitaire.
Si au point d'observation M, il n'y a pas de courant, l'induction magnétique 𝑩 dérive d'un
potentiel scalaire A.

b) Loi de Laplace

En présence d'une induction magnétique 𝑩, un élément de circuit 𝒅𝒍 parcouru par un


courant I est soumis à une force 𝒅𝑭 :

c) Théorème d’Ampère :

La circulation de B le long d’un contour fermé (C) est égale au produit de μ0 par la
somme des courants Ii entourés par (C) tel que :

Compte-tenu que 𝑯 = 𝑩/µ𝟎 , on pose 𝑰 = 𝒊 𝑰𝒊 , la relation (1.7) s’écrit :

Dans la matière, 𝑯 s’écrit :

ce qui donne :

1.1.2 Excitation magnétique


L’excitation magnétique 𝑯 (en A.m-1) ne dépend que du circuit extérieur qui crée le champ
magnétique. Pour un solénoïde de longueur l très grand, comportant N spires parcourues par
un courant d’intensité I :

Dans le vide nous avons :

Dans un matériau magnétique, l’induction magnétique dépend de la perméabilité du


matériau.


est la perméabilité absolue du matériau. µ0 est une constante
universelle et µr dépend de l’excitation 𝑯.

I.1.3 Magnétostatique de la matière

Un matériau magnétique est caractérisé d’abord par l’existence en son sein de


moments magnétiques locaux dont la sommation sur une direction donnée fournit ce que l’on
appelle couramment l’aimantation du matériau.

a) Aimantation magnétique

Pour un circuit filiforme (C), parcouru par un courant I, on définit le moment magnétique
par :

où dv est l’élément de volume, 𝒓 est le vecteur qui joint le point P sur le circuit (C) au point
d’observation M (figure 1.1), 𝒋 est le vecteur densité de courant.
Figure 1.1 Circuit filiforme (C).

Le moment magnétique apparaît formellement comme l’analogue du moment cinétique.


Ainsi, un matériau magnétique présente les mêmes caractéristiques qu’un moment
magnétique associé à une boucle de courant. Si le matériau est constitué d'atomes de type i de
moment magnétique 𝒎𝒊 (en A.m²) au nombre de Ni par unité de volume, le module de
l’aimantation 𝑴 (A/m) est donné par :

La distribution d'aimantation 𝑴 engendre les champs 𝑩 et 𝑯 . Dans le vide la relation


entre 𝑩 et 𝑯 résulte d’un théorème général, théorème attribué à Helmotz , de sorte que :

Cette relation reste vraie dans la matière mais les ordres de grandeurs sont modifiés. En effet,
comme l’illustre la figure 1.2 dans le cas d’un cylindre uniformément aimanté, le champ 𝑯
dont l’orientation s’oppose à 𝑴 est qualifié pour cette raison de champ démagnétisant 𝑯𝒅 de
sorte que :
Figure 1.2 : Exemple : 𝑯𝒅 et 𝑴 respectivement champ démagnétisant et
moment magnétique d'un cylindre axial.

b) Coefficient du champ démagnétisant

On peut montrer que dans le cas d'un matériau ayant la forme d'un ellipsoïde uniformément
aimanté , 𝑴 dans le matériau est uniforme et constante.
Le champ démagnétisant dans un ellipsoïde uniformément aimanté peut alors s’écrire :

Où ║N║ est la matrice représentative du tenseur diagonal des coefficients de champ


démagnétisant telle que :

Pour calculer le champ démagnétisant d’un matériau allongé (ruban) dont l’aimantation
est orientée suivant l’un de ces axes (Fig. 1.3), nous allons l’assimiler à un ellipsoïde
allongé de révolution de longueur c selon l'axe de révolution Z et de diamètre a
perpendiculaire à cet axe, on a [F:

où NZZ s’appelle le coefficient de champ démagnétisant de l’ellipsoïde suivant l’axe de


révolution Z, r = c/a > 1.

Figure 1.3 Cas d'un ellipsoïde allongé


Pour un ellipsoïde de révolution très allongé (r ≥12), on peut utiliser l'expression approchée
suivante [PB97] :

On introduit ainsi la perméabilité apparente qui dépend de la perméabilité relative du


matériau magnétique et du coefficient de champ démagnétisant NZZ :

Remarquons que si (μr -1) NZZ (r) >>1 et μr >> 1, l’expression de la perméabilité
apparente devient :

Ce qui suggère que pour augmenter la perméabilité apparente, il faut réduire le coefficient
de champ démagnétisant par l’augmentation du rapport r : soit en augmentant la longueur
soit en réduisant le diamètre.

I.2) Comportement magnétique d'un matériau

Dans l’édifice atomique, chaque particule élémentaire apporte sa contribution au moment


magnétique de l’atome. La contribution du noyau atomique est toujours négligeable et le
moment magnétique de l’atome dépend essentiellement de la somme des moments des
électrons. Si nous considérons un ion d’un matériau et un électron appartenant à une
couche atomique quelconque, l’électron décrit une trajectoire autour du noyau et celle-ci
peut être associée à une boucle de courant, donc à un moment magnétique orbital m
orienté perpendiculairement à la trajectoire comme le montre la figure 1.4. L’électron
possède aussi un moment cinétique intrinsèque de spin dû à sa rotation sur lui-même
auquel est associé un moment magnétique intrinsèque.
Figure 1.4 Moment élémentaire atomique

Le moment magnétique de l’ion tient compte du remplissage des couches atomiques de telle
sorte que les matériaux magnétiques peuvent être classés en trois catégories décrites ci-
dessous.

Diamagnétisme : Les couches sont remplies et la somme des moments cinétiques orbitaux et
des moments cinétiques de spin est nulle. L’ion ne possède pas de moment magnétique.
Si un champ magnétique externe est appliqué à un tel ion, il se crée un moment magnétique
induit qui s’oppose au champ : son aimantation induite par le champ est très faible et opposée
à ce dernier.

Paramagnétisme : En présence d’un champ externe, la projection du moment magnétique


sur la direction de ce champ n’est pas nulle. En l’absence de champ, les orientations des
moments magnétiques des particules sont aléatoires et en moyenne nulle.

Ferromagnétique : Lorsque le matériau est excité par un champ d’excitation 𝑯, ses


moments magnétiques atomiques sont orientés dans le même sens sur de petits domaines
cristallins (interaction de proche en proche entre les atomes). Après la suppression
progressive de ce champ, le matériau conserve une aimantation (figure 1.5).
Figure 1.5 Représentation qualitative du comportement magnétique du matériau.
(Courbes de première aimantation)

I.2.1 Mise en équation du comportement

Si le dipôle est soumis à un champ magnétique externe 𝑯, il réagit en créant un moment


magnétique interne (aimantation) 𝑴(𝑯) . Les contributions magnétiques externe et interne
s’ajoutent vectoriellement pour créer une induction magnétique externe résultante 𝑩 :

où μ est la perméabilité magnétique du matériau. Elle s’exprime par le produit de la


perméabilité du vide μ0 et de la perméabilité relative du matériau μr :

Où μ0 est la constante universelle qui vaut 4.π.10-7, et μr dépend du matériau ;


 μr ≤1 pour les matériaux diamagnétiques ;
 μr ≥ 1 pour les matériaux paramagnétiques;
 μr >>1 et non linéaire pour les matériaux ferromagnétiques.

La perméabilité est la faculté d'un matériau à modifier les lignes de flux magnétique. Lorsque
la perméabilité du matériau augmente, la ‘force d’attraction des lignes de champ’ dans le
matériau augmente et concentre le champ. La figure 1.6 montre que, seul le matériau
ferromagnétique peut canaliser les lignes du champ grâce à sa perméabilité relative.
Figure 1.6 Canalisation des lignes du champ en fonction de la perméabilité.

La perméabilité magnétique, en électromagnétisme des milieux en régime linéaire,


caractérise la faculté d'un matériau à modifier un champ magnétique , c’est-à-dire à
modifier les lignes de flux magnétique. Cette valeur dépend ainsi du milieu dans lequel il est
produit où le champ magnétique varie linéairement avec l'excitation magnétique .

Figure 1 : Comparaison simplifiée des perméabilités : ferromagnétique (μf ),


paramagnétique (μp), espace libre (μ0) et diamagnétique (μd)

Si le régime du matériau est dit linéaire, le champ magnétique et le champ


d'excitation magnétique sont reliés, dans un matériau donné, par la relation dite
« constitutive » :

où µ=µ0.µr est la perméabilité magnétique du matériau (en henry par mètre, symbole :
H.m-1 ou H/m).

- µ0 est une constante universelle, la constante magnétique, qui vaut 4π×10-7 H/m
- µr dépend du matériau.

On peut relier la susceptibilité magnétique à la perméabilité relative par:





Où χ est la susceptibilité magnétique du matériau.

 Si χ est faible et négative le matériau a un comportement linéaire, c’est un matériau


diamagnétique ;
 χ est faible et positive le matériau a un comportement linéaire, c’est un matériau
paramagnétique.

 Si χ  est élevée et positive et dépend des valeurs antérieures de 𝑯, le matériau a un


comportement non linéaire, c’est le cas des matériaux ferromagnétiques.

χ  est aussi indépendante de la températuresi le matériau est diamagnétique alors qu’elle


dépend de la température si le matériau est paramagnétique ou ferromagnétique.

Conclusion

Afin de comprendre le phénomène magnétique et le comportement magnétique du matériau


utilisé, nous avons successivement présenté dans ce chapitre :

- les lois et les principales propriétés magnétiques,


- le comportement et la classification des matériaux magnétiques,
- la configuration des matériaux ferromagnétiques à l’échelle atomique,
- la structure microscopique des matériaux ferromagnétiques,
- le processus d'aimantation,
- l'analyse de la courbe d'aimantation, le cycle d’hystérésis et les pertes dans le matériau,
- la fabrication de l’amorphe et de l’alliage nanocristallin,
- les caractéristiques de l'alliage nanocristallin utilisé dans le cadre de ce travail.

II.2. Matériaux ferromagnétiques doux et matériaux


ferromagnétiques durs, notions sur les pertes ferromagnétiques

Introduction
On classe des matériaux selon leurs propriétés magnétiques. Les matériaux magnétiques
sont généralement séparés en deux classes : les matériaux doux et les matériaux durs
(aimants permanents). Le matériau doux se sature avec un champ d’excitation très faible
alors que le matériau dur requiert un fort champ d’excitation. Les sous-chapitres suivants
présentent les propriétés et les caractéristiques des matériaux doux et ceux des matériaux durs.

A) Rappels sur les propriétés spécifiques des matériaux magnétiques

A.1) Induction B et excitation H


Dans le vide, L'Induction B est créée par un circuit électrique parcouru par un courant I. En
un point donné M de l'espace, on a toujours une relation du type :

||B||= BM = μ0 x kI
avec μ0 = 4π.10-7 est la perméabilité du vide.

Le produit « kI » caractérise l'action en M du circuit électrique parcouru par le courant I. On


dit que le milieu magnétique caractérisé par μ0 , est excité par le circuit électrique « kI » et
on définit ainsi le vecteur excitation magnétique H qui vérifie la relation :

B = μ0 x H avec B en tesla et H en A/m

A.2) Substance ferromagnétique

Certaines substances dites ferromagnétiques, très souvent à base de fer, ont une perméabilité
très élevée :

B = μH avec la perméabilité relative μr = μ/μ0 ≈ 103 à 105.


exemple : solénoïde de 500 spires/m

a) Ces matériaux canalisent les lignes de champs


b) Ils perdent leurs propriétés magnétiques au-dessus de la température de Curie :
( 770°C pour le fer)

c) Leur perméabilité relative diminue fortement quand H augmente - saturation - et


dépend des états magnétiques antérieurs -hystérésis magnétique.

A.3) Courbe de première aimantation et Hystérésis du circuit magnétique

A.3.1) Courbe de première aimantation


Lorsqu’on applique un champ magnétique extérieur à ce
matériau, les domaines magnétiques dont l’orientation est voisine de celle de H croissent aux
dépens de ceux dont l’orientation est opposée à celle de H.. A la limite, lorsque le champ
magnétique extérieur atteint une valeur critique Hs, le monocristal n’est plus constitué que
d’un seule domaine ferromagnétique, dont l’orientation est la même que celle de H;
l’induction atteint alors une valeur maximale, Bs appelée induction à saturation. Ce
phénomène est représenté par la courbe OA de la Figure (1.5), courbe appelée courbe de
première aimantation ou courbe de magnétisation.
Figure (1.5) : Courbe de première aimantation (OA) d’un matériau ferromagnétique,
et cycle d’hystérésis (ABCDEFA) de ce matériau, lorsque le champ extérieur varie
alternativement de +Hs à - Hs. (voir la page19 de l’article « Matériaux magnétiques et
diélectriques » )

A.3.2) Cycle d’hystérésis :


Lorsque l’intensité du champ H diminue pour atteindre une valeur nulle,
les domaines magnétiques ont tendance à réapparaître (courbe AB, Figure (1.5)); après une
première aimantation « OA », le circuit magnétique reste aimanté toutefois, une
induction non nulle Br (induction rémanente), se manifeste dans le matériau (point B, Figure
(1.5)). Cette valeur Br est appelée induction rémanente.
Il faut en fait appliquer un champ magnétique de sens opposé à celui du champ de première
aimantation pour que l’induction soit nulle (courbe BC, Figure (1.5)). La valeur Hc du champ
qui engendre cette induction nulle correspond au champ coercitif (ou l’ excitation coercitive
)(point C, Figure (1.5)). Lorsque l’intensité du champ H croit, l’induction atteint de nouveau
la valeur maximale Bs (courbe CD, Figure (1.5)).
Enfin lorsqu’on change le sens du champ et qu’on fait varier son intensité; on obtient
la courbe DEFA (Figure (1.5)). La courbe d’aimantation ainsi obtenue est une boucle
d’hystérésis ou cycle d’hystérésis (ABCDEFA), dont les paramètres caractéristiques sont
les grandeurs Bs, Br et Hc.

A.4) Saturation et analyse de la courbe d'aimantation du circuit magnétique

Les alliages nanocristallins ont pour rôle de canaliser et d'augmenter le flux magnétique.
Ils sont caractérisés par une courbe dite d'aimantation et un cycle d'hystérésis. La figure 1.15
montre une courbe d'aimantation dans laquelle on distingue trois zones.
Figure 1.15 : (a)Variation de µr en fonction de H ,(b)Courbe d'aimantation.

-
- En zone saturée « 3 »,

En zone linéaire (1) : pour des valeurs faibles de l’excitation 𝑯, l’induction magnétique croît
linéairement en fonction de l’excitation 𝑩 = µ𝟎 𝑯 . Dans cette zone le champ B est trop
faible.

La zone (2) : pour des valeurs un peu plus élevées de 𝑯, l’induction magnétique croît
beaucoup moin vite que l’excitation : il n’y a pas de proportionnalité. Les machines
électriques fonctionnent dans la zone utile « 2 » (légèrement saturée).

En zone saturée (3): pour des excitations fortes, l’induction magnétique augmente lentement
avec l'augmentation de l’excitation. La quantité B = BS est appelée aimantation à la saturation.
le courant I créant B est trop élevé (échauffement de la machine).

II.2.1) Matériaux ferromagnétiques doux

L’aimantation de l'alliage dépend du champ magnétique appliqué, elle est


caractérisée par son cycle d’hystérésis (Fig. 1.16). Celui-ci, se manifeste par une croissance
puis une décroissance du champ magnétique extérieur, après une première aimantation,
pouvant amener celle-ci à la saturation Ms et passant par un état où l'aimantation est nulle
pour certaines valeurs du champ extérieur appelé " champ coercitif " HC. La surface de ce
cycle représente l’énergie perdue lors du processus d’aimantation par unité de volume et par
cycle.
Figure 1.16 Cycle d’hystérésis.

Ce n’est pas une caractéristique intrinsèque mais elle dépend de la forme de Hd , champ
démagnétisant.

a) Champ coercitif Hc

En science des matériaux, le champ coercitif d'un matériau ferromagnétique


désigne l'intensité du champ magnétique qu'il est nécessaire d'appliquer, à un matériau ayant
initialement atteint son aimantation à saturation, pour annuler l'aimantation du matériau. Le
champ coercitif est usuellement noté ou .

Un matériau ferromagnétique possédant un champ coercitif faible est qualifié de


doux et peut être utilisé dans le blindage magnétique, dans des transformateurs ou des têtes
d'enregistrement.

Lorsque le champ coercitif d'un ferromagnétique est très élevé, le matériau est
qualifié de dur. Il est alors très approprié comme matériau pour la fabrication d'aimants
permanents, par exemple à l'intérieur de moteurs électriques ou des supports d'enregistrement
magnétiques (disques durs, disquettes, bandes magnétiques, etc.).
Figure : Famille de cycles d'hystérésis mineurs pour un fer à grains. note la
rémanence, le champ coercitif.

 Si Hc ≤ 102 A/m , le matériau est qualifié de "matériau doux",


 et pour Hc ≥ 104 A/m le matériau est qualifié de "matériau dur".

Hoffmann a montré la dépendance du champ coercitif Hc à la microstructure du matériau et


plus précisément à la taille des grains cristallins, voir équation 1.34.

Si le diamètre D de grain est petit HC est faible. De même si HC est élevé, le diamètre D
de grain est élevé. Le champ coercitif HC désigne l'intensité du champ magnétique qu'il
est nécessaire d'appliquer à un échantillon donné d’un matériau ferromagnétique pour
l’aimanter et le désaimanter.

b) Coefficient d'orientation

Le coefficient d'orientation du matériau (Mr/Ms) est défini comme le rapport entre


l'orientation rémanente et l'aimantation à la saturation. Pour un matériau isotrope dont les
cristallites sont orientées selon des directions différentes, le coefficient d'orientation est
proche de 0,5. Pour un matériau dont les cristallites sont idéalement orientées selon une
direction unique, le coefficient d'orientation est proche de 1 (Figure 1.17). Il donne une
indication sur la distribution des orientations des aimantations locales autour de la direction
moyenne.

NB :
1°) (en sciences) matériau isotrope : se dit de corps et de substances qui ont les mêmes propriétés
dans toutes les directions.
2°) cristallites : (en minéralogie) cristal microscopique rencontré dans des roches éruptives
Figure 1.17 Coefficient d'orientation.

1) Matériaux magnétiques doux

Ce sont des matériaux à cycle d'hystérésis étroit pour minimiser les pertes par hystérésis, ils
sont en général feuilletés et à base de fer (le fer pur a une résistivité trop importante). On
distingue essentiellement :

- les aciers électriques (au silicium) --> basses fréquences : f = 50 Hz


- les alliages fer nickel ou cobalt --> moyennes fréquences : f < 100 kHz
- les ferrites (oxydes de fer) --> hautes fréquences : f < 1000 kHz

1.a) Aciers électriques

Ils sont essentiellement utilisés, dans les machines électriques travaillant aux fréquences
industrielles (transformateurs et machines tournantes).
Ils sont constitués de tôles en acier allié à du silicium (1 à 5 %), ce qui a l'avantage
d'augmenter la résistivité mais l'inconvénient est de rendre les tôles cassantes.

On distingue :

- les tôles classiques à grains non orientés. CFER ≈ 5 W/ kg (cte des pertes dans le fer =
[puissance / masse ]?)
Elles sont obtenues par un laminage à chaud suivi d'un décapage chimique, d'un
dernier laminage à froid et d'un traitement thermique.
Elles sont essentiellement utilisées dans les machines tournantes et les transformateurs
de faible puissance (< 100 kW).

- les tôles à grains orientés. CFER ≈ 1 W/ kg


Le procède de fabrication est plus complexe et comporte un laminage a chaud suivi de
plusieurs laminages à froid et traitements thermiques intermédiaires.
Des propriétés magnétiques optimales sont obtenues, mais uniquement dans le sens du
laminage : forte perméabilité, induction à saturation importante, très faibles pertes fer. Elles
sont essentiellement utilisées dans les transformateurs de forte puissance (> 1 MW).

1.b) Alliages Fe/Ni ou Fe/Co


Le nickel et surtout le cobalt sont des métaux onéreux et sont alliés au fer dans des
proportions importantes (30 à 80 %) ce qui rend ces alliages beaucoup plus chers que les
aciers électriques.
Ils sont essentiellement utilisés en moyenne fréquence (< 100 kHz) et généralement dans
des domaines où la puissance mise en jeu est plutôt faible :
- électrotechnique miniaturisée (appareils de mesure, tachymètres, certains relais...)
- téléphonie
- dispositifs de sécurité (disjoncteurs différentiels, blindage magnétique)

1.c) Ferrites douces

Elles sont très utilisées en Electronique de Puissance et plus particulièrement dans les
alimentations à découpage où la fréquence de fonctionnement est élevée (f > 100 kHz).
Ce sont des céramiques ferromagnétiques à base d'oxydes de fer (X.Fe12O19 - X = Mn ou
Ni, Zn).
Elles sont fabriquées sous atmosphère inerte : Après mélange et broyage des composants,
les poudres sont assemblées par frittage à haute température (≈1200 °C). On obtient ainsi un
matériau de grande résistivité, massif, mais malheureusement très cassant.
Le tableau II.1 peut être utilisé comme un guide pour choisir le matériau doux approprié.

Tableau II.1 : Guide de choix des matériaux doux


II.2.2) Matériaux ferromagnétiques durs

Ces matériaux sont utilisés pour la réalisation d'aimants permanents. Ils possèdent une
induction rémanente importante et un champ coercitif élevé.
Ils sont en général massifs et à base de fer ou de terres rares ( Sm : samarium - Nd :
Néodyme).
Ils sont souvent associés à du fer doux qui canalisent les lignes d'induction et sont
aimantés lors du procédé de fabrication.

On distingue essentiellement, aujourd'hui :


- les ferrites dures --> moins chers et les plus utilisées
- les alliages à base de terres rares --> très performants et en expansion
- les « alnico » (alliages fer + Al Ni Co) --> en perte de vitesse
Courbes de désaimantation pour les grandes familles de matériaux magnétiques durs
(aimants permanents)

1) Alnico

Les Alnico ont été les premiers aimants fabriqués artificiellement. Ils sont aujourd'hui en
perte de vitesse derrière les ferrites et les aimants à base de terres rares.
Ce sont des alliages de fer, d'aluminium, de nickel et de cobalt (les meilleures
performances sont obtenues pour des alliages riches en cobalt).
Ils sont obtenus par moulage à haute température, suivi de divers traitements thermiques
et magnétiques, ou alors par frittage suivi d'une rectification et d'une découpe.
Ils ont une très bonne tenue en température (maintien des performances magnétiques),
ainsi qu'une bonne solidité mécanique. Leur induction rémanente est assez élevée (1,2 T),
mais leur aimantation chute très rapidement de manière irréversible en présence d'un champ H
démagnétisant (augmentation brutale de l'entrefer).
Ils sont surtout utilisés en métrologie ou dans des applications ou les aimants sont exposés
à des sollicitations mécaniques.
2.) Ferrites dures

Ce sont des céramiques à base d'oxydes ferriques (Fe2O3) associées à du Baryum (Ba) ou
du Strontium (Sr).
Elles sont obtenues après plusieurs étapes :
Broyage fin des différents constituants puis mélange à 1200 "C pour former la ferrite.
Broyage de la ferrite en présence d'eau pour obtenir une poudre très fine (0,5μ.).
Compression avec un liant dans des moules de forme adaptées, en présence d un
champ magnétique.
Frittage haute température (1200°C), suivi d'un refroidissement contrôlé.

Elles présentent le meilleur rapport qualité/prix. Par contre, leur induction rémanente est
assez modeste (< 0,5 T), et leur aimantation chute aussi rapidement de manière irréversible en
présence d'un champ H démagnétisant (idem alnico). De plus, les céramiques obtenues sont
très dures et cassantes ce qui interdit l'usinage des produits finis.

3.) Aimants à base de terres rares

Assez récemment, des alliages à base de terres rares sont apparus. Ils possèdent
d'excellentes propriétés magnétiques :
- Densité d'énergie spécifique de 350 kJ/m3 (50 kJ/m3 pour les alnico), ce qui permet
une diminution importante du poids et du volume à induction et entrefer donnés.

- Champ coercitif très élevé avec une aimantation quasi constante ce qui rend très
difficile une désaimantation de l'aimant.

On trouve 2 alliages : Samarium-cobalt ou Néodyme-fer-bore. Comme pour les ferrites, ils


sont obtenus par frittage de poudres.

Ces produits sont relativement chers et n'ont pas une bonne tenue en température. Ils sont
réservés à des applications spécifiques où l'encombrement est le paramètre majeur.

4.) Domaines d'applications des aimants permanents

Sont utilisés dans :


- inducteur de machines tournantes de faible puissance (< 10 kW) (machine à courant
continu, synchrone, a aimants permanents).
- Haut-parleur et microphone
- Détecteur magnétique
- Compteur EDF -- freins magnétiques - tachymètre
- Appareil de mesure
Selon les caractéristiques données dans le tableau II.2, on peut l’utilisé comme un guide pour
choisir le matériau dur de l’application approprié.

Tableau II.2 : Guide de choix des matériaux durs


Critères de choix

Chaque famille d'aimants présente un défaut :


- AINiCo : faible champ coercitif (attention à la désaimantation)
- Ferrites : faible induction rémanente
- Sm-Co : technologie onéreuse
- Nd-Fe-B : faible température d'utilisation due à l'instabilité thermique des
propriétés thermiques
On choisira telle ou telle famille selon les impératifs suivants :
- Ferrites : faible coût de revient
- Terres rares : volume et poids réduits
- AINiCo : solidité mécanique et bonne tenue en température

II.2.3) Notions sur les pertes dans les matériaux ferromagnétiques

L’aimantation du matériau présente un caractère hystérétique qui est dû au


déplacement irréversible des parois des domaines, dites « parois de Bloch ». L’application
d’un champ magnétique alternatif donne naissance au cycle d’aimantation classique d’un
matériau ferromagnétique présenté à la figure 1.2 dans le cas du fer.
Figure 1.2 : Cycle d’aimantation du fer

Lors de la mesure d’un cycle d’aimantation tel que celui de la figure 1.2, un gonflement du
cycle d’hystérésis est observé lors de l’augmentation de la fréquence appliquée. Un tel
gonflement est présenté à la figure 1.3.
Figure 1.3 : Cycle d'hystérésis mesuré en fonction de la fréquence pour un
matériau faiblement conducteur

La surface engendrée par la caractéristique d’aimantation B(H) est proportionnelle à


la somme des pertes magnétiques dissipées par cycle d’aimantation. Pour les matériaux
ferromagnétiques, un seul mécanisme de dissipation d’énergie électrique est connu et il
permet d’expliquer tous les types de pertes magnétiques [8]. Il s’agit de la circulation d’un
courant électrique dans un milieu résistif, qui est régi par l’équation :

P/f pertes magnétiques par cycle et par volume (J/m3)


f fréquence de travail (Hz)
V volume de matériau magnétique (m3)
j(r,t) densité de courants induits en fonction de la position et du temps (A/m2)
σ conductivité électrique du matériau (S/m)
r position dans l’échantillon (m)

Dans un matériau soumis à un champ magnétique variable les pertes magnétiques sont
généralement séparées en trois types :
- les pertes par hystérésis
- les pertes par courants de Foucault
- les pertes excédentaires.
Cette séparation arbitraire n’est pas basée sur le mécanisme physique qui les engendre mais
plutôt en fonction des diverses échelles de temps et d’espace qui les concernent. L’équation
classique de séparation des pertes magnétiques est :

Ptot densité de pertes magnétiques totales (W/kg)


Phys densité de pertes par hystérésis (W/kg)
PFouc densité de pertes par courants de Foucault (W/kg)
Pexc densité de pertes excédentaires (W/kg)

a) Perte par Hystérésis du matériau


L’application d'un champ d'incidence 𝑯 alternatif produit dans les matériaux magnétiques
ce que l'on appelle les pertes par Hystérésis. Ces pertes sont proportionnelles à la fréquence et
sont liées à la structure du matériau.
Si on applique à un matériau magnétique une excitation H alternative, on obtient dans le plan
« B,H » un cycle d'hystérésis.

La surface du cycle rend compte de la difficulté à réaimanter le circuit magnétique. Cela se


traduit par des pertes proportionnelles à la fréquence f de l'excitation H :

Les pertes par hystérésis peuvent être calculées à l’aide de la formule :

Ph = k1.f .B2max

k1 coefficient des pertes par hystérésis, dépend du matériau et est proportionnel à la surface
du cycle
f fréquence d’excitation (Hz)
B induction crête (T)

Remarque :

 k1 dépend du matériau et est proportionnel à la surface du cycle : pour diminuer les


pertes, il faut diminuer la surface du cycle, dans ce cas l’utilisation de matériaux doux
est préférable.
ex : acier au silicium
 Dans les aimants permanents, on recherche des valeurs importantes de BR et
Hc : il faut donc augmenter la surface du cycle. Dans ce cas, l’utilisation de
matériaux durs est conseillée.

b) Courants induits -- Perte par courants de Foucault

Les variations du champ magnétique dans le matériau génèrent des courants induits qui
circulent dans une épaisseur dite de peau à la surface du matériau et créent une dissipation
d'énergie.
L’épaisseur de peau δ dépend de la résistivité ρ du matériau, des propriétés magnétiques (μ)
et de la fréquence f du champ magnétique :

où δ : s'exprime en mètre et ρ est la résistivité en Ohm-mètre.

Les pertes par courants de Foucault se produisent à la fréquence d’excitation à l’échelle


spatiale du circuit magnétique dans les matériaux massifs : par exemple dans l’épaisseur des
tôles dans le cas des matériaux laminés ou dans les particules de poudre dans le cas des
matériaux magnétiques composites.
Le circuit magnétique de la plupart des machines électriques « voit » une induction B
variable (alternative). Les matériaux utilisés, très souvent métalliques (essentiellement du
fer), sont aussi conducteurs de l'électricité.
Ainsi, d'après la loi de Faraday, des courants induits iF, appelés courants de Foucault,
prennent naissance et génèrent dans le matériau des pertes par effet joule r x iF2 :

La formule analytique des pertes par courants de Foucault est :

𝒆.𝒇.𝑩𝑴𝒂𝒙 ²
𝑷𝒄 = 𝑲𝟐 . 𝝆
k2 : coefficient des pertes par courants de Foucault
Remarques :

Pour réduire les pertes par courants de Foucault, on peut :

—> diminuer l'épaisseur e en utilisant un assemblage de tôles de faible épaisseur (35/100 ou


50/100) isolées entre elles :

- circuit magnétique feuilleté

—> utiliser des matériaux magnétiques a résistivité plus élevée :

- tôles d'acier au silicium

- ferrites (à fréquence élevée)

c) Pertes magnétiques ou pertes fer

Les pertes par hystérésis et par courants de Foucault prennent naissance à l'intérieur du
matériau. Elles sont très souvent cumulées et prénommées «pertes magnétiques ou pertes
fer»
𝑭 𝒌 𝑩 𝟐
𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆 𝒇𝒆𝒓 = 𝑪𝑭𝑬𝑹 . . .𝑴
𝑭𝟎 𝑩𝟎

CFER : coefficient de pertes fer en W/kg (donné par le constructeur)


M : masse du circuit
fo = 50 Hz
B0=1T
1,5 < k < 2

d) Les pertes excédentaires

Les pertes dites excédentaires sont dues aux interactions spatio-temporelles entre les
domaines lors de l’aimantation du matériau qui causent une augmentation locale des pertes
magnétiques autour des parois en déplacement. Bertotti a montré que ce phénomène est
proportionnel à la fréquence avec un exposant de 1.5 pour une aimantation sinusoïdale.

L’expression analytique des pertes excédentaires est :

Cexc coefficient des pertes excédentaires

Les pertes par hystérésis et les pertes excédentaires dépendent grandement de l’état cristallin
du matériau relié à l’historique de déformation et de recuit de l’échantillon, et de la quantité
d’inclusions sous forme de précipités dans le matériau reliée à sa pureté.

II.3 Domaine d’application des matériaux magnétiques


L’utilisation des matériaux magnétiques a permis de nombreuses applications parmi
lesquelles on peut citer :

le moteur électrique, le transformateur, les freins à lévitation, les trains à lévitation


(Japon), les outils de communication (le micro, le haut-parleur), les moyens de stockage de
l’information (les ferrites, les bandes magnétiques, CD, DVD, …), et l’augmentation des
capacités des disques durs, des mémoires de type flash magnétique.

L’alliage magnétique nanocristallin est un matériau ferromagnétique doux (dont le cycle


d’hystérésis est étroit). Il est très étudié pour des applications en électrotechnique telles
que les électro-aimants, les machines électriques, les transformateurs…
.
I. Matériaux Diélectriques :
III.1. Propriétés physiques
III.2) Caractérisation
III.3) Notions sur les pertes diélectriques
III.4) Présentation d’un isolateur d’une ligne HT

1. DEFINITION

Les isolants ou diélectriques sont des matériaux ayant une résistivité très élevée : 108 à
16
10 Ω.m, car ils contiennent très peu d’électrons libres. Un isolant est caractérise par ses
propriétés électriques, mécaniques, chimiques et thermiques. Un bon isolant ne devrait pas
laisser passer de courant lorsqu’il est soumis a une tension continue. Autrement dit, sa
résistance en CC doit être infiniment grande. Cependant, en pratique, un courant de fuite très
faible circule dans tous les matériaux isolants utilises en HT continue. Le courant passant a
travers un isolant en HT continue est également constant et est appelé courant résiduel. En HT
alternative, n’importe quel matériau isolant laisserait passer un courant capacitif.

Les isolants ( le vide, le verre et de nombreux plastiques etc …) sont utilises pour :
- assurer une séparation électrique entre des conducteurs portés a des potentiels différents
afin de diriger l’écoulement du courant dans les conducteurs désires donc → protection des
personnes et des équipements ;
- supporter les éléments d’un réseau électrique et les isoler les uns par rapport aux autres et
par rapport a la terre ;
- remplir les fonctions de diélectrique d’un condensateur.

Un isolant possède peu de charges libres, elles y sont piégées, contrairement à un matériau
conducteur où les charges sont nombreuses et libres de se déplacer sous l'action d'un champ
électromagnétique.
La faculté d'un matériau à être isolant peut aussi être expliquée par la notion de bandes
d'énergie. L'isolation électrique est rattachée à une grandeur physique mesurable, la
résistance, qui s'exprime en ohms (symbole : Ω).

Figure 3.1 : Représentation schématique des bandes d’énergie

III.1. Propriétés physiques dans les milieux diélectriques

diélectrique : milieu isolant constitué de molécules polaires ou polarisables.


Un matériau est diélectrique s'il ne contient pas de charges électriques susceptibles de se
déplacer de façon macroscopique. Autrement dit, c'est un milieu qui ne peut pas conduire
le courant électrique. À ce titre, on l'appelle parfois isolant électrique. On compte parmi ces
milieux : le vide, le verre et de nombreux plastiques.
Malgré l'impossibilité des milieux diélectriques de conduire le courant, ils présentent de
nombreuses caractéristiques électriques. En effet, les atomes qui constituent le matériau
peuvent présenter des dipôles électrostatiques qui sont susceptibles d'interagir avec un champ
électrique. Cette interaction se traduit par la création d'une polarisation reliée à ce champ
électrique, au niveau microscopique, par une polarisabilité, et au niveau macroscopique, par
la susceptibilité électrique.
Les électrons présents dans un milieu diélectrique ne peuvent pas, par définition, se déplacer
sur des grandes distances. Ils peuvent par contre présenter des mouvements d'amplitude très
petite à notre échelle, mais qui peuvent être à l'origine de nombreux phénomènes. Ces
mouvements sont souvent des mouvements d'oscillation autour du noyau : le nuage
électronique peut être déformé et ainsi créer un dipôle électrostatique. Il en va de même pour
le déplacement global des atomes au sein du matériau (ils créent également des dipôles).

III.1.1) Polarisation diélectrique


En soumettant le matériau à un champ électrique, de tels
dipôles peuvent être créés. S'ils existaient déjà, cela peut avoir comme effet de tous les aligner
dans le sens du champ électrique. D'un point de vue microscopique, on peut relier
l'amplitude de l'onde au dipôle créé via la notion de polarisabilité, qui est une caractéristique
propre à chaque atome. Il est cependant impossible de mesurer de telles grandeurs
microscopiques. On préfère utiliser une grandeur macroscopique, la polarisation, qui vaut la
somme de tous les dipôles du matériau. Cette polarisation vient donc de différents effets
physiques :

- la polarisation électronique, toujours présente, due au déplacement et à la déformation de


chaque nuage électronique,
- la polarisation atomique ou ionique due aux déplacements des atomes ou des ions dans la
structure du matériau,
- la polarisation d'orientation, pour les matériaux qui sont initialement déjà polarisés de
façon microscopique, mais dont les éléments n'ont pas forcément la même orientation,
- la polarisation macroscopique due à des déplacements de charges dans l'ensemble du
matériau.

1) Moment électrique d’un dipôle :

Un dipôle est forme de deux charges égales et de signes opposes. La valeur du moment
électrique d’un dipôle est p0 = q a.

Où q : est la charge positive (ou la valeur absolue de la charge négative)


a : la longueur du dipôle. Il va de soit que pour les molécules où a = 0, le moment
dipolaire est nul.

Remarque : jusqu’à présent, les scientifiques ne se sont pas mis d’accord quant au sens a
donner au dipôle électrique, de la charge positive vers la charge négative ou vice versa.

2°) Description de la polarisation :

La propriété la plus importante d’un diélectrique est la polarisation sous l’action d’un champ
électrique externe.
A l’échelle atomique : en l’absence d’un champ électrique, le moment électrique est nul car la
somme algébrique des charges dans toutes les molécules dans un volume donné est nulle, du
fait que les centres de gravite des charges positives et négatives coïncident. Lors de
l’application d’un champ électrique, les centres de gravite ne coïncident plus et les particules
(atomes et molécules) sont alignées suivant la direction de E et acquièrent un moment p0 (voir
figure).

A l’échelle macroscopique : le diélectrique aura un moment diélectrique P.

La polarisation est souvent proportionnelle au champ électrique qui l'a créée (ce cas est dit
linéaire) :

P = χ ε0 E χ : susceptibilité diélectrique

Considérons simplement un condensateur plan de surface S et d’épaisseur a (figure ci-


dessus). Posons que la charge de polarisation apparaissant a chaque surface du condensateur
est ζs [C/m2].
Comme la charge totale a l’intérieur est compensée et donc nulle, le moment diélectrique total
est : ζs.S.a
En divisant par le volume V = Sa, nous obtenons la polarisation P = ζs
Conclusion : la polarisation P est égale à la densité de charge apparaissant à la surface.
3°) Diélectriques polaires et non polaires :
Tous les diélectriques peuvent être divisés en deux catégories :
Diélectriques polaires et diélectriques non polaires.

La somme totale des charges dans une molécule est nulle, mais l’arrangement (la structure) de
ces charges peut être différent d’une matière à une autre.
Les centres de gravite peuvent coïncider ou ne pas coïncider :
• Dans le 1er cas : la molécule est non polaire.
• Dans le 2ème cas : la molécule (et donc la matière en question) est dite polaire. Même en
l’absence de champ électrique externe, la molécule possède un moment dipolaire.

Il est clair que les molécules arrangées de façon symétrique (qui possèdent un centre de
symétrie) sont non polaires du moment que les centres de gravite des charges positives et
négatives coïncident avec le centre de symétrie. Par contre, les molécules asymétriques sont
polaires.
Les molécules monoatomiques (He, Ne, Ar, Kr, Xe) et les molécules formées de deux atomes
identiques (H2, N2, Cl2, etc.…) sont non polaires. Par contre, les molécules à composition
ionique telles que l’iode de potassium KI ont un moment dipolaire élèvé.

Exemple :
Les molécules CH4 et CCl4 sont symétriques et donc non polaires. Les autres
molécules sont asymétriques et donc polaires.

4°) Types de polarisation :

a) polarisation électronique : est due au déplacement du nuage d’électrons par rapport au


noyau positif, sous l’action d’un champ E. dans ce cas, la polarisation se produit rapidement
durant un bref moment (de l’ordre de 10-15 s). Elle se produit dans les atomes et les ions.

Le processus de la polarisation électronique peut être compris en considérant l’atome le plus


simple, à savoir l’atome d’hydrogène (l’électron en orbite d’un noyau contenant un proton).
L’orbite à gauche est celle qui existe avant l’application d’un champ électrique (pas de
polarisation), tandis que celle de droite est obtenue après polarisation, et donc un déplacement
d’orbite d’une distance a durant la polarisation, l’atome acquiert un dipôle p = e a.
b) Polarisation ionique : est due au déplacement mutuel des ions formant ainsi une
molécule asymétrique. Le temps requis pour ce déplacement, afin d’assurer la polarisation est
de l’ordre de 10-12 a 10-13 s.
Les polarisations électroniques et ioniques ont beaucoup en commun. Dans les deux cas, il
s’agit de déplacement de charges (et non pas rotation) dans la direction du champ électrique.

c) Polarisation macroscopique : est due a des déplacements de charges dans l'ensemble du


matériau.

d) Polarisation dipolaire (d’orientation) :


Elle est spécifique aux diélectriques polaires, les dipôles s’orientent suivant la direction
du champ électrique applique (voir figure). En l’absence de champ, les dipôles sont orientes
de façon désordonnée, de telle façon que la polarisation globale est pratiquement nulle. Pour
cette raison, la polarisation d’orientation est influencée et liée avec l’agitation thermique des
molécules, la température exerce une un effet appréciable sur ce type de polarisation.
La polarisation d’orientation peut exister seulement dans les gaz, les liquides et les matières
amorphes visqueuses. Dans les matières solides, les dipôles sont ≪ figés ≫ et ne peuvent être
orientés.
Un dipôle placé dans un champ électrique est soumis a un couple qui tend a l’aligner suivant
la ligne de ce champ.

Remarque :
La polarisation d’orientation met plus de temps à s’établir (ou à disparaitre) lors
de l’application de la tension (ou la mise hors tension) par rapport aux autres types de
polarisation. Il est clair en effet, que plus de temps est requis pour le mouvement des
molécules, surtout les grandes molécules et la viscosité dynamique (coefficient de frottement
interne) élevé. Ce temps peut être de l’ordre d’une demi-période de la tension alternative.

Tous les types de polarisation provoquent des pertes diélectriques sous forme de chaleur suite
aux frottements. En tension alternative les pertes sont beaucoup plus grandes qu'en tension
continue.
Par conséquent, la tension thermique de claquage est généralement plus faible pour les
champs alternatifs, et elle diminue avec l'augmentation de la fréquence de la tension
appliquée.

5°) Diélectriques non linéaires


Les diélectriques linéaires sont caractérisés par une relation linéaire entre la
polarisation et le déplacement avec le champ électrique.

P = χ. ε0.E
D = εr.ε0. E

Pour certains matériaux «non linéaires» ces relations ne sont plus linéaires, la permittivité
dépend alors du champ E. Ce type de diélectrique est utilisé dans certaines applications
spécifiques.

Il y a plusieurs types de diélectriques non linéaires :

a) Diélectriques ferroélectriques : est le diélectrique non linéaire le plus typique, en


dehors de la dépendance de la permittivité en fonction du champ, il y a :

- Phénomène d’hystérésis sous l’action d’une tension alternative entre D et E identique a


l’hystérésis magnétique entre B et H
- De très grandes valeurs de la permittivité ;
- Variation, de ses paramètres en fonction de la température ;
- Présence d’une polarisation spontanée sans l’application d’un champ externe.
b) Diélectriques piézo-électriques :
La piézo-électricité est découverte en 1800 par les chercheurs français Pierre et Paul-Jean
Curie. C’est dû a l’apparition de charges électriques sur les surfaces de quelques cristaux
quand ils sont soumis a des forces mécaniques de compression ou de tension par exemple.
Il existe l’effet inverse, à savoir la déformation sous l’action d’une tension électrique.
Pratiquement, tous les diélectriques ferroélectriques sont piézo-électriques.

c) Electrets : Un électret est un compose diélectrique, qui préserve sa polarisation pendant


longtemps après que le champ électrique externe qui a produit cette polarisation est enlevé, et
qui a installé un champ électrostatique dans l'espace environnant.
L’électret crée un champ électrique de la même manière qu’un barreau aimanté crée un
champ magnétique.
La polarisation est souvent proportionnelle au champ électrique qui l'a créée (ce cas est
dit linéaire) :

avec la permittivité du vide


la susceptibilité électrique du matériau, qui est un nombre complexe.
Dans le cas d'un diélectrique anisotrope, est un tenseur de rang 2.
En généralisant cela à des phénomènes où la polarisation n'est pas proportionnelle au
champ électrique, on atteint le domaine de l'optique non-linéaire.

Figure 3.2 : Représentation schématique de la polarisation diélectrique

NB : un diélectrique accroît la capacité d’un condensateur en neutralisant les charges à la


surface des armatures. Ces charges contribuent (dans le vide), à l’intensité du champs
externe.

Susceptibilité électrique

En électromagnétisme, la susceptibilité électrique χ est une grandeur caractérisant la


polarisation créée par un champ électrique. Ce phénomène se produit uniquement par
l'intermédiaire d'un milieu matériel (souvent un matériau diélectrique), et dans de nombreux
cas, l'intensité du champ électrique utilisé est suffisamment faible pour que la polarisation
vérifie la relation suivante :

où ε0 est la constante diélectrique, et où la susceptibilité électrique χ est un nombre complexe


sans dimension.
Ce cas est dit linéaire car il s'agit d'une relation de proportionnalité. Il permet d'interpréter le
phénomène de réfraction : en effet, la susceptibilité est reliée, d'après les équations de
Maxwell, à l'indice de réfraction n par la relation :
Où Re(χ) désigne la partie réelle de la susceptibilité électrique.

III.1.2) Phénomènes de réfraction, de réflexion et d'absorption


La polarisation créée dans le milieu diélectrique intervient dans des phénomènes mettant en
jeu des ondes électromagnétiques, comme la lumière, car elles présentent un champ
électrique. Les équations de Maxwell permettent alors de montrer que la partie réelle de
modifie la vitesse c d'une onde lumineuse se propageant dans le matériau par rapport à la
vitesse c0 qu'elle aurait dans le vide selon la relation :

.
L'indice de réfraction d'un milieu à une longueur d'onde donnée mesure le facteur de réduction de
la vitesse de phase de la lumière dans le milieu, par rapport à la vitesse qu'elle aurait dans le vide.
Cela correspond exactement à la définition de l'indice de réfraction n d'un milieu :

.
Cela explique donc le phénomène de réfraction de la lumière. D'autre part, la partie
imaginaire correspond à une absorption de la lumière par le matériau. Lorsque le matériau
est anisotrope, les relations ne sont pas aussi simples, et on voit apparaitre le phénomène
de biréfringence : deux rayons sont réfractés au lieu d'un seul.
La réflexion peut également être comprise de cette façon. On peut alors montrer que, au
passage de la lumière à travers un dioptre séparant deux milieux différents, une partie de
l'onde est réfléchie, et le reste est réfracté. Le calcul correspondant aboutit aux coefficients de
Fresnel qui donnent les proportions de la lumière réfléchie et réfractée. Dans le cas où toute la
lumière est réfléchie (réflexion totale), on peut observer une onde évanescente, c'est-à-dire
une onde de très courte portée qui apparaît de l'autre côté du dioptre. On peut même, en
plaçant un autre dioptre très proche du premier, récupérer cette onde évanescente : c'est le
phénomène de réflexion totale frustrée.

III.1.3 Claquage des isolants :

Dans les isolants solides : le claquage dans un diélectrique peut provoquer la fusion, bruler
ou perforer le diélectrique et les électrodes. Apres un claquage, une trace du claquage sous
forme de perforation, de fonte ou de brulure sur le diélectrique peut rester et donner une forme
irrégulière a l’isolant. Si une tension est de nouveau appliquée a cet isolant, un claquage
survient dans la majorité des cas, suivant le canal tracé par la décharge précédente et même a
une tension inférieure. Donc un arc qui survient dans les isolants solides nécessite leur
remplacement.
Dans les isolants liquides et gazeux : Si le claquage survient dans les isolants liquides ou
gazeux, la grande mobilité des particules permet à la trace de disparaitre et l’isolant est ainsi
régénéré (si le claquage n’a pas eu lieu pendant une durée assez grande pour changer les
propriétés intrinsèques de l’isolant).
Chaque type de matériau possède une résistance au claquage (rigidité diélectrique) différente
des autres. La rigidité diélectrique dépend considérablement de :
- la fréquence du réseau : la rigidité diélectrique diminuant avec l’augmentation de la
fréquence ;
- température : la rigidité diélectrique diminuant avec l’augmentation de la température ;
- durée d’application de la tension.
Les causes du claquage des solides sont diverses :
• Causes d’origine électrique : des charges électriques sont injectées par les électrodes ou
proviennent par dissociation de particules dans le volume du matériau.
• Claquage d’origine thermique : à l’origine il existe un phénomène électrique conduisant a un
échauffement du matériau.
• Claquage dût à des effets parasites : des défauts dans le matériau sous forme d’inclusions
solides ou gazeuses, qui provoquent une distorsion du champ électrique.
• Claquage électromécanique : sous l’action d’un champ électrique E, un matériau de
permittivité ε est soumis a une pression qui a tendance a rapprocher les électrodes et donc
d’exercer une contrainte de compression, sur le matériau.

III.1.3 Contournement
Le contournement est la formation d'un chemin de conduite (fuite) permanent sur la
surface d'un isolant qui dans la plupart des cas provoquent la dégradation de l'isolation.
Lorsque l'isolant se trouve à l'extérieur, il subit les conditions ambiantes de l'environnement et
devient couvert de pollution qui peut être d'origine industrielle ou côtière. En présence de
l'humidité la couche de contamination provoque un courant de fuite qui chauffe et évapore
par échauffement l’humidité a la surface et provoque une interruption dans le film d'humidité;
de petites étincelles apparaissent alors aux bornes des bandes sèches.

III.2) Caractérisation ou Grandeurs caractéristiques des milieux


diélectriques

Les matériaux diélectriques sont caractérisés en particulier par :

 leur rigidité diélectrique ;


 leur permittivité diélectrique ε, ou constante diélectrique ;
 leur angle de perte ou tangente delta, tan(δ).

III.2.1) rigidité diélectrique

La rigidité diélectrique d’un milieu isolant représente la valeur maximum du champ


électrique que le milieu peut supporter avant le déclenchement d’un arc électrique et donc
d’un court-circuit. L’apparition de arc électrique dans l’isolant engendre un courant intense
traversant l’isolant en suivant le chemin formé par l’arc lui-même. Dans ce cas, l’isolant est
percé: il y a rupture diélectrique ou claquage qui détruit l’isolant. On utilise aussi l'expression
champ disruptif. Pour un condensateur, quand cette valeur est dépassée, l’élément est détruit.
La valeur maximale de la tension électrique appliquée aux bornes, est appelée tension de
claquage du condensateur.
Si le champ électrique dépasse la rigidité diélectrique du matériau, on parle de claquage, et le
matériau peut voir ses propriétés physiques modifiées, parfois de façon réversible pour les
isolants gazeux et liquides (recombinaison des ions avec des electrons)., et parfois de façon
irréversible pour les isolants solides (carbonisation),.

Cas particulier

Dans le cas d'un isolant gazeux, la rigidité diélectrique dépend de la pression du gaz,
selon une relation non linéaire. (Loi de Paschen)

Le champ disruptif de l'air

À la base, l'air est un fort isolant. Mais sous de fortes tensions, les électrons qui
composent les atomes des molécules de l'air sont littéralement arrachés à leur orbite de
valence pour participer à la conduction électrique : la foudre traverse alors l'atmosphère. La
valeur du champ disruptif de l'air la plus communément admise est : 36000 V.cm-1

Cette interprétation étant plus connue sous le nom de « règle des 30000 V par cm ». Cela
laisse présager en outre de l'ordre de grandeur des tensions mises en jeu dans le phénomène de
la foudre.
Pour un air saturé en humidité, cette valeur peut tomber à 10 000 V.

Propriétés particulières

Par rapport aux positions relatives de la direction du champ électrique et des surfaces
principales de l’isolant, la rigidité diélectrique peut être transversale ou longitudinale.

La rigidité diélectrique dépend de :

- la fréquence, la forme et la durée d’application de la tension ;


- la température, la pression et l’humidité de l’atmosphère ;
- la présence d’impuretés dans l’isolant (bulles d’air, humidité, ...).

On peut également parler de champ disruptif dans le cas des câbles électriques, où le cœur
(appelé également l'âme) est séparé de la gaine de masse par un isolant. Ici encore, un champ
électrique radial trop élevé conduit au claquage de cet isolant, endommageant
irréversiblement le câble.

Rigidité diélectrique de quelques diélectriques usuels


III.2.2) Permittivité diélectrique ε, ou constante diélectrique
Constante diélectrique

La constante diélectrique ou constante électrique, également nommée permittivité du vide


ou encore permittivité diélectrique du vide, est une constante physique. Elle est notée par ε0.

𝟏
𝜺𝟎 =
𝝁𝟎 𝑪𝟐

où :
- μ0 est la constante magnétique
- c est la vitesse de la lumière dans le vide.

Dans le système d'unité SI ε0 est la permittivité absolue du vide (ou de l’air) et a pour valeur:

ε0 = 8,854187817...×10−12 F·m-1.

La constante diélectrique décrit la réponse d'un milieu donné à un champ électrique. Elle
intervient dans de nombreux domaines, en particulier en optique, via l'indice de réfraction.
Les lois gérant la réfraction et la réflexion de la lumière y font appel.

Au niveau microscopique, la constante diélectrique est liée à la polarisabilité électrique des


molécules ou atomes constituant le milieu.
Pour un matériau donné de permittivité ε, il est possible de définir la permittivité relative,
normalisée par rapport à celle du vide

Cette valeur ne possède pas d'unité et est toujours supérieure à 1.

Soit un condensateur plan a vide (ou a air) :

Sa capacité est :

Si le même condensateur est rempli par un isolant, sa capacité devient :

La permittivité relative est définie par le rapport :

La permittivité absolue est :

Pour l’air, les gaz et le vide, εr = 1. Donc, ε =ε0= 8,85.10 -12 F/m .
Pour tous les autres isolants, εr > 1.
III.2.3) Angle de perte

III.3) Notions sur les pertes diélectrique

III.3.1) Circuit équivalent d’une isolation en courant alternatif


Un isolant placé entre deux conducteurs peut être modélisé de manière simplifiée par le
circuit équivalent suivant :

C représente la capacité entre les deux conducteurs et la résistance R est la résistance


d’isolement de l’isolant, elle est toujours ≥ 1012 Ω.

III.3.2) CALCUL DE L’ANGLE DE PERTES DIELECTRIQUES :


L’angle de pertes δ est défini comme étant l’angle complémentaire du déphasage entre la
tension U entre les conducteurs et le courant de fuite I traversant l’isolant :

On a :
La valeur tanδ est appelée facteur de dissipation diélectrique.

L’angle de pertes caractérise la qualité d’un isolant :


- bon isolant → résistance d’isolement R élevée , δ faible ;
- mauvais isolant → R faible , δ élevé.

En pratique, le facteur de dissipation tanδ varie entre 10−2 et 10−4.

III.3.3) Mesures des pertes diélectriques et de la permittivité


On appelle pertes diélectriques, la partie de l'énergie électrique qui se transforme en
chaleur dans les milieux diélectriques. Une partie de ces pertes due au courant momentané est
dite ohmique, et l'autre partie associée au déplacement des charges est dite pertes
diélectriques. Les pertes diélectriques dépendent fortement de la concentration des défauts
ponctuels dans le matériau et sont caractérisées par l'angle de déphasage entre la tension
sinusoïdale U = U0 cosωt appliquée aux bornes d'un condensateur et l'intensité du courant
I=Io cos (cosωt+φ) qui traverse le circuit. L'énergie dissipée dans le matériau diélectrique est
calculée par U I Cos φ.
Dans le domaine de l'électronique, l'angle φ étant très proche de π/2, on utilise donc la
tangente de l'angle complémentaire δ pour exprimer les pertes diélectriques. Les mesures
diélectriques peuvent être réalisées à l'aide d'un analyseur d'impédance HP 4192A et d'un
four permettant de travailler sous air de l'ambiante à 600°C (figure III.3).
Les échantillons utilisés sont des plaques de 20x20xlmm3. Les deux faces sont revêtues sous
air d'une fine couche de laque d'argent.
III.3.4) Influence de la température sur les isolants :
Une élévation de température contribue à diminuer la durée de vie d’un isolant :
- diminution de la résistance d’isolement (les isolants ont généralement un coefficient de
température négatif) ;
- diminution de la rigidité diélectrique ;
- oxydation ;
- ramollissement pouvant atteindre la fusion.

1°) LOI EXPERIMENTALE DE VIEILLISSEMENT DES ISOLANTS


Une augmentation de 10 °C de la température d’un isolant conduit à doubler sa vitesse de
vieillissement.
L’élévation de température est provoquée par les pertes diélectriques et l’échauffement des
conducteurs. La chaleur est difficilement évacuée par les isolants car ceux-ci ont une
conductivité thermique très faible.

2°) CLASSIFICATION THERMIQUE DES ISOLANTS

Les isolants sont classes suivant la température maximale en dessous de laquelle ils ont une
durée de vie d’une dizaine d’années.
III.4) Quelques milieux diélectriques usuels

1.) Solides

 le verre, utilisé pour faire des isolateurs de lignes haute tension ;


 la céramique, très utilisée pour les matériels HTB des postes électriques ;
 la plupart des plastiques, en particulier polyéthylène sous sa forme réticulée (XLPE)
et PVC, tous deux utilisés pour les câbles ;
 le Polypropylène, utilisé en particulier dans les condensateurs en HTA ou HTB ;
 le mica, qui n'est guère plus utilisé de nos jours dans l'industrie électrotechnique ;
 la bakélite, autrefois très utilisée pour l'appareillage électrique basse tension ;
 le téflon, utilisé pour certaines pièces des disjoncteurs à haute tension.
 certains matériaux sous forme cristalline perovskyte comme le PZT qui sont actuellement
en cours de développement pour être utilisés comme condensateur à capacité variable.

2.) Liquides

 le pyralène, autrefois utilisé dans les transformateurs, mais qui tend à disparaître à cause
de ses risques
 l'huile minérale, qui a remplacé le pyralène dans les transformateurs
 l'eau pure. Si l'eau usuelle est conductrice, une eau parfaitement pure est un très bon
isolant. La difficulté de garder une eau très pure rend toute utilisation industrielle difficile.
 l'huile végétale, innovation récente dans l'isolation diélectrique dans les transformateurs
électriques.

3.) Gazeux

 l'air
 l'hexafluorure de soufre
 l'azote

III.5 Utilisations des diélectriques


1) Présentation d’un isolateur d’une ligne HT
Les diélectriques étant de bons isolants électriques et thermiques, et sont donc utilisés pour
gainer les câbles électriques afin d'éviter des contacts avec d'autres câbles ou des personnes.
On peut également parler de champ disruptif dans le cas des câbles électriques, où le cœur
(appelé également l'âme) est séparé de la gaine de masse par un isolant. Ici encore, un champ
électrique radial trop élevé conduit au claquage de cet isolant, endommageant
irréversiblement le câble.

Rigidité diélectrique de quelques diélectriques usuels

2) Utilisation dans les condensateurs


Les diélectriques sont utiles dans les condensateurs. Dans le cas, très simple, du condensateur
plan, on peut rapprocher les plaques sans risque de contact ou de claquage. On insère ainsi des
couches de diélectriques dans les condensateurs industriels, ce qui permet d'augmenter
la capacité en diminuant l'encombrement.
D'autre part, si on la soumet à un champ électrique suffisamment puissant, toute substance
s'ionisera et deviendra conductrice. Les diélectriques étant plutôt difficiles à ioniser, l'air
ambiant devient conducteur avant eux : on peut les employer pour des condensateurs à haute
tension.

2) Utilisation dans des verres de lunettes


La plupart des diélectriques sont également transparents dans de larges gammes de
fréquences, et sont parfois utilisés pour constituer une couche anti-reflet, par exemple sur
certains modèles de verres de lunette.

Chapitre 2 : CIRCUITS MAGNETIQUES


(07H30 cours + 03H TD)
I. Lois et théorèmes fondamentaux

II. Circuits magnétiques excités en courant continu et rôle


d’un entrefer

III. Circuits magnétiques excités par des aimants


permanents.

IV. Circuits magnétiques excités par des courants alternatifs.


Chapitre 3 : CIRCUITS TRIPHASES
(06H30 cours 03H TD)
I. Systèmes équilibrés en régime alternatif sinusoïdal et couplages
usuels

II. Schémas monophasés équivalents

III. Composantes symétriques

IV. Systèmes équilibrés en régime alternatif non sinusoïdal

V. Systèmes déséquilibrés
Chapitre 4 : TRANSFORMATEURS
(12H cours + 06H TD + 06H TP)
I. Bobine à noyau ferromagnétique.

II. Transformateur monophasé


II.1 Etude des différents éléments

II.2 Fonctionnement à vide et en charge

II.3 Schémas équivalents et caractérisations d’un transformateur

II.4 Transformateurs monophasés spéciaux (TI, transformateurs


d’impulsion…. )

III. Transformateur triphasé en régime équilibré

III.1 Etude des couplages usuels


III.2 Indice horaire
III.3 Schéma équivalent monophasé caractéristiques
III.4 Transformateurs triphasés spéciaux
Travaux Pratiques :
1°) Transformateur monophasé sous charge réduite (étude à vide et en court-
circuit)

2°) Transformateur monophasé en charge

3°) Transformateur triphasé sous charge réduite (étude à vide et en court-


circuit)
4°) Transformateur triphasé en charge
5°) Couplage de 2 transformateurs en parallèle
Annexe 1 :
1°) Milieux diélectriques, linéaires, homogènes, isotropes
* diélectrique : milieu isolant constitué de molécules polaires ou polarisables.
* linéaire : le champ électrique est suffisament modéré pour avoir proportionnalité entre
le moment induit et le champ électrique.
* homogène : tout est pareil.
* isotrope : toutes les directions sont équivalentes.

Annexe 2 :

II.1. Propriétés physiques


Les principales propriétés magnétiques d’un matériau sont :

 Perméabilité magnétique
 Susceptibilité magnétique
 Aimantation
 Champ coercitif
 Point de Curie
 Hystérésis

1°) Perméabilité magnétique

La perméabilité magnétique, en électromagnétisme des milieux en régime linéaire,


caractérise la faculté d'un matériau à modifier un champ magnétique , c’est-à-dire à
modifier les lignes de flux magnétique. Cette valeur dépend ainsi du milieu dans lequel il est
produit où le champ magnétique varie linéairement avec l'excitation magnétique .
La canalisation du champ magnétique dans un matériau qui est également conducteur est
d'autant plus réduite que la fréquence de variation des champs, la perméabilité et la
conductivité sont élevées (du fait des courants induits).

Figure 1 : Comparaison simplifiée des perméabilités : ferromagnétique (μf ),


paramagnétique (μp), espace libre (μ0) et diamagnétique (μd)

a) Relation de constitution
Si le régime du matériau est dit linéaire, le champ magnétique et le
champ d'excitation magnétique sont reliés, dans un matériau donné, par la relation dite
« constitutive » :

où µ est la perméabilité magnétique du matériau (en henry par mètre, symbole : H.m-1 ou
H/m).
Attention, cette relation de constitution est commode et se rencontre dans de nombreux cas
mais n'est pas universelle, y échappe notamment les cycles d'hystérèse, les phénomènes de
saturation, les milieux biréfringents, les milieux chiraux, les milieux optiques non linéaires,
etc.
La perméabilité magnétique du matériau (µ) s'exprime par le produit de la perméabilité du
vide (µ0, exprimée en henry par mètre) et de la perméabilité relative (µr, sans dimension) :
µ=µ0.µr
- µ0 est une constante universelle, la constante magnétique, qui vaut 4π×10-7 H/m
- µr dépend du matériau.
Dans l'air, le vide, les gaz, le cuivre, l'aluminium, la terre, et d'autres matériaux, µr est
approximativement égal à 1, ces matériaux ne pouvant alors canaliser le champ magnétique.

b) Perméabilité et type de magnétisme


On distingue les matériaux diamagnétiques (argent,
cuivre, eau, or, plomb, zinc...), paramagnétiques (air, aluminium, magnésium, platine...) et
ferromagnétiques (cobalt, fer, mu-métal, nickel ...).

En général, les matériaux diamagnétiques et paramagnétiques présentent des valeurs de


perméabilité relative proche de 1. La perméabilité absolue des matériaux diamagnétiques et
paramagnétiques est donc pratiquement égale à celle du vide, c'est-à-dire 4π×10-7 H/m.

La perméabilité des matériaux ferromagnétiques n'est pas constante mais dépend de


l'excitation magnétique . Pour de faible valeur de , la valeur de µr est plutôt faible, on
parle de seuil avant que le champ d'excitation H ne produise une induction B significative,
mais elle croît avec la valeur de en passant par un maximum et peut redevenir unitaire
ensuite au delà d'un certain seuil en raison d'une saturation (on parle de saturation
magnétique). Pour cette raison, nous indiquons des valeurs maximales de perméabilité relative
dans le tableau ci-dessous.
Figure : Perméabilité magnétique

Tableau : Perméabilité magnétique relative des matériaux ferromagnétiques à 20 °C

c) Influence de la température
Pour les matériaux ferromagnétiques, il existe une température
caractéristique, dite température de Curie Tc, au-dessus de laquelle ils perdent leur propriété
ferromagnétique :

Quelques températures de Curie :


- Cobalt : 1 115 °C
- Fer : 770 °C
- Mumetal : 420 °C
- Nickel : 358 °C
Au-delà de la température de Curie Tc, les matériaux ferromagnétiques redeviennent
paramagnétiques
Remarque : Si est la vitesse de la lumière (dans le vide) et est la permittivité (du vide),
on a la relation .

2°) Susceptibilité magnétique

La susceptibilité magnétique (notée ) est la faculté d'un matériau à s'aimanter sous


l'action d'une excitation magnétique. La réaction est de deux types : aimantation du matériau
s'accompagnant de l'apparition d'une force mécanique.

a) Description microscopique
En présence d'une excitation magnétique , les différents moments magnétiques
électroniques ou nucléaires vont se diviser en différents niveaux d'énergie. Pour le noyau
d'hydrogène caractérisé par un spin de valeur 1/2, l'aimantation peut prendre deux positions
dites parallèle ou anti-parallèle. L'état parallèle étant de plus basse énergie, il est plus peuplé
et il en résulte dans le milieu, une aimantation nucléaire macroscopique notée .

b) Caractérisation macroscopique
L'aimantation est proportionnelle à l'excitation magnétique appliquée : le coefficient de
proportionnalité, noté , définit la susceptibilité magnétique du milieu ou matériau
considéré.

avec l'aimantation en ampère par mètre (A/m), la susceptibilité magnétique


(sans dimension) et l'excitation magnétique appliquée aussi en ampère par mètre
(A/m).
- Lorsque est positif, on dit que le corps dans lequel apparaît l'aimantation est
paramagnétique.
- Lorsque est nul, on a du vide.
- Lorsque est négatif, le corps est dit diamagnétique.

À cette catégorisation se superpose une seconde classification, avec notamment le


ferromagnétisme, qui caractérise les corps qui conservent leur aimantation en l'absence
d'excitation, tels que le fer, le cobalt ou le nickel (paramagnétisme très intense et rémanent).
On peut relier la susceptibilité magnétique à la perméabilité relative par: ou
bien .

c) Exemple de matériaux

Tableau : Susceptibilité magnétique de quelques matériaux


D'après l'équation constitutive de la matière utilisée par le système S.I., l'aimantation M et
l'excitation magnétique H ont la même unité. La susceptibilité magnétique, qui s'établit
comme un rapport de ces deux grandeurs, n'a pas d'unité (grandeur adimensionnelle).

3°) Susceptibilité électrique

En électromagnétisme, la susceptibilité électrique est une grandeur caractérisant la


polarisation créée par un champ électrique (ou le champ électrique produit par de la matière
polarisée). Ce phénomène se produit uniquement par l'intermédiaire d'un milieu matériel
(souvent un matériau diélectrique), et dans de nombreux cas, si l'intensité du champ électrique
utilisé est suffisamment faible ou si le diélectrique en question est isotrope, la polarisation
vérifie la relation suivante :

où est la permittivité du vide, et où la susceptibilité électrique est un nombre complexe


sans dimension. Ce cas est dit linéaire car il s'agit d'une relation de proportionnalité. Il permet
d'interpréter le phénomène de réfraction : en effet, la susceptibilité est reliée, d'après les
équations de Maxwell, à l'indice de réfraction n par la relation :

,
Où désigne la partie réelle de la susceptibilité électrique.

a) Calcul de la susceptibilité électrique

Pour calculer la susceptibilité électrique, plusieurs approches sont possibles. Il faut


dans tous les cas être capable de décrire l'effet d'un champ électrique sur les constituants la
matière. Les différents mécanismes possibles sont à l'origine de plusieurs types de
polarisation :

- la polarisation électronique, toujours présente, due au déplacement et à la déformation


du nuage électronique,
- la polarisation atomique ou ionique due aux déplacements des atomes ou des ions dans
la structure du matériau,
- la polarisation d'orientation, pour les matériaux qui sont initialement déjà polarisés de
façon microscopique, mais dont les éléments n'ont pas forcément la même orientation,
- la polarisation macroscopique due à des déplacements de charges dans l'ensemble du
matériau.

b) Difficulté du calcul
Dans la plupart des cas, plusieurs de ces phénomènes sont présents et se cumulent. La
principale difficulté du calcul réside dans le fait que le champ électrique macroscopique dans
lequel est plongé le matériau est souvent différent du champ électrique local qui agit
réellement sur les constituants microscopiques et donc crée la polarisation. C'est pourquoi il
faut distinguer susceptibilité (grandeur macroscopique) de polarisabilité (grandeur
microscopique). Enfin, la polarisation modifiant en retour le champ électrique, il est souvent
nécessaire de faire appel à une méthode auto-cohérente

c) Exemple : modèle de l'électron élastiquement lié

On se place dans le cas d'un gaz très peu dense1 soumis à un rayonnement2 de
fréquence . La modélisation la plus simple fait appel à la notion d'atome de Lorentz
décrivant l'interaction entre un atome et du rayonnement par la mécanique classique. Ce
modèle, également appelé modèle de l'électron élastiquement lié, consiste à supposer que les
électrons gravitant autour du noyau atomique sont soumis à trois forces :
- la force attractive de la part de ce noyau (supposée correspondre à un oscillateur
harmonique de fréquence ),
- la force sinusoïdale due au champ électrique ,
- et une force de freinage3 en .
Le mouvement obtenu peut alors être relié à celui d'un dipôle électrique, et finalement, la
somme de tous les dipôles est égale à la polarisation recherchée. Ce modèle aboutit à
l'expression suivante de la susceptibilité électrique :

e et m sont la charge et la masse de l'électron,


est la densité volumique du gaz,
est une fréquence caractéristique de la force de freinage,
c est la vitesse de la lumière dans le vide.

d) Milieux anisotropes et non-linéaires


Dans certains cas l'approche précédente est insuffisante. En effet, il est possible que la
polarisation induite par le champ électrique soit différente selon la direction de celui-ci. Cela a
pour conséquence le phénomène de biréfringence apparaissant avec certains cristaux
anisotropes comme le spath d'Islande. On observe alors qu'un faisceau lumineux est séparé en
deux lors de la traversée de ce type de cristal. Dans ce cas, l'expression reliant la polarisation
au champ électrique est modifiée :
,

où est maintenant un tenseur d'ordre 2, autrement dit une matrice carrée 3x3. Si les trois
dimensions spatiales sont nommées x, y et z, la relation précédente développée devient :

On peut aller encore plus loin dans la description de la susceptibilité électrique car il existe
des cas où la polarisation n'est pas directement reliée à E, mais plutôt à des puissances de E.
Par exemple, la polarisation peut être proportionnelle à E ². Dans ces cas dits non-linéaires, on
a recours à des susceptibilités électriques qui sont des tenseurs. Pour comprendre les
phénomènes qui en découlent, on a recours à l'optique non-linéaire.

e) Notes et références
1. ↑ Dans ce cas champ local et champ macroscopique sont identiques, ce qui permet d'éviter le passage du
microscopique au macroscopique.
2. ↑ c'est-à-dire un régime sinusoïdal permanent : le champ électrique est supposé sinusoïdal dans le temps, et on
attend que le régime transitoire soit dépassé.
3. ↑ Cette force, appelée réaction de rayonnement, vient du fait que les électrons accélérés rayonnent, et donc
perdent de l'énergie. Elle est en toute rigueur proportionnelle à mais son effet, au premier ordre en , est
un amortissement du mouvement de l'électron qui est bien rendu par la force de frottement fluide supposée ici. La
valeur de est déduite de ce développement limité (cf. Alain Aspect, Claude Fabre et Gilbert Grynberg, Optique
quantique 1 : lasers [lire en ligne [archive]], p. 177-179).

4°) Aimantation

a) Aimant permanent
Un aimant permanent ou aimant dans le langage courant, est un objet fabriqué dans un
matériau magnétique dur, c’est-à-dire dont le champ rémanent et l'excitation coercitive sont
grands (voir ci-dessous). Cela lui donne des propriétés particulières liées à l'existence du
champ magnétique, comme celle d'exercer une force d'attraction sur tout matériau
ferromagnétique.

b) Lien avec le moment magnétique


L'aimantation du matériau ou du milieu considéré représente la densité de moments
magnétiques induits ou permanents au sein d'un matériau.

où représente le moment magnétique et le volume

c) Caractéristiques
Les aimants permanents contiennent presque toujours des atomes d'au moins un des éléments
chimiques suivants : fer, cobalt ou nickel, ou de la famille des lanthanides (terres rares). Les
aimants naturels sont des oxydes mixtes de fer II et de fer III de la famille des ferrites (oxyde
mixtes d'un métal divalent et de fer III). Ce sont des matériaux magnétiques durs (à cycle
d'hystérésis large). Il existe aussi des aimants moléculaires comme des aimants de chimie de
coordination4, des aimants organo-métalliques8 et des aimants purement organiques (CHNO)9
mais en 2010, ils ont tous des températures de Curie très basses excepté V(TCNE)210 (di-
tétracyanoéthylénure de vanadium).

- Le champ rémanent est le champ magnétique existant dans le matériau


en l'absence de courant.
- L'excitation coercitive de démagnétisation ( , en A/m) est l'excitation magnétique
(champ magnétique créé par des courants circulant autour du matériau) qu'il faut produire
pour démagnétiser ce matériau mais cette démagnétisation peut être réversible.
- L'excitation coercitive de démagnétisation irréversible ( ou , en A/m) est
l'excitation magnétique qu'il faut produire pour démagnétiser le matériau de manière
irréversible. Cette dernière peut être supérieure ou égale à la précédente11.
- La température de Curie : température pour laquelle le matériau perd son aimantation, et
ce définitivement (le matériau ne retrouvera pas son aimantation d’origine après
refroidissement), mais néanmoins de façon réversible (une fois refroidi, le matériau retrouve
ses propriétés ferromagnétiques et pourra à nouveau être magnétisé).

d) Relation entre la force de contact et le champ magnétique


Si l'on connaît l'intensité du champ magnétique (en teslas) produite par l'aimant à sa surface,
on peut calculer une bonne approximation de la force nécessaire pour le décoller d'une surface
en fer. On imagine que la force a décollé l'aimant d'une distance de la surface de fer. La
distance est très petite de sorte que l'on puisse accepter que dans tout le volume situé entre
l'aimant et le fer le champ magnétique est égal à . Le travail fait par la force est

Ce travail s'est transformé en énergie du champ magnétique dans le volume créé entre l'aimant
et le fer. La densité d'énergie par unité de volume due au champ magnétique est :

[ J.m-3 ]
Ici est la perméabilité de l'air, presque égale à celle du vide : [ H.m-1].
Le volume de l'espace créé entre l'aimant et le fer est égal à où est la surface de l'aimant
qui était collée au fer. Le travail fait s'est transformé en énergie :

On déduit la valeur de la force de contact :

Pour un aimant de 2,54 cm (1 pouce) de diamètre et produisant un champ (vecteur d'induction


magnétique) égal à 1 tesla dans le circuit magnétique formé avec la pièce métallique au
contact de laquelle il se trouve, la force obtenue est de 205 newtons, soit l'équivalent de la
force (poids) exercée par une masse d’environ 21 kg dans le champ moyen de gravité
terrestre.
Inversement et si l'on connaît la force de "collage" d'un aimant, par cette formule on peut
avoir une approximation de la valeur du champ magnétique généré à proximité de l'aimant.

Ainsi, un aimant permanent à base de néodyme-fer-bore de 2 cm de diamètre ayant une force


d'adhérence de 2 kg (soit environ 20 newtons), génère un champ magnétique à proximité de sa
surface d'environ : tesla, soit 4 000 gauss12.

5°) Champ coercitif

6°) Point de Curie

7°) Hystérésis

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