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Environnement et

développement durable

Par : M. DAHAK

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Chapitre 2. La notion de développement durable

1. Définition,

Le développement durable est l’organisation de la société d’une manière à lui permettre


d’exister sur le long terme. Cela implique de prendre en compte à la fois les impératifs
présents mais aussi ceux du futur.

La définition du développement durable est apparue officiellement pour la première fois


en 1987 dans le rapport Bruntland pour la Commission mondiale sur l’environnement et le
développement : « le développement durable est celui qui répond aux besoins des générations
présentes sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs ».

Ainsi, l’enjeu du développement durable est de répondre aux besoins essentiels et


immédiats des populations sans pour autant mettre en péril les ressources des générations à
venir.

2. Bref historique,

L’expression « développement durable » est la traduction française de l’expression


anglaise « sustainable development ». Cette expression a fait l’objet de différentes traductions
francophones. Devons-nous parler de développement durable ou de développement
soutenable ? La notion de durabilité parle de la pérennité dans le temps, tandis que la notion
de soutenabilité évoquerait, en plus de la viabilité, les notions de soutien, d’aide et de
solidarité. Le terme « durable » en français a depuis pris le dessus.
On parle de développement durable depuis 1987, mais le concept a existé avant le rapport
Brundtland. Dès les années 60, le modèle économique des pays industrialisés est critiqué pour
son impact sur l’environnement. Epuisement des ressources naturelles, utilisation massive de
pesticides…ect. Ainsi, les autorités publiques vont donc inscrire progressivement ces
problématiques dans leur agenda politique, notamment avec :

En 1965, à l’occasion d’une conférence sur la biosphère, l’UNESCO – Organisation des


nations unies pour l’éducation, la science et la culture – lance le programme MAB sur
l’Homme et la biosphère pour améliorer la relation de l’Homme à la nature et à son
environnement, par la constitution d’une base scientifique solide.

1968 est l’année de création du Club de Rome, regroupant des scientifiques, des hauts
fonctionnaires, de grands industriels du monde entier autour d’un but commun : déterminer
les limites exactes de la croissance économique. En 1972, son premier rapport est établi par
des chercheurs du prestigieux MIT- Massachusetts Institute of Technology –. « The Limits to
growth » ou Halte à la croissance ? démontre comment la croissance économique entrainera

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au XXIe siècle une chute brutale de la population mondiale en raison de la pollution, de
l’appauvrissement des sols et de la raréfaction des ressources naturelles.
En 1972, la grande conférence des Nations unies sur l’environnement humain, à
Stockholm, montre les liens étroits entre écologie et économie. L’environnement est
considéré comme un patrimoine à transmettre aux futures générations.
En 1987, la notion de développement durable est née, avec le rapport Brundtland.

Le terme se fait connaître de la société civile après 1992, à l’issue du deuxième Sommet
de la Terre, à Rio. La notion s’enrichit d’une dimension sociale actuelle, dans la lutte pour
l’égalité des populations et contre l’exclusion. C’est aussi la naissance de l’Agenda 21.

Ensuite, dans années 90, le développement durable fait de plus en plus parler de lui. Défi
majeur de notre monde d’aujourd’hui, il est une approche par laquelle le développement
économique est indissociable de ses dimensions sociales et environnementales.

3. Les principes fondamentaux du développement durable,

En Algérie les principes fondamentaux du développement durable sont définies dans


l’article 3 de la loi n° 03-10 du 19 juillet 2003 relative à la protection de l'environnement
dans le cadre du développement durable publié dans journal officiel de la république
Algérienne n° 43 du 20 Joumada El Oula 1424 / 20 juillet 2003, :

- le principe de préservation de la diversité biologique, selon lequel toute action évite


d’avoir un effet préjudiciable notable sur la diversité biologique ;
- le principe de non-dégradation des ressources naturelles, selon lequel il est évité de
porter atteinte aux ressources naturelles telles que l’eau, l’air, les sols et sous-sols qui, en tout
état de cause, font partie intégrante du processus de développement et ne doivent pas être
prises en considération isolément pour la réalisation d'un développement durable ;
- le principe de substitution, selon lequel si, à une action susceptible d’avoir un impact
préjudiciable à l’environnement, peut être substituée une autre action qui présente un risque
ou un danger environnemental bien moindre, cette dernière action est choisie même, si elle
entraîne des coûts plus élevés, dès lors que ces coûts sont proportionnés aux valeurs
environnementales à protéger ;
- le principe d’intégration, selon lequel les prescriptions en matière de protection de
l’environnement et de développement durable, doivent être intégrées dans l'élaboration et la
mise en oeuvre des plans et programmes sectoriels ;
- le principe d’action préventive et de correction, par priorité à la source, des atteintes à
l’environnement, en utilisant les meilleures techniques disponibles, à un coût

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économiquement acceptable et qui impose à toute personne dont les activités sont susceptibles
d’avoir un préjudice important sur l’environnement, avant d’agir, de prendre en considération
les intérêts d’autrui ;
- le principe de précaution, selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des
connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de
mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves à
l’environnement à un coût économiquement acceptable ;
- le principe du pollueur payeur, selon lequel toute personne dont les activités causent ou
sont susceptibles de causer des dommages à l’environnement assume les frais de toutes les
mesures de prévention de la pollution, de réduction de la pollution ou de remise en état des
lieux et de leur environnement ;
- le principe d’information et de participation, selon lequel toute personne a le droit d’être
informée de l’état de l’environnement et de participer aux procédures préalables à la prise de
décisions susceptibles d’avoir des effets préjudiciables à l’environnement.

4. Les objectifs du développement durable,

Le 25 septembre 2015, en parallèle de l’Assemblée générale des Nations unies, 193 dirigeants
de la planète se sont engagés sur 17 objectifs mondiaux (Fig .1) afin d’atteindre 3 supers
objectifs d’ici 2030 : Mettre fin à l’extrême pauvreté, lutter contre les inégalités et l’injustice
et régler le problème du dérèglement climatique.

Les 17 Objectifs de développement durable (ODD) définies par les 193 pays été:

1. Éradication de la pauvreté : sous toutes ses formes et partout dans le monde.


2. Lutte contre la faim : éliminer la faim et la famine, assurer la sécurité alimentaire,
améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable.
3. Accès à la santé : donner aux individus les moyens de mener une vie saine et aider au
bien-être de tous à tous les âges.
4. Accès à une éducation de qualité : veiller à ce que tous aient accès à l’éducation et
promouvoir des possibilités d’apprentissage de qualité dans des conditions équitables tout au
long de la vie.
5. Égalité entre les sexes : parvenir à l’égalité des sexes en rendant les femmes et les filles
plus autonomes.

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6. Accès à l’eau salubre et l’assainissement : garantir l’accès de tous à l’eau et
l’assainissement et gérer les ressources en eau de façon durable.
7. Recours aux énergies renouvelables : garantir l’accès de tous à des services énergétiques
fiables, durables et renouvelables à un coût abordable.
8. Accès à des emplois décents : promouvoir une croissance économique soutenue, partagée
et durable, le plein-emploi productif et un travail décent pour tous.
9. Innovation et infrastructures : Soutenir les petites entreprises pour qu’elles se
développent, favoriser le développement des entreprises qui respectent l’environnement et
fabriquent des produits sains (qui ne nuisent pas à notre planète ni aux populations) et
permettre l’accès de tous aux nouvelles technologies.
10. Réduction des inégalités : réduire les inégalités entre les pays et au sein de chacun.
11. Villes et communautés durables : créer des villes, des logements, des transports ouverts
à tous, sûrs, résistants et durables.
12. Consommation responsable : instaurer des modes de consommation et de production
durables : éviter le gaspillage, diminuer les déchets et les biens de consommation (livres,
vêtements…) en réduisant, réutilisant et recyclant.
13. Lutte contre le changement climatique : prendre des mesures d’urgence pour lutter
contre les changements climatiques et leurs conséquences.
14. Protection de la faune et de la flore aquatiques : conserver et exploiter de manière
durable les océans, les mers et les ressources marines.
15. Protection de la faune et de la flore terrestres : préserver et restaurer les écosystèmes
terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter
contre la déforestation, la désertification, stopper et inverser le processus de dégradation des
terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité.
16. Justice et paix : promouvoir la paix, assurer à tous l’accès à la justice et mettre en place,
à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes.
17. Partenariats pour les objectifs mondiaux : revitaliser le partenariat mondial au service
du développement durable et renforcer les moyens de ce partenariat. Les pays promettent
également de lutter contre le dérèglement climatique. Tous les objectifs intègrent bien entendu
la protection de l’environnement.

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Figure 1 : Les objectifs de développement durable

5. Les enjeux du développement durable.

Les enjeux du développement durable sont répartis en trois catégories, conformément à la


définition du développement durable, élaborée en 1987 dans le Rapport Bruntland. Il y a
l’économie, l’environnement, et la société. Ces trois éléments sont considérés comme les
piliers du développement durable (Fig. 2). On dit alors qu’un développement durable est une
manière de vivre qui nous permette de concilier à la fois des objectifs de performance
économique, des ambitions de protection et de préservation de l’environnement et un
développement social commun positif.

– Le pilier Économique : L’économie est un pilier qui occupe une place prééminente dans
notre société de consommation. Le développement durable implique la modification des
modes de production et de consommation en introduisant des actions pour que la croissance
économique ne se fasse pas au détriment de l’environnement et du social. Les enjeux
économiques sont : Les limites des instruments de mesure (PIB), la dé-corrélation entre
économie réelle et financiarisation, la non prise en compte des externalités négatives dans la
chaîne de valeur et la corruption et la pratiques commerciales déloyales.

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– Le pilier Social : ou encore le pilier humain. Le développement durable englobe la lutte
contre l’exclusion sociale, l’accès généralisé aux biens et aux services, les conditions de
travail, l’amélioration de la formation des salariés et leur diversité, le développement du
commerce équitable et local. Les enjeux sociaux sont : les inégalités sociales, l’accès aux
biens essentiels (eau, alimentation, électricité, éducation, santé et sécurité) et l’atteinte aux
droits humains (liberté d’expression, éducation, santé et sécurité, non-discrimination).

– Le pilier Environnemental : il s’agit du pilier le plus connu. Le développement durable est


souvent réduit à tort à cette seule dimension environnementale. Il est vrai que dans les pays
industrialisés, l’environnement est l’une des principales préoccupations en la matière. Nous
consommons trop et nous produisons trop de déchets. Il s’agit de rejeter les actes nuisibles à
notre planète pour que notre écosystème, la biodiversité, la faune et la flore puissent être
préservées. Les enjeux environnementaux sont : le changement climatique (effet de serre,
impact des activités humaines et conséquences possibles), la raréfaction des ressources
(fossiles, minières, etc.), l’atteintes à la biodiversité (services rendus par la nature, dépendance
des activités humaines et des écosystèmes) et la pollutions/déchets (lien entre santé et
environnement)

Figure 2 : Les trois piliers du développement durable.

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