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Gérer efficacement la jonction entre les murs et le plancher

La particularité de la rénovation, c’est la multiplicité des cas que nous rencontrons :


possibilité d’isolation par l’extérieur ou non, bâtiment sur cave, terre-plein, parking…

Il existe de très nombreux cas de figure qu’il faut examiner en détail.

Dans cette séquence, nous allons nous concentrer sur les jonctions entre le mur et les
planchers bas et intermédiaires.

Les enjeux sont les suivants :

- Limiter les ponts thermiques,

- Assurer une bonne étanchéité à l’air,

- Limiter les risques de condensation.


L’objectif :

- Diminuer les ponts thermiques comme celui du plancher de cette


thermographie,

- Avoir un bâti pérenne, sans pathologies, comme par exemple des moisissures qui
se développent en pied de mur.

Voyons donc comment traiter les cas courants de jonction entre un mur et un plancher.

Commençons par la maison sur terre-plein.

Il faut préciser que la terre n’est pas isolante, contrairement aux idées reçues.

Un sol non isolé est source de déperdition et d’inconfort.

Si on ne peut traiter ni par le dessus ni par le dessous, on isolera la périphérie.

Le principe est de creuser 60 cm sous le niveau de la dalle du même côté que l’isolation
du mur et, ainsi, arriver au niveau de la fondation existante. Attention, en bâti ancien, il
faut vérifier la possibilité structurelle.
Dans ce projet, la maison a une dalle basse en béton armé, impossible à démolir. La
périphérie est isolée par l’extérieur avec un isolant peu sensible à l’humidité.

On vient créer un bouclier thermique pour contenir au maximum la chaleur.

À noter : cette stratégie est moins efficace que l’isolation de la dalle en elle-même.

Ajouter une fine couche d’isolant complémentaire sur le sol permet un réel gain de
confort. Ici, cela a été possible dans le séjour, mais pas dans la cuisine.

La meilleure option reste donc l’isolation de la dalle basse avec au moins 15 cm d’isolant.

Dans ce cas de figure, il sera toujours intéressant de combiner avec une isolation
périphérique.
Ci-contre, une simulation thermique : la chaleur est contenue en pied de fondation.

Dans cet autre projet, la création d’une isolation sous chape avec la réalisation d’un
doublage intérieur, complété d’une isolation de soubassement permet un traitement
performant du pont thermique.

Autre cas, par exemple en sous-sol accessible : la solution la plus efficace est le
manchonnage, c’est-à-dire effectuer un retour d’isolant d’au moins 80 cm côté extérieur
et intérieur.
Sur la simulation thermique, on voit que la fuite de chaleur est correctement contenue
en pied de mur.
Ce principe fonctionne bien dans la mesure où le manchonnage est symétrique.

Par contre, lorsque le manchonnage n’est que d’un seul côté, ça ne fonctionne pas bien.
On peut voir que le pied de mur est beaucoup plus froid. Le pont thermique est 40%
plus important qu’avec un manchonnage des deux côtés.

Ici, nous voyons une isolation intérieure de la dalle basse et du mur. Les deux isolants
sont continus et traitent parfaitement le pont thermique.
On peut le voir sur la simulation : la chaleur est extrêmement bien conservée.

Intéressons-nous maintenant aux planchers intermédiaires en bois qui créent des


interruptions de l’isolation entre les étages.

C’est un cas à risque, car la condensation entre les poutres peut les faire pourrir.

La bonne pratique est d’isoler entre chaque poutre pour assurer la continuité de
l’isolation, le pont thermique en sera fortement limité.
Il faut également assurer une continuité parfaite du frein vapeur autour des poutres.

Il est donc nécessaire de scier le plancher pour laisser passer l’isolation et le frein vapeur
d’un étage à l’autre.
Pour les planchers en béton, il est souvent très difficile de traiter le pont thermique. Il
est important de bien prendre en compte les déperditions thermiques induites.

Point de vigilance pour les planchers en hourdis creux : ils créent des communications
avec l’extérieur. L’air s’infiltre à l’intérieur et crée des risques importants de
condensation. Il faut donc privilégier l’ITE afin de les traiter par l’extérieur.

Les planchers intermédiaires peuvent également être en continuité avec des balcons.

Dans le cas de la création d’une isolation par l’extérieur, l’idéal est de recréer une
structure désolidarisée pour éviter tout pont thermique, ceci évidemment dans le cadre
d’une rénovation lourde comme l’exemple ci-contre.
Malheureusement, en isolation par l’intérieur, ce point est souvent difficile à traiter, car il
n’est pas possible de manchonner des 2 côtés.

En résumé, il est important de garder en tête qu’une bonne continuité de l’isolation et


de l’étanchéité à l’air dans ces zones est indispensable pour une rénovation performante
et durable.

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