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HERMANT Grégoire 22/12/2004

Sciences politiques
Mr Delpotte

Travaux Dirigés Interdisciplinaires


« A propos du progrès »
« Le progrès est-il inéluctable ? »

Le progrès, espoir ou
désillusion ?

FUCaM
Année académique 2004-2005
Introduction

L’histoire des idées est sans doute l’une des disciplines les plus passionnantes des
sciences humaines. Menée avec rigueur et honnêteté, elle éclaire notre présent en nous
permettant de comprendre comment les concepts naissent, imprègnent peu à peu les masses et
les esprits, conditionnent l’histoire et le quotidien des peuples… En travaillant le concept de
progrès, on s’attaque sans doute à une des idées les plus polémiques de notre temps. Car notre
époque est encore profondément marquée par les illusions héritées du discours des Lumières
et la tournure délétère qu’elles ont prises en se conjuguant à un technicisme frénétique et à la
logique implacable de l’économie de marché.

Dans un monde où Dieu a disparu, déclaré mort ou inopérant, la croyance téléologique


en un futur radieux s’est naturellement transposée vers une idolâtrie autrement plus creuse
pour assurer le salut collectif… L’idée de progrès n’est cependant pas l’apanage d’une
idéologie particulière : elle a irrigué tous les courants politiques modernes, des totalitarismes à
la démocratie libérale. Même les anti-progressistes radicaux ont dû la prendre en compte et se
sont finalement avérés être des «progressistes pessimistes»… A l’opposé des ces derniers, on
retrouve les adeptes du progrès indéfini, qui voient dans ce concept l’espoir qu’un jour, l’idéal
absolu sera accessible sur terre et non plus, dans une pensée théologique, seulement après la
mort. Ainsi, Antoine Augustin Cournot disait :

« L’idée du progrès indéfini, c’est l’idée d’une perfection suprême, d’une loi qui
domine toutes les lois particulières, d’un but éminent auquel tous les autres doivent
concourir dans leur existence passagère. C’est donc au fond l’idée du divin ; et il ne
faut point être surpris si, chaque fois qu’elle est spécieusement évoquée en faveur
d’une cause, les esprits les plus élevés, les âmes les plus généreuses se sentent
entraînés de ce côté. »1

Le progrès est ce qui permet à l’homme de voir l’avenir non pas comme un « présent
futur » mais comme un objectif dans le dépassement des limites actuelles et comme la
possibilité, à long terme, d’atteindre l’irréalisable à court terme.

1
COURNOT, A.A. (1872), Considérations sur la marche des idées et des évènements dans les temps modernes,
[réedition de 1934], BOIVIN, PARIS, T. 2, P. 353
Développement

La notion de progrès est une notion relativement vague et son interprétation peut se
faire de diverses manières. Ainsi on distinguera tout d’abord plusieurs formes de progrès tels,
entre autres, le progrès scientifique, économique ou encore social. De plus, certains
associeront simplement cette notion de progrès à une progression, à une évolution quelle
qu’elle soit, tandis que d’autres l’associeront nécessairement à une amélioration, à une
évolution positive, ajoutant au débat cette notion tout à fait subjective d’utilité bienfaitrice.
Enfin, en fonction des perspectives temporelles que l’on se donne, ce qu’on appellerait
progrès n’en serait finalement pas un, lorsqu’on regarde ses implications et ses conséquences
à long terme. Si cette notion reste toutefois insuffisamment précise, on la définira cependant
comme étant « l’évolution de la société, de la civilisation ». Bref, on assimilera la notion de
progrès à « ce qui a permis à l’Homme de devenir ce qu’il est aujourd’hui ». En effet, si le
progrès est présent un peu partout, c’est aussi parce qu’il fait partie des grands moteurs qui
façonnent l’Humanité.

« Le genre humain a toujours été en progrès et continuera toujours de l être à


l’avenir : ce qui ouvre une perspective à perte de vue dans le temps »2, disait Emmanuel Kant
au 18 siècle. « C’est la nécessité de combattre qui semble oubliée, ce qui domine semble être
la certitude tranquille d’un progrès en marche »3 disait Françoise Giroud au 20 siècle. Après
le siècle des lumières, où la confiance dans le progrès - non seulement à propos de sa
réalisation mais aussi, et surtout, dans son bien-fondé et dans ses bienfaits - était à son apogée,
les propos de ces grands auteurs, bien qu’incomparables, viennent cependant donner, à des
époques différentes, une espérance à tous les adeptes du progressisme, courant fortement
ébranlé au cours du 20 siècle. Pourtant le pessimisme face au progrès tel qu’on le concevait au
temps de Rousseau, de Diderot ou de d‘Alembert reste fort présent et ce n’est pas la
perception que nous avons du futur qui nous fera revenir sur ce pessimisme.. «La phase de
régression que nous connaissons est camouflée, les leaders politiques sont parfaitement

2
KANT E., Evene (page consultée le 15 décembre 2004), Citations, [En ligne]
http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=perspective+a+perte+de+vue
3
GIROUD F., Evene (page consultée le 15 décembre 2004), Citations, [En ligne]
http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=necessite+de+combattre
cyniques et la désillusion profonde dans la population »4 Ainsi si le 20 siècle fut le siècle des
inventions, le 21 pourrait être celui de ses impasses.

D’où vient ce pessimisme et pourquoi avons nous perdu cette confiance en ce progrès,
en cette assurance d’un monde si pas parfait, du moins meilleur? Notamment, avec la chute du
mur de Berlin, nous avons vu disparaître la dernière grande idéologie qui croyait en
l’avènement d’un monde meilleur, plus juste ; la dernière utopie authentiquement
progressiste. Ensuite, nous commençons seulement à mesurer les conséquences de ce que l’on
croyait être des progrès totaux, parfaits. Ces conséquences se voient à plusieurs niveaux,
même s’il reste vrai qu’elles sont les plus marquantes au niveau environnemental. Mais, elles
restent toutefois présentes un peu partout. Ainsi, Albert Jacquard dira :

« Nous sommes acculés à admettre que tout ce qui peut être fait n’est pas
nécessairement bon pour l’homme. Nous aurions pu y penser depuis longtemps, même
à propos de la réussite la plus enthousiasmante : empêcher un enfant de mourir […]
Qui oserait le regretter ? Mais il nous faut aujourd’hui constater que notre planète est
petite, que sa capacité est limitée, que le nombre des hommes ne peut croître
indéfiniment »5.

Ce texte illustre bien les causes de notre pessimisme car comment pourrions-nous nous
réjouir lorsque les conséquences de notre progrès amènent plus de problèmes qu’elles n’en
résolvent ?

Cependant, comme énoncé plus haut, il nous faut distinguer les différents types de
progrès qui, ensemble, constituent cette notion générale de progrès. Ainsi, commençons par le
plus évident, le plus incontestable mais aussi celui qui inquiète le plus : le progrès scientifique
et, par extension, ce qui en découle, à savoir le progrès matériel et technique. Certes, si cet
amalgame entre ces trois progrès n’est pas incontestable, il semble assez évident dans le sens
où tout progrès matériel découle d’un progrès technique, lui-même résultant d’un progrès
scientifique.

4
JOST H. J., professeur à l’université de Lausanne, dans une interview accordée à Polyrama école polytechnique
fédérale de Lausanne, (page consultée le 17 décembre 2004), Le sens du progrès, [En ligne]
http://polyrama.epfl.ch/art_P119_Ange_du_progrès.html
5
JACQUARD A. (1990), « Progrès de la biologie, problèmes d’éthique », Lettre (revue), n°2, p. 8
Donc, d’une part, ce progrès scientifique est sans doute celui qui connaît le plus grand
essor, qui nous ouvre le plus vaste horizon et qui nous permet de croire en les choses les plus
folles. Combien de choses qui paraissent à nos yeux irréalisables aujourd’hui deviennent peu
de temps après d’une banalité telle qu’elles semblaient, déjà avant, être à notre portée ?
Combien de choses, nouvelles et surprenantes, paraissent un moment plus tard, tout à fait
dépassées ? Notre confiance dans le progrès scientifique est tel que peu de choses nous
apparaissent comme étant irréalisables, et cela, même à court terme. Les propos d’Albert
Jacquard ou encore de Guy Haarscher abondent dans ce sens :

« Désormais nous sommes capables de décrire les processus en œuvre au niveau le


plus élémentaire, le niveau moléculaire ; tout n’est pas encore possible, mais les rêves
les plus inaccessibles autrefois basculent aujourd’hui dans le domaine du réalisable à
court terme »6 - Albert Jacquard

« La technique a permis aux privilégiés de cette terre de satisfaire leurs besoins


primordiaux, et même souvent leurs désirs les plus fous : mais cette illimitation de
l’horizon doit être gérée, il nous faudrait savoir en vue de quels buts organiser une
liberté tellement inouïe qu’elle risque de nous tourner la tête et de nous donner la
nostalgie d’un monde plus stable, quoique plus étriqué »7 - Guy Harrscher

Mais, d’autre part, ce même progrès scientifique nous effraye par sa démesure et par
sa portée. En effet, les portes qu’il nous ouvre sont tellement nombreuses et les issues si
incertaines qu’il est difficile de dire si, à terme, il sera bon ou néfaste pour l’homme. Ainsi, si
beaucoup sont favorable au progrès scientifique, les avis deviennent bien plus divisés
lorsqu’on aborde le sujet de savoir jusqu’où il faut permettre sa progression. En effet, si
certains pensent qu’il faut laisser le progrès se développer jusqu’à son summum car cela nous
permettra de ne plus subir aucune contrainte ni aucune incapacité, d’autres s’opposent à cette
vision car ils craignent que le progrès scientifique étouffe toute autre forme de progrès, tel le
progrès social ou politique.
Cette opposition se rencontre chez des auteurs reconnus tels Guy Haarscher ou le
Français Pierre-André Taguieff. Pour le journaliste de l’Hexagone, rien ne justifie une telle
opposition :

6
JACQUARD A. (1990), « Progrès de la biologie, problèmes d’éthique », Lettre (revue), n°2, p. 8
7
HAARSCHER G. (1997), Le fantôme de la liberté, Bruxelles, éd. Labor, pp. 7 et 87
« La volonté de contrôler en amont comme en aval les innovations technologiques ne
doit pas plus se radicaliser en technophobie qu’en « épistémophobie », en une
nouvelle forme de haine ou de mépris du savoir, de misologie. Les mésusages politico-
militaires du savoir scientifique ne constituent pas un argument contre la science »8.

A l’inverse, Guy Haarscher s’inquiète de l’importance que prend chaque jour de plus
en plus la science. Ainsi il dit :

« La multiplicité des savoirs spécialisés donne aujourd’hui le tournis. Comment,


confrontés à une telle complexité, prendrons-nous une décision démocratique […] ?
Par quel moyen agirons-nous librement, définirons-nous nous-mêmes les orientations
collectives ? »9

Mais malgré cette mise en garde, il semble peu probable qu’un jour ce progrès
scientifique puisse s’arrêter tant il nous paraît indispensable et fait pour notre bien-être car,
même s’il reste vrai que certaines innovations technologiques peuvent faire peur, ce ne sera en
aucun cas dû à leur découverte mais bien à cause de l’usage que l’on peut en faire.

Quant au progrès social, qu’en est-il ? Pendant longtemps, les dirigeants de ce monde,
quelqu’ils soient, ne se sont jamais réellement souciés de ce qui touchait au social ; c’est après
la révolution française seulement que ce concept a pris une certaine importance. Aujourd’hui
le progrès social est ce qu’on définira comme étant « le poids des lois conçues pour alléger la
souffrance humaine »10. Si, dans son ensemble, il est en nette évolution, il ne se rencontre pas
partout dans les mêmes proportions. Ainsi, tout ce qui touche au social, ou presque, est propre
à chaque nation, qui, pour le bien-être de son peuple, promulgue ou non des lois appelées
« sociales ». Il existe donc de grandes différences entre les pays en ce qui concerne les acquis
sociaux. Cependant, force est de reconnaître que certaines avancées significatives l’ont été à
l’échelle planétaire. Ainsi, par exemple, la déclaration universelle des droits de l’homme,
signée par un grand nombre de pays, peut-être considérée comme un grand progrès social.
Mais, dans son application, elle l’est nettement moins. Des pays qui ne l’ont pas signée aux
pays signataires qui ne l’appliquent pas, ou peu, les attentes des adeptes d’un socialisme fort

8
TAGUIEFF P.-A. (2004), Le sens du progrès, Flammarion, Paris, p. 325
9
HAARSCHER G. (1997), Le fantôme de la liberté, Bruxelles, éd. Labor, pp. 7 et 87
10
Civilisations.ca (page consultée le 20 mars 2005), Galerie du progrès social, [En ligne],
http://www.civilization.ca/hist/progresf.html
n’auront pas étés comblées. Autre exemple : le droit de vote des femmes. Si, en Belgique, il
est accordé depuis 1948, cela n’est pas encore le cas pour un certain nombre de pays : sur
presque deux cent états, combien accordent ce droit de vote aux femmes? Et combien
accordent ne fut ce qu’un peu de dignité à celles-ci ? Cet exemple nous amène à concevoir
que, si en Belgique ou même dans l’Union européenne, les progrès sociaux sont évidents, cela
n’est pas le cas partout. Mais cependant, dans une perspective future, on peut craindre que ce
progrès social s’arrête, voire connaisse même une certaine régression. En effet, comme
l’exprime Christian Laval, chercheur à l’Institut de Recherche de la FSU, la Fédération
Syndicale Unitaire de France : « Les logiques du capitalisme nouveau ne sont pas seulement
un frein à de nouveaux progrès sociaux et éducatifs, elles remettent en question le
fonctionnement de la société »11, la crainte que les dérives du capitalisme inspirent aux
défenseurs d’un socialisme plus évident est bien présente. En effet, on peut penser que le
progrès économique – explicité plus bas – et qui prend, lui, de plus en plus d’ampleur ne
finisse un jour par faire passer au second plan le progrès social et ce, à son avantage. Cette
crainte se retrouve d’ailleurs chez les socialistes européens, opposés en majorité à la nouvelle
constitution européenne.

Au niveau du progrès économique, il peut être intéressant de faire un petit retour en


arrière. En effet, au cours du 19, s’est développée l’idée de « modernité», cette idée du cercle
vertueux qui est que le progrès économique va permettre le progrès social - en créant des
emplois, en augmentant les revenus, … - lui-même permettant le progrès politique - les gens
étant plus éduqués, ils participent plus au développement de la démocratie – et enfin, le
progrès politique à son tour permet le progrès économique, car il permet de mieux développer
les besoins, de mieux gérer la société. Mais, vers les années soixante, cette idée de modernité
a été abandonnée, notamment à cause des inégalités qu’elle provoquait entre les zones qui
avaient la possibilité de se développer économiquement et les autres. Ainsi, cette idée de
modernité, après les espoirs qu’elle a suscités, laissera place à son égard à beaucoup
d’amertume, que résume parfaitement Serge Uzzan : « La modernité est sans doute le mot le
plus creux de la langue française »12.

11
LAVAL C., dans une interview accordée au Syndicat National Unitaire des Instituteurs Professeurs des écoles
et Pegc (page consultée le 19 décembre 2004), « Nous vivons une nouvelle accélération de la mutation
utilitariste de nos sociétés identifiées à des marchés », [En ligne] http://www.snuipp.fr/article1961.html
12
UZZAN S., Evene (page consultée le 12 décembre 2004), Citations, [En ligne]
http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=modernite
Après les années soixante, l’idée du progrès économique a changé. Les analystes la
définissent dorénavant comme devant « consister à mieux servir la communauté et devant
résider dans le libre-échange ». Ces deux principes sont à l’opposé de la pensée dominante de
notre époque selon laquelle le progrès est avant tout affaire de technique, de sciences et de
productivité. Si on peut considérer qu’il y a eu progrès économique, c’est parce que ce
progrès ne peut se faire qu’avec des innovations. Or, des innovations il y en a eu et il y en
aura encore. En effet, celles-ci sont rendues possibles grâce au progrès technologique, celui-ci
venant lui-même du progrès scientifique, dont nous avons vu qu’il n’était pas en passe de
s’arrêter. Cependant, en fonction de son point de vue, certains verront un progrès économique
là ou d’autres ne verront rien. En effet, si certains diront qu’il y a progrès économique à partir
de l’instant où il y a amélioration de la possibilité économique, à savoir une hausse de
rendement et de productivité et ce, sans se soucier du « comment il s’applique » et du « à qui
il profite » ; d’autres, en revanche, diront qu’on ne peut parler de progrès économique que
lorsque les revenus réels de la population augmentent pour tous, et ce, en proportion égale. Or
il est plus que probable que les revenus générés par la croissance économique soit accaparés
par une minorité de la population.

Quant au dernier progrès envisagé, il s’agit du progrès politique. Cette notion de


progrès politique est sans aucun doute celle qui se différencie le plus des autres notions de
progrès. En effet, celles-ci ont connu une évolution progressive, partant de pas grand chose
pour se développer progressivement. Le progrès politique, lui, serait plutôt apparenté à la
conception qu’a Claude Lévi-Strauss de la notion de progrès :

« L’humanité en progrès ne ressemble guère à un personnage gravissant un escalier,


ajoutant par chacun de ses mouvements une marche nouvelle à toutes celles dont la
conquête lui est acquise ; elle évoque plutôt le joueur dont la chance est répartie sur
plusieurs dés et qui, chaque fois qu’il les jette, les voit s’éparpiller sur le tapis,
amenant autant de comptes différents. Ce que l’on gagne sur un, on est toujours
exposé à le perdre sur l’autre, et c’est seulement de temps à autre que l’histoire est
cumulative, c’est-à-dire que les comptes s’additionnent pour former une
combinaison »13

13
LEVI-STRAUSS C. (1952), Race et histoire, Denoël, Paris, réédition de 1987, pp. 38-39
Il est vrai que si le progrès politique suit une certaine progression, il n’est pas rare de
le voir régresser. Il est indéniable qu’au cours des siècles, dans l’ensemble, les systèmes
politiques en vigueur n’ont cessé d’évoluer vers des systèmes de plus en plus démocratiques,
mais il faut bien reconnaître qu’au cours de l’histoire, d’assez fréquents retours en arrière ont
eu lieu, comme par exemple le retour à des formes de dictatures après la « démocratie »
grecque. Actuellement, dans nos pays démocratiques, nous sommes incontestablement arrivés
à la forme la plus développée de démocratie qu’il y ait jamais eu. Mais rien ne peut nous
assurer qu’il n’y aura pas de retour en arrière, comme ce fut fréquemment le cas dans
l’Histoire ou comme, plus récemment, avec la dictature Mussolinienne en Italie de 1922 à
1943 ou celle de Pinochet au Chili entre 1973 et 1990. Aujourd’hui, on parle régulièrement de
progrès politique, notamment dans les pays en voie de démocratisation comme l’Afghanistan.
Conclusion

Alors, faut-il encore croire au progrès ? Si, pour le progrès scientifique, son
inéluctabilité ne fait aucun doute, cela n’en va pas de même pour les autres formes de progrès.
En effet, nous avons vu que le progrès social est menacé par le progrès économique. Alors, ne
verrons-nous qu’un des deux progrès continuer à avancer, au détriment du second ? Et si oui,
lequel supplantera l’autre ? Quant au progrès politique, marqué par d’incessants retours en
arrière, pourra-t-il continuer à aller de l’avant ? Il est difficile de répondre à ces interrogations.
Cependant, une ébauche relativement objective pourrait être formulée. En sachant que le
progrès scientifique est à la base de tout autre progrès, l’inéluctabilité du « progrès » en
général paraît acquise. En effet, si le lien qui unit le progrès scientifique au progrès technique
et matériel est relativement évident, il n’en va pas de même pour le lien qui l’unit au progrès
social et politique. Or, il existe bel et bien un lien entre le progrès scientifique et le progrès
social, qui se retrouve dans le fait que l’amélioration des conditions de travail et des
conditions de vie permet à l’Homme de moins travailler et de moins devoir veiller à sa santé
et donc, de gagner du temps qu’il pourra mettre à profit pour son épanouissement personnel.
Quant au progrès politique, le lien se retrouve dans le fait qu’il doit s’adapter aux exigences et
aux conditions extérieures, elles-mêmes influencées par le progrès scientifique. Tous ces liens
permettent donc de rattacher ensemble les différents progrès et, dès lors, d’affirmer que « le
progrès » est inéluctable.
Bibliographie

COURNOT, A. A. (1872), Considérations sur la marche des idées et des évènements dans les
temps modernes, [réédition de 1934], Boivin, Paris, T. 2

GIROUD F., Evene (page consultée le 15 décembre 2004), Citations, [En ligne]
http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=necessite+de+combattre

HAARSCHER G. (1997), Le fantôme de la liberté, Bruxelles, éd. Labor

HUC M-C. (1992), Le progrès, Paris, Editions Ouvrières

JACQUARD A. (1990), « Progrès de la biologie, problèmes d’éthique », Lettre (revue), n°2

JOST H. J., professeur à l’université de Lausanne, dans une interview accordée à Polyrama
école polytechnique fédérale de Lausanne, (page consultée le 17 décembre 2004), Le sens du
progrès, [En ligne] http://polyrama.epfl.ch/art_P119_Ange_du_progrès.html

KANT E., Evene (page consultée le 15 décembre 2004), Citations, [En ligne]
http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=perspective+a+perte+de+vue

LAVAL C., dans une interview accordée au Syndicat National Unitaire des Instituteurs
Professeurs des écoles et Pegc (page consultée le 19 décembre 2004), « Nous vivons une
nouvelle accélération de la mutation utilitariste de nos sociétés identifiées à des marchés »,
[En ligne] http://www.snuipp.fr/article1961.html

LECOURT D. (1997), L’avenir du progrès, Paris, Editions Textuel

LEVI-STRAUSS C. (1952), Race et histoire, Denoël, Paris, réédition de 1987

TAGUIEFF P.-A. (2004), Le sens du progrès, Flammarion, Paris

UZZAN S., Evene (page consultée le 12 décembre 2004), Citations, [En ligne]
http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=modernite
Civilisations.ca (page consultée le 20 mars 2005), Galerie du progrès social, [En ligne],
http://www.civilization.ca/hist/progresf.html
ANNEXES