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Département génie électrique Université 20 aout 1955 , Algérie

2021/2022
Électronique de Puissance 3ème Année
Licence en Automatique

Dr. H.MABREK
2021/2022
3éme A. LMD Automatique Université de Skikda

Electronique de puissance

Contenu de la matière

ChapitreI : Eléments semi-conducteur en électronique de puissance


1- Introduction àl’électronique de puissance
2- Les différents types de semi-conducteur de puissance (caractéristique de
fonctionnement statique et dynamique) : diode, thyristor, triac,
transistor,…

ChapitreII : convertisseurs : courant alternatif-courant continu (C.A—C.C)


1- Redressement non commandémonophaséet triphasécharges (RL).
2- Redressement commandémonophaséet triphasécharges (RL).

ChapitreIII : convertisseurs : courant continu-courant continu (C.C—C.C)


1- Hacheur àthyristors (charge RL)

ChapitreIV : convertisseurs : courant continu-courant alternatif (C.C—C.A)


1- Onduleurs monophasés et triphasés (charge R et RL)

ChapitreV : convertisseurs : courant alternatif-courant alternatif (C.A—C.A)


1- Gradateurs monophasés et triphasés (charge R et RL)
2- Cycloconvertisseurs

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Chapitre I
Introduction àl’électronique de puissance

I- INTRODUCTION Electronique de puissance ou de commutation :


L’électronique de puissance est l’étude du transfert d’énergie entre une source et une charge.
L’étudie, les convertisseurs statiques ont pour but de modifier la présentation de l'énergie
électrique avec un rendement maximum capable de modifier la tension/ ou la fréquence de
l’onde électrique (on transforme l'alternatif en continu, continu en alternatif, modifie la valeur
efficace d'une tension alternative, modifie la valeur moyenne d'une tension continue, modifie la
fréquence d'une tension alternative).
On désigne deux types de source de tension:
 Sources de tension continues caractérisées par la valeur V de la tension,
 Sources de tension alternatives définies par la valeur de la tension efficace V et de
fréquence f.

I.1-Les divers modes de conversion d’énergie :

Alternatif (AC) Continu (DC) Redresseur

Continu (DC) Alternatif (AC) Onduleur


Conversion
Continu (DC) Continu (DC) Hacheur

Gradateur &
Alternatif (AC) Alternatif (AC)
Cycloconvertisseur

II- Les composants semi-conducteurs


Les composants semi-conducteurs de puissance sont des éléments essentiels pour la
conversion d’énergie statique. Les semi-conducteurs de puissance actuels peuvent être
classés en trois catégories:

• diodes: États ferméou ouvert contrôlés par le circuit de puissance;

• thyristors: Fermépar un signal de commande, mais doit être ouvert par le circuit
depuissance;
• interrupteurs commandables: àl'ouverture et àla fermeture. ouverts et fermés
par un signalde commande.

II-1 La diode :

Est un composant à 02 électrodes, L’anode «A » et la Cathode «C » sansl’électrode


de commande.

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ID
A C

Anode Cathode

VD = VAC= VA -VC

Figure I.1 : Image et Symbole électrique d’une diode


A. Condition de conduction de la diode «D »

La diode est conductrice ou passante lorsque : VD>0 Polarisation directe.

Alors le courant ID passe de l’anode vers la cathode (sens « A »vers «C »).La diode dans

ce cas se comporte comme un interrupteur fermé.

B. Condition de blocage de la diode «D »

La diode est bloquée ou isolante lorsque :VD<0

La diode se comporte comme une résistance de valeur très élevée.

Remarque :

En pratique, la diode ne commence pas àconduire si la tension VD est inférieur àune petite
valeur appelée Tension de seuil (Vs), et lorsqu’elle commence à conduire elle provoque une
petite chute de tension généralement négligeable. Elle s’arrête de conduire quand ID devient
inférieur àune petite valeur appelée courant de maintien.

ID

Polarisation
directe
Tension de
claquage

Vs V

Figure I.2 : Caractéristique réelle d’une diode classique

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II. 3. La diode Zener :

Elle est polarisée dans les deux sens (polarisation directe et polarisation inverse)
(voir figure I.4).

Figure I.3 : Symbole électrique d’une diode zener

 La diode classique est généralement utilisée dans le mécanisme de


redressement pour but de protéger les composants fragiles.

 La diode zener est une diode stabilisatrice de tension.


ID

Polarisation
directe
Tension
Zener

Vs V
Polarisation
inverse

Figure I.4 : Caractéristique réelle d’une diode Zener

II.4. Le thyristor :
Le thyristor est un semi-conducteur qui possèdent trois électrodes : Anode
«A », Cathode «C »et Gâchette «G ».

Comme la diode, le thyristor laisse passer le courant électrique dans un seul


sens, de l’anode à la cathode. Mais le thyristor ne conduira que si un courant
minimum et positif est fourni àla gâchette (IG).

Donc le thyristor est une diode commandée

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a- Amorçage du thyristor par courant de gâchette

L’amorçage du thyristor par courant de gâchette peut se faire facilement en


courant continu.

Il suffit simplement de fermer l’interrupteur pendant un court instant pour


obtenir un courant de gâchette positif limité par la résistance. A partir de ce
moment le thyristor s’amorce et reste amorcé (même après ouverture de
l’interrupteur).
G Gâchette

IG
I
Anode Cathode
C
A

Figure I.5 : Image et Symbole électrique d’un thyristor

Quand le thyristor est conducteur, il se comporte comme une diode, la gâchette


n’a plus de pouvoir de commande, il se bloque que lorsque le courant direct
s’annule (courant descend de la valeur de courant de maintient).
ITh

Caractéristique réelle

Caractéristique idéale

Courant de maintien
Avalanche ou tension de
claquage négative Tension d’amorçage
ou claquage positive

VTh

Figure I.6 : Caractéristique I=f(V) d’un thyristor

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Dans la pratique, un générateur d’impulsion se charge de l’amorçage des thyristors.

Remarque :

Après l’annulation du courant direct, il faut attendre un certain temps avant d’appliquer une
tension positive aux bornes du thyristor, sinon celui-ci s’amorcerait sans signal de gâchette, ce
temps est appelétemps de blocage.

b- Utilisation du thyristor
• Commander la vitesse des moteurs à courant continu et à courantalternatifs.
• Commande alarme.
• Régler la température.
• Réglage de l’éclairage des lampes.

c- Comparaison entre diode et thyristor


Le tableau suivant montre une simple comparaison entre la diode et le thyristor :

Diode Thyristor
Interrupteur électronique unidirectionnel
Interrupteur électronique unidirectionnel commandable àla fermeture seulement par
non commandéni àlafermeture ni à une impulsionde gâchette.
l’ouverture

II.4 Le thyristor GTO :


Le thyristor GTO (Gâte Turn Off), est un semi-conducteur dont la fermeture et l’ouverture
peuvent être commandées par la gâchette.

Gâchette

G
C
A
Anode Cathode

Figure I.7 : Image et symbole d’un thyristor GTO

Quand le thyristor est conducteur, une impulsion négative du courant de gâchette peut l’ouvrir
(bloqué). Il peut aussi se bloquer spontanément comme une diode quand le circuit dans lequel il
est inséréannule le courant qui le traverse.

D’autre part, il impose de conserver un temps minimum entre ordre d’ouverture et l’ordre de
fermeture suivant. Le GTO qui constitue le composant à fermeture et ouverture commandées
réservéaux très fortes puissances

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Chapitre II
Convertisseur AC-DC «Redresseur »

I. Introduction
Les montages redresseurs sont les convertisseurs de l'électronique de puissance
qui assurent directement la conversion alternatif-continu. Alimentés par une
source de tension alternative monophasée ou polyphasée, ils permettent
d'alimenter en courant continu le récepteur branché àleur sortie.
On utilise un redresseur chaque fois que l’on a besoin de continu alors que
l'énergie électrique est disponible en alternatif. Comme c'est sous cette seconde
forme que l'énergie électrique est presque toujours générée et distribuée, les
redresseurs ont un très vaste domaine d'applications.
Les redresseurs àdiodes, ou redresseurs non contrôlés, ne permettent pas de faire
varier le rapport entre la ou les tensions alternatives d'entrée et la tension continue
de sortie..
Les redresseurs à thyristors, ou redresseurs contrôlés, permettent, pour une
tension alternative d'entrée fixée, de faire varier la tension continue de sortie. Ils
sont de plus réversibles; lorsqu'ils assurent le transfert de puissance du côté
continu vers le côté alternatif, on dit qu'ils fonctionnent en onduleurs non
autonomes.

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On distingue les redresseurs simple alternance « Pq, q=1 :3 » et les redresseurs


double alternance «PDq , q=2 :3».

II. 1 Redresseur simple alternance «Pq »


On distingue les redresseurs simple alternance monophasés «P1 », simple
alternance biphasés «P2 »et simple alternance triphasés «P3 ».

II. 1.1 Redresseur simple alternance monophasé«P1 »

Un redresseur simple alternance monophasé est un redresseur supprimant


les alternances négatives et conservant les alternances positives d’une entrée
monophasée. La fréquence en sortie du redresseur est alors égale àla fréquence
d'entrée.

Ce type de redresseur est réaliséen mettant simplement une diode ou un


thyristor (interrupteur de puissance) en série avec la charge comme le montre le
schéma suivant :

Interrupteur de puissance
Tension de la source Tension de la charge
Charge

Vch(t)
V(t)

Figure II.1 : Schéma d’un redresseur P1

Le comportement de ce redresseur dépend cependant de différents types de


charge :
 Une charge purement résistive «R »
 Une charge inductive «RL »
 Une charge inductive «RL »et une diode de roue libre «DRL »
 Une charge comprenant une force électromotrice «RLE »

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a- Charge résistive «R »

On considère le montage de la figure suivante, dont l’interrupteur de puissance


est une diode D qu’on suppose parfaite.

D ich

VD
Ve(t) R Vch (t)

Figure II.2 : redresseur P1 non commandé, charge résistive

La tension d’entrée 𝑉(𝑡) est sinusoï


dale :
ve(t) = 𝑉√2 sin(ωt) = VM sin(ωt)
Avec : ω = 2πf
V : valeur efficace
+
Si on pose θ = 𝛚𝐭
ve= 𝑉√2 sin(θ) -
La période : T=2π
Analyse de fonctionnement :
 0< 𝛉 < π , v(θ)>0, (alternance positive de v) D passante

Tension de sortie (charge) : Vch(𝛉)= ve(𝛉),


Courant dans la charge : ich(𝛉)=ve(𝛉)/R
Tension de la diode : VD =0.

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 π < 𝛉 < 2π , v(θ)<0, , (alternance négative de v) D est bloquée

Tension de sortie (charge) : Vch(𝛉) = 0,


Courant dans la charge : ich(𝛉) = 0
Tension de la diode : VD = ve(𝛉)
Représentation des grandeurs :

Figure II.3 : représentation des allures Vch, ich et VD pour un redresseur P1 non commandé
avec charge résistive.

Calcul de la valeur moyenne de la tension et de courant de sortie :

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Alors : ichmoy=Vchmoy/R
Calcul de la valeur efficace de la tension et de courant de sortie :

Alors : ich_eff=Vch_eff/R
Calcul du facteur de forme :

𝜋
F= = 1,57 >1
2
Calcul du facteur d’ondulation :

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Calcul du facteur de puissance

𝑷
Fp= 𝑺

P : la puissance moyenne consommée par la charge.

S : la puissance apparente de la source d’alimentation.

√2
Alors : 𝐹𝑝 = = 0.71
2

B. Charge résistive et inductive «R L »


En électrotechnique les charges sont souvent combinées: résistives et inductives. Les
électroaimants ou les machines àcourant continu en sont des exemples.
 Analyse du fonctionnement

D
i
R
V UD
U
L

Figure 2.4: Schéma du redresseur (Charge résistive et inductive)

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Intervalles 0     e e  2
Diode D est passante D est passante D est bloquée
Tension redressée U=V U=V U=0
Courant redressé V  Ri 
Ldi
 V sin(t)  i0
m
dt
R
 t
i  Ae L
 Im sin(t  )
Tension aux bornes de la diode D UD=0 UD=0 UD=V

Avec:

L
Im 
Vm tan()  ,
R  (L)
2 2 R

Les constantes sont déterminées àpartir des conditions initiales.


V U
Vm Vm

e
0 0
 2  2


 Vm  Vm

i UD
Vm

 e 2

a) Valeur moyenne
T e
1 1
U moy  𝑇  U(t)dt  U
0
moy  𝑇 V
0
m sin(t)dt

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C. Charge résistive, inductive et diode roue libre


i
Lorsque la charge est de type inductif, la tension àses R
UD
bornes peut être négative en sortie du redresseur. DRL U
L
Pour corriger ce problème, on ajoute une diode de roue
libre en parallèle de la charge. Les deux diodes sont en
cathode commune.
Figure 2.3: Schéma du redresseur (Charge
résistive, inductive et diode roue libre)
 Analyse du fonctionnement

Intervalles 0     e e  2
Diode (D) D est passante D est bloquée D est bloquée
Diode (DRL) DRL est bloquée DRL est passante DRL est passante
Tension redressée U=V U=0 U=0
Courant redressé V  Ri 
Ldi
 V sin(t)  i0
m
dt
R
 t
i  Ae L
 Im sin(t  )
Tension aux bornes de la diode D UD=0 UD=V UD=V

 Valeur moyenne

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II.1.2. Redressement double alternance (pont de Graëtz


monophaséPD2)
a. Charge résistive Ce pont nécessite quatre diodes (D1, D2,
D3,D4). La tension d’alimentation V(t) est alternative
V(t).  Vm sin(t).

a) Analyse du fonctionnement
Figure 2.4: PD2 (Charge résistive)

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B. Charge résistive et inductive (lissage du courant)


La charge résistive est remplacée par une charge à caractère inductif composée d’une
résistance R et d’une inductance L , figure (2.5).

Figure 2.5: Schéma du redresseur PD2 (Charge résistive et inductive)

Analyse du fonctionnement

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II.1.3Montage avec transformateur àpoint milieu


Dans ce type de montage, on utilise des transformateurs dont le secondaire dispose d’un point
milieu. Ce dernier permet de disposer de deux tensions en opposition de phase.

Dans un redresseur double alternance àpoint


milieu, on dispose de deux tension (e1(t)
et e2(t)) avec une amplitude e1max = e2max=1/2 emax.
Les diodes D1 et D2 vont jouer le
rôle de redresseur mono-alternance pour chacune
des deux tensions e1(t) et e2(t).

Figure 2.6 Montage redresseur àprise médiane

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Figure.II.7 tension redressée « redresseur double alternance point milieu »

III- 2. Les ponts de redressement en triphasé

Contrairement aux alimentations àfaible puissance qui utilisent le plus souvent des réseaux
monophasés, les alimentations de puissance utilisent généralement des réseaux triphasés. De
plus, comme les transformateurs àpoint milieu sont des appareils coûteux et fragiles, ceux-ci
ne sont utilisés que pour des alimentations monophasées de faible puissance. Ainsi peut-on
conclure : en électronique de puissance, le montage le plus utilisé est le pont de
Graëtz alimentéen triphasé.

III-2-1 Redressement P3

Figure.II.8 Redresseurs triphasés P3 tous diodes.

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Analyse du fonctionnement

Dans ce montage la diode en conduction est celle dont l’anode est reliée àla plus positive des
tensions du générateur, les autres sont bloquées. Donc, nous avons àpartir de =6
qu’on appelle l’angle d’amorçage naturel. Les intervalles de conduction sont les suivants

Formes d’ondes des différentes grandeurs

Figure II.9: Formes d’ondes des différentes grandeurs d’un redresseur P3 toutes diodes

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Valeur moyenne de la tension de sortie Uc

La tension redressée uC est périodique de période T/3.

III.2.2 Redressement PD3


Le montage de loin le plus utiliséest le montage en pont, ou parallèle double PD3 dit aussi
montage en pont de Graëtz triphasé. Ce montage peut être considérécomme résultant de
l’association convenablement menée d’un montage à anodes communes et d’un montage à
cathodes communes.

Analyse du fonctionnement
+ -
La tension de sortie uC est alors donnée par : uC() = V () – V ()
Cette relation permet de prédéterminer ce que doit être la forme de la tension de sortie uC().

Ainsi, dans l’intervalle 6 , 2 , la tension V+() = v1() et V-() = v2() donc
uC() = u12() sur cette intervalle.

En opérant par intervalles successifs, il est alors possible d’établir le tableau suivant :

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Valeur moyenne de la tension de sortie Uc

Formes d’ondes des différentes grandeurs

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