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Département de génie civil

Module de charpente métallique I


Chapitre IV – Calcul des charges climatiques selon le
règlement NV 65
Préparé par : Afif Beji, ing., M.Sc.A
afif.beji@esprit.tn
2017/2018
Plan du cours

I. Introduction

II. Action du vent

III. Action de la neige

IV. Exemples (NV 65) de détermination des actions extérieures 𝐶𝑒 , intérieures 𝐶𝑖

et résultantes unitaires 𝐶𝑟

V. Autres effets

VI. Cheminement des charges climatiques 2


I. Introduction
✓ Dans ce chapitre, on s’intéresse uniquement au calcul de charges climatiques,
à savoir l’action de neige et de vent. La conception et le choix des palets et
systèmes de contreventement ne font pas l’objet du présent chapitre ;
✓ Les charpentes métalliques sont des structures relativement légères. Ainsi
l’étude des actions climatiques notamment le vent est d’importance capitale ;
✓ L’Eurocode 1 et les règles NV65 définissent l’action des charges climatiques
sur les constructions. Étant donné qu’en Tunisie la majorité des bureau
d’études se basent encore sur les règles NV65 dans leurs calculs, ce cours y
serait donc en concordance ; 3
✓ Par ailleurs, les formes et destinations de constructions sont diverses (voir
chapitre I). Pourtant, on s’intéresse dans ce chapitre qu’à l’étude des actions
climatiques des bâtiments de type halle ;
✓ Ce chapitre est bien évidemment basé sur les règles NV 65 ainsi que le
document de Jacques Mayère (Règles Neige et Vent NV 65);

4
II. Action du vent
I/ Définitions et principes généraux
✓ Direction du vent : On admet que le vent survient selon une direction
d’ensemble moyenne horizontale. Toutefois, il peut venir de n’importe quel
côté ;
✓ Exposition des surfaces : On suppose qu’on éclaire le bâtiment par un
faisceau de rayons lumineux. On distingue :
➢ les surfaces éclairées (exposées directement au vent) sont dites « au
vent » ;
➢ les surfaces non éclairées (non exposées au vent ou parallèles 5
à la direction du vent (sous incidence rasante)) sont dites « sous le vent » ;
✓ Maître couple : On désigne par maître couple la surface de l’ombre portée
sur un plan perpendiculaire à la direction des rayons lumineux. Ce qui est
analogue dans le cas de vent, à la projection orthogonale de la surface
considérée ou de l'ensemble de la construction sur un plan normal à la
direction du vent ;

6
✓ Action exercée par le vent sur l’une des faces d’une paroi : L’action est
considérée comme perpendiculaire à la face de la paroi. Elle est fonction de :
➢ la vitesse du vent ;
➢ la forme et la catégorie de la construction à laquelle elle appartient ;
➢ l'emplacement de la paroi dans la construction et de son orientation par
rapport au vent ;
➢ dimensions de l’élément considéré ;
➢ la forme de la paroi (plane ou courbe) à laquelle appartient l'élément
considéré ;
➢ la perméabilité de la paroi (pourcentage de surface des ouvertures dans la
7
surface totale de la paroi) ;
✓ Pression dynamique et coefficient de pression : L’action élémentaire
unitaire exercée par le vent sur une des faces de la paroi est donnée par
l’expression :
𝑝=𝑐𝑞

Coefficient de pression. Il est fonction Pression dynamique. Elle est


des dispositions de la construction fonction de la vitesse du vent

✓ Le coefficient de pression 𝑐 est régi par la convention de signe suivante :


➢ Si 𝒄 > 𝟎 : si l’action normale à la face est dirigée vers elle (pression ou
surpression) : La face d’un élément appartenant à une construction est
8
dite soumise à une pression (ou surpression) ;

➢ Si 𝒄 < 𝟎 : si l’action normale à la face est dirigée en sens contraire


(succion ou dépression) : La face d’un élément appartenant à une
construction est dite soumise à une succion (ou dépression) ;

9
II/ Pression dynamique
✓ Définition : La pression dynamique 𝑞 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 est donnée en fonction de
la vitesse 𝑣 𝑚Τ𝑠 du vent par la formule de Bernoulli :
Masse volumique de l’air qui est fonction de 1
la température ambiante et de l’altitude 𝑞= 𝜌𝑣 2
𝑘𝑔Τ𝑚3 20
✓ Le règlement NV 65 considère une masse volumique de l’air
𝜌 = 1,225 𝑘𝑔Τ𝑚3 qui correspond à une température de 15°𝐶 et une
élévation de 0 𝑚 (niveau de la mer) ;
✓ La formule de Bernoulli devient dans ce cas :
𝑣2
𝑞=
16,3 10
✓ Le règlement NV 65 envisage pour la justification de la résistance et de la
stabilité d'une construction une pression dynamique normale 𝒒𝑵 et une
pression dynamique extrême 𝒒𝑬 ;
✓ Pressions dynamiques de base : Par convention, les pressions dynamiques
de base normale 𝒒𝟏𝟎𝑵 et extrême 𝒒𝟏𝟎𝑬 sont celles qui s'exercent à une
hauteur de 10 m au-dessus du sol, pour un site normal, sans effet de masque
sur un élément dont la plus grande dimension est égale à 0,50 m. Leurs
valeurs varient avec les zones ;
➢ La vitesse normale (correspondant à la pression dynamique normale) est
la vitesse de pointe instantanée (pointe de rafale) qui n’est atteinte ou
11
dépassée que 3 jours sur 1000 (fréquence de 3‰ ) ;
➢ La vitesse extrême (correspondant à la pression dynamique extrême) est la
plus grande vitesse instantanée à laquelle la construction peut être soumise
durant sa vie ;
✓ Le rapport entre la pression extrême et la pression normale est de 1,75, càd :
𝑞𝐸 = 1,75𝑞𝑁
✓ Ces pressions varient avec les zones. Pour la France, et jusqu’à une altitude de
1000 𝑚 elles sont données par les tableaux suivants. Au-delà de 1000 𝑚, le
cahier de charges doit obligatoirement prescrire les pressions dynamiques de
base à prendre en compte dans les calculs ;
12
✓ Pour la France :

Regroupe quelques régions de la France Outre-


mer, tels que : La Réunion, Martinique… 13
✓ Pour la Tunisie : Elle comporte 3 zones :

14
15
Mounir Ben Jdidia ENIS
III/ Modification des pressions dynamiques de base
✓ Comme il a été déjà cité, la pression dynamique est affecté par plusieurs
facteurs qui tendent soit à l’amplifier ou à la réduire. La pression dynamique
résultante ou l’action réelle du vent est calculée à l’aide de cette formule :
Coefficient de site Coefficient de masque Coefficient d’amplification dynamique

Pression / action élémentaire 𝑞 = 𝑝 = 𝑊 = 𝑘𝑠 𝑘𝑚 𝛿 𝛽 𝐶𝑟 𝑞𝐻


unitaire du vent

Pression dynamique agissant à la


hauteur 𝐻
Coefficient de réduction
Coefficient de pression résultant
(coefficient de traînée) 16
1. Effet de la hauteur au-dessus du sol 𝒒𝑯
✓ La pression dynamique 𝑞𝐻 agissant à la hauteur 𝐻 ∈ 0 ; 500 𝑚 est donnée
par :

H + 18
𝑞𝐻 = 2,5 𝑞10
𝐻 + 60 Pression dynamique de base à
une hauteur de 10 𝑚

17
✓ La hauteur 𝐻 est comptée à partir du sol environnant supposé sensiblement
horizontal dans un grand périmètre en plaine autour de la construction ;
✓ Pour les constructions en bordure immédiate du littoral, on adopte une
pression constante entre 0 et 10 m égale à celle régnant à 10 m, càd :
𝒒𝑯 = 𝒒𝟏𝟎 𝒔𝒊 𝟎 ≤ 𝑯 ≤ 𝟏𝟎 𝒎
✓ Lorsque le sol environnant la construction présente des dénivellations avec
fortes pentes, la hauteur 𝐻 est comptée à partir d’un niveau inférieur à celui
du pied de la construction ;
✓ Dans ce dernier cas, la hauteur 𝐻 est déterminée en envisageant trois cas
différents en adoptant les considérations suivantes :
18
✓ On considère un plateau de grande étendue, de niveau moyen 𝑍2 , dominant
une plaine de niveau moyen 𝑍1 ;
➢ Le terrain entre les niveaux 𝑍1 et 𝑍2 a une pente moyenne 𝑝 % ;
➢ La différence d'altitude est 𝑍1 − 𝑍2 = 𝑧 ;
➢ Le niveau 𝑍𝑐 est le niveau conventionnel à partir duquel est comptée la
hauteur 𝐻 ;
✓ Trois situations sont donc à envisager :
➢ 1er cas : 𝒑 ≤ 𝟎, 𝟑 : Le niveau 𝑍𝑐 est toujours celui du pied de la
construction ;

19
➢ 2ème cas : 𝟎, 𝟑 < 𝒑 < 𝟐 : On détermine les points suivants :

A : point fictif d'intersection de l'horizontale de niveau inférieur moyen 𝑍1


et de la ligne moyenne de plus grande pente 𝑝 ;
B : point fictif d'intersection de l'horizontale de niveau supérieur moyen
𝑍2 et de la ligne moyenne de plus grande pente 𝑝 ;
C : point tel que 𝐵𝐶 = 𝑍2 − 𝑍1 = 𝑧 ;
20
D : point tel que 𝐶𝐷 = 3𝑧 ;
Ensuite, on adopte pour 𝑍𝑐 le niveau moyen suivant :
- Avant A : 𝑍𝑐 = 𝑍1 ;
- De A en B : 𝑍𝑐 est le niveau intermédiaire obtenu par interpolation
linéaire ;
2−𝑝
- De B en C : 𝑍𝑐 = 𝑍1 + 𝑧 ;
1,7

- De C en D : 𝑍𝑐 est le niveau intermédiaire obtenu par interpolation


linéaire ;
- À partir de D : 𝑍𝑐 = 𝑍2 ;
21
➢ 3ème cas : 𝒑 ≥ 𝟐 : On adopte pour 𝑍𝑐 le niveau moyen suivant :

- Avant A : 𝑍𝑐 = 𝑍1 ;
- De A en C : 𝑍𝑐 = 𝑍1 ;
- De C en D : 𝑍𝑐 est le niveau intermédiaire entre 𝑍1 et 𝑍2 obtenu par
interpolation linéaire ;
- À partir de D : 𝑍𝑐 = 𝑍2 ;
22
2. Effet de site 𝒌𝒔
✓ A l'intérieur d'une région à laquelle correspondent des valeurs déterminées par
des pressions dynamiques de base, il convient de tenir compte de la nature du
site d'implantation de la construction. Le valeurs des pressions dynamiques de
base normale et extrême doivent être multipliées par un coefficient de site 𝑘𝑠
donné par le tableau suivant :

Région I Région II Région III

Site protégé 0,8 0,8 0,8


Site normal 1,0 1,0 1,0
Site exposé 1,35 1,30 1,25
23
✓ On cite ci-dessous quelques exemples de :
➢ Sites protégés : Fond de cuvette bordé de collines sur tout son pourtour
et protégé ainsi pour toutes les directions du vent ;
➢ Sites normaux : Plaine ou plateau de grande étendue pouvant présenter
des dénivellations peu importantes, de pente inférieure à 10 %
(vallonnements, ondulations) ;
➢ Sites exposés : Au voisinage de la mer : le littoral en général (sur une
profondeur d'environ 6 km) ; le sommet des falaises ; les îles ou presqu'îles
étroites. À l'intérieur du pays : les vallées étroites où le vent s'engouffre ; les
montagnes isolées ou élevées et certains cols ;
24
3. Effet de masque 𝒌𝒎
✓ Il y a effet de masque lorsqu'une construction est masquée partiellement ou
totalement par d'autres constructions ayant une grande probabilité de durée ;
✓ L'effet de masque 𝒌𝒎 peut se traduire soit par :
➢ une aggravation des actions du vent, lorsque la construction située
derrière le masque se trouve dans une zone de sillage turbulent. Dans ce
cas, il n'est pas possible de formuler de règles  seuls des essais en
soufflerie peuvent donner des renseignements précis ;
➢ une réduction des actions du vent dans les autres cas. Les pressions
dynamiques de base peuvent alors être réduites de 25 % (voire figure) ;
25
 Pour des raisons de sécurité, on prend généralement un coefficient de masque
𝑘𝑚 = 1 ;

26
4. Effet de dimension 𝜹
✓ Le coefficient de réduction 𝛿 tient compte de la variation de la pression
dynamique moyenne du vent en fonction de la dimension de la surface
frappée ;
✓ Les pressions dynamiques s'exerçant sur les éléments constitutifs d'une
construction (panneaux, potelets, lisses, poutres, poteaux, etc.) doivent être
affectées d'un coefficient de réduction fonction de la plus grande dimension
(horizontale ou verticale) de la surface offerte au vent (maître-couple)
intéressant l'élément considéré, et de la côte 𝐻 du point le plus haut de cette
surface ;
27
✓ Les éléments continus de dimensions courantes tels que ceux appartenant à
des ossatures de bâtiments d’habitation sont calculés en affectant la pression
dynamique sur chaque travée du coefficient de réduction 𝛿 correspondant à la
travée considérée supposée isolée ;
✓ Pour la détermination de la valeur de 𝐻 dans le cas de constructions
situées sur un terrain présentant des dénivellations peu importantes,
le sol environnant la construction est supposé sensiblement horizontal dans
un grand périmètre ;
✓ N.B. : La totalité des réductions dues aux effets de masque 𝑘𝑚 et de
dimension 𝛿 ne doivent pas dépasser 33 % ;
28
29
✓ Quels que soient, pour une construction donnée, la hauteur 𝐻 au dessus du
sol, le site, le masque et l'effet de dimension, les valeurs de la pression
dynamique corrigée seront bornées à celles données au tableau suivant :

30
5. Amplification dynamique 𝜷
✓ Dans la direction du vent, il existe une interaction dynamique entre les forces
engendrées par les rafales de vent et la structure elle-même ;
✓ La connaissance du mode fondamental d'oscillation de la structure dans la
direction de vent étudiée est primordiale pour la prise en compte de ce
phénomène. Plus la structure sera flexible (grande période d'oscillation) et
plus les amplifications des déformations, et donc des efforts dans la structure,
seront importantes ;
✓ Pour tenir compte de cet effet, il faut pondérer les pressions dynamiques de
base par un coefficient « d'amplification dynamique » 𝛽 ;
31
✓ Pour les charges normales de vent :
Coefficient global dépendant du type de
construction et prenant les valeurs : Coefficient de pulsation déterminé
- = 1 pour les constructions prismatiques
classiques à l’exception des constructions
𝛽𝑛𝑜𝑟𝑚 = 𝜃 1 + 𝜉 𝜏 à chaque niveau de la structure en
fonction de sa hauteur 𝐻 au-dessus
à usage de bureaux ou d’habitation et du sol et donné par l’échelle
pour les constructions ajourées à treillis ; fonctionnelle de la figure ci
- pour les autres constructions : dessous
- = 0,7 pour 𝐻 ≤ 30 𝑚 ;
- = 0,7 + 0,01 𝐻 − 30 pour
30 m < 𝐻 < 60 𝑚 ; Coefficient de réponse fonction de la période 𝑇 du
- = 1 pour 𝐻 > 60 𝑚 ; mode fondamental d’oscillation de la structure
donné par le figure ci dessous

✓ Dans le cadre de ce cours on prend 𝛽𝑛𝑜𝑟𝑚 = 1 ;


✓ Pour les charges extrêmes de vent :
𝜃
𝛽𝑒𝑥𝑡 = 𝛽𝑛𝑜𝑟𝑚 0,5 + 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝛽𝑒𝑥𝑡 ≥ 1
2 32
𝛽𝑛𝑜𝑟𝑚 = 𝜃 1 + 𝜉 𝜏

33
6. Coefficient de pression résultant (ou de traînée) 𝑪𝒓
A. Classement des constructions en catégories
✓ Le coefficient résultant 𝐶𝑟 est dépendant de la forme et la géométrie de la
construction, leur position en espace ainsi que la perméabilité de leurs parois.
Pour ceci, on va tout d’abord classifier lesdites constructions en catégories ;
✓ Les critères qui déterminent les classes de constructions sont :
1. Leur forme d’ensemble ;
2. leur position dans l'espace ;
3. la perméabilité de leurs parois ;

34
1. Pour la forme d’ensemble, on distingue :
➢ les constructions prismatiques à base quadrangulaire ;
➢ les constructions prismatiques à base polygonale régulière ou circulaire ;
➢ les panneaux pleins et les toitures isolées ;
➢ les constructions ajourées et les constructions en treillis ;
➢ les constructions diverses ne rentrant pas dans les catégories précédentes ;
2. Pour la position dans l’espace, on distingue :
➢ les constructions reposant sur le sol ou accolées à un plan de grandes
dimensions (immeuble ou mur) ;
➢ les constructions aérodynamiquement isolées dans l'espace, pour lesquelles
35
les distances au sol et à une paroi voisine sont respectivement supérieures
ou égales à leur dimension suivant la verticale ou suivant une
perpendiculaire à cette paroi ;
➢ les cas intermédiaires entre les deux cas précédents ;
➢ les constructions comprises entre deux plans parallèles de grandes
dimensions (immeubles ou murs) ;

36
3. Pour la perméabilité : Une paroi a une perméabilité au vent de 𝜇 % si elle
comporte des ouvertures de dimensions quelconques dont la somme des aires
représente 𝜇 % de son aire totale. D’après le degré de perméabilité des
parois, les règles NV 65 distingue trois types de constructions :
Σ 𝑠𝑢𝑟𝑎𝑓𝑎𝑐𝑒𝑠 𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑎𝑟𝑜𝑖
𝜇 % = × 100
𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑎𝑟𝑜𝑖
➢ Construction fermée : si ses parois présentent des fuites et des petites
ouvertures uniformément réparties, la perméabilité moyenne de ces parois
étant inférieure ou égale à 5 %. Si toutes les parois ont une perméabilité
nulle, c'est-à-dire si elles ne laissent absolument pas passer l'air même de
façon accidentelle, la construction est dite fermée étanche ; 37
➢ Construction partiellement fermée / ouverte : si l'une des parois au
moins présente ou peut présenter à certains moments une perméabilité
moyenne comprise entre 5 et 35 % ;
➢ Construction ouverte : si l'une des parois au moins présente ou peut
présenter à certains moments une perméabilité égale ou supérieure à
35 % ;
Perméabilité 𝜇 %

𝜇 <5% 5 % ≤ 𝜇 ≤ 35 % 𝜇 > 35 %

Construction Construction Construction


fermée partiellement ouverte
fermée / ouverte 38
B. Configuration des constructions
✓ Les actions exercées par le vent sur deux constructions de même catégorie,
même position dans l'espace et même perméabilité des parois, mais non
semblables au sens géométrique du mot, dépendent essentiellement des
proportions propres à chacune de ces constructions ;
✓ On distingue les rapports suivants :
➢ 𝜆 entre deux dimensions (constructions prismatiques à base polygonale
régulière ou circulaire, panneaux pleins et toitures isolées) ou entre trois
dimensions prises deux à deux (constructions prismatiques à base
quadrangulaire) ;
39
➢ 𝜑 entre deux (constructions ajourées et constructions en treillis) ;
✓ Ces deux reports définis pour chaque catégorie à l’article correspondant,
permettent de déterminer les coefficients de pression 𝐶 applicables à chaque
face des différentes parois, toitures…

40
C. Actions statiques exercées par le vent
✓ Quelle que soit la construction, la face extérieure de ses parois est soumise :
➢ à des succions, si les parois sont sous le vent ;
➢ à des pressions ou à des succions, si elles sont au vent ;
✓ Ces actions sont dites actions extérieures. Elles sont caractérisées par un
coefficient 𝑪𝒆 ;
✓ Dans les constructions fermées, ouvertes ou partiellement ouvertes, les
volumes intérieurs compris entre les parois peuvent être dans un état de
surpression ou de dépression suivant l'orientation des ouvertures par rapport
au vent et leur importance relative. Il en résulte sur les faces intérieures des
41
actions dites actions intérieures. Ces actions sont caractérisées par un
coefficient 𝑪𝒊 ;
D. Actions résultante unitaire et totale exercées sur une paroi
✓ La résultante unitaire 𝑝𝑟 sur une paroi est la combinaison algébrique des
actions élémentaires unitaires sur chacune des faces de la paroi :
𝑝𝑟 = 𝐶𝑟 𝑞𝑟 = 𝐶𝑒 − 𝐶𝑖 𝑞𝑟
✓ L'action résultante totale sur une paroi de surface S est :
𝑃 = 𝑝𝑟 𝑆

42
E. Actions d’ensemble sur une construction
✓ Pour une direction de vent donnée, l'action d'ensemble sur une construction
est la résultante géométrique 𝑅 de toutes les actions 𝑝 s'exerçant sur toutes les
parois de la construction ;
✓ Elle se décompose en :
➢ une action horizontale 𝑇, appelée traînée, provoquant un effet de
renversement et d'entraînement ;
➢ une action verticale 𝑈, appelée portance, provoquant un effet de
soulèvement et éventuellement de renversement ;

43
Constructions prismatiques à base rectangulaire reposant sur le sol
✓ On va considérer uniquement ce cas de constructions pour ce cours ;
✓ Direction du vent : D'une manière générale la direction du vent est supposée
normale aux parois verticales de la construction. Dans les cas exceptionnels,
en particulier pour les bâtiments à toitures multiples et pour les bâtiments
ouverts complètement sur plusieurs façades, il est nécessaire d'examiner
l'action du vent attaquant les parois verticales sous des angles variables ;
✓ Rapport de dimensions 𝝀 : Pour une direction de vent donnée, le rapport
de dimensions 𝜆 est le rapport de la hauteur 𝐻 de la construction à la
𝐻 𝐻
dimension horizontale de la face frappée 𝜆𝑎 = et 𝜆𝑏 = ;
𝑎 𝑏 44
✓ Caractéristiques : Ces constructions ont les caractéristiques suivantes :
➢ leur forme générale en plan est un rectangle de dimensions 𝑎 (profondeur
ou longueur) et 𝑏 (largeur) 𝑏 ≤ 𝑎 ;
➢ leur hauteur totale est désignée par ℎ et la flèche de leur toiture par 𝑓 ;
➢ leur couverture est : soit une toiture-terrasse, soit une toiture à un, deux ou
plusieurs versants plans, soit une toiture en voûte, soit unique, soit
multiple ;
➢ toutes leurs parois verticales sont sensiblement planes et reposent sur le
sol ;
➢ leurs parois verticales peuvent être fermées ou bien partiellement ouvertes
45
ou ouvertes sous réserve qu'une paroi au moins sur les quatre soit fermée;
✓ Il faut signaler qu’une toiture est dite multiple lorsqu'elle est constituée
d'éléments identiques et répétés (sheds, conoïdes, etc.).
Les saillies des balcons ou les renfoncements
divers rencontrés couramment sur les
parois verticales des bâtiments d'habitation
ne sont pas considérés comme modifiant
de façon sensible la planéité des parois ;

46
Actions extérieures 𝑪𝒆
i. Parois verticales
✓ Les coefficients de pression extérieurs 𝐶𝑒 dans le cas d’un vent normal
applicables à des parois verticales sont donnés par :
➢ Face au vent : 𝐶𝑒 = + 0,8 (quel que soit 𝛾0 ) ;
➢ Face sous le vent : 𝐶𝑒 = − 1,3𝛾0 − 0,8 ; Coefficient déterminé à partir
du Diagramme R-III-5

Vent ⊥ à la petite face Vent ⊥ à la grande face 47


ii. Toitures uniques
✓ Pour la détermination des coefficients de pression extérieurs 𝐶𝑒 applicables à
des toitures uniques (un ou deux versants) plusieurs cas peuvent se présenter
➢ Vent parallèle aux génératrices de la toiture :
- Toitures à versants plans :

Si 𝑓 ≤  𝐶𝑒 est fonction de 𝛾0 et 𝛼 (Diagramme R-III-6 avec 𝛼 = 0) ;
2

4
Si h ≤ 𝑓 ≤ ℎ  𝐶𝑒 est fonction de 𝛼, il est indépendant de 𝛾0 (Diagramme
5

R-III-7 bis) ;
ℎ 4 𝑓
Si ≤𝑓≤ ℎ  Interpolation entre les 2 cas précédents en fonction de ;
2 5 48 ℎ
- Toitures en voûtes :
𝑎 𝑜𝑢 𝑏 𝑎 𝑜𝑢 𝑏 2
Si ≤𝑓≤ et 𝑓 ≤ ℎ  𝐶𝑒 est fonction de 𝛾0 et 𝛼 (Diagramme
10 2 3

R-III-7 avec 𝛼 = 0) ;

➢ Vent perpendiculaire aux génératrices de la toiture :


- Toitures à versants plans :

Si 𝑓 ≤  𝐶𝑒 est fonction de 𝛾0 et 𝛼 (Diagramme R-III-6) ;
2

4
Si h ≤ 𝑓 ≤ ℎ  𝐶𝑒 est fonction de 𝛼, il est indépendant de 𝛾0 (Diagramme
5

R-III-6 bis) ; 49
ℎ 4 𝑓
Si ≤𝑓≤ ℎ  Interpolation entre les 2 cas précédents en fonction de ;
2 5 ℎ

- Toitures en voûtes :
𝑎 𝑜𝑢 𝑏 𝑎 𝑜𝑢 𝑏 2
Si ≤𝑓≤ et 𝑓 ≤ ℎ  𝐶𝑒 est fonction de 𝛾0 et 𝛼 (Diagramme
10 2 3

R-III-7 : en chaque point de la voûte on lit 𝐶𝑒 en fonction de 𝛾0 et l’angle


d’inclinaison 𝛼 de la tangente en chaque point sur la direction du vent) ;
𝑎 𝑜𝑢 𝑏 2
Si 𝑓 ≤ et 𝑓 ≤ ℎ  𝐶𝑒 est déterminé par interpolation linéaire entre
10 3
𝑎 𝑜𝑢 𝑏
les coefficients de la voûte de flèche 𝑓 égale à lus sur le (Diagramme R-
10
III-7) et ceux de la toiture terrasse d’une construction de même base et de
même hauteur de façade lus sur le (Diagramme R-III-6) ; 50
iii. Toitures multiples à versants plans
✓ Pour la détermination des coefficients de pression extérieurs 𝐶𝑒 applicables à
des toitures multiples à versants plans deux cas se présentent :
➢ Vent parallèle aux génératrices de la toiture : On adopte les valeurs de 𝐶𝑒
lus sur le (Diagramme R-III-6 avec 𝛼 = 0) ;
➢ Vent normal aux génératrices de la toiture :
Pour la première toiture au vent, et pour le dernier versant sous le vent, le
coefficient 𝐶𝑒 correspondant à celui d'une toiture unique. Pour les toitures
intermédiaires et l'avant-dernier versant, le coefficient 𝐶𝑒 dans les parties
abritées est le coefficient précédent réduit de 25 % ;
51
Diagramme R-III-5
Détermination du coefficient
𝜸𝟎 pour les parois verticales de
constructions prismatiques à
base quadrangulaire reposant
sur le sol

52
✓ Remarque : Il faut signaler
qu’uniquement dans le cas où la valeur
de 𝜆 se trouve comprise entre 0,5 et 2,5
0,5 ≤ 𝜆 ≤ 2,5 . Il est permis de se
référer au « Diagramme R-III-10 » du
règlement NV 65 (pour une construction
de catégorie I) pour tirer la valeur de 𝛾0
avec 0,9 ≤ 𝛾0 ≤ 1 ;

53
Diagramme R-III-6
Détermination du coefficient 𝑪𝒆
pour des toitures à un ou
plusieurs versants plans et pour
𝒉
𝒇≤
𝟐

54
Diagramme R-III-6 bis
Détermination du coefficient 𝑪𝒆 pour des toitures à un ou plusieurs versants plans
𝟒
pour un vent perpendiculaire aux génératrices et pour 𝒉 ≤ 𝒇 ≤ 𝒉
𝟓

55
Diagramme R-III-7
Détermination du coefficient 𝑪𝒆
pour des toitures en voûtes et
𝒂 𝒐𝒖 𝒃 𝒂 𝒐𝒖 𝒃
pour ≤𝒇≤ et
𝟏𝟎 𝟐
𝟐
𝒇≤ 𝒉
𝟑

56
Diagramme R-III-7 bis
Détermination du coefficient 𝑪𝒆 pour des toitures à un ou plusieurs versants plans
𝟒
pour un vent parallèle aux génératrices et pour 𝒉 ≤ 𝒇 ≤ 𝒉
𝟓

57
iv. Actions extérieures locales
✓ Certaines zones d'une construction peuvent être soumises à des pressions de
vent bien supérieures à celles caractérisées par les coefficients 𝐶𝑒 précédents
du fait de l'augmentation locale de la vitesse des veines d'air. Ce sont
notamment les zones proches des arêtes verticales et les bords de toiture ;
✓ Ces actions locales n’entrent pas dans les calculs de l’ossature principale. Elles
ne sont à retenir que pour le calcul des éléments locaux directement soumis au
vent tels les éléments de couverture, les pièces secondaire de charpente, etc. ;
✓ Elles ne sont pas à prendre en compte pour le dimensionnement des
ossatures support et pour le calcul de la stabilité des constructions ;
58
✓ La figure suivante résume les différentes surpressions et leurs champs d'action
dans ces zones particulières :

59
Actions intérieures 𝑪𝒊
✓ Les coefficient de pression intérieure 𝐶𝑖 dépendent principalement de la
perméabilité des parois. Dans ce sens, on doit distinguer plusieurs cas :
✓ Dans la suite, si on se trouve dans les cas suivants, on majore 𝐶𝑖 :
➢ −0,2 ≤ 𝐶𝑖 ≤ 0 → 𝐶𝑖 = −0,2 ;
➢ 0 ≤ 𝐶𝑖 ≤ +0,15 → 𝐶𝑖 = +0,15 ;
i. Constructions fermées 𝝁 ≤ 𝟓%
✓ On applique simultanément sur les faces intérieures de tous les
compartiments (incluant la toiture) : Coefficient déterminé à partir
du Diagramme R-III-5
➢ Soit une surpression avec 𝐶𝑖 = +0,6 1,8 − 1,3 𝛾0 ;
➢ Soit une dépression avec 𝐶𝑖 = −0,6 1,3𝛾0 − 0,8 ; 60
ii. Constructions ouvertes comportant une paroi ouverte
✓ La paroi ouverte a une perméabilité 𝜇 ≥ 35 , les autres parois y compris les
versants de toiture ont des perméabilités 𝜇 ≤ 5 , on applique :
61
➢ Lorsque la paroi ouverte est au vent :
- une surpression avec 𝐶𝑖 = +0,8 sur la face intérieure des parois de
perméabilité 𝜇 ≤ 5 y compris les versants de toiture ;
- une dépression avec 𝐶𝑖 = −0,6 1,3𝛾0 − 0,8 sur la face intérieure des
parois de perméabilité 𝜇 ≥ 35 ;
➢ Lorsque la paroi ouverte est sous le vent :
- une dépression avec − 1,3𝛾0 − 0,8 sur la face intérieure des parois de
perméabilité 𝜇 ≤ 5 y compris les versants de toiture ;
- une surpression avec 𝐶𝑖 = +0,6 1,8 − 1,3𝛾0 sur la face intérieure des
parois de perméabilité 𝜇 ≥ 35 ;
62
iii. Constructions ouvertes comportant deux parois opposées ouvertes
✓ Les parois ouvertes ont une perméabilité 𝜇 ≥ 35 , les autres parois y
compris les versants de toiture ont des perméabilités 𝜇 ≤ 5 , on applique :
➢ Cas 1 : Lorsque les parois sont situées dans le courant d’air :
On calcule les parties de parois ou de constructions intérieures situées dans le
courant d'air, comme si elles étaient isolées dans l'espace, abstraction faite des
autres parties de la construction.
Dans ce cas, l’effort de traînée (action résultante du vent) est exprimé par :
𝑇 = 𝐶𝑡 𝑞ℎ𝑙

63
Dans cette formule :
▪ 𝑞 : Pression dynamique de base ;
▪ 𝐶𝑡 : Coefficient global de traînée lu sur
l’échelle de la figure suivante en
fonction du rapport de dimension

𝜆= du panneau ;
𝑙

▪ ℎ : Hauteur du panneau ;
▪ 𝑙 : Dimension horizontale du panneau ;

64
➢ Cas 2 : Lorsque les parois sont situées hors du courant d’air :
On applique à toutes les parties de parois ou de constructions intérieures,
situées hors du courant d'air :
- Lorsque les parois de perméabilité 𝜇 ≥ 35 sont normales au vent :
▪ Soit une surpression avec 𝐶𝑖 = +0,6 1,8 − 1,3𝛾0 ;
▪ Soit une dépression avec 𝐶𝑖 = −0,6 1,3𝛾0 − 0,8 ;
- Lorsque les parois de perméabilité 𝜇 ≥ 35 sont parallèles au vent :
▪ Soit une surpression avec 𝐶𝑖 = +0,6 1,8 − 1,3𝛾0 ;
▪ Soit une dépression avec 𝐶𝑖 = − 1,3𝛾0 − 0,8 ;

65
ii : Exemple: Construction
comportant une paroi
ouverte. 𝐶𝑖 pour 𝛾0 = 1

iii : Exemple: Construction


comportant deux parois
opposées ouvertes. 𝐶𝑖 pour
𝛾0 = 1

66
iv. Constructions comportant des parois partiellement ouvertes
✓ Une ou plusieurs parois ont une perméabilité 5 ≤ 𝜇 ≤ 35 : On applique sur
les faces intérieures des différentes parois soit des surpressions soit des
dépressions déterminées par simple (ou double) interpolation linéaire en
fonction des perméabilités 𝜇 entre les coefficients des constructions fermées
et les coefficients des constructions ouvertes (ou de perméabilité
intermédiaire) ;
✓ Les différents cas visés peuvent être considérés comme intermédiaires entre
celui où la perméabilité 𝜇 = 5 et celui où 𝜇 = 35 ;

67
✓ Dans le cas d'une construction comportant une seule paroi partiellement
ouverte, les interpolations doivent se faire entre des actions de même signe ;
en aucun cas, on ne doit interpoler entre des actions de signes contraires
(surpression et dépression) ;
✓ Dans le cas d'une construction comportant plusieurs
parois partiellement ouvertes, les premières interpolations
doivent se faire entre des actions de même signe, les
interpolations suivantes peuvent se faire entre des actions
de même signe ou de signes contraires ; dans le second cas lorsque ces
déterminations conduisent à des coefficients compris entre
68
−0,6 1,3𝛾0 − 0,8 et 0  on prend −0,6 1,3𝛾0 − 0,8 , et lorsqu’ils sont
compris entre 0 et +0,6 1,8 − 1,3𝛾0  On prend +0,6 1,8 − 1,3𝛾0 ;
v. Constructions à parois fermées dont la toiture comporte un lanterneau
ou un shed ouvert d'un seul côté
Longueur de l’ouverture du
✓ On applique : lanterneau ou du shed

𝑎′
➢ Soit une dépression intérieure avec 𝐶𝑖 = −0,6 1 + 1,3𝛾0 − 0,8 ;
𝑎

𝑎′ 3𝑎′
➢ Soit une dépression avec 𝐶𝑖 = 1,2 + 0,6 1,8 − 1,3𝛾0 1− ;
𝑎 2𝑎

Longueur / profondeur de
la construction
69
✓ Ces règles ne s’appliquent pas
si une ou plusieurs parois
présentent une perméabilité
2𝑎
supérieure à 5 % ou si 𝑎′ >
3

(dans ce cas, la construction


pouvant alors être considérée
comme ouverte) ;
✓ Il est à signaler que dans le cas de bâtiments
ouverts ou semi ouverts l’étude de l’action
d’un vent oblique s’avère requise ; 70
Actions résultantes unitaires sur les parois 𝑪𝒓
✓ Le vent ne traverse pas la construction : Pour chaque élément, on combine
de la façon la plus défavorable les actions extérieures 𝐶𝑒 et les action
intérieures 𝐶𝑖 (Exemples : Annexe 6 du NV 65) ;
✓ Le vent traverse la construction : Il convient d’appliquer à chaque élément
les dispositions du cas précédent et pour certaines directions du vent définies
par les disposition des ouvertures, celles relatives aux toitures isolées et de
retenir dans chaque cas les actions les plus défavorables (Exemples : Annexe
7 du NV 65) ;

71
✓ Valeurs limites : Lorsque la combinaison la plus défavorable des actions
extérieures moyennes 𝐶𝑒 et actions intérieures 𝐶𝑖 a conduit à des coefficients
compris entre −0,3 et 0  On prend −0,3, et lorsqu’ils sont compris entre 0
et +0,3  On prend +0,3, càd :
➢ −0,3 ≤ 𝐶𝑒 − 𝐶𝑖 ≤ 0 → 𝐶𝑖 = −0,3 ;
➢ 0 ≤ 𝐶𝑒 − 𝐶𝑖 ≤ +0,3 → 𝐶𝑖 = +0,3 ;

72
III. Action de la neige
I/ Charges de neige en fonction des régions 𝑯 ≤ 𝟐𝟎𝟎 𝒎
✓ Dans le cadre de l'application des règles NV 65, il faut prendre en compte,
depuis 1996, trois niveaux de charge de neige :
➢ charge normale ;
➢ charge extrême ;
➢ charge accidentelle ;
✓ Jusqu’à 200 𝑚 d’altitude, les charges normales et extrêmes de la neige sont
constantes. Elles sont données par la figure et tableau suivants pour la France :
✓ Depuis 1996, le territoire français comprend 6 zones ; 73
✓ Carte de zonage de la France selon
l’importance de neige :

74
✓ Pour la Tunisie, on distingue deux zones :
➢ Zone A : intensité faible de la neige ;
➢ Zone B : intensité modérée de la neige ;
✓ L’accumulation de la neige se traduit par :
✓ une surcharge normale 𝑆𝑛 (ou 𝑃𝑛0 ). Elle représente une moyenne
statistique calculée sur plusieurs années ;

✓ une surcharge extrême 𝑆𝑒 (𝑃𝑛0 ). Elle représente une surcharge
exceptionnelle qui se produit selon une période de retour 10 ans, 20 ans,
50 ans ;

75
✓ Carte de neige
A
de la Tunisie :
A

76
Mounir Ben Jdidia ENIS
Surcharge normale Surcharge extrême
𝑺𝒏 𝑷𝒏𝟎 𝒅𝒂𝑵Τ𝒎𝟐 𝑺𝒆 𝑷′𝒏𝟎 𝒅𝒂𝑵Τ𝒎𝟐
Région A 45 75

Région B 35 60

II/ Charges de neige en fonction de l’altitude 𝟐𝟎𝟎 𝒎 ≤ 𝑯 ≤ 𝟐𝟎𝟎𝟎 𝒎


✓ Si la construction se trouve à une altitude située entre 200 𝑚 et 2000 𝑚, on
peut se référer au tableau suivant :
✓ Dans le cas où la construction se trouve à une altitude qui dépasse les
2000 𝑚  Consulter le cahier de charge ;
77
Surcharge normale Surcharge extrême
Altitude 𝑯 𝒎
𝑺𝒏 𝑷𝒏 𝒅𝒂𝑵Τ𝒎𝟐 𝑺𝒆 𝑷′𝒏 𝒅𝒂𝑵Τ𝒎𝟐

𝐻 − 200 𝐻 − 200
𝟐𝟎𝟎 ≤ 𝑯 ≤ 𝟓𝟎𝟎 𝑆𝑛 + 𝑆𝑒 +
10 6
𝐻 − 500 𝐻 − 500
5𝟎𝟎 ≤ 𝑯 ≤ 𝟏𝟓𝟎𝟎 𝑆𝑛 + 30 + 𝑆𝑒 + 50 +
4 2,4
𝐻 − 1500
𝐻 − 1500 𝑆𝑒 + 467 +
15𝟎𝟎 ≤ 𝑯 ≤ 𝟐𝟎𝟎𝟎 𝑆𝑛 + 280 + 1,5
2,5

78
III/ Charges de neige en fonction de la forme du toit
1. Influence de la pente des versants
✓ Les valeurs des charges de neige définies précédemment sont applicables à la
surface projetée horizontale de la toiture tant que sa pente ne dépasse pas 25°;
✓ Si l’inclinaison du versant dépasse 25°, les charges doivent être réduites de
2% par degré d'inclinaison supplémentaire à condition que rien ne s'oppose
au glissement de la neige (acrotère par exemple ou bâtiment mitoyen) ;
2. Influence de l’accumulation de la neige (cas courants)
✓ L’accumulation de la neige dans certaines zones de la toiture est due soit à la
présence d’obstacles soit à la forme du toit ;
79
✓ Les cas particuliers de charge suivants doivent être explicités dans le marché ;
✓ On note par :
➢ 𝑆𝑛 𝑃𝑛 , 𝑆𝑒 (𝑃𝑛′ ) : charges normales et extrêmes telles que définies
précédemment ;
′ ): charges normales et extrêmes réduites en fonction de
➢ 𝑆𝑛𝑒 (𝑃𝑛𝑒 ), 𝑆𝑒𝑒 (𝑃𝑛𝑒
la pente ;

➢ 𝑆𝑛1 (𝑃𝑛1 ), 𝑆𝑒1 (𝑃𝑛1 ): charges définies sur les figures R-II-2 à R-II-8 de NV
65 ;
✓ On cite ci-dessous quelques situations d’accumulation de la neige. Pour les
autres cas, veuillez consulter le règlement NV 65 :
80
➢ 1er cas : Bords de toiture 𝐻 ≤ 500 𝑚 (figure R-II-2)
Ce cas est à considérer lorsqu’on a simultanément :
- 𝛼 > 25° ;
- Présence d’obstacle gênant le glissement de la neige (eg. chéneau) ;
Avec : Toiture

𝑃𝑛
- 𝑙1 𝑚 = 0,02 𝑂𝑢

𝑃𝑛𝑒
- 𝑃 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 Accumulation de la neige

81
➢ 2ème cas : Bords de toiture 𝐻 > 500 𝑚 (figure R-II-3)
Ce cas est à considérer lorsqu’on a :
- Absence d’obstacle ou de dispositifs de retenue ;
Avec : Toiture

𝑃𝑛
- 𝑙1 𝑚 = 0,01 𝑂𝑢

𝑃𝑛𝑒
𝑙1
- 𝑙2 𝑚 = Accumulation de la neige
2

- 𝑃 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2

82
➢ 3ème cas : Toitures multiples à redans (Sheds) (figure R-II-5)
′ ′
- Si 𝜶 ≤ 𝟏𝟓° : Répartition uniforme : 𝑃𝑛1 = 𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛 et 𝑃𝑛1 = 𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛′ ;
𝛼−15 ′ 𝛼−15
- Si 𝟏𝟓° < 𝜶 ≤ 𝟐𝟓° : 𝑃𝑛1 = 𝑃𝑛 1 + ; 𝑃𝑛1 = 𝑃𝑛′ 1+ ;
10 10

𝛼−15
𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛 1 − 0,5 ;
10 Toiture

′ 𝛼−15
𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛′ 1 − 0,5 ;
10

- Si 𝟐𝟓° < 𝜶 ≤ 𝟕𝟓° :


Accumulation de la neige

𝑃𝑛1 = 2𝑃𝑛 ; 𝑃𝑛1 = 2𝑃𝑛′
𝛼−25 ′ 𝛼−25
𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛 0,5 − 0,5 ; 𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛′ 0,5 − 0,5 ;
50 50

- Si 𝜶 > 𝟓𝟎° : Étude particulière est à faire ; 83


➢ 4ème cas : noues de toits multiples à versants symétriques (figure R-II-6)
′ ′
- Si 𝜶 ≤ 𝟏𝟓° : Répartition uniforme : 𝑃𝑛1 = 𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛 et 𝑃𝑛1 = 𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛′ ;
𝛼−15 ′ 𝛼−15
- Si 𝟏𝟓° < 𝜶 ≤ 𝟐𝟓° : 𝑃𝑛1 = 𝑃𝑛 1 + ; 𝑃𝑛1 = 𝑃𝑛′ 1+ ;
10 10

𝛼−15
𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛 1 − 0,5 ; Toiture
10

′ 𝛼−15
𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛′ 1 − 0,5 ;
10

- Si 𝟐𝟓° < 𝜶 ≤ 𝟕𝟓° :


Accumulation de la neige

𝑃𝑛1 = 2𝑃𝑛 ; 𝑃𝑛1 = 2𝑃𝑛′
𝛼−25 ′ 𝛼−25
𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛 0,5 − 0,5 ; 𝑃𝑛2 = 𝑃𝑛′ 0,5 − 0,5
50 50
84
➢ 5ème cas : toitures à plusieurs niveaux (figure R-II-8)

𝑙3 = 2ℎ
ቊ Toiture supérieure
5 𝑚 ≤ 𝑙3 ≤ 15 𝑚

- La toiture supérieure
est calculée pour les Toiture inférieure

charges 𝑃𝑛𝑒 et 𝑃𝑛𝑒 ;
- La toiture inférieure
est calculée pour les
Accumulation de la neige
charges 𝑃𝑛 et 𝑃𝑛′ . En
plus, elle doit être 85
Vérifiée selon une répartition non uniforme des charges comme indiqué ci-
dessous :
- Si 𝜶 ≤ 𝟐𝟓° :

𝑃𝑛1 = 𝑚𝑖𝑛 200ℎ; 3,5𝑃𝑛 ; 𝑃𝑛1 = 𝑚𝑖𝑛 330ℎ; 3,5𝑃𝑛′ ;
- Si 𝟐𝟓° < 𝜶 :
𝑙4
1 + 0,04 𝛼 − 25 𝑃𝑛
𝑙3
𝑃𝑛1 = max ൞ 𝑙4
1 − 0,02 𝛼 − 25 𝑃 + 𝑚𝑖𝑛 200ℎ; 3,5𝑃𝑛
𝑙3 𝑛

𝑙4
1 + 0,04 𝛼 − 25 𝑃𝑛′
′ 𝑙3
𝑃𝑛1 = max ൞ 𝑙4 ′
1 − 0,02 𝛼 − 25 𝑃𝑛 + 𝑚𝑖𝑛 230ℎ; 3,5𝑃𝑛′
𝑙3 86
IV. Combinaison des effets de la neige et du vent
✓ Les effets de la neige et du vent sont considérés simultanément lorsque leur
combinaison produit des actions plus défavorables que si la neige ou le vent
agissait séparément ;
✓ Dépendamment des dispositions de la toiture, l’un des groupes d’hypothèses
suivantes est envisagé :
I/ Répartition sensiblement uniforme de la neige sur toute la toiture
✓ La charge de vent est prise en totalité ;
✓ La charge de neige est par contre réduite de moitié ;

87
II/ Possibilité de répartition non uniforme de la neige sous l’action du vent
✓ La charge de vent est prise en totalité ;
✓ La charge de neige réduite de moitié est appliquée totalement ou partiellement
de la manière la plus défavorable. Les parties les plus chargées doivent
supporter la charge réduite de moitié et les parties les moins chargées
(35 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 de moins pour la charge normale et 60 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 de moins
pour la charge extrême, à condition que cette réduction ne doit en aucun cas
descendre en dessous de 0) ;
✓ Les valeurs de 35 et 60 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 peuvent être majorées par le cahier de
charge ;
88
✓ On considère donc : toiture au vent toiture sous le vent
➢ Pour un vent normal : 𝑉𝑛 + 0,5𝑆𝑛 𝑉𝑛 + 0,5𝑆𝑛 − 35 ;
➢ Pour un vent extrême : 𝑉𝑒 + 0,5𝑆𝑒 𝑉𝑒 + 0,5𝑆𝑒 − 60 ;
III/ Dispositions de la toiture rendant impossible l’enlèvement de la neige
par le vent (Sheds, terrasse avec acrotère, noues obturées à une extrémité)
✓ Dans ce cas on cumule la valeur extrême de la charge de neige et valeur
normale de la charge de vent et réciproquement, càd. :
𝑉𝑛 + 𝑆𝑒 ou 𝑉𝑒 + 𝑆𝑛
Où : 𝑉𝑛 et 𝑉𝑒 : vent normal et extrême ;
𝑆𝑛 et 𝑆𝑒 : neige normale et extrême ;
89
V. Exemples (NV 65) de détermination des actions extérieures 𝐶𝑒 ,
intérieures 𝐶𝑖 et résultantes unitaires 𝐶𝑟
✓ Exemple 1 : Construction fermée reposant sur le sol de rapports de
dimensions inférieurs à 2,5. Toiture à deux versants plans symétriques :

90
91
92
✓ Exemple 2 : Construction fermée reposant sur le sol de rapports de
dimensions supérieurs à 2,5. Toiture à deux versants plans symétriques :

93
94
95
✓ Exemple 3 : Construction fermée reposant sur le sol de rapports de
dimensions inférieurs à 0,5. Toiture à deux versants plans symétriques :

96
97
✓ Exemple 4 : Construction fermée reposant sur le sol de rapports de
dimensions inférieurs à 2,5. Toiture multiple à versants plans dissymétriques.
Faîtages perpendiculaires au grand côté :

98
99
100
✓ Exemple 5 : Construction fermée reposant sur le sol de rapports de
dimensions inférieurs à 2,5. Toiture multiple à versants plans dissymétriques.
Faîtages parallèles au grand côté :

101
102
✓ Exemple 6 : Construction fermée reposant sur le sol de rapports de
dimensions inférieurs à 2,5. Toiture en voûte parabolique au 1Τ8 :

103
104
✓ Exemple 7 : Construction reposant sur le sol de rapports de dimensions
compris entre 0,5 et 2,5. Une des parois verticales est ouverte, les autres
parois existantes sont fermées. Toiture à un versant plan :

105
106
107
108
VI. Autres effets
I/ Effet de la poussière
✓ Dans certaines régions, la charge de poussière peut être considérée comme
importante. Au cours du temps et dépendamment de la forme de la toiture,
des dispositifs de retenus, etc., elle a tendance a s’accumuler et donc devenir
très pesante. Ainsi, il serait vigilant de prendre en compte son poids pour le
dimensionnement des éléments de la construction ;
✓ Généralement, si la construction à bâtir se situe au sud, ou bien il s’agit d’une
usine proche d’une carrière, etc., on peut adopter d’une façon prudente une
surcharge de poussière d’environ 10 à 20 𝑑𝑎𝑁Τ𝑚2 . Si la région est, 109
en plus, humide, cette surcharge peut carrément doubler ;
✓ Généralement, le cahier de charge spécifie la surcharge de poussière à
considérer dans les calculs ;

II/ Effet de la température


✓ Dans certaines régions, les effets de température et du gradient thermique
peuvent être importants. S’ils ne sont pas repris par des dispositifs spéciaux
destinés à cet effet (emploie de trous oblongs dans certains assemblages,
appuis glissants, joints de dilatation, appareils d’appuis, etc.), elles engendrent
des concentrations de contraintes supplémentaires dans les éléments
110
structuraux.
✓ Pa exemple, une élévation importante de la température occasionne une
augmentation des contraintes de compression traduite par une
déformation (dilatation) empêchée des barres ;
✓ Dans ce cas, les effets de températures doivent être obligatoirement pris en
compte dans les calculs en rajoutant le terme correspondant à la
température pour le choix des combinaisons les plus défavorables ;

111
112
VII. Cheminement des charges climatiques
I/ Charges verticales de gravité (neige)
✓ La charge de neige telle qu’elle
a été calculée dans ce qui
précède sera combinée de la
façon la plus défavorable avec
les autres charges verticales
(voir chapitre 2) ;

113
II/ Charges horizontales (vent)
✓ Afin de garantir une bonne stabilité globale de la construction vis-à-vis les
charges horizontales induites principalement par le vent, un système de
contreventement peut être employé / envisagé. Ce système a, donc, pour but
d’absorber la charge du vent et de l’acheminer vers les fondations ;
✓ On rappelle que l’action considérée est l’action la plus défavorable du vent
appliquée sur chacune des parois de la structure tel qu’il a été déjà présenté
dans ce cours ;
✓ La figure suivante présente le choix d’un contreventement transversal dans le
cas d’un vent pignon et d’un contreventement longitudinal dans le cas d’un
114
vent long pan :

115
✓ Pour expliquer l’acheminement et la dissipation des charges horizontales dans
la structure, on prend l’exemple d’un vent pignon (figures suivantes) : le vent
agit sur les éléments de façade (bardage, mur, vitre…). Suite à la réaction de
ces éléments par flexion, ils déforment avec eux les lisses ou filières qui à leur
tour transmettent les efforts aux montants, poteaux ou poteaux pignons. Ces
éléments verticaux peuvent être assimilés dans le plan de leur faible inertie à
des poutres simplement appuyées en console (encastrées en fondation et
articulées avec les pannes). De la même façon, en se déformant, ils
engendrent un effort de compression dans les pannes qui va être repris par le
système de contreventement transversal de toiture puis par celui de la façade
116
long pan. Il s’agit d’un système de barres en treillis qui travaillent donc en
compression-traction. Les efforts sont à la fin conduits à la fondation sous
forme d’une force horizontale et de deux forces verticales (une dirigée vers le
haut et l’autre vers le bas) ;
✓ Le même principe s’applique pour le cas d’un vent long pan. Toutefois,
dans ce cas, ce sont les palets de contreventement longitudinal de toiture et
de pignon qui vont reprendre les charges horizontales. En outre, on note
l’effet de cadre (il s’agit de la contribution à la résistance des forces
latérales par le portique) ;

117
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