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CHAPITRE 1 : lobe frontal et fonctions exécutives

Les lobes frontaux : lobes les plus volumineux du cerveau.

 maturation s’achève en dernier (15/16 ans)


 contrôlent nos comportements les + complexes :
- La prise de décision
- Le raisonnement
 interviennent dans la coordination motrice volontaire, le langage et la mémoire.

✪ Neuroanatomie des lobes frontaux


Les Lobes Frontaux : Cortex Cortex moteur
prémoteur primaire

Cortex
préfontal

S’étendent entre la scissure de Rolando postérieurement et la scissure de Sylvius


latéralement
Comportent trois parties principales :

 Le cortex moteur primaire : commande la motricité


 Le cortex prémoteur :
 Partie supérieure l’aire motrice supplémentaire : organisation et contrôle des
mouvements fins
 Tiers inférieur du cortex prémoteur gauche L’aire de Broca : expression et imitation
du langage
 Le cortex préfrontal (non moteur) :

- Les régions préfrontales dorsolatérales :


 versant cognitif ou à la composante « cold » (froide),
 situations qui n’impliquent pas au 1er plan d’état d’émotion.
 Sous tendent une certaine logique, abstraite et décontextualisée

- Les régions orbitaires et ventromédianes :


 versant affectif ou « hot » (chaud),
 implication des affects, émotionnels et/ou motivationnels.
Etude de Schotten et ses collaborateurs en 2016, ont utilisé une méthode :
Travaux récents en tractographie des IRM de diffusion : visualisation des faisceaux
Division du lobe frontal en 12 sous-régions dédiées à des fonctions différentes, des plus
simples, comme la motricité, aux plus complexes, comme le comportement social.

 De visualiser la substance blanche


 L’arrière du lobe frontal associé à des aires qui contrôlent les mouvements simples.
 L’avant du lobe correspond aux aires associées à des fonctions plus complexes (prise
de décision, planification, comportement social...)

✪ Fonctions exécutives
Régulent l’ensemble du fonctionnement mental (d’où l’analogie du chef d’orchestre).

 Permettent de s’adapter aux situations non routinières.


 Etablir des patrons nouveaux de comportements et des manières nouvelles de
raisonnement donc de résoudre des problèmes.
Les fonctions exécutives regroupent les composantes :

 La planification : agencement et ordonnancement temporel des différentes étapes


nécessaires à la mise en place de la stratégie.
 La mise en place de stratégies : choix des moyens les plus appropriés pr atteindre le
but
 Initiation d’un comportement, d’un plan d’actions
 Maintien de l’attention : jusqu’à la réalisation de la tâche complète
 Mise à jour des informations en mémoire de travail
 Flexibilité mentale : adaptation du plan d’action en fonction des contingences
environnementales ; capacité à changer de stratégie mentale et à passer d'une
opération cognitive à une autre, qui requiert le désengagement d'une tâche pour se
réengager dans une autre
 Inhibition : capacité à résister aux interférences (informations non pertinentes) et à
renoncer à tout comportement inadapté ou automatique ; suppression des
informations précédemment pertinentes devenues inutiles
 Rétrocontrôle en cas d’échec et correction des erreurs
 Déduction, identification et maintien de règles opératoires
 Prise de décision
 Anticipation...
Remarques importantes :
On parle de fonctions exécutives et non de fonctions frontales car elles peuvent être
atteintes lors de lésions ne touchant pas les lobes frontaux mais d’autres régions cérébrales
corticales ou sous-corticales (fortement connectées aux lobes frontaux)
Les fonctions exécutrices 

 Sont impliqués ds un gd nbre d’activités cognitives au quotidien.


 Doivent être préservées pr une autonomie normale et la pratique d’une activité
professionnelle.
 contribuent à déterminer la manière de s’adresser à quelqu’un, le fait de parler au
moment approprié, de récupérer les informations utiles en mémoire, ou encore
d’organiser les étapes nécessaires pour choisir ses vêtements ou prendre son repas.

✪ Conséquences des atteintes frontales


De nombreuses pathologies neurologiques s’accompagnent d’une atteinte des lobes
frontaux :

 maladies neurodégénératives : La démence fronto-temporale…


 Accidents vasculaires cérébraux suite à l’obstruction ou la rupture d’un vaisseau
sanguin
 Tumeurs
 Traumatismes crâniens
 Pathologies inflammatoires : Les encéphalites ou la sclérose en plaques
Mais aussi peuvent toucher dans les pathologies psychiatriques

 Dépression
 Schizophrénie
Et les troubles neurodéveloppementaux

 Autisme
 Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité
Les déficits consécutifs à des lésions frontales sont souvent hétérogènes.
Profil cognitif associant déficits de planification, d’inhibition, de prise de décision…

 Difficulté d’inhiber un schéma d’action prépondérant (situation conflictuelle), de


résoudre un problème, et en particulier de déduire des règles (situations complexe),
de séquencer des opérations successives en évitant de persévérer sur l’étape
préalable
 Persévérations motrices ou verbales
 Lhermitte: comportement d’utilisation et comportement d’imitation
 dissociation entre intentions du patient et mise en œuvre des actions nécessaires à la
réalisation du but. L’action projetée est débutée, mais pas menée à son terme, car
persévérations et grande distractibilité
Lhermitte, 1980, décrit :

 Le comportement d’utilisation : tendance exagérée d’un patient à saisir et utiliser les


objets de proximité, non approprié à la tâche en cours.
 Le comportement d’imitation : le patient ne peut s’empêcher d’imiter la personne
devant lui
Il peut exister une dissociation entre l’intention du patient et les mises en œuvre des actions.

 On peut également observer une modification de la personnalité, du caractère du


patient avec des troubles comportementaux :
 Soit le versant de l’inhibition : attribution généralement à des lésions de la région
dorso-latérale
 Soit sur celui de la désinhibition, du manque de contrôle : liée plutôt à des lésions
orbito-frontales.
Les troubles peuvent associer une apathie (perte d’initiative) ou une aboutie (volonté
d’accomplir des actions).
A l’opposé, on peut observer des manifestations :

 Conduites socialement inappropriées,


 Une labilité émotionnelle (= changement brusque et important d’humeur, passage
du rire aux larmes par exemple).
 Enclin à la gloutonnerie, avec une appétence particulière pour les sucreries, et au
collectionnisme (=besoin pathologique de rassembler des objets inutiles et sans
valeur comme de vieux journaux, des clous rouillés, des emballages d’aliments,
etc...).
 Irritabilité, agressivité, impulsivité
 Changement au niveau de leur allure

Les patients souffrants de lésions préfrontales, ne sont pas d’origine psychiatrique mais
neurologiques.

Dc Harlow, patient Phineas Cage, 1948


Accident barre de fer
Pas de déficit cognitifs ni moteurs, cependant modifications radicales de sa personnalité,
irritabilité, agressivité, impulsivité…

 D’autres études en neuroimagerie :


 sur les psychopathes anti- sociaux et les jeunes garçons violents : ont un plus
faible volume de matière grise ds le cortex pré-frontal.
 Anomalies similaires constatées chez de jeunes garçons violents
Ils souffrent d’anosognosie = non conscience, méconnaissance des troubles difficile à
distinguer du déni.
Remarques importantes :
Les aires préfrontales sont celles dont le développement se poursuit le plus longtemps après
la naissance.
Les délais de maturation de ces aires sont longs (jusqu’à l’âge adulte).
Observation chez l’enfant des manifestations comportementales sensiblement comparables
à celles qu’on trouve chez des adultes cérébro-lésés, du simple fait de l’immaturité des lobes
préfrontaux.
Exemple du réflexe de préhension (« grasping ») : Pathologique lorsqu’elle est présente chez
l’adulte (atteinte du cortex prémoteur), Normale chez le bébé jusqu’à l’âge de 12 semaines.
On parle de fonctions exécutives et non de fonctions frontales car elles peuvent être
atteintes lors de lésions ne touchant pas les lobes frontaux mais d’autres régions cérébrales
corticales ou sous-corticales (fortement connectées aux lobes frontaux).
Par conséquent, l’appellation « syndrome dysexécutif » a été préférée à celle de « syndrome
frontal ».

✪ Evaluation des fonctions exécutives


Patient avec une lésion frontale.

Un éclatement des scores aux tests évaluant les fonctions exécutives et ça met en évidence la
multiplicité des composantes de ces fonctions.

Toujours proposer plusieurs épreuves pour explorer les différentes facettes du fonctionnement
exécutif.

Test de stroop Trail Making Test Le test de


classement de cartes
de Wisconsin
Fonction Permet d’évaluer les Mesure les capacités de
capacités d’inhibition flexibilité mentale
du processus de la
lecture
Principe On présente au patient Relier rapidement par ordre Consiste à apparier
une planche avec une numérique et alphabétique chaque carte
série de noms de des chiffres et des lettres présentée à l’un des
couleurs imprimés dans aléatoirement répartis cartes stimuli
un couleur d’encre
différentes de celleque
désigne le mot

Les séquences graphiques de Luria : mettent en évidence des persévérations.


Remarques importantes :

 Les tests permettant d’évaluer les fonctions exécutives sont tous « impurs ».
 Les déficits des fonctions exécutives sont susceptibles de parasiter plusieurs
domaines du fonctionnement cognitif, comme :
 Le langage,
 Les praxies visuo-constructives
 La mémoire épisodique
 L’attention
 Peut s’accompagner d’anosognosie
 Une performance normale aux tests « classiques », généralement au format «
papier-crayon », ne signifie pas absence de troubles dans la vie de tous les jours.

✪ Le modèle du contrôle attentionnel de Norman et Shallice (1982-1988)


L’étude des blessés de guerre a permis d’avancer ds les compréhensions des fonctions
exécutives.

 Luria formule le premier modèle explicatif du fonctionnement du lobe frontal à partir


d’évaluations neuropsychologiques effectuées sur des victimes de la seconde guerre
mondiale.

Le cortex pré-frontal joue un rôle essentiel dans le contrôle et la régulation de l’action.

Ces 2 auteurs ont apporté une contribution essentielle à la modélisation du contrôle de


l’action.

 Deux formes d’actions :


 Les routines ne nécessitant pas ou peu de contrôle attentionnel
 Les actions nouvelles, complexes, nécessitent un contrôle attentionnel
Leur modèle du contrôle attentionnel postule l’existence de 3 composantes :

 Les schémas d’actions : Constitue les unités de base /Peuvent être de bas ou de haut
niveau. Situations routières : Un répertoire d’habitudes motrices et cognitives

 Un gestionnaire des conflits = GC : processus semi-automatique de régulation


 SAS Processus semi-automatique de régulation qui contrôle les séquences d’actions
activées pour une situation donnée
 Intervient dans la résolution de conflits en choisissant les schémas d'action les plus
pertinents au regard de la tâche demandée.
 Gère la compétitivité entre schémas d’action. Empêche ainsi la sélection simultanée
de 2 schémas utilisant les mêmes ressources.

 Un système attentionnel superviseur = SAS : Lors de situations pour lesquelles il faut


prendre une décision ou inhiber une réponse automatique non pertinente. Lors de
situations nouvelles pour lesquelles il n’existe pas de schémas pré-établis et qui
impliquent de nouveaux apprentissages
 Processus de contrôle volontaire, accessibles à la cs
 Ressources attentionnelles limitées

Le SAS
Permet le maintien des buts à long terme, l’appréciation des résultats d’une stratégie choisie et la
mise en place des changements si nécessaire.

Fait appel à des processus de contrôle volontaire, accessibles à la conscience. Ses ressources
attentionnelles sont limitées.

Peut être considéré comme équivalent de l’administrateur central de la mémoire de travail dans le
modèle de Baddeley (1986).

Atteinte du SAS

 difficultés dans la sélection d’actions appropriées et l’inhibition d’actions


inappropriées.
 difficultés à s’orienter vers des réponses non surapprises, et donc une rigidité
comportementale avec des persévérations

✪ Conclusion
Les lobes frontaux :

 Sous-tendent des processus et des comportements du plus haut niveau


d’élaboration.
 Ils contrôlent la réalisation de l’ensemble des tâches complexes indépendamment de
leur domaine d’application : langage, mémoire, action....
 « chef d’orchestre »: prend les talents des différentes sections de l’orchestre et les
unifie en un morceau de musique unique.
 souvent perte d’autonomie après lésions frontales.
Des lésions du lobe frontal peuvent entrainer :

 Une désorganisation des fonctions exécutives, nécessaires pour s’adapter à des


situations nouvelles,
 Une altération du comportement social.
En cas de perturbations des fonctions exécutives et/ou de troubles comportementaux suite
à une atteinte cérébrale, le patient ne pourra plus avoir une vie autonome. = syndrome
dyséxecutif cognitif et/ou comportemental.
Si fonction cognitive spécifique est touchée (comme le langage ou la mémoire), des
rééducations peuvent être proposées pour permettre une réinsertion socio-professionnelle
du patient cérébro-lésé.
Or, les stratégies thérapeutiques sur lesquelles s’appuient ces rééducations font
généralement appel aux capacités de contrôle exécutif.
Les exercices mis en place visent souvent à amener le patient à mieux
 Structurer ses activités
 Planifier et programmer l’action
 Parvenir à un meilleur contrôle.
La prise en charge des patients souffrant de lésions frontales s’avère ainsi très délicate.
Un certain nombre d’entre eux sont anosognosiques = ne voient donc pas l’utilité d’un
éventuel programme de rééducation.

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