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OPTIQUE GEOMETRIQUE

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TABLE DES MATIERES
Chapitre 1 : Généralités sur l’optique géométrique
I. Généralités sur la lumière
II. Cadre général de l’optique géométrique
III. Caractéristiques d’un milieu optique
IV. Les lois de l’optique géométrique
V. Applications 1 : Lame à faces parallèles
VI. Application 2: le prisme
VII. Exercices d’application
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TABLE DES MATIERES
Chapitre 2 : Les systèmes optiques
I. Classification des systèmes optiques
II. Image d’un point, notion de stigmatisme et
d’aplanétisme rigoureux
III. Nature de l’objet et de l’image
IV. Caractéristiques des systèmes centrés

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TABLE DES MATIERES
Chapitre 3 : Miroir sphérique et miroir plan
I. Le miroir sphérique
II. Le miroir plan

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TABLE DES MATIERES
Chapitre 4 : Les lentilles minces
Introduction
I. Le dioptre sphérique
II. Les lentilles
III. Grandissement
IV. Constructions
V. Association de lentilles minces

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Chapitre 5 : L’Œil et la vision
I. L’œil
II. Equations de la vision
III. Quelques défauts de l’œil
Chapitre 6 : Instruments d’optique
I. Microscope « classique »
II. lunette astronomique

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Chapitre 1 : Généralités sur l’optique
géométrique
I. Généralités sur la lumière
La lumière est un phénomène physique
étudié depuis belle lurette, et sa nature a
été l'objet de controverses depuis tout
aussi longtemps. Deux écoles de pensée
principales se sont confrontées au fil du
temps. L'une affirmant que la lumière était
une onde et l'autre qu'elle était formée de
particules ou photon.
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1.1. La lumière comme particule
Certains phénomènes optiques, comme la
réflexion et la réfraction, s'intègrent bien
dans le cadre d'une théorie corpusculaire
de la lumière. De plus, au début du XXe
siècle, Albert Einstein démontra, avec sa
théorie de l'effet photoélectrique, que la
lumière se comportait comme si elle était
formée d'une multitude de petits paquets
d'énergie : les « photons ».
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1.2. La lumière comme onde
Certains physiciens ont proposé que la lumière soit
en fait une onde. Cette affirmation est corroborée
par certains phénomènes comme la diffraction et
l'interférence. La théorie ondulatoire de la lumière
a gagné ses lettres de noblesse lorsque James Clerk
Maxwell associa la lumière à un phénomène
électromagnétique. Ainsi, la lumière est une onde
électromagnétique, constituée de la superposition
d'un champ électrique et d'un champ magnétique
oscillant dans le temps avec une fréquence f et se
déplaçant, dans le vide, à une vitesse c.
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Conception électromagnétique de la lumière

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La période et la fréquence de l'onde sont reliées
par la relation suivante : f = 1/T avec
T : la période exprimée en seconde (s),
f : la fréquence en (s−1) ou en hertz (Hz).
La théorie électromagnétique de la lumière nous
offre une relation entre la longueur d'onde ( en
m), la fréquence f (en Hertz, Hz) et la vitesse c
(3.108m/s) de propagation d'une onde
électromagnétique :
c = f ou  = cT

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Spectre électromagnétique

NB : Il faut faire une distinction très importante


entre le spectre électromagnétique et le spectre
d'une source lumineuse. Ce dernier représente son
contenu en longueurs d'onde.
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Théorie dualiste de la lumière
Depuis le début du XXe siècle, les physiciens
utilisent une théorie dualiste de la lumière (et
même de la matière en général). On parle en
effet maintenant de la dualité onde-particule
de la lumière. Ainsi, la lumière se comporte
sous certaines conditions comme une onde
et, sous certaines autres conditions, comme
une particule.

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La dualité onde-particule de la lumière
offre une relation, qui relie l'énergie d'un
photon (théorie corpusculaire) à la
fréquence de l'onde électromagnétique
(théorie ondulatoire) :
E = hf
E : l'énergie d'un photon en joules (J),
h : la constante de Planck (h = 6,62.10−34J.s)
f : la fréquence de la lumière en hertz (Hz)
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II. Cadre général de l’optique géométrique
• L’optique géométrique est la limite vers laquelle
tend l’optique ondulatoire lorsque la longueur
d’onde  de la lumière devient petite devant les
dimensions des obstacles interposés sur son
trajet (ouvertures ou diaphragmes). Elle permet
de caractériser la propagation de la lumière en
utilisant uniquement des constructions
géométriques
• L’optique géométrique repose sur la notion de
rayon lumineux et les ondes dites lumineuses
sont celles détectées par l’œil humain c’est à dire
celles qui constituent le spectre visible (de 400 à
800 nm).

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Optique
Optique Optique
corpusculaire
géométrique ondulatoire
(quantique)
Echelle des
≫  ou < ≪
systèmes

Rayon Onde
Modèle photon
lumineux lumineuse
Interaction
Formation Effet de
Domaine lumière
des images phase
matière 16
Réflexion Interférence
Lasers
Sujet Réfraction Diffraction
Effet
d’étude Dispersion Diffusion
photoélectrique
photométrie Polarisation
Newton(1704)
Grimaldi(1665)
Kepler(1611) Hertz(1887)
Huygens(1678) Plank(1900)
Snell(1621)
Fresnel(1821) Bohr(1913)
Historique Descartes 1637
Young(1821) Einstein (1905)
Fermat(1657) De Broglie(1923)
Faraday
Newton(1666) Heisenberg(1925)
Maxwell(1876)
Schrödinger(1926
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Les connaissances en optique ont permis de:
• corriger la vue,
• faire de la photographie (que ce soit
argentique ou numérique),
• construire les instruments d’optique
permettant de sonder l’univers
• faire fonctionner un lecteur cd ou dvd,
• amener internet par fibre optique dans les
foyers etc.

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III. Caractéristiques d’un milieu optique
3.1. Définitions
Un milieu est dit :
• Transparent s’il laisse passer la lumière (par
opposition à un milieu opaque) ;
• Homogène si ses caractéristiques optiques
sont indépendantes de l’espace ;
• Isotrope si ses caractéristiques optiques sont
indépendantes de la direction selon laquelle
se propage le rayon lumineux.
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3.2. L’indice de réfraction ou indice optique
d’un milieu
• L’onde électromagnétique, donc la lumière, se
propage dans le vide à la vitesse c = 3.108 m/s.
• Dans les autres milieux transparents,
homogènes et isotropes elle se propage moins
vite.
• On définit l’indice de réfraction ou indice
optique d’un milieu n par :
n = c/v et (n > 1),
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c : la vitesse de propagation de la lumière dans
le vide
v : sa vitesse de propagation dans le milieu
considéré.
Plus l’indice d’un milieu est élevé, plus le milieu
est réfringent.
Dans un milieu transparent inhomogène, l'indice
optique n dépend du point de l'espace
considéré dans ce milieu.

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3.3. Propagation de la lumière
3.3.1. Le chemin optique
Le chemin optique entre deux points A et A'
correspond à la longueur parcourue par la
lumière dans le vide pendant le même temps
qu'elle mettrait à parcourir le trajet de A à A'
dans le milieu considéré d’indice n :
𝑡′ 𝐴′
LAA’ = 𝑡
𝑐𝑑𝑡 = 𝐴
𝑛𝑑𝑠
s est le trajet géométrique entre A et A’.

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3.3.2. Le principe de Fermat
Pour aller d’un point A à un autre point B, la
lumière suit, parmi toutes les trajectoires
possibles, celle dont le temps de parcours est
minimal ou en d’autres termes celle pour
laquelle le chemin optique est stationnaire.

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IV. Les lois de l’optique géométrique
4.1. Généralités
• Milieu de propagation
Dans tout ce qui va suivre, on se place dans le cas où le
milieu de propagation est homogène et isotrope.
• Dioptre
Un dioptre est la surface de séparation entre deux
milieux transparents.
• Propagation rectiligne
Dans un milieu homogène et isotrope, les rayons
lumineux sont des droites.
On peut remarquer qu’il s’agit du plus court chemin
pour aller d’un point à un autre.

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• Retour inverse de la lumière
Que la lumière se propage de A vers B ou de B
vers A, elle emprunte la même trajectoire (A et
B sont sur le même rayon lumineux).
• Indépendance des rayons lumineux
Il n’y a pas d’interaction entre deux rayons
lumineux, un rayon ne peut pas en dévier un
autre.

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4.2. Définitions Règles et Conventions
4.2.1. Définitions
• Le rayon lumineux représente la trajectoire de
la lumière. Il doit toujours être orienté pour
indiquer le sens de propagation.
• Un pinceau lumineux représente un ensemble
peu étendu de rayon lumineux
• Un faisceau lumineux représente un ensemble
étendu de rayons lumineux.

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• Un pinceau ou un faisceau lumineux est dit
divergent si tous les rayons lumineux sont
issus du même point.
• Un pinceau ou un faisceau lumineux est dit
convergent si tous les rayons lumineux se
dirigent vers le même point.
• Un pinceau ou un faisceau lumineux est dit
diffus si les rayons lumineux ont des directions
aléatoires

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4.2.2. Règles et Conventions
• Par convention le sens gauche−droite est pris
comme sens positif de propagation de la
lumière. Les segments orientés gauche –droite
seront comptés positivement et négativement
dans le sens inverse.
• La direction verticale est comptée
positivement du bas vers le haut et
négativement dans le sens inverse.

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• Les angles sont comptés positivement dans le
sens trigonométrique.
• Les points objets et images sont désignés par
des lettres majuscules.
• Les distances entre deux points sont désignées
par des lettres minuscules.

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4.3. Les lois de Snell−Descartes
4.3.1.Les lois de la réflexion
4.3.1.1. Définitions
• Il y a réflexion lorsque la lumière change
brutalement de direction mais tout en restant
dans le même milieu de propagation.
• On appelle plan d’incidence, le plan contenant
le rayon incident et la normale à la surface
réfléchissante au point incident.

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• i est l’angle d’incidence, c’est l’angle que fait
le rayon incident SI avec la normale IN
• r est l’angle de réflexion, c’est l’angle que
fait le rayon réfléchit IR avec la normale IN.
• Les angles d’incidence i et de réflexion r
sont toujours compris entre 0 et /2.
• Les angles i et r sont des grandeurs
algébriques et sont orientés à partir de la
normale.

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4.3.1.2. Les lois de la réflexion
- Le rayon réfléchi IR appartient au plan
d’incidence défini par la normale à la surface
réfléchissante et le rayon incident SI.

- Le rayon réfléchit est symétrique du rayon


incident par rapport à la normale à la surface
réfléchissante: i = -r ou |i| = |r|

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4.3.2. Les lois de la réfraction
4.3.2.1. Définitions
Il y a réfraction quand il y a changement de
direction de propagation de la lumière lorsque
celle-ci traverse un dioptre et change donc de
milieu transparent.
4.3.2.2. Les lois de la réfraction
• Le rayon incident SI et le rayon réfracté IR’
sont dans le plan d’incidence c'est-à-dire que
les rayons SI, IN et IR’ sont dans le même
plan.
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• Le rayon incident et
le rayon réfracté
sont toujours de part
et d’autre de la
normale N’IN.
• Les angles
d’incidence i1 et de
réfraction i2 sont
reliés par la relation :
𝒏𝟏 sini1 = 𝒏𝟐 sini2

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4.3.2.3. Réfraction limitée et Réflexion totale
• Réfraction limite:
Passage d’un milieu moins réfringent à un milieu
plus réfringent : 𝒏𝟏 < 𝒏𝟐
𝑠𝑖𝑛𝑖1 𝑛2
𝑛1 𝑠𝑖𝑛𝑖1 = 𝑛2 𝑠𝑖𝑛𝑖2  =
𝑠𝑖𝑛𝑖2 𝑛1
𝑛2 𝑠𝑖𝑛𝑖1
Comme 𝑛1 < 𝑛2   1 et 1 
𝑛1 𝑠𝑖𝑛𝑖2

𝑠𝑖𝑛𝑖1  𝑠𝑖𝑛𝑖2  i1 > i2

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Quand on passe d’un milieu moins réfringent à un
milieu plus réfringent le rayon réfracté se rapproche
de la normale.
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Remarque :
Pour i1 = i1max = /2 alors i2max = ilim et est tel
que :
𝑛1 𝜋
sini2max = sin <1;
𝑛2 2
𝑛1
i2max = ilim = -1
sin ( )
𝑛2
ilim est l’angle limite de réfraction

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• Réflexion totale:
passage d’un milieu plus réfringent à un milieu
moins réfringent : 𝑛2 < 𝑛1
𝑠𝑖𝑛𝑖1 𝑛2
𝑛1 𝑠𝑖𝑛𝑖1 = 𝑛2 𝑠𝑖𝑛𝑖2  =
𝑠𝑖𝑛𝑖2 𝑛1
𝑛2 𝑠𝑖𝑛𝑖1
Comme 𝑛2 < 𝑛1   1 et 1 
𝑛1 𝑠𝑖𝑛𝑖2
𝑠𝑖𝑛𝑖1  𝑠𝑖𝑛𝑖2  i1  i2

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Quand on passe d’un milieu plus réfringent à un
milieu moins réfringent le rayon réfracté
s’éloigne de la normale.

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Remarque 1
Pour i2 = i2max = /2 alors i1 = i1max est tel que :
𝑛2
sini1max = ;
𝑛1
i1max est l’angle de réfraction maximale
Remarque 2
Pour tout i1 > i1max il y a réflexion.

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4.3.2.4. Construction du rayon réfracté − Construction
de Huygens

1er cas : 𝒏𝟏 < 𝒏𝟐 :


• On trace deux cercles
concentriques en I de rayon
respectif : 𝒏𝟏 et 𝒏𝟐 ,
• On trace le rayon incident
en I et on le prolonge en
pointillé jusqu’au cercle de
rayon 𝒏𝟏 en A, Triangle ICA: IC = IAsini1
• La verticale passant par A Triangle ICB: IC = IBsini2
coupe le cercle de rayon 𝒏𝟐
en B où le rayon émergent IC = IAsini1 = IBsini2 
doit passer. n1 sini1 = n2 sini2
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2nd cas : 𝒏𝟐 < 𝒏𝟏 :
• On trace deux cercles
concentriques en I de
rayon 𝒏𝟏 et 𝒏𝟐 ,
• On trace le rayon incident
en I et on le prolonge en
pointillé jusqu’au cercle de
rayon 𝒏𝟏 en A. • Triangle ICA: IC = IAsini1
• La verticale en A coupe le • Triangle ICB: IC = IBsini2
cercle de rayon 𝒏𝟐 en B où • IC = IAsini1 = IBsini2 
le rayon émergent doit n1 sini1 = n2 sini2
passer.

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V. Applications:
Applications 1 : Lame à faces parallèles
Soit une lame à faces parallèles, d’épaisseur e et d’indice n2,
placée entre deux milieux d’indices respectifs n1 et n3. Un
rayon incident SI frappe le premier dioptre plan sous
l’incidence i1 ; il se réfracte avec un angle de réfraction i2. Les
deux faces de la lame étant parallèles, le rayon réfracté II’
tombe sur le second dioptre plan avec l’incidence i2 et
émerge avec l’angle i3.
1) Exprimer i1 en fonction de i3 et de n1 et n3. Conclure.
2) Que se passe t−il lorsque la lame est plongée dans deux
milieux extrêmes identiques?
3) Déterminer le décalage d = IH entre le rayon incident SI et
le rayon émergent I’R en fonction de e, i1 et i2
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Corrigé
1) Exprimons i1 en fonction de i3 et de n1 et n3
On a : n1 sin i1 = n2 sin i2 et n2 sin i2 = n3 sin i3 ;
Soit n1 sin i1 = n3 sin i3
Conclusion: i3 est donc indépendant du milieu
intermédiaire
2) Les deux milieux extrêmes sont identiques: n1 = n3
Il vient que i1 = i3.
Le rayon émergent est parallèle au rayon incident.
𝐼𝐾 𝑒
3) Triangle IKI’: II’ = = et Triangle IHI’:
𝑐𝑜𝑠𝑖2 𝑐𝑜𝑠𝑖2
𝑠𝑖𝑛(𝑖1 −𝑖2 )
𝑑 = 𝐼𝐼′ 𝑠𝑖𝑛 𝑖1 − 𝑖2  d = 𝑒 𝑐𝑜𝑠𝑖
2

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Applications 2 :
Application de la réflexion totale : fibre optique
à « saut d’indice »
Une fibre optique est un guide de lumière par
réflexions totales successives:
Deux conditions sont nécessaires pour avoir
une réflexion totale en I :
• indice du cœur (1,48) > indice de la gaine
(1,46)
• angle d’incidence (i1) > angle critique (iC )

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Application 3: le prisme

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On appelle prisme un milieu transparent, homogène et
isotrope limité par deux faces planes non parallèles
Représentons le cheminement d’un rayon lumineux
monochromatique

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Lois de Snell−Descartes en I et I’ :
Sin i = n sin r (1)
Sin i’ = n sin r’ (2)
Dans le triangle IKI’ :
 − A + r + r’ =  
A = r + r’ (3)
Dans le triangle ILI’ :
 −D + (i–r) + (i’–r’)= 
D = i + i’ – A (4)
• A est l’angle au sommet du prisme
• D est la déviation du prisme.
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Exercice d’application
Un rayon lumineux tombe
perpendiculairement sur un prisme en
verre dont l’indice de réfraction est égal
à 1,6. A la sortie, le rayon est dévié de
30° par rapport à l’incidence.
Déterminer l’angle de sortie et l’angle du
prisme.

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