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Réseau marocain de la gestion des

déchets urbains
Action publique locale et gestion des déchets des villes membres
Le REMADGU encourage le respect de
l’environnement, le présent document
est imprimé sur du papier recyclé
Sommaire
Introduction.......................................................................................................................................................................... 04

Agadir : État des lieux et perspectives................................................................................................................. 06

Béni Mellal : Quelle action publique locale ?..................................................................................................... 10

Ben Slimane : Quelle action publique locale ?.................................................................................................. 13

Chefchaouen : Quelle action publique locale ?.................................................................................................. 17

Essaouira : Quelle action publique locale ?........................................................................................................ 19

Fès : Quelle action publique locale ?...................................................................................................................... 22

Guelmim : Aspects du problème et perspectives............................................................................................. 26

Larache : Quelle action publique locale ?............................................................................................................ 29

Mohammedia : Quelle action publique locale ?................................................................................................. 32

Ouarzazate : Quelle action publique locale ?..................................................................................................... 36

Rabat : Quelle action publique locale ?................................................................................................................ 38

Salé : Quelle action publique locale ?................................................................................................................... 43

Tanger : Quelle action publique locale ?............................................................................................................... 49

Témara : Quelle action publique locale ?............................................................................................................. 51

Tétouan : Quelle action publique locale ?............................................................................................................ 54

Tiznit : Aperçu diagnostic et perspectives........................................................................................................... 56

Membres ressources....................................................................................................................................................... 59

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 3


Introduction
Depuis plusieurs décennies, la croissance des populations urbaines couplée à l’évolution des modes de consommation ont créé
une situation dans laquelle la gestion des déchets des villes marocaines est devenue une problématique majeure. De surcroît
les fortes dynamiques d’exode rural et la faible maîtrise du développement des villes ont donné lieu à des espaces urbains de
plus en plus étendus et, de ce fait, de plus en plus compliqués à gérer. La rue et le reste de l’espace public sont devenus les
réceptacles de rejets toujours plus importants, posant des problèmes de salubrité publique. Les périphéries urbaines, quant à
elles, sont devenues peu à peu la destination de l’ensemble de ces rebuts après leur évacuation hors de la ville. Les effluents
gazeux (méthane et autres gaz à effet de serre) et liquides (lixiviats) issus de l’entassement de déchets en tout genre dans ces
zones ont de graves répercussions sur la santé publique à travers une pollution notoire de l’environnement (nappes phréatiques,
cours d’eau, air).

Face à cette situation, un certain nombre de mesures ont été prises au niveau central dès le début des années 2000. Tout d’abord,
sous l’impulsion des Ministères de l’Intérieur et de l’Environnement, une nouvelle forme de gestion des tâches d’évacuation et
de traitement des déchets fit son apparition. Appelée «gestion déléguée», elle consiste à faire appel à des sociétés privées,
souvent filiales de multinationales, pour effectuer des investissements importants en contrepartie d’une rémunération au
tonnage de déchets évacués. La généralisation progressive de cette forme de gestion à toutes les grandes villes du pays
marqua l’affirmation de techniques désormais communes comme la collecte mécanisée avec des bacs et bennes-tasseuses puis
l’enfouissement des déchets au niveau de décharges dites «contrôlées». Ces techniques imprégnèrent en 2006 la définition de
la loi 28-00 et ses décrets qui précisent les modalités de gestion des déchets ménagers et assimilés, responsabilité qui, selon
la Charte communale de 2002, incombe aux Communes par la mise en place d’un service publique comprenant la collecte, le
transport, la mise en décharge publique et le traitement de ces déchets.

En 2008, l’opérationnalisation du cadre juridique relatif à la gestion des déchets ménagers et assimilés se matérialisa par
l’élaboration d’un programme de subventions à destination des communes : le PNDM1. Il est définit et mis en oeuvre par le
Secrétariat d’État chargé de l’eau et de l’environnement et le Ministère de l’Intérieur avec l’appui financier de la Banque
Mondiale. Le montant total de ce programme atteint 40 milliards de dirhams ventilés sur 12 ans (2008-2020). De 2008 à 2012,
2,35 milliards de subventions, entièrement couverts par trois prêts de politique de développement de la Banque Mondiale, ont
été octroyées aux Communes :
•D ’une part pour le financement de services de collecte assurés en gestion déléguée par des sociétés privées.
•D ’autre part pour l’aménagement et l’exploitation en gestion déléguée de sites d’enfouissement appelés «décharges
contrôlées».

Le PNDM prévoit également de soutenir le développement de filières de tri et de recyclage des déchets. En 2014, le Ministère de
l’Environnement a réaffirmé cette ambition en inaugurant des projets comme le centre de tri et de recyclage de Sidi Bernoussi
à Casablanca et en lançant un programme visant à généraliser ce type de démarche dans d’autres villes, en partenariat avec
l’Association des Enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre (AESVT).

Dans ce contexte, les Communes sont des acteurs de premier ordre. Effectivement en tant qu’acteur public local, ce sont elles
qui doivent prévoir le budget nécessaire pour le financement des services. Dans le cas très répandu d’une gestion déléguée, ce
sont elles qui, en tant que délégant, doivent assurer un suivi-contrôle des prestations du délégataire au regard d’un cahier des
prescriptions spéciales (CPS). En outre l’échelle locale des communes est la plus pertinente pour penser et mettre en œuvre
des stratégies intégrées et durables qui permettent de répondre aux objectifs de réduction et de valorisation des déchets. Ces
responsabilités demandent des moyens et des compétences mais également l’affirmation d’un pouvoir communal.

1- Programme National des Déchets Ménagers.

4 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Ainsi le Réseau des Villes, et plus particulièrement le Réseau Marocain de la Gestion des Déchets Urbains (REMAGDU), a pour
objectif de créer des conditions propices à l’échange d’expériences intéressantes, à la synergie croisée de compétences et au
renforcement des capacités des élus et personnels techniques des Communes (chaque Commune est représentée par un cadre
technique et un élu). À cet effet, le présent document vise à faciliter la diffusion de l’information entre les Communes membres
du réseau en premier lieu mais aussi pour les autres villes, à travers une compilation de supports synthétiques (fiches) qui
relatent la situation actuelle de la gestion déchets dans chacune d’entre elles. Chaque contexte est traité sous l’angle de
l’action publique locale, selon les aspects suivants :
• Le mode de gestion du service public et les jeux d’acteurs qui s’y rattachent.
• Le dispositif technique mis en œuvre.
• Le coût et le financement du service.
• Les projets en cours.
• Les avancées et limites visibles du service.
• Ses perspectives d’évolution.

Les informations qui figurent dans ce document ont principalement été collectées lors de missions de terrain de mai à décembre
2014, par le biais d’entretiens avec des fonctionnaires et élus des Communes, des responsables des sociétés délégataires, des
fonctionnaires de provinces et/ou Wilayas et des responsables d’associations locales.

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Agadir :
État des lieux et
perspectives
La ville et ses déchets
Agadir, ville du Sud-Ouest marocain située sur la côte atlantique, chef-lieu de la région du Souss-Massa-Drâa, fait partie
intégrante de l’agglomération du Grand Agadir. Avec près de 816 000 habitants, cette dernière, regroupant notamment les quatre
Communes urbaines d’Agadir, Aït Melloul, Dcheira et Inezgane, constitue la cinquième agglomération du pays de par sa population.
Couplées aux changements rapides des modes de consommation, les dynamiques de ce pôle urbain en croissance engendrent une
production significative de déchets et se pose dès lors la question de leur gestion.

 Impacts d’une forte extension urbaine


Depuis le milieu des années 70, le développement urbain d’Agadir a suivi une logique d’extension depuis le centre structuré au Nord-
Ouest vers les périphéries Nord-Est et Sud-Est.
Depuis les années 90, la dynamique d’extension de l’agglomération se caractérise par des processus urbains spontanés comme les
extensions Sud d’Aït Melloul et Inezgane ainsi que les douars au Nord appelés Piémonts (plus de 4 000 ménages). En parallèle, des
projets immobilier de grande envergure sont en cours de construction tels que la zone Hay Mohammadi (60 000 habitants à terme) au
Nord-Est, le quartier Taddart à Anza et le lotissement El Houda à la limite entre Agadir et Inezgane. D’une part, l’accueil de nouvelles
populations entraine une augmentation de la production de déchets ménagers et d’autre part, les phénomènes d’extension compliquent
leur collecte sur une surface urbanisée atteignant 90 km². Face à ces constats, une application effective des orientations du SDAU
et du PCD s’impose pour maîtriser le développement urbain.

 Des activités économiques génératrices de déchets


Avec une fréquentation annuelle qui atteint 5 millions de nuitées, Agadir s’est imposée comme une station touristique de renom.
L’activité des 80 hôtels est ainsi un facteur important de la production de déchets. De même que les activités industrielles d’Anza
et du port de pêche, considéré comme le premier du Royaume avec 120 000 tonnes de produits halieutiques y transitant par an.

Déchets produits dans


Déchets ménagers collectés à Déchets Déchets le Grand Agadir (toutes
Agadir hôteliers du port catégories)
360 tonnes/jour 21 tonnes/jour 20 tonnes/jour 700 tonnes/jour
Tonnages de déchets mesurés selon des moyennes annuelles

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Des dispositifs de gestion des déchets
Collecte Dépôt en décharge
Organisation Techniques Organisation Techniques
•G  estion par un service •M  odes : Porte-à-porte •D  écharge intercommunale • 2 casiers d’enfouissement
de propreté au sein de la (60% du périmètre total) gérée suivant une avec géomembrane.
Commune (régie directe). et conteneurisation. convention regroupant 10 • Site accidenté (talweg)
• 4 50 employés • Précollecte : 2 200 Communes. de 41 ha dont 18
communaux dont 50% de bacs plastique (240L à • Commune d’Agadir : Chef exploitables.
saisonniers. 660L) et 12 conteneurs de file de la convention • Traitement des lixiviats
• 4 annexes subdivisées en métalliques de 5 m3 de partenariat. par évaporation
secteurs de collecte. (Piémonts). • Gestion du site déléguée (aspersion).
• F iches de suivi du • Transport : Bennes- à la société Tecmed • DCO lix. ancien = 25 000
personnel et du matériel. tasseuses, pick-up, (Groupe Urbaser) pour mg/L.
• S uivi du tonnage par bennes satellites, 10 ans.
secteur de collecte. multibennes. • Suivi/contrôle : Une
• Indépendance du chef de • Déchets collectés : cellule intercommunale
service par rapport aux Ménagers, déchets verts + un comité présidé par
élus. et gravats. le Wali.
• Fréquence : 7j/7.
Bassins de lixiviats

Dispositif communal

Dispositif spontané
Tri/récupération en ville Tri/récupération sur la décharge
Organisation Techniques Organisation Techniques
•R
 écupérateurs ambulants • Récupération manuelle • 1 00 à 400 trieurs, 3 • Les trieurs «employés»
indépendants (+ de 50). dans les conteneurs du types : trient les déchets
•R
 evente au kilo à des service communal, avant - T rieurs «employés» directement à l’arrière
semi-grossistes. le passage des véhicules payés à la journée des camions
de collecte. par un semi-grossiste • Les trieurs
• Transport : Chariots, qui paye également «indépendants»
motos, charrettes les chauffeurs réunissent les déchets
attelées, bicyclettes. pour bénéficier de triés en tas et les semi-
• Produits récupérés : l’exclusivité de certains grossistes les récupèrent
Verre, plastique et déchets (hôtels, port). avec des pick-up.
papier/carton. - T rieurs «indépendants»
• De 80 à 200 kg de payés au kilo par des
matières triées/jour/ semi-grossistes.
Trieur fouillant dans un bac récupérateur. -É  leveurs qui font paître
leurs bêtes (+ de 1
000) chacun leur tour.
• Semi-grossistes installés
en bordure de la
décharge.
• Une association (Afra)
Revente au kilo à des grossistes (zone industrielle). qui réunit 26 semi-
grossistes. Trieurs à l’arrière d’un camion

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Vers une gestion durable ?
 Quelle soutenabilité financière ?
Coûts à la tonne
Des arrêtés municipaux pour appliquer le
Décharge : étalement, couverture,
Collecte, balayage et transport principe pollueur-payeur
aspersion (lix.)
236 dh/t 93 dh/t En parallèle des difficultés de gestion des finances
locales, la Commune songe à mettre en place des
Le coût annuel total de la gestion des déchets à la charge de la redevances pour certaines catégories de déchets,
ville d’Agadir s’élève à près de 43,5 millions de dirhams (Mdh). applicables via des arrêtés municipaux. Ainsi,
Cela représente 11% des recettes communales qui avoisinent 400 un arrêté pour l’évacuation des déchets verts et
Mdh. Jusqu’à ce jour, aucune subvention n’a été octroyée au service gravats permettra à la Commune de pénaliser les
communal de collecte. Par ailleurs, la Commune a dégagé en 2013 dépôts «sauvages» tout en assurant un service
un excédent réel de 160 Mdh dont 9 ont été consacrés au service de de transport vers un lieu de dépôt spécifique
propreté pour l’achat de nouveaux bacs (2,3 Mdh) et le renouvellement moyennant un tarif de 400 dh. De même, le dépôt
d’une partie des véhicules de collecte. des déchets industriels à la décharge sera facturé
Reste à recouvrer 2013
mensuellement à leurs producteurs, selon une
procédure d’autorisation appliquée en fonction de
Taxe pro. TSC la nature et la quantité des déchets. Enfin, la
109 Mdh 100 Mdh Commune compte appliquer la circulaire du 17
décembre 2012 en calculant une redevance pour
Le rapport entre capacités financières communales et coûts du service les grands producteurs de déchets.
reste déséquilibré en raison d’une part, de prestations coûteuses et
d’autre part, d’une gestion compliquée de la fiscalité locale. Depuis
2008, des arriérés de paiement au délégataire Tecmed se sont accumulés. Par ailleurs, le montant des taxes et impôts locaux non
recouvrés pour la ville d’Agadir («reste à recouvrer») était de 314 Mdh en 2013, avec un faible taux de recouvrement des taxes
gérées par la Trésorerie Générale dont les assiettes fiscales sont les plus importantes.

Syndicats de copropriété : Nouveaux acteurs  Une démarche planifiée de tri-valorisation


du recyclage ? Jusqu’à présent, plusieurs initiatives ciblées de tri des déchets à
Ces derniers, acteurs centraux de la démarche, la source ont été menées au niveau de la plage pendant la période
devront assurer la collecte sélective au sein de estivale, dans le camping communal et auprès des hôtels avec une
l’immeuble afin de séparer le pain, l’organique et collecte sélective assurée par le GIE Progress qui dispose de son
les matières valorisables (verre, plastique, métal, propre centre de tri. Désormais, la Commune souhaite mettre en œuvre
papier/carton). Ils seront également responsables un système de tri-recyclage intégré à l’échelle des lotissements et
de la gestion des stocks et de la commercialisation résidences d’habitat vertical (R+4 à R+12) en coopérant avec les
dont ils récupéreront la totalité des bénéfices. syndicats de copropriété. De même, une étude de caractérisation des
Les déchets triés pourront être vendus à divers déchets ménagers a été réalisée en 2013 selon la méthode MODECOM
acheteurs locaux : L’association Afra, le GIE afin de dimensionner des unités de valorisation. La commune dispose
Progress, les entreprises Magval et Trianon (Sidi dès lors de données quantitatives et physico-chimiques par catégories
Bibi). Un projet pilote est actuellement mis en de déchets et selon leur origine, lui permettant de planifier de manière
œuvre dans le quartier Hay Salam en vertu d’une cohérente la mise en place éventuelle d’une unité de compostage, d’une
convention entre la Commune, la GIZ (programme filière de recyclage et/ou d’un procédé de valorisation sous forme de
Comun) et l’AESVT. combustibles solides de récupération (CSR).

 «Formel / informel» : Quelles perspectives d’évolution du service communal ?


Comme dans de nombreuses villes du Maroc, deux systèmes de gestion
des déchets opèrent simultanément : L’un communal consistant à Centre de tri : Échec d’une réponse
évacuer rapidement les déchets vers un site de dépôt, l’autre spontané standardisée
et qualifié d’«informel» consistant à récupérer les déchets recyclables. Ce projet, issu d’une proposition de Tecmed pour
Jusqu’à présent, la Commune cherche à éliminer ce dernier, notamment décrocher le contrat de gestion déléguée en 2008,
en interdisant la circulation des charrettes à cheval en ville et en a avorté en particulier en raison d’une absence de
évacuant le site des semi-grossistes, désormais installés en bordure dialogue entre des trieurs déjà très organisés et
de la décharge. Le projet d’un centre de tri suit cette même approche des acteurs convaincus par un seul modèle de tri
qui, à défaut de considérer l’impact évident du système spontané, axé sur le tandem coopérative-tri mécanisé.
cherche à le contenir en le «formalisant». L’absence de dialogue entre
les deux parties, fondement d’une gestion intégrée, crée des dysfonctionnements récurrents. Aujourd’hui la réalisation d’une étude
diagnostic de l’activité de récupération et l’accompagnement des trieurs pour la création d’une coopérative vont être confiés par
appel d’offre à un bureau d’étude. L’intervention d’un acteur tiers pourra-t-elle améliorer la communication entre la Commune et
le délégataire d’une part et les récupérateurs d’autre part ?

8 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Études et projets en cours
Intitulé du Porteur du Parties Echéance/ état
Description
projet projet prenantes d’avancement
Création d’un •P  rojet prévu par le contrat de gestion déléguée de Ministère de Tecmed Maroc, Projet à l’arrêt
centre de tri la décharge. l’Intérieur - CU Wilaya Souss- Réflexion commune avec
• Investissement de 11 millions de dirhams à la Agadir Massa-Drâa la coopération espagnole
charge de la société délégataire Tecmed Maroc. (consulat) depuis
• Objectif : Intégration de 220 récupérateurs. septembre 2013
• Lancement d’un appel d’offre pour la réalisation
d’une étude diagnostic de l’activité de
récupération.
Plan directeur •R  éalisation d’un plan directeur pour les provinces Wilaya Souss- BET Novec Étude débutée en février
inter-préfectoral d’Agadir et de Taroudant. Massa-Drâa 2013, première tranche
• Réalisation d’une étude diagnostic sur l’actuelle (diagnostic) pas encore
décharge en vue de préparer un nouveau contrat de validée
2017 à 2025.
• Prévoit la création d’une nouvelle décharge
exploitable sur une période de 30 à 40 ans.
• Projet piloté par la Wilaya et mis en œuvre par le
bureau d’études Novec.
Création d’une •O  rientation du nouveau PCD d’Agadir pour la CU Agadir Réflexions en cours, peu
SDL env. période 2010-2016. d’avancement depuis
• Attributions prévus pour la SDL environnement : 2013
Gestion des déchets et qualité de l’air, en
parallèle de la réalisation d’un plan climat
territorial.
• Objectifs : Adopter une logique entrepreneuriale
permettant de diminuer les lourdeurs
administratives pour l’acquisition du matériel et
la gestion des ressources humaines (recrutement,
rémunération).
Caractérisation- •R
 éalisation d’une étude de caractérisation des CU Agadir Insavalor, IAV Étude de caractérisation
valorisation déchets ménagers : Données quantitatives par Agadir finalisée fin 2013
catégories de déchets et selon leur origine Réflexions en cours
(typologies de quartier). pour des projets de
•D
 imensionnement de potentielles unités de valorisation
valorisation sous forme de compostage, recyclage
et combustibles solides de récupération (CSR).
Projet pilote de •M ise en œuvre d’un dispositif de tri avec le CU Agadir AESVT, GIZ Contrat de subvention
tri-recyclage syndicat de copropriété de l’immeuble «Al locale avec le
intégré Marjane» (845 ménages) dans le quartier Hay programme Comun de
Essalam au Sud de la ville, proche du quartier El mars à novembre 2014
Houda.
• T ri des déchets avec 3 bacs de couleur
différente (1 jaune pour le pain, 1 vert pour la
matière organique et 1 bleu pour les matières
valorisables) puis stockage dans le local
poubelle.
•A  ccompagnement du syndicat par l’AESVT pour la
gestion des stocks et la commercialisation.
Projet de • S ensibilisation dans le milieu scolaire via la CU Agadir Établissements En cours de réflexion
sensibilisation création de clubs de l’environnement et de classes scolaires
vertes.
•E  nviron 50 établissements scolaires impliqués.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 9


Béni Mellal :
Quelle action
publique locale ?
Beni Mellal, capitale économique de la région Tadla-Azilal, est une ville située au centre du Maroc, entre le Moyen Atlas et la
plaine de Tadla. En constante évolution depuis une vingtaine d’années, elle compterait près de 195 000 habitants. La production
croissante de déchets solides invite à questionner le rôle de la Commune en tant que collectivité garante des services publics et
celui des citoyens-nes comme potentiels acteurs d’une politique publique locale.

Combien de déchets ? Quels déchets ?


Aujourd’hui la quantité de déchets ménagers et assimilés produite à l’échelle de la ville atteint 150 tonnes par jour, soit 55 000
tonnes par an, contre 120 t/j en 2005. Aujourd’hui chaque ménage mellali produit en moyenne 3,5 à 4 kg de déchets par jour1.

Le tonnage journalier précité concerne les déchets des ménages et des souks et commerces de la ville qui produisent des déchets
de même nature. À ceux-ci s’ajoutent particulièrement les déchets médicaux du centre hospitalier régional Tadla-Azilal, dont
une partie présente des risques infectieux et sanitaires importants. L’industrie agroalimentaire, secteur économique très implanté
localement (90% du chiffre d’affaires local) en raison de la vocation agricole de la région (betteraves sucrières, oléiculture,
agrumiculture et élevage) et consolidé par la création d’un agropole, est potentiellement une source importante de déchets. De
même, le secteur du BTP, dont les activités de construction et de démolition sont stimulées par une forte dynamique d’extension
urbaine, génère une quantité considérable de déchets inertes composés de béton, pierres, bois, matériaux d’isolation.

Pourquoi est-ce un problème ?


Outre les impacts sur la faune, la flore et les paysages naturels, la production d’une quantité excessive et non-maîtrisée de
déchets a des conséquences néfastes et directes sur la santé humaine, principalement via les lixiviats à l’origine de maladies
hydriques. Ces effluents chargés en polluants chimiques et bactériologiques issus de la percolation de l’eau à travers les déchets
représentent un risque important de contamination des réserves en eau potable de la ville, comme le captage de Sidi Jaber, et
des eaux d’irrigation de la plaine agricole de Tadla.

Pourquoi tant de déchets ?


Ces dernières décennies l’implantation de centres commerciaux «modernes» a en partie contribué au développement de nouveaux
modes de consommation qui augmentent la quantité de déchets et qui en changent la nature. La grande distribution, Acima et
Marjane, stimule en particulier une consommation excessive d’emballages en plastique. La surabondance de ces derniers se
manifeste aussi dans une majorité de commerces de la ville, de l’épicerie de quartier (Hanout) aux vendeurs de vêtements à
proximité de la Place de la Marche verte.
Évolution de la proportion de matières plastiques des
Cette consommation croissante de produits en plastique, observée à l’échelle déchets ménagers marocains (en % massique)
nationale (Voir graphique ci-dessous), augmente significativement la 14
production de déchets par habitant. De surcroît, ces déchets ne se dégradent 12
10
pas naturellement. Pour un usage n’excédant pas une durée de 30 minutes 8
en moyenne, le sac en plastique par exemple met au moins 400 ans à se 6
décomposer. Or, sa consommation ne cesse d’augmenter à Béni Mellal comme 4
2
sur l’ensemble du territoire national (près de 3 milliards de «mica» distribués 0
en 2008). 1960 1999 2004 2014

1- Selon les statistiques de 2009 du HCP la taille moyenne d’un ménage en milieu urbain est de 4,5 pers.

10 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Que fait la Commune face au problème des déchets ?
Au regard de la loi, la gestion des déchets ménagers et assimilés relève des compétences de la Commune.

Depuis le début de l’année 2014, la Commune urbaine de Béni Mellal s’est engagée à rémunérer pendant 5 ans la société
Casatechnique pour, d’une part, la mise en place d’un système de collecte et de transport des déchets ménagers jusqu’à un site de
dépôt et, d’autre part, l’initiation d’une expérience de tri et collecte sélective des matières recyclables. Pour contrôler l’exécution de
ces prestations, la Commune rémunère également le bureau d’étude Arco environnement qui supervise une équipe de 4 techniciens
communaux. Sur la base d’un cahier des charges, ceux-ci sont chargés de contrôler l’état du matériel de collecte et les fréquences
de passage, vérifier les conditions de travail des employés et les tonnages collectés, ceci à travers une analyse des documents
fournis par la société délégataire et un contrôle visuel.

Avec quel pouvoir de décision ?


Dans la pratique, les décisions de la Commune sont soumises à l’aval de la Wilaya Tadla-Azilal qui préside un Comité de suivi du
contrat de gestion déléguée. En outre, la Wilaya et le Ministère de l’Environnement pilotent indépendamment de la Commune les
grands projets comme celui de la décharge intercommunale.

Quel coût pour la Commune ?


La société Casatechnique est payée 220 dh pour chaque tonne de déchets collectée et transportée jusqu’au site de dépôt. À ce prix
s’ajoutent les paiements forfaitaires pour les prestations de pré-collecte (achat et entretien des bacs) et de nettoiement des rues
pour atteindre la somme de 25 millions de dirhams (Mdh) par an. Cette somme est retranchée du budget annuel de fonctionnement
de la Commune qui s’éleve à 120 Mdh. Ce budget résulte du recouvrement des taxes et redevances locales, dont la Taxe sur les
Services Communaux (TSC). Aujourd’hui le taux de recouvrement de la TSC n’excède pas 50%, soit à peine 20 Mdh par an, tout
juste de quoi couvrir les frais de maintenance du parc d’éclairage public.

Projet en cours de réflexion Description Porteurs du projet


Décharge intercommunale. Extension du site actuel (15 à 25 ha de plus) : Dépôt des Wilaya Tadla-Azilal, MEMEE.
déchets de Béni Mellal et ses environs.
Exploitation : Gestion déléguée pendant 15 ans.

Des dispositifs de gestion des déchets


Collecte Dépôt
•C
 ollecte ordinaire (7j/7) sur l’ensemble du périmètre • Terrain de 8 ha sans protection du sol.
urbain : • À 6 km du centre, route de Foum El Ansar.
-P ré-collecte via des bacs en plastique (1 500) • Entassement des déchets ménagers, dangereux et
et collecte avec des camions bennes tasseuses hospitaliers avec un chargeur.
(12 m3) et bennes satellites (4,5 m3).
- Zones peu accessibles : Pré-collecte via des
caissons métalliques de 5 m3 (25) et collecte
avec un camion multibennes.

•C
 ollecte sélective (1j/7) pour zones villas (1
400 ménages), écoles, administrations et zones
commerciales :
-B  acs en plastique supplémentaires dédiés
aux plastiques, papier/carton et métaux puis
collecte avec les bennes tasseuses.
- S tockage des matières triées dans le parc
technique de la société. Site de dépôt

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 11


Quelle efficience de l’action publique locale ?
Dans un premier temps, il semble crucial d’interroger la durabilité du dispositif actuellement mis en place. S’agit-il d’un service
public efficace permettant de préserver le cadre de vie des habitants ? Jusqu’à présent, il s’agit principalement d’une évacuation
journalière des déchets ménagers de la ville vers un terrain situé en périphérie où la protection de l’environnement immédiat n’est
pas garantie. L’oued Sabek et la zone agricole qui bordent le site de dépôt sont fortement exposés aux risques de pollution par
les lixiviats. Par ce dispositif le problème n’est donc pas résolu, mais simplement déplacé, éloigné, par une société payée par
la Commune au tonnage de déchets évacués. Entre autres, face au problème de la détérioration des bacs, la Commune a décidé
d’augmenter la fréquence de leur remplacement en obligeant Casatechnique à acheter 500 bacs neufs chaque année. Une telle
disposition qui coûte cher à la Commune et fait du service lui-même une source importante de déchets n’apparait pas comme
une solution de long terme.

Collecte sélective : Quelle réponse au problème ? Qui en bénéficie ?


Les déchets de la collecte sélective font l’objet d’un tri complémentaire en 5 fractions (PET, PVC/PEHD, PP, métaux et papiers/
cartons) et sont conditionnés dans des sacs ou sous forme de balles compactées sur le parc de Casatechnique. En mai
2014, après un mois et demi de collecte, 40 tonnes étaient stockées. La société négocie leur rachat par d’autres entreprises
comme la SMRR, société marocaine de récupération et recyclage basée à Casablanca, qui exige des stocks importants pour
rentabiliser le marché. Dans ce cadre, comment peut-on soutenir une politique de réduction des déchets ? Par ailleurs, le
cahier des charges prévoit que 50% des recettes soient perçues par la Commune qui projette à terme d’élargir la démarche
de tri à 10% de la population soit 20 000 habitants. Une question se pose : Comment ces recettes seront-elles réinvesties
par la Commune ?

Gestion durable des déchets : Quel projet de société ?


Chaque individu produit des déchets et en subit les conséquences. Ainsi, en tant que problème public, la gestion des déchets
ne peut résulter de la seule action de la Commune de Béni Mellal et de sociétés spécialisées. Aujourd’hui, la participation des
habitants se limite pourtant au dépôt des déchets dans les bacs. Les citoyens-ennes sont ici sollicités comme exécutants d’un
dispositif technique préalablement défini. Leur contribution en tant qu’acteurs d’une politique publique locale permettrait d’aboutir
à de véritables réponses au problème, notamment par une réduction des déchets à la source.

Filière «informelle» : Un acteur capital à prendre en compte


Bien organisée et structurée, cette filière récupère une quantité importante
de déchets. En ville, des individus collectent au porte-à-porte le pain
et des objets réutilisables directement auprès des ménages qui trient
au préalable. D’autres récupèrent dans les bacs de Casatechnique les
matières valorisables comme le papier, les plastiques, les métaux et
le verre mais également la matière organique pour le bétail. Sur la
décharge, près de 70 personnes récupèrent ces mêmes catégories de
déchets après le déversement par les camions de collecte. Les matériaux
récupérés sont revendus à des grossistes implantés en ville et d’autres
sur la décharge qui se chargent du stockage, de la transformation et
de la revente. Certains d’entre eux revendent le PVC broyé à une société
locale de tuyauterie. Compte tenu de ses impacts socio-économiques
indiscutables, cette filière devrait être prise en compte comme un acteur
de premier ordre de la politique publique locale de gestion des déchets.
Or elle n’est pas intégrée dans le système de collecte sélective initiée
par la Commune. Néanmoins, après avoir réalisé leur recensement
avec l’INDH début 2014, celle-ci compte accompagner les trieurs de la
décharge pour leur organisation en association ou coopérative. Un tel
projet permettra-t-il d’améliorer les conditions de travail (hygiène) et de
vie (revenu, protection sociale) des chiffonniers devenus ouvriers d’une
chaine de tri ? Tri du plastique sur la décharge

12 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Ben Slimane :
Quelle action
publique locale ?
Après la création de la province de Ben Slimane en 1977, la ville s’est d’abord développée par l’aménagement de quartiers
résidentiels le long de l’axe menant vers Bouznika où se sont installés les militaires puis les paysans et ruraux les plus
fortunés. Un centre urbain s’est alors peu à peu constitué et attire désormais les promoteurs immobiliers du fait de sa position
stratégique entre Casablanca et Rabat. Son cadre naturel (forêt de chênes liège et Atlantique à proximité) est devenu un
argument commercial efficace auprès des Rbatis et Casawis. La construction du complexe résidentiel «les chênes» au Sud de
la ville, dont la surface correspond à près d’un quart du périmètre urbain actuel, témoigne d’un espace désormais très convoité
par le marché de l’immobilier. À ce jour, la ville de Ben Slimane compte près de 60 000 habitants qui produisent en moyenne
75 tonnes de déchets ménagers et assimilés (ménages, commerces, institutions) par jour. Selon la loi, la gestion des déchets
ménagers et assimilées relève des compétences de la Commune par la mise en place d’un service public. Quel service assure-
t-elle aujourd’hui ? Quels en sont les limites et avancées majeures ? Comment peut-il évoluer ?

Que fait la Commune face au problème des déchets ?


D’une part, la Commune urbaine de Ben Slimane s’est engagée depuis 2011 à rémunérer la société Ozone pendant sept ans
pour les prestations de collecte des déchets ménagers et assimilés et gravats, nettoiement des rues et places publiques
et transport des déchets ménagers et assimilés jusqu’à une décharge intercommunale. Au sein de la division des travaux
municipaux, un technicien est chargé du suivi-contrôle des prestations déléguées. Chaque jour, il effectue une tournée matinale
des circuits de collecte avec le responsable d’exploitation d’Ozone dans la voiture de la société. Les manquements au contrat
observés (déchets verts non ramassés, «points noirs») sont signalés verbalement au responsable de la société au cours de
cette tournée. Le Président de la Commune est avisé lorsque la société dépasse un certain délai pour exécuter les réclamations
du technicien communal. En parallèle, les représentants de l’autorité locale, en particulier le Gouverneur de la Province et
les Caïds des deux arrondissements de la ville, effectuent leur propre contrôle et avisent le délégataire indépendamment de
la Commune. De même un comité de suivi présidé par la Province de Benslimane et constitué de représentants du délégant
(Commune) et du délégataire (Ozone) se rassemble deux fois par an pour statuer sur la qualité du service délégué.

D’autre part, la Commune urbaine de Ben Slimane paye depuis 2012 l’entreprise Ecomed Mohammedia, filiale du groupe Ecomed,
pour l’exploitation d’un site d’enfouissement intercommunal situé dans la commune de Beni Yekhlef à 27 km. Le contrat de
gestion déléguée a été signé pour une durée de 20 ans entre la société et le Groupement de Communes «Solidarité pour
l’environnement» (voir encadré ci-contre) qui constitue de fait l’autorité délégante.

Le Groupement de Communes «Solidarité pour l’environnement» :


Créé en 2011, le Groupement concerne onze Communes : Mohammedia, Benslimane et neuf communes rurales avoisinantes.
 S es attributions : La mutualisation du paiement du délégataire Ecomed pour la gestion de la décharge et le suivi-contrôle de ses
activités au regard de la convention de gestion déléguée.
 Son bureau exécutif : Il est composé d’un Président (le vice-président chargé de l’urbanisme à la Commune de Mohammedia), 3 vice-
présidents, 1 secrétaire et 6 conseillers. Chaque Commune a élu un représentant du Groupement au sein de son conseil puis les 11
représentants ont élu les membres du bureau exécutif. Celui-ci exerce sous la tutelle de la Préfecture de Mohammedia.
 Son personnel technique : Le Groupement ne dispose pas de moyens humains propres, ce sont deux ingénieurs de la Préfecture de
Mohammedia (le chef de la division technique et le chef de la division de l’environnement) qui supervisent le suivi-contrôle de la
gestion de la décharge intercommunale.
 Son budget de fonctionnement : Il provient d’une part du reliquat des subventions octroyées par le Ministère de l’Intérieur pour le
financement de la gestion déléguée et, d’autre part, d’une quote-part issue du montant supplémentaire que payent les industriels
(Koutoubia, Polluclean) pour l’enfouissement de leurs déchets par Ecomed (30% de plus que les Communes). Les Communes ne payent
pas de cotisations pour le fonctionnement du Groupement.
 Ses locaux : Il siège dans les locaux de la Préfecture de Mohammedia au sein de la division des collectivités locales.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 13


La gestion déléguée
de la décharge intercommunale :
A
 djudication du marché : En 2012 le Président du groupement
présidait la Commission d’adjudication du marché et deux
vice-présidents la constituaient auprès de représentants de
la Préfecture de Mohammedia. Cette Commission a veillé à
l’exécution des différentes étapes de l’adjudication sous la
tutelle de la Préfecture et selon un CPS établi au préalable
par les services de cette dernière.
 P aiement du délégataire : Sur la base d’une estimation du
tonnage annuel réalisé au moment du vote du budget, chaque
Commune effectue un versement en une ou deux tranches sur
un compte public commun géré par le groupement et à partir
duquel est rémunéré le délégataire Ecomed. Chaque mois
chacune d’entre elle reçoit un «ticket de pesée» sur lequel
Casier d’enfouissement en cours d’exploitation
figure le tonnage mensuel de déchets qu’elle a fait enfouir à
la décharge. À partir de ces tickets, les services financiers
communaux peuvent effectuer un suivi comptable et mesurer
en fin d’exercice s’il y a un trop perçu ou non.
 S uivi-contrôle du délégataire : Il est supervisé par deux
ingénieurs de la Préfecture qui approuvent les relevés de
tonnages et les feuilles d’attachement relatives au paiement
du délégataire. Deux fois par an le Président du groupement et
deux autres membres du bureau exécutif se réunissent avec
les deux ingénieurs préfectoraux au sein d’un Comité de suivi
pour traiter divers aspects de la gestion selon les clauses
du CPS (odeurs, envols, lixiviats, taux d’enfouissement). À ce
jour, le bureau exécutif du groupement n’a engagé aucune
procédure de pénalité à l’encontre du délégataire avec lequel
il s’arrange «à l’amiable» en lui demandant de régler certains
problèmes «le plus tôt possible». Bassin d’aération des lixiviats

Quel dispositif technique ?


Collecte / évacuation Enfouissement et traitement

M  odes de collecte selon le tissu urbain : U  n terrain de 47 ha situé à 27 km de la commune de Ben


- Porte-à-porte avec bennes satellites de 2 m3 7j/7 (1 Slimane à proximité de l’oued Nfifikh.
passage par jour) dans certains quartiers comme Hay Frah  Enfouissement des déchets ménagers et assimilés des onze
et «ancien village» (refus des bacs dans les ruelles). Communes du groupement, mais également des déchets
- Bacs en plastiques disposés sur les trottoirs et collectés industriels tels ceux de l’usine Koutoubia de Mohammedia :
7j/7 (1 passage par jour) par des bennes tasseuses de - Cinq casiers d’enfouissement d’une capacité totale de 5
16 m3 dans les quartiers résidentiels comme Hay Lalla millions de m3.
Meriem ou Hay Essalam. - Étanchéité des casiers par rapport au sous-sol : Une couche
- Caissons métalliques de grande capacité déposés au d’argile recouverte d’un géotextile (degré de perméabilité
niveau des abattoirs et du douar Ouled Taled nouvellement de 10-9).
intégré au périmètre urbain puis collectés quelques jours - Couverture de terre quotidienne du casier en cours
par semaine. d’exploitation pour éviter les envols et la présence de
 Personnel de Ozone : 80 employés. bétail.
 Pas de centre de transfert : Les véhicules de collecte - Les camions 33T déversent les déchets qui sont ensuite
transportent directement les déchets à la décharge de Béni étalés par un bulldozer.
Yekhlef.  Lixiviats : Drainage vers des bassins d’aération équipés d’un
évaporateur.

14 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Quel coût pour la Commune ?
Le coût annuel de la gestion déléguée des déchets de Benslimane, comprenant Part du budget communal de fonctionnement
la collecte, le nettoiement des rues, le transport, l’enfouissement et le traitement affectée à la GDS
s’élève aujourd’hui à 12 millions de dirhams (Mdh). Ce montant représente 27%
du budget de fonctionnement de la Commune et constitue la dépense la plus
importante après le paiement du personnel (19 Mdh). La Commune a bénéficié de Service de GDS en gestion
subventions de la part des Ministères de l’Intérieur et de l’Environnement (PNDM) déléguée

pour le financement de la gestion déléguée de la collecte et du nettoiement Autres dépenses (personnel, eau,
électricité, …
(Ozone) lors des premières années d’exploitation.

De même, une subvention de 10 Mdh avait été octroyée par le Ministère de l’Intérieur pour le financement de la gestion déléguée
de la décharge (2 premières années). Désormais la Commune paye seule les délégataires à partir de son budget annuel alimenté
par les différentes taxes et redevances locales. Celui-ci était de 44 Mdh pour l’année 2014. Avec ce budget, la Commune finance
d’autres services communaux comme l’éclairage public qui lui coûte annuellement 3,4 Mdh (maintenance et consommation).

Société délégataire Prestations Coût annuel


Ozone Collecte, nettoiement et transport au site d’enfouissement 9,5 Mdh/an
Ecomed Enfouissement et traitement 2,5 Mdh/an
Coût total annuel de la gestion déléguée des déchets 12 Mdh/an

Quelle efficacité du service ?

Des avancées visibles Des limites notoires

U
 n service de collecte et de nettoiement qui dessert l’ensemble U
 ne gestion déléguée trop chère : Les recettes issues de la taxe
du périmètre urbain avec un niveau de service relativement prévue pour le financement des services communaux (TSC) ont
homogène, à l’exception de douars comme Ouled Taleb (route atteint un montant de 7,4 Mdh en 2014 soit uniquement 62% des
de Mohammedia) seulement desservis par un caisson métallique dépenses relatives au paiement des sociétés Ozone et Ecomed.
désempli certains jours de la semaine.
U
 n suivi-contrôle communal du service délégué de collecte très
U
 n enfouissement des déchets dans des casiers dont l’étanchéité
limité : L’organigramme communal ne comprend pas de service
est assurée par une couche d’argile dont le degré de perméabilité
consacré à la gestion des déchets solides. De surcroît, le CPS,
ne dépasse pas 10-9.
relativement ambigu sur les obligations du délégataire, ne
constitue pas un référentiel de suivi efficace. Ainsi la Commune
U
 ne couverture de terre quotidienne du casier d’enfouissement
ne peut effectuer et exécuter un suivi-contrôle exhaustif et
en cours d’exploitation permettant d’éviter les envols de déchets
autonome de la qualité du service délégué
légers.

 L a construction d’une station de traitement des lixiviats qui U


 n pouvoir communal de contrôle de la décharge très réduit : La
pourra diminuer les concentrations en polluants chimiques et seule possibilité pour la Commune de Ben Slimane d’émettre
biologiques de 40 m3/j de lixiviats. Néanmoins cet équipement un avis sur la gestion déléguée de la décharge repose sur la
demeurera insuffisant pour atteindre les normes de rejet. La capacité de trois membres du groupement de faire entendre ses
DCO en particulier pourra être diminuée de 50 à 60% seulement doléances lors des deux réunions annuelles de suivi.
alors qu’elle nécessiterait un abattement de 99% pour passer
de sa valeur initiale, 60 000 mg/L, à une valeur inférieure à la
U
 n site d’enfouissement trop éloigné : Situé à 27 km, sans centre
norme marocaine de rejet d’eaux usées dans le milieu naturel
de transfert, les véhicules de collecte d’Ozone y transportent
évaluée à 500 mg/L.
directement les déchets ce qui engendre des coûts importants
en carburant et en entretien des véhicules.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 15


Des projets en cours :
Avancement /
Description du projet Pilotage du projet Coût / Financement Echéance
Renforcement du monitoring de la collecte des déchets •M  aîtrise d’ouvrage : Financé par le Ministère •P  hase actuelle :
dans le cadre d’une démarche de certification de la MEMEE avec l’OREDD de l’Environnement Finalisation de la
ville à la norme ISO 14001. Analyse du CPS existant et de la région Chaouia- (MEMEE). phase diagnostic.
redéfinition d’un plan de suivi-contrôle. Ouardigha. • Phases à venir :
• Maîtrise d’œuvre : Préparation pour
BET Eagle Engineering. la mise en œuvre
• Parties prenantes : CU du management
et Province de Ben environnemental (GDS,
Slimane, Ozone. éclairage public,
transport, espaces
verts) puis certification
selon le bilan de la
démarche.
Plan directeur provincial qui comprend une étude de Province de Ben Slimane. Financé par le Ministère Lancement de la phase
caractérisation des déchets. de l’Environnement diagnostic à venir.
(PNDM).
Construction d’un centre de transfert des déchets pour Province et CU de Ben Subvention à Blocage en raison d’une
leur transport jusqu’à la décharge intercommunale de Slimane. l’investissement (PNDM). non mise à disposition
Béni Yekhlef. du foncier.
Une station de traitement des lixiviats sur le site de la •M  aîtrise d’ouvrage : Investissements réalisés Phases test sur
décharge intercommunale. Cet équipement permettra de Préfecture de par Ecomed dans le échantillons effectuées,
traiter les lixiviats selon les étapes suivantes : Mohammedia et cadre de la convention travaux terminés, station
1) Traitement biologique par activation de l’activité Groupement de de gestion déléguée prête à être mise en
bactérienne aérobie dans des bassins d’aération. Communes. avec le Groupement de service.
• Maîtrise d’œuvre : Communes.
2) Traitement physico-chimique par coagulation/ Ecomed Mohammedia.
floculation via l’ajout de deux réactifs.
3) Décantation et récupération des boues évacuées
ensuite vers des lits de séchage.
4) R églage du pH (ajout d’acide sulfurique) et oxydation
du surnageant issu de la décantation.
5) Filtration du surnageant dans des filtres à sable et
filtres à roseaux.
La station est dimensionnée pour traiter pendant
20 ans 40 m3 de lixiviats par jour avec les taux
d’abattement suivants :
- 50 à 60% de la DCO.
- 95% des matières en suspension (MES).
- 90% de la concentration en métaux lourds.
Les caractéristiques physico-chimiques des lixiviats
seront analysées au sein d’un laboratoire équipé, entre
autres d’appareil de mesure de la DCO, de l’ammonium Cuves de coagulation-floculation et Filtres à roseaux
NH4+, des nitrites, nitrates et phosphates. décantation

16 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Chefchaouen :
Quelle action
publique locale ?
À ce jour, la ville de Chefchaouen qui compte près de 45 000 habitants produit en moyenne 32 tonnes de déchets par jour.
Ces derniers proviennent des ménages, des artisans-commerçants, des établissements touristiques (hôtels et restaurants)
accueillant jusqu’à 95 000 touristes/an, des abattoirs et de l’hôpital Mohammed V produisant des déchets à risque. Cette
production non-maîtrisée de déchets est une source de nuisances pour la santé publique, en particulier via les «lixiviats». Ces
effluents chargés en polluants chimiques et bactériologiques issus de la percolation de l’eau à travers les déchets présente un
risque de contamination des ressources en eau comme celle du bassin versant de l’oued Laou utilisées pour l’irrigation.
Selon la loi, la gestion des déchets ménagers et assimilés relève des compétences de la Commune par la mise en place d’un
service public. Quel service assure-t-elle aujourd’hui ? Quelles en sont les limites et avancées majeures ? Comment peut-il
évoluer ?

Que fait la Commune face au problème des déchets ?


Depuis 2011, la Commune urbaine de Tanger s’est engagée à rémunérer
La société Tecmed Maroc est une filiale
pendant 7 ans la société Tecmed pour la collecte et la mise en décharge des de l’entreprise multinationale espagnole
déchets ménagers et assimilés. Le rôle de la Commune consiste à s’assurer Urbaser elle-même composante du
de l’exécution du dispositif technique proposé par la société Tecmed sur la groupe espagnol ACS (Actividades de construc-
base d’un cahier des prescriptions spéciales (CPS). Ce suivi-contrôle est cion y servicios).
réalisé par une cellule technique composée de quatre contrôleurs au sein
d’un service de l’environnement. Ces derniers sont chargés d’effectuer un contrôle de terrain relatif aux différentes prestations
prévues par le contrat de gestion déléguée, à savoir :
• La collecte et l’évacuation des déchets ménagers et assimilés,
• Le nettoiement manuel des voies et places publiques,
• Le nettoiement mécanique et manuel de l’ancienne Médina, des artères et places principales de la ville,
• La gestion et l’exploitation de la décharge publique.

Les différentes observations de terrain sont répertoriées dans des rapports de suivi journaliers. Un comité de pilotage composé
de membres du Conseil de la ville et de la division technique se réunit tous les deux à trois mois selon l’urgence de la
situation.

Dispositif technique
Collecte Dépôt en décharge

 Modes de collecte :  Terrain de 1,8 ha à 1,5 km du centre (route Akchour).


-C  ollecte au porte-à-porte dans l’ancienne médina :  Enfouissement dans un casier de 3 000 m3 qui sera
employés équipés de chariots à deux roues. saturé d’ici 2 à 3 ans.
- Collecte conteneurisée dans la ville nouvelle et les  Imperméabilisation du casier : couche d’argile.
quartiers périphériques : 380 bacs au total (660L et
 Déchets recouverts de terre.
360L) collectés par des bennes tasseuses.
- 60 bacs métalliques de 1 100 litres pour le centre-
ville.
- Corbeilles de 40 litres pour les axes principaux.
 Fréquence de collecte : 7j/7.

Décharge

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 17


Quel coût pour la Commune ?
La société Tecmed est rémunérée suivant des forfaits journaliers établis
pour chaque prestation sur la base d’une estimation de tonnage effectuée Estimation de tonnage journalier effec-
tuée en amont du contrat = 23,8 tonnes/
en amont du contrat. Le coût annuel de l’ensemble des prestations s’élève jour.
à 9 millions de dirhams, soit 21% du budget communal de fonctionnement
(43 Mdh) issu notamment du recouvrement des taxes et redevances locales.
Par ailleurs, le taux de recouvrement de la taxe sur les services communaux n’a cessé de diminuer depuis sept ans. Enfin
la commune bénéficie d’une subvention dans le cadre du PNDM afin de financer le contrat de gestion déléguée avec Tecmed.
Répartie sur les cinq premières années de contrat, cette aide s’élève à 16 millions de dirhams. De même la construction de la
décharge a été entièrement financée par le Ministère de l’Intérieur en 2006.

Quelle efficacité du service public ?

Quelles limites majeures ? Quelles avancées significatives ?

 C ourte durée de vie des bacs de collecte : Près de 30% des U


 ne propreté efficace dans l’ancienne médina principalement
bacs sont détériorés chaque année et doivent être réparés ou en raison d’un engagement fort des associations de quartier à
remplacés. Cela créé des nuisances en ville et le remplacement travers l’organisation de campagnes de ramassage régulières
des bacs représente une charge de plus pour Tecmed ce qui se soutenues par la Commune.
répercute sur le coût du service.

 F aible desserte de certains quartiers périphériques : Des quartiers U


 n centre de sensibilisation environnementale a été construit
comme Dhar Ben Ayed au Sud de la ville sont inégalement avec les espaces nécessaires pour organiser des ateliers et
desservis car peu accessibles pour les bennes-tasseuses en autres évènements en collaboration avec les associations de
raison d’un réseau viaire inachevé. quartier. Les problématiques de la gestion des déchets pourront
potentiellement y être traitées.
 P as de contrôle des lixiviats : Fuite des lixiviats au niveau des
talus non imperméabilisés (pas de couche d’argile), colmatage  L e Plan de Développement Local (PCD) 2011-2016 comprend
progressif des conduites de collecte de lixiviats, fosse prévue l’axe stratégique «Devenir une référence au niveau écologique
pour le stockage non opérationnelle. par la sauvegarde de l’équilibre environnementale et lutter
contre la pollution» qui inclut la gestion des déchets dans une
E
 nfouissement sans séparation : Initialement la décharge vision intégrée du développement de la ville.
fut conçue pour traiter séparément les déchets spéciaux,
hospitaliers et ceux des abattoirs. À ce jour, les trois casiers
en béton prévus à cet effet ne sont pas opérationnels du fait U
 n diagnostic participatif a été réalisé dans le cadre du
de l’absence d’une collecte sélective en amont. programme Local-Med afin d’évaluer l’efficacité des services
communaux et proposer des actions pour améliorer les
politiques publiques locales.

Des projets en cours

Description du projet Pilotage du projet Coût / Financement Avancement Échéance


Aménagement d’une décharge Province, CU (PCD). 45 Mdh Choix du site en cours
contrôlée intercommunale sur DGCL, CU (Études et acquisition (Hypothèse : barrage de l’oued
une surface de 10 ha avec du foncier). Laou).
traitement des lixiviats et unité
de recyclage.
Collecte sélective auprès des Tecmed, Sertego Med. Contrat de gestion déléguée Proposition de Tecmed à la
administrations et restaurants (CU) Commune
puis revente à des sociétés de
recyclage.

18 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Essaouira :
Quelle action
publique locale ?
À ce jour, la ville d’Essaouira qui compte près de 85 000 habitants produit en moyenne 75 tonnes par jour de déchets ménagers
et assimilés. Ces derniers proviennent des ménages, des artisans-commerçants, mais également des différentes activités
touristiques. D’ailleurs la quantité de déchets produite par jour s’élève à 88 tonnes en période estivale alors qu’elle atteint une
moyenne de 71 tonnes le reste de l’année.
Selon la loi, la gestion des déchets ménagers et assimilés relève des compétences de la Commune par la mise en place d’un
service public. Quel service assure-t-elle aujourd’hui ? Quelles en sont les limites et avancées majeures ? Comment peut-il
évoluer ?

Que fait la Commune face au problème des déchets ?


Depuis 2006, la Commune urbaine d’Essaouira s’est engagée à rémunérer
pendant 10 ans la société GMF pompage et assainissement pour la collecte, le En octobre 2013 un avenant au contrat
a été validé. Il contient les dispositions
transport et la mise en décharge des déchets ménagers et assimilés puis le
suivantes :
nettoiement des rues, de la plage et places publiques. Le rôle de la Commune -A ugmentation du nombre de bacs neufs
consiste à s’assurer de l’exécution du dispositif technique proposé par la à acheter chaque année, soit 110 bacs
société GMF sur la base d’un cahier des prescriptions spéciales (CPS). Ce suivi- supplémentaires au total.
contrôle est réalisé par une cellule technique appelée «police verte» qui dépend -A ugmentation du nombre d’employés pour la
du service de la gestion déléguée. Cette cellule, composée de 5 techniciens collecte, soit 11 de plus.
contrôleurs, assure un contrôle quotidien des activités du délégataire en ville -A ugmentation du nombre d’employés pour le
et sur la décharge. Un comité de suivi se réunit chaque semaine au sein de la nettoiement, soit 37 de plus.
Municipalité avec le chef de service afin de produire un rapport sur l’état du
service qui est remis au Président du Conseil communal. Des pénalités à l’encontre du délégataire peuvent ensuite être appliquées
sur la base de ces rapports.
Comme son nom l’indique, la «police verte» assure également une fonction répressive pour éviter les dépôts sauvages et
surtout pour pénaliser les éleveurs habitués à faire paître leur bétail au niveau des points de collecte. En cas de flagrant délit,
elle peut ainsi saisir le bétail et infliger une amende à l’éleveur.

Dispositif technique
Collecte et transport Dépôt en décharge

 Modes de collecte (7j/7) :  Terrain de 5,6 ha à 16


-C  ollecte au porte-à-porte dans l’ancienne médina, km du centre de transfert
le quartier Bin Laarassi et le lotissement Skala à (route de Marrakech).
l’aide de bennes satellites et des débardeurs : Deux  Enfouissement dans deux
circuits par jour de 14h à 17h et de 20h à minuit. casiers divisés en alvéo-
- Collecte conteneurisée dans le reste de la ville les : 1er casier de 3,9 ha
nouvelle à l’aide de bacs collectés par des bennes- divisé en 4 alvéoles (sa-
tasseuses : Trois circuits par jour de 6h à 12H, de turé) et 2ème casier de
14h à 17h et de 20h à minuit dans les grandes 1,7 ha divisé en 2 alvéoles
artères uniquement. (en exploitation).
 Transport jusqu’à un centre de transfert, puis transport  Etanchéité : Couche d’argile
jusqu’au site de dépôt à l’aide de camions Ampliroll + membrane géotextile +
avec bennes de 25 m3. massif drainant (graviers).
 Nombre de véhicules : 4 bennes tasseuses, 4 bennes  Lixiviats : Volume moyen de
satellites et 2 Ampliroll. 5 000 m3 retenu dans un
bassin de 17 000 m3 sans
 Personnel : Près de 220 rippeurs, débardeurs et traitement (évaporation).
chauffeurs rémunérés au SMIC. Décharge

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 19


Quel coût pour la Commune ?
La société GMF est rémunérée selon des forfaits mensuels établis pour chaque
prestation sur la base d’une estimation de tonnage effectuée en amont du contrat. - 2 ,5 millions de dirhams = Coût sup-
plémentaire dû à l’avenant au contrat
Suite à l’avenant au contrat validé en 2013, le coût annuel de l’ensemble des validé en 2013.
prestations s’élève à 11 millions de dirhams, soit 16% du budget communal de - 40% = Taux de recouvrement de la TSC.
fonctionnement de 2013 (69 Mdh) issu du recouvrement des taxes et redevances
locales, dont la taxe sur les services communaux (TSC).

Collecte et transfert Nettoiement Gestion du site de dépôt


5,6 2,6 2,8
Répartition du coût annuel selon les prestations en Mdh.

Quel est le pouvoir de décision de la Commune ?


La loi stipule que la Commune décide du mode de gestion du service public. Or le cahier des prescriptions spéciales qui définit
les obligations techniques et financières du délégant (Commune) et du délégataire (GMF) a été élaboré par le service de
l’environnement de la Province à partir du modèle-type développé par la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL)
au Ministère de l’Intérieur. De même l’avenant au contrat, commandité par l’entreprise GMF et rédigé par un bureau d’étude, a
nécessité l’aval de la Province et du Ministère de l’Intérieur pour être effectif.

Quelle efficacité du service public ?

Quelles limites majeures ? Quelles avancées positives ?

 rès de 30% des bacs sont


P À
 l’exception de douars ruraux situés dans la ceinture verte
détériorés chaque année du près de la route de Marrakech (Laarab, Wassan, Sidi Harraz)
fait, en particulier, de déchets intégrés dans le périmètre urbain par le plan d’aménagement,
très humides et denses et de l’ensemble des quartiers de la ville est desservie par le service
mauvais traitements de la de collecte.
part des employés de GMF.
Cela créé des nuisances en  L a société GMF a effectué de nouveaux investissements en
ville et leur remplacement 2014 pour l’achat de véhicules supplémentaires, à savoir une
systématique est difficilement benne-tasseuse, une benne satellite et un chargeur. Néanmoins,
viable économiquement. les conditions de maintenance doivent être sensiblement
améliorées, en particulier la disponibilité des pièces de
É
 tat critique du parc de v - rechange et la formation du personnel pour une manipulation
hicules : Deux bennes satel- plus vigilante.
Bac éventré (Lotissement 5)
lites sur quatre, ainsi qu’un
camion Ampliroll, ne sont U
 ne collaboration avec les associations de quartier : En mars
pas utilisables. Cela fragilise 2014, un programme de sensibilisation a été mené dans le
le service qui ne dispose pas quartier Bouhaira avec l’association du même nom (actions dans
de véhicules de réserve en les écoles, conférence, campagne de nettoiement). En outre,
cas de pannes. deux associations du quartier Bin Laarassi collaborent avec
la société GMF pour redéfinir un dispositif technique adapté
 L a décharge ne dispose pas (porte-à-porte avec l’implication des gardiens d’immeubles),
de moyens de traitement des assurer la communication sur les horaires de collecte et
lixiviats. Ceux-ci sont uni- organiser des campagnes de nettoiement.
quement stockés dans un
bassin dont la capacité de
rétention n’est pas suffisante
lors de périodes pluviales
importantes. Bassin de lixiviats

20 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Gestion durable des déchets : Quelles perspectives d’évolution du service ?

Réduction des déchets à la source : Recouvrement : Vers un renforcement Réemploi : Quelle intégration possible
Quelle stratégie locale est possible ? du service de finances dans une stratégie communale ?

Dans le cadre du programme «Plages À ce jour, les taxes à fort potentiel fiscal, soit Au niveau de la zone industrielle, qui a
propres» de la fondation Mohammed VI, la la taxe d’habitation, la taxe professionnelle peu à peu été désertée par les usines de
section locale de l’association Chouala pour et la TSC, sont gérées directement par conserverie en raison d’une activité de pêche
l’éducation et la culture organise chaque le Ministère des Finances à travers la en déclin, une activité de revente d’objets
été des sessions de ramassage et d’analyse Trésorerie provinciale. La Commune n’a donc pour le réemploi s’est peu à peu développée.
des déchets avec des enfants de 9 à 14 ans. pas de marge de manœuvre pour gérer et Ainsi plusieurs dizaines de grossistes
À la différence de simples campagnes de améliorer le recouvrement de ces taxes qui revendent à des particuliers des pièces de
nettoiement, les enfants sont ici poussés à constituent potentiellement les principales métal, de bois, de plastique, de céramique
s’interroger sur la nature et la provenance recettes de son budget de fonctionnement. et tout objet pouvant être réutilisés comme
des déchets en tant que produits de Or les taux de recouvrement sont encore des appareils électroménagers, des portes et
consommation, cela à travers une grille faibles, comme en témoigne celui de la TSC cadres de fenêtres ou encore des fauteuils.
d’analyse axée sur les questions suivantes : qui atteint à peine 40%. Ceci peut mettre
Pourquoi trouve-t-on des déchets sur nos en doute les capacités de recouvrement du Au regard de l’implantation significative
plages ? D’où viennent-ils ? Comment peut- service. de cette activité et de son impact évident
on les éviter ? sur la réduction des déchets à gérer par
Dans une moindre mesure, la Municipalité a la Municipalité, une réflexion approfondie
En suscitant une prise de conscience sur la possibilité d’optimiser la gestion des taxes s’impose pour la prendre en considération
les possibilités d’évitement du problème, locales dont elle a la charge, entre autres : au sein d’une stratégie communale.
ce type d’activité rentre dans une réelle la taxe de séjour, la taxe sur les débits de
approche de prévention. Néanmoins, elle se boissons et la taxe sur les terrains non-
limite à la zone de la plage et à la période bâtis. Dans ce sens, la Commune d’Essaouira
estivale. Se pose dès lors la question du rôle envisage de renforcer son service de finances
de la Commune, garante du service public, en constituant trois cellules distinctes : une
afin d’élargir la portée de cette approche à pour la définition de l’assiette fiscale, une
l’échelle de la ville et selon des programmes pour le recouvrement et une pour le contrôle
étalés sur toute l’année. Dans ce sens, un afin de vérifier la fiabilité des déclarations,
engagement de la Commune serait opportun particulièrement pour la taxe de séjour
pour fixer des objectifs clairs et dresser et la taxe sur les débits de boissons. En
un plan d’actions commun. En revanche, outre la Commune prévoit de recruter de
peut-elle suivre une telle logique alors nouveaux fonctionnaires pour le recensement
qu’elle s’engage à rémunérer une société en des terrains non-bâtis et l’actualisation du Espace de vente d'objets usagers
fonction du tonnage de déchets collectés ? registre des contribuables. prêts au réemploi

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 21


Fès : Quelle action
publique locale ?
À ce jour la ville de Fès qui compte près de 1 million d’habitants produit en moyenne 800 tonnes de déchets ménagers et assimilés
(ménages, commerces, déchets industriels banals) par jour. L’extension constante et peu contrôlée du périmètre de la ville, au gré
de grands projets immobiliers soutenus par les autorités publiques locales, entraîne inévitablement une augmentation sensible du
tonnage de déchets et complique l’opération de collecte sur une surface étendue qui souffre d’une organisation spatiale limitée.
Selon la loi, la gestion des déchets ménagers et assimilés relève des compétences de la Commune par la mise en place d’un service
public. Quel service assure-t-elle aujourd’hui ? Quelles en sont les limites et avancées majeures ? Comment peut-il évoluer ?

Que fait la Commune face au problème des déchets ?


D’une part, la Commune urbaine de Fès rémunère
depuis 2012 la société marocaine Ozone pour
la collecte des déchets ménagers et assimilés
suivant un contrat qui s’étend sur sept ans. Le
cahier des prescriptions spéciales (CPS) comprend
deux lots : Un premier pour les arrondissements
Fès-Médina et Jnale al Wade puis un second
pour les arrondissements Mérinide, Agdal, Saiss
et Zouagha. Le service de propreté de la division
technique de la Municipalité centrale (1 ingénieur
et 1 technicien) a la charge d’effectuer un suivi-
contrôle des prestations avec un technicien de
chaque arrondissement. Ces derniers remplissent
chaque jour un registre de réclamations qu’ils
adressent à la société délégataire. Par ailleurs, un
avenant au contrat a été mis en application depuis
le début de l’année 2014 pour que la société
Ozone assure également la collecte des gravats et
déchets verts puis leur dépôt dans une ancienne
carrière.

D’autre part, la Commune urbaine de Fès rémunère depuis 2003 le groupe Ecomed pour l’aménagement et l’exploitation d’un site
d’enfouissement des déchets sur une durée totale de 30 ans. Au sein de la division technique de la Commune, un service composé
d’un ingénieur et d’un technicien est chargé du suivi et du contrôle des activités du délégataire. Ils se déplacent deux à trois fois
par semaine sur le site pour effectuer un contrôle visuel de la gestion des effluents (biogaz et lixiviats), de l’envol des déchets
légers (sacs plastiques), de l’état des canaux de drainage des eaux pluviales et de la voie d’accès. Ils suivent aussi les relevés
de pesée journaliers et réceptionnent les rapports d’activités de la société (rapports mensuels et rapports technique et financier
annuels). Un Comité de suivi piloté par la Wilaya Fès-Boulemanese se réunit deux fois par an afin de statuer sur la qualité de
l’exploitation au regard du CPS. Ce Comité est constitué de représentants des services extérieurs tels que l’Agence du bassin,
l’inspection de l’environnement, mais également de l’ONEE1 et de la société Soterma2 ainsi qu’un représentant de la Commune
rurale d’Aïn Bida dans le périmètre de laquelle se situe la décharge. L’ordre du jour des réunions de suivi est défini par le service
municipal de suivi-contrôle de la décharge.

1- L ’Office National de l’Eau Potable et de l’Électricité (ONEE) justifie sa présence dans le Comité de suivi du fait de la présence de la source et station
thermale de Sidi Harazem située à proximité de la décharge.
2- Soterma est la société qui exploite la source de Sidi Harazem.

22 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Quel dispositif technique ?
Collecte et transport Enfouissement et traitement

M
 odes de collecte selon la typologie urbaine :  S ite à 8 km du centre la ville nouvelle (à proximité de
Sidi Harazem) dont l’étanchéité est assurée par une couche
Exemples de Structure Typologie d’argile (perméabilité de 10-9) de 80 m.
Service de collecte
quartiers urbaine d’habitat
Fès el Bali Tissu ancien Habitat semi- • Collecte au por- Catégorie de Enfouisse- Traitement du
Lixiviats
(ancienne et dense collectif : te-à-porte 7j/7 à déchets ment biogaz
médina). constitué maisons l’aide d’ânes équi- Déchets • Un casier • Quantité : • Composition :
de ruelles anciennes pés de 2 paniers ménagers de 7 ha au moyenne de 65% méthane, 33%
étroites et groupées R+3 latéraux de 25 et assimilés total. 150 m3 par CO2, 2% 02.
nombreux et plus. litres et un panier (800 tonnes • Quan- jour (200 m3/j • Collecte via
escaliers. central de 30 litres par jour). tité enfouie maximum). un réseau de
(chouaghi). équivalente • Drainage conduites PEHD et
• 100 bêtes et 1 à 11 cou- vers 4 bassins stations de sous-
à 2 «débardeurs» ches de 3,5 de rétention tirage.
par bête. à 4 mètres de 8000 m3 • Alimentation
• 7 à 8 voyages (novembre chacun. d’un moteur à gaz
par bête vers des 2014) sur • Refoulement de 165 kW relié
points de transfert 6 ha. des lixiviats au réseau interne
en dehors de la • Encore dans le réseau de la décharge
médina. 4 couches d’assainis- et combustion en
Périphérie Tissu Habitat semi- • Porte-à-porte avant satu- sement sans torchère.
Sud-Ouest : discontinu, collectif : avec bennes satel- ration. prétraitement :
Ben Souda, grands lotissements lites et débardeurs • Couverture Des camions
Hay Al interstices, de maisons au sein des lotisse- quotidienne vident les
Massira, réseau économiques ments (7j/7). avec de bassins en été
Zouagha viaire par- R+2 / R+3 en • Bacs en plastique la terre et refoulent
Sud. tiellement bande. disposés au bord perméable. les lixiviats
aménagé. des grands axes et dans un
collectés par des regard.
bennes tasseuses Déchets de Un casier • Forte Pas de récupération
(7j/7). tanneries séparé concentration du biogaz.
• Caissons mé- (25 tonnes régulière- en chrome (4
talliques de 5 m3 par jour) ment mg/L).
disposés au niveau recouvert • Drainage
de terrains vagues d’argile vers un bassin
et collectés par pour isoler de rétention
des camions multi- les déchets. séparé.
bennes (3j/7). • Pas de
Périphérie Voirie Immeubles • Bacs en plastique traitement.
Nord-Ouest : entièrement économiques disposés sur Boues de • Boues pâ- • DCO de 170 Pas de récupé-
extrémité aménagée R+4 / R+5 non les trottoirs et STEP semi- teuses dont kg par tonne. ration du biogaz
de Oued Fès et large. gardés. collectés par des stabilisées la siccité • Forte (possible inhibition
(Mérinide). bennes-tasseuses à la chaux n’excède concentration de l’activité bacté-
(7j/7). (100 tonnes/ pas 30%. en métaux rienne).
• Entretien des jour). • Déverse- lourds.
bacs à la charge ment dans • Pas de trai-
de la société un casier tement.
délégataire. séparé.
Centre de Voirie Résidences • Bacs en plastique
la ville entièrement gardées, confiés aux gar-
nouvelle : aménagée : habitat collec- diens d’immeubles
Hay Badr grands axes tif, immeubles qui se chargent de
(Agdal). et ruelles R+3 / R+4. l’entretien.
carrossa- • Bacs en plastique
bles. et bacs métalli-
ques collectés par
des bennes-tas-
seuses (7j/7) au
niveau des grands
axes.
Centre de Voirie Habitat semi- • Porte-à-porte
la ville entièrement collectif : avec bennes satelli- Casier de déversement des boues
nouvelle : aménagée : lotissements tes et débardeurs
Hay Farah grands axes de maisons au sein des lotisse-
(Agdal). et ruelles modernes R+3 ments (7j/7).
carrossa- en bande. • Bacs en plastique
bles. et bacs métalliques
collectés par des
bennes-tasseuses
(7j/7) au niveau
des grands axes.

 T ransport : Six points de transfert autour de l’ancienne médina


et deux centres de transfert au sein des arrondissements
Mérinide et Zouagha (les deux plus éloignés de la
décharge). Bassins de rétention des lixiviats

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 23


Quel coût pour la Commune ?
Concernant la collecte des déchets, la Commune urbaine de Fès rémunère la société Ozone selon deux forfaits annuels de 35
millions de dirhams (Mdh) et de 94 Mdh respectivement pour les lots 1 et 2. Le montant total annuel de la collecte s’élève
donc à 129 millions de dirhams.

Pour l’enfouissement et le traitement des déchets, la Commune rémunère la société Ecomed selon un prix fixé à 49 dh/tonne de
déchets ce qui représente un coût total annuel de près de 14 millions de dirhams. Ce prix sera augmenté à l’issu de l’approbation
des différents avenants au contrat relatifs au traitement des lixiviats et à la production d’électricité à partir du biogaz.

Au total, la Commune urbaine de Fès dépense près de 143 millions de dirhams pour le financement des prestations déléguées
de collecte, transport, enfouissement et traitement des déchets ménagers et assimilés. Ce coût représente 24% de son budget
de fonctionnement annuel estimé à 600 Mdh pour l’année 2014. Cette dépense est l’une des plus importantes après le paiement
du personnel communal.
Part du budget communal de fonctionnement affectée à la gestion des
déchets solides (GDS)

Enfouissement
Collecte et Total gestion
et traitement
transport (Ozone) déléguée Service de GDS en gestion
(Ecomed) déléguée
129 Mdh 14 Mdh 143 Mdh Autres dépenses (personnel, eau,
électricité, …
Répartition du coût annuel de la gestion déléguée.

Quelle efficacité du service public ?

Quelles limites majeures ? Quelles avancées visibles ?

U
 n service de collecte minimum dans les zones périphériques sans U
 ne coopération entre le délégataire Ozone et les amicales de
voirie : Ces zones difficiles d’accès sont desservies uniquement quartiers : Dans certaines résidences gardées, des amicales
par des caissons métalliques de 5 m3 disposés en périphérie se chargent de sortir les bacs aux horaires de passage des
du quartier et collectés trois fois par semaine. véhicules de collecte et de les entretenir. Cette coopération
permet d’optimiser le service et de prolonger la durée de vie
 L imites de la conteneurisation : Le bilan de la première année des bacs. Qu’en est-il des quartiers non gardés où il n’existe
d’exploitation d’Ozone affiche un total d’environ 1 000 bacs pas d’amicales ?
détériorés (une centaine de brûlés et près de 800 cassés) ou
disparus sur 5 000 disposés soit 20% de perte en un an.  Investissement pour améliorer la conteneurisation : Face au
problème de détérioration des bacs, la société Ozone a investi
U
 ne gestion déléguée trop chère : Le déséquilibre entre capacités dans plus de 300 bacs métalliques de 1 100 litres.
financières de la Commune et coût de la gestion déléguée se
traduit par un total d’impayés de l’ordre de 25 Mdh depuis  L e traitement du biogaz de la décharge : La société Ecomed a
2005 pour la décharge uniquement. mis en place un système de collecte et de traitement du biogaz
limitant les émissions de gaz à effet de serre (méthane).
R
 efoulement des lixiviats dans le réseau d’assainissement sans D’un point de vue financier, la production d’électricité sera
prétraitement : La STEP de la RADEEF peut traiter les eaux légèrement bénéfique pour la Commune.
usées urbaines mais n’est pas équipée pour épurer des lixiviats
très concentrés en polluants chimiques et biologiques. D
 es initiatives pour le traitement des lixiviats : La société
délégataire Ecomed mène des expérimentations visant
B
 oues de STEP non stabilisées et non desséchées enfouies à la à garantir une épuration totale des lixiviats sur le site de
décharge : Ces boues très concentrées en polluants ne peuvent décharge avant leur refoulement.
être traitées sur la décharge et l’enfouissement de cette pâte
liquide pose un problème de stabilité du casier.

24 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Des projets en cours
Description du projet Pilotage du projet Coût / Financement Avancement / échéance
 Alimentation du réseau d’éclairage public •M  ise en œuvre : RADEEF, • Investissement pour • Un générateur de 1 MW
géré par la RADEEF en électricité produite Ecomed, Commune urbaine l’aménagement du câblage équipé d’un poste de
à partir de la combustion du biogaz de la de Fès. reliant le générateur au transformation (prêt au
décharge : • Aval du Comité de suivi, réseau MT à la charge de raccordement) installé et
•A  limentation d’un générateur (moteur à présidé par la Wilaya Fès- la RADEEF. inauguré par le Wali.
combustion interne) de 1 MW relié au Boulemane, et du Ministère • Les kWh produits et • Un avenant au contrat de
réseau de moyenne tension (MT) par un de l’Intérieur. injectés dans le réseau gestion déléguée signé
câble souterrain. seront défalqués de la par le Président de la
•P  ossibilité à terme d’installation d’une facture de la RADEEF et Commune, en attente
unité de 4 MW selon le suivi du réseau payés par la Commune à d’approbation par la
de collecte au niveau des têtes de Ecomed avec une remise Wilaya et le Ministère de
puits (débit, pression, T°, composition) : de 30% par rapport au prix l’Intérieur.
Nécessité d’une part d’un équilibre entre de la RADEEF (compteurs
production électrique et production du installés sur la décharge).
biogaz.
• L a puissance maximale du réseau de la
RADEEF est de 2 MW, au-delà de cette
puissance l’unité pourra être raccordée au
réseau HT de l’ONE.
 Cogénération par récupération de la •M  ise en œuvre par la •C
 oûts d’investissement •R
 éflexion en cours au sein
chaleur issue de la production électrique : société délégataire et de fonctionnement de l’équipe d’exploitation
•R  écupération de 60% de pertes Ecomed. supplémentaires d’Ecomed (possibilité
thermiques au niveau du générateur • Aval du Comité de suivi répercutés sur le coût à d’intégration d’une clause
électrique. présidé par la Wilaya Fès- la tonne à la charge de dans l’avenant concernant
• Installation d’échangeurs de chaleur pour Boulemane. la Commune (avenant au l’unité de production
l’eau, l’huile et les gaz de combustion à contrat). électrique).
hautes températures.
•P  ossible récupération de la chaleur pour
l’évaporation des lixiviats.
 Traitement physico-chimique et biologique •É  tude à échelle réduite • Étude à échelle réduite • Essais à échelle réduite
des lixiviats : commanditée par la financée par la société de SBR et de traitement
• T raitement à la chaux (coagulation- société délégataire et délégataire. physico-chimique réalisés
floculation) et réajustement du pH. effectuée par le laboratoire • Coûts d’investissement en 2012.
• T raitement biologique de type SBR de biotechnologie et le et de fonctionnement • Préparation d’un avenant
(Traitement biologique séquentiel) : département de chimie de supplémentaires à la au contrat.
Dégradation par des micro-organismes la faculté des sciences charge de la Commune • Demande de subventions
aérobies et décantation des boues dans Dhar El Mahraz. à travers un avenant au de la commune en cours
un bassin unique. • Validation de l’étude : contrat. auprès de la DEA : Choix
•R  efoulement des eaux épurées dans le Comité de suivi présidé • Possibilité de subvention techniques selon le
réseau d’assainissement de la RADEEF et/ par la Wilaya. par la Direction de l’eau et montant de la subvention.
ou irrigation d’une ceinture verte. assainissement (DEA) au
Ministère de l’Intérieur.
 Une plate-forme de tri des déchets • L a Commune urbaine de • Investissement total de • Un avenant au contrat en
ménagers et assimilés : Fès, en tant que délégante, 47 Mdh. cours d’approbation :
•P  as de collecte sélective : Traitement des définit les obligations du • La Commune urbaine Ajout des prestations
déchets non triés en amont (400 à 500 délégataire Ozone dans de Fès met un terrain à relatives au centre de tri,
tonnes/jour pour le démarrage). un avenant au contrat de disposition du délégataire prolongation de la durée
• T ransport avec les véhicules de collecte gestion déléguée de la Ozone qui se charge de du contrat et plan de
classiques (BOM, bennes satellites). collecte, approuvé par la 75% l’investissement (35 renouvellement du matériel
• Un tromel pour le tri-mécano-biologique. Wilaya Mdh), les 25% restant sont roulant.
•U  n tapis roulant pour le tri manuel • Ces obligations ne financé par la SIE. • Une étude de
(plastiques, métaux, verre). traitent pas du volet • Pas de réexamen des prix caractérisation des
• Intégration de 30 récupérateurs informels «commercialisation des des prestations prévues déchets à fort PCI réalisée
au minimum après leur recensement et matières triées». par le contrat de gestion en 2011 pour le compte du
leur accompagnement pour la création • Sous-projet d’incinération déléguée de la collecte. cimentier Holcim.
d’une structure de type coopérative. en cimenterie : partenariat • Prolongation de la durée • Implication de la
•P  ossibilité de revente des déchets tripartite SIE-Holcim- du contrat de 5 ans (2024) coopérative Al Koutla
à fort PCI pour incinération dans la Ozone. via un avenant. pour le recensement des
cimenterie Holcim comme combustible de récupérateurs.
substitution (RDF).
• S ite : Un terrain sur la zone industrielle
de Zouagha à côté du marché de gros.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 25


Guelmim :
Aspects du problème
et perspectives
Considérée comme la porte du Sahara au Sud-Ouest du Maroc, Guelmim, chef-lieu de la Province du même nom et capitale de
la région Guelmim Es-Smara, est une ville de près de 117 000 habitants située à 200 km au Sud d’Agadir. Les dynamiques de
développement de ce nouveau centre urbain engendrent une production croissante de déchets solides qui invite à questionner
le rôle de la Commune en tant que collectivité territoriale garante des services publics et celui des citoyens-nes comme
potentiels acteurs d’une politique publique locale.

Combien de déchets ?
Aujourd’hui la quantité de déchets ménagers produite à l’échelle de la ville atteint une moyenne de 81 tonnes par jour soit une
moyenne de 0,72 kg par habitant par jour et près de 30 000 tonnes par an. Cela représente un volume annuel de 66 700 m3.

Quels déchets ?
Le tonnage journalier précité concerne uniquement les déchets ménagers et assimilés, provenant à la fois des ménages, mais
également des souks et des commerces de la ville. À ces déchets s’ajoutent notamment les déchets de l’hôpital militaire
des FAR (déchets ménagers et assimilés, déchets hospitaliers et déchets verts) ainsi que les déchets de construction et
de démolition. Ces derniers sont issus des projets immobiliers et d’infrastructures tels que ceux du récent programme de
développement urbain et de mise à niveau initié en 2005 avec l’Agence de Développement des Provinces du Sud (APDS). La
question de la gestion de ces déchets composés de béton, bois, acier et matériaux d’isolation demeure sans réponse et ceux-
ci s’accumulent sous la forme de nombreux monticules en périphérie de la ville, en direction de l’oasis de Tighmert, sur une
surface de plus de 8 000 m².

Pourquoi tant de déchets ?


Le développement de la région Guelmim Es-Smara suit une logique de
centralisation des services de santé, de l’éducation, de la formation
professionnelle et de la culture en milieux urbains. L’accroissement du Accroissement du taux d'urbanisation par région
taux d’urbanisation de la région, essentiellement au niveau des villes entre 1982 et 1994 (en %)
de Guelmim et Es-Smara, est d’ailleurs l’un des plus forts à l’échelle 74
67
nationale (Voir graphique ci-contre). En conséquence, du fait d’un afflux 59
de populations depuis des zones rurales, la ville de Guelmim concentre
désormais à elle seule plus d’un quart de la population de la région.
30 29
En 32 ans, de 1982 à aujourd’hui, la population de la ville a triplé 24
et plus de 50% de cet accroissement est dû à un phénomène local
d’exode rural. Cette polarisation urbaine s’accompagne de profonds
changements des mœurs et des modes de consommation. Ceci se
traduit par une augmentation sensible de la production de déchets
a

al
ta
sif
â

im

ar

zil
Dr

ien
Sm

n
ce

-A
Te

ménagers par habitant1, du fait, entre autres, d’une consommation


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ec

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Ma

Al

Ta
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accrue d’emballages de plastique et papier. Par ailleurs, l’urbanisation


rra
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m
z
us

Ta

el

Ma
So

Gu

croissante de la ville s’appuie sur un secteur du BTP utilisant des


matériaux propres à une construction rapide et rentable (béton, ciment)
mais générant une quantité considérable de déchets non maîtrisés.

1- Moyennes nationales de la production de déchets en milieu rural et en milieu urbain : respectivement 0,28 kg/hab/j et 0,76 kg/hab/j.

26 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Que fait la Commune face au problème des déchets ?
Depuis 2008, la commune urbaine de Guelmim s’était engagée à rémunérer pendant 15 ans un groupement de sociétés privées
du nom de Sotradema-Géopro pour la mise en place d’un système de collecte et de transport des déchets ménagers jusqu’à un
site de dépôt. Sur la base d’un cahier des charges élaboré avec l’ONEP, le service de l’assainissement et de l’environnement de
la division des travaux municipaux, composé d’un ingénieur et d’un technicien, était chargé d’assurer le suivi et le contrôle de
l’exécution des prestations. Outre les tâches concernant les autres attributions du service telles que l’assainissement liquide
ou la protection contre les risques d’inondation, ces deux personnes traitaient les rapports d’activités journaliers de la société
délégataire, réalisaient un contrôle de ses activités sur le terrain et effectuaient un suivi précis des factures et décomptes.

En raison d’un litige concernant la révision des prix, le contrat a été résilié en juillet 2014 et la Commune assure la continuité
du dispositif technique en régie provisoire. Elle rémunère les ex-employés du groupement et exploite le parc de véhicules ainsi
que le site de décharge. Compte tenu de la fragilité financière de cette situation, un nouveau contrat de gestion déléguée est
déjà à l’étude.

Quel coût pour la Commune ?


Côté financier, le groupement privé est payé pour ses prestations selon une estimation du tonnage de déchets collectés
et transportés, ce qui représente une somme de 11,7 millions de dirhams (Mdh) par an. La Municipalité a bénéficié d’une
subvention de 25 Mdh de la part du Ministère de l’Intérieur lors des trois premières années d’exploitation. Désormais, la
Commune paye seule le délégataire via son budget annuel de fonctionnement d’un montant de 75 Mdh. Ce dernier résulte du
recouvrement des taxes et redevances locales, dont la taxe sur les services communaux (TSC) sensée couvrir les frais de
la gestion des déchets, l’éclairage public ou encore l’entretien des espaces verts. La perception de la TSC est gérée par la
Trésorerie Générale du Royaume.

Avec quel pouvoir de décision ?


La relation contractuelle entre la Commune et le groupement est supervisée par la Wilaya via un Comité de suivi. De même,
la Commune sollicite directement l’aval du Ministère de l’Intérieur pour les décisions importantes vis-à-vis de la nature et de
la forme du contrat.

Dispositif technique
Collecte Dépôt en décharge

 Porte-à-porte (30% du périmètre urbain) : Collecte  Surface de 5 ha à 2 km du périmètre urbain.


avec des camions bennes satellites et pick-up =>  Entassement des déchets ménagers, dangereux et
zones denses du centre-ville et zones commerciales. hospitaliers avec un chargeur à chenilles.
 Conteneurisation (70% du périmètre urbain) :  Étanchéité : couche de sables et graviers.
- Pré-collecte via des bacs en plastiques (660L,
360L et 240L) et collecte avec camions bennes
tasseuses.
- Pré-collecte via des caissons métalliques de 5 m3
puis collecte avec camions multibennes => zones
périphériques.
 Fréquence de collecte : 7j/7, 3 à 5 passages par
jour.

Site de dépôt

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 27


Projets / études en Echéance / état
Description Porteur(s) du projet Parties prenantes
cours d’avancement
Nouvelle décharge. Surface de 14 ha au Nord-Est de Guelmim Wilaya Guelmim Es- 20 CU et CR, BET Site validé,
accueillant les déchets de 20 Communes Smara EDIC. lancement de l’étude
alentours, hauteur max. de 10 mètres après d’impact.
une exploitation sur 20 ans.

Quelle efficacité du service public ?


Dans un premier temps, il semble crucial d’interroger la durabilité du
dispositif mis en place depuis 2008. S’agit-il d’une réponse efficace
permettant de préserver le cadre de vie des habitants ? À l’heure actuelle,
il s’agit d’une évacuation journalière des déchets ménagers de la ville
vers un terrain situé en périphérie où la protection du sous-sol n’est
pas garantie. En effet, les déchets sont entassés sur une simple couche
de sables et de graviers compactés dont le degré de perméabilité est
assez élevé (10-4 m/s) ce qui permet aisément l’infiltration dans le sol
d’eau chargée en polluants chimiques ou biologiques (lixiviats) issus des
déchets. Le problème n’est donc pas résolu mais plutôt déplacé, éloigné.

De surcroît, en raison d’un manque de clarté et de solidité de la relation


contractuelle qui liait la Commune au groupement privé, le dispositif
Bac 240L hors d'usage
technique que payait la Commune jusqu’en juillet 2014 (15% de son
budget de fonctionnement) ne fonctionnait plus. En effet, la situation s’est
dégradée lorsque la société a présenté un déficit financier à partir de
2009. Celle-ci a réclamé par la suite, auprès de la Wilaya et non de
la Commune, la révision des prix prévue par le contrat afin d’intégrer
l’augmentation des charges dues au remplacement du personnel communal
par de nouvelles recrues rémunérées par la société et l’élargissement du
périmètre du service. N’ayant eu de retour satisfaisant de la part des
autorités, le groupement a stoppé tout investissement dans le service qui
s’est rapidement dégradé, à l’image des bacs cassés et non remplacés
ainsi que du parc de véhicules laissé à l’abandon. Benne satellite hors d’usage

Face à cette situation, la Commune a eu recours directement au Ministère de l’Intérieur pour décider de la résiliation du contrat
et des modalités de mise en régie provisoire, signe d’une autonomie administrative et morale limitée.

Gestion durable des déchets : Quel projet de société ?


Chaque individu produit des déchets et en subit les conséquences. Ainsi, en tant que problème public, la gestion des déchets
ne peut dépendre de la seule action de la Commune de Guelmim et de sociétés spécialisées. Aujourd’hui, la participation de
la société civile se traduit par le dépôt volontaire des déchets dans les bacs et l’organisation de campagnes de propreté par
des associations locales. Les citoyens-ennes sont ici sollicités comme exécutants d’un dispositif déjà en place et non comme
acteur d’une politique publique locale pouvant notamment aller vers une réduction des déchets à la source.

À Guelmim, comme partout au Maroc, des individus trient et récupèrent spontanément des matériaux valorisables (plastiques,
métaux, …) dans les bacs et sur la décharge. Ils les revendent à des semi-grossistes installés auprès de la décharge ou dans
des garages au niveau des quartiers El Fila et Douar Louh. Certains stockent les matériaux avant de les transporter et de les
revendre à des grossistes d’Agadir. La société Sotradema-Géopro autorise chaque jour l’accès à la décharge à une vingtaine de
trieurs. Compte tenu de l’impact de cette filière sur la quantité de déchets enfouis, une politique locale de gestion des déchets
se doit de prendre en considération ses caractéristiques socio-économiques et d’envisager des complémentarités au sein de
l’action publique locale.

28 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Larache :
Quelle action
publique locale ?
À ce jour, la ville de Larache qui compte près de 130 000 habitants produit en moyenne 95 tonnes de déchets ménagers
et assimilés (ménages, commerces, institutions) par jour. Du fait d’une certaine attractivité de la ville côtière, le tonnage
journalier de déchets ménagers peut atteindre 200 tonnes/jour en période estivale. Par ailleurs, les activités du port et des
industries agroalimentaires et textiles locales produisent près de 3 tonnes de déchets par jour. Selon la loi, la gestion des
déchets ménagers et assimilés relève des compétences de la Commune par la mise en place d’un service public. Quel service
assure-t-elle aujourd’hui ? Quelles en sont les limites et avancées majeures ? Comment peut-il évoluer ?

Que fait la Commune ? Dans quel système d’acteurs ?


D’une part, la Commune urbaine de Larache rémunère depuis 2007 la société Hincol, filiale de l’entreprise allemande Hinkel,
pour la collecte et le transport des déchets ménagers vers un site de dépôt situé en périphérie. La Commune reverse chaque
année la somme due pour ces prestations, selon le tonnage, sur le compte du Groupement de Communes Al Baya qui la reverse
ensuite sur le compte de la société Hincol.

En 2007, le Groupement de Communes a lancé l’appel d’offre, présidé la commission d’adjudication du marché et signé la
convention de gestion déléguée sur 15 ans. Il représente donc l’autorité délégante en lieu et place de la Commune, non signataire
de la convention bien qu’elle paye la société délégataire. En qualité de délégant, le Groupement est chargé du suivi-contrôle des
activités du délégataire au regard du cahier des prescriptions spéciales. Cette tâche est affectée à une Commission qui peut
se réunir occasionnellement sur convocation. Elle est composée de représentants du Ministère de l’Intérieur, de la Province, de
la Commune, du Groupement Al Baya et de la société Hincol. Le Groupement n’effectue pas de contrôle permanent.

D’autre part, la division des travaux de la Commune assure par ses propres moyens l’évacuation des gravats et le nettoiement
des rues et places publiques.

Le Groupement de Communes Al Baya :


Créé en 2006 sur arrêté du Ministère de l’Intérieur,
Al Baya est constitué de 16 Communes : Larache et les
Communes rurales alentours.
• Ses attributions : La protection de l’environnement, en
particulier la gestion des espaces forestiers (aménagement
de pistes forestières, rémunération de gardes forestiers,
gestion des risques d’incendie).
• Son bureau exécutif : Un Président (celui d’une Commune
rurale) et 3 Vice-présidents élus par un Conseil. Les décisions
du Président sont soumises à l’aval du Gouverneur.
• Son financement : Cotisation annuelle de chaque Commune
(20% de l’excédent) ainsi que des subventions de la DGCL
soit un budget annuel de près de 14 Mdh (2014).
• Son administration : Locaux et fonctionnaires de la Division
des Collectivités Locales (DCL) de la Province de Larache.
Les dossiers sont répartis dans les trois services de la
DCL : Le service de l’assemblée locale, le service de la
planification et le service des finances locales.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 29


Quel dispositif technique ?
Collecte et transport Dépôt en décharge

M
 odes de collecte selon le tissu urbain :  Un terrain situé à proximité du quartier de relogement
- Lotissements structurés et grands axes : Bacs en plas- Al Manar (terres domaniales).
tique (761 au total) de 360 à 1 100 Litres collectés par  Entassement des déchets ménagers et industriels sans
des bennes tasseuses (6 au total). traitement.
- Anciens bidonvilles et quartiers de relogement (Guada-
 Pas de protection des sols, pas de compactage ni de
lupe, Benchekroun) : Conteneurs métalliques de 7 m3 (15 couverture de terre.
au total) collectés par un multibennes.
- Z one centre-ville : Porte-à-porte avec débardage et une
benne satellite.
 Circuits de collecte (7j/7) :
- 1 circuit à partir de minuit pour chaque secteur.
- 1 circuit de 8h jusqu’à 15h seulement pour la zone
centre-ville (porte-à-porte), les grands axes et les
zones périphériques.
- 1 circuit de repasse à 15h au niveau des grands axes
de la ville.
B
 alayage : 60 employés communaux répartis sur 4 secteurs
(1 caporal/secteur).
 T ransport jusqu’à la décharge assuré par les véhicules de
collecte. Site de dépôt

Quel coût pour la Commune ?


Jusqu’en 2012, la gestion déléguée était également financée par des subventions du Ministère de l’Intérieur (4 Mdh en 2012).
Depuis 2013, la Commune doit payer la totalité avec son budget de fonctionnement. Le paiement des prestations déléguées de
collecte, transport et mise en décharge est effectué au tonnage réel selon un prix fixé à 444 dh/tonne. Ainsi le coût annuel total
de la gestion déléguée s’élève à 13 millions de dirhams, soit près de 22% du budget annuel de fonctionnement de la Commune.

La gestion déléguée des déchets ménagers représente la


deuxième dépense de fonctionnement de la Commune après la Collecte et transport Gestion de la décharge
rémunération des fonctionnaires (36 Mdh) et la maintenance 288 dh/tonne 156 dh/tonne
du parc d’éclairage public (9 Mdh). Répartition du coût à la tonne selon les prestations.

Quelle efficacité du service public ?

Quelles limites majeures ? Quelles avancées significatives ?

U  n service de collecte min -  L ’efficacité de la collecte est améliorée au niveau de certains


mum pour les anciens bi- lotissements, en particulier Hay Smail, du fait d’une collaboration
donvilles et les quartiers entre la société Hincol et une association de quartier. Cette
de relogement où la société dernière se charge de l’entretien des bacs et de leur sortie
se contente de disposer de aux horaires de passage des véhicules de la société après
grands caissons métalliques avoir fait la collecte au porte-à-porte au sein du quartier. Ceci
au niveau de terrains vagues permet d’optimiser la durée de vie des bacs et de réduire le
à proximité. nombre de passages.
 Du fait de l’absence de pr -  Le nouveau site de décharge équipé d’une géomembrane et
tection du sol, les lixiviats de d’un bassin de lixiviats permettra de limiter les impacts de
la décharge contaminent la l’enfouissement des déchets sur l’environnement. Néanmoins,
nappe phréatique R’mel située selon les estimations du bureau d’études Valtech, le premier
en-dessous et utilisée pour casier sera saturé au bout de 10 mois. En outre, les lixiviats
la consommation des habi- seront bien retenus dans un bassin mais comment seront-ils
tants (puits) et l’irrigation. Caisson métallique (quartier Sud) traités par la suite ?
 Un suivi-contrôle très limité voire inexistant : La Commune  Un protocole d’accord visant à redéfinir la Commune comme
n’est pas délégante, le Groupement n’effectue pas de contrôle délégante a été rédigé par la Commune et signé par la
permanent et la Commission prévue se réunit très rarement. Province. La signature de la société Hincol, indispensable à
 Une gestion déléguée trop chère : Fin 2012, les arriérés de son application, manque toujours.
paiement étaient de 13,5 Mdh malgré les subventions octroyées
par le Ministère de l’Intérieur.

30 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Tri-valorisation des déchets : Quelles perspectives ?
Après avoir mis en place un système de collecte qui s’avère performant (voir l’encadré ci-contre), l’association pour le
développement du quartier Hay Smail songe désormais au tri à la source. Elle compte sensibiliser les habitants au tri et gérer
la revente des déchets triés par un acteur tiers (plastiques et cartons essentiellement). Les bénéfices de la vente permettraient
d’augmenter le revenu du gardien chargé de la collecte, financer de petites opérations d’aménagement (peinture des trottoirs,
plantations) ainsi que des initiatives visant à renforcer le lien social entre les habitants du quartier et les jeunes de la maison
d’accueil gérée par l’association musulmane de bienfaisance.

Pour garantir sa faisabilité, ce projet devra prendre en compte les intérêts de tous les acteurs de la gestion des déchets,
en premier lieu le secteur informel (au moins 50 récupérateurs en ville) et la société délégataire. Une approche intégrée
pourrait éventuellement envisager des complémentarités selon la nature des déchets récupérés (matière organique/déchets
recyclables).

Une gestion partagée de la collecte à Hay Smail :


Dans ce lotissement R+2 habité par 84 ménages (dont 65% toute l’année), une association paye depuis décembre 2013 un gardien
de rue qui, chaque jour (i) collecte les déchets à un horaire fixe (de 20h à 21h) en circulant de porte en porte dans le quartier avec
les bacs de la société Hincol (4 bacs plastique de 240 Litres) et en avertissant les habitants à l’aide d’un sifflet, (ii) dépose les bacs
à un emplacement adéquat pour les véhicules de collecte de la société Hincol (au bord d’un grand axe) qui passe à partir de minuit,
(iii) lave les bacs une fois vides et les entrepose dans un lot vacant du quartier. Près de la moitié des habitants payent une cotisation
mensuelle de 50 dh, votée en Assemblée, auprès de l’association qui rémunère le gardien et organise des campagnes de nettoiement.
Chaque cotisant laisse le montant à l’épicier du quartier contre un reçu. Après quelques mois, des associations ont répété l’initiative dans
d’autres quartiers de la ville. Cette initiative permet d’améliorer la propreté du quartier et d’optimiser le dispositif technique de la société
Hincol, mais des acteurs de premier ordre sont mis à l’écart : Les récupérateurs informels. L’accès au quartier leur est interdit.

Des projets en cours


Description du projet Pilotage du projet Coût / Financement Avancement / Échéance
Aménagement d’une nouvelle décharge •P  rovince de Larache •C  oût total de 30 à 35 Mdh. •U n premier casier de
intercommunale (Larache et Ksar el Kebir) (service d’infrastructure et • Aménagement du premier 43 000 m3 est aménagé
à 26 km de Larache sur la Commune d’équipement). casier entièrement avec une membrane
rurale de Tleta Rissana. Enfouissement + • Ministère de l’Intérieur subventionné par le MI géotextile et système de
valorisation (compostage et centre de tri). (DGCL) et département de (6 Mdh). drainage des lixiviats vers
l’environnement. un bassin de rétention.
• Préparation d’un appel
d’offre pour l’exploitation
du premier casier
et l’investissement
supplémentaire à réaliser.
Plan directeur provincial de gestion des •P  rovince de Larache. Subventions via le PNDM (MI • Mission 1 (diagnostic) et
déchets solides. • Ministère de l’Intérieur et MEMEE). mission 2 (choix du site)
(DGCL) et département de achevées.
l’environnement. • Mission 3 (étude pour
la réhabilitation des
anciennes décharges de
Larache et Ksar el Kebir)
en cours.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 31


Mohammedia :
Quelle action
publique locale ?
Dès 1912 fut attribué un rôle économique fort à la Casbah de Fedala via l’implantation d’industries agroalimentaires autour d’un port.
En 1960, la création de la raffinerie SAMIR entraina une accélération significative du développement de Mohammedia. Sa vocation
industrielle a été confirmée par la construction d’une centrale thermique et l’implantation de nombreuses entreprises de pétrochimie.
La ville est aussi, balnéaire, les constructions de complexes touristiques le long des plages au Nord-Est en témoignent. En parallèle
du développement des activités économiques, l’espace urbain s’est particulièrement étendu au Sud-Est, entre la ligne de chemin de
fer et l’autoroute reliant Casablanca à Rabat, au gré de l’aménagement de quartiers résidentiels tels Hassania et d’une urbanisation
non-réglementaire à l’instar des quartiers Hay Massira et Hay Braada. À ce jour, la ville de Mohammedia compte près de 370 000
habitants qui produisent en moyenne 220 tonnes de déchets par jour. Selon la loi, la gestion des déchets ménagers et assimilés relève
des compétences de la Commune par la mise en place d’un service public. Quel service assure-t-elle aujourd’hui ? Quelles en sont les
limites et avancées majeures ? Comment peut-il évoluer ?

Que fait la Commune face au problème des déchets ?


D’une part, la Commune urbaine de Mohammedia s’est engagée depuis 2011 à rémunérer la société Sita el Beida pendant
sept ans pour les prestations de collecte des déchets ménagers et assimilés et de transport jusqu’à un site d’enfouissement
intercommunal, la collecte des gravats et déchets verts puis le nettoiement des rues et places publiques. Au sein des services
techniques communaux, la division de la gestion déléguée comprend une cellule de suivi-contrôle de la collecte des déchets
dont les locaux sont situés sur le parc technique de la société Sita el Beida. Elle est constituée de neuf contrôleurs, sept pour
la collecte de jour et deux pour la collecte de nuit, qui effectuent un contrôle visuel de terrain en quatre secteurs, de 2h du
matin à 15h. Les observations de terrain permettent d’évaluer l’authenticité des rapports d’activités journaliers remplis par les
responsables de la société et l’exécution du registre de réclamations. Lorsqu’ils jugent que le service est insuffisant (secteurs
non balayés ou non collectés), les contrôleurs avisent les responsables de la société par téléphone. En cas de non-exécution
dans un délai de 24h, une procédure de pénalité peut être engagée dans les 48h qui suivent. Cette procédure ne peut être
engagée et appliquée que par un représentant de l’autorité locale (Caïdat ou Préfecture).

D’autre part, la Commune urbaine de Mohammedia paye depuis 2012 l’entreprise Ecomed Mohammedia, filiale du groupe
Ecomed, pour l’exploitation d’un site d’enfouissement intercommunal situé sur la commune de Beni Yekhlef à 27 km. Le contrat
de gestion déléguée a été signé pour une durée de 20 ans entre la société et le Groupement de Communes «Solidarité pour
l’environnement» (voir encadré ci-contre) qui constitue de fait l’autorité délégante.

Le Groupement de Communes «Solidarité pour l’environnement» :


Créé en 2011, le Groupement concerne onze Communes : Mohammedia, Benslimane et neuf Communes rurales avoisinantes.
 S es attributions : : La mutualisation du paiement du délégataire Ecomed pour la gestion de la décharge et le suivi-contrôle de ses
activités au regard de la convention de gestion déléguée.
 Son bureau exécutif : Il est composé d’un Président (le Vice-président chargé de l’urbanisme à la commune de Mohammedia), 3 Vice-
présidents, 1 secrétaire et 6 conseillers. Chaque Commune a élu un représentant du Groupement au sein de son conseil puis les 11
représentants ont élu les membres du bureau exécutif. Celui-ci exerce sous la tutelle de la Préfecture de Mohammedia.
 Son personnel technique : : Le Groupement ne dispose pas de moyens humains propres, ce sont deux ingénieurs de la Préfecture de
Mohammedia (le chef de la division technique et le chef de la division de l’environnement) qui supervisent le suivi-contrôle de la
gestion de la décharge intercommunale.
 Son budget de fonctionnement : : Il provient d’une part du reliquat des subventions octroyées par le Ministère de l’Intérieur pour le
financement de la gestion déléguée et, d’autre part, d’une quote-part issue du supplément que payent les industriels (Koutoubia,
Polluclean) pour l’enfouissement de leurs déchets par Ecomed (30% de plus que les Communes). Les Communes ne payent pas de
cotisations pour le fonctionnement du Groupement.
 Ses locaux : Il siège dans les locaux de la Préfecture de Mohammedia au sein de la division des collectivités locales.

32 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


La gestion déléguée
de la décharge intercommunale :
A
 djudication du marché : En 2012 le Président du Groupement
présidait la Commission d’adjudication du marché et deux
Vice-présidents la constituaient avec des représentants de
la Préfecture de Mohammedia. Cette Commission a veillé à
l’exécution des différentes étapes de l’adjudication sous la
tutelle de la Préfecture et selon un CPS établi au préalable
par les services de la Préfecture.
 P aiement du délégataire : Sur la base d’une estimation du
tonnage annuel réalisée au moment du vote du budget, chaque
Commune effectue un versement en une ou deux tranches sur
un compte public commun géré par le Groupement à partir
duquel ce dernier rémunère le délégataire Ecomed. Chaque
Commune reçoit mensuellement un «ticket de pesée» sur
Casier d’enfouissement en cours d’exploitation
lequel figure le tonnage de déchets qu’elle a fait enfouir à
la décharge. À partir de ces tickets, les services financiers
communaux peuvent effectuer un suivi comptable et mesurer
en fin d’exercice s’il y a un trop perçu ou non.
 S uivi-contrôle du délégataire : Il est supervisé par deux
ingénieurs de la Préfecture qui approuvent les relevés de
tonnages et les feuilles d’attachement relatives au paiement
du délégataire. Deux fois par an le Président du Groupement
et deux autres membres du bureau exécutif se réunissent avec
les deux ingénieurs préfectoraux au sein d’un comité de suivi
pour traiter divers aspects de la gestion selon les clauses
du CPS (odeurs, envols, lixiviats, taux d’enfouissement). À ce
jour le bureau exécutif du Groupement n’a engagé aucune
procédure de pénalité à l’encontre du délégataire avec lequel
il s’arrange «à l’amiable» en lui demandant de régler certains
problèmes «le plus tôt possible». Bassin d’aération des lixiviats

Quel dispositif technique ?


Collecte / évacuation Enfouissement et traitement

M  odes de collecte selon le tissu urbain : U  n terrain de 47 ha situé au Sud de la commune de Béni
- Zones urbaines dont le bâti est séparé de voies larges Yekhlef, à proximité de l’oued Nfifikh.
(Ex : Hassania, Houria) : Bacs plastique (360L, 660L et  Enfouissement des déchets ménagers et assimilés des onze
1 100L) disposés sur les trottoirs et collectés 7j/7 (1 Communes du Groupement mais également des déchets
passage la nuit et repasses le jour) par des bennes industriels tels ceux de l’usine Koutoubia de Mohammedia :
tasseuses de 14 à 18 m3. - Cinq casiers d’enfouissement d’une capacité totale de 5
- Zones urbaines sans infrastructure routière bitumée (Ex : millions de m3.
Hay Massira, Hay Braada) : Caissons métalliques de grande - Étanchéité des casiers par rapport au sous-sol : Une
capacité (de 6 à 15 m3) déposés en bordure des quartiers. couche d’argile recouverte d’un géotextile (degré de
Les caissons de 6 m3 (41 au total) sont collectés 3j/7 par perméabilité de 10-9).
des camions multibennes et les caissons de 10 à 15 m3
(8 au total) sont collectés 7j/7 par un camion Ampliroll. - Couverture de terre quotidienne du casier en cours
d’exploitation pour éviter les envols et la présence de
- Zones urbaines dont le bâti est séparé de voies étroites bétail.
(Casbah) : Porte-à-porte avec bennes satellites et
débardeurs. - Les camions 33T déversent les déchets qui sont ensuite
étalés par un bulldozer.
 Sur le parc technique les déchets sont transférés et compactés
dans des caissons de 22 m3 qui sont ensuite transportés  Lixiviats : Drainage vers des bassins d’aération équipés d’un
jusqu’à la décharge située à 16 km. évaporateur.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 33


Quel coût pour la Commune ?
Le coût annuel de la gestion déléguée des déchets de Mohammedia, comprenant Part du budget communal de fonctionnement
la collecte, le nettoiement des rues, le transport, l’enfouissement et le traitement affectée à la GDS
s’élève aujourd’hui à près de 40 millions de dirhams (Mdh). Ce montant représente
environ 20% du budget de fonctionnement de la Commune et constitue la dépense
la plus importante après le paiement du personnel. La Commune a bénéficié de
Service de GDS en gestion
subventions de la part des Ministères de l’Intérieur et de l’Environnement (PNDM) déléguée
pour le financement de la gestion déléguée de la décharge intercommunale
Autres dépenses (personnel, eau,
pendant les deux premières années d’exploitation. Désormais elle doit payer seule électricité, …
le délégataire Ecomed. De surcroît, ses versements permettent au Groupement de
combler à court terme les impayés d’autres Communes rurales du Groupement.

Société délégataire Prestations Coût annuel


Sita el beida Collecte, nettoiement et transport au site d’enfouissement 30,3 Mdh/an
Ecomed Enfouissement et traitement (117 dh/t) 9,6 Mdh/an
Coût total annuel de la gestion déléguée des déchets 39,9 Mdh/an

Coût à la tonne et forfaits des prestations de collecte et nettoiement.


Collecte et
Collecte et mise Nettoiement des Nettoiement des
évacuation des Balayage
en décharge des rues Lavage mécanique plages
déchets verts et mécanique
déchets ménagers (balayage manuel) (saison estivale)
gravats
Forfait mensuel de Forfait mensuel de Forfait mensuel de
260 dh/t 170 dh/t 10 000 dh/j
90 000 dh/mois 90 000 dh/mois 210 000 dh/mois

Quelle efficacité du service ?

Des avancées visibles Des limites notoires

U
 n service de collecte qui dessert l’ensemble du périmètre U
 n service de collecte minimum pour les quartiers peu
urbain mais encore de manière inégale. accessibles : 30 à 40% du tonnage de déchets est collecté par
caissons métalliques (voir photos ci-après).
U
 n enfouissement des déchets dans des casiers dont l’étanchéité
est assurée par une couche d’argile dont le degré de perméabilité U
 ne gestion déléguée trop chère : Pour l’année 2013, deux mois
ne dépasse pas 10-9. n’ont toujours pas été payés par la Commune à la société Sita
el Beida pour la collecte et le nettoiement, soit un arriéré total
U
 ne couverture de terre quotidienne du casier d’enfouissement de 5 Mdh.
en cours d’exploitation permettant d’éviter les envols de déchets
légers. D
 es bacs à durée de vie limitée. Plus de 30% des bacs
disposés en début de contrat sont désormais inutilisables. Le
 ne station de traitement des lixiviats construite pour diminuer les
U renouvellement annuel des bacs prévu par le contrat (110 de
concentrations en polluants chimiques et biologiques de 40 m3/j 360L et 50 de 660L) ne permet pas de faire face au problème.
de lixiviats (Voir tableau ci-après). Néanmoins cet équipement Néanmoins la société a récemment investi dans 100 nouveaux
demeurera insuffisant pour atteindre les normes de rejet. La bacs de 1 100L.
DCO en particulier pourra être diminuée de 50 à 60% seulement
alors qu’elle nécessiterait un abattement de 99% pour passer U
 n suivi-contrôle communal du service délégué de collecte sous
de sa valeur initiale, 60 000 mg/L, à une valeur inférieure à la tutelle : La procédure de pénalité ne peut être engagée que par
norme marocaine de rejet d’eaux usées dans le milieu naturel un représentant de l’autorité locale (caïdat ou préfecture).
évaluée à 500 mg/L.
U
 n suivi-contrôle de la décharge presque intégralement mené par
la Préfecture : La seule possibilité pour la Commune d’émettre
un avis sur la gestion déléguée de la décharge repose sur la
capacité de trois membres du Groupement de faire entendre ses
doléances lors des deux réunions annuelles de suivi.

34 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Caisson de 6 m3 à côté de Hay Massira Caisson de 15 m3 à côté de Hay Bradâa Caisson de 6 m3 à côté de Hay Massira

Des projets en cours


Avancement /
Description du projet Pilotage du projet Coût / Financement Échéance
Un avenant au contrat de gestion déléguée de la collecte Division de la gestion Document en cours de
et du nettoiement pour exiger du délégataire une déléguée de la Commune rédaction.
fréquence de balayage de 7j/7 les quartiers populaires urbaine de Mohammedia.
comme Hassania et Hay Nasser au lieu de 3j/7 voire
1j/7 dans certaines zones.
Plan directeur provincial qui comprend une étude • Maître d’ouvrage : Financé par le Ministère Phase diagnostic
diagnostic et un plan d’action pour la gestion des Préfecture. de l’Environnement achevée.
déchets à l’échelle de la Préfecture. • Maître d’œuvre : BET (PNDM).
Edic.
Une station de traitement des lixiviats sur le site de la •M  aître d’ouvrage : Investissements réalisés Phases test sur
décharge intercommunale. Cet équipement permettra de Préfecture de par Ecomed dans le échantillons effectuées,
traiter les lixiviats selon les étapes suivantes : Mohammedia et cadre de la convention travaux terminés, station
1) Traitement biologique par activation de l’activité Groupement de de gestion déléguée prête à être mise en
bactérienne aérobie dans des bassins d’aération. Communes. avec le Groupement de service.
• Maître d’œuvre : Communes.
2) Traitement physico-chimique par coagulation/ Ecomed Mohammedia.
floculation via l’ajout de deux réactifs.
3) Décantation et récupération des boues évacuées
ensuite vers des lits de séchage.
4) R églage du pH (ajout d’acide sulfurique) et oxydation
du surnageant issu de la décantation.
5) Filtration du surnageant dans des filtres à sable et
filtres à roseaux.
La station est dimensionnée pour traiter pendant
20 ans 40 m3 de lixiviats par jour avec les taux
d’abattement suivants :
- 50 à 60% de la DCO.
- 95% des matières en suspension (MES).
- 90% de la concentration en métaux lourds.
Les caractéristiques physico-chimiques des lixiviats
seront analysées au sein d’un laboratoire équipé, entre
autres d’appareil de mesure de la DCO, de l’ammonium Cuves de coagulation-floculation et Filtres à roseaux
NH4+, des nitrites, nitrates et phosphates. décantation

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 35


Ouarzazate :
Quelle action
publique locale ?
Depuis les années 80, le développement de la ville s’est effectué selon une dynamique d’extension linéaire suivant un axe Est-Ouest
à partir du noyau ancien (Kasbah de Taourirt), en parallèle de l’oued Ouarzazate. De ce développement urbain peu maîtrisé résulte
aujourd’hui un net compartimentage et éclatement du tissu urbain caractérisé par de nombreux espaces vides à l’intérieur de la ville.
En outre, le développement de quartiers d’habitat spontané sous équipé en infrastructures génère un tissu de structure désarticulé. La
ville compte désormais près de 70 000 habitants qui produisent en moyenne 50 tonnes de déchets ménagers et assimilés (ménages,
commerces, institutions) par jour. En été, la quantité de déchets produite quotidiennement peut atteindre 70 tonnes. Ces déchets et leur
dégradation (lixiviats, biogaz) sont source de nuisances importantes pour l’environnement et la santé publique. Selon la loi, leur gestion
relève des compétences de la Commune par la mise en place d’un service public. Quel service assure-t-elle et/ou peut-elle assurer
aujourd’hui ? Quelles en sont les limites et avancées majeures ? Comment peut-il évoluer ?

Que fait la Commune face au problème des déchets ?


Dans le cadre d’un contrat de gestion déléguée qui s’étend sur une durée de sept ans, la Commune urbaine de Ouarzazate
rémunère depuis 2009 la société SOS NDD pour la collecte des déchets ménagers et assimilés et leur transport jusqu’à un site
d’enfouissement situé sur la Commune de Tarmigte au Sud. Deux techniciens communaux du service de l’environnement sont
chargés d’effectuer un suivi-contrôle de la gestion du service au regard des obligations contractuelles du délégataire inscrites
dans le cahier des prescriptions spéciales (CPS). L’un d’eux effectue un contrôle visuel journalier des circuits de collecte tandis
que le second suit la pesée des véhicules de collecte au niveau d’un pont-bascule situé à l’entrée du site d’enfouissement. Un
Comité de suivi présidé par le Président de la Commune se réunit deux fois par an. Lors de ces réunions, le directeur d’exploitation
de la société SOS NDD présente un rapport d’activité semestriel à partir duquel est statuée la qualité du service délégué.

Jusqu’à la fin de l’année 2013, les déchets étaient déposés sans aucun traitement sur un site situé à proximité de la route
d’Agdz, dans la Commune de Tarmigte. Ce site est désormais en chantier et sera, à partir de 2015, exploité comme centre
d’enfouissement par une société privée rémunérée par la Commune de Ouarzazate, selon une convention de gestion déléguée.

Quel dispositif technique ?


Collecte / évacuation Dépôt / enfouissement

M  odes de collecte selon le tissu urbain : U  n terrain de 17 ha situé à 9 km du centre de la ville de


- Zones urbaines dont le bâti est séparé de voies larges : Bacs en Ouarzazate à proximité de la route de Zagora (N9).
plastique disposés sur les trottoirs et collectés 7j/7 par des  Dépôt des déchets au niveau d’une plate-forme temporaire
bennes tasseuses. (réaménagement du site en cours).
- Zones urbaines dont le bâti est séparé de voies étroites (Kasbah  Pont-bascule à l’entrée du site.
Taourirt, Aït Kdif) : Dans les ruelles, des débardeurs (3 par  Les véhicules de collecte de la société SOD NDD déversent
véhicule) collectent les déchets au porte-à-porte à l’aide de les déchets qui sont regroupés et tassés par la suite.
bacs et les transfèrent dans des bennes satellites ou bennes
tasseuses situées dans les grands axes (7j/7).

36 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Quel coût pour la Commune ? Part du budget communal de fonctionnement
affectée à la GDS
Le coût annuel de la gestion déléguée de la collecte des déchets ménagers
et de leur transport jusqu’au site de dépôt de Tarmigte atteint un montant de
près de 11 millions de dirhams (Mdh). Cette somme représente environ 21% Service de GDS en gestion
déléguée
du budget de fonctionnement de la Commune qui était de 52 Mdh en 2013.
S’ajoutent également les dépenses pour les prestations de nettoiement des rues Autres dépenses (personnel, eau,
électricité, …
et places publiques qui sont payées selon des forfaits 7j/7 et 6j/7.

Selon la convention de gestion déléguée, la société SOS NDD est payée à la tonne réelle de déchets collectés (595 dh/t).
Aujourd’hui, la Commune accumule des impayés du fait d’une sous-estimation du tonnage au moment du vote du budget. En
effet la quantité de déchets à collecter a été estimée à 40 t/j soit une différence de 10 t/j avec le tonnage réel. Le budget voté
pour la gestion déléguée de la collecte a donc été sous-estimé à 9 Mdh au lieu de 11 Mdh*. Ainsi, depuis 2009, en raison d’un
budget insuffisant, la Commune a accumulé plus de 10 Mdh d’impayés envers le délégataire, qui sont désormais résorbés par
des subventions du Ministère de l’Intérieur.

* selon le coût à la tonne figurant dans la convention.

Société délégataire Prestations Coût à la tonne Coût annuel


SOS NDD Collecte, nettoiement et transport au site de dépôt 595 dh/t 11 Mdh/an

Des projets en cours


Avancement /
Description du projet Pilotage du projet Coût / Financement Échéance
Réhabilitation de l’ancien dépôt et aménagement d’un • Maîtrise d’ouvrage : •C  oût total de 53 Réhabilitation de l’ancien
casier d’enfouissement étanche : MEMEE et Province de millions de dirhams. dépôt et aménagement
Réhabilitation : Ouarzazate (service de • Financé par le du casier finalisé par
l’environnement). Ministère de la société STAM en
1. Regroupement des déchets en un amas compact décembre 2014.
réduisant l'occupation du sol à une surface de 2 ha, • Maîtrise d’œuvre : l’Environnement
à l’aide de bulldozers. Société STAM. (MEMEE).
2. Couverture du tumulus par une membrane
synthétique étanche et une couche de terre
végétalisée.
3. Aménagement de drains pour la récupération des
lixiviats et de puits d’aération pour le biogaz.
Construction d’un site d’enfouissement :
1. Aménagement d’un casier d’enfouissement rendu
étanche par un revêtement plastique et découpé en
plusieurs alvéoles.
2. Aménagement de drains et de bassins de rétention
des lixiviats. Regroupement des déchets Vue d'ensemble du site en décembre 2013
Gestion déléguée du nouveau site d’enfouissement. La •A  ppel d’offre lancé Financé par les •P  résélection
société gestionnaire du site sera chargée de : par les Communes de Communes de des sociétés
- L’enfouissement des déchets collectés par SOS NDD Ouarzazate et Tarmigte Ouarzazate et Tarmigte soumissionnaires à
dans le nouveau casier d’enfouissement. sous la tutelle de la dans le cadre d’une l’appel d’offre prévue
Province (service de convention de gestion pour janvier 2013
- L’investissement pour l’aménagement d’un second l’environnement). déléguée. après une visite des
casier d’enfouissement. lieux.
• Le Comité de suivi
- L’investissement pour la construction d’un centre de la gestion du site • Un bureau d’étude se
de tri en aval visant à intégrer les trieurs et sera présidé par le chargera de définir
récupérateurs actuellement sur le site. Gouverneur. les modalités de
fonctionnement du
centre de tri.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 37


Rabat : Quelle action
publique locale ?
Depuis les années 70, l’espace urbain de Rabat n’a cessé de s’étendre vers le Sud au gré de projets d’aménagement planifiés
(Agdal, Hay Ryad) mais également d’une urbanisation non-réglementaire (Yacoub el Mansour, Youssoufia). Le développement de la
ville s’inscrit désormais dans des dynamiques métropolitaines à l’échelle de la deuxième agglomération la plus peuplée du pays
(1,9 million d’habitants) formée avec les villes voisines de Salé au Nord et Témara au Sud. À ce jour la ville de Rabat compte
près de 650 000 habitants qui produisent en moyenne de 600 à 700 tonnes par jour de déchets ménagers et assimilés (ménages,
commerces, institutions) dans un espace dont les formes urbaines varient entre des quartiers d’immeubles collectifs desservis par
des voies larges (Ex : Agdal, Océan), des zones de villas sur larges parcelles (Ex : Hay Ryad, Souissi) et des quartiers denses de
maisons économiques sur petites parcelles (Ex : G5 à Yacoub el Mansour, Douar Haja à Youssoufia). Selon la loi, la gestion des
déchets ménagers et assimilés relève des compétences de la Commune par la création d’un service public. Quel service assure-
t-elle aujourd’hui ? Quelles en sont les avancées et limites ? Comment peut-il évoluer ?

Que fait la Commune face au


problème des déchets ?
D’une part la Commune urbaine de
Rabat rémunère trois sociétés privées
pour la collecte des déchets ménagers
et assimilés et leur transport jusqu’à
un centre de transfert situé au niveau
de l’ancienne décharge d’Akreuch.
Les contrats de gestion déléguée ont
été établis en fonction du découpage
administratif des arrondissements. La
Commune paye une quatrième société pour
la collecte des déchets verts et gravats.
Le suivi-contrôle des activités de chaque
société délégataire est effectué à la fois
par le service des concessions de la
Wilaya (division des collectivités locales)
et le service de propreté de la Commune
(division technique). Seul le service de la
Wilaya peut exiger des délégataires le
paiement de pénalités.

Début / fin du
Société délégataire Déchets collectés Arrondissement(s) desservi(s) Tonnages annuels
contrat
Ozone Déchets ménagers et Hassan (ancienne médina, Oudayas, De 2013 à mars 2015 44 000 T/an
assimilés Hassan, Océan, les Orangers, (120 600 hab.)
Akkary)
Averda Déchets ménagers et Yacoub el Mansour (G5, Kamra, De 2013 à mars 2015 69 500 T/an
assimilés Douar Kora) (213 500 hab.)
Tecmed Déchets ménagers et Agdal-Ryad (Agdal, Hay Ryad, Al De 2008 à 2015 105 000 T/an
assimilés Irfane), Souissi et Youssoufia (Hay (300 600 hab.)
Nahda, Takaddoum)
Sita el Beida Déchets verts et gravats Tous les arrondissements De 2008 à 2015 120 000 T/an

38 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Gestion déléguée de la collecte :
Quel suivi-contrôle communal ?
Chaque service (Commune : 40 techniciens et Wi-
laya : 4 techniciens) effectue son propre contrôle
de terrain séparément en remplissant des fiches
et rapports journaliers au regard des diverses
clauses contractuelles des CPS relatives aux obli-
gations des délégataires (fréquence de balayage,
nombre et état des bacs de collecte, …). Néan-
moins le service de la Wilaya constitue l’unique
interlocuteur des délégataires. En effet le service
communal communique ses rapports d’observa-
tions et procès-verbaux au service de la Wilaya
qui décide ensuite de l’exécution du suivi-contrôle
(le sien et celui de la Commune) auprès des dé-
légataires. Le service communal n’a pas de lien
direct avec les sociétés délégataires.

D’autre part, la Commune de Rabat paye depuis 2007 la société Teodem, filiale du groupe français Pizzorno environnement, pour
le transport des déchets depuis le centre de transfert d’Akreuch vers une décharge intercommunale ainsi que l’exploitation de
cette dernière. Elle est située sur la commune rurale d’Oum Azza et reçoit également les déchets de 12 autres Communes dont
Salé et Témara, qui ont chacune signé une convention de gestion déléguée pour une durée de 20 ans. Un suivi-contrôle des
prestations est effectué par un service constitué de fonctionnaires communaux (service permanent de contrôle, SPC) qui rend
compte à la Wilaya de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, précisément au Wali en personne. La convention de gestion déléguée prévoyait
la constitution d’une autorité délégante représentant les 13 communes signataires. Elle est finalement très peu représentative
et ne dispose pas de pouvoir de décision. D’autre part les documents de suivi tels que les analyses des lixiviats ou celles des
eaux superficielles et souterraines à proximité sont réalisés par le laboratoire public LPEE aux frais du délégataire.

Les organes de suivi-contrôle prévus par la convention de gestion déléguée de la décharge intercommunale :
 L e service permanent de contrôle : Il est composé des responsables des services GDS des Communes de Rabat, Salé et Témara ainsi
que d’un fonctionnaire de la préfecture de Témara. Cette équipe se déplace une fois tous les 10 jours sur le site de décharge afin
d’effectuer un contrôle visuel (lixiviats, casier, chantiers en cours) et réceptionner les documents de suivi (analyses des lixiviats et
des eaux superficielles et souterraines, appels d’offres) réalisés ou commandités par le délégataire lui-même.
 L e comité de suivi : Présidé par le Wali et composé de représentants de l’autorité locale (3 Gouverneurs + Ministère de l’Intérieur),
des villes de Rabat, Salé et Témara et de la société délégataire, il exécute le suivi-contrôle en approuvant notamment les plans
d’investissement, les avenants au CPS et le suivi des projets de valorisation. Ce comité se réunit plusieurs fois par an.
 L ’autorité délégante : Un conseil constitué par les Présidents des Conseils communaux de Rabat, Salé, Témara et Oum Azza. Il a été
décidé que la commune de Témara représente les 9 autres communes rurales. Cette instance créée en 2009 dispose d’un local où sont
organisées des réunions avec le service permanent de contrôle, présidées par le Gouverneur ou le Secrétaire général de la Préfecture
de Témara. Financée par le délégataire (1% de son chiffre d’affaires), elle ne dispose pas du pouvoir d’approbation ou d’exécution du
suivi-contrôle.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 39


Quel dispositif technique ?
Collecte / évacuation Enfouissement et traitement

M  odes de collecte selon le tissu urbain :  Enfouissement des déchets ménagers :


- Zones urbaines dont le bâti est séparé de voies larges (Ex : - Les déchets sont déversés puis tassés dans des alvéoles
Souissi, Agdal, Hay Ryad, Hassan) : Bacs en plastique isolées du sol par des géomembranes bentonitiques
(240L, 360L, 660L, 770L) ou métalliques (1100L) disposés (perméabilité de 10-11) et un massif drainant (grès).
sur les trottoirs et collectés la nuit (7j/7) par des bennes - Au total 700 000 tonnes de déchets sont enfouies chaque
tasseuses. année.
- Zones urbaines denses dont le bâti est séparé de voies  Lixiviats :
étroites (Ex : ancienne médina, Douar Lhaja, Douar
Doum) : Collecte au porte-à-porte et débardage vers des - Production de 480 m3/j.
bennes satellites dans les grands axes (3 employés par -C  ollecte gravitaire (canalisations PEHD) et traitement
véhicules). par osmose inverse => le perméat (55%) est rejeté dans
- Z ones urbaines sans infrastructure routière (Ex : Douar Garaa, une retenue naturelle à proximité et le concentrat (45%)
Douar Kora, zones de Youssoufia) : Caissons métalliques de 5 est stocké dans des bassins de rétention.
à 20 m3 disposés en bordure de quartier et collectés certains  Plate-forme de tri des déchets ménagers en aval (400
jours de la semaine par des camions multibennes. tonnes/jour) :
C  ircuits de repasses en journée dans les grands axes, les - Un convoyeur à chaîne et un tromel pour le tri grossier
zones commerciales et les zones d’habitat dense (jusqu’à 5 de la matière organique.
passages par jour). - Tri manuel des matériaux recyclables (métaux et plastiques
 T ransport hors de la ville : essentiellement) sur deux tapis roulant.
- Chaque société de collecte transporte les déchets au - Une aire de stockage (en tas dans des compartiments).
centre de transfert d’Akreuch géré par Teodem et qui  Les déchets verts sont stockés séparément en andain puis
reçoit également les déchets de Salé. broyés en copeaux afin d’être revendus ensuite au groupe
- Les déchets sont ensuite transférés dans les camions 33T Suisse Elephant vert pour la production de fertilisants
de Teodem qui les transportent à la décharge d’Oum Azza d’origine organique (actuellement phase test).
(terrain de 100 ha à 13 km d’Akreuch).

Quel coût pour la Commune ?


À ce jour, le coût annuel global de la gestion des déchets solides de Rabat, Part du budget communal de fonctionnement
comprenant les services délégués de pré-collecte, collecte (déchets ménagers affectée à la GDS
et déchets verts et gravats), transport et mise en décharge, s’élève à près 163
millions de dirhams (Mdh). En 2014, ce montant représentait 19% de l’ensemble
des recettes de fonctionnement issus du recouvrement des taxes et redevances Service de GDS en gestion
locales effectué en 2013 (870 Mdh). La gestion déléguée des déchets constitue déléguée
ainsi la deuxième dépense de la Commune après le paiement du personnel (435 Autres dépenses (personnel, eau,
électricité, …
Mdh) et avant les dépenses relatives à la consommation d’électricité et d’eau
(56 Mdh), y compris l’éclairage public.

En 2013, d’importants retards de paiement s’étaient accumulés. Ainsi, pour le seul contrat intercommunal relatif à la gestion
de la décharge, dont la Commune urbaine de Rabat est le principal contributeur, les arriérés de paiement avaient atteint un
montant de 54 millions de dirhams. Concernant le contrat relatif à l’évacuation des gravats et déchets verts signé avec la
société Sita el Beida, les impayés s’élevaient à 40 millions de dirhams.

Société délégataire Prestations Coût à la tonne Coût annuel


Ozone Collecte des déchets ménagers et nettoiement de 840 dh/tonne 37 Mdh/an
l’arrondissement Hassan
Averda Collecte des déchets ménagers et nettoiement de 440 dh/tonne 31 Mdh/an
l’arrondissement Yacoub el Mansour
Tecmed Collecte des déchets ménagers et nettoiement des 450 dh/tonne 55 Mdh/an
arrondissements Agdal-Ryad, Youssoufia et Souissi
Sita el Beida Collecte des déchets verts (DV) et gravats (G) de DV : 175 dh/t 23 Mdh/an
l’ensemble de la ville G : 135 dh/t
Teodem Transport des déchets et exploitation du site 72 dh/tonne 17 Mdh/an
d’enfouissement d’Oum Azza
Coût total annuel de la gestion déléguée des déchets 163 Mdh/an
Répartition du coût de la gestion déléguée par société délégataire.

40 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Quelle efficacité du service public ?

Des avancées visibles Des limites notoires

U
 n service de collecte qui dessert l’ensemble du périmètre urbain U
 ne gestion déléguée très chère en comparaison avec les
mais encore de manière inégale. capacités financières de la Commune qui, en raison de dépenses
de fonctionnement lourdes comme celles de la gestion déléguée
 L e site d’enfouissement intercommunal est aménagé de façon à des déchets, ne peut effectuer quelconque investissement dans
garantir une protection du sol contre les risques d’infiltration des d’autres domaines de la gestion de la ville.
lixiviats. Néanmoins le drainage de ces derniers demeure très
compliqué en raison d’une épaisseur importante de déchets et U
 n service communal de suivi-contrôle de la collecte soumis à
d’une faible transmissivité verticale. l’aval du service de la Wilaya. La Commune, bien qu’elle paye
les délégataires de la collecte, n’a pas la possibilité d’exécuter
 ne fois collectés les lixiviats de la décharge sont traités par
U de décisions provenant du suivi-contrôle de leurs activités au
osmose inverse. Ce procédé permet d’obtenir un «perméat» regard des CPS. Dans les faits, seul le service de la Wilaya
purifié et répondant aux normes de rejet dans l’environnement. dispose de cette compétence sur la base d’observations faites
Cependant, à l’issu de ce traitement 45% des lixiviats sont par des techniciens de la Commune, ce qui trouble la relation
toujours stockés dans des bassins sous forme de «concentrat» délégant-délégataire.
non traité par la suite.
U
 n service minimum de collecte dans certaines zones peu
 P rise en compte des récupérateurs de l’ancienne décharge accessibles comme certains quartiers de Youssoufia où Tecmed
d’Akreuch : Sous l’impulsion des Communes et du Ministère se contente de disposer quelques caissons métalliques de
de l’Intérieur, la société Teodem a fait appel à une ONG grande capacité en bordure des quartiers.
pour le recensement et l’encadrement des trieurs d’Akreuch,
aboutissant en 2010 à la création d’une coopérative nommée D
 es points de regroupement qui se transforment régulièrement en
Attawafouk. Cette dernière exploite une plate-forme de tri dépotoirs urbains, en raison de plusieurs facteurs : Un nombre
gérée par Teodem et revend les matières triées (plastiques, insuffisant de bacs disposés par les sociétés, des trieurs-
métaux et verre) à des grossistes de Rabat et Casablanca. Des récupérateurs obligés de renverser les bacs pour exercer leur
interrogations subsistent : activité, des riverains habitués à laisser leurs déchets au sol.
- L es conditions de travail des trieurs sont-elles significati-
vement améliorées ? Les équipements de protection restent D
 es bacs à durée de vie limitée. La société Tecmed affiche un taux
sommaires pour le tri de déchets mélangés (ménagers, de perte annuel de 35% (casse, vol, incendie). Depuis février
hospitaliers et autres). De même les adhérents gagnent 2014 elle a investi pour le déploiement de 1 000 bacs de 1
moins (2 500 dh/mois) que sur l’ancienne décharge en 100 litres en métal galvanisé. Plus robustes et moins faciles à
contrepartie d’acquis sociaux (CNSS) plutôt limités. déplacer, ceux-ci sont néanmoins cinq fois plus chers (5 000 dh)
- Les trieurs peuvent-ils être impliqués comme des acteurs à qu’un bac en plastique de même capacité (1 000 dh).
part entière ? Le fonctionnement de la coopérative dépend
largement des choix stratégiques de Teodem qui dispose U
 n contrôle communal de la décharge limité et vain : Le service
d’un droit d’achat prioritaire sur les matières triées. permanent de contrôle prévu par la convention n’est finalement
constitué que de trois personnes (au lieu de 16) dont l’exercice
U
 ne prise en compte de la récupération en amont à travers la est soumis à l’aval de la Wilaya, qui, de surcroît, exécute très
création récente d’une coopérative de trieurs dans le cadre du peu le contrôle communal (34 Mdh de pénalités non exécutées
projet GODEM. Cependant la coopérative ne dispose toujours depuis le début du contrat). Ainsi la Commune de Rabat et les
pas de terrain pour exercer ses activités. douze autres signataires de la convention payent la société
délégataire sans vraiment disposer du droit de contrôle sur
l’exécution des prestations prévues dans le contrat.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 41


Des projets en cours
Description du projet Pilotage du projet Coût / Financement Avancement Echéance
Renouvellement des contrats de gestion déléguée de CU de Rabat et Wilaya •D  ébut de la procédure
la collecte et du nettoiement. Lancement de nouveaux RSZZ d’appel d’offre en
appels d’offre à destination de sociétés privées pour janvier 2015.
l’exécution de ces prestations. • Début de l’exploitation
en mars 2015.
Gestion déléguée de la précollecte : Investissement Commune urbaine de • Coût : 29 Mdh/an. Marché adjudiqué à
et entretien des conteneurs. Le contrat comprend Rabat (commission • Financé par la CU. Plastic Omnium en
l’aménagement de bacs enterrés ainsi que l’équipement d’adjudication). novembre 2014 pour une
des bacs en puces électroniques afin d’informatiser durée de 7 ans.
leur gestion par un logiciel SIG (Mapinfo).
Schéma directeur d’assainissement solide comprenant Wilaya RSZZ (service de Financé par le MEMEE BET choisi, fonds du
un diagnostic général du service de collecte et un audit l’environnement). (2 Mdh). MEMEE pas encore
interne de la gestion de la décharge. débloqués.
Création d’une coopérative de 70 récupérateurs de rue • Région Bruxelles- •C  oût d’investissement : • Autorisation de
nommée Annajah (projet GODEM) pour la récupération, capitale. 3,5 Mdh. l’ODCO en mai 2014
le tri et le recyclage des déchets assimilés : • Partenaires : Région • Coût de fonctionnement (actuellement 30
-U  n tri au niveau des bureaux, commerces, RSZZ et CU Rabat. sur une année : 0,9 adhérents).
établissements scolaires, hôpitaux, hôtels, cafés, Mdh. • Pas encore de terrain
restaurants et PME selon trois fractions : plastiques/ • Financement : fonds disponible pour l’éco-
métaux, papiers/cartons et DEEE. UE et partenaires. centre.
-C  ollecte à l’aide de tricycles et transport jusque des
points de regroupement (trois au total).
- T ransfert dans des petits camions pick-up et
transport jusqu’à un eco-centre.
-E  co-centre = site de tri complémentaire,
transformation (broyage, compactage, démantèlement)
et stockage.
Construction d’une deuxième ligne de tri sur le site de la Convention de gestion •C  oût d’investissement : Travaux pas encore
décharge d’Oum Azza. Celle-ci permettrait d’augmenter déléguée de la 6 Mdh. débutés.
la capacité de tri de la coopérative Attawafouk qui décharge : • Investissement prévu
passerait ainsi de 400 tonnes/jour à 1 000 tonnes/jour. • Maître d’ouvrage : par la convention de
Wilaya et CU. gestion déléguée.
• Maître d’œuvre :
Teodem.
Projets MDP pour le traitement du biogaz : Deux conventions : •P  rojets approuvés par
- Captage et torchage du biogaz issu de l’ancienne • Convention entre le le Conseil exécutif
décharge d’Akreuch. FEC et la Banque MDP depuis 2012
- Captage du biogaz issu des casiers d’enfouissement Mondiale • Appels d’offre lancés
de la décharge d’Oum Azza et production d’électricité. • Convention entre par Teodem pour la
le FEC, l’autorité réalisation des travaux
délégante et Teodem. et l’achat du matériel
pour le projet à Oum
Azza.
Projet de recherche pour le traitement des lixiviats. •M
 aître d’ouvrage : Signature fin 2014
Réponse à l’appel à projet de recherche scientifique MEMEE avec la CU et d’une convention de
lancé par le Ministère de l’Environnement dans Teodem partenariat entre
le but d’ : •M
 aître d’oeuvre : ENIM le Ministère de
- Améliorer les performances de l’osmose inverse. l’Environnement, l’ENIM,
-É tudier le potentiel d’élimination du concentrat par la Commune et Teodem.
évaporation forcée.
Traitement séparé des déchets verts transportés à la Convention de gestion Investissement effectué •A  ctuellement en phase
décharge : Stockage en andain puis broyage afin de déléguée de la par Teodem. test.
les revendre au groupe Suisse Elephant vert pour la décharge : • Convention
production de fertilisants d’origine organique. • Maître d’ouvrage : commerciale Teodem-
Wilaya et CU Elephant vert en
• Maître d’œuvre : préparation.
Teodem
Incinération des déchets de la décharge à fort pouvoir •M  aître d’œuvre : Investissement de Phase pilote.
calorifique (RDF) comme combustibles de substitution Groupe Pizzorno et Lafarge Maroc :
par les cimentiers Lafarge Maroc et Asment Témara cimentiers. 120 Mdh.
dans le cadre d’un partenariat entre le groupe Pizzorno • Maître d’ouvrage :
et les deux producteurs de ciment. Wilaya RSZZ.

42 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Salé : Quelle action
publique locale ?
À ce jour, la ville de Salé qui compte près de 900 000 habitants produit en moyenne 630 tonnes de déchets ménagers et
assimilés (ménages, commerces, déchets industriels banals) par jour. Depuis les années 70, la ville s’est étendue de manière
constante principalement au gré d’une urbanisation non-réglementaire dont résultent aujourd’hui des quartiers comme Hay
Qarria à Hssain, Hay Inbiat à Tabriquet-Nord, Sidi Moussa à Bab Lamrissa et El Oued à Layayda. Dans ces zones denses où
vivent plus de la moitié des slaouis, la collecte des déchets représente un défi de taille. Selon la loi, la gestion des déchets
ménagers et assimilés relève des compétences de la Commune par la mise en place d’un service public. Quel service assure-
t-elle aujourd’hui ? Quelles en sont les limites et avancées majeures ? Comment peut-il évoluer ?

Que fait la Commune face au problème des déchets ?


D’une part, la commune urbaine de Salé rémunère trois sociétés pour la collecte des déchets ménagers et déchets verts dans le
cadre de conventions de gestion déléguée établies selon le découpage administratif des arrondissements. Au sein de la division
des concessions de la commune un service est chargé du contrôle de l’exécution des prestations déléguées. Il est composé de
10 techniciens contrôleurs avec un «chef de bureau» pour chaque contrat.

Gestion déléguée
de la collecte :
Quel suivi-contrôle ?
Chaque jour un contrôle de terrain
matinal est effectué au niveau des
circuits de collecte à l’issu duquel sont
remplis des canevas de réclamations.
Ces derniers sont validés par des
«chefs de bureau» et adressés
aux responsables d’exploitation des
sociétés délégataires qui disposent d’un
délai de 24h pour exécuter les requêtes
des contrôleurs. Ceux-ci effectuent
une vérification en fin de journée et
engagent une procédure de pénalité
en cas de non-exécution. Le chef de la
division des services concédés rédige
alors un PV de pénalité qu’il fait valider
par le Président du Conseil communal.
Chaque société reçoit en moyenne une
pénalité par mois dont le montant
varie entre 3 000 et 10 000 dh selon
l’anomalie ou le manquement constaté
(point noirs, fuites de lixiviats, secteur
non balayé, …).

Indépendamment du service communal,


les autorités locales effectuent en pa-
rallèle leur propre contrôle. Sous l’égide
du Gouverneur, les chefs de district et
les Caïds organisent des réunions heb-
domadaires avec les responsables des
sociétés délégataires pour superviser
leur activité.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 43


Arrondissement(s) Société délégataire Début du contrat Durée du contrat
Tabriquet et Layayda S.O.S 2008 7 ans
Bab Lamrissa Tecmed 2010 7 ans
Bettana et Hssaine Ozone 2012 7 ans
Contrats de gestion déléguée de la collecte.

Les appels d’offres ont été lancés par la commune avec l’aval des services du ministère de l’intérieur qui suivent et contrôlent
l’ensemble de la procédure de passation de marché public. Ils approuvent particulièrement le cahier des prescriptions
spéciales (CPS) dans lequel figurent les obligations du délégant et du délégataire au regard de la convention. De même la
préfecture suit de près la mise en œuvre de la gestion déléguée à la fois en pilotant un contrôle de terrain en parallèle de
celui de la commune puis en faisant partie d’un comité de suivi qui se réunit chaque trimestre. Par ailleurs la collecte des
déchets inertes issus des activités de construction et de démolition (gravats) demeure à la charge du service communal avec
ses propres moyens (régie directe).

D’autre part, la commune de Salé paye depuis 2007 la société Teodem, filiale du groupe français Pizzorno environnement, pour
le transport des déchets depuis le centre de transfert d’Akreuch vers une décharge intercommunale ainsi que l’exploitation de
cette dernière. Elle est située sur la commune rurale d’Oum Azza et reçoit également les déchets de 12 autres communes dont
Rabat et Témara, qui ont chacune signé une convention de gestion déléguée pour une durée de 20 ans. Un suivi-contrôle des
prestations est effectué par un service constitué de fonctionnaires communaux (service permanent de contrôle, SPC) qui rend
compte de l’état de la décharge à la wilaya de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, voire au wali en personne. Selon la convention une
autorité délégante représentant les 13 communes signataires a été créée mais elle ne dispose pas de pouvoir de décision. En
outre les documents de suivi tels que les analyses des lixiviats ou celles des eaux superficielles et souterraines à proximité
sont réalisés par le laboratoire public LPEE aux frais du délégataire.

Gestion déléguée
de la décharge

Les organes de suivi-contrôle prévus par la convention de gestion déléguée de la décharge :

 L e service permanent de contrôle : Il est composé des responsables des services GDS des communes de Rabat, Salé et Témara ainsi que
d’un fonctionnaire de la préfecture de Témara. Cette équipe se déplace une fois tous les 10 jours sur le site de décharge afin d’effectuer
un contrôle visuel (lixiviats, casier, chantiers en cours) et réceptionner les documents de suivi (Analyses des lixiviats, analyses des
eaux superficielles et souterraines, appels d’offres) réalisés ou commandités par le délégataire lui-même.

 L e comité de suivi : Présidé par le wali et composé de représentants de l’autorité locale (3 gouverneurs + ministère de l’intérieur),
des villes de Rabat, Salé et Témara et de la société délégataire, il exécute le suivi-contrôle en approuvant notamment les plans
d’investissement, les avenants au CPS et le suivi des projets de valorisation. Ce comité se réunit plusieurs fois par an.

 L ’autorité délégante : Un conseil constitué par les présidents des conseils communaux de Rabat, Salé, Témara et Oum Azza .Il a été
décidé que la commune de Témara représente les 9 autres communes rurales. Cette instance créée en 2009 dispose d’un local où sont
organisées des réunions avec le service permanent de contrôle, présidées par le gouverneur ou le secrétaire général de la préfecture
de Témara. Financée par le délégataire (1% de son chiffre d’affaire), elle ne dispose pas du pouvoir d’approbation ou d’exécution du
suivi-contrôle.

44 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Collecte / évacuation

Exemples de % pop. Modes de collecte des déchets


Typologie d’habitat & de forme urbaine
quartiers urbaine solides
Ancienne médina (Bab • T issu continu ancien et dense. 3% •P  orte-à-porte avec bennes
Lamrissa) • Maisons marocaines satellites de 1,5 m3 et
traditionnelles R+2 à R+3 débardeurs dans les ruelles
mitoyennes. puis transfert dans des bennes
• Réseau viaire principalement nourrices de 18 m3.
constitué de voies étroites et • Bacs métalliques (1 100L)
incurvées de 2 à 3 m de large. disposés sur les grands axes
autour (points de regroupement)
et collectés 7j/7 par des bennes
tasseuses.
Quartiers denses issus •M  aisons économiques 51% • Porte-à-porte avec bennes
d’une urbanisation non- « modernes » R+2 à R+5 satellites de 3 à 4,5 m3 et
réglementaire : construites en bande très débardeurs dans les ruelles
•E  l Oued (Layayda) resserrées sur des parcelles de puis transfert dans des bennes
•H  ay Al Inbi’at 50 à 100 m² aussi larges que nourrices de 18 m3 : Déchets
(Tabriquet) longues. déposés devant les portes ou en
•H  ay Qarria (Hssain) • Réseau viaire orthogonal tas au milieu de la rue.
• S idi Moussa (Bab composé de voies étroites de • Bacs en plastique (360L et 660L)
Lamrissa) 2 à 3 m de large et de voies et métalliques (1 100L) disposés
principales de 5 à 7 m. sur les grands axes autour (points
• Très peu d’interstices non de regroupement) et collectés 7j/7
bâtis à l’exception des souks par des bennes tasseuses.
tels souk Sidi Moussa ou souk • Caissons métalliques de 5 m3 à 20
Khemiss. m3 disposés à proximité des souks
et collectés par des camions
multibennes ou Ampliroll.
Lotissements planifiés, • Îlots de bâti espacés de voies 23% •B  acs en plastique (360L et
mixtes et aérés : larges, jardins, espaces de 660L) ou métalliques (1 100L)
•H
 ay Chemaaou (Bab parkings et petites places. disposés sur la voie publique
Lamrissa). • Mixte de maisons économiques (points de regroupement) et
•H
 ay Errahma «modernes» R+2 à R+5 et collectés chaque jour par des
(Tabriquet). d’immeubles /résidences R+4/R+5. bennes tasseuses.
•H
 ay Moulay Ismail • Certains quartiers sont largement • Porte-à-porte avec des bennes
(Bettana). dominés par les maisons (Ex : satellites de 3 à 4,5 m3 et
•P
 épinière (Tabriquet). Hay Moulay Ismail). des débardeurs dans certains
• Certains lotissements tels lotissements aux rues internes
Errahma et Moulay Ismail étroites.
sont issus du relogement de
bidonvillois.
Résidences fermées et •E  nsembles d’îlots formés par des 11% • Bacs en plastique (360L et 660L)
gardées : immeubles R+4 à R+5 refermés gardés et entretenus par les
•R
 ésidences de Said sur des places et jardins syndicats de copropriété et collectés
Hajji (Bab Lamrissa). intérieurs et espacés de voies chaque jour par les bennes tasseuses
•R
 ésidences de Salé larges. des sociétés délégataires.
el Jadida (Hssain). • Localisation : Entre la route de • Les gardiens d’immeubles se
Kénitra et le littoral vers le Nord chargent de sortir les bacs aux
(Hay Said Hajji) puis au niveau horaires de passage des véhicules de
de Salé el Jadida au Sud-Est. collecte.
Grands ensembles • Immeubles R+2 à R+4 en N.R. •B  acs en plastique (360L
collectifs : forme de barres et de plots et 660L) disposés sur la
• S afae 5 (Layayda). alignés de façon orthogonale et voie publique (points de
•H  ay Najah (Bab espacés de voies larges. regroupement) et collectés
Lamrissa). • Immeubles non gardés situés 1 jour sur 2 par des bennes
•A  ddoha Abouab Sala aux extrémités Nord -Ouest tasseuses.
(Layayda). (Hay Najah, Abouab Sala) et • Nombre limité de bacs disposés
Nord-Est (Safae 5) de la ville. aux extrémités des quartiers.
• Les ensembles Safae 5 et
Hay Najah sont destinés au
relogement d’habitants de
bidonvilles résorbés.
Quartiers •P  oches enserrées dans le tissu N.R. •C  aissons métalliques de 20
de «brareks» : urbain. m3 disposés en bordure des
• Sehb el Caïd • Petites maisons basses et quartiers et collectés 2 fois
(Bettana). mitoyennes, construites avec par semaine par un camion
• Ras el Mae des matériaux de récupération Ampliroll.
(Tabriquet). (tôles, bois, bâches plastique) • Pas de collecte à l’intérieur des
reposant sur des murs d’agglos quartiers.
ou de briques.
• Réseau viaire interne constitué
de ruelles étroites non bitumées.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 45


Quel dispositif technique ?
Transport, enfouissement et traitement

 Transport :
- Chaque société de collecte transfère les déchets dans des
bennes nourrices de 18 m3 puis les transporte au centre de
transfert d’Akreuch à 25 km de Salé-Bab Lamrissa, géré
par Teodem et qui reçoit également les déchets de Rabat.
- Les déchets sont ensuite transférés dans les camions 33T
de Teodem qui les transportent à la décharge d’Oum Azza
(un terrain de 100 ha situé à 23 km).
 Enfouissement des déchets dans des alvéoles isolées du sol
par des géomembranes bentonitiques (perméabilité de 10-11)
et un massif drainant (grès).
Casier d'enfouissement Aire de stockage
 Lixiviats : des matières triées
- Production de 480 m3/j.
- Collecte gravitaire (canalisations PEHD) et traitement par
osmose inverse => le perméat est rejeté dans un oued à
proximité et le concentrat est stocké dans des bassins de
rétention.
 Plate-forme de tri des déchets en aval (400 tonnes/jour) :
- Un convoyeur à chaîne et un tromel pour le tri grossier de
la matière organique.
- Tri des matières recyclables (métaux et plastiques
essentiellement) sur deux tapis roulant.
- Une aire de stockage (en tas dans des compartiments). Bassin de rétention du concentrat issu de l'osmose inverse

Quel coût pour la Commune ?


En 2014, le montant total annuel que paye la commune pour la gestion déléguée Part du budget communal de fonctionnement
du nettoiement des rues et places publiques puis de la collecte, du transport et affectée à la GDS
de la mise en décharge des déchets ménagers et assimilés s’élève à 120 millions
de dirhams (Mdh). Cela représente près de 24% du budget total de fonctionnement
de la commune (500 Mdh) issu du recouvrement des taxes et redevances locales
Service de GDS en gestion
(TVA=50%, recettes transférées=30%, recettes propres=20%). La gestion déléguée déléguée
des déchets solides constitue l’une des plus importantes dépenses de fonctionnement Autres dépenses (personnel, eau,
de la Commune après le paiement du personnel. Selon une moyenne pluriannuelle, électricité, …
le recouvrement des recettes communales propres (Ex : taxes sur les débits de
boissons et les terrains non-bâtis) ne dépasse pas 60%.

Contrat de gestion déléguée Mode de paiement du délégataire Coût annuel


Ozone Forfait annuel 36 Mdh
Tecmed À la tonne «réelle» 15 Mdh
S.O.S À la tonne «réelle» 25 Mdh
Teodem À la tonne «réelle» 44 Mdh
Total 120 Mdh
Répartition du coût annuel de la gestion déléguée

46 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Quelle efficacité du service public ?

Quelles limites majeures ? Quelles avancées visibles ?

U
 ne collecte peu conforme à la notion de salubrité publique dans U
 n service de collecte qui dessert l’ensemble du périmètre urbain
certains quartiers denses comme Sidi Moussa (Bab Lamrissa) mais de manière encore inégale.
et El Oued (Layayda) où les sociétés y collectent les déchets
rassemblés en tas au milieu des rues. U
 n suivi-contrôle assidu de la gestion déléguée de la collecte à
travers l’application quotidienne d’une procédure admise par
U
 n service minimum de collecte dans les quartiers de «brareks» les deux parties
et les quartiers nouvellement planifiés. Le quartier Sehb el Caïd
est uniquement desservi par un caisson métallique de 20 m3 D
 e nombreuses campagnes de ramassage sont organisées par
collecté deux fois par semaine. Le quartier Doha Abouab Sala des associations de quartier en collaboration avec les sociétés
est quant à lui desservi par des bacs en quantité insuffisante délégataires qui mettent à leur disposition du matériel et de
et collectés un jour sur deux. la main d’œuvre.

D
 es bacs à durée de vie limitée. À Layayda, la société  L a décharge intercommunale est aménagée de façon à garantir
S.O.S observait un taux de perte de 70% après trois mois une protection du sol contre les risques d’infiltration des lixiviats.
d’exploitation. La société Ozone quant à elle doit remplacer Néanmoins le drainage de ces derniers demeure très compliqué
près de 150 bacs chaque mois. Face à ce problème, Tecmed a en raison d’une épaisseur importante de déchets et d’une faible
investi dans des bacs métalliques (7 fois plus chers). transmissivité verticale.

D
 es points de regroupement qui se transforment régulièrement  ne fois collectés, les lixiviats de la décharge sont traités par
U
en dépotoirs urbains, en raison soit d’un nombre insuffisant de osmose inverse. Ce procédé permet d’obtenir un «perméat»
bacs, soit de trieurs qui renversent les bacs, soit des riverains purifié et répondant aux normes de rejet dans l’environnement.
qui ont l’habitude de laisser les déchets au sol. Cependant, à l’issu de ce traitement 50% des lixiviats sont
toujours stockés dans des bassins sous forme de «concentrat»
 ne gestion déléguée très chère en comparaison avec les
U non traité par la suite.
capacités financières de la Commune. En 2013, près de 200
Mdh restaient à recouvrer, soit près de 40% des recettes  P rise en compte des récupérateurs de l’ancienne décharge
réalisées en fin d’exercice. d’Akreuch : Sous l’impulsion des Communes et du Ministère
de l’Intérieur, la société Teodem a fait appel à une ONG
 L e futur centre de transfert trop éloigné : Sa localisation à 20 pour le recensement et l’encadrement des trieurs d’Akreuch,
km de Salé-Bab Lamrissa (à proximité d’Akreuch) ne permettra aboutissant en 2010 à la création d’une coopérative nommée
pas de réduire sensiblement les coûts et d’améliorer la qualité Attawafouk. Cette dernière exploite une plate-forme de tri
de la collecte. Seul avantage : Un temps de transfert plus court gérée par Teodem et revend les matières triées (plastiques,
en comparaison avec l’actuel centre qui reçoit à la fois les métaux et verre) à des grossistes de Rabat et Casablanca. Des
déchets de Salé et de Rabat. interrogations subsistent :
- L es conditions de travail des trieurs sont-elles significati-
U
 n contrôle communal de la décharge limité et vain : Le service vement améliorées ? Les équipements de protection restent
permanent de contrôle prévu par la convention n’est finalement sommaires pour le tri de déchets mélangés (ménagers,
constitué que de trois personnes (au lieu de 16) dont l’exercice hospitaliers et autres). De même les adhérents gagnent
est soumis à l’aval de la Wilaya, qui, de surcroît, exécute très moins (2 500 dh/mois) que sur l’ancienne décharge en
peu le contrôle communal (34 Mdh de pénalités non exécutées contrepartie d’acquis sociaux (CNSS) plutôt limités.
depuis le début du contrat). Ainsi, la Commune de Salé et les
douze autres signataires de la convention payent la société - L es trieurs peuvent-ils être impliqués comme des acteurs à
délégataire sans vraiment disposer du droit de contrôle sur part entière ? Le fonctionnement de la coopérative Attawa-
l’exécution des prestations prévues dans le contrat. fouk dépend largement des choix stratégiques de la société
Teodem ce qui peut nuire à son équilibre économique.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 47


Formel/informel : Quelles perspectives d’évolution du service communal ?

Une coopérative de récupérateurs de rue en gestation :


En 2012 a été autorisée la création d’une coopérative régionale de trieurs et récupérateurs de rue à l’initiative d’un intermédiaire et
d’un membre de l’association AMDL (Association Marocaine pour le Développement Local). Selon ses instigateurs, le projet de coopérative
répond à trois objectifs principaux :
- Objectif 1 : Stabiliser un stock de matières triées de qualité en réunissant les fournisseurs (récupérateurs).
- Objectif 2 : Obtenir la garantie d’une activité tolérée de la part des autorités locales.
- Objectif 3 : Assurer un rôle social par la déclaration des travailleurs à la CNSS, l’appui à la demande du RAMED, l’aide à la formation des
jeunes (OFPPT), la cotisation à une assurance pour tous les adhérents, la mise en place de caisses communes (naissances, funérailles,
mariages).

Aujourd’hui, le bureau de la coopérative est constitué de sept personnes et le nombre de récupérateurs adhérents varie entre 50 et 150.
Encore non déclarés pour la plupart, ils acheminent les déchets vers un local de stockage. À ce jour, leur contribution en tant qu’adhérents
à la coopérative se traduit par un prélèvement de 2 dh par jour (revenu minimum journalier d’un récupérateur = 60 à 80 dh/jour) pour le
paiement d’une assurance.

Les représentants actuels de la coopérative souhaitent désormais acquérir un terrain pour y aménager une unité de transformation des
matières triées, particulièrement pour le broyage du plastique. Des salariés de la coopérative se chargeront alors du tri complémentaire
des déchets, des opérations de transformation et de la gestion des stocks.

Depuis juillet 2014, une convention a été établie et signée entre la Commune urbaine de Salé et les représentants de la
coopérative. Elle visait dans un premier temps à obtenir le consentement des autorités locales vis-à-vis de la récupération
des déchets au niveau des points de collecte. Toutefois la Commune se retrouve dès lors dans une position de porte-à-faux
entre deux groupes d’acteurs ayant des intérêts semblables. D’une part, la Commune tolère une activité de récupération des
déchets au niveau des points de collecte dans la ville (bacs et conteneurs) et d’autre part elle rémunère à la tonne de déchets
des sociétés délégataires qui gèrent ces mêmes points de collecte. Au vue de la quantité significative de déchets retirée
des bacs par les récupérateurs, les sociétés délégataires sont naturellement réticentes à toutes initiatives visant à renforcer
l‘activité autonome des récupérateurs. Jusqu’à maintenant leurs responsables ont d’ailleurs systématiquement fait appel aux
autorités afin qu’elles punissent les récupérateurs de rue. Par ailleurs, la société responsable de la gestion de la décharge
intercommunale et la coopérative Attawafouk représentent également de potentiels opposants à une telle initiative.
Se pose ici le rôle de la Commune à plusieurs niveaux :
 Comment la Commune peut-elle s’assurer de l’intérêt public d’un projet de coopérative de récupérateurs d’un point de vue
socio-économique ? Ce projet sera-t-il réellement vecteur d’intégration sociale ?
 Comment la Commune peut-elle s’affirmer en tant qu’acteur public local pour réguler une situation de conflits d’intérêts ?
À cet égard les conventions de gestion déléguée doivent être transparentes afin que les rôles de chaque acteur soient
clairement définis dans le cadre d’une stratégie communale de gestion des déchets.

La réutilisation : Des pratiques bien implantées à soutenir


L’activité de récupération des encombrants et tous autres objets réutilisables est répandue sur l’ensemble du périmètre urbain.
Comme dans la majorité des grandes villes marocaines, des personnes circulent de porte en porte à des heures précises en prévenant
les habitants de leur passage par un cri particulier. Les objets récupérés sont ensuite revendus au niveau de lieux spécifiques comme
Souk el Kalb qui s’étend sur une surface de cinq hectares entre Hay Essalam et Hay Karima. Néanmoins ce souk souffre d’une insalubrité
notoire bien qu’il soit fréquenté. L’amélioration des conditions de revente d’objets récupérés pourrait constituer un axe d’une nouvelle
stratégie communale de gestion des déchets.

Des projets en cours

Description du Projet Pilotage du projet Coût / Financement Avancement Échéance


Construction d’un centre de transfert à 3 km •M aître d’ouvrage : CU de • Coût total : 12 Mdh. • Travaux en cours.
de celui d’Akreuch soit à 20 km de Salé - Salé. • Financé par la CU de Salé. • Inauguration prévue en
Bab Lamrissa. • Maître d’œuvre : Teodem. mars 2015.
Un centre de tri sur le site du parc Partenariat entre la société Investissement réalisé par En phase d’étude au sein de
technique de la société Ozone. Ozone et une entreprise les deux sociétés. la société Ozone.
allemande.

48 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Tanger :
Quelle action
publique locale ?
À ce jour la ville de Tanger qui compte près de 850 000 habitants produit en moyenne 750 à 800 tonnes de déchets par jour. Ces
derniers proviennent principalement des ménages et commerçants mais également des quatre zones d’activités industrielles,
dont le port, ainsi que des hôpitaux. Cette production non-maîtrisée de déchets a des effets néfastes et directs sur la santé
humaine, en particulier via les «lixiviats». Ces effluents chargés en polluants chimiques et bactériologiques issus de la
percolation de l’eau à travers les déchets (ménagers, industriels, médicaux) représente un risque important de contamination
des réserves en eau potable de la ville.
Selon la loi, la gestion des déchets ménagers et assimilés relève des compétences de la Commune par la mise en place d’un
service public. Quel service assure-t-elle aujourd’hui ? Quelles en sont les spécificités et limites majeures ? Comment va-t-il
évoluer ? Comment se positionne la Commune?

Que fait la Commune face au problème des déchets ?


Sita Boughaz et Solamta sont des filiales
Depuis mai 2014, la Commune urbaine de Tanger s’est engagée à rémunérer des multinationales Suez environnement
pendant 7 ans les sociétés Sita el Boughaz (Zone Ouest : arrond. Médina et (France) au chiffre d'affaire de 15 mil-
Sonani) et Solamta (Zone Est : arrond. Béni Makada et Moghogha) pour la liards d’euros et Sando (Espagne), spécialiste
collecte et l’évacuation des déchets ménagers vers la décharge publique. du BTP.

Le rôle de la Commune consiste à s’assurer de l’exécution du dispositif technique proposé par les sociétés privées sur la base
d’un cahier des prescriptions spéciales (CPS). Une cellule technique au sein de la division de l’environnement, composée de
28 employés communaux exerce un contrôle de terrain. Des rapports de suivi (nombre de camions et d’employés, tonnages)
sont rédigés à partir des rapports d’activités des sociétés. Un comité de suivi constitué d’élus communaux, des représentants
des sociétés et des chefs de suivi se réunit régulièrement. Sur la décharge, des employés communaux pèsent les camions de
collecte, étalent les déchets et les couvrent de terre.

Dispositif technique
Collecte Dépôt

M  odes de collecte :  Terrain de 32 ha en bordure de la zone industrielle de


- Bacs en plastique collectés par des camions bennes Moghogha.
tasseuses qui transportent les déchets directement à la  Entassement des déchets ménagers, industriels et médicaux
décharge. avec un bulldozer.
- Bacs de grande capacité (3 m3) pour les zones de grande  Pesée des camions de collecte (pont-bacule).
production de déchets (Ex : zones commerciales).
- Utilisation de containers enterrés (10 par zone).
 Fréquence de collecte : 7j/7.
 Camions bennes tasseuses équipés d’un système GPS pour le
contrôle des passages pour chaque circuit de collecte.

Décharge et son lixiviat

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 49


Quel coût pour la Commune ?
Chaque société est rémunérée selon le tonnage de déchets collectés, à partir
de la pesée effectuée au niveau de la décharge. Le coût total annuel des Coûts à la tonne de déchets collectés :
opérations de collecte et nettoiement s’élève à 170 millions de dirhams (Mdh), 260 dh pour Solamta et 330 dh pour Sita
soit 15% du budget communal de 2013 (fonctionnement et investissement) Boughaz.
issu notamment du recouvrement des taxes et redevances locales.

Quelles sont les limites du dispositif technique ?


D’une part, jusqu’au début de l’année 2014 des quartiers nouvellement intégrés
au périmètre urbain n’étaient toujours pas couverts par le service de collecte. Les lixiviats de la décharge sont très
D’autre part, les lixiviats de la décharge dont le volume atteint 260 m3/jour chargés en métaux lourds, en particu-
ont un impact évident sur la santé publique par la contamination de la nappe lier plomb (2 mg/l), mercure (16 µg/l) et
phréatique et des eaux de surface. Une grande quantité s’écoule vers le canal zinc (12,5 mg/l).
qui rejoint la baie. De même, les fumées d’incendies et vapeurs de méthane
ont un impact direct sur la santé des habitants des lotissements construits à proximité de la décharge.

Quel est le pouvoir de décision de la Commune ?


La loi stipule que la Commune de Tanger décide du mode de gestion du service public. En réalité cette décision nécessite l’aval de la
Wilaya. Ainsi le Wali préside le Comité d’évaluation pour l’adjudication des marchés des deux sociétés. Ce Comité consulte les offres
techniques et choisit les sociétés délégataires. De même les projets concernant la décharge sont pilotés par la Wilaya et l’État.

Gestion durable des déchets : Quel projet de société ?


Aujourd’hui l’implication de la société civile dans la stratégie communale se limite à des journées de sensibilisation menées
par les sociétés délégataires avec les associations de quartiers au moment de l’Aïd el Kebir et de la Journée de la terre. Par
ailleurs, les récupérateurs, intermédiaires-trieurs et grossistes informels ont développé leur activité, particulièrement au niveau
de la décharge. Face à cette situation, l’intention de la Commune est de faire disparaitre ces pratiques par la réhabilitation de
l’actuelle décharge et de les formaliser au sein d’un centre de tri construit sur le site de la nouvelle décharge. Les sociétés
gestionnaires décideront seules des modalités d’intégration des trieurs sans exigences particulières de la Commune concernant
leurs conditions de travail. Dès lors comment s’assurer qu’un tel projet, qui s’insère dans le service public, puisse véritablement
limiter le risque sanitaire pour les «employés-trieurs» et leur assurer une meilleure situation sociale ?

La filière locale de tri-récupération


Sur la décharge, près d’une centaine de personnes exerce cette activité.
Des éleveurs laissent leur bétail paître les restes de matières organiques et
d’autres personnes trient les matières recyclables (plastique, papier-carton,
métal, verre). Ces dernières sont rachetées par trois intermédiaires / grossistes
installés sur le site et équipés de matériel de conditionnement (presses et
broyeurs) pour le stockage et le transport en camion 33T. Ceux-ci peuvent
gagner jusqu’à 300 dirhams par jour suite à la vente à d’autres grossistes et
des sociétés de recyclage, en partie espagnoles. Trieurs et bétail sur la décharge

Des projets en cours


Description du projet Pilotage du projet Financement Avancement Échéance
Construction d’une nouvelle décharge sur la commune de Wilaya Tanger-Tétouan, Subvention du PNDM Début construction.
Menzla à 30 km au Sud de Tanger. (400 000 t de déchets MEMEE. (Invest.). Mise en service prévue
d’ici 2030) Le projet comprend un centre de tri. CU de Tanger (Fonct.). pour 2016.
Réhabilitation de la décharge actuelle avec projet de État et CU (Plan Tanger État, CU, Al Omrane, À l’étude.
traitement des lixiviats. Métropôle). Région.
Plan inter-provincial de gestion des déchets (Tanger, Wilaya et MEMEE. Subvention du PNDM. En cours d’élaboration.
Tétouan, Larache).

50 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Témara :
Quelle action
publique locale ?
À ce jour, la ville de Témara compte près de 330 000 habitants qui produisent en moyenne 260 tonnes par jour de déchets
ménagers et assimilés (ménages, commerces, institutions). Le phénomène d’extension urbaine rapide de cette ville qui s’intègre
désormais dans l’agglomération Rabat-Salé-Témara fait de la gestion des déchets un enjeu de plus en plus complexe. Le
tonnage de déchets ménagers à gérer est en constante augmentation (60 tonnes/jour de plus au cours des deux dernières
années) et le développement de zones d’habitats non-réglementaires peu accessibles demande la mise en place d’un service
suffisamment flexible pour être efficace. Par ailleurs les activités de construction en plein essor engendrent une production de
gravats de près de 2 500 m3 par mois. Selon la loi, la gestion des déchets ménagers et assimilés relève des compétences de
la Commune par la mise en place d’un service public. Quel service assure-t-elle aujourd’hui ? Quelles en sont les limites et
avancées majeures ? Comment peut-il évoluer ?

Que fait la Commune ?


D’une part, la Commune urbaine de Témara s’est engagée depuis février 2012, et pour une durée de 7 ans, à rémunérer la
société Mecomar pour la collecte des déchets ménagers et assimilés et des gravats puis leur transport jusqu’à un centre de
transfert. Une cellule de contrôle au sein du service du parc municipal est chargée de vérifier l’exécution de ces prestations
déléguées. Elle se compose d’un chef de service et de quatre techniciens répartis en 10 secteurs. Dans chacun d’entre eux,
les contrôleurs effectuent une tournée quotidienne entre 10h et 12h pour s’assurer du balayage de la voirie et ils contrôlent
visuellement l’état des bacs et conteneurs de la collecte. Chaque jour, les techniciens remplissent un canevas de réclamations
puis se réunissent deux fois par semaine avec un représentant de la société. Par ailleurs, la Commune effectue par ses propres
moyens une collecte des déchets verts.

Les organes de suivi-contrôle prévus par la convention de gestion déléguée de la décharge :

 L e service permanent de contrôle : Il est composé des responsables des services GDS des Communes de Rabat, Salé et Témara ainsi
que d’un fonctionnaire de la Préfecture de Témara. Cette équipe se déplace une fois tous les 10 jours sur le site de décharge afin
d’effectuer un contrôle visuel (lixiviats, casier, chantiers en cours) et réceptionner les documents de suivi (analyses des lixiviats et
des eaux superficielles et souterraines, appels d’offres) réalisés ou commandités par le délégataire lui-même.
 L e comité de suivi : Présidé par le Wali et composé de représentants de l’autorité locale (3 Gouverneurs + Ministère de l’Intérieur),
des villes de Rabat, Salé et Témara et de la société délégataire, il exécute le suivi-contrôle en approuvant notamment les plans
d’investissement, les avenants au CPS et le suivi des projets de valorisation. Ce comité se réunit plusieurs fois par an.
 L ’autorité délégante : Un Conseil constitué par les Présidents des Conseils communaux de Rabat, Salé, Témara et Oum Azza. Il a été
décidé que la Commune de Témara représente les 9 autres Communes rurales. Cette instance créée en 2009 dispose d’un local où sont
organisées des réunions avec le service permanent de contrôle, présidées par le Gouverneur ou le Secrétaire général de la Préfecture
de Témara. Financée par le délégataire (1% de son chiffre d’affaires), elle ne dispose pas du pouvoir d’approbation ou d’exécution du
suivi-contrôle.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 51


D’autre part, la Commune de Témara paye depuis 2007 la société Teodem, filiale du groupe français Pizzorno environnement,
pour l’exploitation d’une décharge intercommunale ainsi que le transport des déchets depuis un centre de transfert vers la
décharge. Cette dernière située dans la Commune rurale d’Oum Azza reçoit également les déchets de 12 autres Communes dont
Rabat et Salé, qui ont chacune signé la convention de gestion déléguée pour une durée de 20 ans.

Quel dispositif technique ?


Collecte et transport Enfouissement et traitement

M
 odes de collecte selon le tissu urbain : U  n terrain de 100 ha situé à 23 km (Commune rurale d’Oum
- Zones urbaines avec réseau viaire (Ex : quartiers Azza).
résidentiels de Guich l’Oudaya et Hay Firdaous) : Bacs en  Enfouissement des déchets dans des alvéoles isolées du
plastique (975 au total) collectés quotidiennement entre sol par des géomembranes bentonitiques (perméabilité de
22h et 5h par des bennes-tasseuses + porte-à-porte avec 10-11) et un massif drainant (grès).
des débardeurs.  Lixiviats :
- Zones urbaines sans réseau viaire (Ex : «Baraks» en cœur - Production de 480 m3/j.
de ville et en périphérie => douar Sad, douar Jamaica) :
Caissons métalliques de 5 m3 (35 au total) disposés en -C  ollecte gravitaire (canalisations PEHD) et traitement
bordure des quartiers et collectés quelques jours par par osmose inverse => le perméat est rejeté dans un
semaine par des camions multibennes. oued à proximité et le concentrat est stocké dans des
bassins de rétention.
P
 ersonnel et matériel de Mecomar : 250 employés et 30
véhicules (bennes tasseuses, pick-up, multibennes).  Plate-forme de tri des déchets en aval (400 tonnes/jour) :
C
 ircuits de repasses (grands axes) entre 12h et 13h et entre - Un convoyeur à chaîne et un tromel pour le tri grossier
16h et 17h. de la matière organique.
U
 n centre de transfert situé à 1,5 km du centre-ville : Les - Tri des matières recyclables (métaux et plastiques
déchets y sont transférés depuis les véhicules de collecte essentiellement) sur deux tapis roulant.
vers les camions poids lourds de Teodem qui les transportent - Une aire de stockage (en tas dans des compartiments).
jusqu’à la décharge.

Quel coût pour la Commune ?


Chaque année, la Commune dépense la somme de 46 millions
de dirhams, uniquement pour la rémunération des deux
sociétés délégataires Mecomar (collecte et nettoiement) et
Teodem (transport, enfouissement et traitement). Le coût de
cette gestion déléguée des déchets représente près de 40% du
budget communal de fonctionnement, soit la deuxième dépense
de la Commune après le paiement des fonctionnaires.

Part du budget communal de fonctionnement Casier d'enfouissement Aire de stockage


affectée à la GDS des matières triées

Service de GDS en gestion


déléguée
Autres dépenses (personnel, eau,
électricité, …

Outre les recettes transférées par le Ministère des Finances


(TSC, taxe pro., taxe foncière), le budget de fonctionnement
de la Commune est principalement alimenté par les taxes du
marché de gros (10 Mdh/an), les taxes sur les terrains non Bassin de rétention du concentrat issu de l’osmose inverse
bâtis et les autorisations de construire.

Collecte et nettoiement Transport du centre de transfert à la décharge Enfouissement et traitement


(Mecomar) (Teodem) (Teodem)
366 dh/tonne 59 dh/tonne 63 dh/tonne
Répartition du coût à la tonne selon les prestations.

52 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Quelle efficacité du service public ?

Quelles limites majeures ? Quelles avancées visibles ?

U
 n service de collecte minimum pour les zones urbaines sans  L a décharge intercommunale est aménagée de façon à garantir
réseau viaire : Des quartiers comme douar Sad en lisière de la une protection du sol contre les risques d’infiltration des lixiviats.
ceinture verte ou douar Jamaica le long du boulevard Moulay Néanmoins le drainage de ces derniers demeure très compliqué
Ali Cherif, pourtant très peuplés, sont desservis uniquement par en raison d’une épaisseur importante de déchets et d’une faible
des caissons de 5 m3 collectés certains jours de la semaine. transmissivité verticale. Du fait de ces deux caractéristiques,
l’écoulement des lixiviats s’effectue en grande partie de manière
latérale et demande la mise en place de drains verticaux.

 ne fois collectés, les lixiviats de la décharge sont traités par


U
osmose inverse. Ce procédé permet d’obtenir un «perméat»
purifié et répondant aux normes de rejet dans l’environnement.
Cependant, à l’issu de ce traitement 50% des lixiviats sont
toujours stockés dans des bassins sous forme de «concentrat»
sans être traités par la suite.

 P rise en compte des récupérateurs de l’ancienne décharge


Caissons en bordure du quartier Bacs sur l’avenue Moulay Idriss 1er d’Akreuch : Sous l’impulsion des Communes et du Ministère
«Douar Jamaica» de l’Intérieur, en particulier à travers la convention de gestion
déléguée, la société Teodem a fait appel à l’ONG Care pour le
U
 ne gestion déléguée trop chère : Le prix de cette gestion semble recensement et l’encadrement des trieurs d’Akreuch, aboutis-
très déséquilibré au regard des faibles capacités financières sant en 2010 à la création d’une coopérative nommée Attawa-
communales. De surcroît le potentiel fiscal de la Commune est fouk. Cette dernière exploite une plate-forme de tri gérée par
très limité du fait d’un découpage administratif peu favorable. La Teodem et revend les matières triées (plastiques, métaux et
bande côtière entre «casino» et l’espace Mohammed el Kacimi, verre) à des grossistes de Rabat et Casablanca. Des interro-
comprise géographiquement dans l’entité urbaine de Témara, gations subsistent :
constitue administrativement la Commune de Harhoura.
- L es conditions de travail des trieurs sont-elles significati-
U
 n contrôle communal de la décharge limité et vain : Le service vement améliorées ? Les équipements de protection restent
permanent de contrôle, selon la convention, devait être sommaires pour le tri de déchets (ménagers, hospitaliers et
constitué de 16 personnes (1 fonctionnaire de chaque Commune autres) mélangés dans les véhicules de collecte et certains
et 1 fonctionnaire de chaque Préfecture). Il n’est finalement trieurs travaillent directement sur les casiers à proximité
constitué que de trois personnes dont l’exercice est soumis à des engins comme à Akreuch. De même les adhérents ga-
l’aval de la Wilaya. De plus, le comité de suivi de la Wilaya gnent moins (2 500 dh/mois) que sur l’ancienne décharge en
n’exécute que très peu des demandes de pénalités relatives contrepartie d’acquis sociaux (CNSS) plutôt limités.
aux observations effectuées par le service de contrôle (34 Mdh - L es trieurs peuvent-ils être impliqués comme des acteurs à
de pénalités non exécutées depuis le début du contrat). Ainsi part entière ? La création de la coopérative Attawafouk et
la Commune de Témara comme les douze autres signataires son fonctionnement dépendent largement des choix stratégi-
de la convention payent la société délégataire sans vraiment ques de la société Teodem ce qui peut nuire à son équilibre
disposer du droit de contrôle sur l’exécution des prestations économique.
prévues dans le contrat.

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 53


©Commune urbaine de Tétouan
Tétouan :
Quelle action
publique locale ?
À ce jour, la ville de Tétouan qui compte près de 450 000 habitants produit en
moyenne 290 tonnes de déchets ménagers et assimilés par jour. Ces derniers Charte communale, art. 39 :
résultent de l'activité des ménages, des commerces et artisans. À ceux-ci «Le Conseil communal décide de la
création et de la gestion des services publics
s’ajoutent les déchets de la zone industrielle, soit 50 tonnes par jour, puis communaux, notamment dans les secteurs
les déchets médicaux. Cette production non-maîtrisée de déchets a des effets suivants : […] collecte, transport, mise en
néfastes et directs sur la santé humaine via les «lixiviats». Ces effluents décharge publique et traitement des ordures
chargés en polluants chimiques et bactériologiques issus de la percolation ménagères et des déchets assimilés […]».
de l’eau à travers les déchets contribuent à polluer les réserves en eau
potable de la ville, en particulier l’oued Martil qui alimente la nappe Martil-Allila.
Selon la loi, la gestion des déchets ménagers et assimilés relève des compétences de la Commune par la mise en place d’un
service public. Quel service assure-t-elle aujourd’hui ? Quelles réponses apporte-il au problème ? Quelles sont les évolutions
possibles de l’action publique locale ?

Que fait la Commune face au problème des déchets ?


Depuis août 2012, la Commune urbaine de Tétouan s’est engagée à rémunérer pendant 10 ans les sociétés Mecomar (Zone Ouest
dont al Azhar, Jbel Dersa et Nakata) et Sita el Beida (Zone Est dont l’ancienne médina et Sidi Almandri) pour la collecte et
l’évacuation des déchets de la ville vers un site de dépôt.

Le rôle de la Commune consiste à s’assurer de l’exécution du dispositif technique proposé par les sociétés privées. Ainsi
la division de l’environnement et de la gestion déléguée comprend un service de suivi-contrôle. Chaque mois, les sociétés
délégataires informent le service du dispositif technique qu’elles s’apprêtent à mettre en œuvre (plans de collecte) et celui-ci
les valide par la suite. Des rapports de suivi sont rédigés sur la base des rapports d’activités journaliers et mensuels produits
par les sociétés. Les techniciens communaux effectuent un contrôle de terrain et contactent les responsables des sociétés par
téléphone, par emails ou par courriers au gré des défaillances techniques observées. Au niveau du site de dépôt, une équipe
technique se charge de la pesée des camions de collecte, du terrassement et du reprofilage des déchets.

Dispositif technique
Collecte Dépôt

M odes de collecte :  Terrain de 20 ha avec forte pente.


- Quartiers à rues larges (centre-ville, «les ingénieurs»,  À 6 km du centre, route Chefchaouen.
Hamama, Sidi Almandri) : Bacs plastique collectés par  Entassement des déchets avec bulldozers.
des bennes-tasseuses.
 Production de lixiviats : 45 m3/j.
- Quartiers denses à ruelles et escaliers (ancienne
médina, Jbel Dersa) : Porte-à-porte avec petites bennes
(satellite).
- Douars périphériques à habitat dispersé et réseau
viaire peu développé (Nakata, Hay Taboula) : Caissons
métalliques de 5 m3 (14) collectés par des camions
multibennes.
 Fréquence : 7j/7, 2 à 5 passages par jour.

Site de dépôt

54 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Projet à l’étude Porteur du projet Description
Nouvelle décharge. Province de Tétouan et Site à l’étude à proximité de la cimenterie Lafarge avec projet
MEMEE. d’incinération au profit de l’entreprise.
Solution temporaire : Nouveau casier de 4,2 ha avec géomembrane
aménagé sur le site actuel.

À quel coût ?
Les sociétés Mecomar et Sita el Beida sont rémunérées au tonnage de déchets collectés à hauteur de 270 dh/t. Le coût total
annuel du dispositif technique mis en place (collecte, transport, mise en décharge) est de 59 millions de dirhams. Cette somme
est déduite du budget annuel de fonctionnement de la Commune qui issu du recouvrement des taxes et redevances locales.

Avec quel pouvoir de décision ?


Comme stipulé par la loi, la Commune de Tétouan décide du mode de gestion du service public et dispose d’un service pour
en assurer le suivi. Néanmoins le choix de la gestion déléguée est largement appuyé par les Ministères de l’Intérieur et de
l’Environnement qui octroient des subventions aux Communes via le PNDM uniquement lorsque celles-ci décident de déléguer la
gestion du service public à un opérateur privé. De même, le contrôle des prestations des deux sociétés est également assuré,
indépendamment de la Commune, par les Caïdats sous la tutelle de la Wilaya. Représentant l’autorité du Wali, ce contrôle a
plus de poids auprès des délégataires qui l’exécutent en priorité.

Quelles sont les limites du dispositif technique ?


Dans un premier temps, il semble crucial d’interroger la durabilité du dispositif actuellement mis en place. S’agit-il d’un service
public efficace permettant de préserver le cadre de vie des habitants ? Jusqu’à présent, il s’agit d’une évacuation journalière
des déchets ménagers de la ville vers un terrain situé en périphérie sans protection de l’environnement immédiat. Par ce
dispositif le problème n’est donc pas entièrement résolu mais déplacé, éloigné, par des sociétés payées par la Commune au
tonnage de déchets évacués. De surcroît ce dispositif coûte cher.

Comment faire face aux limites de la conteneurisation ?


Mal manipulés par les employés, vite altérés par des déchets humides et denses, fréquemment renversés par les récupérateurs
informels, peu acceptés par les riverains, les bacs ont une durée de vie très faible (5 mois en moyenne, jusqu’à 40 bacs cassés/mois).
À cet effet, la Commune exige que les sociétés disposent en permanence de 100 bacs neufs en réserve et qu’elles remplacent la totalité
(plus de 1 000 bacs chacune) au bout de 4 ans d’exploitation malgré la répercussion importante sur le coût des prestations. Un bac de
660 L coûte plus de 3 000 dirhams.

Gestion durable des déchets : quel projet de société ?


Aujourd’hui, la participation des habitants se limite à l’apport des déchets dans les bacs. La Commune et les sociétés
délégataires mettent en place des opérations de communication par l’intermédiaire du milieu associatif pour inciter les
habitants à respecter les bacs et les horaires de collecte, à l’instar du concours «quartiers propres» qui fait intervenir 18
associations locales. Les citoyens-ennes sont ici sollicités comme exécutants d’un dispositif technique préalablement défini.
Cette communication à sens unique peine encore à avoir des impacts effectifs sur la qualité du service dans des quartiers où
les déchets ne semblent pas être un problème prioritaire à régler pour les habitants.

Filière «informelle» : un acteur capital à prendre en compte


Bien organisée et structurée, cette filière récupère une quantité
importante de déchets. Sur la décharge près de cent personnes exercent
cette activité. Des éleveurs laissent leur bétail paitre les restes de matières
organiques et d’autres personnes trient les matières recyclables (plastiques,
papier-carton, métaux, verre). Les plastiques sont broyés et stockés sur place
dans de grands sacs en textile avant d’être transportés par camion vers
Casablanca. Le plan directeur provincial de gestion des déchets ménagers
(2010) prévoit la création d’un centre de tri au niveau de la nouvelle décharge.
Pourra-t-il garantir des conditions de travail décentes (revenu suffisant,
hygiène) aux chiffonniers devenus ouvriers d’une chaîne de tri ? Chargement de sacs de tri

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 55


Tiznit :

©Commune urbaine de Tiznit


Aperçu diagnostic
et perspectives
Chef-lieu de la Province du même nom, la ville de Tiznit est située à 80 km au Sud d’Agadir. À l’Ouest de la région Souss-
Massa-Drâa, elle constitue un nœud urbain stratégique au carrefour entre l’axe Nord-Sud de la capitale économique régionale,
Agadir, vers les territoires présahariens (Guelmim) et l’axe Est-Ouest reliant la zone montagneuse de l’anti-Atlas (Tafraout)
au port de Sidi Ifni.

Croissance urbaine de Tiznit depuis 1960

Combien de déchets ?
Aujourd’hui la quantité de déchets ménagers produite
atteint une moyenne de 59,5 tonnes par jour, soit près
de 22 000 tonnes par an, l’équivalent en poids de la
moitié de la production halieutique annuelle du port de
Sidi Ifni. Compte tenu des dynamiques démographiques,
d’urbanisation et de consommation, ce chiffre devrait
continuer de croître au cours des 20 prochaines années.

Quels déchets ? De quelle origine ?


Le tonnage journalier précité comprend principalement
les déchets des ménages (68%), des souks (13%) et des
restaurants (9%). L’ensemble se compose en majorité de
60% de déchets d’alimentation, 23% de matières papier et
11% de matières plastiques. À ces catégories s’ajoutent
en particulier les gravats issus d’un secteur immobilier
très actif localement.

Pourquoi tant de déchets ?


En raison d’un fort exode rural, la population de la ville a Composition des déchets ménagers
rapidement augmenté depuis le début des années 60. Elle a en et assimilés de Tiznit
effet plus que doublé de 1980 à 2000 pour atteindre aujourd’hui
le nombre de 65 000 habitants. Les espaces vacants au Sud 6%

de l’ancienne ville ont été urbanisés selon une dynamique 11%


Alimentation
d’extension radiale (voir carte ci-contre). Le périmètre urbain
occupe désormais une surface de 31,2 km² du fait de l’annexion Papier
récente de douars comme Idiich, Boutakourt ou Tamdahouste.
23% Plastique

En parallèle, les activités de restauration et de commerce de Autres


détail se sont vite développées et la ville compte aujourd’hui 60%

2 500 commerçants. Cette polarisation urbaine s’accompagne


de profonds changements des mœurs et des modes de
consommation. Ceci se traduit par une augmentation sensible de la production de déchets par habitant1, du fait, entre autres,
d’une consommation plus importante de matières papier et plastique.

1- Moyennes nationales de la production de déchets en milieu rural et en milieu urbain : respectivement 0,28 kg/hab/j et 0,76 kg/hab/j.

56 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Qui gère ces déchets ? De quelle manière ?
Comme c’est le cas dans la grande majorité des villes marocaines, deux groupes d’acteurs assurent une gestion des déchets,
chacun de leur manière. D’une part, un service communal tente de mettre en place un système de collecte des déchets
ménagers et assimilés ainsi que leur transport jusqu’à un site de dépôt. D’autre part un ensemble de personnes organisées
en filière récupère spontanément les déchets avant leur collecte ou une fois acheminés à la décharge pour les trier et les
recycler. Ces deux formes de service décrites ci-dessous cohabitent sans vraiment se compléter, ce qui nuit à la durabilité de
la gestion du problème dans son ensemble.

Collecte Dépôt

M odes de collecte :  Superficie : 10ha.


- Mode dominant : Collecte au porte-à-porte à l’aide de  Distance : 6 km.
trois bennes ouvertes de 3m3, deux pick-up, une benne  Surface plane fermée par une enceinte de 1,5 mètre de
satellite et un dumper. hauteur.
- Conteneurisation : Bacs plastique et caissons métalliques  Beaucoup d’envol de matières légères (sacs plastiques) qui
(6) collectés avec une benne-tasseuse et un camion couvrent les terrains alentours.
multibennes.
 Uniquement déchets de Tiznit.
P  ersonnel : 45 employés dont 43 agents saisonniers (contrats
à la journée).
 F réquence de collecte : 7j/7.
É  tat du matériel : 50% des véhicules hors service.

Site de dépôt

Dispositif communal

Dispositif spontané

R
 écupération au niveau des bacs et caissons destinés à la  2 0 à 30 récupérateurs,
pré-collecte pour le service communal. indépendants ou liés à un
P
 résence de «garages» où sont vendues les matières les intermédiaire.
plus rentables, comme les métaux, avant leur transport U
 n intermédiaire installé
vers le site de dépôt. sur le site avec l’accord
de la commune : Tri sur
place (verre, plastique et
carton) avec 3 employés
 L ocation d’un camion payés à la journée.
Sites de
pour le transport des Matières revente C
 ertains camions de
déchets triés et revente collecte s’arrêtent au
à des semi-grossistes à Verre Casablanca
niveau de l’espace de tri
Agadir et Casablanca. Plastique Agadir avant de décharger.
 Environ 1 vente / 15 (PEHD/PVC) (nettoyage et
jours. broyage) É
 levage ovin : Près d’une
centaine de têtes de
Carton Agadir
(broyage) bétail.
Espace de tri sur la décharge

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 57


Quel coût pour la Commune ? Quelles capacités financières ?
Le coût de fonctionnement lié aux opérations de collecte et de transport atteint aujourd’hui un montant de 283 dirhams par tonne de
déchets. En 2013, la Commune a déboursé un total de 5,82 millions de dirhams ce qui représente près de 10% du budget communal.
Avec l’excédent réalisé au cours de l’année 2013, la Commune a décidé d’investir dans l’achat de deux bennes TP (travaux
publics) de 3 m3 pour un total de 900 000 dirhams. L’obsolescence des véhicules et le manque de moyens pour les entretenir
constitue une problématique majeure du service technique. Des négociations sont actuellement en cours avec le Conseil de la
ville afin de prévoir une part de budget suffisante pour l’achat d’un nouveau véhicule chaque année. Par ailleurs, une demande
de subvention a été formulée auprès du Ministère de l’Intérieur pour le financement de nouveaux véhicules, signe d’une
autonomie financière très limitée.

Quelle participation des habitants ?


Dans le cadre d’une démarche appelée «Initiative des quartiers», des représentants de la Commune et des associations de
quartiers se rencontrent lors de réunions régulières afin d’échanger sur des problématiques liées à la gestion urbaine, ceci
dans huit secteurs différents. Concernant la gestion des déchets, cette initiative semble avant tout constituer un outil efficace
pour que la Commune parvienne gagner l’adhésion des habitants au dispositif technique qu’elle souhaite mettre en place,
particulièrement pour le respect des horaires de la collecte au porte-à-porte.
En septembre est organisé un forum réunissant l’ensemble des associations de quartier de la ville à l’issu duquel ces dernières
formulent des recommandations à l’attention de la Commune, notamment au sujet de la gestion des déchets. Néanmoins, les
moyens à disposition des associations pour faire valoir leurs revendications et en évaluer la prise en compte par les pouvoirs
publics étant très relatifs, cette initiative s’apparente davantage à une simple consultation.

Des projets et études en cours


Intitulé du Porteur(s) du Parties Echéance/ état
Description
projet/étude projet prenantes d’avancement
Projet JICA • Objectif : Renforcement des capacités du service de JICA et CU de Province de Période
collecte et nettoiement de la Commune. Tiznit. Tiznit, Communes 2013-2016 :
• Diagnostic de la GDS : Caractérisation des déchets, avoisinantes. • 1ère année :
étude «temps et mouvement» (analyse de l’efficacité Diagnostic
de la collecte selon les itinéraires de chaque véhicule), • 2ème année :
analyse des coûts et financements, sondage d’opinion Éxécution
auprès des élus et de la population sur le service de projets pilotes,
collecte, organisation de journées de sensibilisation et élaboration d’un
de campagnes de ramassage. plan d’actions
• Réhabilitation de la décharge : Appui technique (suivi pour le schéma
sur place des opérations d’étalage et de compactage directeur.
des déchets) et financier (don d’un pont bascule et d’un
bulldozer).
• Projet pilote de recyclage : Les élèves d’un collège
se chargeront d’apporter les matériaux recyclables
depuis leur foyer jusqu’à l’établissement scolaire où ils
seront stockés puis revendus à des professionnels ou
commerçants.
Schéma directeur •E  chelle inter-provinciale : Provinces de Sidi Ifni et de Provinces de Sidi DGCL. Étude d’impact
de la GDS Tiznit qui comprend 25 Communes dont deux urbaines Ifni et Tiznit. finalisée (BET
avec Tafraout. Eauglobe),
• C ontenu : Choix du site de la nouvelle décharge sur enquête publique
le territoire de la commune de Ouijjane (la CR s’y est validée.
opposé) avec deux centres de transfert situés à Ait
Ouafka et Timri.
Nouvelle décharge •P  rojet inscrit dans le schéma directeur provincial et le Province de Tiznit. MEMEE et MI. Travaux de
PCD de Tiznit. réhabilitation en
•R  éhabilitation de l’actuelle décharge : Nouvel espace cours avec la
creusé pour le dépôt des déchets, étalement et JICA
compactage. Négociations
•C  onstruction d’une nouvelle décharge : Convention en en cours entre
cours de négociation entre les Communes de Ouijjane Ouijjane et Aglou.
et Aglou.
• F inancement : Subvention de 13 millions de dirhams
pour l’investissement de la part du MEMEE et du MI
(PNDM).

58 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Membres
ressources

Agadir
Mohamed Akhdaich Vice-Président chargé de l’environnement Commune urbaine
Lahassan Houmane Chef de la division de l’environnement Commune urbaine
Jamal Eljraoui Responsable su suivi/contrôle de la gestion de la décharge Commune urbaine
Chikh Elkhorchi Ingénieur chef du service de propreté (collecte et nettoiement) Commune urbaine
Ahmed Elkadi Responsable d’exploitation Société TecMed Maroc
Mohamed Abdelharim Semi-grossiste membre de l'association Association Afra
Béni Mellal
Mohammed Karkouri Ingénieur Commune urbaine
Ahmed Gamouh Élu Commune urbaine
Ben Slimane
Mohamed Sajid Technicien communal Commune urbaine
Chefchaouen
Abdellali El Bakkali Service de l’environnement Commune urbaine
Hassan Dahman Vice-président Commune urbaine
Essaouira
Mohammed Zakzi Chef du service gestion déléguée Commune urbaine
Fès
Makoudi Ingénieur Municipal chargé de la collecte et nettoiement Commune urbaine
Laraki Ingénieur Municipal chargée de la décharge Commune urbaine
Guelmim
Damir Balaid Service de l’assainissement Commune urbaine
Ali berdid Vice-président Commune urbaine
Larache
Mohamed Zekkari Chef du service des travaux finis Commune urbaine
Abdelmalek Bouzekri Vice-président Commune urbaine
Mohammedia
Nazha Bassou Chef de division de la gestion déléguée Commune urbaine
Said Abed Vice-président chargé de l’urbanisme Commune urbaine
Ouarzazate
Larbi Saadek Chef du service de l’environnement Commune urbaine
Abdeljalil Erroumani Conseiller municipal Commune urbaine

RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS 59


Rabat
Mustapha Benbouya Ingénieur division de l’environnement Commune urbaine
Jamila Elaidi Ingénieure service de propreté Commune urbaine
Salé
Abdellatif Soudou Vice-président Commune urbaine
Sadek Ingénieur chef de service Commune urbaine
Tanger
Abderrahim Mouhssine Chef division de l’environnement Commune urbaine
Témara
Mohammed Fikri Chef du service collecte et nettoiement Commune urbaine
Tétouan
Houda el Haddad Ingénieur Commune urbaine
Hamid Bekkay Élu Commune urbaine
Tiznit
Ahmed Hanni Chef division des travaux Commune urbaine
Rabia Mokhtatif Responsable parc technique Commune urbaine

60 RÉSEAU MAROCAIN DE LA GESTION DES DÉCHETS URBAINS


Publié par :
CoMun – coopération municipale au Maghreb

Elaboré par :
Etienne Allix

Avec le soutien de :
Direction Générale des Collectivités Locales
DPAT
DEA
DFCAT
Ministère délégué chargé de l’environnement

Conception graphique et impression :


Napalm

Crédits photos :
Etienne Allix
Paul Hahn
CoMun

Décembre 2014
Rabat

Tunis

Eschborn S/c GIZ, 2 Avenue Tour Hassan - BP433, 10 000 Rabat


Tél. : + 212 537 70 40 58 / Fax : + 212 537 26 45 51
Marseille Site web : www.co-mun.net

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