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Université Cadi Ayyad Année Universitaire 14/15

Faculté des Sciences Semlalia Filière SMA-S2


Département de Mathématiques Analyse II

Corrigé du contôle : Analyse II (Juin 2015)

Questions de Cours :(3 points)


1. Donner la définition d’une fonction Riemann intégrable.
Soit f : [a, b] → R une fonction bornée. f est dite Riemann intégrable sur [a, b] ssi

sup I− (f ) = inf I+ (f ),

où Z b 
I− (f ) = ϕ(x)dx, ϕ[a, b] → R en escalier telle que ϕ ≤ f ,
a
et Z b 
I+ (f ) = ψ(x)dx, ψ[a, b] → R en escalier telle que f ≤ ψ
a
Z x
2. Montrer que si f : [a, b] → R est Riemann intégrable, alors F : [a, b] → R, x 7→ f (t)dt est
a
continue sur [a, b].
Comme la fonction f est Riemann intégrable et bornée sur [a, b], alors il existe M > 0 tel que ∀x ∈
[a, b], |f (x)| ≤ M . Soit x0 ∈ [a, b], par la relation de Chasles, on a ∀x ∈ [a, b]

Z x Z x0 Z x

|F (x) − F (x0 )| =
f (t)dt − f (t)dt =
f (t)dt
a Z x a x0

|f (t)|dt si x ≥ x0



≤ Zx0x0
|f (t)|dt si x ≤ x0 .



x

Donc
|F (x) − F (x0 )| ≤ M |x − x0 | −→ 0, quand x → x0 .
Ce qui implique que F est continue en x0 .

Exercice 1. (8 points)
A) Soit f : [a, b] → R une fonction Riemann intégrable. On se propose de montrer que la fonction
Z b Z b
x 7→ f (a + b − x) est Riemann intégrable et que f (x)dx = f (a + b − x)dx.
a a
1. Démontrer le résultat si f est continue sur [a, b].
On suppose que f est continue sur [a, b] et on pose t = a + b − x avec dt = −dx. La fonction x 7→ f (a + b − x)
est bien définie et continue sur [a, b], donc est Riemann intégrable sur [a, b] et on obtient
Z b Z a
f (a + b − x)dx = − f (t)dt
a b
Z b
= f (t)dt
a

1
2. a- Soit (d) = (x0 = a, ........., xn = b) une subdivision de [a, b]. On pose yk = a + b − xn−k pour
k = 0, ..., n. Montrer que (d0 ) = (y0 , ........., yn ) est une subdivision de [a, b]. On a

y0 = a + b − xn = a + b − b = a
yn = a + b − x0 = a + b − a = b,

et

yk − yk−1 = (a + b − xn−k ) − (a + b − xn−k+1 )


= xn−k+1 − xn−k ≥ 0.

Donc (d0 ) est une subdivision de [a, b].


b- Montrer que si ϕ est une fonction en escalier sur [a, b] de subdivision associée (d), alors
x 7→ ϕ(a + b − x) est en escalier sur [a, b] de subdivision associée (d0 ) et que
Z b Z b
ϕ(a + b − x)dx = ϕ(x)dx.
a a

Soit ϕ : [a, b] → R une fonction en escalier et soit (d) = (x0 = a, ........., xn = b) une subdivision de
[a, b] associer à ϕ telle que ∀x ∈]xk−1 , xk [ ϕ(x) = αk , k = 1, · · · , n. On veut montrer que la fonction
x 7−→ ϕ(a + b − x) est en escalier sur [a, b] de subdivision associée (d0 ).
Alors, pour tout x ∈]yk−1 , yk [ on a

a + b − xn−k = yk−1 < x < yk = a + b − xn−k+1


xn−k+1 < a + b − x < xn−k ,

donc
ϕ(a + b − x) = αn−k ,
d’où le résultat.

D’autre part, on a
Z b n
X
ϕ(a + b − x)dx = (yk − yk−1 )αn−k
a k=1
Xn
= (xn−k+1 − xn−k )αn−k
k=1
Xn
= (xk0 − xk0 −1 )αk0
k0 =1
Z b
= ϕ(x)dx.
a

3. En utilisant le Critère 2, en déduire le cas général.

La fonction f : [a, b] → R est Riemann intégrable, alors d’aprés le Critère 2, il existe deux suites de fonctions
Z b
(ϕn ) et (ψn ) en escalier sur [a, b] telles que |f − ϕn | ≤ ψn et lim ψn (x)dx = 0.
n→∞ a
Donc
|f (a + b − x) − ϕn (a + b − x)| ≤ ψn (a + b − x),
et
Z b Z b
ψn (a + b − x)dx = ψn (x)dx −→ 0, lorsque n → ∞.
a a

2
D’où la fonction x 7→ f (a + b − x) est R-intégrale. D’autre part
Z b Z b Z b
f (a + b − x)dx = lim ϕn (a + b − x)dx = lim ϕn (x)dx
a n→∞ a n→∞ a
Z b
= f (x)dx.
a

B) Application : Z
π
x sin x
1- Calculer I = dx.
0 1 + cos2 x
x sin x
La fonction x 7→ est continue R-intégrable sur [0, π]. Donc on a
1 + cos2 x
Z π Z π
x sin x (π − x) sin(π − x)
I= 2
dx = dx
1 + cos x 1 + cos2 (π − x)
Z0 π 0
Z π
(π − x) sin x sin x
= 2
dx = π 2
dx − I.
0 1 + cos x 0 1 + cos x

D’oú
π π
(cos x)0
Z Z
sin x
2I = π dx = −π dx = −π [arctan(cos x)]π0 = 2π arctan(1)
0 1 + cos2 x 0 1 + cos2 x
π2
= .
2
π2
Ce qui implique que I = .
4
Z π
4
2- Calculer J= ln (1 + tan x) dx.
0
La fonction x 7→ ln (1 + tan x) est continue R-intégrable sur [0, π4 ]. On a
Z π Z π 
4 4 π 
J= ln (1 + tan x) dx = ln 1 + tan( − x) dx
0 0 4
π   Z π  
1 − tan x
Z
4 4 2
= ln 1 + dx = ln dx
0 1 + tan x 0 1 + tan x
Z π
4
= ln 2dx − J.
0

π π
Donc 2J = 4 ln 2. Ce qui donne J = ln 2.
8
Exercice 2 (2.5 points).
Soit la fonction f :[0, 1] → R continue et strictement positive. En considérant la subdivision régulière de [0, 1] et
les points xk = nk 1≤k≥n , on a les formules suivantes :
Z 1 n  
1X k
f (x)dx = lim Sn = lim f ,
0 n→∞ n→∞ n n
k=1

et Z 1 n   
1X k
ln(f (x))dx = lim S 0 = lim ln f .
0 n→∞ n n→∞ n n
k=1

3
En utilisant la concavité de la fonction x 7→ ln x, on montre ainsi que :
n  !
1X k
ln(Sn ) = ln f
n n
k=1
n  !
X 1 k
= ln f
n n
k=1
n   
X 1 k
≥ ln f = Sn0 .
n n
k=1

Donc
ln(Sn ) ≥ Sn0 .
On en déduit par passage à la limite que
Z 1 Z 1
ln( f (x)dx) ≥ ln(f (x))dx.
0 0

Exercice 3. (2 points)
1 3
Notons f (t) = √ et g(t) = t− 2 . Les deux fonctions sont continues sur ]0, ∞[ telle que g > 0 sur ]0, ∞[.
1+t 2

D’apres la formule de la moyenne, il existe c ∈ [x, x + x] tel que


Z x+ x
dt
H(x) = √ dt
3
x t 1 + t2 2
Z x+√x  x+√x
1 − 32 −2 1
=√ t dt = √ √
2
1+c x 1+c 2 t x
!
2 1 1
=√ √ −p √ .
1+c2 x x+ x

a. Quand x → +∞, alors c → +∞, d’où lim H(x) = 0


x→+∞

b.
!
2 1 1
lim H(x) = lim √ √ −p √
x→0+ x→0+ 1 + c2 x x+ x
2 1
= lim √ ×p √ p √ √ = +∞.
x→0 +
1+c 2 x + x( x + x + x)

Puisque c → 0+ lorsque x → 0+

Exercice 4 (4.5 points).

1. Déterminer la solution générale de l’équation différentielle suivante (E1 ) 2y 00 − 2y 0 − 4y = 2e3t ,


puis déterminer l’unique solution y de (E1 ) vérifiant y(0) = y 0 (0) = 1.

Il est clair que


(E1 ) ⇔ y 00 − y 0 − 2y = e3t .
On commence par résoudre l’équation homogène y” − y 0 − 2y = 0. Son équation caractéristique est
r2 − r − 2 = 0. Elle admet deux racines réelles distinctes r1 = 2, r2 = −1. Les solutions générales de
l’équation homogène sont donc toutes fonctions :

y(t) = c1 e2t + c2 e−t ,

4
obtenues lorsque c1 , c2 ∈ R.
Le second membre est de la forme ekt avec k = 3. On cherchera une solution de l’équation sous la forme
yp (t) = ae3t puisque k = 3 n’est pas racine de l’équation caractéristique. On a donc

yp00 (t) − yp0 (t) − 2yp (t) = 4ae3t .

Pour que yp soit solution particulière de l’équation avec second membre y 00 − y 0 − 2y = e3t , il faut donc que
a = 14 .
1
La fonction yp (t) = e3t est donc solution particulière de (E1 ).
4

La forme générale des solutions de (E1 ) est


1
y(t) = c1 e2t + c2 e−t + e3t ; c1 , c2 ∈ R.
4

Soit y une solution de (E1 ). Les conditions y(0) = y 0 (0) = 1 sont réalisées ssi
1 5
c1 = et c2 = .
3 12
1
2. Résoudre l’équation différentielle suivante (E2 ) y 00 + 4y =
.
cos 2t
Tout d’abord on commence par résoudre l’équation homogène y” + 4y = 0. Son équation caractéristique est
r2 + 4 = 0. Elle admet deux racines complexes distinctes r1 = 2i, r2 = −2i. La forme générale des solutions
de l’équation homogène est alors :

y(t) = c1 cos(2t) + c2 sin(2t); c1 , c2 ∈ R.

On recherche une solution particulière de l’équation complète (E2 ) en supposant c1 et c2 en fonction de t,

y(t) = c1 (t) cos(2t) + c2 (t) sin(2t).

Dérivons deux fois y et reportons ces valeurs dans l’équation (E2 ). Si on impose la condition supplémentaire
c01 (t) cos(2t) + c02 (t) sin(2t) = 0, alors on obtient le système linéaire à deux équations et deux inconnue

c01 (t) cos(2t) + c02 (t) sin(2t)


(
=0
1
−2c01 (t) sin(2t) + 2c02 (t) cos(2t) =
cos 2t
Ce système admet une solution et une seule car son déterminant est toujours différent de zéro, on obtient

1 sin(2t) 1
c01 (t) = − et c02 (t) = .
2 cos(2t) 2

En intégrant, on trouve
1 t
c1 (t) = ln | cos(2t)| et c2 (t) = .
4 2
La solution particulière de l’équation (E2 ) est :
1
yp (t) = ln | cos(2t)| cos(2t) + t sin(2t),
4
et par superposition des solutions, la solution générale de l’équation différentielle (E2 ) est donc donnée par
1
y(t) = ( ln | cos(2t)| + c1 ) cos(2t) + (t + c2 ) sin(2t); c1 , c2 ∈ R.
4

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