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Introduction 

L’étrange destin de Wangrinest une production littéraire de l’écrivain Hampaté Bâ de


381 pages qui raconte le parcours professionnel du personnage principal Wangrin
dans le circuit colonial. C’est d’un style remarquable que Hampaté Bâ nous fait part
d’une histoire amusante d’une part et d’autre part choquante. L’œuvre est éditée
sous les presses 10/18 « Domaine Etranger » en 1973. Se canalisant dans la
période coloniale, cette œuvre montre tous les traites de la ruse d’un homme de race
noire qui voulait à tout prix se faire fortune. En effet, on n’assiste pas seulement à un
récit mais à des suites d’aventures. Notre étude se dirigera alors à la recherche de la
compréhension de cette œuvre.

Hampâté Bâ est né en 1900 ou 1901 à Bandiagara, chef-lieu du pays Dogon et


ancienne capitale de l’Empire toucouleur. Enfant de Hampâté Bâ et de Kadidja Pâté
Poullo Diallo, il est descendant d’une famille peule noble. Peu avant la mort de son
père, il sera adopté par le second époux de sa mère, Tidjani Amadou Ali Thiam, de
l’ethnie toucouleur. Il fréquente d’abord l’école coranique de Tierno Bokar, un
dignitaire de la confrérie tidjaniyya, avant d’être réquisitionné d’office pour l’école
française à Bandiagara puis à Djenné. En 1915, il se sauve pour rejoindre sa mère
à Kati où il reprendra ses études. En 1921, il refuse d’entrer à l’École
normale de Gorée. À titre de punition, le gouverneur l’affecte à Ouagadougou, en
qualité d’« écrivain temporaire à titre essentiellement précaire et révocable ».
En 1942, il est affecté à l’Institut français d'Afrique noire (IFAN) de Dakar grâce à la
bienveillance de son directeur, le professeur Théodore Monod. Hampâté Bâ se
consacre alors entièrement à son travail de recherche et d’écriture. Les dernières
années de sa vie, il les passera à Abidjan en Côte d'Ivoire à classer ses archives
accumulées durant sa vie sur les traditions orales d’Afrique de l'Ouest.
1. I.                   RESUME ET STRUCTURE DE L’ŒUVRE
1.1.                     Résumé
Wangrin est un homme africain né dans la brousse auprès de ses parents où sa
mère avait connu les grandes souffrances lors de sa venue au monde. Bénéficiant
de la décision des Blancs sur « l’école des Otages », Wangrin apprit à lire, à écrire, à
compter et à parler correctement en Français. Cet avantage lui a permis d’acquérir
une valeur importante chez les Blancs-Administrateurs. Ce fut de là que commença
sa réussite montante. Il fut alors désigné comme interprète des administrateurs,
commandant de cercle. Ceci lui voua à une supériorité envers ses semblables. Doté
d’une technique intelligente et la ruse, il sut occuper divers postes d’interprète
comme après de Marc-Gabriel Galandier, commandant de cercle de Diagaramba ou
le commandant Tolber. Il jura par toutes les techniques qu’il s’enrichira. Déchaînant
technique par technique, il arriva à satisfaire son désir, à échapper à toutes les issus
possibles, des situations. Même le conflit qui l’avait opposé au Comte de Villermoz, il
était sorti indemne. Ce succès, il se le glorifiait jusqu’au jour où il se donna comme
ennemi Romo, qui était lui aussi un interprète. Wangrin voulut hériter de sa place
pour s’enrichir. Pour cela, il usa de sa ruse pour le faire quitter. Depuis lors, la guerre
fut déclarée entre eux. Roma jura de faire tout pour l’avoir soit pour le mettre en
prison soit pour le tuer. Quant à Wangrin, il jura le faire regretter le jour de sa
naissance et à chaque fois qu’il lui tendra un piège, il s’en sortirait avec sa ruse.
Exploitant les administrateurs coloniaux, le Comte de Villermoz devint aussi son
ennemi craché.

Devenu riche, Wangrin n’eut jamais pensé qu’il pourrait connaître la misère. Il tomba
en faillite mais n’eut jamais demandé quoi que ce soit à quelqu’un. Mais, un soir, lors
d’une réunion entre Wangrin et ses proches, il fut exposé à une pluie très violente où

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il laissa son âme. Le lendemain, son corps regagna la terre où Romo était venu
parler. Même s’il fut en tout temps l’ennemi de Wangrin, en ce jour, il vint à déclarer
que Wangrin était un genre d’homme qu’il n’eut jamais vu. La mort est inévitable.
Alors, il compatissait avec du chagrin au cœur. Il déclara qu’il n’aurait pas souhaité la
mort de Wangrin. La foule s’en alla émue et Wangrin à terre.

 1.2.                     STRUCTURE DE L’ŒUVRE
L’étrange destin de Wangrin de Hampaté Bâ est une œuvre de 36 chapitres. Ainsi,
on a :

1. 1.     La naissance (page 13 à 22)

Wangrin avait vu le jour à Ninkoro-Sira où sa mère se débattait pour ses douleurs de


l’accouchement. Le père de Wangrin était fier de son fils. Il était confié au dieu Komo
qui prédit que Wangrin mourait à l’étranger. Wangrin était Bambara et avait appris à
lire et à écrire. De suite, il fut nommé moniteur puis désigné à diriger une école à
Diagaramba.

1. 2.     Diagaramba (page 23 à 43)

Diagaramba est la capitale de l’empire Nimaci, c’est l’endroit où Wangrin se pointa


pour la première fois pour son enseignement. Ce fut le lieu où Wangrin alla
rencontrer le commandant de cercle de Diagaramba. Alors, il ouvrit l’école à
Diagaramba et fit recruter beaucoup d’enfants. A ce coup, il gagna la confiance de
tout le monde notamment celle de Racoutié et de Koutena.

1. 3.     Premier combat (page 44 à 50)

Racoutié était bien et bel interprète du commandant et ce, il se vanta. Alors qu’il vit
que sa place était menacée, il avança à l’endroit de Wangrin. Lors d’une petite fête
qu’organisa Wangrin, Racoutié se présenta et d’un ton menaçant proféra des injures
et insulta Wangrin. Ce dernier riposta et affronta Racoutié par trois gifles. Celui-ci fut
déshonoré et couvert de honte. De toute façon, l’affaire fut étouffée par
l’administration. Cependant, Wangrin fut désigné pour être chargé de la fonction
d’interprète auprès du commandant pendant les grandes vacances.

1. 4.     Début d’une carrière (page 51 à 57)

En s’alliant au commandant, Wangrin devint son interprète en même temps que son
secrétaire. Il eut des amis : Abougui Mansou et Koutena. Ce dernier devint son griot.
Ce fut alors le moment où Wangrin s’installa dans un confort. Wangrin devint l’ami de
tout le monde et la vie roulait comme un train.

1. 5.     Où le malheur des uns… (page 58 à 65)

Il vint à un moment de l’histoire que la France fut menacée. Alors, le commandant de


cercle ordonna la réquisition des charges de mil, de riz, des matières grasses, etc.
pour ravitailler les forces présentes de l’autre bout du monde. Ce fut l’arrivée de
Jean-Jacques Villermoz dans le cercle. Il était juste présent pour la réquisition. Ce fut
aussi l’insertion d’Abougui Mansou dans le circuit. Ainsi, Wangrin en profita pour se
faire fortune : en effet, il se fit une grande part des bœufs demandés, ce qui lui
donnait de la fortune et chaque soir, c’était la fête chez lui. Et, les pauvres en
profitaient pleinement.

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1. 6.     L’orage éclate (page 66 à 77)

Suite à l’affaire des bœufs, l’inspecteur Charles de Brière venait à se rendre dans le
cercle de Diagaramba pour une inspection suspecte. Le Comte de Villermoz était
muté et le commandant de cercle sur les nerfs. Même Wangrin était inquiet. Cette
inspection ne passa pas sans conséquences. En effet, l’inspecteur dévoila dans son
rapport une « affaire de bœufs ». Et ce, le commandant Galandier, le Comte de
Villermoz étaient indirectement impliqués et Wangrin directement visé.

1. 7.     Le messager du Comte (page 78 à 84)

A cette annonce, le Comte de Villermoz envoya son messager pour retirer auprès de
Wangrin les pièces justifiant la réquisition des bœufs. Wangrin dans la manie de sa
ruse sut comment procéder. Au retour, le messager se fit voler le colis de papiers par
un enfant, Wande Addul. Le Comte de Villermoz se fâcha et envoya en prison son
messager. De son côté, Wangrin se prépara.

1. 8.     Le procès (page 85 à 97)

A cet effet,  un procès fut engagé en instance puis transféré au tribunal de Dakar.
Les deux parties étant le Comte de Villermoz et Wangrin, chacune défendant son
intérêt. Le Comte de Villermoz se défendant sous prétexte qu’il avait été dupe et
trompé par abus de confiance par Wangrin. Ce dernier se défendit aussi en déclarant
que le Comte de Villermoz était responsable de toutes les fraudes qui pouvaient
découler des réquisitions des bœufs et, il disposa des témoins à l’appui. Toutefois,
Wangrin et le Comte de Villermoz sortirent indemnes de cette affaire plus, Wangrin 
perçut une somme d’argent pour le dédommagement.

1. 9.     L’âne et le miel (page 98 à 128)

Wangrin était affecté à Goudougaoua en pays mossi. Il quitta Diagaramba et en


passant, il fit escale à Yagouwahi. Il fit la connaissance de Romo Sibedi, un
interprète du commandant de Yagouwahi. Le gratifiant de plusieurs mets et loisirs,
Romo croyait faire plaisir à son invité. Avant de partir, Wangrin jura à Romo qu’il
reviendrait prendre sa place à Yagouwahi. Celui-ci fut surpris mais rposta. Avec
l’aide du commandant Quinomel, Wangri fit mettre à la connaissance son dossier au
commandant Jean Gordane. Alors, il vint remplacer Romo. Ce qu’il avait promis, il l’a
tenu. Du coup les deux interprètes se déclarèrent la guerre.

10.Le fils de Romo et la belle Pougoubila (page 129 à 142)

Sachant que le fils de Romo, Doumouna lui causerait problème dans


l’accomplissement de ses tâches, Wangrin profita d’une occasion parfaite pour
l’envoyer en prison. En effet, le fils de Romo aimait s’amuser avec les jeunes filles
qu’il recrutait pour le travail sur un chantier qu’il avait la charge. Ainsi, il lui arriva qu’il
abuse injustement et sans le gré de Pougoubila. Elle fut fortement touchée par cet
abus et, poussée par Wangrin, sa famille déposa une plainte qui se justifia contre le
fils de Romo. Son affaire était rapidement tranchée et fut immédiatement menée en
prison.

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11.La mort d’un grand chef et ce qui s’en suivit… (page 143 à 156)

Brildji Madouma Thiala fut le chef de la province de Wita. Il vint à mourir. Karibou
Sawali, son frère fut très ému par ces nouvelles. Wangrin se présenta en personne
pour assister ou apporter ses condoléances aux membres de la famille du défunt. Ce
fut là que Wangrin mit des idées dans l’esprit de Karibou pour qu’il lutât afin de
conquérir le trône qu’avait laissé son frère. Le but étant de se faire fortune.

12.Le guet-apens (page 157 à 168)

Wangrin fut sollicité par Diofo concernant le coprs de leur chef Brildji. Voulant le
coincer pour l’obliger à ne pas déterrer le corps de Brildji, Diofo faillit tuer Wangrin
mais celui-ci s’échappa. Retournant chez lui, ce dernier fit comme rien ne s’était
passé. Le lendemain même du « coup-raté », Diofo rendit visite à Wangrin pour lui
proposer un marché en lui amenant dix kilogrammes d’or en vue de la conclusion
d’un accord.

13.La couvée de l’oiseau calamiteux (page 169 à 184)

Aidé par Souleymane, l’Imam de la Mosquée de Witou, Wangrin affirma à Karibou


qu’il ne pouvait faire exhumer le corps de son frère. Tenant en compte l’accord avec
Diofo, Wangrin procéda d’une autre manière pour gagner la confiance de Diofo et de
Karibou pour encore s’enrichir davantage. Retournant dans son cercle, il se sépara
de tout le monde avec une joie au cœur.

14.Un turban encombrant (page 185 à 191)

De retour à Yagouwahi, Wangrin vit qu’il est indirectement en danger. Il alla consulter
son conseiller, marabout qui priait toujours pour lui. Après quoi, il alla voir le
commandant pour lui faire le rapport de ce qu’il eut à faire à Witou. Le commandant
n’était pas comme à l’accoutumé. Wangrin sut calmer cette émotion. Il lui confia alors
l’affaire de succession à Witou où Diofo et Karibou étaient directement impliqués.
Alors, cette question serait traitée comme il se devait.

15.Où chacun a sa part (page 192 à 198)

A qui revient le trône de la province de Witou ? Cette question eut été rapportée chez
les grandes administrations de l’empire par Wangrin. Sachant que son intérêt était en
jeu, il fit précipiter l’affaire. Alors, il fut décidé que Loli ait la fortune héritée de son
père et Karibou le turban. Wangrin sut convaincre les deux personnages concernant
la décision. Et des soirées pendant, Loli dépensa la moitié de sa fortune où Wangrin
tira sa part.

16.Le songe de la bergère peule (page 199 à 207)

Wangrin reçut la visite d’une bergère peule qui venait à conter son songe. Dans ce
songe, Wangrin se trouva dans une situation où deux hommes voulurent de lui. Et
derrière une dune, Wangrin fut pris par un de ces hommes. Par interprétation, ce
songe voulut dire que les deux hommes étaient le Comte de Villermoz et Romo qui
en voulurent à Wangrin. Effectivement, quelques temps après, le Comte revint
s’installer dans un cercle proche te fit appel à Romo. Catastrophe !

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17.Presque dans la gueule du lion (page 208 à 218)

Le Comte du Pont de la Roche, sur demande, envoya Wangrin dans le cercle où


était installé le Comte de Villermoz. Wangrin voyant que cette mutation lui causerait
préjudice, il fit tout pour rester. En effet, le Comte du Pont de la Roche l’emprisonna.
Et craignant que Wangrin le dénonce, il relâcha.  Mais, la mutation de Wangrin fut
effectuée.

18.Où Wangrin repart d’un bon pied (page 219 à 229)

Wangrin prit ses fonctions dans le cercle de Dioussola qui a pour commandant le
baron Arnaud de Bonneval. Il convint le baron pour devenir son interprète. Peu de
temps après, il constitua très rapidement son réseau de renseignement pour bien
s’installer. Gagnant la confiance du baron, Wangrin repartit d’un bon coup.

19.Un serment qui porte des fruits (page 230 à 237)

Wangrin se décida encore de se lancer à la quête de la fortune. Lors d’une grande


foire, Wangrin fit mêler quelques uns de ces agents « formés » pour s’enrichir.
Bizarrement, ce fut le cercle du baron qui bénéficiait des plus gros bénéfices de cette
foire. Le commerce marchait bien. Les autres commerçants soupçonnaient Wangrin
d’être quelque chose dans cette affaire pendant que Romo se renseignait toujours.
Ce qui prédit déjà un succès.

20.La reconversion (page 238 à 244)

Henri Tolber vint à remplacer le commandant sur place. Il voulut muter Wangrin mais
celui-ci lui expliqua un peu ce qui se passait. Alors, Romo fut appelé pour venir
prendre fonctions. La passation de service  se déroula dans une atmosphère floue.
Le commandant Tolber ne comprit rien de tout ce qui se passait. Tout de même,
Wangrin resta sur le territoire Dioussola.

21.Une histoire d’éléphants (page 245 à 254)

Wangrin se destitua de sa fonction d’interprète et se versa dans le commerce. Il créa


une société de commerce nommée la C.I.E.B. Il en devint le directeur et prospéra
dans les affaires. Sanoun était chargé par Romo pour lui faire le rapport des faits de
Wangrin. Ce qui semblait étrange, c’était que Sanoun était utilisé par Wangrin et
Romo. L’abat de trois mâles d’éléphants fut une affaire qui impliqua Wangrin et cette
affaire était attisée par Romo. Or, Sanoun dont se servait Romo était manipulé par
Wangrin.

22.Une arrivée inquiétante (page 255 à 260)

Le commandant Tolber était de retour des sa tournée de trois ans. Kalalempo


Kompari fut sollicité par Wangrin pour sa géomancie. L’arrivée du commandant
Tolber risquait la place à Romo. Alors, Romo était aidé par le commandant Jacques
de Chantalba. Ils tissèrent de bonnes relations amicales, ce qui devait constituer une
vigilance pour Wangrin. Ceci étant la recommandation du géomancien Kalalempo
Kompari.

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23.Belle Bichette des carrefours (page 261 à 269)

Tenin, une fille élevée par Wangrin vint à Dioussola. Wangrin la convoqua pour
l’aider à verser un liquide donné par le géomancien dans le souper du commandant.
Celle-ci esquissait un sourire et accepta.

24.D’une pierre… deux coups (page 270 à 288)

Tenin devint la maîtresse du commandant Jacques de Chantalba. Elle aida son boy
à faire consommer le philtre au commandant pendant six jours. Conséquemment,
Wangrin pouvait avoir l’emprise totale sur le commandant.

25.Chaude alerte ! (page 289 à 293)

Dans son commerce, Wangrin fut surpris entrain de vendre des liqueurs aux anciens
tirailleurs. Or, Romo cherchait à piéger Wangrin. Alors, il fit venir un inspecteur pour
constater les faits. Informé par le cuisinier du commandant Jacques de Chantalba,
Wangrin fit disparaître toutes les liqueurs. L’inspecteur partit alors bredouille. Au
bout, Wangrin sortit de l’affaire sans accusation.

26.Où Romo tient sa promesse… et Wangrin la sienne (page 294 à 302)

Romo s’était donné la fonction d’arrêter Wangrin. Se préparant des pouvoirs


magiques, il se rendit chez lui accompagné de plusieurs gardes. Wangrin n’était pas
dupe. Il n’allait pas le suivre car il avait juré qu’il sortirait de tous les pièges que
pouvait lui tendre Romo. En effet, Il s’en sortit. Avec une malice, il sut cracher et
gifler Romo. Ce dernier réalisa que Wangrin l’avait bien eu se décida de se suicider.
Heureusement, le couteau dont il s’était servi n’eut atteint ses organes vitaux.
Wangrin disparut du territoire et revint en tant que prisonnier transféré et après un
jugement, il fut libéré de toutes charges du pouvoir judiciaire. Son avocat Mahibira
Seri s’était chargé de tout. Quant à Romo, il sortit de l’hôpital et fit un mois de
convalescence.

27.Souvenir « made in Wangrin » (page 303 à 310)

Romo fut éliminé de la compétition. Wangrin s’attaqua aussi au commandant pour lui
faire regretter le tort qu’il avait eu à causer à Wangrin. Comme il savait que la
faiblesse du commandant était Tenin, il la fit disparaître. Le commandant usa de
toutes ses méthodes pour la retrouver en vain. Ce fut en ce moment qu’il fut obligé
de recourir à Wangrin. De là, il fut né une conversion de guerre en amitié.

28.Premier avertissement : le géomancien haoussa (page 311 à 315)

Un géomancien haoussa vint à Wangrin pour lui avouer qu’il vit le soleil  de Wangrin
s’éclipser au coucher. D’un bond, Wangrin ne crut et se mit à rire. Son succès et
l’augmentation de sa fortune l’avaient complètement façonné. Il ne pouvait plus faire
l’aumône comme auparavant. Ceci constituait un mauvais présage.

29.Madame Blanche-blanche (page 316 à 322)

Wangrin se rendit à Dakar dans le but de se faire plaisir. Pendant trois mois, il
s’amusait bien et connut Monsieur et Madame Terreau. La dame était une femme qui
travaillait dans un bar dans le but de faire couler les liqueurs que les clients

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achetaient. Son mari était un mécanicien professionnel. Wangrin noua une relation
amicale avec eux. Il rentra ensuite sur ses terres.

30.Deuxième et troisième avertissements : l’oubli fatal, le python sacré (page


323 à 327)

Wangrin revint dans sa famille. Il constata qu’il avait omis d’emporter avec lui le sac
que contenait le dieu-protecteur. Il réalisa qu’il se trouvait dans une grande impasse.
Il se donnait alors aux sacrifices pour réparer les fautes commises. Ceci étant le
deuxième et le troisième avertissement. Wangrin serait facilement frappé de tous les
coups.

31.Madame Bons-offices (page 328 à 333)

Wangrin était en petite faille. La malchance le rejoignit peu à peu. Voyant que ses
activités commerciales étaient en récession, il fit venir le couple Terreau et leur
construit un grand garage en vue de leur activité. Peu à peu, Madame Terreau devint
la maîtresse de Wangrin.

32.La perte irréparable (page 334 à 336)

Ne sachant pas que cette relation pouvait lui causer tort, Wangrin se réjouissait avec
cette dame. La malchance était toujours à ses trousses. Un beau jour, Madame
Terreau mit aux ordures un sac de peau de chat noir. Wangrin, à la connaissance de
cette nouvelle chuta et se fut converti dans des actes incompréhensibles. Il se mit à
boire et dépenser son argent. Voici les signes de sa faillite.

33.Dernier avertissement : la tourterelle au cou cerclé de noir (page 337 à 342)

Dans sa protection, Wangrin ne devait voir la tourterelle au cou cerclé à demi d’une
fine bande noire. Ce fut lors d’une chasse qu’il découvrit cet oiseau. Alors, il sut que
c’était le dernier trajet à parcourir. A ce coup, Wangrin resta immobile. Zambila l’aida
à rentrer en ville. Ah ! Le destin est une forge qui appelle sans cesse l’homme.

34.Clochard et philosophe (page 343 à 349)

Wangrin  se retrouva dans une situation où il ne faisait que boire, consommer son
« sou ». Le couple Tierreau en profita pour amasser aussi leur fortune. Les autres
concurrents commerciaux attendaient qu’il soit temps pour que Wangrin parte en
faillite. Peu à peu, cette faillite s’observa. Wangrin n’écoutait personne sinon que sa
bouteille et son verre de liqueur. Personne ne put le raisonner.

35.Les trois sangs et la mort (page 350 à 353)

Un soir, Wangrin était en présence de ses proches quand il fit le résumé de son
parcours. La foule l’écoutait quand une pluie violente éclata. Seul Wangrin resta
dans les parages. Malheureusement, cette pluie emporta son âme. Après la pluie,
l’on avait vu son corps accroché à un plancher. Que c’est triste !

36.L’adieu (page 354 à 358)

La mort de Wangrin se fit suivre du rassemblement d’une foule pour mettre à terre le
corps de Wangrin. Romo vint à demander la foule celui ou celle qui a des créances
envers Wangrin. Personne ne se fit présenter. Puis,  il demanda celui ou celle qui a

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des dettes avec Wangrin pouvait se présenter. Il ne vit personne. Alors, Romo
déclara tout ce qu’il avait sur le cœur concernant Wangrin et conclut que Wangrin
était son ennemi mais il n’aurait voulu qu’il finisse ainsi.

 
1. II.                Etude des personnages
2.1.                     Personnage principal

Wangrin est un homme voué à la réussite comme il se l’est dit. Alors, il se dit qu’il
faut la richesse pour se réaliser pleinement. Sa réussite montre que Wangrin a
connu une évolution très remarquable. Par rapport aux autres interprètes, Wangrin
demeure le plus instruit et le plus malin. Sa ruse de lièvre lui a permis d’échapper à
plusieurs prises. Son caractère envers les plus démunis de la société prouve qu’il a
de la compassion pour les pauvres, cause pour laquelle, certains regrettent sa mort.

 2.2.                     Personnages secondaires

Le Komo : est le dieu-protecteur de Wangrin à qui le père de Wangrin a confié son


fils. Il reçoit les nouveau-nés au sein de la communauté.

Koutena : est un griot qui a bien reçu Wangrin à Diagaramba lors de son arrivée.
Plus tard, il deviendra son griot, sa bouche qui chanterait les louanges de son maître.

Racoutié : est un vieil interprète auprès du commandant de cercle. Prenant place


dans la société et se croyant la bouche de l’interprète, menaçait les membres de la
société. Un beau jour, toute sa gloire est mise à terre par Wangrin lorsqu’il le prend
en bagarre et est vaincu par trois gifles. L’affaire est ensuite classée par
l’administration et Racoutié est remplacé par Wangrin.

Abougui Mansou : est un vieil homme qui s’est chargé d’être ami, père de confiance
pour Wangrin. Il le conseille, le protège nuit et jour.

Mamadou N’Diaye : est maître menuiser du cercle, originaire de la commune de


Saint-Louis.

Tierno Siddi : est le marabout que consulte toujours Wangrin.

Jean-Jacques de Villermoz : est un jeune adjoint appartenant au cadre des commis


des affaires indigènes. Il vient dans le cercle pour les affaires des réquisitions.

Ousmane Samba : est un fonctionnaire indigène qu’invite souvent Wangrin. Il


s’énerve lors d’une soirée parce que Koutena, le griot de Wangrin semble l’insulter
indirectement.

M. de Brière : est un inspecteur qui vient dans le cercle où est installé Wangrin pour
inspecter toutes les affaires du cercle. Malheureusement, il découvre quelques points
obscurs dans le cercle. Il les mentionne dans son rapport mais le point qui tient l’œil
est celui de l’affaire des bœufs.

Galandier : est le commandant du cercle Diagaramba. C’est un homme qui aime


trop ses interprètes. Wangrin est son interprète qu’il a su aimer beaucoup. Il était
impliqué dans l’affaire des bœufs. Mais, il est sorti sans jugement de l’affaire, puis il
rentre en France.

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Arnaud de Bonneval : est un commandant de cercle. Il conclue un accord avec
Romo pour muter Wangrin. Après son séjour, il rentre en France.

Romo Sibedi : est un interprète de commandant. Il est devenu par la suite l’ennemi
craché de Wangrin et lutte vraiment contre jusqu’à sa défaite inédite où il lui a fallu
un suicide « inachevé ».

Monsieur et Madame Tierreau : constituent un couple formidable qui a été aidé par
Wangrin.
 
1. III.             Etude des thèmes
3.1.                     Thèmes principaux
L’administration coloniale

Dans ce livre, l’administration coloniale se repose sur un gouvernement direct où les


chefs coutumiers ne tiennent pas directement office de leurs fonctions. Ils sont
gouvernés par les administrateurs blancs sous la forme de commandant. On a par
exemple, le commandant Quinomel, le commandant Gordane, etc. Ces personnalités
ont une influence très grande sur les cercles qu’ils commandent. Avec l’aide des
interprètes, ils arrivent à gouverner, à juger des affaires, à établir la paix entre les
administrés. Dans ce système de gouvernance, pour muter un  fonctionnaire d’un
poste à un endroit, il faut des documents rédigés hiérarchiquement. En effet,
l’organisation de l’administration coloniale est une hiérarchie où la basse échelle
obéit à la grande échelle. La gouvernance se fait sans compromettre les intérêts de
la France, les intérêts généraux des chefs blancs.

La recherche de la richesse

La richesse à laquelle Wangrin s’est donnée est l’amassement des biens et revenus
pour satisfaire son envie. Wangrin s’est donné à cette pratique longtemps dès qu’il a
embrassé la fonction d’interprète. N’est-ce pas la recherche de cette richesse qui lui
a permis de déclarer ouvertement à Romo qu’il le ferait déloger pour acquérir ses
biens. Il a fait autant avec le Comte de Villermoz avec l’affaire des bœufs. Cette
réussite effrénée tant bien qu’elle est le fruit de plusieurs facteurs. Wangrin connait
bien les méthodes qui pourraient lui faire fortune. Sachant que la fonction d’interprète
n’avançait pas, il s’est reconverti au commerce. Le commerce, le commerce.

 
3.2.                     Thèmes secondaires
La personnalité blanche et noire
Ce mode de gouvernance a scindé les sociétés en deux. On a deux types de
personnalités tout en exerçant une fonction : les Blancs-blancs et les noirs-blancs.
Les premiers sont les Blancs qui viennent de la France pour gouverner les Noirs
subdivisés en cercle de commandement. Ils sont dans la plupart des commandants,
des commerçants, des enquêteurs, etc. Cependant, les Blancs-Noirs sont ces Noirs
qui se sont « transformés » en Blancs pour leur ressembler. Il s’agit des
personnages qui, par leur formation à « l’Ecole des Otages », deviennent des cadres
pour l’administration coloniale. C’est le cas de Wangrin qui a été formé dans son
pays et finit par devenir l’interprète de différents commandants. Sa prise de fonction
commence par l’enseignement puis par l’interprète même secrétaire pour le
commandant. (Réf. P 51) « Wangrin n’était pas seulement un interprète des
palabres, mais il servait également de secrétaire au commandant. Il distribuait le
courrier, préparait les dossiers de chaque affaire et reclassait méthodiquement les

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archives… ». Cette personnalité lui confère un haut prestige vis-à-vis de ses
semblables. Il le fallait bien car, la fonction occupée pendant cette période n’était
point une fonction  du genre à évaluer à zéro. Force est de constater que même pour
nommer un Noir comme Monsieur, ce dernier doit accomplir un acte
vraisemblablement admirable.
L’échec
L’échec défini comme l’insuccès, est dans cette œuvre le thème final auquel le
personnage principal finira son destin. En effet, Wangrin n’avait pas cru qu’il pourrait
être voué à l’échec. Mais, le destin n’a pas dit son dernier mot. L’échec vient à lui
donner un autre visage qui certainement le conduira à la mort. L’auteur dit à cet effet
que Wangrin tient sa promesse mais aussi le destin aussi.
Les songes
Les songes ne sont faits pour être piétiner. Ils préviennent le concerné pour un
évènement à venir. Wangrin lui-même savait cela. Les songes de bergère peule
(Réf. P 199) a su lui attirer l’attention. C’est une introduction à un évènement qui se
tiendra. Et, dans la tradition africaine, ces songes doivent être interprétés pour que
sacrifice soit fait afin d’être libéré d’un malheur. Les songes sont dans la plupart
annonciateurs de malheur.

 IV.              Etude de l’espace et temps


4.1.                     Espace
Le cadre spatial dans cette œuvre se limite à certains lieux qui sont : Dakar,
Diagaramba, Eldika, Zadoun, Koumassi, Yougouwahi, Dioussola, Ninkoro-Sira,
Witou, etc. Tous ces lieux peuvent être localisés en Afrique de l’Ouest dans les
colonies françaises autour de Sénégal.

4.2.                     Temps

En se basant sur un récit rapporté d’un personnage, l’auteur s’inscrit dans le temps
du même personnage car, dit-il, il a exposé des faits réels du personnage. Ce temps
est situable à l’époque où les colonisateurs blancs étaient basés en Afrique, vivent
avec les Noirs. C’est une époque dans laquelle le Noir peut acquérir le titre de
Monsieur, peut se donner un véhicule sa force commerciale est enviable. Donc, le
temps correspond à la période coloniale.
1. V.                 Etude littéraire
5.1.                     Mode de narration

Hampaté Bâ va s’imprégner essentiellement de deux tonalités. La première est la


tonalité lyrique où il évoque le sentiment de joie (pour celui qui soutient Wangrin) et
de défi (celui qui soutient Romo ou les Blancs). Aussi, vers la fin du récit, l’auteur va
utiliser le ton tragique pour exprimer la fin tragique du personnage principal Wangrin
à travers les chapitres « La perte irréparable », « Dernier avertissement : la
tourterelle au cou cerclé de noir », « Les trois sangs et la mort », « L’adieu ». Il ne
s’est pas seulement appuyé sur les tonalités ; il a utilisé beaucoup de proverbes.
Certaines phrases prononcées par Wangrin ou par Romo sont toutes remplies
d’enseignement sur la manière de vivre avec sa famille et même avec la société. En
effet, Hampaté Bâ ne s’est pas basé sur une narration simple comme nous le
pensons, il a utilisé certaines techniques de narration complexes afin de faire
parvenir le message.

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 5.2.                     Registre de langue
Comme toute œuvre contemporaine, ce roman s’inscrit dans le registre de langue
soutenu du fait de l’emploi d’un vocabulaire bien choisi et soigné, le respect et
l’emploi cadencé des temps de conjugaison. Mais, pour donner un ton comique à
certains passages, il va transcrire des mots déformés par les Noirs de l’époque qui
déformaient le Français à leur guise. Cette technique s’imprègne du registre de
langue familier puisqu’à ce niveau, les mots sont totalement déformés, le non-
respect des règles de conjugaison, l’emploi exagéré de certaines expressions, le
choix « trop gauche » d’un vocabulaire « à l’africain ».
 5.3.                     Figures de style
Les figures de style utilisées sont la comparaison, la métaphore, l’hyperbole qu’il
convient de développer.

 Conclusion

En définitive, L’étrange destin de Wangrin de Hampaté Bâ est une œuvre qui nous a


relatés les faits d’un personnage. Ce personnage a agit selon sa passion, son désir,
sa volonté. Ce personnage, Wangrin, l’auteur nous l’a décrit tel qu’il est, agissant
d’une intelligence bien particulière. L’auteur s’est bien doté d’une expérience qui peut
nous servir. Déduisons que cette œuvre même si elle s’est inscrit dans une époque
où les chefs africains n’avaient pas leur autorité, est un instrument qui peut nous
permettre de conclure que le destin, même si le choix de l’homme est meilleur, finira
pas tenir sa promesse. Le destin est un élément extérieur que l’homme ne peut
maîtriser. A cet effet, cette œuvre doit véritablement tenir sa place dans la
pédagogie.

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