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Généralités sur la gestion de la production

Généralistes sur la gestion de la production


1. Définition de la gestion de production
Pour définir de la gestion de production, il faut d’abord savoir ce que l’on entend par la
production. La production consiste en une transformation de ressources (humaines ou matérielles)
en vue de la création de biens ou services :
➢ La production d’un bien s’effectue par une succession d’opérations consommant des
ressources et transformant les caractéristiques de la matière. Un exemple classique est la
production de voitures.
➢ La production d’un service s’effectue par une succession d’opérations consommant des
ressources sans qu’il n’y ait nécessairement transformation de matière. Des exemples
classiques sont la mise à disposition de produits aux consommateurs (la vente), le
traitement de dossier (par un notaire), la maintenance d’équipements.
On peut alors définir la gestion de production comme étant la recherche d’une organisation
efficace de la production des biens et services. Elle consiste donc à l’obtention d’un produit donné
dont les caractéristiques sont connues en mettant en œuvre un minimum de ressources.
En gestion de production, on considérera, généralement, comme données les caractéristiques
du produit que sont :
➢ La définition du produit;
➢ Le processus de fabrication;
➢ La demande à satisfaire.
Ces trois caractéristiques du produit relèvent des sciences de l’ingénieur et de la gestion
commerciale.
Les outils de la gestion de la production sont un ensemble de techniques d’analyse et de
résolution des problèmes de manière à produire au moindre coût. Pour situer ces différents
problèmes entre eux, on classifie souvent les décisions de gestion en trois classes :
i. Les décisions stratégiques
Il s’agit de la formulation de la politique à long terme pour l’entreprise (c’est-à-dire à un
horizon de plus de deux ans).
Entrent dans ces décisions :
➢ La définition du portefeuille d’activités ;
➢ La définition des ressources stables : aussi bien humaines (engagements, licenciements,
préretraites, …) que matérielles (décisions d’investissement, de cession, de fermeture, . . .).
ii. Les décisions tactiques
Il s’agit des décisions à moyen terme, parmi lesquelles on trouve la planification de la
production à 18 mois. Il s’agit de produire au moindre coût pour satisfaire la demande prévisible
en s’inscrivant dans le cadre fixé par le plan stratégique de l’entreprise (donc à ressources
matérielles et humaines connues).

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iii. Les décisions opérationnelles


Il s’agit des décisions de gestion quotidienne pour faire face à la demande du jour au jour,
dans le respect des décisions tactiques. Parmi ces décisions, on trouve :
➢ La gestion de stocks ;
➢ La gestion de la main d’œuvre ;
➢ La gestion des équipements.
Ces trois classes de décisions de gestion de production se différencient par au moins trois
éléments :
a. Par l’horizon de temps considéré :
➢ Les décisions opérationnelles se prennent au jour le jour ;
➢ Les décisions tactiques concernent la planification à 18 mois ;
➢ Les décisions stratégiques concernent la planification à long terme.
b. Par le niveau d’agrégation :
➢ Les décisions opérationnelles se prennent au niveau d’un atelier ;
➢ Les décisions tactiques se prennent au niveau d’une usine ;
➢ Les décisions stratégiques se prennent au niveau de l’ensemble de l’entreprise.
c. Par le niveau de responsabilité :
➢ Les décisions opérationnelles sont prises par les agents de maîtrise ;
➢ Les décisions tactiques sont prises par les cadres ;
➢ Les décisions stratégiques sont prises par la direction générale.
2. Objectifs de la gestion de production
L’objectif essentiel, de la gestion de production, quelle que soit l’organisation est d’obtenir le
produit permettant la satisfaction du client dans les délais à un coût concurrentiel.
Cette mission doit être remplie en atteignant 4 objectifs :
➢ Volume : Le volume de production doit correspondre aux objectifs commerciaux de
l’entreprise.
➢ Délai :
✓ Fournir au commercial des indications valables sur les délais qu’il serait possible de
tenir pour tel ordre client éventuel.
✓ S’efforcer pour les ordres reçus de respecter les délais maximums promis aux clients
par le département commercial.
➢ Qualité : Les services de la gestion de production doivent fournir aux services de
fabrication, sans erreur ni omission les informations nécessaires à l’exécution des ordres
clients.
➢ Coût : La gestion de la production doit :
✓ S’efforcer d’assurer le meilleur emploi du matériel et de la main d’œuvre.
✓ Minimiser les heures supplémentaires et les dépannages héroïques.
✓ Déterminer les enclenchements des différentes opérations, afin de minimiser l’en-
cours de fabrication et respecter les délais.

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3. Les composants du système de gestion de production


Dans une entreprise industrielle de nombreux services participent au système de production :
3.1. Le bureau des études
Il conçoit les produits nouveaux et définit la liste complète des composants entrant dans leur
fabrication. Il s’appuie sur la CAO (Conception assistée par ordinateur) pour l’élaboration des
produits.
3.2. Le bureau des méthodes
Il définit les différentes opérations et leur ordonnancement en vue d’obtenir le produit. Il
précise en fait comment le produit est réalisé, par quelle machine, avec quels outils et en combien
de temps.
3.3. Le service de planification
Il coordonne les activités de production à moyen terme. Il s’agit de planifier les
approvisionnements et les fabrications en utilisant les techniques de gestion des stocks, de calcul
des besoins, et de gestion des achats.
3.4. Le service d’ordonnancement
Il organise la production au sein des différentes unités. Il indique la succession des tâches à
réaliser en un temps minimum.
Les outils utilisés sont :
✓ Le diagramme de Gantt.
✓ Le graphique PERT
✓ La programmation linéaire.
3.5. Les services de production
Ce sont les ateliers assurant la transformation des matières premières en produits finis en
respectant les consignes et l’ordonnancement des services précédents.
4. Evolution de la gestion de production
Chronologiquement les écrits et réflexions concernant la discipline se présente comme suit :
➢ En 1776 A. Smith évoque les avantages de la division du travail ;
➢ Taylor : Organisation scientifique du travail en 1911 ;
➢ Ford : Travail à la chaîne et standardisation 1913 ;
➢ Wilson & Harris : La quantité économique entre 1913/1924 ;
➢ Fayol : Principe de direction et de gestion en 1916 ;
➢ Gantt : Ordonnancement des tâches de projets en 1917 ;
➢ Shewart : Contrôle de qualité en 1930 (application des mathématiques à des problèmes de
gestion) ;
➢ Dantzing : recherche opérationnelle (programmation linéaire et PERT…) en 1950 ;
➢ Introduction de l’informatique pour gérer une production complexe (gestion intégrée de
la production ; GPAO…) en 1960 ;
➢ Introduction de l’informatique dans l’entreprise e, 1970 ;
➢ Le renouveau des concepts de la gestion de production au japon en 1980 et avènement
des concepts du Juste à Temps (JAT).

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Dès lors la gestion de la production a connu les évolutions suivantes :


4.1. Automatisation
Elle permet de diminuer le cycle de fabrication, d’améliorer la qualité des produits, de
diminuer les coûts de production, de supprimer les tâches répétitives et dangereuses.
4.2. Informatisation
Elle apparaît à toutes les étapes de la production :
✓ Conception : avec des logiciels de CAO : conception assistée par ordinateur.
✓ Fabrication : avec des logiciels de conception de la fabrication assistée par ordinateur
(CFAO).
✓ Gestion de la production : GPAO (Gestion de la production assistée par ordinateur).
✓ Gestion des données techniques : SGDT (système de gestion des données techniques).
4.3. La flexibilité
Il s’agit de la capacité d'un système industriel à créer ou gérer la variété, afin de s'adapter aux
changements de l'environnement, internes (pannes machines, absences de personnel...) ou
externes (commandes urgentes, retard d'approvisionnement...), tout en maintenant son
équilibre. Cela dépend à la fois de la conception du produit et de la conception du processus de
productions.
Remarque : Flexibilité vs. Réactivité : La flexibilité est liée au nombre de choix possibles en
réponse à une perturbation, pendant que la réactivité est liée au processus de recherche de
solution à la perturbation.
Pré-activité : préparation à un changement prévisible
Pro-activité : action en vue de provoquer un changement souhaité
4.4. La réduction des stocks
Il s’agit de réorganiser le système de production pour diminuer au maximum les stocks. Une
méthode utilisée est le JAT : Juste à Temps.
5. Le système d’information lié à la gestion de production
5.1. Les nomenclatures
Il s’agit de définir la liste des articles entrant dans la fabrication d’un produit :
➢ Composés (sous-ensembles)
➢ Composants (articles entrant dans les composés).
La nomenclature indique pour chaque article :
➢ Son code,
➢ Son libellé,
➢ Le(s) niveau(x) d’intervention,
➢ Les quantités de composition.
Exemple : structure d’une table :

Figure 1 : structure d’une table

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Tableau 1: Structure d’une table


Code Code composant Libellé Quantité Niveau
composé composition
120 Table 1 0
204 Support 1 1
206 Plateau 1 1
204 Support 1 1
212 Grandes traverses 2 2
213 Petites traverses 2 2
214 Pieds 4 2
5.2. Les gammes d’opérations
Une gamme d’opération est un ensemble d’opérations nécessaires à la fabrication d’une pièce
(produit fini ou semi-fini).
On y trouve les éléments suivants :
➢ La nature du travail à effectuer,
➢ La liste des opérations à effectuer,
➢ Le poste ou la famille de postes où l’opération doit être effectuée.
➢ Les outils nécessaires à l’opération.
➢ La qualification des personnes qui exécuteront l’opération.
➢ La durée standard de l’opération, ainsi que les opérations de transit et d’attente.
On distingue deux types de gammes d’opération :
➢ Les gammes de fabrication,
➢ Les gammes d’assemblage.
5.3. La codification
La plupart des entreprises manipulent des milliers d’articles, une identification sous forme de
code est alors indispensable.
Ce système de codification doit alors répondre à 3 objectifs :
➢ Etre sans ambiguïté : chaque article doit avoir une et une seule référence.
➢ Etre homogène : même nombre de caractères
➢ Etre capable d’accompagner l’évolution de l’entreprise dans le temps (augmentation
du nombre d’articles à gérer par exemple).
Il existe trois principaux types de codification :
➢ Les systèmes séquentiels : le code est un nombre donné sans signification particulière
de façon chronologique ou aléatoire.
➢ Les systèmes analytiques : où chaque partie du code permet de décrire les
caractéristiques de l’article.
➢ Les codes mixtes : composés de parties significatives et de parties séquentielles.

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6. Typologie des systèmes de production


6.1. Classification selon les processus de production
6.1.1. Productions en continu
Tous les produits sont fabriqués suivant une même séquence d’opérations, à travers une
succession plus ou moins longue de postes. Exemple : fabrication automobile.
6.1.2. Productions de type « processus »
Les flux de matières premières sont transformés sans interruption au cours de diverses
opérations reliées entre elles par des systèmes de conduite ou de transport. Exemple : production
d’électricité
6.1.3. Productions discontinues
L’unité de fabrication est le lot. Dans un lot toutes les pièces sont identiques. Exemple : la
confection, mécanique, ameublement.
6.2. Classification selon l’organisation de la production
6.2.1. Organisation de type série unitaire (type projet) :
Elle se définit comme la mobilisation de toutes les ressources de l’entreprise pour la
réalisation d’un projet de production et ce sur une assez longue période. Exemple : travaux
publics, construction navale…
Ce procédé fait appel à un personnel qualifié pour l’exécution des taches non répétitives. Le
problème des stocks ne se pose pas puisque le produit final n’est pas stockable. Le problème
majeur est celui d’une conciliation entre une recherche de coût compétitif et un respect des
délais.
6.2.2. Organisation en ateliers spécialisés (production en petite série par lots)
Un système productif est organisé en ateliers spécialisés lorsque tous les équipements
assurant une même fonction technique sont réunis en un même lieu. Les ressources mobilisées,
la main d’œuvre est plutôt qualifiée et les équipements sont polyvalents.
Ce mode est la conséquence d’une production diversifiée de produit finis ou de composants.
Le problème de la gestion des approvisionnements est important. Ce dernier conduit à des coûts
de manutention importants. Pour diminuer ces coûts on essaye d’optimiser la localisation des
centres de production les uns par rapport aux autres (conception de l’atelier) ou bien l’ordre
d’exécution des diverses tâches sur une ou plusieurs machines (gestion quotidienne de l’atelier).
6.2.3. Organisation en lignes de production (production en grande série)
Un système productif est organisé en ligne de production lorsque l’agencement des
équipements est réalisé de telle sorte qu’un flux régulier de produit puisse passer d’un poste de
travail au suivant, l’ordre de passage restant toujours le même, afin que puisse être
progressivement fabriqué un produit manufacturé ou un service. La ligne de production est
réservée à la fabrication ou l’assemblage d’un produit unique ou d’un faible nombre de produits
différents en grandes quantités. L’exemple standard est l’assemblage des automobiles ou des
appareils électroménagers.

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Les équipements sont généralement très spécialisés. Le problème majeur consiste en


l’équilibrage de la chaîne : c’est-à-dire à définir les tâches à réaliser à chaque poste de manière à
avoir le même temps de réalisation à chaque poste
Deux autres problèmes sont très importants dans ce mode d’organisation de la production. Il
s’agit de : la fiabilité de la chaîne (un maillon défectueux et toute la chaîne s’arrête) et de la
fiabilité du système d’informations.
6.2.4. Les industries de process
On parle d’industries de process lorsque le mode d’organisation est caractérisé par un flux
régulier et important de matières premières destinées à être transformées en matières plus
élaborées.
Comme exemples, on peut citer la sidérurgie, la pétrochimie, le secteur de la chimie lourde, le
secteur agro-alimentaire, etc.
En ce qui concerne l’organisation efficace des ressources, vues l’importance et la régularité de
la demande, le problème d’organisation au coût minimum est généralement assez simple. Il peut
être résolu par la programmation linéaire.
6.3. Classification selon les rapports à la clientèle
6.3.1. Production sur stock
Une production pour stock est déclenchée par anticipation d’une demande solvable s’exerçant
sur un produit dont les caractéristiques sont définies par le fabriquant
Elle est nécessaire dans au moins l’un des deux cas :
➢ Lorsque le délai de fabrication et de livraison est supérieur au délai global accepté par le
client.
➢ Lorsque la saisonnalité de la demande qui oblige l’entreprise à faire des stocks pour ne pas
maintenir les hommes et les machines durant toutes l’année.
6.3.2. Production sur commande
Une production s’effectue à la commande lorsque tout ou partie de la fabrication (et /ou
assemblage) est déclenché par la commande ferme d’un client. Elle permet de réduire les risques
financiers et commerciaux et d’individualiser plus facilement le produit.
Ce procédé est parfois dicté par des contraintes, en effet dans le domaine des travaux publics
la totalité des projets sont réalisés à la commande (barrages, ponts, autoroutes…). Le choix du
procédé mixte est la meilleure solution
6.3.3. Assemblage à la commande
Ce type de production se situe entre les deux premiers. On fabrique sur stock des sous-
ensembles standards. Ces sous-ensembles sont assemblés en fonction des commandes clients.
Cette organisation permet de réduire de façon importante le délai entre la commande et la
livraison d’un produit. En effet, le délai apparent est réduit à l’assemblage des sous-ensembles.
Cette organisation réduit la valeur des stocks et permet de personnaliser les produits finis en
fonction des commandes clients.

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6.4. Classification selon la structure du produit


On peut distinguer :
➢ Les structures convergentes : fabrication de peu de produits finis avec beaucoup de
composants : industrie automobile.
➢ Les structures divergentes : où peu de matières premières donnent de nombreux
produits finis : industrie chimique.

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