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CHAPITRE V

LE TRANSFORMATEUR MONOPHASE

1. Introduction :
Un transformateur est un convertisseur « alternatif-alternatif » qui permet de modifier la valeur
d’une tension alternative en maintenant sa fréquence et sa forme inchangées. Le transformateur est
un appareil qui peut :
 Transformer une tension alternative d'une grandeur à une autre grandeur.
 Transformer un courant alternatif d'une grandeur à une autre grandeur.
 Isoler un circuit électrique d'un courant continu circulant dans un autre circuit
électrique.
 Faire paraître une impédance comme ayant une autre valeur.
Les transformateurs sont des machines électriques entièrement statiques, cette absence de
mouvement assure la transmission de la puissance avec un excellent rendement. Leur utilisation est
primordiale pour le transport de l'énergie électrique où l'on préfère « transporter des volts plutôt
que des ampères ». Ils assurent l'élévation de tension entre la source (alternateurs fournissant du
20000 V) et le réseau de transport (jusqu’à 400000 V ), puis ils permettent l'abaissement de la
tension du réseau vers l'usager.

2. Présentation :
Un transformateur est constitué d’un circuit magnétique sur lequel sont disposés deux bobinages
en cuivre : le primaire et le secondaire. On note N1 le nombre de spires du primaire et N2 le nombre
de spires du secondaire.
Pour distinguer le primaire du secondaire, on affecte l’indice 1 aux grandeurs caractérisant le
primaire et l’indice 2 aux grandeurs caractérisant le secondaire.
Dans ce cours, le transformateur est alimenté par une tension primaire alternative sinusoïdale v1(t),
de fréquence f = 50 Hz et de valeur efficace V1.
Le but d’un transformateur monophasé est de modifier la valeur efficace d’une tension : on passe
donc d’une valeur efficace au primaire, V1, à une valeur efficace apparaissant au secondaire, V2.
Le bobinage du primaire est celui qui est alimenté : il est donc un récepteur. On adopte alors au
primaire une convention récepteur.
Le bobinage du secondaire est celui qui alimente la charge : il est donc générateur. On adopte alors
au secondaire une convention générateur.

3. Fonctionnement :
Le bobinage du primaire est alimenté par une tension alternative sinusoïdale v 1 de valeur efficace V1.
Il est alors parcouru par un courant i1, également alternatif sinusoïdal, de valeur efficace I1.
La circulation d’un courant dans le circuit primaire génère un champ magnétique 𝐵 ⃗ , évoluant au
cours du temps, proportionnel à la valeur efficace I1 du courant primaire et également au nombre
de spires N1 du bobinage.
Ce champ magnétique 𝐵 ⃗ génère alors un flux Ф évoluant au cours du temps, et circulant
préférentiellement à travers les parties métalliques, c’est à dire à travers le circuit magnétique du
transformateur. Si ce circuit magnétique n’est pas saturé, le flux Ф évolue de façon alternative
sinusoïdale.
S’ il n’y a aucune fuite de flux, l’intégralité du flux généré par le bobinage primaire se retrouvera au
niveau du bobinage secondaire.
Dans le cas contraire, quelques lignes de flux ne circulent pas dans le circuit magnétique : ces lignes
de flux sont alors perdues et on retrouve au niveau du secondaire une grande partie du flux généré
par le bobinage secondaire.
Le flux que l’on retrouve au secondaire est un flux qui évolue également de la même façon que le flux
au primaire. Il engendre alors une tension aux bornes du bobinage secondaire, tension
alternative sinusoïdale, de valeur efficace V2.
Si 𝑉2 < 𝑉1, le transformateur est dit abaisseur de tension.
Si 𝑉2 > 𝑉1, le transformateur est dit élévateur de tension.
Si 𝑉2 = 𝑉1 il assure l’isolement électrique entre la source et la charge.

L'utilisation de la loi de Lenz permet d'écrire :

𝑑Ф 𝑑Ф
v1 (𝑡) = 𝑁1 𝑑𝑡 et v2 (𝑡) = 𝑁2 𝑑𝑡

v2 (𝑡) 𝑁
D’où la relation :
v1 (𝑡)
= 𝑁2 = 𝑚 qui représente le rapport de transformation.
1

4. Transformateur parfait :

Le circuit magnétique d'un transformateur parfait est sans fuites et sans pertes énergétiques. Il
est constitué avec un matériau ferromagnétique de perméabilité infinie 𝜇𝑟 = ∞ (= 0) et les
bobinages sont sans résistance (R1 = R2 = 0).
PUISSANCE ABSORBEE = PUISSANCE FOURNIE (UTILE).
* les pertes Joule dans les bobinages sont considérées comme nulles : PJ = 0
* les pertes magnétiques, correspondant aux pertes de lignes de flux dans le circuit magnétiques
sont considérées comme négligeables : Pmag = 0
* les pertes fer, correspondant à la puissance perdue par la circulation des courants de Foucault dans
le circuit magnétique, sont minimalisées par le feuilletage du circuit magnétique : Pfer = 0
Si le dipôle récepteur absorbe une puissance 𝑃2 = 𝑉2 . 𝐼2 cos 𝜑2 (𝜑2 étant le déphasage dû au dipôle),
le primaire, qui se comporte comme un récepteur, absorbe 𝑃1 = 𝑉1 . 𝐼1 cos 𝜑1 (𝜑1 étant le
déphasage entre les valeurs efficaces V1 et I1).
Le bilan de puissance : La conservation de la puissance permet d’écrire,

Puissance active P1 = P2 = V1I1 cosφ1 = V2I2 cos φ2

Puissance réactive Q1 = Q2 = V1I1 sin φ1 = V2I2 sin φ2

Puissance apparente S1 = S2 = 𝑃12 + 𝑄12 = 𝑃22 + 𝑄22

= 𝑉1 𝐼1 = 𝑉2 𝐼2

𝑉2 𝐼 𝑁
Alors 𝑚 = = 𝐼1 = 𝑁2 rapport de la transformation.
𝑉1 2 1

Ainsi, si 𝑚 > 1 ∶ 𝑁2 > 𝑁1 le transformateur est élévateur de tension (abaisseur de courant)

si 𝑚 < 1 ∶ 𝑁2 > 𝑁1 le transformateur est abaisseur de tension (élévateur de courant)


𝑃2
Le rendement est évidemment déterminé par 𝜂 = = 1 = 100%
𝑃1

En conclusion, les puissances active et réactive absorbées par le primaire seront totalement
transmises à la charge connectée au secondaire( pas des pertes).Le rendement d’un transformateur
parfait est égal à 1.

Plaque signalétique
Comme tout appareil électrique, chaque transformateur est spatialement calculé pour
fonctionner :
 Sous tension primaire 𝑉1𝑛
 Absorbant un courant voisin d’une valeur 𝐼1𝑛
𝑉1𝑛 et 𝐼1𝑛 sont appelées valeurs nominales, leur produit 𝑆 = 𝑉1𝑛 . 𝐼1𝑛 est la puissance apparente
nominale de l’appareil.

Selon la norme NFC 15.100, les grandeurs indiquées sur la plaque signalétique sont :
- La puissance apparente nominale Sn ( Sn= S1= S2 ).
- La valeur nominale 𝑉1𝑛 de la tension v1(t) au primaire.
- La valeur efficace de la tension à vide 𝑉20 de la tension au secondaire v2(t).
- La fréquence nominale d’utilisation du transformateur f.
Ainsi,la plaque signalétique permet de calculer rapidement les grandeurs n’y figurant pas à l’aide des
relations vues précédemment.

Exemple : la plaque signalétique d’un transformateur industriel porte les données suivantes : 8 kVA ;
5000 V/ 240 V ; 50 Hz .
Donc :
Sn  8 kVA : puissance apparente nominale,
𝑉1𝑛 = 5000 𝑉 : tension nominale du primaire,
𝑉20 = 240 𝑉 : tension à vide du secondaire,
𝑓 = 50 𝐻𝑧 : fréquence nominale de fonctionnement.
Ceci donne :

- Le rapport de transformation :

𝑉20 240
𝑚= = = 0.048
𝑉1𝑛 5000

- Les grandeurs nominales des courants :


𝑆𝑛 8000
𝐼1𝑛 = = = 1,6 𝐴
𝑉1𝑛 5000

𝑆𝑛 8000
𝐼2𝑛 = = = 33,33 𝐴
𝑉20 240

5. Transformateur réel :

5.1 Hypothèses du transformateur réel.


En pratique, le rendement d’un transformateur est toujours inférieur à 1 (𝑃2 < 𝑃1 )
Nous devons donc prendre en compte toutes les imperfections du transformateur qui sont à l’origine
des pertes de puissance dans les bobinages. On distingue 3 types de pertes :
1. Les pertes par effet Joule notées 𝑷𝒋, appelées également pertes dans le cuivre. Ce sont les
pertes occasionnées par le passage du courant dans les enroulements du primaire et du
secondaire. Elles sont représentées par deux résistances R1 et R2 en série avec les bobinages.
Ces pertes sont proportionnelles au carré de la valeur efficace de l’intensité du courant qui
traverse chaque enroulement.

2. Les pertes magnétiques 𝑄𝑚𝑎𝑔 (ou fuites magnétiques) dues au fait que Les lignes de champ
ne sont pas totalement canalises par le circuit magnétique. Ces pertes sont proportionnelles
au courant du bobinage correspondant et sont quantifiées par des inductances primaire L1 et
secondaire L2. Ces pertes sont à caractère inductif.
3. Les pertes dans le fer : 𝑷𝒇𝒆𝒓 = 𝑸𝑯 + 𝑷𝑪𝑭 , avec
𝑄𝐻 : Pertes par hystérésis = échauffement du circuit magnétique. Elles sont modélisées par
une résistance 𝑅𝑓 (résistance de la masse métallique) placée en parallèle à l’entrée.
𝑃𝐶𝐹 : Pertes par courants de Foucault =magnétisation du circuit magnétique. Elles sont
quantifiées par une inductance 𝐿𝑓 (inductance magnétisante) mise aussi en parallèle à
l’entrée du transformateur.

5.2 Bilan énergétique :


Ainsi, on résume le bilan énergétique du transformateur réel dans le schéma suivant :
P2 La puissance active délivrée au secondaire en watts [W]
P1 La puissance active consommée au primaire en watts
[W]
V1 La valeur efficace de la tension u1(t) , en volts [V]
I1 La valeur efficace de l’intensité i1(t) , en ampères [A]
1 L’angle de déphasage entre v1(t) et i1(t) en degrés [°]

V2 La valeur efficace de la tension v2 (t) , en volts [V]


I2 La valeur efficace de l’intensité i2 (t) , en ampères [A]
2 L’angle de déphasage entre v2 (t) et i2 (t) en degrés [°]

PJ 1 Les pertes par effet Joules au primaire en watts [W]

PJ 2 Les pertes par effet Joules au secondaire en watts [W]


Pfer Les pertes dans le fer en watts [W]
Les pertes fer dues à l’hystérésis du matériau ferromagnétique et aux courants de Foucault sont
2
proportionnelles à 𝐵𝑚𝑎𝑥 donc à 𝑉12 et à la fréquence f

Bilan des puissances :


Le bilan met en évidence le fait que la puissance absorbée est obligatoirement la puissance la plus
importante, elle ne cesse de diminuer en progressant vers la puissance utile qui est évidemment la
plus faible, ainsi
𝑃1 = 𝑃𝑗1 + 𝑃𝑗2 + 𝑃𝑓𝑒𝑟 + 𝑃2
Chute de tension en charge :
A cause des différentes résistances et inductances du modèle, la tension secondaire V2 en
charge est différente de la tension secondaire à vide V2v.
On appelle chute de tension secondaire en charge la différence entre les valeurs efficaces de
ces tensions : ∆𝑉2 = 𝑉2𝑉 − 𝑉2
Régime nominal
Un transformateur est conçu pour fonctionner dans certaines conditions, appelées conditions
de fonctionnement nominal. La plaque signalétique d’un transformateur donne ce fonctionnement.
Exemple : 220 V / 24 V ; 50 Hz.
Ce transformateur est conçu pour qu’une tension de 220 V soit appliquée au bornes de
l’enroulement primaire. Dans ce cas, il délivre une tension secondaire très proche de 24 V, si la
fréquence est égale à 50 Hz.
Une autre indication est la puissance nominale du transformateur, très souvent présentée
sous la forme de sa puissance apparente nominale Sn. Sn est la puissance apparente primaire, proche
de la puissance apparente secondaire. Elle nous renseigne sur l’ordre de grandeur des courants
primaire et secondaire nominaux.

5.3 Modèle équivalent du transformateur réel.Le schéma électrique équivalent au


transformateur réel est obtenu à partir du schéma d’un transformateur parfait en y ajoutant
simplement les composants qui rendront compte des imperfections que nous venons de citer. Ce
schéma prendra le nom de : schéma équivalent naturel.
Toutefois ce schéma n’est pas pratique pour caractériser rapidement un transformateur et assez
difficile à exploiter. Nous allons essayer d’en déduire d’autres schémas plus simple à utiliser.

5.4 Schémas simplifiés :


5.4.1 Schéma équivalent avec impédances ramenées au secondaire :
Les simplifications que l’on peut apporter sont les suivantes :
- L’ensemble Rf , Lf peut être déplacé vers l’entrée sans que cela ne change profondément.
- Au lieu de faire intervenir deux résistances et deux inductances, on peut n’en retenir qu’une
seule qui produirait le même effet. Ainsi si on déplace R1 et L1 vers le secondaire, il faut les multiplier
par m2 ce qui donne :
𝑅𝑆 = 𝑅2 + 𝑚 2 . 𝑅1 : Résistance des enroulements ramenés au secondaire.
𝐿𝑆 = 𝐿2 + 𝑚 2 . 𝐿1 : Inductance des enroulements ramenés au secondaire.

5.4.2 Schéma équivalent avec impédances ramenées au primaire:


On peut aussi simplifier le schéma en ramenant les impédances au primaire.
Cette fois si on déplace R2 et L2 vers le primaire, il faut les diviser par m2 ce qui donne :
𝑅𝑝 = 𝑅1 + 𝑅2 /𝑚 2 : Résistance des enroulements ramenés au primaire.
𝐿𝑝 = 𝐿1 + 𝐿1 /𝑚2 : Inductance des enroulements ramenés au primaire.
Remarque :
L’étude d’un transformateur peut aussi être conduite en utilisant la notation complexe de ses
paramètres. Au lieu de parler de résistance R et d’inductance L, on les regroupera en impédance
complexe 𝑍 = 𝑅 + 𝑗𝑋 , avec 𝑋 = 𝐿𝜔 : la réactance.
Ainsi , à

𝑅𝑘 et 𝐿𝑘 → 𝑍𝑘 = 𝑅𝑘 + 𝑗𝑋𝑘 = 𝑅𝑘 + 𝑗𝐿𝑘 𝜔 et |𝑍𝑘 | = 𝑍𝑘 = √𝑅𝑘2 + 𝑋𝑘 2 = √𝑅𝑘2 + (𝐿𝑘 𝜔)2

𝑅𝑠 et 𝐿𝑠 → 𝑍𝑠 = 𝑅𝑠 + 𝑗𝑋𝑠 = 𝑅𝑠 + 𝑗𝐿𝑠 𝜔 et |𝑍𝑠 | = 𝑍𝑠 = √𝑅𝑠2 + 𝑋𝑠 2 = √𝑅𝑠2 + (𝐿𝑠 𝜔)2 etc.


5.4.3 Schéma simplifié dans le cadre de l’approximation de Kapp :
L’hypothèse de Kapp consiste à négliger le courant à vide i10 devant i1 lorsque le transformateur
fonctionne en charge, donc de négliger les pertes fer ( 𝑖10 ≪ 𝑖1 ). Autrement dit le transformateur
𝐼 𝑁
sera considéré parfait pour les courants ( 1 = 2 ).
𝐼2 𝑁1
Si les impédances sont ramenées au secondaire, on obtient le schéma équivalent simplifié de Kapp.

5.5 Détermination des éléments du schéma équivalent d’un transformateur réel.


Les éléments d’un transformateur peuvent être déterminés à partir de deux principaux essais
appelés : essai à vide et essai en court-circuit. Deux autres essais peuvent compléter la
caractérisation du transformateur , ce sont : l’essai en continu et l’essai en charge.

a) Essai à vide :
Pour cet essai le transformateur n’est connecté à aucune charge ( RC = ∞) , donc I2 = I20 = 0 et La
tension v1(t) est amenée à sa valeur nominale V1 = V1n. Le wattmètre est branché pour évaluer la
puissance P10 absorbée par le primaire ; deux voltmètres relèvent les valeurs efficaces V1n et V20 des
tensions v1(t) et v2(t) ; Un ampèremètre mesure la valeur efficace I10 du courant i1(t) qui est le
courant magnétisant I0.

Cet essai permet de déterminer le rapport de la transformation

𝑉20 𝑁2
𝑚𝑣 = 𝑚 = =
𝑉10 𝑁1

A vide, le circuit secondaire est ouvert. L’intensité du courant au secondaire est nulle (𝐼2 = 𝐼20 = 0),
donc 𝑃𝐽2 = 𝑃𝐽20 = 0. La puissance délivrée par le secondaire est également nulle ( P2= P20=0). Alors,
toute l’énergie absorbée au primaire est utilisée pour compenser les pertes fer et les pertes joules au
primaire. La puissance P10 sera alors :
2 2
𝑃10 = 𝑃𝑗10 + 𝑃𝑓𝑒𝑟0 = 𝑅1 𝐼10 + 𝑃𝑓𝑒𝑟0 => 𝑃𝑓𝑒𝑟0 = 𝑃10 − 𝑅1 𝐼10
2
Le courant primaire à vide étant très faible (𝑅1 𝐼10 ≈ 0), on conclue que la puissance 𝑃10 qu’on
mesure est égale aux pertes fer : 𝑷𝒇𝒆𝒓 = 𝑷𝟏𝟎

Ainsi si on mesure 𝑃10 (Puissance active au primaire) et 𝑆1 = 𝑉10 . 𝐼10 (Puissance apparente),
2
𝑉10 2
𝑉10
Sachant que 𝑃10 = (courant de foucault) et 𝑄10 = (hystérésis), on retrouve les éléments
𝑅𝑓 𝐿𝑓 .𝜔
du transformateur par calcul :

𝑽𝟐𝟏𝟎
𝑹𝒇 =
𝑷𝟏𝟎

𝑽𝟐𝟏𝟎
𝑳𝒇 =
𝝎√𝑺𝟐𝟏 − 𝑷𝟐𝟏𝟎
b) Essai en court-circuit :
Cet essai se réalise sous tension réduite avec le secondaire branché en court-circuit et au courant
nominal. Pour ce, on augmente 𝑣1 (𝑡) à partir de 0 jusqu'à ce la valeur efficace du courant 𝑖2 (𝑡) soit
égale à celle du courant nominal 𝐼2𝑛 .

Un wattmètre est branché pour évaluer la puissance absorbée par le primaire 𝑃1𝑐𝑐 .
Le voltmètre relève la valeur efficace 𝑉1𝑐𝑐 de la tension d’entrée 𝑣1 (𝑡).
Les deux ampèremètres mesurent les valeurs efficaces 𝐼1𝑐𝑐 et 𝐼2𝑐𝑐 des intensités des courants 𝑖1 (𝑡)
et 𝑖2 (𝑡).
**L’indice cc indique qu’il s’agit de valeurs mesurées en court-circuit.

En court-circuit, La tension 𝑣2 (𝑡) est nulle (𝑉2 = 0 ), la puissance délivrée par le secondaire est donc
également nulle (𝑃2 = 0 ). Le wattmètre W indique la puissance 𝑃1𝑐𝑐 qui représente la somme de
toutes les puissances consommées par le transformateur dans cet essai.
Le bilan énergétique pour cet essai est le suivant :
𝑃1𝑐𝑐 = 𝑃𝑗,1𝑐𝑐 + 𝑃𝑗,2𝑐𝑐 + 𝑃𝑓𝑒𝑟,𝑐𝑐
La tension 𝑉1𝐶𝐶 au primaire étant très faible, par conséquent les pertes dans le fer sont négligeables
𝑃𝑓𝑒𝑟,𝑐𝑐 ≈ 0 ce qui signifie que les pertes qu’on mesure sont les pertes par effet Joule ou pertes dans
le cuivre d’où : 𝑃1𝑐𝑐 = 𝑃𝑗,1𝑐𝑐 + 𝑃𝑗,2𝑐𝑐
Etant donné que les courants de l’essai en court-circuit sont égaux aux courants de l’essai nominal,
on déduit : 𝑷𝒋 = 𝑷𝒋,𝟏𝒄𝒄 + 𝑷𝒋,𝟐𝒄𝒄 = 𝑷𝟏,𝒄𝒄
Ainsi si on mesure 𝑃1,𝑐𝑐 (Puissance active au primaire) et 𝑆1 = 𝑉1,𝑐𝑐 . 𝐼1,𝑐𝑐 (Puissance apparente),

2 2
Sachant que 𝑃1,𝑐𝑐 = 𝑅. 𝐼2𝑛 et 𝑄1 = 𝐿. 𝜔. 𝐼2𝑛 , on retrouve les éléments du transformateur par
calcul :
𝑷𝟏,𝒄𝒄
𝑹 = 𝑹𝑺 =
𝑰𝟐𝟐𝒏
𝑺𝟐𝟏 − 𝑷𝟐𝟏,𝒄𝒄
𝑳 = 𝑳𝑺 = √ 𝟐
𝝎. 𝑰𝟐𝒏
Avec 𝑅𝑆 et 𝐿𝑆 : Résistance et inductance des enroulements ramenés au secondaire.

c) Essai en courant continu


Si on applique une tension vc continue au primaire du transformateur, on obtient que :
𝑣𝑐
𝑅1 =
𝑖𝑐
Où ic est l’intensité du courant continu au primaire. On peut alors trouver R2 en utilisant une des
relations de 5.4.1 et 5.42

𝑅𝑆 = 𝑅2 + 𝑚 2 . 𝑅1 ou bien 𝑅𝑝 = 𝑅1 + 𝑅2 /𝑚 2

5.6 Rendement du transformateur :


𝑷𝟐
𝜼=
𝑷𝟏
Puissance mesurée par le W au Secondaire 𝑽 .𝑰 .𝐜𝐨𝐬 𝝋
a) Méthode directe : 𝜂= = 𝑽𝟐 .𝑰𝟐 .𝐜𝐨𝐬 𝝋𝟐
Puissance mesurée par le W au Primaire 𝟏 𝟏 𝟏

b) Méthode indirecte (ou de pertes séparées) :

𝑃
𝜂 = 𝑃2 , avec 𝑃2 = 𝑃1 − 𝑃10 − 𝑃1𝑐𝑐
1
𝑃1 : Puissance active mesurée au primaire,
𝑃10 : Puissance active mesurée au primaire lors de l’essai à vide (pertes fer),
𝑃1𝑐𝑐 : Puissance active mesurée au primaire lors de l’essai en court-circuit (pertes joules),
Le calcul donne :
𝑃2 𝑽𝟐 . 𝑰𝟐 . 𝐜𝐨𝐬 𝝋𝟐
𝜂= =
𝑃2 + 𝑃10 + 𝑃1𝑐𝑐 𝑽𝟐 . 𝑰𝟐 . 𝐜𝐨𝐬 𝝋𝟐 + 𝑹𝑺 𝑰𝟐𝟐 + 𝑷𝒇𝒆𝒓
Avec,
𝑉2 , 𝐼2 : Valeurs efficaces au secondaire
𝜑2 : Déphasage entre 𝑉2 𝑒𝑡 𝐼2
𝑅𝑆 : Résistance des enroulements ramenés au secondaire.

5.7 Le transformateur triphasé :


Les transformateurs triphasés sont utilisés principalement en distribution dans le domaine des basses
fréquences.
On les trouve en sortie des centrales de production pour élever la tension avant le transport de
l’énergie. Ils sont aussi utilisés pour abaisser cette tension avant l’utilisation.

5.7.1 Constitution et principe:


On peut transformer un système triphasé à l’aide de 3 transformateurs monophasés identiques (fig.).
Les flux magnétiques ϕ1, ϕ2, ϕ3 sont distincts et indépendants et on dit qu’il s ’agit d ’un
transformateur triphasé à flux libres.
Les bobinages primaires de ces transformateurs seront alors groupés
- Soit en étoiles et donc alimentés par des tensions simples,
- Soit en triangle et les tensions primaires seront alors les tensions composées du système triphasé.

De même, les bobinages secondaires pourront être couplés en étoile ou en triangle selon les besoins
d’utilisation.
Cependant, avec cette configuration, on augmente l’encombrement, la masse du transformateur
ainsi que la masse de fer utilisé, ce qui engendre une augmentation des pertes fer. Pour cela, il faut
penser à une autre configuration.
On peut réunir ces 3 transformateurs en un seul autour d’un même circuit magnétique comportant
trois colonnes. Chacune de ces colonnes porte un bobinage primaire et un bobinage secondaire.
Même si les tensions appliquées ne forment pas un système triphasé équilibré on a obligatoirement :
ϕ1+ ϕ2 + ϕ3 = 0 et toutes les lignes de champ sont contenues à l’intérieur du circuit magnétique. On
dit qu’il s’agit d’un transformateur à flux forcés.

Les tensions primaires ( v1, v2, v3 ) et secondaires ( v1’, v2’, v3’ ) sont simples ou composées suivant le
mode de couplage des phases. De même les courants ( i1, i2, i3 ) et ( i1’, i2’, i3’ ) représente des
courants de ligne ou de phase.
5.7.2 Rapport du transformation :
Le rapport de transformation qui relie les grandeurs analogues du primaire et du secondaire
ne dépend plus uniquement des nombres de spires mais aussi du mode de couplage des
enroulements. Dès lors qu’on parle d’un transformateur triphasé, on se doit donc d’en préciser les
différents couplages.
- Rapport de transformation par colonne mc :
𝑛′
Il est définit comme étant le rapport de nombre de spires secondaire par le primaire : 𝑚𝑐 =
𝑛
- Rapport de transformation par phase mph :
C’est le rapport de la tension composée secondaire à vide par la tension primaire composée.
5.7.3 Schéma équivalent par phase et éléments du schéma électrique:
Le transformateur triphasé débitant sur une charge équilibrée est équivalent à trois
transformateurs monophasés et sera donc tributaire d’un schéma équivalent monophasé conforme à
celui d’un transformateur monophasé.
Toute analyse et hypothèses faites pour le transformateur monophasé restent valable pour le
transformateur triphasé par phase.
a) Essai à vide :
2 2
3𝑉10 3𝑉10
𝑃10 = 𝑃𝑓𝑒𝑟 = => 𝑅𝑓 =
𝑅𝑓 𝑃10
2 2
3𝑉10 3𝑉10
𝑄10 = => 𝐿𝑓 . 𝜔 = 𝑋𝑓 =
𝐿𝑓 . 𝜔 𝑄10
b) Essai en court-circuit :
2
𝑃1,𝑐𝑐
𝑃1,𝑐𝑐 = 3𝑅𝑆 . 𝐼2𝑐𝑐 => 𝑅𝑆 = 2
3𝐼2𝑐𝑐
𝑉1𝑐𝑐
𝑍𝑆 = √𝑅𝑆2 + 𝑋𝑆2 = √𝑅𝑆2 + (𝐿𝑆 . 𝜔)2 et 𝑍𝑆 = 𝑚𝑝ℎ .
𝐼2𝑐𝑐

Rendement : Le calcul nous donne


√𝟑. 𝑽𝟐 . 𝑰𝟐 . 𝐜𝐨𝐬 𝝋𝟐
𝜼=
√𝟑. 𝑽𝟐 . 𝑰𝟐 . 𝐜𝐨𝐬 𝝋𝟐 + 𝟑𝑹𝑺 𝑰𝟐𝟐 + 𝑷𝒇𝒆𝒓

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